Le devoir, 30 août 2001, Cahier A
w w w .I f d e v o i r .c o m V o L .X ( I N " 1 9 5 ?L E .1 E V l> I 3 0 A 0 f T 2 OUI S ?c + T a \ r s I $ E DEVOI CULTURE Bruno Blanchet s’installe à Télé-Québec Page B 7 LE MONDE Espoir de cessez-le-feu à Beit Jalla Page B 5 PERSPECTIVES À qui va profiter le crime ?La conférence sur le racisme de Durban a mis en lumière le sourd et long débat qui a lieu aux Etats-Unis où on entend bien lier la reconnaissance du crime d’esclavagisme à des réparations financières.Le montant avancé?Quatre mille milliards, américains évidemment A la faveur du forum qui se tient en marge de la conférence contre le racisme de l’ONU, les délégués de dizaines d’ONG ainsi que des élus, des politiciens, ont signé une résolution exigeant que les puissances européennes et nord-américaines reconnaissent que «le commerce transatlantique d’esclaves, l’esclavagisme et le colonialisme sur le continent africain» constituent des crimes contre l’humanité.Qui plus est, on a jugé qu’il serait plus que jamais opportun que cet exercice de contrition s'accompagne ou se traduise par le versement de sommes aux nations africaines victimes de Serge ces fléaux ainsi qu’aux descep- Truffaut dants américains d’esclaves.A ?« « ce propos, le président sud-africain et hôte de la conférence, Thabo Mbeki, a suggéré que «des engagements mesurables», donc quantifiables, soient arrêtés au cours de cet événement qui se poursuivra jusqu’au 7 septembre prochain.Aux Etats-Unis, de nombreuses associations re-__ présentant et défendant les intérêts des Afro-Américains n’ont pas attendu la conférence de Durban pour agir et manipuler les calculettes.Après avoir effectué pendant des années, depuis 1989, le long et laborieux travail de pédagogie nécessaire à l'adhésion du plus grand nombre à leur cause, les chefs de file de ce mouvement ont réorienté récemment leur offensive sur les fronts juridique et électoral.C’est désormais officiel, une poursuite contre le VOIR PAGE A 8: CRIME ¦ Autres informations en page B 5 La ronde des fonctionnaires JACQUES NADEAU LE DEVOIR mil mm* !•#*«*•• DES FONCTIONNAIRES fédéraux manifestaient dans la bonne humeur malgré la Présence de dizaines de policiers anti-émeute, hier matin à Montréal.Les troupes syndicales étaient nombreuses aux abords des édifices gouvernementaux, en ce troisième et dernier mercredi de débrayage.L’Alliance de la fonction publique du Canada, qui compte 77 000 membres à travers le pays, pourrait théoriquement annoncer le déclenchement d'une grève générale illimitée d’ici quelques jours.Le comité de stratégie du syndicat doit toutefois réévaluer sa position aujourd’hui, à la lumière des progrès enregistrés dans la négociation avec le Conseil du trésor.Francisco Rabal (1926-2001) La dernière escale L’ombre s’abat sur l’acteur fétiche de Bunuel et de Saura ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le Festival des films du monde aura été la dernière escale du grand acteur espagnol Francisco Rabal.Décédé hier des suites d’un malaise dans l'avion de la British Airways qui le ramenait de Montréal à Madrid, après détour par Londres, celui que les cinéphiles appelaient tout simplement Paco a accompli à ^ ans’ aux c®t^s son fjp épouse, l’actrice Asuncion Balaguer, son ultime voyage.U Samedi, Francisco Rabal avait reçu l’hommage du FFM et le Grand Prix des Amériques dix ans après avoir été primé ici pour son interprétation dans L’homme qui a perdu son ombre d’Alain Tanner, «f espère revenir enco-Francisco Rabal re une fois à Montréal», avait-il conclu samedi dans son allocation d'usage, vœu qui devait demeurer sans écho.On l’avait regardé déambuler ces derniers jours dans les couloirs de l’hôtel Wyndham, se retournant sur ce visage d’homme qui avait tout vécu et en conservait une sorte de sagesse dans le regard.Engagé, gauchiste convaincu, renommé sur la scène in- VOIR PAGE A 8: RABAL LEHSimiDES FILMS DU MONDE Lire aussi en page B 8 ¦ Dans le cœur de la rumeur Histoires de familles INDEX Annonces.B 6 Idées.A 7 Avis publics .B 4 Le monde.B 5 Bourse.B 2 Les sports.B 6 Culture.B 8 Mots croisés , B 6 Économie.B1 Télévision.B 7 Éditorial.A 6 Météo.B6 Refleurir le monde La Terre est-elle un vaste jardin menacé ?Faut-il réviser notre relation avec la nature ?Savons-nous toujours planter des choux ?CAROLINE MONTPETIT y LE DEVOIR A l’heure d’une urbanisation sans précédent, l'art de cultiver la terre est peut-être en train de se perdre entre le béton et l’asphalte urbains.Et les auteurs et jardiniers, réunis ce week-end à Grand-Métis, au cours d’un salon du livre un peu particulier intitulé La Plume et le Râteau, nous invitent à rafraîchir notre mémoire du sol, celle des tomates comme celle des orchidées.«Forcément, dans l’idée du jardin, il y a celle du paradis perdu.Je ne sais pas comment cela s’est passé au Québec, mais en France, après la guerre, le jardin était considéré comme une valeur obsolète, on pensait en terme d’urbanisme et d’espaces verts.Aujourd’hui, [.] l'urbanisation et la modernisation ont gagné des territoires considérables, et üy a de nouveau demande de jardins, de jardins qui ne soient pas seulement des zones vertes, mais qui réclament un certain travail d’organisation», dit Jean-Pierre Le Dantec, écrivain et directeur de l’école d’architecture Paris-La Villette, venu à Grand-Métis notamment pour donner une conférence sur la classification et les voyageurs des plantes.Il participera aussi, ce week-end, à une table ronde sur l’aménagement du paysage, et a notamment signé un Roman des jardins de France, réédité chez Bar-tillat, avec sa sœur Denise.VOIR PAGE A 8: FLEURS Effet de serre L’est de l’Amérique défie Bush LOU I S-G I LIES KR AN CŒUR LE DEVOIR Les gouverneurs des États de la Nouvelle-Angleterre et les premiers ministres des provinces de l’est du Canada se sont dotés d'un plan d’action «ré-gional» pour réduire l’effet de serre qui est ambitieux même s’il demeure en deçà des objectifs de Kyoto, confirmés en juillet à la conférence internationale de Bonn.Les deux mesures les plus spectaculaires de ce plan d'action constituent la mise en place d’un système d'échange de crédits échangeables entre les deux pays, dont Washington et Ottawa tentent d’éviter l’implantation depuis deux ans, et la prie position de gérer de façon serrée la «demande» en énergie pour la comprimer par des programmes d'économie d’énergie, une priorité de la politique énergétique québécoise mise en veilleuse depuis quelques années au profit d'une relance de la production d’électricité.Réunis à Westbrook, dans le Connecticut, les États de la Nouvelle-Angleterre et les provinces de l’est du Canada ont convenu de ramener à l’échelle régionale — et non pas dans chaque territoire — les émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2010 à leur niveau de ,1990.En comparaison, l’accord de Kyoto, auquel les Elats- VOIR PAGE A 8: BUSH Où sont passés les orthophonistes ?Les millions sont là, mais les commissions scolaires ne peuvent dire combien d’orthopédagogues, de conseillers en orientation et autres psys elles ont embauchés VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Mystère et boule de gomme.Ijcs millions sont la, mais les commissions scolaires ne peuvent dire combien d’orthophonistes, d’orthopédagogues, de conseillers en orientation ou de psychologues elles ont embauchés depuis deux ans |x>ur venir en aide aux élèves en difficulté.«Nous ne colligeons pas ce genre d’information, souligne le porte-parole de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Denis Pouliot Et on ne peut pas faire le simple calcul: le ministère a mis tant d’argent, cela devrait se traduire par la création de tant de postes.» Pourtant, en janvier 2WK), le ministre de l’Éducation du Québec (MHQ) annonçait un réinvestissement de 50 millions sur quatre ans pour embaucher spécifiquement 1260 professionnels d’encadrement dans les écoles québécoises.Le programme se terminera en 2002-03.Selon des données fournies par le MEQ, le finan-VOIR PAGE A 8: ORTHOPHONISTES ÉCONOMIE Scraire prépare sa sortie La Caisse de dépôts et placement du Québec a annoncé hier un regroupement de ses activités de gestion de fonds et d’investissement sous une société unique baptisée CDP-CapitaL I-a nouvelle entité qui englobera CDP Gestion mondiale, CDP Participations et CDP Immobilier sera dirigée par Michel Nadeau.Jean-Claude Scraire demeure p.-d.g.de la Caisse, mais ses responsabilités sont considérablement allégées.A partir de maintenant il se consacrera exclusivement à l’élaboration des grandes orientations stratégiques de l’organisme.¦ À lire en page B 1 lœs États de la Nouvelle-Angleterre et les provinces de l’est du Canada ont convenu de ramener les émissions de gaz à effet de serre en 2010 à leur niveau de 1990 è % 778313000672 A 2 LE Ü E V O I K LE JEUDI ;4 0 A 0 Û T 1 0 0 1 LES ACTUALITES E N B R E F Un médiateur à Pointe-Saint-Charles (Le Devoir) — Un juge a la retraite de la Cour du Québec, Ijouis-Denis Bouchard, agira à titre de médiateur dans le dossier de la clinique juridique de Pointe-Saint-Charles et Petite-Bourgogne, un organisme communautaire menacé de fermeture.Ije ministre de la Justice, Paul Bégin, a annoncé mardi la nomination de M.Bouchard tout en précisant l’étendue de son mandat.Il devra rencontrer la Commission des services juridiques (CSJ) et la direction des Services communautaires de Pointe-Saint-Charles et Petite Bourgogne afin de faire le point sur le différend entre les deux parties et les amener à trouver un terrain d'entente.La CSJ veut enlever à la clinique son mandat d’aide juridique sous prétexte qu’elle ne se conforme pas à la loi sur la négociation des conventions collectives dans le secteur public.la clinique estime au contraire quelle n’a pas à se soumettre à cette loi puisqu’elle est complètement indépendante.Le médiateur devra présenter son rapport au plus tard le 15 octobre.Des étudiants pénalisés (le Devoir) — Les inhalothérapeutes d’une trentaine d’hôpitaux québécois boycottent la supervision des stagiaires du programme de techniques d’inha-lothérapie.Ce moyen de pression, utilisé pour protester contre les pourparlers qui ont lieu avec le Conseil du trésor au sujet de l'équité salariale, affectera la rentrée de plus de 150 étudiants du cégep.les stages en milieu hospitalier constituent l’essentiel de la formation des étudiants de 3'' année inscrits à cette technique.Qui plus est, le Québec vit une pénurie de techniciens en inhalothéra-pie.«Ils ne peuvent réaliser leur stage en dehors des établissements de santé, puisque les stagiaires doivent s’intégrer à des équipes multidisciplinaires et intervenir auprès des patients», indique la Fédération des cégeps.Si la situation perdure, les collèges craignent que certains étudiants interrompent leurs études pour ne les reprendre que l’automne prochain.L’Association professionnelle des inhalothérapeutes du Québec précise qu’il s’agit, pour le moment, d’un mouvement spontané mais qu’il pourrait s’étendre à une quarantaine d’hôpitaux.«Le dossier traîne depuis 1989, nous réclamons la parité salariale avec les infirmières», explique le président de l’APIQ, Michel Mailhot.Gagnants du concours Histoire (Le Devoir) — Les dix gagnants du concours de notre page Histoire du lundi 22 août dernier sont Patrick Bernier, Pascal Corriveau, Gérald Desmarais, Mary Claire Dugas, Jill leslie Goldberg, Claudette Thériault, Jean Lachance, Sylvain Lussier, Kevin Moran et Paul Savoie.Ces gyns gagnaient un livre choisi dans le catalogue des Éditions du Septentrion (www.septentrion.qc.ca).Nous rappelons aussi l'appel à tous lancé par l’historien Denis Vaugeois: se trouve-t-il un généalogiste capable de retracer les origines de Toussaint Charbonneau, qui serait né dans la région dé Montréal vers 1758?Par ailleurs, dans l’article de lundi de la page Histoire, sous le titre «Le pays mandan: un carrefour», une ligne s’est glissée par erreur, deux fois plutôt qu’une, dans le texte.On aura compris à la lecture qu’il fallait lire: «Le reste toutefois des noms propres, nom de famille très souvent portés par des Amérindiens qui ont survécu aux épidémies, sans doute grâce au métissage.Noms de lieu aussi qui ont échappé à la traduction vers l’anglais, comme “la roche jaune” devenu Yellowstone, ou qui rappelle la mémoire d'un explorateur ou d’un compagnon canadien de h’wis et Clark.» Harper et Day sur la même scène en septembre (PC) — I e chef actuel de l’Alliance canadienne, Stockwell Day, et un candidat éventuel à sa succession, l’ex-député réformiste Stephen Harper, se retrouveront sur la même scène les 7 et 8 septembre, à Vancouver, lors d’un événement partisan.On aura peut-être alors un aperçu de quoi aura l’air la course à la direction du parti, prévue en mars 2002.les deux hommes — qui ne sont pas officiellement candidats — prendront la parole lors d’un colloque organisé par l'Alliance autour du thème de la compétitivité en matière économique.M.Harper présentera alors une allocution portant sur l’impact positif qu'a l’Alliance canadienne sur la prospérité économique du pays.Gare aux hôpitaux le week-end (PC) — Entrer à l’hôpital le week-end peut s’avérer fatal, indique une nouvelle recherche.Les personnes atteintes de certaines maladies, qui se présentent à l’hôpital entre minuit, vendredi, et minuit, dimanche, courent plus de risques de mourir dans les 48 heures que les personnes atteintes des mêmes maladies, admises à l'hôpital en semaine, concluent des chercheurs de Toronto, les deux auteurs, qui publient les résultats de leurs travaux dans le Acte England Journal of Medicine, aujourd’hui, attribuent le phénomène aux réductions d’effectifs de la fin de se maine.Selon eux, ce problème pourrait être responsable de centaines de décès par ;ut au pays.leurs calculs leur permettent d’avancer que jusqu'à 500 dé cès par an au pays pourraient être prévenus si les soins prodigués la fin de semaine étaient identiques aux soins fournis la semaine, a indiqué le docteur Donald Redelmeier, du Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre, et de l'institute for Clinical Evaluative Sciences.Initiation aux réalités du marché de la drogue Deux députés bloquistes confrontent leurs réflexions à celles des initiés du milieu communautaire A la veille de la rentrée parlementaire à Ottawa, le Bloc québécois fourbit ses armes en vue de repenser les politiques nationales sur la consommation de drogue à des fins récréatives.Un inévitable choc des cultures.BRIAN MYLES LE DEVOIR La division entre les drogues douces et dures est illusoire.La rafle policière du printemps n’a pas affecté l’offre de drogue — et encore moins la demande — sur le marché noir montréalais.In légalisation des substances est le seul moyen d’établir une politique de réduction des méfaits efficace.L’instant d’une journée de travail, les députés bloquistes Bernard Bigras et Réal Ménard ont confronté leurs réflexions sur la drogue à celles des initiés du secteur communautaire et de la professeure en criminologie line Beauchesne.Les députés font partie d’un comité des Communes chargé d’examiner cet automne la consommation non médicale des drogues et de recommander au gouvernement fédéral des pistes de solution «pour réduire [.] l’ampleur du problème».Dans le but de parfaire leurs connaissances, ils ont invité mardi Mme Beauchesne et des représentants de la Table de concertation en toxicomanie d’Ho-chelaga-Maisonneuve à une séance de travail.Se disant «en théorie favorables» à la décriminalisation des drogues douces, MM.Bigras et Ménard ont été secoués par les propos de Mme Beauchesne.Mme Beauchesne est l’une des rares intellectuelles à défendre la légalisation des drogues, toutes catégories confondues.Selon elle, il n’existe pas de division entre drogues dures et douces.Il existe par contre des usages doux et durs d’une substance.À titre d’exemple, la ligne de cocaïne absorbée à l’occasion par soirs de fête n’a rien à voir avec l’injection dix fois par jour à l’ombre d’une ruelle.Un obstacle Selon Mme Beauchesne, le régime actuel de prohibition est un obstacle à la mise en place d’une politique cohérente de réduction des méfaits.Ce concept trouve des applications pratiques ici et là au Québec, presque exclusivement dans le domaine de la lutte contre le sida.A défaut d’éradiquer la consommation de drogue, la réduction des méfaits vise à en limiter les dégâts.L’échange de seringues, les sites d’injection supervisés ou les programmes de raccompagnement des conducteurs éméchés constituent autant d’applications concrètes de la réduction des rpéfaits.Selon Mme Beauchesne, l’État a la responsabilité d’assurer «un contexte sécuritaire de consommation» puisque les drogues sont là pour rester.Par une réglementation appro- priée, le fédéral doit assurer le contrôle de la qualité des produits, accompagner la commercialisation de la drogue par l'information adéquate, restreindre la distribution à certains lieux ou certaines clientèles et financer des programmes de sensibilisation sur les bienfaits et les méfaits de l’usage des drogues.C’est connu, la guerre à la drogue cause plus de torts que la substance elle-même.Des organismes communautaires d’Hochelaga-Maisonneuve sont venus en témoigner par une série d’exemples concrets.A titre d’exemple, les revendeurs ont le beau jeu de «couper» la cocaïne avec de l’héroïne (pour «fidéliser la clientèle») ou de la poudre à récurer (pour gonfler les profits de la vente).Diane Beauregard, directrice générale de Dopamine, a donné un bel exemple des absurdités du régime de prohibition.Une mère alcoolique est à l’abri des démêlés avec la justice ou la DPJ puisque la substance est légale.Pour une mère qui prend une ligne de cocaïne à l’occasion, c’est tout le contraire.L’alcoolisme et la toxicomanie se valent: les effets sur le milieu familial peuvent être tout aussi néfastes.Sauf que la justice et la DPJ pardonnent plus facilement le verre dans le nez que la ligne de trop.Selon Mme Beauchesne, l’État n’a d’autre choix que d’opter pour le «libéralisme juridique» en matière de drogues.D doit criminaliser le moins possible les utilisateurs tout en leur permettant de faire les choix de consommation les plus éclairés possibles.Le lancement du sénateur % r- REUTERS AU TOUR de Jean Lapointe de lancer son nouveau disque, «Derrière deux yeux.y a une histoire».Celui qui sera bientôt assermenté comme sénateur a mis l’accent sur les gens et sur la vie, avec ses tristesses et ses bonheurs.Le.17 album de Lapointe comprend 12 titres.L'artiste a averti que ce disque n'est pas un testament.L’an prochain, Jean Lapointe célébrera ses 50 ans de métier.Pas de panique ! Des chercheurs sont sur la piste du gène de la panique PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Des chercheurs espagnols viennent d’identifier la mutation génétique qui est responsable des attaques de panique et autres problèmes d’anxiété dont souffre plus d’une personne sur dix.Pour arriver à cette découverte, les scientifiques du Centre de biologie moléculaire et médicale de Barcelone ont étudié le bagage génétique de familles atteintes de problèmes de panique, d’agoraphobie et autres phobies sociales.Ils ont observé que 90 % des membres de ces familles avaient une anomalie génétique.Qui plus est, cette mutation, dénommée DUP25, était même présente chez des individus non apparentés.Toutefois, elle est rarissime chez les personnes ne souffrant d'aucun problème d’anxiété.D;ms le magazine New Scientist qui rapporte cette decouverte, on apprend que la région contenant la mutation compte plus de 60 gènes dont plusieurs fabriquent des protéines jouant un rôle dans la communication entre les cellules nerveuses.Un deséquilibre dans la production de ces protéines exacerberait la sensibilité du cerveau aux situations stressantes.lz‘s chercheurs soulignent par ailleurs que tous les porteurs de la mutation DUP25 ne souffriront pas obligatoirement de problèmes d’anxiété.En effet, chez les familles affectées, 20 % des personnes portant la mutation ne présentent aucun symptôme d’un trouble d'anxiété.L’environnement jouerait également un rôle important.Les attaques de panique résulteraient d’un alliage de facteurs génétiques et environnementaux.Les porteurs de la mutation seraient prédisposés aux attaques de panique mais un événement stressant serait nécessaire pour déclencher les premiers épisodes.Les individus ayant un parent souffrant de panique sont néanmoins sept fois plus susceptibles de développer la maladie que le reste de la population.Toutefois, entre 50 et 75 % des patients qui consultent pour ce genre de problème n’ont aucune histoire familiale d’anxiété et 8 % auraient abusé de drogues.I^es chercheurs ont également découvert que la mutation DUP25 se métamorphosait d’une génération à l’autre et quelle pouvait aussi varier chez un même individu.Le défi consiste maintenant à déterminer parmi les 60 gènes ceux qui sont spécifiquement liés aux problèmes d'anxiété, ce qui permettra de développer des médicaments qui rectifieront la fonction de ces gènes, notamment en contrebalançant la quantité de protéines qu’ils produisent.Pas de dépistage universel pour le retard intellectuel ISABELLE PARE LE DEVOIR LT Agence d’évaluation des technologies et des ' modes d’intervention en santé (AETMIS) ne recommande pas d’élargir l’accès aux tests diagnostiques du syndrome du X fragile, une maladie génétique héréditaire entraînant un retard mental chez les enfants, en raison des problèmes technologiques et éthiques que risquerait de soulever un dépistage à large échelle dans la population.Dans un quatrième rapport portant sur les tests diagnostiques et prénataux, l’Agence, dont le mandat est d’évaluer la pertinence d’introduire divers technologies dans le système de santé, s’est penchée cette fois sur les tests de dépistage du syndrome du X fragile, une maladie qui est, après le syndrome de Down (mongolisme), la plus fréquente cause de retard mental.Cette maladie, provoquée par une anomalie héréditaire du chromosome X, frappe environ un garçon sur 4000 et une fillette sur 8000.Les adultes porteurs de cette anomalie génétique peuvent ne présenter aucun symptôme mais risquent de transmettre la maladie à leur progéniture, d’où l’intérêt d’un test de dépistage des personnes à risque et des tests de diagnostic prénatal.Mais au moment où plusieurs pays (Israël, Finlande) déploient des projets-pilotes proposant un dépistage universel du X fragile à leur population, l'AET-MIS prône quant à elle la prudence.Selon Ingeborg Blancquaert, chercheuse consultante pour cette agence, «l’état actuel des technologies fait en sorte qu’on ne peut savoir de façon fiable si un fœtus féminin qui porte la prémutation génétique sera ou non atteint de la maladie.Cela pose beaucoup de problèmes pour les couples qui veulent prendre des décisions par rapport à une grossesse».En effet, la maladie s’exprime différemment chez les deux sexes.I.a majorité des garçons atteints du syndrome souffriront d’un retard intellectuel de modéré à sévère, alors que 55 % des filles atteintes n’auront qu’un retard mental de léger à modéré.L’imprécision de l’atteinte intellectuelle chez les filles pose donc un problème éthique de taille.Même si un test de diagnostic prénatal est offert, il demeure impossible de préciser l’ampleur du retard dont souffrira l'enfant, plongeant les parents dans un dilemme moral et éthique.Contrairement à certains pays comme l’Australie, l’Agence ne recommande pas non plus d’élargir les tests diagnostiques du X fragile à tous les enfants qui présentent un retard intellectuel, faute de ressources suffisantes dans le système de santé actuel.L’avis livré cette semaine par l’AETMIS pose d’ailleurs un regard sévère sur les services offerts aux familles, «ü y a des lacunes dans la coordination des services offerts à l’heure actuelle par divers intervenants et cela rejaillit sur les families», peut-on lire.En conséquence, l’Agence propose d’abord de donner un coup de barre pour mieux harmoniser les services aux personnes souffrant de déficience intellectuelle et préconise ensuite l’amélioration des services de diagnostics déjà offerts à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal et au CHLIQ à Québec.«Pour nous, l'important reste d'améliorer le bilan diagnostique chez les enfants, parce que les parents frappent à beaucoup de portes avant de savoir ce qu 'a leur enfant», affirme Mme Blancquaert, précisant que cette maladie n’est souvent diagnostiquée qu à l’âge de quatre ou cinq ans.0 a____h___i_e___c_____s p é c i a Multimédia / et informatique mi septembre 2001 Tombée publicitaire le 14 septembre 2001 Du 3 au 5 octobre Le DEVOIR L K l> K V 0 I K .L K .1 K I I) I H 0 \ O I T 2 (I 0 I A ü: devoir ACTUALITES SHâ» feijpfc'j ; i • v - ' **1 ’V'.?V^A 1 P ?siT,T! :i-r :IML -A* ARCH1VKS u: DKVOIR I-a commission Nicolet invite les promoteurs de ponts et tunnels à lui expliquer leurs projets, ce qui n’est pas sans déplaire à certains.Montréal-Rive-Sud La commission Nicolet est accusée de favoriser les projets du privé Discussion de taverne Jean Dion Conversation philosophique qu'auraient pu avoir deux présocratiques — mettons Parménide et Zenon d’Elée, pour prendre un exemple au hasard — s'ils étaient nés 2500 ans plus tard et avaient fréquenté les Verres stérilisés: — Maître, pourquoi parlez-vous d'un même souffle d’accidents d'avion et de loteries?Je ne vois pas le rapport — D’abord, tous les deux sont dans l'actualité: un héros sauve 300 personnes et des chanceux gagnent 300 trillions de dollars (en équivalent canadien) à une loterie américaine.C’est important, l’actualité, pour se sentir au monde.Et puis, il y a un rapport mathématique.— Mathématique?— De la même façon qu’une personne qui achète un billet de loterie le mardi pour un tirage le samedi a plus de chances de mourir avant le tirage que de gagner le gros lot, un passager d’avion court un beaucoup plus grand risque de perdre la vie dans le char qui le mène à l’aéroport que dans l’avion lui-même.Mais personne ne pense à ce genre de choses.— pourquoi?— A cause des grands nombres.L’humain moderne est fasciné par ce qui est gros.As-tu remarqué que les ventes des loteries augmentent quand les lots atteignent des proportions aussi ridicules qu’un salaire de sportif professionnel?Gagner un ou deux millions, ce n’est quand même pas de la crotte de bique.Mais quand on arrive à 20, ou 100, ou 400 millions, les gens s’excitent, même s’ils n’ont aucune idée de ce qu’ils feraient avec une somme pareille.Certains en ont même peur.Mais il reste que l’idée de 100 000 000 de n’importe quoi est plus séduisante que celle d’une vie, fut-ce la sienne propre.Et puis, la loterie, c’est un rêve, aussi absurde soit-il.Rares sont les personnes qui sont disposées à mettre leur mort en travers d’un rêve.— Et l’avion?— Quand un avion s’écrase, les morts (ou les survivants) se comptent par dizaines.Ça frappe.En char, c’est un par un.C’est banal.Et puis, il y en a tous les jours.Ça devient lassant, à la fin.— Mais si c’est lassant, pourquoi montre-t-on des accidents de chars aux nouvelles tous les jours?— C’est une bonne question.Je ne sais pas tout, tu sais.— Tout comme vous ne savez pas pourquoi, si l’humain moderne est tellement fasciné par les grands nombres, il passe sa vie à se préoccuper de niaiseries alors qu’il devrait contempler un peu plus souvent l’univers monstrueusement gigantesque et se demander ce qu’il fait là, lui si minuscule, et en être béat d’admiration?Ça remettrait ses priorités à leur place, non?— Tu ne trouves pas qu’il fait chaud?Je me prendrais bien une autre bière, moi.Aubergiste! — Dois-je en déduire par ailleurs que l’humain moderne a parfois tendance à poser de drôles de questions?— Tout à fait.Tes un p’tit vite, champion.Et il n’est pas question ici de l’univers.Tiens, ces jours derniers, j’ai vu plein de journalistes demander aux gens s’ils auraient peur de prendre l’avion la prochaine fois, s’ils allaient changer de compagnie aérienne, etc.Mais, l’as-tu remarqué, ils ne demandent jamais aux gens s'ils ont peur de prendre leur char, ou s’ils ont l’intention de changer de char après qu’un char de la même marque que leur char eut eu un accident.Et veux-tu que je te dise, c’est de la mauvaise foi.Tu as vu le pilote-héros?Tu ne te sentirais pas plus à l’aise dans les airs avec un homme au sang-froid pareil et quelques centaines de ses collègues, toi, que dans un char à partager la route avec un million de mongols?Bon, je sais, je parle trop souvent de char, et voilà que ça recommence.Faut que je me calme avant de commettre des gestes irréparables sous l’emprise de la rage du piéton.— Mais pourquoi le char.?— Parce que la tôle est devenue la deuxième peau de l’humain moderne, mon jeune.Le char est intégré à sa personne.Il y en a qui disent que c’est un complot des grandes pétrolières qui a marché.Moi, je dis que c’est plutôt à cause de ce que tu mentionnais: l'humain a arrêté de regarder la complexité de l’univers et il s’est confectionné une machine où il peut se donner l’illusion que c’est lui le boss.— Alors que dans un avion.— Alors que dans un avion, il n’est pas grand-chose.À la merci d’un destin qu’il ne peut pas contrôler.Et ce qui n’aide pas, un pas grand-chose qui doit tenir pendant six-sept heures dans un siège fait sur mesure pour une personne pesant 60 livres, à côté d'un voisin dont l'aisselle fleure bon l’angoisse de l'altitude, et avec pour principales perspectives de plaisir un apéro calculable en millièmes de millilitres, un filet de gobergine au brocoli vapeur et un film de Brad Pitt traduit à Trifouilly-les-Oies et présenté sur un écran situé dans un autre fuseau horaire.Mais je m’égare.— D’ailleurs, pour vous ramener un peu, il n’y avait pas une autre question qui vous turlupinait?— Une autre question, oui.Il y a quelques jours, un incendie a éclaté dans un bar de Montréal et un homme qui vivait dans l’appartement situé au-dessus est mort asphyxié.L'envoyé de la télé a alors procédé à l’essentiel, c’est-à-dire interroger les voisins.Un voisin a dit que c'était un bon gars, pas de problème, bien de sa personne et tout.Donc, a enchaîné l’envoyé, «i7 ne méritait pas de mourir comme ça».Vois-tu, mon jeune, c'est là qu’on est rendu: si tu ne trompes pas ta femme, si tu ne fraudes pas l’impôt et si tu ne mets pas tes doigts dans ton nez en public, tu «ne mérites pas» de mourir.Par contre, si tu n'es pas parfait.Moi, j’ai très hâte qu’on fasse un reportage sur un gars qui ne peUetait pas son escalier l'hiver et qu’un de ses voisins dise: il ne méritait pas de vivre comme ça.— N'est-ce pas là un problème éthique et moral que.— Aubergiste! jdion@ledevoir.com La commission Nicolet tiendra bientôt une séance publique afin de présenter divers projets de transport.Mais attention! Seuls les promoteurs privés ayant en tête la construction d’un pont ou d’un tunnel sont invités.Une décision qui soulève l’ire du Conseil régional de l’environnement.FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR E V O I R .L E J E I' I) I :J 0 A O Ü T 2 0 0 1 A I ?E S A C T D A L11E S • Assaut contre les réfugiés * :¦ UNE VEDETTE transportant un commando d’élite australien s’apprête à prendre d’assaut le Tampa, ce cargo norvégien qui a recueilli dimanche 438 réfugiés afghans en détresse dans l’océan Indien.Au total, une cinquantaine de soldats ont abordé hier après-midi le porte-conteneurs, qui se situe à environ quatre milles nautiques au large de l’ile australienne de Christmas, pour tenter de convaincre le capitaine de regagner les eaux internationales, faisant fi de l indignation de la Norvège, l’Australie persiste à s’opposer par tous les moyens au débarquement des exilés sur son territoire.Les élections complémentaires auront lieu le 1er octobre La lutte s’annonce serrée dans le comté de Vancien ministre Jolivet EN BREF La rupture est officielle : (AFP) — M" Müingo et son éphémère épouse coréen- | : ne, le I> Maria Sung, ont officiellement rompu, hier ; soir à Rome.L’archevêque zambien a annoncé luè ; même 4 son épouse sa volonté de réintégrer pleine-; ment l’Église catholique en rompant son mariage avec ! elle.A la demande expresse de M*’ Milingo, Mme ; Sung a immédiatement mis fin à sa grève de la faim.• Elle a aussi promis de vivre «toute seule pendant toute sa ; vie» et de continuer à soutenir de son mieux celui qu’el-: le continue à considérer comme son époux.En échan- • ge de sa résignation, Mme Sung a reçu un chapelet Le héros sera honoré ; (PC) — Devenu un véritable héros au Québec comme ; à travers le monde, le pilote d’Air Transat, Robert R-; ché, sera honoré par le gouvernement du Québec.M.! Hché a sauvé la vie de quelque 300 personnes en pilo-| tant de nuit son avion en vol plané au-dessus de l’Atlan-; tique jusqu’aux Açores, la semaine dernière.D sera ; reçu à l’Assemblée nationale où il se verra remettre soit ; une médaille de bravoure ou une distinction de haut rang.«Son expient est digne d’une renommée mondiale», a ; déclaré hier le premier ministre Bernard Landry.«Cet homme s’est très bien conduit.Il a indubitablement sauvé des vies avec un sangfnrid et un professionnalisme extraordinaire et le gouvernement national du Québec va reconnaître la chose d’une manière que nous sommes à étudier présentement», a déclaré M.Landry.Le plaisir d’être contribuable.(PC) — Près de deux millions de citoyens démunis recevront des remboursements de taxes totalisant 200 millions.«A compter du 31 août, le ministère du Revenu du Québec fera parvenir près de 200 millions de dollars à titre de crédit pour la TVQ à plus de 1,8 million de contribuables québécois», a annoncé hier le ministre du Revenu, M.Guy julien.Ije crédit pour la TVQ est versé deux fois par année aux personnes dont les revenus sont les plus faibles.D*s prestataires de la sécurité du revenu ont droit au remboursement des taxes de vente qu’ils ont payées, somme qui est ajoutée mensuellement à la prestation de base qu'ils reçoivent du ministère de la Solidarité swiale.Phil Fontaine gagne une présidence 0^) — L’ancien chef de l’Assemblée des premières nations Phil Fontaine dirigera la Commission des revendications des Indiens, a fait savoir hier le premier ministre Jean Chrétien.La nomination entre en vigueur immédiatement.Agé de 56 ans, M.Fontaine avait été défait, en juillet 2000, comme leader national de l’Assemblée des premières nations.On lui reprochait no tamment d’être trop mou avec les libéraux dans la défense des droits des autochtones.Matthew Coon Come lui avait succédé à la tête de l’Assemblée, en promettant de se montrer plus ferme avec Ottawa M.Fontaine remplace les coprésidents par intérim Daniel Bellegar-de et James Prentice, qui demeureront commissaires.En janvier dernier, M.Prentice avait affirmé que la façon dont Ottawa traitait les revendications territoriales menait à l’impasse, que les revendications non traitées s’accumulaient et que le système, sous-financé, ne fonctionnait pas.Le nouveau président recevra entre 675 $ et 8(X) $ par jour.La Commission des revendications des Indiens a été créée à la suite du conflit armé survenu à Oka, au Québec, conflit qui avait opposé les Mohawks aux soldats canadiens et à la police pour un litige d’ordre territorial.Les verts ne sont pas mûrs (Ije Devoir) — D'Parti vert du Québec ne fera pas par-| tie du regroupement de gauche connu sous la bannière ; de l’Union des forces progressistes.C’est cette même I Union qui avait donné du fil à retordre au Parti québécois l’hiver dernier lors des élections complémentaires ; dans la circonscription de Mercier.Le Parti vert, qui ; n’est pas un parti reconnu officiellement, estime que ! l’Union «n ’était pas la meilleure avenue pour mettre en | avant» son projet de société.Selon le chef du Rassem-; blement pour l’alternative progressiste (RAP), Suzanne ; Inchance, l’absence du Parti vert ne change rien à la volonté de la gauche de mettre beaucoup d'énergie dans It's élections complémentaires.«iJur participation était prématurée puisqu'ils n ’avaientpas de plateforme alors qu 'on leur derm ridait de contribuer à la nôtre.Mais la porte demeure ouverte», souligne Mme Lachance.: Pendant ce temps, le chef du Bloc-Pot, Pierre Audette.qui est engagé dans la légalisation du chanvre, se joint au Parti vert.Voter à 16 ans (PC) — Deux adolescentes d’Edmonton ont échoué dans leur tentative de faire abaisser l’àge du droit de vote de 18 à 16 ans.Le juge John Dea, de la Cour du banc de la reine de l'Alberta, en est venu à la conclusion, hier, que la cause ne pouvait être entendue à temps pour les élections municipales et scolaires, prevues le 15 octobre.Mais les deux jeunes filles qui contestent cette disposition de la loi ne s'avouent pas vaincues pour autant.Eryn Fitzgerald, âgée de 15 ans.et Christine Jairamsingh, âgée de 16 ans, jugent que la situation actuelle est hypocrite et entendent bien poursuivre leur combat, malgré l’échec quelles viennent d’essuyer devant la cour.Elles estiment que l'âge légal à partir duquel on peut exercer son droit de vote à l’heure actuelle — soit 18 ans — est anticonstitutionnel, et viole la Charte canadienne des droits et libertés.«Dans une démocratie, le fait de voter nous permet d’avoir notre mot à dire en vue d'influencer le cours des choses — dans le domaine de l’éducation, par exemple», a expliqué Christine Jairamsingh.MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC La population de la circonscription électorale de Laviolette recevra une manne de politiciens d’ici le 1" octobre, date à laquelle auront lieu les élections complémentaires au Québec.Parmi les sièges vacants à l’Assemblée nationale — Laviolette, Blainvil-le, libelle et Jonquière —, c’est dans le fief péquiste de l’ancien ministre Jean-Pierre Jolivet que la lutte s’annonce la plus chaude.Le premier ministre Landry et plusieurs membres de son cabinet comptent donc faire un détour électoral par La Tuque au cours des prochaines semaines.Hier soir, le conseil des ministres a adopté le décret fixant au 1" octobre la date des élections complémentaires.Le premier ministre Bernard Landry et le chef libéral Jean Charest ne lanceront toutefois leur campagne électorale qu’aujourd’hui, lors de conférences de presse déjà prévues à leur horaire respectif.Ces élections complémentaires agiront en véritable baromètre politique à la lumière des efforts que chaque parti semble prêt à investir.M.Landry a déjà répété plusieurs fois qu’il s’attend à conserver les quatre circonscriptions afin de mettre la table d’une fin de mandat tout en douceur et redonner espoir aux troupes en vue des prochaines élections générales.Les libéraux de Jean Charest, qui ont reporté un conseil général afin de se consacrer aux complémentaires, croient toutefois que ce «score parfait» pourrait être terni dans Laviolette, et peut-être même dans Jonquière, en raison du mécontentement des électeurs au sujet des fusions municipales.Quant à MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Hartford, Connecticut — Le Québec n’est pas qu’une nation francophone, c’est aussi une société bilingue, et de plus en plus trilingue.La barrière de la langue n’est donc pas infranchissable, a fait comprendre le premier ministre Bernard Landry aux gens d'affaires américains lors de sa visite au Connecticut, hier.M.I an dry a d’abord abordé la question en point de presse avec le gouverneur de l’Etat du Connecti-cut, John Rowland, au State Capitol, paré pour l’occasion du drapeau du Québec.Il a signalé à son hôte que les reporters québécois présents étaient bilingues.et que certains parlaient espagnol.Plus tard, dans un discours prononcé devant l’Alliance économique régionale de Hartford, et portant sur les avantages d’investir au Québec, le premier ministre Landry a répété quV» plus d’être éduquée, notre main-d’œuvre est la plupart du temps bilingue et même souvent trilingue».Ces déclarations tombaient pile car, selon Michel Coutu, le patron de la chaîne Brooks Pharmacy, qui compte 242 établissements en Nouvelle-Angleterre, les Américains hésitent parfois à investir au Québec, pas à cause du débat sur la souveraineté mais parce qu’ils craignent de ne pas être compris au Québec.Pour eux, le Québec, c’est un peu la France en Amérique.«Ce n’est pas tant la question de la séparation que craignent les Américains, c’est plus souvent la question de la langue.lœs Américains sont des gens qui ne par- l’Action démocratique, elle souhaite jouer les trouble-fête tout en augmentant son pourcentage de voix dans chacune des circonscriptions.Mais les stratèges péquistes estiment que Laviolette représente la plus grande incertitude parmi les quatre sièges appartenant déjà tous au Parti québécois et convoités par les libéraux et les adéquistes.Depuis sa défaite-surprise dans Mercier, le PQ a repensé sa façon de calculer la marge d’erreur de ses sondages internes pour tenir compte notamment du degré d’insatisfaction à l’égard du gouvernement.Les derniers coups de sonde auprès de l’électorat démontrent que le siège de la Haute-Mauricie pourrait échapper au PQ.Première salve La première salve ministérielle électorale a d’ailleurs été tirée hier par le ministre d’Ètat aux Régions, Gilles Baril, en direction de la candidate libérale de Laviolette, Julie Boulet, une pharmacienne d’une trentaine d’années.«La candidate libérale a dit à un animateur de radio cette semaine qu 'elle serait heureuse de se retrouver députée dans l’équipe de Jean Chrétien.Elle est définitivement la messagère du chef Chrétien.On va le faire ressortir», de lancer M.Baril à sa sortie d’un déjeuner de la Chambre de commerce de Sainte-Foy.Le ministre Baril affirme que le développement économique régional représente un enjeu plus important que celui des fusions municipales lors de ces élections complémentaires.Il a parlé hier d’«autres types d'enjeux», sans préciser lesquels, mais en soutenant que son gouvernement présentait un bon pro- lent qu’une seule langue.Ils ont toujours travaillé dans une seule langue.Ils ne savent pas qu ’au Québec, les gens comprennent, parlent et écrivent l’anglais.Le problème était similaire en France, ils y vont maintenant de plus en plus parce qu’ils y sont reçus amicalement et dans leur langue», a déclaré le fils du célèbre pharmacien Jean Coutu.Des initiatives comme le Printemps du Québec à New York sont essentielles à la promotion du bilinguisme des Québécois, estime M.Coutu.Ce sur quoi M.landry est d’accord.«Les Américains n’ont pas toujours une vision très nette des autres pays», a-t-il nuancé en rappelant aux diplomates et aux fonctionnaires en poste aux États-Unis qu’ils avaient précisément pour mission de donner un portrait juste du Québec.C’est d’ailleurs ce que Bernard landry a tenté de faire au cours de sa visite au Connecticut.Devant plus de 350 gens d’affaires d’Hartford, le centre financier et industriel de l’État, il a longuement parlé des avantages fiscaux, de la qualité de la main-d’œuvre et de la forte concentration des industries du savoir et de la biotechnologie établies au Québec.Sans l’éviter, il est toutefois passé vite sur la question nationale.«J'ai dit tout ce qui doit être dit.Ce que je dis à l'étranger, c'est que le Québec forme une nation, que la question n 'est pas réglée et qu'elle devra l’être de façon démocratique.C'est ce qu’on peut dire de plus substantiel à des amis», a-t-il expliqué.M.landry soutient que son voyage au Connecticut portera fruits.Deux «projets d’expansion pour le Québec» dans les domaines de la finance et de la haute technologie sont en préparation, a-t-il dit gramme et de bonnes réalisations aux populations qui voteront le 1" octobre prochain.Dans Laviolette, l’assemblée d’investiture péquiste a finalement opté dimanche pour l’ancien attaché politique du ministre Jolivet, Yves Demers, afin de mener le parti gouvernemental au combat La haute direction du PQ lui aurait cependant préféré l’ancien député conservateur Michel Champagne.Outre la libérale Julie Boulet, on retrouvera également sur les blocs de départ un agent de sécurité, Jean-Pierre Grenier, pour porter les couleurs de l’ADQ.Les fusions Dans Jonquière, les libéraux cultivent l’espoir de profiter de la grogne contre les fusions municipales pour faire élire l’avocate Françoise Gauthier, également ancienne mairesse de Laterrière.Contre une retraitée, Nicole Racine, la candidate du PQ qui tentera de conserver le château fort de l’ancien premier ministre Bouchard, l’ADQ mise, de son côté, sur une chiropraticienne, Michèle Boulianne.Labelle, la circonscription de l’ancien président du Conseil du trésor, Jacques Léonard, sera disputée par trois candidats masculins: un commerçant péquiste, Sylvain Pagé, un homme d’affaires libéral, Jean-Pierre Miljours, et un ébéniste adéquiste, Sébastien Jacques.Enfin, le PQ ne semble pas craindre une défaite-surprise dans Blaiville.Le ministre délégué au Tourisme, au Loisir et au Sport, Richard Legendre, fera face à l’ancienne attachée politique du député libéral Thomas Mulcair, Jocelyne Roch, et au candidat de l’ADQ, Michel Paulette.Le Québec décorera Bernard Pivot ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Bernard Pivot, cet ami du Québec, comme on l’a qualifié à maintes reprises, recevra des mains du premier ministre Bernard Landry l’Ordre natio-nal du Québec à Paris à la fin d’octobre.A son retour du Sommet de la Francophonie, qui se déroule à Beyrouth du 26 au 28 octobre, Bernard Landry s’arrêtera dans la capitale française où il décernera le titre d’officier de l’Ordre national du Québec au célèbre animateur et créateur des émissions Apostrophes et Bouillon de culture.Le premier ministre sera accompagné de la ministre d’État aux Relations internationales, Louise Beaudoin.En accueillant des écrivains québécois sur le plateau de ses émissions, Bernard Pivot, aujourd'hui âgé de 66 ans, a beaucoup fait pour la littérature qué bécoise en France.Son émission Bouillon de culture, dont la 407' et dernière mouture fut diffusée au début de juillet, attirait un million d'auditeurs semaine après semaine, une cote d’écoute considérable pour un magazine culturel essentiellement littéraire.Fin vingt ans, des écrivains comme Anne Hébert, Gaston Miron, Jacques Godbout, Michel Tremblay, Yves Beauchemin.Robert Lalonde et Dany Lafer-rière ont défilé devant Bernard Pivot, qui n’a pas manqué de vanter l’inventivité de la langue québécoise.«Il n’y a pas une mais des langues françaises», a-t-il déjà dit.L’Ordre national du Québec a été décerné à plusieurs personnalités françaises issues pour la plupart du miliei^politique.dont Jacques Chirac, üonel Jospin.Laurent Fabius, Philippe Séguin et Michel Rocard.En visite au Connecticut Le Québec est bilingue, dit Landry aux Américains GSSILOR www.»s»ilor.M présente : : » c-f/DQ V,\V'V Québec "h 3»=i*o H Québec SS L’avenir appartient aux lecteurs ?n^,ioi«es.o.g .^ ï W I T [ X CHAMMt D€ COMMERCE OUQU,KC SAO m Ma'ip« Pointe Merry 1, 2, 3, 8 et 9 septembre de 10H30à19h30 Accès êfatuit En collaboration avec : le Devoir CKAC730 i ELECTION DU DIMANCHE, 4 NOVEMBRE 2001 • NOUVELLE VILLE DE MONTREAL Je vote ! AVIS PUBLIC D’ELECTION Avis est donné aux électeurs de la nouvelle Ville de Montréal que : 1.Le poste de maire de la nouvelle Ville de Montréal, les 73 postes de conseiller de la ville et les 31 postes de conseiller d'arrondissement dans les arrondissements et districts électoraux ci-dessous sont ouverts aux candidatures.2.Les formulaires de déclaration de candidature au poste de maire seront disponibles au bureau du président d’élection, Tour de la Bourse, 800 place Victoria, bureau 1800.Montréal, (514) 864-0874, à compter du 4 septembre 2001, de 9 h à 16 h 30, et ce.du lundi au vendredi.Toute déclaration de candidature au poste de maire devra être produite au bureau du président d’élection, à l’adresse précitée, entre le 4 septembre et le 12 octobre 2001, à 16 h 30.Les formulaires de déclaration de candidature aux postes de conseiller de la ville et aux postes de conseiller d’arrondissement seront disponibles aux bureaux des adjoints au président d'élection dans les arrondissements, aux adresses ci-dessous, à compter du 4 septembre 2001.de 9 h à 16 h 30.et ce, du lundi au vendredi Toute declaration de candidature au poste de conseiller de la ville et au poste de conseiller d’arrondissement devra être produite au bureau de l’adjoint au président d’élection de l’arrondissement dans lequel le candidat désire poser sa candidature, à l’adresse ci-dessous, entre le 21 septembre 2001 et le 12 octobre 2001, à 16 h 30 3.Si plus d’un candidat pose sa candidature à un même poste, un scrutin sera tenu le dimanche, 4 novembre 2001, de 9 h à 19 h, et un vote par anticipation sera tenu le dimanche.28 octobre 2001, de midi à 20 h, pour élire un candidat 4.L’addition des votes donnés les 28 octobre et 4 novembre 2001 sera effectuée au moyen d'une compilation électronique.5.J’ai nommé Susan McKercher, secrétaire d'élection, Lucie Laforce, adjointe principale-Services professionnels, Jean Massé, adjoint principal-Services administratifs, et les personnes ci-dessous, adjoints au président d’élection dans les arrondissements suivants : ARRONDISSEMENT L’ÎLE-BIZARD/ SAINTE-GENEVIÈVE/ SAINTE-ANNE-DE-BELLEVUE un poste de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Jacques-Bizard - l’Anse-à-l’Orme ADJOINTE: PARENT, Sylvie 350, montée de l’Église L’Ile-Bizard (514) 696-3084 ARRONDISSEMENT PIERREFONDS/SEMNEVILLE deux postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement ADJOINTE: CORBEIL, Suzanne 13665, boulevard de Pierrefonds Pierrefonds (514) 620-1934 ARRONDISSEMENT KIRKLAND un poste de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Brunswick - Côte-Sainte-Marie ADJOINTE: LABROSSE, Lise 17200, boulevard Hymus Kirkland (514)693-1920 ARRONDISSEMENT BEAC0NSFIELD/ BAIE-D'URFÉ un poste de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Beaurepaire - James-Morgan ADJOINTE: LEGAULT, Johanne 303, boulevard Beaconsfield Beaconsfield (514) 693-2005 ARRONDISSEMENT POINTE-CLAIRE un poste de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Donegani - Valois ADJOINT: JACOB, Jean-Denis 451, boulevard Saint-Jean Pointe-Claire (514) 630-4141 ARRONDISSEMENT DOLLARD-DES-ORMEAUX/ R0XB0R0 deux postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement ADJOINTE: RUEST, Danielle 12001, boulevard De Salaberry Dollard-des-Ormeaux (514) 685-2077 ARRONDISSEMENT DORVAL/L’ÎLE-DORVAL un poste de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Strathmore - Désiré-Girouard ADJOINTE: VINET, Louise 60, avenue Martin Dorval ADJOINTE : BARON-LAFRENIERE, Edith 777, boulevard Marcel-Laurin Saint-Laurent (514) 748-0532 ARRONDISSEMENT AHUNTSIC/CARTIERVILLE un poste de conseiller de la ville dans les districts suivants : - Cartierville - L’Acadie - Ahuntsic - Saint-Sulpice - Sault-au-Récollet ADJOINT : ROSATO, Pierre 5995, boulevard Gouin Ouest, bureau 302 Montréal (514) 336-0425 ARRONDISSEMENT MONTRÉAL-NORD trois postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Marie-Clarac - Ovide-Clermont ADJOINT : BOLDUC, Daniel 4241, place Hôtel-de-Ville Montréal-Nord (514) 328-5580 ARRONDISSEMENT RIVIÈRE-DES-PRAIRIES/ POINTE-AUX-TREMBLES/MONTRÉAL-EST un poste de conseiller de la ville dans les districts suivants : - Marc-Aurèle-Fortin - Rivière-des-Prairies - Bout-de-l’île - Pointe-aux-Trembles ADJOINT : CLOUTIER.Raoul 12125, rue Notre-Dame Est, bureau 109 Montréal (514) 645-1605 ARRONDISSEMENT ANJOU deux postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement ADJOINT : LARIVÉE, Georges 7811, boulevard Roi-René Anjou (514) 352-5509 ARRONDISSEMENT SAINT-LÉONARD trois postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Grande-Prairie - Port-Maurice ADJOINTE : BARBEAU.Dany 8400, boulevard Lacordaire ARRONDISSEMENT MONT-ROYAL un poste de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Rockland - Frederick-G.-Todd ADJOINTE : TURENNE.Marie 90, avenue Roosevelt Mont-Royal (514) 733-7447 Saint-Léonard (514) 325-1881 (514) 636-4774 ARRONDISSEMENT SAINT-LAURENT trois postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts suivants : - Côte-de-Liesse - Norman-McLaren ARRONDISSEMENT VILLERAY/ SAINT-MICHEL/PARC-EXTENSION un poste de conseiller de la ville dans les districts suivants : - Jean-Rivard - Saint-Michel • Villeray - Jarry - Parc-Extension ADJOINT : MARCHAND, Claude 3701, rue Villeray Montréal (514)723-4576 ARRONDISSEMENT OUTREMONT un poste de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : -Jeanne-Sauvé - Joseph-Beaubien ADJOINT : VERDY.Alexandre 543, chemin Côte-Sainte-Catherine Outremont (514)495-7117 ARRONDISSEMENT CÔTE-DES-NEIGES/ NOTRE-DAME-DE-GRÂCE un poste de conseiller de la ville dans les districts suivants : - Darlington - Côte-des-Neiges - Snowdon - Décarie - Notre-Dame-de-Grâce - Loyola ADJOINTE : VERMETTE, Lynda 5720, avenue Decelles Montréal (514) 343-3498 ARRONDISSEMENT C0TE-SAINT-LUC/ HAMPSTEAD/MONTREAL-OUEST deux postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement ADJOINTE : MASTROMONACO, Georgina 50, avenue Westminster Sud Montréal-Ouest (514) 483-1771 ARRONDISSEMENT LACHINE deux postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement ADJOINTE: AUBIN, Sylvie 1800, boulevard Saint-Joseph Lachine (514)634-6195 ARRONDISSEMENT LASALLE trois postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Sault-Saint-Louis - Cecil-P.-Newman ADJOINTE : BISSONNETTE, Marie-France 55, avenue Dupras LaSalle (514)363-5751 ARRONDISSEMENT VERDUN trois postes de conseiller de la ville un poste de conseiller d’arrondissement dans les districts suivants : - Desmarchais-Crawford - Champlain ADJOINTE : HÉBERT, Louise 4555, rue de Verdun Verdun (514)761-1636 ARRONDISSEMENT SUD-OUEST un poste de conseiller de la ville dans les districts suivants : - Émard - Louis-Cyr - Pointe-Saint-Charles ADJOINTE : MICHAUD.Lucille 75, square Sir-George-Étienne-Cartier, bureau 108 Montréal (514) 937-9144 ARRONDISSEMENT WESTMOUNT un poste de conseiller de la ville un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts suivants : - W.-D.-Lighthall - Côte-Saint-Antoine ADJOINTE : PAQUET, Marie-France 4333, rue Sherbrooke Ouest Westmount (514) 932-7746 ARRONDISSEMENT VILLE-MARIE un poste de conseiller de la ville dans les districts suivants : - Peter-McGill - Saint-Jacques - Sainte-Marie ADJOINTE : PAQUIN-PELLERIN, Suzanne 2348, rue Hochelaga Montréal (514) 526-8654 ARRONDISSEMENT PLATEAU-MONT-ROYAL un poste de conseiller de la ville dans les districts suivants : - Plateau-Mont-Royal - Jeanne-Mance - Mile End - Laurier ADJOINT : BÉLEC.Michel 2250, avenue du Mont-Royal Est Montréal (514) 529-6660 ARRONDISSEMENT ROSEMONT/PETITE-PATRIE un poste de conseiller de la ville dans les districts suivants : - Saint-Édouard - Louis-Hébert - Étienne-Desmarteau - Vieux-Rosemont - Marie-Victorin ADJOINT : BOUCHER, Raymond 2587A, rue Masson Montréal (514) 728-7937 ARRONDISSEMENT MERCIER/ HOCHELAGA-MAISONNEUVE un poste de conseiller de la ville dans les districts suivants : - Hochelaga - Maisonneuve - Louis-Riel - Longue-Pointe - Tétreaultville ADJOINT : LÉTOURNEAU, Gratien 6283, rue Beaubien Est Montréal (514) 252-5485 Pour de plus amples renseignements sur le scrutin, veuillez communiquer avec l’adjoint au président d’élection dans l’arrondissement à l'adresse et au numéro de téléphone ci-dessus.Aux propriétaires uniques d’un immeuble, aux occupants uniques d’un établissement d’entreprise, aux copropriétaires indivis d’un immeuble et aux cooccupants d’un établissement d’entreprise Avis est donné aux propriétaires uniques d’un immeuble et aux occupants uniques d’un établissement d’entreprise qui n'ont pas déjà le droit d'être inscrits sur la liste électorale comme personne domiciliée, que les conditions ci-dessous doivent être remplies pour être inscrits sur la liste électorale municipale : 1.le 1" septembre 2001, être une personne physique, majeure, de citoyenneté canadienne, ne pas être en curatelle, ni déclarée coupable d’une infraction constituant une manœuvre électorale frauduleuse ; 2.le 1r septembre 2001, être propriétaire unique d’un immeuble ou occupant unique d'un établissement d’entreprise situé sur le territoire de la nouvelle Ville de Montréal depuis au moins 12 mois ; 3.avoir transmis au président d’élection, à l’adresse indiquée ci-dessous, une demande d'inscription à la liste électorale municipale au plus tard le 30 septembre 2001.Avis est également donné aux copropriétaires indivis d’un immeuble et aux cooccupants d’un établissement d'entreprise qui n'ont pas déjà le droit d’être inscrits sur la liste électorale comme personne domiciliée, comme propriétaire unique d'un immeuble ou comme occupant unique d’un établissement d’entreprise, que les conditions indiquées ci-dessous doivent être remplies pour être inscrits sur la liste électorale municipale : 1.le l" septembre 2001, être une personne physique, majeure, de citoyenneté canadienne, ne pas être en curatelle, ni déclarée coupable d'une infraction constituant une manœuvre électorale frauduleuse ; 2.le 1" septembre 2001, être copropriétaire indivis d’un immeuble ou cooccupant d’un établissement d’entreprise situé sur le territoire de la nouvelle Ville de Montréal depuis au moins 12 mois ; 3.avoir été désigné au moyen d'une procuration signée par la majorité des copropriétaires ou cooccupants qui sont électeurs le 1" septembre 2001 ; 4.avoir transmis une procuration au président d’élection à l’adresse indiquée ci-dessous au plus tard le 30 septembre 2001.La demande d’inscription ou la procuration transmise après le 30 septembre 2001, mais avant la fin des travaux de la commission de révision, est considérée comme une demande de modification à la liste électorale qui sera transmise à la commission de révision.Vous pouvez vous procurer un formulaire d’inscription ou de procuration au bureau du président d'élection ou sur le site Internet à l’adresse ci-dessous, à compter du 4 septembre 2001.Les demandes d’inscription et les procurations prendront effet lors de leur réception et demeureront valides tant qu elles ne seront pas retirées ou remplacées.Pour toute information supplémentaire, veuillez communiquer avec le bureau du président d’élection : Bureau du président d’élection Tour de la Bourse 800, place Victoria, bureau 1800 C.P.302 Montréal (Qc) H4Z1G8 (514) 864-0897 Montréal, le 30 août 2001 Le président d’élection, Léon Laberge r (514) 864-1065 • www.transitionmontreal.org/election élection MONTRÉAL 4 NOVEMBRE 2001 ¦ 44404^ L K I) K V O I H .L K .1 K I’ I) ! :î « A OIT 2 O 0 I ÉDITORIAL Prière pour le mont Royal Im Congrégation de Sainte-Croix envisage un réaménagement majeur du site de l’oratoire Saint-Joseph.Les transformations, évaluées à 40 millions de dollars, relancent le débat sur l’avenir du mont Royal, dont la couronne est l’objet de toutes les convoitises.Il faut agir pour préserver notre patrimoine.1 ne se passe* pas un mois sans qu’un promoteur |SÉ|| jtËÈB immobilier lasse connaître ses ambitieux rêves WÊÊÊ jHH de développement autour du mont Royal.La [HH i oiijoncture esi tavorable a de tels assauts par HflH HH i e r|ue, d'une part, de nombreuses conqreqa' HHj HH lion - religieuses, UK apables désormais d'assu-HHj HHj n-r l'enua tien de leurs magnifiques edifices jHH HH > einiurant la montagne, ont opte pour la vente, y et, d'autre part, parce que l'ouverture du Centre universitaire de santé McGill entraînera des changements de vocation pour l’hôpital Royal Victoria et l’Hôpital général de Montréal.Des projets de condos de luxe ont déjà été envisagés pour le premier et on attend toujours la publication du rapport sur les audiences tenues en février sur l’avenir de cet établissement.Mais, en fait, le gouvernement évalue à plus d’une vingtaine le nombre de dossiers «problématiques» de construction ou de rénovation touchant le mont Royal ou sa ceinture.Il fut un temps où le gouvernement se désintéressait complètement du sort du mont Royal.Devant les pressions grandissantes des organismes de protection du patrimoine, à qui les citoyens, aujourd’hui eux-mêmes mobilisés, doivent beaucoup, Québec ne peut plus rester insensible.Par exemple, il y a dix mois, l’ex-ministre de la Culture, Agnès Maltais, mettait le poing sur la table en opposant son veto au projet de la société Canderel de construire une tour de condos sur l’îlot Trafalgar-Gleneagles, situé sur le chemin de la Côte-des-Neiges.Il était minuit moins cinq et l’intervention de Québec s’imposait, devant l’inertie du maire Pierre Bourque, qui avait fermé les yeux sur les avis défavorables des experts de ses propres services.Il va de soi, cependant, que de telles interventions, à la pièce, ne peuvent tenir lieu de politique.Le patrimoine architectural et naturel de Montréal mérite mieux.La ministre de la Culture, Diane Lemieux, est vendue à l’idée d'un plan visant à protéger le mont Royal et sa couronne mais elle estime qu’il vaut mieux laisser passer l’élection municipale de novembre prochain avant de faire connaître ses intentions.Pille se trompe.Plusieurs facteurs militent au contraire en faveur d’un engagement public rapide.On l’a dit, l’effervescence immobilière sur de nombreux flancs de la montagne est réelle et les autorités municipales seraient mieux éclairées si elles avaient des directives claires de Québec en matière de protection du patrimoine naturel et paysager.Sinon, il ne faudra pas se surprendre si le régime de transition préélectoral actuel prend l’allure d’une course aux permis pour les promoteurs.Québec aurait tout avantage à clarifier les règles du jeu maintenant, de manière à ce que la future ville sache dès le départ à quoi s’en tenir.Mais, d’abord, le gouvernement pourrait rendre public le nouveau cadre d'aménagement urbain pour la région métropolitaine que son conseil des ministres a adopté cet été.Pourquoi attendre?Il serait logique, au contraire, d’entendre les candidats sur cette question.Quant à la charte de la nouvelle ville que l’Assemblée nationale adoptera sous peu, il faut souhaiter qu’elle fasse état de la nécessité de protéger le mont Royal.Le leadership de Québec est d'autant plus indispendable que les autorités municipales ne seront pas portées à décrier des projets qui leur apporteront beaucoup de dollars en taxes.Et c’est compréhensible.Le dernier projet dévoilé cette semaine par Le Devoir illustre parfaitement le danger auquel est exposé le mont Royal.Les religieux de Sainte-Croix, qui gèrent le plus important sanctuaire au monde dédié à Saint-Joseph, promettent certes d’accroître le nombre d’arbres et d’espaces verts mais ces intentions cèdent bien vite la place à des idées autrement plus «théâtrales», comme la construction d’un funiculaire et d’un escalier mécanique, le déménagement de la chapelle du frère André désormais placée sous une cloche de verre et la destruction de l’auberge située en aval de l’oratoire.Au delà du souci légitime de faciliter la visite de l’oratoire aux personnes âgées et handicapées, la transformation du site en complexe touristique ne correspond à notre avis ni à la préservation du site patrimonial du mont Royal ni à la destination spirituelle qu’est censé être l'oratoire, la Congrégation de Sainte-Croix ne se serait peut-être pas égarée sur de tels chemins si Québec avait déjà donné le ton.Pau le des Rivières ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE ni me w Pas Æu‘ii»5 o4 UN A\/l0N j SilfNCiÊU* * c’«r un j (< rVfprJV vXK/VA/V (rhWfre a«>i-00A* îbWS uuf CoüR PfctS î>£ pfîpvAL.Conscientisation contre le gaspillage Cette situation est bien triste et j’espère que cet article sera lu par un très grand nombre de personnes dans les endroits où l’on coupe de beaux grands arbres de bois dur sans se souder d’utiliser le tronc pour faire des planches d’ébénisterie.J'ai déjà vu des gens faire abattre un chêne de plus de deux pieds de diamètre, comprenant une vingtaine de pieds droits sans branche, pour ensuite le convertir en bois de foyer sans autre forme de réflexion.J'ai déjà vu quelques beaux et énormes érables d’une ancienne érablière, dont une grande partie pouvait servir à faire de beaux meubles, mais ce bois noble a servi à augmenter les émissions de GES et à produire un dernier spectacle dans un âtre du Québec.Alors, tant que ceux qui décident ou coupent de beaux arbres de bois noble ne seront pas conscientisés à ce déficit et n’auront pas le réflexe naturel de garder les troncs et les beaux morceaux droits et sains pour l’ébénisterie, les Québécois devront se procurer ailleurs les ressources qu’ils ont gaspillées ici.C’est dans le même esprit que de gaspiller nos belles rivières vierges pour faire de petits barrages hydroélectriques dont les Québécois n’ont aucun besoin est un manque de vision.C’est dans le même esprit quy d’exporter des lingots d’aluminium vers les Etats-Unis au lieu de les transformer ici.C’est exporter des emplois et de l’eau sous forme d’énergie; les clients états-uniens étant assurés de bas coûts pour l’énergie et les matières premières, ils n’ont aucun incitatif à investir dans des usines québécoises de transformation.Par contre, ils font du protectionnisme en LETTRES -*¦—— chargeant des droits d’importation sur le bois d'oeuvre parce que, dans ce secteur, ils ne veulent pas concurrencer.Cela vaudrait la peine de les rationner en électricité et en aluminium un certain temps; ensuite, peut-être que certains profiteraient moins de notre gentillesse.J.-Paul Thivierge Saint-Bruno, août 2001 Des talibans (hydro-)québécois ?Tôt ce printemps, le monde s’est ému — à juste titre — de la barbarie du gouvernement des talibans, qui a détruit les bouddhas géants de l’Afghanistan.Au nom d’un dieu — Allah, qui s’y oppose sûrement — et d’un projet politique à courte vue, des insensés ont dilapidé une part du patrimoine mondial dont ils avaient la responsabilité.Ils n’en étaient pas à leurs premiers méfaits puisque leur peuple goûte à la même médecine dans l’indifférence générale.Loin de moi l’idée de comparer le gouvernement québécois et Hydro-Québec au gouvernement afghan et aux talibans.Ces derniers ont atteint un sommet d'ignominie inaccessible aux premiers, spécialement en matière de droits humains.Toutefois, je suis troublé de retrouver aux deux endroits — Québec et Kaboul — une attitude comparable envers le patrimoine de l’humanité.Le projet de petites centrales sur les rivières a la même qualité que le dynamitage des bouddhas: au nom d’un dieu - l’argent, qui n’en pense rien - et d’un projet politique à courte vue, des insensés souhaitent dilapider une part du patrimoine mondial dont ils ont la responsabilité.Ils n’en seraient pas à leurs premiers méfaits.Plusieurs ont étudié la pertinence de ces barrages et largement démontré leur inutilité.A ce sujet, le plaidoyer pour des rivières fibres, dévoilé fin juin par une coalition de groupes écologistes et sportifs, est éloquent, fl semble enfin ébranler la belle détermination de notre gouvernement Je fréquente et j’aime les rivières du Québec.J’y ai souvent guidé mes amis — québécois et étrangers — et tous ont découvert un authentique trésor.Je veux, avant qu’il ne soit trop tard, ajouter ma goutte d’eau au débat en espérant qu’elle rejoindra la mer par une rivière.libre! Réal Tremblay Août 2001 Le ministre Legault me fait rire Malheureusement le rire est jaune et il ne provoque pas la joie mais le malaise.Le ministre Legault veut apprendre à nos enfants à pouvoir calculer, quand ils sont au dépanneur, la monnaie qui leur revient Pôvre ministre! Ma mère me l’a montré quand j’étais enfant sans que le ministre de l’époque ait eu besoin de faire une réforme de l’éducation pour cela.La contrainte économique est suffisante dans ce cas, et les enfants qui n’écoutent pas toujours en classe comprennent souvent cette lo-gique-là bien avant les autres.Pourtant, cet exemple illustre bien d’où vient le ministre, pas d’un milieu où l’éducation a pour objectif de former des citoyens responsables mais d’un milieu où l’éducation a pour objectif de former de bons consommateurs.Encore une fois, la logique économique l’emporte sur tout le reste, ce qui ne me fait pas rire du tout! Claire Campeau Montréal, 23 août 2001 LIBRE OPINION ' -?- Elections présidentielles françaises : Jospin saura-t-il profiter de l’héritage Mitterrand?DOMINIQUE LEBEL Directeur conseil stratégique chez Optimum, relations publiques, l'auteur a été directeur de cabinet du ministre délégué à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse et conseiller spécial du ministre d'Etat aux Régions et ministre de l'industrie et du Commerce du Québec Décrier les années Mitterrand est une chose banale dans l’Hexagone.A en croire un bon nombre de Français, il n’y a rien à retenir des deux septennats de l’ancien président (1981-1995).En fait, un seul de ses heritages semble aujourd'hui faire consensus.et c’est la pyramide du 1 .ouvre! On est loin de l'avènement d'un monde nouveau.En rendant l'alternance possible pour la première fois depuis 1958, François Mitterrand a cependant «changé la vie» plus qu’on ne pourrait le croire, à tel point qu’à huit mois des élections de mai 2(X)2, Lionel Jospin peut véritablement espérer devenir président.Après avoir combattu de toutes ses foires la V République, Mitterrand l'a donc légitimée fortement en ouvrant les portes de l’Élysée à la gauche.Ce n’est pas rien.«Car la droite se pense légitime comme la noblesse d'avant 1789°.soulignera, irrévérencieux, l’auteur Jean-Paul Aron.«Depuis 150 ans.écrit-il en 1984.elle tient les rênes que ni les barricades de 1848, ni la Commune de Paris, ni le Front populaire ne lui arrachent pour de bon.» In victoire de la gauche, c'est là sûrement le plus important héritage de Mitterrand.1rs conditions qui ont mené Mitterrand à la présidence sont multiples: l'entêtement d’un homme; la capacité de rallier les forces progressistes au sein de ce qu’on a appelé «l’union de la gauche»; la division de la droite.Une erreur historique, diront certains.D'autres, au contraire, soutiendront que l'élection de 1981 représente l’aboutissement d’une longue marche au résultat inéluctable.Une chose est certaine: le programme commun qui a servi de plate-forme électorale à François Mitterrand était confus et utopique, à mille lieues de ce que présentera Jospin en début d’année 2002 lorsqu'il rendra officielle sa candidature à la présidence.Il aura fallu l'échec lamentable de la politique économique inspirée du programme commun pour que la gauche au pouvoir adopte une politique de centre gauche.Mais en perdant beaucoup de son caractère utopique, la gauche a perdu aussi un peu de son âme.Lorsque la vraie course à la présidence se mettra en branle, on sera donc bien loin du duel Mitterrand-Giscard qui renvoyait dos à dos deux Frances.«En installant la gauche au pouvoir, Mitterrand l’a amenée à rompre, non pas avec le capitalisme, mais avec son passé.Il l’a réconciliée, pour la première fois de son histoire, avec l’économie, le marché, la défense et les institutions», a d’ailleurs écrit Franz-Olivier Giesbert dans sa biographie de l’ancien président la gauche socialiste s’est donc beaucoup assagie depuis que Mitterrand a marché jusqu’au Panthéon, une rose à la main, avec la hardiesse d'un Louis-Philippe.Sept ans après Mitterrand, les Français semblent donc enclins à appuyer de nouveau un président de gauche comme le montrent les sondages qui sont au beau fixe depuis des mois.Il est vrai que la gauche, s'est très bien tirée jusqu'à maintenant de la cohabitation qui avait pourtant été fatale à Jacques Chirac en 1988.Certes, la gauche socialiste ne rêve plus de la création d’une nouvelle société.Les thèmes forts de la campagne de 1981 — nationalisation et instauration de nouvelles politiques publiques — appartiennent à un autre temps.Mais la cohabitation a tout de même permis à Jospin d’imprimer la France de mesures fortes, telle la loi sur les 35 heures.On se rappellera qu’en pareilles cir- constances, entre 1993 et 1995, la droite n’avait pas réussi à faire sa marque autrement que par le style princier de son premier ministre du temps, Édouard Balladur.Déjà, quelques thèmes émergent du paysage français à quelque huit mois du premier tour de la présidentielle, comme la question de la sécurité, par exemple.Il est vrai qu’au premier trimestre de 2001, les chiffres de la délinquance juvénile ont augmenté de 10 %, d’où l’instauration de couvre-feux pour les adolescents dans certaines villes.Bien entendu, les maires de droite et de gauche n'ont pas la même approche pour combattre ce type de difficulté.Il n'en demeure pas moins qu’il s'agira d'un dossier d'importance et que la gauche n’a pas été géniale jusqu'à maintenant pour apaiser les craintes.de la population.La France a d’ailleurs supplanté les Etats-Unis au chapitre de la criminalité avec un taux de 4244 crimes par 100 000 habitants, comparativement à 4135.Les problèmes économiques que commence à ressentir l'Europe sont également objet d’inquiétudes.L'attitude plutôt désinvolte de Laurent Fabius, le ministre de l'Economie et des Finances, ne rassure pas beaucoup, il est vrai.Le gouvernement semble vouloir faire la preuve «qu’il n'est pas de problème politique qu une absence de solution ne puisse résoudre», écrira ironiquement Jacques Attali dans L'Express.La question de l’Europe, toujours présente dans les scrutins français, pourrait aussi réapparaître.En mai 2002, on sera alors en territoire euro.Aucun enjeu n'apparaissant encore très clairement, les candidats ont donc le champ fibre pour camper leur position.Rien n'est joué.De nombreux pièges peuvent encore se profiler pour Lionel Jospin d'ici 2002 et il faut regarder davantage vers la gauche que vers la droite pour les apercevoir.L’habileté de Mitterrand avait permis, non sans peine, d'attirer auprès de lui les communistes et les écologistes.Il semble bien que l'exploit sera plus difficile à renouveler.Il y a quelques semaines, les verts se désignaient des candidats plutôt hostiles aux politiques du premier ministre Jospin.les communistes se montrent également très critiques à l’égard du gouvernement et leur appui réel sur le terrain au deuxième tour est encore incertain.Mais Chirac aussi a ses difficultés internes.Il n'a pas été le président gaullien que souhaitait son parti, le RPR, ni le ras-sembleur espéré par l'UDF et Démocratie libérale, ses alliés naturels.Chirac n’a pas réussi non plus à imposer un style à sa présidence.Il n'a pas su, en outre, prendre sa place sur la scène internationale ni incarner, avec son vis-à-vis allemand, de nouveaux espoirs pour l’Europe.Le climat politique aussi est incertain.De nombreux scandales discréditent actuellement toute la classe politique française, à commencer par le président Chirac.Mais plusieurs personnalités de gauche se retrouvent aussi dans de beaux draps.Bien malin qui peut prédire les impacts de telles révélations sur l'opinion publique de droite comme de gauche.Pour le moment, toutefois, c'est le président qui est sur la sellette.Quoi qu'il en soit un peu à l'image de la politique américaine, une donnée électorale demeure immuable en France: droite et gauche représentent chacune 48 % des suffrages, un marais de 4 % arbitrant les scrutins.Jacques Chirac a été le premier ministre de Mitterrand entre 1986 et 1988.Quatorze ans plus tard, sera-t-il en mesure de mater le premier ministre Jospin comme il a été lui-même mis hors combat par Mitterrand?Lionel Jospin saura-t-il rallier les forces de gauche et s'imposer à la France face à Chirac en profitant pleinement de la brèche créée par Mitterrand?Les prochains mois nous le diront.i LE DEVOIR, L E .1 E I D I :» O A O I T 2 (MM IDÉES Le rapport fournit quelques propositions heureuses La commission Larose laisse entiers les problèmes de fond JACQUES NADEAU l.K DEVOIR I,a proposition la plus retentissante du rapport: l’institution d'une «citoyenneté québécoise», irréaliste dans le contexte politique et juridique actuel, ressemble plus à une fuite en avant qu'i\ une initiative vigoureuse et efficace pour conforter la langue française chez nous.JEAN-MARC LÉGER Journaliste 1 est bien connu qu’on ne fait pas de bonne littérature avec les seuls bons sentiments: nous savons désormais que les bonnes intentions ne suffisent pas pour qu’une commission d'enquête produise un rapport vigoureux et rigoureux, pénétrant et percutant, surtout lorsque l’objet de ses travaux est complexe, culturellement et socialement sensible, politiquement délicat Tour à tour généreux et timoré dans l’approche et le ton, juste, voire excellent dans plusieurs recommandations, le rapport de la Commission des états généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec laisse malheureusement entiers des problèmes de fond.On y recherche vainement l’axe central d’une politique linguistique cohérente, audacieuse, globale, à la mesure des périls et du sentiment d’urgence que ceux-ci devraient inspirer.Les orientations et les recommandations du rapport représentent plus un essai de mise à jour, d’enrichissement, de «toilettage» de la Charte de la langue française qu’un nouvel élan aux fins d’une politique ambitieuse et exigeante, comme l’appellent notre situation et l’évolution prévisible de notre société au début du XXI' siècle.En dépit de constatations justes mais banales et de recommandations heureuses dans certains domaines (qualité de la langue dans l’enseignement et dans l’affichage, francisation dans les milieux de travail) mais relativement timides, le rapport est plus révélateur par ses lacunes et ses silences que par son contenu à propos d’aspects fondamentaux de la présence et de l’usage du français.Par ailleurs, sa proposition la plus retentissante, dont les médias ont fait leurs choux gras: l’institution d’une «citoyenneté québécoise!», irréaliste dans le contexte politique et juridique actuel (le Canada n’est pas la Suisse), ressemble plus à une fuite en avant qu’à une initiative vigoureuse et efficace pour conforter la langue française chez nous.D’autre part, le souci légitime de «la paix civile» (comme si elle état menacée) a conduit la Commission à célébrer l’approche et les formules dites de persuasion, d’incitation, de démonstration — dont une longue expérience nous a pourtant enseigné la vanité et l’illusion — et à donner dans un certain vocabulaire à la mode, avec la «convivialité», l’attitude «citoyenne», la société «plurielle», y compris de discutables néologismes («partenariale», «proactif») et naturellement l’inévitable «inclusif», qui fleure bon le politiquement correct.Donnons acte à la Commission de ce qu’elle a voulu faire le pari de la générosité, non sans quelque naïveté.Il ne saurait y avoir de paix civile, et d’abord de paix linguistique (à moins de la confondre avec la paix des cimetières) par la mise entre parenthèses des problèmes fondamentaux, par le recours intensif à la forme contemporaine du célèbre baiser La-mourette que serait la formule incantatoire de «l’inclusion», porteuse de toutes les «réconciliations».Si l’état d’esprit que traduit le rapport de la Commission avait animé le gouvernement du Québec en 1977, il n’y aurait jamais eu de loi 101, tant la «contrainte» serait apparue comme odieuse, inacceptable.In Commission aura oublié la parole justement célèbre de Lacordaire: «Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui libère» (et à 2 % de l’ensemble canado-américain, nous sommes plutôt faibles).Cela étant dit, je ne suis que plus à l’aise pour souligner l’intérêt de deux parties du rapport: ce qui est dit à propos de la qualité de la langue ainsi qu’à propos de l’usage du français dans le milieu du travail au sens large.La Commission dénonce longuement la gravité de la dégradation de la langue partout mais particulièrement dans le système d’enseignement et fait avec raison de la restauration d’une qualité minimale du français l’une des hautes priorités de la politique linguistique.J’aurais cependant souhaité qu’elle eût été plus précise dans la description du mal et surtout plus vigoureuse dans ses recommandations.S’il est vrai que le système d’enseignement est en première ligne dans la difficile entreprise de la reconquête de la langue, l’administration publique y a aussi une éminente responsabilité, les médias et la publicité plus encore.Ce n’est pas un examen obligatoire de maîtrise du français pour les futurs enseignants (déjà envisagé par le ministère de l’Éducation) qui peut constituer une réponse, même partielle.Ce sont tous les enseignants du primaire et du secondaire qu’il faut mobiliser et tous les élèves qu’il faut sensibiliser, et les familles tout autant, dans cette entreprise énorme, étalée sur deux à trois décennies.Il ne s’agit pas d’opposer qualité et usage, qualité et statut de la langue, également indispensables, également urgents.Mais autant je me réjouis de ce qui est dit à propos du respect et de la qualité de la langue, autant je suis déçu, désolé, inquiet devant l’attitude timorée de la Commission en ce qui a trait à l’usage de la langue, son refus de toutes mesures dites contraignantes, son diagnostic relativement optimiste en ce qui a trait à la situation du fiançais dans l’île de Montréal et à l’assimilation des immigrants à notre collectivité française.Un silence préoccupant Cette attitude se manifeste en particulier à propos de trois questions qui conditionnent notre avenir collectif et, par là même, celui de la langue.D’abord, en ce qui concerne notre anémie démographique, la plus grave et la plus pressante menace.La Commission parle, il est vrai, du besoin d’une politique familiale plus vigoureuse et de mesures plus propres à favoriser l’intégration des immigrants, mais elle ne souffle mot du premier volet de la relance démographique, de l’ur- gence d’une politique de la natalité («naître ou ne pas être», comme a dit Jacques Henripin); sinon on iniur-ra se demander: la langue française pour qui?l'intégration des immigrants.à qui?et, à la limite, l’autonomie ou la souveraineté pour qui?Il est sidérant de constater qu’aucun gouvernement n’a eu le courage, depuis une trentaine d'années, de reconnaître publiquement ce véritable drame national et d’engager l’immense effort de redressement qui s’imposait, ce que d’autres pays ont parfaitement réussi.Ensuite, en ce qui concerne la politique d’immigration, pour la part du moins (non négligeable, plus du tiers) dont le Québec a la maîtrise: nous avons l’immigration mais pas une vraie politique de l’immigration.Parmi les priorités s’inscrit notamment un nouvel effort pour orienter progressivement au moins un quart des arrivants ailleurs que dans la région de Montréal, pour accroître encore la recherche d’immigrants de langue française dans tous les pays au moins partiellement francophones, pour inciter puissamment les non-francophones à l’acquisition rapide de la langue française, en les aidant naturellement sous diverses formes.Remarquons que si de telles mesures étaient réellement prises, elles ne produiraient leurs effets qu’avec l’extension réelle et constante de l’unilinguisme français dans tout ce qui ressortit, directement ou non, au secteur public.Il faut faire en sorte que le nouvel arrivant puisse constater, sentir, que la connaissance du français n’est pas seulement un «atout» mais est pratiquement indispensable dans la vie quotidienne.Cela entraîne notamment le besoin d’étendre au niveau collégial l’obligation de la scolarisation en français çle tous les élèves, sauf les anglophones de souche.A cet égard, hélas, le siège de la Commission était visiblement fait dès le début.Elle a écarté avec des arguments spécieux ce qui est non seulement une revendication raisonnable, logique, mais qui est de l'ordre de la nécessité.Le collège représente en fait le deuxième cycle de l’enseignement secondaire et constitue l’étape (15-17 à 18-20 ans) déterminante pour la plupart des jeunes, dans les choix fondamentaux d'ordre linguistique et socioculturel.C'est tout l'acquis des niveaux précédents qui risque à la longue d'être remis en cause.Ut langue et l’identité On ne saurait, sur un plan plus général, passer sous silence la dangereuse derive que constitue l'espèce de rupture entre la langue et les origines qui sous-tend l'orientation générale de la Commission.Cela représente une attitude, davantage une philosophie, qui pose que la langue sera d'autant plus «commune- que la majorité oubliera peu à peu ses origines: la tendance à occulter les origines, et dès lors l'histoire, ne peut qu'affaiblir davantage chez notre peuple le sens de l'identité et dès lors la volonté de durer.Paraître opposer «francophone» et «français» chez nous serait vain et pernicieux.Un autre élément du rapport est particulièrement préoccupant.C’est l'idée de valorisation du «français standard en usage au Québec», porte ouverte à de faux et dangereux débats.A elle seule, la recommandation n" 63 laisse rêveur: «élaboration et diffusion d'une nonne linguistique conciliant le respect de la langue française telle que parlée par les autres francophones et les francophiles et la légitimité des partitula-rités des usages de la langue française du Québec».Cette lourde et longue phrase, maladroite et éminemment contestable, suscite force inquiétudes, pour moi en tout cas, et plusieurs interrogations.Et d'abord, qu'est-ce que «la langue française du Québec»?C’est là une remise en cause de l'unité fondamentale do la langue française et une sorte d'encouragement au repli, à l’isolement.Lit qui seraient donc ces curieux francophiles, apparemment non francophones, dont il faudrait néanmoins respecter la façon de parler français?Qui a défini, et en vertu de quelle mission, «le français standard en usage au Québec»?La Commission ne facilite décidément pas la tâche du ministère de l’Education, si du moins il entend sérieusement s’attaquer a l’effort dantesque de rendre leur langue maternelle aux jeunes Québécois.Elle fragilise sa propre politique de restauration de la qualité élémentaire de la langue.Un ministère de la 1-angue J’observe, enfin, que la Commission écarte du revers de la main, l’une des mesures les plus propa'S à assurer la relance et la mise en œuvre efficace d’une véritable politique linguistique, dont l’unité d’inspiration et d’action est essentielle.Il s’agit de la création d’un grand ministère de la langue française, ministère distinct, dont le titulaire n'aurait pas la responsabilité d’autres portefeuilles, la portée, pratique aussi bien que psychologique et politique, de pareille initiative serait immense.Pour quelle ait toute son efficacité, il faudrait que ce «ministère de la Langue française» incombe au premier ministre, étant bien entendu que la gestion et le fonctionnement quotidien seraient assurés par un ministre délégué.Ce dernier, relevant directement et uniquement du chef du gouvernement, aurait dès lors auprès de ses collègues, de la haute administration et de toutes les institutions publiques, l’autorité indispensable à une tâche aussi pressante qu’immense et exigeante.Et le gouvernement serait contraint de doter ce ministère, cette grande politique, des moyens à la mesure de ses responsabilités.Voilà qui constituerait une initiative capitale, plus sérieuse de loin que l’utopique citoyenneté et plus simple et plus efficace que l'éventuel «enchâssement» des droits linguistiques dans la Charte des droits et libertés.Il reste à espérer (ou faut-il dire: rêver?) que le gouvernement, retenant ce qu'il y a de valable dans le rapport, en comble les graves et dangereuses lacunes, qu’il
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.