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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 2001-07-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LE J E L R I 12 J L I L L E T 2 O O I A 8 -?LE DEVOIR ?NUNAVUT Une entente avec le gouvernement fédéral est sur le point d'intervenir SUITE DE LA PAGE 1 longtemps les îles littorales du Québec pour la trappe et la pêche.Les Cris sont d’ailleurs eux aussi en négociations avec Ottawa, mais il a été impossible de coqnaître l’avancée des travaux à ce jour.A la Société Makivik, le responsable des communications, Stephen Hendrie, a confirmé qu’une entente avec le fédéral est sur le point d’intervenir, fort probablement au début de l'automne, a-t-il précisé.Il s’est toutefois fait laconique lorsqu’est venu le temps de s’avancer sur les modalités de l’entente, se bornant à dire que rien n’est encore décidé.Au ministère fédéral des Affaires indiennes, personne n’a rappe lé Le Devoir.Poursuite abandonnée Les pourparlers, qui piétinaient depuis un certain temps, ont connu un regain de vie en janvier dernier lorsque la Société Makivik a accepté d’abandonner la poursuite qu’elle avait intentée en octobre 1999 contre le ministère fédéral des Affaires indiennes.Makivik en avait contre le Canada, qu’il accusait de négocier de mauvaise foi au sujet des territoires situés au Labrador.Ottawa négociait simultanément avec les Inuits du Labrador pour le même territoire, prétendaient les Inuits du Québec.La décision de Makivik d'abandonner sa poursuite, le 12 janvier dernier, a permis aux deux parties de s’entendre sur les éléments clés d’un accord de principe visant spécifiquement les îles situées au large des côtes du Québec.Lorsque l’accord sera parachevé, fort probablement à l’automne, la Société Makivik compte s’attaquer, «peut-être avec me stratégie différente», a-t-elle précisé, aux revendications des Inuits du Nunavik en ce qui a trait au Labrador et à sa zone maritime.Le Québec n'a pas été partie prenante de ces négociations.A la veille de la création du Nunavut, il y a deux ans, le gouvernement avait tout de même réaffirmé la position du Québec dans ce dossier, à savoir qu’il possède des intérêts dans des territoires qui ont été cédés au Nunavut lors de sa création.En 1992, se basant sur la Convention de la Baie-James, le géographe spécialiste du territoire québécois Henri Dorion avait fait la distinction entre les fles rattachées au Québec et les îles plus éloignées.Selon lui, toutes les îles du littoral non rattachées au continent à marée basse autour du Nunavik appartiennent dans les faits au Nunavut Quelque temps après, dans un texte publié par la Commission d’étude des questions afférentes à l’accession du Québec à la souveraineté.M.Dorion affirmait toutefois que la loi devait être révisée pour des raisons ancestrales.Les peuples autochtones nordiques du Québec, tels les Cris et les Inuits, utilisent depuis longtemps les îles littorales du Québec, avait-il rappelé.u UE F£ST/mL * C>AS DliSTE POUR RIRÊ — n !c ;ool RIRE SUITE DE LA PAGE 1 d’une réponse de l’humoriste français Guy Bedos à un journaliste qui lui avait demandé pourquoi il était venu presenter son spectacle aux FrancoFoües plutôt qu'au Festival Juste pour rire, il y a quelques années: «Parce que l’humour, c’est pas Juste pour rire.», avait lancé le roi de la formule.L’initiative vient des Zapartistes, un groupe d'artistes donnant des lectures de pièces et de textes engagés depuis un an.«Notre affaire, c’est la prise de parole, la prise de sens», résume le comédien Denis Trudel.rencontré en compagnie de l'auteur-humoriste François Paren-teau, à L’Aparté, évidemment.«Je connaissais Nadine, la propriétaire.Je révais d'un petit lieu de diffusion différent, à contre-courant.Ici, avec mes amis, on a la possibilité de parler autrement, de faire du sens autrement.Parce que le théâtre québécois n’offre plus de place au sens, parle de lui-même et ne fait surtout pas de place à la critique, aux réflexions politiques.C’est la même chose à la télé.C’est la même chose en humour.» Les soirées «à la bonne franquette» sont offertes gratuitement à une cinquantaine de clients, la faune du Plateau Mont-Royal.Les Zapartistes ont aussi bien lu des scénarios de films que des lettres de condamnés à mort ou des pièces commandées par Amnesty International.Ils étaient à l'ombre des barricades, avec leurs planches, pendant le Sommet des Amériques.«En gros, par rapport aux partis au pouvoir, on est de gauche, explique François Parenteau.Mais c’est une gauche plurielle.On a eu des discussions enflammées sur Cuba, entre ceux qui considèrent le cheminement de Castro et ceux qui le décrivent comme un monstre.» L’option indépendantiste a la faveur des agitateurs textuels.Pourtant, les spectacles ne ménagent jamais le «Piquiou» et surtout pas «les politiques néolibérales de Bernard Ixindry».L’anti-FJPR a débuté mardi et se poursuit jusqu'au 20 juillet Hier,/’vows passe quelqu’un qui parle français proposait des textes méconnus de Jean-Claude Grumberg, Jean-Michel Ribes et Roland Topor.Ce soir et demain, Et si le rire avait des dents s’organise autour d’extraits de Woody Allen, Cavanna, Coluche, Yvon Deschamps, Gilles Vigneault.A compter de dimanche, la machine rigolote et contestataire embraye sur un Cabaret politique.On y entendra une douzaine d’auteurs jouer leurs textes inédits, dont François Patenaude, Geneviève Rochette, Stéphane E.Roy, Trudel et Parenteau, évidemment Même le col- lègue Jean Dion a pondu.Ije menu varié du Cabaret comprend des numéros sur l’omniprésence de la pub, les OGM, la montée («présumée», précise le duo) de la gauche, les artistes mangeant à tous les râteliers, pratiquant la double trempette, un coup en spectacle le 24 juin, puis une autre fois une semaine plus tard à Ottawa, pour la fête de la Confédération.Le tir pas juste pour rire ouvre chaque soir à 21h.La bande a déjà marqué le coup avec son propre FFA (Festival de théâtre de L’Aparté), présenté en périphérie du vrai FTA (Festival de théâtre des Amériques) en juin.C'est que les marges ont la cote.Le Festival international de jazz a généré la sienne.Aujourd’hui même, Le Devoir présente aussi l’important volet off du Festival de théâtre d’Avignon et le FrancOFFolies.La dialectique plus ou moins tendue du gros et du petit, voire du bon et du méchant, se déploie dans toute l’industrie festivalière.François Parenteau connaît bien ces deux mondes.Tout en explorant régulièrement le§ franges zapartistes, il enseigne à l’Ecole nationale de l’humour, créée en 1988 avec l’aide de Gilbert Ro- zon, président-fondateur du FJPR.«J'ai assisté à un débat et je me suis proposé comme collaborateur aux cabarets», dit l’ancien participant à la Course autour du monde, qu’on a vu récemment dans une reprise de L’Ostidshow, spectacle culte des années 60.«J’ai imité Yvon Deschamps à un gala des Oliviers et j’ai rencontré Dnase Richer, la directrice de l'école.J'ai passé mes réflexions plutôt sévères sur le monde de l’humour, son école.Elle m’a ensuite invité à venir y enseigner! J'assume ma situation contradictoire.J'organise mes cours autour de l’actualité.J’ai trop le goût de faire rire pour être un bon journaliste et je suis trop intéressé par le brassage des idées pour être purement et simplement un humoriste.» Et si, l’an prochain, le Festival Juste pour rire faisait aux Zapartistes une offre d’intégration qu’ils ne pouvaient pas refuser?«Ce sera non, dit Denis Trudel.«Ce que je trouve beau dans notre affaire, c'est qu’on sort du "I want to pogne”.Du monde, on n'en manque pas.Alors, pourquoi on devrait rentrer dans une industrie culturelle?Et si, vraiment, on connaît le succès, je suis sûr qu’on va être capables de l’assumer tout seuls.» Procès Haounri Le jury amorce ses délibérations ASSOCIATED PRESS New York — Les doux individus qui ont témoigné contre l'Algérien Mokhtar Haouari, accusé d’avoir comploté dans le but de commettre un attentat à la bomlx-contre un aéroport, ont menti toute leur vie, a soutenu l'avocat de la défense dans son expose final, hier.Quelle «triste ironie» de voir que ces deux mêmes hommes sont au coeur de la poursuite du gouvernement contre Mokhtar Haouari, a ajouté l'avocat Daniel I.Ollen.Pour sa part, la procureure adjointe Robin Baker a exhorté les jurés à croire les témoignages d'Ahmed Ressam et d’Abdel Gha-ni Mcskini, déjà condamnés pour leur rôle dans ce présumé complot.«Nous ne vous demandons pas de leur décerner un prix de bonne citoyenneté, a-t-elle plaidé.Vous n ’avez pas à les aimer.Mais nous vous demandons de croire leur témoignage.» Le jury devrait entreprendre ses délibérations aujourd'hui.Haouari est accusé d’avoir aidé Ressaut, un compatriote algérien qui a déjà vécu à Montréal, à comploter pour faire exploser une bombe à l'Aéroport international de D)s Angeles.Si Haouari ignorait la nature de la cible, il savait que Ressam était en mission terroriste, affirment les procureurs.L’accusé «a joué un râle important dans ce qui aurait pu être une terrible tragédie», a souligné M' Baker.1rs témoignages entendus au procès, ainsi que les dossiers d'ap-ttels téléphoniques, les faux documents et les |tennis de conduire constituent autant de preuves accablantes, a-t-elle ajouté.Le complot a échoué quand Ressam a été arrêté, en décembre 1999, après avoir franchi la frontière eptre la Colombie-Britannique et l’Etat de Washington, au volant d’une voiture remplie de matériel explosif.11 a été reconnu coupable de terrorisme à I-os Angeles en avril dernier et est passible de 130 ans de prison.?- Par Yvon Corbeil -?Il y a des choses que je ne connais pas encore.Mais si j'apprenais à les connaître, je suis sûr que je finirais par les trouver stupides, LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 HU Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans fiais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans fiais) Lt Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.9 etage.Montréal.(Québec), H3A 3M9.R est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries QuebecOr Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Lt Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Contrat de vente 40012291 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.KYOTO «c’est même assez nébuleux, ce que les Américains veulent faire» SUITE DE LA PAGE 1 «Le problème, commente Margot Wallstrôm, c’est que nous, ne savons pas ce que nous attendons dans le cas des États-Unis.Je ne pense pas que nous puissions nous permettre d’attendre.Je pense plutôt qu’il faut mettre à profit l’élan de cet important processus politique.Si nous n’arrivons pas à négocier une entente globale et finale sur tous les points, au moins nous devons négocier les principaux éléments du protocole et commencer le travail avec cela.» «L’important, ajoute-t-elle, c’est de faire, ensemble, un pas en avant», laissant entendre subtilement que la communauté internationale doit faire un geste d’indépendance à l’endroit de la première puissance mondiale ou accepter qu’elle décide à leur place.Margot Wallstrôm pense en fin de compte que l’inaction a beaucoup plus d’effets négatifs sur le climat de la planète qu’un protocole sans les Américains.la commissaire européenne à l’Environnement récuse, en effet, la prémisse de David Anderson selon laquelle la communauté internationale ne pourra pas reprendre le contrôle du climat planétaire sans les Etats-Unis.«Je n ’accepte pas cela, commente Margot Wallstrôm, parce que je ne pense pas que nous devrions accepter de prendre le blâme pour le retrait des États-Unis du protocole de Kyoto.C'est leur décision.Mais, bien sûr, le protocole sera plus faible sans les Américains parce qu’ils demeurent la première source en importance de gaz à effet de serre de la planète.C’est pourquoi nous nous attendons à ce qu’ils passent à l’ac- tion, eux aussi.Mais à tout le moins, si on s’entend avec tout le reste de la planète, on arrivera à d’énormes réductions.Je ne pense pas que nous devrions abandonner l’esprit et la structure du protocole de Kyoto, qui reposent sur l’engagement d’en arriver à des réductions quantifiées des gaz à effet de serre.» Faut-il alors demander aux pays en voie de développement de participer à l’effort planétaire plus rapi-cjernent que prévu pour compenser l’inaction des Etats-Unis?«Nous devons aborder ces questions étape par étape, explique la commissaire européenne à l’Environnement./e pense qpe c’est véritablement regrettable ["it is a pity”] que les États-Unis se soient retirés du protocole.Et pour deux raisons.Nous aurions pu tenir compte de leur point de vue.Et d’autre part, je pense qu ’ils ne feront pas l’économie d'un débat chez eux sur leurs responsabilités dans ce dossier.» «Mais je ne peux pas deviner, ajoute-t-elle, ce qui va se passer aux États-Unis.Et même, ce que le gouvernement américain veut précisément à ce moment-ci.C’est même assez nébuleux, ce qu’ils veulent faire.Ils ont terminé la première partie de la révision de leur politique sur les changements climatiques mais nous n’avons pas encore vu un iota de leurs propositions d’action.» Mais la négociatrice en chef de l’Union européenne estime que, si une portion importante de la communauté internationale ratifie Kyoto, il en résultera une «pression énorme» sur les États-Unis, et pas seulement de la part de leurs partenaires étrangers traditionnels.«Il y a, affirme Margot Wallstrôm, de nombreuses sociétés commerciales aux Etats-Unis qui affichent une vision beaucoup plus ambitieuse et beaucoup plus visionnaire que celle du gouvernement américain.Ces acteurs économiques nous disent que nous devons rester au cœur du processus de Kyoto et qu’il faut continuer de négocier une entente internationale qui établira des règles qui nous permettront, ainsi qu a la communauté économique, de profiter des occasions d’affaires» que cet important changement de cap va susciter dans la production et la gestion de* l’énergie.Faudra-t-il créer une alliance économique nouvelle, limitée aux pays qui produiront avec des règles d’émissions sévères et fermée à ceux qui produisent à moindre coût, aux dépens de la planète?Diplomate, la commissaire européenne à l’Environnement commence par dire que le problème se pose différemment.«Cela dépend, dit-elle, de la façon dont on conçoit nos plans d’action.Je suppose que tous les pays vont devoir se livrer à cet exercice, comme nous l’avons fait dans le cadre du Programme européen de lutte aux changements climatiques.Il faut commencer par cibler politiquement les secteurs les plus stratégiques pour obtenir des résultat: alors, il faut à la fois agir sur la gestion de la demande en énergie et, aussi, sur la manière de la produire.Cela suppose de revoir aussi les pratiques agricoles et les politiques de transport.\.\ Je pense en somme qu’il faudra mettre au point des plans d’actions domestiques mais aussi s’entendre sur des règles internationales pour assurer leur succès.» PATRIMOINE Feu Gaston Cloutier, paternel de Rémi, était un têtu SUITE DE LA PAGE 1 donne le tournis.Mentalement, comme pour me convaincre que tout ça est vraiment là, j’énumère: le lait Coronation, le mais en sauce, le bleu à laver en vrac, le présentoir à bobines de fil J.R Coats, les teintures Ampollina, les concoctions pharmaceutiques, la superbe bonbonnière, la distributrice de mélasse au gallon, la caisse enregistreuse National en cuivre, la balance, les vêtements de travail, les souliers (modèles de toutes pointures!), les feutres et casquettes pour hommes, les accessoires de toilette, la vaisselle, les outils, divers types de fournaise au kérosène, les accessoires de chasse et pèche, les cahiers d’école vierges de tout exercice.Et le reste.Dans r«office», livres de comptes, factures, tampons sont à l’endroit où on les veut.Là où ils sont utiles.Dans la pièce d’à côté, la salle de barbier est complète et fonctionnelle, à cela près qu’il manque l’homme au coupe-chou.Carrioles et machinerie agricole emplissent la grande pièce adjacente au magasin.Je m'extasie: «Tout est là!» Le proprio Rémi Cloutier relativise: «Non.tout n’est pas là, seulement 80 % du matériel vient d’ici.» Seulement' Les voisins ont donné ou prêté des pièces complémentaires.Aucun artéfact n’a été acheté chez un antiquaire.De fait le lieu est un rêve fou d’antiquaire et de collectionneur.Source d'émerveillement et corollaire, de frustration.Car rien n’est à vendre.C’est le secret de l'affaire.Feu Gaston Cloutier, paternel de Rémi et grand-père de Pierre Paul (qui fait le guide quand papa est occupé), était un têtu.Un roc.Aussi inamovible que le rocher Percé, sept kilomètres plus au nord.À toutes les offres, à tous les antiquaires qui le harcelaient annuellement la même réponse sans appel: rien à vendre.Et c'est seulement à la mort de celui-ci que fiston Rémi a entrepris d’officialiser la visite guidée du lieu, à la suggestion d'André Boudreau, cofomenteur enthousiaste de La Vieille Usine de L’Anse-à-Beaufils, chouette salle de spectacles dont le précédent article de cette série narrait l'épopée.C’est ouvert depuis la mi-juin [ (418) 782-2225], Mesurez ma chance.Cela s’appelle le Musée Gaston-Cloutier pour signifier qu’on n’y trouvera pas le journal du jour fît son Gatorade favori (quoique la distributrice Coke des années 50 refroidisse encore les sept onces), mais ce «magasin général historique authentique», comme dit avec fierté la brochure, n’a rien du musée comme on le conçoit aujourd’hui.Il n'y a de toute façon plus de musées dans ce Québec où toute appellation est contrôlée, mais des «centres d’interprétation», lieux où préposés sans culture mais ayant appris leur boniment donnent le sens des choses et des gens.Exemple navrant, vu et visité en début de périple: le Centre d’accueil et d’interprétation de Havre-Saint-Pierre.De l’extérieur, splendide façade, c’est l’ancien magasin de la Clarke et de la Compa- gnie de la Baie d’Hudson.À l’intérieur, c’est un machin à pitons.Un parcours de «tableaux thématiques», ou les rares objets de l’histoire maritime locale sont dûment «interprétés» à l’aide de plaquettes et de témoignages obtenus en pesant sur le bouton indiqué.Misère.Après quelque 3000 kilomètres, de centre commercial en centre d'interprétation, je désespérais de trouver un lieu décentré, hors du (court) circuit balisé.Jusqu’à l’admirable magasin de M.Gaston.Œuvre de résistance et d’opiniâtreté.Miracle de ra-masseux dans une contrée où la prospérité passe par le neuf et le jeté apres usage.Curieusement, après L'Anse-à-Beaufils et jusqu'à Carleton, partie plus anglaise du littoral gaspésien, d’qutres survivants du passé parlent au présent.A Pabos, un autre magasin général est en cours de revitalisation.Mieux, à Port-Daniel, l’Old-Fashioned General Store de Winston Sweetman ] (418) 396-2925], entre vieux comptoirs et beaux étals d’objets d’époque, sert ençore et toujours le client.Avec causerie en prime.A des années-lumière du centre d'interprétation, c’est là, chez les Sweetman, Cloutier et quelques autres, qu’on en apprend le plus sur l’histoire de son pays.Sylvain Cormier est l’invité du ROSEQ, des Associations touristiques régionales et du ministère du Tourisme.
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