Le devoir, 7 avril 2001, Cahier E
LE i) E V U I K .LES SA M E 1) I ET DI M A \ l H E S AVRIL 2 0 0 I le devoir T Education et économie géographie Pierre Dansereau S'il est des «nobles métiers», celui de géographe appartient sans doute à cette catégorie.Comme le dit celui qui a tout fait pour garantir en la société québécoise la présence de cette discipline, elle n'est pourtant que «la lecture du paysage».Page 3 Georges Benko Il est professeur de géographie à l'université Panthéon-Sorbonne et directeur-fondateur de la revue Géographie, Économie, Société.Son livre La Science régionale a paru en quatre langues.Son dernier livre est Lexique de géographie économique.Les propos d'un penseur de la «nouvelle» géographie.Page 7 La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre SSK ' ¦ \ A moins d’être né Keotmiphe, ou d’avoir visité les arcanes d'une science mal connue, le nom d’Élisée Reclus dit ix‘u.Pourtant, il lit paraître entre 1875 et 18‘M une somme en 19 volumes dont les ambitions se comprennent à l'énoncé du titre.Sa Géographie universelle est devenue non seulement une œuvre de référence |K>ur comprendre une époque, mais un modèle auquel la science géographique se réfère encore, comme chez ces autres disciplines de même nature, qu'il s’agisse de l’histoire ou de l’économie.Pour l'homme du commun, celui pour qui la géographie s’identifie à des connaissances superfétatoires, où il importe peu de se souvenir ou d’ignorer le nom de la capitale du Dakota du Nord ou de celle du Yukon, et |x>ur qui la lecture «avancée» du monde se résume à jeter un coup d'œil sur une carte routière, l’universalité de la géographie tient plus à l’ambition d’un spécialiste quelle découle d’un fait de réalité.Le géographie est, dans son souvenir, au mieux un moment de son passé scolaire et au pire un énorme fatras de matières qu’il lui fallait apprendre par cœur.Pourtant, Klisée Reclus participa à la Commune de Paris en 1871 et, lui qui fut communiste, réussit à se faire de Marx un opposant.Chez un tel homme, la géographie n’est pas une discipline désincarnée qui joue un rôle de loisir savant pour dilettantes.Aujourd’hui encore, de ce travail, il en est dit que «le politique est indissociable du raisonnement géographique» et que son analyse «est intégrée à une approche politique d’autant plus intéressante quelle n'émane pas d’états-majors, de grandes firmes commerciales ou coloniales, mais qu’elle traduit une analyse politique anti-impérialiste très clairvoyante».Quand Yves Lacoste parle de l’ancètre de sa spécialité, il le fait avec enthousiasme.Le parcours de ce Français est aussi exemplaire.Il y a 25 ans, il lançait la revue Hérodote et depuis lors il poursuit un travail dont l’objet est la refonte, et de l’enseignement et de la pratique, d’une science qui semblait s’être alors résignée à ne montrer que le visage académique de ses possibilités.Il faut dire qu’il avait donné un formidable coup d’envoi à son discours en signant à l’époque un ouvrage dont le sujet disait chez lui aussi l’ambition.Pour qui tombe en librairie sur un livre dont le titre en couverture déclare: Im géographie, ça sert d’abord à faire la guerre, il devient clair que le propos à être tenu va au-delà des seules données physiques ou statistiques.Confronté à ces personnages, il est évident qu’il y a maldonne à confondre cette géographie enseignée au Québec, sur un mode mineur dans les cours de niveau primaire et secondaire, et cette discipline dont l’ambition englobe les limites de notre monde.L’univers auquel elle s'attaque est celui de la Realpolitik, de la géopolitique, là où les conditions climatiques, économiques et historiques, comme les définitions des lieux, servent à dresser une carte complète des forces qui gèrent, construisent ou imposent les sociétés contemporaines.le Québec contemporain est une fois de plus interrogé, comme il s’interroge sur son avenir.Dans le monde de l’éducation, sans qu’il n’y ait cette fois eu de rapport Parent, une refonte qui touche tous les secteurs, de la maternelle à l’université, est en cours.Elle est marquée au sceau de l’efficacité, de la nécessité de la performance, de la spécialisation et opérée au détriment des matières «vagues», dont un grand nombre d’entre elles correspondent ce qui s’appelle toujours les «sciences humaines».Demain, des géographes étudieront ce fait historique.D’ici là, dès aujourd’hui, il faut garantir que la chance soit donnée à tous d’acquérir les bases d’une telle pensée humaniste.Car la formation d’un être va plus loin que le simple apprentissage des règles de grammaire et la connaissance utilitaire des mathématiques.Notre monde est un ensemble de faits complexes.Ce que les géographes nous rappellent.Et ce dont ils aimeraient qu’on se souvienne.Normand Thériault Le géographe et.Formation Édition le territoire le climat Page 4 Page 4 l'avenir continental Page 6 le tourisme Page 8 Profil Stages Monde scolaire Page 5 Page 6 Page 6 Cartes et livres Page 8 I Société des professeurs de géographie du Québec //// Comment le territoire du Québec est-il organisé?Pourquoi les populations se déplacent-elles sur la planète?Comment le lieu que j.'habite s'est-il construit?Pourquoi le développement des territoires est-il inégal dans le monde?Comment les développements technologiques influencent-ils l'organisation des espaces?Comment les collectivités se partagent-elles les territoires?Comment lire un paysage et juger ce qui doit en être préservé?Peut-on à la fois exploiter et protéger les ressources naturelles?Quelles sont les raisons de la mondialisation des échanges?D'où viennent les produits que nous consommons?Pourquoi les sociétés tracent-elles des frontières entre les territoires?Comment expliquer les changements climatiques?La réalité géographique que j'observe ici est-elle la même ailleurs?En quoi le territoire est-il un enjeu de société?Pourquoi les Autochtones revendiquent-ils des territoires?Ces personnes appuient les objectifs de la Société des professeurs de géographie du Québec Lise Allard, conseillère en aménagement, Hydro-Québec, Michel Allard, directeur du Département de géographie de l'Université Laval, Georges Anglade, professeur au Département de géographie de l'UQAM; Nathalie Barrette, professeure au Département de géographie de l'Université Laval, Yves Baudouin, professeur au Département de géographie de l'UQAM, Yves Bégin, directeur du Centre d’études nordiques de l'Université Laval, Mohamed Berraja, professeur au Département de géographie de l'UQAM, Diane Bérubé, Régie régionale de la santé et des services sociaux de la Montérégie, François Besré, chargé de cours au Département de géographie de l’UQAM, Pascale Biron, professeure adjointe au Département de géographie de l'Université Concordia, Mireille Bouchard, professeure au Département de géographie de l'UQAM, Linda Brouart, directrice de la SPGQ, Normand Brouillette, directeur du Département des sciences humaines de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Yves Brousseau, responsable de la formation pratique au Département de géographie-de l'Université Laval, Luc Bureau, professeur au Département de géographie de l'Université Laval, Jean Carrière, professeur au Département de géographie de l’UQAM, Jean Cermakian, professeur au Département de géographie de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Denis Chabot, professeur de géographie au collège Maisonneuve, Paul Comtois, Laboratoire d'aérobiologie, Département de géographie, Université de Montréal, Daniel Corbeil, secrétaire de la SPGQ, Vincent Coulombe, enseignant retraité de géographie au collégial, François Courchesne, directeur du Département de géographie de l'Université de Montréal, Rodolphe de Koninck, professeur au Département de géographie de l'Université Laval, Laurent Deshaies, professeur associé à l'Institut de recherche sur les PME de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Robert Desjardins, professeur au Département de géographie de l'UQAM, Jean Désy, professeur associé à l'Université du Québec à Chicoutimi, Henri Dorion, professeur retraité, Dépt de géographie de l'Université Laval, Michelle Dubé, géographe, Jean-Marie Dubois, professeur au Dépt de géographie et de télédétection de l’Université de Sherbrooke, Michel Dufault, géo-cartographe au Dépt de géographie de l'UQAM, Jules Dufour, professeur au Dépt de sciences humaines de l'Université du Québec à Chicoutimi, Danielle Dumas, directrice de la SPGQ, Winnie Frohn, professeure au Dépt d'études urbaines et touristiques de l’UQAM, Christiane Gagnon, professeure au Dépt des sciences humaines de l'Université du Québec à Chicoutimi, Michelle Garneau, professeure au Dépt de géographie de l'UQAM, Claude Genest, professeur au Dépt des sciences humaines de l'Université du Québec à Trois-Rivières.jGordon Ewing, professeur associé au Dépt de géographie de l’Université McGill, Michèle Fréchet, vice-présidente de la SPGQ, Bernard Gendron, trésorier de la SPGQ, Pierre-Yves Guay, directeur des études en urbanisme, Ecole des sciences de la gestion, UQAM, Pierre Guimont, géographe-conseil en environnement, Hydro-Québec, Normand Hall, président de la Société pour un tourisme durable et responsable et professeur en tourisme au collège Mérici, Hugh Gwyn, Centre d'applications et de recherches en télédétection, Université de Sherbrooke, Louis-Edmond Hamelin, professeur émérite, Université Laval, Jean Hébert, chargé de projets environnementaux, Hydro-Québec, André Hufty, professeur au Dépt de géographie de l’Université Laval, Juan-Luis Klein, directeur du Département de géographie de l'UQAM, Francine Laberge, chargée de cours à l'UQAM, Jean-Yves Lalande, directeur de CRC SOGEMA/SIMA, Anne Latendresse, professeure au Dépt de géographie de l'UQAM, Suzanne Laurin, professeure au Dépt de géographie de l'UQAM, Jean Lavoie, président du Groupe des responsables des sciences humaines, Sylvain Lefebvre, professeur au Dépt de géographie de l'UQAM, Gilles-H Lemieux, directeur dü Laboratoire de télédétection, Université, du Québec à Chicoutimi, Hélène Létourneau, chargée d’équipe en environnement, Hydro-Québec, Louise Levac, professeure au collège Édouard-Montpetit, Johanne Lévesque, géographe, Ministère de la Sécurité civile, Paul Lewis, professeur au Département de géographie de l'Université de Montréal, Dean Louder, professeur au Dépt de géographie de l'Université Laval, Benoît Massicotte, directeur aux affaires publiques, Association des industries forestières du Québec, Guy Mercier, professeur au Dépt de géographie et directeur du CELAT, Université Laval, François Moquin, animateur pédagogique, Dépt de géographie de l'UQAM, Denis R.Morin, directeur du Cartel, Université de Sherbrooke, Serge Occhietti, professeur au Dépt de géographie de l'UQAM, Claire Ouellet, directrice de la SPGQ, Louis-Paul Ferras, président de la SPGQ, André Parent, technicien en cartographie au Dépt de géographie de l’UQAM, Yvon Pesant, conseiller en aménagement et en développement rural, Reinhard Pienitz, professeur à l'Université Laval, Marcel Pouliot, directeur du Dépt de géographie et télédétection de l’Université de Sherbrooke, Léo Provencher, Dépt de géographie et de télédétection de l’Université de Sherbrooke, Louise Quilliam, géographe, Tourisme-Québec, Frank W.Remiggi, professeur au Dépt de géographie de l’UQAM et président de l'Association professionnelle des géographes du Québec, Yann Roche, professeur au Dépt de géographie de l'UQAM, Joel Rouffignat, professeur au Dépt de géographie de l'Université Laval, Jacques Roy, professeur au Dépt des sciences humaines de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Benoît St-Onge, professeur au Dépt de géographie de l'UQAM, Jacques Schroeder, professeur au Dépt de géographie de l'UQAM, Bruno Thériault, éditeur au collégial, Marius Thériault, directeur du Centre de Recherche en Aménagement et en Développement de l'Université Laval, Jean-Pierre Thouez, professeur au Dépt de géographie de l'Université de Montréal, Bertrand Touchette, agent de recherche au Dépt de géographie de l’UQAM, Bernard Vachon, professeur retraité, Dépt de géographie, UQAM, Jean-Philippe Waaub, professeur au Dépt de géographie de l'UQAM.Réalisation Andre Parent, idée originale Marie-Violaine Lamarche „ - ' . L K DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M A X C H E 8 A V R I L 2 O O I E 3 GEOGRAPHIE l ne entrevue avec Pierre Dansereau Plaidoyer pour une discipline Pour une lecture du paysage dans sa totalité S’il est des «nobles métiers», celui de géographe appartient sans doute à cette catégorie.Pourtant, depuis près de trois décennies, comme en témoigne Pierre Dansereau, cette discipline est frappée par une forme d’ostracisme.ESTELLE Z E H LE R Homme érudit reconnu mondialement en géobotanique et biogéographie, pionnier de l’écologie, Pierre Dansereau oeuvre depuis une soixantaine d'années dans le domaine des sciences.Plus que tout autre, il illustre la variété des chemins qui mènent à la géographie.Biologiste à la base, son intérêt tant pour la nature que pour le genre humain, son implication dans la vie de la cité le mèneront à cette science.Mais quelle est-elle?La réponse fuse: «Elle n'est rien d'autre que la lecture du paysage.» Le géographe est donc un lecteur qui décline au gre des ses observations la terre, l'air, l’eau, la vie.Il a été, il est toujours cet homme de terrain qui de maintes expéditions nous ramène le monde.Son regard balaye le paysage, son esprit s’empare des éléments présents pour les questionner, pour les mettre en relation.Ses travaux nous livrent cet ailleurs ou ce proche que nos yeux ignorent L'avancée technologique actuelle met à la disposition de tous, et ce dans l’immédiateté et en abolissant les frontières, une foule d'informations.Journaux, télévision, Internet deviennent progressivement accessibles au plus grand nombre.La géographie elle-même s’est emparée de ces outils pour son activité.Les paysages se virtualisent ils sont décryptés par des satellites.Il devient alors loisible de s'interroger quant à la pérennité et la définition du métier de géographe.Équilibre Les géographes, tout comme les scientifiques en général, vivent l’évolution technologique dans une dialectique de respect exagéré et de sous-utilisation.Un travail d’équilibre, d’estimation devra être fourni.Pierre Danserau précise: •La géographie a su utiliser certaines techniques de pointe, tels les satellites.Si elle ne s'en était pas approprié tous les moyens, elle aurait failli à sa mission.Dans un même temps, l’accélération historique a été énorme du côté du progrès de l'instrumentation et nous sommes actuellement dans un état d'essoufflement.La géographie, comme d’autres disciplines, souffre de ne pas sêtre suffisamment rattrapée, de ne pas avoir accepté à son service toutes ces innovations.» Si l’avenir de la discipline exige cette adaptation, il convient cependant de prendre garde aux dérapages qui donneraient la prérogative à l’outil plutôt qu’à la tâche conceptuelle.Déjà, le travail de terrain est minimisé.11 est pourtant la base, l’essence même de l’étude géographique.•Si le travail ne commence par sur le terrain, souligne Pierre Dansereau, il me semble que l’on flotte dans une strate intermédiaire entre la réalité et l’élaboration de théories plus ou moins nouvelles.» Les outils, aussi sophistiqués soient-ils, ne font qu’élargir la perception du géographe et ne peuvent seuls la nourrir.La géographie souffre également des phénomènes de mode qui sous-tendent le monde scientifique.Ainsi, la logique mathématique et la méthode objective ont été hissées au sommet La réalité est disséquée et ses éléments distribués aux différents spécialistes dont ils relèvent Cette perspective chosifiante, si elle permet d'étudier l’élément risque d’occulter les nombreuses correspondances qui appartiennent pourtant à cette même réalité.Géographie physique et humaine se sont vues dissociées.Pierre Dansereau a longuement lutté contre ce cloisonnement subjectif, en incluant notamment l’homme dans la notion d’écosystème: «Ce que nous avons appris du comportement des diffé- • JACQUES NADEAU I.E DEVOIR Comme d’autres disciplines, la géographie souffre des phénomènes de mode qui sous-tendent le monde scientifique, déplore Pierre Dansereau.rentes espèces ou populations végétales et animales, les phénomènes d’aptitudes, de survivance, les alternances de compétition et de coopération, tout cela s’applique à l’homme.À la dynamique des éléments naturels se superpose ce que Teilhard de Chardin a nommé la noo-sphère, c’est-à-dire l'influence de l’esprit sur la matière en quelque sorte.Or, l'être humain a également bénéficié de cet effet noosphérique dans son évolution de l’homme primitif à l’homme contemporain.» Géographes, sociologues, urbanistes se sont emparés, de la sorte, d’une partie du cadre théorique de l’écologie afin de mieux appréhender divers phénomènes, tels les conflits de classe par exemple.Mais à leur tour, ils ont alimenté la Géographie pdu Québec et du Canada _y * 3e secondaire laÇ^ au cœur de notre apprentissage pensée des biologistes, des physiciens en élargissant leur vision.Interdisciplinarité La parcellisation des disciplines alimente une importante pluridisciplinarité.Si cette tendance peut être intéressante, comme le note M.Dansereau, «il n ’est de bon généraliste qui ne soit d'abord un bon spécialiste», elle nécessite une interdisciplinarité, qui fait malheureusement défaut aujourd’hui.Des zones de communication et de va- lorisation doivent être dégagées pour la viabilité de l’ensemble de ces savoirs parcellaires.A la lumière de l’expérience de Pierre Dansereau, il n’est de meilleur lieu pour cela que le terrain: «Les murs qui séparent les départements d'une université sont plus épais que les murs extérieurs.D’un bout du corridor à l'autre, nous ne nous connaissons pas.En revanche sur le terrain, dans des projets comme celui de la baie James, ou encore l’étude d'impact concernant l’aéroport de Mira- bel.de nombreux spécialistes ont été reunis sous une même tente.Nous nous avertissions mutuellement des questions que chacun se posait au niieau de sa competence afin de permettre des échanges, des apports et — il/but bien le dire — des comptv-mis.» le projet et le terrain permettent donc le passage de la multidisciplinarité à l'interdisciplinarité grâce d'une part à la suprématie de l'objet d'étude et d’autre part à une volonté politique.Si la question de l’utilité des géographes se posait, et nombreux sont les tenants de l'utilitarisme et du professionnalisme qui y versent, il suffirait d’évoquer l'aménagement du territoire, discipline éminemment géographique.L'organisation de l'espace est interrogée à partir d'une perspective naturelle et humaine.Quelle est la conjugaison des forces naturelles sous-jacentes au territoire?Quels en seront les effets psychologiques?Ainsi, la lecture géographique permet un éclairage singulier d’un territoire, d’une réalité.C'est pourquoi il est fondamental que cette science retrouve son statut dans les universités, que l’on cesse de sabrer d;ins ses départements.la compétition doit désormais faire place à son pendant: la coopération.Pour cela, Herre Dansereau espère: «Des leaders académiques qui ne soient pris seulement des administrateurs qui recrutent des fonds pour nous aider dans nos travaux, mais des hommes qui aient une pensée sur l'interdisciplinarité, sur la place de chacune îles grandes disciplines.Et la géographie est une grande discipline.» Une grande discipline plus en mal de «philosophes que de chimistes»} L’immensité du stock conceptuel accumulé depuis le XVIl siècle demande à être révisée.les portes de la géographie sont grandes ouvertes aux femmes et aux hommes de défi.Université du Québec à Rimouski réussite : notre perte! -, La géographie à l'UQAR.une géographie entre Mer et Montagnes Vous en avez assez du béton.Poursuivez vos études dans un cadre géographique exceptionnel : le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.Voici les cheminements du baccalauréat en géographie de l'UQAR : • Milieu physique continental et marin • Organisation de l'espace • Géographie-Environnement marin • Géographie-Biologie Les forêts, l’industrie du sciage et celle des pâtes et papiers sont des composantes fondamentales du paysage québécois et canadien.Récemment, un nouveau document conforme au programme du ministère de l’Éducation était lancé.Rédigé par des enseignants de carrière, il permet aux professeurs et aux étudiants d’actualiser leurs connaissances sur les forêts, leur gestion, leur aménagement et sur l’industrie forestière.Les textes présentés sont également de nature à intéresser quiconque désire acquérir une vision d’ensemble du secteur forestier québécois.Il y est entre autres question : • de l’inventaire des ressources forestières ; • des modes d’aménagement et de la protection des forêts; • de la production de bois d’œuvre, de pâtes et de papiers; • des facteurs de localisation ayant permis au Québec d’attirer et de développer ces industries; • de transport et d’exportations ; • des défis à relever et des solutions envisagées pour s'assurer de la pérennité des forêts et des industries qui en dépendent; • des emplois en forêt, dans l’industrie du sciage et dans celle des pâtes et papiers.Textes, cartes, schémas, tableaux et photos en couleurs permettent aux enseignants et aux étudiants de disposer de l’information factuelle la plus à jour possible sur le rôle écologique, social, récréatif et économique de nos forêts.ASSOCIATION DESINOUSTOES FORESTIERES DU QUÉBEC www.iifq.qc.ci (£ .manufacturier* de bois de sciage du Québec wwwsctage-l umber, qc.ca Québec«S § Ministère des Ressources naturelles www.mm.gouv.qc.ca www.geocities.com/spgq Pour en savoir plus sur notre programme : Consulter notre Atlas électronique : 1 800 511-3382, poste 1788 http://atlasbsl.uqar.qc.ca http://www.uqar.qc.ca Les études de l’environnement à TUniversité d’Ottawa : • des programmes bilingues • un programme coop hors pair • une capitale riche en débouchés Un choix qui rapporte! ï; I 1 Renseignements : (M.% */ Mi*' f iHirnul : cnvimn@ii< jhr U PROGRAMME EN ETUDES DE [.'ENVIRONNEMENT • FACULTE DES ARTS Renseignements : (tiLll 5f>2-5800.poste 1062 Courriel : ertviron@uottawa.ca Université d’ ^University of _ Ottawa www.uottawa.ca/acadcriiic/arts/geographie/environ L K I) K V I» I K .L K S S A M E 1) I ET I) I M A S (HE « AVRIL 2 0 0 I E 4 GEOGRAPHIE Territoire La conscience du lieu La science des relations entre l’homme et l’espace Faudra-t-il tenir des états généraux de la géographie pour que soit enfin comprise l’importance de la discipline?Il ne peut y avoir de territoire national s’il n’y a pas de conscience du lieu.HENRI DORION Le temps et l'espace sont les deux dimensions vécues de la réalité.On a souvent dit que l’Histoire est la science du temps et la Géographie, la science de l’espace.C’est à la fois trop dire et trop peu dire.D’abord, ces deux disciplines n’occupent évidemment pas, à elles deux, tout le champ du réel.Far ailleurs, c’est moins le temps et l’espace que les rapports entre l'Homme et ces deux dimensions qui font l'objet de ces sciences fondamentales que sont l’Histoire et la Géographie, fondamentales en ce sens que l’objet de toute discipline existe et évolue dans un contexte spatiotemporel.Science des relations entre l’homme et l’espace, la géographie se caractérise donc par un angle d’approche spécifique pour l’analyse et l’interprétation du réel.L’espace est vu comme un matériau qui offre ses potentialités et impose ses contraintes aux êtres vivants qui le subissent ou l’exploitent selon des schèmes qui varient en fonction de la double variable spatiale et temporelle.Le terme qui traduit sans doute le mieux ce contexte est celui de territoire, qui implique toujours, quel que soit son domaine d’application, la notion d’appropriation.Roger Brunet et Hervé Théry, dans leur ouvrage Les Mots de la géographie, proposent à cet égard une relation intéressante: «Iæ territoire est à l’espace ce que la conscience de classe est à la classe: quelque chose que l'on intègre comme partie de soi, et que l’on est donc prêt à défendre.» Impardonnables oublis Cette référence à l’appropriation interpelle plusieurs acteurs dont il est important d’attirer l’attention sur la conscience territoriale car on se demande si, au Québec, comme dans certaines autres régions du monde sans doute, plusieurs facteurs n’auraient pas éloigné ces acteurs de la préoccupation territoriale.Depuis un certain temps, décideurs, entrepreneurs, penseurs, chercheurs et éducateurs semblent avoir progressivement délaissé cette préoccupation qui consiste à toujours replacer dans un contexte spatial concret et bien compris toute intervention ou référence impliquant un investissement de ressources, qu’elles soient matérielles, humaines, intel-Içctuelles ou artistiques.Pin termes clairs, il semble qu’on soit en passe d’oublier la géographie; on la considère de moins en moins comme une référence incontournable; on parle d’espace, de paysages, d’es- prit des lieux, de lieux de mémoire et parfois même de territoire sans pourtant impliquer la géographie, ses concepts, son vocabulaire précis, son angle d’approche a la perception et l’interprétation de la réalité.Bref, on oublie l'essentielle utilité de la géographie.D- drame commence à l’école.Que savent nos étudiants du territoire québécois?Réponse obligée: pas grand-chose.En février 1998, la revue L’Actualité publiait le résultat d’une enquête menée auprès de plusieurs centaines d’étudiants des deux universités francophones de Montréal.Désastre! Des étudiants ont placé Montréal sur Anticosti, d’autres, au Labrador, en Gaspésie, en Abitibi! Quant à Natashquan, aucune région du Québec, du Nouveau-Québec et même l’île de Terre-Neuve n’a été épargnée! Ce n'est pas un cas isolé; j’avais déjà effectué moi-même une enquête pour prendre le pouls de la connaissance qu’avaient des étudiants universitaires des frontières canadiennes, internes et externes.Même désastre! Four certains, le labrador touchait l’Alaska et l’Ontario, le Nouveau-Brunswick.Quelle est alors l’image du Québec?Si elle est aussi nébuleuse, quelle vision se fait-on du monde?Ces résultats et cette inquiétude m’avaient amené à préconiser l’institution à l’Université Laval d’un cours d’initiation à la carte du monde, cours de rattrapage de niveau préuniversitaire qui, heureusement, se donne maintenant dans quelques cégeps.de même qu’à la télévision.Certains ont vu dans ce cours un retour à la géographie de nomenclature qui a ennuyé sinon traumatisé à juste titre plusieurs générations d'étudiants.Heureusement, les récentes conquêtes d'une géographie interprétative, critique et parfois engagée lui ont permis de dépasser ce stade nominal et primaire.Cette évolution, jumelée avec une désaffection relative de la géographie régionale, a cependant produit un effet pervers qui a parfois relégué le souci du lieu au second plan, derrière des théorisations, des modélisations et des considérations exclusivement méthodologiques, certes utiles voire nécessaires mais qui, en confondant la fin et les moyens, contribuaient à vider la géographie de son essence.Sans rouvrir l’interminable débat autour de la définition de la géographie, est-il utile de rappeler que la spécificité de cette science est d’expliquer les relations de l'homme avec son territoire dans la double dimension horizontale (la différenciation de l’espace) et verticale (l’interaction des phénomènes).Le sens du lieu En termes de géographie appliquée, puisque tout compte fait toute science doit déboucher sur l’action, l’élément essentiel et indispensable, c’est le sens du lieu, dans son expression objective, c'est-à-dire la signification dont le lieu est imprégné en tant que logique de l'espace, comme dans son expression sub- RENÉ MATHIEU LE DEVOIR jective, soit la préoccupation spatiale chez l’habitant de la planète.Cela revient à dire que la géographie doit être une conscience territoriale, basée sur une connaissance raisonnée des lieux, des régions, des pays au sens originel du mot, de leurs relations, de leurs complémentarités et de leurs tensions.Cette conscience territoriale constitue une condition incontournable à une saine gestion des relation^ entre une société et le territoire qui est le sien.A l’heure où la société québécoise poursuit une interrogation identitaire et où elle tente à travers diverses instances d'adapter son projet de société au nouveau contexte mondial, il est indispensable que la géographie reprenne ses droits, car c’est cela dont il s’agit.Peut-être les géographes eux-mêmes sont-ils dans une certaine mesure responsables d’une situation où le champ d’action qui est logiquement le leur soit occupé, exploité même, par des tenants d'autres disciplines dont l’apport sectoriel est utile voire nécessaire, mais qui n’ont pas cette vue à la fois relationnelle, spatiotemporelle et comparative que fournit la grille d’analyse et d’explication propre à la géographie.Ont-ils profité de toutes les occasions pour faire valoir le point de vue spécifique de la géographie dans les innombrables dossiers relatifs au territoire?Ont-ils fait en sorte que l’enseignement dispensé à tous les ni- veaux du système offre une preparation adéquate a une implication et a une intervention qui soient propres à la géographie, c’est-à-dire qui apporte un point de vue, une méthode et des schèmes d’interprétation qu’aucune autre science ne partage vraiment?Ont-ils entrepris un lobbying comme d'autres disciplines l’ont fait avec succès?Quoi qu’il en soit, ce qui importe, c’est de prendre conscience de la nécessite et de l’urgence de reconnaître a la géographie sa spécificité et son importance, en même temps que sa place dans les programmes d’enseignement comme dans les définitions des profils de compétence de la fonction publique.Encore faut-il que les géographes enseignent et pratiquent une géographie qui réponde aux besoins concrets de la société à qui l’on sert quoti-diennement et souvent de façon banalisée les concepts de milieu, de région, de territoire , de pays.Sans en avoir le monopole, les géographes sont ceux qui, le mieux, peuvent utiliser ces concepts à des fins d'utile intervention en leur donnant le sens, le contenu et la portée qui en font des références essentielles à une gestion intelligente du territoire.Un des maîtres de la géographie française, Pierre Deffontaines, disait «Il n’est de géographie qu’humaine.» Ultimement, on pourrait aussi dire: il n'est de géographie que régionale, car, tout compte fait, à quoi sert-elle si ce n’est qu’à mieux comprendre et aménager les régions au bénéfice des êtres qui y vivent?Et serait-ce exagéré de dire: il n’est de politique que géographique?Peut-on en effet gérer convenablement un territoire au service de la société qui y vit sans toujours et partout tenir compte des variables spatiales?La question est posée aux instances gouvernementales, à tous les niveaux du monde de l’éducation soumis à la dangereuse tentation de réduire la part de la géographie dans leurs programmes respectifs, à tous ceux qui veulent définir un Québec cohérent et bien identifié.Sans la géographie comme phare, le Québec flottera dans le brouillard de l’incertitude et de l’indécision.A ne pas comprendre l’importance de cet enjeu, notre société risque,de manquer le bateau.H faudra peut-être tenir des Etats généraux de la géographie pour s’en convaincre.Henri Dation est géographe.Il enseigne à l'Université Laval.Ses deux plus récentes publications sont lo Russionnaire; petite encyclopédie de toute les Russies, en collaboration avec Arkadi Tcherkassov (Éditions MultiMondes, Québec, 2001), Le Québec vu du ciel, avec Pierre Lahoud (Les Éditions de l’Homme, Montréal, 2001).Sa signature se retrouve dans les Rapports de la Commission d’étude sur l’intégrité du territoire du Québec (Imprimeur du Québec, 1968-1972, 64 volumes).Climatologie Une planète en transformation Pour comprendre les enjeux des changements climatiques Demain, le Québec que l’on connaît ne sera plus, transformé par une variation des niveaux d’eau et un réchauffement des températures.Préparons-nous la jeune génération à ce nouvel état de fait?M n-'tïT: •V .~.JL rv.,.?» REAL BOUVIER Près de 70 % de la population québécoise vit dans l’axe du corridor Grands Lacs -Saint-Laurent et selon certains scénarios climatiques, le niveau des Grands Lacs pourrait baisser de plus d’un mètre d’ici la fin du siècle.MICHELLE GARNEAU Le 15 février dernier, dans Le Devoir, Louis-Gilles Francœur faisait état d’un des trois rapports produits depuis janvier 2001 par le Qroupe intergouvememental d’experts sur l’évolution du climat.Ces travaux mettent à jour les connaissances sur la fragilité de l’environnement mondial et proposent des mesures pour relever les défis que soulève le phénomène du changement climatique dans nos sociétés.Les résultats tirés des modèles climatiques les plus récents indiquent que le mégaphénomène climatique induit par la hausse de la concentration des gaz à effet de serre (GES) pourrait même être, à l'échelle planétaire, plus rapide et plus important que prévu.Les conséquences des changements seront multiples et contribueront notamment à accentuer mondiale ment les inégalités.Les changements climatiques pourraient, par exemple, provoquer une rupture importante des stocks alimentaires en Asie et en Afrique en plus d’inonder le milieu de vie de 75 à 200 millions de personnes vivant en bordure des océans, si leur niveau augmente comme prévu de 40 cm d’ici 2080.En Europe et en Amérique, il semble que le réchauffement pourrait augmenter notamment la productivité des sols de certaines régions en raison de l’augmentation des concentrations de carbone dans l’atmosphère et de l'humidité accrue.D'autres régions, favorisées sur le plan climatique, pourraient subir une accentuation des pressions de rendements agricoles ou forestiers menant à moyen terme à une exploitation excessive et à un épuisement de leurs ressources.Ce ne sont là que quelques exemples illustrant que les changements climatiques sont devenus, au cours des dernières années, un des plus grands enjeux environnementaux de la planète.Enseignement Comment l’école préparât-elle à ces réalités?L’enseignement de la géographie vise à comprendre l’organisation naturelle et humaine de l'espace terrestre.Elle favorise la compréhension de l'environnement dans son ensemble: des liens indissociables entre les aspects biophysiques, politiques et socioéconomiques apparaissent dans le contexte mondial des changements climatiques et de leurs effets sur l’environnement naturel, l’utilisation du sol et les modes de vie des populations.11 est essentiel que les jeunes puissent acquérir, au cours de leur formation, cette vision d’ensemble du phénomène.En effet, l'intégration de l'étude des changements climatiques à la géographie scolaire aide à cerner les enjeux d’une telle problématique environnementale afin d'orienter les actions à adopter pour une meilleure qualité de vie dans nos sociétés.Ils pourront ainsi comprendre pourquoi et comment agir dans le contexte actuel des incidences de la transformation du climat.A titre d'exemple, la ressource en eau représente un enjeu fondamental du changement climatique en Amérique du Nord.Les spécificités géographiques impliqueront une accentuation des pressions pour une disponibilité en eau potable de la part des régions vulnérables à un déficit.Près de 70 % de la population québécoise vit dans l'axe du corridor Grands Lacs -Saint-laurent et selon certains scénarios climatiques, le niveau des Grands Lacs pourrait baisser de plus d’un mètre d’ici la fin du siècle.Les conséquences d’une telle diminution impliqueraient une réduction du d bit du Saint-Laurent de 40 % à Montréal, provoquant entre autres une importante réduction de la biodiversité, de la disponibilité à une eau de qualité ainsi qu'une accentuation des activités de dragage afin de maintenir les activités commerciales associées à la navigation.L'estuaire et le golfe du Saint-laurent, influencés par les apports océaniques, verraient le niveau de leurs eaux s’élever.L’accentuation des phénomènes d’érosion qui en découlerait conduirait à la réduction de la superficie des habitats riverains et à la hausse de la vulnérabilité de leurs aménagements.La remontée du front d’eau salée vers l’amont pourrait, de plus, aggraver certaines perturbations, notamment sur les prises d’eau de certaines municipalités.Face à de pareils enjeux, la science géographique a le devoir d’être à l'avant-scène afin de repenser l’aménagement du territoire suivant les normes d'un développement plus durable.Enjeux globaux Il importe de comprendre les enjeux globaux que nous devons affronter en tant que société et de transposer notamment ce savoir à nos régions.L’élément fondamental de la lutte aux changements climatiques est la réduction des émissions de GES tel que défini dans le cadre du protocole de Kyoto en 1997 et la nécessité de réduire la croissance de la consommation de combustibles fossiles comme source d'énergie.Malgré sa situation géographique plutôt nordique, le Québec possède une bonne performance en ce qui a trait aux émissions de GES par rapport à l'ensemble du Canada; cela est dû.entre autres, au fait qu’il consomme une électricité à plus de 95 % d’origine hydraulique.Par contre, la répartition des émissions de GES entre les divers secteurs d’activités fait ressortir que le transport des personnes et des marchandises se classe au premier rang des sources d'émissions québécoises.L'augmentation du taux de motorisation des ménages, l’étalement urbain et la popularité des véhicules utilitaires et celles du camionnage pour le transport des marchandises sont autant de facteurs qui expliquent ces valeurs.Par sa formation, le géographe sait que la planète a connu de tout temps des fluctuations climatiques d’origine naturelle.Il est maintenant reconnu que l’enjeu majeur de la transformation actuelle du clé mat, dont l’origine est en grande partie anthropique, est sa vitesse.Jamais auparavant la planète ne semble avoir connu globalement une augmentation aussi rapide des températures.Ainsi, la décennie 1990-2000 aura été la plus chaude enregistrée au cours des derniers 1000 ans.Les conséquences d’une telle ascension impliquent que l’environnement naturel et humain devra s’adapter très rapidement à de tels changements.L’éducation à ces questions géographiques devient donc aussi un enjeu majeur de société.Les citoyens ont le devoir de s’interroger, de s’engager et d’interpeller ceux qui les représentent, sur les priorités à privilégier quant aux mode de vie et à l’organisation de l'espace dans notre société.Ils doivent avoir la capacité de comprendre et d’expliquer que notamment, les choix d'aménagement du territoire sont en lien direct avec l'augmentation des GES.Fruits d'une conscience collective éduquée, les gains sociaux qui résultent par exemple de la restriction de l’étalement urbain, de la réduction de l’usage et de la place des voitures dans les centres-villes, de la possibilité de respirer un air plus sain, d’utiliser des moyens de transport urbain qui favorisent l’activité physique, de reverdir et ombrager les villes, de maintenir le même confort dans nos immeubles avec moins d'énergie sont importants et ils s'accompagnent de gains cumulatifs aux plans de l’environnement, de la santé et de l'économie.Michelle Gameau est professeure au Département de géographie de VUQAM.Département de géographie et télédétection 'v d'applications et de nrbercbcs cdctection (CARTEL) Des unités d'enseignement et de recherche uniques, a la fine pointe des technologies R.Sc.en géographie et géographie physique M Se, en géographie Ph.D.en télédétection Régime coopératif avec stages rémunérés Champs d'expertise Aménagement touristique et urbain Evolution des bassins versants Accidcntologic routière Géomatique de l'environnement t élédétection des milieux humains et bio physiques Extraction de l’information imagère Correction des images aéroportées Renseignements Faculté des lettres et sciences humaines Geographic et télédétection Université de Sherbrooke Sherbrooke (Quebec) Il K 2R1 Tél.: (819) 821-7190 Téléc.: (819) 821-7944 Courriel : geotele@courrier.ushcrb.ca www usherb.ca/geotcl/ wxvw.usherb.ca/cartel/ UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE £ LE DEVOIR.LES SA M EDI 7 ET DI M A \ « Il E S A V R i O O h .) GEOGRA NUE Entre\-ue avec Jean-Yves Lalande Profil d’une profession Pour une meilleure compréhension de la relation de l’homme avec son milieu Science qui s’intéresse à la relation des éléments entre eux, la géographie intègre différentes disciplines.Elle constitue un apport appréciable à la prise de décision éclairée.-à î* SOURCE EDITIONS DD SEPTENTRION Croquis réalisé par l'atelier Delisle à partir des données géographiques et humaines extraites des Relations des Jésuites.JOHANNE LANDRY Bien qu’étant une science extrêmement ancienne, rapporte Jean-Yves Lalande, géographe et directeur principal, responsable de l’environnement chez CRC So-gema, la géographie s'adapte bien aux préoccupations modernes.Déjà, à l’époque des Christophe Colomb et compagnie, les explorateurs traînaient dans leur sillage leur topographe de service.Une longue évolution jusqu’aux systèmes d’information géographique informatisés, c'est-à-dire la gestion de bases de données tant biophysiques qu'humaines et leur visualisation sous forme de cartes ou de graphiques.«La préoccupation de la géographie, précise M.Lalande, est de décortiquer la présence des différents phénomènes qui nous entourent.» Si, à la base, la géographie naturelle et biophysique s’intéresse à la géomorphologie, s’y greffent, en symbiose, la géographie politique (les effets, par exemple que peut avoir une politique interne d’un pays sur la dégradation du milieu ou sur le maintien des ressources naturelles); la géographie sociale (qui touche à la sociologie et à l’histoire); la géographie culturelle (manifestations ou particularités que vivent certains peuples et qui influencent leur comportement et leur relation avec la nature); et la géographie économique.«Cette dernière est peut-être la plus importante, croit Jean-Yves Lalande, parce qu’elle étudie les grands flux et mouvements des échanges internationaux, entre autres.Si l’on pense à ce qui se passe au Sommet des Amériques, ceux qui s’opposent à l'entente s’intéressent aux effets directs liés aux échanges commerciaux ainsi qu 'aux impacts culturels, sociaux et environnementaux qu ils peuvent provoquer.» C’est en partie ce qui fait dire à Jean-Yves Lalande que la géographie est une science d’avenir.Dans une tendance à la mondialisation, alors que les frontières s'ouvrent, le géographe est en me sure d’englober plusieurs facettes et de tenir compte des grandes préoccupations actuelles.Formation en entonnoir Au départ, la formation d’un géographe ratisse large; géomorphologie, climatologie, géologie et biogéographie (repartition des phénomènes dans l'espace).«C’est dans ce contexte, commente M.Irlande, que le géographe a un rôle intéressant et spécifique à jouer.Lorsqu'on parle de phénomènes biophysiques et humains, dans la mesure où ils ont un impact sur la répartition d'autres phénomènes dans l’espace, le géographe peut devenir un élément contributif important.» Puis, avec les années d’étude, alors qu’il atteint la maîtrise et le doctorat, le scientifique est appelé à se spécialiser.«Même lorsqu’il devient spécialiste d’une discipline particulière, insiste M.Lalande, le géographe demeure continuellement en mesure de faire des rapprochements entre sa discipline et un ensemble d'autres domaines, à cause de sa formation générale.» Planification Outre l'enseignement, l’un des principaux rôles réservés au géographe s'exerce au chapitre de la planification.«Dans la mesure, expose M.Lalande, où leur formation les amène à tenir compte d'une part des considérations biophysiques, donc du milieu dans lequel vivent les hommes, et d’autre part des considérations humaines qui touchent des aspects de la sociologie ou de l’anthropologie, les géographes deviennent d'excellents candidats pour les études et analyses dans des domaines comme l'agriculture, les maladies liées au bétail, l’environnement, ou la lutte contre la pauvreté, entre autres.» Le directeur principal chez CRC Sogema dit exercer ses compétences selon deux types d’intervention.Parfois sur le terrain, pour des études d’impact et d’autres fois comme spécialiste de la gestion de l’environnement.11 illustre son apport aux décisions administratives par cet exemple: «Prenons la construction d’une ligne de transport d’énergie ou d'une route, là où une population souffre de la pauvreté extrême et de la faim, dans un pays en développement.Nous voilà en présence d’un cercle vicieux.Cette pauvreté accroît la pression sur les ressources naturelles parce qu’il n’y a pas d’alternatives à leur proposer lorsqu’ils coupent la forêt.Ils en ont besoin.C’est l’énergie nécessaire pour la cuisson de leurs aliments.S’il était possible de leur fournir de l’électricité ou du gaz.Pour gérer ce genre de problématique, il faut tenir compte d'une foule de considérations sociales.Evaluer l’état de leur pauvreté puis suggérer des manières de faire qui vont combler à la fois les besoins de l’écosystème et ceux de la population.» Alors que la représentation que l’on se fait, dans le grand public, de la géographie se limite souvent à ses aspects exclusivement scientifiques comme la climatologie et la géologie, elle se trouve pourtant au carrefour de domaines aussi variés que l’économie, la démographie, l'urbanisme, l'aménagement des espaces, l’écologie ou la sociologie.Le géographe ne scrute pas que la terre, son etude s’étend aussi à ceux qui l’habitent La carte: outil précieux lu carte demeure l'outil de travail privilégié du géographe.Celui par lequel il illustre la relation entre les différents éléments du milieu.Car son intervention commence toujours par un inventaire des ingrédients présents dans un milieu donné.Par la suite, il établit les liens pour comprendre.Pourquoi tel phénomène existe-t-il à un endroit plutôt qu'ailleurs?«Nous partons alors à la recherche des informations de nature biophysique, sociale, culturelle, sur l’évolution du milieu, sur les croyances populaires, tout ce qui peut expliquer.Car mille et une raisons peuvent produire ce phénomène», commen te Jean-Yves Lalande.In géographie est une science prospective.A partir de la connaissance d'un milieu, elle projette ce qu’il pourrait devenir compte tenu de l’évolution ou de changements fondamentaux que lui imprimeront différents comportements sociaux.Car la pression humaine exercée sur les ressources les fait évoluer autrement.«Parce qu’ils sont en mesure de participer à une meilleure compréhension de la relation que l'homme entretient avec son milieu, exprime Jean-Yves lalande, qu'il s’agisse d’un milieu naturel, économique ou politique, les géographes sont appelés à jouer un rôle important dans l’évolution de notre société actuelle.» A la découverte des plus beaux paysages Québec Collection « L'Album » lUnn-MS OfjSlM1 «U*, États-Unis Collection « L'Album » IHwSf.tlS Des toits sur nos rivières Les fxmts couverts de l'Est du Conodo H II S l II 11 S E HMH ÉDITIONS HURTUBISE HMH Dans 17 pays et 6 provinces canadiennes Dictionnaire de géomorphologie de Claude G.Genest www.uqtr.uquebec.ca/relief 9826 termes Changer LA VIE EN VILLE ! Baccalauréat en urbanisme Une formation professionnelle transdisciplinaire, accréditée par l'Ordre des urbanistes du Québec et l'Association internationale pour l'enseignement et la recherche en aménagement et en urbanisme Des apprentissages vraiment opérationnels • Analyse et diagnostic des problèmes et des potentiels urbains • Valorisation des milieux de vie Ipatrimoine bâti, environnement, socio-économie, etc.) • Schémas régionaux d’aménagement, plans et règlements d'urbanisme • Aménagement de sites Une pédagogie conviviale et novatrice • Laboratoires informatiques dernier cri • Excursions et voyages d'études • Stages en milieu professionnel Un avenir prometteur • Un marché de l'emploi en relance spectaculaire et un taux de placement de 80 % I La meilleure préparation de premier cycle pour une carrière en urbanisme Baccalauréat avec majeure EN ÉTUDES URBAINES Une formation théorique multidisciplinaire pour comprendre le phénomène urbain Un cheminement personnalisé vous permet de conjuguer la majeure avec l'une des mineures suivantes : • Étude de la population • Philosophie • Études féministes * Science, technologie .et société • Etudes interethniques • Patrimoine urbain La meilleure préparation de premier cycle pour des études de maîtrise sur la ville Date limite des demandes d'admission pour septembre 2001 : le 1" mai 2001 Admission : (514) 987-3132 • www.regis.uqam.ca UQÀM Université du Québec à Montréal COLLECTION 'CIÏEMM L’ESPACE ECONOMIQUE MONDIAL Les économies avancées et la mondialisation jean-Paul Rodrigue L’espace économique mondial, du Moyen Âge au post-fordisme.Mutations des fonctions industrielles, expansion des marchés et synchronisme des places financières.Formation des blocs économiques et nouvelles économies industrialisées.Ouvrage abondamment illustré.2000, 534 pages, D-1037 52 s cceticitxlÿuc itVClUèiüU nrtn t* r.owrjt>#rp» , ( «M**M«* t* f» H«eé*M»éCit tïJrfËM ¦-Twrtx r cascae wm.?WlftfnrMlrJta-UftUM ._ nNnnri.ahi WW LE QUÉBEC EN CHANGEMENT Entre l’exclusion et l’espérance Sous la direction de Pierre Bruneau Les transformations de l’économie, l’extrême mobilité du capital international et les nouvelles technologies comme contributions à la division sociale et spatiale du territoire.2000.242 pages, D-1058 35 4 L’ÉDUCATION GÉOGRAPHIQUE 2e édition Formation du citoyen et conscience territoriale Sous la direction de juan-Luis Klein et Suzanne Laurin La place et le rôle de la géographie dans l'éducation pour assurer la formation du citoyen et le développement d’une conscience territoriale au Québec.1999, 270 pages.D-1052 2 7 4 SURVEILLEZ NOS PROCHAINES PUBLICATIONS SUR LE SUJET À L’AUTOMNE 2001 Visitez notre site Internet: www.puq.uquebec.ca «I Presses de l'Université du Québec 1-800-859-7474 EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE f.K DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DI M ANCHE 8 AVRIL 2 O O I GEOGRAPHIE Stages à l’étranger Avenir continental Uespace qui donne du sens Mettre l’étudiant en contact avec sa planète «Les mondes nouveaux doivent être vécus, avant d’être expliqués», disait Alejo Carpentier.Les propos d’un professeur-accompagnateur.DENIS CHABOT En ces temps de réformes continuelles, qui décentralisent de plus en plus la question du choix des matières à enseigner, un nombre croissant de collèges misent sur les stages à l’étranger afin de parfaire leurs offres de formation.Ijes programmes d’aide à «l’internationalisation» de l’enseignement se développent a travers les officines de nos gouvernements au fur et à mesure que les Sommets se succèdent: celui de l’emploi, de la jeunesse ou des Amériques.11 existe une grande diversité parmi les formules qui visent à accroître la mobilité étudiante: le stage d’observation, le stage d’étude, le stage de travail, l’échange ou encore la brigade de solidarité.La durée varie de quelques semaines à plusieurs mois.On peut alors se demander pourquoi partir si loin?Pourquoi décider d’aller voir ailleurs ce que l’on ne daigne même plus regarder ici?Est-ce un luxe, une mode ou un autre avatar de la mondialisation?Tous les collèges du Québec semblent s’être donné le mot.Au-delà du clientélisme qui peut animer ce choix, il doit bien y avoir un fondement qui justifie le recours à cette mobilité pédagogique.Il apparaît important de souligner ici les principales qualités de ces expériences, sans négliger d'aborder les questions qu’elles soulèvent.Partager le monde Derrière ces grands projets, il y a d’abord l’investissement de tous les acteurs en présence, les stagiaires, les professeurs et l’administration qui dépasse les normes habituelles.Une volonté partagée de connaître le monde autrement de dépasser les lieux communs et de donner un sens à un projet de formation, voilà en général l’essentiel du programme.Le plus grand défi n’étant pas toujours de gérer la préparation ou de financer le stage, mais bien de mobiliser des gens pour une si longue période.Le temps nécessaire à la réalisation de tels projets dépasse les créneaux horaires que nous allouons normalement à nos activités scolaires, parascolaires ou professionnelles.Peu de projets d’études nécessitent un tel niveau d’engagement et, dans certains cas, de renoncement.Même le rôle et l’identité des participants s’en trouvent bouleversés.Le professeur devient un accompagnateur, renouant avec l’origine du mot pédagogie et l’étudiant est promu stagiaire.Ainsi, la nature du rapport maître-étudiant évolue, la matière n’est plus entièrement diffusée par le professeur et son matériel pédagogique mais à travers une expérience commune.Une autre caractéristique importante de ces stages concerne l’ampleur de l’objet d’étude.La complexité des thématiques envisagées réclame une certaine ouverture à l’interdisciplinarité.La géographie doit continuer de contribuer de façon originale à la compréhension d’une problématique à caractère régional.Cette _ REUTERS Ai Nicaragua, les stagiaires séjourneront en famille et participeront activement aux projets de reconstruction et de Consolidation de la société civile dans le département de Madriz; lune des régions très pauvres, à la frontière du Honduras, qui Une équipe de professeures-s chevronnées-s et dévouées-s, actifs sur plusieurs tribunes ! ¦ Des outils et des technologies de pointe pour l’analyse de l'espace et la gestion des territoires ! > Des excursions, des activités-tenain et des stages qui ouvrent de nouveaux horizons ! PREPAREZ L'AVENIR ET PRENEZ LE « VIRAGE GEOGRAPHIQUE » UQÀM Université du Québec à Montrée' Pour des liens plus solides entre GÉOGRAPHIE, ÉCOLE ET SOCIÉTÉ « Les géographes [.] possèdent une excellente formation de base qui marie les savoirs sur l'homme et sur la nature, les situant au carrefour de ceux qui tentent de comprendre l'organisation de l'espace et d'intervenir efficacement sur un territoire.» Jean Hébert, Conseiller en environnement, Hydro-Québec « La culture géographique |.] permet à l'étudiant, comme au citoyen, d’avoir des connaissances qui lui permettent de se donner des repères sociaux.De plus, la géographie ouvre les horizons sur les sociétés qui constituent la planète.Cette ouverture peut réduire les inquiétudes face à l'inconnu des sociétés voisinant la nôtre et ainsi diminuer l'intolérance et le racisme.» Christine Laporte, étudiante au Baccalauréat en enseignement secondaire (Concentration en Sciences humaines), UQAM Extraits de la revue Géographes, n° 10.avril 2000.T I.K; l> E V 0 I R .L E S SAMEDI ET DI M A N (HE 8 AVRIL 2 0 0 I E 8 * GEOGRAPHIE - Tourisme La conscience du voyageur Citoyenneté globale et déplacements locaux Les millions de personnes transportées d’une région à l’autre du globe ont des conséquences sur l’environnement et le quotidien des habitants, sur la société entière de la région ou du pays d’accueil.Géographie du voyage.NORMAND HALL C> est désormais un fait reconnu par tous, voire de l’ordre du cliché de voyage, que l’industrie touristique est devenue la plus importante au monde et un employeur majeur.On insiste moins cependant sur le tourisme, en tant que phénomène de société, constituant une des manifestations humaines les plus marquantes depuis la deuxième moitié du XX' siècle.Or, les hordes habituellement pacifiques de vacanciers créent tout un impact.On ne transporte pas des millions de personnes, provenant de culture, mentalité, climat et niveau économique différents sans forcément avoir des conséquences, certaines positives certes mais d’autres nuisibles, sur l'environnement et le quotidien des habitants, en fait sur la société entière de la région ou du pays d’accueil.Or, selon l’Organisation mondiale du tourisme, cette expansion des mouvements touristiques continuera encore durant toute la présente décennie.I>e plus grand défi du tourisme, dans un avenir rapproché, consistera à assumer ce développement gigantesque, sans tuer la poule aux œufs d’or et en minimisant le plus possible les répercussions du déplacement de centaines de millions de voyageurs additionnels.Or, la responsabilité de protéger les expressions culturelles locales, d’encourager la conservation de la nature, d’inciter des retombées économiques équitables n’incombe pas seulement (heureusement!) aux promoteurs de sites, forfaits, circuits ou aux fournisseurs de prestations touristiques, comme on serait porté à la croire à première vue.Comme à peu près tous les pays veulent ardemment leur part du gâteau touristique, le pouvoir d'influer sur la tournure de l’industrie touristique appartient aussi au consommateur.Invasions En tant que voyageur, tous nos gestes, que l’on visite seul ou en groupe, provoquent une «collision» avec les gens de la place.Notre façon de les rencontrer (ou pas!), d’acheter des souvenirs, de manger et consommer en général, de prendre des photos, de choisir ses formats de voyages, de s’informer de la culture d’accueil, tous ses gestes ont des répercussions dans la ville ou village et auprès des autochtones que l’on cô- toie.Pour que notre présence donne un retentissement positif, il faut bien comprendre l’impact du touriste que nous sommes.Le parallèle entre le rôle de touriste et celui de citoyen s’avère particulièrement fertile en réflexions.Le voyage, encore un véhicule extraordinaire pour une meilleure compréhension entre les peuples malgré ses limites, semble devenu l’un des derniers endroits où on peut aspirer à la découverte humaine réelle, à l’aventure physique et sensorielle dans un monde virtuel, informatique et mercantile, obsédé par la consommation à tout prix, la performance, la productivité et l’économisme.En ce début de siècle et millénaire, avec le développement rapide qu’a connu et connaît encore le tourisme, avec l’internationalisation de tous les aspects et les rapports de notre quotidien, au travail, dans nos loisirs, nos communications, ou nos transactions monétaires, nous sommes de plus en plus citoyens de toute la planète.La responsabilité sociale de l’individu, comme personne, citoyen, travailleur, vacancier ou voyageur, s’en trouve accrue.Son «pouvoir» d’intervention augmente aussi, mais seulement s’il est en mesure de bien comprendre les nouveaux enjeux sociaux, environnementaux, politiques et économiques de cette nouvelle dimension élargie du quotidien d’aujourd’hui et de de- ARCHIVES LE DEVOIR Les hordes habituellement pacifiques de vacanciers créent tout un impact.¦t j "" ' , R ‘ V.M.i >C A 'm fcrrlr Oïl main.Il devient donc encore plus important que jamais de connaître et de comprendre les réalités des gens et des pays sur qui nos gestes ont des conséquences, comme touriste ou comme citoyen global.Dans ce contexte de la mondialisation, l’enseignement de la géographie, grâce à sa vision humaine et physique de la réalité, apparaît clairement indispensable à l’éducation moderne du voyageur et du citoyen.Normand Hall est président de la Société pour un tourisme durable et responsable Édition Le monde en livres De la carte avant toute chose ATLAS DU MONDE CONTEMPORAIN François Carrier Lidec, Montréal, 2000 128 pages LE MONDE GRAND ATLAS CONTEMPORAIN Adaptation québécoise CEC, Montréal, 2001 183 pages TD ourriez-vous avoir la charité JT de m'indiquer quelque bon atlas nouveau, bien fait, bien net?» demandait un jour Voltaire.Au Québec, en ces temps-ci, on pourrait répondre sans grand risque de se tromper: Y Atlas du monde contemporain, destiné aux élèves de tous les niveaux du secondaire.11 s'agit d’une deuxième édition, revue, corrigée, mise à jour et conforme à la méthode géographique actuelle dans les écoles.Bel album cartonné, il comprend trois parties: la première est une présentation thématique de l’état du monde; la deuxième met en évidence les aspects essentiels de la géographie du Québec et du Canada tandis qu'en dernière partie, on présente une série de cartes générales des grandes régions du monde.On trouve en outre des photos mfWmmifi I Québec, le Canada et le monde m me d’événements importants ou sur la condition des gens à travers le monde: panneau annonçant l’avènement de l’indépendance de la Namibie, acquise en 1990; peintures publicitaires en plusieurs langues sur un mur en Inde; jeunes chômeurs palestiniens à Gaza, en Palestine; femmes discutant de la pilule anticonceptionnelle en Malaisie; éruption de l'Etna, en Italie, début janvier 1992 ; manifestation à Montréal contre les coupures gouvernementales dans le budget des centres communautaires autochtones en milieu urbain, etc.Notons également, à la fin de l’atlas, une sélection de sites Internet pour trouver plus d’informations sur différents thèmes mondiaux ainsi que les principales données sur les Etats et ^autres territoires du monde.Comme le souhaitait Voltaire, les trois qualités souhaitées nous, apparaissent ici réunies: c’est nouveau, c’est clair, c’est net.Les éditions CAC publient simultanément un atlas comparable.On y retrouve le même type d’information, mais tout y est beaucoup plus schématique.Et moins bien illustré.Il suffit de comparer avant de choisir.L’ÉDUCATION GÉOGRAPHIQUE Sous la direction deJoseph-Luis Klein et Suzanne Laurin Presse de l’Université du Québec Sainte-Foy, 1999 258 pages Responsables de la formation des futurs enseignants du niveau secondaire en sciences humaines, notamment en géographie, un groupe de professeurs du Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal a rédigé cet ouvrage permettant de revoir la place et le rôle de la géographie dans l'éducation individuelle et sociale des citoyens.À partir de points de vue différents, tantôt plus innovateurs, tantôt plus traditionnels, mais toujours dans la perspective de situer le citoyen dans un monde en changement, dont il subit les effets mais dont il est aussi responsable, cet ouvrage propose «les bases d’une éducation géographique nécessaire à la formation du citoyen.À la conscience sociale importante certes, il faut ajouter la conscience géographique», estiment les auteurs de cette deuxième édition à laquelle on a ajouté un chapitre sur la complexité de la science géographique.L’ATELIER DELISLE Nelson-Martin Dawson Avec la collaboration , deCharles Vincent Edition du Septentrion Sillery, 2000 306 pages Portant en sous-titre «L’Amérique du Nord sur la table à dessin», cet ouvrage fascinant nous fait découvrir le monde de la cartographie historique qui trouva un nouveau souffle sous l'inspiration des Delisle, Guillaume, «un des plus renommés géographes du XVIII' siècle», et de son père Claude.Contemporains et chercheurs s’entendent pour chiffrer à une centaine le nombre de cartes pu- bliées par Guillaume Delisle au cours de sa carrière qui fut de courte durée, de 1700 à 1727.«Pour les éditeurs de cartes, le nom de Delisle devint une sorte de sceau de qualité [.] ses cartes furent largement copiées et reproduites non seulement en France, mais aussi en Hollande, en Allemagne, en Italie et en Angleterre», note l’éminent historien américain de la cartographie.Ronald Vere Tooley.«Géographe du roi», Guillaume Delisle traça, en 1703, la carte du Canada ou de la Nouvelle-France et des découvertes qui y avaient été faites.N’y étant jamais allé lui-même, il parvient, par un dépouillement minutieux des ouvrages publiés sur ces territoires en découverte, mais aussi par enquête orale auprès des témoins, à tracer une carte à laquelle il sut «imprimer ses premiers visages scientifiquement dessinés» et ce, «même en regard des critères “scientifiques” en vigueur trois siècles plus tard», estime Nelson-Martin Dawson.Cette analyse du rôle déterminant que jouèrent les Delisle, «pionniers scientifiques d’une discipline qu’ils pratiquèrent avec un souci d’exactitude hors du commun», nous permet de mieux comprendre comment s’exerçait le métier de cartographe au début du XVIIP siècle en France.Un livre bien fait que géographes, chercheurs et profanes intéressés par l’histoire sauront apprécier.INITIATION À LA RECHERCHE EN GÉOGRAPHIE Hervé Gumuchian Claude Marois, avec la collaboration de Véronique Fèvre PUM, Montréal et Anthropos, Paris, 2000 423 pages Cet ouvrage pragmatique, tel qu'on en trouve dans les universités américaines et canadiennes, s’adresse aux étudiants de géographie, apprentis chercheurs inscrits en licence, en maîtrise ou au baccalauréat spécialisé.Il constitue, pour ceux inscrits à un troisième cycle dans cette discipline (diplôme d'études approfondies ou Ph.D.) un rappel des notions et méthodes déjà largement maîtrisées.S’il s’agit avant tout d’une «boîte à outils» bien dotée d’éléments méthodologiques et théoriques destinée au chercheur-débutant en géographie, ce livre devrait également retenir l’attention de ceux qui portent intérêt aux champs de l’aménagement, du développement territorial et de l’environnement Renée Rowan E I) I! C A T I I) N E T E ( 0 N I) M G t 0 G H A P II I E C E (’ A H I E H S P K (' 1 A I.E S T P T B I I K P AH LE DE VOIR Responsable NORMAND T H K RI A T LT uthrriaultolfdfvoir.ca 2030.nie de Bleurv, 0' ela.^r.Montréal (Québec) Il A A AMîl.Tel.: (Al t) 085 AAAA redactioneledcvoir.rom Y A I S (’ Y.I) U Y.I) 0 1 S ôbes Association Modulaire Étudiante en enseignement secondaire de l’UQAM Tél : 987-3090 poste 8219 Local N-S280 ww w.er.uqam.ca/nobe l/ame bes Au service des géographes du Québec et d'ailleurs depuis plus de 40 ans.Cahiers eographie Trois numéros par année, dont un thématique • 1998 La modélisation dynamique en géographie humaine (te 117) • 1999 (•eographie et éducation tn9 120) • 2000 Centralités métropolitaines (n° 123) «2001 Géographie et mythologies (n° 126) Tarifs 2001
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.