Le devoir, 3 mars 2001, Cahier A
w w w .1 f (1 ovoir.c o DEVOI LES SPORTS LE MONDE Feu vert L’Europe devient à la Formule 1 ?forteresse ¦*'*3 ^ Page B 13 Page B 9 ! V o L .X C I I X ” 4 6 ?I.K S S A M E I) I A E I I) I M A X ( II M A li S 2 (» 0 1 I , 0 ft $ ?i \ \ t > 2 .2 r> $ Landry prône la modération Crise d’identité aux conseils d’établissement MARIE-ANDRÉE CHOUINARI) LE DEVOIR Après trois ans d’existence, et même s’ils sont devenus une des artères vitales de l’école, les conseils d’établissement cherchent encore à définir leur identité, entre des rôles mal compris, une formation inadéquate et des pouvoirs trop ou pas suffisamment bien répartis.Qui dit école dit désormais conseil d’établissement La structure, composée de parents, du personnel de l’école et de membres de la communauté, est née d’un vent de décentralisation où on a doté les écoles de pouvoirs décisionnels plutôt importants.Mais les «CE», tel qu’on les appelle dans le milieu, sont-ils en bonne santé?«Les conseils d’établissement se cherchent encore beaucoup», concède le président de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), Gary Stro-nach.«Le problème le plus important est sans doute que les rôles et responsabilités de chacun sont encore mal définis.» Même si plusieurs se réfugient derrière la création encore récente des conseils d’établissement pour expliquer leurs premiers pas hésitants, certains constats sont tout de même troublants: difficultés à recruter les parents, responsabilités mal comprises de part et d’autre, guerres de clocher, sucharge de travail empêchant de se vouer entièrement au développement local, pouvoirs démesurés, formation insuffisante.«La plus grande autonomie confiée aux établissements soulève d’importants enjeux, signale-t-on dans un petit guide pratique conçu par les syndicats d’enseignants à l’intention du personnel enseignant membre des CE.Si, dans sa face positive, elle peut “rapprocher le lieu de décision du lieu de l’action”, dans sa face négative, elle risque d’accroître les inégalités entre les établissements et de menacer la cohérence du système éducatif.» «Les parents ne sont ni pédagogues ni comptables.Ils sont parents, et c’est leur cœur de parent qui parle lorsqu’il est question de décider d’aspects liés au quotidien de l’école.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Landry entend privilégier «les moyens conviviaux et positifs» afin de convaincre les allophones de poursuivre leur scolarité en français.Colbert sacré roi Le nouveau chef n ’imposera pas le cégep en français FRANÇOIS CARDIN Al LE DEVOIR Saint-Hyacinthe — Le futur premier ministre du Québec et nouveau président du Parti québécois, Bernard landry, rejette la méthode dure en matière linguistique, du moins en ce qui a trait à l’enseignement.Dans son discours de couronnement, hier soir, il a clairement indiqué qu’il entend privilégier «les moyens conviviaux et positifs» afin de convaincre les allophones de poursuivre leur scolarité en français.Seule une brèche dans la loi 101 mérite une réaction plus ferme, croit-il.C’est sous le signe de la souveraineté et de l'épanouissement du français que le Parti québécois a couronné son nouveau president en la personne de Bernard landry.Ce dernier quittera donc jeudi son poste de numéro deux du gouvernement pour devenir le 28' premier ministre du Québec.A la suite d'un imposant spectacle son et lumière orchestré devant plus de 400 militants, M.Landry a prononcé un discours axé sur les questions sociales et économiques et tout particulièrement sur la souveraineté.Mais c’est sur la langue, sujet prédominant du conseil national qui se tient aujourd’hui et demain à Saint-Hyacinthe, que le président du PQ a été le plus ferme.Il a a|)-puyé la position que son parti entend défendre devant les Etats généraux sur la situation et l'avenir de la langue française au Québec.Dans le mémoire soumis aux délégués aujourd’hui, l’exécutif national du parti s’oppose, pour une période de trois ans, à toute modification aux dispositions de la Charte de la langue française ayant trait à la langue d’enseignement afin de laisser la possibilité aux allophones de s’inscrire au cégep de leur choix.Mais ce week-end, les militants de Montréal-Centre et de Montréal-Ville-Marie tenteront d’inllé-chir la position du parti afin que le secteur collégial soit soumis aux règles qui prévalent dans les réseaux VOIR PAGE A 8: LANDRY Lire aussi en pages A 8, A I 2 et A 1 B ¦ Ix‘s années Bouchard ¦ Un exceptionnel talent politique L’éditorial de Bernard Bescôteaux À LIRE LUNDI Comment va « la cause » ?VOIR PAGE A 11: CRISE Lire aussi en pages A 10 et A 11 ¦ L’école des parents ¦ Le quotidien d’une étudiante de secondaire V Napster: terminé, l’échange de fichiers musicaux D’APRÈS REUTERS, AP ET AFP Est-ce vraiment la fin pour Napster?La décision repose toujours entre les mains de la juge Marilyn Hall Patel, mais une chose est certaine: l’échange de fichiers musicaux protégés par des droits d’auteur par le logiciel controversé prendra progressivement fin à compter des prochaines heures.C'est ce qu’ont annoncé les avocats de Napster, hier, dans une tentative de dernière minute pour sauver la vie de la société américaine.Le procédé que propose David Boies, qui dirige l’équipe d’avocats de Napster, semble simple: un filtre, développé au cours des deux dernières semaines par les ingénieurs de l’entreprise, permettrait de filtrer toute chanson relevant des droits d'auteur.«Cette semaine, nous aurons terminé la mise en place du logiciel qui permettra de bloquer ces fichiers», a-t- VOIR PAGE A 14: NAPSTER -Si INDEX .Annonces.B 10 Avis publics B 12 Bourse.B 8 Carrières.B 4 Économie.B 1 Éditorial .A12 Fonds.B 6 Idées.A 13 Monde.B 9 Mots croisés B 10 Météo.B 10 Plaisirs.B 14 Politique.A 8 Sports.B 13 ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Bernard Landry s’était résigné à jouer jusqu’à la fin son rôle d'éternel second.Il se voyait comme «un bœuf de labour», selon son expression, tel l’intendant Colbert, le bras droit en matière d’industrie et de finances du roi Louis XIV.Les circonstances, jusqu’ici contraires à son ambition déclarée d’assumer les plus hautes fonctions, Vont enfin favorisé.Ses fidèles ont fait le reste, en quelques jours, réduisant à néant les chances de ses adversaires.Avec Bernard Landry, le Parti québécois a, pour la première fois, un chef dont on peut dire qu’il a toujours été souverainiste.René Lévesque, Pierre Marc Johnson, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, ce sont tous des convertis.Bernard landry est un militant souverainiste depuis qu’il fait de la politique, Le.plus de 30 ans.«Quand ta carte de membre du parti porte le numéro 51, c'est difficile de mettre tes convictions en doute», illustre Jean Garon.En effet, dans les années 60, les indépendantistes VOIR PAGE A 14: COLBERT Bernard landry s’est dit l’homme d’une cause.Il promet de réaliser la souveraineté du Québec en précisant que celle-ci devrait idéalement prendre forme dans le cadre,d’une union confédérale, c’est-à-dire une union d’Etats souverains, avec le Canada.Mais comment «la cause» se porte-t-elle?D-s Québécois sont-ils encore assez nombreux à vouloir suivre le noqveau chef du Parti québécois dans cette direction?A compter de lundi, le rédacteur en chef adjoint du Devoir, Michel Venne, abordera ces questions dans une série d’articles rédigés a partir de plus d’une trentaine d’entrevues avec des spécialistes et des acteurs politiques.C’est un rendez-vous.RENDEZ VOUS Louise Harel Un sourire, un regard, une voix Ctt était dimanche dernier, / glauque journée s’il en fut Histoire de faire connaissance, nous avions projeté une petite randonnée de ski de fond, Louise Harel et moi, dans le coin du lac Quenouille.La radio, inquiète, prévoyait gros vents, neige, pluie et verglas, routes impraticables.Nous sommes donc restés en ville, où la pluie froide et drue est arrivée au milieu de la matinée, a peu près en même temps que moi chez madame la ministre des Affaires municipales, de la Métropole et des Aînés, à deux pas du Stade olympique, au cœur de son cher comté de Maisonneuve.On ne voyait quelle, la pluie, par les immenses fenêtres du condo de la rue Bennett, et la tête des arbres que le vent rabrouait violemment Faute d’en faire, on en a parlé.De ski.De puis sa tendre enfance, Louise Harel pratique le ski de fond et le ski alpin, avec une nette préférence pour le dernier.«J’adore la vitesse», dit-elle.Mais ce qui lui plaît dans le ski de fond, c’est le contraire, la lenteur, le silence, le paysage.Sa mère, 79 ans, qui fut coiffeuse de son métier, l'accompagne parfois.Son père, 83 ans, toute sa vie prof d’histoire puis directeur de commission scolaire, reste au chalet, lit ses journaux, ses magazines.Louise Harel est une femme de famille, de clan, de parti.Elle voit ses frères et sœurs régulièrement Sa fille Catherine et ses enfants, Julien, quelle emmène parfois faire du ski, et la toute neuve Éloïse, le plus souvent possible.Catherine, présentement en congé de maternité, est recher-chiste a Droit de parole, l’émission qu’anime Anne-Marie Dussault à Télé-Québec .«J’aime Anne-Marie, dit la grand-maman.Elle privilégie les rapports égalitaires dans son travail et dans sa vie.» Pour Louise Harel, l’égalité est à la base Georges- Hébert Germain VOIR PAGE A 14: HAREL \ mmm .LU l \t I I t>| VOIK I f mk 778313000696 JOUER AVEC L’EMPLOI de 4 624 QUEBECOIS dont 800 MONTRÉALAIS est un JEU DANGEREUX.Relocaliser 1 250 appareils de jeu à l’hippodrome de Montréal représente un bien petit prix à payer pour garantir un emploi à nos concitoyens.Si le gouvernement du Québec accepte notre proposition, les gains pour l’économie québécoise dépasseront largement ceux de l’industrie du jeu.N’OUBLIONS PAS QUE CHAQUE DOLLAR DÉPENSÉ À L'HIPPODROME RAPPORTE 10$ À L’ÉCONOMIE DU QUÉBEC.Cette ouverture de la part du gouvernement permettra à la SONACC de réinvestir 80 millions de dollars dans les infrastructures et dans la reconstruction de l’hippodrome.Enfin doté de tous les atouts nécessaires pour attirer une clientèle plus vaste et plus diversifiée, il deviendra ainsi l'un des plus populaires en Amérique du Nord.Si Paris et Toronto l’ont fait, pourquoi pas nous ?Partout dans le monde, les courses de chevaux font courir les foules.Plus dynamiques et plus populaires que jamais, elles attirent de plus en plus d’amateurs, de tous les âges, qui en font une destination de choix pour s’amuser en famille ou entre amis.Pour faire de l’hippodrome de Montréal et de son Hippo Parc le fleuron qu’il doit être, il nous faut d'abord réaménager ses infra-structures.Pour ce faire, il nous faut le soutien du gouvernement.Mais avant tout il nous faut le vôtre.AIDEZ-NOUS À LES SAUVER.SONACC Hippodromes Montrée/ Québec Trois-Rivières 4 I L E I) K V O I H .I E S S A M E I» I ET l> I M A N t II E » M A II S 2 0 0 I A A LE DEVOIR ACTUALITES œvm puis» Pour participer vl La vous adresser au responsable ,cû$0Î du concours de votre collège Les cigarettes et l'amour y l « V i _ V MARLENE DIETRICH se dévoile un peu plus grâce à des lettres d'amour récemment retrouvées à Hanovre, en Allemagne.Huit lettres manuscrites datant des années 20 — que la légendaire actrice et chanteuse, alors étudiante, a adressées à un boulanger de Hanovre —, son journal intime et son porte-cigarettes sont exposés dans une maison d’encan d'Hanovre, en prévision de leur mise en vente ce mois-ci.Une suggestion de trop Le juge était déterminé à envoyer l’accusé en prison Condamné pour enlèvement et agression sexuelle, le récidiviste aura droit à un nouveau procès BRIAN MYLES LE DEVOIR Le juge Gilles Garneau a voulu précipiter la cliute d’un criminel de carrière inculpé d’agression sexuelle, mais il s’y est pris de façon tellement maladroite que l’accusé, Gilles Dégarie, a obtenu illico un nouveau procès.Gilles Dégarie assumait seul sa défense dans un procès pour enlèvement, séquestration, menace et agression sexuelle sur sa nièce.Condamné à 15 ans de pénitencier en octobre par le juge Garneau, il vient de se voir offrir une deuxième chance sur décision de la Cour d’appel du Québec.Le tribunal estime que la conduite du juge Garneau soulève «une crainte sérieuse de partialité».C’est grâce aux merveilles de l’enregistrement audio et à la curiosité d’un avocat de l’aide juridique que Gilles Dégarie obtient un nouveau procès.L’avocat Christian Lachance a écouté les bandes sonores du premier procès pour se rendre compte que l’enregistrement fut stoppé à la demande du juge Garneau après une querelle verbale avec l’accusé.Gilles Dégarie venait de quitter la salle d’audience en furie après avoir lancé au juge qu’il ne s’attendait pas à une décision neutre et impartiale de sa part II visait juste.En préparant l’appel, M’ Lachance a exigé d’entendre la bobine maîtresse, une deuxième source qui ne cesse jamais de tourner malgré les indica- tions contraires d’un juge.Cet enregistrement de sûreté a révélé des choses étonnantes.Après la sortie fracassante de Dégarie, le juge Garneau fut laissé seul avec le procureur de la Couronne.Pensant que tous les micros étaient fermés, il lui a suggéré de plaider l’arrêt Armbruster, qui fait référence aux situations justifiant l’imposition d’une peine maximale pour un accusé.Le procès n'était pas encore terminé.Gilles Dégarie n’avait même pas annoncé s’il présenterait une défense.«C’est malhabile», estime Christian Lachance, qui a conseillé Gilles Dégarie pour cet appel seulement.Selon M' Lachance, le juge a agi sous le coup de l’impulsion, sans mesurer la gravité de ses paroles.La bourde était si énorme que le ministère public n’a même pas pris la peine de contester l’appel de Gilles Dégarie.Agé de 47 ans, M.Dégarie possède un lourd casier judiciaire.Il fut condamné à plusieurs reprises pour fraudes, fabrication et usage de faux.Il a déjà obtenu un acquittement devant un jury pour un procès d’agression sexuelle, séquestration et voies de fait dans lequel il s’est lui-même défendu.Il a obtenu moins de chance lors d’un séjour à la prison de Port-Cartier.Il y a séquestré au moyen d’une arme et brutalisé une gardienne de prison, ce qui lui a valu une nouvelle peine de cinq ans.11 demeure sous les verrous malgré ses démarches fructueuses en appel.Un cuir, un confort, un mobilier de grande qualité.A vous de lui donner toute sa personnalité! 50H0 — Causeuse en cuir véritable: 2 300$ taxes incluses Avec option duvet: 2 600$ taxes incluses & Km - ‘rj '-c -y 4 MAISON DE MEUBLES TVit/timoine Procès des Rock Machine 90 mois pour trafic de cocaïne et gangstérisme Le juge interdit qu'on libère les quatre motards criminels avant qu 'ils aient purgé au moins la moitié de leur peine Quatre revendeurs de drogue reliés aux Rock Machine ont écopé hier de peines de 45 mois pour trafic de cocaïne, à purger en addition avec une autre sentence de 45 mois pour gangstérisme.U» Couronne est à la fois fière et soulagée de la décision historique du juge Robert Sansfaçon.U» défense la contestera en Cour d'appel.BRIAN MYLES LE DEVOIR C* était la dernière d'une longue série de premières.les sentences de 45 mois pour trafic de cocaïne et 45 mois pour gangstérisme imposées hier à quatre pions des Rock Machine ont permis d'asseoir une jurisprudence ferme pour la nouvelle loi antigangs adoptée il y a quatre ans.Huit revendeurs de Verdun sont passés dans le tordeur de la justice pour possession et trafic de stupéfiants.Quatre d'entre eux écopent d’une sentence de plus pour leur participation aux activités d'un gang.Sous la gouverne de Peter Paradis, un membre en règle des Rock Machine, le réseau écoulait de la cocaïne, du PCP et de la marijuana en recourant à la violence pour asseoir sa domination sur le territoire de Verdun.C’est le témoignage de Peter Paradis, un motard repentant, qui a permis à la Couronne d’obtenir les condamnations recherchées.Comme les quatre principaux accusés ont passé quelques mois en détention préventive, ils ont droit à des réductions de peines réelles équivalant au temps passe en prison multiplié par deux, en vertu des principes édictés par la Cour suprême.In détention avant procès est considérée comme une dure épreuve par les tribunaux, ce pourquoi elle _ est créditée en double Satisfait des aux délinquants., Philippe Côté, l’un sentences, le des revendeurs les , plus expérimentés de prottireur de Peter Paradis, ecope ,a C()uronne donc de quatre ans et (ljx (l° P^!}j!en' dit souhaiter cier.Mario rmon, considéré comme le qu'elles «runner» de l'organisation, dont le rôle est auront un d’approvisionner les petits revendeurs en effet drogue, passera cinq .ans et dix mois à dissuasif sur l’ombre.Simon Lam- , bert, toujours armé, tes jeunes responsable de la sécurité du groupe et des opérations punitives contre les concurrents, est çondamné à six ans et dix mois.Eric Leclerc, qui jouait un rôle similaire, récolte quatre ans et huit mois.Les quatre mal- frats devront purger la moitié de leur peine avant d'etre admissibles à une liberation conditionnent', a décide le juge Sansfaçon.Après avoir consacré six mois de labeur à cette cause, le procureur Jean-Claude Boyer s’est dit «soulage» de ce dénouement.«h‘ juge a mis scs culottes», a-t-il dit.11 espère que la sévérité des sentences «enverra un message clair» aux individus— «et particulièrement les jeunes» — qui seraient tentes de se joindre à un gang criminel.Quatre autres membres du clan de Verdun ont écopé de sentences moins sévères pour avoir joué des rôles de second plan au sein des Rock Machine.Sylvie I andry bénéficie d’une peine de dix mois à purger dans la collectivité pour complot et trafic de cocaïne.Un suivi médical lui est imposé afin de contrôler des troubles de personnalité.Alain Dubuc écope de deux ans de pénitencier pour les mêmes infractions.François Laporte, reconnu coupable de possession de marijuana en vue d’en faire le trafic, prend le chemin du pénitencier pour deux ans et demi, Daniel L-elere est enfin condamné à deux ans et neuf mois pour possession et trafic de mari.NOUVEAU! 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Boutique Tout pour le Dos UN RENDEZ-VOUS AVEC LE CONFORT 1 bout.Henri-Bourassa Est, Montréal www.toutpourledos.com S3 Henri-Bourassa 514-383-1582 1-800-268-1582 Stationnement privé miLUtfu LE NOUVEAU ROI, BERNARD Ier ET SA COUR VONT-ILS TRAHIR LA JEUNESSE ?Le 9 février 2001, messires Bouchard et Legault nous ont dit être : «.en mesure de donner à la population 1 assurance que les crédits déposés en mars prockain à l’Assemblé nationale comporteront les aménagements budgétaires nécessaires au respect des engagements pris par le gouvernement au Sommet du Québec et de la jeunesse et par la plate-forme électorale.» Ces engagements sont : 1 milliard$ d’argent neuf pour l’éducation » Sommet du Québec et de la jeunesse « L'absorption des coûts de système » Campagne électorale 1998 et SQJ « L’amélioration de l’aide financière » Campagne électorale 1998 Ce qui signifie que les prochains crédits budgétaires doivent comporter au moins: 100 millions $ d e réinvestissement pour l’amélioration du réseau; 370 mdbonsS pour 1 absorption des coûts de système; 35 milhons$ dans laide financière aux études; Ce sont 505 mil I ions$ d’argent neuf pour les réseaux de 1 Éducation! Sinon il s agira d’une trahison impardonnable envers la jeunesse du Quebec! Bernard 1er, Roi des péquistes, profitez donc de votre couronnement pour nous confirmer que vous ne faucnerez pas notre avenir! FÉDÉRATION ÉTUDIANTE UNIVERSITAIRE DU QUÉBEC FÉDÉRATION ÉTUDIANTE COLLÉGIALE DU QUÉBEC E L E l> E V (M H .E S S A M E l> I E T I) I M A N (HE I M \ K S 2 1» 0 I a r> LESA (' T U A LIT E S Des artistes branchés Québec verse un demi-million à IVDA pour un projet de système informatisé de traitement des contrats Modernisation de la rue Notre-Dame Plus que de la « garnotte » PAUL CAUCHON LE DEVOIR Les artistes québécois seront à l'avant-garde de l'autoroute électronique puisque Québec verse plus d'un demi-million de dollars à l’Union des artistes (UDA) pour un projet novateur de système informatisé de traitement des contrats.Ce mégasite Web comportera deux grandes sections.Dans une section, les 10 000 membres de l’UDA pourront effectuer la gestion informatisée de tous leurs contrats.Dans l’autre, un répertoire électronique permettra aux producteurs d'obtenir tous les renseignements adéquats (curriculum vitae, biographies, extraits vidéo et ainsi de suite) sur tous les membres de l’UDA Ce projet s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de développement de portails sectoriels pour les transactions électroniques, explique le ministre délégué à l'Autoroute de l’information, David Cliche.Des portails sectoriels ont déjà été lancés dans le domaine du tourisme ou de l'industrie du métal, mais c’est la première fois que Québec s’associe à un tel projet dans le domaine culturel.Chaque membre de l’UDA aura son propre mot de passe pour entrer dans le portail et l’UDA garantit tous les niveaux de sécurité possibles concernant les informations qui s’y trouvent.Les artistes pourront ainsi consulter toutes les informations économiques les concernant: la liste de leurs contrats, leur dossier fiscal, l’état de leur REER de leur plan d'assurance collective ou de leurs versements de TPS, etc.Les artistes pourront gérer les différentes transactions contractuelles et même recevoir leurs honoraires par dépôt direct via Internet L’UDA, on le sait peut-être, négocié et gère une trentaine d’ententes collectives entre les artistes et leurs employeurs.Dans la première étape du projet, le site de l’UDA permettra de gérer les contrats de trois de ces ententes collectives, mais ces contrats représentent la moitié du volume d’activités de l'UDA: l’importante entente avec les producteurs de films et de television s’inscrit en effet dans la première phase du projet Le coût total du projet s’élève à un million et demi, majoritairement financé par l'UDA La contribution de Québec est de 539 800 $, puisés dans les quatre millions du Fonds de l'autoroute de l’information consacré aux projets sectoriels (le Fonds gère également un autre montant de quatre millions pour le développement de contenus francophones sur Internet).Le président de l’UDA, Pierre Curzi, convient que seulement le tiers des membres de l'UDA possèdent actuellement Internet.«Mais le taux de branchement augmente rapidement, dit-il, et nous pensons à l'avenir.Il nous fallait aussi trouver une façon moderne de gérer une masse de papier qui était en train de nous ensevelir.» Le site, qui sera opérationnel cet automne, est développé à l’interne avec l’aide de la firme LGS.ERIC DESROSIERS LE DEVOIR Le projet de modernisation de la rue Notre-Dame, à Montreal, illustrera la nouvelle approche du gouvernement en matière d'amenagement routier, promet le ministre des Transports, Guy Chevrette.Une approche respectueuse des gens et de l'environnement, dit-il, qui ne se limitera pas «au béton, à l'asphalte et à la garnotte».Bien que seulement à l'etape de la première evaluation d’impacts par le ministère de l’Environnement, avant de faire l'objet d'un examen par le Bureau d'audiences pu-bliques sur l'environnement (BAPE), le projet lui apparaît tellu ment enthousiasmant qu'il a juge bon de convoquer une conférence de presse pour en présenter les grandes lignes.Pour l’occasion, il avait imité ses collègues ministres Louise Harel et Diane Lemieux ainsi que le député Andre Boulerice, tous trois élus de l’un ou l'autre des quartiers touchés.Tiré d’un plan de transport de 2,5 milliards de dollars en cinq ans, dé Gratuité maintenue pour les soins dentaires Les dentistes poussent un soupir de soulagement LIA LEVESQUE PRESSE CANADIENNE Après les optométristes, c’est au tour des dentistes de se réjouir du maintien de la gratuité des soins déjà couverts par le régime public.Les deux groupes de professionnels avaient sonné l’alarme, ces derniers jours, craignant une désassurance des examens dentaires et de la vue, actuellement remboursés par la Régie de l’assu-ranee-maladie du Québec pour certaines catégories de citoyens.Hier, c’était au tour de l’Association des chirurgiens dentistes du Québec de crier victoire, ayant obtenu du ministère de la Santé l’assurance que les services actuellement gratuits le demeureraient, c’est-à-dire les examens pour les prestataires de la Sécurité du revenu et les enfants de neuf ans et moins.La lettre du ministère de la Santé et des Services sociaux qualifie d’information non fondée la rumeur voulant que ces soins soient désassurés.«À la demande de la ministre d’État à la Santé et aux Services sociaux, Pauline Marais, je puis vous confirmer que cette information n’est pas fondée et que les services dentaires sont maintenus sans changement», écrit une attachée politique du ministère, dans une lettre adressée à l’Association des chirurgiens dentistes du Québec.En entrevue, le directeur général de l’association, Daniel Pelland, se disait assuré que cette hypothèse de désassurance avait bel et bien été envisagée par le gouvernement durant un certain temps.Selon lui, le gouvernement aurait cependant reculé, voyant le mouvement de protestation qui s’amorçait chez les dentistes, de même que le désaccord dans la population.«Cest une bonne nouvelle pour les enfants, pour les parents et pour les prestataires de la Sécurité du revenu», a opiné M.Pelland.La nouvelle réconforte évidemment les dentistes aussi.L’association s’attribue donc une bonne part du mérite du recul gouvernemental.«C’est une victoire suite au déploiement de nos actions.Pour moi, c’est clair qu’il y a un lien direct», commentait M.Pelland.Une campagne venait tout juste d’être amorcée, avec des affiches, des pétitions et des rencontres dans les régions du Québec avec les députés.voilé par le ministre Chevrette au printemps 2000, le projet portera sur le tronçon de neuf kilometres situe entre la rue Amherst et l'avenue Souligny.Il visera la transformation de la me en veritable boulevard nx-tropolitain, l’aménagement d’une voie prioritaire réservée aux transports en commun et l’amelioration des entree et sortie du port de Montreal.Mais bien plus qu'une simple amélioration de la circulation routière, insiste-t-on, il constituera aussi une occasion d’embellir le secteur avec de nouveaux parcs, d'aménager des pistes cyclables et des passages piétonniers, de mettre en valeur le patrimoine historique des quartiers Centre-Sud.Hochela-ga-Maisonneuve et Mercier, en plus d'offrir aux Montréalais de magnifiques panoramas sur la ville et le fleuve.On espère pouvoir compléter les travaux d'ici 2006.Evalué à 160 millions à l'origine, le coût du projet atteindra au moins 280 millions, estime le ministère des Transports, dont 50 millions uniquement en aménagements environnementaux.«C’est le premier projet que je vois dans ma carrière piMquc (>ii l'on met autant d'argent pour répondre aux aspirations des citoyens».a declare Guy Chevrette en se félicitant des consultations publiques menées avant l’élaboration du projet.«I n tel projet, je pense que ça iw au delà du béton, de l’asphalte et de la garnotte.» Pour la députée d'Hochelaga-Maisonneuve et ministre des Affaires municipales et de la Métropole.Louise Harel, il ne fait (vis de doute que cette approche a donne de très bons résultats.Rappelant quelle s’etait lancée en politique, il y a 25 ans, notamment en réaction à la «véritable déchirure» infligée au secteur par un projet d'autoroute qui n'a finalement résulté qu'en la destruction de 1300 logements et l’exode de 8000 résidants, elle a dt^ clai e: «Ça fait assez longtemps que les gens attendent.Je crois qu'ils en auront plus qu'ils avaient imagine pouvoir aller en chercher:» Point de vue critique Tous ne partagent toutefois pas cet enthousiasme.Coordonna leur de la Table d’aménagement du quartier Hochelaga-Maison- neuve.Normand Robert apporte d'abord un bémol aux prétendues consultations publiques.«En fait, le projet a été tenu secret tout au long et la moindre information nous a etc donnée au compte-gouttes.» Sans connaître les details du projet, donc, il dit voir assez mal comment de pareilles améliorations routières ne se traduiront (xts par une augmentation tout aussi importante du trafic et, par conséquent, de la pollution de l'air dans un quartier où les pro blêmes respiratoires sont déjà plus graves qu’ailleurs.Normand Robert s'inquiète également que l’encaissement du nouveau boulevard réduise l'accès au fleuve bien plus qu'il ne l'augmente, et ce, pour les décennies à venir.Il avoue de (tins ne (xts comprendre que l'on ne semble tenir compte null»' part d'un autre projet, également défendu par le ministre Chevrette, portant cette fois sur la construction d'un nouveau pont vers la rive sud et dont l’im pact probable serait d’augmenter de façon importante la circulation dans la rue Notre-Dame.Faites le tour DU PROPRIETAIRE Habiter MOITtrélI k’“ P-’**** M§ Jacques LAMARCHE Annuaire statistique Guérin 2001 QuàDec / canada / monde Los Editions GUÉRIN (514) 8423481 Les nouvelles et les idées qui nous rapprochent de l’indépendance.www.vigile.net Deux éditions par jour, sept jours par semaine Quatre quatorze quarante Il Pt Type Bureau Nom du projet d’habitation des ventes ¦H^^ÜÜUÉÉI 1 CLUB DE GOLF DE L'ÎLE DE MONTRÉAL 3461, rue Damien-Gauthier ¦ ?T (514) 642-7111 GOLF ET RÉSIDENCES (accès par rue Sherbrooke Est, près 80e Avenue) 2 LE DOMAINE DU RUISSEAU PINEL 10655, rue Émile-Du Châtelet (au sud du boul.Perras, | H (514) 881-2753 à l'ouest du boul.Saint-Jean-Baptiste) — ^ : r-*- •?t ¦.4«b« -, i * • i : ?z.» .' • T ~~ LES JARDINS VERSAILLES 7805, rue Sherbrooke Est • (514) 355-2000 4 PLACE PIERRE-DE COUBERTIN 6941, avenue Pierre-De Coubertin • ?(514) 252-5271 5 LE CARREFOUR DU MARCH?2075, avenue Bennett, bureau 102, (près rue Ontario) • (514) 256-3975 6 LE CARREFOUR DE COUBERTIN, PHASE II 4520, avenue Pierre-De Coubertin, bureau 4 • (514) 253-4443 7 LES L0FTS DES JARDINS 2055, boul.Pie-IX a [d (514) 529-9396 8 LES COURS CHARLEMAGNE 2688, avenue Charlemagne ?(514) 251-4873 .9 ~ PARC ANGUS 4296, avenue du Midway ¦ ?(514) 529-1234 (accès par rue Rachel, à l'ouest du boul.Saint-Michel) 10 LES VILLAS ANGUS 3242, avenue du Mont-Royal Est • (514) 521-6309 11 BEAU-DESIGN ROSEMONT 5900, 23e Avenue ?(514) 374-1134 12 CITÉ PAUL SAUVÉ 6361,20e Avenue, bureau 103 • ?(514) 722-0094 13 PLACE PAPINEAU 6387, avenue Papineau, bureau 300 • ?(514) 992-5930 ' V! ; Wk A 1 ® .5^'.»8»«w .T S W .: , .< , r ‘«—i x L £ ï *« .TtSral1, 14 LE COURS BOYER 6550, rue Boyer • W (514) 733-8340 15 LES JARDINS SAINT-DOMINIQUE 8460, rue Saint-Dominique • (514) 388-1888 , ^ , «.-sv’jÆ' y.' " ¦ — 16 LE CARRÉ HENRI-JULIEN 320, rue Farly • (514) 388 1250 17 LES COURS DU BOIS-DE-BOULOGNE I 11819, rue Marie-Anne-Lavallée, ?(514) 745-35B1 (accès par rue Dudemaine, à l'est du boul.de l'Acadie) 18 DOMAINE FORÊT SARAGUAY - BOIS JOLY 8000, boul.Gouin ouest ?(514)331-8853 ¦ .¦ 19 LE LAURIER DU PLATEAU | 5105, avenue De Gaspé • (514) 495-9009 20 FAUBOURG LAURIER VI |5221, avenue De Gaspé • (514) 278-2387 21 LES COURS DU PARC LAURIER I 5513, rue Garnier • ?W (514) 526 2220 22 flESAINT-JOSEPH 1801, boul.Saint-Joseph Est • 1514) 596 1492 23 LE 4070 DES ÉRABLES 4070, avenue des Érables • (514) 522-3344 24 ; LES LOFTS DU QUARTIER LATIN | rue Sanqumet, angle rue Emery 1 • * (514) 843-4017 25 LOFTS 1473 AMHERST 1473, rue Amherst ?(514) 596-0641 26 LE CARTIER * 600, rue Sherbrooke Est, bureau 302 1 • (514) 843-0200 27 LES CONDOS DU MARCHÉ AMHERST 1929, rue Wolfe • (514) 596-0944 m 28 .LE HAUT SAINT-NORBERT, PHASE hl 2038, rue De Bullion, bureau 106 • (514) 849-1818 29 LES COURS VERSAILLES 1402, rue Notre-Dame Ouest • « (514) 935-6499 30 LE COEUR DE LA CITÉ rue de la Montagne, angle rue Notre-Dame Ouest • (514) 989-8665 31 LE ROYAL PENFIELD CONDOMINIUM 1601, avenue du Docteur-Penfield • (514) 932-6600 132 :: - „ .Ki.:.32 PLACE S0MERLED 6455, rue Somerled ’ • (514) 482-1953 33 LE SANCTUAIRE JEAN-BRILLANT * rue Jean-Brillant, angle rue Decelles > - (514) 340-1141 ¦ 34 |LEs”mAISONNETTES DUPARC 1475, rue Galt, bureau 1 • ?(514) 990-6263 33 ] LE DOMAINE GEORGES-ÉTIENNE-CARTIER 4400, rue Saint-Ambroise • ?(514) 935-6922 i 36 QUAI #3, LOFT ABSOLU 12, rue des Soeurs-Grises.angle rue de la Commune ?(514) 848-0711 37 LE GOSFORD * angle boul.René-Lévesque et rue Saint-Hubert • (514) 397-1997 38 ^ LE BOURG DU VIEUX rue Saint-Antoine, angle rue Saint-André • ?(514) 398-9988 39 ART DEVILLE 360, rue Saint-Hubert ?(514) 288 9191 40 1, AVENUE DU PORT Quai Victoria, face à l’horloge, Vieux-Port ~i H (514) 288-7222 * Le bureau des ventes est situé à une adresse différente du projet.Cottages détachés ¦ Cottages jumelés B Alimenté en gaz naturel www.gazmetro.com ?Maisons de ville ?Résidences personnalisées Appartements en copropriété A Lofts (&STCUM Ulawanesa CAE AMT I I MAISONS NltlVlS zlKiHL H0" Renseignements : (514) 872-5837 Ville de Montréal Métropolitain Source d avenir www.ville.montreal.qc.ea/hobitef L K I) E V O I R .L E S S A M E I) I :i E T I) I M A X ( H E 4 MARS 2 0 II I A (i LES ACTUALITES EN BREF La banlieue est fin prête (Ije Devoir) — L’annonce par Québec de l’entrée en vigueur, le 14 mars, des modifications apportées a la loi électorale pour qu’elle corresponde a la réalité des nouvelles villes issues des fusions était attendue avec impatience a Montréal.«Notre parti sera créé le jour suivant», a révélé Georges Bossé, l’un des maires de banlieue à l’ongine du projet de ; ti dont le candidat à la mairie sera l’ancien ministre libéral Gérald Tremblay.«Tout les drjcuments sont prêts.On n'attendait que l'annonce de la date de l’entrée en vigueur des changements à la loi.» Quant au nom de cette nouvelle formation politique, M.Bossé a affirmé qu’il n’a pas encore fait l’objet d’un consensus.Chevrette à la Santé?(Le Devoir) — Le ministre des Transports, ministre délégué aux Affaires autochtones et ministre responsable de la Faune et des Parcs, Guy Chevrette, a refusé hier de commenter l’information voulant qu'il soit sur le point d’être nommé ministre de la Santé.«]e suis heureux dans ce que je jais présentement, a-t-il tout de même dit, mats j’ai toujours su discuter avec quelque chef que ce soit des défis qui me sont confiés.[.] Je discuterai de cela avec M.Landry lorsqu 'il m’appellera, a-t-il ajouté.Je pense que M.Landry va commencer par être couronné.Je pense qu’il suit la trajectoire normale des choses.Il a peut-être des idées, mais il les fera connaître, à mon point de vue, au début de la semaine prochaine.» Cent véhicules dans un carambolage sur l’autoroute 401 (PC) — Au moins cinq personnes ont été blessées lorsqu'une centaine de véhicules ont été impliqués dans un carambolage survenu hier matin sur l’autoroute 401, a environ 100 kilomètres de Toronto.L’accident s’est produit à l’heure d’affluence sur une section glacée et enneigée de la route, à l’est d’Oshawa.Selon la police, des tracteurs avec semi-remorque ont été impliqués dans la série de collisions et se sont retrouvés en travers de la route.Certaines voitures ont fait des tonneaux et roule dans le fossé, rapporte Stewart Richardson, du service des incendies de Bowmanville.Des pinces de désincarcération ont dû être utilisées pour extirper deux personnes d’un véhicule.Elles ont été grièvement blessées.Une automobiliste a raconte quelle avait elle-même tente en vain d'immobiliser sa voiture en approchant des lieux de l'accident.«J’ai essayé de passer au point mort et de freiner mais ça n’a eu aucun effet», a déclaré Lyn Brown au réseau CTV.«C’était de la glace vive.» Quatre heures après le carambolage, survenu à 8h30.la plupart des véhicules se trouvaient toujours sur l’autoroute, dont les voies est-ouest ont dû être temporairement fermées à la circulation.Tom ce que uous devez savoir sur «pire Régime puftlic d’assurance automobile est ici.Poiimiim a-t-on créé un régime pulilic ?Avant 1978, l'indemnisation des accidentés de la route se faisait sur la base de la responsabilité.Pour être indemnisé, il fallait poursuivre le responsable de l'accident.Cela occasionnait des inconvénients : • un accidenté sur quatre ne touchait aucune indemnité; • les victimes n'étaient jamais entièrement indemnisées pour leurs pertes économiques; • les procès pouvaient durer de deux à dix ans; • les accidentés devaient s'occuper eux-mêmes de leur réadaptation.Quel est son rôle P Le Régime public d'assurance automobile est là pour indemniser les personnes accidentées, non pour les punir.Son rôle ne doit pas être confondu avec le Code criminel ou le Code de la sécurité routière, des lois qui punissent et qui sanctionnent.OOCUfAtNT I À CONSERVER ^ J SI '11 «¦SIS# l,assyr««‘|uébécois automobile Une assurance qui vous protège! Québec g g Syteje prelégé par celte assurance en cas de blessures ?Responsables ou non de l'accident, tous sont protégés sans exception : conducteurs, passagers, piétons, cyclistes ou motocyclistes.Cette protection couvre les 7,3 millions de citoyens du Québec ici et partout dans le monde.Quelles seraient les conséuuences Je permettre un droit de noursuite P D'abord, aucune indemnité ne pourrait être versée aux personnes blessées avant de connaître le responsable de l'accident.Cela nous ramènerait à l'époque des procès longs et coûteux qui avaient des conséquences financières importantes sur les proches des personnes poursuivies.Par ailleurs, si on permettait un droit de poursuite, les automobilistes devraient peut-être payer une assurance additionnelle de crainte d'être poursuivis en justice.Vous avez reçu, par la poste, une brochure sur le Régime public d'assurance automobile du Québec.Prenez donc quelques minutes pour la lire, vous en saurez encore plus sur cette assurance qui vous protège.Québec «” Société de l'assurance automobile du Québec Sur la rfioie, |q Ifin Basse ea ia wie r— I K I) K V U I K K S S A M K I) I I) ! M A \ ( H K t \l A I! S 0 0 I L E S A C T F A LI T E S JACQl'KS GKKMEH l.E mCVOIK Le D' Douglas Watt, de l'université McGill, a présenté hier aux médias l’expérience qui sera menée avec les astronautes qui s’en vont séjourner dans la station spatiale internationale Alpha.En déclenchant, au genou, une série de chocs électriques qui font sautiller la jambe exactement comme lorsqu’on frappe la rotule, un ordinateur évaluera les réflexes de ses sujets.L’expérience doit servir à élaborer de meilleurs exercices pour les astronautes qui séjournent longtemps dans l’espace.Compte à rebours Les Canadiens mettent la touche finale à leur première expérience scientifique à bord de la station spatiale internationale Alpha JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Jeudi prochain, la navette Discovery s’envolera avec, à son bord, les trois astronautes qui prendront la relève à la station spatiale internationale Alpha.La mission STS-102 sera également l’occasion d'inaugurer la première expérience scientifique canadienne à bord de la station.L’événement est attendu fébrilement à l'Agence spatiale canadienne (ASC), mais dans une atmosphère teintée d’inquiétude: comment les compressions annoncées jeudi dans le budget de la NASA affecteront-elles les expériences futures?Hier, Lawrence Vézi-na, de l'ASC, a dit igno-r e r comment les coupes de quatre milliards de dollars dans le budget de la NASA affecteront les activités canadiennes d'Al-pha.En se fiant aux prévisions budgétaires présentées par le L’ASC dit ignorer comment les coupes dans le budget de la NASA toucheront les activités canadiennes d’Alpha président Bush cette semaine, la NASA a prévenu qu’Alpha pourrait en payer le prix.La station ne comptera vraisemblablement pas autant de modules qu'on l’avait prévu initialement et ne pourra accueillir que trois astronautes à la fois au lieu de sept.Le nombre de missions de navettes spatiales pour livrer du nouveau matériel sera réduit de huit à six, et un module américain d’habitation sera supprimé des plans, tout comme le vaisseau de secours X-33.«À court terme, cela ne nous touche pas, a indiqué M.Vézina hier.Ce sera aux politiciens d’évaluer la situation et à nous d informer des décisions.» Les plans élaborés en 1993 prévoyaient la présence de sept astronautes: trois pour l'entretien de la station et quatre pour mener des travaux scientifiques.Si, en vertu des budgétisations annoncées par l’administration Bush, le nombre d’astronautes doit effectivement être ramené à trois, comme c’est actuellement le cas à bord de la station, le temps accordé aux expériences scientifiques s'en trouvera considérablement réduit.Moëlle épinière Les Canadiens mettent néanmoins la touche finale à leur première expérience scientifique, qui commencera avec le lancement de Discovery, jeudi matin.Les trois astronautes d’Expedi-tion 2 — les Américains James Voss et Susan Helms et le Russe Yuri Usachev — verront leurs réflexes étudiés par une équipe dirigée par le professeur Douglas Watt, de l’université McGill.A l’aide d’un système d’électrodes, les chercheurs analyseront les changements d'excitabilité de la moelle épinière des astronautes.Cette aptitude permet à l’être humain de rattraper l’équilibre lorsqu’il trébuche ou glisse.Les chercheurs croient que l’excitabilité de la moelle épinière diminue pendant les vols spatiaux de longue durée.En ajoutant à cela une atrophie des muscles à cause de la vie en apesanteur.l’astronaute qui revient d'un séjour en orbite a de la difficulté à se tenir sur ses deux jambes, ce qui pourrait poser un problème de sécurité lors du retour sur Terre si jamais il leur fallait quitter rapidement la navette en cas de pépin à l’atterrissage.L’expérience vise à élaborer de meilleurs exercices pour les astronautes durant leur séjour dans l’espace.lus astronautes seront soumis aux électrodes du Dr Watt avant le décollage, lors de leur arrivée à la station, douze jours avant leur retour sur Terre et immédiatement après l'atterrissage.Les chercheurs pourront suivre le déroulement de l’expérience à distance, au Centre de soutien des missions de charges utiles, dans l’immeuble de l’ASC, à Saint-Hubert, lu prochaine présence canadienne dans l’espace est prévue le 19 avril alors que l’astronaute Chris Hatfield s’envolera à bord de Discovery pour aller livrer et installer sur Alpha le tout nouveau bras canadien.Avec Reuters SOLDE FINAL DE FERMETURE et plus de rabais sur tous les livres en magasin.k Nous fermons pour faire place à la Grande Bibliothèque du Québec, Librairie Marché du Livre Palais du commerce (angle De Maisonneuve et Berri) SURVEILLER nouvelle adresse nouvelle marchandise AVRIL 1001 Depuis 1979 CeNWl)E psychologie 35 psychologues, membres de l’O.P.Q.Services personnalisés en consultation et thérapie pour enfants, adolescents, adultes et couples Évaluation, dérogation, orientation scolaire et professionnelle Expertise psycho-légale (matrimoniale, criminelle, civile) P.A.E., C.S.S.T., I.V.A C., Adoption internationale 39 boul.Gouin Ouest, Montréal Jacques Lacoursière Jean Provencher Denis Vaugeois Canada Québec 1534-2000 du Quebec ou ce qu’on I S SL 011 cs d’ordinateurs de partout dans le monde.Jusqu’à un certain ixmit.explique Guy Baillargeon, on n'aura plus bo soin du musée en briques traditionnel, sauf évidemment pour mettre en sécurité totale les précieuses collections orphelines, notre dernier lien avec notre passé biologique.Mais les gouvernements devront, dit-il, réinvestir dans la taxonomie, dans la «systématique» dont les effectifs universitaires se font si rares qu’il faudra peut-être placer leurs derniers représentants.sur la liste des espèces menacées! L’engouement pour la biologie moléculaire — et les budgets des industriels de la vit— a drainé de ce côté la plupart des universitaires, de sorte que, si des dizaines de chercheurs peuvent aujourd'hui concevoir de nouvelles espèces vivantes à coups de millions, ces nouveaux savants ne peuvent pas dire s'il existe un équivalent dans la nature.Le maillage de la taxonomie avec l'informatique dans le cadre du projet, estime Guy Baillargeon, pourrait bien relancer au cours des prochaines années la plus vieille branche de l’écologie et de la biologie et lui donner un second souffle, essentiel, dit-il, «si la protection de la biodiversité veut dire quelque chose».Carrole LEBEL Annie PELLETIER Sous la direction de Carrole LEBEL Intersection Manuel de l'élève C Æ Mathématiques au primaire.ei * JEAN BOURGET 0 BOUTIQUE Liutu me.(514) B43-5991 Vêtements d’enfants 0 à 18 ans 0 Vêtements de maternité à l'étage 1007, rue Laurier Ouest, Outremont Tél.: 274-2442 FONDATION JEUNES ET SOCIÉTÉ o( )a o 0 0 'rf LES ENFANTS DU MONDE ONT BESOIN DE VOTRE AIDE ?comme coopérant ?comme bénévole ?comme donateur (514) 387-2541, poste 240 Nous vous aiderons à les aider www.monde.ca RÏEN A PAYER AVANT 72 /VIO/S DECORATION VENTE DE TAPIS 3 pour 7 1.TAPIS T" qualité 2.SOUS TAPIS sraruit 3.INSTALLATION .gratuite * SPÉCIAL * TAPIS commercial $0 59 p.c * TAPIS berbère $1.49 pc » TAPIS peluche $1,49 p.c.» TAPIS Sisal $249 p.c.* PRÉLART sans cirage $099 pc.» PLANCHER DE BOIS 3 dr $1.99 p c * CARPETTE à motif j partir dt $99.ch.SERVICE DE MESURE GRATUIT wssm _.Ji Tl • STORES • DRAPERIES • RIDEAUX • COUVRE-LITS • DOUILLETTES •TOILES • TRINGLES • DENTELLES CLAUDE BOUCHARD MONTRÉAL 3645, Boul.St-Joseph Est Entre St Michel et Pie IX JC 514-729-0891 9» ! I.K I) K V O I K .I.E S S A M K l> I ET I) I M A X ( H E » MARS > 0 O I A 8 Brûler ses munitions Manon Corne Hier Le Sommet des Amériques approche et les eaux s’agitent de plus en plus dans le fossé qui sépare Ottawa et Québec sur le rôle du gouvernement québécois.Le dernier coup de tonnerre lancé cette semaine par la ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, a de quoi faire sursauter tant il est prématuré.Si ce n'était de la tenue du sommet à Québec à la fin avril, on ne pourrait en comprendre la raison.Et encore.Il n’y aura pas de négociations commerciales à Québec.Les 34 chefs d’Etat et de gouvernement vont se pencher sur l’échéancier des pourparlers en cours, actuellement fixé à 2005.Ils vont mettre à jour le mandat des négociateurs pour finalement réitérer leur volonté politique d’en arriver à une entente de Zone de libre-échange des Amériques.Non seulement les négociations ne seront pas menées à Québec, mais des signaux soulèvent des doutes sur l’avenir de cette ZLEA.Jusqu’à présent, ça roulait rondement parce qu’on s’employait à régler les aspects les plus techniques et les moins litigieux.On entre maintenant dans une phase nettement plus politique et délicate et les indices sont qu’on n’est pas sorti de l’auberge.Certains pays veulent accélérer la cadence, comme le Chili et les Etats-Unis.D’autres s’y opposent farouchement, en particulier le Brésil, le plus gros joueur en Amérique du Sud.En fait, le Brésil doute même parfois de la pertinence de conclure un accord continental, d’expliquer Cari Cira, directeur du Summit of the Americas Center, de l’Université internationale de Floride.11 serait tenté par un accord entre les pays latino-américains afin de faire contrepoids à l’Amérique du Nord et de lui permettre de supplanter le Mexique comme interlocuteur privilégié en Amérique latine.Les Américains, de leur côté, tiennent à cette entente, mais le Congrès n'a toujours pas donné l’autorité de négocier au président George W.Bush.Cette autorisation, connue sous le nom de fast-track, permet au président de revenir avec un accord final, auquel le Congrès peut dire oui ou non mais ne peut apporter aucun amendement.Sans fast-track, le Congrès peut amender le texte final, ce qui refroidit les ardeurs de plusieurs pays plus petits, confirme un négociateur canadien.Ils ne veulent pas tout donner pour s’en faire redemander ensuite.Autre problème: le Congrès ne peut plus envisager, sur le plan politique, d’accorder le fast-track sans l’assortir de conditions en matière d’environnement et de droit du travail, notent plusieurs experts.Or cette idée rebute à certains pays en développement.Et il y a le premier négociateur américain qui vient de passer à la Maison-Blanche et qui n'a pas encore été remplacé.On est encore loin d’une conclusion, si on y parvient.Rien par conséquent ne justifiait cette sortie sur la question de la consultation commerciale, surtout que Québec n’est pas tenu dans le noir.Les provinces sont consultées sur la politique commerciale depuis les pégociations de l’Accord de libre-échange avec les Etats-Unis.Elles ont dû se battre pour en arriver là mais, depuis, une certaine routine s’est imposée avec rencontre annuelle des ministres fédéral et provinciaux du Commerce, réunions plus périodiques de leurs sous-ministres et contacts fréquents entre fonctionnaires.L'équivalent d'un «site Web protégé» a même été créé pour échanger des textes, y compris ceux négociés.Mme Beaudoin en a fourni la preuve cette semaine en disant vouloir mettre à la disposition des membres de la Commission parlementaire sur les institutions les textes préliminaires des neuf tables de négociations de la ZLEA Ces textes, c’est Ottawa qui les lui a fournis.Comme il l’a fait avec toutes les provinces.Et s’il le fait, c’est pour avoir leur opinion.Québec reste insatisfait.Il trouve qu'on fait peu de cas de ses avis et surtout qu’on l’informe davantage qu'on le consulte.Le processus actuel n’est pas exempt de défauts.Le plus important est effectivement son absence de caractère formel.Tous les membres de la Commission parlementaire sur les institutions, tant libéraux que péquistes, le déploraient dans leur rapport sur la ZLEA, à la fin de 2000.Depuis des années, les premiers ministres des provinces ont profité de chacune de leur conférence annuelle pour unanimement demander la conclusion d’un accord fédéral-provincial sur la question.Ils n'ont pas reçu de réponse mais n’ont pas vraiment relancé Ottawa.Québec présidait pourtant la conférence en 1999, alors que les négociations de la ZI .FA ont été officiellement lancées en 1998, lors du sommet de Santiago (Chili).Un mécanisme formel, moins vulnérable, est nettement préférable, surtout quand on constate l’élargissement des accords au commerce des services, ce qui touche des domaines de compétence provinciale comme l’éducation, la santé, la réglementation des professions et ainsi de suite.Mme Beaudoin a une cause légitime mais a brûlé les étapes en disant que le Québec exercera son pouvoir constitutionnel de ne pas mettre en oeuvre les dispositions d’un éventuel accord touchant ses domaines de compétence si, d’une part, elles ont été adoptées sans son «consentement» et si, d’autre part, elles ne conviennent pas au Québec.C’est en multipliant leurs pressions et leurs démarches communes que les provinces ont obtenu les mécanismes actuels de consultation.Ottawa n’a ja-mais été chaud à l'idée de formaliser ce processus.Il est maintenant braqué et cherchera tous les prétextes pour offrir un refus qui se justifie de moins en moins, quoi qu’en dise le gouvernement fédéral.Québec a brûlé ses munitions en prenant tout de suite les grands moyens.Il n’y avait pas urgence.Les négociations incertaines de la ZLEÀ ne sont qu’à mi-parcours.Il y avait place pour une diplomatie mieux dosée.Manon Comellier a séjourné une semaine aux États-Unis à l'invitation du département d'Êtat américain afin de rencontrer les autorités américaines, des représentants de l'OEA et des universitaires.-* LE DEVOIR - POLITIQUE LES ANNÉES BOUCHARD Le temps d’une paix Lucien Bouchard aura assuré une stabilité sociale dans un Québec toujours polarisé et indécis quant à son avenir ARCHIVES LE DEVOIR Lucien Bouchard attendait un signal des citoyens pour tenir un référendum.Il n’est pas venu.Après cinq ans, Lucien Bouchard quittera cette semaine ses fonctions de premier ministre du Québec pour céder sa place à Bernard Landry.Que doit-on retenir des années Bouchard?Michel Venue Le Devoir Si l’on doit quelque chose à Lucien Bouchard, c’est d’avoir été capable, dans les mois qui ont suivi le référendum, de faire tenir ensemble, malgré l’amertume, les morceaux d’un Québec qui avait été brisé en deux.Avec tact et modération, il est parvenu à rapprocher des parties qui s’étaient combattues et à éviter ainsi des déchirements dont le Québec souffrirait encore aujourd’hui.Au début de Tannée 1996, sous couvert de célébrer une autre victoire morale, le camp souverainiste ruminait en silence un deuxième échec en 15 ans, tandis que les vainqueurs se remettaient lentement mais sûrement de la grande frousse du 30 octobre 1995.Le mouvement partitionniste prenait forme.Une odeur de vengeance empestait l’air ambiant, pendant que, au même moment, sonnait l’heure du grand ménage des finances publiques avec son cortège de choix impossibles.C’est ainsi que le magicien du camp du OUI réussit à faire s’asseoir autour de la même table d’un sommet économique les acteurs sociaux qui venaient de s’affronter durement dans un match dont Tenjeu était rien de moins qu’un pays.Le dialogue ne fut pas spontané.Car sur les braises du combat national s’élevaient maintenant les différends socioéconomiques.Mais épargnons-nous les détails.H est ressorti de l’exercice, qui s’est étalé de mars à novembre, une trêve en faveur de l'assainissement des finances publiques et la relance de l’économie, le pari de feire repartir le Québec, qui sombrait alors dans la morosité, était gagné.la thérapie collective avait réussi.Du moins, le nouveau premier ministre était-il parvenu à éviter les crises.De même, M.Bouchard prit la peine de tendre la main, au nom de la majorité francophone, aux anglophones de Montréal dont certains s’étaient engagés dans un mouvement partitionniste hostile.M.Bouchard s'adressa à 400 personnes réunies au théâtre du Centaur avec une dignité de ton qui tranchait avec les agressions verbales qui fusaient de toutes parts depuis le référendum du 30 octobre.Sans la traiter comme une communauté opprimée, en réaffirmant le fait français au Québec, M.Bouchard a invité la communauté anglophone à réintégrer l’alliance entre francophones et anglophones qui avait construit le Québec de la Révolution tranquille.Il y avait des plaies à panser.M.Bouchard s'y est d’abord employé avec un certain succès.Il était le père de la nation, à qui il promettait des temps difficiles et dont il partageait la douleur et le sacrifice.Fallait-il fermer un hôpital, il se priverait d’un logement convenable et de sa pension de député fédéral pour payer son dû à la corvée collective.Ire Saguenay était-il dévasté par des pluies diluviennes ou un grand verglas s’abattait-il sur le sud de la province, il agissait comme un guide et un capitaine, partageant avec ses concitoyens les affres des moments difficiles.En février 1997, il disait dans une entrevue au Devoir que «le rôle d’un gouvernement est de convaincre les gens d’accepter les changements qui s’imposent».Comme l’écrivait Charles de Gaulle, dont Lucien Bouchard était un admirateur, le premier ministre du Québec avait «la jalousie de décider».D était de toutes les négociations.Il était de tous les dossiers, y compris vers la fin, celui des A ou des B- dans les bulletins des écoliers du Québec.Alors, à la faveur de la lutte contre le déficit, Lucien Bouchard a lancé le Québec dans une série de réformes qui ont connu, comme c’est normal, des fortunes diverses.L’obstination à combattre le déficit a conduit à des décisions néfastes, la plus importante étant certes celle d’autoriser des départs assistés massifs qui ont ravagé les effectifs du système de santé, déjà à bout de souffle et dont la réforme est à reprendre.La réforme de l’éducation ne semble pas toujours être comprise par ceux-là mêmes qui doivent la mettre en oeuvre.La création d’Emploi Québec a donné lieu à des ratés incroyables.En revanche, le Québec se dote progressivement d’un réseau de centres de la petite enfance dont les principes (5 $ par jour) sont copiés dans d’autres provinces canadiennes.Le Québec redécouvre sous un autre jour l’économie sociale et le développement local.Le chantier de la lutte contre la pauvreté et du développement social se met en branle.Le Québec est doté de la seule loi sur l’équité salariale du continent Le paysage municipal sera complètement redessiné, donnant au Québec une structure locale plus apte à assurer la gestion des services publics et à tirer son épingle du jeu dans les réseaux économiques continentaux.Le Québec dispose désormais de commissions scolaires linguistiques.1res relations entre les communautés linguistiques sont relativement calmes, en témoignent les Etats généraux sur la langue française, qui se déroulent dans un climat de sérénité inégalé.Et l’économie va bien, relativement bien.L’héritage Bouchard reste globalement positif, mais il est mitigé.Sur le front de la question nationale, M.Bouchard a estimé avoir échoué.Ses succès, il les doit aux stratégies de négociations qui ont fait la fortune d’autres gouvernements, comme le rapatriement au Québec de la responsabilité de la formation de la main-d’œuvre.Il a pu éviter le pire en s'alliant avec l’Ontario afin de retirer de l’accord sur la santé les éléments les plus intrusifs.Mais il a dû subir sans rien dire les bourses du millénaire et l’accord sur l’union sociale.Le rapport de force du Québec au sein de la fédération est en déclin, tandis que le mouvement souverainiste, privé de mobilisation active au cours des années Bouchard, stagne.En conclusion de ses mémoires, que Boréal réédite ces jours-ci (A visage découvert), M.Bouchard disait en 1992 avoir eu l’impression d’avoir été entraîné par un peuple en marche.M.Bouchard se refrisait au volontarisme.Il semble avoir besoin d’être porté par les foules avant de pouvoir transporter les foules.D attendait un signal, aux élections de 1998, pour tenir un autre référendum sur la souveraineté.Ce signal n’est pas venu.D en attendait un autre, aux élections fédérales de novembre 2000.Il a de nouveau été déçu.11 laisse globalement un Québec en meilleure santé économique, avec des finances plus saines.Husieurs chantiers restent ouverts.Il est encore tôt pour juger de sa contribution.Il aura assurer à tout le moins, malgré une conjoncture difficile, une certaine stabilité sociale dans un Québec toujours polarisé et indécis quant à son avenir.Malgré quelques grèves, certains affrontements avec Ottawa et quelques querelles au sein de son parti, son règne aura été dans l’ensemble marqué par l'apaisement et la conciliation.Peut-être aura-t-il été là le temps d'une transition.Le temps d'une paix.Bonne chance, M.Bouchard! LANDRY SUITE DE LA PAGE 1 Langue Le député Lebel a l’appui des jeunes bloquistes Yves Michaud entre dans le débat en s’en prenant au nationalisme civique de Gilles Duceppe HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA La fracture au sein du Bloc québécois se fait de plus en plus apparente alors que l'aile jeunesse du parti s’est portée hier à la défense de Ghislain Ire-bel, ce député placé sur un siège éjectable parce qu’il appuie des positions jugées contraires aux principes fondamentaux du Bloc.Et Yves Michaud, rendu célèbre par l’affaire du même nom, a sauté dans Tarène pour récuser le «néo-nationalisme» dépouillé de ses «référents identitaires» de Gilles Duceppe.«Il importe pour [Ghislain Lebel] de demeurer à l’intérieur du parti afin de continuer à faire avancer ses idées même si elles ne sont pas partagées par certaines personnes en poste d'autorité», a fait savoir par voie de communiqué le président du Forum jeunesse, Guillaume Ducharme.M.Duchanne réagissait à une nouvelle publiée dans Le Devoir hier selon laquelle le député de Chambly.Ghislain Lebel, affirmait s'ètre fait montrer la porte du parti par son chef, Gilles Duceppe, parce qu’il appuyait le mémoire sur la langue française préparé par l’aile jeunesse.Ce mémoire, approuvé par les 11 membres de l'exécutif de Forum jeunesse, dont M.Ducharme, a été répudié par le Bloc québécois parce qu’on y früt mention du «problème immigrant» et d'un nationalisme qui s’inscrit «en continuité avec la tradition nationale cana-diennefrunçaise», contraire, selon le parti, au nationalisme civique dont il se dit maintenant porteur.«Le Bloc est pour moi un parti de débats et d’idées.Il est inadmissible que des députés soient mis au ban du caucus parce qu'ils approuvent les idées de notre instance», rérit encore M.Ducharme.Lors d'un entretien téléphonique, M.Ducharme a d’ailleurs indiqué ne pas croire que les idées du mè moire des jeunes allaient à l'encontre des principes fondamentaux du parti.«Nous, on n'a pas l'impres- sion d'aller à l'encontre de cette position-là, pas avec le mémoire sur la langue qu’on a déposé, c’est certain.On voulait lancer un débat sur cette question-là, qui n ’a pas été abordée par le Bloc dans le passé.» M.Ducharme a ajouté que lui et ses dix collègues de l’exécutif n’entendent pas démissionner même si Gilles Duceppe a déjà indiqué que leur position n’est pas le reflet de ce que pensent les jeunes bloquistes en général.Au Bloc québécois, on soutient que tout cet épisode est attribuable au caractère trop chatouilleux de M.Irebel.«M.Lebel, de manière traditionnelle, a toujours une conclusion trop rapide des événements», a commenté la députée Caroline Saint-Hilaire à sa sortie de la Chambre des communes.Le chef Gilles Duceppe n’était pas à Ottawa hier.«M.Dbel s’est présenté sous la bannière du Bloc québécois, il doit en être fier, il doit la vendre, il doit l’accepter.[.] Il faut qu ’il adhère, sinon la décision est la sienne.» Selon Guillaume Ducharme, l'attitude du parti à l’endroit de M.Lebel relève d'une «incompréhension».Par ailleurs, Yves Michaud a rendu publique une lettre qu’il a fait parvenir au conseil de la Fondation lionel-Groulx, dans laquelle il s’attaque au chef blo-quiste Gilles Duceppe et au nationalisme civique dont il dit faire la promotion.«Un vent de jolie souffle sur le PQ et le Bloc, rérit-il.Qu ’un ancien maoïste apatride, chantre du déracinement, recyclé dans la politique outaouaise, devienne l’allié objectif du B’nai Bri-th pour salir la mémoire de Groulx, l’indécence a atteint des limites inacceptables.» «La calomnie est d’une telle ampleur, continue M.Michaud, qu’elle risque de fractionner les deux partis souverainistes par des révisionnistes irresponsables qui incitent à expédier à la poubelle tous nos référents identitaires.passé, mémoire, histoire, langue, héritage, au nom d’un néo-nationalisme vague, imprécis et confus à souhait et d’une soi-disant modernité suicidaire.» inférieurs, soit au primaire et au secondaire.Ainsi, les immigrants seraient obligés de fréquenter les cégeps de langue française.«Je crois, a expliqué M.Landry, que c’est l’approche positive et l’approche incitative qui doivent dominer au moins pour le cégep, pour les trois prochaines années, pour qu 'cm ait le temps de profiter du nouveau système des commissions scolaires linguistiques et qu’on ait le temps de donner leur chance aux méthodes incitatives.» M.Landry a reconnu qu’au sein de son parti et dans la population, il existe une divergence d’opinion sur les méthodes que le gouvernement devrait mettre en avant pour convaincre les nouveaux arrivants à vivre en français.Il a toutefois affirmé que sur les objectifs à atteindre, comme la préservation de la langue française, il y a consensus dans la société québécoise.«Le gouvernement se dirige vers des moyens conviviaux, d’incitation, des moyens positifs pour amener les allophones à aller aux collèges de langue française.» Par ailleurs, une brèche dans la loi 101 mériterait un traitement plus sévère, croit M.Landry.Les enfants d'immigrants qui peuvent se le permettre ont le droit d'envoyer leur progéniture à une école de langue anglaise privée non subventionnée.Après une seule année passée à une de ces écoles, tous les enfants de la famille ont le droit de continuer leur scolarité en anglais, que ce soit au privé ou au public.«On peut, avec de l’argent, d’une certaine façon, par un séjour à l’école privée, acheter le droit à l’école anglaise pour tous les enfants de la famille, et pour toujours», a-t-il déploré.Il promet donc de s'attaquer dès que possible à ce problème à l’aide de «tous les moyens techniques, juridiques et démocratiques» nécessaires.M.Landry a également profité de la tribune pour rendre hommage à celui qu’il remplace à la barre du navire pequiste, Lucien Bouchard.C'est le jeudi 8 mars, à Québec, que ce dernier quittera ses fonctions au gouvernement et que Bernard Landry sera assermenté.M.Bouchard mérite la reconnaissance de tous les Québécois, estime M.Landry.En plus d’avoir été un «chef de gouvernement extraordinaire» et un homme d’équilibre, son humanisme aurait permis à son parti de «gérer [la province] avec rigueur, efficacité économique et ouverture sociale et culturelle».De plus, son discours de démission «a rendu service» aux militants et à la population en général.«Ça été une sorte d’électrochoc qui force à la réflexion quant au destin du Québec», a-t-il affirmé.t L K I» K V O I K .I.K S S A M K It I :l y 1 l> I M A \ ( M t I M \ K S 1* Il (I A !) - P 0 L1 T 1 Q r E Imité par l’Association des jeunes conservateurs du Québec Stockwell Day se déclare favorable à une union entre l’Alliance et le PC KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le chef de l'Alliance canadienne, Stockwell Day, reconnaît qu'un rapprochement avec le Parti conservateur offre la possibilité de prendre la relève des libéraux.Invité par l’Association des jeunes conservateurs du Québec, M.Day s’est montré favorable à une éventuelle union entre les deux partis, d'autant que l’exode de conservateurs vers l'Alliance se poursuit.«Avec les conservateurs, les occasions de former le prochain gouvernement sont meilleures», a-t-il expliqué.Malgré le faible auditoire — on comptait à peine une vingtaine de jeunes conservateurs —, le geste de Stockwell Day a été interprété comme un pas de plus vers la fusion de la droite canadienne.Et M.Day entend bien demeurer à la tête du parti qui pourrait naître.«Ce sont les membres qui décident qui va être chef.[.] C’est mon espoir d’être chef pour la prochaine élection fédérale», a-t-il expliqué.Le chef allianciste a posé certaines conditions pour que les discussions de rapprochement continuent.Il a précisé qu’il souhaite que cela ne se fasse pas derrière des portes closes et que tous doivent démontrer leur bonne volonté à dialoguer.Il a également rappelé qu' l*r- Vbd> Vatif AÎTtNDi / T C’est faux, M.Landry! Je regardais, il y a quelques jours, l’émission Maisonneuve à l'écoute à RDI, quand j’ai failli tomber en bas de ma chaise.L'invité n’était nul autre que Bernard Landry, le nouveau premier ministre du Québec, et il venait d’affirmer devant des milliers de téléspectateurs que «le salaire minimum au Québec est le plus élevé en Amérique».Il s’avère que je travaille comme conseiDère dans un organisme qui s'appelle Au bas de l’échelle et dont la mission est la défense des droits des travailleuses et des travailleurs non syndiqués.De par mon travail, je suis familière avec le dossier du salaire minimum et je trouve important de rétablir la vérité sur le sujet Le 1' février 2001, le salaire minimum au Québec passait de 6,90 $ à 7 $ l’heure.Malgré cette augmentation, le Québec garde son 3* rang au Canada, après la Colombie-Britannique (7,60 $) et le Yukon (7,20 $).Puisque M.landry parle de l’Amérique, regardons un peu les États-Unis.Chez notre voisin du Sud, 27 États américains ont un salaire minimum qui, converti en argent canadien, est nettement supérieur à nos 7 S l’heure.Par exemple, le Rhode Island est à 9,29 $ l’heure, le Connecticut à 9,66 $, l’Orégon à 9,82 $ et le Massachusetts à 10,19$.A la lumière de ces données factuelles, comment peut-on affirmer que le salaire minimum du Québec est le plus élevé en Amérique?Ou M.Landry cherche à justifier, par tous les moyens possibles, cette hausse ridicule de 10 C l’heure, ou il aurait intérêt à refaire ses devoirs.En attendant, les personnes payées au salaire minimum continuent d’être pauvres pendant que les politiciens se font du capital politique sur leur dos en parlant de saine gestion et de création de richesse collective.Pour le partage, on repassera plus tard.Nicole Trachy Au bas de l’échelle Montréal, 28 février 2001 LETTRES -?—— Erreur sur la personne J’ai constaté, le 21 février dernier, que Le Devoir avait permis la publication de la réplique de Michel Gaudette concernant la lettre intitulée «La religion et la morale à l’École réduites au statut de micromatières».Je crois que le débat est déjà entamé depuis assez longtemps pour que les deux grands discours en faveur du maintien de la religion à l’école soient clairement définis.Les signataires du texte mentionné sont d’abord en fa-veu d’une école déconfessionnalisée et plurielle contrairement à ce que laisse entendre M.Gaudette.Ce qu’ils proposent n’est pas un retour à la tradition, mais plutôt un pas vers l’avant un cours d’éthique et de culture religieuse obligatoire pour tous.Les flèches lancées par l’historien ratent leur cible en étant pointées davantage vers différents groupements religieux rétrogrades qui préfèrent le statut quo et le maintien d’un enseignement catholique confessionnel.L’historien semble confondre la religion avec l’institution qui la rend doctrine.Pourtant, la distinction a souvent été faite.Un enseignement non confessionnel de la religion désire expliquer la foi, la comprendre ainsi que montrer son importance et son impact à travers différentes cultures.M.Gaudette déclare, avec justesse, que les grandes religions, prétendant chacune détenir la seule et unique vérité, bloquent toute tentative d'un dialogue constructif entre elles.Un enseignement religieux culturel permettrait toutefois une meilleure connaissance de l’autre.Si M.Gaudette prend la peine de se déclarer croyant à la fin de sa lettre, c’est donc qu’il donne une certaine importance à la foi religieuse.Les signataires de la lettre proposent deux idées qui vont en ce sens.D’abord, le maintien d’un cours portant sur l’éthique et le religieux et, conséquemment, un temps d’enseignement suffisant afin de rendre ce cours significatif auprès des élèves.Stéphane Farley Étudiant en enseignement moral et religieux Montréal.23 février 2001 Hommage à Charles Trenet Né sur 1m route enchantée, Nationale 7, où Le soleil a rendez-vous avec la lune, dans sa Douce France, Au fil du temps perdu, il dit Je chante, un Rien me fait chanter, Mes jeunes années.très Fleur bleue.11 veut Revoir Paris, Giovanni, Le Quartier Latin, Les Oiseaux de Paris, ses Jardins du mois de mai, sur un fil, de la fenêtre d’en haut, juste à ce Coin de rue, au grand café, pendant que Papa pique et maman coud.Tiens, S’il pleut dans ma chambre, Y a de la joie dans Ce jardin extraordinaire.Son cœur fait Boum à Ménilmontant, Quelle Java du Diable.Il pense: J’aime le music-hall et se demande en même temps: Où sont-ils donc?Autour du monde! Il fait un Voyage au Canada, dans les rues de Québec, Dans les pharmacies, Un bouquet de joie avec les Feux de la Saint-Jean.J’envie ta vie, O Vagabond quand Chante le vent, Sur la terre qui est une grosse boule.Il faut garder la poésie, quelle Belle complainte, mais Demain c’est la fin du monde sur Im Tarentelle de Caruso, pour la Dame de Béziers.Alors, Que reste-t-il de nos amours, Vous qui passez sans me voir.En quittant la ville?Le vieux piano de la plage, L’âme des poètes, La mer?Il reviendra, ce grand amour, À mi-chemin! C’est la romance de Paris.Im Polka du roi.En passant, Charles, Vous oubliez votre cheval, ou celui du Roi Dagobert, une de vos Relations mondaines.Puis c’est la Biguine à batigo pour le Dernier troubadour.Cloches, Sonnez du soir au lendemain.par cette Nuit d’hiver.Charles L'héritage infernal.Je sais que Dîner avec un ami.c’est voir ce qu'il y a Dans une noix.Vrai! Vrai! Vrai! Merci Paris.Merci Trenet.Claude Landré Artiste de variétés Im Tuque, février 2001 R E V U E DE P R ESSE -?- Le Sommet, versants gauche et droite Antoine Rob i t a i l le Si l'approche du Sommet des Amériques, au Québec, a surtout déclenché des réflexes répressifs et une querelle fédérale-provinciale, dans le ROC, c’est un réel débat sur la mondialisation que semble provoquer l'événement du mois d'avril.Jusqu’aux journalistes du Globe and Mail qui s'affrontent maintenant ouvertement Hier.Rick Salutin — l’un des rares chroniqueurs de gauche dans la presse canadienne-anglaise — s’en prenait assez durement à Jef frey Simpson, son voisin de colonne, ainsi qu’aux éditorialistes de son propre journal.A ces derniers, il reprochait notamment l'utilisation d’une catégorie fourre-tout, «floue et repoussante» — les «antis»— pour désigner les opposants à la mondialisation.Le Globe, en éditorial, avait récemment dit craindre que les «antis» fussent en passe de remporter la bataille pour l’opinion publique.Salutin qualifie cette opinion de para-noïaque puisque, à ses yeux, les positions sur la mondialisation sont déjà totalement «homogénéisées» dans le sens inverse.La presse «K» tin Canada Même ces éditorialistes inquiets, note Salutin, laissent entendre que «toutes les élites, quelles soient gouvernementales, entrepreneuriales, journalistiques ou universitaires, appuient la libéralisation totale des échanges.A les entendre, les pays pauvres aussi la souhaiteraient ardemment.» Salutin cite alors Jeffrey Simpson, affirmant que «peu de Canadiens veulent vraiment retourner en arrière», c'est-à-dire avant les grands traités de libre-échange.«À leurs yeux, qui compose le camp des "antis", alors?», s’interroge Salutin.I.es mots «populace» et «anarchistes» reprennent du service, constate-t-il.Dans un tel contexte de pensée unique, le chroniqueur croit, du reste, qu’il est risible de s’en prendre au Nouveau Parti démocratique (NPD), comme l'ont fait Jeffrey Simpson, du Globe, ou Jim Travers, du Toronto Star, lequel écrivait cette semaine: «Si les manifestations de Québec dérapent dans la violence, la réputation du NPD en souffrira.» Salutin conclut «Comme s’il avait grand-chose à perdre!», signifiant que cette formation est déjà très faible justement parce que ses positions, de gauche, recueillent très peu d’appuis.?Rappelons que le plus célèbre des députés du NPD, Svend Robinson, a déclenché tout un tollé, cette semaine, en se disant favorable à la «désobéissance civile», dans le cas où les gouvernements tenteraient d’empêcher les «manifestations pacifiques» lors du Sommet des Amériques.Le Globe, hier, dans un éditorial intitulé «Forteresse Québec», qualifiait «d’insensée» la position du député.«Les mesures de sécurité ne visent nullement à empêcher les manifestations pacifiques.Les gouvernements se montrent ainsi responsables et prennent des précautions légitimes pour prévenir d’éventuelles violences.» Le Globe craint que les manifestants, qui viendront à Québec par «dizaines de milliers», ne se comportent comme ceux qui, à Seattle, Prague et Washington, ont tout saccagé sur leur passage.«Im Canada a clairement dit qu ’il accueillerait à Québec les manifestants pacifiques, mais il doit prévenir le pire.» Du député Robinson, qui organise, le mois prochain, à Ottawa.une manifestation contre la mondialisation, le Globe exige ceci: «Si le caractère pacifique des manifestations lui tient vraiment à cœur, qu’il dénonce publiquement toute incitation à la violence en prévision du Sommet.Si les gens comme lui ne prônent pas une certaine modération et que les choses tournent mal, ils n’auront qu'à s’en prendre à eux.» ?Charles Gordon, dans le Ottawa Citizen jeudi, dé nonçait avec force ironie un règlement municipal adopté en prévision du Sommet des Amériques dans la région de Québec.Le but du règlement: interdire à toute personne de se dissimuler le visage à l'aide d'un foulard.Cette mesure, aux yeux du chroniqueur, est «stupide et tyrannique».Mais l'un des arguments du NPD, qui l'a dénoncée cette semaine au Parlement fédéral, fait aussi sourire le chroniqueur: «Im chef du NPD a ajouté que ce règlement était discriminatoire à double titre, parce que “les traditions culturelles ou religieuses forcent certains citoyens à porter un tel foulard".» Le chroniqueur rétorque: «C’est vrai! [,.], Et on oublie ici les cambrioleurs et les cow-boys.» Reste que, pour Gordon, la mesure apparaît vraiment excessive.«Et les chapeaux?ironise-t-il, ne peuvent-ils pas empêcher l’identification des manifestants par photographies aériennes?Sans compter que des manifestants peu scrupuleux pourraient utiliser leur chapeau pour se cacher le visage.Les “cols roulés" peuvent aussi être stispects.En fait, les autorités ont-elles pensé à la possibilité, pour les gens, d’enlever leurs chaussettes pour s’en faire des foulards?Que dire des mangeurs de spaghetti: pourront-ils porter leur bavette en toute impunité?» Dans le même esprit, Rick Salutin a ces mots à propos des clôtures que l’on est a installer a Québec pour maintenir les manifestants dans un périmètre de sécurité: «Mais Québec est déjà entourée de murs!» ?Les clôtures et les murs: il faut noter que les enthousiastes de la mondialisation, par ailleurs, aiment bien s'en débarrasser.Pour eux.éliminer les barrières, notamment tarifaires, ou encore les frontières, n’a que des impacts concrets «positifs».Marcus Gee, dans le Globe and Mail, affirmait par exemple, jeudi, que «le libre-échange permet de créer un monde plus propre».Selon lui.il est paradoxal que les environnementalistes soient parmi les «opposants les plus farouches à la libéralisation des échanges».Car les dernières décennies indiquent que les pays «ouverts au commerce et aux investissements finissent tous par prospérer».Or, plus un pays s’enrichit, «plus ses citoyens se montrent sensibles aux questions environnementales.Et, contrairement aux autres pays, restés pauvres, ils ont alors les moyens de s’en sortir».Bref, le veritable «ennemi de l'environnement global, c’est la pauvreté».Or.la fermeture d’un marché sur lui-même engendre de la pauvreté, «comme le montre l’expérience de l’Union soviétique».Au contraire, le Canada est un modèle en la matière puisque, comme peu d'autres pays dans le monde, son «sort repose sur les échanges».Ses lois environnementales sont parmi les plus sévères et la qualité de l'air et de l'eau s’est amé liorée au cours des dernières décennies.Et le Mexique?«Il a commencé à améliorer ses lois environnementales lorsqu'il a voulu ouvrir ses frontières et s’est mis à rechercher des investissements.i ¦¦¦¦¦¦¦¦¦ L K DEVOIR, LES SA M E D I T l> I M A N ( H E I M A R S > O U I A i;i IDEES Lucien Bouchard Un exceptionnel talent politique « LUC LAVOIE \ ice-président aux affaires d'entreprise de Québécor uc, pourrais-tu t’occuper de Lucien Bouchard pour sa première journée à Ottawa?-C’était en avril 1988.Mon patron de l’epoque, Brian Mulroney, me demandait de seconder Lucien Bouchard, qu’il s’apprêtait à faire entrer directement au conseil des ministres après un séjour de trois ans comme ambassadeur du Canada à Paris.Je ne l’avais jamais ren- w contré.Mais tous ceux qui m’en avaient parlé me le décrivaient comme un homme de qualité.Bernard Roy, alors premier secrétaire au cabinet du premier ministre, ne croyait pas si bien dire lorsqu il m avait affirmé: «Tu verras, il sera le Wayne Gretzky de la politique.» Il ne s’attendait sûrement pas, pas plus que Brian Mulroney d’ailleurs, à ce que la carrière de ce « Wayne Gretzky de la politique- le mène à la tête d’un gouvernement péquiste à Québec.Mais il avait en tout cas visé juste quant à son exceptionnel talent politique.J'ai eu le privilège de servir Lucien Bouchard à titre de chef de cabinet pendant six mois et j’ai par la suite gardé avec lui des liens d’amitié.Personnage complexe, déterminé et intense, Lucien Bouchard frappe au premier abord par sa capacité de séduction.Il est doté d’un charme irrésistible: une façon d’utiliser les mots, un langage corporel, un raffinement discret et surtout cette capacité unique de créer l’impression qu’il partage vos préoccupations.Il se dégage de lui une sincérité incontestable.Sa passion des livres et son insatiable curiosité intellectuelle font de Lucien Bouchard l’homme à la conversation la plus agréable qu’on puisse imaginer.L’homme est un conteur hors pair qui vous entraîne dans un feu roulant d’idées, de faits et de situations.Il peut vous parler de la Grèce antique, un sujet qui le passionne entre tous, en créant une atmosphère telle que vous ne seriez pas autrement surpris de voir surgir Périclès dans la pièce.Sa curiosité n’est d’ailleurs pas que livresque.Il est aussi intarissable sur les personnes qui l’ont marqué.L’un de ses sujets favoris à cet égard est un avocat de Chicoutimi, Roland Fradette, qui fut son mentor à ses débuts dans la pratique du droit.Je n’ai jamais rencontré cet homme mais je suis certain que je le reconnaîtrais entre mille si je le voyais, tellement les descriptions que Lucien Bouchard en faisait étaient réussies.Lucien Bouchard est sans l’ombre d’un doute l’un des esprits les plus raffinés de sa génération.La subtilité de sa pensée, jointe à un indéniable génie des mots et des formules, explique une bonne partie de son succès en politique.Ce charme et ce charisme, qui frappent ceux qui le rencontrent en privé, ont clairement eu un grand effet à l’échelle politique et 1 Pü ¦¦H ANDY CLARK REUTERS Personnage complexe, déterminé et intense, Lucien Bouchard frappe au premier abord par sa capacité de séduction.créé entre lui et le peuple québécois un lien de confiance unique.Incien Bouchard impressionne aussi ceux qui le côtoient par sa capacité de travail franchement inouïe.Il m’est arrivé de le voir, dans les situations les plus tendues et les dossiers les plus complexes, maintenir jour après jour un niveau de concentration peu commun, entrecoupant ses journées de travail d’à peine trois ou quatre heures de sommeil par nuit.Sa discipline d’avocat lui dicte de maîtriser tous les détails d’un dossier avant de s’y attaquer.Ceux qui négocient avec lui apprennent rapidement qu’il est inutile d’essayer de manipuler les faits en sa présence: il les connaît trop bien.D’une volonté de fer, d’une détermination à toute épreuve, il a su, en politique, donner l’impression qu’il parviendrait à ses fins, en particulier à la suite du référendum de 1995.C’est ce qui explique d’ailleurs qu’il ait tant traumatisé le Canada anglais.Nos concitoyens des autres provinces ont cru que Lucien Bouchard réussirait à faire éclater la fédération.Les commentateurs politiques, pourtant d’un naturel si prolixe, étaient à court de mots pour analyser le «phénomène Bouchard».L’un d’entre eux est même allé jusqu’à publier les résultats de la ridicule analyse d’un psychiatre torontois qui n’avait jamais rencontré Lucien Bouchard mais qui avait réussi à diagnostiquer chez lui un trouble mental dont personne n’avait jamais entendu parler.La saga Michaud Mais le vrai Lucien Bouchard, c’est celui que les Québécois ont vu pendant la crise du verglas de janvier 1998.Cet épisode a permis à ceux qui n’en avaient pas encore pris conscience de découvrir Ixi-cien Bouchard le leader celui en qui on a confiance, qu’on veut suivre, qu’on hésite à mettre au défi et qui peut intimider s’il le veut.lit aussi celui qui ne manque pas de courage.Sa lutte contre la mort, à l’automne de 1994, et la façon dont il s’était relevé à peine quelques mois plus tard pour reprendre le combat politique sont de ces événements qui façonnent la légende des grands leaders.De cet épisode qui a bouleversé l’ensemble des Québécois à une échelle presque personnelle, je retiens ce coup de téléphoné d’Audrey, son épouse, qui me dit: «Lucien veut te parler.» De la salle des soins intensifs de l’hôpital Saint-Luc, où les médecins venaient d’annoncer qu’il survivrait à sa maladie, une vont à peine audible m’avait dit: «Luc, je suis en vie.» D’autres, plus compétents que moi, analyseront le bilan politique de Imcien Bouchard.Mais il m’apparaît évident que le «style Bouchard» a profondément marqué le Québec.Homme de contradictions, Im-cien Bouchard était en cela le reflet du Québec.Les Québécois s’identifiaient à lui.Parfois théâtral, parfois autoritaire, toujours digne, Lucien Bouchard aura donné au Québec une forme de leadership politique d’une exceptionnelle distinction.Les Québécois s’ennuieront beaucoup de lui.Une motion de blâme n’était pas appropriée GIUSEPPE SCIORTINO Avocat S il y a un comportement dangereux dans la vie en société, c’est bien l’intolérance.Elle s’exprime par des actes et par des propos.L’intolérance peut difficilement être raisonnée.En effet, si quelqu’un croit fermement que le fait d’être croyant ou athée, homosexuel ou hétérosexuel, immigrant ou de vieille souche, juif ou catholique, fédéraliste ou indépendantiste, comporte plus de droit au respect à la dignité, à la solidarité, à la compassion, à la sécurité, etc., comment le convaincre qu’il ne peut en être ainsi?Comment s’y opposer lorsque cette intolérance devient l’expression des frustrations originant directement du fond des tripes, devient théorie, mode de vie et de pensée?fl faudrait depuis l’enfance, nous apprendre à maîtriser nos élans d’intolérance et nos peurs de tout ce qui est différent, comme on nous apprend à manger, à lire et à écrire.Pus tard, le mal ayant-déjà fait son chemin, on ne peut revenir, facilement, en arrière.Alors, que faire?Dénoncer l’intolérance chaque fois que l’on en voit l’expression, peu importe qui en est la victime ou qui en est l’auteur.Le «cas Yves Mi-chaud» est un exemple clair d’intolérance dont il est l’auteur et d’intolérance dont il est victime.Dire que les juifs ne sont pas le seul peuple à avoir souffert, c’est dire vrai.Le dire de la façon, pour les raisons et dans le cadre que l’on connaît est crétin, choquant et intolérant Bien sûr, d’autres peuples ont souf-fert, certains souffrent encore aujourd’hui, mais il y a très peu d’exemples dans l’histoire où on a voulu faire de la disparition de tout un peuple une solution totale et finale.Certaines comparaisons, tout en ayant une base de vérité, sont parfois inacceptables.Il y a divers degrés de souffrance, et ne pas en tenir compte signifie, dans ce cas, nier qu’être la cible d’une volonté d’extermination massive et définitive est une souffrance inimaginable, impensable, incommensurable et indéfinissable.Rien que les mots de ce juif d’un camp de concentration nazi nous en donnent une petite idée: «Jamais je n’oublierai cette fumée.«Jamais je n’oublierai les petits visages des enfants dont j’avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet.«Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma foi.«Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui m’a privé pour l’éternité du désir de vivre.«Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert.«Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui-même.Jamais.» - Elie Wiesel, La Nuit Dire que les membres de B’nai Bri-th sont «anti-Québec» ou que les immigrants ont «le devoir» d’appuyer la souveraineté, c’est de l’intolérance pure et simple.Cette façon de penser est le fruit de la théorie qui voudrait que «l’on est Québécois si on le veut».En somme, on est Québécois par volonté et non par droit.Evidemment, cette théorie est bonne pour ceux qui ne sont pas d’origine canadienne-française.En effet, M.et Mme Tremblay du Lac-Saint-Jean n’ont pas à vouloir ou à ne pas vouloir être Québécois.Ils le sont, par grâce divine, peu importe s’ils sont fédéralistes et rêvent d’un Québec anglicisé.C’est le vieux refrain voulant que ceux qui viennent d’ailleurs sont nos frères seulement s’ils sont avec nous.Petite pensée national-provincialiste Cela étant dit, M.Michaud ou qui que soit d’autre a le strict droit de dire et clamer ce que bon lui semble dans la mesure où il n’enfreint aucune loi connue et applicable.Vouloir empêcher quelqu’un d’exprimer ce qu’il pense, même une opinion intolérante, c’est une expression d’intolérance.Cependant, M.Michaud devait s’attendre à ce que ses propos en choquent plusieurs.Le contraire aurait été inquiétant surtout que d’autres — beaucoup d’autres — partagent et colportent les mêmes propos.Il est regrettable par contre que les gens qui aujourd’hui se sentent offensés par les paroles de M.Michaud n’aient pas protesté contre ceux qui avaient comparé Lucien Bouchard et Jacques Parizeau à Adolf Hitler.Ancien député, ancien représentant du Québec à l’étranger, ami personnel de plusieurs ministres anciens et actuels, candidat à l’investiture du PQ dans Mercier, M.Michaud ne peut se cacher, naïvement et sans nuance, derrière le droit du citoyen à la liberté d’expression.Une telle personnalité a le devoir de mesurer ses mots car ils ont beaucoup plus de poids que les mots de M.Tout-le-monde.L’Assemblée nationale, bien sûr, a le droit d’adopter des motions condamnant des actions ou des propos qui portent, selon elle, atteinte aux institutions, à la démocratie, aux valeurs humaines, à la société ou à une partie de celle-ci.Cependant, attention! Le recours à ce genre de motion, surtout quand elle se réfère aux propos d’un individu qui, tout en ayant un statut social important, n’occupe, dans le moment, aucune fonction publique, est à éviter.Ce recours doit être utilisé avec beaucoup de prudence, parcimonieusement et, surtout, après mûre réflexion; autrement, cela peut équivaloir à un abus, la règle étant la liberté d’opinion et non pas le droit au blâme de l’expression de cette opinion.Péquistes et libéraux, certains en moutons, d’autres en renards, se sont Il faudrait, depuis l’enfance, nous apprendre à maîtriser nos élans d’intolérance et nos peurs de tout ce qui est différent jetés dans un blâme unanime sans nécessairement avoir réfléchi à la pertinence et à la portée d’une telle motion.Qui d’entre nous aimerait être le sujet d’une semblable motion pour des propos que, tout en étant choquants et intolérants, on a légalement le droit de tenir?L’échange verbal entre le chef de l’opposition et le premier ministre à l’Assemblée nationale (14 décembre 2000) aurait pu suffire à clore le débat dans cette enceinte, les deux y dénonçant clairement les propos de M.Michaud.Une motion n’était ni nécessaire ni appropriée.I^e débat aurait pu se poursuivre ailleurs.On a créé un précédent inquiétant Au fait, pourquoi ne pas avoir, tout simplement retiré à M.Michaud sa carte de membre du PQ?J’imagine que si ses propos ont pu justifier une motion de l’Assemblée nationale, ils auraient, certainement justifié l’expulsion de son auteur des rangs du Parti québécois.Maintenant que la motion est chose du passée, disent certains, il n’y a rien quYVes Michaud puisse faire pour la faire annuler ou l’adoucir.Ceci, évidemment, disent-ils, pour toutes sortes de raisons politiques et non politiques.Ceci ne doit pas nous empêcher, quand même, d’exprimer notre indignation face à l’abus.Il se peut que cet abus ait été commis en toute bonne foi.Alors, s’il y a un représentant courageux à l’Assemblée nationale, qu’il se lève, aille au delà des raisons politiques et des raisons de parti et soumette une façon honorable de réparer.Quant à moi, une assemblée législative qui reconnaît ses erreurs, ses exagérations et ses coups fumants politically correct m’inspire confiance.Une assemblée législative qui s’y refuse obstinément me paraîtrait animée d’une intolérance aussi inacceptable que les propos d’Yves Michaud.L’arrivée de Bernard Landry Une énergie à libérer MARI O l) U M O N T Chef de l'Action démocratique du Quebec U Le grand défi économique de demain consiste à faire partager la prospérité à tous les Québécois e depart d’un premier ministre et l'arrivee d’un nouveau sont l'occasion d'évaluer ou nous en sommes comme société et d'envisager les enjeux determinants de notre avenir, les dernières années au Quebec auront vu se créer un écart de plus en plus marqué entre la société québécoise et son gouvernement L'écho du passe qui a caractérisé les récents discours de Bernard Landry et les réflexes des années 70 qui ont marqué plusieurs de ses actions économiques des dernières années nous mènent à penser que ce retard du gouvernement sur sa société risque fort de s'agrandir avec de tristes conséquences.Le nouveau chef du IX), qui devient du même coup premier ministre en raison des contorsions de notre système, ferait déjà faim au Québec un progrès s’il evi tait de creuser encore plus profondément le fossé et si son gouvernement pouvait un t;uit soit peu rattraper la société.Car notre société est prête pour un nouveau modèle de gouvernement: un gouvernement qui passerait de l'ère du contrôle à l'ère de la responsabilité, de l'ère du nivellement par It' bas à l’ère de la réussite, de l’ère des normes minimales centralisées à l’ère de la créativité et de l’innovation encouragées.D'abord, au niveau économique, le Québec n'at teint pas son plein potentiel.Certains de nos dirigeants tentent de nous résigner avec des notions ri diodes comme «l'écart historique de chômage entre le Québec et l’Ontario».Comme si cela était une fatalité! Ou pire encore, on se déresponsabilise totalement: c’est la faute du fédéral.Médiocrité! 11 faut prendre nos responsabilités et agir.le Quebec a tous les atouts de la réussite, bt population est à des lieues en avant de son gouvernement quant à sa conscience des conditions de réussite économique qui permettraient à tous les Québécois de participer à l’activité économique et d’améliorer leur qualité de vie.[.) Le gouvernement omniprésent, le gouvernement partout, les taxes et les impôts trop élevés, la réglementation à outrance, les délais bureaucratiques et les complications au démarrage d’entreprises, voilà autant d’obstacles qu'il faut réduire, sinon éliminer.Ix* gouvernement doit revenir à ses priorités de base, par exemple l'éducation, la santé, l’aide à la famille ou la justice.En matière économique, il doit agir comme arbitre juste et éclairé, non plus comme un joueur/entrepreneur qui dispose aussi d’un sifflet d'arbitre et qui se donne ainsi le pouvoir d’engraisser comme d'égorger des entrepreneurs privés selon l’humeur du prince.Le grand défi économique de demain consiste à faire partager la prospérité à tous les Québécois.Depuis une décennie, l’Amérique du Nord connaît une croissance économique soutenue.Or le Québec possède toujours un taux de chômage et un taux de pauvreté qui le situent parmi les leaders de ce palmarès ix‘u glorieux.Le Parti québécois, en plus de six ans de-gouvernement, n’a pas su prendre les mesures nécessaires et les discours de son nouveau chef n'annoncent rien d’autre qu’un retour à des chicanes du passé.La société québécoise a aussi pris bien conscience de l’enjeu générationnel, du vieillissement de la population et de l’héritage qui sera laissé à ceux qui nous suivront.Là-dessus aussi, le gouvernement est loin derrière.I.a dette publique constitue un très lourd héritage qui est laissé aux générations à venir.Non seulement cette dette amène-t-elle un fardeau important, car les seuls paiements d’intérêts grugent une partie importante du budget annuel du gouvernement mais elle constitue un handicap majeur qui nuira fortement alors que des pressions de plus en plus grandes se feront sentir en faveur de soins de santé et de services sociaux accrus.[.,.] Sur un autre front, le déficit démocratique s’accroît aussi.Alors que la population dispose de moyens d’information de plus en plus grands, qui lui permettent de prendre conscience instantanément des grands enjeux, notre système «démocratique» apparaît de plus en plus inefficace et débranché des réalités.Pourtant, le Parti québécois se comporte comme si la situation était au beau fixe depuis le départ de René Ijévesque, la porte au progrès démocratique est fermée.Lorsqu’on parle de réforme électorale, ce n’est pas pour donner plus de pouvoir aux citoyens ou pour leur assurer une meilleure représentation, mais pour améliorer le sort des partis politiques qui sont déjà trop forts.Or la situation est tout autre.Nous vivons toujours dans un système électoral qui serait considéré comme archaïque dans la majorité des pays du monde, un système où le premier ministre peut a sa guise jouer avec la date des élections et où il existe une importante distorsion entre la volonté des électeurs et la répartition des sièges a l’Assemblée nationale, les règles mêmes de cette assemblée sont à revoir car la rigidité de la ligne de parti place l’intérêt partisan bien au-dessus de celui des citoyens.[.] Par-dessus tout, l’omniprésence de la question nationale dans le paysage politique québécois et surtout la stérilité des débats à ce sujet contribuent aussi grandement à creuser l’écart entre ce gouvernement et le monde.D’une part, le Parti québécois ne peut se pencher sur ces questions que dans un mode de nostalgie et de mélancolie alors que, d’autre part, le Parti libéral n’a pas les mains libres face au grand frère fédéral.Les citoyens en ont assez de l’incapacité de leur gouvernement à définir une démarche de renforcement du Québec.(.] Le Québec est riche d'un talent énorme et d’énergies sans bornes.Plutôt que de jouer aux apprentis sorciers, que le gouvernement s’applique à libérer ce talent, à libérer cette énergie, plutôt qu’a réprimer, contrôler ou niveler par le bas.Nous nous en prêterons tellement mieux.I.,’ ÉQUIPE nu DEVOIR CA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information).Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d’Avignon (sports); Paule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, iatuis-Gilles Prancœur (environnement), Judith Lachapelle (science), Benoit Munger (responsable du site Web).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé); Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques), Martin Duclos et Christine Dumazet [relecteun)'.Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes) ;à l’information culturelle Michel Bélair {responsable).Stéphane Baillargeon 'théâtre), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma); à l’information économique (iérard Bérubé adjoint au directeur de l'information).Hélene Baril.Claude Lévesque.Claude Turcotte; à l'information internationale Jean Pierre Legault, Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique : Hélene Buzzetti.Manon Cornellier nrrespondantes parlementaires à Ottawa).François Cardinal.Mario Cloutier et Robert Du tri sac {correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Ijévesque ; MarieHelene Alane (secrétaire a la rédactûm) ; I ou ise-Maude Rkxuc Soucy, Marie-Claude Petit (commis).\m documentation : Gilles Paré (directeur) , Brigitte Arsenault Manon Derome.Serge Laplante Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ ET IJv MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy.Manon Bouchard.Gyslaine Côté.Marlene Côté.Anouk Hurbutt Dominique lariviere, Christiane logauh, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet.Chanta) Rainville, Micheline Ruelland.(publicitaires), Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Berube (secrétaire) IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bedard, Michel Bernatchez.Philippe Borne.Johanne Brunet Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Marie-José** Hudon.Yanick Martel.Olivier Zuida PROMOTION ET TIRAGE.Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélene Gervais.Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique L’Heureux.Lise I^achapelle.Rachelle Leclerc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Olivier Lachambre (contrôleur) Lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle Laper riere, Caroline Perrier.Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). A I I I.K I) K V (I I K .I.E S S A SI EDI 3 ET I) I M A N < H E i M A H S > I» 0 I radio chaîne culturelle Radio-Canada Huguette Oligny se dévoile à la Chaîne culturelle.Détails en page 8 de U genda du Devoir « LE DEVOIR * l iberté revue littéraire http://revueliberte.iquebec.coni NAPSTER SUITE DE LA PAGE 1 il déclaré.Selon Boies, Napster commencera par bloquer l’accès à environ un million de titres proté-gés pendant ce week-end.Ces arguments n’ont pas impressionné les avocats de la Recording Industry Association of America (RIAA), qui voient la une manœuvre qui permettrait à Napster de gagner un peu de temps pour trouver une solution technique à ses ennuis judiciaires.Russell Frackman, l’avocat représentant l’industrie du disque, a donc exhorté la juge Patel à ne pas reporter la publication de son ordonnance.De plus, l’industrie du disque s’est offusquée d’avoir à fournir a Napster des listes d’artistes et de titres de chansons pour permettre l’installation de ce filtre.Il est de la responsabilité de Napster et non des éditeurs d’identifier et de bloquer les échanges de musique violant la propriété intellectuelle, soutiennent-ils.«Napster a obligation de policer de lui-même son système», a déclaré Russell Frackman.Les maisons de disques ne sont pas obligées «de dépenser énormément de temps et d'argent» pour donner à Napster ces listes, a-t-il ajouté.Au terme de ces deux heures d’exposés, la juge a annoncé qu’elle allait rédiger son ordonnance mais n’a donné aucune indication sur la date à laquelle elle pourrait rendre son jugement.Certains observateurs croient que cette décision fort attendue pourrait n’étre annoncée que dans une semaine.Les internautes, de toute façon, ont préféré ne pas attendre: les échanges de chansons vont à fond de train depuis hier matin, enregistrant des niveaux records.Napster, dont les services sont pour l’instant gratuits, compte plus de 60 millions d’utilisateurs, qui échangent des enregistrements musicaux au format MP3, lequel permet de transposer le contenu des CD sur de petits fichiers informatiques.Les utilisateurs de Napster n’ont qu’à indiquer le titre de la chanson recherchée.Le logiciel regarde si ce titre est disponible sur l’ordinateur d’un autre utilisateur et le transfère alors vers celui du demandeur.Du plomb dans l’aile En première instance, le 26 juillet 2000, le même juge avait ordonné à Napster de stopper tous les échanges de musique protégée par les droits d’auteur.Cette décision est bloquée depuis par une procédure d’appel engagée par Napster.Le 12 février dernier, la Cour d’appel de San Francisco a toutefois abondé dans le sens du juge Patel en estimant que le célèbre site californien «encourage ses utilisateurs à violer les droits d'auteur des maisons de disques».Elle a toutefois demandé au juge de revoir sa copie, estimant que les maisons de disques devaient au préalable informer Napster des titres protégés par les droits d’auteur qui sont échangés sur son site afin qu’il puisse en bloquer l’échange.La décision du juge, quelle qu’elle soit, restreindra l’activité de Napster.Reste à savoir s’il pourra continuer à fonctionner avec beaucoup de plomb dans l’aile ou s’il sera purement et simplement paralysé.Pour tenter de sortir de l’impasse, Napster essaie en vain de négocier un règlement à l’amiable, qui mettrait fin à un procès de plus en plus suicidaire.Le site propose aux grandes maisons de disques de leur payer 200 millions de dollars de droits d’auteur par an pendant cinq ans et d'instaurer parallèlement un système d’abonnement poyr les utilisateurs.A l'exception de Bertelsmann Music (BMG), qui s’est allié à l’automne 2000 à Napster, toutes les majors font pour l’instant la sourde oreille.Jean-Marie Messier, le patron de Vivendi Universal, a même clairement rejeté l’offre, estimant qu’elle était trop à l’avantage de Napster et que ce dernier n’avait pas à bénéficier d’un quelconque traitement de faveur, quelle que soit sa popularité.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, (> étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 ai cournei re L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur action @ iedevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel petitesamionces@ledevoir.com Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publie du lundi au samedi par le Devoir Inc dont le siège social est situe au 2050, rue De Bleury, 9" otage.Montreal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Québécor St Jean.800.boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint Jacques Ouest.Montréal L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans /r Devoir.Ij Detvir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc , D00.boulevard Saint Martin Ouest, laval Knvoi de publication - Enregistrement n 0858 Dépût legal Bibliothèque nationale du Quebec COLBERT «C'est un émotif», il est «bouillant», «fougueux», dit-on de lui.«Quand il frappe, il veut tuer.» SUITE DE LA PAGE 1 ne sont pas légion.Ce sont des irréductibles qui défendent -une grande cause», qui, aussi, se prêtent appui.Jeune avocat de campagne à Joliette et candidat du PQ en 1970 et 1973, Bernard Landry et son épouse Lorraine Laporte, avec leurs trois enfants, tirent le diable par la queue.Un médecin, ardent indépendantiste, les aidera donc financièrement pendant quelque temps.Né à Saint-Jacques-de-Montcalm, un village à proximité de Joliette, Bernard Landry aura 64 ans vendredi.U est fils unique mais ses parents ont adopté deux filles.Pour payer ses études, il s’enrôle comme cadet dans l’armée et devient officier de réserve dans l’infanterie.Bernard Landry en conserve une foule d’anecdotes sur l’usage du français dans l’armée canadienne.Yves Duhaime, qui a fait un passage dans l’armée, pour les mêmes raisons, au sein d’un autre régiment, a croisé le jeune Landry à cet époque.«On ne prenait pas l’armée très au sérieux.On n’avait pas un rond et on n’avait pas d’ouvrage.On serait allés dans l'armée allemande ou américaine s'il avait fallu.» Leader étudiant à l’Université de Montréal, où il obtiendra une licence en droit, Bernard Landry se fait remarquer par René Lévesque, alors ministre des Ressources natureDes.Au ministère à partir de 1963, le jeune homme travaille aux côtés d’André Marier, le véritable père de la nationalisation de l’électricité, et de Michel Bélanger, «deux grands économistes», dit-il.Suivant les conseils de Marier et de Lévesque, Bernard Landry va étudier l’économie et les finances à l’Institut d’études politiques de l’Université de Paris de 1965 à 1967.C’est là qu’il fait plus ample connaissance avec Yves Duhaime, qui étudiait en relations internationales à la même institution, et avec deux autres futurs ministres du gouvernement Lévesque, Pierre Marois, qu'il avait côtoyé au sein des associations étudiantes, et Jacques Léonard.Bernard Utndry dit de lui-même qu’il est l’homme d’une seule cause, la souveraineté.Mais c’est inexact De ses années d’études à Paris, il revient avec une autre conviction, de nature économique celle-là 1967, c’était dix ans après la signature du traité de Rome, à l’origine du marché commun européen.Le jeune mandarin est impressionné par la croissance économique suscitée par l’ouverture des frontières, surtout en Italie, mais aussi en France et en Allemagne.Son credo: la création de la richesse passe par la liberté économique, au Québec comme ailleurs.Battu à deux reprises en 1970 et en 1973 dans Joliette, il çst élu dans Fabre en 1976.Il devient ministre d'Etat au Développement économique.Avec Parizeau, Duhaime, Garon et Bérubé, Bernard Landry formule les grandes orientations de l’économie québécoise qui, à la fin des années 70 et jusqu’en 1983, connaît de sérieux ratés.Deux énoncés — Bâtir le Québec et Le Virage économique — mettent l’accent sur les exportations et tracent la voie de la conversion industrielle du Québec.Dans les années 70, au PQ, un parti dont les préoccupations touchent avant tout la culture, la langue et les mesures sociales, Bernard Landry est une bête étrange qui parle d’ouverture des marchés avant tout le monde, alors que les «ceintures fléchées» brandissent «l’achat chez nous».Mais landry, comme les autres ministres économiques du gouvernement pé-quiste, sait que cette ouverture sur le marché naturel des Etats-Unis est une façon pour le Québec de sortir de l’axe est-ouest et du carcan fédéral canadien, rappelle Yves Duhaime.René Lévesque reprochait parfois a Bernard Landry de vouloir aller trop vite, d’être trop ambitieux, souligne Pierre Godin, journaliste et biographe de Lévesque.En 1984, Landry s’était empressé de dire qu’il se sentait capable de devenir premier ministre au moment où Lévesque était toujours en seüe.D voulait damer le pion à son rival, Pierre Marc Johnson.Un an plus tard, il subissait une dure humiliation, se retirant de la course au leadership du PQ avant la fin tandis que les sondages le plaçaient très loin derrière Johnson, même derrière Pauline Marois, ce qui ne devait pas empêcher, plus tard, de se présenter au côté de Pierre Marc Johnson.Battu en décembre 1985, Bernard Landry enseignera à l'École de gestion de l’UQAM.A 45 ans, il apprend l’espagnol et devient professeur invité au Mexique, en France et en Afrique.En 1987, le professeur part en croisade pour défendre le libre-échange.Contre «les nationalistes», dit-il aujourd’hui.Infatigable, il prononce une centaine de 'conférences et croise le fer lors de débats avec le syndicaliste Fernand Daoust.Bernard landry devient l’un des plus efficaces défenseurs du libre-échange.Son action n’est pas étrangère au fait que le Québec s’est montré favorable à l'Accord de libre-échange, contrairement à l’Ontario, rappelle-t-on.Ses convictions libre-échangistes n’en font pas pour autant un néolibéral, une épithète dont l’affublent les groupes de défense des plus démunis ainsi que la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Françoise David.Car landry croit à l’appropriation collective dp cette richesse par l’interventionnisme d’ÉtaL Fortement influencé par l’éconoiniste Joseph Schumpeter, qui croyait à l’avènement d’une civilisation socialiste s’appuyant sur l’innovation et l’entrepreneurship, Bernard landry a été de ceux qui ont voulu trouver une voie médiane entre un socialisme improductif et une vie économique conviviale.Mais l’homme du déficit zéro croit qu’il n’y a rien de social-démocrate dans l’obligation de «se mettre à genoux devant Wall Street».Bernard Landry, tout comme ses conseillers, est convaincu qu’il devra se refaire une image «sociale», se montrer comme un premier ministre progressiste, capable de défendre les dossiers sociaux sans toujours prendre fait et cause pour les intérêts économiques.Il sait que ses lettres de créance aux Finances et aux ministères économiques ne le dépeignent pas comme le social-démocrate, au sens européen du terme, qu’il pense être fondamentalement René Lévesque aimait le côté «bagarreur et fonceur» de Bernard landry, rappelle Pierre Godin.«Ce que j’aime, chez Landry, c'est que c’est un politicien qui va à la jugulaire», avait dit Lévesque.En ce sens, les «gros mots» du vice-premier ministre, c’est de la langue de bois comparativement aux propos de Lévesque, avance le biographe.N’empéche que Bernard landry a émaillé sa longue carrière de déclarations pas toujours judicieuses dont il s’est souvent repenti apres les avoir proférées.La derrière en lice, ce sont les chiffons rouges.Il y a deux ans, c’était que la cause souverainiste progressait inexorablement par fatalité, en raison du décès des vieux fédéralistes, une vérité politico-démographique pas nécessairement bonne à dire.Dans une autre envolée, il avait traité les fédéralistes de collabos.En 1995, dans un accès de rage, il s’en était pris à une employée d’hôtel le soir de la défaite référendaire.«C'est un émotif», il est «bouillant», «fougueux», dit-on de lui.«Quand il frappe, il veut tuer», dit sa vis-à-vis libérale, Monique Jérôme-Forget qui, en Chambre ou en commission parlementaire, n’a pas manqué de subir les assauts de la verve assassine du vice-premier ministre.«Son assurance est souvent interprétée, de l’extérieur, comme de l’arrogance.Et c’est très mauvais en politique», juge Yves Dupré, de la firme de relations publiques BBDS.Mais en privé, avec ses collègues, il est de commerce fort agréable, dit-on en chœur.Contrairement à son image, c’est un homme d’écoute, ouvert à toute nouvelle idée.S'il est un homme de convictions, un patriote et un militant, Bernard Landry n’est pas un idéologue dogmatique, soiiigne-ton.Son pragmatisme s’est exprimé dans sa capacité d’adaptation aux circonstances.Dans sa loyauté aussi.Il a été le numéro deux de chefs extrêmement différents l'un de l’autre, Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.Mais depuis 1994, Bernard Landry a patiemment étçndu son influence au sein de l’appareil d’État et des instances de toute sorte.Ses alliés sont partout: au gouvernement, au sein du parti, dans les régions, dans le monde universitaire, dans le secteur privé.Contrairement à Lucien Bouchard, que le pouvoir isolait, le nouveau président du PQ dispose d’un vaste réseau de relations, tissées inlassablement pendant 30 ans, des gens qu’il consulte quand vient le temps de prendre une décision d’importance.Dans ses rapports avec Ottawa, le prochain premier ministre entend se montrer «très franc et très direct».11 ne fera pas semblant que le Québec est une province comme les autres.Sa dernière critique de la péréquation donne le ton.Mais il ne cherchera pas systématiquement l’affrontement, assure-t-il.«Il n’est pas certain que la population ait envie d'une nouvelle chicane fédérale-provinciale sur tous les plans en même temps», prévient Yves Dupré.Les péquistes voient en Bernard Landry une personne qui va remettre la souveraineté à l’avant-scène.Homme de terrain, on vante ses qualités de pédagogue.Déjà, il a adopté le slogan «Sortir, parler, convaincre».Jean Garon a d’ailleurs lancé une pointe lapidaire au premier ministre démissionnaire: «Pour convaincre, il faut être convaincu.» Bernard Landry veut faire la démonstration que l’indépendance est nécessaire, signale son ancienne attachée de presse et amie, Andrée Corriveau.Dans ce contexte, Bernard Landry se compare à Tony Blair.Le premier ministre britannique est en faveur de l’euro, «il fait tout pour que l 'euro arrive, mais l’Angleterre n’en a pas voulu encore».Avec la souveraineté, il en sera de même pour lui.«Je ne ferai pas semblant que le Québec est souverain.» « Il n’est pas certain que la population ait envie d’une nouvelle chicane fédérale-provinciale sur tous les plans en même temps » « Son assurance est souvent interprétée, de l’extérieur, comme de l’arrogance.Et c’est très mauvais en politique.» HAREL SUITE DE LA PAGE 1 de toutes relations humaines et de toutes créations dans quelque domaine que ce soit; c’est un droit fondamental et indiscutable.Sans égalité politique et sociale, pas de discussion possible, pas de progrès, aucun espoir.Si on ne commence pas par être égaux, le monde ne sera jamais meilleur.Elle est rentrée il y a une dizaine de jours d’une mission en Afrique du Sud où elle a représenté le gouvernement québécois auprès des gens d'affaires.Elle avait tenu à voyager, aller et retour, quelque 36 heures d’avion, en classe économique.Pourquoi renoncer au moçlleux et délicieux confort d'un fauteuil de première?Égalité, mon frère.«Quand on exerce le pouvoir, il est trop facile de s’isoler.Il faut ramer dans l’autre sens.» Elle a dû faire un effort pour s'adapter à la culture matérielle du pouvoir.Avoir une voiture de fonction, un chauffeur, un garde-du-corps (le sien, quelle vouvoie, s’appelle Kathy; elle est blonde, grande et forte, et quand elle n’est pas au volant, elle lit des romans d’amour), c'est ne plus faire partie du commun des mortels.«Et moi, je tiens à rester proche des gens.» Mais il y a autre chose.«Quand on a un chauffeur, ajoute-t-efle, on marche beaucoup moins.Le résultat est indéniable: on prend du volume et poids.J'ai du travail à faire de ce côté-là.» Pour la forme, heureusement qu’il y a Tété.Louise Harel connaît aussi bien que les skiables les pistes cyclables du Québec, celles du Train du Nord, de Charlevoix, de la vallée de la Jacques-Cartier, du lac Témiscouata.Mais il n’y a pas que la forme, la sienne, il y a aussi celle de ses proches.Été comme hiver, elle se rend chaque semaine à l’hôpital Saint-Charles-Boromée voir son ex-mari, Michel Bourdon, le père de sa fille, très gravement handicapé par la sclérose en plaques.Elle l’écoute lui parler du temps où il était militant syndical, faisait du journalisme engagé, et qu'ils rêvaient tous les deux de changer le monde.Aujourd'hui, il est cloué à un fauteuil roulant, incapable d’organiser sa vie, ses pensées, son temps.Sa famille et ses amis s'occupent beaucoup de lui.Louise se charge de l’entretien de ses vêtements.Elle lui parle de sa réforme des structures municipales, de son comté où, depuis 20 ans, elle a ses habitudes, son nettoyeur, son boucher, son coiffeur.Entre deux vagues de pluie, on distingue au delà des arbres chargés de verglas la courtepointe des toits qui s’étend à perte de vue en direction du fleuve.Et louise Harel me parle des charmes de ce vieux quartier ouvrier coincé entre le port, les installations olympiques, les cours de triage.Quand elle en a hérité, en 1981, c’était l’un des endroits les plus pauvres du Canada.«Du Zola, dit-elle.H y omit de la grosse industrie lourde, mais aussi des “sweat shops" comme on en voit dans le film Dancer In The Dark.Effrayant.» En moins de dix ans, les fonderies, les chantiers, les shops ont fermé.Quelque 8000 ménages se sont retrouvés sur la paille.«On voyait des hommes dans la force de l’âge, l’âme en peine, errer en plein jour dans les rues.» 11 a fallu remuer ciel et terre, ce qu’elle semble avoir adoré faire.On a trouvé au comté (36 000 âmes) de nouvelles raisons de vivre, des outils, des moyens.Tranquillement, Maisonneuve a entrepris de se refaire.Ça se voit quand on roule dans ses rues.Beaucoup d’usines et de manufactures où, il y a peu, peinaient et suaient de vrais esclaves ont été recyclées en bureaux, en condos.- «Vous avez contribué à changer les choses, lui dis-je.- Peut-être, mais ces choses-là et ces gens-là m’ont changée aussi.C’est donnant donnant.» Il y a beaucoup d’exotisme et de bibelots dans le condo de la rue Bennett.Le long des fenêtres sont alignés des dizaines d’oiseaux sculptés dans l’os, le bois, la pierre ou la corne.Ils viennent d’Ethiopie, du Liban, du Chili, du Nunavut, du Maroc.Sur la table à café, un énorme poinsettia, don du maire Bourque.Une orchidée en fleur entre un ficus et un yucca.Sur la table ronde, le dernier Daniel Pinard, que caresse la main ministérielle.«J'adore lire des recettes, dit-elle.Dans les magazines, c’est souvent la première chose que je regarde.Et quand je voyage, j’en ramasse un peu partout.» Les voyages occupent une part importante de la vie de Louise Harel.Elle s’est constitué tout un réseau.un www d’amitiés, à Rio, à Barcelone, au Liban, où elle a connu Edmond, Palestinien né en Israël, qui partage aujourd'hui sa vie.As sont retournés l'été dernier à Beyrouth.Elle en a rapporté des souvenirs inoubliables, dont celui de cette nuit passée sur la place des Martyrs, restaurée parmi une foule en liesse qui a vu sur des écrans géants la France remporter le Mondial de soccer.Ce qui l’a émue, elle, ce n’est pas la victoire française, c'est l'amour manifesté par les Libanais à la France.Louise Harel a été jadis farouchement nationaliste et.dans sa militante jeunesse, ouvertement anglophobe.Elle a longtemps tenu un discours radical sur les questions de la langue et de la «libération nationale».Dans les années 60, pendant qu’elle faisait sa so-cio (et, plus tard, son droit) à l’Université de Montréal, elle militait dans les associations étudiantes, alors très actives.Elle a été l’une des principales organisatrices du Mouvement McGill français.«À l’époque, plutôt que de chercher des moyens de pallier nos propres déficiences, on cherchait à détruire les symboles de succès chez l'autre.C’était faire fausse route.» Elle a appris l’espagnol en Espagne et en .Amérique latine.Elle baragouine le portugais et l’italien.L'anglais, ça ne rentre toujours pas.Maigre plusieurs stages d’immersion à Lennoxville.- «Un blocage affectif?, dis-je.- Sans doute.Et je m’y suis mise trop tard, probablement.» Elle a une certitude cependant, c’est qu'il y a de la vie et de la culture en dehors de l’univers américain.C'est cela qui l’intéresse, cette autre vie, cet autre monde, cette autre humanité plus égalitaire et fraternelle.Les livres quelle achète pour Julien ou les films qu’elle l’emmène voir ne sont jamais made in USA.Elle me recommande Kirikou et la sorcière, qu’elle a vu avec Julien, un si beau film, si peu disneyien.Et elle me raconte, en riant un peu, que quelques heures après avoir vu ce film, elle s’est retrouvée dans un studio de radio où elle devait parler de son projet de réforme municipale.On lui a fait entendre les propos qu’avait tenus sur le sujet la mairesse de Sainte-Foy, la pas très reposante Andrée Boucher.Ironise Harel a vivement réagi, comparant Mme Boucher à Karaba, la méchante sorcière de Kirikou, qui a des vipères et toutes sortes de très vilaines choses qui lui sortent de la bouche.- «J’ai eu tort, avoue-t-elle.Politiquement, c’était une erreur.Il ne faut jamais faire de colère quand on a le pouvoir.La colère est un aveu d’impuissance.C’est céder le pouvoir à l'autre.- Mais Lucien Bouchard!», m'exclamai-je.Elle a haussé les épaules avec un sourire qui voulait peut-être dire: justement, il est parti parce qu'il considérait qu'il n'avait pas le pouvoir, en tout cas pas celui qu’il voulait avoir.Mais la voix disait plutôt «C’est un grand homme, un ami.Il nous a tous marqués.» Nous étions dans un petit restaurant (une succursale bancaire recyclée, je crois) du boulevard Pie-lX, juste en face de la fameuse radio communautaire CIBL Je parlais à la ministre de ses atouts.Ce sourire d’abord, désarmant, dans lequel il y a de la candeur, de la force.Ce regard, noir et franc.Et surtout cette voix, ce ton d’une douceur et d’un calme presque intolérables.«Moi, ça me rendrait fou si j’avais à négocier ou à discuter avec vous.» Elle me sort les trois en même temps, le sourire, le regard et la voix qui me parle des sportifs plaisirs du pouvoir et de la politique.Et du prix à payer, parfois: la solitude.«La politique, c’est un jeu.Mais il faut connaître les règles.C’est un jeu de stratégie.Et de vitesse.Beaucoup de vitesse.Comme dans tous les jeux.Comme dans tous les sports.» Tout ça pour dire que dans l'application de sa réforme municipale, elle n’a pas l’intention de «niaiser avec la puek», ni de reculer, ni de baisser les bras.Jamais.- «Les hommes et les femmes passent: les structures restent.Un jour, je vais retourner dans l’anonymat; la réforme sera faite, le monde aura changé.Pour le mieux, j'en suis certaine.- Vous allez laisser votre nom à cette réforme.Et il y aura sans doute une rue Dmise-Harel un jour, quelque part.- [aimerais quand même mieux une école», a dit la voix.
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