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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-02-10, Collections de BAnQ.

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L E I) E V OIK.LES S A M EDI I O E T I) I M A X ( HE II E E V R I E R 2 O O I LE DEVOIR Romans québécois Page D 3 Essais Page D 4 Romans de l'Amérique Page D 5 Charles Gagnon Page D 7 Formes Page D 8 4: :f(- i y *- ^4 ÿ# 4?w ^.4 mm.Wk SOURCE :ZULMA Saint-Valentin Amours à l’indienne Son évocation fait sourire, rire, rêver.Et puis un jour, on l’ouvre, et on redécouvre du coup, comme un néophyte, les subtilités exquises de l’art érotique, telles que consignées patiemment, méthodiquement, par un sage nommé Vasyayana dont on ne sait même pas exactement en quel siècle il a vécu, entre le I" et le IV' siècle après Jésus-Christ, à l’âge d’or de l’Inde et de son art.Les Kâma-sûtra, ce traité philosophico-érotique de l’Inde médiévale, a rejoint l’Occident d’aujourd’hui.On vient justement de les rééditer chez Zulma, finement, abondamment et explicitement illustrés à partir d’une sublime collection de peintures anciennes.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Kâma, dans la tradition indienne, est la divinité masculine de l’amour et du désir charnel.Les observations générales, consignées par Vatsyayana, présentent kâma comme étant «la satisfaction des sens, ouïe, toucher, vue, goût et odorat, contrôlés par le mental, lui-même dirigé par la conscience du Soi, Im sensation de plaisir qui naît de la coïncidence entre l'objet des sens et l’organe récepteur se nomme kâma.L'art de jouir est consigné dans les kâma-su-tra et divulgué parles connaisseurs».Parmi les valeurs indiennes, kâma vient après le dharma, le respect de l’ordre cosmique, qui pour sa part doit conduire à la stricte observance des lois religieuses.«Mais celles-ci ne sont pas toujours respectées (quand elles concernent par exemple, les sacrifices), parce que l'on ne constate pas toujours leurs résultats dans le monde visible», écrit Vastyayana.Le kâma vient aussi après Yartha, qui «consiste à rechercher la perfection des arts, la possession de la terre, du bétail, de l’or, des richesses et à acquérir serviteurs et amis».Une fois ces mises en garde faites, le lecteur est libre de s’avancer, à ses risques et périls, dans le monde merveilleux des kâma-sutra.VOIR PAGE 1) 2: AMOURS VUES jfM f>; m É M EM fj' : il fi, « ï Paul Cézanne.Paul Alexis lisant à Zola.1869.Museu de Arte, Sào Paulo Robert Fuitord Robert Fulford aime les histoires.11 aime en raconter et s’en faire raconter.C’est sans doute ce qui l’a poussé, adolescent, à entrer à l’emploi du Globe and Mail comme commis, avant de devenir lui-même journaliste.Des décennies plus tard, l’homme est une sommité en matière de culture au Canada.À l’automne 1999, il était invité à prononcer à la radio de CBC, dans le cadre des conférences Massey, une série de conférences sur l’art de raconter et sur l’influence des récits dans la société.Ces conférences viennent d’être publiées en français chez Bellarmin, sous le titre L’Instinct du récit.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Raconter est souvent une compulsion, un besoin irrépressible de confier à quelqu’un d'autre ce que l’on vient d'apprendre.«Le récit est sûrement venu au monde sous les traits du bavardage, sinon du commérage: de simples histoires comme tout un chacun en raconte», écrit Fulford d’entrée de jeu, dans un premier texte qui s’intitule Le bavardage, la littérature et les inventions de soi.Les exemples de cette pulsion viscérale à raconter abondent.Ainsi, le journaliste britannique Malcolm Muggeridge a-t-il déjà été tenté, alors qu’il faisait de l'espionnage pour le compte de la Grande-Bretagne durant la Seconde Guerre mondiale, d’aller livrer l'ensemble de ses secrets à l’ambassade d’Allemagne! «Je comprenais la violence du sentiment pervers qu ’il avait éprouvé, écrit Fulford.C’était un conteur.Il brûlait de raconter.Et il savait qu’en passant à l’ennemi il mettrait en branle une histoi- re infiniment compliquée.L’espace d'un instant de folie, son instinct de conteur lui parut plus fort que tout.» Cédant donc à son penchant naturel, Fulford nous raconte quelques histoires pour le moins étonnantes, débusquant le travers humain selon lequel plusieurs personnes enjolivent leur propre histoire pour se rendre intéressantes.L’ancien instructeur des Blue Jays de Toronto, Tim Johnson par exemple, avait ajouté à son curriculum vite des inventions sur sa participation à la guerre du Vièt Nam, et même sur ses expériences en tant que joueur de basket-ball à l’école secondaire.Un dénommé Georges Dupré avait de son côté dupé le Reader’s Digest, dans les années 50, en racontant qu'il avait résisté à la torture de la Gestapo alors qu’il était dans la Résistance, histoire inventée de toutes pièces.Le tout a donné lieu à un livre intitulé The Man Who Wouldn’t Talk, par ailleurs présenté sur la couverture comme une imposture littéraire.De même, le Nouveau Journalisme, ayant apparu dans les années 70, a-t-il donné lieu à son lot d’impostures, faisant passer pour vraies des histoires inventées.Ainsi toute notre vie, toute notre connaissance du monde, s’appuie-t-elle sur une somme de récits, d’histoires, plus ou moins romancés, plus ou moins solides.«Je crois que tout le monde essaie de dire la vérité, mais qu’on est toujours un peu biaisé.On interprète la réalité, de telle sorte qu’une personne peut estimer que ce que l’on dit n’est pas vrai», dit Robert Fulford en entrevue, joint chez lui à Toronto.L’ère du doute Dans le domaine de l'histoire avec un grand H, les maîtres-récits, ces sagas qui influencent des civilisations entières, peuvent aussi être remis en question.Aussi, des récits aussi puissants que la Bible ou que le voyage de Christophe Colomb vers l'Amérique, ont-ils été contestés ou réaménagés pour satisfaire à de nouvelles valeurs, à de nouvelles convictions VOIR PAGE D 2: HISTOIRES 1iberté revue i t t é r a i r e n° 251 Carpe numerum LIBERUM hors-d'œuvre : Pierre Elliott Trudeau V.» I.K I) E V 0 I R .LES S A M EDI I 0 E T D I M A N (’ HE II FEVRIER 2 0 0 I I) 2 HISTOIRES SUITE DE LA PAGE D 1 établies au fil des siècles.Ainsi, depuis le XIX' siècle, l’émergence de la discipline de l’histoire a-t-elle obligé à revoir la lecture littérale que l’on faisait de la Bible.C’est dans la foulée qu’un romancier de science-fiction comme H.G.Wells impose sa vision, imprégnée d’optimisme scientifique.«La Bible citée à comparaître!, écrit Fulford./wsi/K«-/à, c’était toujours elle qui avait jugé la science et non l’inverse».Et aussi corrige-t-on, notamment depuis 1992, le récit des voyages de Christophe Colomb en affirmant désormais que ce dernier n’a pas «découvert» l’Amérique, puisque des habitants autochtones y vivaient déjà, mais qu’il y est plutôt «arrivé».Selon Fulford, l’époque actuelle, qu’on appelle époque du post-modernisme, en est une précisément de doute.Et les historiens tentent désormais d’intégrer différentes visions du monde dans leur présentation des faits.«Nous voulons considérer la position de peuples qui sont différents de nous», dit Fulford.Il ajoute par ailleurs que si les historiens ne s’entendent pas toujours, ils s’entendent toutefois «beaucoup mieux qu’çvant».A titre d’exemple, au sujet de l’histoire canadienne, il évoque la série historique télévisée bilingue, Le Canada, une histoire populaire, depuis plusieurs semaines diffusée simultanément à Radio-Canada, et à CBC.Bien sûr, il y a eu des protestations, du côté des historiens francophones comme de celui des anglophones, «et c’est tant mieux», ajoute-t-il, mais il s’agissait de «la première importante série télévisée bi- ffc.vfttlitl HOHCK r PLLFOKI) L'instinct du récit lingue de l’histoire de la télévision canadienne», dit-il.Après avoir délaissé la Bible, révisé certaines certitudes historiques, la société occidentale actuelle a tissé ses nouvelles références.«Chaque société élabore un maître-récit auquel elle revient fréquemment, surtout aux heures de crise.A notre époque, plusieurs pays occidentaux, dont le Canada et les Etats-Unis, ont utilisé comme maître-récit la seule source de droiture et de certitude morale dont nous disposons présentement: la Deuxième Guerre mondiale.Les événements et les individus associés à ce conflit nous fournissent des précédents et des comparaisons.[.] Quand le président Bush a déclaré la guerre à l'Iraq, il a comparé Saddam Hussein à Hitler, parce qu’il savait bien que tout le monde connaissait le rôle de Hitler dans l’histoire.Pour la même raison, le président Clinton a comparé les atrocités commises GROUPE Renaud- — — (garnéau -U— Brav ^ Librairie aV (fëarneau -Ir— PALMARES HEBDOMADAIRE selon les ventes de nos 24 succursales Du 31 janvier au 6 février 2001 J PSYCHO.La synergoloqie 38 ; Philippe Turchel L'Homme 2 ROMAN 99 francs 20 F.Beigbeder Grasset 3 ROMAN Q.Gabrielle v 10 Marie Laberge Boréal 4 JEUNESSE Harry Potter et la coupe de feu, tome 4 * 11 J.-K.Rowling Gallimard 5 ROMAN Q.Un dimanche à la piscine à Kigali * 15 G.Courtemanche Boréal JL HUMOUR Les chrétienneries 18 Pascal Beausoleil Intouchables 7 PSYCHO.À chacun sa mission 61 J.Monbourquette Nova lis £ HUMOUR Journal d'unTi-Mé 13 Claude Meunier Leméac 9 POLAR Les rivières pourpres * 157 Jean-C.Grangé Albin Michel 10 ROMAN Q.Un parfum de cèdre * - Éd.compacte - 18 A.-M.MacDonald Flammarion Oc.n CUISINE Encore des pinardises « 17 Daniel Pinard Boréal 12 PRATIQUE Le guide de l'auto 2001 18 Duval & Duquet L’Homme 13 JEUNESSE Benjamin et la Saint-Valentin 162 Bourgeois & Clark Scholastic 14 ESSAI Q.2 Chevalier De Lorimier Comeau A Nadeau éd.15 ÉDUCATION Les carrières d'avenir au Québec 2001 3 Collectif Ma carrière 16 PSYCHO.Les cinq blessures qui empêchent d'être soi-même 25 Lise Bourbeau E.T.C.17 JEUNESSE Je t'aimerai toujours * 786 Munsch & McGraw Firefly 18 ÉROTISME 2 Marie Gray Guy Saint-Jean 19 RÉCIT Ébène * 11 R.Kapuscinsky Plon 20 ESSAI Q.La simplicité volontaire Il50 Serge Mongeau Écosociété 2± ROMAN Dans ces bras-là « - Pri> Femina - 18 Camille Laurens P.O.L.22 CUISINE Sushis faciles « 36 Collectif Marabout 23 POLAR Hannibal * 54 Thomas Harris Albin Michel 24 JEUNESSE Chansons drôles, chansons folles (Livre & OC) « 21 Henriette Major Flde* 25 CUISINE Le guide du vin 2001 14 Michel Phaneuf L'Homme 26 ROMAN La pierre de lumière, tome 4 - La place de vérité 4 Christian Jacq * — XO éd.[27 ROMAN Soie » |215 A.Barlcco Albin Michel 28 BIOGRAPHE î Gilles Verlant Albin Michel 20 PSYCHO.Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus * 362 John Gray Logiques 30 HUMOUR Choses à ne pas faire he Bruno Blanchet Intouchables 3J THÉÂTRE J 362 Érlc-E.Schmitt Actes Sud 32 CUISINE * Karen Graham L'Homme 33 JEUNESSE Roméo le rat romantique * il 78 Tremblay & John DomWque & de] 34 IjeunesseIioo comptines (Livre & DC) * [74 Henriette Major Flde* 35 ROMAN Q.1 2 VldorLèvy Beaufeu Trola-PIstole* | 36 ROMAN Et si c'était vrai.! 54 Marc Lévy R.Laffont I 37 PSYCHO Grandir : aimer, perdre et grandir I36I J.Monbourquette du Richelieu ] 3 H CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires * 325 Daniel Pinard Boréal .39 PSYCHO.Cessez d'être gentil, soyez vrai I « T.D Ansembourg L'Homme 4fl SPORT 142 F.Delavler Vlgot Livres -format ooche 1 JEUNESSE Harry Potier : volumes 1,2 et 3 a 6£ J.- K.Rowling Folio Junior 2 ROMAN Geisha * 39 Arthur Golden Livre de poche 3 SEXUALITÉ 203 façons de rendre fou un homme au lit 342 Julie Saint-Ange Marabout 4 SPIRITU.L'art du bonhaur a 12 Dalei-Lam* J'sl lu I5 I JEUNESSE À la croisée des mondes, tome 1 40 Philip Pullman Folio junior _________- Les royaumes du Nord *__________ e : Coup de coeur RB IBB 1** eemaine tuf notre Met N B : La* dictionnaire* «t la* titra* à l'étude sont exclu* T NOfi NOMBRE 1)1 SEMAINES DEPUIS LEUR PARUTION Pour commander à distance ® (514) 342-2815 www.renaud-bray.com » Livres -» en ex-Yougoslavie à l’holocauste des Juifs par les nazis.Ces analogies sont pour le moins inexactes.Toutefois nous y avons recours parce que l'histoire — le maître-récit — de la génération de nos parents ou de nos grands-parents fonde ce que nous pensons aujourd'hui des principes qui doivent s’appliquer aux relations entre les États», écrit Fulford.Pourtant, Fulford lui-même n’échappe pas au prisme de la subjectivité de l’histoire.En tant que Canadien anglais sexagénaire, ses références littéraires et historiques sont d’abord britanniques.Et en cette ère de doute, il reconnaît d’ailleurs agir un peu désormais comme mémoire de sa communauté.«Le Canada a énormément changé au cours des dernières décennies, dit-il, plus encore que d’autres pays.Nous changeons vite parce que nous ne sommes pas enracinés dans un seul document, comme le sont les Américains avec la Constitution par exemple, nous ne sommes pas régis par un pouvoir sacré, et nous n’avons pas de racines historiques dans la langue [sic], parce qu’on parle au Canada de nombreuses langues».Ici, comme ailleurs, les mémoires se construisent et se modifient au fil des récits, ceux qui s’estompent, ceux qui émergent.Les maîtres récits grandissent et déclinent.Ils sont faillibles comme ceux qui les portent L’INSTINCT DU RÉCIT Robert Fulford Traduit de l’anglais par Albert Beaudry Bellarmin Montréal, 2001,215 pages Car ici, à la recherche des cimes, aucun détail n’est sacrifié.Les kâma-sutra, dont on dit qu’ils sont en fait une compilation des ouvrages de sciences érotiques de l'Inde ancienne, offrent des chapitres entiers sur les étreintes, sur les baisers, sur les griffures, les morsures, les coups et les soupirs, où tout est codifié, compté, encadré.Des ongles, par exemple, on dira qu’ils doivent être effilés, durs, convexes et bien plantés, brillants, propres, intacts, solides, non cassants, sains.Les dents, pour leur part, seront régulières, brillantes, d’une coloration inaltérable, bien rangées, intactes, et devront avoir la pointe acérée.Avec ces ongles, on laissera sur le corps de l’amante ou de l’amant des marques imprimées sous huit aspects, des traces en forme de demi-lunes, de cercles, de lignes, de griffes de tigre, de pattes de paon, d’empreintes de lièvre, de feuille de lotus bleu.«La mémoire se perd comme s’effacent les traces des ongles.C’est ce qui arrive aux amants qui font l’amour trop rarement», écrit-il.lu morsure se pratiquera sur toutes les parties du corps, à l’exception de la lèvre supérieure, de l’intérieur de la bouche et des yeux.Elle se nommera morsure secrète, morsure boursouflée, point et guirlande de point, corail et perle, collier de perles, nuage brisé ou morsure du sanglier.A la fin du livre, un chapitre s’adresse spécifiquement aux courtisanes, avec des directives pour rechercher et s’attacher le bon amant, et même pour se débarrasser de l’amant après lui avoir soutiré de l’argent.Un petit guide en début d’ouvrage précise d’ailleurs qui un homme ou une femme peuvent fréquenter, compte tenu du statut social et de la caste de chacun.Mais la partie la plus connue du LIBER sous la direction de J.-F.Chassay, J.-F.Côté et B.Gervais Edgar Allan Poe Une pensée de la fin Collaborateurs : Renald Bérubé Rachel Bouvet Jean-François Chassay Isabelle Cassette Jean-François Côté Valérie de Cour ville Nicol Kim Doré Bertrand Gervais Marie-Renée Larocbelle Jean Morency Jean-Pierre Vidal Nicolas Xanthos Stm h èirtclitf 4i Jean-Fféaçuit Chmsay Jta*-Fr*nç«i: CM Bertrand Gênait çgt foe edgar Edgar Allan Poe.Une pensée de la fin Liber 204 pages, 24 dollars COMPOTE ET GRUAU Panic Noyart ¦¦ ( ompoïc ci gruau est il iiih' cncri' qui distille un terrible humour noii Robert ( lurtr.iml.le Ihivil " (.mnpote el gruau se I,tisse dévorer d une traite.[.Un hymne subtil et dépouillé à tes petits riens qui fmu l'existenee.•' Piiliiels Rov.Qticlxr IriOniii} [.FMI AC AMOURS Kama-sutra est sans doute celle répertoriant les soixante-quatre positions, notoirement exigeantes, de «l’union suspendue» à «la posture terrible», en passant par «la pose du clou», ou «le bambou fendu», cataloguées selon la taille des organes sexuels de la femme et de l’homme.De la femme, selon sonyowt, on dira en effet qu'elle est antilope, jument ou éléphante.L’homme, selon son linga, sera pour sa part lièvre, cheval ou taureau.L’imagination d’un disciple Par ailleurs, dans un beau roman qui vient tout juste de paraître, tout imprégné des odeurs et des sons de l’Inde médiévale, L'ascète du désir (Le Seuil), l’auteur Sudhir Kakar se place dans la peau du biographe et d’un disciple de l’éminent et mystérieux Vat-syayana, auteur des Kâma-sutra.Il écrit: «soixante-quatre est un nombre naturel et révéré(.).Il est ce qui est mais aussi ce qui pourrait être.Il met à l’épreuve les limites de notre imagination sexuelle», observe le narrateur du roman.Dans l’Inde ancienne, sobeante-quatre est aussi le nombre d’arts que la femme doit maîtriser pour être recherchée.On parle entre autres de l’art d'apprendre à parler aux perroquets et aux mainates, de la composition poétique, de l’alchimie, de la connaissance de la médecine ayurvédique et de la stratégie militaire.Car la femme visée par le kâma-sutra est une lettrée.Contrairement aux autres érudits de son époque, Vasyayana suggérait que les femmes soient initiées au kâma-sutra «avant, et après le mariage, si leur mari y consent».«Cependant, écrit le sage dont on ignore d’autre part presque tout, certains lettrés pensent qu’elles n’ont pas a le faire puisqu’en principe toute lecture leur est interdite.» Mais Vatsyayana n’est pas de cet avis.Dans son roman, Sudhir Kakar, qui a aussi écrit des essais sur l’art érotique indien, accorde à la femme le privilège d’accéder au sommet de l’expérience sexuelle.Non seulement est-elle plus sensible aux caresses et aux baisers, nécessaires à l’éveil de son désir, écrit Kakar, mais sa hardiesse au lit serait six fois plus grande que celle de l’homme, et sa satisfaction huit fois supérieure.La mythologie indienne raconte l’anecdote du roi Bhangasva-na, que la déité Indra avait changé en femme pour le punir.Lorsqu’on lui offrit de reprendre sa forme masculine, Bhangasvana préféra demeurer femme, «parce que, en tant que femme, il avait éprouvé beaucoup plus de plaisir sexuel».Mais qu’en saura-t-on jamais?Pour le commun des mortels, le mystère concernant le plaisir de l’autre demeurera entier, même à notre époque où la transsexualité est rendue possible grâce à la science.Sudhir Kakar consacre, dans son roman, à ce sujet, une phrase fort jolie.«Mon opinion, mûrement réfléchie, est que, quelle que soit l’étendue du savoir de l’homme sur la façon dont la femme perçoit les rapports sexuels, l’essence de son plaisir, sa rasa féminine, échappera toujours au sexe fort, et vice-versa.En fin de compte, la source même de notre plaisir, notre corps, fait écran à la connaissance.C’est le désir de faire l’expérience du plaisir de notre partenaire qui mus pousse à l’union, et la tragédie est que nous devons mus défaire du nôtre».C’est le Vastyayana du roman qui prononce ces mots.Et ils sont tout à fait crédibles dans sa bouche.Puisque le personnage qui a sacrifié sa vie à l’étude des sciences érotiques, est en fait, dans la version de Kakar, un ascète dont la dernière relation érotique a été consommée, loin dans sa jeunesse, avec la femme même de son gourou.LES KÂMA-SÛTRA, FIGURES DE L’AMOUR Vastyayana Traduit du sanskrit par Jean Papin Editions Zulma Paris, 2000,162 pages L.* 'JS % Il i w Jean Forest l’sychanalyse littérature enseignement essai, 260 p., 2.S .ji Cet ouvrage entend démontrer que la psychanalyse appliquée à la littérature est fort capable de donner la plus grande importance à l’enseignement de cette dernière, tout dévalué, méprisé même qu’il soit aujourd’hui-dans nos ^Triptyque www.generation.net/tripty Tél.: (514) 597-1666 Jean Forest PSYCHANALYSE LITTÉRATURE ENSEIGNEMENT À LA RECHERCHE DU SCÉNARIO DE L’AVENTURE Anne-Marie Deraspe Ni précieux ni ridictiles Petite histoire des codes de politesse à travers les siècles AniK -Mark* Derasix* X'J t prmtHfc ni ridicules r#7 kl Alexandre Slunkc Un ouvrage bien documenté qui raconte avec humour ce qui nous reste des manières courtoises, à l'origine enseignées aux princes par nécessité.16,95$ Rit veille dans lotîtes les librairies Alexandre Stanké ÉDITIONS I } L K I) E V 0 I li .LES S A M EDI I (I E T D I M A N (' HE II E É V H I E H 2 0 01 I) :i -^ Livres •» ROMAN QUÉBÉCOIS L’abîme de récriture UN ENFANT PERDU DANS LA FOULE Jean-Pierre Guay Les Herbes rouges Montréal, 2000,94 pages J’AIME AUSSI LES BISONS Les Herbes rouges Montréal, 2000,228 pages Château-Richer, mardi 29 juin 1993.— Quel plaisir.Je me remets à écrire.Sans projet, ni désir d'ailleurs, de publication [.] sachant désormais que personne ne comprendra jamais rien à ce que je fais, note, écris.Adieu les cons, salut Jean-Pierre.» Lorsqu'il écrit ces mots au début d'Un enfant perdu dans la Joule, Jean-Pierre Guay a 47 ans.D a été journaliste et scripteur, il a écrit des romans, des recueils de poésie, des textes de chansons.Et il a été un homme engagé: comme président de l’Union des écrivains québécois de 1982 à 1984, et même après, il s’est battu pour que soient conventionnées la reprographie des œuvres littéraires et leur utilisation publique.Se produit une première rupture, le 1" janvier 1985 très précisément.Guay prend une résolution à laquelle il s’est tenu depuis, de ne plus écrire que son journal.Finis les romans, la poésie.Il n’écrira plus que pour et sur lui-même, en notant ses gestes quotidiens, ses sensations, ses rêves tels quels.H entend désormais «délittératurer», car la littérature comme institution, avec son réseau d’édition et de distribution, n’est qu’immense «bluff», comme il ne cessera de le répéter dans les premiers volumes du Journal, parus chez l’éditeur Pierre Tis-seyre de 1986 à 1990, puis réédités aux Herbes Rouges.Guay entrait dans son journal comme dans un cloître personnel dont il allait peu à peu définir les règles.Il se retira du milieu où il avait été jusque-là très actif.Le retrait — la retraite?— sera cependant ardu, grinçant parfois.D’un volume à l’autre, le Journal et son auteur se font une réputation sulfureuse.Guay ne ménage pas ses piques, dont certaines assez cruelles, aux écrivains, à certains collègues de l’UNEQ, aux ministres du temps, dont Clément Richard et Marcel Masse.Il reproduit dans son journal des propos qu’on lui a tenus en privé, de même que des lettres d’écrivains ou de critiques connus.Il se retourne même contre certains de ses amis, qui n’auraient pas été à la hauteur de ce qu’il attendait d’eux.Quiconque fréquente Jean-Pierre Guay ou a l’heur de lui déplaire est susceptible de devenir un personnage de son Journal.Dans le petit milieu des lettres québécoises, on sera heurté, parfois meurtri.Mais il y aura aussi des cocasseries.Ainsi, en 1987, histoire de mousser les ventes du Journal, l’éditeur Pierre Tisseyre a l’idée d’envoyer aux gens du milieu des cartes postales où il est dit qu’on y parle nommément d’eux.Tout un chacun croit qu’il s’agit de lui.Certains ont sans doute été voir si c’était vrai.D’autres ne se donneront pas cette peine: sans avoir lu le Journal, ils écrivent à Guay et le prient de vouloir leur répéter ses propos.Et voilà le pauvre écrivain obligé de correspondre avec des «auteurs» dont il n’a jamais entendu parler.Les premiers volumes du Journal de Guay seront donc consacrés pour l’essentiel à écrire la mort de l’institution littéraire et à révéler les turpitudes présumées de ses acteurs.L’Union des écrivains deviendra la «non-UNEQ» dans cette contrée que l’indépendantiste déçu appellera le «non-Québec».Mais c’est d’abord une œuvre où s’élabo- Robert C h artrand LES PENSEES EN BATAILLE A LA LIBRAIRIE GALLIMARD ÉCRIRE DANS UNE LANGUE ET PENSER DANS UNE AUTRE Wajdi Mouawad DIRECTEUR ARÎISTioUL ET GÉNÉRAL DU THÉÂTRE DE QUAT’sOUS, INTERROGE Ahmed Ghazali AUTEUR DÉ IA PIECE LE.MOUTON ET LA RM FINE ET Alexis Nouss PROFESSEUR AU DÉPARTEMENT DE LINGUISTIQUE ET DE TRADUCTION DE l’uNIVIRSITT DE MONTRE Al SAMEDI LE 10 FÉVRIER, À 13h30 à la librairie Gallimard, 3700 Boulevard Saint-Laurent, Montréal Tel.:514*499*2012jTéléc.:514*499*1535 www.gallimardmontreal.com une collaboration ibrairie Gallimard ACTIVITÉ GRATUITE André Pijet et Diane Lafrance Piégé par l’amour Reproductions de peintures et de textes satiriques et philosophiques sur le thème de l’amour AhDftÉ PIJET ET DIAME LAFfWICE Alexandra Stunkc « Les êtres ont souvent du mal à croire en l’amour.Ils ont beau creuser mais doutent toujours >• 34.95 $ en veille dans Ionie!) les librairies Alexandre Stanké ÉDITIONS re une ascèse, parfois grinçante, un lent travail de détachement de tous les liens jugés inessentiels.En 1993, au moment de l’écriture d'Un enfant perdu dans la foule, l’auteur du Journal sort d’une deuxième retraite.D n’a plus publié depuis cinq ans si ce n’est aux éditions du Loup de gouttière, Chtuluh, la joie.C’est un autre commencement et, en quelque sorte, un retour aux sources mêmes de son entreprise.Après avoir longuement jeté sa gourme et lancé ses imprécations, il se replie sur lui-même.Le journalier a pris congé — du moins temporairement — des «cons» et, renouant avec sa résolution initiale, il semble enfin disposé à s’accueillir lui-même.Le pamphlétaire, le grand imprécateur d’hier, se retranche dans sa solitude et se considère dans sa pauvreté d’homme, matérielle et morale.Voici alors un écrivain désemparé qui se demande «pourquoi noter ceci et non pas cela», puis brandit sa certitude, deux pages plus loin, que c’est à lui seul qu’il revient de remettre «un peu d’ordre dans les lois de l’univers».C’est une image, s’empresse-t-il d’ajouter.Mais combien éclairante.Son humilité, d’ailleurs, n’est pas sans grandeur puisqu’il n’a qu’à «n 'être rien pour que tout ce qui peut être soit», que sa croix, il en est assuré, «c’est d’être né pour écrire afin de déjouer les faiseurs de sens et de signification».L’homme mûr, revenu de toutes les désillusions, n’aspire plus qu’à retrouver l’état de naïveté pure, la nudité de l’enlant Démuni à tous égards, et même s’il «manque encore d’enfance», il est devenu le «béotien» de sa propre vie.Lui reste l’écriture, cette folie dans laquelle il s’est engagé depuis plusieurs années.Et la prière, plus récente, différente de l’écriture mais qui ne lui est pas étrangère.Car le journalier de 1993, dans le cloître de son écriture, s’est en effet mis à prier.N’aspirant plus qu’à devenir «page blanche, enfant de Dieu comme jamais, oiseau, lis des champs, petit chien», il récite le Notre Père, il en médite gravement des passages.On est alors très loin du mécréant, du fumeur impénitent de cigarettes qui, en 1986, écrivait «donne-moi mon paquet quotidien».L'enfant perdu dans la foule nous plonge dans le vif des tourments d’un écrivain, d’un homme qui se dit «peut-être fou, après tout», d’une folie où s’entremêlent prières, visions et écriture.Qui nous offre cette dernière, à laquelle il s’est lui-même voué depuis tant d’années.Faire une œuvre Depuis, Jean-Pierre Guay a poursuivi l’œuvre de son journal, dans cinq livres dont J’aime aussi les bisons, paru l’automne dernier, quelques mois avant Un enfant perdu dans la foule.Nous sommes en 1999.Le journalier, qui vient d’être opéré, est un convalescent assommé par les médicaments.Il revient à ses vieilles manies, de reproduire sa correspondance, de se plaindre de ses difficultés d’argent h se dit psychomaniaque, il a des fixations.L’œuvre du Journal tire peut-être à sa fin.Mais depuis 1985, elle a brandi le droit absolu de l’écrivain d’écrire ce qu’il veut et comme il le veut, quitte à trahir des amitiés, à sombrer même, par moments, dans l'insignifiance.On a peu lu cette œuvre, et mal, en la confondant avec la personne de son auteur.On n’a souvent vu que celle-ci, et occulté celle-là.Or, il s’agit bien d’une œuvre, de littérature même si elle se refùse d’en être, qui nous défie de la lire.robert.chartrandS (dsympatico.ca Denise Roig rai Secret onheur autre* nouvelle* DENISE ROIG Le Vrai Secret du bonheur ««rtsneuve! t des jours se cachent des rêves et des sentiments que Denise Roig s’applique à débusquer avec délicatesse et grand art.218 pages, 20,98 S pleine LUNE ANDRE BROCHU Je t’aime, je t’écris André Brochu Je t'aime, je t’écris Bien plus qu'un livre sur l’amour, un livre sur les nuances de l’amour.André Brochu l’essayiste, le nouvelliste, le romancier fait place à André Brochu le poète : le véritable magicien.Je t'aime, je t'écris de but en blanc depuis ma vie bloquée contre la mer et l'ennui long entre nous.Tu es dans la grande maison vide, les murs ne rendent plus les sons, les planchers comptent les pas, tu es ailleurs, tu es de trop.QUÉBEC AMÉRIQUE ^ www.quebec-amerique.com Le roman d’un grand maître biblique LES VENDANGES DE RACHI Sylvie Well Editions Flammarion Paris, 2000,306 pages NAÏM K A TT A N Ceux qui étudient la Bible en hébreu se réfèrent au commentaire de Rachi, acronyme de rabbi Chlomo Yitzhaki.Né en 1040 à Troyes, en Champagne, Rachi fit ses études dans sa ville natale ainsi que dans les villes rhénanes de Worms et de Mayence.Le lecteur d’aujourd'hui est souvent étonné que ce commentaire, vieux de dix siècles, n’ait rien perdu de sa pertinence, de sa justesse, de sa subtilité, de sorte qu'à chaque verset dont le sens nous échappe nous ayons toujours recours au grand maître du Moyen Âge.En plus de son commentaire de la Bible et du Talmud, Rachi a laissé une œuvre considérable, surtout des réponses (responses) aux interrogations des communautés juives de son époque.Qui était-il?On sait qu’il gagnait sa vie comme vigneron et qu’il dirigeait une école rab-binique, bénévolement, car, selon la tradition, une semblable activité n’est pas rémunérée.Sylvie Well cherche ici à découvrir, en la retraçant, la vie de cet homme dont on ne connaît que l’œuvre.On sait peu de chose sur lui, sauf qu’il fit des études avec les grands maîtres de l’époque avant d’en devenir un lui-même.On sait aussi qu'il s’était marié, qu’il a eu quatre filles et que ses gendres sont devenus ses disciples.Bref, une vie simple qui se résumerait en quelques pages si Rachi n’avait pas vécu à une période très pénible pour les juifs de Rhénanie et de la France.Aussi, Sylvie Well évoque cette époque en s'attardant sur les sévices que les croisés ont fait subir aux juifs avant leur départ en Orient.Troyes a échappé aux actes barbares, mais ce ne fut pas le cas de Worms, de Mayence et de Béziers, où Rachi avrit de nombreux amis et connaissances.11 eût été difficile pour la romancière de faire état des commentaires bibliques de son héros.Elle a choisi d’évoquer ses opinions, ses jugements d’érudit, d’homme sage, sur des problèmes religieux touchant les individus, et surtout ses interpretations des règles et des interdits cultuels.Sylvie Weil dresse le portrait d’un homme généreux dont la rigueur et la connaissance n’empêchent pas de se montrer modéré, compatissant, attentif aux problèmes des autres, surtout quand il s’agit d’insuffisances.À travers une vie consacrée humblement à l’étude, celle d’un homme dont la sagesse a transcendé les siècles, on a plaisir à découvrir un homme proche, accessible.On découvre, en outre, une époque.Pour rendre cette histoire davantage compréhensible, Sylvie Well relate sa propre visite à la famille d’un vendeur d’aspirateurs de Brooklyn, M.Vomitzer, qui affirme être le descendant direct du grand maître du Moyen Âge.Elle donne ainsi l’impression que l’homme Rachi est toujours parmi nous.•rai YOKO Marcel Dubé .I.i lYMinyiUi Im nullin' P un M.iriel Duly i n pleine posM-ssion de s.i l.uipue ¦ i.|)Mi|ueel elegailte, J qui n > Mie .nei .lisinee eertains tliemes île ¦,011 u iivre ilratli.inque ¦ I, h!'.nr.uklunt périple uiteiiciii au cam ( Ji.irleioi M,i«ikîw l e I T M K AC M .Documents poche c-cli ic-ui Lucille Roy a voulu coïncider le plus possible avec la conscience créatrice d’Anne Hébert.ANNE HÉBERT rot e» 1 owitoi Lucille Roy nne Entre la lumière et l’ombre 288 p.• 18,95 S XV/ éditeur, 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) Hat 3Z1 / Téléphone-, (m) wzi./o • télécopieur: (51/4) 525.75.37 Courriel : xy/ed@lmliiilj,.net T SAMEDI Livres ESSAIS QUÉBÉCOIS LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Notre révolution Un bilan de la Révolution tranquille par une trentaine de collaborateurs LA REVOLUTION TRANQUILLE - 40 ANS PLUS TARD: UN BILAN Sous la direction d’Yves Bélanger, Robert Comeau et Çéline Métivier Editions VLB Montréal, 2000,320 pages uelle évaluation faut-il faire, 40 ans plus tard, de la Révolution tranquille, de ses projets et de ses réalisations?S’il est vrai,_____ comme l’écrit Jocelyn Létourneau, que «la mise en histoire du passé ne relève pas strictement de l’acte scientifique mais appartient aussi au registre du politique, c’est-à-dire à l’entreprise de production du sens pour ceux l o qui vivent», ne faut-il Corn pas accepter l’idée se- ^ Ion laquelle répondre à cette question revient d’abord et avant tout à se situer dans le présent, mais en tenant compte du passé et des possibles à venir?Interpréter la Révolution tranquille, en ce sens, ce serait tenir un discours qui engage en constatant, qui se fait programme à l’heure du bilan.Ce livre, qui regroupe les contributions de plus de trente collaborateurs, en constitue la preuve éclatante et riche.Dans le texte le plus remarquable de ce recueil, le sociologue Jacques Beauchemin insiste sur la caractéristique fondamentale de cette époque qui «portait un projet de démocratisation, de justice et d’égalité sociale».Aujourd’hui, «le temps du désenchantement» est venu et s’exprime par deux critiques distinctes qui dénoncent les prétendus effets pervers de la mutation inaugurée en 1960.A droite, des gens comme Jean-Luc Migué et Gilles Paquet s’en prennent à «l’entrave au bon fonctionnement du marché qu’elle aurait constituée» et retiennent que la mise en place d’un État-providence tentaculaire aurait étouffé le .dynamisme de la société civile.A gauche, un Jean-Philippe Warren, inspiré par Fernand Dumont, se désole du règne de la technocratie engendré par une Révolution tranquille égarée en cours de route et de plus en plus éloignée d’une éthique citoyenne de justice sociale.Beauchemin insiste sur le caractère idéologique de la première critique, et ce rejet d’un is «projet de société dans le-llier Quel société se recon-* naît une responsabilité vis-à-vis du sort des individus» ne trouve pas grâce à ses yeux.Ni aux miens, d’ailleurs.Au sujet de la deuxième critique, celle de la technocratie, le sociologue a cette conclusion provocatrice que je partage et qui devrait, me semble-t-il, en faire réfléchir quelques-uns plus à fond: «En dépit de la lourdeur des structures qu’elle a mises en place et d’une propension certaine à la gestion technicienne des rapports sociaux, la Révolution tranquille est parvenue à atteindre la plupart de ses objectijs.» Il ne s’agit pas, en d’autres termes, de chanter sans nuances les vertus de la rationalité instrumentale inhérente à la technocratie mais de reconnaître que son développement s’est néanmoins accompagné de véritables avancées sociales pour la majorité.: j&bqVM IjMKCnUN n'V HlU’or.itf.R.OtikUAi irt: Midv»* LA RÉVOLUTION TRANQUILLE 40 ANS I1JJS KHI): IN Ü1MN Juste et profond, ce texte résume bien les principaux enjeux du débat et nous invite à rendre justice à un projet social qui devrait encore nous inspirer dans la mesure où nous saurons actualiser ce qu’il contenait de meilleur.Si la critique antitechnocratique de Warren a ses limites, son constat selon lequel l’éthique libératrice et engagée des principaux porteurs intellectuels de cette révolution, «avec ces mots de pauvreté, de justice sociale et de transcendance, ne s'est pas transmise à la génération plus jeune» s’impose.Saurons-nous, demande-t-il, renouer avec la profondeur de cet engagement, en faire «l’inlassable exigence de notre avenir»?Serons-nous déserteurs ou héritiers créatifs et généreux?De notre attitude devant cet appel dépendra le sort de la société québécoise de demain.Laisserons-nous le souffle de notre seule révolution réussie être récupéré par un arriviste comme Jean Charest qui, dans ce livre, appelle «courage» le fait de brader î’Ètat-providence, appuyé en cela par JEAN-MARC BRUNET nous offre une biographie unique sur l’histoire de ce grand Québécois, père de la souveraineté et pionnier de la naturopathie ! Le prophète solitaire: Raymond Barbeau et son époque Connaissez les faits sur l’origine de l’idée de souveraineté moderne ! Une œuvre de 582 pages, avec reproductions de documents d’époque ! 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H3T1Y1 Télé-Québec LE DEVOIR Télé Québec Tél.: 514 739-3639 À NICOLAS FARGUES Il est des livres qui, s’ils étaient pris au pied de la lettre, pourraient changer le monde.Recueil de dix-huit articles passionnés parus dans des revues entre 1984 et 1995, Amériques en fait partie car il promeut la seule conquête jamais entreprise par l'homme de bonne volonté: la libération de l’homme.Et par là, les deux auteurs n’entendent pas tant libération des dogmes imposés à l’homme par les autres hommes que libération de soi-même, libération des petites pesanteurs culturelles de chacun pour mieux s’ouvrir à l’humain, d’où qu’il vienne.Une évidence, certes, mais si difficile à intégrer.Jean Morisset, Québécois, est professeur de géographie à l’Université du Québec à Montréal, et Eric Waddell, Britannique d’origine, enseigne à l’Université de Sydney, en Australie.Depuis quarante ans, l’un et l’autre parcourent les continents, les îles et les océans à la recherche des racines de la Franco-Amérique, à leurs yeux symbole par excellence des zones franches de l’identité culturelle: «Trop nordiques pour être considérés comme latinos, trop “frenchés” pour être considérés comme pleinement américains, nous appartenons à me Amérique de l’entre-deux.Nous sommes en quelque sorte l’envers de l’Amérique perdue.Bref, une Amérique qui ne s'est pas encore trouvée et qui incarne toujours une promesse à venir» («La France et la nostalgie récurrente de l’Amérique perdue»).Le constat n’est pas amer.En inlassables voyageurs, à la fois humbles et éclairés, revenus des complexes culturels des uns et des assurances de prédominance des autres, Waddell et Morisset entendent en finir une bonne fois pour toutes avec cette difficulté de s’imposer, si propre aux Francos d’Amérique: «Ce qui frappe chez les francophones du Grand Continent, ainsi que chez les habitants des terres de colonisation au Québec, c’est l’absence de mémoire: le cimetière mal entretenu et la maison, à l'inverse, trop bien astiquée, dépourvue de toute décoration et n’abritant aucun bien familial.[.] Lorsqu’on entre dans ces lieux, on n’y aperçoit que quelques rares photos de famille, un crucifix accroché au mur, un calendrier et presque rien d’autre.C’est là un signe de grande indigence de l’esprit» («Le désir géographique et la réalité Québec-Amérique»).Il ne s’agit pas non plus de s’au-toflageller (acte qui revient trop souvent à une sournoise et pathétique affirmation de soi), mais plutôt d’entamer une rigoureuse introspection.Un exercice dont, Amériques Une salutaire entreprise de dynamitage des certitudes de l’homme blanc parmi les vieilles puissances colonisatrices européennes (à des degrés divers, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal sont davantage devenus les «héritières culturelles de leurs propres colonies»), la France surtout gagnerait fort à s’inspirer.Au gré des chapitres, de nombreuses pages en effet sont consacrées à ce pays «trop français pour être francophone», incapable d’avoir su s’enrichir de sa propre diversité parce que malade d’un sentiment de supériorité qui ne regarde que lui.Mais la France n’est qu’une étape dans cette salutaire entreprise de dynamitage des certitudes de l’homme blanc.Mettre en doute le jargon scientifique, prendre conscience que l’obsession du rationalisme peut s’avérer un obscurantisme: voilà sans doute, pour les Occidentaux que nous sommes, le premier pas à faire pour échapper à la dictature de la pensée qui nous caractérise (sur ce point, on se reportera au rafraîchissant «A propos d’histoire de lynx», qui démontre tout le caractère ethnocentrique de la démarche d’un Claude Lévi-Strauss).Là encore, l’Amérique métissée, ou plutôt les Amériques désintéressées et visionnaires d’un Jack Kerouac, d’un Derek Walcott ou d'un Patrick Chamoiseau auront à assumer un rôle de modèles au cours du prochain siècle: «Échapper à l’histoire par l’espace et revenir à l’histoire par tous les pores de la mer et delà géographie!» («La francophonie océane: le souffle des îles lointaines»).Ne rêvons pas, penseront les raisonnables.Ne soyons surtout pas raisonnables, penseront les rêveurs.AMERIQUES Jean Morisset et Eric Waddell Éditions de L’Hexagone Montréal, 2000,342 pages CAUSERIE Qui va chasser le monstre sous mon lit?Ou comment aborder la peur de nos enfants.À l’occasion de la publication du livre de Catherine Measroch, Sorcières et Moutons, aux éditions Stanké, vous êtes invités à une causerie où l'auteure explorera les méandres de l’inconscient enfantin en compagnie de Joël Des Rosiers, médecin et écrivain.LA PEUR DES ENFANTS On parle souvent de la violence chez les jeunes, mais beaucoup moins de leurs peurs.Il semble pourtant que l'un ne va pas sans l'autre.D’où viennent-elles?Quelles formes peuvent-elles prendre?Sontelles normales ou pathologiques?Qu'est-ce qu’une thérapie expressive?Catherine Measroch est psychothérapeute.Elle utilise les techniques de thérapie expressive dans les écoles et en pratique privée.Joël Des Rosiers Auteur notamment de Vétiver, 1999.Jeudi 15 février 19 heures 30 Réservation : 514.739.3639 Entrée : 5 $ Olivieri librairie-bistro 5219 ch.de la côte-des-neiges T 514.739.3639 F 514.739.3630 H3T 1Y1 métro côte-des-neiges Si vous désirez manger au Bistro avant ou après le débat, il est préférable de réserver.JAMAIS SANS MON LIVRE Invités : Mario Cyr, Charles Papasoff et Yannick IMézet-Séguin heISH DIMANCHE ID I I REDIFFUSION LUNDI 23m1S Animation : Marie-Louise Areenault, Sylvain Houde et Maxime-Olivier Moutier Réalisntion : Manon OiguArn par la V'ifi' il»* Mi'iiin-.ii mm, À-UwRRF 4 L E I) E VOIR L E S S A M E I) I O E T I) I M A \ (' HE 11 E E V R I E R 0 0 I) 7 ARTS VISUELS Un artiste multiforme CHARLES GAGNON.UNE RÉTROSPECTIVE Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue SainteCatherine Ouest Jusqu’au 29 avril BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Rarement a-t-on la chance de voir en un seul temps autant d’œuvres d’un seul et même artiste.qui plus est une figure aussi importante que Charles Gagnon.L’hiver québécois donne une pla; ce de choix à cet artiste qui a marqué, tant par sa polyvalence et sa pertinence que par sa persévérance, l’histoire de l’art québécois et canadien.Trois expositions montréalaises permettent d’en apprendre plus sur l’art de cet artiste — peintre, sculpteur, collagiste, cinéaste, photographe, enseignant — qui a marqué plusieurs artistes québécois.Il était temps: la dernière rétrospective de Gagnon remonte à plus de vingt ans, au Musée des beaux-art de Montréal.Plus de 200 œuvres sont actuellement aux cimaises des galeries et musées de la métropole.La galerie d’art Leonard & Bina Ellen de l’université Concordia reçoit, jusqu’au 11 mars, l’exposition organisée par le Musée du Québec, Charles Gagnon.Observations, qui s'arrête à la photographie de l’artiste, pour autant que celle-ci puisse être considérée comme autonome du reste de sa production.Aujourd’hui, la galerie René Blouin, qui représente l’artiste, inaugure une exposition qui se terminera le 24 mars.Plus tôt cette semaine, le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) ouvrait grandes les portes de la rétrospective majeure qu'il consacre à celui qui expose depuis la fin des années 50.Au MACM, plus de 135 œuvres jalonnent la carrière, loin d’être achevée, de celui qui a reçu la plus haute distinction en arts visuels au Québec en 1995, le prix Paul Émile Borduas.La période couverte part de 1956 et s’arrête en 1999.Au Québec, Gagnon représente le mieux l’artiste caméléon.C’est pourquoi les visiteurs des salles du musée seront surpris de voir que la peinture domine en nombre.Bien que Gagnon ait expérimenté plusieurs techniques et supports, la peinture l’emporte dans cette production multiforme.Cela dit, la récente rétrospective du Musée du Québec, actuellement à Concordia, qui couvre un entre-temps à peine plus court, de 1966 à 1991, a permis au commissaire Gilles Godmer de focaliser sur la peinture de Gagnon, de même que sur ses œuvres photographiques qui le rapprochent le plus du cinéma.D’ailleurs, les trois films qu’il a réalisés entre 1966 et 1970, Le Huitième Jour (1966), Le Son d’un espace (1968) et Pierre Mercure 1927-1966 (1970) font également partie de la programmation du musée.De la cohérence L’exposition est bien menée.Avant même l’entrée dans les salles, dans le hall qui mène aux galeries, trois œuvres bien ciblées proposent une sorte de mode d’emploi qui servira tout le long de la visite.Cette introduction comprend la seule incursion faite par Gagnon en sérigraphie, en 1967, La Couleur du temps, le son d’un espace, qui propose des permutations de formes géométriques qui posent clairement l’intérêt de l’artiste à approfondir les relations entre les couleurs, tout en prenant en considération — un leitmotiv dans le cas de Gagnon — le format du tableau dans l’élaboration de ses compositions.Plus loin, justement, on retrouve une de ces compositions, dans laquelle cet effet de structuration est exploré autrement: Gagnon excelle à sabrer dans les effets de séduction de la peinture, à briser ses charmes, pour toujours les suspendre au profit de la mise en relief des structures dans ses œuvres.Cette dimension se mesure à voir la récurrence avec laquelle Gagnon, tout au long de son œuvre, cherche à réinscrire le tableau dans le tableau, à revenir constamment au motif de la fenêtre.Tout juste avant d'entrer dans les salles d’ex- Au Québec, Gagnon représente le mieux l’artiste caméléon SOURCE MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Wall Painting # 1, 1960, de Charles Gagnon.position, une dernière œuvre, Espace-écran gris, de 1996, passablement plus austère que les deux autres, anticipe sur les espaces incommensurables qu’en peinture et en photographie Gagnon observe depuis une dizaine d'années.Des premières salles aux dernières, le visiteur aura à faire un parcours chronologique.L’accrochage deviendra de moins en moins touffu au fur et à mesure que l’exposition avance, faisant place aux grands formats des années 80 et 90, dans lesquels Gagnon fait se rencontrer d’immenses espaces, des vues des déserts de l’Arizona ou de rUtah avec l’étendue de la peinture monochrome finement texturée.Dans les premières salles, de nombreux tableaux accueillent divers signes Oettres et chiffres qui émergeront à nouveau dans les dernières années), calligraphies, dégoulinades, autant de caractéristiques que d’autres peintres, dans les années 60, partageaient avec Gagnon.Cela dit, de la sélection du commissaire ressortent nettement les accointances de Gagnon avec l’art américain de ses années de formation, alors qu'il séjourne à New York entre 1955 et 1960.Ainsi se dévoile la fascination pour un Willem de Kooning (dans Février, de 1962), comme pour la sculptrice américaine Louise Nevelson (dans le tableau-objet Wood Tablet It 1 (ForL N.), de 1960).Est-il banal de le souligner?De cette exposition se dégage une cohérence surprenante vu le caractère multidisciplinaire de la carrière de l’artiste.Fascinantes, ces boîtes qui contiennent des tableaux alliant abstraction géométrique et lyrique, ces boîtiers éclairés par des néons qui propagent leur lumière déréalisante dans certains espaces du musée.On le remarque autant dans la photographie que dans des tableaux que certains jugeront moins réussis, comme Espace-écran-dévisé/Orient (# 1), de 1975-76, avec son périlleux motif de camouflage: une bonne partie de l’art de Gagnon est aux prises avec la notion de séquence.Dans plusieurs tableaux, l’image se rompt, se dédouble.Un pas encore, que nous ne franchirons pas ici, nous ferait dire que dans cet art se dessine une fascination pour l’image télévisuelle.A tout le moins, s’y distingue une dérive vers le cinéma et ses images en rafale.Charles Gagnon est une figure importante pour l’art contemporain québécois et canadien.Demandez aux peintres Louise Robert, Pierre Blanchette, Suzelle Levasseur ou encore, d’une nouvelle génération, Stéphane La Rue, qui pourtant sont tous d’horizons différents.Il y a fort à palier qu’ils vous diront le respect qu’ils ont pour leur aîné.L’héritage légué par Gagnon est immense.L’occasion est belle d'aller le constater.PAR AD I S ihsbIsissbbles le PRIX D U M I L L E N A I B E 9 FÉVRIER - 13 MAI 2001 Geneviève Cadieux Janet Cardiff Tacita Dean Liz Magot Shahzta Sikander Valeska Soares Jana Steibak Yoshihiro Soda Diana Thater Jeff Wall Gomment réussir un monde parfait ?Parcourez le Paradis à la suite de ces dix artistes contemporains exceptionnels.Le 7 mars, l'un gagnera la toute nouvelle bourse internationale du Canada en arts visuels.Musée des beaux-arts National Gallery | du Canada of Canada cbc •itli Radio-Canada ( iiiiüdh 380.promenade Sussex.Ottawa (Ontario) 1 800-319 ARTS • musee.beaux-arts.ca Le réel confondu entre le présent et le passé CHAPITRE.DU PRINCE Claude-Philippe Benoit Occurrence 460, rue Sainte-Catherine Ouest, local 307 Jusqu’au 17 février HAPPY BIRTHDAY Clint Griffin Galerie Trois Points 372, rue Sainte-Catherine Ouest, espace 520 Jusqu’au 17 février SONIA PELLETIER Claude-Philippe Benoit n’en est pas à ses premières armes.11 a notamment été l’un des fondateurs et présidents du centre d’artistes Axe Néo-7 (1983-1987) à Hull.Il fut aussi fondateur des ateliers collectifs de production en photographie et en vidéo du Centre de production Daïmon (1988), situé dans la même région.Mais il a surtout, depuis 1985, réalisé de nombreuses expositions individuelles et de groupe au Canada et en France.Son œuvre photographique fait également partie de plusieurs collections privées et publiques.La série de photographies intitulée Chapitre.du prince est dans la continuité d’un projet appelé Les Lieux maîtres.Certaines images de ce travail ont déjà fait l’objet d’expositions en 1997 au Musée de Trouville-Villa Montebello et à la Biennale internationale de l’image à Nancy, en France.De cette série, que l'on peut voir maintenant à Occurrence, neuf photographies de même format et un dyptique composé en partie d’une épreuve cibachrome font partie de l'exposition.Datant de 1995 à 1999, la plupart des formats sont à l'horizontal et représentent des espaces de lieux intérieurs.Il peut s’agir essentiellement d’une vue de l’atelier d’un tailleur, d'un bureau de luxe, d'une chapellerie, d'une boutique ou d’une salle de conférence.Dans une chronologie de ces travaux, l'artiste explique: «Photographier des intérieurs, c’est une affaire de promeneur urbain qui franchit le seuil extérieur pour repérer dans les aménagements les traces du passage des occupants.» Ên voyant ces photographies, on constate que c’est bien ce passage qui revient interroger le spectateur.Le ride et l’absence régnent en ces lieux, même si, en de rares exceptions, on y observe une présence humaine.On a l’impression d’un temps révolu ou d’un subterfuge de la mise en scène.Les sujets semblent sortir d’une tradition documentaire et d'information, tout en laissant planer un doute quant à la possibilité d’une fiction.L’atmosphère créée par un clair-obscur, ainsi que diverses sources lumineuses blanches, en provenance de néons ou d’écrans cathodique figurant sur la photographie, entretiennent l’ambivalence.Elle crée un effet de réel qui confond le passé et le présent Derrière cela, de l’idéologie.Ici, l'habit fait le moine.Comme dans la production antérieure de Benoit, le visiteur est en présence de lieux qui incarnent le pouvoir.lœ côté mystérieux qui s’en dégage en serait-il tributaire?Ce non-dit serait-il la force cachée de ces représentations?Quoi qu'il en soit, la qualité des images est remarquable.Leur aspect énigmatique fera sans doute voyager l’esprit des spectateurs, soit dans un autre temps, soit dans un autre espace, mais il les transportera assurément ailleurs.L’esprit festif Ne manquez pas au passage l’exposition de Clint Griffin.Ces œuvres picturales construites à partir de photographies sont une véritable fête pour les yeux.Environ une vingtaine de tableaux de formats variables, réalisés sur panneaux de bois recyclés ou directement exécutés sur des photographies, montrent des compositions sans prétention et fort bien maîtrisées.L’artiste a recueilli des clichés sans valeur artistique, délaissés par leurs propriétaires et sur lesquels il est intervenu en découpant, déchirant, gravant ou dessinant afin de créer de nouvelles formes ou de nouvelles situations iconographiques.Seuls les visages ont été effacés.Néanmoins, on comprendra qu'il ait conservé plusieurs gâteaux d’anniversaires pour ses scénarios.*’*»• - ~ .:*¦ .4» * CHARLES i.eni se UNE RETROSPECTIVE DU 8 FEVRIER AU 29 AVRIL 200 RUmiGHlMENTS : { 514) 84/ 6226 - MÉTRO PIAÜ DIS ARTS www.matm.org MU5& 0 ART CÜMTÏMRORMN 0Ï MONTRÉAL .sj f - L Une certaine genèse du vendredi 12 janvier au 25 lévrier 2001 Heures de visite : Le mercredi et le jeudi de 13 h à 17 h.le vendredi de 13 h à 21 h.le samedi de 12 h à 21 h et le dimanche de 12 h à 17 h.L'entrée est libre.Autoroute 15 : sortie 7 Métro Henri-Bourassa autobus 40 ou 61
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