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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-08-14, Collections de BAnQ.

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w w w .e d e v o i r .c o m DE VOl R CULTURE Fortier obtient 15 nominations aux Gémeaux Page B 8 LE MONDE Macédoniens et Albanais * signent un accord de paix Page A 5 V o i .X C I N " 1 8 1 ?I.Y.M AUDI 14 AO V T 2 O O 1 La médiation divise juges et avocats JOSEE BOILEAU LE DEVOIR Octobre 1999, la justice prenait un nouveau tournant: tout Québécois qui se retrouverait en Cour supérieure pour un conflit civil ou commercial serait invité — mais non obligé — à recourir à la médiation plutôt que d’affronter son adversaire devant un juge.Le programme avait été lancé en grande pompe à Québec par la ministre de la Justice de l’époque, la juge en chef du tribunal et le Bâtonnier du Québec.Forts d’un projet-pilote qui avait connu énormément de succès, tous étaient convaincus que c’était là l’avenir de Injustice, même dans ce temple de la confrontation qu’est un tribunal.«Avec la création du service de référence de la Cour supérieure, la médiation devient une voie normale de solution aux conflits vécus par le citoyen», disait alors la ministre Linda Goupil.Moins de deux ans plus tard, l’avenir a du plomb dans l’aile: à la mi-juin, la Cour supérieure a mis fin à son service de référence, qui coordonnait le recours à la médiation.Pourquoi?Parce que dès la première année d’utilisation du service, on a constaté que moins de 1 % des justiciables se tournaient vers la médiation: du 1" novembre 1999 au 31 octobre 2000, VOIR PAGE A 8: MÉDIATION CULTURE Le théâtre québécois en deuil de Françoise Berd Page B 8 Ne reste qu'une Canadienne.Santé ANDREW WALLACE REUTERS LA POSE était sans équivoque.La Torontoise Maureen Drake venait de subir l’élimination au premier tour des Internationaux de tennis féminin du Canada, qui se tiennent dans la Ville-Reine.Idem pour Vanessa Webb, une autre Ontarienne qui joue en simple.Le pays retient son souffle: il ne reste que Jana Nejedly pour assurer une présence canadienne à ce tournoi.Nos informations en page B 6.Rock promet une présence fédérale « robuste » ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DU QUÉBEC Le ministre de la Santé du Canada, Allan Rock, a plaidé hier pour une «présence robuste» du gouvernement fédéral dans «le système national de santé», annonçant du même coup son intention d’élargir les responsabilités d'Ottawa dans la gestion des médicaments déjà assumée par les provinces.Dans son discours devant les 500 médecins membres de l’Association médicale canadienne en Allan Rock congrès, Allan Rock a indiqué qu’il allait proposer à ses homologues provinciaux, lors de leur réunion de septembre, que Santé Canada, qui est chargé d'approuver les nouveaux médicaments, ajoute à ses responsabilités à cet égard.Siuité Canada air prouve les médicaments en fonction de leur innocuité et de leur efficacité en produisant un avis de conformité; le fédéral projette de faire «mi plus une évaluation des coûts-bénéfices des nouveaux produits pharmaceutiques et de VOIR PAGE A 8: ROCK In décision de proscrire les qualificatifs «douces» et «légères» indispose les fabricants de tabac ¦ À lire en page A 2 Combien vaut un , dirigeant de société d’Etat Sous-payés les dirigeants de nos sociétés étatiques?Oui, en comparaison des salaires de leurs confrères canadiens.Davantage encore quand on les oppose à la rémunération des chefs d'entreprises privées.Ins rumeurs la semaine passée sur le départ de Jean-Claude Scraire à la tête de la Caisse de dépôt et placement du Québec ont ranimé,le vieux débat de la rémunération des dirigeants de nos sociétés d’Ktat.Selon André Perrault, un spécialiste en rémunération de cadres supérieurs, un homme comme André Caillé, PDG d’Hydro-Québec, pourrait gagner plus de cinq fois son salaire actuel, soit entre 1,5 et deux millions.Et combien pourrait aller chercher M.Scraire?¦ À lire en page R 1 Des orphelins abandonnés une fois de plus BRIAN MYLES LE DEVOIR Sitôt réglé, le dossier des orphelins de Duplessis refait surface.L’entente conclue le 30 juin entre le premier ministre Bernard Landry et le comité de défense présidé par Bruno Roy est remise en question par un groupe de dissidents qui s’estiment floués, perdants sur toute la ligne.C’est l’histoire de leur vie, l’abandon.Le groupe d’irréductibles orphelins de Duplessis — dont le fondateur du comité de défense Hervé Bertrand — contestent l’entente qui accorde à leurs pairs des VOIR PAGE A 8: ORPHELINS INDEX Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Bourse.B2 Culture.B 8 Economie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Monde.A 5 Mots croisés .B 5 Météo.B 5 Sports.B 6 Télévision.B 7 Insecticides et pesticides à bannir Quand les verts virent au vert Des golfe doublement verts.Voilà l’objectif que se sont fixé depuis quelques années plusieurs propriétaires de terrains de golf du Québec qui, en partant en guerre contre l’usage massif de pesticides, veulent prouver que la pratique de ce sport peut aussi se faire dans le respect de la nature — mais aussi de la santé humaine.FABIEN DEGUISE LE DEVOIR Tempête dans un obstacle d’eau.En juin dernier, le projet de construction d’un terrain de golf de 18 trous par la société Casiloc tout près du Casino de Hull a créé tout un émoi dans la région.Contre les promoteurs, écologistes, environnementalistes et autres amants de la nature se sont unis pour dénoncer ce vaste projet commercial aux impacts négatifs, selon la Coalition pour la sauvegarde du parc du lac Ix'amy — zone d'emplacement du golf —, sur l’écosystème et, pesticides aidant, sur la santé humaine des riverains et des promeneurs habitués à venir se VOIR PAGE A 8: VERT Des insecticides propres ¦ À lire en page A 3 C a h i e f s p é c L a Q.LJ Él B I NEW YORK septembre 2001 Tombée publicitaire le 24 août 2001 LE DEVOIR f 778313000658 LE DEVOIR.LE MARDI 14 AOÛT 2 0 01 A 2 LES ACTUALITES Retrait des mots «légères» et «douces» des paquets de cigarettes Les cigarettiers n’ont pas dit leur dernier mot Le ministre fédéral de la Santé, Allan Rock, n’a pas attendu l’avis des fabricants de tabac pour ordonner le retrait des mots «légères» et «douces» des paquets de cigarettes.Frustrés d’avoir été pris de vitesse, ceux-ci estiment ne pas avoir dit leur dernier mot.JEANNE CORRIVEAU ROBERT DUTRISAC LE DEVOIR Le fabricants de tabac se sont dits déçus et surpris que le ministre ait tranché avant la fin de la période de cent jours qu’il avait imposée à l’industrie pour qu’elle retire volontairement les termes «douces» et «légères» de ses paquets de cigarettes.Imperial Tobacco s’est contentée d’émettre un communiqué de presse pour exprimer sa position.Le président et chef de la direction de la compagnie montréalaise, Bob Bexon, a indiqué que la décision du ministre l’avait surpris.Le 31 mai dernier, le ministre avait adressé un ultimatum aux fabricants, leur accordant un sursis de cent jours (jusqu’au 8 septembre) pour obtempérer: «Notre entreprise avait amorcé une série de rencontres avec Santé Canada et avait transmis des renseignements au ministère.Nous avions aussi informé le cabinet du ministre que nous étions sur le point de lui transmettre la position d'impérial Tobacco sur ce dossier.D’où notre surprise aujourd'hui», pouvait-on lire dans le communiqué.Hier, devant les membres de l’Association médicale canadienne réunis en congrès à Québec, Allan Rock a annoncé officiellement que les mots «douces» et «légères» seraient bannis des paquets de cigarettes.«Ces termes sont confus», a dit M.Rock.Le ministre a signalé qu’une majorité de fumeurs avaient adopté les cigarettes légères ou douces.Or, 40 % d’entre eux, selon des sondages, croient que fumer ces cigarettes, «c’est moins sérieux pour leur santé.Ce n'est pas vrai».«Dites la vérité», a asséné M.Rock aux compagnies de tabac.«C'est que toutes les cigarettes sont inacceptables pour la santé.» On ne sait toutefois pas quand le gouvernement prohibera dans les faits les appellations trompeuses à ses yeux.«Nous avons aujourdhui clarifié [le fait] que nous allons agir.C'est clair, c’est décidé.Quand et comment?On verra», a-t-il soutenu sans sourciller.En dépit de tant de bonne volonté, M.Rock a été pris à parti par 'certains médecins membres de l’Association médicale canadienne.Lors de la période de questions qui a suivi son discours, on lui a demandé comment il pouvait du même coup s’en prendre au tabac et autoriser la consommation de marijuana à des fins thérapeutiques.Le ministre a répondu en faisant une analogie avec la morphine.«Voyons donc! Je suis contre l’utilisation de morphine ou d’héroïne par des fins récréationnelles (sic) dans les maisons», a-t-il expliqué aux journalistes.«Mais je suis en faveur de l'utilisation de la morphine et de l’héroïne dans les hôpitaux pour soulager les patients.» «Il est encore trop tôt pour dire si nous contesterons la décision en cour», a expliqué John McDonald, de Rothmans, Benson and Hedges, à Toronto.«Nous devons d’abord voir en quoi consiste la réglementation qui sera adoptée.Mais nous espérons reprendre nos discussions.» Une seule rencontre avait eu lieu avec les représentants du ministère de la Santé, jeudi dernier, mais rien ARCHIVES LE DEVOIR Allan Rock: «Dites la vérité!» ne laissait présager que le ministre prendrait une décision si rapidement, a-t-il ajouté.La préoccupation des fabricants demeure l’étiquetage des produits et ils ignorent toujours quels termes seront choisis pour nommer ces cigarettes dites «légères».«Un nouveau système fonctionnerait-il mieux que celui que nous connaissons présentement?» se demande M.Bexon.«Nous n’en savons rien mais le ministre le sait peut-être.Nous ne pouvons qu'espérer qu’on ne créera pas de confusion auprès des consommateurs.» Francis Thompson, de l’Associé tion pour les droits des non-fumeurs, s’est réjoui hier de la décision du ministre.Les cigarettes légères sont aussi nocives que les autres et de nombreuses études l’ont prouvé, dit-il.«L’exposition au goudron peut être exactement la même pour une cigarette légère.La différence de goût que trouvent les fumeurs dans la mesure où elle existe, provient de la dilution.» L’usage du tabac est en baisse au Québec.Les plus récentes données de Santé Canada montrent que le pourcentage de fumeurs s’élevait à 28 % en 2000 alors qu’il était de 38 % en 1994.Les normes de la publicité, c’est notre affaire! LES NORMES CANADIENNES DE U PUBLICITÉ Nous sommes les normes canadiennes de la publicité, l'organisme responsable de l’autoréglementation de l’industrie.Notre mission: administrer le Code canadien des normes de la publicité, l’outil de travail développé par l’industrie pour l’industrie, dans le but d’établir les nonnes assurant une publicité responsable.Si une publicité vous préoccupe, vous disposez d'une tribune pour exprimer votre point de vue.Ecrivez-nous le plus simplement du monde pour nous en faire part.Nous vous répondrons rapidement en vous expliquant notre prise de position.Pour obtenir de plus amples renseipèntems.appelez ^ans frais notre lisne automatisée en composant le I-K“''-(>S(>-Mh(> ou visite/ notre siie normespnb corn Les normes canadiennes de la publicité, 4823.rue Sherbrooke Ouest.Bureau 130.Montréal.Québec.H3Z1G7 Recettes de guérisseurs contre le paludisme PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Québec — La médecine traditionnelle des guérisseurs des rorets tropicales ne miserait pas uniquement sur l’effet placebo comme le prétendent d’aucuns.Elle tablerait sur des substances d’origine végétale au potentiel pharmacologique jusqu’à récemment insoupçonné par les Occidentaux.C’est en consultant les guérisseurs de Madagascar, d’Amérique Centrale et de Bornéo que deux chercheurs ont mis au jour des substances anti-palu-diques dont l’efficacité dépasserait celle des médicaments actuellement utilisés.Les deux chercheurs ont fait part de leurs découvertes porteuses de grands espoirs pour les 300 000 personnes qui sont infectées chaque année par le parasite responsable du paludisme (ou de la malaria) — sans compter les deux millions d’individus qui en succombent annuellement —, dans le cadre d’un colloque international sur les produits naturels d’origine végétale organisé par le CRDI et le Laboratoire LASEVE de l’Université du Québec à Chicoutimi qui se tenait la semaine dernière à Québec.Au cours d’une quinzaine d’années de tournées botaniques dans les forêts de Madagascar, le phyto-chimiste Philippe Rasoanaivo de l’Institut malgache de recherches appliquées a mis au jour, grâce à ses relations cordiales avec les guérisseurs, un composé actif issu de l’écorce des tiges du strychnos, un arbuste abondant sur le territoire malgache.«Nous avons repéré trois espèces apparentées — appartenant à la même famille de plantes — qui croissent dans des régions différentes de Madagascar et qui sont utilisées par des ethnies distinctes pour lutter contre le paludisme, explique le chercheur malgache.Ces trois espèces contiennent la même molécule active, un alcaloïde dont on a déterminé la structure et ta pharmacocinétique [sa distribution dans l’organisme, son métabolisme, son absorption et son élimination].» Structure chimique En scrutant à la loupe la structure chimique du fameux composé, l’équipe de Philippe Rasoanaivo a mis au jour la fraction de la molécule à l’origine de l’activité anti-parasitaire.«Nous avons remarqué que les molécules synthétiques, telles que la chloroquine (Aralen), qui exercent les mêmes actions [anti-paludiques] possèdent également cette portion de la molécule extraite du strychnos, souligne M.Rasoanaivo avant d’affirmer que cette fraction moléculaire serait probablement associée à la résistance à la chloroquine que développent les personnes atteintes de la malaria Car l’unité active que les chercheurs malgaches ont isolée, puis améliorée en laboratoire renverse la résistance à la chloroquine.Normalement, lorsque la chloroquine est présente en concentration suffisante dans le parasite, elle le terrasse sur-le-champ.Mais le parasite a trouvé le moyen d’expulser la drogue de son organisme et de la rendre ainsi complètement inefficace.«Lors de cette expulsion, une protéine du parasite sert de véhicule, explique le chercheur.Cette protéine se fixerait à la chloroquine et le point d’attache serait l’unité que nous avons identifiée [dans la chloroquine et l’extrait de strychnos].» Ainsi, lorsque l’on joint l’alcaloïde du strychnos à la chloroquine, l’extrait végétal se lie préférentiellement à la protéine du parasite.D la neutralise et libère ainsi la chloroquine qui peut alors exercer son effet toxique sur les parasites.Philippe Rasoanaivo teste actuellement l’alcaloïde en question chez des individus atteints de la maladie.La plupart sont guéris en l’espace de trois à sept jours.«En principe, le parasite est tué, précise le chimiste des plantes.Quelquefois, il ne disparait pas mais la maladie est guérie cliniquement.Les parasites sont rendus inoffensifs.Il y aurait donc une cohabitation pacifique entre l’hôte et le parasite.» Sous d’autres cieux, ceux surplombant le Costa Rica et Bornéo en Indonésie, John T.Amason, professeur de botanique à l’université d’Ottawa, a lui aussi réussi à soutirer un nouveau secret aux guérisseurs de ces régions du monde: l’identité de deux plantes de la même famille de l’acajou employées, en ces deux lieux pourtant situés aux antipodes l’un de l’autre, pour traiter les personnes souffrant du paludisme.Les substances actives — des terpénes — qu’il a isolées autant du cèdre tropical d’Amérique Centrale que du «duku» de Bornéo se sont révélées en laboratoire et lors d’expériences chez l’animal très virulentes contre les parasites du paludisme.«L’extrait complet qui contient dix principes actifs est plus efficace que la chloroquine et autres drogues de même acabit et la résistance au parasite serait plus lente à se développer», précise-t-il tout en affirmant qu’explorer la pharmacie des guérisseurs représente un des meilleurs moyens pour découvrir des plantes intéressantes pour la médecine.Invitations au ralliement aux forces souverainistes et progressistes Le RAP: « Pas question de redevenir les otages du PQ » ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le Rassemblement pour l’alternative progressiste (RAP) n’a que faire des invitations au ralliement qu’a lancées la semaine dernière le chef du Parti québécois, Bernard Landry, aux forces souve-rainistes et progressistes.«Pas question de redevenir les otages du PQ, a répondu hier la présidente du RAP, Suzanne Lamarche.La gauche n’a Jamais eu autant de rapports de force que depuis qu’elle est sortie du parti.» Elle ne se dit pas surprise, en cette veille d’élections complémentaires dans au moins quatre sinon cinq circonscriptions, de voir «une fois de plus le PQ nous siffler pour que l’on se rallie à lui.Mais on ne peut pas effacer si facilement six ans de gouvernement marqué par la droite», dit-elle.Le premier ministre avait pro- fité, vendredi, de l’annonce du ralliement à son parti d’une ancienne vice-présidente de l’Action démocratique du Québec, Lysane O’Sullivan, pour déplorer le fait que de nouveau partis de gauche ou indépendantistes servent malgré eux les intérêts de la droite en privant le PQ d’un certain appui électoral.Pour établir des politiques sociales plus généreuses, leur disait-il, tout comme pour réaliser la souveraineté, il faut être au pouvoir et seul le PQ peut raisonnablement y prétendre.Suzanne Lamarche concède volontiers que les élections des prochains mois serviront surtout à faire connaître le RAP ainsi que Bernard Landry l’Union des forces progressistes à laquelle il appartient «Mais on pense que l’on peut gagner un jour.» En ce qui concerne les élections partielles à venir, le RAP a trouvé jusqu’à présent des candidats pour les circonscriptions de Blainville et Jonquière.Il en cherche encore un pour la circonscription de La-belle, appuiera celui de l’Union des forces progressistes dans Laviolette, et attend que le gouvernement confirme la tenue d’élection dans la circonscription de Saguenay pour s’y trouver un représentant.D’ici là, l’Union des forces progressistes dévoilera demain à Montréal son programme électoral pour cet automne.Enquête sur les causes de l’accident du pont mobile PRESSE CANADIENNE Allanburg, Ontario — Pendant que deux douzaines de navires attendaient hier après-midi la réouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent bloquée samedi soir par la collision d’un navire avec un pont mobile, les enquêteurs du Bureau de la sécurité des Transports tentaient de comprendre les causes de cet accident Le navire, qui transportait du blé, a pris feu après la collision et a par la suite été remorqué dans une autre écluse assez large pour laisser passer les autres bateaux.«Tout ce que nous pouvons dire à ce moment-ci, c’est qu’il y a eu collision avec le pont, que le pont et le navire ont été démolis et que ce dernier a pris feu après la collision, a déclaré Paul Vanderburg, porte-parole du BST.Nous savons également que l’incendie a pris naissance dans le navire même.Nous continuons de recueillir les témoignages et, à terme, nous allons rassembler le tout et voir si des défaillances dans la sécurité sont responsables de ce qui s’est passé.» Sylvie Moncion, de la Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent, prévoyait hier après-midi que la voie maritime serait rouverte en soirée.«Le pont est trop bas.Ils essaient de le remonter aussi haut que possible pour que les bateaux puissent passer dessous sans danger», expliquait-elle de son bureau de Cornwall, en Ontario.L’accident est survenu samedi soir près de Thorold, en Ontario, lorsque le cargo transportant 26 000 tonnes de blé chargé à Thunder Bay a pris feu après une collision avec le pont.Les pompiers ont utilisé des échelles aériennes automotrices situées de chaque côté du canal pour éteindre les flammes.Selon des représentants de la voie maritime, 22 marins étaient à bord du navire au moment de l’accident et deux ont dû être traités pour des blessures mineures.Le navire est la propriété de la société N.M.Paterson and Sons Ltd., une firme de transport de céréales canadienne.L’accident est survenu dans une écluse du canal Welland, entre les lacs Erié et Ontario.La Voie maritime du Saint-Laurent s’étire sur 3700 kilomètres et permet de relier le Canada central à l’océan Atlantique.C a b e l -S p é c i a L » Les Arts et la ville septembre 2001 Tombée publicitaire le 24 août 2001 « Le devoir LE DEVOIR.LE MARDI 14 AO V T 2 O O 1 A A -?LE DEVOIR «-—- ACTUALITÉS Colloque international sur les produits naturels d’origine végétale Les insecticides bio ont le vent dans les ailes Deux substances issues de plantes tropicales posséderaient d’intéressantes propriétés insecticides sans pour autant être toxiques pour l’humain PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Depuis que l'on est conscient des torts que causent les pesticides synthétiques à l'environnement et à la santé humaine, les scientifiques cherchent de nouvelles armes pour faire la chasse aux insectes.la création par génie génétique de nouvelles plantes qui produisent leur propre insecticide est une avenue.mais qui est de plus en plus décriée par les consommateurs.Alors pourquoi ne pas revenir aux techniques du bon vieux temps d’avant la guerre où l’on usait de substances naturelles comme la nicotine et la pyrèthre, un composé extrait d’une marguerite d'Afrique de l’Est, pour éliminer les bestioles nuisibles?Le «retour aux sources» semble en effet une voie prometteuse.Dans le cadre d'un colloque international sur les produits naturels d’origine végétale oiganisé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et le Laboratoire LASEVE de l’Université du Québec à Chicoutimi, et qui se tenait la semaine dernière à Québec, des scientifiques canadiens et africains ont présenté deux substances issues de plantes tropicales qui posséderaient d’intéressantes propriétés insecticides sans pour autant être toxiques pour l'humain.L’une de ces substances est le spirocaracolitone qui est extrait de l’écorce d’un arbre de la forêt du Costa Rica.D s'agit d’une toute nouvelle substance qui était jusqu’à ce jour inconnue des chimistes.«Une des stratégies pour trouver des nouveautés est d’examiner les familles de plantes rares, lesquelles ont très peu été étudiées», explique John Arnason, botaniste à l’université d’Ottawa et découvreur de ce nouvel insecticide natu- rel.Justement l’arbre qui fournit le spirocaracolitone est la seule espèce de sa famille à croître en Amérique.Cet arbre est très recherché par les chamans des tribus amazoniennes qui parcourent de grandes distances pour recueillir l’ingrédient précieux qu’ils joignent aux décoctions qu’ils préparent à titre de médicaments.«Révolutionnaire» L’autre nouveauté qui caractérise cet insecticide de jardin d’origine naturelle: son mécanisme d'action qui est plutôt «révolutionnaire» puisqu’il modifie le comportement des insectes sans toutefois les décimer.C’est là une nouveUe tendance qui est de plus en plus recherchée dans le contrôle des insectes, affirme John Ama-son.«Au lieu de tuer les inseetes, le spirocaracolitone freine la croissance de l'insecte ou prolonge son cycle de vie.Ce qui évite les explosions de populations d’insectes», précise-t-il.Le spirocaracolitone tarit l'appétit des insectes.11 n’est donc pas toxique au point d’exterminer les insectes et d’empoisonner les humains.Un autre insecticide qui a déjà acquis une certaine reconnaissance (en Inde et aux Etats-Unis) est la mixture tirée des noix du margousier (neem en anglais).Cet arbre est originaire du Cachemire où son activité insecticide est reconnue depuis plus de nulle ans.Il a été introduit en Afrique au début des années 1960 pour la production de bois de chauffe et pour l’ombre qu’il procure.La méthode traditionnelle d’extraction du suc aux propriétés insecticides ne permet pas d’obtenir un produit de qualité constante, critère exigé pour la commercialisation et éventuellement l'exportation.L’effica- cité du produit dont on attribue le pouvoir insecticide à un cocktail de substances de la famille des limo-noïdes, varie selon la variété de noix utilisée', la maturité du fruit, sa fraîcheur et le mode de conservation, le climat, le sol, la pluviométrie et l’ensoleillement, autant de facteurs qui influencent la teneur en insecticide des extraits.Pour sa part, le procédé d’extraction industriel employé en Inde et qui fait appel à des solvants pétroliers rend difficile la séparation entre l’insecticide et l’huile issue des noix que les populations locales destinent à d’autres usages.Rigobert Yameogo, biochimiste à l'Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (IRSAT) du Burkina Faso, a mis au point une nouvelle technique qui permet d'extirper encore plus de composés insecticides de la noix.Dans un premier temps, on écrase l’amande avec une presse qui permet de soutirer l’huile.«Les tourteaux — la masse végétale compacte — qui résultent de cette procédure contiennent près de 80 % d’insecticide, précise André Bélanger, chimiste au Centre de recherche et de développement en horticulture d'Agriculture et Agroalunentai-re Canada, qui a participé au projet.Traditionnellement, on jetait les tourteaux une fois l’huile extraite.Maintenant, grâce au nouveau procédé, on extrait le précieux cocktail insecticide à l’aide de solvants naturels biodégradables.On obtient ainsi un insecticide dont l’efficacité est comparable à celle des produits de synthèse sans leurs inconvénients.» L’extrait de margousier est en effet biodégradable et non toxique.Il ne s’accumule pas dans l'environne- ment comme les produits de synthèse.Et les insectes ne semblent pas développer de résistance.11 a donc tout pour plaire aux agriculteurs biologiques et ré^ pondre à leurs exigences.Les chercheurs du Burkina Faso ont même éprouve l’efficacité de l’extrait de margousier sur des cultures de haricots fins, un des principaux légumes qu’ils exportent en Europe.«Ce nouvel insecticide naturel permettra ainsi de respecter la nouvelle législa-tùm de la Communauté Européenne — en vigueur depuis janvier dernier — qui exige que tout pnxtuit alimentaire importé à l’intérieur de Li Communauté Européenne soit exempt de résidus d’insecticides de synthèse», souligne Rigobert Yameogo.Afin de permettre la commercialisation du produit, André Bélanger et son équipe d’Agriculture Canada ont développé un «biotest» permettant d'évaluer le pouvoir insecticide des extraits de margousier.«Quand on voudra commercialiser le produit, il faudra qu 'il ait toujours la même dose.On fera des mélanges pour obtenir la même concentration du produit fini ou commercialisable», explique M.Bélanger, Flairant le potentiel indéniable de l’extrait de margousier, une petite entreprise québécoise spécialisée dans les biopesticides s’est récemment jointe au projet visant la commercialisation de cet insecticide entièrement bio.L'extrait de margousier est non toxique.Il ne s’accumule pas dans l’environnement comme les produits de synthèse Victoire judiciaire pour les parents des élèves de l’école Somerled ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR T usqu’à cinq millions de dollars I pourraient être versés en sa-îaires aux élus des villes fusionnées du Québec après que leurs municipalités auront disparu.Cette somme pourrait atteindre 3,6 millions à Montréal seulement «Ce sont des évaluations maximales, a précisé hier en conférence de presse la ministre des Affaires municipales, Louise Harel.On a prévu théoriquement que 80 % des élus actuels pourraient profiter de ce programme de mandat écourté.» La moitié de cette facture sera assumée par le gouvernement.L’autre moitié restera aux citoyens qui ont élu ces maires et conseillers municipaux dont les mandats, n’eût été des fusions, se seraient majoritairement terminés l’an prochain mais qui, dans d’autres cas, se seraient prolongés une ou deux années de plus.Offert aux «victimes» de toutes les fusions municipales décrétées par le gouvernement le programme compensera les salaires de base ainsi que la rémunération supplémentaire versée aux élus qui assumaient des responsabilités particulières au sein de leurs conseils municipaux (ex.: comité exécutif) ou d’organismes supra-municipaux (ex.: régie intermunicipale).Il ne s’appliquera toutefois pas aux élus qui se feront élire aux conseils municipaux des nouvelles villes.La ministre Harel a d’autre part annoncé s’être entendue avec les associations représentant les municipalités du Québec sur le mode de redistribution du surplus actuariel de 86,3 millions accumulé par le Régime de retraite des élus municipaux (RREM).Les remboursements seront proportionnels aux contributions versées à part égale par les quelque 400 municipalités et les 4000 élus qui ont participé au régime en question.Cette correction, qui s’imposait à la veille du grand remue-ménage causé par la réforme municipale, donnera l’occasion de modifier les règles de fonctionnement du RREM de manière à réduire dans l’avenir de pareils trop perçus ainsi qu’à assurer une représentation des municipalités au sein de l’organisme chargé de gérer le fonds de retraite.Charest «frappe dans le beurre» Louise Harel a profité hier de l’occasion pour en remettre dans sa réplique aux déclarations de Jean Charest qui accusait en fin de semaine le gouvernement de mettre de côté les millions du programme d’infrastructure Canada-Québec en vue des prochaines élections.«Il frappe vraiment dans le beurre, s’est-elle exclamée.Il n’était peut-être pas au fait du dossier, je ne veux pas l’expliquer ou le justifier, mais c'est vraiment incroyable parce que l’on fait vraiment nos devoirs.» Si un gouvernement traîne les pieds, ce serait le gouvernement fédéral, a-t-elle répété.Selon elle, ce ne sont pas 35, comme elle l’évaluait dimanche, mais 160 projets d’une valeur totale de 153 millions qui n’attendraient présentement que le feu vert d’Ottawa pour se réaliser.Une autorisation du fédéral qui ne devrait d’ailleurs qu’être une formalité, a-t-elle ajouté, ayant été entendu que l’évaluation des dossiers ne serait faite que par Québec.VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Match nul sur fond de victoire judiciaire pour les parents de Notre-Dame-de-Orâce qui veulent que l’ancienne école Somerled demeure une école de quartier offrant un enseignement de la maternelle à la sixième année.la juge Nicole Duval-Hesler de la Cour supérieure a en effet accepté vendredi de prendre en délibéré la demande des parents d’annuler une décision de la Commission scolaire de Montréal prise le 20 décembre dernier.A cette date, les commissaires avaient choisi de transformer l’école Anne-Hébert (Somerled) pour y accueillir uniquement des élèves de 5r et 6'' année.Cette école doit notamment offrir des programmes spéciaux tels que l’immersion anglaise et l’enseignement multimédia.En attendant de trancher le débat, la juge a émis deux ordonnances: elle autorise la CSDM à accueillir les élèves de S'et 6' années qui sont inscrits et ceux qui s’inscriront d’ici à la rentrée des classes; elle autorise également la commission scolaire à accueillir, sur une base volontaire, des élèves de la maternelle à la 4' année.Un jugement final devrait être rendu d’ici un mois.Au cœur de l’argumentation des parents se situe le problème de la surpopulation des écoles de ce quartier montréalais.Ainsi, les écoles Notre-Dame-de-Grâce, Sainte-Catherine-de-Sienne et Ics-Enfants-du-Monde débordent.C’est d’ailleurs pour cette raison que la Commission scolaire Engli-sh-Montreal avait cédé l’école Somerled l’an dernier.«1m CSDM n'a pas obtenu cette école pour faire une expérience pédagogique mais bien pour régler un problème», croit Kevin Copps, qui fait partie du groupe de parents qui a contesté cette décision.Victoire?«Ça nous donne un poids moral, ajoute M.Copps.1m juge ne voulait pas obliger la CSDM.Mais si les commissaires choisissent de ne rien faire, elle va en tenir compte dans son jugement et ils s’en mordront les doigts.» La CSDM n’a pas rappelé Le Devoir pour lui donner son interprétation de la décision de la juge Nicole Duval-Hesler.Dans un bref communiqué, la commission scolaire a cependant fait savoir qu'elle n’apportait «aucune modification à sa décision» pour le moment.Selon les parents, la CSDM pourrait très bien aménager l'école en deux ailes distinctes.Ils ne comprennent pas l'acharnement de la commission scolaire et lisent dans la décision de la juge Duval-Hesler une invitation à trouver un compromis.Se payer des têtes m c «y \ s \ \ s* Les élus des villes fusionnées recevront cinq millions de dollars JACQUES GRENIER LE DEVOIR CE JEUNE TOURISTE va-t-il rejoindre les Clinton et Mister Bean sur le tableau d'honneur de ce caricaturiste?En tout cas, Yves Dufresne, qui a installé ses pénates dans le Vieux-Port de Montréal, lui promet de se payer sa tête! fam iso i riles Pour obtenir plus d’informations ou pour recevoir un formulaire de candidature 1 800 463-2851 iso.familles@csf.gouv.qc.ca www.csf.gouv.qc.ca CLUB 14021 HOMME N S V P I É T C A I T A I L O E N Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie Fête patronale du diocèse de Montréal présidée par l’archevêque de Montréal, Monsieur le cardinal Jean-Claude Turcotte le mercredi 15 août 2001 à 19H30 à la Basilique Notre-Dame de Montréal 116 Notre-Dame Ouest, Montréal (Métro Place d’Armes) Coupe-vents importés d’Italie réversibles GRAND SOLDE D’ÉTÉ 150* seulement RÉGULIER 3Sa’ 1118, rue Ste-Catherlne O 2e étage, Montréal Tél.: (514)861-3636 e A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 14 AOÛT 2 0 01 LES ACTUALITES U université virtuelle est en pleine expansion «Cette année, on a eu une augmentation de 15 % de la fréquentation» VALÉRIE DUFOUR LF, DEVOIR Pour plusieurs, les mots télé-université et formation à distance riment avec platitude et facilité.Pourtant, la formation a l’extérieur du cadre formel d’une classe prend de l’ampleur et de plus en plus d’étudiants font partie de ces campus virtuels.et décrochent de vrais diplômes.«Comme le savoir est au cœur de l’activité économique, le modèle de la formation à distance est tout à fait adapté», croit la directrice du développement des marchés à la TELUQ, France Bilodeau.«On peut étudier à son rythme, à son heure et à son aise.Et la formation continue est à l’ordre du jour de plusieurs compagnies et organismes publics.» Télé-université est née en 1972 et a rejoint le réseau de l’université du Québec en 1992.Aujourd’hui, elle compte 18 (XX) étudiants à temps partiel, soit l’équivalent de 2600 à temps plein.TELUQ offre 320 cours dans une soixantaine de programmes.Mais quel visage a ce campus virtuel?«80 % de nos étudiants ont déjà un diplôme de premier cycle en poche», souligne France Bilodeau.De plus, 60 % de la cUentèle est composée de femmes entre 30 et 35 ans sur le marché du travail.Pour le reste, le quart des étudiants Les chasseurs inuits pourraient faire long feu Les délais dans la délivrance de permis menacent leur subsistance SÉVERINE D E F O U N I LE DEVOIR Les délais dans la délivrance de permis de possession d’arme à feu — démarche obligatoire imposée par la loi fédérale C-68 — sont en train de menacer la subsistance des Inuits.Pire, elle pousse certains à agir dans l’illégalité pour pouvoir nourrir leur famille.Une situation qui aurait pu être évitée si le ministère de la Justice avait pris en compte, au départ, le mode de vie de la communauté inuite.«C'est la crise dans le Nord, clame Whit Fraser de l’Inuit Tapirisat of Canada, organisation qui représente les Inuits au plan national.Les Inuits qui sont à cours de munitions ne peuvent pas s’en procurer auprès des détaillants parce qu ’ils n ’ont pas encore reçu leur permis du fédéral.Pas de permis, pas de chasse», déplore-t-il.La loi C-68 oblige tous les détenteurs d’armes à feu à s’inscrire dans un registre afin de recevoir un permis de possession.Ils avaient jusqu’en juin 2001 pour envoyer leur formulaire d'inscription; plusieurs l’avaient fait parvenir dès décembre — première date limite fixée par le gouvernement Comme partout au pays, des propriétaires attendent toujours leur permis, lu situation st' fait plus critique dans le Nord car, mode de vie oblige, la chasse est un moyen de subsistance qui, de surcroît, se pratique de plus en plus à l’aide d'une arme à feu.Sans posséder de données précises, le FTC estime que plusieurs centaines d'Inuits sont toujours en attente de ce bout de papier.Nombre d’entre eux demandent donc à un parent ou un ami qui possède le permis de se procurer des munitions en leur nom.Une pratique illégale selon le code de la loi.«D’autres ont tout simplement cessé de chasser parce qu 'ils craignent les représailles».d’expliquer Lorraine Brooke, qui a dirigé le groupe de travail mis sur pied à l'initiative du sénateur libéral Charlie Watt, lui-même inuit.Ce groupe avait [xuir mandat de répertorier les difficultés que pose la loi C-68 pour les Inuits.Car si la lenteur administrative est responsable de la situation jugée critique dans le Grand Nord, les représentants inuits reprochent aussi au gouvernement d’avoir balayé du revers de la main la question des traditions inuites et de leurs méthodes de chasse.Un exemple: lorsqu'un chasseur se promène en motonei-ge ou en bateau, son arme doit être vide de toutes munitions et être bloquée'.«C'est km pour le Sud, pas pour le Nord», croit Mme Brooke.De plus, plaident-ils, la loi C-68 entre en contradiction avec les droits donnés aux autochtones en vertu des ententes de revendications territoriales signées avec le gouvernement Ije Inuit Working Group a remis les conclusions de son rapport au ministère de la Justice début juin.«Nous avons été bien reçus», a déclaré Mme Brooke, qui prévoit une rencontre à l’automne entre' les représentants inuits et le Centre canadien des armes à feu.EN BREF Bayer avoue Berlin (PC) — In firme pharmaceutique allemande Bayer a reconnu aujourd'hui que le Baycol, son medicament anti-cholestérol-vedette retiré du marché la semaine dernière, pouvait être lié à la mort de 52 per-sonnes dans le monde.Ces 52 décès suspects sont survenus chez des patients traités à la cérivastatine, la substance active du Baycol.L'un de ces cas a été répertorié au Canada Bayer ajoute que les chances que ce médicament revienne sur le marché sont minces.Le directeur général de Bayer, Manfred Schneider, a tout de même souligné qu'à l’heure actuelle rien ne prouvait que ce médicament avait causé la mort de ces 52 personnes.Le ministère allemand de la Santé a ordonné l’ouverture d’une enquête pour savoir si le médicament aurait dû être retire du marché plus tôt s’inscrivent pour suivre un cours ou deux et décrocher un diplôme dans leur université d’origine.On associe souvent à tort Télé-Université avec les cours donnés à la télévision.«C’est un mythe que l’on essaie de détruire», avoue Mme Bilodeau.Ainsi, aucun cours du Canal Savoir ne vient de la Télé-Université.«Nous offrons de la formation à distance et nous utilisons tous les moyens autres que le face-à-face pour atteindre nos étudiants.La place de la télévision est très marginale dans notre histoire», précise-t-elle.Qui s’inscrit à l’université virtuelle dit plutôt manuel et exercices a la maison.Et surtouL discipline de fer.Une soixantaine de cours sont totalement diffusés sur Internet.L’étudiant reçoit un code d’accès et il va puiser ses notes de cours et de l’aide de son tuteur en se branchant Néanmoins, la majorité des cours se font toujours avec un crayon et du papier.«Mais, à terme, notre objectif est d’offrir une université sans papier où toutes les transactions et les communications se feraient sur Internet», soutient France Bilodeau.«Certains diront ce c’est un rêve ou que c’est utopique, mais c’est la direction que nous prendrons.» Comme ses acolytes, TELUQ a signé un contrat de performance avec le gouvernement du Québec cette année.En échange d’un réinvestissement, l’université s’engage à augmenter sa clientèle de 8 % au cours des trois prochaines années, soit l’équivalent de 600 étudiants à temps complet Cette année, le nombre d’étudiants a grimpé de 3,5 % et l’année d’avant de 5 %.Reflet de cette expansion, « Notre TELUQ organise maintenant une collation des grades.Le 8 septembre dernier, objectif est une centaine de diplômés se sont réunis pour recevoir leur baccalauréat, d’offrir une veut accentuer la persévérance, ex- / plique France Bilodeau.Les étudiants adultes Université finissent leurs cours mais moins souvent le pro- gramme dans lequel ils sont inscrits.» En sui-sans vant un cours par session, par exemple, une .personne mettra cinq ans avant d’obtenir un papier.» certificat.«En moyenne, un étudiant met entre trois et quatre ans pour obtenir un certificat et entre sept et huit ans pour un baccalauréat», précise Mme Bilodeau.Et il n’y a pas que les portes de l’université qui soient ouvertes à l’enseignement virtuel.La Société de formation à distance (SOFAD) des commissions scolaires du Québec offre également ce type de formation.Ainsi, on peut suivre un cours de chimie, de mathématiques, d’anglais ou de français de niveau secondaire sans retourner sur les bancs d'école.Au niveau collégial, c’est le Centre collégial de formation a distance (affilié au College de Rosemont) qui s’occupe de développer ce «marché».Les programmes offerts sont les mêmes que ceux des cégeps et la majorité des étudiants y vont pour suivre un ou deux cours qui ne sont pas donnés par leur collège.En tout le Centre a 23 000 inscriptions de cours par année en provenance de 14 000 personnes.Tout comme la TELUQ, le nombre d’inscriptions est en hausse constante.«On voit que l’intérêt augmente», note la directrice adjointe, Pauline Proulx.«Cette année, on a eu une augmentation de 15 % de la fréquentation, la même chose que l’an dernier.C’est très fortement lié au développement des technologies de l'information.» En plus des programmes universitaires classiques, le Centre tente d’élargir sa clientèle et d’offrir des cours pour grand public.«Ça peut être de la formation créditée, mais qui intéresse les gens sans pour autant mener à un DEC ou une attestation, explique Mme Proulx.On parle ici, par exemple, de cours de photographie, de recherche d'information sur Internet, de cours d'arts ou de langue pour préparer un voyage.» Un pan de mur de l’Histoire IP*.K il V ¦ - ‘.¦ V A 3 S 'A v'* * 't mm-m f L.*., IR - JH , , ____ FABRIZIO BENSCH REUTERS DE TRISTES CEREMONIES ont marqué hier le quarantième anniversaire de la construction du mur de Berlin.Dans tout le pays, drapeaux en berne et messes œcuméniques ont rappelé le douloureux souvenir de ce dimanche 13 août 1961 où les Berlinois s’étaient réveillés au spectacle des soldats est-allemands en train d’ériger un mur de béton et de grilles métalliques, isolant Berlin-ouest de l’Allemagne de l’Est.Le «mur de protection antifasciste» contre l’ouest capitaliste visait à stopper l’exode des Allemands de l’Est vers l’Ouest.Depuis le début des années 1950jusqu'à l’été 1961, environ 2,5 millions de personnes avaient quitté leur pays, sur une population de quelque 19 millions d’habitants en 1947.La chute du Mur de Berlin, 28 ans plus tard, le 9 novembre 1989, a permis la réunification des deux Allemagnes, le 3 octobre 1990, sous la houlette du chancelier chrétien-démocrate Helmut Kohl.Les grandes revues médicales font front commun contre les pharmaceutiques PRESSE CANADIENNE Toronto — Préoccupées par ce qu’elles perçoivent comme de l’ingérence de la part des sociétés pharmaceutiques et des agences gouvernementales, douze des plus prestigieuses revues médicales du monde refuseront dorénavant de publier les résultats d’études qui ne sont pas manifestement indépendantes, rapportait hier le National Post.Selon le quotidien torontois, l’entente concerne la plupart des publications du monde occidental faisant état des progrès de la médecine, parmi lesquelles le Lancet, le New England Journal of Medicine, le Journal of the American Medical Association ainsi que le Journal de l’Association médicale canadienne.La nouvelle politique de ces journaux sera dévoilée dans le cadre d’un éditorial commun que publiera chacun d’entre eux le mois prochain, précise le Post.«Les prestigieuses revues médicales du monde ont accepté de ne pas publier toute recherche subventionnée par une société pharmaceutique ou une agence gouverne- mentale lorsque l'auteur de l’étude ne peut dire qu’il a eu accès à toutes les données et qu ’il a pu rédiger celle-ci en toute liberté», a déclaré au quotidien, dimanche, John Hoey, rédacteur en chef du Journal de l’Association médicale canadienne.Cette décision, a indiqué M.Hoey, lait suite à une série de conflits, ces derniers temps, entre établissements pharmaceutiques et scientifiques — notamment celui ayant opposé Nancy Olivieri, hématologue à l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, à la société Apotex Inc.La compagnie canadienne avait fait appel aux services de Mme Olivieri, en 1993, afin qu’eUe mène une série d’essais cliniques sur le deferiprone, nouveau médicament destiné aux personnes victimes de la thalassémie, une hémopathie héréditaire.Le financement des travaux de la spécialiste avait été interrompu après qu’elle eut publié un article critique sur d’éventuels effets secondaires négatife de ce médicament Une étude indépendante a depuis mis en doute les conclusions de Mme Olivieri.L’affaire est toujours débattue devant les tribunaux et jurys universitaires.L’ombudsman de l’armée invite les Forces à revoir le traitement des plaintes Ottawa (PC) — les Forces armées doivent mettre en place des mesures d’encadrement et de suivi des plaintes afin d’éviter des conflits internes interminables, recommande l’ombudsman des Forces armées, André Marin, dans un rapport dévoilé hier.M.Marin a émis onze recommandations à la suite de son enquête portant sur des plaintes de harcèlement, vengeance et représailles portées par le capitaine Bruce Poulin à l’égard d’une vingtaine de membres de la Défense nationale.Il invite les Forces à mettre en place des procédures pour que les plaintes suivent un canal bien précis et que toutes soient traitées de façon appropriée.Le rapport traite d’une affaire qui remonte à 1996, alors que le capitaine Poulin portait plainte à un supérieur, le général William Leach, pour une présumée agression sexuelle perpétrée par un colonel de Kingston.M.Poulin affirmait que rien n’avait été fait pour faire la lumière, bien qu’il ait porté le cas à l’attention des plus hauts gradés de l’armée, dont l’ex-com-mandant des Forces armées, le général Maurice Baril.Un nouveau vaccin contre l’Alzheimer testé à Québec PRESSE CANADIENNE Québec — Des patients souffrant d’Alzheimer de l’hôpital de l’Enfant-Jésus, à Québec, pourraient bénéficier à partir de l’an prochain d’un nouveau vaccin contre la maladie d’Alzheimer, dans le contexte d’une recherche.En attendant ce vaccin, un troisième médicament pour ralentir les symptômes de la maladie, le Réminyl, vient d’être approuvé par Santé Canada «Le vaccin, c’est une piste très intéressante.Pour la première fais, on s'attaque au mécanisme de la maladie», se réjouit le O' Rémi Bouchard, neurologue spécialisé dans les troubles de la mémoire.L’été dernier, l’annonce de recherches sur un vaccin pour contrer la maladie d’Alzheimer avait fait grand bruit L’injection du vaccin à des souris atteintes d’Alzheimer avait réduit — et même fait disparaître dans certains cas — les plaques d’amyloïdes dans le cerveau des souris.Ces plaques sont responsables de la maladie.La 2' phase de la recherche consiste à tester le médicament sur des êtres humains.«En ce moment, le vaccin est testé sur des patients aux États-Unis.Les résultats ne sont pas encore connus.On sait par contre que les patients tolèrent bien le vaccin.Reste à évaluer son effet bénéfique», explique le neurologue.Le Dr Bouchard s’attend à l’élargissement prochain de la recherche sur plus de patients, dont ceux de l’En-fant-Jésus, à cause de la renommée du Centre de recherche sur la mémoire de l’hôpital.«R y a 25 ans, jamais personne n'aurait pensé s'attaquer aux maladies dégénératives.Cest ce qu ’on fait avec le vaccin.C’est emballant», dit le EK Bouchard.Le neurologue s’attend à ce que le nouveau vaccin, combiné aux médicaments existants, améliore sensiblement l’état des patients atteints de la maladie.En attendant le vaccin, un troisième médicament visant à ralentir les symptômes de la maladie vient de faire son apparition sur le marché, le Réminyl.Le Dr Bouchard s’en réjouit La nouvelle molécule s’ajoute à l’Ari-ceptetàl’Exelon.«C’est une bonne nouvelle pour les patients.Nous avons maintenant trois choix pour les traiter.Comme les trois médicaments ne sont pas chimiquement pareils, l’un pourra être efficace si l’autre ne l’est pas.» Le Réminyl est composé de galantamine, un dérivé des bulbes de jonquilles.Le nouveau médicament délivré sur ordonnance, sera sur les tablettes des pharmaciens au début de septembre.Le EK Bouchard s’attend à ce qu’à court terme, le Réminyl reçoive le même statut que l’Aricept et l’Exelon et soit considéré comme médicament d’exception.les médecins doivent remplir des formulaires pour démontrer l’efficacité du produit sur leur patient pour qu’il soit remboursé par la RAMQ.Comme l’Aricept et l’Exelon, le Réminyl empêche la dégradation du neurotransmetteur acétylcholine.En plus, explique le EK Bouchard, le nouveau médicament module les récepteurs nicotiniques, qui augmentent la libération d’acétylcholine.Cette dernière est importante pour l’apprentissage et la mémoire.D’après les études, le Réminyl agit pour un an au moins.A ses débuts sur le marché, parce que les recherches ne s’échelonnaient pas sur une plus longue période, on ne considérait l’Aricept et l’Exelon efficaces que pour un an.Maintenant, on se rend compte que les médicaments sont efficaces durant deux ou trois ans.«Chez certains patients, la médication stabilise leur état, pour d’autres on note une amélioration.Chose certaine, dès qu un patient arrête le médicament, son état se détériore.Après trois ans de traitement, on constate que l’état des patients traités est meilleur que celui de ceux qui ne l’ont pas été», explique le Dr Bouchard.La maladie d’Alzheimer est la dégénérescence progressive du tissu cérébral.Elle est fa quatrième cause de décès dans les pays occidentaux, précédée par les maladies cardiaques, le cancer et les AVC.Une personne sur 13 âgée de plus de 65 ans en est atteinte, une sur trois chez les 85 ans et plus.Le cours moyen de fa maladie est environ une décennie, variant de 3 à 20 ans depuis le diagnostic jusqu’au décès._C__a h i_____e r s p é c i a ¦ wî® Rentrée littéraire août 2001 Tombée publicitaire le 17 août 2001 Le Devoir LE DEVOIR.LE MARDI II A O l' T 2 0 01 a r> LE DEVOIR LE MONDE Les deux premiers mois de Berlusconi Apparence de conflits d’intérêts Le nouveau gouvernement italien semble ne pas pouvoir tolérer la critique La guérilla accepte l’entente ERIC JOZSEF LIBÉRATION Rome — Trois mois après sa brillante élection, Silvio Berlusconi a renvoyé à plus tard ses deux promesses les plus alléchantes: «moins d'impôts pour tous» et des pensions revalorisées pour les retraités les plus modestes.Quant au problème de sa double casquette d’homme le plus riche du pays et de chef du gouvernement, le magnat de la télévision n’a pas non plus réussi à le régler «avant l’été», comme il le jurait pendant sa campagne.En revanche, comme l’opposition de gauche ne s’est pas privée de le faire remarquer, les premiers pas de la nouvelle équipe au pouvoir sont étonnamment propices au Cavalière et à son groupe, Fininvest Critiqué pour sa gestion du sommet du G8 à Gênes et redoutant de voir son image brouillée auprès de l’opinion publique, Silvio Berlusconi a tenu, en fin de semaine dernière, à reprendre l'offensive.Dans le premier bilan de son action, le président du Conseil a mis en avant la frénétique activité de son équipe, forte d’une majorité solide au Parlement «Nous avons réalisé en avance tous les points du programme des cent jours», a-t-il soutenu.De la détaxation des bénéfices réinvestis par les entreprises à la simplification des procédures bureaucratiques en passant par le projet de loi sur les grands travaux publics, le nouveau cabinet italien a effectivement multiplié les initiatives.Objectif: donner un tournant libéral à une Italie qui, sur le plan international, s’est rapprochée des Etats-Unis de George W.Bush en soutenant, par exemple, le projet de bouclier antimissile.Tournant libéral L’opposition, elle, retient surtout que «la majorité n’est efficace que pour les intérêts du premier ministre».La première mesure adoptée en juin dernier par le Conseil des ministres prévoit l’abolition de l’impôt sur l’héritage, qui frappait les patrimoines supérieurs à 150 000 euros (200 000 S).Pis, début août, le gouvernement faisait approuver en première lecture par la Chambre des députés une réforme du droit des sociétés incluant la dépénalisation de la falsification de bilan, avec un délai de prescription ramené de quinze à sept ans.Une véritable aubaine pour le premier ministre, actueDement en procès pour trois affaires de faux bilan antérieures à 1993.Pour le dossier All Iberian, par exemple, qui concerne des holdings de la Fininvest situés dans des paradis fiscaux, la prescription initialement fixée à 2009 devrait donc tomber, après adoption définitive du texte, à juillet 2001.«La procédure adoptée laisse penser qu'on a voulu tirer d’affaire le président du Conseil», s’est indigné le procureur de Milan, Gerardo D’Ambrosio.Ce n’est sans doute pas un hasard: la commission Justice de la Chambre des dépu- « La majorité n’est efficace que pour les intérêts du premier ministre » tés, à l’origine du projet, est présidée par Gaetano Pecorella, l’un des avocats de Berlusconi.Les juges Mains propres sont également inquiets de la récente modification de l’accord entre l’Italie et la Suisse, qui va rendre plus difficiles les commissions rogatoires entre les deux pays, alors que plusieurs demandes d’entraide judiciaire concernant Berlusconi auraient été adressées à Berne par les procureurs transalpins.Comme en 1994, lorsque Berlusconi avait été brièvement au pouvoir, se dessine un affrontement entre le pouvoir judiciaire et le Premier ministre.Menaces de sanctions Mais, pour l’heure, la majorité fait bloc.Le garde des Sceaux, Roberto Castelli (ligue du Nord), a brandi la menace de sanctions disciplinaires contre le procureur D’Ambrosio.Pour avoir apporté son soutien à ce dernier et avoir à son tour critiqué la nouvelle loi sur les faux bilans, le procureur général de Milan, Francesco Saverio Bor-relli, a lui aussi reçu un avertissement.«Il doit répondre de ses affirmations diffamatoires», p lancé le secrétaire d’Etat au ministre de l’Intérieur, Carlo Taormina, bien que lui-même soit mis en cause par l’opposition pour être sorti de sa réserve en conservant son activité d’avocat Carlo Taormina n’a, par exemple, pas hésité à se rendre, le mois dernier, à Brindisi, avec son escorte ministérielle, pour défendre le patron Francesco Pru-dentino dans un procès poiy trafic de cigarettes dans lequel l'Etat italien est partie civile.Avant de devoir faire, marche arrière, le secrétaire d’Etat s’était également déclaré prêt à défendre en justice l’un des chefs de la police, responsable de l’assaut musclé au siège du Genoa social forum lors du sommet de Gênes.En comparaison, la position du ministre des Infrastructures, Pietro Lunardi, fondateur de la Rockstoil (l’une des principales entreprises de construction de tunnels), qui milite pour l’augmentation de la vitesse maximale à 160 km/h sur les autoroutes, semble vénielle.Alors que les cas flagrants de conflit d’intérêts se sont ainsi multipliés, Silvio Berlusconi part pour dix jours en vacances en laissant ce problème entier: «Le texte détaillé n’est pas encore prêt», a-t-il simplement expliqué la semaine dernière.Il s’est engagé à livrer sa copie à la rentrée.En même temps que deux autres textes qui ont provoqué des tiraillements au sein de sa majorité: celui sur la dévolution, c’est-à-dire la réforme de la décentralisation, et le projet de loi sur l’immigration qui, dans une première mouture, durcit lourdement le délit d’immigration clandestine.L’automne s'annonce donc déjà chaud, à en croire les syndicats et l’opposition, dont les divisions ont été pour l’heure l’un des meilleurs atouts du nouveau pouvoir.Irlande du Nord Explosion à Belfast REUTERS Belfast — Trois personnes ont été blessées hier par l'explosion d’une petite bombe artisanale dans un quartier sous haute tension de Belfast, en Irlande du Nord, ont rapporté des témoins.Deux adolescents et un homme, victimes de brûlures, ont été hospitalisés en état de choc après que l’engin eut été lancé sur une foule de catholiques dans Newington Street, à trois kilomètres environ du centre-ville, ont précisé les témoins.Kathy Stanton, porte-parole du Sinn Féin (aile politique de l’ira), a dit que les incidents avaient débuté plus tôt dans la journée par une tentative d’attaque d’habitations catholiques par un groupe de protestants, ce qui avait amené des habitants à sortir pour protéger leurs biens.•Lorsque des groupes sont sortis pour défendre leurs foyers, ils [les protestants] ont lancé la bombe directement au milieu des nationalistes», a-t-elle dit Mais un employé des services sociaux protestants, Eddie McLean, a dit quant à lui que des catholiques avaient déclenché les troubles en se rendant, armés de bâtons de baseball, dans une rue protestante voisine.C’est alors seulement que des protestants sont descendus dans la rue, a-t-il dit.D’après la police, quelque 400 personnes s’étaient rassemblées près de la rue Newington, l’un des points chauds de la province d’Ulster qui a connu un regain de violence au cours des derniers mois, et des manifestants auraient jeté des bouteilles.Une vingtaine de Land Rover de la police ont immédiatement bloqué l’accès des rues environnantes à une heure de grande affluence.Macédoniens et Albanais ont signé un accord de paix La signature du document réjouit la communauté internationale AGENCE FRANCE-PRESSE Skopje — Macédoniens et Albanais ont signé hier à Skopje un accord global de paix accepté par la guérilla albanaise, qui s’est toutefois donné quinze jours avant de décider de son éventuelle démobilisation.Preuve de la tension régnant sur le terrain en dépit de la volonté politique démontrée par les partis signataires, des incidents entre forces macédoniennes et guérilla albanaise ont eu lieu en fin d’après-midi alors que les partis macédoniens et albanais signaient l'accord de paix.Le ministre macédonien de l’Intérieur, Ljube Boskovski, a précisé que les rebelles albanais de l’UCK avaient attaqué les forces gouvernementales dans le nord-ouest de la Macédoine, non loin de la frontière avec la province serbe du Kosovo, et dans le sud-ouest du pays, à la frontière avec l’Albanie.L’accord de paix, destiné à mettre un terme à sept mois d’affrontements, a été signé par les dirigeants de quatre partis, deux macédoniens et deux albanais, qui forment la coalition gouver- Jf J Boris Trajkovski nementale.Il a été immédiatement salué par les partis albanais du Kosovo, ainsi que par la Maison-Blanche, Londres et les ministères français et italien des Affaires étrangères.Le président macédonien, Boris Trajkovski, a signé les documents de cet accord qui octroie davantage de droits à la minorité albanaise (un quart de la population) en échange du maintien d’un Etat macédonien unitaire.L’accord de paix, qui n’a pas été officiellement rendu public, porte, outre l'amnistie offerte à l’UCK, sur le statut de la langue albanaise, la réforme de la police et les amendements à apporter à la Constitution macédonienne.Les médiateurs internationaux, l’Européen François Léotard et l'Américain James Par-dew, qui ont réussi lors d’âpres pourparlers à arracher cet accord, ont aussi apposé leurs signatures sur les documents, en signe de soutien de la communauté internationale.L’accord a été signé en présence de quatre hauts responsables internationaux dont le secrétaire général de l’OTAN, George Robertson et le Haut responsable de l’Union européenne tUF") pour la politique étrangère.J a vier Solana.M.Robertson a été le premier à saluer sa signature.«Il s'agit d’une journée importante pour le retour à une vie normale, je vois une lumière au bout du tunnel», a-t-il déclaré à la presse.«Je peux vous annoncer qu'en plus des troupes de l'OTAN qui viendront [en Macédoine], des conseillers militaires de l'Alliance doivent se rendre dès demain [aujourd’hui] à Skopje», a-t-il ajouté.De son côté, l’UCK, qui n'a pas participé aux négociations de paix, a indiqué avoir accepté cet accord tout en soulignant qu’elle prendrait d'ici à quinze jours une décision sur sa démobilisation.«La signature de l’accord représente une victoire contre les forces macédoniennes de répression.C’est le résultat de la pression de la communauté internationale», a déclaré le capitaine Shpati.«Nous allons respecter le cessez-le-feu à condition que les forces macédoniennes le respectent aussi», a affirmé le ix>rte-parole.L’accord de pane offre une amnistie aux rebelles qui n’ont pas commis des crimes susceptibles d’être jugés par le Tribunal pénal International de I>a Haye et qui déposeront volontairement les armes.Le monde arabe est en émoi depuis la fermeture de la Maison d’Orient Les Palestiniens font la grève Shimon Pérès tentera de renouer le dialogue AGENCE FRANCE-PRESSE REUTERS ET ASSOCIATED PRESS Durcissant leurs protestations face à l’occupation de la Maison d'Orient par Israël, les Palestiniens ont observé hier une grève générale, alors que le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Pérès, recevait le feu vert du chef du gouvernement, Ariel Sharon, pour renouer le dialogue avec les Palestiniens.Magasins, bureaux, banques et restaurants ont donc fermé leurs portes et des manifestations ont eu lieu hier en Cisjordanie et dans la bande de Gaza en signe de protestation contre la fermeture par Israël de la Maison d'Orient de Jérusalem.Shimon Pérès a pour sa part promis hier de restituer «prochainement» à ses propriétaires palestiniens la Maison d’Orient, siège officieux de l’OLP à Jérusalem-est, dans une interview à la télévision arabe MBC.«La fermeture de la Maison d’Orient n’est pas permanente, mais provisoire.Il s’agit d’une maison particulière que nous allons restituer prochainement», a déclaré Peres.«L’objectif de la fermeture de la Maison d'Orient consiste à adresser un message poli aux Palestiniens les incitant à mettre fin aux massacres.» En Cisjordanie, 40 chars israéliens et des centaines de soldats ont pris position à proximité de la ville palestinienne de Djénine, ont rapporté des habitants qui ont dit craindre une attaque.De nombreux commerçants ont suivi l’appel du gouvernement palestinien à travers les territoires pour marquer leur opposition à la prise de contrôle vendredi par l’État hébreu du siège officieux de l’Organisation de libération de la Palestine.Affrontements Des affrontements ont éclaté dans la ville sainte à proximité de barricades entourant la Maison d’Orient après que des manifestants eurent déployé un drapeau palestinien.Quelque 700 Palestiniens ont manifesté à Naplouse en Cisjordanie et ils étaient près de 2000 réfugiés dans le sud du Liban et dans la capitale syrienne Damas, à manifester contre la fermeture d’institutions palestiniennes.Des mouvements de protestation similaires sont prévus dans d’autres villes de Cisjordanie et dans la bande de Gaza.Toujours en Cisjordanie, des Palestiniens de Djénine ont signa- AU JAREKJI REUTERS Deux femmes jordaniennes ont participé, hier à Amman, aux manifestations d’appui aux Palestiniens.lé l’arrivée, dans une zone voisine sous contrôle israélien, d’une quarantaine de chars, de 400 soldats, d’ambulances ainsi que de réserves d’eau et de nourriture.Israël a reproché à Yasser Arafat de ne rien faire pour arrêter les violences.Les Palestiniens accusent de leur côté l’État juif de tirer prétexte des attaques pour asseoir son emprise sur la ville sainte.Le président américain, George Bush, en vacances au Texas, a lui aussi reproché à Arafat de ne pas faire assez.«Je crois qu'il peut faire beaucoup plus pour persuader l’homme de la rue d’arrêter ces actes terroristes», a déclaré le président Le Qatar, qui assure la présidence de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), a de son côté exhorté l’ONU à faire pression sur Israël pour l’amener à se «retirer immédiatement» de la Maison d'Orient L’Arabie Saoudite a également exhorté l’ONU à adopter une «attitude ferme» face à X«arrogance» d'Israël.Les efforts diplomatiques se poursuivaient hier dans l’espoir d’interrompre l’engrenage de la violence et de relancer le processus de paix au point mort L’américain David Satterfield, vice-secrétaire d’État pour les affaires proche-orientales, a rencontré hier le président palestinien afin d’éviter que la violence ne dégénère en conflit régional au Proche-Orient Arafat doit de son côté rencontrer demain le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, ainsi que les ministres des Affaires étrangères égyptien et jordanien.Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, qui s’est rendu dans la région en juin, se prépare à une tournée de sept jours au Moyen-Orient à partir de lundi prochain.Il doit se rendre en Syrie, en Jordanie, au Liban, en Arabie Saoudite, dans les territoires palestiniens et en Israël, où des rencontres sont prévues avec les différents gouvernements, a précisé une porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.Mission risquée ASSOCIATED PRESS Skopje — Avec la signature de l'accord de ixdx en Macédoine, l’OTAN va s’embarquer dans une nouvelle mission incertaine dans les Balkans, sans objectifs ni solutions clairs.Cette opération, baptisée Moisson essentielle, à laquelle doivent participer 3500 hommes, pourrait débuter dès la semaine prochaine.Pour l’Alliance atlantique, c’est une mission presque impossible: récupérer et détruire les armes détenues par les rebelles albanais qui combattent les forces gouvernementales depuis le mois de février.le risque existe de voir les différents contingents de l’OTAN tomber sous le feu croisé des insurgés et des soldats en cas de poursuite des hostilités après leur déploie-rnept en Macédoine.A l’heure actuelle, l'OTAN envisage une opération de 30 jours.Les rebelles réclament une présence permanente de l’OTAN en Macédoine.le gouvernement préférerait une mission limitée avec des objet'-tits limités.K N B K K F Pologne : la gauche en tête (AFP) — la coalition de gauche de l’Alliance sodaledémocrate SI J) (opposition ex-communiste) et de l’Union du travail (UR socialiste) recueille 50 % des intentions de vote à six semaines des législatives en Pologne, selon un sondage publié hier.la formation centriste libérale, la Plate-forme civique (l>0) fondée au début de l’année, se place deuxième avec 14 % de soutien [xiur ce scrutin prévu le 23 septembre.Le parti paysan PSL obtient 10 % des intentions de vote, autant qu’un nouveau [Kirti de droite Droit et Justice (PIS), selon ce sondage réalisé du 3 au 6 août par l’institut CBOS auprès d’un échantillon de 964 Polonais, la droite catholique AWSP bloc au pouvoir dans un gouvernement minoritaire, est crédité de 5 % des intentions de vote, soit moins que les 8 % nécessaires à un bloc de partis pour siéger au parlement Pas de clémence pour les humanitaires (AFP) — la milice fondamentaliste des talibans au pouvoir à Kaboul a exclu toute mesure de clémence pour les 8 travailleurs humanitaires occidentaux accusés de «pro-pagatvm du christianisme» alors que les diplomates des pays concernés se préparent à se rendre sur place à partir d’Islamabad.L’influent ministre taliban pour la Promotion de la vertu et la prévention du vice (PVPV, police religieuse), le mollah Mohammad Wali Akhund, a souligné que les 24 membres de l’ONG Shelter Now International (SNO — dont deux Américains, deux Australiens et quatre Allemands — seraient jugés conformément à la Charia.11 a cependant refusé de préciser quelle punition maximale les humanitaires allaient encourir et si ils devaient comparaître devant une cour islamique en Afghanistan.L’UNHA revendique (AP) — Les rebelles de LUNITA ont revendiqué hier l’explosion d’un train de réfugiés dans le nord-ouest de l’Angola, qui a fait 152 morts, affirmant que c’était une cible militaire légitime.Ce convoi qui transportait plus de 500 civils fuyant les combats entre forces gouvernementales et rUNTTA ainsi que des passagers locaux, a sauté sur une mine avant de dérailler, de prendre feu et d’être attaqué par des hommes armés.La plupart des victimes, prises au piège des wagons, sont mortes brûlées vives, précisait-on de sources gouvernementales. L K DEVOIR.LE MARDI 14 AOÛT 2 0 0 1 A 6 EDITORIAL Le mur Il y a quarante ans hier, l’Allemagne de l’Est amorçait la construction d’un mur suffisamment long — 165 kilomètres — pour diviser et ceinturer Berlin.Depuis la destruction de celui-ci, l’Allemagne assume cahin-caha le rôle de puissance centrale que lui confèrent à la fois sa position géographique et sa force économique.A Serge Truffaut ?lors qu’il était ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne, Willy Brandt arrêta et imposa, dans les années 60, une politique d’ouverture et d’accords avec les pays enclavés dans le bloc soviétique, l’Allemagne de l’Est au premier chef.Baptisé Ostpo-litik, le geste en question s’avérait une application justifiée du vieil axiome napoléonien enseignant que tout pays est condamné à faire la politique de sa géographie.Une fois devenu chancelier, Brandt accentua le rythme de cette politique limitée avant tout aux échanges culturels et économiques.Depuis la chute du mur, soucieuse d’assumer la responsabilité historique particulière dont elle a hérité en raison d’un passé extrêmement lourd, l’Allemagne fait davantage de géoéconomie que de géopolitique.En fait, il faut préciser que sur le front étranger l’étendue du pouvoir de l’Allemagne fut en grande partie balisée par les quatre grands, Etats-Unis et Russie en tête.Dans le Traité 2 + 4, soit les deux Allemagnes et les quatre grands, tout un chacun avait convenu que la nouvelle Allemagne devait, par exemple, réduire le personnel des forces armées à 370 000 hommes et femmes, renonçait aux armes nucléaires, et autres.Autrement dit, on avait circonscrit le rôle politique de l’Allemagne à celui de consolidateur des «démocraties de marché».Il n’en fallait pas plus pour qu’au lendemain de la chute du mur, l'Allemagne devienne le principal partenaire commercial de pratiquement tous les pays de l’ex-bloc soviétique.Plus que partout ailleurs en Europe, la population active de ce pays travaille pour l’étranger.Plus exactement, le tiers des emplois sont liés à l’exportation.Ce faisant, ce pays est désormais beaucoup plus sensible que ses partenaires de l’Union européenne aux fluctuations économiques du globe.Ainsi, les crises asiatique et russe ont provoqué une chute de près de 4 % de ses échanges, ramenant en conséquence la croissance du PIB à un maigre 1,7 % en 1999.Ces calamités économiques qu’ont été les crises en question ont eu un impact d’autant plus prononcé que l’on avait fort mal évalué les coûts inhérents à la réunification de l’Allemagne.Après la chute du mur, les experts invités à établir un état des lieux avaient estimé que la productivité de la RDA se situait aux deux tiers de celle de la RFA.Après avoir réalisé un inventaire plus approfondi, on devait constater que la productivité en question était d’à peine un tiers de celle de l’Allemagne fédérale.Tout logiquement, les coûts de la réunification ont monté en flèche pour atteindre les 750 milliards de dollars en huit ans seulement.Cet aspect-là du dossier, combiné à une formation déficiente des travailleurs vivant dans l’ex-Allemagne de l’Est, ont eu un rude effet sur ces derniers.Au cours des deux années qui ont suivi la destruction du mur, 40 % de la population active de l’ex-RDA devait perdre son emploi.En conséquence, le taux de chômage devait atteindre un niveau jamais enregistré depuis la fin de la guerre et suscitait beaucoup d’aigreur de la part des Allemands de l’Ouest à l’endroit de ceux de l’Est, et vice-versa.Aujourd’hui, on estime que le pouvoir d’achat d’un Allemand de l’Est avoisinant celui d’un Grec, il lui faudra patienter une quinzaine d’années pour qu’il représente 70 % de celui de l’Allemand de l’Ouest.Dans l’euphorie qui avait suivi la chute du mur, les leaders politiques de la nouvelle Allemagne avaient pris l’engagement suivant: réussir l’unification sans sacrifier le modèle allemand, le modèle rhénan, ce modèle qui a fait de ce pays une puissance économique de premier plan.Aujourd’hui, la réussite de ce défi s’annonce d’autant plus hasardeuse que l’on a assisté à un amoncellement de difficultés imprévues.Légaliser ou non -.es jeunes libéraux du Québec se sont prononcés, ce week-end, contre la légalisation de la marijuana.Cette position est pleine de bon sens parce que les interrogations entourant la légalisation du cannabis restent en-J core trop nombreuses.Cela dit, la situation juridique ,,, actuelle n'est pas dénuée de contradictions majeures et commande un véritable débat public, débat que le ministre fédéral de la Santé, Allan Rock, a tenté d’éviter avec son règlement tatillon permettant la possession de la marijuana à des fins thérapeutiques.D’ailleurs, ce geste alambiqué d’Ottawa n’est pas venu spontanément.Il est la conséquence d’un jugement rendu l’été dernier par la Cour d’appel de l’Ontario, sta-tuant que l’interdiction faite à un individu souffrant d’épilepsie de posséder de la marijuana violait la Charte canadienne.Mais les élus à Ottawa ne pourront faire l’économie d'un débat et il faut se réjouir de l'initiative du sénateur Pierre-Claude Nolin, qui a présidé la mise sur pied d'un comité chargé de revoir les enjeux que soulève le statut du cannabis, dans un contexte où le niveau de tolérance social n'est plus le même qu'il y a 30 ans.Les élus devront se demander s'il est possible de permettre l’usage de la marijuana à des fins médicales tout en continuant à interdire son usage à des fins récréatives.Ils ne peuvent ignorer, en effet, que la possession de la marijuana à des fins personnelles est tellement courante quelle force les autorités policières, heureusement, à manifester une certaine souplesse dans l’application de la loi.Cependant, il arrive encore que des consommateurs soient trop durement pénalisés parce qu'ils fument un joint.Personne ne souhaite voir un jeune ainsi criminalisé parce qu'il a fumé un joint avec des copains.Il est très difficile, par ailleurs, de savoir si la légalisation du cannabis aurait pour effet de réduire la circulation de mauvais produits et si elle découragerait les réseaux criminels qui assurent sa production.11 faudra également se demander si la légalisation aurait un effet majeur sur la consommation chez les jeunes.Car, quoi qu'en pensent les supporteurs de la légalisation, on peut penser que la levée de l'interdit fera disparaître les inconvénients qui en incitent plusieurs à la modération.Or les directions d'écoles secondaires sont déjà aux prises avec de sérieux problèmes de consommation régulière de cannabis, substance qui ne favorise pas nécessairement la concentration mentale.Les travaux du comité sénatorial spécial sur les drogues relanceront, souhaitons-le, un débat devenu indispensable et qui a déjà conduit plusieurs pays européens à assouplir leurs lois ou.à tout le moins, à fenner les yeux devant ses aspects les plus désuets.Taule des Rivières ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Tohu-bohu rue Saint-Clément Ma patience a des limites; le couvercle même est en train de sauter.Pourquoi, en effet, devrais-je continuer, moi et les résidants de ma rue (Saint-Clément, dans le quartier Hochela-ga-Maisonneuve), de supporter sans rien dire, sous prétexte que les règlements municipaux le permettent, tout le bruit, sans parler de la pollution, engendré par la circulation incessante ayant cours dans le secteur?Le bruit, surtout, est infernal (un euphémisme!) et il se fait entendre continûment, jour et nuit, perturbant de la sorte la moindre velléité de sommeil, la moindre aspiration au repos, au silence aussi, pourquoi pas (y a-t-on droit, au fait, lorsqu’on habite Hochelaga-Maisonneuve?).Personnellement, et je ne suis pas le seul dans mon cas, j’en ai surtout contre la circulation des camions, et notamment contre ces truckers, une espèce prédominante dans le coin (autre euphémisme), qui utilisent sans le moindre discernement, sans nul besoin, qui plus est, leur frein moteur (Jacob break, en bon français), provoquant ainsi dans l’environnement une flambée de décibels qui doit même, par moments, réveiller les pensionnaires du Cimetière de l’est N’y aurait-il pas quelque chose à faire à ce propos?Quelqu’un, quelque part, en haut lieu ou en bas lieu, peu importe, ne pourrait-il pas assumer ses responsabilités et interdire la circulation des camions rue Saint-Clément, laquelle, après tout, est hautement résidentielle, aux dernières nouvelles?Que je sache, il existe des voies de contournement.Pourquoi ne LETTRES -?- pas obliger les camionneurs à les emprunter, même si cela leur occasionne un petit détour?Trop de travail, peut-être?Les habitants de la rue Saint-Clément, quantité négligeable, non rentable électoralement?Quant à l’usage que font beaucoup de camionneurs de leur frein moteur (lequel a été conçu uniquement, je le rappelle, pour être utilisé dans les pentes afin d’économiser les freins, les empêcher de partir en fumée), j’ai joint à ce propos, tout dernièrement, la division de la SAAQ chargée de la surveillance des camions.Or le fonctionnaire qui m’a (finalement) répondu ne savait même pas ce qu’était un frein moteur (pas étonnant de la part d’un fonctionnaire, même de la SAAQ?), et, après explication de ma part, voilà qu’il me transbahute à la police municipale, au motif que cela ne concerne pas la SAAQ.J’appelle donc, en bon élève, la police municipale, celle de mon quartier, laquelle, à son tour (autre sujet d’étonnement?), me suggère de contacter la division «Circulation».Je contacte la division «Circulation»: pas de réponse, ou, plutôt, c’est un numéro de télécopieur! Retour à la police municipale, où on finit par prendre bonne note de ma plainte, du moins j’ose l’espérer, mais où, en même temps, on m’apprend que la circulation des camions, rue Saint-Clément en particulier, ne constitue pas une priorité! Nos policiers, paraît-il, surveillent tout ce qui roule, dans ce secteur, uniquement à temps perdu; quand les petits revendeurs de dope du quartier dorment à poings fermés, je présume.Libre traduction de ma part, donc: le confort des citoyens, leur droit au repos, au sommeil du juste, sans parler de celui de respirer un air pas trop chargé de particules délé- tères, on s’en balance! Allez voir ailleurs! Est-ce vraiment le cas?Peut-on ici parler d’un manque de respect flagrant pour les bipèdes hochelaguiens que nous sommes?Je sais bien: le ministre Chevrette, il y a un peu plus d’un an (on pourrait même remonter la filière jusqu’à 1971, sous l’égide d’autres ministres des Transports), nous a promis, à nous, contribuables qui gobons tout, la réfection complète de la rue Notre-Dame, à la hauteur du quartier Hochelaga-Maisonneuve, et la déviation de la circulation des camions rue Saint-Clément.Tout cela devait se faire, à l’en croire, ce printemps de l’an de grâce 2001.Or, à moins que je ne souffre de myopie avancée, ce qui reste toujours possible, je n’ai pas encore vu la moindre levée de pelletée de terre dans le secteur (seulement le tas de terre monstrueux qu’on est en train d’accumuler au coin des rues Notre-Dame et Saint-Clément: serait-ce là le début des travaux?), ni même le moindre déplacement d’air qui évoquerait le charmant profil d’une excavatrice; quant à la circulation des poids lourds, rue Saint-Clément, n’en parlons pas, c’est encore et toujours, pour ne pas dire plus que jamais, le tohu-bohu.Mais ne nous plaignons pas, n’est-ce pas?C’est de commune renommée: nos politiciens, de quelque horizon qu’ils soient, s’agitent beaucoup, surtout devant les micros, les caméras, mais agissent peu ou à retardement Tout au plus se dépêchent-ils d’éteindre des petits feux de brousse, chose pas mal plus rentable électoralement.Une donnée de la nature, il faut croire.Jacques Crousset Montréal, août 2001 LIBRE OPINION -?- L’Etna, le Mayon et les autres HÉLÈNE G A O N A C ' H Volcanologue, Centre GEOTOP Université du Québec à Montréal Le mois de juillet 2001 a été rempli d’action pour la communauté volcanolo-gique, avec les éruptions du mont Etna (Italie) et du Mayon (Philippines) à quelques jours d’intervalle.Le volcan sicilien a particulièrement fait parler de lui avec les images spectaculaires rapidement retransmises par les divers canaux numériques et avec l'annonce de processions religieuses pour «sauver» la petite ville de Nicolosi des coulées de lave.Derrière ces aspects spectaculaires hautement médiatisés, nous ne devons pas oublier tout le travail effectué par les volcanologues dont le but est de mieux cerner et comprendre le volcanisme ne représentant qu’une des manifestations de l’évolution terrestre.Le mont Etna nous présente une éruption relativement spectaculaire mais non aussi cataclysmique qu'on pourrait le penser.Les nombreuses villes environnantes, l’accès très aisé du volcan sont plutôt responsables de toute cette effervescence médiatique.Un volcan comme Mayon est beaucoup plus dangereux, si l’on y regarde de plus près.Le magma, roche en fusion remontant à la surface, y est très riche en gaz et généralement plus visqueux.L’analogie évidente est celle du champagne avec son liquide riche en bulles et dont le bouchon représentant la partie très visqueuse du magma au sommet du chemin magmatique obstruerait le passage des gaz.Nous pouvons ensuite imaginer que, lorsque le bouchon cède, le magma sous pression en profondeur arrive à la surface comme un jet de liquide et solides très chauds qui se déchaîne sur les flancs des volcans, sous forme d'avalanches de cendres, fragments et gaz mélangés ou bien de coulées de boues volcaniques se déplaçant à des vitesses et des températures dépassant respectivement 100 km/h et 500 °C.Il est préférable de savoir courir vite dans ces périodes-là et encore mieux de savoir dans quelle direction courir, car tout ce qui est touché est brûlé, bouilli ou fondu! La mort de volcanologues comme Maurice et Katia Krafft en 1991, sur le mont Unzen au Japon, montre bien que l’éruption de tels volcans explosifs est très dangereuse pour tout un chacun.A côté de cela, le mont Etna, avec ses belles fontaines et coulées de lave, est du «petit vin».Cependant, restons vigilants en visitant de tels volcans, les risques de brûlures avec de la lave à plus de 1000 °C (une brûlure à l’huile d’olive bouillante n’est qu’à 170 °C!), les risques d'effondrement des parois de cratères volcaniques et de retombées de bombes ou de blocs sur la tête, ne sont pas à négliger pour autant Sinon, il se pourrait que l’on ne retrouve que vos traces de pas dans la cendre volcanique.Car le volcanisme n’échappe pas aux lois régissant les autres phénomènes dynamiques nous entourant II est lui aussi très capricieux, très variable, d’un siècle à l’autre, d’une année à l’autre, d'une seconde à l’autre.C’est ce qui empêche encore le plus souvent de prévoir où se produiront les prochaines éruptions, en Indonésie, au Mexique, en Alaska, dans l'Ouest canadien, ainsi que l’évolution heure après heure d’une éruption comme celle de mont Etna.Les Mexicains de la région du Paricutin furent ainsi bien surpris de voir apparaître un nouveau volcan, au milieu d’un champ, en 1943.Cet aspect quasi insaisissable de l’activité volcanique a justifié des travaux de plus en plus nombreux sur les phénomènes très variables et chaotiques, nous menant dans le domaine de la volcanologie non linéaire fractale, c’est-à-dire impliquant des lois non proportion-neDes entre les causes et les effets aboutissant à la formation de structures montrant une gamme de taille très variée: les exemples de formes fractales sont légion autour de nous, y compris en volcanologie où l’on retrouve petites, moyennes et grandes coulées de lave in- terconnectées.Ces lois impliquent également des comportements très variables.Ainsi, une petite augmentation de température du magma pourrait provoquer un très grand changement de sa nature, le faisant passer d'un magma liquide et ef-fusif à un magma très visqueux-pâteux et explosif.De même, une légère augmentation du dégazage d’un volcan pourrait soudainement faire place à une augmentation brutale, sans modification évidente du volcan.Cette science cherche à mieux saisir et caractériser les élans si variés et apparemment incontrôlables d'un volcan.Le mont Etna n’a pas échappé à de telles études, y compris par l’équipe montréalaise dont je fais partie.En effet, la volcanologie existe au Canada même si elle est malheureusement trop minimalement représentée.Il serait important de soutenir davantage les efforts des pays où se trouvent les volcans actifs par un renforcement d’équipes dans notre propre pays, car 'les scientifiques y ont des formations souvent très différentes et les pays directement concernés par de telles éruptions n’ont bien souvent que peu de ressources financières pour former les scientifiques et soutenir des projets de recherche.Plus crucial encore: comment concevoir des recherches en sciences de la Terre de haut niveau au Canada sans une bonne représentation de la spécialisation essentielle que représente la volcanologie, pour une meilleure compréhension des phénomènes actuels mais aussi passés de notre histoire géologique, climatique, environnementale au sein de l’univers?Il est donc indispensable de dépasser l’attitude frileuse trop souvent rencontrée à l’idée de développer davantage la volcanologie au Québec et au Canada sous prétexte que «nous n’avons pas de volcans chez nous».Les collaborations entre les chercheurs québécois et étrangers sont déterminantes pour l’avenir de cette science. LE 1) E V 0 1 K .LE MARDI II AO I T 2 O O I A 7 IDEES « Docteur, quand allez-vous m’opérer ?» On a mal aux os et aux articulations! ARCHIVES l.E DEVOIR Les soins aux patients, les recherches en soin de la santé musculo-squelettique et l'éducation médicale en général doivent s’adapter aux besoins de la population."Æ&zâ.MAX AEB I, Médecin, professeur et directeur.Division de chirurgie orthopédique, Université McGill; Chirurgien en chef, service d’orthopédie, Royal Victoria Montréal et Hôpital général à Montréal e soir, après une journée de bureau bien remplie, où j'ai vu des patients souffrant de douleurs ou qui marchent difficilement, qui peuvent à peine se servir de leurs mains, s’asseoir ou s’étendre, je passe souvent voir nos patients hospitalisés.J’espère toujours que ceux que nous avons opérés souffrent moins et se sentent plus fonctionnels.Malheureusement, ce que je vois de plus en plus fréquemment, ce sont des patients en attente de chirurgie.Ils ont été victimes d’un accident ou d’une chute.D’autres attendent une chirurgie élective à la colonne vertébrale ou un remplacement de hanche ou de genou, leur chirurgie ayant été reportée à cause d’un cas plus urgent.En attendant, on leur administre des médicaments pour soulager la douleur ou pour les calmer.Invariablement ils me posent la même question: «Docteur, quand allez-vous m’opérer?» La réponse habituelle: «Je ne sais pas; nos ressources à la salle d’opération sont limitées.Nous manquons d'infirmières et d’anesthésistes.ou notre budget a été diminué.et nous ne pouvons ouvrir qu’un nombre limité de salles d’opération.» La vrai réponse fait plus mal à entendre.Ces patients sont relégués au bas de la liste des priorités opératoires parce que les problèmes de ces patients ne mettent pas leur vie en danger.Ces patients sont en fait victimes de discrimination.Vous avez bien lu.Nous sommes à Montréal, dans un pays du G 8, au XXL siècle, a une époque que l’UNESCO a qualifiée officiellement de Décennie de l’Os et de l’Articulation (The Bone and Joint Decade).M.Kofi Annan, Secrétaire général des Nations unies, a en effet dit: «Les problèmes d'ordre musculosquelettiques sont la source la plus fréquente de douleur sévère chronique et d’incapacité physique touchant plusieurs millions de personnes à travers le monde.Ces problèmes ont des répercussions sévères pour les individus, pour la société en général, et pour les systèmes de santé.Il existe des moyens efficaces pour prévenir et traiter ces pathologies accablantes.Nous devons agir maintenant.» (Traduction libre) La Décennie de l’Os et de l’Articulation bat son plein depuis janvier 2000 et se poursuivra jusqu’en 2010.Ses buts sont: de sensibiliser la population aux répercussions croissantes des maladies mus-culo-squelettiques, de permettre aux patients atteints de devenir les acteurs principaux de leurs propres soins, de promouvoir des méthodes de prévention et de traitement qui sont financièrement responsables et cliniquement justifiées.Finalement, le but est d’améliorer notre compréhension, la prévention et le traitement des problèmes musculo-squelettiques grâce à la recherche.Peu de gens le savent, mais le Canada est l'un des 46 pays signataires de la Décennie de l’Os et de l’Articulation.Difficile à croire quand au quoti- dien on peut à peine offrir à nos patients les chirurgies les plus élémentaires.Nos patients attendent régulièrement plus d’une semaine avant qu'on puisse réparer leurs fractures.En chirurgie non urgente, la liste d’attente est de plus d’un an pour un remplacement de hanche ou de genou.Le vieillissement de la population n'arrange en rien les choses: la liste d’attente s’allongera au fil des ans.Le rapport de santé 2001 du magazine MacLean’s (MacLean’s health report June 2001), classe Montréal au 53" rang sur 54 pour le temps d’attente pour un remplacement de hanche et 52e pour un remplacement de genou.Or, Montréal se classe au deuxième rang au Canada pour le plus grand nombre de médecins spécialistes.Malgré ces données peu reluisantes, la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux de Montréal a quand même décidé de réduire le nombre d’arthroplasties cette année dans l’un des hôpitaux associés à l'université McGill.Et ce, malgré le fait que cet hôpital se sera efforcé d’offrir un maximum de chirurgies l’année dernière.Mais si les listes d'attente sont si importantes, où va donc cet «argent qui retourne dans le système» (.«money flowing back into the system») que mentionnait dans cet article Kathleen Weil, présidente du Conseil d'administration de la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux de Montréal-Centre?En attendant que des décisions soient prises afin d’aider nos patients, les médecins de famille sont confrontés à d'autres problèmes.Il est bien connu qu’entre un quart et un tiers des patients vus par un médecin de famille souffrent d’un problème musculo-squelettique.On sait aussi que plus de 50 % des personnes âgées de 65 ans et plus souffrent d’arthrite, de maux de dos, d'ostéoporose ou ont subi un accident.On sait qu'en raison du vieillissement prévu de la population, ces chiffres ne feront qu’augmenter.On prévoit en fait que le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans doublera entre 1990 et 2020, et que le nombre de fractures de hanche doublera d’ici l’an 2050.Les dépenses reliées aux problèmes musculo-squelettiques passeront de 215 à 254 milliards de dollars US en seulement cinq ans (1995 à 2000).Ces chiffres fort révélateurs nous montrent que nous serons incapables de répondre la demande (nous sommes incapables d’y répondre actuellement!) à moins d'opérer un changement immédiatement Le public doit prendre conscience de ces réalités.Nos gouvernements doivent réévaluer leurs décisions et les choix en matière de santé le plus tôt possible.Les soins aux patients, les recherches en soin de la santé musculo-squelettique et l’éducation médicale en général doivent s’adapter aux besoins de la population.En 1999, le prestigieux New England Journal of Medicine publiait que les problèmes musculo-squelettiques sont grossièrement sous-financés et sous-enseignés, malgré le fait qu’ils représentent le deuxième plus gros groupe de patients en médecine.Qu’attendons-nous?Nos patients souffrent; ils ne peuvent plus attendre.Que font donc nos gouvernements et nos conseils d'administration d’hôpitaux?Qu’attendent-ils pour établir les priorités du système de santé en fonction de la demande?Pourquoi notre système de santé ne répond-il pas à la demande de nos patients, comme le ferait toute entreprise qui évalue son marché?En chirurgie non urgente, la liste d’attente est de plus d’un an pour un remplacement de hanche ou de genou Nos patients souffrent; ils ne peuvent plus attendre.Que font donc nos gouvernements et nos conseils d’administration d’hôpitaux?Ecole Somerled Où est passé le bon sens ?Il est notoire que les écoles du quartier Notre-Datne-de-Grâce sont surpeuplées d'environ 350 enfants P A II LE BIRON MICHEL P R L VILLE Montréal [« e vendredi 10 août dernier, la Cour supérieure a rendu une ordonnance autori-1 sant la CSDM à ouvrir, sur une base vo-1 Unitaire, des classes de la maternelle à la 1 quatrième année dans l'école Somerled, _____Jl pratiquement vide, qu’elle tient absolument à réserver à des élèves de 5' et 6' années pour un projet d'école de cycle.11 est pourtant notoire que les écoles du quartier Notre^Dame-de-Grâce sont aujourd’hui surpeuplées d’environ 350 enfants, tous niveaux confondus.Pour la rentrée 2001, l’effet net de l’école de cycle à Somerled est de diminuer de 350 à 300 le nombre d’élèves en surpopulation dans les deux autres écoles, alors qu'il reste au moins 150 places vides à Somerled.Elle refuse d’aménager, même dans une aile distincte de l’école, les locaux pour les autres niveaux du primaire, sous prétexte que la cohabitation avec les 5' et & ruinerait leur projet d’école de cycle.L'annulation de cette décision est actuellement à l'étude devant la Cour supérieure qui a pris le dossier en délibéré.Cependant, considérant le sérieux de la requête des parents cherchant une solution à la surpopulation, le juge Duval-Hesler de la Cour supérieure a rendu cette ordonnance de sauvegarde permettant ainsi à la commission scolaire de soulager les deux autres écoles à l’est et à l'ouest du quartier, soit NDG et Sainte-Catherine-de-Sienne.Durant les auditions, la CSDM a d'emblée fait savoir qu’elle refuserait cette option et maintiendrait une école Somerled à peu près vide.Cela a pour conséquence de rogner davantage la cour de Sain-te-Catherine-de-Sienne en y rajoutant un 2' préfabriqué, et de maintenir le préfabriqué de NDG qui devait pourtant être supprimé.11 semble que la CSDM perde complètement de vue que l’école Somerled lui fut transférée du réseau anglophone pour répondre à un besoin urgent: le règlement de la situation criante de surpopulation dans les deux écoles de ce secteur.Pourquoi persister à refuser aux enfants du quartier le droit d’apprendre dans des écoles qui seraient toutes judicieusement utilisées suivant leur capacité?Où est passé le bon sens dans cette affaire?La clinique d’aide juridique de Pointe-Saint-Charles ne doit pas fermer ALAIN OLIVIER AVOCAT Une proposition aux organisateurs du sommet du G8 de 2002 à Kananaskis ANDY CLARK REUTERS Il n’y a que 2 % de la population canadienne qui soit réellement attachée aux valeurs démocratiques.BENOÎT DUBREUIL Étudiant en philosophie à l’Université Laval, Québec SEAN MILLS Étudiant en histoire à l’Université Queen’s, Kingston .a violence et le désordre L civil ont miné ces dernières années les différentes rencontres internationales.Ce chaos et cette confusion semblent être devenu un cadre définitif pour tous des sommets internationaux à venir.Les villes de Seattle, Prague, Québec et bien sûr, Gênes, ont vu leur réputation souillée par ce que Tony Blair a si bien qualifié de «cirque ambulant» des manifestants internationaux.On doit bien sûr considérer le fardeau énorme porté par nos courageux chefs d’État qui, face à un danger indicible, risquent leur vie pour négocier des ententes commerciales de niveau international et pour démanteler des accords environnementaux abusifs.Mais on ne doit pas oublier non plus le fardeau de plus en plus significatif que représentent les coûts associés à la sécurité pour le bon et brave citoyen occidental, croulant sous les taxes et impôts (100 millions de dollars ont été nécessaires pour assurer la sécurité des 34 chefs d’État lors du Sommet des Amériques à Québec).C’est à lumière de ces réflexions que nous présentons ici une proposition modeste qui devrait permettre d’assurer la paix et la sécurité de nos chefs lors de leur rencontre à Kana- naskis, en Alberta, au mois de juin 2002.Nous proposons au gouvernement canadien d’instaurer une autorisation spéciale pour tous ceux qui désireront manifester lors de la conférence du G8.L’organisateur d’une manifestation pourrait ainsi présenter une requête à la Gendarmerie Royal du Canada, où serait indiquée la liste des individus qui seront présents, ceux-ci devant faire preuve d’une capacité limi- tée à la pensée critique et ne pas manifester le désir d’altérer la structure hégémonique de la société.Avec la coopération de la police et du gouvernement, les organisateurs du sommet seront à même de régulariser à la fois l’état des manifestations et la qualité des manifestants eux-mêmes.Comme notre premier ministre a judicieusement choisi un site n’ayant qu’une seule route d’accès, et comme les policiers de Suède et d’Italie ont déjà créé un précédent en utilisant des balles réelles sur les manifestants, le contrôle du rassemblement pourra facilement être assuré par les forces de sécurité.Le droit de protester D’aucuns penseront, en majeure partie des universitaires et des journalistes à tendance gauchisante, attendant en vain le grand soir de la révolution, que ces nouvelles mesures de sécurité risquent de mettre en danger les libertés civiles au Canada.A ceux-là, nous suggérons de jeter un œil aux nations ayant déjà adopté des politiques semblables, de même qu’au succès remarquable qu’elles ont récolté.Cuba, la Chine, et même la Russie, semblent avoir trouvé un équilibre approprié entre le droit de proteste?librement contre leur système gouvernemental et la nécessité de maintenir la paix sociale.De toute manière, même si les membres indésirables et improductifs de notre société, qui continuent de s’opposer à une économie de plus en plus globale, crient à l’injustice, nous n’avons pas à nous en inquiéter pour autant, puisqu'il n’y a que 2 % de la population canadienne, rien de vraiment solide, qui soit réellement attachée aux valeurs démocratiques.Nous croyons avoir esquissé dans la proposition présente une méthode réaliste qui nous permettra de garantir la sécurité des dirigeants internationaux tout en s'assurant, pour un minimum de coût, que le capital corporatif continue de tracer la voie de la liberté dans le monde.— onsieur le ministre Paul Bégin, j’ai appris Mavec désarroi que la Clinique d'aide juridique de Pointe-SaintCharles et de la Petite-Bourgogne va perdre sa subvention annuelle de 500 000 $ le 1” septembre, la - forçant ainsi à fermer ses portes.J’ai eu la chance de travailler comme bénévole à la Clinique en 1993 et 1994, alors que j’étais étudiant à la Faculté de droit de l'Université McGill.Je jx-ux témoigner quelle jouait (et joue toujours) un rôle essentiel dans la communauté de Pointe-Saint-Charles.Ce quartier a d’ailleurs une longue tradition d’initiatives communautaires, que ce soit au niveau des services juridiques, des coopératives d'habilation, des services sociaux, etc.Fit la clinique est probablement le fleuron de ces organismes de quartier.La clinique est un lieu où les habitants de la Pointe obtiennent des services juridiques, évidemment, mais aussi des conseils pour organiser leur vie.Et vous n’êtes pas sans savoir que Pointe-Saint-Charles est l’un des quartiers les plus pauvres à Montréal.Io chômage, l’aide sociale et les problèmes familiaux font partie du quotidien de bon nombre de ses résidents.Obliger la Clinique à fonctionner selon le même mode que les fonctionnaires de la Commission des services juridiques et lui imposer les mêmes conventions collectives l’empêcherait d’œuvrer selon le mode flexible et dynamique qui est le sien.Le protocole que cherche à imposer la Commission sur l’île de Montréal ne semble pas considérer que des modes de fonctionnement différents, qui sont davantage basés sur une approche communautaire, peuvent néanmoins assurer des services juridiques efficaces pour les citoyens.Je salue d’ailleurs le courage des avocates et des avocats de la clinique, M' Use Ferland en tête, qui refusent l’assimilation au régime général et qui préfèrent fermer la clinique plutôt que de sacrifier son indépendance.Si les avocats rémunérés par la Commission des services juridiques montraient une fraction du dévouement et du professionnalisme de l’équipe de M’ Ferland, les services d'aide juridique se porteraient beaucoup mieux.Je vous exhorte donc à intervenir personnellement dans ce dossier pour débloquer la situation et permettre à la clinique de garder ses portes ouvertes tout en continuant à fonctionner selon un mode qui lui est propre.Si vous vous préoccupez réellement de l’accès à la justice, comme vous le dites si souvent, vous avez une chance en or de le | prouver de manière concrète.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Valérie Dufour (ginéralJ, Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports), Paule des Rivières (éditorialiste), Jean Dion.Ixiuis-Gilles 1 rancœur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet), Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé)’, Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques), Martin Duclos et Christine Dumazet (rrlecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l'information culturelle : Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre), PaulCauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma); à l'information économique (»érard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Claude Lévesque.Claude Turcotte; à l'information internationale : Jean Pierre Legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique Hélène Buzzetti, Marion Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).François Cardinal.Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen I>vesque ; MarieHélene Alarie (secrétaire à la rédarticm) ; Diuise-Mande Roux Soucy.MarieClaude Petit (commis) la documentation : Gillr* Paré (directeur) ; Brigitte Arsenauh.Manon Derome.Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril, Jean de Billy, Manon Bouchard.Gyslaine Cété, Marlene Côté.Martin Fournier.Véronique Géraud, Anouk Hurbutt, Christiane legaull.Jacques A Nadeau, Claire Paquet, Micheline Rue Hand, (publicitaires).Laurence Thériauh (directrice adjointe).Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard, Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fîlion, Yanick Martel.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable intérimaire), Hélène Gervais, Dominique Uriviére, (responsable à la promotion des abonnements), Monique L’Heureux, Lise Lachapelle.Rachelle leclen L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Olivier Lachambre (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle Laperriere, Caroline Perrier.Danielle Rom.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (mce-président exécutif et directeur général).i L E DEVOIR.LE MARDI 14 A O f I 2 0 01 A 8 -* LE DEVOIR *- ACTUALITES ROCK Une pêche miraculeuse ASSOCIATED PRESS Vigo — Des pêcheurs d’espadon espagnols ont ramené dans leurs filets une des grandes énigmes des mers: un calamar géant de cinq mètres.Ce bateau de pêche naviguait au large des Açores dans l’Atlantique en juillet lorsqu’il a remonté à la surface le cadavre du céphalopode, qui a été congelé à bord et ramené la semaine dernière à Vigo.Ces animaux sont si discrets que l’on n’a connaissance que de 300 occasions où ils ont été vus ces 500 dernières années.Et personne n’en a jamais vu un vivant, explique Mario Rasero, biologiste à l’Institut océanographique espagnol, pour qui «ils sont l’un des derniers grands mystères marins».En 1999, au large de la Nouvelle-Zélande, le principal spécialiste de l’espèce, Clyde Roper, du Smithsonian Institute de Washington, avait attaché une caméra vidéo sur la tête d’un cachalot, seul prédateur connu du calamar géant, mais n’a pas réussi à en filmer un.Les calamars géants sont des solitaires qui vivent dans les grandes profondeurs, entre 200 et 1000 mètres de fond, se laissant porter par les courants.Ils font parfois surface pour se nourrir de poisson, avec leur bec dur comme de la corne.Le calamar géant, qui pèse 65 kilos, dont le corps mesure 1,4 mètre, et qui atteint les cinq mètres de long tentacules comprises, sera exposé dans un musée après avoir été étudié.Mais d’autres peuvent être bien plus gros: le plus énorme jamais recensé, il y a une centaine d’années, faisait 18 mètres de long et pesait une tonne, explique M.Rasero.SUITE DE LA PAGE X statuer sur leur efficacité relative.•Nous devons considérer, quand nous approuvons un médicament, son innocuité et son efficacité mais nous devons aussi faire une évaluation de son efficacité sur le plan des coûts de façon systémique», a dit M.Rock.En conférence de presse, le ministre a signalé qu'il répondait ainsi aux inquiétudes exprimées par les provinces qui sont aux prises avec les coûts croissants des médicaments.«Les ministres de la Santé des provinces et des territoires, quand ils me parlent de la pression sur les coûts, ils font référence, presque invariablement, à leurs budgets pour les médicaments», a-t-il dit.De son côté, «Ottawa fournit son approbation des nouveaux médicaments dans un bienheureux isolement de tous les facteurs sauf l’innocuité et l’efficacité» y critique le ministre.A l’heure actuelle, ce sont les provinces qui assument la responsabilité de juger des coûts-bénéfices des nouveaux médicaments.Certains d’entre eux sont nettement plus chers que les médicaments courants utilisés aux mêmes fins: les nouvelles molécules ne sont parfois que marginalement plus efficaces ou encore elles ne sont mieux que pour une petite proportion des patients.«On tente de régler ces questions province par province, quelquefois de façon non coordonnée», juge M.Rock.Au cabinet du ministre d’Etat à la Santé et aux Services sociaux du Québec, Rémy Trudel, on se surprend de l’intention du gouvernement fédéral de faire ce que le Québec fait déjà par l’entremise de son Conseil consultatif de pharmacologie.Ce conseil évalue les nouveaux médicaments, une fois approuvés par Santé Canada, en fonction de leurs coûts-bénéfices.On décide par exemple de protocoles d’administration des médicaments.Le médecin sera appelé à recourir à l’ancien médicament dans un premier temps.S’il ne produit pas l’effet escompté, il prescrira le nouveau produit «Ça fait 30 ans que le Québec fait la gestion des médicaments», a-t-on souligné.Bref, Ottawa n'est d’aucune utilité en la matière.Mais, en santé, le gouvernement fédéral entend garder sa place, sinon étendre son champ d’action.Devant les membres de l’Association médicale canadienne, Allan Rock a été on ne peut plus clair.Le gouvernement fédéral est le «gardien des principes nationaux» du système de santé canadien, cette «expression tangible des valeurs partagées» au Canada.«Cela transcende les frontières provinciales et les intérêts régionaux.Parce que c’est un projet canadien, il appartient à tous les Canadiens.» Dans cette optique, ce serait une hérésie de consentir à un transfert de points d’impôt comme le réclame le Québec.«C’est un système de santé pancanadien avec des principes qui s’appliquent partout au Canada.On a besoin du gouvernement du Canada pour protéger ces principes pancanadiens», a expliqué M.Rock.En consentant un transfert de point d’impôt, le Canada devrait abandonner son rôle de garant du système de santé.«Le Canada n’aurait plus l’autorité morale, a-t-il dit Je crois fermement qu’il devrait toujours y avoir une présence robuste du fédéral dans ce véritable programme national.» Le gouvernement canadien est le gardien des principes nationaux, dit le ministre MÉDIATION SUITE DE LA PAGE 1 seulement 119 des 14 109 dossiers ouverts à la cour ont fait l’objet d’une médiation — quoique 91 d’entre elles aient réussi.Puis, du l" novembre 2000 à la fin du service le 15 juin dernier, 66 médiations ont eu lieu sur les 7494 dossiers inscrits à la Cour supérieure.Les juges n’ont donc fait ni une ni deux: dès le premier bilan, ils ont décidé de se retirer d’un programme si décevant et ont entrepris depuis de le remplacer par leur propre système de «conférence de règlement à l’amiable».Au grand dam du Barreau du Québec qui estimait alors qu’il était bien tôt pour juger des performances d’un service aussi nouveau et qui plaidait plutôt pour des modifications.Quant au ministère de la Justice, il n’a pu que prendre acte de la décision des juges car c’est à eux que revient l’administration du fonctionnement des cours.«Quand la juge en chef Lyse Lemieux a rencontré la ministre Goupil l'hiver dernier pour l'informer de la fin du programme, c’était une décision irrévocable», explique M" Sylvie Lachance, directrice des services judiciaires au ministère.D’autant moins facile à faire changer que c’est un juge de la Cour supérieure qui avait eu l’idée de promouvoir la médiation au sein du palais de justice et qui avait supervisé le projet-pilote mis en place à Montréal de 1995 à 1998.Quand le programme est devenu permanent en 1999, c’était encore un juge de la Cour supérieure qui signait la lettre envoyée aux parties dès que leur dossier était ouvert pour leur indiquer l’existence du processus de médiation et le rappel fait quand le dossier était plus avancé.«C'est une décision décevante, constate Louis Marquis, doyen de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke.Ça semblait tellement innovateur et justifié quand le système a été mis en place qu’on a aujour- d'hui l’impression d’un retour en arrière.» La fin du service de référence ne marque pas la fin de la médiation au Québec.Vu le coût énorme des poursuites judiciaires, de plus en plus de gens qui ont des différends — dans le monde du travail ou des affaires, par exemple — ne pensent même plus aux tribunaux pour résoudre leurs problèmes.Ils font appel à des avocats, des ingénieurs, des psychologues.qui ont été formés comme médiateurs et qui les aident non pas à donner raison à l’une ou l’autre partie mais à trouver une solution qui satisfasse tout le monde, dans des délais plus courts que le processus judiciaire traditionnel.Ainsi, plus de 1000 avocats québécois sont accrédités comme médiateurs et l’Université de Sherbrooke a un programme de formation en médiation depuis trois ans.La Cour supérieure ne représente donc qu’une partie des dossiers de médiation au Québec, mais c’est un puissant symbole, note M' Marquis.On voyait un tribunal de première instance, donc qui entend toutes sortes de causes, encourager le recours à la médiation pour tous.Et on acceptait que la médiation soit présidée non par des juges mais par des avocats formés pour ce faire.«Il faut se rendre compte que ça remettait en cause des traditions très, très fermement établies, dit Me Marquis.D’abord, le système impliquait un grand nombre de personnes.Ensuite on sortait du dilemme judiciaire habituel qui fait que le juge doit trancher entre deux façons de voir et trouver une bonne réponse.C’est donc clair qu’ils sont allés trop vite en fermant le service, même si la Cour supérieure veut le remplacer par autre chose.» A la Cour, on maintient que les résultats étaient si peu probants qu’il fallait agir, point à la ligne.En fait, seulement 22 dossiers de médiation découlent de l’envoi des lettres du service de référence, les autres suivant plutôt la suggestion d’un juge ou d’un avocat affirme même le juge Jean Guibault responsable de la médiation pour la Cour supérieure à Montréal (couvrant de ce fait l’ouest du Québec, l’est de la province relevant de la division de Québec).Pour lui, la fameuse lettre qu’il signait et qui devait ouvrir la voie à une nouvelle justice était devenue une lettre circulaire sans signification.«Et comme les avocats eux-mêmes n’ont pas manifesté beaucoup d’intérêt pour le processus, nous avons décidé de remplacer les avocats-médiateurs par des juges-médiateurs, explique le juge Guibault.Ce sera même mieux pour le justiciable puisqu'il n’aura plus à payer le médiateur: les juges feront ça dans le cadre de leurs fonctions.Et leur travail risque d’avoir plus de poids car le juge est vu comme une personne de référence pour le justiciable.» Le processus de «conférence de règlement à l’amiable» des juges sera mis en place cet automne mais il sera plus sélectif que l’ancien service de référence.Parallèlement, le Barreau du Québec travaille à son propre système de recours à la médiation au sein tant des tribunaux administratifs qu’à la Cour du Québec ou à la Cour supérieure.Et le ministère de la Justice fait de même, attendant pour en établir les modalités un rapport du Comité de révision de la procédure civile qui sera déposé cet automne.Car la médiation, n’est-ce pas, c’est toujours l’avenir de la justice.Mais le simple citoyen ne risque-t-il pas de s’y perdre devant toutes ces approches issues d'organismes qui, dans les années 90, faisaient au moins front commun sur le sujet?«Une fois les différents systèmes — le juge au tribunal, le juge en conférence, notre médiation à l’amiable — bien expliqués, il n’y aura pas de problème, soutient le bâtonnier du Québec Francis Gervais.Les gens sont plus fins qu’on ne le pense.» Mais chez les praticiens de la médiation québécoise, plusieurs demandent encore à voir.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à I7h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.coni Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Lt Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.9* étage.Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St Jean.800, boulevard Industriel.Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal, l'agence lYesse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans /y Dtvoir U Dn'oir est distribué par Messageries l>ynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest.lüval.Envoi de publication — Enregistrement n' 0858.Contrat de vente 40012291 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec VERT SUITE DE LA PAGE 1 prélasser à l’intersection des rivières Outaouais et Gatineau.U‘ pavé était lancé.Qualifié par certains de nouvelle manifestation du syndrome NIMBY (Not in my backyard), le mouvement d’opposition contre le projet de Casiloc va cette fois-ci plus loin en soulevant une question que plusieurs auraient préféra laisser au fond d’un trou: le golf, ce sport de détente et de plein air pratiqué par plus d’un million de personnes au Québec, selon l’Association de Golf du Québec, serait-il dangereux pour la santé?La question peut paraître étrange.Et pourtant.«U.suffit de foire un tour sur un terrain de golf, commente un fonctionnaire du ministère de TEnvironnement Quand on ramasse sa balle au sol.elle est généralement huileuse.Et ce n'est pas un produit épandu sur le gaam pour faciliter le déplacement de la balle», lance-t-il à la blague.D'produit en question?Un herbicide, fongicide ou insecticide utilisé sur les nombreux terrains de la province pour assurer la qualité et la perfection des dé» parts, allées et verts.La «nature reconstituée» et impeccable tant prisée par les amateurs de golf a un prix.Difficile de connaître avec précision la quantité de pesticides entrant dans la «composition» des terrains de golf de la province.«On utilise juste ce qu 'il fout», affirme le directeur d’un golf populaire en Estrie qui prétend par ailleurs ne pas comptabiliser les quantités de pesticides utilisées sur son terrain.Golf et pesticides font donc bon ménage.«Beaucoup prétendent que ces endnrits simt detenus dès paradis pour les pesticides, poursuit le fonctionnaire du ministère de l’Environnement C’est probablement exact, d'autant que les pesticides ne restent pas sur le terrain.Us s'en vont aussi dans les cours d'eau avoisinants, les nappes phréatiques.» Bon an, mal an, près de trois millions de kilogrammes de pesticides sont épandus sur le territoire québécois, selon les chiffres obtenus auprès du ministère.De ce nombre.20 à 30 % sont utilisés à des fins purement esthétiques, comme c’est le cas dans presque tous les golfs.Ou presque.Car sur le terrain de golf Como d'Hudson les pesticides, eux, ne sont pas les bienvenus.Du moins en grande quantité.Il y a quelques mois, cette petite municipalité de la région de Montréal a défrayé la chronique en se dotant d’un règlement interdisant l’usage des pesticides sur son territoire.«Même si ce règlement ne s'applique pas aux terrains de golf, explique Luc Villeneuve, directeur du Golf Como, nous avons tout de même pris le Orage pour répondre aux préoccupations de notre clientèle in- quiétée par les nombreuses études scientifiques qui font désormais un lien entre l’exposition ata pesticides et l'apparition de plusieurs troubles de la santé.» Parmi eux, l’infertilité, le cancer du sein, les fausses couches.le virage est écologique, il va sans dire.«L’usage des pesticides est dicté par la façon dont on entretient les gazons, poursuit-iL Un gazon coupé court, s’il offre une belle vitesse de jeu, devient également plus sensible aux maladies.Alors, il fout traiter pour soigner les parcours ou encore pour prévenir d'éventuels problèmes.» La solution, le golf Como semble l’avoir trouvée: «Ici, on maintient une hauteur de gazon plus longue, on utilise des engrais biologiques et on encourage la biodiversité pour permettre à la nature de s'autorégu-ler.Grâce à ces mesures, depuis le début de la saison, une seule application de fongicide — localisée — a été nécessaire sur notre terrain.» Un bon départ pour satisfaire aux exigences de la société américaine Audubon International qui offre depuis quelques années un programme de certification écologique d’environnements publics variés, comprenant les golfs.Le golf Como y a adhéré mais doit encore, avant d’obtenir sa certification, faire ses preuves en matière d’aménagement d’aires naturelles.de protection des habitats naturels, de gestion des pesticides et de la qualité de l’eau mais aussi préparer un plan environnemental et mettre en place un programme d’éducation à l’intention de ses visiteurs.Cette initiative suivie par plusieurs dizaines de terrain de golf à ce jour, sur les 350 que compte le Québec, réjouit le ministre de l’Environnement du Québec, André Boisclair.«Je suis sûr que cela va foire le bonheur des golfeurs, explique le politicien.La question des pesticides est très importante.L'objectif du gouvernement en ce sens est clair: diminuer leur usage au Québec.Mais il va falloir le foire de façon intelligente et surtout avec une vision globale.» La balle est lancée.Reste désormais à mettre en place «ce plan intégré de lutte contre les pesticides».Dans le courant de l’automne, pense le ministre.«Le Québec va se doter d'un code de gestion des pesticides et étudiera également la possibilité de bannir leur usage à des fins esthétiques» Une bien bonne nouvelle pour Edith Smeester, de la Coalition pour les alternatives aux pesticides (CAP).«Le golf se pratique depuis plusieurs siècles et a pris naissance à une époque où les pesticides n'existaient pas, explique-t-elle.Malgré ça, les gens arrivaient quand même à jouer.Aujourd'hui, les golfeurs veulent des terrains qui ressemblent à des tapis.Alors pourquoi ne pas tout simplement remplacer le gazon par des surfaces synthétiques?» ORPHEUNS SUITE DE LA PAGE 1 indemnités totales de 25 à 37,5 millions de dollars.Ils se disent exclus de cette grande réconciliation nationale.Après des dizaines d’années de lutte, la saga des orphelins de Duplessis est venue à son terme en quelques jours à la veille des vacances estivales.Le président du Comité des orphelins et orphelines institutionnalisés de Duplessis (COOID), Bruno Roy, a rejeté les offres de Québec le 20 juin.Il n’accepterait rien en dessous de 50 000 $ pour chaque orphelin.Le gouvernement Landry a forcé la réconciliation en divulguant le jour même le contenu des négociations tenues secrètes jusque-là.Québec offrait une aide financière moyenne de 25 000 $ pour 1000 à 1500 orphelins parmi les plus meurtris, ceux qui furent internés dans les hôpitaux psychiatriques sur la base d’un faux diagnostic.Le «programme national de réconciliation» prévoyait le versement d’une aide de 1000 $ par année d’internement et le versement d’un montant forfaitaire de 10 000 $.En échange, les orphelins devaient abandonner toute autre forme de recours en justice contre l’Église ou des particuliers.La presse d’opinion s’est immiscée dans le jeu de la négociation.«Le jour n’est pas bien loin où toute proposition bonifiée du gouvernement du Québec risquerait de coûter quelques points de plus dans les sondages, tellement la population est exaspérée par le chantage des orphelins de Duplessis [.]», a écrit J.Jacques Samson dans Le Soleil.«La détermination du président du Comité des orphelins ne doit pas devenir de l’entêtement.La proposition du premier ministre constitue un geste de réconciliation dont il doit mesurer la sincérité.[.] Le Comité des orphelins doit accepter la main tendue par M.Landry», a renchéri Bernard Descôteaux dans Le Devoir.«Si Bruno Roy s’acharne dans son refus, il risque de reporter aux calendes grecques la conclusion de cette triste affaire.Et de pénaliser ceux-là même qu’il a si bien défendus pendant toutes ces années», a commenté Agnès Gru-da dans La Presse.Les orphelins de Duplessis approchent la soixantaine et vivent pour la plupart sous le seuil de la pauvreté.Une misère économique et émotive, résultat de vies brisées par les mauvais traitements, les agressions sexuelles, l’exclusion.Entre une aide immédiate et une contestation à l’issue incertaine, avaient-ils vraiment le choix?Réunis en assemblée, 250 orphelins ont accepté le 30 juin l’offre finale de l’État.Dossier réglé.Le jour même, Bruno Roy démissionnait de son poste, estimant que le Comité n’avait plus sa raison d’être.Réconciliation consumée.Des orphelins encore plus esseulés Au plus creux de l’été, une poignée d’orphelins ont connu des lendemains qui déchantent.Abandonnés une fois de plus, ils se sont réveillés à un avenir sans président, sans groupe de soutien, sans indemnités.Au printemps dernier, le COOID a modifié ses règles de fonctionnement pour créer deux catégories de membres.La première rassemble les orphelins internés dans un hôpital psychiatrique à l’enfance (1000 à 1500 personnes).La deuxième regroupe les autres (moins de 1500 personnes).Le sous-groupe des internés est le seul bénéficiaire des indemnités de 25 à 37,5 millions consenties par Québec.Les autres sont laissés à.la petite noirceur.Ils ne sont pas liés par l’entente.Mais s’ils décident de poursuivre la bataille, ils devront le faire en solitaire, avec comme obstacle principal une opinion publique qui croit maintenant le dossier des orphelin^ réglé une fois pour toutes.A différents degrés, ils sont pourtant marqués au fer rouge par leur enfance de pupille dans le Québec des années 40 à 60.Battus, agressés sexuellement, exploités: ils ont subi des sévices qui justifient le versement d’indemnités, selon les recommandations du Protecteur du citoyen, dans son incontournable rapport de 1997.Le Protecteur du citoyen a passé en revue les accords conclus par les gouvernements provinciaux dans des histoires d’horreur similaires.À bien des égards, les agressions physiques et sexuelles entraînent les plus hautes indemnités.Terre-Neuve a versé 11 millions de dollars à 42 enfants agressés physiquement ou sexuellement à l’orphelinat de Mount Cashel.Les indemnités varient de 150 000 à 500 000 $ par personne.En Ontario, 320 femmes agressées au Grandview Training School de 1933 à 1976 ont touché 14,3 millions.Les indemnités se situent entre 20 000 e,t 60 000 $ par personne: la moyenne est de 37 000 $.À cette somme s’ajoutent des services de thérapie jusqu’à concurrence de 10 000 $, une aide pour la reprise d’études pour un maximum de 25 000 $ et plusieurs autres frais.Le programme de réconciliation concocté par le premier ministre Bernard Landry s’inspire pour l’essentiel des recommandations du Protecteur du citoyen.L’ombudswoman Pauline Champoux-Lesage s’est d’ailleurs montrée satisfaite de l’accord dans l’ensemble.Le hic.c’est que le Protecteur à l’origine du rapport sur les orphelins, Daniel Jacoby, recommandait d’indemniser un groupe beaucoup plus large, qui comprenait à la fois les orphelins internés sans diagnostic ET les victimes de châtiments physiques ou d’agressions sexuelles.M.Jacoby est présentement à l’extérieur du pays.Il n’a pas commenté le dossier depuis la fin de son mandat en décembre 2000.Sortie publique Une trentaine d’orphelins dissidents font connaître leurs récriminations ce matin en conférence de presse.Avec 1 appui du Mouvement action justice (MAJ).ils contesteront l’entente gouvernementale.Reste à voir comment «Dans ce règlement présenté comme “historique" et “définitif, il semble y avoir eu, de nouveau, collusion entre décideurs pour étouffer le scandale, protéger des membres influents de notre société et acheter le silence de ceux qui pouvaient encore parler», affirme le MAJ dans une lettre acheminée à Bernard Landry et à Bruno Roy.Ces orphelins n'exigent rien de moins que la reprise des négociations sur la base du document produit par M.Roy et Yves Lazure, qui explique les revendications «complètes et traditionnelles» des orphelins.Les dissidents ne veulent pas retarder ou empêcher la remise des indemnités à la première catégorie d’orphelins.Ils souhaitent simplement que le règlement historique soit étendu à l’ensemble des orphelins «afin que tous ceux à qui l’histoire a fait violence puissent retrouver, à travers ce geste collectif de reconnaissance, leur dignité perdue».
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