Le devoir, 28 mai 2001, Cahier B
LE DEVOIR.LE LUNDI 28 MAI 2001 SCENCE L’haptique en médecine Une patiente arrive à l’urgence en raison d’un mal de tête très intense et subit.Le médecin suspecte un problème grave et prescrit sur-le-champ une angiographie — image radiographique des vaisseaux sanguins — du cerveau par résonance magnétique nucléaire.Bien que les données fournies par cet examen renferment une foule d’informations et de détails sur la géométrie de l’organe exploré, le médecin ne dispose normalement que d’une série de clichés en deux dimensions de coupes situées à différentes profondeurs du cerveau.L’angiographie du cerveau, qui représente dans la réalité un réseau de vaisseaux sanguins ayant la forme d’un arbre à quatre, voire cinq niveaux de bifurcations, apparaît alors comme un enchevêtrement inextricable dont l’interprétation peut s’avérer délicate et longue pour le radiologiste.Naviguer dans l’image Or Vincent Hayward, professeur au département de génie électrique de l’Université McGill, a grandement amélioré l’affichage et l’interprétation de ces clichés en traduisant la géo-ipétrie tridimensionnelle de l’arborescence des vaisseaux par des informations haptiques.Le médecin peut alors naviguer dans l’image affichée à l’écran de son ordinateur à l’aide d’un stylo haptique PenCAT, qui le renseigne sur la profondeur de chaque vaisseau par un jeu de forces latérales appliquées sur ses doigts.Ce système lui permet ainsi de localiser presque instantanément, et avec plus de précision, l’anomalie suspectée.Il lui permet même de planifier et de répéter son intervention, qui consistera par exemple en l’introduction d’une canule à l'endroit d’une hémorragie.«Grâce au dispositif haptique, le médecin peut “sentir” une foule de détails qu'il ne percevrait pas visuellement, souligne le chercheur.Les petits défauts de l’anatomie sont bien rendus et peuvent ainsi être facilement détectés.» Des simulateurs chirurgicaux Le scientifique s'applique par ailleurs à mettre au point des simulateurs chirurgicaux qui seront destinés à faciliter l’apprentissage de diverses procédures chirurgicales.Pour reproduire le plus fidèlement possible ce que ressent le chirurgien au bout de ses doigts quand il coupe un tissu du corps humain, il a élaboré un modèle mathématique qui décrit les phénomènes de déformation, de déchirement et de séparation du tissu qui surviennent lorsque le bistouri s’enfonce dans un tissu et le coupe.XÇè modèle permet ainsi d’évaluer la force qu’il faut déployer jJbûr couper un tissu.•jEètte force dépend bien sûr delà géométrie de l’outil, soit le tranchant du scalpel, ainsi que des propriétés du tissu, telles que son élasticité, sa dureté et sa résilience— énergie requise pour provoquer la séparation du tissu.«La force que transmet notre dispositif ne tient pas encore compte de la friction, précise l’ingénieur.Or les tissus humains baignent le plus souvent dans des liquides lubrifiants qui risquent de modifier les sensations.» Un autre dispositif haptique bien particulier est en chantier dans les laboratoires du chercheur: un afficheur tactile qui pourrait éventuellement permettre à des chirurgiens d’examiner et de palper à distance un patient Cet afficheur doit servir à reproduire les formes détectées par les doigts lorsqu'ils glissent sur une partie du corps.Lorsque le doigt rencontre une bosse, par exemple, le dispositif haptique la reproduira en étirant la peau de plus en plus intensément à mesure que le doigt fait l’ascension de la bosse, puis en la rétractant au cours de la descente sur l’autre versant de la bosse.Rien n’arrête l’imagination de ce chercheur qui jongle avec la physiologie du corps humain, les mathématiques, les possibilités de l’informatique et la quincaillerie de l’ingénieur! P.G.si&i .• Tss./ .-f ^ JACQUES GRENIER l.E DEVOIR Vincent Hayward, chercheur au Centre for Intelligent Machines de l’Université McGill à Montréal.Un sixième sens au service de la réalité virtuelle PAULINE GRAVEL LE DEVOIR ssis face à un ordinateur, un aveugle en explore l’interface graphique et semble s’y retrouver aussi bien qu'une personne voyante.grâce à une souris d’un nouveau genre.De la forme d’un stylo, le dispositif lui permet de sentir au bout de ses doigts les icônes, les barres de menu et autres fenêtres affichées à l’écran.Pénétrer dans l’un de ces objets lui donne l’impression de tomber dans une petite dépression.Un son retentit alors pour cpniirmer qu’il y est bien entré.A mesure qu’il se déplace le long de la gouttière tenant lieu de barre de menu, une succession de petites indentations, auxquelles sont associés des sons de hauteur différente, permettent de décliner les diverses fonctions offertes.Le cœur de ce système multimodal est un dispositif de pointage à retour de force, appelé dispositif «haptique».Les scientifiques définissent un «sixième» sens: le sens haptique — du grec haptein, qui signifie toucher.Le sens haptique permet de percevoir la géométrie tridimensionnelle des objets que l’on manipule, ainsi que leur surface, leur poids et leur texture.Le sens haptique résulte de l’activité simultanée des récepteurs tactiles et proprioceptifs.Présents dans la peau, les premiers sont entre autres responsables des sensations mécaniques (pression, vibration, toucher).Ils permettent notamment de percevoir la texture des surfaces que l’on touche.Les récepteurs proprioceptifs qui sont situés dans les articulations, les muscles, les tendons et la peau nous renseignent quant à eux sur la position des différentes parties du corps, leur mouvement ainsi que les forces déployées par les muscles pour maintenir cette position et effectuer un mouvement Ils aident à déduire la forme des objets.La réalité physique des choses «Le sens haptique est probablement celui qui traduit le mieux la réalité physique des choses.Les informations qu’il fournit sont à ce point riches qu’elles permettent de suppléer à l’absence ou à la déficience d’un autre sens», souligne Vincent Hayward, chercheur au Centre for Intelligent Machines de l’Université McGill de Montréal.L’aveugle qui, grâce à un dispositif haptique, parvient à naviguer sur une interface graphique de type Windows ou une page Web avec autant de facilité qu’une personne voyante, en est un exemple frappant La personne qui conduit sa voiture sur une voie rapide tout en réfléchissant au trajet qu’elle doit emprunter est également handicapée puisqu’elle est visuellement et cognitivement occupée.Et c’est furtivement et en courant certains risques qu’elle parvient à actionner les essuie-glaces de sa voiture ou à changer la station du poste de radio par exemple.«Un dispositif haptique peut lui permettre de contrôler les essuie-glaces, la température intérieure, les systèmes audio, de messagerie et de navigation sans avoir à détourner son regard de la route», affirme Christophe Ramstein, vice-président de la R&D chez Immersion Canada, une entreprise de Montréal qui a justement développé un tel dispositif en collaboration avec le constructeur automobile BMW.Les astronautes sont également des personnes handicapées.Ils éprouvent énormément de difficulté à utiliser une souris standard pour interagir avec un ordinateur.La boule de la souris repose normalement sur la surface d’un bureau contre laquelle elle frotte, ce qui lui permet de rouler.Or, en l'absence de gravité, elle est suspendue dans le vide.Vincent Hayward a évalué l'efficacité d’un dispositif haptique en situation de microgravité et il a noté que l’qjout de la sensation haptique a diminué significativement le taux d’erreur et accru la vitesse d’exécution.«Globalement, elle a permis une amélioration des performances de 15 %, comparativement à celles obtenues avec un trackball.» L’haptique peut également faciliter l’apprentissage d'une foule de tâches manuelles.Le dispositif haptique sert alors à guider la main de l’apprenti dans l’exécution du mouvement qu’il devra répéter dans sa tâche.Selon Christophe Ram- stein, le guidage haptique ne permet pas d’apprendre plus vite, mais il allège la charge cognitive car il exige moins de concentration.Ce qui a des conséquences intéressantes: les séances d’apprentissage peuvent être plus longues.Comment un système haptique (appelé Pen-CAT-Computer Assisted Touch) comme celui manipulé par le non-voyant fonctionne-t-il?le système comprend une partie matérielle et une partie logicielle.La partie matérielle est essentiellement constituée de capteurs et de moteurs reliés à un stylo par des tringles.La partie logicielle comprend un pilote (driver) et une interface logicielle qui permet de contrôler l’application de forces possédant différentes propriétés telles que la raideur, l’élasticité, la viscosité, la friction, la vibration et l'inertie.Les capteurs mesurent la position exacte de la pointe du stylo, que l’utilisateur peut déplacer sur une surface d’environ 125 centimètres carrés.Une fois informé de cette position, l’ordinateur calcule la force qui doit être appliquée en retour à la pointe du stylo pour produire sur la main de l’utilisateur la sensation correspondant à la manipulation qui est simulée.Les forces sont générées par de petits moteurs et leur valeur est réestimée 1000 fois par seconde afin d’obtenir une impression de continuité.Simuler la vibration, la texture.L’interface logicielle contient quant à elle des modèles mathématiques qui décrivent divers types de force.La raideur est obtenue en simulant l’action d’un ressort dont la résistance peut varier.La viscosité dépend pour sa part de la vitesse de déplacement et des propriétés du matériau.Plus l’utilisateur bouge vite, plus la force de viscosité est grande.L’inertie, de son côté, répond à la loi fondamentale de la dynamique et est donc proportionnelle à l’accélération et à la masse.La vibration est produite en appliquant une force qui crée des déplacements dont l’amplitude oscille de quelques millimètres et à une fréquence que l’on peut aussi contrôler.À l’instar de la raideur et de la viscosité, la friction est une force qui s’oppose au mouvement Elle dépend de la pression que l’on applique sur la surface et de l'adhérence de cette dernière.Quant à la texture, elle dépend de la forme «microscopique» de la surface.Cette forme peut avoir une expression aléatoire et/ou périodique.La texture d’un tissu, par exemple, présente une certaine périodicité découlant du patron de son tissage.Elle peut ainsi être simulée par une succession de vaguelettes très rapprochées.La texture du plastique d’un ordinateur, par contre, serait de type aléatoire.«La définition de la texture n’est pas très explicite mais cela tiendrait probablement du fait que la perception de la texture est extrêmement moins précise que celle du son par l’oreille notamment», fait remarquer Vincent Hayward.La véritable magie du dispositif haptique PenCAT est qu’il permet de percevoir les trois dimensions d’un objet virtuel alors que le stylo avec lequel on explore cet objet n’est mobile que dans un seul plan (horizontal), soit dans deux dimensions.•Le dispositif haptique met en pratique une illusion tactile», explique le chercheur.Normalement, pour percevoir la forme d’un objet par le toucher, il nous faut la parcourir des doigts.La position et le mouvement des doigts et de la main génèrent alors des informations proprioceptives qui constituent d’importants indices pour percevoir la forme de l'objet Or le dispositif haptique permet la perception d’une forme uniquement en créant un gradient de force dans un seul plan.Pour simuler la présence d’une bosse, par exemple, le système haptique déploie une force dans la direction contraire au déplacement du doigt afin d’opposer une résistance au mouvement du stylo.Cette force s’accroît au fur et à mesure de l’ascension pour devenir nulle au moment d’atteindre le sommet de la bosse.Lorsque s’amorce la descente sur l’autre versant de la bosse, une force nous entraîne cette fois dans la direction du déplacement Cette force augmente tout au long de la descente jusqu’à la base de la bosse, où elle devient nulle.De même, lorsque le dispositif haptique traverse une dépression, révolution de la force est alors inversée.«Cette illusion est la démonstration que la représentation mentale qu’on se fiait d'un stimulus — comme une force appliquée dans une seule dimension — peut être beaucoup plus élaborée — en trois dimensions», souligne Vincent Hayward.EN BREF En avril.arrose bien tes vignes (ASP) — On fait aujourd’hui des petits miracles avec les modèles informatisés de prévisions climatiques.Grâce à la puissance phénoménale des ordinateurs, les systèmes peuvent compulser des milliards de données météorologiques et fournir la quantité appréhendée de CO, dans l'atmosphère en 2025; ou le niveau de fonte des glaces aux pôles! Utilisant ces remarquables outils, un physicien portugais, dans une étude sur les vins, a réussi à recenser quelques éléments climatiques précurseurs des grands millésimes.Il a «enfoui», dans son modèle numérique, les variables météorologiques de quelque 30 années de vendanges (1960 à 1992), dans la région de Dao, au Portugal: heures d'ensoleillement, niveau des pluies, vitesse des vents, etc.Résultat; les grands millé simes s'accordent avec les années où il se produit un petit coup de froid en décembre, suivi d’un avril relativement humide.Moralité: si décembre pose du frimas sur tes lèvres de viticulteur, arrose bien tes vignes en avril! Bébés obèses (ASP) — Saviez-vous qu’un bébé bien en chair à la naissance a 5,7 fois plus de chances d’être obèse à l’adolescence?Surtout lorsque ses parents souffrent eux-mêmes d’obésité.C’est du moins ce que montre une étude réalisée par l’Université du Michigan et parue dans Y American Journal of Clinical Nutrition.Les chercheurs ont comparé le poids à la naissance de 1993 nouveau-nés à celui qu’ils avaient à l’adolescence.Ils ont ensuite fait de mème avec le poids de leurs parents.Pour Roberto Frisancho, professeur d'anthropologie à l’Université du Michigan, «il est évident que l’environnement Jhmilial a un impact important sur le poids des enfants à l’adolescence».Le milieu familial est, selon lui, la seule chance qu'ont les enfants de préserver un poids santé.Brève et intense (ASP) — La vie, c’est comme beaucoup d’autres choses, on la préfère plus brève mais plus intense! Ce sont du moins les choix exprimés lors d’une étude menée par Ed Diener et son équipe de î’Université de l’Illinois.Les sujets ont été confrontés à Jen, une femme fictive née d’une suite de scé narios divers, parmi lesquels elle vivait heureuse mais mourait jeune, vivait plus ou moins heureuse mais gagnait cinq ans de vie ou encore, vivait vieille mais malheureuse, ou bien poussait le vice jusqu’à vivre une vie misérable en mourant jeune! Les répondants ont donc opté pour la qualité plutôt que la longévité.Toutefois, ils lui préfèrent encore plus une vie plus longue qui s’améliore peu à peu, un compromis en quelque sorte qui fait office d’assurance du bonheur minimum le plus longtemps possible.Moins de pollution dans nos artères (ASP) — Selon le Rapport national sur l’exposition aux produits chimiques, publié aux Etats-Unis en mars 2001, l'exposition des non-fumeurs à la fumée de cigarettes a baissé de 75 % depuis 1991.le niveau de plomb dans le sang des enfants a quant à lui diminué de 25%, L’essence sans plomb et l'interdiction de fumer dans les lieux publics sont sans doute responsables de ces réductions.L'étude a mesuré fa présence de 27 produits chimiques (et dérivés) dans le sang et l’urine de 5000 personnes.Ainsi ont pu être quantifiés le plomb, le mercure, l'uranium.Grâce à ces données plus précises, le Centre de contrôle des maladies d'Atlanta, en Géorgie, espère mieux évaluer l’efficacité des efforts de santé publique.Plantes médicinales (ASP) — On s’indigne, non sans raison, de la destruction des forêts humides et, avec elles, de la disparition de quantité de plantes médicinales.Sauf qu'il y a peut-être un mythe associé à 1a valeur des plantes qui poussent dans ces forêts.Un ethnobotaniste de l’Université de Géorgie, John R.Stepp, a suivi pendant sept mois une communauté maya du Chiapas, au Mexique, pour constater que sur 103 plantes que ceux-ci utilisent à des fins médicinales, une grande quantité pousse à deux pas de chez eux, et non dans la forêt pourtant pas si éloignée.Dans la peau! (ASI5) — Kevin Warwick, chercheur à l’Université de Reading, en Grande-Bretagne, a mis au point une gélule de verre contenant puce informatique et minitransmetteur radio.Mais c'est ce qu’il veut en faire qui sort de l’ordinaire: il envisage de se l'implanter sous fa peau du bras et de s’en servir pour enregistrer et retransmettre vers un ordinateur les informations qu’envoie son système nerveux.Des informations sur ses mouvements, fa douleur, jusqu’à des sensations ou des émotions.D sera lui-même son premier cobaye dès l’automne prochain mais il a réussi à convaincre son épouse d’en faire autant par fa suite afin d’échanger.leur douleur! L’objectif de cette recherche: remplacer des médicaments par des cybermédicaments, à condition, bien sûr, d’arriver, via l’ordinateur, à reproduire exactement les stimuli nécessaires.Le seul bogue de l’histoire est fa crédibilité du chercheur, dont les travaux ne font pas l’unanimité dans 1a communauté scientifique, certains allant jusqu’à mettre en doute fa pertinence des recherches.BAUME & MERCIER - GENEVE-1830 - Hampton k k B B B B B B B B CHÂTEAU D’IVOIRE Depuis 1978 2020 me de la Montagne, Montréal • (514) 845-4651 ?î I I B 2 L K Ü K VOIR, L E I.L' X DI 2 R MAI 2 O 0 I LE DEVOIR PIMETE TECHNOLOGIE Les bogues majeurs de Myst III: Exile Il y a des fois où je me demande, tout pas très humble que je suis, si je vis sur la même planète que mes collègues.Alors que tous se répandent en louanges sur la nouvelle mouture du jeu Myst III: Exile, je ne peux qu’avouer mon immense déception devant un produit bâclé, qui n’aurait jamais dû être t—i, m » ^ i m ^ ExilE Un conseil: évitez pendant quelques semaines le jeu Myst, réfrénez votre envie de vous le procurer et attendez que son éditeur corrige ses défauts de jeunesse.^ JM n îlf* *' nia relâché dans la nature.Michel I) u tn a i s Phénomène de l’industrie du jeu sur tXL', les versions 1 et 2 de Myst ont conquis le cœur de millions d’amateurs et d’à peu près tous les chroniqueurs spécialisés.Sans aucune violence, tout simplement grâce à un scénario intelligent et des énigmes quelquefois croquignolettes à résoudre, en plus d’être appuyées par un graphisme somptueux qui a fait école, les versions précédentes de Myst se sont vendue à des millions d’exemplaires, sans jamais souffrir de bogues majeurs.Il en est tout autres ment pour Exile, qui vient à peine d’atteindre les présentoirs de vos marchands favoris.Quelle horreur! Comprenez-moi bien, je ne doute point des qualités artistiques A'Exile, bien au contraire.Pour en avoir vu de nombreuses copies d’écran publiées au cours des derniers mois, par un éditeur anxieux de |x>uvoir satisfaire autant d’utilisateurs eux aussi anxieux et impatients, Myst: Exile est sans aucun doute le jeu le plus visuellement extraordinaire que j’aie jamais vu.Cependant, comme de très nombreux utilisateurs, je ronge mon frein et je ne peux qu’avouer ma frustration de ne pouvoir jouer à celui-ci.Myst: Exile est bogue.Myst: Exile souffre de bogues majeurs.Myst: Exile est tellement capricieux sur le choix des composantes matérielles qu’il me faudrait presque revendre mon équipement actuel et acquérir une configuration spécifique pour faire fonctionner Myst.bit croyez bien que je ne suis pas le seul à exprimer mes doléances face à Myst III.Une visite cette semaine sur le site Internet de Myst m’a convaincu que je n’étais pas un cas isolé, loin de là.Pour vous donner une idée, un utilisateur frustré parlait même de recours collectif (legal class action).Un collègue de la belle capitale, l’animateur Alain Crevier, a lui aussi dû subir les affres de Myst.Catastrophe sur catastrophe, non seulement Crevier n’a pu faire fonctionner Myst mais, de plus, il a été obligé de reformater son disque dur, car, à la suite de l’installation de Myst, il lui était impossible de relancer son ordinateur.Et il en fut de même pour une collègue de Crevier qui connut le même genre de problèmes sur une machine achetée il y a deux semaines à peine.On ne peut quand même pas blâmer ce collègue d’avoir un système d’exploitation corrompu par de nombreuses installations et désinstallations de logiciels.En urgence, les éditeurs ont produit une rustine logicielle (patch) pour réparer les dégâts.En recommandant aux utilisateurs de bien s’assurer que les pilotes de leur carte vidéo soit à jour.Pourtant, malgré ce correctif et les mises à jour effectuées, rien n’y fait pour moult utilisateurs.Pour ma part, j’ai réussi à faire fonctionner Myst non pas sous Windows 98 ou ME, mais, ô surprise, avec la version bêta 2 du futur système d’exploitation de Microsoft, Windows XP, et ce, grâce à la «boîte de compatibilité» développée par les ingénieurs de Microsoft.Cette boîte peut ainsi faire fonctionner sous XP une déclinaison du système Windows 2000 et NT, des logiciels qui, normalement, ne turbinent que sous Windows 95, 98 ou ME (Myst III n’est pas certifié Windows 2000 ou NT).Et, effectivement, il faut avouer que Myst: Exile est tout simplement somptueux.«Gorgeux», comme diraient nos amis du West Island.Quelle intelligence recèle le scénario.Fascinant! Mais, avant de pouvoir jouir de Myst, Dieu qu’il faut y mettre le temps en préliminaires.Un conseil, évitez pour quelques semaines le jeu Myst, réfrénez votre envie de vous le procurer et attendez que son éditeur corrige ses défauts de jeunesse en consultant le site Internet de Mysl (www.myst3.com).Car, sinon, comme bien des utilisateurs à l’image de Crevier, vous risquez de vous retrouver avec un superbe sous-verre de plastique et de métal.Du plomb dans l’aile pour le pas très humble A tous ceux qui osent m'écrire «Je vous pose cette question, vous qui savez tout de la chose ordinée», ce qui contribue à augmenter mon taux de vanité ainsi que le vo- lume de la protubérance située entre mes deux épaules, veuillez, à partir d’aujourd’hui, ne plus m’écrire en utilisant ces douces paroles.Basta! Il arrive à l’occasion que le chroniqueur se goure royalement en ne voyant pas la poutre qui brasse de la paille dans l’œil, a moins que ce ne fût de la paille répandue sur la poutre.enfin, bref! Vous me comprenez.Iü semaine dernière, je répondais à un lecteur qu’une application émulant un lecteur cédérom comme le logiciel CD-ROM Emulator, un produit Windows, n’existait pas dans le merveilleux monde de la Sainte-Pomme.Honte à lui (le chroniqueur).En effet, il n’existe pas de progiciels commerciaux de ce type, car, pourquoi vendre ce qui se fait gratuitement?Eh oui! Une solution toute simple existe et il ne vous en coûtera pas un sou vaillant.Permettez-moi de citer texto l’ami Léo, l’un des quelques disciples de la Pomme qui m’ont écrit lundi dernier: «En fait, il existe un utilitaire de la compagnie Aladdin, ShrinkWrap (http://www.aladdin-sys.com/shrinkwrap/index.html), disponible en version gratuite ou commerciale, qui permet de copier le contenu de vos cédéroms et de le stocker dans un seul document sur votre disque dur (ce qui permet en outre de les compresser, sans aucune perte de vitesse d'accès).Effectivement, ShrinkWrap peut transformer un CD ou un dossier, qu 'importe son poids, en un document “.img” ou “.smi” qui a l'avantage de diminuer de presque la moitié l'espace disque qu'un cédérom complet utiliserait sur le disque et qui s'ouvre en une fraction de seconde.Lorsque vous ouvrez l’un de ces documents, il s'ouvre automatiquement comme un disque externe et apparaît sur le bureau.Et le tour est joué! (Et ça existe depuis belle lurette.) «Pour ce qui est de Disk Copy (http://asu.info, apple.com/swup-dates.nsf/artnum/n 10303), c'est un utilitaire encore plus gratuit qui est fourni avec le Mac ou, à tout le moins, sur le site d'Apple, et qui fait le même travail, mais avec seulement 95 % des possibilités.» Merci Léo.Faute avouée à moitié pardonnée?Palm ou Pocket PC?Il y a un an de cela, choisir entre un Palm et un assistant numérique personnel fonctionnant sous Windows CE était facile.Le Palm était l’appareil de choix, les applications pour celui-ci foisonnaient un peu partout sur Internet.Mais, depuis la mise en marché de la nouvelle mouture de Windows CE et des appareils portant l’appellation «Pocket PC», il est plus difficile de faire un choix.Et les questions comme celles de M.Carmel commencent à faire leur apparition dans mon courriel.«Etant confronté à un dilemme quasi insoluble, j'ai décidé de faire appel à vos conseils pour trancher la question.Je dois me procurer, dans le cadre de mon travail, un assistant numérique personnel ou un ordinateur de poche pour lutter contre ma tendance à la procrastination.Bien entendu, j'hésite entre l’une des déclinaisons du fameux Palm et son système d’exploitation propriétaire, et un “Pocket PC" roulant sous Windows CE.J’hésite surtout parce que je veux une synchronisation parfaite avec mon portable, et tout particulièrement avec le progiciel Project 2000, tout en étant un peu soucieux de me retrouver “windowsifié” mur à mur.Alors, outre la petite merveille de IBM (IBM Z-50), auriez-vous quelques recommandations à me formuler pour ainsi tarir mon ulcère gastrique naissant?» — Eric Norman Carmel, DMV, faculté de médecine vétérinaire, Saint-Hyacinthe S’il ne s’agissait que d’une question de prix, je n’aurais aucune hésitation à vous diriger vers le revendeur Palm le plus proche de chez vous.En effet, il est possible de se procurer un Palm pour un peu plus de 200 $, tandis que les appareils de type Pocket PC sont beau- coup plus onéreux.Les deux outils se synchronisent parfaitement1 bien avec des applications comme Outlook, permettant ainsi d’avoir, des copies exactes de votre carnet1 d’adresses et de vos tâches à accomplir.Cependant, vous avez un besoin fort particulier vous devez pouvoir échanger et utiliser des données provenant du logiciel de gestion de projets de Microsoft, Project 2000.Quel que soit l’outil et la plate- » forme logicielle que vous choisirez, des progiciels permettant de '! visualiser et d’échanger avec Project 2000 existent Par exemple, si vous décidez de faire le saut vers ;; une solution Pocket PC, vous seriez bien avisé de tester des applications comme CyProj (http://www.dewc.eom/prod02.h " tm), un logiciel pour Windows CE ;; très puissant et entièrement compatible avec Project 2000.Vos réflexions et cogitations vous portent à vous diriger vers un Palm?Un logiciel comme Project@hand (http://www.nata-ra.com/ProjectAtHand/) corn- ! blera sans aucun doute tous vos besoins, car ce progiciel de la so; ciété Natara est lui aussi compatible avec Project 2000.Alors?Lequel choisir?Si la ‘ compatibilité à tout prix est primordiale pour vous, tout en conservant le même look d’un appareil à l'autre, pour avoir essayé les deux applications (j’ai un Pabn et un Pocket PC), j’opterais pour le Pocket PC avec CyProj.Par un cheveu, il faut le dire, car la petite application tournant sous Palm OS n’est pas mal non plus.Toutefois, si le prix est l'un des critères importants dans le choix de votre assistant numérique personnel, alors, n’hésitez pas un instant et procurez-vous un Palm.L’application de Natura peut même fonctionner sur le moins cher des Palm, le Palm mlOO et ' M105.ur s LE DEVOIR MAGIE DE LA MÉDITERRANÉE GAGNEZ I UN SÉJOUR AU MAGNIFIQUE # HÔTEL - SPA INCOSOL IncosoL UNE OASIS DE PAIX, ET DE TRANQUILLITÉ Le commerce électronique en perte de vitesse aux Etats-Unis 4 L ».J* J VOYAGE POUR 2 D'UNE VALEUR DE 3 200$ INCLUANT : • Billets d'avion Montréal/Madrid/Montréal via Swissair* 7 nuits à l'hôtel Spa-lncosol incluant petits-déjeuners • 3 soupers • 2 massages • 1 facial • Programme d'activités avec entraîneur professionnel • Sessions sauna •transferts non inclus LE DEVOIR Retourner par la poste à Concours Magic de la Méditérranée 2050, rue de Bleury, 9' étage Montréal (Québec) H3A 3S1 Le tirage aura lieu le 25 Juin 2001 à15h.Faites nous parvenir les coupons de participation avant le 22 juin 2001 le concours s adresse aux personnes de 18 ans ou plus.Un seul coupon par enveloppe.Les reftroductions électroniques ne seront pas acceptées.Les conditions et règlements du concours sont ofjppmbles à la réception du I Nom Adresse Ville .App.: Code postal :.Téléphone : (résidence).(bureau).Courriel :.Question mathématique : (45+38) - (2X3) =.Abonné au Devoir : oui.non .ROB LEVER TXTashingtcm (AFP) — Le,commerce électro-VV nique s’essouffle aux États-Unis depuis le début de l’année en raison de la baisse de la consommation, mais ce recul ne sonne pas le glas de la croissance des échanges sur Internet, selon les experts.Si, comparées au 1" trimestre 2000, les ventes du secteur ont progressé de 33 % sur les trois premiers mois de l’année, elles ont en revanche diminué de 19,3 % par rapport au trimestre précédent De janvier à mars, elles ont atteint sept milliards de dollars contre 8,6 milliards au 4r trimestre 2000.Le recul des ventes demeure toutefois «raisonnable, étant donné les difficultés de l’économie américaine et la baisse coutumière des ventes sur ce trimestre», estime Darren Allen du groupe de recherches eMarketer.A cette période de l’année, une fois Noël passé, il est habituel que les consommateurs réduisent leurs dépenses afin de régler leurs factures, note l’analyste.De plus, les Américains sont également prudents dans leurs dépenses juste avant de régler le solde de leurs impôts en avril.Les analystes se montrent toutefois confiants quant à l’avenir de la distribution en ligne, dont «la mauvaise santé a été grandement exagérée», selon Heather Dougherty de l’Institut de recherches Jupiter Media Metrix.«Avec tous ces "point-com" qui plongent et l’économie américaine qui ralentit, on perd facilement de vue l’explosion du taux d'utilisation d’Internet et celle du commerce électronique, des phénomènes beaucoup moins visibles», explique John Gantz, chercheur du : cabinet d’études International Data Corporation (idc).Si l’avantage est revenu récemment aux entreprises présentes sur plusieurs canaux de distribution.et notamment la distribution traditionnelle, «les perspectives à long terme sont toujours positives, souligne Heather Dougherty.Les distributeurs ne doivent pas perdre de vue que les achats en ligne continuent à croître et que les consommateurs se sentent de plus en plus à l'aise avec ce médias.» ¦'-¦» atoire de la langue».(.) Valère Novarina, en France toujours, intéresse en tant, que rebelle de la langue.Son théâtre se nourrit des rapports agressifs qu’il entretient avec une langue héritée, langue qu’il souhaite convertir en langue non domestiquée.A travers cette expérience unique, nous pouvons lire le rapport entre la langue qui résiste et l’insertion d’agents perturbateurs, fauteurs de désordre, insoumis.C’est par les operations violentes auxquelles Novarina soumet la langue qu’il formule la relation concrète, brute, qu’il entretient avec elle.Ni commémoratif, ni archéologue, sans pour autant s’en désintéresser, Novarina est à la langue ce que Dubuffet est à la peinture.Ils entretiennent un lien sauvage avec un domaine considéré comme maîtrisé.(.) Revenons à la métaphore du Mur.Elle renvoie forcément à l’autre Mur, tombé il y a une décennie sous les coups de butoir de l’histoire.Le Mur de Berlin avec toutes les connotations isolationnistes qu’il a développées.Mais ce mur-là impliquait un état de conservation parfait et il a fallu un inouï bouleversement des forces politiques en place pour qu’il s’écroule.Ledit Mur des langues est-il dans un aus§i bon état?Rien n’est moins sûr.A l’horizon, un travail d’abâtardissement généralisé se laisse percevoir.La victoire de l’oral sur l’écrit semble s'imposer et les langues, dans leur ensemble, échouent, plus ou moins, sur les rivages d’un broken English planétaire.Le Mur n’a plus rien de sécuritaire et de moins en moins contraignant, il est lézardé prêt à s’écrouler.En même temps, en raison de sa fragilité, il ne peut que séduire.11 appelle au secours.Le théâtre doit-il épouser le mouvement général et pousser à sa démolition ou plutôt tempérer pareilles volontés?C’est la question.Être ou ne pas être.Le mur lézardé renvoie à la poétique de la ruine.Elle fascine.Travailler sur la langue comme ruine est on ne peut plus fécond.Le théâtre ne peut pas se départir sans danger de la relation au passé et la langue apporte la caution indispensable.Car, il faut le dire, si la métaphore du Mur renvoie d’un côté à l’isolationnisme, de l’autre, elle évoque les espaces «miniaturaux» (cloîtres, potagers, jardins secs) où justement la netteté de la frontière garantit la perfection de l’entretien.Le mur de la langue permet alors le repli sur soi-même comme vertu dernière à l’heure de la planétarisation.Une manière de se retrouver et de s’identifier, fût-ce au prix d’un déficit d’exploitation marchande.La langue se constitue en poche de resistance.Elle nous réconforte dans la conviction selon laquelle le théâtre se rattache plutôt aux comportements de ce que l'on appelle les minorités actives qui, elles, le plus souvent se reconnais^ sent à travers des choix de sociétés aussi bien que des choix linguistiques.Défendre une langue c'est aussi affinner une existence.Barthes disait «toits les langagis ne résistent pas de la même Japon».Et la langue, ce langage, intéresse aussi par sa manière de résister.La démolir ne serait qu'un symptôme de soumission à l’egard des contingences, chercher la sauvegarder dans la pureté un autre, symptôme d’inadaptation cette fois-ci.Jouer de la persistance et de la menace propre à tout mur lézardé, seule chance d’intégrer les mutations du monde sans en devenir pour autant les serviteurs dociles.Au fond, le mur de la langue évoque l’affaiblissement du pouvoir des maîtres de la Cerisaie.fis ne détiennent plus les leviers du pouvoir, mais, malgré tout, on les respecte.Ils ont perdu, mais ils ne se sont pas rendus.Il y a certes de grandes réussites qui débordent «le mur des langues», mais cela suppose non pas une pratique commune, généralisée qui ne peut engendrer que les illusions d’un théâtre-danse prisonnier des ressources du corps dans sa version la plus immédiate.Les mots ne sont plus nécessaires, mais les émotions, elles, deviennent plus que jamais passagères: le théâtre comme pratique de l’instant exacerbé.Théâtre sans frontières, théâtre sans identité — voilà le danger que de telles pratiques encourent.Pour y échapper il faut le génie de Kantor, Wilson ou Pina Bausch.Le théâtre qui, pour de vrai, franchit le mur des langues implique un devoir d’exception.(.) En guise de conclusion, on peut évoquer la parabole de la pantomime et du théâtre dans Hamlet.On l’a remarqué, les acteurs présentent devant Claudius, qui reste sans aucune réaction, le scénario muet du meurtre accompli, et c’est seulement lorsqu'ils rajoutent les mots que le roi usurpateur va se dénoncer.Le théâtre, pour agir, et non pas pouf s’exporter seulement, aura à jamais besoin des mots et, forcément, de la langue.Le mur des langues, il ne s’agit pas de l’anéantir mais de l’intégrer.Nous parvenons au comble du théâtre lorsque, sans l’abandonner, celui-ci parvient à le surmonter.Alors, réunis, nous nous retrouvons non pas autour d’un corps muet mais autour des acteurs éloquents dont nous suivons la pensée et nous éprouvons les émotions.La langue permet au théâtre de s’affirmer comme une expérience de la complétude.Double de la vie.Chaque lundi, la rubrique Commentaires se veut un espace de réflexion sur différentes sujets de l’actualité culturelle par ceux qui la font — artistes, écrivains, cinéastes, intellectuels.Veuillez adresser toute proposition de contribution à Marie-Andrée Lamontagne, à l’adresse du Devoir.ALLEMAAL 1NDIAAN Conception, mise en scène et texte: Arne Sierens et Alain l’Intel.Traduction: Monique Nagielkopf.Scénographie: Karina lambert.Costumes: Ueve Pynoo.Lumière: Hairy Cole.Avec, notamment, Vanessa, Lies Pauwels, Johan Heldenbergh.Frederik Debrock et Arend Pinoy.Une production Ballets C.de la B.& Victoria au Monument-National jusqu’au 28 mai.HERVÉ GDAY Le retour d’Alain Platel et de sa troupe à Montréal n’était pas sans susciter d'énormes attentes.En effet, il y a deux ans, un public en délire avait accueilli son lets op Bach à la fin de la 8* édition du Festival de théâtre des Amériques.Et ce, même si, après coup, plusieurs s’étaient demandé s’ils n'avaient pas devant eux un spectacle appartenant davantage à la danse qu’au théâtre.Or, ceux qui ont réservé leurs places pour Àllemaal Indiaan ne seront pas déçus.Ni les puristes d’ailleurs qui reconnaîtront bel et bien là un théâtre au sens fort du mot.En effet, le texte, le mouvement et la musique sont traités sur un pied d’égalité par Platel et son complice Arne Sierens, c’est-à-dire avec une irrévérence consommée.D’où la vertu cardinale de ce travail qui est de ne pas céder au piège de l’esthétisation du réel.Elle est pourtant au rendez-vous, la réalité, dans Allemaal Indiaan, avec ses deux maisons voisines, aux étages soigneusement reconstitués.Microcosme animé où dçs êtres attachants circulent aisément de l’intérieur à l’extérieur, par les portes et par les fenêtres, au son de toutes les musiques.D’ailleurs, le grouillement de la vie en milieu populaire s’empire vite de toute la surface disponible.D’autant qu'une douzaine d’adultes débordés et d’ados désœuvrés s’y débattent comme autant de vers de terre dans un bocal de verre bien lisse.Faune bigarrée réunissant côté jardin Franky le pompier, son fils Big Brother chez les Hellènes Athènes (AP) — Les Italiens se passionnent pour Grande Frateüo, les Polonais adorent Wielki Brut, la frénésie Ijofl-Story a saisi les Français.Mais les opposants de la version hellène de Big Brother sont.bien décidés à barrer la route de la «fiction réelle» avant qu’elle n’arrive sur les petits écrans grecs.Un groupe de journalistes et d’étudiants en communication a prévu et ses copains, de même qu'une domestique dépressive tandis que rapplique la sœur instable du papa, de nouveau somme de l'accueillir.Or, ce n’est pas plus calme côté cour.Au-dessus d'une petite laverie, tenue par une réfugiée monténégrine, Tosca élève, comme elle peut, ses quatre rejetons.Au vrai, elle a bien du mal à frs retenir.Kilo ke rêve de partir à New York, Steve rue dans les brancards, bien décidé à ne plus s’occuper de son frire attardé et turbulent, alors que la perspective de revoir son père tourmente la cadette.En somme, Allemaal Indiaan (Tous des Indiens) nous montre des familles en proie à la désintégration, tiraillées pur des impulsions contradictoires, parfois solidaires dans la débâcle mais si souvent au bord du gouffre quelles voient de près l’abîme.L'urgence fait cependant que, le plus souvent, la catastrophe est évitée à la dernière minute.Mais jusqu’à quand?Or, le plus beau dans ce chaos circonscrit lient à ce qu’aux explosions de vie succède la menace de la mort, de la même façon qu’aux échanges de coups répondent les élans de tendresse.Devant une tel le profusion, le spectateur, sollicité de toutes parts, parvient rarement à prévoir d'où viendra la liesse, où le désespoir poindra.Car paroles et musiques, de provenances diverses, s'entrelacent, commandent et scandent un mouvement incessant Que l’altercation se produise derrière les fenêtres closes ou que l'effusion de gratitude ait lieu dehors, sur une échelle, posée tout contre la façade.Loin des héros aseptisés du petit écran, les comédiens, bariolés comme des Indiens, de cette troupe dynamique, crèvent la scène.Avant tout, ils sont en possession de leurs corps.Plus étourdissant que n’importe quel mouvement de caméra.Quoique la gouaille d'une Tosca (inoubliable Vanessa) n’ait rien à envier aux vedettes les plus médiatisées de l’heure.De toüte façon, moins que la perfection, c’est l’écoulement tumultueux des jours ordinaires que ces scènes, présentées en simultanéité, parviennent à capter.Sans temps d’arrêt, sans gros plan mais dans l’exubérance du temps qui passe et ne revient pas.BREF de manifester le 9 juin prochain devant le siège de la chaîne privée Antenna qui s’apprête à lancer le pro gramme télévisé après une sélection approfondie des candidats au cours de l’été.«Nous pensons que ce genre de “reality show" est une insulte aux droits de l’Homme et à la civilisation», explique l’un des organisateurs, Nassos Bratsos.Pour choisir les 12 personnes qui tenteront de vivre 112 jours dans le même appartement, les producteurs ont composé un questionnaire de dix pages.COMMENTAIRES Le théâtre ne peut pas se départir sans danger de la relation au passé et la langue apporte la caution indispensable E N ?A LA TÉLÉVISION- .—- , , ., Ce soir Tam Cinéma / GEORGES DE LA JUNGLE (5) Chroniques Le Téléjournal/Le Sport Cinéma / LES SOEURS I Tam avec Brendan Fraser, Leslie Mann de l’étrange Point HAMLET (5 I (23:18) Le TVA Piment Le Déco Un monde Ally McBeal Lundi, c'est Julie / Le TVA Le Grand Blond./ Sports / Pub 18 heures fort Show de fous Henri Salvador Sylvain Cossette Lot.(23:52) (23:59) Macaroni Taxi pour Les 400 1045, des Cinéma / LA MAISON (3) ! Vidéaste Les 400 Taxi pour | Le Présent du passé I tout garni l'Amérique Coûts Parlement.avec Michel Simon, Patricia d'Arbanville recherchée Coûts l'Amérique Le Journal Flash / Partis Catas- Jardinons Cinéma / AU BÉNÉFICE DU DOUTE (5) Le Grand Flash Partis Cinéma / LIBRE ET (17:00) I.Boulay pour l'été trophes avec Albert avec Donald Sutherland, Amy Irving Journal pour l'été PASSIONNÉE (6) RDI Junior .Actions Le Journal .à l'écoute l Israël au banc des accusés [ Le Téléjournal et Le Point | .à l'écoute [Le Canada aujourd hui Médias Téléjournal Pyramide Jrnl suisse Journal Des racines et des ailes / Pompéi | Faits divers [Bibliotheca | Jrnl beige | Soir 3 Journal Contact Animal Mer et Monde [ Les Colères de la terre] Biographies / Henry Ford Drôles de dames Science surnaturelle Cinéma Vivre à.Copains I | Hot Forme | Maigrir.| Pour la vie! Médecine | Jeux de société .beauté! Copains Le Magazine Santé Cinéma Top5M+.Clip d.Clip 1 Fax 1-2-3 Punk Watt Box Office (Clip I M.M.Collection LE DEVOIR, LE LUNDI 28 MAI 2001 B 8 =-* LE DEVOIR ?CULTURE Festival de théâtre des Amériques Puissance et raffinement d’un théâtre pour tous JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les manipulateurs font corps et âme avec leur marionnette.JSÉyf TAMBOURS SUR LA DIGUE Texte d’Hélène Cixous.Mise en scène: Ariane Mnouchkine.Musique en direct: Jean-Jacques Lemêtre assisté de Carlos Bernado Carvalho, Dominique Jambert et Hsieh U-Jing (apprentie).Maître des tambours: Han Jae Sok.Lumières: Cécile Allegoedt, Carlos Obregon et Jacques FoiroL Décor: Guy Claude François; soies: Ysabel de Maisonneuve et Didier Martin.Costumes: Marie-Hélène Bou-vet, Nathalie Thomas, Ysabel de .Maisonneuve, Annie Tran et Elisabeth Jacques.Masques: les comédiens et Maria Adelia.Avec une cinquantaine d'acteurs de la compagnie.Production du Théâtre du Soleil présentée dans le cadre du FT à Caréna de Lachine du 24 au 28 mai et du 30 mai au 3 juin.SOLANGE LÉVESQUE Une véritable opération de magie», disait Antonin Artaud en évoquant le théâtre tel qu'il le concevait; c’est précisément ce à quoi la pièce d’Hélène Cixous présentée par le Théâtre du Soleil convie le public du FFA Cette réflexion sur le monde qui prend la forme d'une «pièce ancienne pour marionnettes jouée par des acteurs» a tout pour interpeller et pour remuer le spectateur le plus réservé, quels que soient son âge et son expérience du théâtre.Elle se déroule sur une scène flottante surélevée que deux passerelle^ relient aux coulisses latérales.A gauche.Jean-Jacques Le-mêtre, ses acolytes et sa panoplie d’instruments (à eux seuls, un spectacle de haut vol) peignent les paysages sonores d’inspiration orientale dans lesquels la pièce se déroule, tandis que frémissent les immenses panneaux de soie suspendus en fond de scène qui tomberont un à un, à mesure que se succèdent les étapes d’une histoire efficacement amorcée dès la première scène.Avec autant d’ex- cès délicieux, de nuances et d’inventivité qu’en réservent les ambiances sonores, la pièce raconte l’histoire du bon Seigneur Khang qui, un peu par négligence, un peu par appât du gain, a permis la coupe à blanc des forêts de son royaume.En conséquence, les eaux ruissellent trop rapidement vers le fleuve dont la crue fait craindre un débordement fatal.Une solution s’impose: pratiquer une brèche préventive dans la digue avant qu’elle ne cède et que l’inondation n’anéantisse tout.Mais quel secteur du royaume va-t-on choisir d'inonder?Le Nord ou le Sud?la campagne ou la ville?Le quartier des temples et des théâtres ou celui des affaires et des industries?Déchiré, le Seigneur Khang n'arrive pas à trancher.Or quand un chef d'Etat n’arrive pas à prendre de décision, ses lieutenants s’arrangent pour le faire à sa place, et selon leurs intérêts.Le sang, comme les eaux et les larmes, coulera à flots.On retrouve dans ce spectacle total plusieurs éléments de l’opéra chinois, du kabuki et du bunraku, un art de la marionnette animée par des manipulateurs voilés de noir.Les deux métaphores, celle du manipulateur-manipulé et celle d’un choix à faire entre les valeurs monnayables et les autres, sont lumineuses et se conjuguent jusqu'au vertige.Le visage des acteurs qui jouent les marionnettes est recouvert d’un voile élastique qui lisse et fixe les traits; leur corps et leurs membres sont manipulés par un ou deux autres acteurs vêtus et voilés de noir.Une convention que le public a tôt fait d’intégrer et qui va lui procurer plusieurs grands plaisirs tout au long du spectacle car l’amour et l’humour avec lesquels Mnouchkine exploite cette convention rendent fécondes même les scènes les plus tragiques.On peut parler d’amour à voir les manipulateurs faire corps et âme avec leur marionnette, l'accompagner du regard, vibrer au même diapason; et d’humour parce que les personnages font, des gestes et du rythme typiques aux marionnettes, un ballet émouvant qui réussit à évoquer le cœur des relations humaines.Une main qui salue en saccade, une jambe qui lève plus haut que l’autre en mar-chant, une exclamation poussée à son paroxysme, une inclinaison de la tête venue tout droit des estampes japonaises, les emprunts poussent l’artifice et la stylisation jusqu’à rejoindre l’essence du vrai.Aucun Hollywood ne pourrait recréer une tempête de vent, notamment, de manière aussi puissante que les interprètes de Mnouchkine.Travail de fond et recherche, intelligence chevillée à l’émotion, texte d’une grande finesse, écho aux grands enjeux du monde dans lequel nous vivons, beauté et interprétation absolument engagée: voilà les arcanes de la magie.Lorsque le petit peuple périt noyé à la fin, seul Bai-Ju, le maître des marionnettes, impuissant désormais puisqu’il a perdu sa raison de vivre (des êtres humains à émouvoir), garde la tête hors de l’eau tandis que ses poupées mê- lées aux cadavres flottent autour de lui dans un silence qui s'épaissit à mesure que le calme revient.Mais une lueur subsiste dans la pénombre de fin du monde qui baigne la dernière scène puisque, grâce aux manipulateurs, les poupées de Baï-Ju finissent par s’accrocher au bord du rivage, et puisque les spectateurs que nous sommes sortent tranquillement de l’aventure extraordinaire dans laquelle ils se sont laissés entraîner et qu’ils sentent le besoin d’applaudir à tout rompre, selon la convention occidentale, pour manifester leur reconnaissance.Le théâtre, lui, est sauf.Toutes affaires cessantes, il faut courir voir ce spectacle total, essentiel parce que brûlant d’actualité, en tous points conséquent, cohérent et signifiant ¦ Réservations: « (514) 871-2224 ou 790-1245 ou 1-800-3614595.OPÉRA Reprise mal reprisée OPÉRA DE MONTRÉAL AÏ DA Giuseppe Verdi: Aida, opéra en quatre actes sur un livret d’Antonio Ghislanzoni, d'après Camille DuLocle et Mariette Bey.Aida: Marquita lister (soprano); Amneris: Barbara Dever (mezzo-soprano); Radames: Louis lange lier (ténor); Ampnastro: Mark Delavan (baryton); le roi d’Égypte: Taras Kulish (basse); le Messager Timothy Oison (ténor); la Prêtresse: Tracy Smith Bessette (soprano).Mise en scène: Renaud Doucet (d’après celle de Bernard Uzan); décors: Claude Girard et Bernard Uzan; costumes: Claude Girard: éclairages: Guy Simard; chorégraphies: Renaud Doucet Chœur de l’Opéra de Montréal.Orchestre métropolitain du Grand Montréal, dir.Victor de Renzi.Salle Wilfrid-Pelletier, le 26 mai 2001.Reprise les 28 et 31 mai et les 2,6 et 9 juin.FRANÇOIS TOUSIGNANT Le grand opéra fut toujours un genre artistiquement problématique.C’est une des raisons pour lesquelles il en reste si peu au répertoire.On y met l’accent plus sur l’effet visuel et sur le spectaculaire qui épate, clinquant facile à gros traits de crayon rouge.Quand un génie comme Verdi s’y met, la recette lève parfois.C’est ce qui peut se passer si souvent quand on présente Aida, dont le succès public ne s’est pas démenti depuis sa création.Pour remplir ses salles, on le monte.Parfois, cela coûte cher.D’autres fois, on économise en recyclant les vieilleries du placard, comptant sur la bonasserie pour que nul ne s’en rende trop compte — ou alors sur des chanteurs de premier ordre.C’est la première erreur de cette production déjà usée de l’Opéra de Montréal (OdM).Revoir, c'est bien s’il y a quelque chose à revoir.Comme cette «production» avait précédemment laissé de glace, cette fois-ci, sa reprise triomphe dans sa médiocrité.Un exemple frappant la marche triomphale qu’attend l’amateur de plaisirs faciles.Aucun «grand déploiement».Comme précédemment on tourne en rond.Sauf que, cette foisci, les figurants sont tellement ternes et moches, ont si peu de port scénique, que cela devient quasi ridicule, comme si on propulsait une tentative de salle paroissiale sur une scène professionnelle.Ce n'est ni horrible, ni scandaleux: simplement primaire et ennuyeux.On ne veut même pas mettre de l’énergie à se scandaliser devant tant de kitsch, mal fait de surcroît En 2?’ JACQUES GRENIER LE DEVOIR La «production» Aida, un exemple frappant de la marché triomphale qu’attend l’amateur de plaisirs faciles.d’autres villes, on aurait crié au remboursement pour fraude — même les célébrissimes trompettes ratent des notes!, c’est vous dire! Il est impossible de parler de la scénographie: on se saurait discourir de ce qui n’existe pas.Les décors, eux, sont les mêmes.Donc, Egypte de pacotille qui tente d’imiter les hiéro-glyphes et la statuaire pharaonique.Ce «faire comme»-là tue naturellement tout; du Tout-Ank-Hammon du premier tableau à la statue de Ptah qui remplace celle d'Osiris dans le finale au tombeau, en passant par les poses forgées à la manière des bas-relief, et qui jurent avec les déplacements très théâtre italien de routine des protagonistes, tout est faux et inutile dans cette mise en scène (pardon pour le mot) qui ne cherche à flatter que les bas instincts du public en le confortant dans une Egypte revue par Walt Disney (et encore là, ces studios y démontreraient sûrement plus de goût et d’imagination).Tant qu'à styliser, qu’on stylise; dans les compromissions, on ne trouve jamais rien de bon, encore moins dans le rapiéçage.Aida commence et se termine par des moments musicaux sublimes.Les violons de l’OMGM semblent l’avoir oublier.Les bois sont finement sollicités, surtout pour la couleur et l'exotisme.Ceux de l’orchestre ont laissé la précision au vestiaire.Il y a des moments où ça bouge, s’anime ou s’épanche.La baguette n’y entend aucune différence, battant mécaniquement l’air (et les airs).Marquita Lister (Aida) réussit le miracle de chanter à côté de la note (pas forcément faux mais presque jamais juste) tout au long de la représentation.Louis Langelier (Radames) maîtrise à la perfection l’art du mezza voce dans un tout petit médium et également celui du «dégueulando» horripilant tout le reste du temps; on le sent avoir peur des aigus et pire, ne pas savoir les lâcher.Comble: nul ne sait jouer.Le temps devient long.En Amnéris, Barbara Dever met du temps avant de se réchauffer et ne devient réellement convaincante qu’au quatrième acte fie troisième dans la répartition des tableaux de cette production).Malheureusement, elle est affublée de tels costumes que ses poses laissent à désirer tant elles manquent de naturel.Pourtant, par la voix, on arrive à oublier bien des choses.Clou de la distribution, Mark Delavan qui campe un Amonastro solide et dominant (enfin un personnage!) et qui chante (re-enfin!) et joue (comme quoi c’est possible) avec une intensité remarquable.Son arrivée dans le Triomphe est plus que remarquée, Verdi en aurait été comblé, mais c’est surtout dans sa grande scène du troisième acte fici le second) qu’il explose.La preuve est faite que, malgré un environnement hostile, un artiste sait toujours se démarquer.On oublie le reste de la distribution qui ne fait que boucher les trous tout en s’étonnant de l’incroyable mollesse du chœur, se désolant de ce relâchement qu’on souhaite passager et qui fait peut-être pointer une sorte d’indifférence dans laquelle tout cela s’est préparé.Les ballets sont aussi mauvais que précédemment, les mouvements de masse toujours mal réglés, les éclairages approximatifs.Pourtant, si on veut faire du grand opéra, surtout quand la partition renferme des plages de génie autant que des instants plus convenus d'étalage, il faut soigner le détail.Et quand la partition est bonne, il faut porter attention à la musique plus qu’à son enrobage.Sinon, on produit ce genre de spectacle dont on ressort en se disant qu’il y manquait les chevaux, les éléphants, les chameaux.A bien y penser, peut-être pas.Quadrupler le plaisir 4X4 Textes: François Archambault, Yvan Bienvenue, Nathalie Boisvert et Emmanuelle Roy.Mise en scène: Martin Desgagné.Scénographie: Jean Bard.Éclairages: Étienne Boucher.Avec, en alternance, Vincent Bilodeau, Violette Chauveau, Mélissa Curzi, Louis-Martin Despa, Martin Fréchette, Marie-Josée Forget, Emmanuelle Jimenez, Valérie Lemaire, Pierre Limoges, Margaret McBrearty, Alexandre Mérineau, Stéfan Perreault Sébastien Rajotte, Stéphane Simard, Marie-Hélène Thibault et Guylaine Tremblay.Présentée par le Théâtre Officiel del Farfadet à La Licorne jusqu’au 16 juin.SOPHIE POULIOT Les comédiens n’ont jamais répété ensemble.Leurs déplacements n’ont pas été prévus.Les auteurs se sont vu imposer trois personnages sur quatre.Le metteur en scène, pour sa part, espère que tout ira pour le mieux.Et l’auditoire?Il s’amuse, fasciné par cet audacieux univers théâtral.4X4, présentée par le Théâtre Officiel del Farfadet (TOF), s’inscrit dans la méthode développée par la compagnie, la méthode dite des premières rencontres, celle qui a donné lieu, il y a deux ans, à une version inédite de Faites de beaux rêves, de Ralph Pape.Cette fois-ci, ce sont de nouveaux textes, écrits pour l’occasion, qui sont les hôtes des expérimentations théâtrales du TOF.François Archambault, Yvan Bienvenue, Nathalie Boisvert et Emmanuelle Roy ont donc été invités à créer chacun un personnage, avec une personnalité et une biographie complète, puis ensuite à prendre son personnage ainsi que ceux des trois autres auteurs afin de rédiger une courte pièce les mettant tous en scène.Résultat: les quatre textes sont joués chaque soir l’un à la suite de l’autre.mais par des acteurs différents.Ou plutôt par une combinaison d’acteurs différente.A aucun moment, les comédiens recrutés, même s’ils interprètent leur personnage chacun à quatre reprises, ne se retrouveront au sein de la même distribution.Bien entendu, tous les acteurs ont été dirigés par le même metteur en scène, Martin Desgagné, qui a néanmoins tenu à encourager la vision qu’entretenait chaque comédien de son personnage et ainsi à favoriser les variations sur un même rôle.Tout ce hasard provoqué à dessein, cette large part qui est faite à l’improvisation, a pour objectif manifeste, outre le fait d’offrir au public un spectacle différent à chaque soir, de pousser la créativité des artistes, entre autres celle des comédiens, à son paroxysme.Le résultat est-il à la hauteur du défi lancé par le TOF?Le spectateur ne peut manquer de partager le sentiment de nouveauté, et parfois même de surprise, qu’éprouvent les acteurs qui entendent pour la première fois leurs vis-à-vis leur donner la réplique.La façon dont chacun s’est approprié son personnage est une révélation en direct pour tous les interprètes.Les quelques fous rires et cafouillages dont l’auditoire est témoin, loin d’être un motif de grief, sont reçus avec complicité par la salle.D’ailleurs, il fallait voir le Hubert vendeur d’assurances ex-dépressif et nouvellement jovialiste à tendance zen, qu’offrait Vincent Bilodeau lors de la première représentation.C’est à se demander s'il aurait été possible de ne pas décrocher tant son interprétation, dont ses partenaires de scène étaient témoins pour la première fois au même titre que le public, était hilarante.Bien sûr, certains personnages étaient mieux développés et plus finement exploités que d’autres.Par exemple, le personnage de Manue, un individu d’une banalité crasse en proie à une crise existentielle, paraissait plutôt fade à côté de celui de Marianne, une bachelière révoltée de ne pas se trouver d’autre travail que celui de caissière dans un magasin à bas prix.et de s’en être fait remercier de surcroît De la même façon, le personnage de Stella, une bohémienne sans travail qui vit illégalement dans les riches résidences secondaires inoccupées, est plutôt mal servi par l’histoire où il tient le rôle principal.Dans le récit d’Emmanuelle Roy, Stella s'invente un personnage branché, créatrice d’un espace de discussion sur Internet, et tente tant bien que mal de recréer dans cet univers virtuel la chambre de sa maison natale de Sainte-Anne-de-Beau-pré dont elle s’est enfuie adolescente.La seule figure sortant gagnante de cette histoire est celle de Marianne, néophyte du Web plus qu’enthousiaste face à la possibilité de se faire ainsi de nouveaux amis.En revanche, les textes de François Archambault et d’Yvan Bienvenue sont savoureux.Le premier se déroule dans un centre de relaxation où Hubert se verra dérober ses clés de voiture, malgré toute la pop-psychologie qu’il déploie afin de raisonner ses adversaires, par Marianne et Manue qui veulent aller quérir les carabines de la maison où loge Stella afin d’exorciser leurs frustrations par la violence.Le second est un suspense fantastique qui tient en haleine jusqu’à la toute fin.Bref, si les textes sont de qualité inégale, de même en est-il des personnages et en sera-t-il sans doute de leurs différentes interprétations.Toutefois, cela n’enlève que très peu au plaisir que procure 4X4.Pour la beauté de l’imprévu, de la spontanéité et de l’originalité.Le spectateur partage le sentiment de nouveauté qu’éprouvent les acteurs qui entendent pour la première fois les répliques de leurs vis-à-vis.E N «Musées en fête» grisée par son succès Montréal (PC) — La 3' édition de «Musées en fête» prenait fin, hier, au Québec, alors que la plupart des musées montréalais ouvrant leurs portes gratuitement dans le cadre de la «Journée des musées montréalais American Express» et ce, pour une 15' année consécutive.Encore cette année, l’événement a été un succès, et la Société des musées du Québec a profité de l’occasion pour réclamer des fonds supplémentaires à la ministre de la Culture, Diane Lemieux.Selon la présidente de la Société, Hélène Pagé, il faudrait ajouter environ 20 millions au budget annuel alloué par Québec aux musées.De son coté, la ministre Lemieux invite le milieu à s’associer avec d’aufres partenaires, R E F précisant que la gestion des fonds publics répond à de nombreux impératifs prioritaires et qu’il faudrait que tout financement supplémentaire soit ciblé.Facture salée Paris (AP) — La consultation du site de rémission-vérité française Loft S6wy par leurs salariés coûte aux entreprises 13,5 millions CAN par semaine, selon une estimation du Figaro Entreprises se base sur un sore dage Ipeos-Médiangies à paraître aujourd’hui dans la publication.D’après cette étude, sur les 33 millions de Français qui disposent d’un accès à Internet sur leur Beu de travail près de 500 000, soit 15 %, se sont connectés au site de rémission de la diMne M6 depuis leur ordinateur professionnel au coure des quinze derniers jours.Le sondage Ipsos-Mediangles aété réalisé en ligne du 18 au 23 mai auprès d’un échantillon national représentatif de 887 internautes, dont 372 disposant d’un accès à Internet sur leur Beu de travail.'j I
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