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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-07-21, Collections de BAnQ.

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C’est le plus beau risque francofou de cette année: offrir à un artiste de chanson une résidence de cinq spectacles distincts en cinq soirs, comme aux musiciens étoiles du cousin jazz.Qu’Arthur H soit le premier volontaire n’est pas fortuit.C’est parce qu’il a beaucoup de mines différentes: 1H, 2H, 3H, 4H, 5H! Mais aussi parce que le programmateur et lui s’aiment bien.Non sans raison.SY.LVAIN CORMIER Ça commence mercredi au Nouveau Club Soda.Non, pas les FrancoFolies.Un jour avant tout le monde, Arthur H entreprend ce que personne d'autre n’a tenté avant lui.Cinq spectacles entièrement différents, aux oreilles translucides près, en autant de soirs.Il se produira en solo mercredi, en trio jeudi, donnera une partie de l’album Madame X avec Barsony en renfort vendredi, puis le reste de Madame X avec le concours de Jorane et son diable de violoncelle samedi, et il ravivera enfin la manière baroque des belles heures du Bachibouzouk Band dimanche.Et lundi?Il fera comme Dieu le septième jour pas grand-chose.Un festival Arthur H, quoi.C’est une idée de Laurent Saulnier, programmateur des scènes extérieures et des séries «jeunes» aux Franco-Folies.Idée qui lui germe entre les favoris depuis une sacrée mèche.«Avec sa voix râpée, Arthur H passe d'un style à l’autre à la recherche d’une musique vraie», écrivait le même Saulnier dans feu Chansons d’aujourd’hui, épique revue québécoise d’amants de la chanson, en novembre 1989, après le passage du fils Higelin au festival Coup de cœur francophone.Dans son ancienne vie de chroniqueur de la scène rock à Voir, Saulnier avait des chouchous avoués et cultivait des complicités: avec Thomas Fersen, Arthur H, il est vite devenu copain.«C’est vrai qu’on se connaît depuis longtemps», avoue volontiers Arthur H entre deux slurp! au bar de l’hôtel des Francos.«Je suis son ascension avec attention.Qu’est-ce qu’il pourrait devenir d’autre?Président de la musique, ce serait bien, non?Je suis très heureux qu’il m’ait proposé cette idée, qui est vraiment excitante, marrante.» Moi qui ai toujours des rames de métro de retard, j'ai trouvé la ligne H en 1991, à l’occasion d’un spectacle avec le Bachibouzouk Band au vieux Café Campus du chemin Queen Mary.C’était sa période Tintin-à-l’Exposition-univer-selle, Arthur s’entourait alors d’instruments extraordinaires et fabuleux des années 30 — ondes Martenot, Cristal Baschet — et se faisait un peu la tète de Ben Youssef quand il piétine la queue d'Aïcha, le tigre de l’émir (dans Le Devoir, Pascale Pontoreau et Bruno Rouyère avaient adapté une entrevue du chanteur pied-nickelé en bande dessinée).Je l’ai vu ensuite au Spectrum, au nouveau Campus, au Cabaret Arthur H.n’a jamais vraiment cessé de nous fréquenter depuis la fin des années 80, proposant au public d'ici chacun de ses spectacles invariablement variés, allant jusqu'à graver en 1993 l’essentiel de l’album En chair et en os au bar Le D’Auteuil à Québec.VOIR PAGE C 2: ARTHUR H MUSÉES La nouvelle Pulperie Page C 2 DANSE Festival de Saint-Sauveur Page C 3 MUSIQUE François Morel à Lanaudière Page C 7 Cinéma Page C 4 Disques Page C 6 syj OC H" LU O CO LU O LL o O Z < oc U.CO LU C 2 I.K I) K V O I R .L E S S M EDI ï i E T U I M A X ( H E JUILLET 2 0 0 I =\ I! ' MUSÉES La pilote aux commandes de La Pulperie de Chicoutimi JEAN CLAUDE KOCH EFORT Yolande Racine est une figure bien connue du monde de l’art québécois puisqu'elle a œuvré à titre de conservatrice en art contemporain au Musée des beaux-arts de Montréal pendant plusieurs années, soit de 1982 à 1993.Entre autres expositions de son cru, on lui doit la première rétrospective de Betty Goodwin et Avant-scène de l’imaginaire, l’une des rarissimes occasions où il nous a été donné de voir la jeune création en art contemporain dans les salles de l’institution de la rue Sherbrooke.Après un bref passage au Musée d’art contemporain, de 1994 à 1997, elle s’est retrouvée pratiquement du jour au lendemain directrice générale du vaste complexe de la Pulperie de Chicoutimi.Récapitulons sommairement les événements.Après les inondations de juillet 1996, plusieurs éléments du patrimoine bâti de ce site ont été sérieusement affectés par le déluge.On a donc décidé d'en profiter pour promouvoir activement un projet de restructuration et de rationalisation des équipements culturels qui existaient déjà.Ce projet visait notamment à regrouper en un seul lieu la collection du Musée d'art et d’ethnologique du Sague-nay-Lac-Saint-Jean de Chicoutimi.L’ampleur de la tâche était énorme et le temps pressait H fallait concevoir un type d’aménagement qui permettrait d’insérer le nouveau musée à même la coquille architecturale du Bâtiment 1921 et trouver un nouveau directeur qui saurait mener à terme les travaux d’aménagement de l’édifice « ‘Ip- jSrfC® & -, — •à A wÊâÆt&àfam s.’j.' ï ¦ fc' .iM.SOURCE PULPERIE DE CHICOUTIMI Le vaste complexe de la Pulperie de Chicoutimi compte à l’heure actuelle près de 26 000 pièces dans sa collection, dont la légendaire maison d’Arthur Villeneuve, que l’on voit ici au moment de son «entrée» au musée.et définir clairement les grands axes d’orientation de ce nouveau temple régional de la culture.On a fait un appel de candidatures pour combler ce poste et, à la suggestion du spécialiste et professeur de muséologie Raymond Montpetit, les candidats sélectionnés lors de ce concours national auraient à plan- cher pendant quelques heures sur trois questions relatives aux destinées du futur musée.Par souci d’équité, le conseiller spécial avait demandé aux candidats de remettre leurs copies sous le couvert de l’anonymat.C’est donc en toute impartialité que le comité de sélection a procédé à l’évaluation des 3ü 2I> juillet au 4 acût 2CC1 IBtaïftJfS DE MONTREAL Pounnformations: -¦-Trancofoîïg^' mclieCHty 2OH00 LES EVENEMENTS FORD ESCAPE Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts, 175, Ste-Catherine Ouest .4- SOI Kl 1- KKSTtVAI DCS AK CS DK SAIN I SAUVKUR Cette année, le Festival des arts se fait plus audacieux en invitant la compagnie québécoise PI’S Danse et sa pièce Bagne dans sa version pour femmes, une chorégraphie de Pierre-Paul Savoie et Jeff Hall.en résidence en 1994, au Festival Hiawatha, la première mouture du Festival de Saint-Sauveur, nous dit Jacques Delisle.La cinquième édition était une bonne occasion d’intégrer l’œuvre à la programmation.Cela nous permet de nous rapprocher de ce qui se fait en danse actuellement au Québec.» Sous le chapiteau sera aussi présenté en première canadienne la Rambert Dance Company, remarquable autant par sa créativité que par sa longévité.Créée en 1926, le Ballet Rambert, du nom de sa fondatrice Marie Rambert, pilier de la danse britannique et européenne au XX' siècle, n’a interprété pendant des décennies que des pièces du répertoire classique.Puis, dans les années 60, qui ont vu émerger ^vec force la danse moderne aux Etats-Unis et la danse expressionniste allemande, la compagnie décide de s'ouvrir à la création et intègre de ce fait les nouvelles techniques de danse contemporaine à la formation de ses danseurs.la Rambert Dance Company est née et offre depuis 35 ans un répertoire riche et diversifié.Des quatre pièces présentées les 27 et 29 juillet, trois ont été créées par Christopher Bruce, chorégraphe et directeur artistique, avec des musiques populaires comme celles de Bob Dylan et des Rolling Stones.L’autre compagnie attendue est Complexions, de New York, un amalgame explosif de danseurs provenant des plus grandes troupes américaines comme le Alvin Ailey American Dance Theater, le Jeffrey Ballet et l’American Ballet Theater.Dwight Rhoden, le chorégraphe attitré, et Desmond Richardson, l’étoile incontestée de cette jeune compagnie, ont rassemblé 17 danseurs d’origines diverses mais qui ont en commun d’avoir déjà brillé de tous leurs feux sur d'autres scènes.1a* programme qui sera présenté les 2 et 4 août a tout pour attirer et satisfaire un large public: six courts duos et solos et deux pièces de groupe sur des extraits de musique populaire, de James Brown à Prince.Les New-Yorkais, qui ont le génie d'allier puissance athlétique et exubérance, devraient nous offrir un spectacle électrisant.L’ex-première danseuse des Grands Ballets canadiens, Andrea Boardman, sera aussi du programme comme artiste indépendante, avec trois pièces qu’elle interprétera avec Petr Zus-ka, un collègue des Grands Ballets.I.a relève lœ Festival des arts de Saint-Sauveur a toujours eu à cœur de stimuler la relève et de lui offrir une vitrine.Ce sont d,’ailleurs les jeunes finissants des Ecoles supérieures de danse du Québec et de Marseille qui ouvriront le bal, le jeudi 26 juillet.Mais là où le festival se distingue, c'est par son concours bisannuel de chorégraphie et de composition musicale pour la danse.Cette année, les lauréats de l'été 2000, la chorégraphe Sarah Slipper et le compositeur Alan Terricciano, sont en résidence pendant trois semaines à Saint-Sauveur pour créer une nouvelle œuvre.Afin d’associer le public au processus de création, les portes du gymnase de lecole de la Vallée, transformé en studio, seront ouvertes aux curieux, qui pourront toucher de près à l’univers ixirfois mystérieux du travail chorégraphique.D' nouvelle création sera présentée sous le chapiteau où les deux lauréats partageront l’affiche avec Andrea Boardman et PPS Danse, le lendemain.Une marque de confiance qui honore le comité artistique du festival.Éclectisme L’éclectisme marque aussi le volet musical.Outre l'orchestre de chambre 1 Musici, qui présentera sous le chapiteau un Hommage à Verdi, les sœurs Kate et Anna McGarrigle, des filles de Saint-Sauveur, et Natalie Choquette, des musiques du monde feront vibrer et parfois danser les spectateurs devant la scène extérieure.Parmi ce kaléidoscope de rythmes figurent la Brésilienne Bia, le gui-taristc flamenco Juan Jose Carranza, le Grand Dérangement, un groupe de danseurs e( de musiciens de la Nouvelle-Ecosse, et d’autres.lx- Festival des arts de Sainl-Sauveur manifeste un désir de durer et de toucher un large public, qui est appuyé par des donateurs convaincus qu'il faut soutenir la danse.Il nous faut souhaiter que les gouvernements québécois et canadien, qui ont contribué au financement pour la première fois cette année, continuent do partager cet enthousiasme.SOURCE UNIVERSITY OF KANSAS Alfred Jarry, Véritable portrait de Monsieur Ubu, tel que publié dans l’édition d’Ubu Roi au Mercure de France, en 1896.%Àut Le Festival des Arts DE ST-SAUVEUR 26 juillet au 5 août 2001 Spectacles gratuits sur la scène extérieure! Bïa • Chantier • Montréal Tango Juan José Carranza Mazik • Le Grand Dérangement Réservation : 450.227.9935 Admission : 514.790.1245 / 1.800.361.4595 www.artssaintsauveur.com LA SÉRIE POWER CORPORATION DU CANADA Jeune Ballet du Québce & FÉcole Supérieure de danse de Marseille 26 juillet, 20 h 30 La crème de la jeune relève québécoise et f rançaise.Rambert Dance Company 27 & 29 juillet, 20 h 30 La plus ancienne et lu plus importante compagnie de danse moderne d’Angleterre.L'Orchestre de chambre I Musici 28 juillet, 20 h 30 (| Présente un Hommage à Verdi avec la soprano Giana Corbisiero et le ténor Marc Hervieux.Création originale - 2001 - A River in a Dry lünd 31 juillet et 1er août, 20 h 30 Première mondiale de la création originale de Sarah Slipper & Alan Terriciano, gagnants de PéditionlOOO du concours de chorégraphie et de composition musicale.Andrea Boardman 31 juillet, 20 h 30 Grande première de la carrière solo de cette danseuse étoile des Grands Ballets Canadiens.PPS DANSE 1er août, 20 h 30 Présente BAGNE pour femmes.Acclamé par le public et la critique à New York.Patrimoine canadien COM >1 DRAFTS IT DCS IfTTUfS DU QUtilC le Devoir Complexions 2 & 4 août, 20 h 30 Jeune compagnie New Yorkaise qui connaît un immense succès international.Natalie Choquette 3 août, 20 h 30 « Potins exquis et divines confidences » Kate et Anna McGarrigle 5 août, 20 h 30 De retour dans leur village natal./ C J LE Ü E Vr 0 I H L E S S A M E 1) I ET DI M A X C H E 2 2 J T I L L E T 2 0 0 I ?CINÉMA Amours particulières sur fond de répétition LOST AND DELIRIOUS (REBELLES) Réalisation: Léa Pool.Scénario: Judith Thompson, d’après le roman de Susan Swan.Image: Pierre Gill.Montage: Gaétan Huot.Musique: Yves Chamberlan.Avec Piper Perabo, Jessica Paré, Mischa Barton, Jackie Burroughs, Graham Greene.Canada, 2001,105 minutes.MARTIN BILODEAU Il existe un espace où Léa Pool, femme déracinée et cinéaste de l’exil intérieur, n’est pas une étrangère, et cet.espace, c’est le film.Avec ImsI and Delirious, son premier fdm tourné en anglais, et œuvre de commande de surcroît, la cinéaste de La Femme de l’hôtel poursuit une quête d’identité incessante, ici multipliée sur trois personnages de jeunes collégiennes, dont le pensionnat, reculé dans la campagne canadienne, et l’apprentissage des textes de Shakespeare constituent des terrains d’expression et de découverte.Partie d’un scénario de Judith Thompson, lui-même tiré d’un roman, ne Wives of Bath, signé Susan Swan, Léa Pool explore ici ses thèmes de prédilection, à travers les amours sa-phiques de deux jeunes élèves, Paulie (Piper Perabo) et Victoria (Jessica Paré, qui jouait la starlette d’Arcan dans Stardom), sous l’œil d’abord choqué puis bienveillant de Mary (Mischa Barton), la nouvelle pensionnaire, qui partage leur chambre, puis leur secret.Démasqué un beau matin, puis compromis par la raison sociale (Paulie s’assume au grand jour tandis que Victoria renie son amour), ce secret devient source de douleur, de médisance et d'opprobre, sous les yeux impuissants de leur délicate amie ainsi que de ceux de la directrice du pensionnat (Jackie Burroughs), qui communique à ses élèves sa passion pour le Grand Will et épie du coin de l’œil les secousses sismiques que provoque en elles la découverte de lady M.Bien que la facture du film soit assez transparente, la cinéaste, visiblement, a su s’approprier le sujet, quitte à y injecter, comme à son habitude, un symbolisme un peu lourd.Le meilleur exemple de cette lourdeur étant la relation que Paulie entretient avec une chouette blessée, à laquelle elle réapprendra à voler en pansant elle-même ses blessures de cœur.Ces scènes nocturnes, d’une poésie moribonde, se développent en porte-à-faux avec la réalité quotidienne du pensionnat, que la cinéaste fdme avec une attention minutieuse, quelques scènes rappelant d’ailleurs l’excellent Dead Poets Society de Peter Weir, dont le campus semblait, comme celui de lj>st and Delirious, figé dans le temps.Cinéaste de contrastes, portée par des sentiments qui ne sont pas toujours traduisibles en images ou en récits, on sent néanmoins que l’espace que Léa Pool a été invitée à occuper est contraignant, que ses personnages, faute de dialogues inspirés, manquent de chair.De fait, le scénario se joue sur deux tableaux qui s’annulent: le premier, qui nous communique le regard de Mary sur cette mouvance amoureuse et ces contradictions entre les raisons du cœur et celles de la tête, est habilement rendu, grâce à une mise en scène délicate qui traduit bien la timidité découvreuse de ce regard; le second, sur la liaison de Paulie et Victoria, nous amène trop vite à son point d’aboutissement.Ainsi, dès la rupture, Paulie devient une amoureuse fougueuse, sans commune mesure avec ce quelle était quelques minutes plus tôt, et Victoria, malgré une scène censée prouver le contraire, affiche une indifférence incompréhensible face à la cour chevaleresque que son expartenaire lui fait.Certains attribueront la tiédeur qu’inspire Lost and Delirious au fait que Léa Pool est étrangère à ce milieu anglo-saxon aux codes séculaires, pour en rendre toutes les nuances.C’est oublier que le cinéma, comme la littérature, est un lieu d’appropriation et de découverte: Ang Lee ne connaissait rien de la révolution sexuelle américaine dont il parle avec brio dans ne Ice Storm, et Patricia Ro-zema évolue à cent lieues, et avec deux siècles d’écart, de l’univers de Jane Austen, quelle a pourtant si bien illustré dans Mansfield Park.Non, le rapport entre Lost and Delirious et Léa Pool en est un de familiarité: malgré un contexte radicalement différent (Léa Pool, après tout, était jusqu’ici une cinéaste du monde urbain).les thèmes et les symboles chers à l'auteure A'Anne Tristerse répètent, et il semble que la cinéaste, après un Emporte-moi où elle affichait une nouvelle santé, n’a pas trouvé dans ce film sur les «amitiés particulières» les éléments qui lui auraient permis d'avancer dans sa démarche.Léa Pool n’a pas trouvé dans ce film sur les «amitiés particulières» les éléments qui lui auraient permis d’avancer dans sa démarche SOURCE FILMS SÉVILLE Piper Perabo joue le rôle de Paulie et Mischa Barton celui de Mouse dans le film de Léa Pool, Lost and Delirious.em pm ARCHIVES LE DEVOIR Michel Spinosa n’a pas fait des personnages de La Parenthèse enchantée des héros, et ses acteurs échappent à tous les archétypes.Le cinéaste est plutôt allé au fond d’eux-mêmes pour montrer, à travers leurs comportements, leurs discours et le regard qu’ils jettent sur le monde qui se meut autour d’eux, l’échec d’une société qui croyait se réinventer et qui, dans le processus, a confondu ses rêves avec des mirages.Rêves et mirages LA PARENTHÈSE ENCHANTÉE Écrit et réalisé par Michel Spinosa.Image: Antoine Roch.Montage: Valérie Deseine, Étienne Curchod.Avec Clotilde Courau, Vincent Elbaz, Géraldine Pailhas, Karin Viard, Roschdy Zem.France, 2000,88 minutes.MARTIN BILODEAU La parenthèse enchantée du titre identifie cette période faussement heureuse et insouciante, enchâssée entre Mai 68 et le début des années 80.Ces années, les cinq personnages principaux de ce charmant second long métrage du Français Michel Spinosa les traverseront, non sans mal, déchirés par leur désir de se battre pour leurs idéaux et le désir inconscient de perpétuer un modèle d’existence semblable à celui qui les a façonnés.Du nombre, seule Alice, jouée par l’excellente Clotilde Courau, fera le choix (ou du moins c’est ce quelle pense) d’une vie libre, tout entière au service du combat féministe (ou du moins c’est ce qu’elle pense), tandis que Vincent (Vincent Elbaz), qu’elle aime et qui l’aime, épousera Marie (Géraldine Pailhas), et que le meilleur ami de celui-ci, Paul (Ro-$chdy Zem), fera de même avec Ève (Karin Viard).Figure mythique parmi ce quatuor, Alice fera quelques apparitions furtives dans leurs vies sans passions, où l’un et l’autre trompe l’autre avec l’un, et vit en rupture avec ses propres désirs de s’échapper, ou de succomber aux pièges amoureux que l’existence lui tend.On pense bien sûr au Péril jeune de Cédric Klapish et à Mina Tan-nenbaum de Martine Dugowson, bien que ces films, qui nous reportent à la même époque, parlaient des idéaux perdus avec moins de gravité et d’amertume que ne le fait Michel Spinosa.La recherche du plaisir, le droit à l’avortement, la guerre des sexes et la société de loisirs, bref tous ces idéaux qui ont bourgeonné dans les années soixante, entre la floraison et le dessèchement, ont laissé dans l’esprit du cinéaste, et du nôtre, au sortir du film, un goût amer.Spinosa n’a pas fait de ses personnages des héros, et ses acteurs échappent à tous les archétypes.Le cinéaste est plutôt allé au fond d'eux-mêmes pour montrer, à travers leurs comportements, leurs discours et le regard qu’ils jettent sur le monde qui se meut autour d’eux, l’échec d’une société qui croyait se réinventer et qui, dans le processus, a confondu ses rêves avec des mirages.La réalisation sobre nous fait avancer dans le temps sans que le film se transforme en carnaval archéologique.Outre quelques chansons populaires recherchées et à propos, on remarque ici une barbe poussée pendant une ellipse, là une chevelure raccourcie l’espace d’une séquence, lesquelles suffisent à illustrer le vieillissement des personnages, en plus de révéler, sur leurs visages, des traits jusque-là inédits, qui alimentent le «mensonge-cinéma».Le personnage d’Alice, rêveuse et amoureuse de la vie, pourrait être la cousine côté soleil de Mina Tannenbaum, l’analogie étant inspirée par le fait, aussi, que Courau ressemble un peu à Romane Bohringer.Outre son jeu à elle, impeccable, qui révèle un visage grave et adulte derrière la femme-enfant où le cinéma français l’a souvent cantonnée (ne le fait-il pas avec toutes les filles un peu jolies?), on reste stupéfait par la profondeur psychologique du personnage tourmenté et silencieux de Vincent Elbaz, et par celui de la polyvalente Karin Viard, maladroite et sauvageonne, mariée à un homme qu’elle n’aime pas, incarné par l’excellent Roschdy Zem.Malheureusement, le scénario manque de nuances lorsqu'il se tourne vers les problèmes sexuels de ce couple et raconte son séjour dans un centre de «ressourcement».Si cet épisode, assez drôle, nous éclaire sur les méthodes de traitement pour lesquelles cette génération a joué les patients 0, il ne nous apprend rien sur les personnages eux-mêmes et fait reculer le film de son principal objectif et du climat d’authenticité qu’il dégage néanmoins.Les apprentis mafiosi MADE Réalisation et scénario: Jon Favreau.Image: Chris Doyle.Montage: Curtiss Clayton.Musique: John O’Brien, Lyle Workman.Avec Jon Favreau, Vince Vaughn.Sean Combs, Peter Falk.États-Unis, 2001,95 minutes.ANDRÉ LAVOIE T on Favreau et Vince Vaughn ont déjà for-J mé un tandem plutôt rigolo dans Swingers de Doug Liman.Comédiens rêvant de briller dans les deux d'Hollywood, ils ne faisaient qu’écumer les bars à la recherche de l’âme sœur mais surtout pour oublier leurs déceptions amoureuses, les auditions ratées ou les propositions de travail frôlant le ridicule.Quelques années plus tard, ils remettent ça mais, cette fois-ci, Favreau est aux commandes.pratiquement à tous les postes (scénariste, réalisateur, en plus de partager la vedette avec Vaughn), mais la lourdeur des responsabilités a visiblement entaché son sens de l’humour et du rythme car Made est dépourvu de l'un comme de l’autre.Alors que Swingers présentait de purs New-Yorkais débarquant, pleins de préjugés et d’espoirs, dans la Cité des anges.Made nous offre deux pauvres Californiens tout aussi bouchés qui croient être sur le coup du siècle parce qu'ils viennent d'atterrir dans la Grosse Pomme.Là s'arrêtent les similitudes et c'est ici que les choses tournent mal, pour à peu près tout le monde y compris nous.Bobby (Favreau) et Ricky (Vaughn) sont inséparables, autant au travail que sur un ring de boxe, mais ni l’un ni l’autre ne roulent sur ARCHIVES LE DEVOIR Une scène de Made, de Jon Favreau.l’or et les rêves de Bobby de devenir champion s’amenuisent de jour en jour.Ils acceptent une proposition tout ce qu’il y a de plus malhonnête venant de Max (Peter Falk.essayant vainement d’imiter la voix éraillée de Marion Brandon dans ne Godfather), un petit baron du crime organisé qui les charge d’une affaire de blanchiment d’argent à New York.N’écoutant que leur inexpérience et, dans le cas de Ricky, une bêtise infinie et indescriptible, ils ne manqueront pas d’exaspérer leurs partenaires de la côte est, dont le toujours élégant Ruiz (Sean Combs).Si le duo accumule les gaffes et s’embour- be dans les situations les plus inextricables, le film, si cela était le but recherché par Favreau mais j’en doute, affiche autant de maladresses et n’inspire qu'un bien vague sentiment de pitié.Les problèmes y sont aussi nombreux que ceux que Bobby et Ricky affrontent à New York, à commencer par Ricky lui-même, sans doute la tête brûlée la plus irritante à supporter au cinéma en ce moment.L’interprétation excessive et sans nuances de Vince Vaughn, qui avait des allures de moine tibétain dans Swingers tellement il semble incontrôlable ici.Devant cette poule sans tête, Favreau adopte une attitude beaucoup plus retenue, et nous lui en sommes reconnaissants.En plus d’une réalisation approximative et d’un scénario qui, dans sa partie new-yorkaise, tourne presque autant en rond que les personnages, il y a sans aucun doute un effet de fatigue qui s’installe devant ces petites comédies voulant nous faire passer les mafiosi pour des papas gâteaux.Après Analyse nis et Mickey Blue Eyes, dont la mécanique est semblable (des néophytes débarquent sans crier gare dans le monde violent et hiérarchisé de la pègre), le faible élément de surprise qui pourrait subsister se dissipe dans l’ensemble pour ne composer qu’une comédie sans intérêt Alors que les deux apprentis s’installent dans l'avion qui les conduira à New York, Ricky harcèle l’hôtesse, de la manière la plus désagréable que vous puissiez imaginer, pour connaître le film à l’affiche pendant le trajet: c'est justement Mickey Blue Eyes de Kelly Makin.Mademoiselle, passez-moi les écouteurs! £l a h i e l s p é c a.Les Arts et la ville septembre 2001 Tombée publicitaire le 24 août 2001 LE DEVOIR LE DEVOIR I E S S A M E 1) I I E T D I M A N < H L .1 » I I Il O I (' r> ?CINEMA Grosses dents, peu de mordant ARCHIVES LE DEVOIR Songs from the Second Floor, de Roy Andersson, est un mélange d’imaginaire sud-américain, celui entrecroisant fantastique exubérant et réalisme cru, ainsi qu’une grisaille toute Scandinave doublée d’une lourdeur propre aux grandes villes de l’Europe du Nord.Fin de millénaire SONGS FROM THE SECOND FLOOR Réalisation et scénario: Roy Andersson.Image: Istavan Borbas, Jesper Klevenas.Musique: Benny Andersson.Avec Lars Nordh, Stefan Larsson, Torbjôm Fahlstrom, Lucio Vucino.Suède, 2000,100 minutes.Version originale avec sous-titres anglais.ANDRÉ LAVOIE Méditation pessimiste aux accents crépusculaires sur la perte d’influence du sacré au profit (c’est le cas de le dire!) du capitalisme sauvage, Songs from the Second Floor de Roy Andersson n’a rien du plaidoyer syndical corporatiste et tout du poème visuel dont les clés appartiennent à ceux qui veulent bien se donner la peine d’ouvrir ses portes symboliques.Alors que l’on ne connaît souvent de la Suède que le cinéma d’Ingmar Bergman, IKK A et Abba (comme par hasard, la musique est signée Benny Andersson, un des membres du célèbre groupe), voilà le deuxième film suédois en moins d’un mois à débarquer sur nos écrans, le premier étant Together de Lukas Moodysson, et s’il est un peu déplacé de parler de vague déferlante, la coïncidence mérite d’être soulignée.Et l’on aurait tort, dans un cas comme dans l’autre, de ne pas tenter l’expérience de lever le voile sur une cinématographie qui trop souvent ne se résume qu’à un seul cinéaste.Roy Andersson est surtout connu dans son pays comme un brillant réalisateur de publicités et il ne semble pas du tout obsédé par l’idée d’afficher une filmographie imposante: son dernier long métrage, Giliap, remonte à 1975 et il a mis plus de quatre ans à tourner, par fragments, Songs from the Second Floor, inspiré d’un poème de l’écrivain péruvien Carlos Vallejo.D’ailleurs, ce qui fait le charme (et le pouvoir hypnotisant) de ce film ayant obtenu le prix spécial du jury à Cannes en 2000, c’est bien ce mélange d’imaginaire sud-américain, celui entrecroisant fantastique exubérant et réalisme cru, ainsi qu’une grisaille toute Scandinave doublée d’une lourdeur propre aux grandes villes de l’Europe du Nord.Pourtant, bien difficile de savoir dans quelle cité décadente se situe l’action du film, tout comme on ne peut expliquer les embouteillages qui se multiplient ou encore ces administrateurs taciturnes qui scrutent une boule de cristal avant de prendre panique pour un rien et de se précipiter vers la sortie dans un chaos indescriptible.On suit tout de même quelques personnages, particulièrement Kalle (Lars Nordh, un acteur non professionnel que le cinéaste a repéré.dans un 1KEA), ayant délibérément incendié son magasin pour toucher les assurances et qui traverse tout le film le visage couvert de suie.Tel un impressionnant jeu de cadavres exquis, les citoyens de cette ville au bord du gouffre, unis par des liens familiaux, amoureux ou le simple fruit du hasard, créent une mosaïque baignant très souvent dans l’obscurité, où les comportements les plus bizarres (un passager avec la main prise dans une porte de train; des hommes d’affaires se flagellant dans la rue en rangs serrés; un militaire centenaire assis sur son pot de chambre pendant que ses camarades lui rendent hommage, etc.) n’étonnent personne.D’un plan-séquence à l’autre, alors que la caméra demeure obstinément fixe (sauf à un seul moment), Songs from the Second Floor cultive son étrangeté et offre une succession de tableaux vivants où la mort, la décrépitude et l’absurdité de l’existence suintent de toutes parts.Certains sont d’une tristesse confondante (les scènes à l’asile où Kalle refuse d’accepter la folie de son fils) tandis que d’autres expriment le désarroi spirituel de notre époque (à la veille de l’an 2000, un homme d’affaires croit que Jésus représente une image vendeuse et décide de commercialiser des crucifix de tous les formats.), le tout entrecoupé de morceaux de bravoure comme cette impressionnante scène à l’aéroport où les bagages des voyageurs s’empilent à l’infini.Roy Andersson nous propose un film volontairement déroutant et jamais racoleur, un objet cinématographique d’une profonde singularité, quelque chose comme un anti-blockbuster dont le caractère désespéré a quelque chose de léger, de divertissant, dans le tumulte des bêtises hollywoodiennes qui prennent toute la place.Songs from the Second Floor trouvera peut-être la sienne.JURASSIC PARK 111 Realisation: Joe Johnston.Scenario: Peter Buchman.Image: Shelly Johnson.Montage': Robert Dalva.Musique: Don Davis.Avec Sam Neill.William H.Macy, Tea Leoni, Alessandro Nivola.États-Unis, 2001, 90 minutes.ANDRÉ LAVOIE Même si Steven Spielberg n'est plus, en apparence, à la barre du «produit» Jurassic Park, puisque ce troisième opus est signe Joe Johnston (Jumanji, October Sky), ce dernier agit comme un franchisé de McDonald’s: il respecte à la lettre les principes fondateurs du grand patron, ici le réalisateur inspiré (Schindler's List, Saving Private Ryan) mais aussi le producteur flairant (souvent) la bonne affaire.Dans/«ras-sic Park 1H.comme dans les deux premiers, les enfants y sont charmants, les adultes pas toujours compréhensifs, et les valeurs familiales dignes de Papa a raison finissent inévitablement par nous rattraper.Au fait, j’allais l’oublier, ça pullule de dinosaures en images de synthèse.Difficile d’échapper encore à la morale Spielberg, tout comme il est virtuellement impossible de fuir devant la tyrannie des effets spéciaux et de cette bande sonore plus assourdissante que jamais.Ce déploiement hors du commun (un autre avatar de ces suites où tout gonfle démesurément tandis que la subtilité est mise au rancart) est donc véritablement au cœur de Jurassic Park III; il en constitue même la ridicule finalité.Le scénariste Peter Buchman, visiblement peu intéressé par la paléontologie, a charcuté sans vergogne dans le prêchi-prêcha pseudo-scientifique pour se concentrer sur cette énorme partie de cache-cache martelée de rugissements répétitifs, de pas lourds et d’autres poursuites haletantes.Bien malgré lui, le Dr Allan Grant (Sam Neill) reprend du service, entraîné avec son assistant Billy (Alessandro Nivola) sur les «lieux du crime» par Paul Kirby (William H, Macy) et sa femme Amanda (Téa Leoni).L’expédition supposément touristique et sans risques se transforme vite en lutte pour la survie, et les véritables intentions des Kirby derrière leur intérêt pour l’observation des dinosaures camoufle des motifs plus personnels.L’esprit Entrevues à la chaîne AMERICA’S SWEETHEARTS Réalisation: Joe Roth.Scénario: Billy Crystal, Peter Tolan.Image: Phédon Papamichael.Montage: Stephen A Rotter.Musique: James Newton Howard.Avec Julia Roberts, John Cusack, Catherine Zeta-Jones, Billy Crystal.États-Unis, 2001.ANDRÉ LAVOIE Il ne faut pas être effrayé par la vacuité pour se retrouver dans un hôtel de luxe parmi des centaines de journalistes blasés à quêter cinq minutes d’entrevue avec des stars de cinéma qui n’ont rien à dire et le proclament haut et fort devant les caméras.Ces événements réglés au quart de tour se nomment «press junket» et, à voir les airs faussement candides des vedettes qui se prêtent au jeu de la promotion saucissonnée (sans compter certains intervieweurs jouant les copains de toujours.), on comprend qu’ils s’ennuient autant que nous à les regarder s’agiter.Si l’exercice peut s’avérer éprouvant, dans America’s Sweethearts la chose tourne à la franche rigolade et, à défaut d’une véritable satire mordante, le réalisateur Joe Roth et surtout Billy Crystal, à la fois scénariste, producteur et l’une des vedettes du film, livrent un film qui ne manque pas de rythme ni d’esprit.On en vient même à croire que Crystal a quelques comptes à régler avec les bonzes de l’industrie et les «marketeux» de tout acabit Pour le moment, Lee (Billy Crystal) en a plein les bras car il doit mettre en place un «junket» aussi périlleux à concrétiser que la quadrature du cercle.Il lui faut réunir le couple chéri du grand écran, Gwen Harrison (Catherine Zeta-Jones) et Eddie Thomas (John Cusack), la première capricieuse, le second névrosé, à couteaux tirés dans la vie et en instance de divorce.D compte sur la soeur et fidèle bras droit de Gwen, Kiki (Julia Roberts), pour réussir la chose sans trop de casse tout en faisant patienter les journalistes qui n’ont toujours pas vu Time Over Time, mettant en vedette Gwen et Eddie, puisque le réalisateur, Hal (Christopher Walken, plus près du vétéran du Vietnam que du cinéaste tourmenté), tient littéralement les bobines en otage.Il n’en faudra pas davantage pour que ces quelques jours d’autocongratulations se transforment en foire d’empoigne.Tout est d’ailleurs en place pour un dérapage de première classe: Eddie est encore follement amoureux de Gwen, qui s’est acoquinée avec un acteur latino rencontré lors du tournage, tandis que Kiki, attirée par Eddie mais longtemps victime d’embonpoint, éprouve de plus en plus de difficultés à supporter les crises de sa sœur.Ajoutez à cela le machiavélique Lee, prêt à toutes les bassesses pour trente secondes aux nouvelles télévisées, et le fou furieux Hal, se disant aussi incompris que Kubrick et Godard (!), et vous avez là le seul «junket» auquel tout journaliste rêve d’assister.Trop poli Ceux qui vouent un aimable culte à Soapdish de Michael Hoffman, une satire délicieuse sur les coulisses des «soap opéras», retrouveront dans America’s Sweethearts le même plaisir pétillant tout comme les limites inhérentes à ces films qui veulent dénoncer la médiocrité d’Hollywood mais de manière assez polie pour n’offusquer personne.Il s’agit tout autant d’une comédie romantique rondement menée que d’un autre joli prétexte pour mettre en valeur les talents comiques de Julia Roberts.D’ailleurs, elle se débrouille fort bien, tout comme Cusack et Crystal, ce qui n’a rien de surprenant.Mais c’est Catherine Zeta-Jones qui s’impose avec une assurance étonnante — l’idée nous effleure qu’elle n’a pas cherché bien loin ses moues boudeuses et ses petites colères d’enfant gâtée.Le film regorge de répliques bien senties et de quiproquos hilarants, mais la présentation de l’ultime chef-d’œuvre d’Hal, rebaptisé The Blair Bitch Project par Lee, représente le sommet le plus pervers A’America’s Sweethearts, l’ultime moment de vérité sur le caractère à la fois chaotique et névrotique des plateaux de tournage hollywoodiens.Joe Roth et Billy Crystal n’ont guère été plus corrosifs mais, à défaut d’un pamphlet décapant, ils nous offrent du travail bien fait et honnête.A voir surtout pour ceux qui croient encore que les stars disent la vérité aux journalistes.succinct de Buchman est si fort qu’après une seule scène, où Grant jure par tous les dieux de ne plus retourner jouer dans le parc.Kirby n’a qu’à sortir son chéquier pour venir à bout des timides scrupules du scientifique.Cette volonté d’en mettre plein la vue et de faire une fois de plus grincer les dents des paléontologues patentes.It's artisans de Jurassic Park III ne s’en excusent jamais — c’est l’été après tout.Dès le premier tiers du film, on ne ménage aucun effort pour sortir l'artillerie lourde, ces fameux tyran-nosaures qui bavent (et beaucoup!) de plaisir à la seule idée de nous faire sursauter à toutes les dix minutes.Ils conservent, plus que jamais, le statut incontesté de st;u- dans cette rugissante trilogie.On se retrouve devant une entreprise d’une redoutable efficacité mais dont le peu d'intelligence ne donnerait même pas de complexes à un stegosaure.11 nous faut de plus composer avec un enfant (Trevor Morgan) aux ressources inépuisables et à la bouille éminemment sympathique, se farcir les idoties du couple Kirby (pauvre William H.Macy, un si grand acteur trop souvent cantonné dans les rôles de banlieusard mal dégrossi.) et ne même pas avoir besoin de faire le décompte des bons et des méchants: comme par hasard, ceux qui meurent l’ont bien cherche et les survivants en sont quittes pour bien des sueurs froides.Pour participer à l’aventure sûrement très lucrative de Jurassic Park 111, Sam Neill dit s'être assuré que les dinosaures paraissent «plus vrais que jamais».Dommage qu’il n’ait pas fait preuve d’autant de fermeté pour la qualité globale du film.UNIVERSAL PICTURES Jurassic Park 111: une volonté d’en mettre plein la vue et de faire une fois de plus grincer les dents des paléontologues patentés.« UNE FRESQUE REALISTE ET ATTACHANTE.» enchantée Un film de Michel Spinosa CHRiSTAL FluMS m -FAMOUS PLAYERS 1 À L’AFFICHE! 1 PARISIEN'?| «UN NOUVEAU STANDARD POUR LES FILMS D'ACTION.» Il VIS Mtchull INI MW YORK IIMIS JET LI BRIDGET FONDA KISSÏSJllSU Vl «MON ANf.l AIS» l»I II BAtSM» DU DRACON" wwvv,lii\v»ffhKlr/Kjon K V OIK.L K S S A M E D I 21 ET b I M A X (HE 22 J T I L L E T 2 O O I VITRINE DU DISQUE De la nécessité de chanter la douleur d’aimer ESSENCE Lucinda Williams Lost Highway (Universal) En cette ère schizo où l'horreur télévisuellement transmise est si horrible qu'elle ne semble autoriser dans les œuvres de fiction qu’un positivisme en forme de couche protectrice au happy ending de rigueur, il fait bigrement bon se faire mal en compagnie de Lucinda Williams.Ça change de Radiohead et sa pop si intelligente qu’elle anesthésie.Ijj-cinda Williams ne substitue pas un génial univers de musique au vrai-monde-où-ça-va-vraiment-trop-mal: au contraire, à base de country, de folk et de southern-rock tout ce qu’il y a de plus prévisible, elle reçoit tout.Dans le ventre.Cet essentiel sixième album de Incinda Williams, encore plus que l’exceptionnel Car Wheels on a Gravel Road qui révéla en 1998 la singer-songwriter de [.ake Charles, Louisiana, hors du circuit sudiste, s’occupe* exclusivement des affaires du cœur: pourquoi on aime, pourquoi on n’aime plus, pourquoi on est abandonné, délaissé, trahi, pourquoi on désire tant l’autre, et pourquoi on est parfois parfaitement heureux.Les vraies affaires.On est ici sur le territoire d'un Roy Orbison assumant l’insupportable dans Crying, d’un George Jones exprimant la fin du souvenir même de l’amour dans He Stopped Ijmng Her Today, d’une Patsy Cline s’écroulant dans / Fall to Pieces, d’une Françoise Hardy chérissant la souffrance comme seul contact avec l’être aimé dans Parlez-moi de lui: le champ éternellement miné de la douleur d’aimer.Terrain si piétiné par les touristes de la chanson qu’il ressemble aux champs de bataille de la première grande guerre: on ne distingue plus le charnier du monument.Avec Lucinda comme avec Roy, pas de tourisme: on est là précisément «when it hurts».Ecoutez I Envy 'Ihe Wind.Mesurez la douleur intolérable.Ressentez le désir dévorant.Voici le deuxième des trois couplets: «I envy the rain / That falls on your face / That wets your eyelashes / And dampens your skin / And touches your tongue /And soaks through your shirt /And drips down your back /1 envy the rain.» Allez, essuyez-vous.Trempés, hein?Moi ÿ *., H- 'xw&m - - u- Jw.£f mJm i1 w ¦ aussi.Écouter cette chanson-là, c’est s’asséner en condensé toutes les fois que l’pn a soi-même désiré quelqu’un.À s’en enfoncer des bambous sous les ongles.Une chanson comme celle-là vaut cent séances chez le psy.Et mille heures de taponnage en thalasso.Oui, cette chanson-là et presque toutes les autres de l’album (l’obsédante lonely Girls, l’incurable Are You Down, les trop tristes Blue et Reason To Cry) font du bien par où elles grugent Elles sont belles à pleurer (et pas seulement à cause des airs: les splendides arrangements country-folk-rock de Charlie Sexton font leur part).C’est le but.Que ça fasse assez mal qu’on pleure un bon coup.Ce sont des chansons par l’absorption desquelles on est moins seul en dedans.Demandez à Bruce Springsteen comment il aurait passé à travers l’adolescence sans Roy Or-bison chantant Only The Lonely.Demandez à tous ceux et celles qui ont eu besoin de Patsy Cline ou de Françoise Hardy pour se rendre au bout de la nuit.11 faut des masos pour chanter la vraie douleur d’aimer, afin que d’autres y survivent.Et réécoutent ensuite ces mêmes chansons toute leur Il - j-ys ¦*> \ * .- : fsS PARTEZ DU BON PIED AVEC NOS RENTRÉES!!! 6 r MUt c i a I août 2001 Tombéô publicitaire je 10 août 2001 Rentrée scolaire spécial août 2001 Rentrée culturelle C a h ie r spécial août 2001 Tombée publicitaire ¦le 17 août 2001 Rentrée littéraire vie avec un délicieux pincement au cœur.C’est là le miracle des chansons-exutoires: elles ne vous quittent plus, nécessaires témoins du meilleur et du pire.«Baby, sweet baby, can "t get enough / Please come find me and help me get fucked up» (Essence).Bonjour la torture.Sylvain Cormier (LE TOUR DE) M M Delabel (Virgin/EMI) A point opportunément nommé, alors que reviennent avec la fin juillet les FrancoFolies de Montréal, Virgin Canada nous ressert le spectacle qui, l’an dernier à même date, fit groover et danser deux fois le Spectrum, puis toute la ville rassemblée devant la scène Sainte-Catheri-ne/Saint-Urbain.Deux disques ne sont pas de trop pour raviver cette expérience-là, happening digne du fiston Chédid, beau p’tit diablotin de scène doublé d’un musicien-éponge qui a tout imbibé de la génération du paternel et de la sienne.Expérience trois cent fois renouvelée tout au long de la tournée Je vous dis M, nous apprend le communiqué; ces deux pleines plaquettes sont le substrat de quelque soixante concerts enregistrés sur deux pistes en format DAT, et pas du tout trafiquées après, nous assure-t-on.Transposition la plus fidèle possible, jure-t-on.De fait, en montant le volume et en fermant les yeux (en auto, c’est encore plus mémorable), on s’y retrouve presque.Le funk ultraja-mesbrowien de Souvenir du futur, les arpèges hendrixiens du Blues de Soustons (très Little Wing dans le genre), la croustillante ironie du Festival de cannes, la frénésie de Cardiac danse, le gazou au début de L’Amour ma thématique, la furie d’À celle qui dure, la plus-que-modeme Monde virtuel, les toutes délicates Faut oublier et La Fleur, tout ce qui a fait à Montréal et ailleurs le bonheur des tètes et des jambes y est, intros et finales a rallonge incluses.Belle réussite d’une mission impossible: rendre la joie conjuguée des yeux, des oreilles et des muscles.S’en approcher a ce point avec seulement le son vaut certainement l’acquisition.Entre deux spectacles des prochaines Francos.S.C.ROCK THE INVISIBLE BAND Travis (Epic/Sony) Travis plafonne.Voilà ce qu’on se répète après avoir entendu The Invisible Band, le troisième album du groupe écossais.La rencontre avec Nigel Godrich s’était pourtant avérée fructueuse sur The Man who.On découvrait alors Fran Healy et ses complices, qui séduisaient grâce à de la néopop fort charmante.Une version plus légère et surtout moins ambitieuse du Radiohead d’avant Kid A.Si ce n’était la présence, encore une fois généreuse, de Godrich, on pourrait même dire que la formation a tout perdu de son innocence, de même que son attrait mélodique.Malheureusement, ces morceaux ne tiennent pas la route.Il est étonnant de voir ce que le réalisateur britannique peut faire avec du matériel aussi quelconque.La souplesse de ces rythmes est devenue laborieuse.Cette musique manque cruellement de direction et de chaleur.On cherche, en vain, un succès d’une plage à l’autre du disque.Pas de Why Does it Always Rain on Me?à l’horizon, mais plutôt des titres interchangeables.Side ou encore Humpty Dumpty Love Song n’ajoutent rien à ce qu’on avait déjà entendu auparavant Sur la pochette, on peut apercevoir les branches et les feuilles d’un arbre qui penche vers le sol.Modeste, l’art de Travis, mais surtout des chansons qui ne dérangent pas trop.Il faudra, sans doute, faire moins vite la prochaine fois! David Cantin LA TRÊVE Mickey 3D (Virgin/EMf) À l’adresse de la musique pop, Mickey 3D est en train de prendre racine.Pas de s’enliser, mais de solidifier ses assises.Après le réussi Mistigri Torture, lancé il y a trois ans en France mais disponible ici que depuis un an, voilà La Trêve.Le premier opus contenait quelques pièces que le lecteur de disques ne voulait plus lâcher, comme La France a peur.La Trêve ne nous donnera pas de répit de sitôt L’écriture de cette pop parfois musclée, souvent naïve, dont les textes se permettent des regards acidulés sur ce qui nous environne, est mieux soutenue sur la plupart des titres.Le mélange d’acoustique et d’électrique rehaussé d’électronique fait de cette nouvelle galette du trio de Mickey, Jojo et Najah une chose rare.Parce que Mickey 3D possède par-dessus tout un ton, parce que cet album possède un relief que peu de groupes dans le créneau pop parviennent à graver, La Trêve fait plus que retenir l’attention.La production de l’album surpasse celle, déficiente parce que fait maison, du premier, ce qui a aussi comme conséquence d’ôter VOIR PAGE C 7: MICKEY P ochette de l’album (Le Tour de) M.JAZZ La mythologie américaine selon Mississippi John Hurt SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Taj Mahal, Bob Dylan, Keith Richards, John Hammond, Ben Harper, Neil Young, The Band au complet et des milliers d’entre nous aiment les chansons d’un vieux monsieur qui s’appelait Mississippi John Hurt.De son vivant, cet homme, dont la date comme le lieu de naissance demeurent mystérieux, avait peu enregistré.En fait, tout s’est fait en deux temps.Peu avant le terme des années 20, dites les années folles pour les happy few mais non pour les laboureurs, John Hurt grava certaines plages pour l’étiquette Okeh.En 1929, des pieds-nicke-lés ayant tenté une inversion dans la circulation du capital, le monde se retrouva sens dessus dessous, et John Hurt derrière une charrue.Jusqu’au début des années 60, il resta cantonné dans sa eampagnç.Dans le lieu le plus reculé d’un État réputé creux.S’il est exact, comme le disait l’autre, que l’origine, l’identité de tout être humain est au fond un accident géographique, alors celle de Hurt mérite un arrêt.C’est parce qu’il habitait un coin perdu du Mississippi qu’il n’a jamais eu la chance, si l'on ose dire, d’un Robert Johnson ou d’un Muddy Waters de faire valoir ses talents avant le début des années 60.Toujours est-il qu’une fois découvert, l’étiquette Vanguard lui fit graver quatre ou cinq albums.Dans la foulée, le monde, du moins une partie de celui-ci, fut totalement séduit par ses chansons intitulées Frankie & Albert, Candy Man, Avalon.Pay Day, Stagolee.Angels laid Him Away, et autres petits bijoux de simplicité.Il séduisit Dylan et consorts parce qu’il était VRAI.Il y a peu, le chanteur, le guitariste, l’auteur-compositeur Peter Case décida qu’il était temps, grandement temps, d’inviter les artistes profondément influencés par le vieil homme à reprendre ses contes musicaux.Les noms des participants?Chris Smither, Bruce Cockburn, Lucinda Williams, Alivin Youngblood Hart, Steve Earle — yes! —, Peter Case, évidemment, Dave Alvin, Ben Harper, Geoff Muldaur, Mark Selby, Beck, Victoria Williams, Bill Morrissey, Taj Mahal, Gillian Welch et.eL.John Hiatt.L’album s’intitule Avalon Blues - A Tribute to the Music of Mississippi John Hurt.sur étiquette Vanguard distribuée par Fusion III.Un extraordinaire conteur Vu le programme, vu la qualité des interprétations, on a discuté le tout avec Peter Case.Et alors?«Au fil des ans, des tournées, de mes rencontres avec d'autres artistes comme John Hiatt ou Ta) Mahal, j’ai réalisé que nous étions nombreux à avoir été extrêmement influencés par Hurt.Mieux, j’ai constaté qu’il nous avait impressionnés dès notre adolescence, soit l’âge au cours duquel on se cherche des héros.» «Je crois que cela tient au fait qu’il est un extraordinaire conteur.Pour moi, toutes ses chansons forment une espèce de mythologie américaine.C’est pour cela qu’il nous séduit tant.Tout chez lui est parfait.Ses mélodies, ses paroles, sa voix, et son jeu de guitare.En apparence, celui-ci est simple, mais je vous assure que derrière cette simplicité se cache une incroyable maîtrise de l’instrument.Apprendre à jouer à travers Mississippi John Hurt, croyez-moi, c’est quelque chose.Atteindre cette beauté, cette gentillesse dans le style, ce n’est pas évident.» «Lorsque j’ai décidé de produire cet hommage, je ne m’attendais pas à une réaction aussi enthousiaste des musiciens.Parce qu’ils sont tous profondément touchés par l'art de John, ils ont été très touchés par cette invitation.Je crois que tout se résume à ce que m'a dit Ben Harper: si ça n’avait pas été de Mississippi John Hurt, je n'aurais jamais fait de musique.» Le résultat a ceci de frappant que tout au long de cet album, on a le sentiment d’entendre une prière faite de respect profond et de remerciements.Après l’album que John Hammond a consacré aux chansons de Tom Waits, cette production faite uniquement des petites histoires de Mississippi s’avère l’autre grand album de blues de l’année.Si vous croyez que la beauté est faite de simplicité, alors ce Tribute est pour vous. L E DEVOIR.LE S S A M E l> I 21 E T I) I M A V I .1 I I I I E I MICKEY SUITE DE LA PAGE C 6 un brin de singularité au son du groupe, de le rendre conforme aux normes.Quelques titres émerveillent, comme Regarde les amants, Im.D'autres, comme 2, 3 jours à Paris, peuvent encore contrarier alors que la désinvolture et le vague à l'âme voguent sur une musique plus légère.Là, le contraste entre la musique et le texte donne du charme à l'ensemble.Ir collectif ajoute une pièce, dans la langue de Shakespeare, dont certaines pointes ne sont pas sans évoquer le Radiohead ancien: Storiz, en fin de programme, s'allonge sur plusieurs minutes, se fait grave, rapporte à grands coups de brosse d'autres voyages encore et en rajoute au registre du commentaire social.Les gagnants du dernier prix Félix-Irclerc devraient être en mesure de se justifier sur scène, lors de leur passage au FrancoFo-lies de Montreal, le jeudi 3 août au Spectrum.Bernard Lamarche C HANS () N L’AIR DE RIEN Tété (Sony/Olivi) Les FrancoFolies de Montréal nous le présentent comme rien de moins que le Ben Harper français.Les comparaisons avec les canons sont toujours impitoyables.Les attentes gonflent, sans que la musique suive.Mais ces craintes, c’est avant l’écoute de L’Air de rien.Passé la candide Le Meilleur des mondes, qui, bien qu’elle se veuille ironique, donne peu le goût de poursuivre l’écoute tant texte et musique font preuve d’un caractère bon enfant, on arrive au Passage Brady, plus sexy et d’un réalisme sombre.Là, le disque ne porte déjà plus bien son nom.Bon, les comparaisons avec l’américain Harper passent par la voix souple, quelque peu nasillarde (sans embêter), et dont le timbre peut rappeler celui de l’auteur de Burn to Shine.Mais Tété retient essentiellement le côté ensoleillé de Harper, si une telle chose existe.Très habile à la guitare, très habile à jouer avec les mots et à les envelopper d’un humour fort appréciable, Tété gagne à être écouté.Les cuivres de l’album ajoutent un note d’assurance aux composi- tions du chanteur parti de Nancy trouver la gloire à Paris.Melodies accrocheuses, joie de vivre (sans mièvrerie), bonne rythmique: les 100 000 preneurs de l’album en France ne se sont réellement pas trompés.Pourvu que Sony, avec qui Tete a signe un contrat pour trois disques, ne lui fasse pas la vie dure et lui laisse le temps de s’oxygéner entre les seances d’écriture, lui laisser le temps de «se ressourcer», comme il chante sur une des plus belles pièces de l’album.L’air de rien.Tété?Oh K I.K C T R O \ I I THE DARK AGES Andrea Parker (Quartermass) On associe souvent le nom d’Andrea Parker au label britannique Mo Wax.Dans l’univers de la musique électronique, cette jeune femme ne se résigne pas à un seul rôle.Violoncelliste, chanteuse, compositrice et DJ, elle approfondit sa démarche plutôt sombre sur The Dark Ages.Ce mini-album, paru sur l’étiquette belge Quaterbass, ne manque pas de subtilités.Au fil des cinq morceaux, cette musique instrumentale précise ses contours: une électro glauque, mais qui n’a pas peur de s’aventurer dans sa noirceur révélatrice.Dès les premières minutes d'Empty Words, une orchestration de cordes s’infiltre à travers cette rythmique lourde et incessante en arrière-plan.Du début à la fin, on a l’impression d’entendre des boucles minimales qui s’enchaînent à l’intérieur d’un ensemble aussi vaste que complexe.On se demande alors si ces structures ne s’écrouleront pas avant la fin de No Excuse.Curieusement, les cinq pièces s’enchaînent comme s’il s’agissait d’un tout homogène mais jamais linéaire.Un véritable régal.Chaque titre renvoie à un détail qui le suit ou le précède.La puissance effrontée de The Dark Ages déstabilise et étonne.Pour mieux comprendre les origines de même que les influences d’une pareille démarche, on recommande également l’excellente contribution d’Andrea Parker à la série DJ Kicks.D.C.T
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