Le devoir, 28 juillet 2001, Cahier C
I.K I) E Y O I R .L E S S \ M E 0 I 2 S ET l> I \l A N ( H E ï îl .1 l I L I.E T J 0 0 I LE DEVOIR chansons à boire.Des chansons à répondre, nsons paillardes, des chansons courtoises, des chansons à dormir debout, certaines grivoises, s qui se veulent populaires ou qui ont un thème.Les chansons de toile et nsons de geste nous parviennent d’une bonne dizaine de /• fJgSgp siècles, si on remonte dans le temps, et les chansons naïves nous touchent toujours (il y a aussi «Chansons et Dalida», nous ./ crie-t-on du tond de la salle, avec un humour douteux.passons) Fred Fortin, lui, fait dans les chansons de chalet.De très bonnes en plus PHOTO- MAK JIN BURE Al FRANCO F T R VIE D’ARTISTE La bédé à bout de souffle Page C 3 CINÉMA Des singes et des barbares Page C 5 FRAN COFOLIES Arno vu par les Belges Le retour de Kevin Parent Page C 6 Disques classiques Chronique jazz Page C 8 BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Petit exercice de rétrospection.Il y a bien cinq ans maintenant que Fred Fortin sortait de son patelin de Saint-Prime pour causer une certaine commotion dans le paysage tricoté serré de la chanson québécoise, une commotion qui allait introduire le personnage en long et en large: Joseph Antoine Frédéric Fortin Perron.Ce premier disque avait cantonné le gars dans le rôle de chansonnier.Les deux albums suivants allaient réduire cette étiquette à peu de chose.Tue ce drum, Pierre Bouchard allait amorcer le travail de démolition.Soit dit en passant le titre ne renvoie pas au hockeyeur mais bel et bien à Pierre Bouchard, l'autre Bouchard, celui qui tuait les drums dans la défunte formation des Parazit laquelle avait fait d’une certaine soirée une parfaite réussite lors d’une trop rare édition du défunt (lui aussi) Festival international rock de Montréal, il y a plus de dix ans, en compagnie de gars du Saguenay, ceux de Voivod, où ils avaient joué des covers de Van Halen — en passant, explique Fortin, Pierre Bouchard, qui a joué déjà avec Mara Tremblay, se porte bien dpis sa boutique d’ébéniste, de même que les autres gars des Parazit.Mais voilà qui nous éloigne du sujet principal, Fred Fortin, quoique, lors d’un entretien téléphonique au début de la semaine, ce dernier confiait avoir tenu le piano et l’harmonica pour eux.Tue ce drum, donc.Vrai que la batterie a dû être tapochée rare pour avoir donné un son aussi cru que celui de ce disque, tout aussi énergique et recherché que le premier, mais dans le domaine des contrastes, dans le genre lo fi (bien que Fortin se tue à dire que, en ce qui le concerne, les albums hyperproduiLs peuvent sonner la canne).Le disque a été construit autour d’une bande d’amis, baptisée Gros Méné, avec son rock de garage, ses ski-doos et son acide à mettre dans le chocolat (il faut entendre les gens entonner allègrement ce refrain lors des concerts déjantés que donne Fortin).Avec Gros Méné, Fortin a déjà fait les FrancoFolies, en compagnie de Mara Tremblay.Il y revient «On a besoin de c’té occasions-là.Dans le cadre des FrancoFolies, un spectacle pas cher pour le monde, ça fait encore plus plaisir, surtout en fin de soirée comme ça.On va faire un gros party.» A Montréal, le public suit Fred.A Québec aussi.Le ROQ (le reste du Québec) suit moins bien, faute de diffusion.Forcément, Fortin est trop cru pour les frêles oreilles des radios commerciales.Musique Plus a refusé un premier clip, puis a fait tourner l’hiver dernier le clip de Canayens.Dans les grands centres, Fred Fortin fait ses soirées tout seul, comme un grand.Récemment, pas plus loin qu’au lac-Saint-Jean, son patelin à lui, il faisait récemment la première partie de Yelo Molo.C’est à n’y rien comprendre.Ah! le pouvoir de la télévision.Poursuivons.la troisième et plus récente bestiole de fortin allait dérouter ceux dont le travail est de commenter les disques.O.K., le disque n’est pas évident, avec sa façon de se situer à mi-chemin entre la chanson et le rock de garage, mais on savait que, avant ce disque, Fortin flirtait avec la poésie de bottine.Ses histoires sordides n’hésitent pas à fourrer leur nez dans les recoins dits scatos, parlent de cul et autres désagréments: Gaston et ses poussées de morpion, Gaspard avec ses élans de crottin, des érections matinales [Bandé dedans mon lit) ou celles (sic) de ménagères tentées par Mr.Net, ou encore celles de prothèse en silicone (Canayens).Comble de paradoxe, le gratin de l’alternatif d’expression lui colle bien) québécois, si tant est que le Gala des MIMI soit la vitrine d’une telle chose, lui a décerné le prix de l’artiste chanson de l'année.Rien pour simplifier les choses.Fortin traite de questions d’actualité.Irrévérencieux, le gars?Scabreux?Doté d’un humour inqualifiable, plutôt.Dans la forme, même, des tounes.Plein de décrochages, plein de petits cris qui viennent d’on ne sait ou (du fond de la salle, peut-être?), plein de trouvailles amusantes qui disent à quel point ce qu'on entend n’est pas à prendre au premier degré.Le gars arrive à rassembler mononcle pis matante, mais aussi le punk du coin de la rue.-C'est sûr que les punks écoutent les textes aussi.Je me mets pas sur aucun niveau quand j’écris.Mes histoires peuvent arrivera tout le monde.Gros Méné, c’est essentiellement rock’n’roll, fait que ça va aller chercher les trippeux de c’te genre de musique là.Pis des jais je fais des chansons plus smooth aussi, qui vont rejoindre d’autres sortes de personnes.On se ramasse avec un public ben varié.On aime ça de même.Quand t’arrives en spectacle, c’est le moment de rassembler toutte c’te monde-là et de les amener ailleurs que là où ils vont aller d’habitude.» VOIR PAGE C 2: FORTIN C 2 I.K I) K V O I H .L K S S A M K I) K T I) I M A X < H K 2 9 JUILLET 2 0 01 ;\ Il T S FORTIN Pour la virée de mercredi aux FrancoFolies, ce sera Fred Fortin et «juste quatre amis» SUITE DE LA PAGE C 1 S’ennuyer avec Fred Fortin relève de l’exploit.D’emblée, pour sa virée aux FrancoF'oIies de mercredi, le principal intéressé annonce que les invités annoncés, outre son gérant, sont rien de moins que Jimmy Hendricks, Elvis, Janis Joplin, et «peut-être une couple de Québécois.Certainement Alex Jones, de WD-40, puis d’autres noms qu'on connaît moins mais qui sont bourrés de talent, comme Pierre-Luc Iâiflamme, dit Peter Paul de son nom d’artiste, ainsi que Martin Granger, un gars de Joliette que j’ai connu en allant jouer là-bas, un colosse de 6 pieds 5 pouces que j’ai pas eu le choix de prendre pour ma première partie.» Dans son contrat, Fortin a appris que, pour ce concert, il avait «juste quatre amis».Pas des tonnes, comme pour les virées habituelles.Il faut dire que les FrancoFolies, comme les autres festivals montréalais, sont étroitement surveillées par la Guilde des musiciens, qui ne lâche pas prise et fait monter les coûts de production, avec ses contrats en bonne et due forme obligatoires.l£ cercle des amis de Fred sera moins large qu’à l’habitude, mais ça, c’est une autre histoire.«Je suis en train d’essayer d'arranger ça.Je peux pas en dire plus pour l’instant.» La dernière fois que Fred Fortin est venu jouer à Montréal, au Spectrum en février, c’est son père qu’il avait invité, Noël, avec son El Gun Show, un véritable orchestre de taverne.On sait depuis des lunes que le pays des bleuets est un des châteaux forts de la culture québécoise.Au théâtre, c’est indéniable.En musique, il s’en passe aussi, des choses, là-bas.Voivod VITRINE DU DISQUE Les doux délires de ?Alice! SOURCE MARTIN BUREAU Fred Fortin: selon certains, il est ce qui est arrivé de mieux au rock québécois depuis des lunes.est une des références dans le monde mondial de la musique lourde.Dédé F'ortin est parti trop tôt.Mara Tremblay a fait ses preuves (O.K., O.K., je sais: elle ne vient pas de Lac-Saint-Jean, mais bon), WD-40 aussi (avec son country-rock pesant, le groupe parle lui aussi de ski-doo, sur son excellent Aux frontières de l’asphalte), et il y en a d’autres, comme la formation Placard.C’est à se demander ce qui se passe de l’autre côté du parc des Laurentides pour y trouver autant de bons bands, de bons musiciens: «Y se passe rien, fait qu'on fait des tonnes.On se connaît tous.Il y a plein de groupes locaux ici.» Le groupe de Fred Fortin a maintenant déménagé ses pé- æMUK DE MONTREAL Qu 2I> juillet su 4 seul 2001 TéancofoliVr HieiiePlty Informations M 20h00 LES EVENEMENTS FORD ESCAPE - UNE OCCASION RARE A NE PAS MANQUER LA GRANDE PAIX Avec Florent Voilant, Richard Séguin, Daniel Boucher, Marc Déry, Chloc Sic-Marie, Michel Faubcrt.Claire Pelletier.Matten.Dominique Pétin, Yves Smin-Durand et Lucien-Gabriel Jourdain - CE SOIR ! .Billetsenvent^^^jj^ JULIETTE GRECO nates à Montréal.Lui reste dans son coin.Pas question de bouger pour l’instant.«Je commence à faire des shows en solo.Je suis en train de développer un projet de show d’homme-orchestre [il joue presque tous les instruments de ses disques, Fredj./e m’en vais me promener avec ça en Gaspésie, pis à Saint-Fortunat.Avant, j’adaptais mon matériel; là, je vais faire du stock composé pour ça.» Juste après les FrancoFolies.«Même tout seul, je veux faire danser les gens dans la salle.» On ne doute pas un seul instant qu’il en soit capable.Certains disent qu’il serait ce qui est arrivé de mieux au rock québécois depuis des lunes.On aurait tendance à les suivre là-dessus.Et dire que le gars n’a pas encore trente ans.FRED FORTIN ET COMPAGNIE Aux FrancoFolies Le mercredi 1" août Spectrum, 23h Lire aussi autres textes sur les FrancoFolies en pages C 6 et C7.DIVAGATION DOUCE ?Alice! (Polyesther/Local) Depuis le temps qu’on entend parler de cette formation montréalaise, ?Alice! a finalement son disque.Le duo de choc qu’on pouvait entendre une fois de plus sur scène, la semaine dernière, dans le cadre des FrancoFolies — en vertu du deuxième prix remporté lors des dernières Francou-vertes et qui leur a valu cette invitation — ne déçoit pas sur disque, loin de là.On le savait éclectique, ce duo formé de Vladimir Garand (ex-Balthazar), très fort aux guitares et aussi aux voix, et d’Esther Teman, avec sa voix effacée.On le savait aussi de plus en plus à l’aise sur scène.Superbement produite, cette bien nommée Divagation douce ne freine en rien la vivacité du groupe.15 morceaux démontrent la capacité d’PAlice! à sauter du rock de garage à la pop sirupeuse mais efficace puis au reggae bonbon.Ce que l’album retient de la présence sur scène de ce drôle de couple, c’est qu’il conserve la touche de la formation à proposer une théâtralité qui évite de devenir irritante.Parfois bédéesque avec Cacaroule, parfois creepy avec Le Repos de Sarah et certaines autres, comme Bottes de cuir, enlevante sur scène comme sur disque, tout l’album est réalisé avec un plaisir palpable et contagieux.Des «délires» viennent ponctuer la galette, qui n’est pourtant faite que de cela: de brefs intermèdes instrumentaux.Tout l’album fait dans les virages sans clignotants, nous emmenant dans une course folle à travers les paysages d’une foule de musiques et d’une instrumentation variée, juste ce qu’il faut recherchée.Tout ça sur un fond de pop légère qui justifie les textes tout aussi éclatés.Même la version tristounette de Poupée de cire, poupée de son, de laquelle a été retiré le côté yéyé, ne semble (presque) pas de trop.Le «secret le mieux gardé» des derniers MIMFs ne mérite pas de le rester longtemps.Bernard Lamarche RENE BINAME Kestufé du wéékend?(Aredje/Local) On ne peut s’empêcher.On aurait voulu trouver autre chose, mais ça nous revient Ça nous hante.Franchement, ils ont dû se le faire dire des dizaines et des dizaines de fois (quoique, à bien y penser, peut-être pas).Bon, mais René Bi-namé, dans le fond, nous fait penser à un autre Belge, dont on igno- £***+ ft ** w y re s’il est wallon ou flamand, c’est-à-dire Plastic Bertrand.Bon, c’est une question de voix, d’énergie et de bricoles sonores en partie déridantes dont se nourrit cette formation wallonne dont le nom n’est pas celui d’un des membres du groupe.Voilà que 22 pièces nous arrivent d’un coup.Cette nouvelle version de l’album est spéciale au Québec, où ces disques n’ont jamais été distribués.Treize pièces du dernier disque, Kestufé du wéékend?, puis neuf morceaux d’albums précédents (71-86-21-36, Noël, etc.En mai, fais ce qui te plaît et Vocations) , du temps où la chose s’appelait aussi René Binamé et les Roues de secours.Le groupe se qualifie lui-même d’«anarcho-punk, tendance chansonnettes et ritournelles».C’est bien ce dont il s’agit.Il fait dans l’éveil social, le Binamé.Sur fond d’énergie punk, de guitares nerveuses, parfois de beat box, le groupe aime à brasser les tréfonds du capitalisme dont un collègue à nous disait récemment qu’il est de plus en plus stalinien.Aussi, il sait nous entretenir de la tondeuse à gazon de l’oncle Gaston et du grotesque alambic du frère du curé.Côté musique, Binamé nous ramène quelque peu, avec grand plaisir, vers ce que les années 80 ont produit’de bien, ce qu’on associait volontiers au punk et au rock français, celui des Métal Urbain, de Ludwig Von 88 pour le côté pas sérieux, de Haine Brigadç, de Gogol et de quelques autres, Edith Nylon pour la pop et pour les guitares (certains pourraient voir ça comme un petit bémol).Avec des claviers pas trop sophistiqués, une batterie incroyablement claire et bien en avant ainsi qu’une dose d’humour grave, Binamé nous accroche.Et Plastic, dans tout ça?Un peu le traitement des voix (quoique, franchement, il change d’une pièce à l’autre, selon l’atmosphère), beaucoup le côté pogo.Comme il le dit si bien, René Binamé aime «juxtaposer et superposer les mélodies fluettes et les murs de guitares».Aux FrancoFolies, à l’extérieur, le 31 juillet, et aux FrancOFFolies, le l‘Taoût, à la salle de IX B.L.Mercredi 1” août Dimanche 29 juillet en S,^kImS?TREAL' A VoirDabsolum£î(I: ce nier MICHEL J0NASZ MAURANE 2 soirées uniques jeudi 2 août et vendredi 3 août Mg*- ZACHARY RICHARD ET ISABELLE B0ULAY EN PLEIN COEUR BAYOU 20h30 CHANSONS INTIMES ARTHUR H.«MADAME X Invitée : J0RANE: 28 juillet Club Soda 1225, St-Laurent «jT- Le sort de l’ombre Ce soir! Billets en vente à la porte ARTHUR H.À U BACHIB0U20UK : 29 juillet ARTHUR H.complet lassable di mercredi 1 ARN0 mt jeudi 2 août XCEPTIONNEL.rocha«n PIERRE HAREL _ Bttval de Ah t enir des mors TR Place à la littérature 11 ÉDITION du 30 juillet au 27 août 2001 Lundi 30 juillet Rires et soupirs : L'HUMOUR au FÉMININ Recherche et collage de Lucie ioubert Avec Sylvie Tremblay, Marie-Lise Pilote, Suzanne Champagne.Accompagnées au piano par Nadine Turbide Mise en lecture de Béatrice Picard Lundi 6 août Promenade en proses «Dans l'univers de Reiner Maria RILKE et de Virginia WOOLF» Recherche, collage et mise en lecture de Marcel Pomerlo Avec Daniel Gadouas, Danny Gilmore.Mbnique Miller Accompagnés au piano par Érik Shoup Lundi 13 août Dernières lettres de STALINGRAD.Recherche, collage et mise en lecture de Marie-Louise Leblanc Avec Françoise Faucher, Marcel Pomerlo, Christian Bégin, Denis Trudel, Claude Gagnon Lundi 20 août Clarice Lispector De BRÉSIL et de BRAISE Texte et montage de Claire Varin Avec Élise GuilbauK, Sophie Fl Mise en Lundi 27 août Encore CINQ minutes de Françoise Loranger Avec Monique Mercure.Guy Provost Markiu Boies, Michel Poirier lecture de BILLETS EN VENTE • ,hi Spectrum • ;i la Place des Arts (514) 842 2112 wwvv.pda.qc.ca • et au* comptoirs Admission Pour commander vos billets par telephone (514) 790-1245 www admission.com —MM * Radio-Canada Q»og».s +~ QM^becS» ( «ttlcUlcî ^3c^C Mènerai I JL ¦ ¦ - zS * „i.Maison des Arts de Lavai 1395, boul.de la Concorde ouest.Laval (Oc) Métro Henri-Bourassa, autobus 35 ou 37 &S25L JH e»11——» cet «rtifiwirar BILLETS EN VENTE / RÉSERVATIONS Maison des Arts de Laval (450) 667-2040 Réseau Admission (514) 790-1245 Tous les spectacles sont à 20h00, Prix régulier: 19 $ Prix étudiants et aînés: 17 I (taxes incluses) Série abonnement : 25 % de réduction s?Toumme % LAVAL Wt'i/liJ iNnOOnltej).—Tftfoçrçp LE DEVOIR A I F.I) F V Oil!.I K N S A M KOI > IS K l> I M A M » H K 2 !> .1 I' I I.I K 1 2 (* O I ?(' ¦ > VIE D’ARTISTE La bédé à bout de souffle L’artiste Siris s’insurge contre l’image de l'artiste pauvre et misérable à laquelle il essaie d’échapper à l’ombre d’un potager de Saint-Armand Ils sont écrivains, danseurs, musiciens.Ils sont aussi plongeurs, moniteurs, cascadeurs, médecins.Pour notre série de ?l’été, nous vous inritons à partager la double vie que doivent presque toujours mener les artistes qui décident de pratiquer leur art sans cesser de faire bouillir la marmite.Docteur Je-kyll et Mister Hyde ont aussi un visage souriant.JACQl’KS NADKAIl l.K DKVOIK La discrimination et l’emploi, le thème de cette murale de Siris sise à l’angle des rues Marquette et Laurier.*'-n» ¦aÆ V* % ^ è CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Depuis environ un an, le bédéiste Siris vit avec Une (îamache, sa compagne qui est aussi artiste, à la campagne, dans une petite maison de Saint-Armand, dans les Cantons-de-l’Est.Sur leur terrain, il y a un grand jardin où poussent des fleurs, des tomates et autres légumes: une façon comme une autre d’essayer d’atteindre un certain degré d’autosuffîsance.Car vivre de la bande dessinée au Québec demeure pour le moins hasardeux.Siris en sait quelque chose, lui qui signait des bédés incendiaires sur la pauvreté et ses aléas dans les cahiers Baloney 1 et 2 du Zoo d,e la rue Quartier, parus aux Editions Zone convective.Ses personnages, parmi lesquels on retrouve La Poule et Ré-zin sec, sont régulièrement aux prises avec des employeurs sans scrupules ou des boulots peu réjouissants.Homme à tout faire dans un restaurant, employé chargé de mettre les bouteilles de bière dans des caisses dans une brasserie, en passant par des épisodes de simple assisté social, ses personnages ont des parcours qui ressemblent beaucoup à celui de Siris, ou à d'autres ar- tistes du domaine de la bande dessinée au Québec.«Cerf sûr que ça m’a inspiré, dit-il, mais on n’est pas obligés de vitre dans la misère pour être inspirés.» Ses expériences au Holiday Inn, chez Molson, chez McDonald’s, ou à la chaîne de restaurant Le Commensal l'ont marqué au fer rouge.Et d'ailleurs, il s’insurge contre une certaine image de l'artiste maudit, comme si tout artiste devait nécessairement vivre pauvre et misérable.Bénévole L’homme, qui a aujourd’hui 38 ans, s’est pourtant démené pour participer à divers fanzines, divers festivals, pour animer le petit monde de la bédé québécoise.De Krypton à Rectangle, deux fanzines qui n’existent plus, en passant par le Festival de la bande dessinée du Québec, il a cru longtemps pouvoir vivre de ce qu’on appelle désormais le 9f art.«Mais le travail pour les famines, c’est toujours bénévole, tu les tiens à bout de bras», se souvient-il.En 1992, il obtient une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec.Et puis, c’est le T Festival de la bande dessinée de Montréal.«On essayait de faire connaître les bé-déistes, de faire des événements», dit-il.Le festival, à la suite de querelles intestines, ne s’est pas renouvelé.Et c’est ensuite au bar Le Cheval blanc que Siris dégotte un emploi, d’abord pour faire le ménage, puis comme busboy.«C’était un milieu d’artistes et cela me plaisait.C’est un bar où j’ai déjà exposé», dit-il.C’est encore au Cheval blanc que Siris vend régulièrement les calendriers illustrés qu’il confectionne avec sa compagne Une Gamache.Depuis, il a aussi tenté de renouer avec le métier d’illustrateur, où les débouchés sont plus nom- breux.11 est l’auteur de plusieurs murales qui ornent les murs de la métropole.L’une d’entre elles, trônant à l’angle des rues Marquette et Laurier, porte sur le thème de la discrimination dans l’emploi.On peut y voir une file de personnes attendant à un bureau d’embauche.L’autre, dans le Chinatown, porte sur la nécessité de fleurir Montréal.La première murale avait été commandée par l’organisme Art-Mur.IjC calme nécessaire Récemment, il a aussi effectué un voyage en France, à la suite duquel a notamment été publiée une édition hors série du magazine français Ferraille, intitulée Montréal, île secrète de la bd, présentant des artistes du monde de la bande dessinée québécoise.Aujourd’hui, Siris travaille aussi sur l’illustration d’un livre pour enfants, intitulé Max et Maurice, dans lequel Christiane Duchesne reprendra une vieille légende européenne impliquant des jumeaux.Et lors de notre rencontre, Siris confectionnait pour une commande, une lampe en papier mâché représentant des personnages.En déménageant à la campagne, il espère améliorer sa qualité de vie.«La pauvreté, cela finit par avoir un impact sur la santé», re-marque-t-il.Dans le calme de la campagne, il souhaite trouver la tranquillité nécessaire pour créer.Mais même près du joli vil lage de Saint-Armand, il faut avoir une auto pour circuler, payer les comptes et, jusqu’à récemment, Siris travaillait comme aide-cuisinier dans un restaurant des environs.11 faut bien boucler les fins de mois.Et pourtant, créer demande du temps, du temps et de la concentration.Autrefois, remarque-t-il, ce qui était difficile, c’était d'être édité.Aujourd’hui, c’est plutôt d’être distribué.Les Baloney de Siris ont été publiés chez Zone convective, une petite maison d’édition démarrée par Yves Millet, qui tient aussi une librairie spécialisée en bédé québécoise, la librairie Fichtre, située à l’angle des rues Bienville et Rivard.Depuis, Zone convective a fusionné avec Mille-Îles, urte maison d’édition qui chapeaute aussi les Editions des 400 coups.Dans la librairie d’Yves, on trouve les derniers fanzines québécois, Mensuel, Zine zag ou Kessé.«Le monde de la bande dessinée, cela fonctionne par vagues.En ce moment, je dirais qu’on est dans un creux», dit Yves Millet.Oh, il y a bien quelques bédéistes qui survivent grâce aux revues d’humour, soit Safarir ou, auparavant.Croc, mais en général on ne vit pas de la bande dessinée au Québec.Parmi les autres éditeurs de bandes dessinées au Québec, mentionnons I.’Oje de Gravant, Li Pastèque, les Editions Kami-Case, Soulières.A Montréal, l’éditeur de bandes dessinées anglais le plus ancien est Drawn and Quarterly.Selon Millet, au Québec, l’artiste le plus connu dans le monde de la bande dessinée est Julie Doucet, bédéiste qui est traduite en français (elle écrit en québécois), en anglais et en allemand.«En France, raconte Yves > Millet, dans chaque petite localité, des budgets de loisirs sont accordés à la promotion des bandes dessinées.Cela a favorisé la formation de plusieurs petites maisons d’édition.Ici, les municipalités accordent des budgets de loisirs pour les sports, par exemple.» De son côté, Siris salue aussi le dynamisme.’ d’entreprises comme l’Agence Wallonie-Bruxelles, qui invite ré- ¦ gulièrement des auteurs de bandes dessinées québécoises en Europe.Pourtant, il y a des amateurs de bande dessinée québécoise.«Quand un titre québécois sort, , j’en vends plus d’exemplaires qu’un titre français ou américain.Mais les titres européens et américains sont tellement plus nombreux qu’ils représentent une part plus importante du chiffre d’affaires», dit Millet.C’est l’éternelle limite du marché francophone en Amérique du Nord.LINE GAMACHE i.:* ,* ’> ' v’**.Siris: la pauvreté finit par avoir un impact sur la santé.Les poètes sont maudits Des chercheurs américains décèlent des tendances suicidaires chez certains jongleurs de mots après une minutieuse analyse de leurs^œuvres AGENCE FRANCE-PRESSE L> analyse des œuvres des poètes peut permettre d’y déceler d’éventuelles tendances suicidaires cachées, affirment des chercheurs américains dans la revue Psychosomatic Medicine publiée mercredi.«Les poètes suicidaires sont plus détachés des autres et davantage préoccupés d'eux-mêmes», affirme l'un d’entre eux, Shannon Wiltsey Stirman, de TUniversité de Pennsylvanie.Avec son collègue de l’Université du Texas, James Penneba-ker, elle a effectué une analyse textuelle informatique comparée du langage contenu dans 156 œuvres de neuf poètes qui ont mis fin à leurs jours avec celui de 135 poèmes de neuf auteurs n’ayant pas commis de suicide.Tous étaient de nationalités américaine, britannique ou russe.Obsédés par le «je» Dans les poèmes écrits tout au long de leur carrière, les poètes suicidaires utilisent beaucoup plus que les autres la première personne: «je», «moi», «mon» ou «ma», etc.As utilisent également davantage de mots associés avec l’idée de la mort et ont tendance à moins recourir, au fur et à mesure que leur œuvre progresse, à un vocabulaire de communication, illustré par les mots «parler», «partager» et «écouter» et leurs dérivés, notent les chercheurs.«Ces recherches montrent que l’analyse textuelle peut révéler des caractéristiques d’écriture susceptibles d’être associées au suicide et, par conséquent, utiles pour prédire le suicide parmi les poètes», écrit Mme Stirman.Les auteurs de ces recherches soulignent cependant que, si les taux de suicide sont plus élevés chez les poètes que chez les auteurs d’autres catégories littéraires, la plupart ne mettent pas fin à leurs jours.De plus, les poètes suicidaires souffrent généralement de dépression au cours de leur existence.Les poètes suicidaires retenus pour cette étude sont John Berryman.Hart Crane, Sergej Esenin, Adam Gordon, Randall Jarrell, Vladimir Maiakovsky, Sylvia Plath, Sarah Teasdale et Anne Sexton.Les autres, non suicidaires, sont Matthew Arnold, Lawrence Ferlinghetti, Joyce Kilmer, Denise Levertov, Robert Lowell, Osip Mandelstam, Boris Pasternak, Adrienne Rich et Edna St.Vincent Millay.Le Festival des Arts DE ST-SAUVEUR 26 juillet au 5 août 2001 Spectacles gratuits sur la scène extérieure! Bïa • Chantier • Montréal Tango Juan José Carranza Mazik • Le Grand Dérangement Réservation : 450.227.9935 Admission : 514.790.1245 / 1.800.361.4595 LA SÉRIE TOWER CORPORATION DU CANADA Jeune Ballet du Québec & PÉcole Supérieure de danse de Marseille 26 juillet, 20 h 30 La crème de la jeune relève québécoise et française.Rambert Dance Company 27 & 29 juillet, 20 h 30 La plus ancienne et la plus importante compagnie de danse moderne d’Angleterre.L'Orchestre de chambre I Musici 28 juillet, 20 h 30 Présente un Hommage à Verdi avec la soprano Giana Corhisiero et le ténor Marc Hervieux.Création originale - 2001 - A River in a Dry l>and 31 juillet et 1er août, 20 h 30 Première mondiale de la création originale de Sarah Slipper & Alan Terriciano, gagnants de l’éditionlOOO du concours de chorégraphie et de composition musicale.Andrea Boardman 31 juillet, 20 h 30 Grande première de la carrière solo de cette danseuse étoile des Grands Ballets Canadiens.PPS DANSE 1er août, 20 h 30 Présente BAGNE pour femmes.Acclamé par le public et la critique à New York.Complexions 2 & 4 août, 20 h 30 Jeune compagnie New Yorkaise qui connaît un immense succès international./ Natalie Choquette 3 août, 20 h 30 « Potins exquis et divines confidences » Kate et Anna lYfcGarrigle 5 août, 20 h 30 De retour dans leur village natal.Patn moine canadien CON* i Dtt MTitTOCUI^MÎ DU QUfBK LK DEVOIR j I- *• l> K V 0 I R .L K S S A M F.I) I 2 H F T D I M A X ( Il E 2 i) .1 V I I.L F T 2 (I (I I =\ I! T S Musiques alternatives La relève prend le macadam Limoilou accueille Lili Fatale, Mass Hysteria et Mickey 3D DAVID CANTIN En six ans, le festival Envol et macadam a beaucoup grandi.La fête populaire du quartier de Umoilou, à Québec, ne cesse d’ailleurs de prendre de l’expansion.Encore cette année, on précise les objectifs de même que les choix musicaux.Il s'agit donc, plus que jamais, de favoriser les nouvelles tendances tout comme la relève.Pour l’édition 2001, Lili Fatale, Mass Hysteria et Mickey 3D comptent parmi les têtes d’affiche.Du let^-au 5 août, plus de cinquante spectacles d’artistes, pour la plupart de la scène alternative, qui suscitent déjà un intérêt grandissant.Par la force des choses, est-ce qu’Envol et macadam serait sur le point de devenir un off non officiel du Festival d’été de Québec?On précise pour ne pas brouiller les cartes ou confondre les lecteurs.Les deux événements n’ont absolument rien à voir entre eux, si ce n’est qu’ils présentent des artistes sur des scènes extérieures durant la période estivale.Alors que le Festival d’été a une solide réputation qui le précède et se tient début juillet, le jeune festival de Limoilou tente de se faire une place alors que commence le mois d'août.Côté budget, la comparaison est évidemment inutile.nombre d’auditeurs.La pop de ce trio, qui fusionne l’électronique, une new-wave très eighties et un rock plus actuel, pourrait très bien fonctionner sur la scène à l’angle de la 3* Avenue et de la 6' Rue.On surveillera, en première partie, les Montréalais de Modem Stories, gagnant du volet rock du concours «Jeune relève alternative Envol et macadam».Quoi d’autre?\a soirée d’ouverture du mercredi mettra en vedette de vieux habitués du festival, les Planet Smashers.On sait à quel point le ska-punk de ces vétérans peut être efficace.On dit aussi beaucoup de bien de Flashlight, de l’Ontario.Le festival Polliwog s’associe cette année à Envol et macadam afin d’en mettre plein la vue.Figure de proue de la scène indépendante française, Mass Hysteria nous a toujours habitués à des prestations aussi énergiques que mémorables.Les rythmes lourds et décapants seront donc de la partie, avec Anonymus, au parc Car-tier-Brébeuf le 2 août.Un tremplin enviable pour les artistes qui évoluent hors des Québec, France et Etats-Unis normes Cela ne veut pas dire qu’Envol et macadam restera à jamais dans l'ombre.Au contraire, les organisateurs se démarquent en offrant un tremplin enviable aux artistes professionnels et aux nouveaux venus qui «choisissent d’évoluer hors des normes dominantes».Pour les candidats, qui se succéderont sur les scènes du parc Cartier-Brébeuf, du Kashmir, du Bal du Lézard et du Centre François-Charron, on est allé voir du côté du Québec, de la France et des Etats-Unis.On évitera de dresser une liste exhaustive de la plupart des groupes comme des musiciens qui se croiseront lors de ces cinq jours.Plusieurs auront déjà passé par la rampe des FrancoFolies de Montréal.C’est le cas, notamment, de Lili Fatale, qui viendra présenter les nouvelles pièces de son deuxième album, Panavision.en fermeture le 5 août.La jeune formation est à l'image d’Envol et macadam: une musique accrocheuse, aux multiples influences, qui est capable tout de même de rejoindre un bon Hip-hop avec Passi En plus de quatre autres groupes, il ne faudrait surtout pas oublier de mentionner la présence du toujours coloré Mononc’Serge et ses «tounes thrash» au programme du Polliwog.Le vendredi, on aura droit à une tout autre ambiance alors que le hip-hop de l’ex Ministère A.M.E.R., Passi, résonnera dans le même environnement naturel.Egalement de France, Neg’Mar-ron offrira sans doute quelque chose d’un peu plus léger.Du côté de la relève, Blakk Berretta et Hornorme de Québec ainsi que Latitude Nord et Prodige de Montréal seront du spectacle.Pour ce qui est de samedi, plusieurs auront hâte de découvrir le folk bondissant du collectif français Mickey 3D.On se demande, toutefois, ce que Martin Deschamps vient faire dans un pareil contexte.Pour ceux qui préfèrent un rock beaucoup plus corrosif, Ma-rionet X et Kataklysm devrait retenir l’attention au Kashmir.Il y aura aussi des marathons raves au cours du week-end.Un volet techno, donc; une première.Comme quoi Envol et macadam a la ferme intention de se faire remarquer.Envol et macadam, sur différentes scènes à Limoilou, Québec, du 1" au 5 août.i, .h*,- iii i iisi \\i> nn mm ¦.i'\ mu ni LFA POOL < Apres le touchant / mporfe-moi, ce Film est bouleversant d’intensité II finit souligner la pertormance incomparable de Piper Perabo, tout simplement extraordinaire! » Immial tir Mtmirral «Un 1res beau film, poignant et intelligent! 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