Le devoir, 24 mars 2001, Cahier F
L E DEVOIR.L E S S A M E I» I 24 E T I) I M A N * Il E 2 MAKS 0 O I , LE DEVOIR Education Echec et mat à la vi CIRCM olence Monique Richard Le Centre international de résolution de conflits et de médiation, organisme communautaire montréalais, initie des enfants au processus de résolution de conflits.La présidente de la Centrale des syndicats du Québec a donné un mandat i son organisme: «Pour faire des jeunes des citoyens et des citoyennes responsables, il faut non seulement les amener à côtoyer des valeurs positives, mais aussi à se les approprier.» Page 2 Page 3 Cl I II i e l scolaire ours harmonieux mm?T .- c- * .'A MSI I m 4 % dcHstit de Mjirjolfiim- Corbt'il Il n’y a pas si longtemps encore, c’était comme si tous avaient accepté de laisser faire.Pour un directeur d’école (je pense à l’un d’eux, qui avait le mandat prioritaire de maintenir l’ordre dans une école d’un quartier sis au nord de Montréal, et ce avant même d’avoir en tête la réalisation des objectifs pédagogiques), pour ce directeur, donc, aussi longtemps qu’une bagarre était «propre», à savoir que seuls les poings volaient, et que les couteaux soient réservés, tout allait pour le mieux.Aussi, ailleurs, pour un parent, point n’était question de porter plainte, encore moins de se présenter en cour pour un cas de «tagage», pour un «don» forcé d’une pièce de vêtement, un veston de cuir par exemple.Pour un enfant, il devenait acceptable de se faire «emprunter» ce crayon ou ce livre qui créait chez l’autre l’envie.La réaction vint.Premières mesures: il fut interdit d’apporter des objets personnels en classe.Puis la signalisation apparut: dans les cours des écoles de la Commission scolaire de Montréal, par exemple à Louis-Hippolyte-Lafontaine sur le Plateau, des panneaux d’interdiction qui condamnent le «poussaillage» sont venus appuyer les remontrances que faisaient déjà les moniteurs des services de garde.Et les comités de professeurs, les associations de parents ont pris la relève.Il fallait mettre fin à la banalisation de la violence, mê/ne celle qui opère en mode mineur il faut dire que le jour où le Québec connut à l’Ecole polytechnique la même sauvagerie que l’on croyait réserver à nos voisins du Sud, le réveil hit brutal.Si toute société en évolution connaîtra ses ratés, quand les différences, qu’elles soient de classe, ethniques, culturelles, linguistiques, religieuses, apparaissent, un tel fait ne justifie pas pour autant les accidents de parcours, indépendamment de leur gravité.Que les temps modernes aient instauré la violence en normalité, cela semble aller de soi dans notre univers de communications: qui se soucie vraiment du compte-rendu quotidien des agressons et des assassinats en Tchéchénie, en Algérie, en Colombie, en pays kurde ou dans les pays du Sud-Est asiatique?Qui sait le nom de tous les pays où le non-respect des droits humains, sous toutes ses formes, fait partie du lot quotidien?L’apprentissage scolaire ne serait-il point condamné, lui aussi, à s’adapter à la loi des plus forts, soumis aux tyrannies locales?D semblerait que non.Le retour du balancier «L’enseignement, ce n’est pas quelque chose qui est en vase clos, mais une démarche de formation globale de la personne.Dans un tel contexte, quand on est dans le milieu de l’éducation et que l’on côtoie la violence à tous les jours, je pense qu’on a la responsabilité, au-delà de la démarche fondamentale d’apprentissage, d’essayer d’éveiller des intérêts chez des jeunes qui sont un peu blasés et qui n’ont pas beaucoup de perspective.» Monique Richard est présidente de la Centrale des syndicats du Québec.Son organisme s’est associé à des professeurs d’art, à une association d’échecs, à un projet pédagogique centré sur les mathématiques, à un centre international de résolution de conflits et de médiation pour initier une démarche dont l’objectif est de contrer la violence qui marque les quotidiens scolaires québécois.Elle sait que nos sociétés ne sont pas égalitaires, que l’harmonie, aussi dans le milieu familial, n’est pas le lot de tous.Comme le dit Frédéric (et pourtant il n’est qu’en 3' année): «Je respecte les amis et je choisis de ne pas me batailler.Avant, je criais après mon père, je ne crie plus maintenant.» n n’y a en effet aucune raison pour que la cour d’école soit une succursale de NYPD Blues tou de Omer-ta, s’il faut à tout prix régionaliser).Des professeurs, donc, des directeurs d’école aussi, se sont donné des moyens pour faire en sorte d’objectiver la violence, de pouvoir en parler sans être obligé de la subir.Le 29 mars prochain, ce sera la fête quand le grand rendez vous final, conclusion d’un premier volet, de cet Echec et mat à la violence s’ouvrira au Centre Claude-Robillard à Montréal.Il sera alors fait la preuve qu’il est possible de transformer l’école, d’en évacuer les excès physiques et psychologiques.Pour sûr, dans les jours qui suivront, une nouvelle décrira dans un journal un autre cas d’agression.A sa lecture, il sera toutefois rassurant de savoir que des éducateurs, de plus en plus nombreux, en seront choqués, et réagiront pour éliminer dans leur milieu de tels incidents.Leur objectif: rétablir l’harmonie dans leur classe et dans «leur» cour.Normand Thériault PROGRAMMES Ouverture a la différence Échec et mat Échecs et Maths INITIATIVES Nevé Shalom Théâtre Parminou Les arts à l’école Les échecs et la formation Nouvelles mathématiques Une école en Israël En scène depuis 1973 Page 4 Page 4 Page 5 Page 2 Page 5 » L K l> e V (Il |{ .I.K S S \ M K II I 2 » K T II I M A \ ( H E M A H 2 II (l I F 2 é>- ?EDUCATION ?“ " ' A l’école de la tolérance et de la communication Le Centre international de résolution de conflits et de médiation forme enseignants et étudiants < »! SOURCE CIRCM Ce dessin de Janie Deschênes de même que d’autres textes et dessins réalisés dans le cadre du concours Pour la paix dans mon école, moi je.feront bientôt l’objet d’un recueil.MÊ:k Le Centre international de résolution de conflits et de médiation (CIRCM), un organisme communautaire montréalais, initie des enfants au processus de résolution de conflit.Véritable passeport pour l’avenir, cet apprentissage leur délivre tant des outils de communication que de médiation.“Je respecte les amis et je choisis de ne pas me batailler.- — Frédéric ESTELLE ZEHLER La création du CIRCM comme son projet Vers le pacifique, un programme de résolution de conflits et de médiation par les pairs, ont été motivés par plusieurs constats.L’existence persistante et incontournable d’épisodes de discorde, jugée inhérente à la condition humaine, a été le premier moteur.Claude Moreau, directeur général, explique: «Plutôt que de nous placer exclusivement dans la lignée de la culture de la paix, nous nous sommes dédiés à ta résolution de conflits.En effet, la paix, l’harmonie, sont ce vers quoi nous tendons.Mais, dans la réalité, il y aura toujours des conflits, l’important est alors de savoir comment les résoudre.» Enfin, pour une solution durable par rapport à la violence et aux situations de conflit, la présence et la participation des enfants se sont rapidement présentées comme des conditions sine qua non de succès des processus de résolution.Aussi, le CIRCM a-t-il centré son action sur le milieu scolaire.Il propose, d’ores et déjà, aux écoliers et étudiants de plus de 300 établissements de s’intéresser aux conflits interpersonnels qu’ils vivent.I^s nombreux textes d’enfants et d’adolescents, recueillis dans le cadre du concours Pour la paix dans mon école, moi je., organisé par le CIRCM, témoignent de la diversité des facettes du conflit et de la violence, tout comme des parades entrevues.«Je ne donne pas de jambettes am amis et aux jeux, je contrôle ma colère.» Cette petite phrase de Maxime (2* année) illustre, au-delà de la résolution prise, les modes d’expression, les motifs et les lieux des conflits.cour de récréation est un terrain privilégié pour l'émergence de désaccords.Ils surgissent autour d’une activité ludique ou au suje't du partage d’un objet, d’un goûter.Cependant, la violence physique n’est pas toujours la plus blessante selon Jonathan (secondaire 2): «Certains diront: “Im violence verbale, ce n'est pas grave.Ça ne blesse pas.Il n’y a pas de sang qui coule ou de membre cassé.” C’est vrai, il n’y a pas de sang qui coule, mais il a des larmes et ce qui est brisé à l’intérieur.Notre âme, notre esprit, notre cœur Ceci fait plus ma! qu’un coup de poing et prends plus de temps à cicatriser.Certains ne s’en remettent jamais, ou d’autres se suicident.» Ijes différences physiques, ethniques ou sociales constituent un stock de choix, où les conflits viennent s’alimenter.Or, souvent la réponse à l’agression emprunte le même vecteur d’expression.Il convenait dès lors de casser cette spirale en apprenant aux enfants les bases de la résolution de conflits.Résoudre un conflit Le texte de Catherine (5' année) résume les quatre étapes de la résolution de conflits: «Lorsque je me dispute avec mes amies, je prends une bonne respiration et nous discutons ensemble pour qu’il n’y ait pas de violence et que personne ait de chagrin.» Ainsi, quand une chicane surgit, les enfants appliquent le cheminement suivant: se calmer, se parler, se donner des solutions et enfin s’entendre sur les solutions.Four intérioriser cette logique, les enfants s'appuient sur l’enseignement donné par leurs professeurs, eux-mêmes formés par les éducateurs du CIRCM.Claude Moreau précise: «Dans un premier temps, les en- fants doivent tous connaître ce qu’est une résolution de conflits.Puis, ils devront développer un langage commun sur ce thème.Ils doivent comprendre les mécanismes et les rouages d’un conflit, comment gérer leur colère, tout comme apprendre qu’une bonne communication se fait au “je”.Pour mieux comprendre leurs camarades, il sera également nécessaire de leur expliquer ce qu’est l’empathie.» Sylvain (2e année) s’est approprié cet enseignement «J’accepte que les autres élèves soient différents de moi.J’écoute l’opinion des autres et je discute calmement avec eux sur différents sujets.» Le CIRCM a transformé la résolution de conflits en une méthode pédagogique, qui s’intégre avec cohérence dans le programme scolaire.L’enseignement du programme Fers le pacifique exige une démarche volontaire de toute l’école.Les professeurs bénéficient en premier de la formation, qu’ils retransmettront aux enfants en organisant des ateliers.Ainsi, l’ensemble de l’école détiendra un savoir commun en la matière.C’est à ce stade que des médiateurs, choisis parmi les élèves ou les étudiants, seront nommés, sur une base de volontariat, en fonction de leurs leadership et impartialité.Claude Moreau precise: La médiation par les pairs existe depuis une vingtaine d’années aux Etats-Unis.Cependant, notre perception est différente, car la médiation n'est pas une fin en soi pour le CIRCM.Ce n’est pas le seul médiateur qui détient le savoir inhérent à ce rôle.Toute l’école a été formée à ta résolution de conflits et c’est donc dans un contexte positif que la médiation a lieu.» Les médiateurs interviennent notamment lors des recréations, si des enfants font appel a leurs services.Us disposent egalement d'un bureau pour pratiquer la médiation.Ecole, maison et loisirs L’enseignement du CIRCM ne reste toutefois pas circonscrit à l’enceinte scolaire.Il accompagne les enfants dans leurs maisons, dans leurs loisirs, pour devenir un mode de vie.Des répercussions sont repérables dans le milieu familial: «Je ne fais rien vraiment pour ça, écrit Kloé (6~ année), mais je pourrais faire des efforts.Comme quand je suis fâchée après ma sœur, à la place de la frapper et de l'insulter, je pourrais juste lui dire d’arrêter parce que je n'aime pas ça.Finalement, c’est juste de faire attention à ce qu’on fait et ce qu’on dit.» Un autre enfant, Frédéric (3' année) indique: «Je respecte les amis et je choisis de ne pas me batailler.Avant, je criais après mon père, je ne crie plus maintenant.» Au-delà des enfants, ce sont également les parents qui sont touchés, quand les écoliers ramènent le sujet à leur domicile.Les nouveautés apprises dans la journée ne manquent pas de faire l’objet d’un récit qui sensibilise à son tour le monde adulte à la question de résolution de conflits.Certaines directions d’écoles ont noté des changements comportementaux chez les parents de leurs élèves.I,eur entrée en matière lors de discussion se fait plus pacifiquement! Les activités du centre ont également attiré l'intérêt d’institutions scolaires hors du Canada.Ainsi, le programme Vers le pacifique se développe déjà en France, au Pérou, en Bolivie.La tâche effectuée par les membres du CIRCM, les écoles, les enseignants et les enfants est un travail de fond, qui poursuit son chemin seul dans l’esprit de chaque individu.Il propose des pistes que chacun est libre d’emprunter, tel Mathieu (secondaire 2) quand il écrit: «Au moins, j'essaie de m'aimer moi-même», ou telle Pascale-E.(secondaire 1): «Nous pourrions changer le monde, mais l’important, c’est de se changer soi-même.» Les textes et dessins réalisés sur le thème de la paix dans l’école feront l’objet d’un recueil qui sera lancé et mis en relief par Claude Moreau lors d’une conférence dans le cadre du projet Échec et mat à la violence.¦ Four en savoir plus sur le CIRCM: www.circm.com/circm.httn À Nevé Shalom, une école enseigne la paix Des Québécois soutiennent un projet en terre dlsraël où Juijs et Palestiniens se côtoient harmonieusement ARCHIVES LE DEVOIR 1a1 ministère de l’Éducation israélien reconnaît la méthode et considère l’école de Nevé Shalom comme un modèle alternatif.Le village a été cinq fois en nomination pour le prix Nobel de la Paix.À Nevé Shalom-Wahat as-Salam, Juifs et Palestiniens vivent, travaillent, et gèrent démocratiquement leur communauté biculturelle.Un exemple de compréhension entre les peuples.JOHANNE LANDRY On prononce Nevé Shalom en hébreu; Wahat as-Salam en arabe; oasis de la paix en français.Trois façons de nommer une même réalité: celle d'un petit village israélien où une trentaine de familles expérimentent une formule de voisinage interculturel.les habitants de Nevé Shalom-Wahat as-Salam sont Juifs ou Palestiniens.Deux peuples issus de cultures, de langues et de reli gions différentes.Fidèles à leurs identités respectives, ils vivent d'pendant côte à côte et pratiquent l’écoute et la tolérance.Situé hors des territoires occupés, sur une colline entre Jérusalem et Tel-Aviv, Nevé Shalom a été créé au début des années soixante-dix, grâce à l’initiative du père Bruno Hussar, dominicain.Des familles arabes et juives choisissent d’y vivre dans l’égalité et l’amitié.Leurs différences, plutôt que devenir causes de conflits, se transforment en sources d’enrichissement vie quotidienne de la communauté s’organise sur des bases démocratiques.Chaque année, les membres élisent un secrétariat et participent aux assemblées régulières, où se prennent les décisions.Nevé Shalom est indépendant de toute autorité extérieure et n’est affilié à aucun parti politique.Chaque famille élève ses enfants selon ses propres coutumes et croyances.École primaire expérimentale Les habitants de Nevé Shalom souhaitent que leurs enfants deviennent bilingues: hébreu et arabe.Une philosophie tout à fait conforme à l’idéal de la communauté.L’action éducative vise l’intégration des enfants des deux groupes.Chacun possède son identité, établie et reconnue, et fait l’apprentissage, par une rencontre continue, d’un enrichissement qui lui vient des différences de l’autre.Les enfants apprennent donc à lire et à écrire dans les deux langues.On les instruit quant à la culture, la littérature et la tradition de leur peuple; et dans le respect de ceux du peuple voisin.Les professeurs enseignent dans leur propre langue.Les étudiants préparent un sujet donné dans leur langue maternelle d’abord, puis le reprennent ensuite dans la langue seconde.Ils enrichissent ainsi leut; vocabulaire.Le ministère de l’Education israélien reconnaît la méthode et considère l’école de Nevé Shalom comme un modèle alternatif.La direction joue même un rôle dans la multiplication d’institutions semblables en Galilée, à Wa-di'Ara, ainsi qu’à Jérusalem.«L'enfance est le moment idéal pour développer ses aptitudes à la communication, fait valoir André Valiquette, porte-parole du chapitre québécois de l’association canadienne des amis de Nevé Shalom.Composer avec des conflits et avec la différence, nous avons tous à le faire.Il est important d'apprendre que nous avons un choix, celui d'écouter l'autre tout en s'exprimant de façon authentique.Écouter véritablement, pour jeter des ponts et laisser la place à une contribution mutuelle.» L’école pour la Paix Autre institution modèle du village de Nevé Shalom, l’école pour la Paix est fréquentée par les adolescents et les adultes.On y enseigne à gérer un conflit sans le renier.Des modérateurs permanents, juifs et palestiniens, dispensent les séminaires et mènent conjointement toutes les rencontres, secondés par des intervenants indépendants.Tous ont une formation universitaire en sciences sociales et humaines ainsi que dans la conduite des groupes en conflit.Activités et recherches ont amené, au fil des ans, l’école de la Paix à développer ses propres méthodes qui insistent sur la complexité des racines d’un conflit et aident chacun à identifier son propre rôle dans la montée du désaccord, qu’il s’agisse de l’éta- blissement d’une relation de pouvoir ou du maintien des stéréotypes et des malentendus.Les séminaires de l’école de la Paix s’adressent aux en-seignants, aux travailleurs sociaux, aux juristes, ou aux journalistes, entre autres clientèles.Le rayonnement de l’école dépasse les frontières du village et de la région.Ses spécialistes ont en effet été invités à dispenser leur enseignement à Chypre, en Irlande du Nord, en Turquie, en Macédoine, en Albanie, ainsi que dans certaines villes américaines aux prises avec le racisme.Les activités de l’école de la Paix visent la création d’une masse critique de citoyens capables de dialoguer sans nier les différences et les tensions.Les amis de Nevé Shalom Nevé Shalom a besoin d’un appui financier international, notamment pour grossir ses infrastructures afin d’accueillir un plus grand nombre de familles (d’une trentaine jusqu’à 160); pour développer les activités de l’école de la Paix; ainsi que pour la construction du Doumia, un centre spirituel pluraliste.Idéalement, ce complexe devrait contenir des salles de travail et de célébration ainsi qu’une bibliothèque.Le Doumia est la maison de silence, lieu dédié à la réflexion, la méditation et la prière.Car le silence, préconise-t-on, unit au-delà des séparations idéologiques et religieuses.Il existe des associations d’amis de Nevé Shalom qui soutiennent le village daps plusieurs pays d’Europe, aux Etats-Unis et au Canada.Afin de faire connaître l’expérience chez nous, dans les milieux de l’éducation et auprès du grand public francophone et anglophone, un chapitre québécois a vu le jour l’an dernier.«Nous sommes un tout petit noyau pour le moment, informe André Valiquette.Nous voulons renforcer l'association.Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues et nous invitons les gens des différentes confessions.Personnellement, je trouve ce modèle inspirant.Je suis touché de voir des individus vivre avec intégrité une cohabitation interculturelle.Ib ont des identités distinctes, n’y renoncent pas, et créent autour une atmosphère de tolérance, d’écoute et de respect des opinions d’autrui.C’est la base d’un nouveau futur pour Israël et le Moyen-Orient.Ils ne souhaitent pas que les gens essaient de vivre comme eux.Ils ne se considèrent pas non plus comme un exemple à copier.Ils se voient plutôt comme une source d’inspiration qui démontre que même dissemblables, on peut être bons voisins et faire des affaires ensemble.Je vois dans ce village une démonstration de ce que la tolérance rend possible.Ça commence par une culture de la paix, dit TUNESCO.Il faut développer une attitude et un engagement qui font que, justement, autre chose devient possible.» ¦ Pour rejoindre le chapitre québécois de l’association canadienne des amis de Nevé Shalom: (514) 489-3886.Les psychoéducateurs et psychoéducatrices en milieu scolaire AV CŒUR DE FACTION POUR FAIRE ÉCHEC À IA VIOLENCE www.psychoeducation.qc.ca Ordre des conseillers et conseillères d’orientation et des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec Un Ordre, deux professions! E I) U C A T I 0 N ÉCHEf ET MAT À TA VIOLENCE t E (' A II I F R S I* Ê (' I A L F.ST PU B U F P A HIFI) K VOIR Responsable NORMAND THERIAULT ntherituilttfledrvoir.nl -tlÂO.rue de Bleurv.9 éta^o.Montreal (Quebec) HAA AMD.Tel.: |âI I) 9BÔ A33A redaclioiitfledevoinom 1 A i S C E () U F.I) 0 I S Nevé Shalom est indépendant de toute autorité extérieure et affilié à aucun parti politique t I E I) K V O I R .LES S A M E 1» I 2 I E T 0 I M A \ < Il E M A R S 2 H 0 ED l'CATION Entreuie avec Monique Richard Le mandat de former des citoyens responsables Des enseignants s'entendent pour faire échec et mat à la violence «L'enseignement, ce n 'est pas quelque chose qui est en vase clos, mais une démarche de formation globale de la personne.» Ainsi parle Monique Richard, présidente de la Centrale des syndicats du Québec.GUY LAINE BOUCHER Le 5 décembre dernier, à la veille de l'anniversaire de la tragédie de Polytechnique, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) lançait une vaste démarche éducative et culturelle de prévention de la violence à l'intention des jeunes en milieu scolaire.Basé sur l'expression de soi, à travers le jeu d'échecs et la création d’œuvres artistiques, le programme s’inscrit en droite ligne avec la campagne triennale de prevention de la violence amorcée par la centrale en 2000.Un effort d’intervention directe auprès des jeunes que la présidente de la CSQ, Monique Richard, présente comme une contribution majeure à la société de demain.•L'enseignement, ce n’est pas quelque chose qui est en vase clos, mais une démarche de formation globale de la personne, explique la présidente.Dans un tel contexte, quand on est dans le milieu de l'éducation et que l’on côtoie la violence à tous les fours, je pense qu’on a la responsabilité, au-delà de la démarche fondamentale d’apprentissage, d'essayer d’éveiller des intérêts chez des jeunes qui sont un peu blasés et qui n ont pas beaucoup de perspective.» Eveiller de nouveaux intérêts et donner une autre dimension à la vie, c’est bien ce que Monique Richard espère parvenir à faire avec le programme Echec et mat à la violence.Initié par les associations d'enSeignants du secteur des arts, auxquels se sont progressivement jointes plusieurs associations régionales d’échecs déjà impliquées auprès des jeunes, le projet a donne lieu à de nombreuses animations pedagogiques en milieu scolaire, puis à des événements régionaux tout au long des mois de février et mars.Des événements allant de la production d'œuvres et de spectacles multidisciplinaires à l’organisation de tournois d'echecs.Lin programme d'activités qui arrivera à son apogée les 29,30 et 31 mars prochain à Montreal, alors que les finalistes de tous les événements régionaux prendront part à un grand rassemblement où les réalisations artistiques de groupe, murales et autres, côtoieront les compétitions d'échecs.Culture de paix Le coup d’envoi du projet Échec et mat à la violence a été donné il y a quelques années à la suite d'un appel de la Centraïe des syndicats du Québec (CSQ) et ensuite en novembre 2000 lors du Congrès AR T FUSION regroupant les spécialistes en enseignement des arts (art dramatique, arts plastiques, danse et musique).Dès le printemps 2000, des enseignants des quatre coins de la province ont commencé à travailler à l’élaboration des numéros qui devaient être intégrés au spectacle de ce lancement.Toutes les écoles du Québec étaient invitées à participer à cet événement en présentant des projets mettant en valeur les qualités positives de la thématique «Pour une culture de la paix et d’ouverture à la différence».L’idée lancée aux jeunes était alors de créer une œuvre originale et authentique, quelle soit individuelle ou collective.Des représentants régionaux ont piloté les jeunes dans cette démarche, ont vu à l’aboutissement d’un événement régional et ont sélectionné des réalisations pour l’événement provincial.Région par région Voici les activités qui se sont tenues en régions: ABITIBI / TÉMISCAMINGUE: exposition en arts plastiques (secondare); CÔTE-NORD: tournoi d’improvisation, exposition d’arts plastiques, performance en «body painting», performance en coiffure et démonstration et transformation de photos numériques sur ordinateur (secondaire); ESTRIE: production d’une vidéocassette avec du théâtre d’ombres et de la publicité sur la non-violence (préscolaire et primaire) et production d’œuvres en arts plastiques; LANAUDIERE: mini-pièce suivie de chanson et danse sous le thème de la violence ainsi qu'une magnifique exposition en arts plastiques où sculptures, murales, peintures étaient à l’honneur (secondaire); LAURENTIDES: dialogue environnemental (primaire) et exposition d’œuvres en arts plastiques (secondaire); LAVAI; présentation de productions multimédias et exposition de sculptures (primaire); MAURICIE: le cirque était à l'honneur sans oublier l’exposition des travaux d'élèves en arts plastiques (seçondaire); MONTÉRÉGIE: l’art dramatique, la danse, la musique et une magnifique exposition de travaux d’élèves (primaire et secondaire); MONTREAL: comédie musicale, danse et exposition de travaux d’éleves (primaire et secondaire); NORD DU QUEBEC: sculpture (secondaire); OUTAOUAIS: les quatre disciplines faisaient bon ménage (primaire et secondaire) ; QUEBEC: la musique était au rendez-vous.Spectacle de clôture Dans toutes ces régions, les responsables ont eu la tâche de choisir des réalisations devant être intégrées au spectacle final.Mais dans l’ensemble, les participants à ce projet sont geignants d’avoir pu envisager des solutions à la violence.Plusieurs jeunes disent: «échec et mat à la violence» et cet événement est une occasion unique de leur laisser la parole pour qu'ils proposent des solutions pacifiques et solidaires à la violence.Lors du spectacle de clôture, qui sera sous la direction artistique de Sylvie Prégent, les solutions présentées amèneront à réfléchir à cette violence qui est malheureusement présente dans nos vies, les spectacles présentés consisteront en: ¦ un monologue mettant en scène une personne âgée, victime de vol et qui décide de se protéger contre toute agression éventuelle; ¦ du théâtre d’ombres nous présentant un monde rêvé de non-violence ainsi que de la publicité suggérée sur la non-violence; ¦ du théâtre sur la violence conjugale; ¦ du théâtre nous offrant deux thèmes: «L’idiot du village - clown secours» et «Exprime-toi, n’attends lias»; É un spectacle de théâtre incluant des éléments de cirque, où la scène se déroule lors de la finale provinciale d’échecs et où l'on voit Jean Lambineux affronter le champion et grand maître international Alexandre le-siège.Malgré le «massacre» que subit Jean, il n’abandonne pas et tente désespérément de se concentrer et de jouer son unique pion; ¦ des monologues et des mises en situation démontrant la différence entre les classes de la société et le rapprochement que l’on devrait faire; ¦ une chanson ayant pour thème «L’échiquier de la vie», composée par des jeunes du niveau primaire; ¦ de la danse sous le thème de Ne me quitte pas.De plus, plusieurs œuvres seront exposées tout au long de ces deux journées: sculptures, peintures ou autres.Tous les participants seront également appelés à intervenir à la réalisation d’une murale collective, le tout sous la direction de Joëlle Tremblay, qui nous fera cheminer dans un monde ouvert sur les autres.Parallèlement au volet arts de ce projet, le volet échecs, piloté par la Fédération Québécoise des échecs qt ses ligues affiliées ainsi que par l’Association Echecs et maths, ont organisé, à travers le Québec et en collaboration avec le monde des arts, des tournois d’échecs régionaux.Ces tournois ont permis aux garçons et aux filles de se qualifier pour le championnat provincial par degré scolaire.La grande finale provinciale de ce tournoi désignera les champions qui représenteront le Québec au championnat scolaire canadien organisé par l’Association Echecs et maths à Toronto au mois de mai prochain.Venez voir les futurs maîtres! Isabelle Gareau et François Monière Nous dénonçons toute forme de violence.Nous croyons que ne rien faire, ne rien dire, face à la violence, c'est devenir complice.Si vous vivez de la violence, à l'école ou ailleurs, peu importe la forme, ne pensez pas que cela disparaîtra seul.VOUS DEVEZ EN PARLER, ENSEMBLE DISONS : ÉCHEC ET MAT À LA VIOLENCE Les directrices et directrices adjointes, les directeurs et directeurs adjoints membres de la Fédération québécoise des directeurs et directrices d'établissement d'enseignement Télé-Québec Pédagogues branchés, cliquez ! www.telequebec.qc.ca/se Amorcer le changement Au total, environ 700 élèves d’un peu partout au Quebec ont pris part au programme.Un taux de réponse qui enchante Monique Richard et qui continue de la convaincre que la mise sur pied de tels projets est une excellente manière d’apprendre aux jeunes à s’exprimer autrement que par la violence.-On parie de la violence et des problèmes qu elle occasionne depuis plusieurs années.Nous nous sommes dit qu il fallait arrêter d’en parler et plutôt mettre des projets en place pour faire en sorte que les jeunes se mobilisent dans une démarche éducative.Une demarche qui pad foire en sorte que des energies se déploient autrement que p prédation constante de la valeur de sa position par rapp»)rl à celle de son adversaire.L’imagination et la prévoyance, dans l’anticipation du développement de la parti»'.1st mémoire des règk's et des positions typiques itinsi que des principales ouvertures.1st volonté de vaincre, l’endurance et la maîtrise d»' soi, ixirce qu’une partie est une épreuve d»-longue durit' qui ne laisse aucun répit et exige la coordination de tous les éléments présents.L’esprit de dédsion, dans l»- choix de l’option la plus favorable parmi plusieurs va-riiuites.L’esprit d’analyse et de synthèse, la créativité, et l'intelligence, de même quur eux des activités qui vont les pousser à la réflexion, souligne I,arry Bevand.«les échecs présentent une solution de rechange intéressante.» D’autre liait, remarque Maria Manuri: «Les échecs ont suivi 1ère de l'électronique avec dis cédéroms de grande qualité à des prix abordables.L’ordinateur remplace alors le partenaire qu'on ne trouve pas toujours dans son entourage.» Elle ajoute toutefois que le côté social est un aspe» t imporlanl du jpu.C’est pourquoi l’Association Echec et Maths offre aussi les clubs du samedi matin.Si l’obtention d’un titre dur s’amuser.I .’association dispense d;uis les écoles participantes des cours hebdomadaires d’une heure durant des sessions de huit semaines.«Au terme d’une session, promet lai ry Bevand, l'enfant est tout à fait capable de jouer une partie.» «Ilien entendu, les échecs ne constituent pas l’unique solution aux problèmes de violence.H y en a plusieurs autres.J'affirme cependant qu'ils apportent des éléments positifs dans le développement d’un jeune», conclut 1»' .directeur général de l'Association Echecs et Maths.I Faculté de l’éducation permanente La faculté d’évoluer Maîtrise en INTERVENTION SOCIALE L'École de travail social de rUQAM offre depuis 10 ans, conjointement avec le Département de sociologie, une maîtrise en intervention sociale.Objectifs Ce programme s'articule autour de la problématique du renouvellement des pratiques d’intervention sociale : l'intervention sociale auprès des individus, la médiation familiale, la médiation sociale, le travail social en contexte d’autorité, l’intervention collective interculturelle, les pratiques d'insertion sociale, les pratiques d’action communautaire, etc.Ce programme d'études vise à former des personnes capables d’allier pratique sociale et recherche afin de faire face aux nouveaux enjeux sociaux (la place sociale des jeunes de la rue, la judiciarisation de la pratique sociale en centres jeunesse, les défis actuels du mouvement féministe, la place des familles dans le virage ambulatoire, l'empowerment des personnes usagères de services, l'intégration des immigrants, le logement social, etc.).En plus de son axe fondamental, le programme offre trois concentrations : économie sociale, études sur la mort, toxicomanie (offerte en collaboration avec l’Université de Sherbrooke) et bientôt la gérontologie sociale, Dates limites pour les demandes d'admission Été : 1" mars; Automne : 1r juin; Hiver : 1" novembre.Renseignements École de travail social Téléphone : (514) 987-4822 Courriel : barriault.jocelyne@uqam.ca Directeur du programme ; Henri Dorvil, Ph.D., travailleur social et sociologue de la santé UQÀM L’avenir est ici Consultez nos spectacles à l'affiche www.parmmotu Tout pour réussir vos interventions, Informez-vous sur les cours offerts dans ces programmes.• Intervention auprès des jeunes • Petite enfance et famille • Santé mentale • Toxicomanies • Violence, victimes et société Printemps - été 2001 Renseignements (514) 343-6090 1 800 363-8876 www.fep.umontreal.ca Université de Montréal H E A T R F.PARMINOU 819 75'8 0577 FÉDÉRATION PROFESSIONNELLES ET PROFESSIONNELS DE L’ÉDUCATION DU QUÉBEC Au service des élèves, les professionnelles et professionnels de l’éducation font (^checetmoïî) I ^ I-H- I »** * 1 ¦ m I .1 I*»! .violence Jppe.qc.co i b ^che Une démarche pédagogique pour apprendre à s'exprimer autrement que par la violence, pour une culture de la paix et d'ouverture à la différence.Une manifestation échiquéenne et artistique pour souligner le troisième millénaire à Montréal, les 29 et 30 mars 2001 au Centre Claude-Robillard
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.