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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-06-20, Collections de BAnQ.

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w w w C 0 111 w w w .I e il e v o i r .CULTURE Contenu culturel sur Internet: Copps fixe ses priorités Page B 12 LE MONDE U agitation antigouvernementale fait d’autres victimes en Algérie Page B 10 V o l .X C M N * 1 3 6 ?1.E M E R C R E 1> 1 2 0 ,1 U 1 N 2 O O 1 8 7 O + T V X K s I $ LePLQ perdrait trois comtés à Montréal L’opposition crie au «vandalisme» de la carte électorale FRANÇOIS CARDINAL DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC La commission chargée de dresser les nouvelles frontières des circonscriptions électorales a refait ses devoirs.Afin de ne pas retirer de circonscriptions à la Gaspésie et de maintenir à 125 le nombre total de comtés, il est proposé d’en faire disparaître trois sur Tile de Montréal.Le hic?Les trois comtés visés sont libéraux, ce qui pousse l’opposition à condamner ce «vandalisme d’organisation de la carte électorale».Forte d’un projet de loi lui permettant de prolonger le temps alloué à la préparation de la nouvelle carte, la Commission de la représentation électorale (CRE) a soumis à l’Assemblée nationale une nouvelle proposition hier.H n’est plus question d’effacer de la péninsule gaspésienne une des quatre circonscriptions actuelles.Mais cela se fait au détriment de Montréal, qui verrait ses comtés passer de 30 à 27 si, d’ici décembre 2001, le gouvernement retenait les propositions de la commission.VOIR PAGE A 8: COMTÉS Le dépistage massif du cancer de la prostate est-il nécessaire?PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Faut-il procéder à un dépistage massif du cancer de la prostate chez fa gent masculine?Cette question a fait l’objet d’un débat animé au congrès international d’andrologie qui se terminait hier à Montréal.Cancer masculin le plus fréquent, mais aussi deuxième cause de décès par cancer chez les hommes, le cancer de la prostate peut néanmoins être guéri s’il est confiné à la glande au moment où on découvre sa présence chez un individu.(La prostate est en effet une glande qui sécrète des substances entrant dans la composition du liquide séminal, principal constituant du sperme.) Par contre, si le cancer est passablement répandu VOIR PAGE A 8: CANCER INDEX O! o: o>= ®.= Annonces.B 9 Idées.A7 Bourse.B 4 Le inonde.B 10 Avis publics.B 5 Les sports.B 9 Carrières.B 6 Mots croisés.B 5 Culture.B 12 Nature.B 8 Économie.B 1 Télévision.B11 Editorial.A 6 Météo.B 10 Bon vent ! Frisa» JACQUES NADEAU LE DEVOIR LA VOILE est commencée! Hier des mordus de planche à voile et de catamaran ont fait filer leurs embarcations sur les eaux du lac Saint-Louis, à 15 minutes seulement du centre-ville de Montréal.Les vents forts ont cependant restreint l’accès aux seules personnes expérimentées, tels Dominique Delisle et Vence Pichette, qui ont pu s’en donner à cœur joie.Fonds de solidarité Départ inattendu de Raymond Bachand CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Raymond Bachand quittera le Fonds de solidarité FTQ à la fin juillet après avoir passé 17 ans à son conseil d'administration, dont quatre ans à titre de président-directeur général.Par voie de communiqué, il explique son départ dans les termes suivants: «J'ai toujours cru qu'il fallait renouveler périodiquement le leadership des institutions, surtout au sein d’une entreprise aussi exigeante que le Fonds.Même s’il est toujours difficile de partir, il me semble préférable de le faire à un moment où l’institution est en excellente santé.» Henri Massé, président de la FTQ et président du conseil du Fonds de solidarité, avoue avoir été surpris par la décision de M.Bachand, dont il a été mis au courant il y a quelques semaines.VOIR PAGE A 8: BACHAND Raymond Bachand Jacques Larue-Langlois, 1934-2001 Le journaliste engagé BRIAN MYLES LE DEVOIR Un arrêt cardiaque avait emporté sa voix d’or il y a six ans.Un anévrisme l’a réduit au silence définitif lundi.Jacques Larue-Langlois appartient désormais à l’histoire.Journaliste et, de son propre aveu, «indécrottable» indépendantiste, il a porté sur ses frêles épaules un pan entier du mouvement révolutionnaire québécois des années 60 avant de jeter les bases de l’une des meilleures écoles de journalisme de la province.Même les bons vivants finissent par rejoindre les morts.Jacques Larue-Langlois vient d’en établir une autre triste preuve.Hédoniste et humaniste, il aura mordu à pleines dents dans la vie, de ses débuts sur les ondes de Radio-Canada, dans les années 60, jusqu’à ses dernières sessions comme professeur titulaire à l’UQAM, dans les années 90.Ses proches n’oublieront jamais le souvenir de ces yeux vifs qui vous pénétraient et de cette voix nerveuse qui vous séduisait Jacques Larue-Langlois appartenait à une espèce en voie de disparition, celle des journalistes-militants.A l'âge de 32 ans, il fonde le Comité d’aide au groupe Vallières-Gagnon alors qu’il occupe un poste de réalisateur à la radio de Radio-Canada.L’ex-felquiste et éditeur Jacques Lanctôt se souvient de réunions animées auxquelles assistaient parfois Gérald Godin ou Pauline Julien à l’appartement du jeune Larue-Langlois.«C’était un pionnier, un initiateur de solidarités sans égal.Il n’avait jamais peur de se mouiller», dit Jacques Lanctôt Jacques Larue-Langlois défend son engagement pour la cause de l’indépendance du Québec sur toutes les tribunes, ce qui lui vaudra d’être identifié comme l’une des figures de proue du Front de libération du Québec (FLQ).Son implication s’arrête où la violence commence.«C’était une barrière qu’il était incapable de franchir.Pour lui, aucune idée ne justifiait la violence», dit le poète et ami Michel Garneau, complice de la première heure à Radio-Canada et membre du comité Vallières-Gagnon.Le 16 octobre 1970, Jacques Larue-Langlois est mis sous les verrous jusqu’au 31 décembre en vertu ARCHIVES LE DEVOIR Jacques Larue-Langlois à l’époque de la Crise d’octobre.de la Loi sur les mesures de guerre.Il tirera de l’expérience un recueil de poésie, Plein cap sur la liberté, et une petite place dans l’histoire à la hauteur de sa VOIR PAGE A 8: JOURNALISTE Transport de grain dans un camion non décontaminé LOUIS-GILLES FRANCCEUR LE DEVOIR Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPA) du Québec- a constaté l’an dernier qu’au moins un camion qui avait transporté des sols contaminés vers l’incinérateur de Récupèro-Sol, au Saguenay, avait par la suite servi à transixirter du grain destiné à du bétail sans avoir été décontaminé au préalable.Le rapport d'inspection qui le confirme a été obtH nu par le Regroupement régional de citoyens pour la sauvegarde de l'environnement, un groujie voué à la surveillance du seul éliminateur autorisé de sols contaminés au Québec, Récupère-Sol, à Saint-Ambroise.Selon des chiffres obtenus de cette société par Le Depoir, près de 90 % de ses arrivages proviennent des Etats-Unis.Selon le rapport n" 290544 établi le 3 novembre 2000 , le MAPA avait été saisi d’une plainte en ra[>-port avec un possible «transport de grains dans des camions contaminés par les matières dangereuses et/ou toxiques».«L’enquête démontre, confirment les deux inspecteurs (Nathalie L et une autre personne dont le nom est illisible), que l’on a transporté des aliments (grains-céréales) dans un même camion ayant servi au transport de déchets dangereux, et/ou contaminés, et/ou toxiques».Le rapport est muet sur la durée de cette pratique ou sur d’autres cas de récidive, ainsi que sur l’identité du transporteur en cause.Ijes deux inspecteurs ajoutent qu’un «avis de non-conformité a été rédigé», vraisemblablement adressé à «l’établissement impliqué», décrit dans le rapport comme Récupère-Sol.Mais la chose n’est pas évidente car cette compagnie a confié à d'autres sociétés le transport de ses arrivages de matières contaminées.VOIR PAGE A 8: TRANSPORT TIRBES EN VUES ( < t • • I > land insights UOrandePa^:W Québec! autochtone du 11 au 21 lain à Montréal www.NativeLynx.qc.ca 2001 Québec SS -ïîfflS BUFFY SAINTE-MARIE En sp« H H K ?* ! | f ?i : « * f \ i » * i * Nouvelle proposition Région de Mnntréal) Proposition de changements à la carte électorale du Québec La Commission de la représentation électorale a tenu des audiences publiques en mars et avril derniers sur sa proposition d’une nouvelle carte électorale.Pour faire écho aux représentations qui ont été faites, la Commission soumet une nouvelle proposition de délimitation des circonscriptions de la région de Montréal qui a été élaborée dans le but de mieux refléter la répartition des électeurs sur ce territoire et l’évolution de la population électorale.Le territoire visé par cette nouvelle proposition comprend l’île-de-Montréal, l’île-Jésus et Laurentides-Lanaudière.Afin de permettre aux personnes intéressées de faire valoir leur point de vue, des audiences publiques se tiendront à Montréal les 10, 11 et 12 septembre 2001.La Commission de la représentation électorale compte sur la participation du plus grand nombre lors de cette importante consultation.Pour obtenir une copie de la nouvelle proposition, composez le 1 888 ÉLECTION (1 888 353-2846), ou consultez notre site Web à l’adresse www.dgeq.qc.ca.Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent composer sans frais : 1 800 537-0644 Commission de la représentation électorale du Québec K I) K Y O I H .L K M K R ( R K I) I 2 0 .1 1 I N 2 0 0 I LE DEVOIR - ACTUALITES /oifcatene Gambard Vente et service technique V ARl f rWm Mil.VOMRI U U.MRl VILU ¦ Ifl Soldats bien chaussés Aide aux hommes en crise LES SQUELETTES de 24 soldats tués pendant la Première Guerre mondiale ont été découverts fin mai lors de fouilles archéologiques près d’Arras, en France.Les insignes métalliques, les casques et les bottes, intactes, ont permis d’établir que ces 24 fantassins appartenaient à un bataillon britannique, le lOth Lincoln, qui comptait entre 7000 et 8000 hommes.Vingt de ces soldats, enterrés dans une fosse commune, avaient les bras liés, évocation de la camaraderie militaire et hommage à la ville anglaise dont ils provenaient tous.Cette découverte permettra de reconstituer l’histoire du bataillon, qui aurait été décimé en 1917.Un autiste est enlevé à ses parents contre leur gré Un tribunal a jugé le jeune homme dangereux pour lui-même et son entourage FABIEN DEGLISE LE DEVOIR On a perdu une bataille mais pas la guerre!» Les mots sont durs, mais difficiles à éviter pour Carmen Lahaie, vice-présidente de la Société québécoise de l’autisme (SQA), qui commentait hier le transfert vers l’hôpital Douglas, contre la volonté de ses parents, d’Harold Stewart, un autiste de 22 ans de Saint-Hubert, au sud de Montréal.Le 12 juin dernier, interpellée par le Centre Butters-Savoy, une institution de réadaptation en déficience intellectuelle de la Monté-régie, la Cour supérieure du Québec a ordonné en effet que le jeune homme soit retiré de son milieu familial pour être placé pendant un an dans un centre hospitalier psychiatrique et, par la suite, dans un centre spécialisé.Raisons invoquées?La gravité des troubles de comportement d’Harold (automutilation, hyperactivité, crise d’agressivité.), potentiellement dangereux pour lui comme pour sa famille.Une décision que ses parents, Marcelle Boulanger et Brian Stewart, ont de la difficulté à digérer.comme à exprimer d’ailleurs.«Les hospitalisations passées d'Harold ont toujours donné des résultats désastreux, explique Carmen Lahaie, qui est proche de la famille.À chaque fois qu il y a été admis, son comportement s'est détérioré.» Facile à comprendre, selon elle.«Dans un hôpital psychiatrique, il passe ses journées attaché à une chaise sous l'effet de médicaments qui l'endorment, poursuit-elle.Parce que le personnel d’encadrement a peur de lui.Je ne pense pas que ce soit l’avenir que souhaitent des parents pour leur fils!» Passablement bouleversés par ce que la SQA qualifie d’enlèvement, Mme Boulanger et M.Stewart comptent d’ici quelques jours porter le jugement de la Cour supérieure en appel afin de permettre à Harold de «reprendre sa routine» dans sa résidence de Saint-Hubert.«Mais pour cela, il va falloir qu'on les aide à trouver un avocat», conclut Mme lahaie.Ils en auront un grand besoin.Le Curateur public du Québec a en effet, en marge de cette affaire, décidé de demander aux tribunaux un régime de protection pour Harold Stewart.Une décision devrait être rendue l’automne prochain.Olivieri librairie ?bistro SOLDE PRINTEMPS-ÉTÉ de 20% a 60% P de rabais Vêtements d’enfants 0 à 18 ans et Vêtements de maternité à l’étage 1007, rue Laurier Ouest, Outremont Tél.: 274-2442 Z UJ °-* lu en lu g < i V û; < Od Od - IU DÛ CJ => O 5219, Côte des Neiges Métro Côte des-Nciges Tél.: 51W39-3639 Fax : 5i/W39-3-30 Trameoli vien.com Sawyer poursuit sa grève de la faim L’engagement de Québec à créer un comité qui évaluera les besoins et les ressources lui semble insuffisant Trente jours ont passé depuis que Gordon Sawyer, directeur de l’Office des droits des pères, a commencé sa grève de la faim.Affaibli et amaigri, il rejette la proposition du gouvernement qui promet d’examiner sérieusement la question des hommes en crise.JEANNE COKHIVEAU LE DEVOIR M Sawyer, cessez votre grève de la faim!», ont • imploré plusieurs intervenants œuvrant auprès des hommes en difficulté hier.Si la proposition du ministère de la Santé et des Services sociaux de former un comité n’a pas convaincu l’ex-journalis-te de Radio-Canada de mettre un terme à son jeune, elle représente pour les intervenants du milieu un progrès notable qu’il ne faut lias négliger.Le 21 mai dernier.Gordon Sawyer, ex-journaliste de Radio-Canada, entreprenait une grève de la faim pour obtenir du gouvernement le financement d’un centre de crise pour hommes en difficulté et la mise sur pied d’une commission parlementaire sur la condition masculine au Québec.Au trentième jour, soit hier, les représentants du ministère de la Santé et de la Régie régionale de la santé de Montréal-Centre ont fait une offre à M.Sawyer: créer un comité d’intervenants qui, dès l’automne, dressera le portrait des besoins et des ressources disponibles pour les hommes en crise et présentera des recommandations au début de l’année prochaine.«Si les gens du comité identifient des lacunes, on va tout mettre en œuvre pour réaliser les recommandations», indique Alain Vézina, porte-parole du ministère de la Santé.«Je me suis levé, j'ai déclaré: “J’ai honte d’être québécois!” et j'ai claqué la porte, raconte M.Sawyer, affaibli par son mois de jeûne.ye considère qu’avec des statistiques aussi alarmantes que trois ou quatre suicides masculins par jour au Québec, il y aurait matière à agir dans les plus brefs délais.» la procédure, trop longue, ne saura répondre à l’urgence de la situation, estime-t-il, et dans un an «il n’y aura aucune décision qui va être prise encore et on aura perdu entre 1200 et 1400 hommes par voie de suicide.» Pour Claude Roy, du Ce -niif d’hébergt ment à la famille d’Anjou, la proposition du gouvetaU ment constitue un grand progrès et hier, entouré1» collègues et de spécialistes travaillant en violent'1 conjugale et en prevention du suicide, il exhortait V Sawyer de cesser son jeûne |H>ur se joindre à eux.iff 1 convient de l’urgence d’offrir davantage de service pour les hommes en aise, il déplore la stratégie util -sée par M.Sawyer.'Quatre-vingt-cinq organismes a, -tendent de l'aide financière de la Regie régionale de L1 santé, qui a déjà demandé 11 paillions au gouvemt -puent à cet effet.On ne peut pas donner un demi-mi -lion à quelqu'un parce qu'il fait une grève de la faim' affirme M.Roy.Son centre, qui héberge neuf pei sonnes, vient d’ailleurs d’obtenir un financement rt -current de 200 000 $ par année.Si la promesseTçf ‘ subvention semble coïncider avec la démarche de M.Sawyer, elle résulte de longues années de travail précise-t-il.Il est faux de prétendre qui* «le Québec tué ses pères de famille» comme le clame M.Sawyer, ajmj-te M.Roy, et on doit même reconnaître que Québec a beaucoup investi au cours des dernières année!! dans la lutte contre la toxicomanie, l’alcoolisme, fa violence conjugale et la prévention du suicide.Il signale tout de même que l'application d’une des recommandations du coroner Bérubé en 1997, soit inf planter un service d’aide téléphonique pour hommefe en crise, se fai,t toujours attendre.Gilles Rondeaq, professeur à l’École de service social de de Montréal, n’est pas convaincu qu que celui préconisé par M.Sawyer constitue fa meilleure solution.Mieux vaudrait, croit-il, utilise!-plus efficacement les services déjà en place.Mais Gordon Sawyer n’en démord pas.Il compté poursuivre sa grève de la faim jusqu’à ce qu’il obtieit-ne satisfaction, «jusqu'à mon dernier souffle», précis» j-t-il.A partir de demain, une caméra installée dans Iç bureau de l’Office des droits des iieres où il loge sera pointée sur lui 24 heures sur 24 et les images seronJ retransmises sur Internet.Il fera des intervention^ de façon régulière afin d’expliquer sa cause.«I.heufi est venue d’alerter l'opinion publique internationale, fi considère que ce gouvemement-là est arrogant et irresponsable.» Étroitement suivi par un médecin et unè infirmière, il avoue tout de même avoir perdu 2|> livres et connaître une baisse d’énergie importante.; illes Rondeau, de l’Université j’un centre tej vous informe La Commission des Normes du Travail La fête nationale : le congé, c'est le lundi 25 juin! Lorsque le 24 juin est un dimanche, la Loi sur la fête nationale prévoit que le jour chômé et payé est le lundi 25 juin.Ainsi, tout salarié qui a eu droit à un salaire ou à une indemnité tenant lieu de salaire pendant au moins dix jours au cours de la période du 1" au 23 juin a droit à un congé payé le 25 juin.Même si vous ne travaillez pas le lundi, votre employeur doit vous accorder un congé le jour ouvrable précédant ou suivant le 25 juin.Si vous devez travailler le lundi 25 juin dans un établissement où les activités ne peuvent être interrompues, votre employeur doit vous accorder, en plus de votre salaire, un congé payé le jour ouvrable précédant ou suivant le 25 juin ou vous verser une indemnité.Pour tout renseignement concernant le congé de la fête nationale ou toute autre norme du travail, nous vous invitons à visiter le site Internet de la Commission des normes du travail ou à téléphoner aux services à la clientèle de la Commission.Internet : www.cnt.gouv.qc.ca Région de Montréal : (514) 873-7061 Ailleurs au Québec (sans frais) : 1 800 265-1414 Québec Commission des normes du travail Les normes du travail, comme les gens, ça se respecte i LE DE V 0 I R , LE M E R C R E D I 2 0 JUIN 2 0 0 I A 4 L E S A C T U A LIT E S Sondage Les professeurs doutent encore du succès de la réforme VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Manque de formation, manque d’information.Les profs ne se laissent toujours pas convaincre par la réforme scolaire et préviennent qu’elle risque de dérailler si on ne les écoute pas.C’est du moins ce qui transparaît des résultats d’un sondage CROP mené pour le compte de la Fédération des enseignants du Québec (CSQ).Près de la moitié des 502 répondants à ce sondage ne croient pas que la réforme favorisera la réussite du plus grand nombre.En moyenne, les enseignants ont reçu six jours de formation sur la réforme scolaire: trois jours avant le début de l’année scolaire et trois jours après.Trop peu, clament les représentants syndicaux.«On veut qu ’il y ait plus deformation, qu 'elle soit mieux planifiée et qu’elle réponde aux besoins réels des enseignants», souligne la présidente de la FSE, Johanne Fortier.Et il est temps d’agir puisque la situation est pire au deuxième cycle du primaire (troisième et quatrième années).«25 % de nos enseignants n’ont pas eu un seul jour de formation», souligne le président de l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ), Pierre Weber.«Ça ne prend pas un cours de physique nucléaire pour comprendre l’attitude des enseignants face à la réforme et à la nouvelle pédagogie, ajoute M.Weber.S'ils sont sceptiques, c’est qu’ils n’ont pas été proprement préparés, et ils ne sont pas prêts à s’embarquer» «Nous ne voulons pas que, par manque de moyens, cette réforme dérape», argumente Johanne Fortier.«Nous demandons qu’on échelonne la formation dans le temps, qu’il y ait de la rétroaction et des mesures d’accompagnement pour les enseignants.» Pour ce faire, la FSE veut que les tables locales de suivi de la réforme exercent plus de contrôle sur la formation.«On veut que ce soient des endroits de discussion et de décision, argue Mme Fortier.R est vrai que l’argent est là, mais on veut l’administrer et le répartir.» On va utiliser les tables locales pour s’assurer que la formation soit bien donnée partout garantit le ministre de l’Education, François Legault «Mais beaucoup d’enseignants se mettent trop de pression sur le dos [.].On va continuer à investir dans la formation, mais il ne faut pas perdre de vue que ce n'est que la première année de l’implantation de la réforme.» Le bulletin simple de Legault reçoit une bonne note Montréal VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Enseignants et commission^ scolaires saluent la décision du ministre de l’Education d’imposer, au primaire, un bulletin scolaire par commission scolaire.Ce bulletin serait descriptif, concis, et utiliserait des lettres ou des chiffres.«Notre plus grosse attente était que le bulletin soit un outil facile à comprendre pour les parents, et l’annonce du ministre va en ce sens», indique le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), André Caron.Rendue publique en fin de journée lundi, cette décision a été prise à la suite d’une vaste consultation menée cet hiver auprès des principaux acteurs du milieu de l’éducation.Dès l’automne, chacune des 72 commissions scolaires québécoises aura son propre bulletin type.«Mais un bulletin par commission scolaire, ce n’est pas une révolution», souligne André Caron.Plusieurs commissions scolaires, dont la Commission scolaire de Montréal (CSDM), imposent déjà un bulletin à leurs écoles.Néanmoins, la complexité de certains bulletins a causé des maux de tête à bien des parents au cours de la dernière année scolaire.Va pour un bulletin par commission scolaire, mais la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE, affiliée à la CSQ) attend toujours une «vraie» politique d’évaluation des apprentissages.«Nous sommes déçus de la minceur des intentions du ministre», a lancé la présidente de la FSE, Johanne Fortier.«Il n’y a aucune indication sur les moyens et les outils concrets dont disposeront les enseignants pour évaluer les élèves en fonction du nouveau programme.» En fait, les enseignants veulent des balises qui leur permettraient de mesurer l’atteinte des objectifs du nouveau programme.On ignore, donne en exemple la FSE, comment évaluer les compétences transversales que l’élève doit développer en travaillant sur des projets.«L’aspect le plus important, c’est de reconnaître que l'évaluation est une partie importante de l'apprentissage», croit Mme Fortier., La politique est complète, réplique le ministre de l’Education.«On va référer aux attentes de chacun des programmes», a soutenu François Legault au Devoir lors d’un entretien téléphonique.«On va comparer.Les enseignants auront des échelles descriptives pour mesurer où est rendu chaque enfant.» D’autre part, le bulletin donnera une référence aux parents pour qu’ils puissent comparer leur enfant par rapport à son groupe.Si les résultats sont exprimés en lettres, on indiquera le nombre d’élèves qui ont obtenu chacune des cotes; si les résultats ** François Legault JACQUES NADEAU LE DEVOIR sont chiffrés, on précisera la moyenne du groupe.«Et ce n’est pas contre la philosophie de la réforme, explique M.Legault L’élève est évalué par rapport à lui-même, mais les parents nous ont demandé d’ajouter une évaluation comparative.» Comme il l’avait annoncé au Devoir au mois de février, François Legault a confirmé que tous les élèves québécois passeront des «examens nationaux obligatoires» en français, en mathématiques et en histoire à la fin du primaire.Le ministre veut ainsi s’assurer d’une évaluation uniforme de tous les élèves québécois.Les premiers élèves à passer ces examens sont ceux qui débuteront leur troisième année du primaire en septembre.Ils seront soumis aux épreuves uniques à la fin de l’année scolaire 2004-05.Les enseignants ont été estomaqués par cette annonce du ministre.«Nous n’avons jamais discuté de l’imposition de tests à la fin du primaire», souligne Johanne Fortier.«L’important, ce n'est pas les épreuves uniques mais de connaître les moyens qui sont à notre disposition si un élève présente des difficultés et ne peut passer au niveau secondaire.» Le ministre assure que récupération et mesures d’aide seront au rendez-vous.Les taxes augmenteront peu à peu, inexorablement VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Les dés sont jetés: les contribuables montréalais verront leur compte de taxe scolaire augmenter.Seule consolation: le ministre de l’Éducation s’est assuré que le tout se fera de façon progressive.François Legault a en effet déposé hier matin un projet de loi qui permettra au Conseil scolairè de l’île de Montréal (CSIM) «d’étaler sur trois ans la hausse du compte de la taxe scolaire prévue cette année».Ainsi, l’augmentation du taux de taxation sera limitée à 5 % (l'entrée en vigueur de cette augmentation est prévue en juillet).En contrepartie, le ministère versera 6,1 millions au CSIM.«On veut limiter la hausse, mais on annonce nos couleurs», a expliqué le ministre.«Avec le dégel du rôle d’évaluation foncière, [.] on comprend que, dans certains secteurs, on ait vu la valeur des résidences augmenter substantiellement, a ajouté François Legault.Et on veut compenser ces contribuables avec une mécanique financière comparable avec ce qui se fait avec la taxe foncière.» Cette année, le taux de taxation sera de 0,336 C par 100 $ d’évaluation mais sera appliqué graduellement.Si, par exemple, la valeur de votre propriété est passée de 200 000 $ à 250 000 $, vous paierez 728 $ en taxe scolaire pour l’année scolaire 2001-02 au lieu de 640 $.Par la suite, la marche vers le taux de taxation de 0,35 é par 100 $ d’évaluation se poursuivra.Dans trois ans, le propriétaire de la même résidence paiera 875 $ en taxe scolaire.Comme il l’avait expliqué au mois d’avril, le ministre a précisé que 65 des 72 commissions scolaires appliquent déjà ce taux de taxation et que le gouvernement agit ainsi par «souci d’équité» envers tous les contribuables québécois.Avec cet ajustement, le ministre prévoit que le CSIM pourra boucler son budget, auquel il manquait 29 millions.En plus de la contribution «exceptionnelle» de 6,1 millions, le ministère versera cinq millions supplémentaires en péréquation.Restera aux administrateurs à aller puiser dans les poches des contribuables montréalais pour éponger les 18 millions restant.?OUVERT LE DIMANCHE 24 JUIN’4 Du 21 au 29 juin 2001 * V >o Ù Urm$ Obtenez 10 % de rabais sur TOUT ACHAT DH 100 $ ET PLUS n La modération a bien meilleur goût.felu^^alcool SAO Au plaisir! www.saq.com ?À r«xc«ptlon ôt succursales formées habituellement le dimanche.18 ans et plus.Titulaires de permis et Comptoirs Vin en vrac exclus.Achats non cumulatifs.Cette promotion est applicable sur tous les achats à l'exception des chèques-cadeaux SAQ.ARCHIVES LE DEVOIR Pierre Marois Pierre Marois présidera la Commission des droits de la personne ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC ancien ministre du gouverne i ment Lévesque et actuel prési dent du Conseil des services essen dels, Pierre Marois, accédera le 11 août prochain à la présidence de 1; Commission des droits de la per sonne et des droits de la jeunesse pour un mandat de cinq ans.Comme c’est le cas avec le Pro tecteur du citoyen, le Directeui général des élections, le Vérifica teur général et l’Inspecteur des institutions financières, il s’agi d’une nomination que doit sanc tionner l’Assemblée nationale à 1: majorité des deux tiers.M' Ma rois remplace Claude Filion, er poste depuis 1996.Pour faire bonne mesure et ob tenir l’assentiment de l’oppositior officielle, l’Assemblée nationale ; également eu à se prononcer su: la nomination de M' Roger Le febvre à titre de vice-président dt la Commission des droits, pour ur mandat de cinq ans, à compter di 26 juin prochain.M” Lefebvre i été député de Frontenac de 1985 ; 1998 et élu vice-président de l’As semblée nationale en 1990.Ces nominations ont été adop tées à l’unanimité de l’Assemblé* nationale moins une voix, celle di député de Riviere-du-Loup, Mark Dumont.Le chef de l’Action dé mocratique du Québec s’est plain de n’avoir été informé de ces can didatures qu’hier, a-t-on souligné i son bureau.Rappelons que le présiden Claude Filion avait déploré l’attitu de du gouvernement, qui contest! devant les tribunaux depuis 1999 k pouvoir d’enquête et d’interventioi de la commission relativement i des cas de discrimination qui impli quent des bis québécoises. V l.K I) K V 0 i K 1 K M K R I R RDI 'I (l .1 l I N 2 0 0 I .ES A (' T U A LIT E S E N BREF Montréal Une loi pour la santé publique (Le Devoir) — Le ministre d’État à la Santé et aux Services sociaux, Remy Trudel, a déposé hier le projet de loi 36 sur la santé publique, qui propose de faciliter 1 accès aux données épidémiologiques afin de favoriser une bonne surveillance.D introduit le signalement des situations à risque, la declaration obligatoire de certaines maladies et la creation de registres en matière de vaccination.En outre, le projet de loi accorde plus de pouvoir aux directeurs de la Santé publique dans la recherche de solutions à certaines problématiques, comme la mortalité des itinerants par grands froids.«Avec cette nouvelle loi, le Québec se dote d'un véritable programme national de santé publique-, a indiqué M.Trudel.N’est pas ingénieur qui est technologue (Le Devoir) — La Cour suprême vient de donner raison à l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) en reconnaissant la compétence exclusive de ses membres comme étant les seuls autorisés à concevoir et à signer des plans d'ingénierie.En 1996, l’OIQ intentait une poursuite contre Clément Duguay, un technologue qu11 accusait d’exercice illegal de la profession d’ingénieur.M.Duguay avait préparé des plans d’étaiement de coffrages à béton pour les gradins de la salle de concert du Domaine Forget à Saint-Irénée.Selon l’OIQ, il contrevenait à la Loi sur les ingénieurs.M.Duguay a tenté d’amener sa cause en Cour suprême après que la Cour d’appel, en juin 2000, eut conclu que si le législateur avait voulu conférer aux technologues le droit d’effectuer les actes professionnels des ingénieurs, il en aurait exprimé l'intention au moment de l’adoption de la loi.la Cour suprême a rejeté hier la demande d’appel du technologue, donnant ainsi plein effet au jugement de la Cour d’appel.Mafïaboy n’a pas de remords (PC) — Mafiaboy, le jeune pirate informatique de 16 ans qui avait paralysé l’an dernier d’importants sites Internet, notamment ceux de CNN et Yahoo!, devrait passer au moins cinq mois dans un centre de détention parce qu’il n’a montré aucun remords à la suite de ses crimes, a estimé un travailleur social hier devant un tribunal de la jeunesse de Montréal.L’adolescent n’a pas reconnu la gravité des gestes commis contre ces sites en février 2000, a affirmé Hanny Chung, travailleur social désigné d’office par la cour, lors de son témoignage dans le cadre de l’audience sur sentence du hacker.M.Chung a jugé que cette absence de remords signifie qu’il existe un «léger risque.» de récidive.Forts vents et orages violents (Le Devoir) — Les vents forts ont provoqué des pannes de courant dans plusieurs régions du Québec hier.A 19h30, quelque 31000 abonnés de l’Outaouais, de Laval, de lanaudière et des laurentides étaient privés d’électricité, certains depuis le début de l’après-midi.Ce sont des branches d’arbre, poussées par le vent qui provoquent des bris de conducteur ou déclenchent des arrêts de service.Plusieurs équipes d’Hydro-Québec s’affairaient à rétablir le courant La société d’Etat se préparait à passer une nuit mouvementée puisque des alertes d’orages violents, en vigueur pour la soirée, ont été lancées par Environnement Canada.Une certaine impatience (PC) — Des leaders syndicaux s’impatientent devant la lenteur du groupe de travail chargé de revoir la loi fédérale sur l’équité salariale.Hier, le ministère de la Justice en a dévoilé un peu plus sur ce groupe de travail sur l’équité salariale, promis il y a 18 mois.Depuis plusieurs mois, seuls des détails filtrent au goutte-a-goutte.«On a le temps de devenir vieux.C'est à rendre fou», a commenté Carol Wall, représentante pour les droits de la personne pour le Syndicat des communications, de l’énergie et des travailleurs du papier.Les employés municipaux doivent apprendre le respect et la politesse l.' u 1 n IC v U < W 1 le u c MVnnt tout nn\m Umif l'vnlimi»' cih C DESROSIERS LE DEVOIR Le médiateur de Montréal presse la Ville de laisser de côté les voeux pieux et d’imposer un véritable code de déontologie à ses employés les incitant à faire preuve de plus de courtoisie et de respect à l’égard des citoyens.«Ça fait trois ans que l'on fonnule la même recommandation, a expliqué Maurice Beauchamp.Comme chaque année, plus de la moitié des requêtes [soumises au médiateur] ont porté sur le manque de discernement dans l'application des règlements, les retards inacceptables, les refas de répondre, les procès d'intention et les comportements déplacés De façon générale, on aurait intérêt à présumer de la bonne fai des citoyens.» Plus de 1800 plaintes ont été reçues au cours de l’année dernière, portant aussi bien sur des contradictions entre services municipaux que sur des problèmes de signalisation, le zèle excessif d’un employé municipal ou la perte de droits acquis, lu grande majorité d’entre elles (1500) ont pu être traitées immédiatement, «fl suf fit souvent d'écemter les gens et de leur donner l'information nécessaire», dit-il.Un peu moins de 360 enquêtes ont tout de même été nécessaires; dans 37 % des cas, le médiateur a donné raison aux plaignants et formulé des correctifs aux services concernés.La grande majorité de ces recommandations (90%) ont été appliquées.Le fait que seulement le tiers des enquêtes aient donné raison aux plaignants mais que les trois quarts d’entre eux se soient dits satisfaits des services rendus par le médiateur illustre une fois de plus, selon lui, à quel point les citoyens ont d’abord et avant tout besoin qu’on leur explique la situation.Maurice Beauchamp note cependant que les choses ont commencé à changer à la Ville et que les services municipaux se montrent mieux disposes depuis quelque temps à écouter et à répondre aux doléances du public.Cela a toutefois eu pour effet pervers de laisser au médiateur les cas les plus complexes, alors même que sa notoriété grandissante lui a amené 55 % plus de cas en 20(H) que l’année precedente.Seule ville canadienne, avec Winnipeg, à s’être donné un tel médiateur, Montréal n’a toujours pas jugé bon, sept ans après la création de cette fonction, de la reconnaître formellement dans sa charte.A la veille de la creation d’une nouvelle ville à la grandeur de l’île, Maurice Beauchamp juge essentiel non seulement de préserver une pareille institution mais aussi de lui assurer plus de pouvoir et d’autonomie.Il rapporte d’ailleurs avoir déjà commencé à recevoir des requêtes de citoyens d’autres municipalités de l’île.Le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de ville, Michel Prescott, partage cet avis tout en allant plus loin.Selon lui.c’est d’un véritable ombudsman que la nouvelle ville aura besoin, c’est-à-dire d’une personne «qui ne soit pas un conseiller municipal issu de la majorité et choisi par le comité exécutif».Di ministre Hard, a-t-il déclaré par communiqué, dispose de tous les moyens nécessaires pour inscrire cette fonction dans la loi, «/«/ donner un cadre juridique et les outils nécessaires, dont un nombre d'employés suffisant, qui assure son efficacité.Elle peut le faire par décret ou par voie législative au début de l'automne.Elle doit agir».Petites centrales UUQCN réclame une seule audience pour tous les projets LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR LJnion québécoise pour la conservation de la na-’ hire (UQCN) a demandé au ministre québécois de l’Environnement, André Boisclair, il y a quelques jours, de soumettre le programme de production privée d’électricité au moyen de petites centrales à une audience publique «générique», conformément à la recommandation maîtresse de la commission d’enquête présidée en 1995 par le juge François Doyon.Dans sa lettre du 15 juin, le président de l’UQCN, Harvey Mead, fait référence à une récente rencontre avec le ministre Boisclair au cours de laquelle ce dernier aurait manifesté de fortes réticences face à cette idée du fait que le cabinet aurait déjà donné son aval au programme.Ce à quoi le président de l’UQCN réplique que le premier ministre Bernard landry a souligné lors de l’annonce du programme «la volonté du gouvernement de procéder au développement hydroélectrique mais a également clairement souligné l’importance d’une consultation et d’une évaluation environnementale appropriées».Rappelons que Québec a récemment modifié, et de toute évidence, en vue du lancement de ce programme, le règlement sur l’évaluation des impacts environnementaux de façon à abaisser de dix mégawatts à cinq mégawatts le seuil d’assujettissement des projet des promoteurs.Cela pourrait déclencher l’examen public de 31 des 36 projets.Cependant, ce type' d’évaluation ne permet aucunement de valider véritablement la justification des projets, l’exigence la plus fondamentale prévue par la réglementation et la loi.En effet, par le passé, les commissaires du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement ont été généralement réticents à exiger d’un promoteur qu’il établisse la justification énergétique de la demande en électricité sous-jacente à un petit projet, le bien-fondé d’une filière technologique comme la petite hydraulique ou la pertinence sociale et économique globale d’un programme comprenant plusieurs projets, eu égard à des alternatives comme un seul projet capable de produire les 425 MW escomptés des 36 projets en vue.Pour l’UQCN, l’idée d’obliger chaque promoteur à justifier le programme, la filière, les alternatives plutôt que de le faire dans une seule et même audience générique, comme le permet l’article 6 de la loi, est contraire à l’esprit d’allégement réglementaire censé animer le gouvernement Harvey Mead récuse l’argument invoqué par le ministre des Ressources naturelles, Jacques Brassard, selon lequel sa Régie de l’énergie a déjà statué sur la pertinence de ce programme, l’exigence préalable à toute relance, selon la commission Doyon.«L’évaluatim et la consultation de la Régie de l’énergie ne constituaient pas une procédure pouvant remplacer les procédures prévues pour l'évaluation environnementale proprement dite», ajoute Harvey Mead, qui a déjà été sous-ministre adjoint à l’Environnement responsable direct de l'application de cette partie de la loi.M.Mead pointe d’ailleurs un passage clé du rapport de la Table de consultation sur l’énergie où on précisait que la Régie interviendrait en amont du BAPE.Et non à sa place.L’UQCN annonce en conclusion qu’elle se portera requérante dans les 31 dossiers de petites centrales si Québec n’essaie pas de rationaliser davantage sa démarche et de la rendre plus transparente.Forcillo rejoint Tremblay ERIC DESROSIERS LE DEVOIR Le conseiller municipal du quartier Saint-Jacques, Sammy Forcillo, se présentera sous la bannière de Gerald Tremblay et de l'Union de File de Mont real aux elections du 4 novembre.11 en fera l'annoncoff officielle demain au cœur du quartier centre-sdo < qu'il représente depuis 17 ans.' • > Politicien populaire auprès de ses électeurs tS teo doute par ses opposants politique, il en sera à son quatrième parti politique.«C'est quelqu 'un de bien en»»-racine dans son quartier à travers une organisation forte et des contacts étroits avec lis citoyens de sa communauté.» a commente Helen Fotopulos, une autre conseillère municipale montréalaise qui a fait le saut dans l’equi pe Tremblay et qui le connaît bien pour avoir fait campagne avec lui en 191)8.Préférant ne pas commenter sa décision avant son annonce officielle, Sammy Forcillo a tou- .• i i tefois précisé ne s'être fait une idee que récemment 11 a ajouté que ses études et ses charges de cours à l’École nationale d’administration publique l’on anus^ né au cours des dernières années à s’intéresser parti culièrement aux nouvelles philosophies de gestion centrées sur les citoyens, des concepts qu'il voudrait biep aujourd’hui mettre en pratique.J Elu conseiller municipal |X)tir la première fois sous les couleurs du Parti civique du maire Jean Drapeau, Sammy Forcillo s’est rallié en 1994 à Pierre Bourque: Il claque, comme bien d’autres, la porte de Visitât Montréal à mi-mandat alors qu’il siège au conseil, exécutif.En 1998, il est l’un des deux seuls, conseillers, avec Helen Fotopulos, à se faire élire sous la bannière de Jean Doré et de l’Équipe Moult, réal.Il fera face en novembre à un autre ancien allié* Robert Diramée, comme lui conseiller demissionnài re de Vision Montréal en 1997, mais qui a, quanti A lui, fait le choix de revenir dans les rangs de Pierre Bourque lors des prochaines élections.1.a Environnement : le fédéral passe pour un cancre PRESSE CANADIENNE Ottawa — Peu impressionnés par la performance du gouvernement fédéral en matière de lutte contre le réchauffement climatique, les environne-mentalistes lui ont donné un A pour son éloquence et un I) ixtur son engagement.Dans son neuvième rapport annuel de Rio sur les changements climatiques, le Sierra Club indique qu’Ot-tawa s’est mérité une note globale del) cette année.«On peut parier d'une année d'extrêmes pour le gouvernement fédéral en matière de changements climatiques», explique un porte-parole de l’organisme, John Bennett.«Ce fat comme une étoile montante, avec de bonnes notes jusqu'au milieu de l'année», a la suite de l’adoption d’une stratégie d’action contre les changements climatiques, mais ensuite, plus rien ne s’est |>as.sé.In fiche de rendement du Sierra Club a été établie en fonction des engagements pris par les divers gouvernements membres des Nations unies lors du Sommet de Rio de Janeiro, en juin 1992.Ir?Sierra Club donne enfin un F en matière de lutte aux changements climatiques à l’Ontario, en signalant qu’il n’existe malheureusement pas de note plus basse.«Ils méritent bien leur position de bons derniers au Canada», soutient M.Bennett.C EÎS 0 15 000 000 $ Ça change pas le monde, sauf que.B loto-quebec m LE DEVOIR.LE MERCREDI 20 JUIN 2 0 01 A (î EDITORIAL Les ratés de rUnion Entre le non des Irlandais à la ratification du traité de Nice, lés aigreurs politiques suscitées par le sommet de Gôteborg et la forte mobilisation des opposants à la mondialisation en marge de ce sommet, (’Union européenne se retrouve tout à coup sens dessus dessous.E §erge Truffaut ?n fait, tout a commencé en décembre dernier, à Nic£.On se souviendra que les chefs des quinze États qui composent l’Union européenne s’étaient attelés au remodelage de ses infrastructures.On cherchait alors à opérer une refonte d’un certain nombre de mécanismes pour mieux préparer l’entrée, en 2004, des douze pays souhaitant rejoindre l’UE tout en cherchant à accommoder certaines des nations qui, comme l’Allemagne, voulaient voir l’implantation de protocoles décisionnels dessinés en fonction du poids démographique.IjC président de la Commission européenne, Romano Prodi, ayant averti tout ce beau monde «qu’il n’y aura accord sur rien s’il n’y a pas d'accord sur tout», le sommet s’acheva dans l’indécis.Il se conclut en effet par la confection d’un traité si alambiqué que bien des élus jugèrent le tout illisible.Certains parmi eux, on pense à Jean-Pierre Chevènement, allèrent jusqu’à faire observer que l’accord de Maastricht était comparativement aussi limpide qu’une fable de la Fontaine.Les mois passent et voilà qu'à la veille de la rencontre prévue à Gdteborg, en Suède, l’Union essuie une douche écossaise ayant emprunté les couleurs irlandaises.Par voie de référendum, les Irlandais ont en effet décidé de la non-ratification du traité de Nice.Il n’en fallait pas plus pour que ce refus provoque un émoi d’autant plus vif que c’est grâce, en bonne partie s’entend, aux subventions allouées par les membres de l’Union que l’économie irlandaise a pris l’envol que l’on sait C’est à noter, le camp du non irlandais était un rassemblement des plus hétéroclites qui soient: des Verts, des mouvements d’extrême gauche et des catholiques fondamentalistes pour lesquels Bruxelles est synonyme de.droit au divorce ainsi qu’à l’avortement.Toujours est-il qu’une fois la poussière époussetée, on s’attacha à déterminer les raisons ayant convaincu une forte proportion d’Irlandais à voter non.Alors que s’amorçait le sommet de Gdteborg, on a compris que «le sentiment de déconnexion entre les institutions de l’Union et ses citoyens», pour reprendre le mot de Bertie Ahern, premier ministre irlandais, était le cœur, en quelque sorte, de ce non.Parallèlement à cette déclinaison des raisons irlandaises, un fort, un très fort mouvement d’opposants est venu rappeler que la société dite civile souhaitait davantage de transparence ainsi qu’une addition de mécanismes propres à favoriser une plus grande démocratie, celle que l’on a baptisée démocratie de proximité.Bien évidemment, la police est intervenue.Mais, à la différence des sommets de Seattle, de Davos, de Nice et de Québec, elle n’a pas fait, si on ose dire, dans le détail.Les casqués suédois ont eu recours aux revolvers.Pourquoi ?Si l’on en croit le patron de la police suédoise: «Le canon à eau, ça détruit beaucoup de choses et c’est difficile à déplacer.Les gaz lacrymogènes sont un biauvais instrument à utiliser dans une zone habitée.» Alors, va pour la balle réelle ! v Pour l’heure, les militants antimondialisation ainsi que les Irlandais ayant voté non ont gagné une manche.Une grosse manche.Le bilan de Gôteborg est tout simplement indigent.Ce sommet qui devait «clairement décider du caractère irréversible de l’élargissement de l’Union européenne» s’est achevé dans la division.Faute d’être parvenus à fixer une date butoir pour l’entrée des futurs membres, les Quinze ont frustré les dix pays du centre et de l’est de l’Europe qui ne sont guère plus fixés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient au lendemain du sommet de Nice.La présidence française de l’Union s’était terminée dans l'alambiqué, le «compliqué complexe».La présidence suédoise s’est terminée, elle, dans le sang et la division.Alors que commence la présidence belge, c’est à se demander s’il ne serait pas temps de remettre les compteurs à zéro.D’observer une pause.démocratique! Un bulletin lisible : t.près une année de réforme marquée par une certai- 1 ne improvisation, le ministre de l’Éducation opte fi-/I nalement pour le bon sens dans la saga des bulletins /-I scolaires.lœs bulletins, a-t-il tranché, devront inclure i des lettres ou des chiffres et permettre à l’enfant de .-Il comparer ses résultats avec ceux de son groupe.Estep si extraordinaire?Il s’en trouvera encore pour dénoncer l’es-pht de compétition qu’une telle comparaison encouragera.Mais, outre que compétition et coopération puissent cohabiter à l’école, il est urgent, compte tenu du laxisme régnant dans un trop grand nombre d'écoles, de privilégier des bulletins avec le plus d’information possible.On ne parle pas de traumatiser l’enfant, par exemple celui qui est en deçà de la moyenne de son groupe, mais bien de lui permettre, ainsi qu’à ses parents, de corriger le tir le mieux et le plus tôt possible.Il est impérieux de sortir d'une certaine ambiance voulant que tous les résultats se valent.Cette philosophie trop courante entraîne un manque de rigueur contre lequel il faut lutter avec acharnement afin de rehausser les exigences dans nos écoles.i L'évaluation provoque de tels conflits de valeurs qu'elle a été mise de côté ces dernières années.Mais toute réforme qui se respecte doit lui faire une bonne place., Le ministre de l'Éducation a également confirmé hier que tous lès élèves du Québec devront passer des examens nationaux obligatoires sur les matières de base, à la fin de la sixième année.On ne le dira jamais assez, ces examens ne doivent pas être de la même mouture que le chapelet de tests mal faits imposés en quatrième et cinquième secondaires ainsi qu'à la sortie du cégep.Par exemple, les taux de réussite au test de français imposé aux cégé-piens ne reflètent aucunement les graves difficultés des jeunes en français.Les tests additionnels qu’on annonce aujourd’hui ne doivent pas servir à démontrer de manière fallacieuse que les taux de réussite dans nos écoles sont à la hausse, si une telle hausse ne correspond pas à la réalité.Car, jusqu'à présent, les contrôles ministériels ont contribué à camoufler la réalité pas toujours reluisante de l’école.' ' Enfin, le ministère de l’Éducation, qui s'est alarmé avec raison du haut taux de redoublement des enfants au primaire, à tel point qu’il a interdit cette pratique, doit tout de même permettre aux enseignants de faire redoubler ceux qui éprouvent les plus grandes difficultés.Sinon, la mauvaise surprise sera encore plus brutale au moment de passer ce nouveau test à la fin du primaire.r Paule des Rivières ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE UN ÊH'iffoN Powt* ÊSîuSCF f îUCS: JE Sot O Û >-o -Of ^ Mille?A?'Zfm Mort d’un grand citoyen du monde : René Dumont René Dumont s'est éteint paisiblement à l’âge de 97 ans à sa résidence de Fontenay-sous-Bois, en banlieue parisienne.Agronome de profession, René Dumont s’est fait connaître dans le monde entier par l'abondance et la richesse de ses écrits, par le courage inaltéré de ses prises de position dans les domaines de l’agroalimentaire, par extension dans les secteurs plus complexes de l’écologie et des incontournables aspects politiques qui y sont rattachés.René Dumont a été le défenseur indéfectible des faibles, sur le plan tant individuel que collectif.De par sa profession, il a toujours su bien identifier et analyser objectivement l'origine et la nature des problèmes fondamentaux des pays en développement, à première vue insurmontables.René Dumont a proposé des ap- LETTRES -?- proches de solution qui eurent été réalisables en dehors de contextes sociopolitiques souvent impossibles à contrer.En scientifique avisé et en voyageur infatigable, il n'a jamais négligé la vérification sur place des données nécessaires à ses nombreuses prises de position, écrites ou verbales, donnant par là un exemple authentique de rigueur intellectuelle et morale.Son engagement et sa détermination à bien fonder les conclusions auxquelles sa recherche le conduisait ont permis à René Dumont de rencontrer plusieurs personnalités du siècle dernier, devant lesquelles il ne cédait en rien sur le plan des principes auxquels il tenait.Une revue de la bibliographie de René Dumont, établie par Igor Besson et publiée en 1995 dans une réédition de La culture du riz dans le delta du Tonkin, révèle la productivité remarquable de plus de 1210 articles répertoriés entre les années 1930 et 1995, comprenant entre un et trois ouvrages majeurs par année, certains traduits en plusieurs langues.Grâce à son épouse québécoise, Charlotte Paquet, j’ai eu le privilège de connaître personnellement René Dumont au cours des deux dernières décennies de sa vie, durant lesquelles il conservait toute sa vitalité intellectuelle, son énergie physique et un enthousiasme à toute épreuve.Au cours de ces années, âgé de plus de 80 ans, il a encore parcouru avec son épouse l’Afrique noire et l’Irak au retour de la guerre du Golfe et publié deux ouvrages aux révélations déchirantes, lesquelles devraient sensibiliser les prétendus grands de ce monde.D m’a été possible de lui serrer la main et de caresser ses cheveux blancs, il y a à peine deux semaines, lors d’un passage à Paris, et surtout de lui souiffler à l’oreille qu’il avait été pour moi, comme pour beaucoup d’autres hommes libres, un véritable maître à penser.Nous avons alors, tous les deux, pleuré en silence.Gérard E.Plante Sherbrooke, juin 2001 LIBRE OPINION -4- Portrait de groupe sans profondeur de champ RICHARD BA1LLARGEON Président du Regroupement des artistes en arts visuels du Québec Hélas, il faut convenir que la facilité et la superficialité l’ont emporté sur la tâche plus exigeante de traiter l’information avec exhaustivité et rigueur intellectuelle.Je parle ici des deux articles portant sur l’épineuse question du soutien de l’État aux arts visuels, publiés récemment par Le Devoir et signés par Stéphane Baillargeon.Préférant la voie du spectaculaire, en l’occurrence une liste manuscrite faisant supposément le cumul du soutien des organismes publics reçu par une centaine d’artistes en arts visuels au fil des ans, le journaliste s’est fait le porte-parole d’une entreprise à la fois critiquable sur le plan de la méthodologie et tendancieuse dans sq façon d'aborder la question du soutien de l’État dans le domaine des arts et des lettres.D’emblée, il faut dire que le Regroupement des artistes en arts visuels du Québec, que je représente, se dissocie totalement des démarches menées par Marcel Deschênes pour compiler sous forme de liste le palmarès des 100 artistes québécois qui auraient le plus bénéficié du soutien de l'Etat pour réaliser leurs activités de création.Non seulement cet effort de compilation est dénué de sens, plus encore, il est d’une totale inutilité pour faire avancer la cause des artistes en arts visuels dans le long processus d’accession à une plus large reconnaissance sur le plan social, d’une part, et à une meilleure intégration au sein des autres domaines de la culture québécoise, d’autre part La divulgation publique de cette liste n'a vraisemblablement d’autre but que de jeter le discrédit sur un système d’attribution de bourses qui, sans être parfait n’en permet pas moins à une large proportion des artistes en arts visuels de poursuivre leurs travaux de création dans un environnement social et économique extrêmement difficile, pour ne pas dire franchement hostile.Sur la nécessité d’examiner de plus près les processus et modes de fonctionnement du système des bourses, Stéphane Baillargeon n’a pas cru bon de se pencher, préférant s’en remettre à quelques vagues clichés sur l'omniprésence des prétendues perfusions étatiques, clichés fournis par le compilateur, M.Deschênes, qui aurait supposément accompli un travail de moine.Force est de reconnaître que le moine en question s’adonne en fait à un travail de palimpseste, répétant à outrance les dogmes de ceux qui, faute de pouvoir faire preuve d’excellence, sont recalés par un système qui a encore le mérite — Dieu merci — de reconnaître ceux et celles qui forment le groupe des premiers de classe.On aura beau agiter des chiffres et des classements, la réalité du système des bourses demeure, au bout du compte, celle de la célébration du travail de ces artistes qui participent à façonner l’histoire et le patrimoine culturel du Québec.Car, qu'on ne s’y trompe pas, dans cette liste se retrouvent toutes les figures importantes des arts visuels du Québec des 40 dernières années, dont pas moins de dix Prix Borduas — la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec en arts visuels.Ceux qui s’y trouvent ont vu leurs travaux exposés dans les plus grands musées, les plus grandes biennales et les plus grandes foires d’art contemporain d’ici et d’ailleurs.Leurs œuvres sont sur nos places publiques, dans nos églises et sur les murs de nos plus importantes entreprises.Coupables de laisser-faire, d’oisiveté, de démérite et de blâme, les Daudelin, Vaillancourt, Perron, Mo-linari et autres ténors de nos arts visuels?Et, comme si cela ne suffisait pas en matière de courte vue, on vient nous dire que l’excellence est affaire de «chouchous» ! Si tel était le cas, c’est tout l’édifice du génie humain qu’il faudrait démolir et c'est toute l’histoire des arts et des sciences qu’il faudrait revoir.Dans son deuxième article, M.Baillargeon semble vouloir se racheter en tentant de fournir quelques éléments de contexte afin de mieux cerner la situation.Mais, là encore, ni l’exactitude ni la volonté d’aller plus loin dans l’analyse ne sont au rendez-vous.Dans une macédoine mal ficelée, il rapporte des propos et quelques faits en les mêlant à tel point qu'on a du mal à suivre le fil de l’auteur.Rétablissons quelques faits, rigueur oblige, et pour commencer, rendons à César ce qui lui appartient En ce qui concerne l’étude sur les conditions de pratique en arts visuels, celle-ci, contrairement à ce qui est écrit dans l'article, est une initiative du RAAV, qui en a assuré le financement notamment à partir de fonds publics en provenance de divers ministères et organismes canadiens et québécois.Réalisée par les chercheurs de l’INRS (Urbanisation, Culture et Société), que nous avons sollicités à cette fin, cette étude est donc un projet du RAAV et non pas un surgeon du seul INRS.La reconnaissance de cette paternité est d’autant plus importante qu'elle est la preuve concrète de la volonté du RAAV de tracer un portrait aussi juste que possible de la situation des artistes en arts vi- suels.Ce portrait, est-il besoin de le préciser, permettra entre autres à notre organisme de mieux fonder ses revendications pour l’amélioration des conditions de vie et de création des artistes.Glanant ici et là dans le sommaire du rapport de l'étude, rapportant tout à fait improprement certaines activités que le RAAV organisait en marge de son assemblée générale annuelle et présentant d’une manière tronquée notre important projet de forum sur la situation des arts visuels au Québec, le journaliste exécute un fort malhabile compte rendu.Cela est d’autant plus regrettable que ce second article ne va finalement nulle part en ce qui concerne la compréhension du sort économique déplorable des artistes.Rapportant mes propos, M.Baillargeon mentionne pêle-mêle les questions d'équité, de pluralité et celle du marché de l’art.Poursuivant sur sa lancée, il continue de grappiller à gauche et à droite, ici quelques données de notre vaste enquête sur les conditions de pratique des arts visuels, là quelques éléments des projets du RAAV, le tout émaillé de propos tronqués qui, hors de leur contexte, ne veulent évidemment plus dire grand-chose.?Les représentants des arts visuels prennent la mouche Je ne corriger^ qu’un seul fait Vous m’accusez d’avoir caché le fait que l’enquête réalisée par l’INRS a été commandée par le RAAV.Voilà ce que j’ai publié le 17 mai.Après avoir rappelé que vous ne vouliez pas discuter des détails de la liste de M.Deschênes, j'ai ajouté: «N’empêche que le RAAV se préoccupe de certains problèmes soulevés par l'enquête litigieuse.Le regroupement va organiser à l’automne 2002 un vaste forum sur la situation des arts visuels au Québec, des “états généraux" selon la formule du président.“Nous voulons y discuter tous les enjeux de la pratique, y compris les questions de la pluralité entre les tendances artistiques et l’équité dans la distribution des ressources." L’enquête [de l’INRSl qui sera dévoilée en partie le 25 mai, en soirée, à la Bibliothèque nationale, a été commandée dans cette large perspective.» Pour le reste, je constate encore une fois à quel point les représentants officiels des arts visuels prennent la mouche toutes les fois qu’on remet en question le système de la création et de la subversion subventionnées.Stéphane Baillargeon i int d’inaptitude, le projet de loi aurait pour effet concret de créer deux régimes distincts sous le Code de la sécurité routière.Paradoxalement, et' projet de loi du gouvernement du Québec est proposé au même moment où la Colombie-Britannique, suivant en cela une expérience analogue en Ontario, a décidé de renoncer à l’utilisation des cinémomètres photographiques.Que nous faut-il en penser?Si le premier argument de la IVotectrice du citoyen, soit celui voulant que les propriétaires des véhicules soient indûment responsabilisés plutôt que le conducteur, m’apparaît peu convaincant compte tenu du fait que le Code de la sécurité routière responsabilise déjà expressément le propriétaire d’un véhicule, le second argument, lui, me semble poser un problème beaucoup plus sérieux.En effet, le fait que certaines infractions puissent ne pas entraîner de responsabilité autre que le |>aiement d’une somme d’argent m’apparaît contrevenir à l’objet fondamental du Code de la sécurité routière, lequel est défini à son article premier «(Le Code de la sécurité routière] établit des règles relatives à la sécurité, à l'immatriculation des véhicules routiers et aux permis et licences dont l'administration relève de l'assurance automobile du Québec ainsi qu’au contrôle, du transport routier des personnes et des marchandises.» Certains commentateurs ont justement souligné que l’objet du Code de la sécurité' routière n’est lias de donner plus d’amendes mais bien de favoriser un comportement plus responsable de la part des automobilistes.Nulle part est-il d’ailleurs prévu que te Code de la sécurité routière constitue une loi qui puisse ix-rmettre d’augmenter les «'celles fiscales du gouvernement Or c’est exactement l’effet principal, pour ne |)as dire essentiel, qu’aurait l’adoption de ce projet de loi.A mon avis, en adoptant te projet de loi n° 17, l’Assemblée nationale du Québec outrepasserait l’objet de la loi et violerait ainsi le consentement sur lequel repose son autorité légitime.Tant en vertu de la doctrine libérale classique que de la doctrine du constitutionnalisme, la légitimité du pouvoir étatique et de l’autorité gouvernementale repose sur le consentement.L’obligation d’obéir aux lois dans une société libre et démocratique dépend donc du consentement, exprès ou tacite, des individus.C’est là, en fait, la différence fondamentale qui distingue les régimes politiques libéraux des régimes politiques dictatoriaux Alors que les régimes politiques dictatoriaux reposant sur l’idée selon laquelle tes individus doivent obéir à l’Etat, qu’ils aient ou non consenti, les régimes politiques libéraux supposent que les individus jouissent d’une liberté totale, laquelle liberté ne sera restreinte qu’à la suite c|u consentement donné par tes individus.À mon avis, dans un système politique libéral, le consentement tacite des individus se traduit par la constatation de l’existence d’qne règle de droit.Ainsi, l’autorité et la légitimité de l’Etat découlent, tout en y étant circonscrites, des lois adoptées par l’Assemblée nationale du Québec.Or l’interprétation de ces lois doit se faire en conformité avec leur objet Le Code de la sécurité routière, comme son appellation l’indique clairement vise la sécurité routière et non à prélever des recettes fiscales.C’est pourquoi j’estime que la légitimité, voire la constitutionnalité, du projet de loi n" 17 est sérieusement entachée en ce qu’il dépasse nettement le consentement de la population.J’ajouterai aussi qu’à mon avis, ce projet de loi viole le contrat social sur lequel repose ce consentement ?Voilà.Cette chronique est l’avant-dernière de la saison.La dernière paraîtra mercredi prochain, le 27 juin.Depuis quelque temps déjà, je me demandais quel sujet j’aborderais dans cette dernière chronique.Sans trop m’éloigner de l’actualité, il est clair que je souhaitais aborder un thème crucial qui serait en marge de l’objet de cette chronique, laquelle examine ce que certains ont qualifié de judiciarisation du pouvoir politique ou, en d’autres termes, te rôle du droit et de la justice dans la société en focalisant tout particulièrement sur cet espace ténu entre les pouvoirs exécutif et législatif, d’une part, et le pouvoir judiciaire, d’autre part Je vous laisse deviner! alain-robert.nadeau@sympatico.u.Alain-Robert Nadeau est avocat , et docteur en droit constitutionnel.11 n’est prévu nulle part que le Code de la sécurité routière constitue une loi qui puisse permettre d’augmenter les recettes fiscales du gouvernement L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION lournalistes à l'InforiMtloii générale et métropolttatne : Gérald Dallaire (ad;oinl au iirtcUur it Cinforrnialwn).Valérie Dufour (général).Marie Andrée Chouinard (éducation) Yvea d’Avignon (iporttl.Paule de* Rivière» l'édiionalii/ei.Jean Dion, D
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