Le devoir, 5 mars 2001, Cahier A
w w .e d e v o i r .c o in ?w ?E DEVOIR LE MONDE Israël: psychose le long de la «ligne verte» Page A 5 LES SPORTS Mauvais depart pour la F 1 Page B 4 V o L .X C 1 I X 4 7 ?i.e i.r \ i> i :> m a ii s i o o i s ; » W s i $ Des airs de campagne référendaire ____ , .- * JACQUES NADEAU LE DEVOIE Le nouveau président du Parti québécois, Bernard Landry, a lancé un appel à l’action, hier, à l’occasion du conseil national du Parti québécois.•" COMMENT VA «LA CAUSE»?(1) Uappui à la souveraineté est stable mais fragile Il se situe au même niveau qu’au début de la campagne référendaire de 1995 Michel Ve n ne Le Devoir Premier d’une série de trois articles Après l’annonce de la démission de Lucien Bouchard, la revue Time publiait en page couverture la photographie d’une pierre tombale avec, écrit dessus, «Separatism - R1P».Encore une fois, on annonçait la fin du séparatisme au Québec.Or Bernard Landry vient d’accéder à la fonction de chef du Parti québécois en affirmant que «le temps est venu» pour le gouvernement de se remettre à faire campagne en faveur de la souveraineté.Lorsqu’il annonça sa candidature à la direction du Parti québécois, à Verchères, le 21 janvier, il se présenta comme l’homme d’une cause en promettant de réaliser la souveraineté du Québec.Il souhaitait que celle-ci prenne forme «préférablement au sein, par exemple, d’une union de type confédéral avec le Cana- da comme les nations européennes le font dans le respect de leur identité et de leur souveraineté propre».Vendredi soir, il disait que les Français envoient environ 2 % de leurs impôts à Bruxelles tandis que les Québécois confient environ la moitié de leurs ressources fiscales au gouvernement fédéral.«Je réglerais facilement pour 2 ou 3 % avec Ottawa», dit-il, évoquant une éventuelle entente de partenariat VOIR PAGE A 8: SOUVERAINETÉ Il est temps de passer à l'action, dit Bernard Ixindry aux militants FRANÇOIS CARDINAL 1 E DEVOIR Saint-Hyacinthe — Bernard Luidry en a assez de voir les péquistes tenter de définir ce que sera un Québec souverain.Mettant on avant le projet d'une union confédérale entre le Québec et le Canada, M.Landry a lancé aux militants un appel à l’action en les exhortant à passer de la parole au geste.«Im réflexion est largement terminée», a-t-il lancé sous les applaudissements.Le discours de clôture du conseil national du Parti québécois prononcé hier à Saint Hyacinthe par son président, Bernard I andry, ressemblait étrangement à un discours de campagne référendaire.Celui qui sera bientôt premier ministre du Québec entend consacrer toutes son énergie à promouvoir la souveraineté et il demande aux militants de faire de même.VOIR PAGE A K: LANDRY Landry tient un discours «moins inclusif», dit Charest PAUL CAI! CH O N LE DEVOIR arrivée de Bernard Landry implique maintenant r des choix plus clairs: «M.landry vient de définir un terrain partagé par moins de Québécois que ce que M.Bouchard offrait», un terrain «moins inclusif» soutient Jean Charest, qui accuse le futur premier ministre de vouloir rejouer «sans arrêt le même film en noir et blanc» de la souveraineté «Jusqu'à ce qu’il obtienne son oscar», et ce, sans l’accord de la population.Mais le chef de l’opposition officielle à Québec n’exige pas des élections immédiates pour clarifier le man dat de Bernard Ltndry.«Nous allons donner la chance au coureur» dit-il, tout en affirmant que le Parti libéral est prêt à tous les scénarios possibles, y compris le déclenchement d’élections dès le printemps.VOIR PAGE A 8: CHAREST Lire aussi en page A 3 ¦ Les militants de Montréal repartent déçus Investiture péquiste dans Mercier Toussaint passe par six voix KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Victoire à l’arraché hier dans Mercier pour l'establishment péquiste.Le candidat Claudel Toussaint a remporté l’investiture dans cette circonscription au cœur de Montréal avec seulement six voix de majorité.M.Toussaint a gagné en franchissant de justesse la majorité des 334 votes exprimés.Il a recueilli 125 pour son plus proche adversaire Claudel Toussaint 173 votes contre Pierre Tadros.VOIR PAGE A 8: TOUSSAINT INDEX -si Annonces B 5 Mots croisés B 3 Actualités .A2 Météo B 5 04 Avis publics B 3 Planète B 2 04 Culture B 8 Religions B 6 O O Éditorial .A6 Science B 1 O Idées .A7 Sports B 4 Monde .A5 Télévision B 7 Sécurité alimentaire Deux continents, deux mondes Officiellement, les ministres français, québécois et canadien de l’Agriculture s’entendent sur une chose: l’information donnée au consommateur.Mais entre les moyens qu’ils prennent pour l’assurer, il semble y avoir un océan de différences.Le principe de précaution sert-il d'entrave au commerce ou de protecteur de la santé publique?JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Malgré les divergences sur la culture d’OGM et les méthodes d’élevage des animaux de boucherie, les relations France-Québec-Canada sur le point agriculture et alimentation semblent être harmonieuses.Hier, les trois ministres de l’Agriculture ont fait ensemble une visite du Salon international de l’alimentation (SIAL) après avoir fait le point sur leurs contentieux.Et là où le ministre français Jean Glava-ny a parlé du principe de précaution pour protéger la santé publique, ses homologues Rémy Trudel et Lyle Van-clief ont parlé du principe de précau- tion comme d’une entrave possible au commerce international.MM.Vanclief et Glavany ont eu d’âpres discussions sur le sens à donner au «principe de précaution» et surtout sur «le fait que le principe de précaution ne doit pas être utilisé pour faire du protectionnisme», a dit le ministre fédéral de l’Agriculture.L’Organisation mondiale du commerce a déjà donné deux fois raison au Canada et aux États-Unis qui accusent la France d’invoquer faussement des raisons sanitaires pour refuser l’entrée de leur viande sur son territoire.La France considère qu'une série d'hormones de VOIR PAGE A 8: MONDES CT at-’* JACQUKS O RENIER I.E DEVOIR I-e ministre québécois de l’Agriculture, Rémy Trudel, et son homologue français, Jean Glavany, au Salon international de l’alimentation tenu à Montréal.laude ChiassQQH Le spécialiste des finances personnelles au Québec.J Vos placements Le samedi et le mardi dans Dr I I ç 86 778313000641 A 2 K I) K V (MR.I.K I.1 \ I) I .*» M A t! S l (I (l .ES ACTUALITES Une première en Amérique du Nord Nouveau-Brunswick Le SIAL, un énorme « business » CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Le Salon international de l'alimentation, des boissons, vins et spiritueux (SIAL) a démarre en grand hier au Palais des congres de Montréal avec déjà des milliers de visiteurs venus de 92 pays qu’attendaient 684 exposants provenant de 43 pays.C'est la premia re fois en Amérique du Nord qu’un tel salon est organisé.Il reviendra tous les deux ans à Montréal, ce qui donne à l’industrie agroalimentaire québécoise une vitrine mondiale exceptionnelle.Ce salon n’est pas ouvert au grand public mais seulement aux professionnels de l’industrie, essentiellement des transformateurs et des distributeurs qui veulent tous vendre leurs produits.Ils sont aussi à l’affût de relations stratégiques avec des investisseurs ou des partenaires.Aujourd’hui et de-main, les conversations privées seront tout aussi importantes, sinon plus, que les manifestations publiques qui, comme on l’a vu hier, sont parfois des gestes politiques et diplomatiques.Le SIAL, qui est d’abord et avant tout une création originale française, a donné lieu hier à un nouveau tour d’équilibre dans les relations triangulaires Paris-Ottawa-Québec.Jean Glavany, ministre de l’Agriculture de France, qui est venu spécialement pour l’occasion, a eu des entretiens avec le ministre canadien, Lyle Vancleef, et avec le ministre québécois, RémyTrudel.Toutes les regies du protocole ont été respectées.I>e Québec et la France ont tout de même annoncé une nouvelle collaboration en matière de sécurité alimentaire et de traçabilité des produits.Puis les Amérindiens, qui sont désormais de tous les événements a caractère international, ont convié les Blancs à fumer le calumet de paix, ce à quoi se sont adonnés le ministre fédéral, deux ministres du Québec et quelques chefs de réserves du Québec, avant de passer à table pour goûter les recettes amérindiennes.En soirée, l’Association des gens d'affaires autochtones invitait tout le monde à une grande fête, ce qui devait être de nature sans doute à séduire de nombreux visiteurs étrangers.Toutefois, le SIAL demeure avant tout un énorme «business» pour reprendre le seul mot anglais utilisé par le président du SIAL, Gilles Vaucelle.Pour la seule France, l’industrie agroalimentaire représente un chiffre d’affaires de 125 milliards américains.C’est la plus importante industrie du pays, loin devant celle de l’auto.la France occupe même maintenant le premier rang mondial pour les produits transformés.Le Sial d’ailleurs en est à sa 19' édition à Paris.Le dernier salon qui y fat tenu a attiré 52(X) exposants et 133 000 visiteurs.; 4 JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les nombreux stands du Salon international de l’alimentation attiraient déjà hier des centaines de professionnels de l’industrie.En Amérique du Nord, l'industrie des aliments et des boissons génère des revenus de 1,5 billion américain.Pour le Canada, les ventes qui augmentent toujours atteignent maintenant 22 milliards, dont plus de la moitié à l’exportation.Une entente de principe intervient avec les employés d’hôpitaux PRESSE CANADIENNE Fredericton — Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a affirmé hier avoir conclu une entente de principe avec les employés d’hôpitaux en grève.En vertu de cette entente, les employés de l’Etat recevront une augmentation salariale moins élevée que ce que réclamait leur syndicat, mais ils éviteront les amendes imposées par la loi spéciale qui pourrait être adoptée cette semaine.Le premier ministre de la province, Bernard Lord, a précisé hier que le syndicat «votera[\X] sur.une entente de 12,5 % sur quatre ans.Si l’entente est approuvée par les membres du syndicat avant l'adoption de la loi, nous n’en aurons pas besoin».Selon une source syndicale, les membres ont commencé à se prononcer sur cette entente hier et le vote devrait durer deux jours.Les résultats pourraient être connus demain.M.Lord a précisé que le projet de loi spéciale forçant le retour au travail des syndiqués, adopté d’urgence samedi, fera son chemin à l’assemblée législative tant que l’entente de principe ne sera pas approuvée.Jean Hurteau Président Fruits & Passion CUF.NT DE LA BDC DEPt lS 1999 m/mà ÊB- .: /A > ¦ .' * fo.•• N ’ A:\ As ,,.U Pour ceux qui récoltent les fruits de leur passion Bien qu elle oeuvre dans un secteur où la concurrence peut manquer de douceur, l’entreprise de produits de soins corporels Fruits & Passion a réussi à s’imposer non seulement au Canada et aux États-Unis, mais aussi à étendre ses ramifications en Europe, en Asie et en Amérique du Sud.Le prêt à terme accordé par la BDC a permis à l’entreprise de construire une nouvelle usine de 60 000 pieds carrés.11 semble bien que Jean Hurteau ait tous les outils en main pour faire fructifier davantage son affaire.Vous cherchez à faire croître votre entreprise?Voyez la banque qui offre du financement non conventionnel, du capital de risque et des conseils en gestion.Composez le 1 888 INFO-BDC ou visitez notre site Web à l’adresse: www.bdc.ca Canadî; M l Banque de développement du Canada Exclisivemest al service des PME £ BDG L’offre salariale du gouvernement est en deçà des 14,5 % sur trois ans demandés jeudi par le syndicat et bien inférieure à sa demande initiale de 18 %, avec des révisions salariales de plus de 6 %.Le salaire moyen des employés à temps plein dans les hôpitaux du Nouveau-Brunswick est de 20 000 $.Une hausse de salaire de 12,5 % pourrait coûter 18 millions aux coffres de la province.Les négociations entre le gouvernement et les syndiqués ont été rompues jeudi soir après que le gouvernement eut refusé de revoir son offre de 12,5 % sur quatre ans.Samedi, l’opposition libérale a soutenu que malgré le fait quelle trouvait la loi spéciale antidémocratique, elle apportait son soutien à un retour au travail force dans l’intérêt du maintien des services de santé.Bernard Lord a défendu la décision de son gouvernement conservateur, samedi, en affirmant que les soins aux patients étaient son premier souci.«On m’a dit que le système de santé ne pouvait pas supporter une grève de cette importance pendant très longtemps», a précisé M.Lord.Consommation d’alcool chez les autochtones Un sujet explosif! PRESSE CANADIENNE Ottawa — Autochtones et alcool: ce dossier chaud constitue une véritable bombe à retardement susceptible d’exploser à tout moment Même le chef Matthew Coon-Come y a laissé quelque sueur, la semaine dernière, lors d’un accrochage entre tenants de la vieille garde et voix émergentes.Le chef de l'Assemblée des premières nations avait eu le culot de répéter ce que des spécialistes des questions de santé touchant aux autochtones venaient de répéter à maintes reprises lors d’une conférence à Ottawa.Il est impératif de réagir devant le taux de suicide élevé, le problème de dépendance et les autres sérieux problèmes affectant les premières nations, avaient estimé ces observateurs.Et selon eux, l’exemple doit venir des chefs qui, trop souvent, succombent aux mauvaises habitudes qu’ils tentent de décourager chez les jeunes autochtones — enfants davantage susceptibles de se tuer que les non autochtones.M.Coon-Come partage ce point de vue.«Nous devons nous reprendre en main», a-t-il lancé.Il n’a d’ailleurs pas mâché ses mots lorsqu’il fat appelé à se prononcer, à l’extérieur de la salle de conférence, sur la consommation d’alcool des dirigeants autochtones.«Venez simplement à n’importe quelle réunion, et vous verrez, a-t-il dit S’il y a une conférence, allez-y et observez.Regardez qui s’amuse et qui boit.C’est très répandu.» La mèche était allumée, et M.Coon-Come allait recevoir une volée de bois vert Des chefs de l’Atlantique ont notamment exigé qu’il se rétracte, jugeant ses propos sans fondement, injustes et stéréotypés.Au moins un dirigeant est allé jusqu’à réclamer sa démission.M.Coon-Come est demeuré de marbre, ce qui pourrait bien lui coûter quelques appuis politiques.Il n'en a pas moins été qualifié de héros par ceux qui estiment que le temps est venu pour ses détracteurs de se rendre à l’évidence.EN BREF Menace de grève des fonctionnaires (Le Devoir) — Les négociations en vue du renouvellement des contrats de travail de quelque 125 000 fonctionnaires fédéraux, dont près de 25 000 au Québec qui sont membres de la FTQ, sont rompues, a annoncé hier Jérôme Turcq, vice-président de la FTQ et vice-président pour le Québec de l'Alliance de la fonction publique du Canada.La grève a été votée par les fonctionnaires de l’impôt federal et les autres salariés de l’Agence des Douanes et du Revenu, au nombre de 30 000 et par les fonctionnaires de l'Agence d’inspection des aliments, qui sont près de 7000.Les autres groupes de fonctionnaires seront bientôt appelés à voter à se prononcer. L K 11 E V il I R I E I l \ I) I M A R S _> (l (I I ?LE DEVOIR ACTUALITES A :> Les militants de Montréal repartent déçus La possibilité d’obliger les allophones à fréquenter les cégeps français a été rejetée par quelque 60 % des militants présents Conseil national du PQ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le président de l’association péquiste de la circonscription de Mercier, André Reny, qui était le bras droit d’Yves Michaud, a claqué la porte du PQ qu’il dit en rupture avec ses membres.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Les militants péquistes de Montréal se désolent de voir leur nouveau chef Bernard Landry emprunter la même voie de la modération que Lucien Bouchard sur la question linguistique.Ainsi, le Parti québécois continue-t-il de verser dans l’ambiguïté, voire l’incohérence, estime le président de Montréal-Ville-Marie, Luc Thériault Entre le congrès de mai dernier et le conseil national que le PQ tenait cette fin de semaine à Saint-Hyacinthe, le débat a dévié.La possibilité d'obliger les allophones à fréquenter les cégeps français afin de permettre leur intégration à la communauté de la langue française a été réduite à un amendement et rejetée par quelque 60 % des militants présents.«On a fait un détournement de mandat: on vient de voter à 200 une proposition qui ne respecte aucunement ce qu’on avait voté à 2000.C’est énorme comme incohérence, soutient M.Thériault dont l’organisme regroupe 17 circonscriptions de l’île.[.) Certains militants ont considéré que la position que nous venons de prendre était une proposition qui deviendrait exécutoire lundi matin.Ils ont oublié que tout ce qu’on revendiquait, c’était la possibilité que le Parti québécois puisse occuper son espace idéologique et politique aux états généraux [sur la situation et l’avenir de la langue française].Et qu’il parle d’une seule voix plutôt que d’intégrer dans son mémoire des argument^ de nos adversaires fédéralistes.A ce titre-là, c’est décevant.» Pomme de discorde depuis quelques années au sein PQ, la langue a même «profondément divisé» l’exécutif national sur la ques- tion du cégep en français.Au moins trois membres, dont Daniel Mercier-Gouin, ont ouvertement montré leur dissidence samedi.M.Mercier-Gouin a contredit la première vice-présidente Marie Mal- avoy.«Nous avons fait une large consultation de nos militants.Et ils nous ont fait valoir des arguments pour aller dans le sens de l'amendement apporte (par Montreal]», a-t-il souligne.Reny claque la porte Dans ce contexte, le president de l'association pequiste de la circonscription de Mercier, André Reny, qui était le bras droit de Yves Michaud, a claqué la porte du lYj qu’il dit en rupture avec ses membres.-Quand la langue est bafouée, elle est bafouée», a-t-il tnui-ché accusant les dirigeants du par ti d’avoir orchestre le débat.De son côté, Mario Beaulieu, président de Montréal-centre (14 circonscriptions), croit qu'il faut continuer la lutte au sein du PQ malgré les obstacles.«Le débat linguistique est devenu un sujet tabou depuis deux ans.| .| Il y a tout un contexte qui a joué.Ça été plus difficile pour les militants de faire un choix librement avec un nouveau chef», affirme-t-il.Hier, Bernard Landry a toutefois tendu la main aux militants déçus par la tournure des événements.- Dixième anniversaire de la défaite de l’Irak: de maigres acquis HOUCHANG HASSAN - YARI Professeur au Collège militaire royal du Canada; directeur de recherche sur la sécurité au Moyen-Orient à la Chaire Téléglobe Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM CATHERINE VOYER-LÉGER Chercheuse sur la sécurité au Moyen-Orient à ta Chaire Téléglobe Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM Le 101' anniversaire de la guerre du Koweït vient d’être célébré par les principaux acteurs du conflit des deux côtés de la ligne de démarcation.Certains des invités de l’Emir du Koweït ont jugé bon de faire un examen critique du résultat de la «mère de toutes les guerres».George Bush (père) rappelle que Saddam Hussein est toujours en place et qu’il représente un danger.Margaret Thatcher mentionne le caractère inachevé de la guerre et frit sien l’argument du général Schwartzkopfi il fallait marcher sur Bagdad pour en finir avec Saddam Hussein.Pour sa part, ce dernier fête sa victoire sur une coalition de plus de trente pays, y compris l’ensemble des puissances occidentales.Mais où en sommes-nous dix ans plus tard et indépendamment des réclamations foncièrement contradictoires de part et d’autre ?Les objectifs de la guerre L’expulsion des forces irakiennes du Koweït était l’objectif principal d’une guerre qui s’inscrit dans le contexte de la disparition de l’URSS.En effet, les Etats-Unis ne pouvaient tolérer l’émergence ou l’existence des puissances régionales contestataires.Un Irak trop gourmand pouvait gêner l’hégémonie américaine dans la région sensible et vitale du Moyen-Orient.Vainqueur de la Guerre froide, Washington voulait capitaliser sur son statut de «seule superpuissance» face à ses alliés de plus en plus rebelles: une Allemagne réunifiée aspirant à la direction d'une Europe revigorée; une France partageant la même aspiration: un Japon à la recherche de la conversion de son pouvoir économique en force politique.La guerre pour le Koweït a mis firi au moins momentanément à ces remises en question déchirantes.Si les Américains ont réussi à contenir les aspirations japonaises, les Européens ont, en revanche, accentué leur distance face au grand frère d’une ère révolue.La tentative de l’Europe de se doter d’une politique étrangère et de défense commune, de laquelle surgirait une force militaire européenne, s’inscrit dans cette dynamique.L’administration Bush (père) a préféré ne pas créer un vide qu’elle regretterait en marchant sur Bagdad et en écrasant le régime de Saddam Hussein.Un tel développement aurait créé, en Irak, une situation difficilement contrôlable.Hussein disparu de la scène moyenne-orientale, il aurait fallu lui trouver un remplaçant Un régime composé de Chiites et de Kurdes aurait été inacceptable dans la mesure où il aurait été soumis à une influence iranienne abritant l’essentiel du leadership chiite irakien et qui plus est en bon terme avec une partie du mouvement kurde irakien.Un tel pouvoir semblait donc dangereux, et ce choix ne pouvait pas satisfaire les attentes américaines ou les régimes arabes.Devant l’impasse, la cohabitation avec un Hussein affaibli se présentait comme la voie la moins risquée, d’autant plus que ce dernier détient des capacités de nuisance remarquables, mais toujours contrôlables.Hussein est également un élément déstabilisant pour les régimes arabes.Il maintient et aggrave les déchirures arabes, affaiblissant ainsi la position palestinienne et arabe en général face à Israël et aux Etats-Unis.Chaque fois que les avions américains bombardent l’Irak, les masses arabes descendent dans les rues en guise de solidarité avec le peuple irakien.La répétition de ces événements au cours des dix dernières années mine graduellement la légitimité des régimes arabes pro-américains qui risquent de perdre leur contrôle musclé de la situation.Après le déversement des bombes à fragmentation sur les présumés sites de radar irakiens le 16 février dernier, le président Bush (fils) a comparé les sanctions contre l’Irak au fromage suisse.Cette affirmation est un signe évident du déclin de l’emprise américaine qui, dix ans plus tôt, régnait en maître absolu sur la situation.Pour remplir les trous du fromage, les Etats-Unis n’ont pas cessé d’utiliser la force brute, se noyant, au fil des bombardements, dans la stratégie délibérée de Bagdad.En frit les bombardements sont une nourriture divine pour Hussein, surtout quand ils prennent pour cibles des civils: ils justifient son discours anti-occidental.Les sanctions sont inefficaces et inhumaines.Selon Denis Halliday, ancien coordonnateur du Programme de l’ONU «Pétrole pour nourriture», elles détruisent la société irakienne et tuent 5000 enfants chaque mois.Richard Butler, ancien chef inspecteur de l’ONU, parle de l’échec des sanctions.Devant cette réalité et devant l’indignation généralisée, Colin Powell, le secrétaire d’Etat américain, a annoncé, le 26 février, un «changement majeur dans la politique américaine».Powell parle des «sanctions intelligentes» (smarter sanctions).Il s’agit essentiellement de la levée des sanctions à caractère économique et du renforcement des sanctions militaires.Si, au cours des sept première^ années du régime de sanctions, l’ONU et les Etats-Unis n’ont pas réussi à nettoyer ce pays des armes de destructions massives, comment peut-on imaginer le succès de sanctions plus sélectives?Comme la première génération des sanctions, la deuxième est vouée à l’échec.Pour désarmer Hussein, il faut mettre fin aux sanctions qui détruisent le peuple irakien.v K V O I H .L K L l N |> | :> M A li S 2 0 0 A 7 IDEES Financement des partis politiques On veut saboter la pièce centrale de notre patrimoine démocratique Suivez le raisonnement: parce que tout le monde sait que tout le monde contourne la Loi du financement des partis, rendons le contournement légal! ANDRÉ LAROCQUE Candidat de l’ADQ dans Mercier Ancien sous-ministre de René Uvesque à la réforme électorale st-il possible d'inventer un principe législatif plus cabochon que celui-ci: « Pour mettre un terme à l’hypocrisie, légalisons la situation»?Suivez le raisonnement: parce que tout le monde sait que tout le monde contourne la Loi du financement des partis, rendons le contournement légal! Si on se rangeait à un tel avis, il faudrait avertir les légistes à Québec d’annuler leurs vacances: ils auront fort à faire avec «ce que tout le monde sait»: travail au noir, trucs pour éviter l’impôt, prostitution, industrie de la drogue, blanchiment de l’argent.et j’en passe.Finie l’hypocrisie; vive le chaos! René Lévesque répétait souvent que s’il n’avait produit que la loi du financement des partis, toute sa carrière politique aurait été justifiée.Ce qui semble échapper à plusieurs aujourd’hui, c’est que cette loi ne porte pas sur les méthodes de financement ou sur les techniques de comptabilité des partis, mais sur le cœur même du processus démocratique.Le but de René Lévesque et de la loi 2 était de remettre aux citoyens électeurs la propriété exclusive des partis politiques.La disparition des vieilles caisses occultes n’était qu'un effet: le but poursuivi est la démocratisation de notre système politique.C’est le même principe qui guidait toutes les autres «réformes Lévesque» : loi de la consultation populaire, loi de la représentation électorale, loi d’accès aux documents publics, télédiffusion des débats de l’Assemblée, etc.C’est le même principe qui guide toutes les autres réformes Lévesque laissées en plan: élection du premier ministre au suffrage universel, réforme du mode de scrutin, introduction de l’initiative populaire, etc.Bien sûr.la loi du financement des partis connaît des déficiences.Il n’existe pas de loi qui ne soit contournable par quelqu’un quelque part.La série d’articles dans Le Devoir par Kathleen Lévesque est très utile pour bien saisir le problème et il importe que ce gouvernement qui se targue de porter l’héritage de René Lévesque y voit d’urgence.Par contre, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel.Le premier ministre du Québec, péquiste ou libéral, demeure aujourd’hui, dans le monde entier, un des chefs de gouvernements les plus libres de décider sans influence externe, sans dépendance à des milieux financiers privés.Observez les USA, la France, l’Italie, le Royaume Uni, le Japon, l’Allemagne.Et même pas besoin d'aller si loin.Observez tous les gouvernements du Québec depuis l’adoption de la loi 2 en 1977 et, par comparaison, observez ce qui se passe à Ottawa sur la même période de temps avec messieurs Mulroney et Chrétien.Comparez le premier et le second gouvernements de Robert Bourassa, avant et après la loi du * % Mais l’hypocrisie n’est pas dans la loi.Elle est dans le gouvernement qui la brandit comme un symbole, mais au plan pratique en organise le contournement financement des partis.Qu’on ne vienne pas raconter que la loi du financement n’a pas d’effet.Messieurs Duhaime, Côté et autres ont raison de parler d’hypocrisie.Mais l’hypocrisie n’est pas dans la loi.Elle est dans le gouvernement qui la brandit comme un symbole mais au plan pratique en organise le contournement Si la loi est pleine de trous, qui sinon le gouvernement a la responsabilité de les colmater?Si la loi était depuis longtemps pleine de trous, où était Pierre F.Côté quand il avait la responsabilité comme Directeur général des élections de l’appliquer cette loi?Si la loi demeure aujourd'hui pleine de trous, où est passé le nouveau DGE qui semble plus occupé à lancer des accusations non fondées de fraude contre des électeurs qu’il a pourtant le mandat de protéger?Où est passé le ministre responsable de la réforme électorale?Porté disparu depuis longtemps.Chansons québécoises Triste fin pour de belles œuvres SYLVIE CHAPUT Ecrivaine et traductrice 1 y a plusieurs années, un jour où nous faisions tourner un disque de Claude Léveillée, deux jeunes adolescents en visite à la maison se sont écriés: «C’est la chanson de McDo!» Déjà, à la télé, nous avions pu voir du beurre fondre au son d’une chanson de Jean-Pierre Ferland.A présent une série de chansons francophones sert à promouvoir le lait des chansons de Claude Dubois, de la bière, une loterie et la beauté des paysages hivernaux; une chanson de Luc Plamondon et François Cousineau, une marque de voiture; une chanson de Michel Tremblay et François Dom-pierre, une chaîne àe fast food.Chaque fois, je suis partagée entre la colère et la tristesse, et je me pose les mêmes questions.L’auteur et le compositeur ont-ils accordé une autorisation en bonne et due forme pour cette utilisation de leur œuvre?Ou bien le commanditaire se sert-il de la chanson de sa propre initiative, au risque de payer une amende advenant des pour- suites judiciaires?La Société des auteurs et des compositeurs professionnels du Québec (SPACQ) et la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN) s’intéressent-elles à ce phénomène?En privé et en public, les auteurs et les compositeurs se plaignent que les auditeurs copient les disques sur cassettes ou sur compacts; que les radios coupent leurs chansons pour en regrouper plusieurs sous forme de montages; que les propriétaires de magasins, de restaurants et de bars rechignent à payer des permis pour diffùser des œuvres enregistrées: que les interprètes les maintiennent trop souvent dans l'anonymat et font comme s’ils avaient composé ces chansons eux-mêmes; que les producteurs leur versent des redevances minimes pour l’exécution de leurs œuvres en spectacle.Ils font valoir que leurs chansons n’appartiennent pas à tout le monde, qu'ils en ont la propriété intellectuelle et que, de ce tait ils ont droit à une juste reconnaissance et à une juste rémunération.Les auditeurs qui comprennent leur simation et qui sont sympathiques à leur cause (et ils ne sont pas légion) continueront-ils de les prendre au sé- rieux si un nombre croissant de créateurs consentent à se faire les promoteurs d’un produit commercial?Le créateur aspire à ce que ses chansons touchent le public, à ce que les auditeurs les fredonnent et les connaissent par cœur, à ce qu'elles soient liées à des moments précieux de leur vie.Il rêve non seulement de les voir figurer aux premières places du palmarès, mais à les voir entrer dans le patrimoine collectif.S’il réussit ce coup de maître, ses chansons demeurent siennes, oui, mais il les partage avec ceux et celles qui les aiment.Je trouve extrêmement curieux que des auteurs et des compositeurs — des artistes qui se préoccupent tant de sonorité et d’harmonie et qui tiennent à ce que leurs œuvres soient enregistrées dans de bons studios sur des supports de qualité — acceptent l’irruption d’interférences tout à fait étrangères à leur intention premiere et à leur propos, c’est-a-dire l’image et le nom d’un produit de consommation ou des comédiens qui À quand une annonce de char qui aurait pour thème Le plus beau voyage de Claude Gauthier?JACQUES GRENIER l.E DEVOIR Le but de René Lévesque et de la loi 2 était de remettre aux citoyens électeurs la propriété exclusive des partis politiques.La loi du financement des partis, ce n’est pas au sujet du fric, c'est au sujet de la démocratie chez-nous.Les citoyens du Québec en sont très fiers.Eux qui ont la confiance fragile dans leurs élus et dans leurs institutions ne pardonneront jamais au gouvernement du PQ d’enterrer la réforme la plus identifiée à René Lévesque.Voilà qu’arrive son quatrième successeur.Il serait fort approprié pour lui de convoquer d’urgence la Commission parlementaire responsable de réexaminer la loi.Si les électeurs de Mercier me font le privilège de m’élire leur député, je me ferai un devoir de défendre la conception de René Lévesque et de déposer à la commission cet autre projet de réforme de monsieur Lévesque: «un fond démocratique» que le premier ministre du temps aurait voulu faire adopter.la loi du financement des partis, il faut commencer par l’appliquer, puis l’améliorer, mais non pas la stériliser.font des steppettes.Ces interférences bousillent la chanson pour toujours.Demain matin, Montréal m’attend, que j’ai vu il y a presque 30 ans au Centre national des arts, faisait partie de mes bons souvenirs.Désormais, le thème de cette comédie musicale sera associé dans mon esprit à des frites mal cuites.Bon, tout peut servir à vendre n’importe quoi.On peut imprimer une reproduction du David de Michel-Ange sur un six-pack de boissons gazeuses.Cette sculpture survivra peut-être à pareil traitement.\jà chanson québécoise, je me le demande.L’ensemble du répertoire risque de mériter, dans un avenir pas très lointain, l’épitaphe suivante: Y avait un p’tit peu d’nous aufres là-dedans.A quand une annonce de char qui aurait pour thème Le plus beau voyage de Claude Gauthier?Une pub de vélo sur Le tour de lile de Félix Ijeclerc?Une annonce du Mouvement Desjardins sur Ijes gens de mon pays de Vigneault?S e r g r H o u c h a r d Sous mon gouvernement A 53 ans, j’ai encore espoir de diriger ce pays.Sous mon gouvernement, on jaserait beaucoup.Sachons que gouverner n’est pas une sinécure.Etre chef de millions de gens, c'est s’installer dans les esprits.La fonction est plus que difficile.11 faut de la tenue, de l'energie, de la largeur de vue, de la grosseur de cœur, aimer le monde, envers et contre tous, sacrifier sa santé, s’oublier complètement, pu er l’imparable, recevoir tous les coups.Il faut avoir une carapace de pierre, une volonté de fer, la ruse de mille renards, le courage des louves et la force des ours, la patience d’une tortue, le dos d’un eider.11 est nécessaire d'en prendre, d'en recevoir, d'en donner, il est obligé de ronger son frein, de ménager quelques vengeances, bref, il n'est pas superflu d'être humain.Pourquoi, devant ces énormes difficultés, certains feraient tout pour obtenir le poste?11 doit bien y avoir une satisfaction.Tout de suite, nous pensons au |>ou voir dont la magie ne semble pas devoir être expliquée.Il y a aussi la satisfaction de voir triompher son idée.Or, le pouvoir corrompt tel le pire des poisons, il use, il fatigue.Ijes politiciens savent, ]xnir le vivre tous les jours, que l'humain vit du poison dont il meurt.Et les idées ont la manie de mal se partager.Les idées s’entrechoquent, elles se contredisent, elles font de la chicane, la politique est un mal nécessaire, un débat perpétuel, un combat, une guerre réglée et patentée, une danse de fous.Mais nous aurions bien tort de mépriser ces fous de la politique; car eux, c'est nous.Le politicien fait plus que nous représenter, il est notre double.Ce sont nos qualités, nos défauts, nos travere, nos forces, notre grandeur et notre petitesse que nous avons devant nous.Or, il n’est pas malvenu de nous trouver beaux.la politique pour un monde meilleur n’est pas une idée en l’air.L’embellissement du monde n’est pas une niaiserie.Gouverner n’est pas une science exacte, cela reste un ai l, une manière d’être, une obsession.Il faut bien une direction, une décision, une résolution.Depuis plusieurs années, j’écris.En rétrospective, je réalise que mes écrits contiennent l’expression des mes idées politiques.Je ne suis pas moins fou que les autres.Il est probable que je me situe dans la moyenne.A ce jour, mon itinéraire vaut bien un programme.Sous mon gouvernement, les professeurs du primaire seraient quatre fois mieux payés que les professeurs d’université.Il serait obligatoire, le voyage en Abitibi, avant l’âge de vingt ans.1 a majorité légale serait remontée à vingt-cinq ans, comme le suggérait si bien Biaise Pascal.Je réhabiliterais l’hiver, ferais du déneigement un art, du dérapage, du patinage et de la glisse des sports nationaux.J’érigerais un monument aux camionneurs, je décréterais le bleu gouvernemental illégal, l’épinette noire serait notre emblème national, tous les Québécois de souche, de tronc, de feuilles ou de brindilles, de greffe ou de passage, parleraient le français, l’anglais et l’algon-quien en sus de leur langue, la bêtise serait réprimée à ma seule discrétion, la méchanceté serait punie, la petitesse aussi, je limiterais le nombre des avocats, je créérais 50 000 emplois de gardiens du territoire, donnerais un prénom à chaque orignal, favoriserais indûment la Gaspésie au détriment du reste, sauverais le carcajou de l’extinction et j’en passe.Sous mon gouvernement, les chiens seraient sacrés, les vieux seraient armés, le rêve serait obligatoire et nos grands-mères auraient chacune une statue le long d’une très belle avenue.En politique extérieure, je condamnerais les hommes talibans à rester à la maison pour les deux prochains siècles et je menacerais d’annexer le Brésil, le Belize et l’Erythrée, sans aucune raison.Nous parlerions d’amour, de partage et d’égalité; nous nous donnerions du temps, disons mille ans, pour essayer d’y arriver.Il se donnerait des cours de politesse, de gentillesse, de générosité et de grandeur d’âme.Je ferais de l’histoire le premier des sujets.Ix's finances de l’Etat seraient à ce point désastreuses que j’interdirais à chacun d’en parler.D’ailleurs l’argent ne serait plus notre première idée.Nous parlerions de dignité avant de parler de liquidité.J’aurais des équipes pour faire l’éloge de la faillite.Mais rassurez-vous, je n’envisage pas une longue carrière politique.Je démissionnerais à la première occasion.Il me faudrait partir avant qu’on ne m’emprisonne, je devrais m’exiler avant qu’on ne me saisisse.Le métier de premier ministre est trop difficile et pics ambitions encore plus grandes.A cinquante-trois ans, j’ai encore espoir d’être pape.Je commencerais par me faire ordonner.Puis je choisirais le nom d’innocent, disons Innocent XVI.Devenu le numéro un de la chrétienté, déclaré souverain et pontife, ce qui n’est pas rien, je sortirais le fouet et j’irais m’installer au grand confessionnal central de la cité éternelle.In, je recevrais les péchés et les confidences de l’humanité.Il n’est pas sûr que j’en ressortirais.Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commçntaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution a 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous prendrons contact avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports), Paule de* Rivières (éditorialiste), Jean Dion, Ixiuis-Gilles Francœur (environnement).Judith Lachapelle (science), Benoît Munger (responsable du site Web).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé), Michel Garneau (caricaturiste) .Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)-, Martin Duclos et Christine Dumazet (rp/erfeim); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) à l’information culturelle Michel Belair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres), Odile T remblay (cinéma);à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Hélène Baril, Claude Lévesque.Claude Turcotte; à l'information internationale Jean-Pierre Legault.Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l'information politique Hélène Buzzetti.Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).François Cardinal.Mario Clou tier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec), Kathleen I^evesque ; Marie-Hélene Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Ixiuise-Maude Rioux Soucy, MarieClaude Petit (commis) Ijs documentation Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault.Manon Derome.Serge Laplante (Qiié/»ff).Rachel Rochefort (Ottawa) IA Pl 'BLICITÉ ET L£ MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard.Gyslaine Côté.Marlene Côté.Anouk Hurbutt, Dominique I^riviere, Christiane legault.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet.Chantal Rainville, Micheline RueOand, (publicitaires).Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Berube (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Gaudin*: Bedard.Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon, Yanick Martel, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE.Johanne Brien (responsable a la clientèle).Hélene Gervais, Evelyne Labonté (responsable a la promotion des abonnements).Monique L'Heureux, Lise Ijtchapelle, Rachelle Leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Olivier Lachambre (contrôleur).Ghislaine Lafleur.Claudette Béfiveau (secrétaire administrative).Danielle Laper riere, Caroline Perrier.Danielle Ross IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). -?le devoir ?-—- ACTUALITÉS MONDES LANDRY TOUSSAINT SUITE DE LA PAGE I croissance et d'autres médicaments autorisés ici | dans l’élevage des animaux de boucherie sont né- J fastes pour la santé des humains qui les consomment.Le Canada et les Etats-Unis ne reconnaissent pas les études scientifiques sur lesquelles se base la France et l’OMC leur a donné raison.Mais la France n’a pas dit son dernier mot, a promis M.Clavany."Nous devons veiller à ce que les règles j du jeu du commerce international prennent en compte \ le principe de précaution qui nous est dicté comme un impératif de sécurité alimentaire incontournable, a dit Jean Glavany.En même temps, nous convenons aussi que nous ne pouvons pas accepter que ce principe de précaution soit invoqué à tort et à travers pour cacher ce qui ne serait que du protectionnisme déguisé.» Dans l’affaire du bœuf aux hormones, a reconnu le ministre français, l'Europe n’a pu jusqu’ici étayer scientifiquement ses craintes concernant sa consommation.Mais à la suite de la rebuffade essuyée à l’OMC, l’Europe n’a lancé pas moins de 17 études scientifiques pour appuyer ses convictions.«Quand ces études seront achevées, vous verrez que ce n’était pas du protectionnisme», a garanti M.Clavany.Des résultats préliminaires ont déjà été diffusés.«Je pense en particulier à une hormone utilisée beaucoup en élevage, le bêta-estradiol, qui représente clairement des risques cancérigènes qui ont été mis en évidence dans les premiers extraits des études.» Le ministre canadien Lyle Vanclief rappelle que; l’Organisation mondiale de la santé et des scientifiques européens ont conclu qu’il n’y avait aucun danger lié a la consommation du bœuf aux hormones.«Nous devons utiliser les meilleures études scientifiques disponibles à ce jour, mais nous ne pouvons invoquer le principe de précaution pour dire, par exemple, qu ’il s’agit des meilleures études à ce jour mais qu’on ne sait pas comment ce sera dans quelques mois ou quelques années, a expliqué M.Vanclief.Nous devons prendre une décision.» Tout progrès technologique comporte en lui-même des avantages et inconvénients, des côtés positifs et des risques, a dit M.Glavany.«Ce sur quoi nous sommes d’accord, c'est d’être transparent et honnête à l’égard des consommateurs.Et que l'objectif doit être d'offrir à terme au consommateur, le plus vite possible, même si ce n’est pas facile à faire, des règles d’étiquetage et de traçabilité telles qu’on puisse dire au consommateur ce qui a été fait avec des OGM.Et après, c’est le consommateur qui choisit.C’est plus facile à dire qu’à faire mais nous sommes tous d’accord sur l’objectif.» Canadiens et Français ont parlé de l’importance d’harmoniser les règles en matière de sécurité alimentaire.«Si chaque pays met en place ses propres règles, et qu’elles sont impossibles à appliquer parfaitement par les autres, cela peut engendrer des problèmes de commerce et être interprété comme du protectionnisme», a répété M.Vanclief.Quant au Québec, on n’entend pas adopter une position très différente du Canada.Pas question pour le moment de mettre en place un moratoire sur la culture d'OGM, comme l’ont demandé hier les membres du Parti québécois.«On pourrait le faire.On n'a pas à demander de permission pour cultiver ce qu'on veut», a dit le ministre Rémy Trudel.Par contre, ce dernier ne prendra pas de telles mesures sans consulter l’ensemble de l'industrie, le ministre a chargé ses homologues de l’Environnement et de la Science d’établir les bases scientifiques pour «placer le consommateur en situation de choisir».Et en attendant?«Est-ce qu’on continue intensément aux pesticides?C’est bon pour la santé les pesticides?Non.» L’utilisation des OGM, dit le ministre, réduit la quantité de pesticides utilisés.Le Québec va plus loin que le Canada en matière de sécurité alimentaire notamment avec le programme Traçabilité-Québec, dit le ministre Trudel.Le programme devrait rassurer les consommateurs qui sont inquiets à la suite des avis scientifiques de toute sorte concernant la sécurité alimentaire au pays.A partir de juillet 2001, l'itinéraire du bœuf, porc, agneau et des pommes produits au Québec sera suivi à la trace.lœ Québec aura donc, à ce moment, les structures adéquates pour garantir des produits avec ou sans OGM aux consommateurs.CHAREST SUITE DE LA PAGE 1 Le Parti libéral suivait évidemment avec attention les délibérations du conseil national du Parti québécois ce week-end «afin de connaître les orientations du futur premier ministre du Québec» de dire M.Cha-rest.«Nous voulons savoir à partir de quel mandat va-t-il gouverner.» Rappelant qu’au lendemain des élections de 1998 Lucien Bouchard avait clairement déclaré qu'il n'avait pas le mandat de la population pour déclencher la souveraineté.Jean Charest fait valoir que l’obsession de la souveraineté exprimée par M.Landry ce week-end ne représente pas les intérêts de l’ensemble des Québécois.«M.Landry ne veut pas expliquer le pourquoi de la souveraineté, explique Jean Charest.Nous ne savons toujours pas pourquoi il faudrait faire la souveraineté.Mais ce n’est toujours bien pas par accident que les Québécois ont dit non à la souveraineté! Ce qu 'on sous-entend [au Parti québécois) c’est que la cause est bonne mais que les gens n'ont pas été encore assez intelligents pour comprendre».Jean Charest attend l'assermentation du premier ministre Landry cette semaine pour voir s’il «parlera davantage comme premier ministre du Québec» que comme chef du Parti québécois.Il convient cependant que les échéanciers électoraux «se resserrent» de plus en plus, à cause de cette insistance de M.! 1-andry sur la souveraineté mais aussi parce que le Parti québécois n’a pas obtenu la pluralité des voix aux dernières élections, dit-il, et parce que M.Iun-dry n'a pas été élu au suffrage universel.Par ailleurs le chef du Parti libéral a attaqué la ' performance économique du l'ancien ministre des Finances.Ainsi Jean Charest explique que moins de 10 % des emplois créés au Canada depuis le début de l’année 2000 ont été créés au Québec, soutient-il.Le taux de chômage du Quebec est de 25 % supérieur à celui du Canada et de 51 % supérieur à celui de l’Ontario.«M.Ixindry doit prendre et accepter la responsabilité du désastre qu’on vient de vivre dans le système de santé» ajoute-t-il.Quant aux millions de la péréquation, Jean Charest lance qu’aucun patient québécois actuellement dans les urgences «ne se sentirait humilié que l'argent qu’on reçoit en péréquation serve à donner des soins de santé adéquats», Jean Charest demande donc à Bernard landry de mieux expliquer de quelle façon il entend investir l'argent des contribuables.SUITE DE LA PAGE 1 «Si la réflexion [sur la souveraineté) est largement terminée, le mot clé pour les mois et les années à venir est: action.[.] C’est un appel à l’imagination stratégique, un appel à la création débouchant sur l'action», a-t-il dit devant un auditoire captivé.«Nous savons ce que nous voulons et ce serait une erreur d’essayer de préciser jusqu’à la énième décimale ce que le Québec souverain sera.» Proposant une union confédérale à l’européenne entre le Québec et le Canada, M.landry concentrera ses efforts pour qu’elle se concrétise mais refuse de dévoiler son jeu quant aux stratégies qui seront privilégiées.«Je n’ai pas encore en tête tout ce qui sera proposé aux militants mais j’ai un bon fonds d’archives avec la commission que [Lucien] Bouchard m’avait demandé de présider.» M.Landry a toutefois refusé de préciser la teneur de ces «fonds d’archives».«Ça relève de la stratégie et de la tactique.Quand le conseil privé à Ottawa mettra toutes ses archives sur la table, peut-être que j’y songerai pour les miennes», a-t-il affirmé lors du point de presse qui a suivi son allocution.Tout au plus, M.Landry a-t-il ranimé le slogan de René Lévesque «sortir, parler, convaincre», auquel il propose d’ajouter «écouter».Bernard Landry a également indiqué qu’il ne se gênerait pas, en ses qualités de premier ministre, pour promouvoir la souveraineté.Mais dépensera-t-il des fonds publics dans cette croisade?«Quand Robert Bourassa a utilisé les fonds publics pour la Commission Bélanger-Campeau, il l’a fait pour faire avancer l’information de toutes les tendances.Si c’est pour informer du fait que le Québec est une nation, par exemple, ça c’est tout à fait convenable.Mais pour faire avancer une cause partisane, ça ne serait pas convenable.» Retour sur l’affaire Michaud Le président péquiste a dressé un bilan positif du conseil national de deux jours qui a suivi son couronnement à la tête du parti, vendredi.Lors de la plénière, il semblait heureux que la délégation de Jacques-Cartier ait retiré à la dernière minute sa proposition concernant l’affaire Michaud.En effet,,l’exécutif du comté, son président Georges-Etienne Cartier en tête, avait proposé que le conseil «condamne fermement l’acte inacceptable de censure» commis par l’Assemblée nationale.Les péquistes n’ont cependant jamais eu à se prononcer.Hier, M.Cartier a voulu «saluer l’arrivée d'un nouveau chef et d’un nouveau style porteur d'action et d'espoir de vigoureuse liberté» en retirant ladite proposition.Au demeurant, il a indiqué que M.Michaud était satisfait de l’évolution de l’affaire qui porte son nom au sein du Parti québécois.«Il est content du progrès de ses relations avec la direction du Parti québécois et, nommément, avec Bernard Landry», a dit M.Cartier.SOUVERAINETÉ SUITE DE LA PAGE 1 Au moment où M.landry prend la, tête du mouvement souverainiste, et bientôt de l’État québécois, comment va «la cause»?Eh bien, la cause, elle se porte aussi bien qu'au début de la campagne référendaire de 1995.Du moins, l’appui à la souveraineté assortie d’une offre de partenariat au Canada reste stable depuis 1997 à environ 40 ou 42 % selon les maisons de sondage.I eger Marketing a publié en février dans U Journal de Montréal et The Globe and Mail une enquête donnant 45 % de voix favorables à la souveraineté-partenariat.C’est ce chiffre que M.Irandry mentionne désormais lorsqu’on lui demande s’il n’est pas complètement tombé sur la tète de vouloir relancer un mouvement qui serait, selon Time Magazine et d’autres observateurs, fini depuis que son promoteur le plus populaire, Lucien Bouchard, a reconnu son échec.Le patron de léger Marketing, Jean-Marc Léger, reconnaît lui-même que ce score de 45 % est «fragile».«Quand on fouille, c'est différent», dit-il au Devoir.Lorsque Ton teste quatre options, le fédéralisme renouvelé emporte autant l’adhésion, et même un peu plus, que la souveraineté-partenariat (30 contre 27 %).Dans une question qui met en présence les quatre options, l’indépendance recueillait en février 14 % et le statu quo, 20 %.A ces données s’ajoutent celles-ci qui annoncent trois mauvaises nouvelles pour Bernard Landry; seulement 10 % des gens veulent un référendum maintenant (49 % disent n'en vouloir jamais); 74 % (les gens s’opposent à ce que le gouvernement utilise les fonds publics pour faire la promotion de la souveraineté; et 76 % des répondants souhaitent, finalement, peu importe l’option préférée, que le Québec reste au sein du Canada.D'où l’utilisation par Bernard Landry, pour qualifier le résultat du partenariat Québec-Canada, de l'expression «union canadienne».Selon M.Léger, les Québécois «sont ailleurs», ils sont occupés à autre chose que la question nationale présentement mais «ils pourraient revenir parce que le Canada n à pas saisi l'occasion de répondre aux attentes des Québécois depuis le référendum de 1995».Selon lui, une bataille entre la souveraineté et le statu quo donnerait la souveraineté gagnante.Il en veut comme indication que la forte présence du gouvernement canadien, autant par ses programmes que dans la publicité, même si elle crée un préjugé favorable à l'endroit du Canada, n'entame pas l'appui qui est donne à la souveraineté.58 %, si le partenariat est acquis Selon deux autres sondages menés par d'autres firmes l'automne dernier, l'appui à la souveraineté ne devient toutefois majoritaire que si les répondants acquièrent la certitude que le Québec pourra conclure avec le Canada un accord de partenariat.Une première enquête, menée par CROP au Quebec et Envi-ronics dans le reste du pays pour le compte du Conseil pour l’unité canadienne (CUC), montre que l'appui à la souveraineté du Québec passerait à 58 %, une fois cette certitude acquise.Un deuxième coup de sonde réalise par Sondagem pour le compte de la Société nationale des Québécois (SNQ) de Québec donne exactement le même résultat.Le CUC a voulu vérifier le caractère conditionnel de ce vote et a découvert que 31 % des partisans du Le futur premier ministre n’a toutefois jamais voulu aborder ce sujet lors de la conférence de presse.Presse de questions à cet égard.M.Landry s’est contenté de répéter par trois fois: «à plusieurs reprises j’ai dit ce que j’avais à dire sur cette affaire».Yves Michaud s’est pour sa part dissocié de la proposition de Jacques-Cartier lorsque joint par téléphone en soirée.Il considère cette proposition «incongrue» puisque, précise-t-il, «les militants ne m’ont jamais offensé».M.Michaud se préoccupe davantage des signatures qu’il tente de recueillir en vue de demander aux députés de retirer la motion de blâme qu'ils ont prononcée à son endroit.Début avril, il déposera la pétition à l’Assemblée nationale.M.Landry a par ailleurs dit voir d’un bon œil les «difficiles débats» sur la langue qui ont occupé les troupes samedi au sujet de l’enseignement collégial.Les militants ont alors rejeté une proposition voulant que les allophones soient obligés de fréquenter les cégeps francophones, à la suite de quoi le président de Montréal-Centre, André Reny a claqué la porte du parti (voir texte en page A3).«Je n’ai pas entendu, ni d’un côté ni de l’autre, de fanatiques, d'ayatollah ou de ce que les anglo-Américains appellent des “hard-liners”, a résumé M.Landry./’ai entendu des hommes et des femmes qui voulaient que le français soit la langue commune du Québec et qui préconisaient, par les moyens qu’ils croyaient bons, l’atteinte de cet objectif.Je fais mes compliments aux protagonistes.» Constitution du Québec Les délégués péquistes ont rejeté une proposition de Saint-François qui recommandait au gouvernement de s’engager, avant la fin de Tannée 2001, à convoquer une commission ou une assemblée constituante élue par la population, dont le mandat, d’une durée maximale de 18 mois, aurait été de rédiger le projet de constitution d’un Québec souverain.Bernard Landry s’est prononcé contre lors du vote.Les militants ont mis de côté une proposition demandant au gouvernement d’intervenir pour réglementer la presse écrite en fixant un seuil limite de concentration, en interdisant la propriété croisée et en créant un fonds pour soutenir les médias indépendants.Le président de la commission parlementaire sur la question, Matthias Rioux, avait appelé les délégués lors du débat à rejeter cette proposition afin de laisser aux députés le temps de tirer leurs conclusions des auditions qui ont été tenues ces dernières semaines.Enfin, le conseil a adopté deux propositions ayant trait aux organismes génétiquement modifiés (OGM).Il est ainsi demandé au gouvernement d'étudier la possibilité de mettre en place un moratoire sur la culture d’OGM en sol québécois et d’instituer un programme de recherche sur le développement d’une évaluation des incidences sur la santé et l’environnement de ces organismes.OUI voteraient NON s’ils n’étaient pas certains du partenariat.Par contre 25 % des partisans du NON voteraient OUI s’ils étaient convaincus que ce partenariat verrait le jour.Lorsque ce sondage a été publié, le sociologue Maurice Pinard, de TUniversité McGill, a fait valoir que les souverainistes ne peuvent pas remplir cette condition puisque la loi C-20 sur la clarté interdit que la question référendaire évoque la négociation d’un quelconque partenariat.Toutefois, la SNQ a obtenu ce score de 58 % en demandant aux gens s’ils voteraient pour ou contre cette option «même si le gouvernement du Canada s’est voté une loi interdisant de négocier la souveraineté-partenariat».En outre, le sondage réalisé pour le CUC indique que 58 % des Québécois et 54 % des Canadiens de l’extérieur du Québec croient «inévitable qu’un partenariat économique soit négocié avec le Canada après une victoire du OUI».La SNQ a voulu, de son côté, savoir si l'indépendance pure et simple était aussi populaire que la souveraineté-partenariat.41 % des répondants à son sondage ont dit qu’ils voteraient oui à un référendum proposant que «le Québec devienne un pays indépendant».Ce résultat est contradictoire avec celui obtenu par le Conseil pour ['unité canadienne: seulement 25 % des gens disent OUI à une question qui propose que «le Québec devienne un pays complètement indépendant du Canada».De même, si 50 % des Québécois préfèrent l’indépendance au statut de province comme les autres, il reste que 60 % des répondants à l’enquête Sondagem estiment qu’il est toujours possible de réformer le fédéralisme.La souveraineté, option «dormante»?Cela étant dit, la question est de savoir si l’opinion est susceptible d’évoluer en faveur de la souveraineté ou contre elle.Personne, bien sûr, ne dispose d’une boule de cristal.Mais les sociologues ont développé des modèles d’analyse qui leur permettent de donner quelques pistes.Claire Durand, du département de sociologie de TUniversité de Montréal, a analysé l’évolution de l'opinion québécoise depuis 1995.Demain, Ix Devoir publie en page Idées le sommaire du résultat de ses recherches.Mme Durand a notamment établi que l’hypothèse, soulevée il y a quelque temps par Bernard Landry, voulant que l’appui à la souveraineté progresse au fur et à mesure que les jeunes acquièrent le droit de vote et les personnes âgées disparaissent, n'est aucunement vérifiée par les données de sondages.De même, l'hypothèse voulant que les intellectuels soient de facto pro-souverainistes est infirmée par le constat que les jeunes (moins de 35 ans) qui ont plus de 16 ans de scolarité sont moins enclins à voter oui que les jeunes moins scolarisés.Enfin, la spécialiste en statistique soutient que rien, dans les données de sondage, ne permet de conclure à un lien entre la satisfaction que la population peut exprimer envers un gouvernement et son désir de voter oui ou non à un référendum sur la souveraineté.En somme, rien n’est acquis, sinon la stabilité — d’autres diraient la stagnation —, de l'option souverainiste.Cependant.Mme Durand, comme tous les experts, constate que l'appui à la souveraineté a progressé durant la campagne référendaire de 1995.Cela signifie qu'une mobilisation durant une campagne peut faire la différence.Cependant, il est impossible de prédire dans quelle mesure.Les résultats des dernières élections fédérales, tels qu'analysés par le professeur de science poli- SUITE DE LA PAGE 1 Cari Boileau s’est classé au troisième rang avec 26 voix, suivi de Gaétan Dostie et de Michel Bédard qui ont respectivement amassé 7 et 3 appuis parmi les péquistes présents.Ces derniers ont quelque peu boudé Tevene-ment avec un taux de participation de 42 % alors que, par le passé, (Investitures de 1994 et 1998) la participation a déjà été plus importante avec 60 %.Les indécis, qui représentaient encore à quelques heures du vote un bloc d'au moins 20 % selon les camps Toussaint et Tadros, semblent avoir fait pencher la balance.Le discours de M.Toussaint, empreint d’un ton critique envers le Parti québécois et le gouvernement, a peut-être également joué un rôle.«Il faut sortir de la léthargie militante, a-t-il lancé aux péquistes.[.] Notre gouvernement s’est montré trop frileux de son héritage social-démocrate.» Candidat de dernière minute dans une investiture qui s’est étirée sur cinq mois, Claudel Toussaint a été perçu comme une réponse à l’affaire Michaud et aux relents de nationalisme ethnocentrique qu’elle a soulevés.Si M.Toussaint s’est défendu d’être envoyé en service commandé pour redorer l’image du Parti québécois quelque peu ternie par le dossier, il reconnaît toutefois que sa présence peut «susciter un éveil» auprès des communautés culturelles.D’origine haïtienne, M.Toussaint est attaché politique dans le cabinet du ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, Sylvain Simard.Yves Michaud était au cœur des discussions hier dans le sous-sol d’une église du plateau Mont-Royal où se déroulait l’assemblée d’investiture.Des militants ont d’ailleurs hué l’arrivée du député André Boulerice qui a coprésenté la motion de blâme à l’endroit de M.Mi-chaud à l’Assemblée nationale.S’ajoute également la démission samedi d’André Reny, président jusque-là de l’exécutif de Mercier.M.Reny militait en faveur d’un raffermissement des lois linguistiques au Québec en général, et de l’imposition du cégep en français pour les allophones, en particulier.Cette proposition a été rejetée.Par-delà tous ces remous, M.Toussaint ne cachait pas sa satisfaction.«Je suis très heureux et très ému que les gens de Mercier me donnent le mandat de faire la bataille en leur nom lors de la prochaine élection partielle», a-t-il souligné aux journalistes.Dans son bref discours de remerciement, M.Toussaint a lancé un appel à la solidarité; tous ses adversaires, hormis Cari Boileau, se sont d’ailleurs ralliés.Le père de M.Boileau est l'un des organisateurs de Paul Cliche, qui fera la lutte à Claudel Toussaint à titre de candidat indépendant issu «des forces progressistes».Cari Boileau affiche clairement sa dissidence au sein du PQ.«Certaines personnes laissent entendre que je trahis le parti.Moi, j’ai l’impression d’être trahi par mon propre parti.Mon appartenance politique va être établie en fonction de la direction que M.Landry va imposer au Parti québécois», a-t-il expliqué.L’investiture péquiste étant réglée, le prochain premier ministre Landry devra déclencher des élections partielles d’ici au 6 avril.Mercier est une forteresse péquiste depuis 1976.Mais les Paul Cliche, Nathalie Rochefort, candidate libérale et André Larocque de l’Action démocratique du Québec tenteront de l'ébranler.tique Louis Massicotte et Édith Brochu (lire Le Devoir du 5 mars), indiquent d’ailleurs le plafonnement du vote en faveur du Bloc québécois, à hauteur de 40 % comme la souveraineté, en même temps que le transfert vers les libéraux de Jean Chrétien, qui incarnent pourtant le statu quo, d’une bonne partie du vote conservateur qui était présumé en faveur d’un renouvellement profond du fédéralisme canadien.CROP a également établi, dans son sondage pour le CUC, que l’intention de vote en faveur du NON était plus solide que l'intention de vote en faveur du OUI.Les sociologues Gilles Gagné et Simon Langlois ont analysé eux aussi la progression de l’intention de vote souverainiste depuis 1995.Ils ont conclu à la stabilité de l’appui à la souveraineté depuis 1997, après que celui-ci eut enregistré une baisse (lire Le Devoir des 14 et 15 mars 2000 et l’ouvrage Québec 2001 publié chez Fides).Ceux-ci posent l’hypothèse que la baisse de l'appui à la souveraineté est observable essentiellement dans le groupe des électeurs de moins de 55 ans qui travaillent ou étudient et que la baisse de l'appui s’explique par la déception que ces catégories de population ressentent à l’endroit des politiques du gouvernement du Québec.«Les infirmières, les professeurs d’université, les jeunes étudiants.sont inquiets des orientations prises par le gouvernement en place.Cette désaffection, écrivent-ils, concentrée dans le groupement des personnes les plus fortement engagées dans la vie active signifie-t-elle que les orientations prises en ce moment par le gouvernement péquiste ne correspondent pas à leurs attentes?Le fait d’avoir par exemple m déficit de 80 OOO places en garderie au moment de la rentrée scolaire d’automne 2000 n’est pas sans inquiéter les jeunes couples qui comptent en majorité deux pourvoyeurs et qui espèrent aussi que soit bonifié le régime de congés parentaux.» Etc.Simon Langlois pose la question autrement: «le grand défi de Bernard Landry, dit-il, c'est de répondre à la question: la souveraineté, pour quoi faire au juste?Le discours souverainiste actuellement est un peu abstrait.Gérer nous-mêmes notre économie, la reconnaissance de la nation québécoise.ça ne dit pas aux gens en quoi la souveraineté va améliorer leur vie».Gilles Gagné voit les choses différemment mais soulève les mêmes doutes: «Je pense que la base d’appui à la souveraineté est là, dit-il au Devoir.Un mouvement social qui se développe depuis quarante ans, et qui est enraciné dans plusieurs générations, ne peut pas disparaître comme ça.» C'est pourquoi il croit que l’option souverainiste n’est pas morte mais quelle est «dormante».«Ma question, dit-il, c’est plutôt de savoir si Télite, la nouvelle classe économique québécoise, proche du Parti québécois, a encore envie de l’indépendance.La nouvelle élite, celle des caisses, des fonds, des SGF et autres organisations, qu’est-ce qu’elle gagnerait à prendre le risque de la souveraineté?, demande-t-il.L'élite est bien servie par le statu quo.» ?Demain ¦ La souveraineté de Landry, c’est la même que celle de Bouchard, le volontarisme en plus.Mercredi ¦ Entre l'indépendance et l’union confédérale: la souveraineté du Québec est-elle toujours en phase avec le contexte mondial contemporain?Jeudi ¦ Quel accueil le Canada anglais fait-il à une union confédérale?Bernard Landry voit d’un bon œil les «difficiles débats» sur la langue
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