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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-03-24, Collections de BAnQ.

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I.K I) K V tl II! .L K S S A M K IM 2 4 K T I» I M A N ( Il K M \ li S 2 0 0 I LE DEVOIR CHRONIQUE Le théâtre des nostalgies Page C 2 THÉÂTRE Daniel Danis Page C 3 MEDIAS Tous pour un et un pour tous Page C 6 Cinéma Page C 4 Alfred Brendel Page C 7 Arts visuels Page C 8 t U BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Depuis deux ou trois ans.on avait cru le voir disparaître de l’avant-plan de l’art contemporain, mais il revient à la charge.Au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), le prochain trimestre est consacré au corps.Une nouvelle prise de conscience voit le jour, qui porte sur les manipulations du vivant.Le corps fait une nouvelle entrée au musée.Et on ne parle pas de celui du spectateur.Il n’y a rien de gratuit, le corps revient de toutes parts.À compter du 4 avril, le MACM inaugure une installation du vidéaste et comédien Alain Pelletier, qui, dans des œuvres où l’on étouffe, cultive une esthétique du corps saisi, confiné dans des espaces claustrophobiques.Au début du mois, l’institution était l’hôte d’un colloque portant sur les rapports renouvelés entre la médecine et l’art.Enfin, le trimestre se terminera sur une exposition attendue, Métamorphoses et clonage.Onze jeunes artistes des scènes québécoise, canadienne et internationale, tous nés dans les années 60, sont préoccupés par un nouvel imaginaire du corps, véhiculé par les biotechnologies.Quiconque s’est frotté à l’art contemporain sait combien le corps, depuis les années 80, a pris une place prépondérante dans ses officines blanches.La peau comme motif privilégié a été forée de toutes parts, comme site de tensions entre l’intérieur et l’extérieur du corps.lœ corps souffrant, malade, attaqué, porteur d’identités sexuelle, culturelle et sociale, notamment par ses apprêts: tous ces corps étaient à l’honneur.Le corps s’est fait lisse, grotesque, il s’est fragmenté.On lui a assigné toutes les prothèses possibles.A Montréal, à tout le moins, on se souvient de la méga-exposition Objectif corps, au Musée des beaux-arts de Montréal, en 1997.En photographie, le corps réel était représenté sous toutes ses coutures.On aurait pu croire que le corps était passé du côté de l'esthétique relationnelle, rubrique de plus en plus populaire auprès des commentateurs.L’artiste entraîne son corps dans une mise en rapport directe avec la sphere sociale.Aujourd’hui, du reste, a lieu un colloque à la galerie Skol qui réfléchit au passage Des formes de l’art aux formes de vie, en partant du fait que, depuis trois ans au Québec, l’art développe diverses stratégies d’infiltration de la sphère publique.Mais regardez autour de vous: le corps est criblé.Piercing, implants sous-cutanés et greffes de toutes parts attaquent la peau et l’intérieur du corps.Encore récemment, Robert White, neurochirurgien à l’Université de Cleveland, se disait presque capable de greffer une tête humaine entière.Même les sutures disparaissent.Par le Web, le corps devient virtuel.Par la virtualité, le corps est simulé.On parle de cybersex.Le corps humain cloné est à nos portes.S'ouvre un nouvel imaginaire.Le corps se dissout.Il s'absente, pourrait-on dire, mais se retrouve médiatisé ailleurs et autrement L’exposition de la vie privée par les fameuses webcam sur Internet soulève une foule d’interrogations.Elles rendent manifestes les notions de surveillance, de communauté, VOIR PAGE C 2: DIFFRACTÉS ISABELLE BOULAY UNION LIBRE DES AMÉRIQUES tmlÊÊ Deux divas pour une divine soirée ! Flamboyante.Isabelle Boulay Électrisante, Diane Dufresne embrase les Amériques! allume les foules! DIANE DUFRESNE BELLE ET REBELLES » I.f.I» K V 0 I K .L f.S A M K U I 2 4 ET i) I M A X (HE M A R S 2 0 O I C 1 Le théâtre des nostalgies Veux, veux pas, on essuie sa petite larme à voir renaître un vieux théâtre longtemps familier.Même si l’accouchement en question fut cher, long, pénible, sous césarienne et perfusion.Mardi soir, je me suis surprise, comme bien d’autres têtes de pipe du parterre, à chercher le fantôme poilu et enfumé de l’Outremont sous les fresques de Briffa, quand il était peut-être tout simplement en chacun de nous.Tant pis, après tout, me disais-je, si la soirée de gala pour l’ouverture est un peu guindée.Bof! J’admirais l’arc de scène aux feuilles et aux grenades Art déco entrelacées.Pas de doute: c’était bien notre vieil Outremont.Envolés, les déboires et les délais d’une saga de restauration, les douze millions engloutis, l’arrêt des travaux en 1996 avec commission d’enquête remettant en question l’intégrité de la première équipe de rénovation.O- sourire me revenait au milieu des ors et des fresques.Sentimentale, donc.L’émotion aurait été quand même plus grande si Roland Smith avait été présent, à tout le moins par l’esprit.Il fut si longtemps à la barre du théâtre, de 1971 à 1987, avec un cinéma de répertoire vers lequel tout le monde se ruait, un volet spectacle.Mais bon! Parti à l’étranger, l’ancien propriétaire du lieu, m’a-l-on répondu quand j’ai fait mon petit appel au Super Club Vidéotron de l’avenue du Mont-Royal, dont il est aujourd’hui gérant.Si bien que le gala se faisait l'autre soir sans lui et — plus grave — sans que nul ne donne de coup de chapeau au pionnier en un discours de circonstance.Triste omission.Parce que le Odile T rem blay fantôme, réflexion faite, c’était lui.On souhaite quand même tout le succès du monde a l’Outremont.Faut dire qu’on l'avait longtemps attendue, sa renaissance.Se cogner durant dix ans a la foutue palissade autour du vieux temple culturel donnait mal aux pieds.Allez vous plaindre quand un bijou architectural de 1929 se voit sauvé de la défiguration.Tant d’autres s’affaissent Après la fusion des municipalités, aurait-il ressuscité aussi bien de ses cendres?Un doute m’assaille.De fait, la Ville d’Outremont légitime propriétaire du théâtre depuis 1994, malgré ses cafouillages, a mis probablement plus de cœur à l’ouvrage qu’une méga-pole trop sollicitée.Un peu à l’est, suivez mon regard, avenue du Parc, le théâtre Rialto, défiguré par un proprio qui ne s’enfarge guère dans le patrimoine, eut moins de chance que lui en plein Montréal.L’Outremont bondit-il vers des lendemains qui chantent pour autant?Espérons que oui, sauf que.Du temps de sa gloire, au cœur des années 70 et 80, peu de concurrents le talonnaient, alors qu aujourd’hui.Il en a poussé, des salles de spectacle, dans le paysage de Montréal depuis le temps.Des anciens temples musicaux furent ressuscités, de nouveaux sont apparus, d'autres relocalisés.Bonjour le nouveau Métropolis, le Corona, le Club Soda, l'Olympia, le Cabaret du Musée Juste pour rire, le Centre Pier-re-Péladeau, la Chapelle historique du Bon Pasteur.Ajoutez-les au Spectrum, au Théâtre Saint-Denis, à la Place des Arts, alouette.Or voici donc l’Outremont remis sur ses rails.Et si Montréal et sa banlieue immédiate croulaient désormais sous trop de scènes?Je demande ça comme ça.A la prochaine récession, se dégarniront-elles du parterre?L’Equipe Spectra gère le Théâtre Outremont pour vingt ans, rien de moins.Tout un programme.Elle déploie aussi ses spectacles à l’Olympia, au Métropolis et au Spectrum.André Ménard, le vice-président de la compagnie — qui fit avec son associé Alain Simard ses premiers pas de producteur dans ce même théâtre —, vous dira que des salles, il n’y en a jamais trop en haute saison.Cela dit, il faut les remplir aussi le reste du temps.De l'avis d’André Ménard, l’Outre-mont trouvera sa vocation petit à petit entre la musique populaire, la musique classique, la danse, le théâtre privé.Et puis la municipalité se réserve une cinquantaine de soirs pour ses propres événements culturels.Ça décharge un peu l’Équipe Spectra d’y tricoter des shows trop serrés.Soit! Sage tout de même, la salle.Pas sûr que les baby-boomers, moins sorteux que jadis, reprendront d’as- saut le théâtre de leurs 400 coups sur Bernard.L’Outremont n'est ni le Spectrum ni le Club Soda pour l’ambiance en déliré du jour.N’empêche.On souhaite au vieux théâtre de se trouver un nouveau public, plus jeune, plus fou, moins installé dans ses pénates au coin du feu que celui qui y trimballe ses souvenirs.Et un public à pied, tant qu’à y être.Problème crucial du Théâtre Outremont: la panne de stationnement.Roland Smith s’y était lui-même cassé les dents à l’époque.Son monde tournait en rond au volant, rue Bloomfield et rue Champagneur.en rageant ferme.Chez Spectra, on assure qu’il y a des pourparlers avec les écoles PGL et Outremont High School afin de prêter des espaces aux quatre roues les soirs de spectacle, en plus de repousser l’heure de clôture des parcomètres.Cela dit, le projet de stationna ment souterrain sous le tennis voisin a avorté.Les ententes (temporaires) avec les écoles ne sont pas encore coulées dans le béton.Or l’Outremont ouvre.Je regardais l’autre soir le beau théâtre rafistolé à prix d’or et je me demandais jusqu’à quel point on ne s’offrait pas tous ensemble, Spectra y compris, un beau trip de nostalgie.Rêve de baby-boomers que celui de la pleine renaissance de cette salle-là, quand le profil du monde du spectacle a autant changé et celui de son public consacré aussi?Sans doute.Je ne sais pas si ce rêve-là remplira les coffres de l’Outremont.mais on a envie quand même d’y croire, tous sentimentaux unis dans un vieux temple culturel de la rue Bernard où les fantômes ont décidément la vie dure.otremblay@ledevoir.com DIFFRACTÉS SUITE DE LA PAGE C 1 d’intimité, de pornographie, d’image de soi et du cyborg, être de chair et de fer, fantasmé depuis longtemps.Parallèlement, la biotechnologie prend rapidement de l'essor et produit une bioéconomie; elle transige des parties du corps, parfois lé gaiement, pas forcément.A preuve: l’actualité qui exhume de sordides histoires de trafic d’organes.Biotechnologie, biofictions Un nouveau corps émerge, régi par une éthique nerveuse.Le clonage humain, qui serait possible, inquiète.Les artistes produisent de nouvelles images du corps, au moment où les structures de tout être vivant peuvent être modifiées.Une nouvelle eugénique se profile.Le mythe du corps en santé se renforce.Infiniment perfectible, le corps devient encombrant.De leur côté, les artistes produisent des biofictions.Pour Christine Bernier, qui a mis sur pied le colloque Art et médecine, qui avait lieu au début du mois, «il y a un retour du corps.Mais de façon particulière.Aujourd'hui, de la même façon que dans la société générale, le corps biomédical traduit une préoccupation chez les artistes et les théoriciens».Le corps est-il obsolète?«D’un point de me biomédical, oui.Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, on se sent obligé de se prononcer sur les implications éthiques d’une découverte dont on pressent les applications.Le questionnement éthique a toujours surgi après qu’on a réussi l’expérience.C’est dire à quel point cette question nous préoccupe.Ije corps est obsolète, mais nos mythes sur le corps, notre désir de représen- tation du corps, ça, ce n’est pas obsolète.» On s’y rattache, explique Bernier, mais par rapport à une certaine intégrité physique désuète que l’on voudrait préserver.Henri Allan est médecin, spécialiste du clonage et chercheur en sciences humaines.Invité au colloque Art et médecine, ce dernier précise que le terme identique sur le plan génétique ne veut pas dire identique sur le plan de l’individualité.Selon lui, le problème éthique du clonage ne se pose pas au chapitre de l’intégrité du corps mais est un problème d’ordre social.La société ne serait pas disposée à aménager un espace pour un clone qui serait à la fois un frère, parce que identique comme un jumeau, et un fils, puisque reproduction de soi.On mesure aussitôt la dimension symbolique du problème posé.«Ce drame nourrit l’imaginaire et le fera encore un bout de temps, ajoute Bernier.C’est un imaginaire dont on dispose depuis peu de temps.C’est notre corps, mais qu’on ne connaît pas sous cet angle, un nouveau matériau pour les artistes.» Métamorphoses et clonage Cet imaginaire sera mis en exposition par Métamorphoses et clonage.Selon Sandra Grant Marchand, conservatrice du MACM responsable de l’exposition, les craintes engendrées par l’arrivée du nouveau millénaire ont peut-être détourné l’attention de la pro-blématique des progrès génétiques.«On est passé à côté d’un questionnement, parce qu'un autre, sur le millénaire, a pris la place.» Voilà qui expliquerait peut-être le désinvestissement artistique de la notion de corps observé au cours de ces trois dernières années environ.Marchand rappelle que Dolly est née en 1997.«Ce n'est pas un hasard.C’est un signe que les savants voulaient souligner le passage à une autre réalité sociale.» Les questions sur le corps renvoient à la génétique.Tous les artistes de l’exposition sont nés dans les années 60.Sans aborder directement le clonage, ceux-ci nous confrontent au malaise que provoquent de telles situations, «fantasmatiques pour tout le monde».Métamorphoses et clonage s’éloigne cependant d’un art qui traite des relations entre l’art et la science.Pas d'imageries scientifiques, pas question d’une hybridité simple des corps, pas d'iconographie scientifique.D’autres expositions depuis deux ans, comme Spectacular Bodies, au Hayward Gallery de Londres, avec ses nombreuses images et sculptures d’anatomie, ou Unnatural Science, actuellement au Massachusetts Museum of Contemporary Art (jusqu’au 15 avril), avec des artistes qui font appel à la science pour pondre des œuvres humoristiques ou irrévérencieuses, des clones d’animaux, des corps hybrides, au sens strict du terme.«Je trouvais que ces expositions traitaient de l’épiderme, commente la conservatrice.Je voulais traiter, sans prétention, du setts de la conditions humaine face au clonage.» Ainsi, Vanessa Beecroft, présente à l’exposition, utilise dans ses performances le corps, souvent nu, et le traite de façon imiforme.«Beecroft, indique Sandra Grant Marchand, ne pensait pas au clonage au moment de faire ses performances.Mais je trouve que ces performances traitent de la perte d’identité.Une réelle remise en cause de l’individu s'opère.» Les hommes et les femmes de Beecroft ont des traits semblables, portent des uniformes qui banalisent l’identité.Spencer Tünick, quant à lui, est connu pour ses happenings où il photographie dans la ville ou dans la nature des centaines de gens nus.D présente, ajoute la conservatrice, «un corps animal, multiple, très organique.H traduit la perturbation entre la nature et l'homme qu’amène la génétique.Le corps multiple perd de son d'individualité humaine, du désir d’être tous pareils, bref, de clonage».Janieta Eyre, pour sa part, traite de l'autoportrait, mais dédoublé.Elle met en scène la disparition de soi.Nathalie Grimard montrera une nouvelle production, des corps suturés.«Les artistes de l’exposition mettent en avant des problématiques quant à la perception du corps qui n’est plus unifié.Ils traitent non pas du futur, mais de notre propre image identitaire ou corporelle.On fait une projection dans le futur devant ces œuvres, mais en fait, ce qu’ils nous présentent est déjà là.» Déchiré par la science, le corps ne s’appartient plus.Le corps n’est plus stable, toutes les fictions sont permises.PERSÉE.ID.MÉDUSE Alain Pelletier Du 4 avril au 6 mai MÉTAMORPHOSES ET CLONAGE Du 25 mai au 2 septembre Lire aussi, en page C 9, notre texte sur Alain Pelletier.Dans la lignée du travail sur HITLER: matinées 24, 31 mars et 7 avril a I5h Éiff* - SECTION N°20 CONCEPTION ET ÉCRITURE Alexis Martin et Jean-Pierre Ronfard MISE EN SCÈNE Alexis Martin AVEC Jacques Baril Martine Beaulne Daniel Brière Michel Charette Sophie Dion Jean Maheux OECOR,.COSTUMES ET ACCESSOIRES Julie Charland ÉCLAIRAGES Sylvie Morissette REGIE Colette Drouin DIRECTION TECHNIQUE Éric Locas PRODUCTION Nouveau Théâtre Expérimental Du 16 mars au 7 avril 2001 du mardi au samedi à 20h30 à Espace Libre.1945 rue Fullum réservations Kp»Ceiib,e 521-4191 Ifll lkdkvoih saq REL w Festival de cnéëtïoi VUE! RELEVAS prliiRti festival du 29 mars au 7 avril 2001 Auditorium le Prévost, 7355.avenue Christophe-Colomb Métro Jean-Talon Laissez-passer et Information : (514) 278-3941 ou (514) 872-6131 Entrée libre Les spectacles débutent à 20 h.cm fWr DlfTusé per Créations Ktc.maison d« le culture VT ll«r*y -Saint - Miche 1 -Parc- Kxtensiou Québec Ministère de la Culture et des Communications H El Ville de Montreal Horaire du f e Les spectacles débutent v a 2 0 0 1 «J C h ft n s o n F mars Mort de rire La Change FaMily Mes Aïeux Jeudi Théâtre avril Plan B La chambre de mon imagination Vendrec 2 0 h Danse KaRina Iraola Cela ne veut pas dire grand chose ZOU danse Un 3 de 5 Stéphane Deligny A Anamnesis Vendredi Chanson avril Julie Salvador Laure Péré SopHie Lemaire Entrée libre.Sam Théâtre mars Les cafards, ca copule ! Les cafards, ça s’écrase! Same' % Théâtre j avril LescaRgot théâtre Les carnets d'un sot : MAGAZINE CULTUREL Animation : Yves Desgagnés Journaliste ; Emmanuelle Gamaud ê mmkm'x* ANCHE Invités : Roger Frappier, Jean-Pierre Perreault et Safwan du groupe Akuma.' LE DEVOIR.LES SAMEDI 24 ET DI M A N t II E 2 5 MARS 2 O O I ?r E S S A THÉ A T K K De Tutopie au désenchantement Empierrement de la parole et de Fart STEPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Et si la Ligue nationale d'improvisation (LNI), fondée en 1977, avait dérivé à la longue vers le pire (et le pas pire) theatre commercial?L'hypothèse est soupesée dans le premier texte du recueil-bilan sur Le Théâtre québécois, tout frais sorti de chez Fides.D y est question de l’expansion de X«industrie du divertissement» sur les planches, du théâtre d’été, des productions du Festival Juste pour rire, de Broue, évidemment.La salve critique contre la LNI surgit d’une note infrapaginale: «Cette entreprise, au départ expérimentale et franchement parodique, est devenue une sorte de burlesque “nouveau genre" qui a fini par supplanter, dans le système du prêt-à-consommer les productions de plus en plus ringardes du Théâtre des Variétés (1967-2000).» Et pan! C’est court.C’est brillant.On en redemande.Et on en obtient tant et plus dans ce recueil passionnant que devraient s’offrir les théâtreux comme leurs amoureux.Dominique lafon, pro-fesseure aux départements de lettres françaises et de théâtre de l’Université d'Ottawa, a piloté Le Théâtre québécois, 1975-1995, dixième tome des «Archives des lettres canadiennes-françaises», une série phare du Centre de recherche en civilisation canadien-ne-française.Ces archives comprennent des bilans du roman, de la poésie, de la nouvelle, de toutes les formes littéraires, quoi.Le tome V, une brique de plus de 1000 pages parue en 1976, traitait du Théâtre canadien-français depuis la Nouvelle-France.Cette fois, l’objectif était de se concentrer sur les vingt années suivantes, «marquées par une effervescence créatrice tout à fait exceptionnelle dans sa diversité comme dans son rayonnement», selon la présentation.Vingt-cinq collaborateurs, surtout des universitaires, réalisent l’ambitieuse entreprise d’identifier des «lignes de force» de l’activité •Va«c«tUt DÉfinitive"""' must de saison.» jeanBemjnoyecLA «t miM en scène de Guy Alloucherie p Awc : Paul-Patrick Charbonneau Éva Daigle Annie La Rochelle Éric Leblanc Jean-Sébastien Ouellette Maude Robillard Marie-Claude Tremblay Du 16 au les vendred (Matinées et lûhJO, i)k30 «t Iflij scène et regie Helène Rheault Decor Mkhd Gauthier Costumes Marie-Claude Pelletier Éclairages Alain LortJe Musique Marc Vallée Chorégraphiés Catherine Martin «53, n* Write-Catherine it Papineau eu Viau, IS Me IX autobus l» Une coproduction Théâtre du Trident et Compagnie He Van Der Zee I.K I) K V O I K .L E > SAMEDI 24 ET I) I M ANCHE 2 5 M A K 2 I) O I C 1 ?Remise des Oscars Les choix de la critique Demain, dimanche, tous les amateurs de cinéma et de paillettes dans le monde auront les yeux braqués sur The 73'd Annual Academy Awards, dont la cérémonie est télédiffusée sur les ondes de CTV, à 20h30.À la une de l’édition d’aujourd’hui, Odile Tremblay signe un article sur la grand-messe américaine du 7r art.En gu ise de complément, voici les prévisions et les choix de nos critiques.Odile Tremblay Meilleur film Mon choix: Crouching Tiger, Hidden Dragon (Tigre et Dragon) Ma prédiction: Gladiator Meilleur réalisateur Mon choix: Aiik IjCc pour Tigre et dragon Ma prédiction: Ridley Scott pour Gladiator Meilleur acteur Mon choix: Geoffrey Rush dans Quills Ma prédiction: Russell Crowe dans Gladiator Le film Tigre et dragon, du réalisateur Ang I^e.REUTERS Meilleure actrice Mon choix et ma prédiction: Julia Roberts dans Erin Brockovich Meilleur acteur de soutien Mon choix et ma prédiction: Beni-cio Del Toro dans Traffic Meilleure actrice de soutien Mon choix: Garcia Gay Harden dans Pollock Ma prédiction: Kate Hudson dans Almost Famous André Lavoie Meilleur film Mon choix: Traffic Représentation spéciale Ce soir 19 h Vshley Greg Hugl Ji id tan PWl PArtMCIA „cvw RMI RT ^ , CANAL • STUOI0CAIUL .STUDIO IMMES I ¦ PPffi H ® Iww.la-fcaa.w 1-3 À L’AFFICHE EN EXCLUSIVITÉ TpAr^en ,3hl0 16ao 19>150 21h20 •TVR E DEVOIR.LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 2 MARS 2 O O I CINÉMA Amours de samouraïs TABOU (GOHATTO) Ecrit et réalise par Nagisa Oshima.Avec Beat Takeshi (Takeshi Kitano), Ryuhei Matsuda.Shinji Takeda, Tadanobu Asano.Image: Toyomichi Knrita.Musique: Ryuichi Sakamoto.Japon, 1999,100 minutes.MARTIN BILODEAU Après quinze années d'absence, à peine interrompues par deux ou trois œuvres passées inaperçues de ce côté-ci de la planète, absence ensuite prolongée par une attaque cérébrale qui Ta tenu à l'écart des plateaux pendant quatre ans, Nagisa Oshima, l'un des plus grands cinéastes du pays du Soleil levant (L’Empire des sens, c’est lui), renoue aujourd'hui avec le public d’Occident qu’il avait si admirablement conquis, en 1983, avec Furyo, son dernier grand succès.Pas étonnant, dans les circonstances, que Tabou (Gohatto) donne l’impression de reprendre là où Oshima avait laissé et nous reporte à nouveau dans un passé mythifié, celui, cette fois, du shogunal en déclin, dans la deuxième moitié du XIX'' siècle.Parmi les nouveaux samouraïs ayant intégré la milice de Shinsengumi, à Kyoto, se trouve un garçon, Kano (Ryuhei Matsuda), sur qui tous les regards se posent.Dans ce monde reclus, le climat d'érotisme est palpable, mais discret.L’arrivée d’un si beau garçon, par ailleurs très doué avec son sabre, a tôt fait d’éveiller les ja- CINEMA DU PARC Nagisa Oshima réalise Tabou.lousies et d’inciter à la transgression des interdits.Sous le regard bienveillant mais neanmoins inquiet du capitaine Hijikata, son mentor, campé par le cinéaste Takeshi Kitano, le garçon soulève les passions, pour se retrouver ensuite impliqué dans une affaire de meurtre, tandis qu’à l’ar-rière-plan une menace sourde plane sur le Japon impérial, à la croisée des chemins.Le film qu’Oshima a tiré de deux nouvelles de Ryatoro Shiba se joue sur deux tableaux, intimiste et historique, qu’il ne parvient pas à équilibrer.Le second, vaguement suggéré, souffre en effet de la rigueur du premier, réglé comme les tableaux de kabuki, photographié et éclairé comme le faisaient les fondateurs du réalisme poétique français, puis narré, avec deux voix subtilement décalées, comme un film de la Nouvelle Vague.Rien détonnant, de la part d’un cinéaste japonais qui a toujours été fascine par l'Occident, et ce même s’il interroge dans Tabou un thème bien de chez lui, soit le rapport indissociable de l’homosexualité avec la mort, qu'il illustre (mais le fait-il vraiment?), à l’instar de l'écrivain Yukio Mishi-ma.par des appels du sublime.On s'interroge cependant sur l'interdit du titre tant les personnages semblent vivre leur sexualité.sinon au grand jour du moins dans la connaissance des camarades et des autorités qui, s'ils n’y participent pas, la tolèrent en silence.Comment saisir le climat d'étouffement que le cinéaste s'attarde à illustrer, dans pareil contexte d’ouverture et de connivences?C'est dans ce paradoxe que résident l'intérêt et le mystère, en grande partie préservé, de cet atypique jidai-geki (film historique.en japonais), que d'aucuns qualifieront de révisionniste pour la seule raison qu'il verbalise des sentiments par le passé suggérés.Comme Furyo, qui reposait sur la fascination d'un homme pour un autre (avec choc des cultures, reporté ici sur le fossé des générations), Tabou s'appuie essentielle ment sur le regard que pose le capitaine sur le jeune et innocent ange noir, venu annoncer la fin d’un monde en causant la perte de ses hommes.Oshima aurait dû s’en tenir à ce récit minimaliste plutôt que de noyer ce dernier dans un contexte élargi et une intrigue accessoire que deux ou trois mots clés, ainsi que la magnifique partition de l'indispensable Ryuichi Sakamoto (acteur principal et compositeur de Furyo), auraient pu suggérer.Mourir plusieurs fois REMBRANDT Réalisation: Charles Matton.Scénario: Sylvie Matton.Avec Klaus Maria Brandauer, Romane Bohringer, Jean Rochefort, Johanna Ter Steege, Jean-Philippe Ecoffey, Caroline van Houten, Frank de La Personne, Caroline Sihol, Jacques Spiesser, Richard Bohringer.Image: Pierre Dupouey.Musique: Nicolas Matton.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Charles Matton, à la fois photographe, cinéaste et écrivain, connaît bien Rembrandt.Il a écrit un roman sur le peintre néerlandais, lui a consacré une exposition de photographies.Rien détonnant à ce qu’il soit à la barre d’un film sur lui.Et pourtant.Rembrandt a l’air d’une œuvre d’élève bûcheur mais pas très inspirée.Peut-être Matton était-il trop collé à son sujet pour prendre des libertés avec lui.Il faut avoir vu Goya à Bordeaux de Carlos Saura pour comprendre à quel point un film consacré à la biographie d’un peintre peut s’envoler à travers les genres, faire valser les époques, utiliser des précédés originaux pour présenter les œuvres et littéralement plonger dedans.Le Rembrandt de Matton, à côté, semble tellement lourd et conventionnel, tellement sombre aussi.Fallait-il mettre à ce point l’accent sur les drames de la vie du peintre en passant presque sous silence le plaisir de la création qui fut le moteur de cet artiste de génie?Il est vrai que Matton semble s’être inspiré, pour traduire l’esprit du film, d’une phrase de Van Gogh placée en exergue à la fin: «R faut être mort plusieurs fois pour peindre ainsi.» Mais ce choix est discutable.Film à costumes recréant le XVIIe siècle des Pays-Bas, Rembrandt oppose la morale austère d’une aristocratie puritaine, rigide, à la bohème du peintre, amateur de femmes, courant la galipo-te dans les tripots de la ville.Les éclairages sombres des œuvres du peintre d’Amsterdam ont été transmis à l’écran, parfois avec bonheur pour les scènes d’intérieur.Cela étant, les décors des vieilles rues d’Amsterdam semblent, eux, faits de carton-pâte.Difficile d’y croire.On ne peut même pas accuser les acteurs de n’avoir guère livré la marchandise.Dans la peau de Rem- brandt, Klaus Maria Brandauer réussit à dégager une force et une sensualité qui conviennent au personnage.Johanna Ter Steege apporte un côté ludique et scintillant au rôle de la première épouse, et Romane Bohringer, une énergie tranquille à celui de la deuxième.L’acteur le mieux collé à l’époque est sans doute Jean Rochefort Son physique anguleux et sa physionomie sévère épousent les traits et l’esprit de Nicolaes Tulp, l’homme rigoriste et intransigeant qu’il incarne.L’atmosphère y est le choix des acteurs aussi, encore que ceux-ci n’aient guère de répliques fines à se mettre en bouche.C’est le scénario qui est problématique, si prévisible, si appuyé souvent qu'on devine à l’avance les péripéties de l’histoire.On regrette ce parti pris de Matton de mettre surtout l’accent sur les catastrophes s’amoncelant sur le dos de Rembrandt décès de ses proches, faillite causée par la vilenie des puissants qui boycottent ce peintre jadis adulé en lui reprochant son indépendance d’esprit.On garde l’impression que le peintre de La Leçon d'anatomie, avant tout victime de sa société étroite, n’a fait que sauter d’un malheur à l’autre.Le film gagne ainsi, à ce triste exposé, une terrible lourdeur.Croqueuse de diamants HEARTBREAKERS De David Mirkin.Avec Sigourney Weaver, Jennifer Love Hewitt, Ray liotta, Gene Hackman, Jason Lee.Scénario: Robert Dunn, Paul Guay, Stephen Mazur.Image: Dean Semler.Montage: William Steinkamp.Musique: Danny Elfman, John Debney.États-Unis, 2001,123 minutes.MARTIN BILODEAU Heart breakers.C’est moins dans l’art de briser des cœurs que dans celui de casser des cochons (i.e.de grosses tirelires) qu’excellent la mère canon (Sigourney Weaver) et sa fille allumeuse (Jennifer Love Hewitt), héroïnes perverses à l’avant-plan de cette comédie de l’auteur de Romy and Michelle’s High School Reunion, David Mirkin.On aurait tort d'espérer grand-chose d’une comédie dont la prémisse évoque sans rougir le souve- nir lointain (Je How to Marry A Millionnaire.A la différence que la croqueuse de diamants du film (Weaver) épouse des millionnaires pour ensuite divorcer après qu’ils eurent mordu à l’hameçon de l'adultère que sa fille (Hewitt) se charge de lancer dans leur direction.Dans les premières minutes du film, on voit un macho chromé, riche receleur de voitures, incarné par Ray Liotta, tomber dans le panneau puis vider ses poches.Leurs tactiques d’extorsion expliquées, le scénario fait démarrer ses faux moteurs (on n’a plus d’argent, le fisc a tout pris; un dernier gros coup, après quoi, c’est la retraite) pour donner à leur prochain scénario une dimension de survie.Or, tandis que la mère se met en chasse d’un vieux milliardaire floridien (Gene Hackman), la fille, qui croyait pouvoir faire le plein en solo, s’éprend d’un gentil propriétaire de restaurant aux poches vides (Jason Lee) mais au cœur gros comme ça.Au delà de son intrigue de surface qui déshonorerait Dynasty, Heartbreakers se veut l’histoire d’une relation mère-fille, un Rien ne va plus moins la perversion chabrolienne, muté, au fil des images, en un Anywhere But Here encore plus convenu et prévisible que le film de Wayne Wang, où la jeune héroïne tentait d’échapper à l’affection empoisonnée d’une mère dominatrice.Malgré qu’on doive à Gene Hackman quelques instants de rigolade, a Sigourney Weaver un bagout à la Bacall (à défaut d’un agent avisé) et au scénario un amusant clin d’œil au Rebecca d'Hitchcock-Du Maurier, le film de Mirkin n’arrive pas à éluder la vérité: il est stupide, attardé, sexiste, par ailleurs passé à la moulinette d’une mise en scène amateur et faussement branchée, puis écrasé par une musique qui sonne comme une fanfare dans les toilettes.Tout bien considéré, l’endroit n’est peut-être pas si mal choisi.£( MATTON / REMBRANDT, HOMMAGE DE L'ARTISTE À L'ARTISTE, UNE DÉMARCHE QUI NE MANQUE PAS DE SÉDUCTION.>1 I l||p y * • if \m KLAUS MARIA BRANDAUER ' ., ‘ ROMANE BOHRINGER %»* V; JEAN ROCHEFORT v RICHARD BOHRINGER V i \.\RU) SM\! \niïO\» DlAIOtiUI-S l.HARl ES MATION * Dit ORS HUI ll'l'l < HIITRI • t KAVt.UlS 1,1 î*!t1|| R 1 RI Yl!n\ ( OS1.Ml S IM -MARII AKN U’I I •DIRHTI I E DI I K IIIOTOÔK VPIIH I’ll KRI DUMi n • Ml Mt 'l ! Ml 01 AS \V\I IUS SON l.l R\'\R|) HAIS l‘-MRh I GRISOU ! DOMINION III WM.IUIN M OI’ROIHH'II l RS \till kl \MM)I IO\ N'I 1.1 m.W VOu ! l'OI I Mk m III I 111 Al LSI l'AK i MARI s MATTON • l'ROIH 11 PAR lil Ml’.l RT .VISAS • l'.ROlH t Tl l R VNNOi II illEIM'OI'Ill R t, VF Ml RDI I I KRI I wwwiembrainll -leltlm.com I LE Devoir © _ A L'AFFICHE! I-FAMOUS PLAYERS-1 1 PARISIEN ?1 14h00 - 16h50 -19h30 - 21h45 OU INOX De ceux qui i ons ouf offert « Marie a un je ne sais quo Une Comédie Hilarante.g ;« ISS Om-r ¦.(•••rr*.l'O* 1%' Us Chef-d’oeuvre Imprévisible.’ %«orfc H.«II.'», K %l \ > l« -110 - Mui lin snjiinjs www.sayinsntsomovie.com A L’AFFICHE! VERSION FRANÇAISE LES CINÉMAS CINÉPLEX OOEON QUARTIER LATIN ?CINÉPLEX ODÉON r— MÉOA PLEX" GUZZO"^ ITASCHEREAU 18 ?| AMOUS PLAYERS STARCITE l r—— LES CINEMAS- MONTREAL ?LANGELIER 6 ?LASALLE (Place) ?-MÉGA-PLEX-GUZZO—-i r-MÉGA PLEX’“ GUZZO-1 |—FAMOUS PLAYERS- -CINÉMA - f—CINÉPLEX ODÉON-1 JACQUES CARTIER 14 ?11PONT-VIAU 16 ?11 COLOSSUS LAVAL ?ST-EUSTACHE ?BOUCHERVILLE ?1 -CINÉPLEX ODÉON- ST-BRUNO ?-CINÉPLEX ODÉON- CARREFOUR DORION ?-CINÉPLEX ODÉON- PLAZA DELSON ?— LES CINÉMAS OUZZO — TERREBONNE 8?r— LES CINÉMAS GUZZO —» STE-THÉRfeSE 8 ?1 ¦ GALERIES ST-HYACINTHE T | CINE ENTREPRISE—i r——CINÉ-ENTREPRISE- r—CINÉMA DE PARIS ST-HYACINTHE ?11 ST-BASILE ?| PLAZA REPENTIGNY ?VALLEYFIELD ?r- CARREFOUR DU NORD —i ST-JÉRÔME ?VERSION ORIGINALE ANGLAISE r—FAMOUS PLAYERS-1 i-FAMOUS PLAYERS-1 r—CINÉPLEX ODÉON-1 i-CINÉPLEX ODÉON- [PARAMOUNT ?11COLISEE KIRKLAND ?11 CAVENDISH (Mail) ?11 LASALLE (Place) ?I AICCC7 PACQFR I— MEGA-PLEX “ GUZZO —| r—LES CINÉMAS GUZZO—l MÉGA PLEX “ GUZZO—l REFUSÉS «t*® [TASCHEREAU 18 ?| [DES SOURCES 10 ?[ [SPHERETECH 14 ?f— LES CINÉMAS GUZZO-1 Ilacordaire 11 ?[ -FAMOUS PLAYERS- COLOSSUS LAVAL ?Ce n t ris LAUZON, LAUZONE / IN THE MOOD FOR LOVE (les silences du désir]/ 514.847.2206: horaires + infos + www.ex-centris.com O Étudiants âge d'or : $6 Semaine avant 18h00 : SB Admission générale: $9 L* Paralttl* raaatala: IODEC.Caaaail 4a• Arta «a Caaaia.Caaaail 4a• Arta 4a la aaaaaaaati arkalaa 4a Maatréal al Praprlétéa Tarra lacafalta Ç INÉMA RALL 3 L E L K D K V 0 I H .L E S S A M K Ü I 2 i ET U I M A X ( H E M A K S > Il U I C () MÉDIAS VITRINE DU DISQUE Tous pour un et un pour tous Un grand chêne -difrCanada femdùmne mieux comme traient a chaque média de conser- ^ ^ j £ J® "% un groupe, comme une famille.» Par ver son identité.Ainsi, Radio-Ca- ! en terre terme Paul Cau ch on ?L> anecdote est racontée par ' Martin Leclerc, journaliste au Journal de Montréal et président de son syndicat.Sa rédactrice en chef revenait récemment d’une tournée de trois quotidiens américains.Dans chacun de ces quotidiens, on trouve un cadre responsable du journal, un cadre responsable du site Internet et un cadre responsable de la chaîne de télévision qui appartient au même propriétaire que celui du journal.lorsqu’un journaliste revient d’un événement, il se présente devant les trois responsables.On discute de ce qui s’est passé et on demande alors au journaliste d’écrire un, deux ou trois textes qui seront diffusés, immédiatement ou plus tard, sur l’un des trois supports (journal, Internet ou télévision), voire sur les trois.Martin Leclerc donnait cet exemple comme symbole des effets pervers de la convergence des médias et de la concentration de la propriété.On presse le citron du journaliste de base et on recycle les mêmes informations dans les différentes constituantes de l’empire mé- J\ diatique.Moins de temps pour réfléchir, pour faire de la recherche, pour prendre du recul, pour analyser.Et uniformisation de l’information.Le collègue syndical du Journal de Mmtréal exagère-t-il?En tout cas, la tentation est de plus en plus grande de maximiser la production dans les grands empires médiatiques.On imagine donc le dilemme qui se pose à Radio-Canada.Face aux empires médiatiques qui se constituent au pays, essentiellement les deux monstres BCE-CTV et Que-becor-TVA, qui vont chercher à rentabiliser au maximum leurs contenus et à inonder le public du même contenu sur tous les supports, Radio-Canada tente elle aussi de maximiser ses forces pour occuper plus d'espace médiatique.I^e nouveau mot d’ordre: collaboration et convergence, ce qui implique de concevoir des émissions qui puissent à la fois être diffusées à la radio, à la télévision et sur Internet Sylvain Lifrance, patron de la radio française à Radio-Canada, le disait cette semaine: «La logique de convergence nous amène à tirer de nouvelles conclusions.Il Jdut que Ra- dioCanada Jbnctionne mieux comme un groupe, comme une famille.« Par exemple, en multipliant les autopro motions sur les ondes (la radio qui vante les émissions de télévision, et vice-versa), par exemple, aussi, en développant des concepts d’émissions croisées téle-radio-Internet On ne peut s’empêcher de sourire quand on entend un tel discours: quiconque connaît un peu Radio-Canada sait a quel point radio et télévision sont des univers séparés et comment les équipes des émissions elles-mêmes se méfient des autres, se jalousent vivent souvent repliées sur leur monde même si eUes travaillent dans le même édifice.On a le droit de rêver.Mais Sylvain Lafrance est très conscient des difficultés de cette convergence et ses propos sont plus nuancés qu’on pourrait le croire.«Le mot “convergence” suscite la confusion, dit-il.La convergence de la technologie, ce n’est pas la même chose que la convergence des médias.» Le numérique permet maintenant de nouveaux échanges entre radio, télévision et Internet mais les médias doivent conserver une personnalité distincte.Allumer la radio, explique ce passionné de radio, «c’est faire un geste social, un geste d’ouverture, c’est prendre des nouvelles de l’extérieur».D note d’ailleurs que l’écoute de la radio est surtout matinale, soit le contraire de l’écoute télévisuelle, dont le sommet est en soirée.Ce que semble chercher Radio-Canada, ce sont des projets novateurs de convergence qui permet- traient a chaque média de conserver son identité.Ainsi, Radio-Canada entend inaugurer l’automne prochain le site Internet de l’émission matinale montréalaise de René Homier-Roy, C’est bien meilleur le matin, en proposant de la «valeur ajoutée», selon l’expression de M.Lafrance: informations diverses, images de la circulation et de la météo, textes ou références de chansons entendues en ondes, et ainsi de suite.On verra à l'usage si le résultat est à la hauteur des attentes.Mais on peut présumer que le citoyen-consommateur ne tient pas à ce que tous les médias se ressemblent.La logique voudrait qu’un site Internet apporte quelque chose de très différent, comme sont en train de le comprendre à leurs dépens bon nombre de journaux de par le monde, qui voient leurs sites Internet désertés, justement parce qu’ils n'offrent rien qui se distingue vraiment du journal écrit La logique voudrait également que des projets de convergence entre télévision, radio et journaux puissent tenir compte des besoins très différents des consommateurs ainsi que de la nature très différente des médias.Mais la logique économique a plutôt tendance à niveler ces différents besoins, comme l’exemple du même journaliste, cité plus haut appelé à diffuser la même information sur tous les supports d’un empire médiatique.pcauchonCd ledevoir.com JAZZ Rien de nouveau SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Ah! Seigneur! La branchitude.Ça vous enrobe les productions des maux de la postmodernité pour vous faire croire à la nouveauté.Un coup, c’est acid jazz, le coup suivant, c’est jazz house, ou inversement, histoire de nous faire croire que nous sommes en présence de quelque chose de neuf.Que nous sommes à l’écoute de l’innovation.Foutaises! Tenez, là, on nous propose un album baptisé Doin’ Something par le groupe Soulive, que publie l’étiquette Blue Note.Les jeu- nesses de ce groupe s’appellent respectivement Eric Krasno à la guitare, Neal Evans au piano et à l’orgue, un B-3, et Alan Evans à la batterie.Ils sont habillés chicos.Et surtout ils posent.Pour ça, poser, ils ont l'air d’avoir du talent.Bon, allez! Ds ont essayé de nous faire croire qu’ils étaient funky-branchés, mais.Mais on n’est pas si dupe que ça.Après écoute, on a vite réalisé que nos trois zigotos s’étaient contentés de piquer les plans musicaux que Donald Byrd, à l’époque de son The Emperor, au tout début des années 70, et le duo Teddy Edwards-Bobby Hutcherson, à l’époque du Californien In-A- Les Lundis classiques du Rideau Vert sous la direction artistique de Francine Chabot 26 mars a 20 h Autriche Concert : Mosart et Schubert Robert Crowley, clarinette Véronique Potvin, alto Danielle Boucher, piano Kimy McLaren, soprano Francine Chabot, piano Billets Adultes : 20 $ Étudiants : 10 $ Réservations : (514) 844-1793 Gadda-üa-Vida de l’ineffable Iron Butterfly, avaient façonnés et que bien des jeunesses «empruntent» en nous faisant croire qu’ils sont in.la musique que nous sert Soulive s’oublie aussi rapidement que le temps que l’on accorde à la minute.?On est triste.Tout tristounet.Voilà, ü s’agit de Mose Allison.D est question de ce monsieur qui a composé de petites merveilles.Qui, en tout cas, a écrit un chef-d’œuvre de trois minutes qui s’intitule If You live.Toujours est-il que cet homme fait partie de notre panthéon personnel.Depuis une bonne vingtaine d’années, il ne se passe pas trois semaines sans qu’on écoute un Allison.Toujours est-il que son nouvel album, intitulé The Mose Chronicles -Live In Isindon, Volume 1, sur étiquette Blue Note, s'introduit dans les bacs des disquaires.Tout content, on s’empresse de l’écouter.Peu après, tout s’est dégonflé comme un soufflé aux fromages pasteurisés.la déception a été d’autant plus grande qu’on avait noté la présence d’un ancien du groupe Soft Machine, le contrebassiste Roy Bab-bington; on était bien heureux de le trouver là.Mais bon.On s’est consolé en écoutant vite les autres Allison.Ceux qu’il a signés pour Riverside et pour Blue Note.On aime tellement Allison qu’on n’en dira pas davantage.?Dans le dernier numéro de Jazzman, dont le dossier principal est consacré à la renaissance de Harlem, on a retenu ces propos de Michel Portai à propos des adaptations de compositeurs classiques par des avant-gardistes: «Mais pourquoi donc tous ces musiciens si doués et pointus comme Dave Douglas ou Uri Caine ont-ils besoin d’enfoncer ces drôles de portes?Cette petite révolution qui consiste à taquiner et à trafiquer le classique n'est toujours pas sortie de sa coquille.Elle n’a pas encore réussi, et je me demande si elle convaincra un jour.Tout cela ne me fait pas mal.Simplement, je n’ai pas compris le message.» Bigre! C’est l’hécatombe.L’organiste Jack McDuff, le fin pianiste Lou levy et le classique saxophoniste Norris Turney nous ont quittés.Amen! CHANSON L’HOMME QUI PASSAIT PAR LÀ Claude Gauthier GSI Musique (Musicor) C* est beau, riche, magnifiquement produit.Les cordes sont des cordes, pas des fac-similés électroniques.Les guitares ont l'ampleur de leur résonance.La voix habite en trois dimensions l’espace.Claude Gauthier est ici donné à la pleine mesure de Claude Gauthier.Bravo pour cela à GSI Musique de lui en fournir les moyens.Les mêmes moyens dont bénéficie un Daniel Boucher.A ceux qui s’étonneraient de ce compliment, sachez que tout vétéran chansonnier n’a pas à toute enseigne autant de bonheur et de dignité.Certains n’ont carrément pas de maison-mère: Pierre Calvé, par exemple, a dû se contenter pour son Aquarelles d’un disque bon marché, fait comme faire se peut, à (famélique) compte d’auteur pour ainsi dire: cela s’entend, hélas.Il méritait certes mieux.Le respect, pour commencer.Gauthier marche chez GSI sur un sol fertile et ferme, tremplin de tous les envols.Cela s'entend au beau bruit des pas de l’homme se promenant à travers Notre-Dame de-Pontmain «avec la montagne du Diable / qui fait trembler tous les érables», à la montgolfière qui «vogue haut et fière» dans Rayon espoir.Cela s’entend à la finesse des arrangements, cet accordéon délicat dans Maman ma mère, ce bruissement de doux balais et cette brise d’harmonica dans la superbe Rayon espoir.Serti dans un écrin de telle facture, on obtient Claude Gauthier entièrement, remarquables qualités et p’tits défauts, jusque dans les maladresses (plutôt sympathiques) de l’écriture.Il faut bien l’avouer, Gauthier n’a point le verbe aisé d’un Ferland: l'image est parfois lourde, le mot gauchement choisi, le lieu un tantinet trop commun, confinant parfois au pittoresque touristique dans la description de la nature.L’humour n’est Un événement bénéfice sous la présidence d'honneur de Madame Rita Lafontaine Mercredi 11 avril 2001 de 18h 30 à 21 hOOchez Holt Renfrew une aventure ortos chocolats Réservez vos billets avant le 9 avril.les places sont limitées ! •40,00$ par personne «IV»C Mme Rita Lafontaine téL: 514 5233095 fax: 514 5231576 courriel :www.la-nef.corn IKHJRENFIO n s ao jya ‘Petite Qrangc chocolaterie, pâtisserie V a I I e y H e I d WiiiLirtfii r\ Hydro Québec 52e SAISON Sene «Topaze» Une violiniste prodigieuse QUI SERA UNE RÉVÉLATION! M A R S 2 0 01 C 8 ,\ I! ï S ARTS VISUELS Pervertir rinstallation Géométries variables SOURCE: L’ŒIL DE POISSON L’atmosphère de l’installation se veut dérangeante, subversive et mystérieusement kitsch.ÂRLIGA B LA ÔGON (Honest Blue Eyes) Une exposition de Johan Zetterquist, Peter Geschwind et Roger Andersson, dans la grande galerie.PORTRAITS DE SOCIÉTÉ Une exposition de Marie-Claude Pratte, dans la petite galerie.À L'Œil de Poisson, 580 Côte d’Abraham, Québec.Jusqu’au 1" avril 2001.DAVID CANTIN Que se produit-il lorsqu’on invite trois jeunes artistes suédois peu banals à bien vouloir envahir l’espace de la grande galerie à L’Œil de Poisson?On reconnaît à peine la salle qui porte désormais la signature de ces créateurs à l’humour décapant.Dans le but de séduire et choquer à la fois, Johan Zetterquist, Peter Geschwind, ainsi que Roger Andersson font de l’installation Àrliga Bla Ôgon la scène d’un crime esthétique.Rien ne va plus, dans ce monde qui s’appuie sur l’intrigue principale d’une série télévisée suédoise des années soixante ayant pour titre Honest Blue Eyes.Dans la petite galerie, au tour de la Montréalaise Marie-Claude Pratte de faire connaître sa peinture qui se regarde comme une longue baijde dessinée satirique.A Québec jusqu'à la fin du mois, deux itinéraires artistiques aux allures nettement radicales.On trouve un peu de tout entre les murs de la grande galerie de la Côte d’Abraham.Du dessin, de la photographie, des sculptures, une chaise, un mannequin, de la vidéo, de la musique, de même qu’une bien curieuse toilette.Il ne s'agit pas d’un collectif, mais de trois créateurs distincts venus de la Suède avec la ferme intention de diffuser un art où le bien tend vers le mal.Chez Johan Zetterquist, IV ter Geschwind et Roger Andersson, on réagit face à ce besoin de pervertir l’objet pour mieux détourner sa raison sociale.Derrière une telle installation, on se sert d’abord de l’intrigue principale d’une série grand public en Suède qui repose sur l’ambiguïté du personnage féminin.Derrière l’archétype de la femme fatale se cache la fascinante et ingénieuse meurtrière.C’est pourquoi, au centre de la grande galerie, Geschwind place un corps, aux allures de cadavre, près d’une paire de mains sanglantes (en plastique) tenant un faux couteau.Les murs sont peints en rose, rouge ou autres couleurs plutôt voyantes.En entrant, des photos cherchent à reproduire des images d’une nature artificielle.Un ballon de sport, suspendu au plafond, se transforme en plante drôlement contaminée par une quelconque bactérie.Sur une chaise de plage, on distingue sur le tissu l’emblème du groupe de hard-rock anglais Môtorhead.Roger Andersson peint à l’intérieur d'une toilette, un univers végétal où des inconnus célèbrent la luxure sou,s toutes ses formes.A l’autre bout du mur, on découvre que ses peintures à l’encre bleue ne dénigrent jamais un réalisme onirique.Johan Zetterquist montre aussi que le quotidien doit être contaminé par l’artiste.Deux téléviseurs projettent des images assez curieuses en contrepoint.Dans l'un, des scènes de Scanners où la tête d’un homme de pouvoir anonyme explose en miettes.De l’autre côté, des marginaux ne tiennent guère en équilibre sur le sol.Du fait même, on ne sait pas exactement où se placer dans cette panoplie d'objets bizarres.On cherche à provoquer, bien sûr, la réaction la plus im- médiate chez le visiteur.L’atmosphère se veut surtout dérangeante, subversive et mystérieusement kitsch.Comme quoi, la société contemporaine n’est pas aussi irréprochable qu’on l’imagine.11 y a probablement beaucoup à retirer de ces pratiques qui visent à corrompre le bien qui tourne plutôt mal.Le catalogue, sous forme d’affiches célébrant les vertus publicitaires du culturisme, en dit déjà long.Il est assez rare qu’une artiste ose présenter de la peinture dans la petite galerie de L’Œil de Poisson.Chez Marie-Claude Pratte, on parlera de peinture réduite.Cette suite de petits tableaux illustre des Portraits de société.La construction impressionne, grâce à des couleurs très vives et une ironie assez mordante.L'artiste détourne le cliché, l’étiquette, le lieu commun en se servant d’une esthétique qui emprunte beaucoup aux plaisirs ludiques des personnages de cette grande bande dessinée.Pratte ne passe pas par quatre chemins pour dénoncer un système d’une absurdité déconcertante.Elle accumule les images stéréotypées comme celle de l’individu qui dresse une liste de produits inutiles et désuets à se procurer à tout prix.Cette juxtaposition se fait en cédant à un penchant humoristique aussi direct qu’efficace.Les traits sont gros comme ces images qui empruntent au vocabulaire le plus familier qui soit.On se plaît à cherche attentivement les nuances, les surprises et les clins d’œil.U autre bon coup, pour ce centre d’artistes de Québec qui ne recule devant rien.MUSÉUMIFICATION Francine Savard Au Montréal Télégraphe 206, rue de l’Hôpital Jusqu’au 1" avril BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Francine Savard est, à Montréal, l’une des artistes qui, depuis deux ou trois ans, révise le mieux certains des acquis de la peinture abstraite géométrique (avec Stéphane La Rue et Martin Bourdeau).L’artiste a su recharger la peinture monochrome et le shaped canvas (dans lequel le tableau est découpé) avec un sens de la poésie remarquable.A l’Espace du Montréal Télégraphe, elle revient avec une nouvelle production qui ne nous laisse pas sur notre laim.A Circa en 1998, Savard avait produit La Chambre à peinture: le dépôt.L’exposition d’alors, comme la nouvelle, offrait des fictions d’atelier.La Chambre à peinture: le dépôt posait l’atelier comme un lieu de création, mais aussi comme un espace de rangement, de repos des œuvres, de leur classification.Un point de vue singulier sur l'atelier se profilait, qui se poursuit aujourd’hui.Le matériau principal de Savard est le vocabulaire de la peinture abstraite, géométrique.Par des références aux systèmes de classification des livres, par des références à l’espace de l’atelier de l’artiste comme site d’exploration mais également de rangement, l’artiste a su détourner ce vocabulaire relativement pour lui donner un nouveau souffle.On a encore en tête, précisément dans le même espace en 1998, Les Couleurs de Cézanne dans les mots de Rilke - Essai (1995-1996).Des tableaux étroits, à l'horizontale, étaient peints d’une couleur inspirée des mots que le poète avait mis sur la peinture de Cézanne, qu’il retrouvait sur ces surfaces.Savard manipule les mots aussi bien que la peinture.I-es titres que donne Savard à ses œuvres sont soignés et particulièrement évocateurs.De \'0b-jet sans nom à ce Casier pour objet du désir, l’artiste embrasse ainsi des zones de significations toujours inattendues et cultive une féconde ambiguïté.Pour une des œuvres les plus réussies de l’ensemble et dont l'emplacement, à l’entrée de la galerie, donne le ton au reste de l’exposition, l’artiste reprend no- tamment de ses anciennes stratégies, où de multiples tableautins s’agglutinent pour former un plan de ville vu en surplomb.Dans un cercle de grande taille, une multitude de petits tableaux irréguliers s’épousent presque.Un interstice demeure entre chacune des formes, comme des rues qui serpentent entre les ilôts ou des artères plus importantes.De cette agglomération touffue, à l’apparence spontanée, s’active une lecture de nature archéologique; l’œil parcourt ce dédale, littéralement une collection de tableaux.L’œuvre s’intitule Dépôt de peinture.Dans la logique qui prévaut à la peinture de Savard, et dans l’ordre de ces fictions d’ate-lier, le titre pourrait bien ne renvoyer qu’à l’idée d’accumulation.Mais l’architecture, à peine née, se transforme en ruine.Silhouette ronde, fissure dans la surface grise des panneaux, l’œuvre vient d’une réalité toute triviale de l’atelier.Autant que la couleur pure, le dessin prime dans cette étendue monochrome.Savard a repris le tracé des craquelures du «dépôt» présent au fond d’un pot de peinture.Appelez ça inspiration si ça vous chante, mais il s'agit d’une manière fort astucieuse et belle (oui, belle) de réinventer le shaped canvas.Le reste de l’exposition poursuit ce travail d’archéologie.Dans la seconde salle comme dans la dernière, plus grande, Savard a accroché au mur, régulièrement, comme sur les rayons d’une bibliothèque, d'autres formes découpées et peintes, dont on finit constamment par se demander si on ne les a pas vues dans Le Dépôt de peinture.Cet Objet sans nom et ces 18 objets d’engramme activent les registres de la mémoire visuelle.Ces «formes innommables», comme les désigne l’artiste, des engrammes, soit ces traces laissées dans le cerveau, traces physiques de la mémoire, entrent immédiatement en résonance avec ce qu’on a vu quelques minutes auparavant.Par là, on sent qu’une réflexion solide et manifeste a été menée pour ce qui est de l’accrochage, de la séquence des œuvres dans l’espace.De façon générale, cela ne va malheureusement pas de soi.Finalement, un autre «dépôt de peinture», sorte de signe architectural (une construction à la fonction trouble), est en fait une structure tridimensionnelle, rectangulaire, faite de bois.On imagine des faux cadres de tableaux.Ce Casier pour objet du désir est lui aussi sans nom, sans objet.Un vide qui appelle toutes les formes.Encore une fois, avec cette exposition, Savard manœuvre pour laisser l’œuvre ouverte.Tout en finesse, en intelligence, et sans négliger la sensibilité.FRANÇOIS LECLAIR Dépôt de peinture, de Francine Savard.Derrière l’archétype de la femme fatale se cache la fascinante et ingénieuse meurtrière Ils sont Dominique Goupil Mary Hayes Peter Hoffer Yann Jusque jeunes.Lenny Piroth-Robert Rafael Sottolichio Keer Tanchak Leroux j 31 mars GALERIE SIMON BLAIS 1 4521 riieCI.uk Monlre.il H21215 514.849.1165 Ouveilftu mardi au vendredi 9h 30 à 17h 30 el le samedi lOhà 17h GALiERIE BERNARD M.FERNAND T0UP1N (R.C.A.) AIRES ÉCl.ATFES (t'iivrès récentes ¦ DU 1 O AU 3 1 MARS 200 I 90 av.Laurier Ouest Tel.: (514) 277-0770 .du mardi au vendredi de 11 h 00 à 18 h.00.samedi dè 12 h 00 à 17 h 00 I GALERIE DE BELLEFE'JILLE CI[\OQ\ LISETTE LEMIEUX ET SON INVITÉE CLAIRE SAVOIE Du 24 mars au 21 avril 2001 LIBRAIRIE DU LIBRAIRIE DU MIISFF ^ Cet escompte est valable à la BOUTIQUE également.JUSRU 1 MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL FUR), rue Sherbrooke OuAst MICHAEL SMITH VERNISSAGE DIMANCHE 25 MARS.13H • 17H CATALOGUE DISPONIBLE 1 36 7 AVE GREENE.WESTM0UNT TEL 51 4 933 4406 FAX 514 933.6553 LUN- SAM.10H - 18H / DIM 12H - 18H WWW DEBELLEFEUILLE.COM Vernissage le samedi 24 mars de 15 h à 18 h 372, rue Sainte-Catherine Ouest # 444 Tél.: 393-8248 du mercredi au samedi de 12 h 00 à 17 h 30 Le Centre d'exposition Circa remercie le Conseil des Arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal.TEXTILES EN QUATRE TEMPS impressions textiles Johanne DUCHARME Gilbert PAIEMENT Christine PÉNINOU Nathalie TREMBLAY Il SOf Al 8 WR IL 2001 Filtrée libre xEr mardi.mcivivili : 13 h à IU h Ville de Montreal iaiili.vomlvtli : 13 h a 17 l\ pV -amorlt ei dimanclx' : 13 h à 17 cuuvtRU ¦aT:.S iJSüfe*________________,.Maison de la culture Cûte-des-Neiges 5J9D.chemin de la ( ote-des Neiees I meiro CÏMe-tles Neieesi Ncnsrigticiucnis : K V 01 K .LES S A M EDI 24 E T l> I M A N ( H E MARS 2 0 O I ( ARTS VISUELS Uartiste en proie à ses démons m' ¦, RICHARD MAX TREMBLAY Cette nouvelle installation emprunte à Faust le travail de pétrification.Le corps sidéré BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Alain Pelletier est entré au Musée d'art contemporain en 1985.Il faisait alors partie de l'exposition Peinture au Québec: une nouvelle génération.En 2001.il franchit de nouveau la porte de l'institution muséale.Et, cette fois-ci, avec une installation vidéo.La fascination pour le corps ne se dément pas dans le travail de Pelletier, d'ailleurs comédien.En fait, son travail porterait davantage sur notre fascination pour le corps que sur le corps lui-même.Avant de se consacrer à cette nouvelle œuvre intitulée Per-sée.id.Méduse, le vidéaste a terminé, il y a deux ans, un triptyque colossal.Faux fluides (1993), Faust médusé (1995) et Die Dyer (1999), trois «contes philosophiques», précise l'auteur, constituent une somme.Il n’est pas impossible de faire une lecture des œuvres de Pelletier à partir des craintes soulevées par les biotechnologies.Ce ne serait pas forcer la note.«Une quête d’identité» dit l'artiste, Faux fluides a été produit à partir des Mémoires d’un névropathe de Freud, passées au crible de l'analyse de Gilles Deleuze et de Felix Guattari dans LAnti-Œdipe.Dans un entretien avec la commissaire Louise Ismert, qui sera disponible mercredi lors de l'ouverture de l’exposition, Pelletier explique que cette lecture a été primordiale dans le processus de création.Dans le cas désormais connu comme étant celui du président Shreber et qui a pennis à Freud de formuler sa théorie sur la paranoïa, le patient décrit son corps comme envahi par des hommes minuscules et de quelle façon, explique Pelletier dans l’entretien, «cette meute manipule son corps».Faust médusé présente le Faust vieilli, emprisonné dans son propre corps, pétrifié.Le vieillard est «obsédé par son corps et par la lie de ses organes».La bande parle de vieillisse ment mais aussi de fécondation avant de se tenniner par 4'évarumis-sement du personnage dans la lumière {idéographique».On y traite de la décrépitude du corps.Die Dyer a certainement marqué ceux qui l’ont vu.Un huis clos de trois personnages, volontairement reclus pendant trois mois, trois semaines et trois jours, se déroule dans la crainte de l'aliénation.Le résultat aura donné un magma de corps, une œuvre sur la «précarité de nos équilibres mentaux et sur le narcissisme».Ces trois œuvres seront présentées au MACM les mardi, jeudi et samedi.In nouvelle installation emprunte à Faust le travail de pétrification.L’œuvre traite d’épouvante.Nous place devant.La claustration, celle dans laquelle le corps est confiné, est encore abordée par le vidéaste.Pelletier revient à la mythologie grecque, soit au récit de Persée devant la Méduse au regard qui pétrifie.Du récit.Pelletier a retenu le moment précédant tout juste le drame, entre «l'aveuglement ou le mutisme».Encore une fois, Pelletier explore la parole dans sa plus ultime fragilité alors qu'elle ne peut prendre corps et que le corps la ravale, incapable d’en faire davantage.Ismert explique que dans l'œuvre, des «personnages de lumière sont confrontés à leur réalité chamelle», incarnée notamment par des organes.Réalité et irréalité se croisent dans ce drame revisité par l’artiste.Un «cri silencieux» pour percer le «silence malsain sur la mort» qu'alimente nos société technologiques, dit encore Pelletier.PERSÉE.ID.MÉDUSE Au Musée d’art contemporain de Montréal Du 4 avril au 6 mai LANTERNES/ LIGHTHOUSES Eric Raymond Daâbao, jusqu'au 8 avril FUZZYFACE Nelson Henricks Optica, jusqu'au 7 avril JEAN-CLAUDE ROCHEFORT En franchissant le seuil de la porte, on est aussitôt accueilli par l'une de ces lanternes qui gît sur le sol comme un grand pion d'échec tombe à la renverse et nous barrant le chemin.Tout en le contournant, on jette un coup d'œil à son sommet évide et on y aperçoit l'image vidéo statique d'une flamme.Il nous semble qu'en temps normal, cette flamme devrait vaciller.Un peu plus loin plane un étroit cerceau d’aluminium dans lequel ont été introduits huit écrans miniatures à cristaux liquides et deux haut-parleurs.En principe, une trame sonore se fait entendre dès que l'on entre à l’intérieur de ce cercle et, en principe1 toujours, des images saccadées de sol graveleux et de vagues apparaissent en alternance lorsque Ton pénètre dans la zone sensible.On quitte cette capricieuse auréole technologique en se dirigeant vers les deux grands «tonneaux» de bois qui reposent au fond de la galerie.En approchant de l'un d’eux, un vrombissement se fait entendre: une eau noire au fond du contenant se met aussitôt à bouillonner.Au fond de l'autre de ces deux puits glauques, on aperçoit un écran cathodique d’où émane une image de vague figée, volontairement cette fois.En retournant vers le premier tonneau, on se rend compte que les deux dispositifs sont reliés et que c'est en s’approchant de Lun de ces contenants que l’on interrompt l’arrêt sur image, permettant ainsi à la vague de poursuivre son mouvement et d’aller frapper contre le rocher.On dit dans le communiqué relatif à cette exposition que le spectateur est «convié à reconsidérer la division métaphysique qui existe entre le monde des idées, des ima- *4 4 4r A Ij^pi \ NVI SON HKNKIl KS S’inscrivant à l’intérieur d’une série d'installations.Fuzzy face explore l’intervalle qui existe entre les images et les significations qu'elles produisent.L’artiste, qui s’évertuait jusqu’alors à se faire image-fantôme, devient animal mythique ges et des objets de même que l'espace existant entre le langage et les choses».Vaste programme.Beaucoup trop vaste en fait.Car.comme le dit si bien le proverbe, qui trop embrasse mal étreint, et c’est exactement ce qui se passe dans cette expo.D’une part, l’artiste est ici visiblement dépassé par la quincaillerie électronique qu'il utilise et qui ne fonctionne qu'à moitié, donc pas du tout.En effet, lorsque cela ne fonctionne pas techniquement, la magie n'opère tout simplement pas.D’autre part, et cela malgré ses prétentions, on reste avec l'impression tenace que l'artiste ne possède pas l’aisance communicationnelle, les outils conceptuels et la dextérité technologique que requiert la mise en place de dispositifs médiatico-langagiers qui interrogeraient véritablement le fonctionnement des images et des idées, comme parvient si bien à le faire Gary Hill, par exemple.11 en résulte une expo d’une lourdeur affligeante parce que les visées complexes de départ aboutissent à de plats et laborieux exercices de démonstration.Tout à fait à l'opposé de ce qui précède, la petite galerie d’Optica présente une installation de Nelson Henricks, certes empreinte de gra- vité, mqis d'une extrême justesse de ton, A l’entrée de la s;i]le, contre le mur qui referme l'espace, l'artiste a installé sur une tablette un livre ouvert à la page montrant le fameux portrait de Van Gogh à l’oreille coupée.Tout juste à côté est accroché un i>etit tableau que l'on suppose peint par Nelson Henricks lui-même.Ce tableau, maladroitement peint, reprend sensiblement le même motif que l'autoportrait de Van Gogh, à quelques modifications près cependant.En effet, l'artiste a changé les traits inférieurs du visage pour des lignes qui évoquent plutôt la gueule et le museau d'un t'élidé.C’est ici que la brève citation de Ludwig Wittgenstein qui introduit au communiqué st1 fait utile et prend tout son sens: «Dans tout grand art, il y a un animal SAUVAGE: dompté.» Arrivé à la petite galerie adjacente au couloir, un projecteur vi déo trône au milieu de la pièce.Ce projecteur transmet une petite image verticale parfaitement ajustée à la ligne de rencontre entre le mur et le sol.Que représente-t-elle, cette image aux mouvements restreints?Il s'agit vraisemblablement de la tête de l'artiste et d’actions répétées qui consistent à engluer par touches son visage d’une colle ambrée et d'y apposer méticuleusement des boules de coton ouaté.Au fur et à mesure que le processus avance, le caractère proprement humain s'efface graduellement |x>ur devenir de plus en plus évanescent, voire parfaitement fantomatique.Et puis, sans que l'on sache trop à quel moment ce processus se renverse, l'artiste commence à retirer les boules de coton qui recouvraient son visage, ne laissant s’exprimer que Içs résidus effilochés de ouate.A cette étape-ci s’opère une subtile mais non moins impressionnante métamorphose.L'artiste, qui s’évertuait jusqu’alors à se faire image-fantôme, devient, presque à notre insu, animal mythique, sorte de loup garou ou de chat «sauvage».Ou peut-être qu’il s’agit tout simplement d'une métaphore de l'artiste lui-même en proie a ses demons.l"est au gré de votre imagination, que Ton suppose fertile.S’inscrivant à l'intérieur d'une série d'installations, celle-ci, qui s'intitule Fuzzyface, «explore, selon l'auteur, l’intervalle qui existe entre les images et les significations qu'elles produisent».Avec des moyens réduits et un dispositif dépouillé, Nelson Hendricks nous entretient certes de cet intervalle — matière qui pourrait occuper des cohortes entières de sémioticiens pendant des décennies —, mais il parvient du même souffle à nous convaincre de la puissance d’évocation et de persuasion qu'exercent les images, de leur réelle efficacité symbolique, dirait Debray, surtout lorsqu’elles sont bien pensées et bien mises en forme.Voilà un artiste qui nous livre une œuvre à la mesure de ses ambitieux desseins.Ecole des beaux-arts Centre des arts Saidye Bronfman Printemps 2001 -y’*.i -47 - - * • « < ?CHARLES UNE RETROSPECTIVE te o Vf \ £>,4 K T I) I M A \ ( H 4! M A R S 2 (MM ?LE DEVOIR * MARIE CLAUDE MIRANDETTE En février dernier, le groupe Info Presse et le magazine des communications graphiques du Québec Grafika récompensaient, pour la quatrième année consécutive, les meilleures productions québécoises dans le domaine du design graphique.I^s plus grands studios se sont une fois de plus chaudement disputés les honneurs, mais c’est une designer autonome, Lyne Lefebvre, qui a rem|x>rté le Grand Prix.Point n’est besoin d’etre docteur es arts pour constater que la sélection n’a pas dû être aisée.Il n’est que de jeter un coup d’œil aux réalisations des lauréats et des finalistes pour constater la très grande qualité de bon nombre de travaux soumis a ce concours.Grâce a un jury de professionnels du milieu dont la réflexion fut orientée par trois principaux critères de sélection, à savoir le rayon-nement créatif, l’intégrité et la représentation du milieu, les ouvrages primés s'avèrent tout a la fois réjouissants par leur qualité et étonnants par leur originalité, ce qui confirme la force du Québec dans ce domaine.Le Grand Prix 2(X)1 a été décerné à l’unanimité à Lyne Lefebvre pour le design du catalogue d’exposition Porter le mur comme le masque (texte de Ixmise Provencher, photos de Serge Çlément et Brice Desrez) publié aux Éditions Les 400 Coups.Dans un jeu systématique de quadrillage tout en simplicité et en équilibre, lefebvre a réussi à allier originalité, recherche pure en design et respect scrupuleux de l’esprit du texte pour en arriver a une véritable symbiose des éléments visuels et textuels.Chaque double page a été traitée comme un module unique qui participe à un fout homogène.Une très grande réussite ! Un tour d’horizon des projets primés (voir ci-contre) permet d’observer une volonté marquée de recherche d’équilibre des formes à travers un vocabulaire géométrique le plus souvent simplifié.On s’éloigne sensiblement d’une certaine tendance au surdesign qui a marqué bon nombre de productions des années 1990 — tout particulièrement dans le design d'exposition muséale — pour revenir à une épuration formelle dans laquelle le design est d'abord et avant tout au service du message et de l’image du client.Un retour à une vision plus fonctionnaliste du design, sans |X)tir autant tomber dans le dogmatisme néo-bauhausien, ce qui est tout de même heureux.L’état des lieux Véritable vitrine pour les créateurs québécois en design graphique, le concours des prix Grafika édition 2001 a attiré plus de 230 entreprises qui ont présenté un corpus de quelque 1200 pièces, soit près du double de la première édition en 1998.la compétition s’en est révélée d’autant relevée et a permis à de nouveaux noms de s’imposer, témoignant ainsi du dynamisme de la jeune génération en design graphique.Bien plus qu’une simple vitrine permettant aux designers graphiques d’assurer une durée de vie prolongée à des projets par définition éphémères et d'attirer de potentiels clients, ce concours est un moteur essentiel à l’autopromotion d'un milieu féroce et ultracompétitil.Et la publication d’une édition spéciale du magazine Grafika, entièrement consacrée aux meilleures réalisations en graphique design, dans laquelle sont présentés non seulement les travaux des lauréats mais aussi ceux des finalistes — et où.parfois, il est malaisé de distinguer les pages de publicité de celles consacrées aux lauréats tant la qualité des pubs des commanditaires est relevée! —, permet de dresser un véritable état du monde du design graphique au Québec.Lequel, ma foi, est fort réjouissant par son inventivité, sa créativité et sa qualité, ce qui laisse présager un bien bel avenir clans ce domaine! FO RM E : Quand les meilleurs gagnent Plusieurs lauréats Outre le Grand Prix, certes le plus prestigieux de tous et le clou de la soirée qui s’est déroulée en février dernier au Spectrum de Montréal sous l’œil attentif de plus de 900 personnes, de nombreux prix ont été décernés.De l’avis du rédacteur en chef du magazine Grafika, Patrick lesort, les catégories les plus fréquentées sont les suivantes: rapport annuel, logo et papeterie.Du côté des nouveaux médias — domaine particulière ment choyé puisqu’il est récompensé par les prix Boomerang des éditions Info Presse —, les principales catégories étaient l’animation électronique, le design électronique, le cédérom et les sites Internet Le premier prix, dans la catégorie design électronique, est allé à la Société Radio-Canada pour Does en stock (réalisation de Michel Mercier et Alain Provost sur une musique de l’hilippe Leduc).Le domaine de l’affiche et de la publicité regroupe les catégories affiches (commerciale, culturelle pièce unique et culturelle série), annonce publicitaire (journal et magazine), promotion spéciale, autopromotion et publicité directe.On notera l’annonce publicitaire (journal) conçue par Diesel pour le Complexe Desjardins et intitulée Le jazz, ça fait chaud dans le dos, ainsi que la série d’affiches annonçant les conférences internationales Ferdie sur le design d’intérieur du Studio multimédia de la Ville de Montréal.Dans le monde de l’édition, les participants se sont fait une belle lutte dans les catégories journal (d'entreprise et d’association), livre (couverture et ensemble), magazine (ensemble et couverture de périodique), rapport annuel, circulaire et catalogue commercial, dépliant et flyer, brochure et brochure culturelle, et enfin catalogue d'exposition.Outre le travail de Lyne Lefebvre, qui a raflé les honneurs dans le secteur catalogue d’exposition, on notera, dans la catégorie couverture de livre, l'amusante Pièce à conviction du Groupe Élastik.Du côté de la catégorie dépliant et prospectus, la palme revient à une entreprise qui en était à sa toute première participation: Bruit de fond Design.Grâce à ses
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