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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-12-16, Collections de BAnQ.

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L E DEVOIR.L E S S A M EDI I If E T I) I M A \ ( HE 17 I) É ( E M B R E 2 0 0 0 LE DEVOIR B Gilles Marcotte Page D 2 Romans québécois Page D 3 Essais Page D 4 Albert Cossery Page D 6 Cuisine PageD 15 Les drapiers de Semur-en-Auxois (fin du XV' siècle) Les maîtres verriers mettent parfois en scène les différentes étapes de la fabrication des draps de laine.Jusqu'au XIVe siècle, les vitraux mon trent des draps rouges.Au XVe siècle, ce n'est plus tou jours le cas: les draps bleus ont parfois supplanté les rouges, comme ici en Bourgogne, dans l'église Notre-Dame de Semur-en-Auxois Poisson sacré égyptien (I" siècle avant J.-C.) Les Égyptiens connaissent les pigments bleus naturels (azurite, lapis-lazuli, turquoise) mais ils savent aussi fabriquer de magnifiques pigments bleus artificiels à partir de silicates de cuivre.Ils connaissent également les principes de la vitri fication et produisent de splendides objets en pâte auto-émaillée bleue ou bleu-vert BLEU HISTOIRE D’UNE COULEUR Michel Pastoureau Editions du Seuil 215 pages U X c v nena anc Les Gauloises bleues.En 1910, la Régie française des tabacs met sur le marché une nouvelle marque de cigarettes: les Gauloises.La couleur bleu clair du paquet devient un véritable emblème.L'expression «bleu gauloises» devient même courante pour qualifier une nuance de bleu clair et grisé, légèrement teinté de mauve.Paquet de Gauloises bleu, redessiné en 1947 par Jacno.Paris, Galerie-musée de la SEITA.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR a ne vous a jamais frappé?Le Chaperon rouge, qui apporte à sa grand-mère un petit pot de beurre blanc, est mangé par un loup noir.Une Blanche-Neige au teint immaculé croque la pomme rouge que lui tend une sorcière vêtue de noir.Ces combinaisons de couleurs n’ont neira’anodin.Elles traduisent un système de pensée, une hiérarchie des valeurs, une catégorisation du bien et du maléfique, du beau et du laid, que les êtres humains, en partie à leur insu, ont mis au point en même temps que les cathédrales, les temples et les machines à vapeur.Cependant, la symbolique des couleurs n’est jamais fixée une fois pour toutes.Faire l’histoire des couleurs, c’est donc aussi faire de l'histoire, comme le montre l'historien Michel Pastoureau dans l’étude magistrale qu’il consacre à la couleur la plus prisée en Occident et qui vient de paraître (Bleu.Histoire d’une couleur, Le Seuil).Quoi de mieux, par conséquent, qu’un essai sur le bleu et son cours changeant au fil des siècles pour introduire ce second supplément consacré aux beaux livres?Les ouvrages luxueux qui se disputent les faveurs du public en cette période de l'année sont nombreux et de qualité.Il suffit de parcourir la sélection de titres proposée dans ces pages pour s’en convaincre.Cependant, par les pistes de réflexion qu’il ouvre, l’originalité de son propos, son érudition souriante, l’essai de Michel Pastoureau mérite une place à part.Le romancier américain William Gass l’a écrit un jour (On Being Blue) : le bleu est la couleur des diamants, du spleen, d’une musique rendue célèbre par quelques Noirs de génie, de l’ivresse, du froid et de tant d’autres choses que l’on peut presque dire que le monde est bleu.Michel Pastoureau montre qu’il n’en a pas toujours été ainsi.Pour les Romains, le bleu est une couleur efféminée et barbare, et elle est quasi absente chez les Grecs.A la fin du Moyen Âge, c’est la couleur des prostituées ou des paysans.Par quel retournement des choses le bleu des jeans, des poilus dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, du frac du jeune Werther, du manteau royal piqué de fleurs de lys, de l’uniforme de la Garde nationale, des paquets de Gauloises et des affiches de cinéma en est-il venu à éclipser dans les esprits les autres couleurs de la gamme chromatique?Pour parler le langage du bleu, encore faut-il pouvoir en reproduire la couleur sur les tissus, la pierre et le bois.Le bleu cobalt qui a fait la réputation des vitraux de Chartres, naît d’une nouvelle technique qui apparaît au XII siècle et la splendeur du résultat confère rapidement à la couleur bleue une autre signification.Le bleu des pauvres et de saint Benoît devient le bleu de la Vierge et du sacré, de l’absolu et du roi.Deux siècles plus tard, la soudaine promotion du noir s’explique aussi en partie par la science des teinturiers, habiles désormais à en rendre la profondeur chatoyante.Le vrai noir naît alors dont s’emparera l’esprit de la Réforme, jusque dans les produits manufacturés du capitalisme de la première période, uniformément gris ou noirs.C’est ainsi que, pendant longtemps, et en dépit des demandes répétées du public, Henri Ford se refusera à fabriquer son modèle T dans une autre couleur que le noir à l’austérité toute protestante.Les hommes ne sont pas toujours à la remorque de la technique.Par leurs aspirations, ils peuvent en favoriser l’émergence et non uniquement se conformer à ses diktats.En clair, et comme cela s’est produit avec la cou-i leur bleue dont la fortune est aussi liée, entre autres faits, à l'essor du k commerce de l’indigo et à l’invention du bleu de Prusse à la suite d’une L erreur de manipulation, on peut rêver d’une couleur qui n'existe pas en-core, dès lors que personne ne la voit, et la faire naître de ce désir.Qui sait alors quelles révolutions, quelles idées et amours en surgiront?C’est un peu ce conte de Noël profane que propose Michel Pastou-lll^k reau à partir du bleu.On le lira chez soi.près du sapin, bien au chaud.De l’autre côté de la vitre, la neige tombe et, vous avez remarqué?elle est bleue.HAIFA, NATIONAI.MAKITIMK MUSEUM 1 LES SAISONS DE L’ARCTIQUE La beauté de l’Arctique 'mi , *2 w.Les photographies exceptionnelles de Paul Nicklen 104 pages .Tout en couleurs • 39,95$ F I D E S LE I) E V 0 I K .LES S A .M E I) I 10 E T I) I M A X C H E 17 Ü Ê t E M B K E 2 0 0 O I) 2 PHOTOGRAPHIE Entre fantasme et réel ODILE TREMBLAY LE DEVOIR T e désert est difficile à photo-"l-jgraphier, explique Raymond Depardon.U faut être très humble et modeste.Il y a une trace, quelqu’un qui court, une femme, un palmier [.] Le désert est pour moi comme un jardin secret.» Ce regard inquiet, cette pause devant une surface mouvante de sable et de chaleur, c’est celle du cinéaste de La Captive du désert, du grand photographe qui capta le Sahara et ses rescapés en pleine guerre d’Algérie.Pourtant, cet homme se fait soudain tout petit devant des immensités qui l’attirent et l’effraient.Au désert, il a trouvé son maître.Depardon constitue une des voix de ce chant choral dédié au désert (à plusieurs déserts, en fait) par La Fondation Cartier pour l’art contemporain.Des textes, des images très belles, des croquis, des photos récentes voisinant les clichés du siècle dernier (particulièrement fascinants) au fil des dunes et de la faune retrouvée de ce superbe album.Dans Portrait d'une femme voilée capté par Jules Gervais-Courtellemont en 1911, femme, voile et muraille se confondent.Une photographie vaut parfois mille mots.Muraille et femme reviendront nous hanter.«N’oublions jamais que le désert habite le cœur de l’homme solitaire, et que ce “désert intérieur" est le non-lieu de tous les excès, du pire comme du meilleur», dira Paul Virilio.«Le désert a le mystère de cette présence pure, ineffable.Le lieu où les âmes des morts comptent autant que celles des vivants, ajoutera Mounira Khe- désert mir.C’est le lieu pour les hommes assoiffés d'absolu et de ce mysticisme basé sur la connaissance intuitive.» A la fois réalité géographique et espace intérieur, le désert inspire des envolées lyriques à ceux qui l’ont longuement fréquenté, et c’est cet écho des mots et des images qui confère son prix au bel album.Le navigateur Titian Lamazou, grand voyageur et peintre à ses heures, fut invité à dessiner sur des photographies du Sahara effectuées par Depardon, le regard devenant double, le trait ajoutant des éléments surréalistes aux caravanes et aux turbans des nomades.C’est très beau, d’ailleurs, tout comme les photos retravaillées de José Ortiz Echagüe tissées d’hommes du sable apparemment avalés par le simoun.Désert fantasmé, désert réel; les deux espaces ont ici l’un et l’autre droit de cité.Le sable est un royaume.C’est ce que ce magnifique ouvrage nous révèle.LE DÉSERT Fondation Cartier pour l’art contemporain Actes Sud Arles, 2000,236 pages GR< R< O DUPE maud-Brav — _ (garneau -V— PALMARÈS HEBDOMADAIRE c* selon les ventes de nos 24 succursales Du 6 au 12 décembre 2000 1 ROMAN Q.Gabrielle V 2 Marie Laberge Boréal 2 JEUNESSE Harry Potter et la coupe de feu 3 J.-K.Rowling Éd.Gallimard 3 HUMOUR Les chrétienneries 10 Pascal Beausoleil Intouchables 4 HUMOUR Journal d’un Ti-Mé 5 Claude Meunier Leméac 5 CUISINE Le guide du vin 2001 7 Michel Phaneuf L'Homme 6 ESSAI Q.L'année Chapleau 2000 4 Serge Chapleau Boréal 7 SPORT Une enfance bleu-blanc-rouge v 4 Collectif Les 400 coups 8 PRATIQUE Le guide de l'auto 2001 10 Duval & Duquel L'Homme 9 BIOGRAPH.Ma vie, mon rêve 7 Céline Dion R.Laffont 10 GUIDE Guide des resto Voir 2001 4 Beaucheminffleneud Voir 11 JEUNESSE Chansons drôles, chansons folles (Livre & DC) V 13 Henriette Major Fides 12 ROMAN Douce amère 8 Danielle Steel Pr.de la Cité 13 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires » 317 Daniel Pinard Boréal 14 BIOGRAPH.J'ai choisi la vie 5 Andrée Boucher Libre Exprès.15 ROMAN Et si c'était vrai.47 Marc Lévy R.Laffont 16 ROMAN O.Un parfum de cèdre» - Éd.compacte - 10 A.-M.MacDonald Flammarion Oc.17 B.D.2 FnmcqfVfan Homme Dupuis 18 HISTOIRE 100 ans d'actualités : 1900 - 2000 54 Collectif La Presse 19 ROMAN Madame Socrate » 5 Gérald Messadlé Lattès 20 POLAR Soins intensifs V 27 Chrystne Brouillet Courte Échelle 21 POLAR 2 Mary Higgins Clark Albin Michel 1221sport {Maurice Richard : héros malgré lui | 3 | Goyeus / orr T.P.Publishing 23 HUMOUR 8 Bruno Blanchet Intouchables 24 JEUNESSE Harry Potter et la chambre des Secrets V (Grand format) 52 J.-K.Rowling — Éd.Gallimard 25 CUISINE Sushis faciles » 28 Collectif Marabout 26 BIOGRAPH.Les Lavigueur : leur véritable histoire 3 Yve Lavigueur Saint-Martin 27 HUMOUR Penser, c'est mourir un peu 13 G.Taschereau Intouchables 28 CUISINE Un homme au fourneau 7 Guy Fournier L'Homme 29 CUISINE Les sélections du sommelier 2001 12 François Chartier Stanké 30 JEUNESSE Harry Potter à l'école des sorciers V (Grand format) 52 J.-K.Rowling Éd.Gallimard 31 ROMANO.Pauline Pinchaud, servante 14 Denis Monette Logiques 32 ROMAN Q.Un dimanche à la piscine à Kigali » 7 G.Court etna ne he Boréal 33 ROMAN Métaphysique des tubes 14 Amélie Nothomb Albin Michel 34 CUISINE Guide SAQ - Les coups de cœur des connaisseurs 4 Collectif Libre Exprès.35 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) » 66 Henriette Major Fides 36 SEXUALTTÉ Le pénis illustré * 36 Joseph Cohen Kônemann 37 ROMAN Dans ces bras-là » - Prix Femina- 10 Camille Laurens P.O.L.38 B.D.Garfield n* 31-Ma soupière bien-aimée 7 Jim Davla Dargaud 39 HUMOUR Drôle en diable! 3 Gilles Latulipe Élaals 40 CUISINE Chicl Des recettes pop! «Renaud-Bray remettra au Chic Resto 5 POi Collectif d 1$ par exempt Boréal aire vendu!» Livres -format poche 1 JEUNESSE Harry Potter : volumes 1, 2 et 3 » 52 | J.- K.Rowling j Folio junior | 2 ROMAN La montagne de l'âme « - Prix Nobel de la littérature - 42 Gao Xlngjlan i Éd.de l'Aube 3 ROMAN Geisha » 31 Arthur Golden Livre de poche 4 SPIRITU.L'art du bonheur * 4 Dalaï-Lama J ai lu 5 SEXUALITÉ 203 façons de rendre fou un homme au lit 334 Juéa Saint-Anga Marabout 9 Coup de coeur RB ¦¦¦: 1** Mmalnt sur notre Ntto ^ N.B.: La* dictionnaires at Isa litre* à l’étude sont exclus NOMBRE DE SEMAINES DEPUIS LEUR PARUTION Livres -»- BEAUX LIVRES CARREFOURS Mounier, dites-vous ?Il y a 50 ans mourait Emmanuel Mounier.Qui le connaît encore aujourd’hui?Et surtout qui le lit?Son petit ouvrage.Le Personnalisme, paru en 1949 dans la collection «Que sais-je?», a été constamment réédité et approche aujourd’hui les 200 000 exem-plaires, mais ce chiffre ne raconte pas toute l’histoire.Dans Le Monde, il y a quelques mois, je lisais ces deux phrases: «Mounier bénéficie d’un grand rayonnement international, même si les Français l’ignorent.Amérique latine, Europe de l’Est, Portugal, Espagne, Italie.» Et le Québec?Mounier a joué un rôle important dans notre histoire intellectuelle.Déjà, les membres du groupe de La Relève, les Charbonneau, Hur-tubise, Elie, se référaient à lui et à la revue qu’il a fondée et qui joue encore dans la vie intellectuelle un rôle majeur: Esprit.Après la guerre, quelques jeunes intellectuels allèrent le rencontrer, à Paris — je pense en particulier à André Laurendeau, fervent de Péguy comme Mounier, qui conserva de cette rencontre un souvenir marquant Mais c’est à Cité libre surtout que sa pensée fut reçue, appliquée pour ainsi dire, au point qu’on aurait pu considérer la revue des Pelletier-Tru-deau-Vadeboncœur comme une succursale A Esprit.L’influence est profonde, mais il serait feux de parler d’une simple imitation.Alors même que Pelletier et Trudeau citent, presque à la lettre, des formules de Mounier, ils en infléchissent le sens pour les adapter à la situation du Québec.Le mot «révolution», que Mounier ne cesse de proférer, ne trouve pas d’écho chez les citélibristes; et alors que le premier parle de la démocratie comme d’une forme usée, corrompue, les seconds rêvent d’en précipiter l’avènement au Québec; enfin, de l’engagement, prôné par Mounier comme une nécessité absolue pour les intellectuels chrétiens, mais qui n'a pas tout à feit le même sens que chez Sartre, Trudeau ne retient que la nécessité de l’action.À la mort de Mounier, en 1950, une Gilles Marcotte ?note non signée définira la dette contractée à l’égard du fondateur fi Esprit comme «un certain souci de lucidité».In formule, me semble-t-il, est un peu restrictive.Sur plusieurs des thèmes essentiels de leur action, et notamment la volonté de dissocier leurs valeurs chrétiennes des manœuvres plus que douteuses du duplessisme, ils devaient énormément à la pensée et à l’exemple d’Emmanuel Mounier.Mounier n’est jamais venu au Canada.Les relations transocéaniques, dans l'immédiat aprèsguer-re, se faisaient dans un seul sens.Mais son successeur à la direction de la revue, Albert Béguin, a feit le voyage à quelques reprises, et il a noué entre les deux revues, plus précisément avec certains intellectuels du Québec, des liens peut-être plus profonds.Je me souviens de ce qu’il nous racontait sur Claudel, que non seulement il admirait mais il aimait, et de telle discussion (dont j’entendis parler le lendemain) entre lui et le futur premier ministre du Canada sur les idées politiques de Jean-Jacques Rousseau, discussion qui dura toute une nuit.C’est à l’instigation de Béguin c\fiEsprit publia au début des années 50 un ensemble d’articles écrits par des collaborateurs de Cité libre, dans un numéro qui suscita des remous assez forts dans notre landemeau clérical.Mounier n’était pas un littéraire, et en relisant quelques pages de son œuvre, je trouve quelques expressions peu amènes sur les écrivains (notre révolution, disait-il, «ce n’est pas une révolution d’écrivains ou d’impuissants»).Albert Béguin, lui, fut un des grands critiques du XXe siècle, auteur notamment de deux grands livres, encore beaucoup lus aujourd’hui, L’Âme romantique et le rêve et Balzac visionnaire-, et on lui doit un grand essai sur Le Mauvais Pauvre de Saint-Denys Garneau, dont je ne cesse pas de déplorer, depuis quelques décennies, qu’il ne soit pas proposé à tous les étudiants de littérature québécoise.Je reviens à Emmanuel Mounier.Je relis quelques-uns de ses textes, réunis dans deux livres parus récemment dans la collection «Points», Écrits sur le personnalisme et Refaire la Renaissance, et je me demande ce qui me reste, ou ce qu’il nous reste de la pensée de Mounier.Malgré quelques accents, quelques analyses, quelques professions de foi qui nous touchent encore, son œuvre vieillit un peu difficilement D’abord, par défaut de style.Je reprenais contact, il y a quelques mois, avec un autre grand intellectuel catholique de la même époque, Jacques Maritain, et sans abandonner de multiples réticences, je tombais assez souvent sous la force et même le charme d’une véritable écriture.Rien, ou presque rien de tel dans les textes de Mounier que je lis aujourd’hui.Ce sont des textes de militant, parfois éclairés par des formules frappantes, mais assez lourdement empêtrés dans des phrases lourdes, trop régulièrement agressives, trop peu abandonnées.D’où vient par exemple que dans ses polémiques avec François Mauriac, je me trouve presque toujours, avec une certaine injustice peut-être, de l’autre côté.Dans un des grands combats qu'il a menés sa vie durant, Emmanuel Mounier a été, pour ainsi dire, victime de sa victoire.Son dernier livre, paru l’année même de sa mort s’intitulait Feu la chrétienté, et ce titre en dit clairement l’intention, celle de dégager le politique et le religieux des liens qui les étouffaient l'un et l'autre dans la pensée catholique.Aujourd’hui, c’est chose faite, aussi bien en France, où ce qu’on appelait la démocratie chrétienne a feit long feu, qu’au Québec, où les rapports entre évêques et pouvoir politique se sont pour le moins distendus.Un autre grand thème de son discours s’est également éloigné, pour des raisons différentes, celui de la révolution: «Ce mot révolution, dont ils [Mounier et ses amis] ont plein la bouche», disait Mauriac.Ce mot, on en a également usé et abusé, au Québec, non pas à Cité libre mais, par exemple, à Parti pris et dans ses environs.Il est aujourd’hui tombé en désuétude: trop de révolutions, de la Russie au Cambodge, ont été démasquées comme des systèmes d’oppression.On n’est plus aussi convaincu qu’auparavant qu’un bouleversement global, de préférence armé, puisse fevoriser l’avènement d’une société meilleure.Le souvenir le plus vivant, le plus profond que je garde d’Emmanuel Mounier n’est pas celui du théoricien, du combattant politique, du polémiste.Il me vient de ses écrits intimes, où se révèle une grande âme, profondément et humblement chrétienne.On n’oublie pas ces phrases d’un père en contemplation devant le lit où gît son enfant victime de paralysie cérébrale: «Je me sentais approcher de ce petit lit sans voix comme d’un autel, de quelque lieu sacré où Dieu parlait par un signe.Une tristesse mordant profond, mais légère et transfigurée.Et tout autour d’elle, je n’ai pas d’autre mot: une adoration.Je n’ai sans doute jamais connu aussi intensément l’état de prière que quand ma main disait des choses à ce front qui ne répondait rien.» D me plaît de penser que l’édifice entier de l’œuvre d’Emmanuel Mounier repose sur cette reconnaissance de l’indicible.if NT Of.IA ONNIERE Tib éditer Pauline Gill rom a n ZQ.Qf i Mée cadeau ausept entrion! Jacques Lacoursière • Jean Provencher Denis Vaugeois Canada ?Québec 1534-2000 CANADA QUÉBEC 39,95$ (M.régulière) 49,95$ (éd.de lu») Ouvrage original d'une formule inédite, CanadœQuébecse présente comme une source exceptionnelle d’informations.Sa structure chronologique, sa langue claire et précise, une chronologie entièrement refondue et élargie et un index complet, comprenant les auteurs ôtés, sont autant d’éléments qui en font un précieux outil de référence.Tout (ou presque) ce que vous voulez savoir sur l’histoire du Québec ou du Canada ; ce qu’on ne vous a pas enseigné ou que vous avez oubfié.SEPTENTRI www.septentrion.qc.ca coffret «4A- s SHE - * ¦ ft Un roman qui complète avec bonheur la passionnante saga consacrée à cette femme exceptionnelle que fut Victoire Du Sault.Vient de paraître Benoît Patar DICTIONNAIRE ABRÉGÉ DES PHILOSOPHES MÉDIÉVAUX Conçu pour un large public, ce dictionnaire comprend plus de 400 entrées réparties en cinq chapitres, dont la moitié porte sur les philosophes proprement dits, les autres étant réservés aux savants, aux traducteurs, aux penseurs de l’Antiquité tardive et aux principaux auteurs spirituels.Volume de 508 pages, 55$ ]ean-Claude Lalanne-Cassou ROMANS D'AVENTURES L’auteur fait découvrir aux lecteurs un roman différent, celui qui peut combler une civilisation marquée par le cinéma et la bande dessinée : le roman d’aventures, un roman de grand large pour réapprendre à rêver, Volume de 212 pages, 20 $ LES PRESSES PHILOSOPHIQUES ET DE RÊVES ROMANS D AVENTURES ET DE Rf.Vt DICTIONNAIRE ABREGE K 1 I.K I) K V O 1 H .L K S S A M EDI I t>(>0 RÜltî* arcliamfaitilt * marie-franco btzxo * Jean dion * chrisfiaiu dnchesae robort dugua) » français gravel * marvel jean • ronald king a.lepagc » Sylvain inéiiard • Jeanne pi inc baud * gilles pcllerin ray moud piaule • daniel poiiqtiin * andré prafic ruliert pimiix * yvon rtvard * mate rohitaille marvel sabonrin • roller! sou U ères • serge thètiaull Let 4oo coupt «[.] un superbe ouvrage collectif Caroline Montpetit, Le Devoir «On se reconnaît tous dans ces histoires-là.» Claude Deschênes, Radio-Canada, Montréal Ce Soir «Le livre à offrir et à recevoir.» René Homier-Roy, Radio-Canada, C’est bien meilleur le matin «Ça m’a donné le goût d’être un petit gars, d’avoir vécu les échanges de cartes de hockey, de jouer dehors du matin au soir.» Catherine Vachon, TVA, Salut, Bonjour ! 1»:- iHS-v Québec, les années 1930.Une vaste fresque qui éclaire de Vintérieur une époque où les ^ passions brûlaient avec force.Une écriture quon dirait faite pour traduire les ouvements : du cœur les plus subtils w ou les plus |p inavouables.tberge Pu du bonheur ibrielle LABERGE Roman, 616 pages • 29,95 $ Gabrielle Le premier volet de la grande trilogie « Le Goût du bonheur » Marie Laberge rencontrera ses lectrices et lecteurs le dimanche 17 décembre 2000, de 13 h 00 à 15 h 00, à la Librairie Carcajou, 401, boulevard Labelle, Rosemère Sïiv'.flÿî' W': Encore deo Recettes 1 ^ ,4; et propos Daniel Pinard « Le ministère de l'I (lutation devrait mettre les livres tie Daniel Pinard tin nraqramme ties écoles.Nos chers enfants 1 apprendraient a lire et ti parler la meilleure tant]ne française en même temps tpi'êi bien nnint/er.» Louis-(iu\ Li-mioux, le Soleil Les 4oo coups I 264 pages • 27,95 $ Boréal www.edi^ionsboreal.qc.ca .r _.r Photo : (ohanne Mercier Les beaux livres.I) () L E I) E V 0 I R , LE S S A M E I) I I (i E T I) I M A X C II E 17 I) É (' E M B R E 2 0 I) (I EH Goutta HISTÛI.E.H.GOMBRICH : HISTOIRE DE L’ART (Gallimard) Nouvelle édition revue et augmentée, 688 pages, 413 illustrations, relié toile, 172mm.X 245mm.L'histoire de l’art de Gombrich est l'un des ouvrages sur l’art les plus célèbres et les plus populaires jamais publiés.Depuis quarante- ________cinq ans, il demeure une introduction inégalée à l’ensemble du sujet, des premières peintures rupestres à l’art d'aujourd’hui.Dans le monde entier, les lecteurs de tous âges et de tous les millieux ont trouvé en Gombrich un véritable maître, qui allie la conaissance et la sagesse à un don unique pour communiquer directement sa profonde affection pour les œuvres d'art qu’il décrit.79,95 S La peinture de la Renaissance (Gallimard) 400 pages," 562 illustrations, relié toile, 250mm.X 280mm.Ce volume célèbre l’art européen de la Renaissance et son expression, depuis le gothique tardif du XVe siècle jusqu’au maniérisme du XVIe siècle, à travers les peintures les plus significatives de cent grands artistes italiens, flamands, français, allemands, hollandais et espagnols.63,00 S Cdion-Solal « Un jour, ils auront des peintres » Annie Cohen-Solal : « UN JOUR, ILS AURONT DES PEINTRES «(Gallimard) Ce livre fait comprendre comment la peinture américaine s’est émancipée des normes européennes pour s’imposer mondialement en 1948 avec Jackson Pollock.Austère le sujet?Annie Cohen-Solal réussit à en faire un véritable roman, peuplé de personnages insolites ou fascinants.Bernard Céniès.Le Nouvel observateur L’agenda de la pléiade 2001, relié pleine peau, doré à For fin, imprimé sur papier bible WU \ Imlimir Nabok< (Ki ivre! Jane Austen (Kmres r fienvuiuttnt mur* Votre autoévaluation psychologique 16,95$ il o'evt problème?f n C’est quoi le problème ?9,95$ I) 10 L K DEVOIR, LES S A M EDI I (i ET DI M A X C HE 17 D É C E M B H E 2 0 0 0 «• Livres •* BEAUX LIVRES ALBUMS La Chine côté jardin Les fées ont-elles vraiment soif?CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR f Ecrivain, philosophe et poète, François Cheng est aussi calli-graphe.Et comme la calligraphie est un art visuel, il lit les œuvres d’art chinoises avec le doigté d’un poète.Né dans la province du Shandong, en Chine, en 1929, il vit en France depuis 1948.On dit de lui qu’il est une sorte de passeur entre les cultures chinoise et occidentale.D’où jaillit le chant, beau livre qu'il signe cette année chez Phébus, une étude des peintres de Heurs et d’oiseaux, dans la tradition chinoise, nous plonge donc en pleine Chine des Xïï1' et XIIIe siècles.Ici, nous rappelle l’auteur, l’art est contemplatif, c’est l’essence même de la vie qu’il tente de capter.Cheng cite des mots d’un auteur pourtant européen, Rainer Maria Rilke, sur la célébration de la vie.«Elle est dans la joie des chiens, dans les cygnes et dans le vol tournoyant et brillant des pigeons.Dans chaque petite fleur elle réside toute entière, et cent fois dans chaque fruit», écrit-il.En Chine, cet art de la contemplation des petites choses, de l'écrevisse à la grenouille, du lotus à la pivoine, rayonne au moins depuis l’époque médiévale.Ainsi le commente François Cheng: «Nous voici bien bin de toute recherche de joliesse.Il ne s’agit pas de décorer un cadre d’existence mais bien de chercher à pénétrer le cœur de la vie.» C’est la peinture qui rayonnait au temps de la dynastie des Song, aux XIIe et XHIe siècles, et qui a encore de l’impact aujourd’hui, qui constitue le thème central de ce livre.A travers une série de pièces anonymes, d’encres et couleurs sur soie, puisée dans divers musées et collections prestigieuses, on découvre l’art chinois de cette époque et l’extrême attention qu’il a su porter aux grappes de raisins, aux loriots, coucous, bouvreuils gros-bec ou merles huppés.Déjà, à cette époque, la culture chinoise a intégré diverses traditions de pensée.Le taoïsme y apporte son désir de communion avec la nature, le confucianisme son souci d’engagement humain et de maîtrise du concret, et le bouddhisme scrute «l’intimité du vivant», propose une «vision plus contemplative, nourrie de respect et de compassion envers tous les êtres, si infimes soient-ils», explique Cheng.Puis, les Yuan, les Ming et les Qing ont succédé aux Song, et ce jusqu’en 1911, observant tour à tour de nouvelles formes d’expressions artistiques.A la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, l’école des Excentriques de Yangzhou marque de sa griffe l’histoire de la peinture chinoise.v» U1 w < H U M ft.¦ I/» w -H ÛÈ m U Z m U uj OC eUÀ w O ou U ?THÉÂTRE LA CARTE QUI VOUS PERMET D’ALLER AU THEATRE VOUS DEFEND DE PAYER CHER, 0 N T # E A l j Profitez d'une année de loisirs à rabais.Plus de 90 activités avec la carte Accès Montréal.Entre autres, économisez : • aux Belles soirées de l'Université de Montréal • au Centre des arts Saidye Bronfman • au Centre Pierre-Péladeau • à la Cinémathèque québécoise • à l'Espace GO • à l'Espace Libre • au Goethe Institut • aux Grands Explorateurs • au Groupe de la Veillée/Théâtre Prospère • à lïnfinithéâtre • à l'I Musici de Montréal • aux maisons de la culture de la Yille de Montréal et à la Chapelle historique du Bon-Pasteur • à la Maison Théâtre • à l'ONF Montréal - CinéRobothèque • à l'Opéra de Montréal • à l'Orchestre Métropolitain • à l'Orchestre symphonique de Montréal • à la salle de concert Oscar-Peterson • au théâtre Centaur • au théâtre d'Aujourd'hui • au théâtre du Rideau Vert La carte Accès Montréal, seulement 5 î, seulement pour les Montréalais et les Montréalaises.Renseignez-vous au 87-ACCÈS, #610 ou procurez-vous le dépliant à votre bureau Accès Montréal ou à votre bibliothèque de quartier.www.ville.montreal.qc.ca/cam Z O m, < 'US et v 'US et Ville de Montréal VS Z O SCIENCES • î > V“ ‘% r * r , v • «Par leur attitude rebelle, leur libre manière de vivre et de créer, leurs œuvres si diverses, d’un expressionnisme tour à tour sobre ou flamboyant, les fameux Excentriques resteront la référence, secrète ou avouée, des meilleurs peintres du siècle qui suivra», écrit Cheng.Un livre agrémenté de poèmes chinois, tout de contemplation, un jardin à observer au milieu de l’hiver.D’OÙ JAILLIT LE CHANT François Cheng Phébus Paris, 2000,156 pages MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Fées, elfes, trolls et gobelins habitent le pays des rêves depuis des temps immémoriaux.Présent dans un nombre incalculable de contes et de légendes populaires remontant souvent jusqu’à l’Antiquité, le «petit peuple» a toujours vécu en parallèle de notre monde, étroitement associé au surnaturel et au royaume des esprits.bien avant de se transformer en décoration pour parterre bien entretenu.Toutes les traditions populaires européennes parlent de ces petits êtres qui ne sont en fait devenus petits que sous l’influence des auteurs et illustrateurs de l’empire britannique à son apogée.Avant, dès ,1e XIe siècle en Angleterre et en Ecosse, on les associait plutôt aux esprits des morts, aux farfadets et aux fantômes de tous types qui hantaient les forêts et les marais les soirs de pleine lune.Aux esprits premiers de la nature, aussi, qui représentaient partout la force vitale de l’animisme universel.Et ce n’est qu’après, bien après, à la toute fin du XVIIIe siècle, qu’on en a fait des petites créatures ailées aussi minuscules que des insectes.Mais les légendes du petit peuple sont-elles d’origine celte, Gérald Donum, Gérard Beaudet, Martin Joly ÉVOLUTION DU TERRITOIRE LAURENT! DIEN Caractérisation et gestion des paysages JT à' fi Enfin un manuel de référence pour la gestion du territoire et la mise en valeur des paysages régionaux .A ÏQ ! ISABELLE QUENTIN EDITEUR Que la fête commence ! Entrevue avec rhistorien Pietro Boglioni.Pietro Boglioni, historien spécialisé sur le Moyen Âge et la Renaissance croit que la fête moderne est en crise. travers le récit des origines de Noël ou des carnavals, il nous montre comment les fêtes ont été récupérées par les religions, tes princes, les États et le commerce.Pourtant, selon Pietro Boglioni, il serait possible de réinventer la fête.idees@telequebec.qc.ca Cette émission est enregistrée : Olivieri 5219, chemin de la Côte-des-Neiges Montréal (Québeè H3T1Y1 Tél.: 514 739-363! CHASSEURS ¦ DEES Dimanche 14 h et 22h 27 Realisation: Simon Girard Télé Quebec SOURCE LE LIVRE DES FÉES Illustration de Brian Froud A # S /) w \ „ \ nordique ou germanique?Nul ne saurait vraiment le dire.Faut-il les regrouper ou, au contraire, les différencier, les particulariser pour mieux les comprendre?Que fait le petit peuple, que font les fées à côté de nous?Ont-elles vraiment soif?De quoi se nourrissent-elles et quels sont leurs rapports avec les humains au-delà des contes et des images à l’eau de rose véhiculées par les films qu’en tirent aujourd’hui tous les Walt Disney du monde?C’est un peu à cette tâche que s’attelle Béatrice Philpotts dans ce grand livre aux illustrations fascinantes qui séduira les plus curieux.Avec une préférence marquée pour les fées des îles britanniques qui ont connu leur heure de gloire avec l’époque victorienne triomphante.Philpotts — quel nom quand même pour parler des fées et des farfadets! — retrace consciencieusement l’apparition des fées dans les vieilles légendes d’Irlande et de Cornouailles tout comme dans les grands textes tel Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare.Elle nous décrit leur royaume, les arbres enchantés et les cham- pignons magiques autour desquels elles dansent en folles farandoles toute la nuit durant.Elle nous parle de la physiologie des fées, nous les présente dans leurs divers éléments et nous raconte aussi les habitudes de certains fieffés fdous du petit monde qui prennent plaisir à tourmenter les humains.Elle nous les montre dans les travaux et les divertissements qu’elles affectionnent, raconte leurs dons comme leurs faiblesses, leurs liens particuliers avec les humains enfin, en abordant des sujets aussi délicats que les accouplements chimériques, les sortilèges et autres trucs beaucoup plus sombres que les habituelles histoires de marraine et de bonnes fées.Bref, l’on trouvera ici un délicieux délirç farci d’irrésistibles illustrations.À consommer avec ou sans potion magique.LE LIVRE DES FÉES Béatrice Philpotts Éditions Hors Collection Paris, 2000,100 pages Micheline Lachance de Noël X LACHANCE ft Paul-Émile Leger ¦if f mut .i' ¦ ( Prince de l’Égjis* f t e dernier t La biographie -rrnter voyage complète du cardinal * s Paul-Emile Léger enfin publiée LES EDITIONS DE L’HOMME www.edhomme.com Diffusion : Édipresse - (514) 273-6141 Roman, 125 pages, MAI T ’'.f-T MALEKA Lisa Carducci Maleka s’était vouée à un rêve: n’aimer et rendre heureux qu’un seul homme jusqu’à la fin de ses jours.Hélas ! vnm hihi k* Nouvelles, 170 pages, 4 % CŒURS ÉCHOUÉS Marianne Hubert Ce recueil de sept nouvelles traite d’amour, de passion, d’érotisme et de mort.Poésie, 78 pages, J’AI MAL A LA LANGUE DE MON PAYS Jean Ferguson Poème réquisitoire où l’auteur se porte à la défense de la langue française.i •\ ) 1 K !> K v 'MH.I.K S S A M K 1> I I « E T I) I M A N ( HE 17 1) É < E M B R E 2 0 0 0 I) II Livres **- BEAUX LIVRES ROMANS DE L’AMÉRIQUE L’évidence brute Je vois trop de souffrances chaque jour.Elles ont une évidence brute, brutale même, qu 'aucune métaphysique n’aura jamais.» Tirées d’un roman de David Payne (Confessions d’un taoïste à Wall Street, dont nous reparlerons bientôt), ces phrases pourraient servir d’épigraphe rétrospectif au dur roman de la misère écrit par Torn Kromer au début des années 30 et récemment réédité.Ce Kromer, issu d’une famille de mineurs de charbon (grand-père enterré vif à la suite d’un coup de grisou; père qui fait ses débuts dans la mine à huit ans), arrive au monde à un mauvais moment, on dirait.Son curriculum vitæ, inutile à l’époque (les employeurs se contentant de ricaner lorsqu'on prononce le mot «travail» devant eux), pourrait se lire comme suit aide souffleur de verre; correcteur d’épreuves pour les journaux; instituteur dans quelques trous perdus au cœur de la montagne; ensuite, la Dépression.Ce qui veut dire: la vie d’un stiff (à cause des vêtements loqueteux raidis par la poussière, la sueur et la crasse?).Ensuite, aussi, le miracle d’un livre.Vrai, brutal et nécessaire.Une expérience narrée sans recul, moulée dans la matière même de la douleur et qui, par comparaison, fait ressembler tous les petits vagabonds littéraires à la Kerouac, qui vont prendre la route une génération plus tard, à autant de collégiens naïfs en mal d’aspirations romantiques.Rien de tel chez Kromer: chaque scène s’enfonce d’abord dans l’estomac à la manière d’un coup de poing.D’une nécessité toujours immédiate.Manger, dormir.On est dans le prosaïque à l’état pur.Il n’y a rien d’autre, phrase après phra- se.sinon, parfois, la haine entêtante et sans cesse réitérée d’un système qui permet au bon citoyen qui le soutient de contempler ses frères déshérités comme on regarde des bêtes traquées, avec ce jouissif mélange de peur et de sécurité.Un livre, donc.Ecrit «sur du papier à rouler Bull Durham ou dans les marges de prospectus religieux, parfois dans des missions, parfois dans des prisons ou sous des ponts de chemins de fer».S’arrachant, le temps de quelques intolérables éclairs de lucidité, à son anonyme condition de sous-pro-létaire maudit, Kromer ne daigne raconter aucune histoire.Il se contente d’exposer, en quelques tableaux ne répondant à aucune suite logique apparente, une réalité brute, celle du stiff la mendicité, la faim (omniprésente), les trains de nuit, la nourriture infecte des missions, la solidarité des putes et des crève-la-faim, rare lueur dans le chacun-pour-soi quotidien.Aucun espoir pour les paumés de Kromer, prisonniers d’une faiblesse dont les forces de l’ordre abusent avec un sadisme qui aurait fait d’elles, dans un autre pays, à peu près vers la même époque, d’excellents gardiens de camp.Non, aucun espoir: «Qu’est-ce qu’on peut faire devant ces soufflants braqués sur nous?», se demande Kromer.«Il n’y a rien à faire.» Tout le livre est écrit sur le même ton, celui d’un implacable constat d’où toute espérance semble à jamais bannie.La révolte, ici, meurt dans l’œuf.Le héros veut-il assommer un rupin qui rentre chez lui et le dépouiller?11 craque au dernier moment, reprenant in extremis son rôle de pauvre hère tout juste bon à plier l’échine pendant que le bien-pensant lui crache des paroles pleines de droiture au visage.Tente-t-il, après avoir réussi à se procurer une arme, de braquer une banque?Au dernier moment, le soufflant se prend dans le tissu de sa poche, et il reste là à fixer le caissier d’un air stupide.Cette inaptitude à la violence, c’est ça, le pire.Si au moins ils pouvaient faire peur.Mais l’idée de révolution reste désespérément lointaine, sinon même ontologiquement impossible: si un des personnages se risque à l’évoquer («Un jour, il y en aura assez pour tout le monde»), il bute aussitôt sur l’objection suivante: «Une révolution de “stiffs", on l’arrête avec un sac de “doughnuts".Quand un “stiff a le ventre vide, il n’est capable de rien.Quand il a les boyaux pleins, il ne voit pas pourquoi il s’en ferait.» Le matérialisme historique est ainsi réfuté, l’homme révolté renvoyé à ses problèmes gastriques.Si les choses ne changent jamais, c’est que ceux qui se retrouvent subitement en position de les changer perdent en général, assez étrangement, tout intérêt à les voir changer.N'est-ce pas, monsieur Titide de Port-au-Prince?Il y a dans ce livre dénué de toute prouesse textuelle des scènes qui hantent la conscience et qui n’apparaissent pas tout à fait innocentes dans notre monde de gui-gnolées hop la vie et de charité bien ordonnée une fois par année.Comme si avoir le cœur sur la main était devenu affaire de grosse consommation, comme le reste.Un nerf excitable à la veille de Noël seulement, époque bénie où le premier ministre du Canada peut se permettre de jongler avec l’idée d’un revenu minimum garanti avant de se rétracter le lendemain: la farce aura été bonne, et ne cherchez surtout pas la dinde.Les Vagabonds de la faim (Waiting For Nothing, en anglais.) est un livre fort, écrit avec le ventre et les tripes.Sur le même sujet, je ne vois que Cormack Macarthy et son inoubliable Suttree pour rivaliser en force de frappe.Mais Macarthy avait accès aux grandes orgues du style, et son roman est une cathédrale.Le livre de Kromer, lui, reproduit l’amère musique d'un orgue de Barbarie entendu sous la neige au coin d'une rue.Je reverrai longtemps ce réveillon de Noël en compagnie d'une jeune pute novice, la rude tendresse partagée; l’hypocrisie des tenanciers de mission qui, en échange d’un lit infecté de vermine et d’un infâme ragoût de carottes (ça sent le pot de chambre, remarque finement le narrateur), profitent de la misère des gueux pour les agonir de leurs bêtises sur Jésus, le péché et la rédemption.Rien n’a changé, au fait.Ce livre vieux de trois quarts de siècle n’a pas pris une ride.Les trains de marchandises constituent peut-être un moyen de transport moins prisé aujourd’hui par la faune des bas-fonds.Mais de jeunes hommes continuent de vendre leur cul pour un repas et une nuit dans un bon lit chaud.La Sainte Famille selon Torn Kromer ressemble à peu près à ceci: le père a le crâne ouvert d’un coup de matraque.La mère a peur.Le petit, entre ses bras, suffoque, sa figure vire au noir.Ils fuient tous les trois le long de la voie ferrée, dans la nuit.Ils sont poursuivis par des flics consciencieux et zélés, bras armés d’un ordre sadique.Vers les cieux étoilés monte la seule question possible: «O mon Dieu, si Tu existes, pourquoi faut-il qu’il y ait des choses pareilles?» LES VAGABONDS DE LA FAIM Torn Kromer Traduit de l’anglais par Raoul de Roussy de Sales Christian Bourgois Editeur Paris, 2000,191 pages Lo u is Hamel in CINÉMA Le paradoxe du péquenot DENIS DESJARDINS André Raimbourg, ça ne vous dit peut-être rien.Mais Bourvil! «Salade de fruits, joli, joli, joli.» Vous connaissez?La filmographie de ce singulier comique de la chanson et du cinéma français s’étend de 1945 à 1970, année où il disparut prématurément à l’âge de 53 ans.Gérard lenne a choisi de raconter sa vie et sa carrière de façon chronologique.Comment ce petit Normand, issu d’une famille paysanne vivant près d’un village nommé.Bourville, devint l’un des artistes les plus aimés du public hexagonal; comment il réussit peu à peu à faire oublier son impayable bouille de benêt péquenot pour créer de solides compositions dans des films de Clouzot, de René Clair ou d’Au-tant-Lara, telle la mémorable Traversée de Paris, où sa subtile prestation fit réviser le dur jugement de Marcel Aymé, peu satisfait de la précédente incarnation bourvilienne de son fameux Passe-Muraille.Sans compter les œuvres d’autres réalisateurs de calibre comme Jean-Pierre Moc-ky (sous sa direction, Bourvil campera Un drôle de paroissien, un hobereau ruiné qui s’amuse sérieusement à piller les troncs d’église!) ou Jean-Pierre Melville (Le Cercle rouge, un rôle dramatique inattendu dans ce qui sera le dernier film de l’acteur).Toutes œuvres qui vaudront à l’artiste l’admiration des critiques les plus exigeants.Cependant, à travers d’immenses succès commerciaux tels que La Grande Vadrouille de Gérard Oury — Bourvil retrouva De Fu-nès dans cette comédie de 1966, encore aujourd’hui le plus populaire film français de tous les temps —, le talentueux comédien resta fidèle à son public initial, peu féru de cinéma d’auteur, et fut jusqu’à la fin un homme simple et modeste.Voilà ce que l'auteur nous relate ici avec l’enthousiasme d'un admirateur presque inconditionnel, mais avec de trop nombreux raccourcis.Au bout du compte, l'entreprise semble un peu limitée.L’album, quoique réussi sur le plan graphique et imprimé sur un papier glacé de qualité, est en effet un peu mince de contenu.Belle part est faite aux superbes photos noir et blanc qui, malgré leur diversité et leur rareté, ne sont pas toujours légendées, de telle sorte que le lecteur en interrogera parfois le contexte.Ainsi n’apprend-on pas l’origine de ce surprenant cliché réunissant Bourvil, hilare, et Buster Keaton, impassible comme toujours.Et les citations extraites de chansons, en exergue tout au long du texte, sont parfois mal intégrées ou redondantes.Un album que l’amateur de cinéma français parcourra avec un plaisir réel mais qui le laissera un peu sur sa faim.BOURVIL.C’ÉTAIT BIEN Gérard Lenne Albin Michel Paris, 2000,104 pages Faites le plein de BOUQUINS profitez dun rabais de 25% sur les meilleurs titres (®) Dictionnaire du rock Dictionnaire du cinéma, 3 tomes Encyclopédie des vins et alcools Les jardins Tout l’opéra Une histoire de la musique Guide des échecs Livre noir du communisme Robert Laffont i k Des LIVRES Pour TOUS Les GOÛTS ! Gilles Vigneault et Pg * Jacques Lacoursîère jPI LA CHANSON COMME MIROIR DE POCHE chanson comme miroir 8 (>.- relie LLO >$ Nombreuses illustrations couleurs 11 min i P»® TRADUIT DE I ESPAGNOL LA TEMPETE Juan Manuel É j de Brada «Un polar intelligent et culturel - qui rappelle un peu • son compatriote .• IVrez-Reverte- hautement recommandable.» ?* * * Vees Guillet - (Ubviine le fureteur) i.’O p.M.'OS .- U l.ibmire AHMADOU RnUMUMA Allah n'est pas obligé Cfeiiriow» •
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