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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-03-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE I M A R S 2 O O I LE DEVOIR société Journée internationale des femmes Madeleine Gagnon Pour l'auteur de Les Femmes et la Guerre, sur notre planète, la pollution des cœurs et des esprits est aussi grande que celle de l'air et des eaux.Il suffit de voyager un peu partout.Au moins, de voyager dans nos têtes et dans nos livres.Page 3 *jr VfjjH Mondialisation Au modèle economique s’opposent les propos des femmes du monde Universitaires, chercheuses, membres d'organisations non gouvernementales, ces femmes s'interrogent par rapport au nébuleux processus de mondialisation.Le pour et le contre.Page 10 mm \ a-cv wïmm ' / tJÊQ jteî?&v k commue Elles foni cette année moins les manchettes.Après les coups d’éclat de cette marche mondiale qui s’est terminée à New York, en octobre der nier, devant l’édifice des Nations unies, c’est comme si elles s’etaient tues, voire essoufflées.A l’occasion, des declarations |shii souligner des injustices flagrantes, mais aucun geste dont le résultat aurait pour effet de les propulser au devant de la scène.!/' thème même de la Journée québécoise des femmes accorde [dus d’importance a un outil qu’au contenu des messages qu’il peut ou pourrait transmettre.«Cliquons sur nos pouvoirs» parle plus d’une manière de faire que de l’urgence d'interventions |x>ssibles.Pourtant, Elle est ministre, elle est une femme de iwuvoir et elle en demande encore plus.«Plus la masse critique et le nombre de femmes impliquées et présentes dans les postes de décisions sera important, plus les preoccupations des femmes seront considérées.Sur le plan démographique, nous représentons déjà plus de 50 % de la population.Nous avons les compétences et les qualifications pour nous retrouver aux endroits oti les decisions se prennent et où nous sommes susceptibles d’influencer les choses.H suffit de sc situe» Elle fut l'instigatrice de cette marche dont les résultats furent, a l’échelle planétaire, spectaculaires.Elle en dresse un bilan ou ne se retrouve plus l'enthousiasme qui précédait et animait l'événement.Au moins 40 000femmes ont marché.Pourtant, les gains sont assez minimes en matière de violence faite aux femmes.Iss centres d'aide pour femmes victimes d’agression sexuelle ont bien eu des augmentations de budget consistantes; les maisons d'hébergement, de petites augmentations: et lés centres de femmes, rien.Is gouvernement a également accepté de, poursuivre la campagne de sensibilisation.Mais en matière de pauvreté, il n ’y a eu pour ainsi dire aucun gain.Elle se bat pour l'amélioration de la condition féminine et ses propos décrivent une situation où rien, pour les femmes, ne serait encore acquis, tout res- tant a faire.¦Toute la planification et l’organisation de la maison est encore le lot des femmes, qu’elles travaillent à temps plein ou a temps partiel.Ixi conciliation travail fa mille est au cœur des préoccupations des femmes.Nous sommes à l'heure ou il faut se donner les outils pour la rendre possible.» Trois femmes, un même ixrint de vue.Pour Linda Goupil, ministre québécoise de la Justice et responsable de la Condition féminine, |xmr Françoise David, présidente de la Federation des femmes du Québec, pour I liane Lavallée, prési-dentedu Conseil du statut de la femme, si le combat demeure à être mené, il est devenu un fait de patience, démocratique, ou les avancées s»1 font par des legislations qui débordent le seul monde des femmes «d rejoignent tous les membres de la société.Quand il est question, comme cela a toujours été le cas pour la lutte des femmes, de justice sociale, il ne peut y avoir d’exclusion, de gains réalisés aux dépens d'autres membres de la communauté.' Pourtant.À voir d’ailleurs ce qui se passe ici, à évaluer les acquis en regard des sociétés et des continents (jue des phallocrates dirigent, il y aurait matière à se dire que, dans un monde vu au féminin, tout est vraiment, là, encore à faire.Pour Madeleine ( lagnon, dont le recent les Femmes et lu Guerre parle du triste destin de millions de femmes, «il suffit de voyager un peu partout dans le monde pour prendre la mesure île la chance que nous avons, nous, femmes d’Amérique du Nord et du Québec».Et de rap|x 1er comment au Quebec la Révolution tranquille et le mouvement de liberation des femmes on! etc le fait d’un mêmecombat.Au temps de la mondialisation, a la veille du Sommet des Amériques, les femmes québécoises savent déjà que leur lutte dépasse les frontières.Dans cette lutte continue, l’expérience québécoise servira à d’autres.Aux Québécoises de le leur dire.Normand Thériairil PAROLES Linda Goupil Ministre de la Justice Page 2 Diane Lavallée David Cliche Françoise David Présidente du Conseil du statut de la femme Page 4 Ministre délégué a l'Autoroute de Tin-formation Page 7 Présidente de la Fédération des femmes du Québec Page 8 COMBATS Condition féminine Page 6 Le StudioXX Page 7 Jeunes femmes Page 8 Équité salariale Page 9 IL EST TEMPS DE PARLER DE DÉFICIT ZÉRO POUR LES FEMMES.PARLER D’ÉQUITÉ SALARIALE ET DE JUSTICE, C’EST PAS MAL MOINS A LA MODE QUE DE PARLER DE DÉFICIT ZÉRO ET DE BAISSES D’IMPÔTS.POURTANT, NOUS LE DEVONS AUX FEMMES PARCE QU’ELLES CONTRIBUENT ACTIVEMENT A LA CRÉATION DE NOTRE RICHESSE COLLECTIVE.LES MEMBRES DE LA CSQ SE SONT TOUJOURS BATTUS POUR DE MEILLEURES CONDITIONS DE TRAVAIL ET FAVORISER LÉGALITÉ ENTRE LES SEXES PARCE QU’ILS ONT TOUJOURS CRU QU’ULTIMEMENT TOUTE LA SOCIÉTÉ EN PROFITERAIT DÉFENDRE LES VRAIES VALEURS.Ccntrdc des syndicats du Québec CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR LE DEVOIR.LES S A M E Ü I 3 ET DI M A X (HE T M A R S > ü O I JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES Une entrevue avec Linda Goupil Le pouvoir et les femmes Beaucoup reste à faire «Nous avons les compétences et les qualifications pour nous retrouver aux endroits où les décisions se prennent et où nous sommes susceptibles d’influencer les choses.Il suffit de se situer.» Le message de la ministre de la Justice et ministre responsable de la Condition féminine ne saurait être plus clair! GUYLAIN E BOUCHER Avec un conseil des ministres composé à 30 % de femmes, une toute nouvelle loi sur l’équité salariale et une Marche mondiale des femmes qui a rallié plusieurs dizaines de milliers de participantes un peu partout dans le monde, le pouvoir des femmes québécoises se porte plutôt bien, selon la ministre de la Justice et ministre responsable de la Condition féminine, Linda Goupil.Des gains tous aussi significatifs les uns que les autres, mais qui marquent surtout, à son avis, le chemin à suivre pour l’avenir et l'obligation d’aller encore plus loin.Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis l’attribution du droit de vote aux femmes en 1940 et l’arrivée de Claire Kirk-land-Casgrain comme première députée élue à l’Assemblée nationale en 1961.Résultat: les femmes sont de plus en plus nombreuses à occuper des postes clés, non seulement dans l’arène politique, mais aussi dans les sphères de la haute fonction publique.Concrètement, alors quelles occupaient à peine 21,8 % des postes de direction dans les ministères et organismes publics en 1995, les femmes représentent aujourd’hui 36,8 % des employés du secteur.Une percée importante qui cache toutefois une situation un peu plus sombre au niveau de l’aile parlementaire puisque, malgré la progression des dernières années, l’Assemblée nationale ne compte encore que 29 femmes sur 125 députés au total.Un retard, plusieurs facteurs Un retard que Linda Goupil attribue à plusieurs facteurs, le premier étant la situation bien particulière des femmes, notamment au plan social et économique, «U y a une réalité dans notre société qui fait qu'une famille sur deux connaît une rupture et que, conséquemment, un peu plus de 70 % des femmes ayant vécu une séparation ou un divorce sont des chefs de famille monoparentale.Si dans la vie, on doit assumer seule la responsabilité des enfants tout en travaillant, il ne reste plus tellement de temps le soir pour s’engager dans des organisations où il est possible d’acquérir de l’expérience, où on peut apprendre à se faire confiance et à mesurer sa capacité à convaincre les autres.Or, pour en arriver au niveau de député, il faut au préalable avoir franchi différents échelons, faire partie de réseaux structurés, etc.C’est une étape que beaucoup de femmes n’ont tout simplement pas le loisir de franchir de par leur situation.» Une situation que l’image peu reluisante entretenue à l’égard des politiciens contribue à assombrir encore davantage, selon la ministre.C’est que, explique-t-elle, «à cause des critiques et de la perception négative dont souffrent les politiciens, il est parfois peu tentant de s’engager.Pourtant, précise-t-elle, représenter les gens, être choisi par eux pour défendre leurs intérêts est, non seulement un métier noble, mais aussi passionnant».Enfin, même s’il est de plus en plus solide, le réseau des femmes en politique est tout de même beaucoup plus jeune que celui sur lequel les hommes peuvent compter.Un détail en apparence, mais qui peut peser lourd dans la balance quand vient le temps de faire le saut, selon linda Goupil.La force du nombre Si elle concède que certains obstacles demeurent sur la route, la ministre responsable de la Condition féminine insiste tout de même beaucoup sur le pouvoir qu’ont déjà les femmes dans l’appareil gouvernemental.Ainsi, à son avis, «certains acquis du passé ont permis de démontrer, hors de tout doute, que les femmes ont une influence certaine sur les législations et sur la société».Poussant plus loin sa réflexion, elle affirme même que «s’il n’y avait pas eu tant de femmes en poste d’influence, certaines décisions n’auraient tout simplement pas été prises par le passé».C’est le cas notamment, selon elle, de la loi sur l’équité salariale, rendue possible «par le travail organisé des réseaux de femmes et par les alliances qu’ils ont établi avec les femmes qui occupaient des postes de pouvoir.» Un exemple concret auquel peuvent, selon elle, s’ajouter toutes les énergies déployées par les «outils particuliers» que sont le Conseil du statut de la femme et le Secrétariat à la condition féminine.Organismes chiens de garde, ils ont, soutient la ministre, fait «énormément pour la prise en compte des réalités des femmes».Un poids politique qui ne pourra, à son avis, qu’aller en s’accentuant.«Plus la masse critique et le nombre de femmes impliquées et présentes dans les postes de décisions sera important, plus les préoccupations des femmes seront considérées.Au plan démographique, nous représentons déjà plus de 50 % de la population.Nous avons les compétences et les qualifications pour -— SOURCE MINISTÈRE DE LA JUSTICE Linda Goupil, ministre de la Justice et ministre responsable de la Condition féminine.nous retrouver aux endroits où les décisions se prennent et où nous sommes susceptibles d’influencer les choses.Il suffit de se situer.» Une présence à tous les paliers En matière de positionnement, la ministre de la Condition féminine insiste d’ailleurs sur l’importance d’investir toutes les sphères de pouvoir, le niveau municipal inclus.«La réorganisation municipale que nous avons entreprise nous a encore une fois permis de constater que les femmes sont très peu nombreuses à occuper des sièges dans les villes et municipalités, fl faut remédier à cette situation, d’autant plus qu’avec la décentralisation majeure que le gouvernement a entrepris à l’égard des villes ou encore des conseils locaux de développement, les débats menés à l’échelle locale seront de plus en plus importants et significatifs.Nous devons nous y inscrire en tant que femmes.» Conviant les Québécoises à prendre leur place, Linda Goupil confesse d’ailleurs sentir un «grand intérêt pour la chose publique dans les rangs des femmes que je côtoie chaque jour.Nous sortons d’une époque encore toute récente où les femmes étaient davantage en charge de la sphère privée de la vie.Elles occupaient donc des postes qui étaient moins apparents et n’avaient pas nécessairement de reconnaissance publique pour leur engagement Elles ont aujourd’hui un pouvoir de plus en plus incontournable.Il faut donner un grand coup de bar re.Les inciter à s’impliquer, les informer, leur indiquer clairement qu’elles doivent être présentes et les soutenir en ce sens.» Quant à savoir si un tel discours n’aurait pas dû mener la ministre à soutenir sa collègue Pauline Ma-rois dans la course à la chefferie du Parti québécois, la principale intéressée se fait on ne peut plus claire sur la question.«L'annonce du départ de Monsieur Bouchard nous a tous pris par surprise.Quand mes collègues Landry et Marais m’ont tour à tour consultée, je ne me sentais pas capable de trancher pour l’un ou pour l’autre.J’ai établi certains critères, dont les intérêts collectifs, les intérêts du parti et j’ai choisi de me référer à mon monde sur le terrain, aux gens de mon comté.Dans le contexte actuel, ça allait de soi que ce soit Monsieur Landry.Il était vice-premier ministre et il fallait continuer à gouverner J'ai fais ma démarche en toute transparence et ma franchise a été appréciée de tous.Quant à ma relation avec Madame Ma-rois, elle ne s’est jamais posée en terme de solidarité féminine.Après tout, personne ne demande aux hommes d’être solidaires pour être solidaires.Pourquoi ce serait différent pour nous?La chose à faire était de se demander qui était le mieux placé pour continuer de gouverner et pour mener à terme le projet politique qui est le nôtre, soit celui de la souveraineté du Québec.C’est ce que nous avons tous fait et il n’y a aucune animosité autour de cette question.» N?temmes V a ^ -— a«BS8Sfl« * Internet, c’est le pouvoir de prendre sa vie en main.Et de répondre à toutes les questions.• Comment lancer mon entreprise ?• Est-ce que je planifie un voyage en Europe ou en Asie ?• Le hockey, ça finit quand ?Y J Tout.Simplement.Internet.Pour les femmes.www.autoroute.gouv.qc.ca Québed/c Québec « I LK DEVOIR, LES SAMEDI E T D I M A \ i II E 1 MAR S O O I K ;i JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES T É M O I G N A G E Hors du jardin paisible La révolution des femmes, ici et là-bas JACQUES GRENIER LE DEVOIR i2S é Sur notre planète, la pollution des cœurs et des esprits est aussi grande que celle de l’air et des eaux.Il suffit de voyager un peu partout.Au moins, de voyager dans nos têtes et dans nos livres.MADELEINE GAGNON Il suffit de voyager un peu partout dans le monde pour prendre la mesure de la chance que nous avons, nous, femmes d'Amérique du Nord et du Québec.Je dis «chance», mais n'est-ce pas plutôt le résultat d'un patient travail entrepris par les femmes et les honunes, conjointement si je puis dire, en tout cas au Québec cela me semble évident, depuis la première révolution tranquille jusqu’à la seconde, celle du féminisme, car l’une est imbriquée à l’autre, toutes deux se sont accomplies dans la même foulée, même visée de remises en question fondamentales, sans violences belliqueuses.H suffit de sortir un peu de son jardin paisible pour comprendre les immenses bienfaits dont nous jouissons chez nous en regard des relations entre les hommes et les femmes de notre société.Je sais bien, il reste des problèmes à résoudre, plus particulièrement celui de la violence conjugale, sexuelle et souvent meurtrière, à l’encontre des femmes, de même que celui de la pauvreté statistiquement plus grande pour les femmes que pour les hommes.Ces deux problèmes nous ont été démontrés, preuves à l’appui, lors de la préparation de la Marche mondiale des femmes, en octobre dernier, par toutes ces femmes et ces hommes qui s’y sont engagés.Nous n’avons plus le droit de ne pas savoir.Et de ne pas remédier à ces injustices criantes.Ces jeunes hommes qui sont nos enfants Dans notre paisible jardin, portons aussi une attention spéciale du côté des jeunes hommes, qui sont nos enfants: ils se donnent la mort, plus que partout ailleurs en Occident Ils font partie du même groupe d’âge, les 18-35 ans, que ceux qui déversent ad nauseam leurs farces plates sur les scènes comiques.On a dit, je l’ai souvent entendu, que leur désarroi viendrait en droite ligne du féminisme.Contrarions cette facile raison.Il est trop aisé de mettre sur le dos des femmes un procès de libération qui leur a coûté des années de leur existentielle survie.Il appartient maintenant aux garçons, avec notre appui le plus vital, de se poser leurs propres questions après les chamboulements des relations inter- et intrasexuelles: D’où je viens?Où vis-je?Où vais-je?L’étude sérieuse de ces itinéraires en Madeleine Gagnon est le prix à payer.Et l’issue, leur propre liberté.Mais tout de même, face à l’état catastrophique des relations entre hommes et femmes un peu partout sur la planète, à considérer le sort qui est nôtre, on a le droit d’en tirer un juste sentiment de contentement Droit de contentement bien sûr, mais qui ne devrait en rien atténuer le devoir de connaissance de ce qui se passe ailleurs sous des deux plus sombres et ce devoir devrait nous conduire inéluctablement à quelque désir d’engagement pour qu’en ce domaine Tes choses bougent, changent et que soient trouvés certains remèdes aux maux qui frappent, en plusieurs pays, la moitié féminine de leurs citoyens.Cet engagement peut prendre la forme d’études géo-politiques ou sodales ou ethnopsychologiques qui nourriront les nombreuses missions humanitaires à l’œuvre dans le monde.Etudes littéraires aussi, de textes religieux ou de mythologies comparées.Ou encore poétiques, soit par la musique ou la peinture ou l’écriture, à condition de bien comprendre que le poétique n’est pas une décoration habillant les ruines de pierres et d’âmes, mais une voie de connaissance pour naître avec le monde, par la lucidité tissée à la beauté, là et ici.Pour que renaissent de leurs cendres, quand les mondes se brisent et se déchirent, d'autres formes de vie.La double révolution Durant la première révolution tranquille, nous avons œuvré, au Québec, aux remises en question primordiales des relations entre citoyens et pouvoirs étatiques et religieux.Le slogan «Maîtres chez nous» de «l'équipe du tonnerre» visait le premier pouvoir, celui de l’Etat dont découla plus tard la fierté nationaliste et, plus tard encore, la revendication autonomiste.Quant au pouvoir religieux, parce qu'il avait pris, au fil des années, une autorité trop grande sur le corps social dans son ensemble et qu'il s’était arrogé, ainsi que dans toutes les sociétés intégristes ou fondamentalistes, un droit de regard sur les modes de pensée et d’agir des citoyens, jusque «dans les chambres à coucher de la nation», il se vit presque du jour au lendemain détrôné: ses icônes fracassées, ses dogmes déchirés, ipais sous le mode symbolique.Et l'État des citoyens devint laïque.La seconde révolution tranquille, au Québec, naquit sur les sentiers qu’avait ouverts la première.Et ce sont les femmes, avec quelques hommes, qui la firent.Comme nous avions, au cours des deux décennies antérieures, fait le procès des pouvoirs autoritaires aliénants, d’un même mouvement et d’un même souffle, ouverts aux bouleversements culturo-sexuels des autres pays d’Occident, nous avons voulu balayer cet autre pouvoir avilissant, celui qui assujettissait les femmes aux hommes, sur toutes les scènes: économiques, politiques, culturelles.Et donc sexuelles, puisqu’un sexe était, par l’autre, dominé.Il n’est pas vain de répéter ces évidences nourries de travaux, qu’en ces annees-là.nous entreprimes.Je rencontre parfois des jeunes pour qui nos luttes semblent d’eternels acquis.Si les femmes n'ont obtenu qu'à la mi-vingtième siècle le droit de vote, et celui des etudes supérieures, ce lut le résultat d’épiques combats, sous La risee le plus souvent des mâles au pouvoir.Après des siècles de «travaux de daines», les seuls autorises, nous sommes justifiés de nous remémorer, de temps en temps, les belles victoKs.toutes récentes au regard de la longue histoire.Parmi celles-ci, la liberation de nos vies sexuelles n'est pas des moindres, la contraception accessible.le choix libre du partenaire amoureux et de l'orientation sexuelle sont autant de terreaux où le sujet peut faire germer le désir de vivre et d’apprendre et goûter aux plaisirs du corps et de l’esprit.11 n’est pas vain non plus de souligner que le mouvement gay, grâce auquel des hommes peuvent enfin vivre en plein jour une homosexualité consentie, choisie et non pénalisée, prend sa source dans le mouvement féministe d’hier grâce à celles qui s’appelaient les «les biennes radicales» et qui n’avaient d’excessifs que leurs cris publics, scandés à outrance, mais on peut maintenant les comprendre tant la double oppression sur elles avait été virulente.Ijes pornocrates qui se disent guerriers Munis au Québec de ces libertés nouvelles depuis nos deux révolutions, servons-nous de ces «outils nuptiaux» (René Char) pour mieux comprendre Le Chant de la terre quand celui-ci se fait lugubre Requiem dans les contrées où le champ des larmes des femmes ressemble à un océan de malheurs.Sachons que le viol des femmes est une arme de guerre systématiquement employée par des pornocrates qui se disent guerriers, tout code d’honneur enfoui sous leur fusil charnel.Mais au moins, et cela est dû en grande partie aux études féministes depuis la décennie 70, les Nations Unies, sous la pression aussi du Tribunal Pénal International’, viennent tout juste de reconnaître les viols de masse «crimes contre l’humanité».Comprenons également qu’en Afghanistan, aujourd’hui, les «Fous de Dieu» et maîtres des lieux, les Talibans, interdisent aux femmes le droit au travail extérieur et aux études, du primaire à l’université.Que dans les pays intégristes (musulmans surtout, mais aussi hindouistes et bouddhistes), les «meurtres d’honneur» existent encore qui permettent aux hommes (maris, pères, fils, etc.), en toute impunité, de tuer les femmes, ou les homosexuels, pour adultère, ou amour libre, fornication et autres «perversités».Et encore! Sur le continent africain, 40 millions de femmes, chaque année, subissent tit's mutilations sexuelles (ablation du clitoris, suture des lèvres, etc.).Finie pour elles la jouissance! Place à l’obéissaix'e! J’en passe.L'horreur! Sur notre planète, la pollution des cœurs et des esprits est aussi grande que celle de Lui et des eaux.11 suffît de voyager un peu partout.Au moins, de voyager dans nos têtes et dans nos livres Pourquoi?Parce que notre coin de terre, tranquille, ne le demeurera pas longtemps si nous ne voyons pits à 1’ailleurs.l.'ailleuis-en-nous et Lülleurs-làbas.Et que nous devons au chant de la terre notre partition, la plus humble, la plus minime soit elle.Et que nous devons, au-dessus de l’abime et maigre les chantres acerbes du retrait et de la désespérance.offrir en partage, nous, si choyés, au-delà d’une nécessaire compassion, quelques beautés réparatrices.Bien sûr.les cyniques s\ refusent qui sont les nouveaux guerriers île nos sols paisibles.Madeleine Ihiguon publiait à l'automne Les Femmes et la Guerre 2000).Cet ou- vrage, auquel correspond une série d'cntivrucs menées fuir Monique Durand, vient de paraître en France sous le titre de Anna, Jeanne, Samia (Fayard, 2001).Le Comité national d'action politique des femmes du Parti Québécois unit sa voix aux milliers de femmes du Québec pour célébrer toutes nos victoires.Que la détermination des femmes soit le moteur de nos actions dans la lutte contre la pauvreté et l'élimination de la violence faite aux femmes.En ce 8 mars, continuons à travailler solidairement pour faire du Québec un pays aux couleurs de la justice sociale et de l'équité.Parti Québécois La santé et la sécurité au travail : une question fondamentale pour les femmes La CSST joue un rôle de premier plan en matière de condition féminine.Fidèle à ses engagements, elle a déjà réalisé nombre d'actions énergiques permettant aux Québécoises de s'épanouir dans tous les métiers et dans toutes les professions, sans risque pour leur intégrité physique ou psychologique.Après tout, la santé et la sécurité au travail, c'est aussi votre affaire.CSST Québec SS Le Conseil du .Je la mme vous invite à cliquer sur vos pou voi rs ! Journée internationale des femmes 8 mars 2001 QuébecSS Conseil du statut de la femme E 4 L K I) E V O I R , E S S \ M K I) I E T l> I M A \ < H E J M A H S 2 0 It I JOURNEE INTER NATIONALE DES FEMMES Une entrevoie avec Diane Lavallée Métro, boulot.maman La difficile conciliation du travail et de la famille Aussi longtemps que l’écart entre le travail des femmes et celui des hommes demeurera grand, il y aura nécessité d’action pour la présidente du Conseil du statut de la femme.I.e combat de Diane l^ivallée touche en fait les conditions générales d’emploi.GUY LA IN K BOUCHER De plus en plus nombreuses sur le marché du travail et dans des postes de décision, les femmes ont vu leurs conditions de travail considérablement évoluer depuis vingt ou même trente ans.Malgré le chemin parcouru, l’ensemble des groupes de femmes s’entendent pour dire qu’énormé-ment de choses restent encore à faire.Au coeur des transformations à apporter, la conjugaison des statuts de mère et de travailleuse s’impose comme la priorité.Un objectif qui passe notamment par l'ajustement des lois régissant le monde du travail, selon la présidente du Conseil du statut de la femme, Diane Lavallée.«De grandes percées ont été faites au Québec en matière de condition de vie des femmes.On peut notamment être fier que la discrimination basée sur le sexe ne soit plus permise pur nos lois.Tout cela n 'exclut ce- pendant pas le fait que d’autres difficultés subsistent.Im seule différence, c’est que la manière dont elles peuvent se traduire est plus insidieuse.A plus forte raison lorsque les femmes ont des enfants et que, parce que le monde du travail n’est pas adapté à la vie de famille, elles ne peuvent plus progresser dans l’organisation ou se retrouvent dans des emplois à temps partiel.>• Les chiffres les plus récents à l’égard des conditions de travail des femmes donnent effectivement raison à Diane Lavallée.En fait, non seulement un écart salarial de 30 % subsiste toujours entre les hommes et les femmes, mais deux emplois à temps partiel sur trois sont occupés par des femmes.Des emplois majoritairement rémunérés au salaire minimum.Les nouvelles formes d’emplois n’échappent lias non plus au mouvement, puisque si les femmes représentent le tiers des travailleurs autonomes au Québec, elles figu- EDITIONS TROIS Mireille Calle-Gruber MIDIS Scènes aux bords de l'oubli Récit 173 pages, 18.00 S * Maryse Choinière LE BRUIT DE LA MOUCHE Roman 141 pages, 15,00 S 3 Manon Moreau FAIM Récit 104 pages, 15,00 S Linda Bonin LA CRAIE DANS L’ŒIL Poésie 70 pages, 15,00 S Paul Rousseau COPIÉS/COLLÉS Poésie 81 pages, 18,00 S I O Le Comité de* rent aussi parmi les plus pauvres de ce groupe.Avec un salaire moyen estimé a 14 (XK) $ contre 20 000 S pour les hommes en 1995.Plus encore, près de 12 000 des femmes travailleuses autonomes doivent même avoir recours à la sécurité du revenu pour boucler leur année financière.Ce qui complique encore davantage les choses, c’est que contrairement aux idées largement véhiculées, une majorité de femmes préféreraient travailler à temps plein si l’occasion :e présentait.Globalement, entre 1975 et 1996, le temps partiel involontaire à fait un bond de 230 %, confinant quelque 600 000 travailleurs québécois à une semaine moyenne de travail de 17,7 heures.Le quart de ces salariés sont de sexe féminin.Confirmant la tendance, plus de 60 % d’entre elles cumulent d'ailleurs plusieurs emplois et affirment viser l’obtention du travail à temps complet.Mondialisation et travail atypique Un objectif louable, mais difficilement réalisable dans le contexte actuel, selon Diane Lavallée.C’est qu’à son avis, la mondialisation et les nouveaux courants de gestion qui l’accompagnent n’épargnent pas le Québec et encore moins les femmes travailleuses.Dans une étude rendue publique en avril 2000, le Conseil du statut de la femme a d’ailleurs fait largement état de la montée actuelle du travail atypique.Une tendance caractérisée par la flexibilité de la main-d’œuvre et par une plus grande précarité de l’emploi.Chiffres à l’appui, l’organisme gouvernemental a d’ailleurs établi que, si la tendance se maintient, plus de 50 % des travailleurs québécois, dont une large proportion de femmes, évolueront dans un travail à temps partiel, temporaire ou à domicile en 2017.Une autre manière de dire, selon Diane Lavallée que «les emplois stables, bien JACQUES GRENIER LE DEVOIR Diane I^tvallée, présidente du Conseil du statut de la femme.rémunérés, avec sécurité d’emploi et avantages sociaux sont des espèces en voie de disparition».Une réalité pouvant, à son avis, avoir des impacts majeurs sur le développement futur du travail des Québécois et plus particulièrement des femmes.C’est que, ex-plique-t-elle, «les conditions de travail rencontrées actuellement forcent les gens à remettre à plus tard leur volonté de fonder une famille et d’avoir des enfants, notamment en raison de l’instabilité professionnelle qu’ils connaissent».À ce sujet, la présidente du Conseil du statut de la femme, invite d’ailleurs les gens à être prudents quant à la fameuse formule tout inclus du travail à domicile.«Actuellement, précise-t-elle, le travail à domicile et l’introduction des nouvelles technologies sont souvent perçus comme un pis-aller pour les femmes.Ce qu’on oublie par contre, c’est que cette forme de travail soulève d’autres enjeux majeurs, dont celui de départager les responsabilités professionnelles et familiales.Les femmes ne sont pas différentes des autres travailleurs.Elles veulent avoir une autonomie économique, demeurer en emploi, Parce que nous savons qu’on ne peut fonder aucun avenir sur la dépendance! Regroupemenfy.des citoyennes pour \ souveraine^ év!, (S 14) 527-9891 Plus de 90 % des membres de l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec sont des femmes, qui contribuent depuis plus de 50 ans à l’humanisation des soins.*T i Le taux de placement est de 98 % 531, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H2L1K2 Téléphone : (514) 282-950 Sans frais : 1 800 283-950 Télécopieur : (514) 282-0631 Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec Pour nous joindre.piiaçL@oiiaq.prg Visitez notre site.www.olia13.ory tout en ayant aussi la possibilité d’avoir une famille.» Un Code du travail plus flexible.Adoptées à une époque où le salariat était majoritairement a temps plein, toute l’année et plutôt masculin, les lois du travail ne sont cependant pas très adaptées à la réalité mouvante du marché de l’emploi actuel.La question de la conciliation travail-famille, amenée par l'entrée massive des femmes dans le monde du travail dans les années 70 et 80 ne fait pas non plus véritablement partie des législations actuelles.Une situation à laquelle il importe de remédier rapidement, selon Diane Lavallée.En fait, le Conseil du statut de la femme est à ce point convaincu de la nécessité de revoir les cadres législatifs actuels en matière de travail qu’il a pris activement part aux consultations relatives à la réforme du Code du travail.Un Code qu’il souhaiterait voir plus flexible et rassembleur pour les travailleurs québécois.«Le Code du travail est un outil intéressant, mais il exclut un trop grand nombre de travailleurs.Les améliorations proposées par le projet de loi à l’étude sont intéressantes quant à l’accès à la syndicalisation, mais il faut tout de même aller un peu plus loin», soutient la présidente.Concrètement, l’organisme gouvernemental réclame la reconnaissance de l’accréditation multipatronale.Une forme de regroupement qui permettrait à des gens travaillant pour plusieurs entreprises dans un même secteur d’activité de faire front commun pour négocier leurs conditions de travail et leur salaire.Un mécanisme qui devrait s’inspirer de la Loi sur le statut de l’artiste et qui pourrait, selon le Conseil, être comparable aux décrets existants en matière de construction et de fonction publique.Des décrets qui, précise Diane Lavallée, «permettent aux gens de négocier des barèmes qui s’adressent à tous les employeurs pour cette même catégorie d’emplois et qui mettent un frein à la précarité».Dans le même ordre d’idée, le CANDICE OU L’INNOCENCE Une histoire qui vous tiendra à bout de souffle Un roman émouvant à offrir à une femme pour la Journée des Femmes le 8 mars En vente dans toutes les librairies du Québec ou en visitanl wt vlv.culturejeunesse.corn OU au (416) 293-8910 L'ASSOCIATION DES FEMMES DIPLÔMÉES DES UNIVERSITÉS (AFDU-MONTRÉAL) est heureuse de s’associer à la Journée internationale des femmes.Constituée en 1949, l'AFDU Montréal est un groupe multidisciplinaire affilié à la Fédération internationale des femmes diplômées des universités (FIFDU).L’association travaille notamment à promouvoir l ’accès des femmes aux études supérieures (attribution de bourses d ’études) et à l’exercice du pouvoir.Pour information : 343-6874 http://www.afdu-cfuw.org/ Plus que jamais fortes et déterminées la VÎ v/s h I et la )C Conseil insiste beaucoup sur l’importance de mettre un frein a la recrudescence de «faux travailleurs autonomes», c’est-à-dire des travailleurs indépendants n'ayant qu’un seul donneur d’ouvrage.Selon l'organisme, «il est plus que temps que ces travailleurs soient reconnus comme des employés et bénéficient des mêmes conditions que tout le monde».Il reviendrait par affleure aux employeurs de démontrer que même si reconnus d’emblée comme des salariés, ces travailleurs ne sont pas des employés réguliers au sein de leur entreprise.Des normes minimales aussi.Inscrit dans le mouvement de consultation entourant la réforme du Code du travail, le Conseil du statut de la femme prône aussi une révision de la Loi sur les normes du travail qu’il juge, elle aussi, désuète.De manière plus précise, l’organisme souhaite que les conditions minimales d’emplois s’étendent également aux employés à temps partiel, temporaire et à domicile, de façon, précise la présidente, «à mettre un terme à la grande disparité existante entre les travailleurs réguliers et les autres».Plus largement, le Conseil souhaite aussi que la loi soit amendée pour qu’un employeur ne puisse pas réduire la durée normale d’emploi sur une base hebdomadaire ou mensuelle sans devoir fournir un avis écrit au salarié concerné.Dans la même lignée, la transformation d’un contrat de travail en contrat de service devrait aussi être strictement interdite par la loi selon l’organisme.Enfin, s’attaquant à l'imivers des agences de placement temporaire, majoritairement composé de femmes, le Conseil recommande que les agences soient clairement identifiées comme un employeur pour les femmes qui y sont inscrites, de manière qu’elles puissent avoir accès à des congés annuels et familiaux payés comme tous les autres travailleurs.L’interdiction des clauses contractuelles bloquant l’accès à un emploi permanent pour un employé d’agence devrait aussi être levée.Un programme audacieux?«Dans la vie que l’on soit un homme ou une femme, on veut se construire une famille, vivre une autonomie économique et se réaliser par son travail.Malheureusement, toute la planification et l’organisation de la maison est encore le lot des femmes, quelles travaillent à temps plein ou à temps partiel.La conciliation travail-famille est au cœur des préoccupations des femmes.Nous sommes à l’heure où il faut se donner ces outils-là pour la rendre possible.» Une analyse et un témoignage essentiels '«rt* LUCE GAUTHIER Propos d'une physicienne sur la situation de la femme de science CARTE BLANCHE 1514)276-1298 Distribution Fides / £?Syndicat de profcuuiionnefos et professionnels du gouvernement du Québec ET HI M A N (HE I \l V R S 2 0 0 I LE DEVOIR LES S A M E D I K r» JOURNEE INTERNATIONALE DES E EM.ME S Afrique Un Sénégal contre Tincision Les femmes de Malicounda ont mis plus d'un an à rallier le village à leur croisade Les mutilations génitales affecteraient quelque 130 millions de femmes et de fillettes dans vingt-huit pays d’Afrique et du Proche-Orient.Au Sénégal, des femmes ont remporté une grande victoire.D’un village à tout un pays, le message est passé: l’incision n’est qu’un rituel archaïque et dangereux.ROLAND-PIERRE PARINGAUX LE MONDE DIPLOMATIQUE Six ans après la conférence de Pékin sur les femmes, s’il est un domaine — avec celui de la prostitution — dans lequel on a peu avancé, en dépit des stratégies et des indignations, c’est bien celui de l’excision.Des efforts sont faits par les agences spécialisées de l’ONU, par des associations de femmes et de défense des droits de la personne; parfois même par les pays concernés.Des campagnes sont lancées.Mais les uns et les autres se heurtent à une pratique profondément ancrée dans les mœurs, un tabou entre les tabous.Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les mutilations génitales affecteraient quelque 130 millions de femmes et de fillettes dans vingt-huit pays d’Afrique et du Proche-Orient.Loin de diminuer, leur nombre augmenterait d’environ deux millions par an.Dans ce sombre tableau, l’une des rares lueurs d’espoir vient du Sénégal où, depuis bientôt trois ans, l’exemple d’une poignée de villageoises déterminées à en finir avec un rituel archaïque et dangereux fait tache d’huile.Trente femmes C’est en juillet 1997 qu’une trentaine de femmes, bravant les interdits de la tradition, se sont engagées solennellement et publiquement à abandonner la pratique de l’excision.Connu sous le nom de Serment de Malicounda, du nom de leur village situé dans la région de Thiès, à une heure de route de Dakar, cet acte fondateur marquait le début d’une action qui n’a pas cessé, depuis lors, de se développer malgré les résistances, politiques, religieuses et sociales.Cette mobilisation est avant tout l’aboutissement d’un long travail pour sensibiliser les femmes de ce village d’ethnie bambara aux droits humains, travail mené par les équipes de Tos-tan, une organisation non gouvernementale (ONG) américano-sénégalaise bénéficiant du soutien de rUNICEF.Son programme d’éducation de base, axé sur une série de modules thématiques, a permis que des problèmes aussi délicats à aborder que la sexualité de la femme, le droit au contrôle de son corps ou encore le tabou de l’excision puissent être abordés par le biais de la santé.Une approche irréprochable, qui a l’avantage de ne pas heurter la tradition de front.Parallèlement à leur prise de conscience, les femmes de Malicounda ont entrepris en douceur un travail d’explication auprès des hommes du village afin de les rallier à la cause de la santé de leurs femmes et de leurs filles.Et ipso facto au rejet de mutilations qui sont parfois mortelles.Dans une société où l’excision reste synonyme de vertu féminine et d’honneur familial, cela n'allait pas de soi.D’autant que sa pratique est souvent présentée, à tort, comme un précepte de l’islam.Et la femme non excisée comme un être impur, indigne de partager la vie d’un bon musulman.Les femmes de Malicounda ont mis plus d’un an à rallier le village, et son imam, à leur croisade.Mais elles ont réussi.D’autres facteurs comme l’éducation, l'urbanisation, les idées nouvelles et les changements de comportements ont joué.Et plus encore, la perte de sens d'un acte de plus en plus pratiqué en dehors de tout rituel social, sur des bébés de quelques mois.L’excision apparaissant alors comme la simple volonté des hommes de contrôler la sexualité de leurs femmes et de leurs filles en les mutilant.Tout un pays Dans un premier temps, les dirigeants sénégalais ont paru pris de court par l’affaire de Malicounda, très vite devenue une cause célèbre.Pendant des mois, ils se sont cantonnés dans un silence d'autant plus déconcertant que le Sénégal est signataire des grands textes concernant les droits fondamentaux de la personne et qu'il était le coordonnateur du groupe africain sur ce point à la Conféren- ce de Pekin, en 1995.Mais, le 20 novembre 1997, s’adressant au congrès de la Federation internationale des droits de l'homme (FIDH) réuni à Dakar, le président Abdou Diouf rompait le silence.Rendant hommage aux femmes de Malicounda, il appelait à «combattre vigoureusement la pratique des mutilations sexuelles-.Un an plus tard, volant au secours de la victoire.l'Assemblée nationale adoptait une loi visant à abolir l'excision et à en punir la pratique.Entrœtemps.attise par des proselytes, l'exemple de Malicounda s'était propage comme un feu de brousse.En février 1998, à la suite de réunions avec les femmes de Malicounda.13 villages de la region de Thiès suivaient leur exemple et demandaient à bénéfi- cier du programme de Tostan.En juillet, c’était au tour de 18 villages peuls de la région de Kolda de prêter serment en presence de plusieurs imams et de représentants de l'administration.En avril 'AXH), une vingtaine de villages insulaires du Sud ont fait de même, lors de a-rémonies hautes en couleur, portant le total des villages sénégalais ayant répudie l’excision à 178.C'est ivu au regard des milliers d'.igglo monitions concernées par l'excision.mais, compte tenu de la nature du problème et de la situation bloquée qui prévaut ailleurs, c’est déjà beaucoup, l i d'autres vilkiges st- préparent Début mai 2000, nous avons rencontre à Ehiès une femme du Kouta, dans le nord du ixiys.et un ancien député (1*8) de Casaman- ce.dans le Sud.Chacun de leur côte, ils étaient venus rencontrer les femmes des villages émancipés pour apprendre comment elles avaient ose briser le tabou, comment elles s'y étaient prises.Comme elle et comme lui, de nombreux Sénégalais attendent avec impatience de pouvoir bénéficier des effets salutaires du Serment de Malicounda.NOS LUTTES.NOS SUCCÈS.NOTRE AVENIR.tfegÉfe tâ A FORCE DU UNE FORCE QUI COMPTE > :* iÇ .' ; PROCHAINS RENDEZ-VOUS ?Le 8 mars, Journée internationale des femmes ?Le Sommet des peuples à Québec Nous y serons! FONDS de solidarité FTQ Le Fonds de solidarité (FTQ) compte près de 435 000 actionnaires, dont plus de 186 000 femmes.C'est un outil extraordinaire pour l'emploi au Québec.Tél.: (514) 383-8383 www.fondsftq.com Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec FTQ La FTQ regroupe près de 500000 membres, dont plus du tiers sont des femmes.C'est la centrale qui représente le plus grand nombre de travailleuses syndiquées au Québec.Tél.: (514) 383-8000 www.ftq.qc.ca I K I) K V O I R .L K S S A M EDI :} ET I* I M A X C II E l XI A R S 2 0 » I K 0, .10 U li N E E IN T E H N' A T10 X A L E DES FEMME S Condition féminine Les deux faces du pouvoir Devoir remonter ; la pente Pour l’organisme Au bas de l’échelle, la loi sur les normes du travail ne répond plus aux situations d’aujourd’hui.Il faut aussi revoir l’exercice même du travail.Et sa retribution.JOHANNE LANDRY Les statuts d’emplois précaires sont monnaie courante.Une forte proportion de femmes a .adopté - volontairement ou non -,ces modes qui les laissent sans protection quant a la régression .de leurs conditions de travail.De plus, selon les périodes, plus ou moins 185 000 travailleurs québécois sont rémunérés au salaire minimum; 60 % sont de sexe féminin.Surnuméraires, contractuels, ,temporaires, à temps partiel, auto nomes ou via l’intervention d’une agence, les applications diffèrent mais confinent toutes vers une même réalité: la précarité dans l’emploi.Des types de relation avec l’employeur autrefois margi-.naux qui se sont répandus au cours des dernières décennies pour englober aujourd’hui une proportion importante de travailleuses et de travailleurs.Un phénomène bien installé qui est là pour rester.«Cette précarisation de l'emploi a laquelle nous assistons présentement exerce de fortes pressions à la baisse sur l’ensemble des conditions de travail et donne beaucoup de pouvoir aux employeurs», affirme Au bas de l’échelle, un groupe po pulaire voué à la défense de la main-d’œuvre non syndiquée.Bien que des travailleurs des deux sexes recourent à ses services de consultation et d’information, 71 % sont des femmes.«Il y a davantage de femmes qui ne sont pas syndiquées, explique Esther Paquet, porte-parole de l’organis- me, elles sont plus nombreuses dans les emplois précaires, elles bénéficient souvent de moins bonnes conditions de travail, comme elles sont souvent moins bien payées.» Au bas de l’échelle se définit comme un groupe féministe avec une analyse féministe des dossiers qu’elle supporte.-Les femmes sont plus souvent victimes de situations qui les placent dans une situation économique difficile», ajoute madame Paquet.Révision de la Loi sur les normes du travail La loi sur les normes du travail a été adoptée en 1980 en fonction de postes stables, à plein temps, ou les salariés n’occupaient qu’un emploi à la fois.Le monde actuel diffère souvent de ce modèle.«Cette loi est importante, expose Esther Paquet, parce qu’elle détermine les droits et obligations de tous les travailleurs non syndiqués.Elle s'applique mal à la multiplication des statuts d’emploi et donne lieu à des situations aberrantes.» Une travailleuse à l'emploi d’une agence, par exemple, qui occupe un poste dans une entreprise cliente, laquelle la congédie parce qu’elle est enceinte.Comme il s’agit d’une relation d’emploi f La révision de la Loi sur les bas de l’échelle qui réclame tripartite, il y a confusion autour de l’identification de l’employeur.L'agence ou l’entreprise cliente?ARCHIVES LE DEVOIR normes du travail est devenue un dossier prioritaire pour Au une commission parlementaire sur le sujet.Les PEPINES à Vœuvre Elle veut faire en sorte que les femmes acceptent comme étant la norme le fait d’être du côté du pouvoir.Nicole Dorin est une «pépine» à la carrière bien remplie.M A I) E LE I N E L E B LA N C Nicole Dorin est membre en règle des Pé-pines.Ces machines destinées à creuser le sol, à faire des déblais?Qu’on en juge.Le groupe Promotion des Estrienpes pour initier une nouvelle équité sociale - PEPINES, donc -a été mis sur pied en 1992 dans la foulée de la politique de régionalisation engendrée par le gouvernement.«Un soir, que nous étions entre femmes et que nous rigolions, quelqu'un a proposé que nous nous regroupions sous l’appellation «pépines».Le ministre de l’Industrie et du Commerce de l'époque, Gérald Tremblay, parlait alors beaucoup de grappes industrielles.Nous avons pensé aux raisins dont elles étaient constituées et puis à leur cœur, les pépins pour finalement adopter «pépines».Comme nous aimions le nom que nous avions trouvé, nous avons souhaité le formaliser et lui trouver un sens.Notre anagramme correspond exactement à ce que nous faisons.» , Ainsi, les PEPINES se donnent notamment comme objectifs de mettre en place les moyens pour permettre l’accès des femmes aux sphères de décision, de promouvoir l’engagement et la participation des femmes au développement socio-économique de leur région et de chercher à améliorer les conditions de vie socio-économiques,et politiques des femmes de l'Estrie.Les PÉPINES se disent convaincues que c’est lorsqu’un nombre substantiel de femmes seront présentes dans les sphères décisionnelles que leurs réalités et leurs intérêts seront mieux pris en compte.Réalisations Composées de femmes d’horizons divers -milieu municipal, agriculture, enseignement, affaires - les PÉPINES ont obtenu un siège au Conseil régional de développement de l’Estrie.Nos excavatrices comptent plusieurs réalisations, la plus récente étant la publication d’un répertoire intitulé Femmes en tète en Estrie, une banque de 104 candidates compétentes et prêtes à s’engager dans leur milieu.Ce repertoire se veut un outil efficace de recrutement et de mise en valeur des femmes intéressées à s’engager.«Le groupe a travaillé à produire le répertoire et le lancement a eu lieu à l’automne 2000.Nous sommes encore en période de diffusion et il est trop tôt pour voir si cela a porté fruit.Il faut développer des stratégies pour que les gens apprennent à s'en servir comme outil.Nous sommes nous-mêmes en mesure de savoir YVES BOLDUC ENR.«Quand nous demandons des changements dans les structures où il y a plus d’hommes, nous ne pouvons pas ensuite retourner à la maison et reprendre les mêmes habitudes.Les prises de conscience ne s’effectuent pas qu’entre 9 et 5», souligpe Nicole Dorin, membre en règle des PEPINES.quand les prochaines élections se tiendront.Nous pourrons inciter les gens à combler les postes en se référant au guide qu’ils ont entre les mains.Les 104 femmes de ce répertoire sont prêtes à répondre: Oui je le veux.» Le sacerdoce de l’engagement social, Nicole Dorin semble, elle, l’avoir épousé depuis longtemps.L'actuelle présidente du Conseil de la culture de l'Estrie est membre d’une dizaine d'associations professionnelles et est très active dans sa communauté.Elle a reçu de nombreux honneurs dont le prix Idola-St-Jean en 1994.De 1980 à 1997, elle a été agente de recherche au Conseil du statut de la femme.C'est elle qui a ouvert le bureau régional du CSF en Estrie.Elle y est restée jusqu’à sa retraite en avril 1997.Elle a également été conseillère municipale de sa petite bourgade, Martinville, durant huit ans.«J’ai quitté le monde municipal en 1997 également.Même s’il s’agit d’une petite municipalité, les règles sont les mêmes.On se rend compte qu’il ne suffit pas d'avoir des idées.Il faut que cela passe par le tamis des règles et des mentalités auquel beaucoup de projets se heurtent.Travailler aux changements, c'est long.» Cartographie du pouvoir Les arcanes et les rouages du pouvoir, elle connaît.«Le pouvoir se tisse, U faut se faire une idée d’où l’on veut aller», affirme-t-elle.Et pour simplifier la vie de celles qui en auraient soif, les PÉPINES, défricheuses devant l’éternel, travaillent à définir une cartographie du pouvoir en Estrie afin de fournir aux femmes un outil d’information et de compréhension des chemins du pouvoir.«Nous voulons fournir de l'information sur les structures en place et mettre en évidence certains modèles empruntés par des hommes ou des femmes qui expliquent comment ils sont arrivés là où ils sont.Cela donne une idée du chemin à parcourir et oblige à réfléchir aux raisons qui nous poussent à vouloir en faire autant.» Pour elle, la sous-représentation des femmes dans les postes d’influence ne s'explique certainement pas par un déterminisme biologique.«Nous sommes tous assoiffés de pouvoir.C’est toujours plaisant d’avoir un certain pouvoir, mais il faut être en mesure d’assumer les responsabilités qu’il sous-tend.Environ 10 % des gens sont actifs dans des lieux de pouvoir autres que celui relatif à leur travail; 20 % écoutent et 80 % appartiennent à la majorité silencieuse.Je souhaite que les femmes soient davantage dans les sphères du 10 %.» Celle qui a contribué à permettre au Conseil du statut de la femme de fournir des avis en matière de condition féminine de façon à ce que le gouvernement, dans ses lois, ne brime pas les conditions des femmes et que leurs conditions soient équitables, considère qu’au Québec beaucoup de progrès ont été réalisés.«Au niveau des droits, les Québécoises sont particulièrement bien protégées.Beaucoup de pays nous envient notre législation.Le féminisme a permis beaucoup de choses.Le Secrétariat à la condition féminine a pu tenir compte des intérêts des femmes.Ce qui reste à faire, c’est d'effectuer un transfert dans nos mentalités et de développer une nouvelle façon d’appréhender la réalité au quotidien.Quand nous demandons des changements dans les structures où il y a plus d'hommes, nous ne pouvons pas ensuite retourner à la maison et reprendre les mêmes habitudes.Les prises de conscience ne s’effectuent pas qu’entre 9 et 5».A 68 ans bien sonnés, Nicole Dorin continue de veiller à la conscientisation de ses semblables.Récemment, la Tribune de Sherbrooke lui a demandé de rédiger un éditorial par semaine.Ses thèmes?L'entreprenariat au féminin, la protection des paysages, une réflexion pour la suite du pays (provoquée par le dernier film de Falardeau), la population des travailleurs des entreprises culturelles, etc.«Cela me plaît beaucoup, je voulais être journaliste.Je suis devenue travailleuse sociale parce qu’une personne très brillante et très stimulante m’a influencée.J'ai été emportée par des gens qui avaient le souci de bien faire les choses.Cette collaboration me perinet de combler un rêve resté en suspens.» DIANE LAMOUREUX l’amère patrie FtmiottKIt »t MtiOIMitUM (Uni It Quifctc nus.Le taux des ménages branches est passe de 22 à 44 % et celui des PME a grimpe de 30 à 70 %.Les familles branchées Deuxièmement, le gouvernement a mis en œuvre des stratégies d’implantation technologique de nature à éviter que le Quebec soit frappe d'elitisme ou de tracture numérique et il a ainsi rejoint les femmes.Les familles à revenus modestes et moyens circulent moins sur le Net parce quelles sont équipées d’ordinateurs dans une proportion plus faible.«Après avoir procédé à la mise en place de postes informatiques branchés sur Internet dans toutes les écoles du Québec et Un deux X trois étoiles Les animatrices de StudioXX repoussent les limites de l’art et de l’action sociale en se servant des possibilités de la Toile.MICHEL BÉLA IR LE DEVOIR Plutôt délicat d’aborder le sujet des femmes et d’Internet.D’une part, il aura fallu des années avant que les femmes rattrapent les internautes masculins et qu’elles ne se mettent aussi à utiliser les possibilités du Web.Et de l'autre, on ne peut s’empêcher de penser à ces milliers de sites pornographiques qui émaÛlent la Toile et ou l’exploitation systématique des fantasmes se conjugue au mercantilisme le plus terre à terre que l’on puisse trouver.Rien de particulièrement positif ou de valorisant dans cet univers ou la lettre X, conjuguée en XX ou en XXX, est d’abord synonyme d'une sexualité virtuelle maladive paradoxalement tout aussi désincarnée qu’avilissante.Pourtant un collectif montréalais de femmes a choisi de monter au front en capitalisant sur l’attrait de cette tendance universelle et sur les possibilités des nouvelles techologies de l’information (NT1).Comme pour mieux en repousser les désolantes limites et pour susciter une réflexion par le biais de l’art du cyber-art plus précisément.Leur site Internet StudioXX (www.stu-dioxx.org/f/), est un lieu provocateur et stimulant HTM-Elles Tout a commencé il y a déjà plus de six ans, en 1995, alors que Katy Kennedy, Kim Sawchuck, Patricia Kearns et Sheryl Hamilton prenaient la résolution de mettre sur pied un centre de ressources en technologie numérique pour les femmes: elles créent alors le StudioXX.Artistes et féministes engagées, elles souhaitaient ainsi donner aux femmes des moyens d’intervenir de manière créative dans les nouveaux médias.Bientôt, leur action se multiplie de façon à pouvoir toucher tous les groupes de femmes et de nouvelles initiatives ne cessent depuis de voir le jour.Elles créent d’abord des ateliers puis des salons informels qui prennent le nom de Les Femmes br@nchées (www.studioxx.org/FemmesBranchees/fbf html).On dispense là un savoir pratique sur toute la quincaillerie Internet (programmation, langage html, multifenêtrage, etc.) à travers des sessions d’exploration d’Internet centrées sur l’analyse, la critique et l’utilisation pratique des NTL Les Studios prennent toujours la forme de 5 à 7 mensuels où l’on invite des artistes et des théoriciennes de l’art web et des militantes féministes utilisant le média Internet On peut s’inscrire en remplissant un formulaire d’adhésion que l’on trouvera sur le site.Mais ce n’était qu’un début.En 1996, elles mettaient sur pied les XXFiles en collaboration avec la station radio montréalaise CKUT (90,3 sur la bande fin).Tous les mercredis matins depuis, à llh30, on y diffuse de l’information sur les femmes et la technologie avec une emphase particuliè- re sur la musique puisque l'émission a été conçue par Katy Kennedy qui est une «artiste sonore» comme on dit dans le milieu et Deborah Van Slet On trouvera des archives sonores sur le site Internet (wuw.studioxx.org/xxfiIes/index.html).et l'émission radio est toujours en ondes, animée aujourd’hui par les DJ Val Techie Gal et Anita Juanita.Poursuivant sur sa lancée, le StudioXX publiait en 1998un rapport préliminaire sur lutilisation de l’informatique et des technologies de la communication par les groupes de femmes de Montréal.Ce rapport daHrriAnru=> marhini&tf» rfmrP.SPntante SliDCr Emotoi-Ouébec A M K l> I :î K T I) I M A \ (HE 4 M A K S ¦> 0 0 I E 8 I.E I) E VOIR LES S JOURNEE INTERNATIONALE RES FEMMES grandissante de la Marche des femmes Une entrevue avec Françoise David Une solidarité Mais peu de gains à la suite L’État québécois n’a pas voulu investir dans la lutte contre la pauvreté.Pour la présidente de la Fédération des femmes du Québec, ainsi s’expliquerait l’absence de gains concrets à la suite de la Marche des femmes tenue en octobre dernier.IMRE MURANYI Françoise David: «Quoi qu’en dise Bernard Landry, qui se prétend social-démocrate, moi je pense qu’il achète beaucoup le discours de la mondialisation.Des économistes, par exemple, prétendent qu’augmenter le salaire minimum fait perdre des emplois.Il y a pourtant des études qui prouvent le contraire.C’est une question de point de vue.» JOHANNE LANDRY Un peu plus de quatre mois après cette Marche mondiale dont l’organisation avait demandé trois ans de travail, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) en est à établir le bilan, signale la présidente Françoise David.Un exercice qui demandera un certain temps, compte tenu que des coordinations nationales y travaillent dans 105 pays et que, pour certains, les communications y sont plus laborieuses.L’aboutissement final quant à l’analyse des retombées est donc-prévu pour l’automne 2001.«Il est dans nos projets, rapporte Mme David, de réunir de nouveau les coordinations nationales à Montréal et à ce moment, nous serons en mesure de publier un bilan extrêmement précis.» À la lumière des consultations en cours, il est cependant possible de tirer déjà les grandes lignes, du moins pour le Québec.Contre la pauvreté: mesures faméliques «Assez navrant», commente la présidente de la FFQ pour qualifier les avancées tangibles au Québec et au Canada.Une rencontre entre le mouvement des femmes canadiennes et le premier ministre les a laissées sur leur faim car elles ont trouvé que M.Chrétien avait peu à dire au sujet de la pauvreté et de la violence faite aux femmes.Quant au gouvernement québécois, Françoise David parle d’un mur difficile à percer.«Au moins 40 000femmes ont marché.Pour- tant, les gains sont assez minimes en matière de violence faite aux femmes.Les centres d’aide pour femmes victimes d’agression sexuelle ont bien eu des augmentations de budget consistantes; les maisons d’hébergement, de petites augmentations; et les centres de femmes, rien.Le gouvernement a également accepté de poursuivre la campagne de sensibilisation.Mais en matière de pauvreté, il n'y a eu pour ainsi dire aucun gain.» Pourquoi?Certains considèrent que les revendications, au nombre de 20, étaient trop nombreuses.«C’est vrai, commente Mme David.Mais elles traduisaient la diversité et la composition du mouvement des femmes.Toutes devaient s’y retrouver.» Elle refuse toutefois d’attribuer la maigreur des résultats à ce fait.«Le gouvernement du Québec, poursuit-elle, que nous avons rencontré à maintes reprises sait très bien que plusieurs de ces revendications ne coûtent rien d’autre qu'un peu de volonté politique.Ce sont des questions de loi, de règlement ou de mesure.Augmenter le salaire minimum, ça ne coûte pas un sou au gouvernement.Ce n 'est pas un problème de surnombre, mais de volonté politique.» Effets pervers de la mondialisation Françoise David voit un lien évident entre les choix politiques du gouvernement québécois et la mondialisation.«Ce n ’est pas pour rien, expose-t-elle, que notre gouvernement refuse d’injecter plus d’argent dans des logements sociaux ou dans la hausse des prestations d’aide sociale.Il tient d’une façon maniaque à son déficit zéro comme à de substantielles réductions d’impôts.Et qui paie pour ça?I-es gens qui ont besoin de soins de santé, les enfants en difficulté dans le milieu de l’éducation et les pauvres.» Le déficit zéro, pointe Mme David, est une valeur que prônent les banquiers internationaux et autres instances du pouvoir en faveur de la mondialisation.«Comme si le gouvernement, soutient- elle, avait adopté idéologiquement cette vue selon laquelle l'État doit en faire le moins possible.C’est très mondialisation et néo-libéralisme comme conception.» Poursuivant son argumentation, Françoise David fait remarquer que lorsqu’on ne peut plus se fier à l’Etat providence, on compte sur les femmes.«Les malades sortent plus vite des hôpitaux; qui les accueille à la maison?questionne-t-elle.Qui s'occupe des pauvres dans les organismes communautaires?Qui met sur pied des banques alimentaires, des cuisines collectives et des magasins de vêtements usagés?Autrement dit, si les femmes, du jour au lendemain, arrêtaient de maintenir le tissu social, je pense que la société s’effondrerait.» Quant au mur idéologique qui sépare la FFQ et le gouvernement, Mme David l’exprime ainsi: «Quoi qu’en dise Bernard Landry, qui se prétend social-démocrate, moi je pense qu’il achète beaucoup le discours de la mondialisation.Des économistes, par exemple, prétendent qu’augmenter le salaire minimum fait perdre des emplois.Il y a pourtant des études qui prouvent le contraire.C’est une question de point de vue.» Les contacts internationaux autour de la Marche des femmes ont permis, selon Françoise David, de mieux établir les rapports entre la pauvreté des femmes et la mondialisation.Elle emploie pour illustrer son propos la métaphore d’un TGV parti à pleine vitesse qui utilise la planète entière aux fins du profit le plus grand.Produire plus et à moindre coût entraîne certains effets pervers, comme la recherche d’une main-d’œuvre bon marché que sont souvent les femmes, non syndiquées, sans protection et sans recours contre des patrons abusifs qui les congédient à la moindre opposition.Elle parle également de la mondialisation des produits alimentaires.Dans les pays du Sud, déplore-t-elle, lorsqu’on incite à cultiver les fleurs coupées (un marche en expansion dans les pays du Nord) plutôt que le maïs ou tout autre produit alimentaire de base, on place la population dans un état de vulnérabilité advenant l'effondrement du marché.«Ainsi le Sud devient de moins en moins autosuffisant en matière alimentaire», dénonce Mme David.Des femmes mobilisées et solidaires La création d’un réseau international, un plus grand nombre de coalitions, un mouvement de solidarité qui prend de l’ampleur, un rayonnement auprès de milieux auparavant moins ouverts aux revendications féministes, une mobilisation vers l’action, voilà des bénéfices qui découlent de l’expérience de la Marche mondiale des femmes et que Françoise David considère comme autant de pas en avant «Ce ne sont pas des gains spectaculaires, dit-elle, mais ils préparent l’avenir de la solidarité des femmes dans le monde.» Pour souligner la journée du 8 mars, la FFQ tiendra un teach in en plein air à la station de métro Mont-Royal, entre 8 h et 14 h.Des invitées présenteront exposés, sketchs théâtraux ou pièces musicales afin de susciter des discussions informelles et préparer le discours que tiendront les groupes féministes dans les différents forums d’opposition au Sommet des Amériques, à Québec en avril prochain.Françoise David quittera la présidence de la FFQ en juin après trois mandats.Elle laisse en héritage une fédération désormais tournée vers l’action collective et plus ouverte que jamais à la diversité.Jeunes femmes Un mal dont on ignore la terreur Plus de jeunes femmes souffriraient de détresse psychologique JACQUES GRENIER LE DEVOIR f * y* ., ¦" V‘v y „ Pour Clairandrée Cauchy, présidente du Conseil permanent de la jeunesse (CPJ), «l’école doit être un milieu de vie stimulant et offrir aux jeunes l’occasion de s’épanouir, de vivre autre chose que la stricte quête de la performance scolaire, qui s’avère être une autre source de détresse psychologique pour certains jeunes».Dépression, anxiété, déprime.! On connaît encore très mal.Cependant, au-delà des troubles biologiques, génétiques ou héréditaires, on sait qu’il existe un lien entre la détresse psychologique et les problèmes d’insertion sociale des jeunes adultes, en particulier des jeunes femmes.ANN LAROCHE La situation des jeunes adultes demeure, à l'heure actuelle, des plus alarmantes au Québec — 20 % d’entre eux sont plus pauvres que ceux d'il y a 20 ans.Plusieurs enquêtes effectuées auprès des 15 à 29 ans révèlent une augmentation du taux de détresse psychologique dans cette catégorie d'âge.11 n’est pas étonnant de constater une recrudescence de problèmes psychosociaux, liée en grande partie à la précarité et à la pauvreté.Faute d’autres moyens, les jeunes adultes vont souvent exprimer leur souffrance principalement par la détresse psychologique, la toxicomanie, la délinquance, voire les comportements suicidaires.Malgré certaines initiatives de sensibilisation et des programmes d’insertion mis de l'avant afin de diminuer la détresse psychologique chez les jeunes adultes, encore plus de jeunes femmes en souffriraient, le taux de détresse de ces dernières ne cessant d’augmenter.Cri de détresse! Souvent mal diagnostiquée et sous-jacente à différents troubles de comportement, la détresse psychologique demeure encore un sujet tabou dans la population.On commence à peine à identifier les manifestations de la détresse qui seraient propres aux jeunes femmes.On sait, toutefois, que ces dernières font plus de tentatives de suicide que les jeunes hommes qui passent davantage à l’acte.Cri de détresse! Chose certaine, les jeunes femmes communiquent davantage leur souffrance, ce qui permettrait de dépister plus tôt le problème et d’y apporter une solution adéquate.En raison de l’insécurité grandissante en matière d’emploi, de l'éclatement de la famille et de la pauvre té, les jeunes femmes auraient de plus en plus de difficulté à s'insérer dans la société.Selon Marie-Claude Sarrazin du Comité jeune de la Fédération des femmes du Québec, l'intégration des jeunes adultes à la société doit être au coeur de nos préoccupations: «On fait depuis quelques années un lien entre l’insertion sociale et économique des jeunes adultes et la détresse psychologique.Lien qui, auparavant, avait été fait avec les personnes âgées.En effet, avant que l'on mette en place des réftmms pour assurer une meilleure condition sociale aux personnes âgées, ces dernières avaient un taux de suicide en proportion au reste de la société qui est celui des jeunes maintenant.» Pôles indispensables au maintien de l'équilibre psychologique des jeunes, le travail et la famille sont depuis quelques années en profonde mutation.On assiste, en effet, avec le phénomène de la mondialisation et l'essor des nouvelles technologies à uqe importante transformation du marché de l’emploi.A cela s'ajoute une continuelle redéfinition de la famille et des valeurs familiales.Précarité et pauvreté La précarité serait plus forte chez les jeunes de même que chez les femmes.«Ixz pauvreté a non seulement un sexe mais aussi un âge, mentionne Clairan- drée Cauchy, présidente du Conseil permanent de la jeunesse (CPJ).la précarité est trop souvent présentée comme un passage obligé», poursuit cette dernière.Ainsi, les jeunes femmes, parfois très scolarisées, se retrouvent le plus souvent dans des emplois atypiques et instables.Qu’ils portent le nom de travail à temps partiel, à la pige, autonome, occasionnel, temporaire ou autre, ces emplois exercés par un grand nombre d’entre elles vont souvent à l’encontre de leur insertion dans la société et les maintiennent dans l’isolement et la pauvreté.«Le stress lié à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes femmes serait le principal facteur de l'augmentation du taux de détresse psychologique», soutient la présidente du CPJ.Lorsqu’elle émane de la précarité, de la pauvreté ou des problèmes de scolarisation, la détresse psychologique est encore plus grande chez les jeunes femmes.I>e lien entre santé mentale et insertion sociale des jeunes femmes est ce qui ressort le plus de récentes recherches.L'une d’elles, réalisée par un groupe de spécialistes tenant leur mandat du Comité de la santé mentale du Québec, mentionne que pour établir l’équité intergénérationnelle, il faut que les jeunes adultes aient, entre autres, la possibilité de s’accomplir et de contribuer à la société par un travail satisfaisant.Au cours des dernières années, ce sont les jeunes qui ont été le plus durement touchés par la pauvreté.«On va devoir s’attaquer de front à la pauvreté chez les jeunes, indique Clairandrée Cauchy.Comment se fait-il que 66 % des gens qui travaillent au salaire minimum sont des jeunes de moins de trente ans et qu’un travail de quarante heures par semaine leur donne moins que le seuil de faible revenu ?» De quoi ne pas s’étonner du taux élevé de détresse psychologique de ces derniers.Eclatement de la famille, monoparentalité Le phénomène de la monoparentalité concerne encore davantage les jeunes femmes.Même si, sur le plan des études, les nouvelles sont plutôt encourageantes pour ces dernières, être seule à élever des enfants donne parfois lieu au décrochage scolaire, voire à l’isolement et à l’exclusion sociale des jeunes mères.«Malgré une meilleure répartition des tâches entre les hommes et les femmes chez les jeunes, il demeure encore plus difficile pour les jeunes femmes de concilier les responsabilités familiales et professionnelles, mentionne Clairandrée Cauchy.Et cela est encore plus vrai quand on pense que plus de 90% des chefs de famille monoparentale chez les jeunes sont des femmes.» De plus, les jeunes femmes retardent davantage le moment d'avoir des enfants, la confiance en l'avenir jouant pour beaucoup dans le choix de fonder une famille.«Est-ce que je peux me permettre de prendre un congé de maternité?, se demandent certaines femmes, confrontées à des emplois occasionnels.Ce sont là des facteurs de stress encore plus grands chez les jeunes femmes, explique la présidente du CPJ.On demande aussi aux jeunes de s’adapter continuellement: adapter leurs horaires de travail, faire des contrats à la pige et adapter, à tout cela.Ut famille.L’adaptation aux exigences du nouveau marché du travail ne se fait pas aussi sans stress», ajoute cette dernière.Diminuer la détresse psychologique Pour diminuer la détresse psychologique et les problèmes psychosociaux chez les jeunes femmes, on préconise des mesures de prévention et de promotion.Pour Clairandrée Cauchy, la prévention doit, en premier lieu, se faire à l'école par l’augmentation de ressources complémentaires.«Des compressions ont été faites au cours des dernières années dans les ressources complémentaires.Par exemple, il y a moins d’infirmières et de psychologues, mais aussi moins d'animateurs à la vie étudiante, de techniciens en loisirs.L’école doit être un milieu de vie stimulant et offrir aux jeunes l’occasion de s’épanouir, de vivre autre chose que la stricte quête de la performance scolaire, qui s’avère être une autre source de détresse psychologique pour certains jeunes.» Intervenir en amont plutôt qu'en aval.Investir dans la prévention des problèmes psychosociaux qui touchent les jeunes femmes.hausser le salaire minimum, diminuer la précarité.Cesser de tenir pour acquis que les jeunes femmes doivent nécessairement s’adapter à des emplois précaires.Mettre en place des mesures favorisant des emplois plus stables ainsi que des mesures favorables à la conciliation travail-famille.Confrontées aux problèmes de la précarité de l’emploi, de la pauvreté, de la monoparentalité et de l'exclusion sociale, les jeunes femmes doivent trop souvent s’adapter à cette réalité.La prévention de la détresse psychologique passant d'abord par des conditions de vie décentes et une meilleure formation, seule l’amélioration des conditions socioéconomiques pourra réduire le taux de stress et de détresse des jeunes femmes qui ne cesse d'augmenter.N LE DEVOIR.LES SAMEDI El DI M A N i E I MARS 2001 E î) JOURNEE INTERNATIONA LE DES EEMMES Équité salariale Pour un 8 mars militant Faire le point sur les conditions salariales des femmes La semaine qui rient est celle de la Journée internationale des femmes.Et cette année connaîtra l’aboutissement tant espéré de luttes et de travail acharné de la part des femmes et des syndicats, dont la FTQ, pour atteindre l'équité salariale au Québec.En fait, c’est le 21 novembre prochain que les employeurs québécois devront avoir apporté les correctifs nécessaires et réalisé l’équité salariale chez eux.Nous devrions théoriquement nous réjouir.Pourquoi alors n'avons-nous pas le cœur à la fête en cette Journée internationale des femmes?CAROLE GINGRAS SYLVIE LÉPINE Un grand nombre de travailleuses au Québec ne sont pas couvertes par la Loi sur l'équité salariale parce quelles œuvrent dans des entreprises comptant moins de 10 salariés.Trop de travailleuses ignorent encore leur droit à l'équité salariale.Elles ne savent même pas qu’une loi proactive oblige les employeurs à réviser leurs systèmes de rémunération pour éliminer la discrimination fondée sur le sexe.D’autres encore travaillent dans des entre prises qui n’ont aucune obligation formelle d’établir un programme d’équité salariale.Quand on considère l’état d’avancement des travaux d’équité salariale dans les milieux de travail, on a tout lieu de craindre des retards.Chez certains employeurs, c’est chose faite.Tant mieux.Mais il est tout aussi vrai qu’à huit mois de l’échéance, la majorité n’ont rien ou à peu près rien de fait.Et beaucoup ne savent même pas par où commencer! Dans bien des cas, l’employeur a recours aux services d’un consultant externe, grassement payé, qui ne fait pas toujours la différence entre l'équité salariale et l’évaluation des emplois, alors que les travailleuses et le cas échéant, le syndicat qui les représente, sont exclus de la démarche.Comment ne pas s’inquiéter qu’une question aussi importante que les salaires soit discutée — et réglée — au-dessus de nos tètes, sans que l’on puisse intervenir?Enfin, nombreuses sont celles qui voient leur rêve d’équite salariale anéanti parce que la Commission de l’équité salariale a approuvé le rapport de leur employeur, déposé en vertu d'un regime d’exception à la loi — communément appelé le Chapitre IX — pour s’exclure de son application.Toute une marge donc entre nos revendications visant à ce que tous les employeurs répondent aux mêmes exigences d’équité salariale selon la loi, nos attentes afin que toutes les travailleuses voient enfin leur droit respecté.et ce qu’on constate actuellement Lorsqu’on considère l'absence de leadership de la Commission de l’équité salariale, sa visibilité (et sa vision?) réduite, l’inadéquation des outils quelle propose à ses diverses clientèles, son manque de transparence, la partialité qu’elle affiche à l’égard des employeurs et tutti quanti, l’espoir semble bien mince.On ne peut que s’interroger sur la volonté réelle de concrétiser l’équité salariale au Québec.Des signaux troublants Prenons le cas du Mouvement Desjardins, le plus grand employeur du secteur prive au Quœ bec.Récemment, la Commission a approuve la plupart des rapports deposes par Desjardins en vertu du Chapitre IX.Or, les travailleuses et leur syndicat (le SEPB-57-ETQ) ont toujours fait valoir à la Commission que ce que l’employeur avait présenté n'avait rien à voir avec l'équité salariale.Les salariées et leur syndicat ont été tenus complètement à l'écart du processus ayant mené aux décisions finales de la Commission.Seul l'employeur, l'unique «partie» au sens de la Commission, a eu le droit de recevoir et de commenter le rapport d'analyse de la Commission et de reagir aux recommandations de cette dernière pour rendre les programmes conformes à la loi.Comment qualifier de tels agissements de la part de la Commission, sinon de manque de transparence et de neutralité?Et comment, en tant que syndicat, peut-on ne pas réagir devant un manque aussi flagrant de justice?Comment ne pas intervenir compte tenu que les décisions de la Commission, qui favorisent très majoritairement les employeurs, vont affecter en permanence les conditions salariales des travailleuses?Notre choix est clair: nous allons prendre tous les moyens pour faire casser ces décisions partiales et rétablir la justice pour les travailleuses et les associations accréditées qui les représentent.Imaginez maintenant le sort des travailleuses qui ne sont pas syndiquées.Quel pouvoir ont-elles?Comment peuvent-elles obtenir justice?La CSN est à En marche rœuTe;en marche dans ses syndicats pour obtenir, d'ici le 21 novembre 2001, L'équité salariale pour les milliers de travailleuses qu'elle représente.La CSN profite du 8 mars.Journée internationale des femmes, pour rappeler au gouvernement et aux employeurs que dans le secteur privé comme dans le secteur public : l'équité salariale, c'est un droit !
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