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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-07-06, Collections de BAnQ.

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w w w I e d e v o i r .e o WA PLAISIRS Les feux et le kayak TOURISME Dans le ciel * du pilote de brousse Page B 4 a V o L .X C 1 N " 1 4 8 ?I K V Y N I) li K D I (i .1 Y I L I.K T 2 O O 8 7 i v \ y s I $ Accidents et décès dans un centre d’hébergement pour personnes âgées Résidence Louvain : les familles sont en colère «Si ça se produisait dans une garderie, ce serait un scandale public», dit une employée ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Morts violentes, patients blessés, incidents inexpliqués: plusieurs accidents mortels survenus depuis quatre ans au Centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD) La Résidence Louvain soulèvent l’inquiétude de certains employés et la colère de familles qui déplorent le «manque de rigueur» de l’administration.Paul Martineau est révolté.En mai dernier, son père, un patient de la Résidence Louvain, située dans le nord de Montréal, était mené d’urgence à l’hôpital Fleury, après qu’un employé l’eut laissé tomber par mégarde en utilisant un lève-personne pour le transférer de son lit à un fauteuil roulant Après avoir basculé tête première, l’homme de 84 ans, victime d’une fracture de la hanche, décédait peu de temps après l’opération subie pour soigner sa blessure.Non seulement Paul Martineau croit que cet accident «a causé la mort de [son] père», mais il soutient que la Résidence Louvain ne s’est aucunement excusée pour cet accident et n’a pas daigné offrir ses condoléances à la famille.•On ne nous a même pas contactés pour nous expliquer en détail ce qui s’était passé et nous présenter des sympathies», ajoute ce dernier, précisant que personne ne lui a adressé la parole lorsqu’il est allé vider la chambre de son père.•Quand on confie nos parents aux services publics, on s’attend à ce qu’ils se rendent à la mort de façon sereine», ajoute-t-il.Et il ne s’agirait pas du seul incident arrivé à M.Martineau, immobilisé depuis un an.En février dernier, ce dernier avait aussi été mené à l’urgence de l’hôpital Fleury pour ce qu’on craignait être une fracture du bras.«Il avait le bras bleu de l’épaule au coude.La Résidence nous a dit qu’il ne s'était rien passé et qu’il s’agissait d’une rupture spontanée de vaisseaux.VOIR PAGE A 8: RÉSIDENCE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Plusieurs accidents mortels se sont produits au cours des quatre dernières années à la Résidence Louvain.Dans certains cas, il y a eu enquête du coroner.«Parce qu’il s’agit de personnes âgées et malades, on banalise ces décès», dit un membre du personnel.La direction de l’institution nie qu’il y ait quelque forme de négligence et soutient que ces accidents, bien que rares, ne sont pas inhabituels dans des centres qui accueillent des personnes âgées.«Feu jaune» du CRTC au mariage Quebecor-TVA Québécor devra vendre TQS RENÉ LEWANDOWSK1 LE DEVOIR Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a approuvé hier le transfert du contrôle du groupe IVA à Québécor Média inc.(QMI), en plus de renouveler pour sept ans la licence d'exploitation de 'IVA.«Québécor Média est satisfaite de la décision du CRTC et fera tout en son pouvoir pour respecter les conditions imposées», a fait savoir l’entreprise hier dans un communiqué.Ce feu vert est en effet assujetti à plusieurs conditions, dont une condition suspensive qui oblige Québécor à vendre le réseau TQS avant qu’elle ne puisse prendre le contrôle de TVA et de ses actifs réglementés.1^ CRTC a donné à Québécor Média jusqu’au 21 septembre prochain pour satisfaire à cette dernière condition.le CRTC a aussi exigé que QMI investisse 48,9 millions dans des «avantages tangibles» au cours des sept prochaines années afin de réaliser certaines activités, comme des productions à l’écran.Cette somme représente 10 % de la valeur de la transaction et près de 20 millions de plus que ce que l’acquéreur Chez TVA, «personne n’applaudit l’arrivée de Pierre-Karl Péladeau» comptait investir.De plus, en raison de l’ampleur de la transaction et de la nécessité de préserver la diversité des voix au Québec, le CRTC a accepté certaines garanties pro|x> sées par Québécor.Ainsi, le réseau TVA, la chaîne d’information en continu LCN et sa petite sœur, 147N Affaires, devront demeurer des entreprises indépendantes, la direction de 'IVA devra également demeurer indépendante de celle des journaux de QMI, tandis que Québécor Mo dia devra adhérer au code de déontologie a|>-prouvé par le CRTC en plus de créer un comité de surveillance chargé d’examiner les plaintes.• Avec toutes ces contraintes, ça ressemble plus à un feu jaune qu ’à un feu vert», (lit le rédacteur en chef de Revue Commerce, René Vézina.Selon lui, il faut maintenant s'attendre à des réductions de postes chez TVA, compte tenu du fait que QMI ne pourra pas augmenter substantiellement les revenus de son nouveau réseau.En effet, le CRTC a refusé la demande de 4VA d’augmenter le matériel publicitaire, et le réseau devra s’en tenir à la limite de 12 minutes par heure.Québécor souhaitait VOIR PAGE A 8: FEU JAUNE I Lire aussi en page A 6, l’éditorial de Bernard Descôteaux: Le défi de Québécor Ubi Soft établirait à Montréal son siège social nord-américain CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Ubi Soft célèbre le quatrième anniversaire de son installation à Montréal en annonçant son intention d’en faire le siège social et le regroupement de toutes ses activités nord-américaines.La décision finale n’est pas prise, une étude et des discussions sont en cours, mais tout semble indiquer que le projet se réalisera, si l’on en juge par la présence de certains invités à la petite cérémonie tenue hier matin dans les locaux d'Ubi Soft, sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal.D y avait Gilles Baril, successeur de Bernard Landry comme ministre de l’Industrie et du Commerce, fi y avait aussi Claude Blanchet, président de la Société VOIR PAGE A 8: UBI SOFT Ubi Soft: 19 filiales dans le monde.s* INDEX Annonces .A4 Mots croisés.A4 Avis publics.A2 Météo B 4 Bourse ,B6 Plaisirs B 1 Cinéma B 10 Sports B 8 Éditorial .A6 Télévision B 8 Monde .A5 Tourisme B 4 PATRIMOIRE Protection de façade ?Héritage Montréal et Phyllis Lambert réclament la protection intégrale de l’ancienne annexe du Palais de Justice STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Héritage Montréal et Phyllis Lambert, fondatrice du Centre canadien d’architecture, demandent à Québec de garantir l’intégrité architecturale intérieure et extérieure du 100 de la rue Notre-Dame Est L’ancienne annexe du Palais de justice, conçue dans les années 20 par l’afchitecte Québécois Ernest Cormier (et ses collaborateurs Louis A.Amos et Charles J.Saxe), sera bientôt transformée en siège de la Cour d’appel.L'immeuble est encore occupé pour quelques jours par les conservatoires de musique et d'art dramatique de Montréal.Le grand édifice, reconnaissable à l'imposante colonnade dorique de sa façade, ne bénéficie d’aucune protection particulière.Le fait qu’il soit situé dans l'arrondissement historique du Vieux-Montréal interdit la transformation de son enveloppe extérieure.Cependant, théoriquement, rien n’empêcherait les rénovations à venir de se faire sans respect pour son riche aménagement intérieur.L’État possède le 100 de la rue Notre-Dame Est par l’entremise de la Société immobilière du Québec (SIQ).Hier matin, des architectes rattachés à la SIQ ont visité les lieux afin de planifier les travaux de rénovation à venir.Il a été impossible de savoir dans quelle mesure leurs plans, même préliminaires, tiennent compte de la protection de l’intérieur, y compris les meubles.Les architectes ont renvoyé toute question sur la protection de l’intégrité architecturale complète de l’immeuble au ministère de la Culture, où il a été impossible d’obtenir un commentaire hier.•En soi, ce changement d’usage n’est pas une source de préoccupation, au contraire, puisqu’il assume, comme y invitent les chartes internationales, une vocation au patrimoine», écrit Dinu Bumbaru, directeur des programmes d’Héritage Montréal, dans une lettre adressée à la ministre Diane Lemieux le 6 avril dernier.•Nous sommes cependant inquiets devant le manque de garanties quant à la protection de l'intérieur de l’édifice, des décors ou éléments de mobilier, VOIR PAGE A 8: FAÇADE éRIC ST-PIERRE LE DEVOIR L’extérieur est protégé.Pas l’intérieur.La marche qui n’a pas eu lieu La manifestation berbère tourne court aux portes d’Alger AGENCE FRANCE-PRESSE REUTERS Alger — La marche des délégués de Kabylie, interdite par les autorités, a tourné court hier, arrêtée aux portes d'Alger par un impressionnant dispositif de sécurité.Les quelque 5000 marcheurs attendus de toute la Kabylie ont été contraints à rebrousser chemin par des centaines de gendarmes déployés en de nombreux barrages filtrants sur toutes les routes menant de la Kabylie à la capitale.Les délégués des comités de villages et des aârchs (tribus) kabyles, organisateurs de la marche, avaient affirmé leur intention de •marcher pacifiquement» jusqu’au palais présidentiel pour exprimer des revendications sociales contenues dans une plate-forme en 15 points.Ce document devait en principe, être remis au président Abdelaziz Bouteflika.Les Berbères exigent entre autres, le retrait des gendarmes de Kabylie perçus, selon eux, comme corrompus et brutaux, la cessation des expéditions punitives menées par les mêmes gendarmes dans les maisons et les commerces, et la mise en œuvre d’un programme économique et social adapté aux besoins de la région.Impressionnant dispositif À Thénia, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alger, peu après la jonction des routes vertant de Tizi Ouzou, la capitale de la Grande Kabylie, de Bé-jaïa, la capitale de la Petite Kabylie, ainsi que de Boui-ra, troisième ville de Kabylie, un imposant barrage a permis le contrôle systématique des véhicules.D'importants barrages de gendarmes, parfois avec des chiens et des automitrailleuses, avaient été aussi installés tout au long de l’autoroute menant d'Alger à Tizi Ouzou (110 km à l’est d’Alger).I>es autocars étaient systématiquement contrôlés avant d’être autorisés à poursuivre ou contraints de faire demi-tour.À Naciria (30 km à l’ouest de Tizi Ouzou), un barrage de gendarmes a refoulé des délégués qui ont d’ailleurs manifesté avant d’organiser un sit-in.Ces manifestants ont affirmé qu’ils étaient •déterminés à poursuivre le combat, puisque le pouvoir persiste à les traiter en agresseurs» mais qu’ils ne •cherchent pas l’affrontement».Des barrages filtrants ont aussi été mis en place VOIR PAGE A 8: ALGER L K I) K V O I R .L E V E X U R E I) I 6 J ü I L L E T 2 0 O I A 2 : ‘LES ACTUALITES* Un régime présidentiel dans un Québec souverain Interdiction d’utiliser des pesticides Les intentions de Québec font des mécontents Parce que Québec n’a pas pris ses responsabilités dans le dossier des pesticides, les entreprises d’entretien de pelouse sont les injustes victimes des règlements hypocrites qui ne contribuent en rien à la réduction des pesticides, vitupère l’ASHOQ.Mais le récent jugement de la Cour suprême et les intentions du ministre Boisclair d’interdire les pesticides pour des raisons esthétiques satisfont les groupes qui cherchent des solutions alternatives à ces produits.SÉVERINE DEFOUNI LE DEVOIR PRESSE CANADIENNE Québec — Lé premier ministre Bernard Landry a affirmé mercredi, au cours d’une entrevue accordée au réseau Radiomédia, que la souveraineté implique l’instauration d’un système politique présidentiel et de la représentation proportionnelle.Interrogé sur la nécessité de tenir des élections à tous les quatre ans et à date fixe, le premier ministre n'a pas hésité à parler d’ùn changement majeur dans la façon de procéder dans un éven tupi Québec souverain.,«.On est dans un régime parlementaire britannique qui a beaucoup de vertus, a-t-il indiqué, mais ce,n’est pas le meilleur.Justement, quand on aura réglé notre question nationale, je crois que ce que nous déyrons avoir, c'est un régime présidentiel ressemblant à celui des Etats-Unis ou de la France, adapté au Québec, probablement avec un scrutin proportionnel et des changements qui permettront un dépoussié-de nos institutions politiques.» une question d’une auditrice qui s’inquiétait, par ailleurs, de sa nouvelle attitude plus conciliante ou moins agressive à l’égard d’Ottawa et de l’influence probable de certains de ses conseillers sur sa façon de se comporter dans le débat politique qui l’oppose aux fédéralistes, M.Landry a carrément affirmé que, lorsqu’il s’agit de faire la promotion de la souveraineté, ce ne sont surtout pas ses conseillers qui vont réussir à le contenir.«Je vais suivre les conseils de l'auditrice, a-t-il dit, mais pas ceux des conseillers dont elle a parlé.L'inquiétude que vous manifestez correspond à ma pensée profonde et à la raison pour laquelle je suis engagé en politique.«Im question du Québec, a-t-il souligné, n ’est pas réglée et, là, c’est mon tour, et c’est celui de millions de personnes qui doivent se repencher sur cette question fondamentale.» Cela dit, le premier ministre a réaffirmé sa ferme intention de participer vigoureusement à un débat qui continuera de l'opposer aux adversaires de la souveraineté.Selon lui, la question de la souveraineté est cruciale si le Québec souhaite progresser.Si le Québec des premiers gouvernements du Parti québécois était carrément socialiste, il devra, dit-il, une fois souverainiste, peut-être devenir davantage progressiste avec tout ce que cette notion implique.Si Québec interdit les pesticides pour des questions esthétiques par un règlement d’application provinciale, ce sera une mesure «hypocrite et de mauvaise foi», juge l’Association des services en horticulture ornementale du Québec (ASHOQ).A la suite de la déclaration du ministre de l’Environnement, André Boisclair, au quotidien The Gazette, dans laquelle il disait envisager d’interdire l’utilisation de pesticides pour des raisons d’ordre esthétique, l’ASHOQ, qui regroupe 200 entreprises d’entretien d’espaces verts, croit que le ministre fait fausse route.De même, croit-elle, la Cour suprême, qui a rendu un jugement en faveur de la municipalité de Hudson, dotée d’un règlement interdisant l’utilisation de pesticides, s'attaque à la mauvaise cible.Les entreprises de traitement de pelouse sont celles qui utilisent le moins de pesticides, rappelle l’ASHOQ.Moins que les citoyens (environ 9 % des utilisateurs), moins que les producteurs agricoles et les propriétaires de terrains de golf.S’il est vrai qu'ils épandent moins de 5 % des 3,2 millions de kilogrammes de pesticides comptabilisés par le MEQ, il faut cependant rappeler que ceux-ci sont concentrés en zone urbaine, donc près des citoyens.C’est pourquoi la Coalition pour une alternative aux pesticides se félicite des intentions annoncées par le ministre Boisclair.«Étant donné la toxicité des pro’duits sur la santé humaine et l’environnement, il faut bannir les pesticides et investir tout de suite dans la recherche et les alternatives aux pesticides», croit Sylvie Thorn, coordonnatrice.L’organisme distribue depuis janvier des trousses d’action sans pesticides grâce à des subventions fédérale et provinciale.Il vend une centaine de ces trousses par jour.«Les gens demandent toujours si ça fonctionne bien, mais on voit qu’ils cherchent eux aussi des alternatives meilleures pour la santé», dit Mme Thorn.L'ASHOQ juge que les intentions du gouvernement sont hypocrites.D’après elle, le règlement de la ville d’Hudson est «basé sur une approche discriminatoire et une pratique cosmétique de la gestion des pesticides puisqu’il ne contribue nullement à diminuer» leur usage parce que les citoyens peuvent se procurer les pesticides comme ils le veulent.D’ailleurs, dit Jean Baillargeon, chargé de projet pour l’ASHOQ, les compagnies perdent des clients car ceux-ci préfèrent entretenir eux-mêmes leur pelouse puisque les compagnies sont soumises aux règlements municipaux.Chaos et arbitraire L’ASHOQ craint aussi que le jugement n’ouvre la porte à «l’arbitraire et au chaos» puisque chaque ville pourrait dorénavant réglementer à sa façon l’interdiction d’épandre des pesticides.Un casse-tête pour les entreprises mais aussi une mauvaise stratégie de lutte contre les infestations d’insectes sur les pelouses et les arbres puisque de plus en plus de municipalités requièrent la visite d’un inspecteur avant d’autoriser l’épandage d’insecticides.«Mais il est alors trop tard, explique M.Baillargeon.Comment voulez-vous qu’on fasse de la prévention?» Depuis cinq ans, les mentalités ont changé du côté des compagnie d’entretien de pelouse, prétend-il.Les 200 membres de l’ASHOQ n’ont plus le droit de vendre des traitements à l’avance et les employés suivent aussi des cours de dépistage des maladies de pelouse et des arbres.L’ASHOQ dit prôner la réduction de l’utilisation des pesticides.Elle aurait déjà réduit leur utilisation grâce à l’implantation du programme de lutte intégrée, un programme né des suites d’un appui financier des deux paliers gouvernementaux pour évaluer l’efficacité d’un projet-pilote.D’ici trois ans, elle pense réduire leur utilisation de 60 %.La solution?Un code de gestion des pesticides qui reconnaîtrait la lutte intégrée.La promesse de la mise en place d’un code traîne depuis 1988 alors que Clifford Lincoln, à l’époque ministre de l’Environnement du Québec, avait fait adopter la Loi sur les pesticides.«C’est un vrai “running gag”! Le gouvernement n ’a jamais eu le courage politique de réglementer cette industrie.Il a laissé traîner la situation, et voilà ce que ça donne!», a déclaré M.Baillargeon.1 Bernard 1 Landry EN BREF L’UNESCO signe avec Québec PRESSE CANADIENNE La ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, et la directrice de l’Institut de statistique de l’UNESCO, Denise lie vesley, ont signé hier une entente pour officialiser la venue de l’organisme à Montréal.«Toute l’équipe de l’institut a hâte de partager son enthousiasme avec ses futurs collègues montréalais», a déclaré Mme Lieves-ley au cours de la séance de signature qui s’est déroulée à la Plflce des Arts.Le processus d’embauche est déjà commencé et la directrice de l’institut se dit impressionnée par la qualité des candidats québécois.«Nous avons reçu des milliers d’offres pour les postes que nous avons affichés jusqu'à maintenant, des gens extrêmement compétents, titulaires de maîtrises et de doctorats, qui ont parfirn plus de compétences que la directrice!», s'est ex-clapiée Mme Lievesley.A la fin de l’été, l’institut aura recruté une vingtaine d’employés.En 2M3, ils devraient être près de 60 à œuvrer, dans l'ancien édifice des Hautes Etudes commerciales, avenue Decelles.Dommages dus à la pyrite : le programme sera rétroactif (Le Devoir) — Les propriétaires de maisons endommagées par la pyrite qui avaient effectué des travaux sur leur résidence avant l’entrée en vigueur du programme d’aide financière de Québec seront dédommagés.En effet, la ministre d’Etat aux Affaires municipales, Louise Harel, a annoncé hier à Saint-Bruno-de-Montar ville, une ville de la Rive-Sud très tou- chée par la pyrite, une mesure rétroactive pour les travaux effectués entre le 1er janvier 1997 et le 19 juillet 2000.Les propriétaires concernés devront démontrer que les dommages causés à leur maison étaient dus à l’oxydation de la pyrite et affectaient l’habitabilité de leur résidence.Ils pourront verifier leur admissibilité au programme en communiquant avec leur municipalité.Québec consacrera 35 millions sur 10 ans pour ce programme dont le coût total est estimé à 70 millions.Le fédéral n’a toujours pas donné son accord à la demande de Québec de hausser à 40 % sa contribution.Laval: un conseil d’administration unique des hôpitaux (Le Devoir) — Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Rémy Trudel, a finalement donné hier le feu vert au regroupement des conseils d’administration de la Cité de la santé et du centre hospitalier ambulatoire de la région de Laval.Ce regroupement, contesté par les élus locaux et les dirigeants du centre ambulatoire, avait semé beaucoup de bisbille ces derniers mois dans la région lavalloise.En regroupant les directions administratives et médicales des deux hôpitaux, la Régie régionale, qui a toujours promu ce rapprochement, espère pouvoir mieux coordonner les services de santé dans la région tout en maximisant les effectifs médicaux disponibles sur son territoire.Du même coup, le ministre a aussi approuvé la construction, au coût de 32 millions, d’un nouvel édifice dans l’ouest de Laval qui sera exclusivement dédié aux soins ambulatoires.Il a aussi confirmé l’octroi de 25 millions pour développer ce type de services.Téléphone: 985-3344 Télécopieur: 985-3340 AVIS LEGAUX ET APPELS D’OFFRES Sur Internet: www.offres.ledevoir.com :_______________& APPELS D'OFFRES • HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant IShOÔ pour publication deux (2) jours plus tard: i Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi I Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi Tél.: 985-3344 Fax 985-3340 Sùr Internet : www.offres.ledevoir.com • Courriel : avisdev@ledevoir.com @ Ville de Montréal ' Service du greffe ' Règlements .Proiet de Règlement modifiant te Règlement sur le traitement 1 tie* membre* du conseil (T-2) Conformément à l'article 9 de la Loi - sur le traitement des élus municipaux (L.R.Q., c.T-11.001), je donne avis de ce qui suit: 1.À la seance du conseil du 18 juin 2001, le comité exécutif a depose un projet de règlement intitulé «Règlement modifiant le Règlement sur le traitement des membres du conseil (T-2)».2.Ce projet de règlement prévoit d'accorder à chacun des membres des conseils de quartier une rémunération de 141 $ par séance à laquelle ils sont présents, et ce, compte tenu des récentes modifications à la Charte de la Ville de Montréal concernant l'étude publique de certains objets par les conseils de quartier.3.Ce projet de règlement sera inscrit, pour étude et adoption, à l'ordre du jour de l'assemblée régulière du conseil prévue pour le lundi 6 août 2001, à 19h.Montréal, le 6 juillet 2001 Diane Charland, Greff 1ère PANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO 500-22-058896-013 “Procédure Allégée-COUR DU QUÉBEC LE GROUPE STEWART INC7 STEWART GROUPE INC., Demanderesse/ REQUÉRANTE -C- SUSAN MAHARAJ.Défenderesse -et- INGRID CAMPBELL.-«!- LES HÉRmERS DE FEU ANDRÉ GINCHEREAU.Détende» rs/INTIMÊS ASSIGNATION ORDRE est donné à INGRID CAMPBELL et LES HÉRmERS DE FEU ANDRÉ GINCHEREAU de comparaître au greffe de cette cour situé au 1, Notre-Dame Est.salle 1.100, dans les trente (30) jours de la date de publication du présent avis dans le journal Le Devoir Une copte de la déclaration selon la procédure aitegée d’un avis aux defendeurs, d’une liste de pièces et des pièces P-1 à P-5 inclusivement a été remise au greffe à l’intenhon de INGRID CAMPBELL « LES HÉRmERS DE FEU ANDRÉ GINCHEREAU Lieu Montréal Date 28 juin 2001 MICHEL PELLERIN GREFFIER ADJOINT \ rvKK FONDATION m a m r v » x nsables du département de Injustice et de John Ashcroft en personne, Mueller a été rétabli au ixtste de pnxureur de San Francisco en mai, à la tête d’un bureau de plus de cent avocats.Il avait servi successivement dans l’administration républicaine du père de l’actuel président et dans celle du démocrate Bill Clinton.Kohl est en deuil i Berlin (Al’) — Gravement malade depuis plusieurs années, 1 lanneloré Kohl s’est suicidée, a annoncé le pureau de son éjxtux, Helmut Kohl, Agée de 68 ans, la femme de l’ancien chancelier allemand a été retrouvée morte hier dans sa résidence de Ludwigshafen, dqns le land de Rhénanie-I’alatinat.A bt suite-d’un traitement à bt pénicilline en 1993, Mme Kohl souffrait depuis sept ans d’une forme très douloureuse d’alk-rgie au soleil qui l’aviüt obligée ces 15 derniers mois à rester à l’intérieur, «sans aucune lumière naturelle», selon un communiqué du bureau d’Helmut Kohl, qui précise qu’elle prenait de puissants andidouleurs faute d’un traitement curatif.«Etant demné que son état de santé était désespéré, elle a décidé de mettre fin à sa vie de son propre gré.File a expliqué sa décision dans des lettres d’adieux à stm éptrux, ses fils et ses amis.» Hannelore Kohl, qui avait épousé le futur chancelier chrétien-démocrate en I960, était restée à ses côtés pendant toute bt longue carrière politique de son mari, à bt tête du gouvernement de 1982 à 1998, puis dans le scandale du financement occulte de son |>arti conservateur, lllnion chrétienne-démocrate (CDU), dans lequel l’ont plongé ses déclarations sur des donateurs anonymes.Ben Barka : le parti au pouvoir s’en mêle Rabat (Reuters) — Le parti au pouvoir à Rabat a demandé hier au ministère marocain de la Justice d’enquêter sur le sort de l’opposant Mehdi Ben Barka, qui passe pour avoir été assassiné en France en 1965.Dans un communiqué adressé au ministre de la Justice, Omar Azziman, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) lui demande de prendre ses responsabilités et d’ouvrir une enquête afin de faire la lumière sur la fin de Ben Barka.L’USFP et le Parti de l’avant-garde démocratique (opposition) ont engagé le premier ministre Abderrahmane El Youssoufi à réunir les conditions d’un procès de responsables marocains censés avoir été impliqués dans le meurtre de Ben Barka.Visite d’Ariel Sharon en France Le bon climat apparent entre les deux hommes n’a pas empêché Jacques Chirac de plaider la cause de Yasser Arafat Vente sauvage de terres en Afrique du Sud Les « nouveaux propriétaires » seront expulsés A 6 L K DEVOIR, LE VENDREDI 8 JUILLET 2 0 01 EDITORIAL Le défi de Québécor ¦ L* feu vert donné hier par le CRTC au transfert de propriété du réseau TVA à Québécor Média inc, fera de cette entrepose le plus important groupe de presse multimédia du Québec.Il appartiendra à celle-ci maintenant de faire la preuve que ses projets de convergence n’affecteront d’au-cpne façon la qualité et la diversité des sources d’informa-tion en français au Québec.F Li Bernard Descôteaux ?n dépit de toutes les oppositions et réserves exprimées à l’égard de cette transaction par le milieu journalistique, le CRTC ne pouvait refuser à Québécor que lui soit accordée la licence lui permettant d’exploiter le réseau TVA Cela aurait été un non-sens puisque, au cours des mois précédents, cet organisme avait accepté le transfert de propriété des deux grands réseaux privés de télévision du Canada anglais, CTV et Global, à des groupes possédant des activités dans laj télédistribution et la presse écrite, soit BCE, dans le premier cas, et CanWest, dans le second.Décemment, elle ne pouvait imposer davantage de restrictions à Québécor du seul fait que dans ce cas-ci.l’opposition manifestée à la transaction ait été plus vive.On jugera pourtant timides les restrictions imposées à Québécor qui pour l’essentiel ne se voit imposer d’autres contraintes que celles que la direction de ce groupe avait déjà acceptées lors des audiences, tenues à la fin du mois de mars.On tentait de rassurer ceux qui disaient craindre que la recherche de synergies au sein du nouveau groupe aurait pour conséquence de diminuer l’offre de contenus d’information originaux.L’étanchéité des rédactions sera assurée par le maintien de directions indépendantes et distinctes à la tête de TVA de LCN et des journaux de Québécor, qui mettra en place un code de déontologie et un comité de surveillance indépendant pour recevoir les plaintes.On n’est guère rassuré quant à l’efficacité de telles mesures puisque le CRTC lui-même en doute.Les balises adoptées sont un compromis entre le droit de propriété des titulaires de la licence de diffusion et leurs responsabilités à titre d’exploitants d’entreprises de diffusion réglementées, souligne en effet l’organisme de réglementation, tout en reconnaissant qu’elles ne seront «efficaces que dans la mesure où les parties concernées considéreront que leur application est cruciale au maintien de la diversité des voix dans le marché».Or, ce n’est qu’au renouvellement de la licence, dans sept ans, que l’on pourra juger si Québécor a contribué au maintien de cette diversité.1 Le CRTC aurait pu être plus exigeant et donner rendez-vous à Québécor, comme à BCE et à CanWest Global d’ailleurs, à mi-chemin de la durée de leur licence, pour un rapport intérimaire de leur comportement sur cette question.À la place, on se contente de suggérer à l’industrie de s’autoréglementer en mettant en place un code de déontologie et des mécanismes de surveillance communs par l’entremise du Conseil canadien des normes de la radiotélévision.On doute que cela puisse jamais arriver.Le CRTC ne nous laisse d’autre choix que de faire confiance à Québécor.la place que cette entreprise occupera désormais sur le marché (elle contrôlera 40 % des revenus de la télévision conventionnelle et plus de 40 % de la diffusion des quotidiens au Québec), l’astreint à un comportement exemplaire.La meilleure façon de faire taire les critiques entendues jusqu’ici serait de donner un signal clair qu’elle croit à une information de qualité.Les salles de nouvelles de TVA qui font déjà bien, pourraient faire encore beaucoup mieux si, par exemple, on leur donnait les moyens qu’elles n’ont jamais eus de faire de l’information internationale.?Les prochains mois ne seront pas faciles pour Québécor, qui peut maintenant entreprendre le grand virage de la convergence.Çe chemin, qui a été exploré par quelques méga-entreprises aux Etats-Unis et en Europe, ne l’a jamais été encore au Québec.Le défi est à la mesure des ambitions de Pierre-Karl Péladeau, qui a entre les mains un outil exceptionnel qui pourrait lui permettre de transformer le monde de la communication au Québec.Pour trouver la bonne voie, il lui faudra explorer et expérimenter.C’est là qu’est le risque.Lui-même reconnaît, en parlant de son projet de télévision interactive, qu’il n’y a pas de «modèle prouvé» en ce domaine.la difficulté sera d’autant plus grande que sa marge financière est réduite en raison des coûts d'acquisition élevés de Vidéotron.Nombreux sont ceux qui attendent, sinon souhaitent qu’il perde pied.Avant de juger de sa réussite ou de son échec, donnons-lui la chance au coureur à laquelle il a lui aussi droit.bdescoteaux(àlede voir, ca LE Devoir FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE u/m iNÎuVi^utu Du £jûî Dfç Sais/Ç PC a A ûu£ C’fTAiT U * CA*T£ CHÉDiT Pt Pt 7V [G&nxr h» Wi « « j j r > • • j mm 6 Al is/ofrE REPRISE DU 1" MAI 2001 Erreur boréale Le nom de Chicoutimi vient d’être rayé de la carte du Québec.Par décret gouvernemental du 27 juin, la nouvelle ville unifiée dans la région du Saguenay se nommera «Ville de Saguenay».Elle comptera 154 000 habitants; elle sera la sixième en importance au Québec.Au printemps de cette année, le nom de Mé-tabetchouan a été sauvé in extremis par l’indignation populaire et le gros mot de Jean-Paul Desbiens, disant que laisser aller ce nom amérindien, c’était «fou comme de la m.».Ce mot a fait son tour de passe-partout au Québec.A vrai dire, avoir débaptisé Chicoutimi, c’est encore plus fou (sans comparaison ajoutée, pour rester poli).Ce typonyme était en effet autrement plus considérable que celui de la municipalité de Métabetchouan.Connu et reconnu mondialement, ce nom avait été inscrit sur la carte de l’Amérique par les autochtones il y a des siècles.Il datait d’avant Cristophe Colomb.Il datait d’avant Abraham et Moïse ! De plus, ce n’est pas un simple conseil de village qui a fait cette erreur, c’est le conseil des ministres du gouvernement québécois, à la suite d’une proposition inculte des responsables locaux et de calculs politiciens.La prochaine fois que vous regarderez une mappemonde ou une carte routière, quand vous verrez le nom de Chicoutimi quelque part près du Moyen Nord québécois, rayez-le.Ecrivez à la place cette niaiserie qu’on vient de nous inventer, qui dérobe le beau nom d’une immense région et de son fiord et nous fait dire, en jargon québécois fautif: «Ville de Sa-guanay».Et contemplez cette nouvelle erreur boréale.A moins que les Amérindiens ne s’aperçoivent que l'on vient de saccager un élément ma- LETTRES -?- jeur de leur patrimoine.Le nom de Chicoutimi était en effet, parmi les noms amérindiens de villes au Québec, le deuxième en importance après celui de la Vieille Capitale.L’ex-chef de la communauté huronne de Wendake-L’Ancienne-Lorette, Jean Picard, originaire de Chicoutimi, a commencé à les alerter du saccage en cours.Car le territoire «à la limite des eaux profondes» a été sillonné, en bateau et à pied, par les ancêtres autochtones bien avant les Européens.Et nommé par eux bien avant les décrets de fusions.Qui sait?Ce sont peut-être les Amérindiens qui pourraient sauver le nom de Chicoutimi, aujourd’hui perdu après ce dernier assaut sauvage.Paul Tremblay La Baie, juillet 2001 La communauté musicale du Festival de jazz «Labatt est une compagnie de Blancs.Le Festival de jazz est une institution de Blancs.S’ils veulent se caricaturer entre eux, ils peuvent bien le faire.» Faut-il vraiment passer plus de dix minutes à ce festival pour se rendre compte que ses couleurs sont variées, que s’il est peut-être dirigé par des Blancs, il attire et intéresse néanmoins les Québécois de toutes les origines, et ce, sans parler des milliers d’étrangers qui viennent nous visiter le temps de sa durée?Le racisme, sans aucun doute, doit être dénoncé.Mais pas au mépris de l’intelligence.Le Festival de jazz de Montréal, très loin d’être le Festival des Blancs, est l’exemple même d’un événement qui permet au peuple québécois, dans toute sa diversité, de se constituer comme un «nous».L’esprit de cet événement se trouve nécessairement dans cette communauté d’individus partageant une passion, un bonheur ou un plaisir commun: la musique.La publicité de Labatt, contre laquelle s’insurge M.Philip, de la ligue des Noirs, si elle a le défaut d'être publicitaire, n’en reste pas moins une illustration réussie de cette communauté «musicale» que contribue à créer le festival.Ce n’est certainement pas cette publicité qui instaure une distinction entre un «nous» blanc et un «eux» noir mais plutôt les vues déformées de certains qui ne peuvent comprendre que traiter l’autre comme soi-même constitue un pas obligé dans la formation d’une communauté.Le racisme, d’une manière tranchante, distingue le «nous» du «eux»; en s’insurgeant contre la publicité d’une compagnie de Blancs pour un festival de Blancs, M.Philip me semble être lui-même plus raciste que Labatt ne pourrait l’être dans sa pub.Comme quoi même les plus grandes causes ne garantissent pas l’intelligence de ceux qui les portent! Martin Frappier Montréal, 2 juillet 2001 Merci, M.Richler Rarement dans l’histoire d’un pays un grand auteur apparaît Notre pays a donné au monde l’un des plus grands écrivains du XXe siècle.Quoi que furent nos différends politiques et sociologiques, notre pays est aujourd’hui un peu plus pauvre.Merci, M.Richler.Que votre œuvre soit votre testament S.M.Pearson Greenfield Park, 3 juillet 2001 LIBRE OPINION Le Québec au niveau international : l’exemple suisse RÉJEAN PELLETIER Professeur de science politique Université Laval Lors du Sommet des Amériques, en avril dernier à Québec, le gouvernement du Québec a réclamé de participer aux négociations qui avaient lieu dans sa propre capitale ou, du moins, de rencontrer un certain nombre de chefs d’Etat et de gouvernement afin de leur exposer directement, sdris personne interposée, la position du Québec sur les différents sujets discutés au cours de ce sommet Ces deux réclamations lurent rejetées par le gouvernement Chrétien sous prétexte que seuls les Etats constitués étaient représentés à ce sommet et non pas les entités fédérées, comme les provinces canadiennes et les Etats américains.r La «doctrine Gérin-Lajoie» Depuis maintenant 40 ans, à peu près tous les gouvernements qui se sont succédé au Québec, qu’ils aient été d’allégeance unioniste, libérale ou péquiste, ont tenté de mettre en œuvre ce que l’on a appelé la «doctrine Gérin-Lijoie», du nom de son auteur, en ré clàmant le prolongement externe de leurs compétences internes.Si les provinces sont chargées de mettre en œuvre les traités ou les ententes conclus ]>ar le fédéral qui touchent aux compétences provinciales, en vertu d'une décision rendue par le Comité judiciaire du Conseil privé en 1937, il apparaît tout à fait logique que les provinces, dans leurs champs de compétence, puissent soit conclure directement ces ententes, soit participer pleinement aux négociations entourant ces accords.En vertu de la ligne dure qui prévaut actuellement à Ottawa, le gouvernement Chrétien a refusé et refuse encore de satisfaire à ces revendications sous prétexte de l'unité des relations extérieures, qui doivent être assurées, de ce fait, par le gouvernement central seul et non par les provinces.Et pourtant, le Québec, en compagnie d'autres provinces canadiennes, avait participé aux négociations entourant l’Accord de libre-échange avec les Etats-Unis sans mettre en péril ni l’unité canadienne ni la capacité d'Ottawa de parler d’une seule voue sur le plan international.Il faut dire que c’était à une autre époque, sous le gouvernement Mulroney, plus soucieux de la reconnaissance des provinces que d'agir comme si elles n’existaient pas.Une telle attitude de conciliation avec les provinces, et avec le Québec en particulier, avait d’ailleurs valu aux dirigeants conservateurs, en d’autres circonstances, le titre peu enviable de «pleutres» de la part d’un certain premier ministre à la retraite, libéral, il va sans dire.Et pourtant, la participation des entités fédérées aux négociations conduisant à des ententes internationales ou même la conclusion d’accords internationaux par ces entités ne sont pas aussi exceptionnelles qu’on pourrait le penser dans des fédérations européennes comparables à la nôtre.Que l’on songe à la Belgique, où la Constitution fédérale reconnaît que «les gouvernements des communautés et des régions, chacun pour ce qui le concerne, concluent les traités portant sur les matières qui relèvent de la compétence de leur conseil».Ce qui a conduit ces gouvernements à signer, des accords avec des entités qui ne sont pas des États souverains, comme le Québec, mais aussi avec des Etats étrangers souverains, sans compter les nombreuses antennes établies en pays étrangers et les diverses formules de représentation de ces communautés et régions dans l'Union européenne.Je doute fort que le gouvernement fédéral actuel ait la volonté et le courage de suivre l'exemple belge en ce qui a trait aux relations internationales des provinces.Peut-être pourrait-il s’inspirer, dans un premier temps, d'une autre fédération, la Suisse, qui vient d’adopter une loi sur la participation des cantons à la politique extérieure de la Confédération, loi entrée en vigueur le 1" juillet 2000?Cette loi, simple et courte (elle ne fait que huit articles), dégage quelques grands principes, fixe les principaux buts, établit la nécessité de consulter les cantons «lors de la préparation de décisions de politique extérieure qui affectent leurs compétences ou leurs intérêts essentiels» et reconnaît la participation des cantons à la préparation des mandats de négociation et aux négociations elles-mêmes lorsque les compétences des cantons sont affectées, tout en garantissant la confidentialité des renseignements.Certes, telle qu’elle est formulée, cette loi ne pourrait satisfaire pleinement les revendications du Québec.C’est une loi qui table avant tout sur la consultation et la participation des cantons, alors que la position ultime du Québec, dans la foulée de la doctrine Gérin-Lajoie, répond davantage au principe d’autonontie selon lequel le Québec peut participer directement aux négociations lorsque ses compétences sont affectées et conclure lui-même des accords dans ses champs de compétence.Mais elle constituerait une avancée par rapport à la situation actuelle, ce qui serait certainement un atout pour le Québec.La nouvelle Constitution suisse, adoptée par référendum populaire en avril 1999, va plus loin que la loi de juillet 2000.Elle prévoit dans une section traitant des relations avec l’étranger, la participation des cantons aux décisions de politique extérieure (article 55) ainsi que la possibilité pour les cantons, dans certaines limites, de conclure des traités avec l’étranger dans les domaines relevant de leur compétence (article 56).La loi suisse évoquée précédemment vise surtout à expliciter et à baliser l’article 55 de la Constitution.Je sais fort bien qu’à Ottawa, à l'heure actuelle, la voie constitutionnelle est complètement bloquée.La politique officielle consiste en effet à ne pas toucher à la Constitution canadienne à la fois parce qu’on craint un échec qui pourrait aider la cause du Parti québécois et parce qu’on se satisfait pleinement du statu quo constitutionnel actuel.En revanche, l’adoption d'une loi fédérale qui reprendrait les éléments essentiels de la loi et de la Constitution suisses est tout à fait concevable.Pour ce faire, il faut du courage et une volonté politique qui font encore défaut dans la capitale outaouaise.Le blocage du fédéral Je ne me fais donc pas d’illusions sur la possibilité d’une ouverture du gouvernement fédéral quant à la participation des provinces à la politique extérieure canadienne.On y préfère nettement le blocage à l’ouverture.Le premier ministre Chrétien aime mieux jouer au préfet de discipline et user de son arbitraire pour permettre ou, le plus souvent, interdire au Québec d’assumer un rôle sur le plan international.Habituellement lorsque cette permission est accordée, ou bien elle est soigneusement encadrée (par exemple, par un ambassadeur canadien), ou bien elle est habilement noyée dans une représentation plus vaste (comme au sein de la Francophonie).Surtout une telle attitude permet au prince d'utiliser son pouvoir arbitraire, comme chez les préfets de discipline d'antan, pour récompenser les bons élèves et punir les méchants (de surcroît lorsqu’ils sont séparatistes!).Depuis 1993, le gouvernement Chrétien ne veut pas bouger, aussi bien sur le dossier de la réforme institutionnelle fie Sénat et le processus électoral en auraient bien besoin, sans oublier le fonctionnement de la Chambre des communes) que sur celui de la réforme constitutionnelle.La nouvelle devise à laquelle on s’accroche peut se résumer à la formule suivante: avancer dans le statu quo. LE DEVOIR.LE VE N D R E D I (î .1111 I E T 2 0 01 IDEES Lettre d’un autochtone non inscrit Derrière un tas de pommes Nous avons conscience de nos différences d’avec vous; notre esprit passe d’une génération à l’autre, mais sans vous Les autochtones et nous rrarsviwu Lettre ouverte aux auteurs des articles parus dans Le Devoir sur les autochtones, en particulier Jean-Jacques Simard et Russel Bouchard.RAYMOND CYR es Indiens ont été lessivés aux brassages des siècles.Les voilà devenus Blancs.Adieu aux Indiens imaginaires: place aux autochtones, les Québécois nés ici, quoi! Voilà qu’il y a l’Amérin-dien, il y a aussi l’autre, surtout tous les autres au Québec.Finie, la question du droit aborigène.Ainsi, les Simard et Bouchard se sont parlé dans Le Devoir les 16 et 29 juin.Pour un instant je me serais senti au tribunal quand cet avocat s’adresse au juge par le cliché si usé: «Mon savant confrère.», qui, au fond, sait quoi, au juste?Chacune des parties en cour se construit une représentation d’un réel forcément partiel et s’y borne.Je suis un non-inscrit.Je suis de ceux qui n’ont jamais vécu sur les réserves.Depuis la fin des années 1600 jusqu’à moi (aujourd’hui grisonnant), ceux de ma lignée directe ont grandi dans les bois.Et j’entends par vous que la culture amérindienne est morte parce que vous en voyez de nous faire des emplettes au marché et que nos jeunes sont sans emploi; de vrais Québécois, quoi! Mais combien de vous font des emplettes pour les chevreuils?Riez, mais moi, je ne magasine pas pour les animaux des bois.Voici, èt pensez.Quand je viens du bois, l’automne, je vois à l’orée tant d’amoncellements de pommes, de maïs, de navets, etc., qu’il y aurait profit à ouvrir un dépanneur temporaire.Je sais.Vous n’avez pas le droit de traquer la bête hors la saison de chasse.Alors, vous la formez à vos habitudes «exotiques» pour l’abattre sur le tas de pommes.Vous dites-vous chasseurs simplement parce que vous tuez?Cinquante semaines de préparatifs et deux semaines à attendre de l’autre côté du tas de pommes, côté opposé à la forêt d’où vous espérez voir sortir l'animal (venu manger les pommes magasinées) devant l’homme des bois tendu de puissance virile.L’autochtone québécois héritier de la culture de ses ancêtres, est-ce cela?Parfois, vous tuez à l'arc, c’est plus sportif.Bravo (mais à bien moins de cent pieds)! Et combien de tueurs chanceux parmi vous se mettent ensuite à l'affût de ces recettes propres à enlever ce «goût de bois» de la bête abattue?11 est à croire que la plus grande épreuve est la consommation de la chair de la victime.Quel est le plaisir inavouable dans toute cette mascarade?Tuer?Bref, et à notre manière, nous pourrions longuement parler de la «culture» québécoise.Là, l’imaginaire et l’illusion sont sans bornes.On croit même s'affirmer en reprenant pour soi le mot «autochtone» que le Québécois a donné à l’Amérindien.L’esprit des aînés Vous êtes-vous déjà arrêtés à savoir comment l’Amérindien vous perçoit?En êtes-vous capables?Pour ma part, j’ai été élevé dans les bois.L’hiver servait de frigidaire et l'eau était prise à bouts de bras au ruisseau.Dès l’enfance, j’ai appris à être chacune des bêtes des bois, à les connaitre.J’ai aussi appris à être le ruisseau qui se meut.Je n'ai pas aujourd’hui ce besoin de voir la truite pour déposer mon hameçon devant elle.Je sais aussi quelle bête m’observe dans l’obscurité.Je viens d’un monde holistique, d’un monde qui ne dissocie pas les éléments pour les réorganiser à son goût ou les réinterpréter selon ses petits intérêts.Je parle ici de culture, et je vous laisse votre morale.Vous me direz que cette culture se perd avec le temps.Qu’en sa- vez-vous?L’esprit de mon grand-père passait à travers la description de la petite fourmi noire lorsqu'elle nous craquait sous la dent avec un goût particulièrement vinaigré, piquant, toujours present en moi.Aujourd'hui, je ne croque plus de fourmis noires mais je mange du porc-épic avec mes petits fils, et l’esprit des aînés y est toujours.Avez-vous conscience d’être différents de l’Amérindien, vous à l’esprit si irrémédiablement carte-sien?Et, surtout, ressentez-vous la différence de nos êtres d’avec les vôtres?Nous avons conscience de nos différences d’avec vous, île notre culture.Notre esprit passe d'une generation à l’autre, sans vous.Vous, en ce qui vous concerne, pouvez-vous parler d'une profondeur dame réelle?J’habite maintenant la ville car le gouvernement a ferme ma petite colonie, sise sur le faite des monts Chic-Chocs.Mes fils sont de la culture des hommes, celle de mon père, de son père, et ainsi de suite, jusque bien avant que le Blanc ne se mêle à nous.Ceux qui ne sont pas de notre culture nous trouvent étranges.Cela nous est évident.Moi, j'ai appris votre mode de pensée.J'ai mes études doctorales complétées aux universités, et il m’est evident que ce que vous prétendez savoir à notre su jet, vous ne le connaissez pas du tout.Vous nous traitez comme des abstractions car c’est le plus loin que votre esprit vous guide, me semble-t-il.Vous êtes derrière le tas de pommes.Mais, je vous en prie, continuez d’écrire.Entre vous, vous pourrez vous dire des vrais, des hommes des bois, ou, après avoir donné de la couleur au mot, vous appeler vous-mêmes des autochtones.Il y a tant de Bouchard et de Simard.Mordecai Richler, 1931-2001 JACQUKS NAIIKAU LK DEVOIR L’oeuvre de Mordecai Richler n’a cessé de célébrer la liberté individuelle.Qu’on le lise JOËL DES ROSIERS Vice-président de l'Union des écrivains du Québec (UNEQ) - qjourd'hui, Mordecai Richler est mort.A Ecrivain d’un XX' siècle que traversent la guerre, la Résistance et la Shoah, lui-même touché par le signe de l'affranchissement depuis l’enfance adossée à la -Main qui irrigue toute son oeuvre, il nous a laissé en héritage un dernier roman en forme d'autobiographie, peut-être son meilleur depuis L'Apprentissage de Duddy Kravitz.Clin d’œil malicieux, pied de nez ironique dans un pays dont la devise est «Je me souviens», le héros de Barney's Version est atteint de la maladie d’Alzheimer.Prolixes et ostentatoires, les notes de bas de page de la main même de l’auteur qui entend corriger les erreurs de son personnage, sous nos yeux, participent du foisonnement de l’histoire tout en nous remettant en mémoire l’avertissement de J.M.(¦.le Clézio: «f/w jour, il n'y aura plus d’art, il n'y aura plus que la médecine.» Peut-être n’avons-nous pas assez mesuré la source secrète de cette œuvre, frottée à la Torah et au Talmud.Li plupart des livres des prophètes ont été écrits en dos temps où l’écriture était rare, où régnait l’imprécation.On parlait sans doute beaucoup moins.Aujourd’hui, c’est le bruit et l'écriture qui sont |>ar-tout.L’œuvre de Mordecai Richler, dont la toute première publication paraît à Paris dans une petite revue de théâtre, n’a cessé de célébrer la liberté individuelle au sein d’une société contemporaine qui la presse et l’oppresse, qui cherche constamment à en tester la validité et les limites.Au nom de tous ses membres, l’Union des écrivains du Québec (UNEQ) salue la mémoire de Mordecai Richler, son corps emporté par la mort minuscule et furieuse dans le paradis des écrivains, parmi les encres, les rames de papiçr et les pointes bien taillées, comme une sorte d’Ezéchiel en exil à Babylone.Et nos morts, qui nous plongent dans le noir de la disparition, décédés comme lui depuis des lustres, garderont malgré tout leur place dans nos cœurs.Qu’on le lise.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Mes fils sont de la culture des hommes, celle de mon père, de son père, et ainsi de suite, jusque bien avant que le Blanc ne se mêle à nous.* F Réponse à Jacques-Yvan Morin Les excès du chartisme La protection des minorités est trop importante pour relever d'une simple loi ordinaire ANDRÉ BURELLE Ancien conseiller des gouvernements Trudeau et Mulroney J ai lu avec tout le respect qu’ils méritent les deux longs articles consacrés par Jacques-Yvan Morin à la défense du chartisme de Gérald Larose.M.Morin m’y prête certaines conclusions qui ne sont pas miennes, et sa façon de ramener la notion de droit fondamental à celle de norme fondamentale ne m’a pas convaincu.Mais peut-être ne sommes-nous pas aussi éloignés l’un de l'autre qu’il n’y paraît à première vue.Si l’on donne à l’expression «droits fondamentaux» le sens qu’il a dans la plupart des chartes modernes, je crois toujours «qu ’élever les droits linguistiques au rang de droits fondamentaux dans le cadre de la Charte des droits et libertés ou dans le cadre de la rédaction d’une Constitution du Québec», comme le recommande textuellement la commission Larose, ce serait transformer des droits collectifs, historiques et contingents, en droits imprescriptibles de la personne, et ce serait inviter les tribunaux à décider qui, des francophones, des anglophones ou des autochtones, possède en ce domaine les droits les plus fondamentaux.Et je soutiens toujours que pa- reille approche jouerait le jeu des chartistes à la Brent Tyler, qui «absolutisent» les droits des individus et condamnent depuis toujours la loi 101 en réclamant l’instauration du libre choix linguistique au nom de l’égalité de droit fondamentale des citoyens.M.Morin nous assure que la commission Larose n’entend pas revenir à «la liberté de choix du bill 63 de triste mémoire» (ce dont je n’ai jamais douté) et qu’elle prône plutôt une constitutionnalisation de droits linguistiques «collectifs et limités à la majorité francophone et aux minorité anglophone et autochtones».Et je le crois sur parole.Mais si tel est le cas, il me semble que la commission part du mauvais pied et qu’elle s’enferre dès le départ dans une contradiction.Sa reconnaissance constitutionnelle de droits linguistiques, limitée aux seuls membres des communautés fondatrices du pays, démontre d’emblée, s’il en était besoin, que ce sont là des droits fondés sur un compromis politique inscrit dans le contrat social et politique du Canada Et qua lifter de fondamentaux des droits qu'un citoyen tire ainsi de son appartenance à une communauté porteuse de droits historiques est peut-être destiné à rassurer les anglophones et les autochtones à propos de leurs droits linguistiques dans un éventuel Québec souverain, mais il y a là un abus de langage que ne manqueraient pas de détourner à leurs fins les adversaires de la loi 101.Cela dit, la protection des droits des minorités, y compris les droits des Franco-Québécois comme minorité francophone en Amérique du Nord, est une chose trop importante pour relever d’une simple loi ordinaire.Et, pour assurer cette protection, je ne m’oppose absolument pas «au constitutionnalisme devenu presque banal dans le monde contemporain», comme l’affirme M.Morin.Je soutiens simple ment que la meilleure façon de garantir constitutionnellement des droits collectifs en matière de langue n’est pas de les inscrire dans une charte des droits fondamentaux de la personne, comme l’a fait Pierre Elliott Trudeau en 1982 et comme semble à première vue le proposer la commission Larose.L’article 93 et l’article 133 de la Constitution canadienne reconnais- Enchâsser la loi 101 dans la constitution permettrait de réconcilier la Charte du français et la Charte des droits de la personne sent des droits collectifs à la minorité anglo-québécoise en matière de langue d’enseignement et en matière de langue d’usage à la législature et devant les tribunaux du Québec.Cette reconnaissance de droits, conclue entre majorité et minorité fondatrices, confère aux anglophones de la province des droits dont ne disposent pas les autres minorités du Québec et constitue donc, à ce titre, une limite à l’égalité de droit des citoyens garantie par les chartes canadienne et québécoise.Mais cette limite, née d’un compromis politique «dont la justification peut se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique».est dûment inscrite dans la Constitution, de sorte que les juges la tiennent pour une espèce de dérogation limitée mais permanente aux chartes des droits de la personne, acceptée par la majorité des citoyens à titre de condition sine qua non du vouloir-vivre collectif canadien.C’est ainsi qu’avant d’être modifié pour rasseoir les droits scolaires sur une base purement linguistique, l’article 93 garantissait des écoles confessionnelles à la minorité anglo-protestante du Québec.Et les juges acceptaient que soit ainsi privilégiée une religion aux dépens des autres, parce que cela faisait partie du compromis politique qui avait permis la naissance de la Confédération canadienne en 1867.A mes yeux, la Charte de la langue française, mieux connue sous le nom de loi 101, est une reconnaissance et un arbitrage de droits collectifs entre communautés fondatrices du pays, semblable aux articles 93 et 133 de la Constitution canadienne.Née d'un pénible compromis politique, jamais tout à fait accepté par la communauté anglophone du Québec, la loi 101 ne crée pas de droits fondamentaux.Four assurer la prédominance du français comme langue commune d’un Québec moderne, ouvert à l’immigration et au pluralisme culturel, elle trace au contraire des limites aux droits fondamentaux garantis par la Charte québécoise des droits de la personne: droit à l’égalité, droit à la liberté d’expression, interdiction de toute discrimination fondée sur la langue, etc.A ce titre, elle constitue une sorte de dérogation limitée mais permanente aux chartes des droits de la personne dont le Québec a besoin du fait que, pour vivre en français en Amérique du Nord, il doit imposer, par une règle de droit, des contraintes linguistiques que d’autres sociétés imposent sans états d'âme à leurs citoyens en s’en remettant aux seules forces invisibles du marché.Je cite souvent, à ce propos, une phrase de Kenneth McRae, qui résume à elle seule les raisons d'être de la loi 101: «Symmetry in Canada is unilingualism by law in Quebec and unilingualism by sociology elsewhere in Canada.» Enchâsser la loi 101 dans la constitution du Québec, comme le suggère M.Morin dans le second volet de son intervention, est une idée avec laquelle je suis entièrement d’accord.Car loin de céder au chartisme, qui' j’ai toujours dénoncé comme une tendance à ériger en absolus les droits fondamentaux garantis par les chartes, pareil enchâssement ferait jouer à la loi 101 un rôle similaire à celui des articles 93 et 133 de la Constitution du Canada.Il signalerait clairement aux juges que les dérogations à la Charte des droits fondamentaux de la personne contenues dans cette loi sont le fruit d’un compromis politique tenu par la majorité des citoyens du Québec comme une condition sine qua non du vouloir-vivre collectif québécois et canadien.Ainsi pourraient être réconciliées, au moins dans la constitution du Québec, la Charte du français et la Charte québécoise des droits de la personne.Resterait la réconciliation avec la Charte canadienne de 1982, du fait que le Québec fait toujours partie de la fédération.Mais les choses seraient claires désormais, et on verrait jusqu’où, aux yeux des juges, une constitution et une charte fédérales, tenues au respect du principe de non-subordination, peuvent prédominer spr la charte et la constitution d’un Etat membre lorsque celui-ci exerce ses pouvoirs souverains.L’ÉQUIPE DU DEVOIR • LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint an directeur de l’information), Valérie Dufour (général).Ma rie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports)', Paule des Rivière» ( éditorialiste), ]e.nn Dion, Louis-Gilles Krancœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet), Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Paré (santé), Michel Garneau (caricaturiste): Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Dumazet Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baülargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma); è l’information économique (rérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Claude Lévesque, Claude Turcotte; è l'information internationale : Jean-Pierre Legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires d Ottawa) François Cardinal, Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen l>vesque ; Marie-Hélene Alarie (secrétaire d la rédaction) ; I.nuise Maude Rioux Soucy, Marie-Claude Petit (commis) La documentation : Gilles Pari* * (directeur) ; Brigitte Arsenault Manon Derome Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard.Gyslaine CMé, Marlene Côté, Martin Fournier.Véronique (iéraud, Anouk Hurbutt, Christiane Legault.Jacques A.Nadeau, Claire Paquet Micheline RueOand.(publicitaires).Laurence Thénault (directrice adfointe), Manon Blanchette.SyMe Laporte.Martine Bérube (secrétaire) IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la pntduction), Claudine Bédard.Michel Bernatchez.Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Can tara, Rkhard Des Cormiers.Donald Filion, Yanick Martel.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE.Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélene Gervais, Dominique Lariviere, (responsable d la promotion des abonnements), Monique L’Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des senHces comptables).Céline Furoy.Olivier lachambre (contrôleur).Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle laperriere.Caroline Perrier, Danielle Ross IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (mce-président exécutif et directeur général). LE DE V OIK.LE VENDREDI H J I I L L E T 2 0 01 A 8 -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES UBI SOFT SUITE DE LA PAGE 1 générale de financement, venu en simple visiteur mais qui a tout de même avoué avoir eu des conversations avec les gens dTJbi Soft.Enfin, il y avait des représentants de Nasdaq, qui, comme chacun sait, intéresse particulièrement les entreprises de la «nouvelle économie».Avec une telle brochette d’invités, il est difficile de ne pas voir l’indice d’investissements à venir.Yves Guillemot président-directeur général d’Ubi Soft, ne cache d’ailleurs pas les objectifs de croissance du groupe dont lui et ses frères sont les actionnaires.L’an dernier, Ubi Soft a généré des revenus de 337 millions $CAN, en hausse de 39,4 % par rapport à l’exercice précédent.Dans cinq ans, Ubi Soft veut avoir atteint un chiffre d’affaires de 1,5 milliard $US, ce qui suppose une croissance de 45 % par année, dont une tranche d’environ 25 % attribuable à la croissance externe, c’est-à-dire par des acquisitions.M.Guillemot considère qu’un tel objectif est tout à fait réaliste et correspond à la croissance obtenue depuis quatre ans.la division montréalaise, qui a pleinement participé à cette croissance avec des effectifs qui totalisent maintenant 7(X) personnes en comptant ses propres employés et ce qui gravite autour, pourrait bientôt devenir la plaque tournante de toutes les activités d'Ubi Soft en Amérique du Nord.Au cours de la dernière année, l Ibi Soft a consolidé sa force de création sur ce continent en acquérant quatre nouvelles sociétés, soit Sinister Games, Red Storm Entertainment, Blue Byte et Game Studios.la réorganisation juridique envisagée ferait passer tous ces actifs sous la propriété d’Ubi Soft Montréal.La réflexion à cet égard devrait être complétée dans quelques mois.Ubi Soft prévoit se classer au troisième rang sur le marché européen à la fin de cette année et espère passer du huitième au cinquième rang en Amérique du Nord.«Après, il restera le Japon», a ajouté M.Guillemot, qui a aussi dit miser sur la capacité de l’entreprise de créer des produits à gros volume, avec des noms, cette année, comme Tarzan et Batman.Ubi Soft a acheté plusieurs marques réputées, ce qui incite à investir davantage étant donné que les risques commerciaux sont moins grands.Parmi les multiples projets sur la table, il y en a notamment un avec Jacques Ville-neuve, le pilote de Formule 1, qui vient régulièrement chez Ubi Soft pour participer aux travaux.L’assurance des dirigeants s’appuie entre autres sur des contrats avec Walt Disney et Warner Brothers.Ubi Soft compte actuellement des filiales dans 19 pays, dont la Chine, le Maroc et la Roumanie.La division de Montréal est devenue la plus importante dans son secteur d’activité avec une productivité et un coût de production très compétitifs, le personnel en place ayant été formé.Mais au départ, ce sont les cri-dits d’impôt offerts par le gouvernement du Québec qui ont convaincu les frères Guillemot de venir s’installer à Montréal.Rectificatif Contrairement à ce que Le Devoir écrivait hier, les députés bloquistes Stéphan Tremblay et Réal Ménard n’ont pas enfreint les règles de financement de leur parti, la; porte-parole du Bloc québécois avait confirmé que le plafond imposé aux dons provenant de particuliers était de 3000 $.Or il est plutôt de 5000 $.En conséquence, seule la députée Pierrette Venue a dépassé cette limite en versant une somme de 5413 $.Les deux autres députés ainsi que Michel Hébert, la quatrième personne nommée hier, étaient donc parfaitement en règle.Nos excuses.( iirpo (lirm t par Yvon Corbeil La plupart s’occupent de bêtises qui existent a peine; moi, je m’occupe de grandes choses qui n existent pas.LE DEVOIR les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction ©ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur la publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publie du lundi au samedi par le Devoir Inc dont le siège social est situe au 2050, rue De Bleury.P étage, Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimerie* Québécor Inc., 612.rue Saint Jacques Ouest.Montréal.1 agence lYesso Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir U Devoir est distribué par Messagerie* Dynamiques, division du Groupe Quebecqr Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n" 0858.Contrat de vente 40012291 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.ALGER SUITE DE LA PAGE 1 *?> >».a '"p «»« s*- îï1 *Si mm «¦l J! im ii liai.J| REUTERS L’interdiction de la marche a éclipsé les fêtes de l’indépendance.Tel ijiw .» • / i 'mm ms-j sur la route nationale dans la région de Bouira et Lakhdaria (70 km a l’est d’Alger), selon des témoins.Ce dispositif avait été mis en place dès mercredi pour prévenir toute infiltration dans la capitale.Toutefois, quelques délégués ont réussi à gagner Alger dès lundi et ont participé à un sit-in place du 1" Mai, lieu de ralliement des manifestants a Alger.Quelques centaines de manifestants se sont réunis en scandant «Pouvoir assassin!» et «Oulach s’mah!» («Pas de pardon!»).Leur sit-in a duré environ trois heures, après quoi la dispersion s’est faite dans le calme.Cette place d’où devait s’ébranler la marche vers la présidence de la République à El Mouradia, sur les hauteurs d’Alger, était entourée par d’importantes forces de police.Ceux des délégués berbérophones qui ont réussi à rallier la place du 1" Mai ont estimé que l’interdiction par les autorités de la marche risquait d’aggraver la situation.«Le mouvement risque de se radicali-ser malgré nous», a déclaré Noureddine Mezala, un délégué de la ville de Boumerdès.«On nous empêche de nous déplacer dans notre propre pays; bientôt il nous faudra des visas pour entrer à Alger», s’est lamenté un vieil homme.«Le pouvoir a montré sa vraie nature, c’est un pouvoir oppresseur [.] Notre combat continue et nous reviendrons», a quant à lui déclaré Belaïd Abrika, l’un des organisateurs, qui a demandé à la foule de quitter la place.La capitale était également quadrillée par de nombreuses unités antiémeutes surveillant notamment tous les accès venant de l’est et du sud.Aucun incident n’a été signalé.Interdiction du gouvernement I>es comités de villages et des aârchs de Kabylie devaient faire venir quelque 5000 délégués à Alger malgré l’interdiction des autorités, renouvelée le 2 juillet par le chef du gouvernement Ali Benflis ainsi que par le ministère de l’Intérieur.M.Benflis avait indiqué qu’il voulait éviter les «dérapages» de la manifestation du 14 juin à Alger, qui avait rassemblé des centaines de milliers de manifestants venant de Kabylie et avait tourné à l’émeute, faisant six morts et un millier de blessés.M.Benflis avait souligné sa disponibilité à recevoir une «délégation mandatée» mais s’était opposé à des manifestations de rue.De grandes manifestations qui ont parfois dégéné- ré en émeutes ont éclaté en Kabylie après la mort d’un lycéen, le 18 avril, dans la gendarmerie de Béni Douala, près de Tizi Ouzou.Elles se sont ensuite étendues à d’autres régions d’Algérie et ont fait au moins 60 morts et 2000 blessés.Cette marche avortée a cependant éclipsé à Alger les festivités du 391 anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962.Le président Abdelaziz Bouteflika a simplement déposé une gerbe de fleurs au monument des martyrs de la guerre d’indépendance (1954-62) et promu la veille sût généraux.FAÇADE SUITE DE LA PAGE 1 voire de certains espaces, comme le grand hall et ses lampadaires de l'atelier français Brandt ou les salles d'audience.Ne conserver que la façade de cet édifice, sur laquelle s’applique la Loi sur les biens culturels, sans aucune considération pour son architecture inté1 Heure, nous apparaît particulièrement inacceptable.» Le groupe de défense du patrimoine demande donc à la ministre de la Culture de classer l’intérieur de l’édifice.Ix; directeur-fondateur et président du conseil des fiduciaires du Centre canadien d’architecture (CCA) appuie cette demande de classement et l’étend à tout l’immeuble, y compris le mobilier dessiné par Ernest Cormier.«Il est donc primordial de veiller à la protection de l’ensemble, y compris les intérieurs et le mobilier, autant que l’extérieur de ce bâtiment», écrit Phyllis Lambert dans une lettre datée du 3 mai dont Le Devoir a également obtenu copie.«En garantissant à la ministre un droit de regard sur toute intervention, le classement permettrait d’assurer cette protection des intérieurs qui, parfois, sont modifiés ou perdent leur intégrité à la suite de réhabilitations maladroites ou même lors de simples mises aux normes.» Mme lambert rappelle aussi que la reconnaissance de l’œuvre d’Ernest Cormier (1885-1980) est telle que ses archives ont été classées biens culturels en 1981.Elles sont maintenant conservées au CCA Elle souligne qu’Ernest Cormier a également dessiné l’immeuble de la Cour suprême du Canada (1938-50) ainsi que des portes pour le siège de l’Organisation des Nations unies à New York.La fondatrice du musée de l’architecture évoque finalement une recommandation du rapport du groupe-conseil sur la Politique du patrimoine culturel du Québec (novembre 2000) voulant «que les biens culturels immobiliers importants dans l'histoire du Québec qui ne figurent pas encore à l’inventaire national soient classés».Les travaux d’aménagement pour la Cour d’appel doivent débuter en décembre prochain.Les conservatoires de musique et d’art dramatique quitteront définitivement les lieux la semaine prochaine.Les deux institutions seront redéployées rue Henri-Julien, sur le Plateau Mont-Royal, à Montréal, dans une anciepne polyvalente maintenant occupée en partie par l’Ecole nationale d’administration publique.Le mois dernier, le président du Conseil du trésor avait promis à l’Assemblée nationale qu’il s’agissait d’une solution «temporaire».A moyen terme, d’ici environ trois ans, les conservatoires pourraient bénéficier de la construction d’un vaste complexe immobilier, au centre-ville, comprenant surtout une nouvelle salle spécialisée pour l’Orchestre symphonique de Montréal.L’annonce officielle de la mise en œuvre de ce chantier est attendue d’ici l’automne.Le directeur du Conservatoire d’art dramatique de Montréal a démissionné de son poste le mois dernier parce qu’il jugeait insatisfaisantes les promesses du gouvernement.Il demandait aussi que son institution soit maintenue en place, au 100 de la rue Notre-Dame Est, en attendant cette éventuelle relocalisation dans la maison de l’OSM.«TQS et TVA vont se prendre à la gorge!» FEU JAUNE SUITE DE LA PAGE 1 programmer autant de publicité que possible, surtout aux heures de grande écoute, lorsque le tarif aux 30 secondes est le plus lucratif.Le CRTC s’attend de plus à ce que TVA continue de répondre aux besoins des collectivités desservies par les stations régionales, tant au chapitre des nouvelles que dans le domaine de la réalisation et de la diffusion d’émissions produites en région.Bref, contraintes de coûts et peu de possibilités du côté des revenus.Inquiétude et déception «Nous sommes très déçus de la décision du CRTC», dit le président du syndicat local de TVA Réal Lebœuf, en ajoutant que «personne dans la botte n ’applaudit l’arrivée de Pierre-Karl Péladeau».M.Lebœuf souligne que la perception des employés de TVA à l’endroit du nouveau patron n’est pas très favorable.«On a l'im- pression qu ’il va gratter les fonds de tiroirs pour économiser quelques dollars, dit-il Et la seule question que tout le monde se pose est: où va-t-il couper?» A la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), on était aussi très déçu.«Le CRTC impose un comité de surveillance et un code de déontologie mais ne donne aucune précision sur les modalités», dit Hélène Pichette, présidente.In FPJQ s était farouchement opposée à la transaction en mars dernier, lors des audiences du CRTC.L’organisme avançait alors qu'avec la mainmise à la fois sur les journaux les plus lus au Québec et sur le réseau le plus écouté, Québécor Média risquait d'imposer une vision unique à la grande majorité de la population québécoise.Même avec des salles de nouvelles entièrement étanches?Tout à fait, croit Mme Pichette.«Lorsqu'on embauche des gestionnaires de l’information, on a tendance à rechercher des gens qui partagent la même philosophie, dit-elle.Maintenant, on risque de voir disparaître les grands dossiers, les enquêtes poussées, etc.Ce ne sont peut-être pas les émissions les plus populaires, mais elles demeurent essentielles à la qualité de la vie démocratique.» Or, justement, à quoi peut-on s’attendre sur le plan télévisuel?les chiens écrasés vont-ils envahir le petit écran?«TQS et TVA vont se prendre à la gorge!», prédit René Vézina.Surtout si BCE, comme bien des experts le prédisent, met le grappin sur TQS.Déjà que les cotes d’écoute de TQS sont à la hausse, avec un joueur aux poches profondes pour l'appuyer, on pourrait assister à quelques flammèches au cours des prochains mois.«Et puisque TVA est le chef de file, elle a tout à perdre dans ce genre d'affrontement», dit René Vézina TQS a d’ailleurs récemment dévoilé ses couleurs avec l’embauche, pour sa programmation d’automne, d’animateurs-vedettes comme Normand Brathwaite, Jean-Pierre Coailier et Jean Lapierre, l’ancien politicien recyclé en analyste politique sur les ondes de CKAC.RÉSIDENCE SUITE DE LA PAGE 1 Mais à l'urgence, le médecin a toujours prétendu que c'était dû à une chute ou à une courroie trop serrée.Rien ne paraissait très clair dans la version donnée par la Résidence», déplore le fils de M.Martineau.La Résidence Louvain a aussi été le théâtre d’un autre accident mortel, en décembre 1999.alors qu'un patient en fauteuil roulant, limité visuellement, plongeait tète première dans un escalier non protégé.En 1997, une résidente ayant de forts déficits cognitifs effectuait une chute fatale après avoir facilement retiré la moustiquaire d'une fenêtre du deuxième étage.Ces deux accidents ont d’ailleurs mené à des enquêtes du coroner, dont les rapports concluent à des accidents qui auraient pu être évités.Des employés inquiets Certains employés interrogés par Le Devoir, qui ont requis l’anonymat, jugent que l'attitude de la direction face à ces décès frise parfois la banalisation.«Parce qu'il s'agit de personnes âgées et malades, on banalise ces décès.Si ces accidents s'étaient produits dans une garderie, ce serait un scandale public et il y aurait des enquêtes dans chaque cas», affirme une employée.In proche parente d'une autre bénéficiaire, retrouvée morte en mai dernier avec une grave blessure à la tête plusieurs heures après son décès, se pose aussi des questions sur le fonctionnement de la Résidence.«Une plaie très profonde lui traversait le visage.L'infirmière a même insisté pour que je ne la vois pas.Je ne saurai jamais quand et comment elle est morte, et si elle était déjà morte au moment de se faire cette blessure», a affirmé, sous le couvert de l’anonymat, la nièce de cette bénéficiaire, décédée en mai dernier.La Résidence affirme pour sa part que la patiente se serait affligée cette blessure en tombant de son lit de fer, après avoir succombé à un infarctus.Des décès inévitables, selon la direction La directrice de la Résidence, Diane Boyer, nie qu’il y ait quelque forme de négligence et affirme que ces accidents, bien que rares, ne sont pas inhabituels dans des centres qui accueillent des personnes âgées.«Je dirais qu’il n’y a pas de lien à faire entre tous ces événements qui sont tous différents.Je ne pense pas qu 'on aurait pu les prévenir et qu 'ils soient plus fréquents ici qu 'ailleurs», a-t-elle affirmé.Cette dernière a même ajouté qu’un autre patient de la Résidence avait subi une chute lors de l'utilisation d’un lève-personne.Pour ce qui est de l’accident dont M.Martineau a été victime, la Résidence nie toute responsabilité et juge qu’il n'y a aucun lien entre l’accident et le décès du patient.On admet cependant ne pas avoir cherché à rencontrer la famille pour offrir des excuses.«Ils [la famille] n'avaient pas l’air très contents, alors nous n'avons pas insisté quand ils sont venus vider la chambre», a reconnu la directrice.A la journaliste, on explique toutefois que la chute du lève-personne a pu être causée par un objet au sol, qui a fait basculer l'appareil.«Cela a pu débalancer le levier.C'est une hypothèse.On ne saura jamais vraiment ce qui est arrivé, mais toutes les procédures normales ont été respectées», affirme la directrice.A la suite de cet incident, on a décidé de remplacer les anciens protecteurs de côtés de lit, qui auraient pu empêcher l’employé de détecter la présence d’un objet sur le sol.Deux enquêtes du coroner Quant aux chutes mortelles survenues dans un escalier et par une fenêtre, l'administration de la Résidence l/nivain croit quelles n'auraient pu être évitées.Pourtant dans son rapport le coroner Yves Lambert qui a enquêté sur la chute du deuxième étage de Lau-rette Poupart parle d’une «mort accidentelle évitable».Son enquête, qui n’a jamais été médiatisée, révèle que les moustiquaires pouvaient se retirer «par une simple pression dans le coin inférieur».Pour sa part, la direction juge qu’il n’y avait pas lieu de s'inquiéter de la solidité des moustiquaires puisqu’elles «n 'avaient jamais posé de problèmes auparavant».Pourtant trois ans plus tôt le ministère de la Santé avait émis une directive claire pressant tous les établissements de santé de limiter l'ouverture des fenêtres pour des raisons de sécurité.Six mois après cet avis, les travaux amorcés pour sécuriser les fenêtres à la Résidence Louvain étaient toutefois suspendus à la suite de plaintes de résidents.Après la chute mortelle de Mme Poupart on s’est finalement décidé à visser les moustiquaires aux cadres des fenêtres.affirme Mme Boyer.Quant à la chute mortelle d’un patient survenue dans une cage d’escalier, la direction convient que le bâtiment actuel, qui accueille 155 résidents, n’a pas été conçu à l’origine pour recevoir des personnes grandement handicapées ou souffrant de déficits cognitifs.L’escalier où Charles Paradis a fait une chute en fauteuil roulant n’était pas protégé par une barrière physique, confirme le rapport du coroner.Pourtant 12 autres patients de la Résidence circulent en fauteuil roulant.«Il y aurait des modifications majeures à apporter au bâtiment.En attendant, on comptait sur le personnel pour surveiller les patients confits qui passaient dans ce corridor.Des plans de rénovation sont prêts depuis des années, piais nous attendons l'argent», affirme la directrice.A la recommandation du coroner, des poteaux et une chaînette ont depuis été installés pour bloquer l’accès de cet escalier aux fauteuils roulants.Quant à la patiente retrouvée plusieurs heures après sa mort sans que quiconque ait pu lui porter secours, la Résidence juge qu’elle a agi selon les règles de l’art même si la dame, aphasique, ne pouvait s'exprimer en cas de problèmes.«Cette patiente était autonome et ne voulait pas qu'on la dérange la nuit.Ce qui guide nos actions, c’est la volonté des bénéficiaires.L'évaluation du médecin est quelle est décédée d’un infarctus», précise la directrice.
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