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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-08-21, Collections de BAnQ.

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www.ledevoir.com DEVOI ACTUALITES L’Association médicale est favorable aux piqueries légales Page A 3 ACTUALITES Ottawa veut éviter un Burnt Church prise deux Page A 4 Vol.X CI N 0 1 8 7 ?I.E M A R D 1 2 1 A O V T 2 0 0 1 8 < 0 + T A X L S = | $ Points saillants Commission des États généraux sur la langue française D’APRES LA PRESSE CANADIENNE Voici quelques-unes des principales recommandations de la Commission sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec : ¦ fusion de l’Office de la langue française, du Conseil de la langue française, de la Commission de protection de la langue française et de la Commission de toponymie en un seul organisme qui assurera toutes les fonctions liées à la défense, au maintien et au développement du français; ¦ création d’une citoyenneté québécoise, en sus de la citoyenneté canadienne, qui reconnaîtrait que le français langue commune est une marque prépondérante de cette citoyenneté; ¦ inscription dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec des principes fondamentaux de la politique linguistique; ¦ étude de façon intensive, dès la fin du primaire, de l'enseignement de l’anglais langue seconde; ¦ imposition aux futurs enseignants d’un examen national vérifiant leur compétence en français; ¦ attitude attentive du gouvernement du Québec, habilité à utiliser tous les moyens à sa disposition pour empêcher que des parents ne contournent la loi 101 en envoyant leur (s) enfant (s) à l’école anglaise privée non subventionnée pendant une comte durée, de façon à les rendre admissibles à l’enseignement en anglais dans le réseau public au Québec (ce qui ne serait pas le cas s’ils ne fré-„ quentaient pas d’abord cette école non subventionnée); ¦ limite de l’enseignement en anglais aux disciplines scientifiques universitaires de façon à ce que les étudiants reçoivent leur formation en français; ¦ création d’un tribunal spécialisé au sein de la Cour du Québec pour traiter les dossiers d’infraction à la Charte de la langue française; ¦ introduction progressive d’une troisième langue à partir du secondaire; ¦ rappel que le français est la langue de travail au Québec et que l’exigence de la connaissance de l’anglais doit être justifiée; ¦ respect par le gouvernement fédéral du principe de la nette prédominance du français dans son affichage au Québec; Larose prêche la réconciliation «On tourne la page des “deux solitudes"», dit un commissaire anglophone» mm JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le rapport de Gérald Larose est clair: les anglophones du Québec ne sont plus une source de concurrence pour le français mais une composante de la culture d’ici.Un constat qui a l’aval de Eary Richards, ex-président de l’Association des Townshippers et commissaire anglophone des tats généraux sur la langue.JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Défendre le français restera toujours un «combat de titans» en Amérique du Nord mais le temps est passé où le Québec se divisait sur cette question, le rapport final de la Commission des Etats généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec, présidée par Gérald larose, s’affiche d’un bout à l’autre comme le rapport de la réconciliation.En conférence de presse hier, le message était clair; «Les anglophones ne sont pas nos ennemis mais des composantes de notre réel», a dit avec force M.Larose.«On tourne la page des “deux solitudes"», résumait de son côté Dermod Travis, l’un des deux commissaires anglophones à siéger à la Commission larose, composée de 11 membres.Ce ton, c’est aussi celui du rapport même si, au départ, «rien de tout cela n'était évident», comme il est signalé en introduction.Ijorsque la ministre Ixniise Beau- doin, à l’époque responsable de la Charte de la langue française, avait créé la Commission en juin 2tXX), les débats étaient houleux au Parti québécois: on discutait la langue d’affichage, celle des cégeps.Pour la Commission, «tout, nuiis vraiment tout, était sur la table», rappelle d’entrée de jeu le rapport.«La machine s’emballait au point qu’un peu tout le monde cherchait des boucs émissaires Au fil de ses travaux (2(i jours d’audience, 272 mémoires, 19 débats publics, six colloques thématiques et un forum national!), la Commission devait toutefois constater une évolution telle des mentalités qu’elle a délibérément écarté — et elle s’en explique à plusieurs endroits dans le rapport — toute approche idéologique ou de confrontation.Par exemple, sur les transferts linguistiques et la situation à Montréal, il est écrit; «la Commission estime qu'elle ne peut appuyer les fondements d'une politique linguistique VOIR PAGE A 8: LAROSE Des péquistes en colère FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR ¦tpmr ARCHIVES LE DEVOIR Diane Lemieux: peu loquace.Oui, renseignement du français va mal Milieux de travail JOSEE BOILEAU LE DEVOIR Ly enseignement du français va i mal, ont dit la grande rpajo-rité des participants aux Etats généraux sur la situation du français.Ils ont entièrement raison, affirment à leur tour les commissaires dans leur rapport final présenté hier.La Commission, peut-on lire, «ne peut taire ni éviter de prendre à son compte l’exaspération exprimée tout au cours de ses travaux à l’égard d’un système d’enseignement qui tolère encore une maîtrise insuffisante du français».Et ce n’est pas là un détail aux yeux de la Commission: «Cette situation n’a aucun sens.[.] [E]//e représente la principale menace à la vitalité du français, voire à la survie du principal terreau de langue française en Amérique» (p.35).Si le président de la Commission des Etats généraux, Gérald Larose, a peu donné de détails sur la situation de l’enseignement du français hier en conférence de presse, notant simplement l’importance d’une bonne maîtrise de la langue tout au long du cheminement scolaire, son rapport est des plus explicites.«La Commission a bien senti l'urgence et l’impatience généralisée de tout mettre en œuvre afin que l’école, en tant que principal foyer de réflexion sur la langue, assume avec rigueur sa responsabilité d'assurer la maîtrise et la qualité de la langue française», y énonce-t-on.Le rapport cite tant les résultats aux exaiqens de français du ministère de l’Education que différentes études pour démontrer les déficiences, «constantes et qui semblent tolérées par le système», des jeunes Québécois quant au «maniement du code de la langue» — orthographe, ponctuation, syntaxe.Pour remédier à ces graves lacunes, la Commission souhaite que, de la maternelle à l’université, les établissements d’enseignement se dotent d’une politique linguistique institutionnelle prônant la maîtrise, la qualité et l'usage du français.Elle veut aussi que la priorité soit mise sur la formation des maîtres, qui devraient être soumis à «un examen plus exigeant que celui qui est actuellement imposé» et qui soit le même pour tous au Québec.Cycle Au sein même de l’école, «le code linguistique doit être enseigné en bonne et due forme» avec évaluation a la clé a la fin de chaque cycle.Mais la mécanique de la langue doit aussi s'appuyer sur une culture, d’où un appel a la «lecture assidue de textes de qualité au primaire et au secondaire» mais aussi a l'organisation de concours littéraires, de dictées publiques, de débats oratoires.«C’est en lisant et en écrivant fréquemment qu’on parvient à une connaissance intime de la langue», souligne le rapport Et puisque pour ce faire il faut des livres, des manuels, des grammaires, des dictionnaires, débloquons les fonds! L'apprentissage de l’anglais, lui, doit se faire sur une tout autre base que celle actuellement employée dans la majorité des établissements.Il doit être concentré au dernier cycle du primaire, au milieu et à la fin du secondaire, en doublant le nombre d’heures d'enseignement actuellement prévues dans la réforme de l’éducation.«Il faut être efficace dans l’ensei- gnement de l’anglais, disait hier Gérald Larose.Le but c’est d'avoir une connaissance fonctionnelle de l’anglais et nous constatons qu’on l’apprend mieux plus tard mais de façon concentrée qu’en commençant tôt mais avec seulement quelques heures par semaine.» L’anglais De leur côté, les cégeps pourraient offrir un programme optionnel de langue seconde plus poussé afin que l’apprentissage de l’anglais ne prenne pas fin avec le secondaire.Par contre, les universités sont appelées à baliser le recours à l’anglais — devenue la lingua franca des échanges scientifiques et parfois même de l’enseignement tout court.Le baccalauréat, dans les universités francophones, doit se faire en français, note la Commission en invitant les établissements à également favoriser la rédaction de manuels en français.Il est par ailleurs clair, et là-dessus, Gérald larose se faisait viru-lent, que le recours a l’école privée non subventionnée pour contourner la Charte de la langue française et accéder à un enseignement en anglais doit prendre fin.Car c’est là uniquement un détour pour arriver au réseau scolaire public de langue anglaise, démontre le rapport chiffres à l'appui.«Il est absolument immoral et contraire à l'éthique civique qu'il soit possible pour des parents de s’acheter un droit constitutionnel par la simple force de leur portefeuille.C’est inconcevable», dénonçait hier M.larose.C’est un effet pervers de l’article 23 de la Charte canadienne duquel le Québec doit être soustrait, précise la recommandation de la Commission.En français, s.v.p.Lors des audiences en régions, des témoignages de travailleurs avaient ébranlé les commissaires LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE En matière de français, langue de travail, les recommandations de la Commission Larose sont articulées essentiellement autour des comités de francisation et d’une approche par secteur d’activités.Ces comités de francisation doivent être ressuscités ou redynamisés, selon le cas et, surtout, dotés de moyens et ressources adéquats, plaide la Commission sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec.De façon générale, la commission souhaite qu’il soit publiquement et régulièrement rappelé que le français est la langue de travail au Québec.Lors des audiences en régions, des témoignages de travailleurs avaient ébranlé les commissaires, faisant notamment état d’entreprises de l’aéronautique où les manuels d’instructions sont encore en anglais, 25 ans après l’adoption de la loi 101, et d’autres entreprises du transport où des francophones, même, doivent parler anglais entre eux, une journée par semaine, pour travailler leur anglais.Devant la commission, plusieurs travailleurs et syndicats avaient aussi dénoncé la tendance quasi systématique des employeurs à déclarer les nouveaux postes ouverts bilingues, même lorsque cela ne semblait guère nécessaire (dans les régions québécoises éloignées, notamment, ou lorsque des employés sont affec- tés à la production, sans avoir affaire au public).Devant ces doléances, la commission précise qu’il faudrait également rappeler publiquement et régulièrement que «la connaissance de l’anglais et des autres langues étant lest] une exigence supplémentaire qui doit être justifiée».1 Uirsque la connaissance d’une autre langue pour un poste donne est contestée par un employé, un syndicat, ce devrait être à la Coni-mission des relations de travail d’entendre le litige, ont statué les commissaires.Francisation par secteurs Fin plus des comités de francisation, la commission articule ses recommandations sur la francisation des milieux de travail autour d'une francisation par secteur d’activités (aéronautique, trans-port, etc.).Hutôt que de traiter les cas problématiques d’entreprises un à un, les autorités responsables de la langue interviendraient donc de façon sectorielle.Fait à noter, la FTQ a déjà entrepris une telle initiative dans le secteur de l’aérospatiale en 1990, en collaboration avec l’Office de la langue française, et s’est butée à maintes difficultés.Au départ, l’employeur s’était même retiré de la table sectorielle, rapportait Mme Lola Lebrasseur, responsable du dossier francisation à la FTQ.La centrale syndicale a bien enregistré quelques progrès, après des années d’approche sectorielle, mais «ce n’est pas le Pérou», commentait Mme Lebrasseur. LE DEVOIR.LE MARDI 21 AOÛT 2 O O I A (; EDITORIAL Les temps changent LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE 1ABERGE Directeur de l'information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTLAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Vingt-quatre ans après l’adoption de la Charte de la langue française, il était temps que soit abordé le dossier linguistique autrement qu’en terme de durcissement ou d’affaiblissement de la loi 101, ce que nous propose la Commission sur les États généraux ÿur la situation et l’avenir de la langue française au Québec en mettant en avant une approche nouvelle et inspirante.u point de départ, la création de cette commission avait été critiquée à droite comme à gauche.Certains reprochaient au premier ministre d’alors, Lucien Bouchard, de repousser ainsi aux calendes grecques un débat dont il voulait faire l’économie, tandis que d’autres craignaient l’extrémisme de Gérait! Larose qui allait en présider les travaux.Rétrospectivement, il faut reconnaître la sagesse de la décision de M.Bouchard de sortir ce débat du cercle étroit du monde politique pour le confier à un groupe indépendant capable de porter un regard nouveau sur cette question.On ne sera pas d’accord avec chacune des recommandations de ce rapport.Certaines sont trop timides et d’autres sont mal étoffées, mais il faut souligner en premier lieu l’esprit général qui a animé le travail des commissaires.L’affirmation de la langue française ne peut se faire sans la reconnaissance de la pluralité de l’identité québécoise.Ce qui n’était voilà 24 ans qu’un noble principe devient aujourd’hui possible.Avec la commission, il faut constater «que les réalités se sont transformées et que les mentalités ont changé».Convenons avec elle que le vieil antagonisme anglais-français s’est estompé et qu’il est possible, maintenant que le français a pris la place qui devait être la sienne, de penser un nouvel aménagement linguistique qui reposera sur la citoyenneté plutôt que sur l’ethnicité.Le français étant devenu langue commune, la commission nous convie à abandonner l’atti-Bemard tude de protection qui a été celle généralement Descôteaux de la majorité francophone pour une attitude d’affirmation.Le virage proposé est souhaitable et correspond largement à ce qu’attend cette génération des Québécois nés avec la loi 101 qui veulent construire la citoyenneté québécoise.Cependant, il faut bien réaliser qu’il n’y a pas encore, à cet égard, de solides consensus.Ceux-ci sont à construire, la commission est d’ailleurs la première à reconnaître que «la société québécoise doit encore' intégrer d'immenses pans de son identité».Il y a des antagonismes qui ne sont pas complètement disparus, cela, autant chez les anglophones que les francophones.Le virage proposé sera bien plus difficile et plus long à réaliser qu’il n’y semble à première vue.Pour autant, il ne faut pas tourner le dos à ce débat.Plusieurs seront tentés d’écarter du revers de la main la démarche que nous propose le rapport Larose.L’édifice construit par les commissaires est fragile car il repose sur des mesures dont plusieurs sont difficilement applicables dans le contexte constitutionnel actuel.C’est le cas des propositions relatives à la constitutionnalisation de la loi 101, dont Stéphane Dion s’est déjà moqué.C’est le cas aussi de la proposition visant à récupérer d’Ottawa la pleine compétence en matière de sélection des immigrants.11 va de soi que tout n’est pas à mettre en œuvre immédiatement dans ce rapport çt qu’il y a des chapitres à approfondir.Pour sa part, le gouvernement québécois doit retenir d’abord l’intention des commissaires et cette démarche d’affirmation qu’on lui propose.Il pourrait être tenté de limiter sa réaction à des mesures ponctuelles.Il a le choix puisque ce rapport est riche de nombreuses recommandations, dont plusieurs seront faciles à mettre en œuvre, pour peu que l’on soit prêt à dégager les budgets nécessaires.Ce serait dommage toutefois qu’il n’ose faire sienne cette approche citoyenne qu’on lui propose et refuse de prendre le relais d’un débat dont notre société ne peut faire l’économie.bdescoteaux@ledevoir.ca if3"* Encore l’impasse Serge Truffaut ?1 ne se passe plus une journée, plus une seule, sans que les Israéliens et les Palestiniens ne comptent leurs morts et ne planifient l’attentat du lendemain ou le prochain déplacement de chars.Sur la scène politique, l’impasse dans laquelle se frouvent les acteurs en présence a accouché, côté israélien, de la première dissension sérieuse entre Ariel Sharon et son ministre des Affaires étrangères Shimon Pèrès.Et côté palestinien?Yasser Arafat ne semble plus avoir le contrôle complet de son camp.À l’évidence, les extrémistes du Djihad et du Hamas ont taillé des croupières dans l’espace sur lequel l’autorité d'Arafat était jusqu’alors peu contestée.Ainsi, pour la première fois depuis qu’il a accepté d’être le chef de la diplomatie, Pérès a menacé de quitter le gouvernement Sharon à moins que ce dernier ne lui permette de renouer le dialogue avec Arafat Dans un discours très critique à l’égard du gouvernement dont il est membre, Pérès est allé jusqu’à souligner: «Nous n avons pas tenu nos promesses envers les Palestiniens.» H n’en fallait évidemment pas plus pour que Sharon, qui sait pertinemment que l’audience internationale dont jouit son ministre lui est absolument nécessaire, lui donne satisfaction.On ne sait si cet énième préalable à une éventuelle amorce de dialogue avec les Palestiniens a requinqué les ardeurs de bien des politiciens.Toujours est-il qu’un camp s’est constitué autour de membres influents, dont l’ex-premier ministre Ehoud Barak, de diverses formations politiques représentées à la Knesset pour faire la promotion de la séparation unilatérale.Celles:! consisterait à se retirer d’un certain nombre de colonies implantées dans les territoires occupés et à ériger un mur séparant les communautés à Jérusalem-Est.Bref, on voudrait que la séparation entre Israéliens et Palestiniens soit absolue.En fait, depuis une bonne semaine maintenant, différents acteurs de la scène politique avancent des propositions, formulent des plans concurrents, et.ce faisant, ajoutent quelque peu à la confusion totale qui règne depuis que la nouvelle administration américaine a décidé de prendre le contre-pied de la stratégie qu’avait adoptée Bill Clinton.En se retirant de la manière la plus sèche qui soit.George Bush a favorisé, si l’on en croit les experts, la montée de la violence, la surenchère verbale.Pour beaucoup, l’activisme diplomatique de son prédécesseur avait ceci de positif qu’il s’était traduit par la confection d’une structure qui servait de relais aux Barak et Sharon de ce monde.Depuis les négociations de Camp David, il y a eu communication du plan Mitchell puis celle du plan Tenet le tout entrecoupé de contacts directs et indirects entre Arafat et Pérès.Rien n’y fit.Chaque fois, la haine l’a emporté.Avec une telle force que c’est à se demander où sont passés les militants de la paix.Où sont-ils?tu RomTC V/£R,< ^ £* 7ooS Ü Si L£S CpNbiTiONS SV Ppcrc^î.6M«oTr£ t«l ùSTX LETTRES -?- Dépoussiérez vos plumes.du passé Je ne peux pas rester assise sur mon siège sans réagir à ce que j’ai vu et entendu au Téléjoumal le 16 août dernier, à mon retour de l’Université Laval.Journaliste depuis 25 ans, je suis gênée et profondément déçue du traitement de la nouvelle qui a été fait du Congrès organisé par l’Assemblée des évêques du Québec, avec la collaboration de tout un ensemble d’interve-nants pastoraux sous le thème «Le Service de l’Évangile: au début d’un nouveau monde».Les journalistes des médias nationaux sont, semble-t-il, arrivés au Congrès avec une idée bien arrêtée et déjà mâchée: le mariage d’un évêque africain.les réactions du Vatican.Avec cette toile de fond, ils ont littéralement «piégé» Mgr Couture, archevêque de Québec, et Yvonne Demers, agente de pastorale, en traitant d’un sujet qui ne reflète aucunement le sens et le contenu du Congrès, et des enjeux nouveaux de l’Église du Québec proposés à ce congrès.Il y a pourtant là de la matière; le Congrès a donné la possibilité de mettre en contact, en relations, le monde religieux avec le monde des affaires, de la politique, du travail, de l’éducation, du marketing, etc.et même le monde des plus pauvres.Il a été aussi question de l’eau, richesse à préserver! Je passe généralement sans faire de bruit, mais ici, je ne peux pas rester sans broncher! L’ensemble des personnes œuvrant pour les milieux chrétiens cherchent des moyens d’être reconnues dans la société comme agissant auprès de la population appauvrie et pour garantir à tous et chacun les droits humains, le respect et la dignité.Par cette couverture hors contexte qu’ont faite quelques journalistes de médias reconnus qui se sont présentés au point de presse du 16 août organisé par Rolande Parrot, toutes les énergies positives déployées par des gens — organisateurs et participants au Congrès à l’Université Laval — qui croient et veulent que la société connaisse des jours meilleurs ont été mises sous le tapis.J’étais présente comme journaliste invitée à la conférence de presse; je rapporte donc ce que j’ai vu et entendu dans la salle! Idéaliste assurément, je suis déçue que l’éthique, la neutralité, l’honnêteté.qui doivent être des lignes de conduite pour exercer ce métier si fascinant ne semblent plus être au centre des préoccupations de certains journalistes qui couvrent un événement ou assistent tout au moins au point de presse avec des idées bien arrêtées sur un sujet' Dépoussiérez vos plumes, qui sait on finira par avancer! Danièle Miny Journaliste-photographe, rédactrice en chef rf’Apostolat international Montréal, 17 août 2001 Dis-moi tu, dites-moi vous J’ai lu la chronique intitulée «Dis-moi tu» de Denise Bombardier et j’aimerais contester certaines de ses positions.Tout d’abord, il est faux de prétendre que la distinction entre le «tu» et le «vous» n’existe plus au Québec, elle est simplement posée différemment qu’en Europe, qui n’a pas Heu d’être un modèle en la matière de toute façon.Que Mme Bombardier se rassure, le «vous» existe encore au Québec: ainsi, en vieillissant — je suis un prof dans la jeune quarantaine —, je me fais de plus en plus vouvoyer, entre autres par mes étudiants, ce qui ne m’arrivait jamais lorsque j’avais 25 ans! Ou encore, certaines personnes de mon âge, issues d’un milieu rural par exemple, vouvoient encore parfois leurs parents, ce qui ne se ferait pas en France.De toute façon, ce tutoiement facile que dénonce Denise Bombardier est antérieur aux années 60, mais il est heureux que, la société ayant changé, les usages linguistiques aient évolué et se soient assoupüs en 50 ans! Cependant, nous ne sommes pas passés au tutoiement généraUsé, comme l’ont fait les Suédois dans les années 70, en quelques semaines.En ce qui concerne les rapports entre la disparition du vouvoiement et le décUn de l’autorité en Amérique, il ne faut pas tout mélanger: on peut mépriser quelqu’un qu’on vouvoie et respecter quelqu’un qu’on tutoie.Là encore, si j’en crois mon expérience de professeur — j’ai eu la chance d’enseigner des deux côtés du lac —, je peux assurer Mme Bombardier que j’ai souvent été méprisé, voire chahuté ou rudoyé par des élèves français qui pourtant me vouvoyaient tandis que je sens beaucoup de respect et de chaleur de la part de mes étudiants québécois qui me tutoient.N’inversons donc pas le processus: là où elle est défaillante, pour toutes sortes de raisons, sociales ou culturelles, l’autorité ne sera pas miraculeusement restaurée grâce à un retour arbitraire au vouvoiement! En fait, le «vous» impose aussi une tyrannie dans les rapports interpersonnels en France: que de fois on aimerait tutoyer quelqu’un avec qui on ressent une certaine complicité, dans un bureau, une boutique, quelque Heu pubÜc, ou même un party, mais le contexte hiérarchique et le jeu social très contraignants nous interdisent un tel güssement, nous empêchent de nous mettre à l’aise, comme on met des shorts lorsqu’il fait très chaud pour aller au boulot.On est très souvent coincés dans le vouvoiement en France, au point que des voisins, des amis de longue date même, peuvent encore se vouvoyer, et il ne semble pas que les choses aient beaucoup changé ces dernières années.Que le tutoiement soit plus souple au Québec et que cela reflète notre mode de vie plus décontracté que celui des Français n’est vraiment pas regrettable.Au fait, je me demande pourquoi la France serait le modèle du bien-parler, du savoir- parler, des bienséances langagières.Quant à la nostalgie ringarde pour le tutoiement qui permettait supposément de sceller une relation érotique, aux beaux temps du vouvoiement gè néralisé, je suggère à Mme Bombardier la recette de Sartre et Beauvoir: ils ont toujours continué à se dire «vous», même au Ht, car ceci représentait une marque supplémentaire d’élection et d’intimité! Michel Denance Bromont, 15 août 2001 LIBRE OPINION -?- À l’ombre de la fierté RÉJEAN THOMAS, M.D.STÉPHANE LAVOIE, M.D.Clinique médicale TActuel Centre d'excellence VIH-MTS-hépatites Au lendemain des célébrations de la fierté gaie, un constat inquiétant nous est apparu auprès de notre cHentèle homosexuelle.soit la recrudescence de cas de détresse psychologique, de tentatives de suicide et de suicides réussis.L’apparition de ce phénomène nouveau nous inquiète.Pourrait-il y avoir un Hen à faire entre l’affirmation massive de cette fierté gaie et lesbienne et l’exacerbation de la détresse psychologique chez certains membres de cette communauté?le défilé de la fierté gaie et lesbienne qui a Heu au mois d’août est de plus en plus couru et médiatisé.Au fil des ans, cette fête à pris de l’ampleur et n’est plus qu'un simple défilé.Des activités se déroulent pendant toute une semaine et culminent vers cette procession de chars allégoriques, le dimanche après-midi, où se regroupe une foule diversifiée.Cette année, le défilé a attiré pas moins de 750 000 spectateurs.Mais cette fête, dont le but est de clamer notre fierté en opposition à la honte autrefois ressentie d’être homosexuel, ne provoquerait-elle pas une lame de fond contraire au but visé?C’est la question que nous nous sommes posée comme professionnels de la santé travaillant au service de la communauté gaie et lesbienne en observant ce phénomène.Chez notre clientèle homosexuelle, nous avons dé- nombré deux suicides réussis et pas moins d’une douzaine de tentatives et tous ont mentionné la semaine de la fierté gaie comme étant un élément stressant II va sans dire que cela représente une augmentation significative en comparaison à ce que nous observons le reste de l’année.Il ne faut pas se le cacher, les statistiques le montrent beaucoup de gais et lesbiennes sont aux prises avec une grande détresse psychologique reHée, encore aujourd'hui, à ihomopho bie, à rhétérosexisme, au rejet et à l'hostilité des structures dominantes telles que la famille.l’école et le miHeu de travail, pour ne nommer que ceux-ci.Notre but n’est pas de remettre en cause le grand pas franchi au cours des ans dans la lutte contre ITiomophobie.Et cette semaine de la fierté gaie et lesbienne contribue à atteindre cet objectif.Par contre, il semble quelle soit vécue autrement par une certaine partie de la communauté.Nous croyons en l’importance de l’amorce d’une réflexion.Que se cache-t-il à l’ombre de l’image véhiculée par cette fête?Sans nous lancer dans un débat philosophique sur le sens de la fête, nous croyons que ceUe-ci.au sens universel du terme, peut être vue comme exprimant un clin d’œil ou un pied de nez à la dure réaUté qui nous accable quoti-diepnement.À notre avis, plus la fête est excessive et outrancière, plus elle sous-tend un mal à lame exacerbé et l'un des buts poursuivis par celle-ci est souvent de servir d'exutoire à cette souffrance humaine, donc, en soi, la fête nous apparaît comme libératrice et nécessaire.Par contre, et c’est là qu’il semble y avoir une ébauche d’explication au phénomène qui nous inquiète, vu de l’extérieur par certains homosexuels, cette même fête peut aussi devenir un miroir grossissant le reflet de leur détresse psychologique et de leur sentiment de solitude.Les festivités de la fierté gaie et lesbienne ne font pas exception à la règle, elles représentent la fête dans tout ce qu’eüe peut comporter d'excessif: une semaine de célébration où l’extravagance, les excès, les beaux corps sculptés sont à l'honneur.Malgré la présence des différents organismes communautaires, l'image qui en ressort nous donne l'impression d’une communauté où les gens sont toujours heureux et festifs, où la santé physique et psychologique prédominent Nous savons très bien que la réaHté homosexuelle dans la rie de tous les jours est tout autre et qu’eUe est étroitement reHée avec sida, violence, toxicomanie et faible estime de soi, entre autres choses.Arrêtons-nous donc à ce nouveau phénomène afin d'y réfléchir et d’y trouver des pistes de solution et tentons d’être à l'écoute et sensible aux gens déjà fragilisés ou malades en favorisant leur inclusion dans notre communauté, afin de minimiser cette détresse.Et surtouL n’ayons pas la naïveté de croire que 750 000 personnes qui fraternisent un dimanche aprèsmidi autour de la question de la fierté des gaies et lesbiennes, cela représente une victoire pour le reste de l’année! La souffrance est encore grande. L K H K V O 1 H , LE MARDI A »> I T 2 0 l> A IDEES Rapport de la Commission des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec Affirmer solennellement le caractère fondamental de la langue française Nous publions aujourd’hui deux extraits du rapport de la Commission des États généraux sur la situation et l'avenir de la langue française au Québec, rendu public hier.Le premier reprend l’essentiel de la conclusion du groupe présidé par Gérald Larose, le second est tiré de la section sur l'enseignement du français, qu’il faut revaloriser et améliorer rapidement, nous dit le rapport.tain nombre d’objectifs, a produit des effets structurants; d'une langue officielle, nous sommes passés à une langue commune pour maintenant être en présence d'une langue de la citoyenneté.Le dispositif juridique doit en rendre compte.Les réalités ont changé puisque la qualité de la langue s’impose tout autant que son statut dans le champ des préoccupations de l’ensemble de la population.Question de fierté.Question aussi de se donner les garanties d'une participation originale et efficace au concert des grandes cultures.D’où la volonté partagée d’accorder une plus grande attention à l'apprentissage, à la maîtrise et à la qualité de la langue française au Québec dans toute sa richesse.Les réalités ont changé puisque, dans le contexte de la réorganisation des grands ensembles économiques, les Québécoises et les Québécois estiment qu’ils sont peut-être mieux placés que quiconque pour tirer leur épingle du jeu.Le Québec est au carrefour des principaux courants culturels et linguistiques.Il est au cœur des sites technologiques et industriels les plus innovateurs.Il dispose d’infrastructures et de ressources de premier plan non seulement en français, mais aussi en anglais.Proportionnellement, il compte le nombre le plus élevé de citoyens bilingues et trilingues au Canada et en Amérique du Nord.Aux yeux des Québécoises et des Québécois, ces atouts constituent de plus en plus un capital exceptionnel pour rayonner comme peuple de langue française, non seulement dans les Amériques, IP a Commission a beau-coup lu, écouté et dé-battu.En s’imposant une d é-marche ouverte et transparente, elle souhaitait que toutes les questions soient posées, que toutes les pierres soient retournées et que les tabous, s’il y en avait, tombent I,a contribution de plusieurs centaines de groupes, de spécialistes et de citoyens lui a permis d’effectuer un très grand périple, d’approfondir un nombre impressionnant de questions et de faire plusieurs découvertes: entre autres que les réalités se sont Maintenir transformées et que les mentalités ont changé.et faire Les réalités ont changé puisqu’on observe rayonner que le vieil antagonisme français-anglais ln langue s’est un peu, sinon , beaucoup, estompé au trançaise Québec.11 reste bien Amérinnp quelques personnes et el* -™neriMue quelques groupes pour ^u Nord essayer de le maintenir encore et le plus vivant es^ un (jpfj possible.A cause de cela, entre autres, l’État colossal québécois ne devra jamais baisser la garde ni et un défi abandonner le recours à la loi.Le nouvel anta- permanent gonisme, celui qu’alimente l’anglo-américanisme tonitruant et envahissant, pose des défis nouveaux.Les réponses se doivent d’être nouvelles.Les réalités ont changé puisque tous, sauf exception, reconnaissent que le français est devenu la langue de la participation civique, la langue de la citoyenneté.La politique linguistique du Québec a atteint un cer- N y v Jf V1* fro français au Québec passe maintenant par l'affirmation la plus solennelle, de la part de l'Etat québécois, du caractère fondamental, constitutif, inclusif et citoyen de la langue française d;ms l'identité du peuple québécois.Cette affirmation se traduira iku le retuneuage-ment des règles juridiques qui accorderont aux principes fondateurs de l'aménagement linguistique du Québec un statut prépondérant sur les autres lois Elle se traduira également par l'établissement officiel et formel de la citoyenneté québécoise.Ces mesures ouvriront encore plus gran de la volonté et la capacité de nommer et de valoriser la pluralité de l’identité québécoise.Avec plus d’assurance, le Québec exploitera à fond son potentiel d'interface avec les autres langues et les autres sociétés.Maintenir et faire rayonner la langue française en Amérique du Nord est un défi colossal et un défi permanent.11 faut vouloir le relever résolument, l^i Commission témoigne de cette farouche et indéfectible volonté populaire.C'est elle qui, fondamentalement, charge l'Etat du Québec, le seul Etat français en Amérique «¦ s , ' -O, HL.JACQUES NADEAU LE DEVOIR En conférence de presse hier, le message était clair: «Les anglophones ne sont pas nos ennemis mais des composantes de notre réel», a dit avec force M.lairose, ici en compagnie de Gary Richards.L’approche doit être globale.Ce ne peut plus être l’affaire de la seule législation mais dans le monde entier.Les Québécoises et les Québécois constatent que les réalités ont changé, et pour le mieux.Et parce qu’elles ont changé, ils se sentent plus rassurés, plus confiants.Et parce qu’ils se sentent plus sûrs d’eux-mêmes, ils souhaitent davantage nommer la pluralité de leur identité et apprendre d’autres langues, se donnant ainsi de nouveaux atouts.Cela n’enlève cependant pas toute inquiétude.les acquis sont là, mais fragiles.Rien n’est irréversible.Consolider et aller plus loin suppose des modifications substantielles dans l’approche de la politique linguistique, dans son orientation générale et dans les efforts et les ressources à consentir.L’approche doit être globale.Ce ne peut plus être l’affaire de la seule législation.La nouvelle approche doit prendre la forme d’une politique large touchant tous les volets de l’agir collectif, y compris dans sa dimension internationale, sollicitant toutes les fonctions de l’Administration et de ses composantes, interpellant tous les acteurs de la société, intégrant tant les questions touchant l’apprentissage, la maîtrise et la qualité que le statut de la langue française.L’orientation générale de cette approche établit que l’avenir du du Nord, de p r e n d r e toutes les mesures qui s'imposent pour que le défi continue à être correctement assumé.La Commission est conscie nte que, dans le contexte constitutionnel canadien, l’Etat du Québec n’a pas tous les pouvoirs pour garantir l’avenir de la langue trançaise sur son territoire.la Commission a formulé ses propositions en tenant compte globalement de ce contexte.Sans cacher que certaines de ses propositions supposent de L-ouverture» de la part du gouvernement du Canada, la Commission estime impérieux que le gouvernement du Québec passe promptement à l’offensive sur chacune d’elles.Compte tenu de l’évolution rapide du contexte et de l'importance de l’enjeu, il n’y a pas de temps à perdre.Enseignement du français : des constats alarmants Le système québécois d’enseignement s’acquitte mal, de l’avis de beaucoup d’intervenants, de sa responsabilité d’assurer la maîtrise du français tant à l’oral qu’à l’écrit.u primaire et au secondaire.Dans le réseau des commissions scolaires de langue française, les résultats aux épreuves de français du ministère de l’Éducation en 3e année et 6e année du primaire, en 3' année et S' année du secondaire, indiquent que les élèves faibles à ces examens le sont à cause de leurs déficiences dans le maniement du code de la langue.Ces déficiences se maintiennent d’une épreuve à l’autre chez les mêmes élèves et d’une cohorte d’élèves à l’autre au fil des années.En 3' année du primaire, les résultats des élèveg en orthographe d’usage sont jugés satisfaisants.A la fin du primaire, donc aux portes du secondaire, la maîtrise de l’orthographe grammaticale et d’usage est l’élément de l’épreuve de français où les résultats sont les plus faibles: 52,5 % des élèves sont classés fragiles ou incompétents en écriture.En 3' secondaire, 59,8 % des élèves ont une compétence minimale ou insuffisante en français; leurs difficultés les plus sérieuses sont ici encore, liées au fonctionnement de la langue.Les derniers résultats (2000) pour les élèves de 5' secondaire montrent, au critère du fonctionnement de la langue, un taux d’échec de 42 %.Ces déficiences sont, en quelque sorte, constantes et semblent tolérées par le système puisqu'elles n’entraînent pas nécessairement un échec au type d’examen utilisé par le Ministère, la rédaction d’un texte au cours de laquelle les élèves ont tout le loisir d’adapter leur production à leurs connaissances.La pondération des critères de correction fait souvent en sorte qu’un élève réussisse le test malgré une nette insuffisance en maîtrise du code linguistique.L’enquête DIEPE a comparé, en 1995, les performances écrites d’environ 2000 élèves francophones québécois à celles d’autant de jeunes Belges et Français.A l’épreuve de rédaction, les scores des élèves québécois sont comparables à ceux des jeunes Européens.Aux épreuves objectives visant à mesurer la connaissance du code, les résultats obtenus par les élèves québécois sont significativement inférieurs à ceux de leurs collègues européens, et ce, systématiquement dans les 15 épreuves.Au secteur collégial Actuellement, un étudiant sur quatre ne réussit pas son premier cours de langue et littérature.La Commission d’évaluation de l’enseignement collégial attribue ces échecs à une maîtrise insuffisante de la langue et du code linguistique, de même qu’à la difficulté de bien ordonner sa pensée, de l’exprimer correctement, de bien analyser les situations et d’en faire une synthèse cohérente.L’épreuve uniforme du collégial est obligatoire depuis le 1" janvier 1996 et sa réussite pour l’obtention du DEC, exigée depuis le 1" janvier 1998.L’épreuve consiste en une dissertation critique à partir de textes proposés.les étudiants ont le droit d’utiliser un dictionnaire, une grammaire, un manuel de conjugaison et peuvent faire jusqu’à 30 fautes dans un texte de 900 mots et tout de même réussir.L’évaluation de la performance de chaque étudiant se fait selon trois catégories de critères: compréhension des textes et qualités de l’argumentation, structure du texte de l’élève et maîtrise de la langue.C’est à ce dernier critère que les échecs sont les plus nombreux et que la cote «A» est obtenue par une minorité des élèves.À l’université En octobre 2000, une étude de l’Université de Montréal réalisée auprès de 1156 étudiants de la Faculté des arts et des sciences, de la Faculté des sciences de l’éducation et de la Faculté des sciences infirmières, qui avaient tous réussi l’épreuve de français du MEQ, révèle que plus de 75 % d’entre eux éprouvent des difficultés de vocabulaire, plus de 70 % des difficultés à conjuguer les verbes, 61 % à accorder les participes passés, plus de 50 % ont du mal à structurer leurs textes écrits et à rédiger des phrases complexes, tandis que plus de 60 % avouent avoir plus ou moins de difficulté à comprendre le message général d’un texte ou les exposés des professeurs.L’évaluation de la compétence linguistique des étudiants en sciences de l’éducation montre que, à l’Université de Montréal, seulement 15 % d’entre eux sont très bons en français, 30 % sont bons, 15 % sont moyens et les derniers 40 %, nettement médiocres.A l’UQAM, la situation n’est pas plus reluisante: en mai-juin 2000, 63 % des étudiants, tous programmes confondus, ont échoué au test de français écrit, 46 % des étudiants en formation préscolaire primaire et, à titre indicatif, 80 % des futurs enseignants de mathématiques.Les étudiants qui se destinent à l’enseignement du français au secondaire ont le même taux d’échec, quoique le test soit plus difficile et le seuil de passage très élevé (80 %).D’où, dernier indice, les examens de français de plus en plus souvent imposés par les commissions scolaires aux diplômés des sciences de l’éducation avant de les engager comme enseignants du primaire ou du secondaire.Beaucoup de ces candidats échouent au test — un test de niveau 5' secondaire —, ce qui rejoint les observations du linguiste et professeur honoraire de l’Université de Montréal, Gilles Bibeau, selon lesquelles plus de la moitié des futurs enseignants ont une connaissance nettement insuffisante de la langue française.Une obligation de résultats pour chacun des ordres d’enseignement La Commission ne veut pas préjuger des résultats de l’importante réforme du ministère de l’Education qui, encore à l’étape de l’implantation au primaire, ne permet pas pour l’heure de vérifier les fruits dont elle peut être porteuse.Toutefois, elle ne peut taire ni éviter de prendre à son compte l’exaspération exprimée tout au cours de ses travaux à l’égard d’un système d’enseignement qui tolère encore une maîtrise insuffisante du français.Depuis 15 ans, divers tests de français ont été imposés pour mesurer la compétence linguistique des élèves.Une constante se dégage de ces évaluations: les résultats obtenus aux examens indiquent clairement que les jeunes Québécoises et Québécois ont de graves lacunes quant à la maîtrise du code linguistique.La persistance des déficiences en langue française, notamment en matière de code, tout au long des cycles d’enseignement, est inacceptable.L’enseignement du français est actuellement enfermé dans un cercle vicieux qui fait que la méconnaissance de la langue française au Québec se transmet d’un ordre d’enseignement à l'autre.Il handicape les élèves dans la poursuite et la réussite de leurs études.Cet engrenage atteint aujourd’hui les responsables de l’enseignement de cette langue dans les écoles, soit les maîtres eux-mêmes.Ija Commission fait siennes les attentes des Québécoises et des Québécois.Le système québécois doit assurer un enseignement plus efficace et de meilleure qualité du français, langue officielle et commune.Dans tout le processus d’apprentissage et de maîtrise du français auprès des jeunes, des adultes, des membres de la communauté québécoise d’expression anglaise, des décrocheurs, des analphabètes, des nouveaux arrivants et aussi des personnes qui ont des difficultés auditives, le système québécois d’éducation doit être renommé pour sa rigueur, son excellence, sa qualité et pour la va- » riété de ses services d’enseignement du françaiq.' C’est la une question cruciale pour la vitalité, le dynamisme, la survie et le rayonnement du français dans le concert mondial des langues nationales.Il faut donc s’y mettre sérieusement! Être d’une exemplarité à toute épreuve L’exemple doit venir de haut.Compte tenu du rôle stratégique qu'ils jouent dans l’apprentissage,' : la maîtrise, le perfectionnement çt l'usage de la langue française, le ministère de l’Education et les 1 établissements québécois d’enseignement de la maternelle à l’université, doivent donner l’exemple ¦ en se dotant les premiers d’une politique linguis- ; tique institutionnelle dont on pourra trouver en annexe 2 à la première section, à titre indicatif, la définition et les modalités d’application.Cette politique sera, pour chaque établissement, l’occasion dç prendre connaissance, en détail, des objectifs de la ' politique linguistique québécoise, de même qué ’ des dispositions de la Charte de la langue française, et d’en préciser la portée dans sa vie quotidienne.• la manière de définir et d’appliquer une telle politique linguistique institutionnelle sera différente ¦ selon l’ordre d’enseignement.Au primaire et au secondaire, la Commission propose d’en confier la responsabilité aux conseils d’établissement et de modifier à cette fin la hri sur l’instruction publique (loi 180) qui définit le mandat des conseils d’établissement.l’équipe du devoir LA RÉDACTION Journalistes à rinformation générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint au directeur dr l'information), Valérie Dufour (générai;, François Cardinal.Marie Andrée Chouinard (éducation) Yves d’Avignon (sports;, Pau le des Rivieres (éditorialiste), Jean Dion, Louis-Gilles F rancœur (environnement), Benoît Munger (responsable du site Internet), Dominique Reny.Josée Boileau.Eric Desrosiers.Pauline Gravel (saenttfujue;.Bnan Myles (justice et faits divers;, Isabelle Paré (santé), Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques), Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) à rinformation culturelle Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres;.Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts visuels); à l’informa tion économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de rinformation), Claude Levesque.Claude Turcotte.René Lewandowski; à l’information internationale Jean-Pierre Legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique : Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Levesque ; Marie Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; I/)uise Maude Rioux Soucy (commis) l-a documentation : Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy.Manon Bouchard, Gyslaine Côté.Marlene Côté, Martin Fournier.Véronique Géraud.Anouk Hurbutt, Christiane Legault, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet Micheline Ruelland.(publicitaires).Laurence Theriauh (directrice adjointe), Manon Blanchette.Sylvie Importe.Martine Bérubé (secrétaire) I.A PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bedard.Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Camara.Richard Des Cormiers.Donald Filion.Yanick Martel.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable intérimaire), Hélene Gervais.Dominique I^iriviere.(responsable a la promotion des abonnements), Monique L’Heureux, Use Lachapelle, Racbelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy.Olivier Lachambre (contrôleur).Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle l^perriere.Caroline Perrier, Danielle Ross.iA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur générât). LE DEVOIR.LE MARDI 21 A O f T 2 0 01 A H LE DEVOIR ACTUALITES LAROSE SUITE DE LA PAGE 1 a partir de ces seuls indicateurs.[.] Ce serait s’enfermer dans une approche qui comporte des dérives sociales majeures, tel le cloisonnement de la société québécoise en trois catégories: les francophones, les anglophones et les allophones.» (p.4).Sur l’obligation de fréquenter un cégep francophone, le rapport insiste sur la dérive potentielle d’une teDe directive et, estimant le débat mal engagé, tranchera plutôt pour un meilleur enseignement de l’anglais puisque, la Commission s'en dit «convaincue», c’est pour améliorer leur connaissance de cette langue que des jeunes s’inscrivent aux cégeps anglophones.En somme, comme on le lit dans une annexe du rapport, la Commission a voulu «faire des propositions qui rassemblent les Québécoises et les Québécois, tous statuts et langues confondus, plutôt que de consacrer leurs divisions» (p.208).Le leitmotiv de la Commission, et ce qui donne son titre au rapport — «le français, une langue pour tout le monde» —, c’est qu’«apres 25 ans de législation, la majorité des groupes anglophones reconnaissent le français comme langue commune: c'est devenu un acquis», disait hier Géndd Larose.«Nous avons moins de difficultés avec la commu- nauté anglophone d'ici qu’avec l'anglo-américanisme, poursuivait-il.Le pari que nous faisons, c’est que les anglophones du Québec peuvent être une formidable interface pour faire rayonner cette société française en Amérique du nord.» Les 149 propositions du rapport de 285 pages ne se distinguent que par des nuances du rapport préliminaire déposé au début juin.D y est toujours ferme ment question de rompre avec l’approche ethnique au profit d’une citoyenneté québécoise applicable à tous — mais «encore à définir», lit-on en page 11 du rapport —, si ce n’est un rituel d’accueil spécifique ment québécois pour les nouveaux arrivants.la langue française, droit fondamental pour tous les Québécois, doit par ailleurs être défendue et vale risée non seulement dans un cadre juridique mais aussi dans une approche globale qui englobe toute la société — des Centres de la petite enfance aux médias en passant par le monde du travail.«Une politique linguistique, ce n’est plus seulement une affaire de législation mais de norrçie, de qualité, de rayonnement», a dit M.Larose.Et pour arriver à soutenir cette vaste mobilisation, il faut fondre en un seul organisme toutes les institutions qui veillent actuellement sur la question linguistique.«Mais cet organisme-moteur ne sera efficace que si l’État a fait passer un message fort, s'il donne un statut constitutionnel aux lois linguistiques et s’il reconnaît une citoyenneté québécoise», concluait M.Larose.Et s’il a les moyens de le faire, comme le signale le rapport Car il est clair que celui-ci «restera sans effet si le budget et les effectifs alloués à l’application de la Charte de la langue française ne sont pas considérablement augmentés» (p.180).Les différences par rapport au rapport de juin tiennent au fait que la constitutionnalisation des droits linguistiques ne passerait plus par la rédaction d’une Constitution québécoise.D s’agirait plutôt de réaménager la Charte de la langue française pour qu'elle soit sur un pied d’égalité avec la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.Cette façon de faire, selon M.Larose, permettrait de mettre sur le même pied droits individuels et droits collectifs lorsque la Charte de la langue est contestée devant les tribunaux.De plus, les dossiers d’infraction à la Charte relèveraient d’une chambre spécialisée de la Cour du Québec plutôt que d’un tribunal administratif, comme il en avait été question en juin.De même, un observatoire, distinct du nouveau supra-organisme, serait créé pour jeter un regard critique sur la situation sociolinguistique du Québec.Le rapport a finalement écarté l’idée de créer un ministère de la Langue, celle-ci ne pouvant être considérée «comme un aléa soumis aux troubles politiques», a dit Larose.Enfin, dernière nuance, mais à l’image du rapport, les anglophones ne sont plus definis comme une minorité nationale — terme qui prête à confusion puisque ce sont les francophones qui sont la véritable minorité — mais comme la «communauté québécoise de langue anglaise».Si la guerre linguistique n’a plus cours au Québec, elle est encore vivace avec le gouvernement fédéral, appelé à respecter le régime linguistique du Québec, notamment en donnant prépondérance au français dans l’affichage et en respectant la francisation des lieux de travail.M.Larose a aussi insisté sur le frit qu’il n’y a pas de mal a établir le français comme langue de la citoyenneté québécoise puisque l’anglais est la langue de la citoyenneté canadienne.«Les deux langues officielles, c’est du branding.La vie concrète au Canada se passe en anglais La loi canadienne n’est pas non plus réparatrice.Son but n’est pas que le français gagne toujours en force, comme le veut la Charte de la langue française», dit M.Larose.Et le français au Québec, langue fragile, a véritablement besoin d’une approche offensive et dynamique, concluait-il.Day pourrait partir plus tôt PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le chef de l’Alliance canadienne.Stock-well Day, a clairement laissé entendre, hier, qu’il pourrait quitter ses fonctions avant la date butoir de la mi-décembre qu’il s’était lui-même fixée.Cela pourrait saboter les tentatives de coalition des députés dissidents de son parti avec le Parti conservateur.In formation allianciste tiendra une course à la direction, à la mi-mars, et les règles du parti stipulent que M.Day doit quitter son poste au moins trois mois avant celle-ci.En entrevue, hier, le dirigeant de l’Alliance a indiqué qu’il était «très possible» qu’il parte avant décembre.Interrogé quant à savoir s'il serait en place jusqu’à la fin de la session parlementaire automnale, M.Day a déclaré: «Je ne puis affirmer que je serai là aussi longtemps, mais nous allons certainement entreprendre la session d'automne en insistant [sur la question du bois d’œuvre] et d’autres points de la mauvaise gestion libérale qui limitent franchement les perspectives d’avenir des Canadiens».EN BREF Chrétien en voyage (PC) — Le premier ministre Jean Chrétien vivra surtout dans ses valises au cours des mois à venir, à l’occasion d’une série de voyages à l'étranger où il tentera de profiter de son statut de vétéran de la scène politique internationale.Ainsi, en septembre, M.Chrétien doit se rendre en Chine, au Moyen-Orient et en Australie, à l’occasion notamment des réunions du Groupe des huit pays les plus industrialisés (G8), puis à celles des pays de la Francophonie et du Commonwealth.Le premier fninistre dirigera par ailleurs une mission de deux semaines d'Equipe Canada en Russie et en Europe, dès le début de l’année prochaine.Qualifié par ses assistants «d'homme d'Etat senior» et de «doyen du G8», M.Chrétien se serait donné pour mission personnelle de renforcer la bonne réputation du Canada à l’étranger.Il est 2 heures 22 et des poussières.'ô)ili!UlllT;I;llll:liîïïnE^Ml^gaTB^mmg REUTERS BIG BEN , sur laquelle se fie le monde entier, se refait une beauté.L’horloge britannique ne pouvant se permettre un repos, le défi des hommes-araignées consiste à la nettoyer pendant que ses aiguilles tournent perpétuellement.Encore heureux qu'il n’y ait pas de trotteuse! LE DEVOIR BAVARD Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9”' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 HH Place-des-Arts fis sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur lü publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U /Vtvir est publie du lundi au samedi par le- Devoir Inc.dont le siejre social est situé au 2050.rue De Bleury.9’ étage, Montreal.(Québec).H3A3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Det'oir Le Dtvoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc .900.boulevard Saint-Martin Ouest.Uval.Envoi de publication — Enregistrement n* 08*58 Contrat de vente 40012291 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 était présent au chalet du Lac Meech en cette fin d’avril 1987.M.Bagdadi fait partie de la douzaine de personnes autorisées à faire fonction d’interprète lors des réunions du cabinet fédéral et de ses comités.Il faut insister un peu pour savoir qu’il a assisté à quelques-unes des discussions ayant entouré l’Accord de Charlottetown ou la crise d’Oka.Il opine mais ne s’étend pas.L’exposition au secret a aussi ses limites.D’abord, parce que ce ne sont pas toujours les mêmes interprètes qui assistent à toutes les réunions.Ils n’ont donc accès qu’à des bribes de dossiers.«Et.sachant que nous sommes là, il y a souvent des choses qui se disent à mots couverts, du moins dans une certaine mesure.Quand c’est ultra-secret, en général, on finit par nous prier de sortir.» Comment fait-il, même s’il ne sait pas tout, pour ne pas commettre d’impair dans une conversation privée?«Nous avons un devoir de discrétion et nous devons juire la part de ce que nous pouvons dire et de ce que nous ne pouvons pas dire.Mais je vous avoue que.dans la mesure où le métier d'interprète lui-même force à se concentrer sur l'immédiat et à se préoccuper de la transmission du message, très souvent, à force de s'être intéressé à des questions de détails, on en finit par oublier, si j'ose dire, l'image d'ensemble.» Il prend quand même plaisir à être témoin d’événements qui pourraient prendre un tour historique.«H y a eu des moments comme ça.dans Ihistoire, et il y en a encore, où on se retrouve présent au cœur d'un dossier qui va devenir un des gros dossiers d'Etat, alors a priori, c'est très intéressant.» Son souvenir le plus mémorable demeure une réunion du caucus libéral à la fin de 1979, après la chute du gouvernement conservateur de Joe Clark, où les députés ont demandé à Pierre Elliott Trudeau de reprendre la direction du parti.Henri Bagdadi n’en fait pas un plat pour autant car il tire autant de fierté à traduire des discours d’hommes d’État que des travaux parlementaires.«Il y a une très grosse part de ce que nous foisons qui est tout à fait public.Si je travaille à la Chambre, non seulement on m'écoute en direct partout au Canada — là où les ràblodistributeurs assurent la retransmission — mais on m 'écoute à la Chambre même et on pourra même m'écouter en retransmission.Il n’y a rien de plus public que ça.» Et la satisfaction se mesure rarement à l’importan- ce de l’événement, «fl y a ce que j’appelle des moments de grâce, quand tout à coup on se sent le vent dans les voiles, l’inspiration plein la tête et qu’on arrive à très bien rendre un exposé.Ça peut être n’importe quand, arriver pour n 'importe quoi.» Après une formation de traducteur, métier qu’il exerça pendant deux ans, c’est en 1975 qu’il a tenté sa chance conune interprète.Passionné des langues, son intérêt ne s’est pas émoussé.Il parle volontiers du style de l’interprète, de l’importance d’un vocabulaire riche et d’une langue de qualité, de la nécessité de traduire non seulement les mots mais aussi les intonations.Les 55 interprètes du service parlementaire assurent l’interprétation des délibérations de la Chambre des communes et du Sénat, des travaux des comités, des caucus, du cabinet., de certaines conférences de presse et des visites d’Etat qui se déroulent sur la colline parlementaire.La presque totalité de ces interprètes doivent se soumettre à un contrôle de sécurité afin d’obtenir la cote «très secrète» exigée pour assister à des réunions comme celles du cabinet.Pour ce dernier, une équipe spéciale est formée chaque année par la direction du service pour ensuite être approuvée par le chef de la sécurité du Conseil privé.L’interprétation simultanée des travaux parlementaires a commencé en 1959 mais ce n’est qu’en 1980 quelle fut introduite au cabinet A moins d’être assigné à une tâche à la dernière minute, un interprète se préparera en révisant le vocabulaire pertinent et en s'informant sur le sujet «U y a ce que j'appellerais un parfum du jour.Il y a des choses qui sont dans l'air du temps et qu'il faut connaître.Quand on s’apprête à faire la période des questions, on connaît les dossiers chauds de lheure, on a lu les journaux le matin, on a écouté la radio, la télé la veille.On sait à peu près d’où vont venir les coups, qui va les porter.On en a une assez bonne idée et on se prépare en conséquence.» fi reste toujours les problèmes de compréhension attribuables à la pensée confuse d’un parlementaire ou à son accent trop prononcé.«H y a eu des fois où je me demandais: mais enfin, qu'est-ce qu'ils essaient de dire?Surtout qu en plus, il m'est donné souvent de relire ce qu 'ils ont dit et de ne guère mieux comprendre quand je les relis», note-t-il en s'esclaffant Mais un interprète peut rendre malgré lui un parlementaire plus intelligible qu’il ne l'est Quand on le lui fait remarquer, Henri Bagdadi se met à rire.Selon lui, cela est question d'expérience et d’intuition.COLÈRE SUITE DE LA PAGE 1 Mario Beaulieu, de fustiger un rapport qui ne fait nullement avancer la cause du français, selon lui.«Les moyens proposés ne permettront tout simplement pas d’assurer la survie du français», estime-t-il.La Commission ne reconnaît pas les dangers du déclin du français à Montréal, précise-t-il.Pis encore, «la Commission semble vouloir évacuer totalement l’aspect démolinguistique» alors que c’est par là même qu’il sera possible de trouver des solutions aux problèmes actuels, croit-il.M.Beaulieu trouve curieux que le rapport fasse ainsi fi des modalités mêmes de son mandat dont un des quatre points se lisait ainsi: «préciser et analyser les plus importants facteurs qui influencent la langue française en fonction de l’évolution des principaux indicateurs, en particulier celui du taux de transferts linguistiques».Les commissaires, à la suite de leur réflexion, en sont venus à la conclusion qu’une approche basée essentiellement sur des statistiques, comme celle de certains militants péquistes, ne peut être que dangereuse.Ils estiment ainsi ne pouvoir appuyer les fondements d’une politique linguistique uniquement sur des indicateurs sociolinguistiques.«Pour la Commission, peut-on lire dans l’introduction du rapport, ce serait s’enfermer dans une approche qui comporte des dérives sociales majeures, tel le cloisonnement de la société québécoise en trois catégories: les francophones, les anglophones et les allophones.[Cela] confinerait la société québécoise à mettre sous le boisseau sa volonté de construire un projet civique ouvert sur le monde et à demeurer frileuse pour le restant de ses jours.» De toute façon, note le rapport, les transferts linguistiques vers l’anglais ne sont pas aussi importants que ne le colportent nombre de militants péquistes.«Il semble bien qu ’il ne faille pas exagérer l’impact des transferts sur la composition linguistique du Québec et delà région de Montréal», peut-on lire.Les commissaires vont même plus loin en soutenant que, depuis l’établissement des lois linguistiques, la situation se modifie tranquillement en faveur du français, un constat que ne partage absolument pas Mario Beaulieu.Ce dernier croit plutôt qu’il y a péril en la demeure et que le gouvernement doit agir prestement pour redresser la situation.Il déplore par le fait même que Gérald Larose n’ait pas cru bon de durcir les dispositions de l’actuelle législation linguistique, comme son mandat lui permettait de le faire («procéder à l'examen d’une refonte globale de la Charte de la langue française comprenant notamment les hypothèses d’une révision des dispositions relatives à l’affichage public et de l’extension de l’application du chapitre sur la langue d’enseignement à l’enseignement collégial»).Le rapport recommande plutôt le statu quo pour l’affichage ainsi que pour le libre accès au cégep.Selon Mario Beaulieu, «à peu près tous les chercheurs s'entendent pour dire que ce sont les mesures scolaires de la loi 101 qui ont eu l’impact le plus significatif sur les transferts linguistiques d’où l’importance de colmater les brèches de la législation».Mais M.Beaulieu reconnaît qu’il est bien difficile de s’entendre sur les solutions lorsque l’on est en désaccord sur les problèmes.Selon lui, le gouvernement a fait une erreur en ne rattachant pas à la Commission un groupe de chercheurs indépendants qui auraient pu aiguiller les commissaires.Cela aurait notamment permis de dresser un portrait fidèle du déclin du français à Montréal, portrait qui manque cruellement au gouvernement à l’heure actuelle, selon lui.EN BREF Des enfants délégués à l’ONU (AFP) — Fait exceptionnel à l’ONU, plus d’une centaine de jeunes sont inscrits comme délégués de leurs pays pour la session spéciale qui sera consacrée à l’enfance lors de la prochaine réunion de l’Assemblée generale le mois prochain, a annoncé hier, l’UNICEE A l’heure actueUe, 113 jeunes de moins de 18 ans se sont enregistrés pour participer à la session, dont 34 comme membres de délégations envoyées par les gouvernements et 79 comme membres d’organisations non gouvernementales, a ajouté rUNICEF.«Plusieurs délégués enfants ont déjà été sélectionnés par leur gouvernement pour prendre la parole formellement devant l'Assemblée générale, une véritable percée», a noté dans un communiqué la directrice de 1UNICEF, Mme Carol Bellamy.«Les enfants vont ainsi côtoyer des présidents et des premiers ministres», a-t-elle souligné.Jusqu'à présent, 76 chefs d'Etat et de gouvernement ont annoncé leur présence à cette session, qui commencera le 19 septembre.t Cai-pe diom, Par Yvon Corbeil «D n’y a de science que de l'universel», croit-on depuis Aristote.Alors, pourquoi n’y a-t-il que des individus?805333
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