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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Le devoir, 2001-07-30, Collections de BAnQ.

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-?LE DEVOIR ?LES SPORTS Braves 8, Expos 1 Tour de France Les erreurs coûtent cher aux Montréalais RICHARD M I LO PRESSE CANADIENNE Les Expos netaient pas dans la même ligue que les Braves, hier.En plus d'être menottés par John Burkett, ils ont commis deux erreurs coûteuses en s’inclinant 8-1 contre les meneurs de la section Est Les Expos ont subi une troisième défaite de suite pour terminer leur séquence de 12 matchs contre les Phillies et les Braves avec une fiche de 5-7.Burkett (8-8) a enregistré 11 retraits au bâton pour égaler un sommet personnel tandis que les Braves ont couronné l'après-midi avec une poussée de cinq points à la huitième.En sept manches et un tiers, Burkett n’a alloué qu’un point quatre coups sûrs et aucun but sur balles.Il a effectué 99 lancers, 70 prises.Tony Armas (8-10) lui a livré une belle bataille lors des six premières manches mais les erreurs ont ensuite coûté cher aux Expos.Les Braves ont inscrit un point non-mérité contre Britt Reames à la septième pour prendre l’avance 3-1.Ils ont tiré profit d’une erreur du joueur de premier but Fernando Seguignol.A la huitième, le joueur de deuxième but Henry Mateo a commis une erreur d’un point quand Marcus Giles a complété l’attaque avec un circuit de trois points contre Scott Strickland.Orlando Cabrera a réussi le premier coup sûr des Expos, un simple après un retrait à la cinquième.Jusque-là, Burkett avait retiré les 13 premiers frappeurs à lui faire face.Brad Wilkerson a ensuite frappé un triple dans l’allée du champ centre droit, son deuxième triple en 40 présences depuis son rappel des Lynx d’Ottawa.Armas a effectué 103 lancers en six manches.Il a alloué deux points, quatre coups sûrs et quatre buts sur balles.Burkett a aussi aidé sa cause en produisant le premier point à l'aide d’un simple au champ intérieur quand les Braves ont inscrit deux points, à la quatrième.Leur troisième point a été inscrit à la septième à la suite d’une erreur de Seguignol au premier but.Il n’a pu saisir un roulant facile de B J.Surhoff et Chipper Jones a suivi avec un ballon-sacrifice.Jordan blessé Les Braves ont perdu les services de Brian Jordan à la suite d’un accident bête à la première manche.Son pied gauche a glissé sur le coussin en arrivant au premier but.Il avait étiré la jambe dans l'espoir de devancer le relais d'Orlando Cabrera, qui venait d’effectuer un superbe jeu à l'arrêt-court pour le priver d’un coup sûr.Jordan est resté au sol pendant quelques minutes.Après s’ètre relevé, il a quitté le terrain avec l'aide du soigneur des Braves.Il était furieux.11 a subi des entorses au genou gauche et à la cheville gauche.Ken Caminiti, qui a claqué deux circuits et produit quatre points lors de la victoire de 10-5 des Braves samedi, a amorcé la quatrième avec un double dans l'allée du champ centre gauche pour lancer une attaque de deux points.Sans Vidro Sans Jose Vidro, les Expos n'ont pas fait le poids contre les Braves au cours du week-end.«Dans deux des quatre matchs, nous n'avons réussi notre premier coup sûr qu’à la cinquième, a dit JeffTorborg.Ce n’est pas la façon de gagner.» Les Expos terminaient hier une séquence de 12 matchs contre les Phillies et les Braves.Ils ont remporté cinq victoires et subi sept défaites.«Cette séquence était une préoccupation, a noté Jeff Tor-borg, même avec Jose [Vidro].U constitue un élément important dans l’équipe.J’espère qu’il pourra être de retour mardi lors du premier match en Arizona mais on ne prendra aucun risque.On verra d’abord comment il se sent.» Depuis la perte de Vidro lors du deuxième match à Philadelphie, les Expos n’ont remporté qu’une seule victoire en six matchs et Vladimir Guerrero, qui le suit dans le rôle des frappeurs, n’a réussi qu’un coup sûr en 18 présences au bâton.Vidro soigne une élongation musculaire à la cuisse droite.Le jeune Tony Armas n’a alloué que deux points en six manches mais il aurait fallu davantage contre les Braves, les meneurs dans la section est Ils ont remporté 22 de leurs 27 derniers matchs à l’étranger depuis le 1" juin.Despatie plonge pour l’argent «"4 REUTERS LE JEUNE PLONGEUR lavallois Alexandre Despatie a remporté la médaille d’argent à la plateforme, hier, aux championnats du monde aquatiques.C’est le Chinois Tian Uang a décroché la médaille d’or avec 688,77points.Despatie, âgé de 16 ans, champion des Jeux du Commonwealth à la plateforme en 1998, a terminé deuxième avec un total de 670,95 points.La médaille de bronze est allée à l’Australien Matthew Helm (670,23 points).La médaille de Despatie était la deuxième des plongeurs canadiens à ces championnats du monde.Blythe Hartley de Vancouver avait obtenu la médaille d’or au tremplin d’un mètre plus tôt cette semaine.Armstrong, le maître du jeu KEUTERS Lance Armstrong savoure sa prouesse: «Ma première victoire était une surprise, la deuxième une confirmation.Toutes sont grandes.» ASSOCIATED PRESS Paris — Roi du poker menteur puis du jeu de la vérité, Lance Armstrong a logiquement remporté hier sur les Champs-Elysées son troisième Tour de France cycliste consécutif, au terme d’une course palpitante au cours de laquelle l’Américain a compté à mi-parcours plus de 35 minutes de retard au classement général.Plus fort que jamais, le leader de l'US Postal a sorti un à un ses atouts, pour dominer le «Pouli-dor» allemand Jan Ullrich, et le «moineau» espagnol Joseba Belo-ki, toujours sur le podium comme l’an dernier, mais à des années-lumière du cow-boy du Texas.Non seulement Ullrich a fini à 6 min 44 s, mais comme Beloki, relégué à près de dix minutes, il n’a pu remporter la moindre étape, alors qu’Armstrong, le panache en plus, s’en est adjugé quatre, comme lors de son premier succès en 1999.«Ma première victoire était une surprise, la deuxième une confirmation.Toutes sont grandes», a déclaré l'Américain.A 29 ans, Lance Armstrong rejoint au palmarès des triple vainqueurs de la Grande Boucle son compatriote Greg LeMond, Ixmi-son Bobet et Philippe Thys, alors que selon lui ses meilleures années sont à venir.«Je reviendrai Tan prochain, a déclaré Armstrong.Je n'ai jamais été aussi fort.Mais je pense que je pourrai m’améliorer à 30, 31 ans, que je travaillemi plus dur, que je peux encore améliorer certaines choses.» Le quatuor des quintuples vainqueurs — Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault, et Miguel Indurain — a intérêt à bien se tenir.Psychiquement indestructible depuis sa victoire contre le cancer David Gossett, par un coup, passe à la PGA ASSOCIATED PRESS SILVIS, Illinois — David Gossett a mérité son laissez-passer sur le circuit de la PGA, hier, grâce à sa victoire lors de la classique John Deere.Gossett, le champion amateur des Etats-Unis en 1999, a ramené une carte de 66, cinq coups sous la normale, et il a devancé Briny Baird (66) par un coup.Le vainqueur a terminé la compétition avec un dossier de 265,19 coups sous la normale.D a reçu un chèque de 504 000 $ et sa carte du circuit jusqu’en 2003.Gossett, âgé de 22 ans, est le premier golfeur depuis Tiger Woods, en 1996, à triompher après avoir été invité à un tournoi par un commanditaire.Gossett, qui détenait une avance d'un coup sur Baird, Bradley Hughes et Paul Stankowski à l’aube du dernier parcours, a joué 32 sur le premier neuf.Baird a continué de le talonner en jouant également 32 en première moitié de parcours.Baird a rejoint Gossett à moins 17 grâce à un birdie au 11', mais Gossett a répliqué avec des birdies au 13' et au 15' trou, pour passer à moins 19.en 1997, Armstrong s’est permis le luxe d’attendre la 13' étape pour se parer de jaune, au sommet de Saint-Lary-Soulan, son troisième succès d’étape en montagne après l’Alpe d’Huez et la montée contre-la-montre de Grenoble à Cham-rousse.Il prenait enfin le meilleur sur François Simon (Bonjour), quatre jours porteur du maillot jaune, l’un des 14 échappés de l’étape de Pontarlier qui avait surpris les favoris, relégués à plus de 35 minutes ce jour là.«Si parmi les gars qui sont devant il y en a un qui se révèle être un grand vainqueur, et bien il gagnera le Tour!», s’était inquiété l’Américain auprès de ces équipiers, après ce faux-pas de Pontarlier.Armstrong devait mettre cinq étapes à grignoter son retard de 35 minutes.Au Pla d’Adet, le sommet de Saint-I^ary-Soulan, au terme de six ascensions colossales marquées par l’incroyable épopée de Laurent Jalabert, l’équilibre était rétabli, et le Tour était joué.Deuxième au général, le Kazakh Andrei Kivilev pointait alors à 3 min 54 s, et devait finir quatrième à Paris (à 9 min 53 s).Auparavant, depuis le prologue de Dunkerque le 7 juillet, Armstrong s’était appliqué à mettre Ullrich, le vainqueur du Tour 1997 et son principal rival, dans la bordure.Aux trois secondes du prologue, il en avait ajouté 24 lors du contre-la-montre de Bar-le-Duc (US Postal quatrième, Deutsche-Telekom septième), préparant doucement l’Allemand de 27 ans à l’idée de finir pour la quatrième fois deuxième du Tour de France.Le coup de grâce était donné dans les 21 virages de la montée vers l’Alpe d’Huez, sur un coup de bluff.L’Américain, malade imaginaire des cols de la Madeleine et du Glandon, ressuscitait pour attaquer dès les premières rampes à 14 % PRESSE CANADIENNE Cicero, Illinois — L’horaire des courses de la série CART ne prévoit aucune épreuve avant le 12 août.C’est sans doute la pire des nouvelles pour Patrick Carpentier, qui a mérité un deuxième podium consécutif grâce à sa deuxième place, hier, sur l’ovale du Chicago Motor Speedway.Le pilote de Joliette a terminé a un peu moins de cinq secondes du Suédois Kenny Brack, qui a mis fin à une léthargie de deux courses.Le coéquipier de Carpentier chez Players-Forsythe, Alexandre Tagliani, a également fait bonne figure, terminant au sixième rang, une vingtaine de secondes derrière le vainqueur.Grâce à sa deuxième place et les 16 points qu’elle lui procure, Carpentier a effectué un bond de géant au classement des pilotes.Carpentier, qui totalise 51 points, est passé de la 14e à la montant vers la station iséroise.Satellisé par le seul grimpeur du Tour capable de le concurrencer, l’Espagnol Roberto Heras, le vainqueur de la Vuelta 2000 pour la Kelme acheté à prix d’or par l’US Postal.«Dans le cyclisme d’aujourd’hui, tout le monde regarde.Je savais que les directeurs sportijs me voyaient en direct sur les téléviseurs de leur voiture.njuut savoir jouer ce jeu.» Armstrong avouait ce coup de bluff réussi, Ullrich pointant deuxième de l’étape à 1 min 59 s.L’heure de musculation quotidienne à laquelle s’astreint Armstrong depuis un an portait ses fruits, comme ses résultats du printemps, ses deuxièmes places à l’Amstel Gold Race et la Classique des Alpes et sa victoire dans le Tour de Suisse.Restait à immortaliser l’abdication d’Ullrich.Elle survenait dans la dernière étape pyrénéenne.A Luz-Ardiden, Armstrong abandonnait la troisième place du jour au champion olympique de Sydney, qui lui tendait la main en signe d’allégeance.Ic cliché allait sans doute rejoindre le musée d’Austin, où trône la plus vieille photo recensée du monde.«Il ne faut pas chercher la faiblesse de Jan, mais voir la force de lonce», a souligné, élogieux, Walter Godefroot, le directeur sportif d’Ullrich.«Depuis des années, Armstrong travaille tous les détails, il est maniaque comme Eddy Merckx.Il combine la souplesse et la force.C'est un champion exceptionnel, qui prend sa place dans la galerie des très grands.» lance tenait sa victoire à une semaine, de l’arrivée sur les Champs-Elysées.Au jeu de la vérité du dernier contre-la-montre de Saint-Amand-Montrond, il prenait encore 1 min 39 s à Ullrich.Pour rester invaincu dans les grands chronos du Tour depuis 1999.neuvième position.Au passage, il a devancé Jimmy Yasser (50), Christian Fittipaldi (49), Max Papis (44) Roberto Moreno (44) et Tony Kanaan (43).Carpentier accuse seulement deux points de retard sur le To-rontois Paul Tracy, 12" hier.Quant à Tagliani, il occupe maintenant le 15' échelon avec 38 points, incluant les huit qu’il a obtenus hier.Après cette autre brillante performance, Carpentier a préféré rendre hommage a l’équipe, plus principalement à son ingénieur.«Je suis super content pour l'équipe.Elle le mérite beaucoup.Aujourd'hui, j’ai conduit la voiture du mieux que j’ai pu.J’ai fait un dépassement de l’extérieur, sur Dixon.Sauf que le vrai travail, c'est Michael Cannon, mon ingénieur, qui Ta effectué.H a eu une stratégie d’arrêts aux puits incroyable.C'est ça qui nous a permis de finir où nous avons fini», a loué Carpentier.Zabel arrache le maillot vert ASSOCIATED PRESS Paris — Le Tchèque Jan Svo-rada (1-ampre) s’est imposé au sprint, hier, sur les Champs-Elysées, dans la prestigieuse 201 et dernière étape du 88' Jour de France cycliste, remporté pour la troisième fois consécutivement par l’Américain lance Armstrong (US Postal).l 'Allemand Erik Zabel (Deutsche Telekom) qui a fini deuxième de l'étape, a ravi d;ms cet ultime mano à mano le maillot vert que détenait depuis Pontarlier l'Australien Stuart O’Grady (Crédit Agricole), troisiè me de a- sprint royal.1 auront J alabert (CSC-Tiscali), victorieux de deux étapes, a ramené le maillot à pois du meilleur grimpeur pour la première fois à Paris, alors qu’Erik Zabel s’adjuge le maillot du meilleur sprinteur pour la sixième fois consécutivement.L’Espagnol Oscar Sevilla (Kelme) a conquis le maillot du meilleur jeune, alors que la Kelme est la meilleure formation du Tour.Jalabert enlève aussi le prix de la combativité.Agé de 32 ans, Svorada, professionnel depuis 1991, a remporté sa troisième étape dans le Tour après celles du Futuroscope en 1994 et de Cork en 1998.11 a rejoint dans le dernier desj 10 tours de circuit des Champs-Elysées le Français Laurent Brochard (Jean Delatour) qui était parti contrer le Kazakh Alexandre Vinokourov (I Jeutsche Telekom).Avant la dernière étape, seulement deux points séparaient Stuart O’Grady et Erik Zabel au classement du maillot vert.Hier, alors qu’une température de 43 degrés au sol était relevée à Corbeil-Essonnes, les 144 rescapés s'élançaient dans la bonne humeur I»ur cette étape de «la parade», les coureurs de l’US Postal arborant des gants et des socquettes jaune pour célébrer leur leader.Armstrong faisait semblant de se faire tracter par une voiture de directeur s[M>rtif, et serrait la main à Rudy IV venage, le directeur sportif de son grand rival Jan Ullrich.la Deutsche Telekom se portait en tête du peloton avant le premier sprint intermédiaire de Breux-Joury (Km 28,5) afin de préparer le terrain pour Zabel.L'Allemand aux 11 victoires d’étapes dans le Tour devançait O'Grady pour inscrire six points contre quatre à l’Australien et remettre les compteurs à zéro.A Châtenay-Malabry, le Kazakh Alexandre Vinokourov lançait le «train rose de la Deutsche Telekom» (x>ur empêcher O’Grady de partir seul.Zabel s'adjugeait ce sprint devant «Vino» et l’Australien.Zabel, aux quatre victoires dans Milan — San Remo, devenait maillot vert avec quatre points d’avance.Il ne devait plus le lâcher, prenant quatre points supplémentaires sur la ligne d’arrivée.Jimmy Casper (la Française des Jeux) fini 144'et «lanterne rouge» du Tour, à trois heures 52 min 17 s d’Armstrong.TENNIS Sampras n’y sera pas PRESSE CANADIENNE Pete Sampras a annoncé, hier en fin de soirée, qu’il ne parti-cipera pas au Masters du Canada à cause d’une blessure à la cuisse gauche.Sampras, qui aurait été la 11' tête de série au tournoi de Montréal, a participé à la finale de la Coupe Mercedes-Benz à Los Angeles, hier, s'inclinant devant Andre Agassi.«Je suis très déçu de ne pas être en mesure de jouer au Canada, a déclaré Sampras par voie de communiqué./ai beaucoup aimé jouer à Montréal dans le passé.Mais, malheureusement, je me suis blessé à la jambe plus tôt cette semaine.Mon entraîneur me recommande de me reposer et de réévaluer ma condition à la fin de la semaine.» Il est très regrettable que Pete Sampras ne puisse participer au tournoi à Montréal, a commenté Eugène I-apierre, directeur du tournoi.«Notre public aurait adoré le voir jouer.Néanmoins, nous avons toujours le tableau le plus relevé de l’histoire des Internationaux de tennis du Canada.» Patrick Carpentier monte à nouveau sur le podium « » 1 I.K 1) K VOIR, LE L U S I) I :i O JUILLET 2 0 01 B .1 ?LES SPORTS* Grand Prix d’Allemagne de Formule 1 Une histoire de famille Ralf Schumacher devient le second pilote allemand, après son frère Michael, à triompher à Hockenheim GROSSER M P RE!S VAtt DElfy' -HAND S'* .HEIM 2001 MofcÈSr Et de deux pour Villeneuve REUTERS «Moteur allemand, pilote allemand, course allemande: le parfait scénario», selon Ralf Schumacher.PRESSE CANADIENNE Hockenheim — Ralf Schumacher (Williams-BMW) est devenu, hier, le deuxième pilote allemand, après son frère aîné Michael, à remporter le Grand Prix d’Allemagne de Formule 1, à l’issue d’une course marquée par plusieurs accidents et abandons.Ije pilote Williams a devancé le Brésilien Rubens Barrichello (Ferrari) et le Canadien Jacques Villeneuve (BAR-Honda).Au départ de ce Grand Prix, le triple champion du monde Michael Schumacher (Ferrari) a été impliqué dans un accident spectaculaire qui a contraint les commissaires de course à interrompre la course et à donner un nouveau départ.Michael Schumacher, qui s’élançait en deuxième ligne, a connu à l’extinction des feux des problèmes de boîte qui ont ralenti sa voiture, percutée alors à vive allure par la Prost Acer de luciano Burti.I>e pilote brésilien est parti en tonneau mais est sorti indemne de l’accident Les deux pilotes ont ensuite pris part au deuxième départ sur les «mulets» de leurs écuries.Schumacher, qui s’était porté en troisième place dès la fin du premier tour après un dépassement sur Mika Hakkinen a ensuite abandonné au 24'' tour.Parti en position de tête, le Colombien Juan Pablo Montoya (Williams-BMW) a lui aussi été contraint à l’abandon, comme Hakkinen et David Coulthard (Md iuen-Mercedes).Ralf Schumacher, parti en deuxième position, est resté derrière son coéquipier Montoya pendant la première moitié de la course avant de passer en tête au bénéfice d’un mauvais arrêt aux stands du Colombien, qui abandonnait peu après.«J’ai souvent manqué de chance sur ce circuit et je n'ai pas toujours fini bien placé.Alors ça fait du bien de gagner ici», a déclaré Ralf Schumacher, qui a signé son troisième suc- cès de la saison.«Moteur allemand, pilote allemand, course allemande: le parfait scénario», a-t-il ajouté.Rubens Barrichello, vainqueur à Hockenheim l’an passé, a terminé deuxième à 46,1 secondes du vainqueur.L’ancien champion du monde Jacques Villeneuve, troisième, a signé son meilleur résultat avec BAR en trois saisons.«C’est super que nous oyions obtenu un autre podium mais nous devons être plus compétitijs, a indiqué Villeneuve.Ce podium est un peu plus satisfaisant que celui d’Espagne car nous avons travaillé un peu plus pour l’obtenir.A Barcelone, nous ne l’avions eu que parce que Hakkinen avait abandonné dans le dernier tour.» Derrière le trio de tête, l’Italien Giancarlo Fisichella (Benetton-Re-nault) et son coéquipier britannique Jenson Button ont pris les quatrième et cinquième places, leur meilleur résultat de la saison.Seulement 10 voitures ont fini ce Grand Prix.Au classement du championnat du monde, Michael Schumacher dispose toujours de 37 points d’avance sur David Coulthard.Alors qu’il ne reste que cinq courses à disputer, et 50 points à prendre avant la fin du championnat, «Schumi», malgré son abandon, s’est encore rapproché d’un quatrième titre mondial.L’Allemand, vainqueur de 50 courses depuis ses débuts en Fl, devra également patienter avant d’égaler le record de 51 victoires en Grand Prix détenu par Alain Prost Grâce à sa victoire, son frère Ralf, qui totalise 41 points, se hisse à la troisième place du classement des pilotes, devancé par le britannique David Coulthard, dont le compteur reste bloqué à 47.Barrichello est quatrième, avec 40 points.PRESSE CANADIENNE Hockenheim — Qui aurait cru après sa qualification désastreuse que Villeneuve parviendrait à monter sur la troisième marche du podium pour la deuxième fois de la saison?Et malgré ce résultat satisfaisant, hier, à Hockenheim, Ville-neuve est demeuré bien réaliste.«Ces quatre points vont notes aider mais ne vont pas nous faire aller plus vite, a-t-il dit.Et pour continuer à faire des points, il va nous falloir beaucoup de chance.» Encore une fois, la stratégie consistant à préparer la voiture pour la course lors des essais libres a semblé fonctionner.«Cela m’étonne vraiment de me trouver ici sur ce podium, a-t-il poursuivi./e suis très content du résultat.Nous n’étions pas très rapides ce week-end.Mais déjà ce matin [hier], lors de la séance de réchauffement, la voiture était très rapide avec le plein d’essence et nous savions que nous pouvions faire une belle course même si elle n’a pas été très facile.» Ixirs du deuxième départ, Ville-neuve a profité de l’accrochage entre Pedro de la Rosa (Jaguar) et Kimi Raikkonen (Sauber Petro-nas), pour gagner deux positions et se retrouver KF.«Lors du premier départ, je n’ai pas vu ce qui s’est vraiment passé, a commenté Villeneuve au sujet du spectaculaire accident impliquant Michael Schumacher (Ferrari) et laiciano Burti (Prost).lorsque j’ai aperçu le drapeau rouge, cela m'a étonné parce que nous avions déjà, à ce moment-là, roulé sur les débris.Et comme la piste a rapidement été nettoyée, ça m’a vraiment surpris.Surtout que le moment le plus dangereux lors d’une course est le départ.Mes deux départs se sont bien déroulés.Mon coéquipier Oli- vier Panis roulait plus vite que moi derrière et comme nous avions tous deux une stratégie d’arrêt différente [Panis: deux arrêts — Villeneuve: un arrêt], je l’ai laissé passer pour qu’il aille s’amuser un peu avec Jar-no Trulli [Jordan-Honda).Et comme je l’espérais, il y a eu cette grosse bagarre et Jamo s’est sorti de piste.Cela m’a permis de suivre Olivier et de tenter de prendre son aspiration et de suivre le train.» Villeneuve a par la suite profité des nombreux abandons pour gagner des rangs.«Généralement, la voiture fonctionnait bien.Je pouvais attaquer et me battre.Mais pour les dix derniers tours, j’ai dû préserver les freins parce que nous ne savions pas s’ils allaient tenir le coup jusqu'à la fin de la course.Du stand, on m’a aussi dit d’économiser l’essence.Et comme Giancarlo Fisichella [Benetton-Renault] s'approchait de moi, ce fut un moment quand même assez stressant.Mais cela m’a permis de rester concentré.» La stratégie d’arrêt des deux pilotes BAR-Honda n’était pas la même en raison d’une différence au niveau de l’appui aérodynamique et du travail effectué pendant la séance de réchauffement du matin.«Déjà ce matin, nous avions opté pour des stratégies différentes.J'ai roulé avec plus d’essence qu’Olivier et ma voiture était plus compétitive.Ca valait le coup de la garder surtout que nous n’étions pas rapide en ligne droite.» Pour la première fois cette saison, il y aura trois semaines de relâche au championnat.Le prochain Grand Prix sera disputé à Budapest en Hongrie.«Des vacances si on veut, a lancé Villeneuve.Mais beaucoup d’entraînement physique sera également au programme.» BASEBALL LIGUE NATIONALE Section Est G p Moy Diff Atlanta 60 45 571 — Philadelphie 57 48 543 3 Ronde 52 52 500 71/2 New York 49 57 462 11V2 Montréal 45 61 424 151,2 Section Centrale G P Moy Dili Chicago 60 43 582 — Houston 57 48 543 4 St Louis 52 50 .510 71/2 Milwaukee 45 58 437 15 Cincinnati 41 63 391 1912 Pittsburgh 41 63 391 191/2 Section Ouest G P Moy Diff Los Angeles 61 45 .576 — Arizona 59 46 562 1 1/2 San Francisco 57 49 538 4 San Diego 51 54 486 91/2 Colorado 44 61 419 161,2 Hier Atlanta 8 Montréal 1 N.Y.Mets 6 Philadelphie 5 Cincinnati 8 Floride 4 Pittsburgh 4 Houston 1 San Diego 12 Milwaukee 5 San Francisco 4 Arizona 3 Colorado 3 Los Angeles 2 St.Louis à Chicago Cubs LIGUE AMÉRICAINE Section Est G P Moy.Diff New York 64 41 609 — Boston 60 44 .577 31/2 Toronto 48 58 .453 161/2 Baltimore 44 61 .419 20 Tampa Bay 34 71 .324 30 Section Centrale Cleveland 60 44 .577 — Minnesota 60 45 .571 1/2 Chicago 51 52 .495 8 1/2 Detroit 45 58 .437 1412 Kansas City 41 64 391 191/2 Section Ouest Seattle 76 29 .724 — Oakland 56 49 .533 20 Anaheim 53 52 .505 23 Texas 46 58 .442 291/2 Hier N.Y.Yankees 9 Toronto 3 Detroit 8 Cleveland 3 Boston 4 Chicago White Sox 3 Oakland 6 Kansas City 4 Seattle 10 Minnesota 2 Texas 2 Tampa Bay 0 Baltimore 1 Anaheim 0 FOOTBALL LIGUE CANADIENNE Section Est G P N DP PP PC PTS Montréal 4 0 0 0 130 57 8 Hamilton 3 1 0 0 102 72 6 Winnipeg 2 2 0 0 131 97 4 Teronto 13 0 0 Section Ouest 87 105 2 Edmonton 2 1 0 1 80103 5 Saskatchewan 2 2 0 0 77 98 4 C.-B) 1 3 0 0 69 94 2 Calgary 1 3 0 0 85135 2 f s LE DEVOIR SOL^BECV TOURS INC.GAGNEZ un voyage pour 2 au éSsp in aleureux ¦ P VVW Découvrez les chaleureux lacs suisses et italiens de la Suisse Italienne VOYAGE POUR 2 D UNE VALEUR DE 2 850$ INCLUANT : • Billets d'avion alter/retour Montr*at/2urich/Mofttr, Québec le 9, au Cap de la Madeleine et le 12 à la Casa Del Popo- 10, à Montréal.Le feuilleton d’Arthur H: suite et fin Retour dans la cinquième dimension SYLVAIN CORMIER C uivres?Un, deux, trois, quatre, le compte y était.Contrebasse?Le fidèle Brad était là, avec sa bonne bouille d’Anglais.Guitare?Le géant Nicolas dépassait d’une tête les autres: impossible de le perdre de vue.Batteur?Pas de batteur.Bigre, s’est dit Arthur H, se grattant l’arrière de l’oreille, ce qui lui est passablement facile.Egarer un batteur, comment pne telle chose est-elle possible?Egarer le képi du Général De Gaulle dans la cinquième dimension, on s’y attend, mais un Laurent Robin manquant à l’appel de la tête aux pieds?Mystère! Le temps passait L’auditoire patientait Vous et moi n’aurions rien su du drame se tramant si Alain Simard, le Général de Gaulle des FrancoFolies, ne m’avait vendu la mèche.Eq riant.Canular?Rire nerveux?A vous de juger.L’annonce au public fut certes laconique: «Il y aura un léger retard».Et puis, comme si de rien n’était, le groupe de musiciens a fait son entrée, batteur compris.Je n’y comprenais, moi, plus rien.Avais-je imaginé toute l’histoire dans mon délire d’enrhumé sous l’effet conjugué des acétaminophènes et du coca diète?Quid?Toujours est-il que le spectacle commença comme celui de la veille, avec Arthur H en habit rouge sous les projecteurs rouges, dansant de face puis de dos alors que ses hommes jouaient l’intro Monsieur X, morceau très dansant, coïncidence absolument pas fortuite.Ce début de l’ultime chapitre du feuilleton d’Arthur H sentait un tantinet le réchauffé, pour qui était là hier et avant-hier.Impossible pari que changer le répertoire entier cinq soirs de suite, se résignait-on: la chanson n’est pas le jazz, et les résidences d’artistes ont aux FranfoFolies des limites.Constat qui n’enlevait rien à la jouissance extrême des subtils arrangements et de l’experte instrumentation des musiciens: Les Pieds-Nickelés avait peut-être même un peu plus de poigne soul-twist hier, tellement qu’on aurait dit du Nino Ferrer meilleure époque.Les cuivres n’y étaient pas pour rien: on remarquait dans le quatuor de souffleurs, constitué ad hoc, notre Charles Papasoff.Pour ce dernier soir, proposé sur papier «à la manière Bachi-bouzouk», Arthur H n’a pas cher- ché à recréer l’univers fabuleux des spectacles avec le Bachibou-zouk Band au début des années 90: ni ondes Martenot, ni Cristal BascheL ces drôles de machines à son d’un autre siècle, qui donnaient le son et le ton des aventures musicales d’alors, n’étaient au rendez-vous.Mais De Gaulle était de retour, lui, au garde-à-vous.Extraordinaire pièce de résistance de l’album Bachibouzouk de 1992, Le Général De Gaulle dans la cinquième dimension fut redonnée intégralement, pour la première fois depuis l’époque: l’auditoire but chaque mot de ce grand voyage initiatique menant au fameux Appel aux français du 18 juin 1940.«Plus tard dans la nuit, De Gaulle est saoul / perdu dans ses pensées il se rappelle ce rêve / où il enfonçait un poireau dans la trompe d’une éléphante / qui barrissait de plaisir alors que lui-même hurlant des obscénités, / de sa main libre lançait des régimes de bananes sur l’armée française.» Un grand frisson patriotique parcourut les échines jusqu’au fond du Nouveau Club Soda, Personne ne s’écria «Vive le Bachibouzouk libre!», mais c’était tout juste.Un moment d’une telle intensité éclipsait presque les grands duos de samedi, où Arthur H eut le délicieux mauvais goût d’émailler le spectacle de l’album Madame X de quelques chouettes ringardises d’antan en compagnie de Jorane (prévue au programme) et Daniel Boucher (surprise quasi totale, pour qui n’avait pas vu rôder son gérant Martin \je-clerc).Pour l’exquise Paroles, paroles, la princesse du violoncelle fut Alain Delon et Arthur sa Dali-da.Pour Le Téléphone pleure, le même Arthur fut la petite fille qui cause à papa Claude François, incarné par un Boucher prenant très à coeur le rôle.Tout feuilleton digne de ce nom révélant à la toute fin le pot-aux-roses, l’affaire du batteur manquant fut éclaircie hier au rappel: le gaillard dormait du sommeil du juste dans sa chambre à l’hôtel, déclara Arthur H au moment des présentations.«Tu nous en veux pas trop de t’avoir réveillé?» Tout est bien qui finit bien, donc?Pas exactement.Pour le chouchou de ces 13' FrancoFolies, l’épilogue s’écrira ce mercredi au Shag, où il sera le cinquième des huit DJ’s invités à tourner les tables.Juliette Gréco à la salle Wilfrid-Pelletier Femme debout pour soir de magie MARTIN BILODEAU Ce samedi soir d’été, à la salle Wilfrid-Pelletier, était pure magie.Accompagnée de cinq musiciens, Juliette Gréco, invitée d’honneur des Francofolies, a fleuri nos yeux et nos oreilles d’un généreux récital de 26 chansons, à travers lequel elle nous fit rencontrer ses morts et ses vivants, son corps à elle, enveloppé dans son ample robe de velours noir, marquant l’ultime frontière entre ces, deux mondes.Epiloguer sim la voix qui n’a plus les textures d’antan ou sur le souffle plus court qui, forcément, fait débouler les mots, supposerait que le journal que vous tenez entre vos mains ne jaunira jamais.Or, tout au long de ce récital — où Gréco, fidèle à son habitude, suspendit le temps — tous les sentiments étaient là, et l’interprète, en grande forme à 74 ans, les vivait comme si c’était la première fois: les cadeaux de Gainsbourg {Accordéon, La Javanaise).les offrandes de Ferré (Jolie môme, Paris canaille), le clin d’œil de Trenet (Coin de rue), sans oublier l’incontournable héritage de Brel, que la dame a généreusement partagé en cinq titres (dont I ÉRIC ST-PIERRE LE DEVOIR Juliette Gréco a paru en Grande forme, à 74 ans, aux rancoFolies de Montréal.J’arrive, livré avec une force inoubliable, et Ne me quitte pas, en paradoxal rappel), accompagnée au piano par le compositeur attitré de Brel, son compagnon à elle depuis nombre d’années, Gérard Jouan-nest, un grand monsieur de la chanson, qui nous a donné le privi- 4 lège de l’entendre, et de l’applaudir.La scène de la salle Wilfrid-Pelletier semblait un peu grande pour son équipe: agglomérée dans la partie gauche, la muse de Saint-Germain-des-PTés occupant seule l’avant-centre, on n’avait qu’à fermer les yeux pour s’imaginer au Bœuf sur le toit, en 1949.Derrière son micro, Gréco, comme autrefois, reproduisait au fil des refrains, toute une gestuelle des sentiments, laquelle compensait ici une sono déficiente, et faisait oublier cette lumière crue qui la baignait comme une caissière de supermarché.On se souviendra longtemps de son interprétation d'Un petit poisson, un petit oiseau, ou de celle, aux arrangements sexy, de Dêshabillez-moi, où la livrée provocante nous faisait voir chaque image, détacher chaque note.Gréco, certains l’ignorent encore, est une interprète follement drôle, une diseuse sans pareille, dont le corps et la vont ouvrent toutes grandes les portes de l’imaginaire et parfois aussi du souvenir.«Je veux rappeler aux gens qui ont tendance à l’oublier que ces sentiments-là ne sont pas morts», nous a-t-eDe confié en prélude à C’était un train de nuit, instantané au nitrate d’argent sur la déportation des juife 4 en camps de concentration (que sa mère et sa sœur ont connue), offert par le scénariste-romancier-parolier Jean-Claude Carrière, auteur (avec Jouannest à la musique) de son dernier album, Un jour d'été et quelques nuits.De cet album, sorti en 1998, ceüe que ses amis avaient baptisée «Jujube» nous a chanté plusieurs titres (Planète, Tard, Le Contre-ecclésiaste), effeuillant ainsi un répertoire qui ne couvre pas moins de cinq décennies de chanson, remontant en fait jusqu’à l’immortelle Les Feuilles mortes, du tandem Prévert-Kosma, livrée, a la toute fin du spectacle, sur de très beaux arrangements jazz.Trois rappels et autant d’ovations plus tard, l’éternelle «femme debout» revint nous offrir, avec Jouannest au piano, «une chanson d’amour, donc une chanson révolutionnaire»: Le Temps des cerises, dont les mots de Jean-Baptiste Clément («Mais il est bien court le temps des cerises / Pendant de corail qu’on cueille en rêvant»), vieux de 134 ans, semblaient écrits pour la circonstance.Et donc, juste pour nous.Partis avec cette impression, c’est avec elle que nous reviendrons, un jour, l’entendre à nouveau.N k*f>t .V m I [fi FRANCOFOLIES Maurane: son spectacle était, en toute cohérence avec elle, une véritable fête de l’amitié.Le bal des amitiés MARTIN BILODEAU Avant le lever du rideau, on craignait le pire.Hier soir, peu avant 20 heures, la salle Wilfrid-Pelletier, clairsemée, semblait dire à Maurane, qui allait s’y produire dans quelques minutes, que le rendez-vous s’était fait dans la hâte, que des convives n’avaient pas reçu leur invitation, ou avaient décliné, simplement L’entrée en scène de la belle Belge nous apprit qu’elle n’y voyait pas d’offense, elle qui, depuis ses débuts, à 20 ans, avec Pierre Barouh, chante pour les présents, quel qu’en soit le nombre, et avec toute son âme, sans égard pour le temps qu’il fait Le spectacle qu’elle nous offrit en compagnie de cinq musiciens et deux choristes-danseurs, en fut un de contrastes.Dans les sentiments, dans l’humeur, dans le ton, dans les couleurs, la soirée, tantôt récital voix-piano (avec Arnould Massart), tantôt fiesta tropicale inondée d’orange brûlé, nous a réchauffés, chauffés, et convaincus que ses partys, de tous les partys, sont les mieux arrosés.Le brillant enchaînement du Boogie du bagout, chanson de la première heure, avec Du mal, morceau de la seconde, nous a par ailleurs montré tout ce qu’elle sait faire, ce qu’elle aime faire, c'est-à-dire surprendre, en poursuivant une voie résolument personnelle, que les disques ne communiquent qu’à moitié.De l'intimiste à la pyrotechnicienne, Maurane est «une fille très scène» (du titre de son premier live), folle et authentique, qu'on aimerait désespérément avoir pour amie.Ainsi, son spectacle était aussi, en toute cohérence avec la chanteuse, un véritable fête de l’amitié.Bien sûr, elle nous fit partager celle qui l’unit depuis une dizaine d’années avec sa grande soeur d’outre-mer, Louise Forestier, celle-ci venue la rejoindre sur scène pour chanter avec elle une chanson de rupture joyeuse, Va maintenant.le duo se retrouva en rappel pour entonner Im Chanson des vieux-amants («une chanson de mon terroir à moi», admet la belge), en trio avec Bruno Pelletier venu prolonger ses rêves de ma-dames, non sans avoir lui-même embrassé Toutes les mammas, l’instant d’un duo rugissant qui flairait bon le plantin frit.Absents de corps, les amis Francis Cabrel (Qui à part nous?, habillé de belles guitares), Jean-Claude Vannier (1m Chanson de la pluie), et même Brigitte Fontaine (Barbares attraits), étaient néanmoins de la fête, en esprit.Juste après avoir chanté la contrastante petite merveille de cette dernière («J’aime autant que je hais / Vos barbares attraits»), Maurane nous a raconté sa première rencontre avec Brigitte Fontaine, à Montréal, il y a 20 ans: «On s’est regardées en chiens de faïence, moi un peu sauvage, elle un peu ovni», pour ne plus se revoir, jusqu’à ce que ce texte, écrit par la première, destiné à la seconde, scelle récemment leur amitié.On aimerait cependant penser que celle-ci est du type que Maurane décrit dans L’Amie, chanson férocement drôle sur les dessous et les à-côtés de l’amitié entre femmes, qu’elle a chantée avec sa choriste Zoé, une fille allumée qui a brillamment joué le jeu du petit numéro de «bit-chage».En ultime rappel (il y en eut plusieurs), Maurane s’excusa à moitié de nous laisser sur une chanson triste, la très belle L’homme qui m’a le plus manqué, sur la disparition de son père.Partagé son sentiment, c’est Maurane qui, avec son répertoire gai, triste, mollo ou à gogo, nous manquait déjà au sortir de la salle.I
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