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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-04-07, Collections de BAnQ.

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L K I) K V U I R .L K S S A M K l> I K T l> I M A \ ( H K S A V K I I 1 0 (I I ?LE DEVOIR ?L J Le ans son double CHRONIQUE Sus aux critiques ! Page C 2 THEATRE Les hommes de Cro-Magnon Page C 3 MEDIAS Fin de saison Page C 6 FORMES La Main revisitée Page C 10 Francis Veber Page C 4 Cinéma Page C 5 Musique Page C 7 Charles Daudelin Page C 8 Robert Lepage annule une conférence de presse où il ne voulait pas «dialoguer» avec certains coquins de journalistes.Un détail?Un caprice?Oui, bien sûr.En même temps, la toute petite affaire en cache une plus grosse: la disparition croissante de la critique critique, la progression fulgurante du journalisme à «plogue», la constitution d'une belle grosse machine théâtrale québécoise produisant des spectacles interchangeables, vendus comme du savon à barbe.STEPHANE BAIL LAK Cl E O N LE DEVOIR Une saison de théâtre achève, une autre s'annonce: le temps des «plogues» est revenu.A chaque jour du printemps suffit son événement promotionnel.Mardi matin, l’Espace Go dévoilera sa saison 2001-02 et celle de ses compagnies en résidence, la veille, lundi, le Festival de théâtre des Amériques (FTA) aura «libéré sa charge denergie créatrice, d'imaginaire et d’humanité», selon la formule du communiqué destiné à faire mousser la séance de dévoilement de la prochaine mouture.Lundi, à 16h précises.Juste à temps pour les téléjournaux de début de soirée.Normalement, une semaine plus tôt, mardi dernier donc, une première conférence organisée par le FTA aurait permis au metteur en scène Robert Lepage de pistonner son propre one man show, Im Face cachée de la Lune, qui va clore le festival, en juin.Seulement, M.Lepage a voulu interdire l’accès à la conférence de presse à trois journalistes: Robert Lévesque d'ici, Luc Boulanger de Voir et moi-même, qui patauge donc maintenant dans le «juge et partie».Mea culpa.Des protestations ont suivi, la conférence a été annulée et le metteur en scène de la farce médiatico-publicitaire a finalement accordé des entrevues «exclusives», à La Presse, au Point, à The Gazette.Un tour de passe-passe de plus pour celui qui n’aime pas se faire traiter d’inspecteur Gadget du théâtre québécois.Eva quelques semaines, c’était au Théâtre du Nouveau Monde (TNM) de tenter le coup du bâillon.Le Devoir avait obtenu en primeur des détails sur les activités de sa prochaine saison, celle du SCt anniversaire.Un petit coup de fil au bureau du marketing et des communications pour vérifier des détails a déclenché l’opération de mise sous pression: le bureau a téléphoné à tous les patrons de la salle de nouvelles pour faire annuler la publication avant la conférence de presse.Finalement, le TNM a divulgué l’information à La Presse et à Radio-Canada.Portes qui claquent et punch au final.Du vaudeville.C’est quoi, le rapport?Si on disait le symptôme d’une tendance de certains théâtres à vouloir maximiser les infopubs et minimiser la critique critique?Si on disait une preuve de plus que le «beau milieu» se replie frileusement sur lui-même?Si on disait: un nouvel indice que la business des planches ressemble de plus en plus à n’importe quelle autre industrie culturelle?L’opinion comme marchandise «C’est le syndrome de la Pome», résume Gilbert David, professeur de théâtre à l’Université de Montréal et ancien critique.«Avec ce postulat (“j’aime mon public et mon public m’aime”), il n’y a plus de médiation possible: l’artiste et son public évoluent alors en circuit fermé, dans un consensus mou, confortable, mais asséchant intellectuellement.» VOIR PAGE C 3: THÉÂTRE •i ' ' ’ > t’:'4 ¦ ¦’ v , T i:.ILLUSTRATION TIFFET * f • / (jucher VJy Pi I i \ \ Pu i;iii iî H i; w i /i l/LXIL-LmJBLI IM 2\ J i \ \ l’i ms ni Pmw: i u M '/cy/?oui \Ht lOiifQOKi f.',t IJIlU HHm IM4) I 4403 OMNI C) “ AfjMI'UON 'M4, 7'Ki l?4:> v» ta u vi 'i i IK DEVOIR.L K S S A M E D I ET D I M A X (HE R AVRIL 2 0 01 C 2 ?Sus aux critiques ! Les journalistes culturels sont des emmer-deurs publics.Du moins ceux qui possèdent encore des dents.Ils ne sont pas très, très nombreux, remarquez, mais trois irréductibles surnageant sur une mer de plogues sont déjà trois de trop.Ami lecteur, entrez dans la peau des bonzes du milieu, créateurs -arrivés», producteurs, diffuseurs.Vous comprendrez qu’il faut que ça change.Qui sont-ils, apres tout, ces critiques, pour écrire ce qu’ils pensent des spectacles au lieu de ronronner de concert?Ils osent prétendre aider le public a faire des choix mieux éclairés.Quelle impudence! Quand comprendront-ils leur rôle véritable?Faire vendre des billets de spectacle, de théâtre et de cinéma.Par ici la promo, les prépapiers louangeurs, mettez-en des micros, publiez-en des entrevues, faites rouler à fond la caisse avec votre publicité gratuite.Pendant ce temps-là, on empoche les subventions publiques qui font vivre le show et vogue le navire.Rendre des comptes à la populace, mais pourquoi?Sans doute la nature de leur servâtude échappe-t-elle à certains journalistes.Ils se fendent bel et bien de critiques sévères qui nuisent aux recettes et irritent notre épiderme.Remarquez, ils ont plein de confrères qui nous tètent, a la télé surtout.Ceux-là, ça va.0,n les.aime.Reste une poignée de médias récalcitrants.À eux le boycottage, la liste noire.Ça, c’est la courageuse méthode Robert lepage, qui a mis au ban de sa conférence de presse (avant d’annuler cette dernière, faute d’être obéi) trois journalistes Odile T rem b lay «à dents»: Robert Lévesque, chroniqueur a C’est bien meilleur le matin et critique a /«; Stéphane Baillargeon, du Devoir, et Luc Boulanger de Voir.Or, merveille!, cette méthode musclée porte des fruits et sa pièce La Face cachée de la lune récolte, dans l’émoi entourant le boycottage, une campagne promotionnelle inespérée.Avis aux intéressés: suivez le guide, le filon rapporte.Certains prétendent que ces sales bêtes des médias se tiennent toutes entre elles.Mais réflexion faite, avec un doigt de psychologie, on casse facilement leur instinct grégaire.Si l’anathème frappant les «mauvais» journalistes crée trop de remous et si des pousseurs de crayons se rebiffent, suffit, en somme, d’accorder des entrevues à quelques élus, La Presse, The Gazette et Le Point, pour ne pas les nommer.Ils se jetteront avec voracité sur cet os, offrant une belle tribune à l’artiste assis sur sa liste noire (laquelle pourrait d’ailleurs grossir un jour en englobant ses intervieweurs d’aujourd’hui, mais basta').Boycotter le boycotteur des collègues en criant «So, so, so, solidarité»?Ces médias, tenaillés par l’aiguillon compétitif, n’y songent même pas.Ils jouent le jeu.C’est parfait.Profitons de leur manque d’esprit de corps.S’ils sont bien dociles, on leur accordera de nouvelles entrevues.Sinon.Qu’ils rejoignent les rangs des parias.Hélas! Pour pouvoir montrer les dents et contrôler des médias aplatis comme courtisans au passage du roi, fout quand même être gros.Très gros.Avec une stature internationale même.Oui, le petit artiste titillé par l’espoir d’un entrefilet dans la page spectacle du cahier culturel a intérêt à faire des courbettes devant les journalistes.LaissonsTe profiter de leurs services gratuits, du moins le temps de se tailler un nom.Devenu ténor, peut-être aura-t-il lui aussi l’insigne privilege de faire un bras d’honneur aux emmerdeurs.Qu'il prenne son mal en patience d’ici là Robert Lepage l'a bien expliqué au Point, mardi soir.A son niveau, le dramaturge peut se permettre de dire ce qu’il pense d’une certaine partie de la presse montréalaise.E n’a pas de problème à vendre ses billets et, en définitive, peut se passer des journalistes.Quç les indésirables ne souillent pas l’auguste paillasson.A lui la liste noire.Réussir, c’est ça.Le dramaturge de Vinci ne trône pas seul.Dieu merci, au sommet de la haute gomme internationale plénipotentiaire.En 1999, Iaic Plamondon avait tassé du pied certains journalistes culturels du Devoir qui, du coup, n’arrivaient pas à obtenir de billets pour la pre- miere médiatique de Notre-Dame de Paris.Faut dire que le spectacle allait rouler a guichets fermes durant plusieurs mois.Es ne servaient à rien, ces journalistes.En début de carrière, passe encore, mais aujourd'hui.on écréme.Prenez Rene Angelil autre modèle planétaire.Lui, il a compris h game en vrai champion.En décembre dernier, le titre du magazine 7 jours évoquant le jumeau congelé du fœtus de sa Céline ne lui plaisait pas, il a dit stop! on tue la une! Alors, comme par enchantement, 200 000 exemplaires déjà imprimes prirent le chemin de la purge.Ça, c’est du pouvoir comme on l’aime.Un jour béni viendra, si les journaux se cramponnent encore a leur absurde privilège de liberté, où les gros seront si riches qu’ils pourront se transformer en «Citizen Kane».Le meilleur truc pour contrôler l'information, c'est quand même de posséder les médias en question.Dans le film d’Orson Welles, le magnat de la presse forçait les journafistes à écrire que sa petite amie était une grande cantatrice.Qui dit mieux?Dans ce futur pas si utopique que ça — encore un petit effort, on y est presque —, tous les écrivaillons s’exécuteront, l’échine courbée et la mine dans le nez.Au besoin, on aura plusieurs médias qui feront la plogue les uns des autres.Pierre Karl Péladeau pourrait peut-être nous en enseigner un bout sur la question.Faut consulter les experts et serrer les rangs.On les aura jusqu’au dernier.C’est nous qui chanterons «So, so, so, solidarité» et pas eux.Na!.otremhlayta ledevoir.com Une saison italienne en quatre expositions à Paris AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Du Grand Palais au musée d’Orsay, en passant par le musée du Louvre, Paris décline l’art italien en quatre expositions, où le dessin le dispute à la peinture et la photographie au design, jusqu'au début de juillet Parallèlement le Louvre présen- te une rétrospective intégrale des films de Roberto Rossellini et le musée d’Orsay, quatre concerts de musique italienne.Depuis jeudi, ce sont les Paysages d’Italie qui occupent (jusqu’au 9 juillet) les cimaises des Galeries nationales du Grand Palais.Car c’est en Italie, à la fin du XVIIP siècle et au début du XIX'', que la peinture de paysage devient peu à peu un genre à part entière, dégagé des sujets religieux, historiques et mythologiques.Venus de l’Europe entière, les peintres qui faisaient le voyage à Rome pour étudier in situ les monuments et les ruines antiques pour les peindre ensuite dans leur atelier ne quittent plus leur pliant et LE THEATRE DE LA MANUFACTURE PRESENTE ]mmmcfoen Çjéxfode LISE VAILLANC0URT en üeène : M A R TIN FAUCHER .'VINCENT BILODEAU, MACHA LIMONCHIK, MONIQUE MILLER et DENIS ROY .T0 I t n e: A t r e Prométhée chez les hommes de Cro-Magnon T" h u A i r c l> u N OU VEAU JV'ION L>E L’auteur du Libertin et du Visiteur vous propose un autre grand rendez-vous ! VARIATIONS NIGMATÎQUES DE RIC'EMMANUEL SCHMITT MISE EN SCÈNE DF DANIEL ROUSSEL avec GUY NADON et MICHEL RIVARD DU 24 AVRIL AU 20 MAI 2001 RÉSERVATIONS 866-0660 « www mm.iic ca encore + Radlo-Cwnada Dominic Champagne et sa compagnie, Il va sans dire (Don Quichotte.L’Odyssée.), créent La Caverne, au Théâtre d’Aujourd’hui, après Pâques.Au seuil de ce repaire, des hommes préhistoriques, une famille nucléaire dont le fils rêve de dérober le feu pour révolutionner le monde.Au fond de cette cavité métaphorique, une réflexion sur le premier et le dernier homme, sur ce qui les unit: la soif d’autre chose et le destin tragique de ceux que la quête et le sens ne rassasient plus, ici, maintenant.Et puis entre les deux, c’est une farce, une fantaisie: «Je rais simplement proposer une P’tite vie préhistorique», avertit Tauteur-met-teur en scène.PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR De quoi traite la pièce La Caverne?Ce qui m’intéresse au fond, c’est la question suivante: pourquoi les dieux ont-ils condamné celui qui a donné aux hommes le feu, les arts, l’industrie.Chaque été, je m’isole à la campagne et je ne fais rien.En revenant, en septembre, je prends encore mieux la mesure de notre civilisation qui revalorise la création, la production.Prométhée donne cette possibilité de faire un monde.On est jugé par ce qu’on accomplit.En même temps, cet univers détruit le monde, génère de l’angoisse, épuise tout le monde.La pièce pose donc la question de l’utilité de la civilisation, de l’industrie, des arts.Comment la posez-vous dans la pièce?Pour moi, Beckett est celui qui a le mieux posé cette question, en exposant le rien-faire contre l’activisme débridé.Mais je n’ai pas fait une pièce beckettienne.J’ai récupéré le mythe de Prométhée, mais pas la pièce d’Eschyle.Et puis je me suis inspiré de l’anthropologie de Roy Lewis.J’ai donc imaginé une famille préhistorique JACQUKS GRKN1KR I K DEVOIR «Ce n’est pas parce qu’un thème est sérieux qu’on doit le traiter avec sérieux», souligne Dominic Champagne en parlant de sa nouvelle création, La Caverne.qui quitte l’Afrique pour chercher une vie meilleure, plus au nord.Le fils n’apprécie pas cette situation.C’est un peu l’homme révolté.C’est lui qui va déclencher la mutation du monde en domestiquant le feu.Et comment s’établit le parallèle avec notre propre situation, des centaines de milliers d’années plus tard?Je vais répondre par un détour.Je dois dire que, quand j’écrivais La Caverne, Dédé Fortin des Colocs s’est suicidé.Un autre Homo quebecus écœuré, à bout, a donc décidé de débarrasser le monde de sa présence.Je le connaissais un peu, Dédé.Son geste insondable, ce geste radical, témoigne d’un malaise profond, d’un manque.Pour moi, l’art est une façon de transfor mer la vie qui n’est pas belle.Mais l’art ne suffit pas à certains.Alors, j’ai finalement décidé de mettre en scène le premier homme et le dernier, d’introduire un personnage contemporain qui voudrait en finir avec cette civilisation épuisante, paradoxale.Le feu libère l’humain et le brûle.Windows est un outil de liberté et d’asservissement.Et avec tout ça, vous annoncez ime comédie?! Ce n’est pas parce qu’un thème est sérieux qu’on doit le traiter avec sérieux.Et ce n’est pas une pièce à thèse, ni un show intello.I-à, on parle de ce qui m’a habité pendant l’écriture.Je pourrais aussi établir des liens avec l’errance chez Ulysse.Au fond, c’est une farce, une fantaisie: je vais simplement proposer une P’tite rie préhistorique.11 parle québécois, votre Popa cro-magnon?Oui, oui.La Caverne est habitée par des Cro-Magnons québécois.Ils parlent parce que je n’avais pas envie de refaire La Guerre du feu.Le défi, c’était d’ailleurs de les rendre humains, contemporains.On pense aux Flinstones, à Fred Caillou.On a cherché longtemps le ton, le geste, l’esthétique, les costumes.On a trouvé en allant vers le grotesque, le trivial.C’est encore quelque part entre l.a Poune et Beckett, comme mes autres spectacles.Moi, je n’ai pas très peur des clichés.Par contre, j’ai la luuitise de refaire ce qui a déjà été vu.J’ai souvent le sentiment, comme sectateur, de revoir souvent les mêmes spectacles.Alors encore une fois, je souhaite créer un univers différent, unique, assez original.IA CAVERNE Au ’Théâtre d’Aujourd’hui, du 17 avril au 12 mai \\% La Caverne Une comédie préhistorique de I Avec )ean-François Casabonne, Oominic Champagne ! Julie Castonquay, Nathalie Claude, Miro et |ulien Poulin Au Théâtre d’Aujourd’hui > Ou 17 avril au 1?mai Musique originale de Ludovic Bonnier et André Barnard Les billets s'arrachent au (514) 28Ü-3900 J h é A r r e rya] ARCHAMBAULT li VA SANS DM @ .Le Théâtre il va sans dire et le Théâtre d'AujourcTbui présentent La taverne de Oominit (hampagnr, une création du Théâtre d va sans dire (rif En collaboration avec BANQUE NATIONALE Molière K V O I K .LES SA M E D I E 1 1) I M A \ (HE S A V R I I.> « (I I ?( f) CINÉ M A Bonnet médiéval JUST VISITING Réalisation: Jean-Marie Gaubert Scénario: Jean-Marie Poiré.Christian Clavier et John Hughes d'après le film Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré.Avec Jean Reno, Christian Clavier, Christina .Applegate, Matthew Ross.Tara Reid.Image: Ueli Steiger.Musique: John Powell.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Précisons d'abord que Jean-Marie Gaubert, le réalisateur de ce remake à l’américaine des Visiteurs, n’est nul autre que Jean-Marie Poiré, le cinéaste de ces mêmes Visiteurs.Les raisons pour lesquelles il a cru bon de changer de nom en passant à la réalisation en anglais semblent assez nébuleuses.Il trouverait Gaubert plus facile à prononcer par une bouche américaine.Cela dit, la substitution fait mauvais effet en plus de semer la confusion.Just Visiting constitue un phénomène dans le cinéma français.Hollywood, qui crache sur les œuvres en langue étrangère, produit force remakes des films français.Plutôt que de lui laisser le leadership dans la doublure, reste à la France à s'américaniser elle-même La colonisation par les colonisés.Suffisait d’y penser.Produit par la Gaumont main dans la main avec Hollywood Pictures, réalisé par Poiré quasi sous pseudonyme, scénarisé par les mêmes scénaristes que jadis et mettant en scène à l’identique Jean Reno et Christian Clavier, Les Visiteurs, le mégasuccès français de 1993, saute donc en famille la barre des cultures.Il ne le fait pas avec grand bonheur.Sans être un complet remake des Visiteurs 1, Just Visiting s’en inspire énormément Alors que les jeux de langage, contrastes entre le vieux français du Moyen Age et la langue d’aujourd'hui, étaient une des pierres angulaires du film de Poiré et offraient des répliques cultes, ici on a mis l’accent presque uniquement sur la comédie de situation.On lui a fait perdre son sel au passage, avec une série de bourbes qui déboulent sans le verbe.Le comte Thibault de Malfete G can Reno) et son serviteur André (Christian Clavier) seront encore magiquement transportés de leur XIP siècle à aujourd’hui avec les quiproquos d’usage.Sauf que, cette fois, ils aboutissent non plus en une France méconnaissable mais à Chicago; ce qui ajoute à l’horreur du périple.Ahurissement des visiteurs devant le moindre gadget moderne, avec la classique histoire de la salle de bain au fonctionnement mystérieux — ici devenue princière et invitant à toutes les gaffes —, on a multiplié, du métro au broyeur d’aliments, les chocs culturels.Images clips, montage accéléré, gags retravaillés pour que l’imbécile moyen les saisissent en un clin d’œil; Poiré, en devenant Gaubert, s’est américanisé et bêtifié allègrement Les Américains vont-ils rire?Peut-être bien, après tout C’est le genre de divertissement sans conséquence, porté par le déséquilibre des protagonistes, qui amuse le badaud, encore que l’Histoire, si présente en Europe, demeure aux Etats-Unis un concept un peu abstrait aux ressorts moins hilarants.Le duo comique Jean Reno-Christian Clavier a fait ses preuves et s’en tire bien, surtout Reno, à la stature si princière.Que nos deux compères s’expriment en anglais avec un fort accent français ne constitue pas, dans le contexte, un problème.C’est Christina Applegate, à la fois jeune fiancée de Thibault et sa descendante, qui pose problème avec sa fadeur.Une actrice comique comme Christina Ricci, pince-sans-rire et mordante, eût beaucoup mieux tiré son épingle du jeu dans cet univers comico-fan-tastique où Valérie Lemercier excella.L’interprète féminine entraîne du côté de la romance facile un film déjà dénaturé par sa traversée de l’Atlantique.Qu’en reste-t-il?Peu de chose.Qu’il soit tourné par des Français ou des Américains, remake pour remake, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.Avoir peur avec Daniel Schmid LH DK VOIR Une scème de La Paloma de Daniel Schmid.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR r Etrange et mystérieux cinéaste que ce Daniel Schmid.D’origine suisse mais plus allemand qu'autre chose (il s’est d'ailleurs établi à Berlin à 19 ans), baroque, expressionniste, son cinema de symboles jongle avec une part d'ombre, un côté cérémonial magique et terrible.La Cinematheque québécoise lui consacre une rétrospective du 11 avril au 5 mai avec douze films au programme.Belle occasion de se replonger dans un univers stylise et poétique, aux longs plans-séquences lancinants, explorant souvent des climats d'angoisse.Familier de Fassbinder et d’Ingrid Caven, il a souvent mis cette dernière en scène en la transformant en sorte de personnage icône, miroir des projections.Schmid sera à Montreal les 11,12 et 13 avril pour accompagner son dernier film, Beresina or The Last Days of Switzerland, ainsi que Tonight or Never et Im Paloma .Cette nuit ou /a ma is (Tonight or Never, ici presente avec des sous-titres anglais).realise en 1972, lui apporta la reconnaissance de la critique; il s’agit d'une œuvre troublante, excessivement lente, où les repères se perdent.Maîtres et serviteurs y échangent leurs rôles en Bohème, dans un mode ritualise, travesti, maquille, quasi muet, le film repose sur une esthétique de théâtralité remarquable où les archétypes prennent corps dans une exigeante mise en scène d'artifice.La Paloma, réalisé deux ans plus tard, toujours avec Ingrid Caven à sa proue, dans le même esprit théâtral.jongle avec l'amour absolu, la mort, le cliche de la passion romantique.Sur fond de casinos enfumes et d’un jeune aristocrate épris fatalement d’une chanteuse, Schmid epure son thème jusqu'à lui enlever toute réalité triviale, mais le collant au mythe.Il livre une fable redoutable où Edgar Poe semble parler à la dame aux camélias, en un mélodrame assez effrayant.Valse de mort de folie et de vengeance, La Paloma.dans sa patiente introduction.ses rares dialogues, la puissance de ses symboles, puise au tréfonds de l’inconscient collectif et d'un mysticisme superstitieux le malaise terrifie qu’il nous inspire.Documentariste de haut vol, épris d’insolite, Schmid explore parfois le réel en allant chercher des thèmes qui soulèvent à la fois le rire, la pitié et la nostalgie.Dans h' Baiser de Tosco (1984), il entre à la Casa Verdi de Milan où d'anciennes stars de l’art lyrique ont trouvé leur Chez-nous des artistes et carburent aux souvenirs.Chaque histoire de vie se tricote à une autre.Le glorieux passé du Bel Canto renaît à travers des té-moignages troublants, touchants, qui éclairent sur le sort tragique que nos sociétés réservent à leurs anciennes étoiles, ensev elies avant d'être enterrées.U' Baiser de Tosco en dit beaucoup aussi sur le vieillissement, encore que celui-ci soit éclairé à La Casa Verdi par un amour souverain pour la musique.I ne grande cantatrice comme Sara Scuderi.désormais vieille mais ixissedant encore plus de voix que les autres retraites de l’art lyrique qui l’entourent, dégage toujours une dignité quiba-laie le grotesque ambiant.1 e liasse est ici un vieux disque use qui r
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