Le devoir, 31 août 2001, Cahier A
w w w www.ledevoir.co m DEVOI CULTURE ECONOMIE T\rA n’en a plus Les Bourses du monde que pour l’humour * subissent un coup de froid Page B 9 Page B 7 I E V E N l) R K DI îî 1 A O 1 T 2 0 0 1 I A \ K S 10 3 ( K W X ^ ioi: PERSPECTIVES Le Canada, maître ès hypocrisie L’Etat canadien est semblable à son voisin du Sud.Il est coupable d’une discrimination qui, sans être aussi spectaculaire que celle des chaînes, n’en est pas moins bel et bien réelle.A l’instar de ce qui a cours aux États-Unis, il existe au Canada un état de discrimination institutionnelle dont les autochtones, les réfugiés politiques et les candidats à l'immigration sont les principales cibles ou victimes.Cette discrimination est peut-être plus rampante ou moins visible, moins décriée que celle constatée au sud du 45e parallèle, elle rien est pas moins effective, tangible.Dans le cadre de la conférence contre le racisme qui se tient à Durban, en Afrique du Sud, sous l’égide des Nations unies, au moins deux ONG canadiennes vont détailler les diverses facettes de cette tare avant que l’une d’entre elles, et non des moindres, annonce qu’elle va exiger du gouvernement fédéral une profonde révision de ses mécanismes.Plus précisément, la Fondation canadienne des relations raciales va exiger qu’Ottawa «entreprenne une révision approfondie de la législation fédérale, provinciale et territoriale, en vue d’y incorporer toutes ses obligations en matière de droits de la personne envers la communauté internationale».Actuellement, on le sait trop peu, l’État canadien est un maître __ ès hypocrisie en matière des droits de la personne.Pour apposer sa signature sur les conventions contre la discrimination raciale ou contre la torture, pour la protection des réfugiés politiques et autres conventions, le Canada n’hésite pas.Il est même prolixe.11 ne fait pas dans le détail.Il signe et resigne.Mais après coup, il prend bien soin de ne pas lier le geste à sa parole.Avocat et président de la section canadienne de l’Association américaine des juristes.Bill Sloan a rappelé que la ratification d’un traité international ne se traduit pas automatiquement dans le Code pénal.«Une convention signée n’est pas partie du droit canadien.C’est d’autant plus grave que le Canada a signé des dizaines de conventions.Prenez une convention VOIR PAGE A 8: CANADA Lire aussi en page A 2 ¦ Manley n’ira pas à Durban S e rge Truffaut ?«Non au sionisme!» AGENCE FRANCE PRESSE DEUX symboles d’ordinaire antagonistes: les boucles traditionnelles d’un juif orthodoxe et le drapeau.palestinien, qu'il brandit ouvertement.Le rabbin Mordecai Weberman, membre de l’organisation Juifs contre le sionisme, s’est joint hier à la manifestation qui se tenait à Durban, en Afrique du Sud, où a lieu à compter d’aujourd’hui la Conférence mondiale contre le racisme.CHUM : un impact majeur à prévoir ¦ 1200 travailleurs seront touchés par les expropriations ¦ Plus de 6000 personnes iront quotidiennement au nouvel hôpital en voiture FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Le paisible quartier de la Petite Patrie sera bientôt chamboulé par l’implantation du futur centre hospitalier.Plus de 1200 personnes devront être relocalisées.L'immobilier connaîtra un branle-bas général puisque les besoins en espaces à bureaux dans le .quartier atteindront (KXI (XX) pieds carrés.Et 12 0(X) personnes circuleront quotidiennement sur le site et ses abords, la majorité sur quatre roues.«Ijj mise en oeuvre d’un projet d’une telle envergure générera des impacts très importants sur le milieu: des impacts économiques, des impacts urbanistiques et des impacts en matière de circulation et de stationnement», écrit le Service de développement économique et urbain de Montréal dans un document présenté aux membres du comité exécutif, mercredi matin.Sont notamment citées dans ce document les évaluations de la Srx'iété d’implantation du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (SICHUM), qui prévoit que le nouveau centre attirera près de 12 000 personnes quotidiennement (employés, patients, visiteurs, bénévoles, etc.), dont 80 % le jour.Fait à noter, les analyses de circulation révèlent que 54 % de ces personnes se rendront sur le site en voiture.VOIR PAGE A 8: CHUM Requiem pour un massacre Ce soir, à Saint-Pétersbourg, les danseurs montréalais Bill Coleman et Laurence Lemieux créent en grande première mondiale leur Requiem for Convoy PQ-17.Le spectacle présenté avec chœur et orchestre symphonique s’inspire de la véridique et tragique histoire d’un des plus grands désastres navals de la Deuxième Guerre mondiale, auquel Joe Coleman, le père de Bill, a survécu.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Cy était une armada marchande, la plus grande jamais déployée par les forces alliées.Le convoi PQ-17, parti de Reykjavik le 27 juin 1942, comptait 35 cargos, dont 22 battant pavillons américains et huit britanniques, escortés par six destroyers et 15 autres navires militaires.Déployé sur neuf colonnes avançant à une vitesse de huit ou neuf nœuds, le monstre d’acier transportait 300 avions, 600 tanks, 4000 camions et remorques.Les quelque 150 000 tonnes de matériel valant un bon milliard de dollars devaient rejoindre le golfe de Finlande, puis Leningrad, pour y équiper une armée de 50 000 Soviétiques.La logistique est le nerf des conflits, surtout de la guerre totale, mobi- VOIR PAGE A fC MASSACRE LE MONDE Milosevic sera accusé de génocide par le TPI Page A 5 o INDEX Annonces.A4 Avis publics .B 8 Bourse.B 6 Cinéma.B 10 Culture.B 9 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Monde.A 5 Mots croisés.B 8 Météo.B 4 Plaisirs.B 1 Sports.B 8 Télévision.B 9 Tourisme.B 4 La douce revanche du papa d’Amélie Poulain L’adorable fable de Jean-Pierre Jeunet clôturera le FFM avant de prendre d’assaut 40 écrans du Québec ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Jean-Pierre Jeunet a le triomphe modeste et même gentil.Son étoile brille de mille feux, alors il a envie de sourire.On sourirait à moins.Même s’il ne l’avoue pas trop haut, le cinéaste français savoure en sourdine une douce revanche.La maison Pathé, entre autres, avait refusé de financer son film.Le Festival de Cannes leva sur lui un nez dédaigneux.Tout ce beau monde est allé se rhabiller en faisant Kai! Kai! Coiffé d’un titre prémonitoire, son Fabuleux Destin d’Amélie Poulain constitue depuis le printemps le film phénomène français, et UGC qui a pris la relève de Pathé, y a récolté le pactole.Sur lui, l’encre coule, les hourras pleuvent et quelques couacs glissent.Fabuleux succès de salle (7 700 000 spectateurs en France), Amélie s’est vendue comme des peits pains chauds sur toute la boule.Les curieux prennent d’assaut Montmartre en un pieux pèlerina- VOIR PAGE A 8: FFM LE FEÏÏITAL DES FILMS DD MONDE ¦ Autres informations en page B 10 JACQUES GRENIER LE DEVOIR ms.» ** .VfesiSÉ Plus de sept millions de Français ont déjà savouré Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.Et dire (nie personnne, dans l’Hexagone, ne croyait au projet de Jean-Pierre Jeunet.Remontée du PLQ chez les francophones ROBERT DUTRISAC KATHLEEN LÉVESQUE Pendant que Bernard landry donne le coup d’envoi aux quatre élections complémentaires qui prennent l’allure d’une répétition générale, les libéraux de Jean Charest ont en main un sondage interne qui les donne gagnants à l’échelle du Québec.la faiblesse chronique du Pli) dans l’électorat francophone persiste, mais elle s’atténue.Selon les données compilées par la firme CROP pour le Parti libéral et dont fx Devoir a obtenu copie, le Parti québécois maintient son avance auprès des francophones.Le PQ recueille ainsi, avant la répartition des indécis, 39 % des votes contre 30 % pour le PLQ.Or, les élections complémentaires du 1" octobre se dérouleront dans quatre circonscriptions à nette prédominance francophone.«Chez les francophones, les libéraux n ont pas encore le dessus.Cela demeure toujours une épée de Damoclès», affirme le responsable des sondages politiques chez CROP, Claude Gauthier.Ce dernier souligne toutefois la progression réalisée au cours de l’été par les libéraux auprès de cette clientèle.En mai et juin, les coups de sonde de CROP laissaient voir un écart de 12 points entre péquistes et libéraux.Réalisé entre les 16 et 25 août auprès de 1001 personnes à travers la province, le plus récent sondage g?VOIR PAGE A 8: PLQ IDÉES L’histoire du pays selon RadiO’Canada Deux jours avant la diffusion d’un nouvel épisode de la série Le Canada, une histoire populaire, le professeur Christian Dufour dénonce une nouvelle fois la désinformation qui caractérise à son avis cette œuvre.En ne montrant que le côté bienveillant du pouvoir anglais, dit-il, la chaîne fait œuvre néfaste.¦ À lire en page A 7 > 1 ?r V 778313000689 LE DEVOIR.VENDREDI RI AO T T 2001 L E S A C T U A LUES Les négociations entre Ottawa et ses fonctionnaires sont rompues MANON CORNEL LIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Les négociations entre le gouvernement fédéral et l’Alliance de la fonction publique du Canada sont rompues depuis hier après-midi.Le syndicat, qui représente quelque 87 000 fonctionnaires, a quitté la table de négociations après avoir échoué dans sa tentati-•.ve d’obtenir une offre plus généreuse du gouvernement «Nous avons déposé de nouvelles offres et le Conseil du trésor nous a répondu que ses offres à lui étaient finales.Alors nous, nous disons que nous allons intensifier les moyens de pression au •cours des prochains jours», a indiqué Pierre Lebel, porte-parole de l’Alliance.Il ne pouvait pas encore dire ce ¦que les travailleurs feraient, mais un groupe occupait déjà hier le bureau du ministre des Pêches et des Océans, Herb Dhaliwal, à Vancouver.D’autres membres du syndicat devaient rencontrer le ministre de la Défense, Art Eggle-ton, de passage à la base de Cold lake, en Alberta.la présidente de l’Alliance, Ny-cole Tunnel, a rejeté pour l’instant le recours à une grève générale pour forcer la main de l’État-em-ployeur.Jusqu’à présent, a-t-elle dit hier, les grèves perlées ont fait la preuve de leur efficacité.Les syndiqués ont déjà le droit de grève légale et l’ont exercé à trois reprises depuis trois semaines.Si, éventuellement, il optent pour la grève générale, tout le gouvernement sera affecté.Environ 20 000 d'entre eux seront toutefois tenus d’offrir des services «essentiels pour la sécurité et la santé des Canadiens», a expliqué Edison Stewart, porte-parole pour le Conseil du trésor.Il s’agit de pompiers, de personnel infirmier, d’agents de libération conditionnelle et ainsi de suite.«Nous sommes déçus» de l’arrêt des pourparlers, a-t-il dit, notant que le gouvernement offrait une hausse de salaire de 3,2 % la première année, de 2,8 % et de 2.5 % pour les deux années suivantes, pour une hausse totale de 8,74 % sur trois ans.Les demandes L’AFPC, qui représente entre autres le personnel administratif, technique et l’essentiel des cols bleus fédéraux, exigeait, dans sa dernière offre, de 3,5 à 4 % la première année selon la table de négociations, de 3 à 4 % pour la seconde année et çle 3 à 3.5 % la troisième année.A cela s’ajoutent des demandes d’ajustements «économiques» pour certains groupes de travailleurs.Selon M.Stewart, cela équivaut à une demande globale, sur trois ans, d’environ 15 à 20 %, selon la table de négociations.Pour le syndicat, qui parle plutôt de demandes d’en moyenne 15 % sur trois ans, c’est une affaire de respect envers les plus bas salariés de la fonction publique.Ce thème a d'ailleurs été martelé tout au long des trois jours de grève précédents.Hier encore, la présidente de l’Alliance, Nycole Turmel, émettait un communiqué allant dans le même sens.«Nos membres ne tentent pas d’obtenir une augmentation de 20 % en un an comme les députés s’en sont accordé.Toutefois, ils veulent le respect et une augmentation équitable.C’est le message que nous continuerons à livrer aux libéraux au cours des prochains jours», écrit-elle.La dernière grève générale des employés fédéraux remonte à 1991.Elle avait pris fin avec l’adoption d’une loi de retour au travail.Québec Régie des alcools, des courses et des jeux AVIS DE DEMANDES RELATIVES À UN PERMIS OU À UNE LICENCE Toute personne, société ou association au sens du Code civil peut, dans les trente jours de la publication du présent avis, s'opposer à une demande relative au permis ou à la licence ci-après mentionné en transmettant à la Régie dés alcools, des courses et des jeux un écrit assermenté qui fait état de ses motifs ou intervenir en faveur de la demande, s’il y a eu opposition, dans les quarante-cinq jours de la publication du présent avis.Cette opposition ou intervention doit être accompagnée d'une preuve attestant de son envoi au demandeur ou à son procureur, par courrier recommandé ou certifié ou par signification à personne, et être adressée è la Régie des alcools, des courses et des jeux.1, rue Notre-Dame Est.bureau 9.01, Montréal, (Québec) H2Y 1B6 Nom et Nature de Endroit adresse la demande d'exploitation du requérant 9105-7630 Québec inc CAFÉ MACHA Saint-Laurent (Québec) H4L 2G7 Dossier: 157-057 9104-1830 Changement Québec inc de catégorie RESTAURANT de TENTATION 1 Restaurant 7076, boul.pour servir à Saint-Laurent 1 Restaurant Montréal (Quebec) pour vendre H2S 3E2 (suite à une Dossier 163-717 cession) George 1 Bar avec 1817, rue Papavasiliou danse et Ste BAR DIANA spectacles Catherine 1817, rue Ste- sans nudité Ouest Cathenne Ouest (suite à une Montreal Montréal (Québec) cession) (Québec) H3H 1M2 H3H 1M2 Dossier 196-949 Thi Hanh Nguyen, Duc Chung Nguyen Addition d'autorisation de danse et spectacles sans nudité dans 1 Bar existant mg Nûuy RESTAURANT PHO CHIEU TIM 433, rue Bélanger Est Montréal (Québec) H2S 1G3 Dossier 205-237 3227553 Canada inc YE OLDE ORCHARD 5563, rue Monkland Montréal (Québec) H4A 1E1 Dossier 251-363 Les entreprises Proment Liée RÊCRÊATHEQUE 900.boulevard Labelle Laval (Québec) H7V 2V5 Dossier 267-427 Bar Place 37 Inc BRASSERIE MONSELET 3551, rue Monselet Montréal-Nord (Québec) H1H2A5 Dossier 339 986 9104-2002 Québec inc.CAFÉ BAR SKYY 913.rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2S 1T2 Dossier 1018-647 9106-7553 Québec inc BISTRO BAR SILVER 160, rue Fleury Ouest _____ Montréal (Québec) cession) H3L 1T5 Dossier 1051-317 poui vendre à (Québec) 9064-5359 Québec inc.LE CERCLE 4281-4285, boul St-Laurent Montréal (Québec) existant H2M 2H5 Dossier 1712-934 Addition 4281-428ï d'autorisation boul Side spectacles Laurent sans nudité Montréal dans 1 Bar (Québec) Changement de categorie de 1 Restaurant pour vendre à (Québec) ‘ H2T1N8 Mohamed Arezki Immoune KAHIMA 106, rue Mont-Royal Est Montréal (Québec) 1 Bar et H2T 1N8 addition Dossier: 1715-754 d'autorisation de danse 9094-0024 Québec inc.RESTAURANT LE PAVILLON DE L'INDE 358, rue Notre-Dame.Local 190-B Repentigny (Québec) J6A 2S5 Dossier: 1758-762 pour vendre à Repentigny Derrière les fagots Addition inc 1 Restaur DERRIÈRE LES pourvenc FAGOTS INC 166, boul Sainte-Rose Laval (Québec) H7L 1L4 Dossier; 1794-387 9089-3918 Permis Québec inc.additionne MIKASA 1 Bar SUSHI BAR 2049, rue Peel Montréal (Québec) H3A 1T6 Dossier: 1801-638 9096-5963 1 Restaur Québec inc.pour vend UN PTIT BRIN 1902, rue Masson Montréal (Québec) H2H 1 A3 Dossier 1848-258 9103- 1211 Québec inc.OUZERI MYKONOS 1201, rue Van Home Outremont (Québec) H2V 1K4 Dossier 1848-266 9104- 3299 Québec me VINNIE GAMBINIS RESTAURANT & BAR 5656, rue Sherbrooke Est Montréal (Québec) H1N 1 Al Dossier 1848-316 9100-6023 Québec me MAG CAFÉ 1268, boul des Seigneurs Terrebonne (Québec) J6W 4Z1 Dossier 1819-223 Brasserie Belgh Brasse inc.8, rue de la Brassene Amos (Québec) J9T3A2 Guinness UDV Canada inc AS Me Énc Gosselin MCCARTHY TETRAULT.AVOCATS Édifice Le Windsor 1170, rue Peel Montréal (Québec) H3B 4S8 Guinness UDV Canada inc.A/S Me Énc i Gosselin McCarthy TETRAULT.AVOCATS Édifice Le Windsor 1170, rue Peel Montréal (Québec) H3B 4S8 2 Restaurants 1201.rue 4850.rue Samt- Ambroise, Local 110 Montréal (Québec) H4C 3N8 Le sionisme assimilé au racisme Manley n’ira pas à Durban MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Opposé au traitement réservé a Israël dans le projet de déclaration de la Conférence mondiale sur le racisme, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Manley, a décidé d’imiter son homologue américain Colin Powell et de ne pas participer person- r nellement à la rencontre qui commence aujourd’hui à Durban, en Afrique du Sud.«Le but de la conférence était d’établir des normes pour aider à l’éradication du racisme.[.] Il n’est pas acceptable pour nous d’essayer d’identifier un pays, une région, pour la critiquer», a dit le ministre en conférence de presse hier.Le Canada sera représenté par une délégation de moins haut rang.John Manley «Nous avons fait des propositions [.] pour amener la conférence à ne pas se concentrer sur Israël», a-t-il dit Ce fut sans succès.Même si le Canada déplore la violence au Moyen-Orient et reste critique à l’égard d’Israël, tout comme de l’OLP, a-t-il précisé, il ne peut approuver le «langage extrême» actuellement ptilisé pour parler de l’Etat hébreu.M.Manley n’a pas cité d’exemples de ce langage, laissant cette tâche à ses fonctionnaires.Ottawa s’objecterait, entre autres, aux passages faisant état des «pratiques racistes du sionisme» ou encore du «nettoyage ethnique de la population arabe dans la Palestine historique».M.Manley a aussi défendu sa décision en faisant remarquer que la plupart des pays occidentaux avaient, comme le Canada, choisi de déléguer un ministre junior ou des diplomates.«Le Canada participe entièrement à cette importante conférence», qui se poursuit jusqu'au 7 septembre, dit-il, et il croit que la délégation sera capable d’y faire une «contribution constructive».Il a toutefois avoué qu’il y serait allé s’il avait cru pouvoir faire une différence.La secrétaire d'État au Multiculturalisme, Hedy Fry, dirige la délégation canadienne.Mme Fry avait soulevé une controverse plus tôt cette année en faisant faussement état, aux Communes, d’incidents racistes survenus dans une petite ville de Colombie-Britannique.Malgré cela, M.Manley ne doute pas de la crédibilité de sa collègue.Mme Fry est accompagnée d’une équipe de fonctionnaires, de deux députés libéraux, Irwin Cotier et Jean Augustine, et de l’ambassadeur du Canada auprès des Nations unies, Paul Heinbecker.L'Alliance canadienne a critiqué l’envoi d’une délégation.Selon elle, le Canada aurait dû boycotter toute la conférence.Le Bloc québécois s’est dit d'avis contraire.«Le ministre Manley doit, au contraire, se rendre à Durban et faire valoir ses points de vue.La politique de la chaise vide ne fait qu’affaiblir l'ONU, à l’heure où l'organisation a au contraire besoin d’être renforcée», a réagi la porte-parole du Bloc québécois en matière d’Affaires étrangères, Francine Lalonde.Ottawa est soumis à des pressions contradictoires.Mercredi, le président du Congrès juif canadien, Keith Landy, quittait la conférence des organisations non gouvernementales pour protester contre ce qu’il appelait un antisémitisme envahissant.Le même jour, le président du Conseil national des relations ca-nado-arabes, Atif Kubursi, écrivait au ministre pour l’enjoindre de se rendre à Durban.EN BREF Le lac Maurice-Richard (PC) — La Commission de toponymie vient d’officialiser le topo-nyme Lac Maurice-Richard pour désigner un plan d’eau situé dans la zec Boullé, à environ 50 kilomètres au nord-ouest de Saint-Mi-chekles-Saints, dans Lanaudière.Le choix s’est porté sur ce lac en forme de fer à cheval, dénommé auparavant Inc Bent, pour évoquer le célèbre hockeyeur, car Maurice Richard, adepte fervent de la pêche dans ses loisirs, y a souventes fois pratiqué ce sport Les autorités régissant ce territoire de même que des proches de Maurice Richard se sont montrés d’accord avec ce projet Maurice Richard est décédé le 27 mai 2000, mais, selon les critères topo-nymiques, il est nécessaire d’attendre un an après le décès d’une personne avant d’utiliser son nom pour dénommer un lieu.Communication Canada prend le relais du BIC MANON CORNEL LIER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Le BIC, le fameux Bureau d’information du Canada mis sur pied dans la foulée du référendum de 1995, n’est plus.Il cède la place à un nouvel organisme, Communication Canada, qui prendra aussi sous son aile toutes les activités de communications et de commandites du ministère des Travaux publics.Le ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, Alfonso Gagliano, nie chercher une visibilité accrue, même si l’identification de son service sera plus facile.Il parle d’améliorer l’efficacité et la transparence à travers une réor- ganisation administrative.Et pour démontrer le faible caractère politique de l’opération, il souligne que Communication Canada sera dirigé par des fonctionnaires et ne relèvera pas du bureau du premier ministre.Tu vois la différence?Communication Canada verra le jour demain, mais le citoyen y verra peu de différence puisque les services resteront les mêmes.Guichets uniques, ligne 1 800-OCanada, site Internet, publicité et ainsi de suite.Derrière la scène, ce sera le même scénario.Les sondages, les analyses médiatiques, l’organisation des tournées ministérielles, des foires et des expositions se poursuivront comme au temps du BIC.Le seul changement touche les commandites.Ceux qui analysent les demandes ne choisiront plus les compagnies de communication qui géreront les projets choisis.La combinaison des deux avait donné lieu à des critiques de la part des vérificateurs du ministère.A Ottawa, on se défend d’avoir des visées politiques ou de réagir ainsi à l’annonce récente de la création à Québec d’un Secrétariat à la communication gouvernementale, relevant du Conseil exécutif, le ministère du premier ministre.Le fédéral veut, explique-t-on, se doter d’un organisme ressemblant à un bureau de communications corporatives et dissiper l’étiquette de «bureau de propagande» accolée au BIC.Contrôle des odeurs nauséabondes provenant de la société Alex Couture Les citoyens de Charny sont satisfaits du règlement LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR La société d'équarrissage Alex Couture de Charny a étoffé son programme d’assainissement, déposé récemment et volontairement auprès du ministère de l’Environnement du Québec, afin de régler définitivement le problème d’odeurs qui a amené récemment les citoyens de cette ville à récla- loto-québec 649 Tirage du 2001-08-29 QZ 09 22 23 3Z 42 Numéro complémentaire: 36 GAGNANTS LOTS 6/6 0 2 000 000,00 $ 5/6+ 7 68 320,70 $ 5/6 250 1 530,40 $ 4/6 12 625 58,10$ 3/6 236 671 10,00 $ Ventes totales: 12 344 46/ $ Prochain gros lot (approx ): 5 000 000 $ ‘iHf Tirage du 2001-08-29 04 14 28 29 31 46 Numéro complémentaire: 36 GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 0 50 000,00$ 5/6 28 500,00$ 4/6 1 112 50,00$ 3/6 19 437 5,00$ J Ventes totales 536 003,50 S Friiitm hllll JW m+w Tirage du 2001-08-29 03 12 29 41 GAGNANTS LOT 70 142.86 $ •Seules les sélections participant au Lotto 6^49 et au Québec 49 sur le même billet sont admissibles à la promotion Egtra Tirage du 2001-08-29 NUMÉROS LOTS 724337 100 000$ 24337 1 000$ 4337 250$ 337 50$ 37 10$ 7 2$ La Jeu doit roator un ieu Le* modalités cfaocaia—mam des t>tiets ^agoants paraissant a,i verso des t>nets En cas de derwi„e Masson.(jh tapqdii fOi _ sn askinongé Suit iet(e Kâmouraska-Têmiscouata La P e Bert'^nd .Drummond Se’ .-tfeufilf ontagnes Saint-Je:m Vîger Marguerito-D'Youville Beauharno' Hunf namê-T-nftftQjgQU, .aint-i i |Arcy-McGâp QJ iHLtfeà^-lk-'CÔaid,^ Gatineau Shettord ¦ois-Rivièresf^ .Taschereau Groulx “ourassjiA bjtiÜ i -1 Acaot^ Verchères '"“Wne- has?Stli .e -*ert Anjou Nouvelle proposition Région de MnnlréaL La parole est à vous les 10,11 et 12 septembre Avis d'audiences publiques sur la nouvelle proposition de délimitation des circonscriptions pour la région de Montréal La Commission de la représentation électorale vous invite à exprimer votre opinion sur les changements qu’elle a proposés en juin dernier à la délimitation des circonscriptions touchant les territoires de Ule-de-Montréal, de llle-Jésus et de Laurentides-Lanaudière.La Commission tiendra des audiences publiques pour entendre les citoyens et organismes sur cette nouvelle proposition les 10,11 et 12 septembre 2001 de 13 h à 17 h, avec reprise à 19 h.Inscrivez-vous et faites valoir votre point de vue.Holiday Inn Montréal-Midtown 420, rue Sherbrooke Ouest Montréal Téléphone : (514) 842-6111 Télécopieur : (514) 842- 9381 Pour vous inscrire ou pour obtenir une copie de la nouvelle proposition pour la région de Montréal, composez le 1 888 ÉLECTION (1 888 353-2846) ou consultez notre site Web à l'adresse : www.dgeq.qc.ca ü Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent composer sans frais le 1 800 537-0644.4 ’/*»' Commission de ta représentation électorale du Québec i V LE DEVOIR.VENDREDI 31 AO ü T 2 0 01 LES ACTUALITES Marie Lavigne dirigera la PdA STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Marie Lavigne sera la prochaine directrice générale de la Société de la Place des Arts (PdA).Depuis 1995, Mme Lavigne est présidente-directrice générale du Conseil des arts et des lettres du Québec (CAIA)).Sa nomination, qui clôt un concours, a été entérinée par le conseil d’administration de la Société à sa réunion de mercredi.Marie Lavigne entrera en fonction le 9 octobre prochain, le lendemain, jour pour jour, du sixième anniversaire de son accession à la tête du CAD).Clément Richard, qui a rempli par intérim le poste de directeur général, continue d’occuper la présidence du conseil de la PdA le poste de p.-d.g.du CALQ devrait être comblé d’ici quelques semaines, après consultations avec les différentes clientèles artistiques et littéraires de l’organisme.Selon les rumeurs persistantes, la ministre de la Culture, Diane Lemieux, favoriserait deux poulains: le comédien Serge Turgeon, ancien président de l’Union des artistes, maintenant directeur général adjoint du théâtre du Rideau Vert, et surtout Manon Forget, une ancienne conseillère municipale responsable des dossiers culturels de l’administration Doré, qui a ensuite travaillé pour la Compagnie Marie Chouinard (danse) et la Société de développement des industries culturelles (SODEC).Elle est maintenant directrice de la section investissements, médias et divertissements de la Caisse de dépôt «Mme lavigne a mené jusqu’ici une brillante carrière comme gestionnaire dans la fonction publique, particulièrement dans le milieu culturel, qui la préparait tout naturellement à la direction de la Flace des Arts», annonce le communiqué émis hier par la société d’É-tat.La PdA est un panier de crabes, après des années de relations patronales-syndicales houleuses.De 1988 à 1995, Marie Lavigne a assumé la présidence du Conseil du statut de la femme.Auparavant elle avait occupé divers postes dans la fonction publique.Des casiers à homards saisis à Burnt Church PRESSE CANADIENNE Burnt Church, N.-B.— Des agents du ministère des Pêches et des Océans ont saisi hier matin des casiers à homards autochtones au large de la réserve de Burnt Church, un geste qu’un membre de la bande a qualifié «d’acte d’agression».«Nous en sommes encore à évaluer les dommages et à établir ce qui s’est produit exactement», a déclaré James Ward, guerrier micmac et cofondateur de l’usine de gestion de la pêche de la bande.«Cette opération éclair peut certainement être considérée comme un acte d'agression.» Jim Jones, porte-parole du ministère des Pêches et Océans à Moncton, rapporte que 86 casiers ont été saisis pendant le raid mené, selon Ottawa, à l’extérieur de la zone de pêche autorisée pour la réserve de Burnt Church.Selon M.Jones, les casiers saisis avaient probablement été mis en place la semaine dernière, alors que la réserve disposait d’un secteur de pêche plus étendu.«Depuis jeudi matin, ce secteur n'est plus autorisé, et ces casiers étaient probablement restés de la semaine dernière», explique-t-il.M.Ward signale que les casiers saisis se trouvaient très loin dans la baie Miramichi.L'intervention, à laquelle ont pris part quatre patrouilleurs, s’est produite rapidement et les pêcheurs autochtones n’ont pas été en mesure de réagir, précise-t-il.Il n’y pas eu de confrontation./ Ecoles surpeuplées à Côte-des-Neiges Les parents crient à la discrimination VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Ce sont des parents frustrés qui ont tenu hier matin un point de presse quasi annuel pour dénoncer le manque de places dans les écoles du quartier Côte-desrNeiges.«La conviction s’installe qu’il s’agit d’une forme de discrimination caractérisée», lance Jean Philippe, porte-parole du Comité de mobilisation des parents et des résidents de Côte-des-Neiges/Snowdon.Qu’ils soient parents, enseignants, directeurs ou membres de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), tous réclament de nouveaux bâtiments.En ce début d’année scolaire, 14 unités préfabriquées jouxtent la dizaine d’écoles primaires du quartier, ce qui veut dire qu’au moins 300 enfants y suivent leurs cours.«L’intégration [des immigrants] dont le gouvernement québécois parle tant passe aussi par l’éducation et si elle n’est pas faite correctement, c’est la communauté entière qui en souffrira», avertit M.Philippe.L’école primaire Simonne-Monet est le parfait exemple de la surpopulation étudiante de ce quartier multiethnique montréalais.Cette petite école compte désormais six unités préfabriquées dans sa cour arriéré.Alors que sa capacité maximale est de 350 élèves, l’école Simonne-Monet en compte présentement 505.«Et nos classes sont presque toutes en dépassement», souligne la directrice de l’école, Caroline Guay.Elle ajoute que cette surpopulation force son équipe à organiser quatre périodes de dîner différentes.La solution envisagée par la CSDM est la construction de deux nouvelles écoles.Ce projet de 32 millions permettrait la création de 1200 nouvelles places.«Et si on ouvrait tout de suite ces écoles, elles seraient déjà pleines», clame Mme Maaninou.C’est qu’en plus des élèves qui étudient dans des unités préfabriquées, quelque 400 élèves doivent aller à l’école dans d'autres quartiers.Ce sont principalement les enfants d’immigrants qui sont dans des classes d’accueil.«Je suis exaspéré», laisse tomber le commissaire Robert Cadotte, négociateur de la CSDM dans ce dossier.«Nous avons eu quatre promesses avec une date d’échéance — deux fois de la bouche du ministre et deux fois de celle d’un haut fonctionnaire ou d'un atta- ché politique — et nous n ’avons toujours pas de réponse.» M.Cadotte soutient que ce retard forcera la CSDM à dessiner les plans des nouvelles écoles à mesure qu’elles seront construites.L’attachée de presse du ministre de l’Education, Anne Marcotte, assure que plusieurs scénarios sont toujours sur la table et que François Legault prendra une décision lorsqu’il aura entre les mains le rapport de la firme d'urbanistes Gauthier, Biancamano, Bol-duc.Le ministre attend la version finale de ce rapport d’ici quelques jours.«Aussitôt qu’il aura le rapport, celui-ci sera transmis aux commissions scolaires de l’iis de Montréal et on organisera une rencontre dans les meilleurs délais Le ministre s’est engagé à régler le dossier pour septembre 2002 et il entend respecter sa parole», précise Mme Marcotte.La firme d'urbanistes avait pour mandat de faire l’inventaire complet des bâtiments et du nombre de places disponibles sur lHe de Montréal.«Le ministre dit qu’il faut utiliser au maximum les beaux que nous avons et, si l’on construit, il faut s'assurer que les nouveaux locaux seront utilisés sur de longues périodes», explique Anne Marcotte.Vocation de l’école Somerled Un juge désavoue la CSDM VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Victoire pour les parents de Notre-Dame-de-Grâce qui réclament que l’ancienne école Somerled devienne une école de quartier offrant un enseignement de la maternelle à la sixième année.Dans un jugement rendu hier, la juge Nicole Duval-Hesler, de la Cour supérieure, a annulé la décision de la Commission scolaire de Montréal de transformer cet établissement en école de cycle pour les enfants de 5' et de 6e année.Très sévère, la juge Duval-Hesler souligne que le processus de consultation mis en place par la CSDM pour l’école Anne-Hébert (Somerled) était vicié.«Il n’existe pas d’autre alternative, en pareilles circonstances, que d’ordonner que b consultation soit tenue à nouveau et que les décideurs reconsidèrent leur décision à b lumière de cette nouvelle consultation.» La juge n’ordonne pas l’ouverture de classes de la maternelle à la quatrième année, mais elle permet à la CSDM de le faire.Elle précise également que les parents des écoles Notre-Dame-de-Grâce et de Sain-teCatherine-de-Sienne devront être consultés.Le jugement est exécutoire, nonobstant appel.«La cour ne peut se substituer à la CSDM, mais il lui sera de plus en plus difficile de justifier sa décision alors qu 'il y a 350 élèves de trop dans les deux autres écoles primaires du quartier», croit Paule Biron, qui fait partie du groupe de parents qui a contesté la décision.Mme Biron ajoute que la surpopulation a forcé l’ajout d’une deuxième unité préfabriquée à l’école primaire Sainte-Catherinede-Sienne.Aussitôt, la CSDM a indiqué son intention de porter la dérision en appel.«Et on demandera b suspension du jugement actuel parce que nous ne voulons pas reprendre b consulbtion», précise le commissaire Robert Cadotte.Entretemps, le projet d’école de cycle reste intaeü.Le problème avec la consultation est que deux scénarios avaient été proposés au conseil d’établissement et au comité central de parents de l’école Anne-Hébert une école offrant tous les niveaux du primaire ou une école de cycle obligatoire.Or, à la suite des consultations publiques, la CSDM a amendé son projet pour en frire une école de cycle où l’inscription est volontaire.C’est sur cette nuance que le débat judiciaire s’est joué.«Nous avons tout fait dans les normes, prétend Robert Cadotte.Si le jugement reste, ça veut dire qu'une commission scobire ne peut plus modifier ses décisions à b suite des consultations publiques et ça n’a aucun sens.» Paule Biron ne voit pas comment la CSDM pourrait maintenir le statu quo, car la décision du juge est exécutoire.Le groupe de parents croit que l’on pourrait très bien aménager l’école en deux ailes distinctes séparées par des cloisons.Écoles franco-protestantes La Cour suprême rejette la cause PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les élèves des écoles franco-protestantes du Québec devront finalement fréquenter une école laïque dès cet automne, leur cause n’ayant pas trouvé les appuis nécessaires pour étirer encore un peu une prolongation accordée il y a trois ans.Hier, la Cour suprême du Canada a rejeté l’audition de la cause, mettant un terme à l’espoir de l’Association des communautés scolaires franco-protestantes du Québec (ACSFQ) d'obtenir un sursis.Cet organisme, représenté par l’avocat Guy Bertrand, dénonçait la fermeture de leurs 11 écoles et avançait que les franco-protestants subissaient un «préjudice irréparable».L’ACSFQ demandait à la Cour suprême de casser un jugement de la Cour d’appel qui refusait d’accorder à ces écoles quelques mois de plus d’existence.La cause des franco-protestants n’est toutefois pas complètement perdue, puisque le débat de fond portant sur la constitutionnalité de la politique du gouvernement se tiendra en octobre devant la Cour d’appel.Les franco-protestants soutiennent qu’il est inconstitutionnel de refuser l’accès à des écoles de leur confession aux minorités religieuses.Édifices patrimoniaux : Tremblay exige un moratoire (Le Devoir) — Le chef de l’Union des citoyens de lie de Montréal, Gérald Tremblay, estime que Montréal doit imposer un moratoire sur l’avenir des édifices patrimoniaux, tant et aussi longtemps qu’une franche évaluation des possibilités qui s’offrent aux autorités municipales n’est pas réalisée.C’est ce qu’il a déclaré, hier, à Notre-Damede-Grâce où il s’est rendu avec nombre de citoyens pour constater les dommages que l’on s'apprêtait à faire à l’église St Augustine.S'y trouvaient une grue et un homme qui avait l’intention de couper les piliers du clocher afin d’en retirer la cloche, a raconté le candidat à la mairie.M.Tremblay considère un tel geste comme inacceptable, d’autant plus que le maire Pierre Bourque a laissé entendre aux citoyens du quartier que des consultations allaient être tenues sur l’avenir du lieu de culte, a-t-il ajouté, qualifiant le chef de Vision Montréal à’«irresponsable».Suite à l’attroupement, le clergé a choisi d’arrêter le grutier avant que des torts irrémédiables ne soient causés à l’église.Bourque précise sa pensée sur la décentralisation (Le Devoir) — Le chef de Vision Montréal, Pierre Bourque, a présenté sa vision quant au partage des responsabilités entre la ville et les arrondissements dans la future ville de Montréal, hier.Grosso modo, le maire sortant a énuméré les dispositions des lois 170 et 29 en plus d’en préciser certains aspects qui, selon lui, témoignent de sa volonté de décentraliser au possible les pouvoirs après le 1" janvier 2002.Par exemple, la planification, l’aménagement et l’entretien des parcs locaux se feront au niveau des arrondissements.Idem pour la gestion des programmes d’environnement, la planification et la gestion de la programmation culturelle locale et les requêtes ayant trait à la voirie locale.Cela devrait mettre fin, espère-t-il, à la «campagne de désinfbrmatwn» que mène Gérald Tremblay qui prétend que M.Bourque a l’intention de centraliser autant que possible les responsabilités de la nouvelle ville.Téléphone: 985-3322 Télécopieur: 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel: petitesannonces@ledevoir.com REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100* 199 IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100 «150 Achat-vente-échange 160» 199 Location 200 * 299 IMMOBILIER COMMERCIAL 200 * 250 Achat-vente-échange 251 • 299 Location 300» 399 MARCHANDISES 400» 499 OFFRES D’EMPLOI 500 » 599 PROPOSITIONS D’AFFAIRES ET DE SERVICES 600* 699 VÉHICULES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8 H 3 0 A 17 H 0 0 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain.Téléphone: Télécopieur: 985-3322 985-3340 Conditions de paiement : cartes de crédit HORS FRONTIÈRES A10UER PARIS Banlieue ouest (Villennes).appartement 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Dame-de-L’Espérance.Parents et amis sont priés d'assister sans autre invitation.Des dons à l'Institut de cardiologie de Montréal seraient appréciés.Heures des visites: Vendredi de 19h00 à 22hOO, samedi à compter de 9h00.t F L E D E V O I R .V E N I) R E I> I ;$ 1 A 0 T T 2 0 0 l a r> LE DEVOIR LE MONDE Mince espoir de paix en Angola Le poker de dos Santos Le président tente de mettre Savimbi face à ses responsabilités Le président angolais, Édouardo dos Santos, ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle.Cette décision inattendue survient alors que l’Unita a attaqué, le 10 août, un train de voyageurs, tuant 259 personnes et en blessant près de 160.En quittant le jeu politique, dos Santos tente de changer la donne politique et de forcer le chef de l’Unita, Jonas Savimbi, à prendre ses responsabilités.AURÉLIEN COLLY LE DEVOIR Un million de morts, quatre fois plus de déplacés, 800 000 personnes qui survivent grâce à l’aide internationale.Après 26 ans de guerre civile, largement alimentée par les grandes puissances, la situation de l'Angola tait frémir.Au point qu’il est souvent plus facile d’oublier ce pays d’Afrique sud-tropicale, deux fois grand comme la France et coincé entre la Namibie, la Zambie, la République démocratique du Congo (RDC) et l’océan Atlantique.Historiquement, cette ancienne colonie portugaise a d’abord été le terrain de prédilection de l’affrontement entre les deux blocs.Dès l’indépendance du pays en 1975, la guerre civile éclate entre le Mouvement pour la libération de l’Angola (MPLA) d’Agostinho Netu qui accède au pouvoir et l’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (Uni-ta) de Jonas Savimbi.D’obédience marxiste, le MPLA est soutenu par Moscou et Cuba tandis que les Etats-Unis, la France et l’Afrique du Sud arment l’Unita.De barbouzes en trafics malsains, le pays s’enfonce dans une guerre financée par ses gigantesques ressources minières et pétrolières.Avec l’affaiblissement du bloc de l’Est à partir de 1989, un espoir de paix se dessine.Il se concrétise en 1991, lorsque Savimbi et dos Santos, successeur de Neto dès 1979, signent l’accord de paix de Bicesse.Un an plus tard, l’ONU supervise des élections.Le MPLA arrive en tête, Savimbi relance la guerre.L’embargo En 1993, tandis que le régime de Luanda fait sa mue et se convertit à l’économie de marché, le Conseil de sécurité décrète un embargo sur l’armement., sans cesse violé (voir autre texte).En 1994, le Protocole de Lusaka laisse de nouveau envisager la paix.Sous la pression occidentale, dos Santos fait d’énormes concessions à l’Unita: gouvernement d’union nationale, sièges au Parlement, intégration des rebelles dans l’armée, déploiement d’observateurs de l’ONU sans pouvoir de contrôle sur les aéroports de l’Unita.Peine perdue, Savimbi n’a jamais eu l’intention de rentrer dans la vie civile.Bien qu’il multiplie les déclarations pacifiques, il se réarme massivement grâce à la contrebande de dia- mants.La guerre reprend début 1999, après le départ des observateurs de l’ONU dont les rebelles ont abattu deux avions (23 morts).Rivalité de trente ans Depuis, dos Santos a adopté une stratégie de guerre totale pour anéantir l’Unita.Faute d’y être parvenu, il a repris les bastions d’Andu-lo et Bailundo, ainsi que des secteurs clefs de l’extraction de diamant portant un coup sévère à la rébellion.Dans la foulée de ces succès, il a annoncé la tenue d’élections l’année prochaine, dix ans après l’échec du scrutin de 1992.C’est donc dans ce contexte que l’Unita a perpétré l’attaque du train de voyageurs, le 10 août.Selon différente analystes, cette action s’inscrit dans la stratégie «jusqu 'au-bou-tiste» de la rébellion.En frappant si fort à 150 km de la capitale, Savimbi entend rappeler à son éternel rival de Luanda sa capacité de nuisance s’il organisait des élections sans revenir à la table des négociations.Et l’annonce de dos Santos de ne pas se présenter de prendre son sens.Pour maître Manuel Jorge, professeur de droit à Paris et spécialiste de l’Angola, qui s’exprimait sur Radio France Internationale, Savimbi est devant ses propres responsabilités: «Dos Santos s’est engagé à tenir des élections l’année prochaine mais elles ne peuvent pas avoir lieu en ce moment puisque la libre circulation des personnes et des biens et la sécurité de chacun ne sont pas assurées.Cela dépend de la guerre et de celui qui l’a déclenchée en rejetant les résultats de 1992.La balle est donc dans le camp de l’Unita.» Si la démarche du président angolais a pu couper l’herbe sous le pied de Savimbi, en le privant d’une des dernières justifications de son combat — sa rivalité de 30 ans avec dos Santos —, elle n’en reste pas moins une annonce, aucune date précise n’ayant été fixée.L’Unita ne s’y est d’ailleurs pas trompée en se contentant de proposer, en retour, la création d’un gouvernement de transition et d’un «Conseil suprême de la paix» rassemblant les deux parties au conflit En attendant donc que des élections soient organisées et les résuL tate acceptés, la guerre se poursuit en Angola.Édouardo dos Santos reste à la tête du pays et Vladimir Poutine annonce qu’il s’y rendra pour «élaborer un programme destiné à fournir de l’équipement militaire» à l’armée gouvernementale.D’un trafic à Vautre Alors que l’ONU tente de restaurer la paix en Angola, en interdisant les ventes d’armes vers le pays (1993) et l’achat de diamants à l’Unita (1998), des trafiquants contournent les interdictions, souvent avec l’aide d’hommes politiques.Ainsi, les Français n’ont pas fini de découvrir la face cachée de leurs gouvernants.Dernier épisode: «l’An-golagate» ou le scandale des ventes d’armes à l’Angola.Tout commence fin 2000, avec la mise en examen de Pierre Falcone, le patron de Brenco, une société de ventes d’armes.La justice française lui reproche d’avoir vendu pour 500 millions SUS d’équipement militaire au régime de dos Santos entre 1993 et 1994.L’opération se serait déroulée sans l’autorisation des autorités françaises, impossible à obtenir à cause de l’embargo.Falcone aurait été aidé.Par qui?C’est ce que les juges français tentent de mettre au jour.Jean-Christophe Mitterrand, le fils de l’ancien président, a déjà été mis en examen, soupçonné d’avoir facilité ce trafic avec ses relations.Jean-Charles Marchiani, ancien préfet du Var, a également été mis en examen.Comme Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur à l’époque des faits et qui pourrait avoir financé son parti politique, le RPF (droite anti-européenne), avec des commissions.L’Angolagate devrait révéler d’autres surprises.Mais lUnita n’a rien à envier à Luanda.Bien quelle soit sous le coup de sanctions plus sévères, elle s’est réarmée dans des proportions énormes de 1994 à 1998.Selon un rapport de l’instance de surveillance des sanctions, rendu public fin 2000, Savimbi se serait approvisionné auprès «de fournisseurs basés en Bulgarie et en Ukraine».«Certains pays comme le Zaïre, le Togo et le Burkina Faso ont fourni les pièces nécessaires à l’achat d’armes», poursuit le document de 50 pages, qui s’en prend ensuite aux transporteurs.«L’Unita a continué de se faire ravitailler par voie aérienne, ce qui implique le survol d’autres pays.Il faut aussi affréter des apparais, trouver des pilotes, s’occuper des cargaisons, dédouaner le fret, obtenir des créneaux de vols», autant d’opérations nécessitant «un réseau organisé au niveau international».Incluant aussi les trafiquante de diamants, monnaie courante de lUnita qui en a produit pour trois milliards $US de 1993 à 1998.Et le rapport de montrer du doigt Air Cess, un transporteur appartenant à un certain Victor Bout — cinq nationalités, plus de sept pseudonymes pour Interpol, il vit aux Émirats arabes unis — qui aurait livré blindés, fusils d’assaut, munitions et armes lourdes à lUnita Le rapport conclut en rappelant que cette criminalité organisée tire profit de toutes les guerres d’Afrique, de la Sierra Leone à l’É-rythrée, en passant par la RDC.«Ces conflits qui ravagent le continent ont de nombreux points communs, à commencer par les trafiquants d’armes et de diamants et les opérateurs aériens qui font échec aux tentatives de réinstauration de la paix.» A.C.Le président déchu se fâche en cour Milosevic sera accusé de génocide par le TPI L’OTAN est satisfaite REUTERS La Haye — La seconde comparution de Slobodan Milosevic devant le Tribunal penal international de La Haye pour son action au Kosovo a tourné court, hier, devant l’agressivité de l’ex-président yougoslave, auquel le président a coupe la parole avant que le procureur général n’annonce son intention de l’inculper prochainement de gte nocide en Bosnie.Inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pour les atrocités commises par la Serbie au Kosovo en 1999, le président déchu s’est plaint de ses conditions de détention puis a dénoncé les «fausses accusations» retenues contre lui et dénié au tribunal toute autorité pour le juger, «je ne reconnais pas ce tribunal, car il est clair dans mm esprit, ce qui est étayé par des éléments juridiques, que ce tribunal est illégal.Je ne vois pas pourquoi je devrais me défendre de fausses accusations devant ce faux tribunal», a-t-il crié aux trois juges, en brandissant l’épais dossier des arguments qu’il invoque.le président Richard May a alors coupé son micro, affirmant que la cour n’était pas disposée à écouter une tirade politique et ajourné, après seulement une demi-heure, une audience censée faire le point de la procé dure entre les magistrats, les avocate et l’accusé, lequel avait refusé de se faire représenter lors de sa première comparution le 3 juillet.«Je ne vois pas pourquoi je devrais me défendre de fausses accusations » le JUIN' a decide de nommer un amicus curiae (ami de la cour), un juriste spécialement chargé de l’aider à conduire équitablement les débats devant le refus de Milosevic de se faire représenter et de reconnaître te compétence des juges.Ceux-ci ont exclu de lui commettre un avocat d’office, comme le demandait l'accusation, du fait de son droit clairement invoqué de se de fendre lui-même.Milosevic présente le TPIY comme une juridiction d’exception créée de toutes pièces par l’Occident dans le but de lui faire endosser, dans un premier temps, la déportation de 740 000 Albanais du Kosovo et l’assassinat de 900 d’entre eux, il y a un peu plus de deux ans, avant l'intervention de l'OTAN dans la province serbe.Le procureur général du TPIY, Caria del Ponte, a déclaré hier que la justice internationale n'avait pas l'intention de s'en tenir là en ce qui concerne Milosevic, qui est aussi tenu pour responsable des conflits antérieurs de Croatie et de Bosnie qui ont accompagné l'éclatement de la Yougoslavie sous la direction panserbe de Milosevic au milieu des années 1990.In magistrate suisse a confirmé qu’elle signerait dans un mois des actes d'accusation mettant en cause Milosevic pour son action en Bosnie, où elle a l’intention de l’inculper de génocide, et en Croatie, où une inculpation pour ce même crime, le plus grave qu’ait à connaître le IPI Y, restait, selon elle «ouverte».Intense activité diplomatique au Proche-Orient SUHAIB SALEM REUTERS Une Palestinienne était songeuse, hier, après le retrait de l’armée israélienne de Beït Jala.Israël retire ses tanks de Beït Jala REUTERS AGENCE FRANCE-PRESSE La violence a repris de plus belle hier dans les territoires palestiniens faisant quatre morte alors que des contacts sont en cours pour préparer une rencontre entre le chef de la diplomatie israélienne Shimon Pérèss et le président palestinien Yasser Arafat Le haut représentant pour la politique extérieure de l’Union européenne (UE), Javier Solana, effectuera à partir de dimanche soir une nouvelle tournée au Proche-Orient afin d’aider Israéliens et Palestiniens à renouer le dialogue.Sous la pression internationale, l’armée israélienne s’est retirée hier à l’aube du secteur autonome palestinien de Beit Jala, en Cisjordanie, affirmant que Yasser Arafat avait promis en échange d'empécher les tireurs palestiniens de tirer sur la colonie juive voisine de Gilo.«Iji paix est assurée pour l’instant et il existe un engagement d'Arafat pour la maintenir», a déclaré à la télévision le ministre israélien de la Défense, Binya-min Ben-Eliezer.Il s'exprimait douze heures après le retrait de Tsahal de Beït Jala, au terme de la plus longue «réoccupation» d'une zone autonome palestinienne depuis le début de la nouvelle intifada en septembre dernier.Ahmed Abderrahman, proche collaborateur du président de l’Autorité palestinienne, a toutefois estimé qu’il ne pouvait y avoir «aucun arrangement tant qu ’Israël tire, tue et occupe des zones sous contrôle palestinien».«Cette aventure a échoué», a-t-il dit au sujet de l’occupation de Beït Jala.L’Union européenne a assuré avoir arrangé un accord entre les parties afin que les Israéliens quittent ce village rendu en 1995 aux Palestiniens.Mais un diplomate proche-oriental qui est en poste à Washington a estimé que l’issue de cette çrise, qui avait attiré sur Israël les critiques des Etats-Unis et de l’UE, venait d’un dialogue entre Arafat et le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres.Le chef de la diplomatie israélienne a souhaité que ces discussions puissent déboucher sur une trêve généralisée, mettant un terme à onze mois d’affrontements.Malgré cet apaisement, Ben-Eliezer a rappelé que les forces armées, qui ont quitté Beït Jala, se maintiendraient en lisière de ce bourg et de la ville palestinienne de Bethléem.Les États-Unis se sont félicités du retrait de l’armée israélienne de Beit Jala, espérant que cela pourrait permettre une reprise de discussions entre les deux parties.«Nous sommes encouragés par le retrait de ses troupes par Israël.Il est particulièrement important que les Israéliens et les Palestiniens aient été capables de résoudre ce problème directement», a déclaré le porte-parole du département d'État Richard Boucher.Il a confirmé que le chef de la diplomatie américaine, Colin Powell, s’était entretenu mercredi avec le premier ministre israélien, Ariel Sharon, son ministre des Affaires étrangères.Shimon Peres, et le président palestinien, Yasser Arafat, par deux fois avec chacun, pour parvenir à une retrait israélien.Le gouvernement se montre conciliant face aux Kabyles Alger dit vouloir dialoguer REUTERS Alger — Faisant face à une agitation et à un mécontentement persistants en Kabylie, les autorités algériennes se sont affirmées prêtes hier au dialogue avec les représentants populaires du mouvement berbère.Cette initiative, formulée par un responsable gouvernemental par l’entremise de l'agence officielle de presse APS, reprise par le quotidien gouvernemental Fl Moudja-hid, vise les comités de villes, de villages et de notables (aarchs) qui ont coordonné le mouvement berbère en Kabylie ces quatre derniers mois.«Le dialogue est possible et nul ne conteste les capacités des Algériens à le mener.[.] Le mouvement des citoyens, exprimé par les “aarchs", peut constituer un signe Au tour des politiciens AGENCE FRANCK PRESSE Skopje — Comme l'OTAN a complété la première partie de sa mission, le Parlement macédonien entamera aujourd'hui un débat crucial mais incertain sur les réformes constitutionnelles destinées à stabiliser le pays.les soldats de l’OTAN ont annoncé avoir récupéré en trois jours 14(H) armes déposées par It's combattants de l’Armée de libération nationale (UCK) dans trois centres de ramassage ouverts tour à tour dans le nord puis l’ouest du pays.la première phase de l'opération s’est déroulée sans accroc: les rebelles, disciplinés, suivant les consignes de leurs chefs, sont allés remettre leurs armes, en groupe ou un par un, selon une procédure soigneusement préparée par les équipes de liaison de l’OTAN.les résultats ont été jugés suffisants par le président Boris Trajkovski, qui a estimé «les conditions remplies» pour le lancement, comme prévu, des débats parlementaires devant conduire à une modification de la Constitution de 1991.Prévues par l’accord du 13 août entre partis albanais et macédoniens, ces réformes revalorisent les droits de la minorité albanaise de Macédoine, avec en particulier un statut de langue officielle pour l'albanais dans certaines régions et une représentation élargie dans la police.Bien que ne participant pas directement aux négociations, la guérilla avait accepté de rendre ses armes, positif pour notre société, a déclaré ce responsable, tes pouvoirs publics [.] réitèrent leur disponibilité pour le dialogue, qui apparaît plus que jamais nécessaire pour le bien de notre jeunesse, de notre peuple et de notre patrie.» Des troubles violents ont éclaté en avril en Kabylie à la suite de la mort par balles en garde à vue dans un local de gendarmerie d'un adolescent berbère.L’OTAN a récupéré 1400 armes en trois jours en échange de ces droits supplémentaires.Le chef po-litique de la guérilla, Ali Ahmeti, a demandé hier à l’Union européenne et à l’OTAN de faire en sorte que l’accord politique soit approuvé par le Parlement Après le secrétaire général de l’OTAN mercredi, le chef de la diplomatie britannique, Jack Straw, s’est rendu à Skopje pour encourager la poursuite du processus politique vu par les Occidentaux comme la seule solution de rechange à la guerre après sept mois de conflit entre forces gouvernementales et rébellion albanaise.Iæs partis albanais, le Parti démocratique des Albanais (DPA) et le Parti pour la démocratie et la prospérité (PDP), ont confirmé qu’ils soutiendraient les modifications constitutionnelles, mais les partis macédoniens entretiennent le doute.Le parti nationaliste VMRO-DPMNE, du premier ministre Ljubco Georgievski, première formation au Parlement avec 49 députés, et la plus critique de l’opération de l’OTAN, ne devrait pas donner de consignes.De source diplomatique, on soulignait hier qu’une cinquantaine de votes semblaient acquis, et qu’il resterait donc à persuader une trentaine de députés pour atteindre la majorité des deux tiers, 80 voix sur 120, nécessaire pour enclencher la procédure.Celle-ci, selon le calendrier prévu, devrait se dérouler dans les semaines à venir en parallèle au désarmement de la guérilla, qui marque une pause depuis mercredi.Les Occidentaux misent, une fois achevée la phase de désarmement, prévue pour durer un mois, sur les réformes institutionnelles pour rapprocher les communautés macédonienne et albanaise.Mais des responsables politiques du pays aussi bien qu’étrangers s’interrogent sur les suites du processus de paix une fois parties les troupes de l’OTAN.ERRATUM Une erreur s’est glissée dans l’Avis public d'élection paru en page A5 le jeudi 30 août 2001.Le deuxième paragraphe de l’article 2.de l'avis aurait dû se lire ainsi : «Toute déclaration de candidature au poste de maire devra être produite au bureau du président d’élection, à l’adresse précitée, entre le 21 septembre et le 12 octobre 2001, à 16 h 30.» I. LE DEVOIR.VENDREDI 31 AOÛT 2 O O 1 A H EDITORIAL Le vieillissement: pas de panique ! Le Conseil canadien de développement sociai (CCDS), un organisme de recherche surtout connu pour ses interventions sur le thème de la pauvreté, rendait publique, hier, une recherche traitant des conséquences du vieillissement de la population sur les besoins futurs en main-d’œuvre.Un problème réel mais, contrairement aux prétentions du Conseil, qui n’a pas perdu l’habitude de faire de l’esbroufe devant les médias, l’étude est plus nuancée, moins inquiétante aussi.LE DEVOIR C Jean-Robert Sansfaçon ?Bernard Descôteaux ?e premier ministre Bernard Landry semblait tout heureux, hier, à l’idée d’engager enfin la bataille avec les libéraux de Jean Charest sur le terrain électoral, à l’occasion des quatre élections complémentaires qui auront lieu dans Blainville, Jonquière, Labelle et La-violette.On devine facilement pourquoi.Ces quatre comtés sont des châteaux forts péquistes et la bataille se déroulera donc sur son terrain.Au surplus, l’opposition libérale entend mener campagne sur le thème des fusions municipales qui, exception faite de Jonquière, présente peu d'intérêt pour les électeurs de ces circonscriptions.On peut croire que le Parti québécois part gagnant dans cet affrontement électoral où il lui faut, compte tenu de l’avantage qu'il détient, réaliser un score parfait.Un tel résultat ferait oublier définitivement l’accident de parcours que fut la défaite de Mercier le printemps dernier, favorisée par la division du vote souverainiste.Le leadership personnel de M.Landry en ressortirait renforcé.Le Parti québécois pourrait de nouveau se prétendre le lieu principal de regroupement des forces progressistes.Le gouvernement recevrait pour sa part l’élan dont il a besoin pour se rendre aux prochaines élections générales.Quant aux libéraux, leur stratégie est pour le moins curieuse.Faute d’avoir à leur disposition les outils dont dispose le parti au pouvoir pour séduire les électeurs, il leur faut trouver le talon d'Achille du gouvernement et y faire porter l’essentiel de leurs attaques.Mais le point faible du Parti québécois est-il bien, dans le cas présent, les fusions municipales?Fn voulant faire la démonstration, par ces élections, qu’existerait un mouvement généralisé de résistance aux frisions municipales, Jean Charest prend un risque important.Rien ne permet de croire que ce mouvement soit appuyé par l’ensemble des Québécois.Doutons que les électeurs de Laviolette soient préoccupés par cette question.Pour pouvoir prétendre avoir raison, M.Charest devra marquer des points de façon mesurable, si ce n’est en arrachant un ou deux comtés au Parti québécois, tout au moins en réduisant substantiellement les majorités obtenues par les péquistes aux élections de 1998.S’il y parvenait, cela démontrerait certes qu’il a raison, mais sans plus.Dans le cas contraire, il serait obligé de prendre acte de l'appui que reçoit cette politique du gouvernement, voire d'abandonner ce cheval de bataille qui ne saurait plus dès lors le conduire jusqu’aux prochaines élections générales.Mieux que des sondages, ces quatre élections permettront aux péquistes et aux libéraux de prendre le vrai pouls de l’électorat.Elles arrivent au bon moment.Quel qu'en soit le résultat, les uns comme les autres auront le temps de s’ajuster au message que leur donneront les électeurs le 1" octobre.Encore leur faudra-t-il savoir en tirer les bonnes conclusions bdescoteaux(^ledevoir.ca omme c’est le cas pour le Fraser Institute à l’autre extrémité du spectre idéologique, le Conseil canadien de développement social suscite toujours un certain scepticisme chez les commentateurs avertis, qui se demandent s’il est possible de se fier aux résultats de ses études dont on sent trop souvent le parti pris préalable au travail de recherche.Pour une fois, ce n’est pas la recherche qui pose problème mais la promotion qu’on en a faite.«On risque de voir une pénurie de travailleurs qualifiés à mesure que les baby-boomers partiront en retraite», écrit le Conseil dans son communiqué largement repris par les médias.Une phrase-choc résumant un diagnostic qu’un journaliste a cru bon qualifier de «conclusions plutôt sombres», mais qui ne correspond pourtant pas à l’analyse du chercheur Sylvain Schetagne.En effet, celui-ci écrit plutôt que «prédire une pénurie généralisée de main-d’œuvre au Canada dans 15 ou 20 ans relève de la divination».Tout au plus peut-on «émettre quelques hypothèses».la population vieillit, le phénomène est bien connu.A moins d’un revirement de situation, d’ici 25 ans, pour chaque retraité, le nombre de personnes actives sur le marché du travail diminuera progressivement de cinq à trois.Évidemment, cela entraînera des coûts supplémentaires pour le maintien des régimes de sécurité sociale, de santé, de soutien du revenu et autres, et cela aura aussi un impact non négligeable sur le remplacement de la main-d’œuvre.Pourtant, comme le souligne le rapport de recherche, s’il est évident que les baby-boomers arriveront massivement à l’âge de la retraite d’ici dix à vingt ans, il est moins certain que les agents économiques, les entreprises et les individus eux-mêmes ne sauront pas s’adapter à ce passage.De plus, ajoute-t-on, il faut compter sur le fait que, malgré la baisse du nombre de travailleurs actifs, le «stock» de main-d’œuvre compétente et sous-utilisée reste élevé, phénomène qui ne serait pas près de s’atténuer, sauf dans quelques professions comme celles de la santé, «tel qu’il en a toujours été et en sera toujours le cas», précise l’auteur de l’étude.Cela dit, même s’il n’y a pas de quoi crier au loup pour le moment, l’évidence du vieillissement accéléré amène le chercheur à poursuivre la réflexion afin précisément d’éviter qu’il y ait pénurie dans les secteurs les plus sensibles.Comme piste de travail, il propose aux pouvoirs publics et aux entreprises de mieux planifier leurs besoins en main-d’œuvre, d’éviter les mises à la retraite massives et prématurées dont on connaît désormais les résultats désastreux, et diverses mesures destinées à la création d'un environnement de travail favorable au transfert harmonieux des connaissances des plus vieux vers les plus jeunes.D’où le titre du document qui, nulle part, n'évoque la crainte d’une pénurie dramatique mais parle plutôt de «construire un pont entre les générations».Message reçu ! jrsansfacon@ledevoir.ca Mieux qu’un sondage FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Du PwüÇ v/.tux PtéPARtR WtuR i?El£v£.?CuX Vod$ licTM i’UfM.tKMW'ÛK éARufre Le* SS-jt Vulgarité facile Un athlète québécois se fait enlever sa médaille pour avoir montré ses fesses après la course où il s’était qualifié troisième.Plusieurs Québécois ont crié à l’injustice.Comment peut-on s’opposer à l’expression personnelle?J’ai même entendu l’expression «acte créateur».J’accorde qu’on a l’air demeuré lorsqu’on prend position contre cette fuite en avant qu’est la vulgarité facile.Celle qui nous amène à nous croire plus vrais lorsque nous parlons mal (l’évocation sacristine se trouvant plutôt bien considérée dans certains milieux).Celle qui estime authentique une spontanéité primaire.Celle qui nous a pondu une réforme pédagogique où la créativité devient rapidement stérile parce qu’on fuit symétriquement une réflexion, une analyse ennemies du spontanéisme.Vulgarité, facilisme, immaturité.Voilà autant de facettes d’un défaut québécois qui exclut la dignité.Les Jeux olympiques ou leurs analogués ne visent pas à ramasser les êtres les plus rapides ou ceux qui soulèvent les poids les plus lourds — un jaguar ou un éléphant aurait fait l’affaire.Ces Jeux proclament en même temps des vertus humaines: le courage, la détermination, bien évidemment mais aussi la tenue, la dignité.L’infantilisme, trop répandu chez nous, ne semble pas nous permettre de saisir la nécessité, l’importance et l’élégance de la dignité.Une médaille se mérite dans cet esprit Michel Frankland Montréal, 26 août 2001 Discours intéressant Le propos fédéraliste m’ennuie copieusement Le prêche nationaliste me lasse et m’agace généralement La «Libre opinion» de Nikolas Duchar-me, intitulée «Les trois piliers de la citoyenneté qué- LETTRES -?- bécoise» et parue dans lœ Devoir du 24 août est le premier discours intéressant et porteur que j’aie lu ou entendu depuis longtemps.La clarté, la concision, l’actualité et la pertinence de ses propositions amènent une réflexion sensée et provoquent un débat intéressant et stimulant Georges-Vincent Fournier Sherbrooke, 24 août 2001 L’aide internationale En ma double qualité d’originaire d’un pays pauvre et de spécialiste des communications pour le développement international, j’ai lu avec un grand intérêt l’article sur l’aide internationale publié dans Le Devoir du mercredi 23 août Surtout j’ai beaucoup apprécié la contribution de Serge Dubé, ancien administrateur principal de programme au CRDI.Aussi, je suis totalement d’accord avec lui quand il déclare que «la solution est simple les décideurs et ceux qui les entourent doivent s’entourer de personnes qui connaissent les populations locales et leurs problèmes, afin d’élaborer des politiques qui aient du sens».Mais le problème est que ceux qui connaissent les populations locales ne connaissent pas nécessairement les décideurs de l’aide internationale.Et ces derniers n’octroient les juteux contrats ou postes en développement international en priorité qu’à ceux qu’ils connaissent de longue date, selon un réseau complexe de complicités, d’alliances, d’intérêts, etc., qui exclut les marginaux par principe que sont les populations locales ou ceux des leurs qui peuvent servir d’intermédiaires avec le monde extérieur.A titre d’exemple, combien d’administrateurs, de conseillers, de consultants, d’experts canadiens nés à l’extérieur comptent les structures de développement et d’aide internationale ici?Pour- LIBRE OPINION tant, c’est la plus précieuse ressource dont dispose ce pays pour mieux comprendre et., aider ceux d’où proviennent ces gens.Malheureusement, ils sont certainement la ressource la moins bien exploitée (sinon ignorée) du système.D’autre part, des auteurs comme Zaki Laidi l’ont bien montré: l’aide internationale est devenue une grosse business et n’y accèdent que les plus forts, c’est-à-dire les mieux connectés.Henri-Paul Bolap, Ph.D.Spécialiste en communications pour le développement et l’éducation à distance Montréal, août 2001 L’œuvre Dor Le peuple du Québec sait-il qu’il vient de perdre une voix?Cette voix prêcha-t-elle dans le désert?Peut-être.Sûrement pour nos «linguistes» qui le traitèrent de snob, l’étant eux-mêmes.Cet homme si simple, issu d’un milieu modeste, que nos mêmes snobs affublèrent du nom d’élitiste (rien que ça), voulait pour son peuple qu’il aimait qu’il puisse s’exprimer dans une langue que l’on ne soit pas obligé de traduire pour être compris à l’étranger.Une langue qui dirait «Je suis Québécois» et non «Chu Canadien», une langue qu’on cesserait de massacrer et de ridiculiser aux yeux de nos immigrants, une langue qui se détériore chaque jour à la radio, à la télé, avec la tolérance, je dirais plutôt la bénédiction de nos «élites» universitaires.Adieu, donc, Georges Dor, ton œuvre restera un témoignage d’amour pour ton peuple.Qui reprendra le collier, pour que Mme Bombardier ne soit pas la seule à porter le fardeau?Ou est-ce trop tard?Gabriel Contant Saint-Lambert, 2 août 2001 Télé-Québec, une chaîne spécialisée au service des communautés culturelles?ANDRÉ BRUNEAU Québec Télé-Québec s'associait dernièrement à Radio-Canada et à d'autres diffuseurs européens pour lancer Arte, une chaîne présentant une programmation culturelle par l'intermédiaire du câble.Il s’agit là d’une excellente initiative qui permettra aux Québécois d’avoir accès à des émissions culturelles de calibre international.L'arrivée de chaînes comme RDI, Historia, Arte, PBS nous permet maintenant d'accéder à une variété d’émissions éducatives et culturelles de qualité.L’avènement de la télévision par satellite nous permet également d'avoir accès à la production quotidienne de diffuseurs allemands, espagnols, italiens et autres.Télé-Québec ne présente plus, à mon sens, une programmation qui se distingue des autres diffuseurs majeurs et ses cotes d'écoute n’ont jamais fracassé de records.L’ajout de Arte constitue une excellente chose mais ne règle en rien les problèmes de ce diffuseur.Pourquoi, alors, ne pas imaginer la vocation de Télé-Québec sous l’angle de la mondialisation et tenter de répondre aux nouveaux champs d’intérêt des Québécois pour les langues et les cultures étrangères?J’estime à cet effet que Télé-Québec devrait revoir son rôle, de façon à se démarquer de tous les diffuseurs de la plané te, afin d’offrir aux Québécois de toutes origines une programmation constituant une ouverture plus grande sur le monde.TéléQuébec amorcerait ce virage en devenant la télévision des communautés culturelles du Québec.Le Québec deviendrait ainsi le seul Etat au monde où les membres des communautés culturelles pourraient obtenir de l'information sur ce qui se passe dans leur communauté au Quebec, discuter de leurs problèmes, nous faire connaître leur pays d’origine et leur culture et nous expliquer ce qui s’y passe actuellement, tant sur les plans politique et économique que social.Cette approche leur permettrait de mieux faire valoir leurs points de vue sur les réalités québécoises et éventuellement de pouvoir échanger ouvertement sur les valeurs qui président à l’évolution de notre société.Des cours de langues étrangères, les bulletins de nouvelles des pays d’origine, certaines émissions et films étrangers diffusés en version originale sous-titrée en français, et des échanges et discussions en français faisant appel à des professionnels et des spécialistes des différentes communautés culturelles constitueraient l’essentiel de cette programmation.Le rôle de Télé-Québec serait de coordonner le tout de façon à répondre aux besoins et aux intérêts des membres de ces communautés et de la société québécoise.Les dirigeants de Télé-Québec et des ministères concernés devraient donc travailler en partenariat avec les représentants diplomatiques et associatifs des communautés culturelles représentées au Québec, pour obtenir le financement nécessaire à ce projet Les producteurs, les réalisateurs, les journalistes et les autres artisans de TéléQuébec, qui font déjà preuve de beaucoup de talent et de créativité, devraient s’inspirer des grandes lignes de ce projet pour relever le défi de mettre en œuvre sur cette base une programmation intéressante et de qualité.Il ne s’agit évidemment pas d'une opération qui peut se faire en 15 jours.D faudrait y mettre le temps et les efforts nécessaires.TéléQué bec devrait à cet effet recevoir le soutien nécessaire du gouvernement du Québec et de tous les organismes sociaux, économiques et culturels qui souhaitent l’intégration harmonieuse des immigrants et des citoyens des différentes communautés culturelles du Québec.D’ici à ce que les premières émissions voient le jour, Télé-Québec pourrait déjà né gocier avec les diffuseurs des pays majeurs représentés au Québec la diffusion d’un bulletin quotidien de nouvelles en langue originale, sous-titré en français.Cela permettrait aux Québécois d'avoir un aperçu de ce qui se passe dans les pays qu'ils affectionnent et à ceux qui apprennent l’hébreu, l’italien, l’espagnol, le portugais, le grec, l’allemand, le chinois ou le russe de vérifier leur compréhension de la langue.Chacun de ces bulletins pourrait être suivi d'une table ronde, en français, où les participants seraient invités à donner leur opinion sur les principales questions d'actualité.Des cours de langue française pourraient également être offerts quotidiennement, en collaboration avec l'une ou l’autre des universités québécoises.Enfin, il serait intéressant de voir des émissions du même type que la série Destinas, qui visait à l’apprentissage de l’espagnol.Ce virage de Télé-Québec pourrait lui permettre d’obtenir l’appui des principales associations culturelles, d'organismes de développement international et de développement économique, le soutien de plusieurs gouvernements étrangers qui souhaitent faire connaître les principaux éléments de leur langue et de leur culture, l’implication de nouveaux commanditaires, l’augmentation de son auditoire compte tenu de l’arrivée d’une clientèle captive et, en dernier lieu, une renommée internationale grâce à l’originalité de sa formule.t À mÊÊtuSÊùi E D E V 0 l R .V E N I* K E DI HI V O I T 2 0 0 1 A i 1 D E E S r M Violence conjugale t Ne confondons pas justice et réhabilitation JACQUES BKOUÉ Psychothérapeute conjugal et familial, responsable de la clinique Option, une alternative à la violence conjugale et familiale CLÉMENT G U È V R E M O N T Psychothérapeute conjugal et familial, directeur général d’Option, une alternative à la violence conjugale et familiale FRÉDÉRIC LA BELLE Pcf C.G.P., psychothérapeute conjugal, familial et de groupe, formateur, consultant et superviseur à Option, directeur de l'Institut familial de Montréal .e 16 août 2001, sous la plume de Brian L Myles, Le Devoir publiait les conclusions de la thèse de doctorat de Lucile Cipriani: la justice serait selon elle à l’écoute de l'agresseur et ignorerait le stress post- traumatique éprouvé par la victime.Ces conclusions nous semblent reposer sur une confusion des mandats.Ainsi, la justice doit veiller au respect des droits et sévir à défaut.La justice s’appuie sur des faits et tente d’établir la culpabilité de l'accusé.Mais la volonté de changement et la motivation relèvent du traitement, mandat qui dans notre société est confié aux professionnels de l’intervention psychosociale: psychothérapeutes, travailleurs sociaux, psychologues- Mme Cipriani dénonce une application sexiste de la loi, elle en donne pour preuve la non-prise en compte des «agressions antérieures subies par les femmes».Succombant à la tentation, elle laisse croire que les éléments de preuve retenus ne seraient plus les mêmes s’il s’agit d’un homme ou d’une femme.Rappelons que la judiciarisation de la violence conjugale bénéficie au Québec d’un large consensus social.Le traitement de la violence conjugale ne saurait se contenter d’un arrêt d'agir.La complémentarité entre le judiciaire et l’intervention psychosociale est nécessaire.Un travail en profondeur s’appuyant sur la reconnaissance de la part de l’agresseur de sa responsabilité au recours à la violence est indispensable pour mettre un terme à la transmission de la violence conjugale.N’oublions pas que les agresseurs, qu’ils soient hommes ou femmes, ont été pour la plupart les témoins et victimes de la violence conjugale durant leur enfance.La prévention de la violence nécessite une intervention concertée à plusieurs niveaux, par exemple à l’école par l’apprentissage de la gestion pacifique des conflits, une éducation non sexiste, la réhabilitation des hommes et des femmes qui recourent à la violence.rejoignant ainsi l’objectif de justice sociale: le respect de l’intégrité des femmes et des hommes.La judiciarisation de la violence conjugale bénéficie au Québec d’un large consensus social Nous n’irons plus au Goethe, les lauriers sont coupés.ROLF PULS Directeur de Gallimard Canada • il 1 y a du neuf à l’Institut Goethe de Mont- Iréal.Un nouveau directeur est arrivé.Il a des idées nouvelles: il faut se débarrasser des livres! Depuis quelques jours, la bibliothèque de l’Institut Goethe se débar-¦ J| rasse donc des œuvres de Freud, de Mu-sil, de Joseph Roth, de Werfel, de Feuchtwanger, de Zuckmayer, de Stefan Zweig, etc.Pourquoi cette braderie?Parce que ces livres sont d’un autre âge et pour d'autres lieux, parce que les ordinateurs sont plus utiles et plus efficaces, plus accessibles.Pour être juste, reconnaissons qu’on gardera quelques livres de référence et la section théâtrale bâtie patiemment, comme toute la bibliothèque, par Marie-Elisabeth Morf.Cette femme et ses collègues, en 35 ans, ont fait de cette bibliothèque un centre intellectuel et artistique ouvert à tous.On y rencontrait jusqu'à récemment des artistes, des intellectuels, des étudiants, mais aussi des vieux immigrants et des gens ordinaires.Cet œcuménisme n’est plus à l’ordre du jour.Quant à Mme Morf, on lui impose aujourd’hui de démanteler ce quelle a construit Une telle délicatesse laisse rêveur.Lorsqu'un centre culturel comme l’Institut Goethe rompt avec les textes qui sont la gloire et l’héritage de la culture allemande, il y a de quoi s’interroger.Ce qu’on nous propose là n’est-il pas symptomatique d’un nouvel état d'esprit d’un credo nouveau et terrifiant?Comme si l’idée était de nous river à nos ordinateurs, de nous boulonner sur Internet, en nous berçant de discours lénifiants pour calmer nos inquiétudes: «Vous serez mieux informés, vous aurez accès aux sources les plus diverses, vous vous ouvrirez au monde! Les classiques de la littérature, c’est bien, mais leur place est dans les universités et les bibliothèques (sous-entendu: un peu poussiéreuses].Nous sommes à l’ère du convivial, du ludique! Il faut penser large, moderne, il faut aller avec son temps!», etc.J’ai peur qu'avec de tels discours nous n’allions droit dans le mur.Au moment de mourir, Goethe réclama plus de lumière («Mehr LichU).Il prévoyait sans doute les noirceurs à venir.Le Canada: une histoire populaire à Radio-Canada « xVh ! SOIlKlï RADIO CANADA L’abandon du Canada par la mère patrie française et la conquête par l’Angleterre faisaient suite à une guerre longue et terrible, la jeune identité québécoise en formation devant en être profondément marquée.La manipulation de notre histoire : suite et fin Comme le montre la profonde ornière où nous sommes collectivement enlisés sur le plan politique, les Québécois se bercent déjà trop d’illusions sur eux-mêmes et sur leur rapport avec le reste du Canada CHRISTIAN DUFOUR Professeur à l'Ecole nationale d’administration publique Le texte qui suit est tiré d’un article qui paraîtra dans le prochain numéro de la revue Argument outes les fois que j’en ai eu l’occasion depuis l’automne 2000, j’ai accusé IjC Canada: une histoire populaire de désinformation et de déformation de l’histoire.la série de télévision reprend l’antenne à Radio-Canada dimanche, avec un nouvel épisode sur la conquête de l’Ouest.Les téléspectateurs jugeront en ce qui a trait à ces nouveaux épisodes, mais il est dès à présent clair que la série continuera à faire œuvre néfaste si elle persiste à ne montrer que le côté bienveillant du pouvoir anglais-canadien à l’égard des Canadiens français et de leurs descendants québécois.Cette superproduction de 30 heures a coûté plus de 30 millions en fonds publics, en plus de profiter de toute la force institutionnelle et médiatique de Radio-Canada.Un livre en deux tomes, un coffret de cinq vidéocassettes, trois vidéodisques et un site Web multimédia s’ajoutent à la série.Par ailleurs, ses ambitions éducatives sont on ne peut plus claires.Sur le site Internet, on invite les enseignants du Québec à se procurer des guides pédagogiques détaillés spécifiquement adaptés aux niveaux d’enseignement primaire, secondaire et collégial, de même que des plans de cours et de leçons.Cela n’empêchera pas le conseiller éditorial de la série, Mario Cardinal, d’écrire sans rire dans Le Devoir du 16 novembre 2(XX) qu’on avait affaire a un document journalistique ne devant absolument pas être considéré comme un cours d’histoire! C’est après avoir regardé le quatrième épisode sur «Im bataille de l’Amérique», où se noue la relation entre anglophones et francophones, de loin l’épisode le plus structurant de la série en ce qui a trait à la relation Québec-Canada, que j’ai publié dans Le Devoir du 12 novembre 2000 un article intitulé «Où est passée la Proclamation royale de 1763?» Rappelons que cette dernière imposait à nos ancêtres canadiens fraîchement conquis, entre autres, l’abjuration du catholicisme pour accéder aux emplois et fonctions publics, être jurés, élire les membres d’une Assemblée que l’on demandait de convoquer au plus tôt.Mais l’omission de la Proclamation royale n’était L’omission de la Proclamation royale n’était que la pointe de l’iceberg: une désinformation d’autant plus pernicieuse qu’elle était camouflée sous les bons sentiments humanitaires que la pointe de l’iceberg: une désinformation d’autant plus pernicieuse qu’elle était camouflée sous les bons sentiments humanitaires.Immédiatement après la chute de Québec, le téléspectateur se voyait raconter que, «pour les Français et les Anglais, le désarroi est le même», que «très vite les Britanniques sont aussi affamés que la population», que «conquérants et conquis sont otages les uns des autres», que «Canadiens et Anglais font maintenant face à un ennemi commun: l’hiver».Brillaient par leur absence les effets négatifs de la Conquête sur les Canadiens et leur identité.Une fois les horreurs de la guerre finies, l’événement ne devenait qu’un épisode historique douloureux mais fondamentalement positif, à cause du caractère toujours bienveillant du pouvoir britannique à l’égard des anciens Canadiens.God Save the King! Les loyalistes et leur vision du pays avaient triomphé.A titre de consultant pour la série, le vieil historien canadien-anglais Ramsay Cook n’avait fait qu’une bouchée du directeur du département d’histoire de l’UQAM, Jean-Claude Robert.Celui-ci s’était avéré incapable de faire son travail — s'assurer d’une vigoureuse présence de la vision québécoise au sein du projet —, trop préoccupé qu’il était par une vision autochtone qu’une troisième consultante historienne avait pourtant pour rôle de surveiller: Olive P.Dickason est «d’origine métisse et auteur de plusieurs ouvrages qui ont fait ressortir la contribution des autochtones à l’histoire du Canada», lit-on sur le site Internet de la série.La double nature de l’Andais au sein de l’identité québécoise En fait l’abandon du Canada par la mère patrie française et la conquête par l’Angleterre faisaient suite à une guerre longue et terrible, la jeune identité québécoise en formation devant en être profondément marquée.Le traumatisme originel fut presque immédiatement refoulé dans l’inconscient collectif des anciens Canadiens, qui ne disposaient pas d’une bourgeoisie assez forte pour gérer l’événement sur le plan politique — sauf de façon minimale l’Eglise.Par ailleurs, leur état de choc rendit les vaincus très sensibles à la conduite exemplaire des Britanniques pendant les années d’occupation militaire, entre la défaite de 175fr60 et la Conquête proprement dite.Après que le conquérant eut mis en place une administration civile oppressive en 1763, certains Britanniques regroupés autour du gouverneur Murray estimèrent dans leur intérêt de prendre le parti des anciens Canadiens, dont le pouvoir d’enracinement et de séduction était considérable.Ces Britanniques aidèrent à l’adoption de l'Acte de Québec, qui reconnut formellement en 1774 les droits nationaux essentiels des anciens Canadiens, lu point crucial à retenir est que, de facto, des Britanniques firent office d’élite pour les ancêtres des Québécois, a un moment crucial de la formation de leur identité collective.Pour le pire et pour le meilleur, l'input anglais a marqué l’identité des anciens Canadiens jusqu’en 1840, l’identité canadienne-française jusqu’en 1960, de même que la fière identité québécoise issue de la Révolution tranquille.J’ai essayé en 1989 de faire res- sortir cette incontournable double nature de la Conquête dans Le Défi québécois (réédité en 2000 aux PUL), pour finir par comprendre que la plupart des lecteurs ne retenaient que l'un ou l'autre des deux aspects, selon leur option politique.L’Anglais est une partie de notre identité, que l'on ne saurait nier sans s’affaiblir; c’est en même temps le «conquérant» qui veut notre peau.Cette dualité est difficile à gérer.Dans ce contexte, la série Le Canada: une histoire populaire, dans la mesure où elle ne montre que le côté bienveillant du pouvoir anglais, fait œuvre néfaste.Car elle nous fait perdre contact avec l’incontournable double réalité de la partie anglaise de l’identité québécoise: ce n’est pas le bon moyen pour améliorer notre ra|> port avec cet élément.Nous sommes le peuple fondateur du C anada Pour préparer véritablement l’avenir, en arriver a modifier des com|x>rtemenLs dépassés dont les racines sont profondes, on gagne à savoir ce qui est réellement arrivé, pourquoi tel ou tel réflexe fut jadis adopté.C’est l’un des moyens d’éviter de rester prisonnier de son pass)', de se donner l’illusion du changement ou, sous les nouvelles chimères à la mode, de changer pour pire.C’est ce que sont en train d’oublier un certain nombre d’intellectuels québécois férus de rectitude politique.Pour être capable de regarder en avant, il faudrait diffuser une vision conciliatrice mais fausse de notre histoire, fabuler quant à nos rapports avec l’Anglais et avec l’Indien.11 faudrait surtout oublier ce fait capital que les Québécois francophones furent les premiers Canadiens.Car sur le plan de la construction de l’identité canadienne, il n’y a pas trois ou même deux peuples fondateurs au Canada: il n’y en a qu’un, formé des ancêtres directs des francophones québécois d’aujourd’hui, les seuls qui s’appellent et se considèrent Canadiens depuis un siècle lorsque arrivent les Britanniques en 1763.Ils cohabitent alors avec les premiers occupants du territoire, les Amérindiens, à qui il ne viendrait jamais l’idée de s’appeler Canadiens, car le processus de «canadianisation» de leur identité ne commencera qu’au milieu du XX' siècle.Aux Canadiens se joignent des Britanniques qui mettront, eux, un peu plus d’un siècle à se sentir Canadiens — à la fin du XDC siècle, à l’époque du premier ministre canadien Wilfrid laurier.Si l’on oublie ce déchirant deuil a faire d’une identité canadienne qu’ils ont mise au monde, il est impossible de comprendre la grande difficulté des francophones québécois à décrocher contre toute logique du Canada.Comme le montre la profonde ornière où nous sommes collectivement enlisés sur le plan politique, les Québécois se bercent déjà trop d’illusions sur eux-mêmes et sur leur rapport avec le reste du Canada, la solution n’est sûrement pas de se conter encore plus d’histoires.Elle ne réside pas flans ces futiles réécritures du passé qui affaiblissent notre force d’enracinement, ne laissant que du sable sur lequel bâtir le Québec de demain.Sur le plan de la construction de l’identité canadienne, il n’y a pas trois ou même deux peuples fondateurs au Canada : il n’y en a qu’un L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information iJéné-rale et métropolitaine : GéraW Dallaire (adjoint an directeur dt l'information).Valérie Dufour (général), François Cardinal (actualité municipale), Marie Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports).Paule des Rivieres (éditorialiste).Jean Dion, Louis-Gilles F rancœur (environnement).Benoit Munjçer (responsable du site Internet).Dominique Reny.Josée Boileau.Éric Desrosiers.Pauline Gravel (scientifique).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Pare (santé), Michel Garneau (caricaturiste?.Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques).Martin Duclos et Christine Du maze! (rrierfeary); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) à l'information culturelle Michel Belair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard lamarche (arts visuels); à l’information économique Gerard Bérubé (adjoint au directeur de l'in/brrnatum), Claude Lévesque.Claude Turcotte, Rene Lewandowski; à l’information internationale : Jean-Pierre legault, Guy TaiDefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l'information politique Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires d Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen I>vesque ; Marie Helene Alarie (secrétaire a la rédaction) ; Louise Maude Rioux Soucy (commis).l»a documentation (Hiles Paré (directeur) ; Manon Derome.Serge laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard, Gyslaine Côté, Marlene Côté, Martin Fournier.Véronique Géraud.Anouk Hurbutt.Christiane D-gault.Jacques A Nadeau, Claire Paquet, Micheline Ruelland.(puNicitaim).Laurence Theriault (directrice adjointe), Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).C laudine Bédard.Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald Filion.Yanick Martel.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE.Linda Theriault (responsable intérimaire).Helene Gervais, Dominique Lariviere, (responsable a la promotion des abonnements), Monique L’Heureux, Lise Lachapelle.Rac belle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (nspimsaNe des services comptables).Céline Furoy, Olivier Lachambre 'contrôleur), Ghislaine I^afleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle Laper rière, Caroline Perrier, Danielle Ross IA FONDATION DI DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).t i f CANADA «On décourage l'immigration de certaines nationalités.On rend difficile l'entrée.Le pire c'est qu'on leur demande un montant de 500 $ pour ouvrir leur dossier, qui servira à l'étude des autres.» SUITE DE LA PAGE 1 aussi importante que celle qui prévoit l’interdiction de renvoyer quelqu’un dans son pays d’origine s’il risque la torture; eh bien, on n’en trouve aucune trace dans le droit canadien.En l'occurrence, tout dépend de l’interprétation de la Constitution que les personnes concernées en feront.» Il y a donc ces conventions internationales que l’on signe mais que l’on n’applique jamais.Il y a également la discrimination que l’on exerce sur le front de l'immigration.IA, les autorités se livrent aux délices pervers du jeu qui met en scène le chat et la souris.Par l’entremise de politiques administratives, on discrimine à tout va.A cet égard, l’analyse statistique effectuée pour quantifier les délais d’attente des candidats à l'immigration par pays est très révélatrice.Selon les indications fournies par Bill Sloan, il y a pour ainsi dire deux grandes catégories: il y a ceux qui attendent entre 30 à 36 mois et ceux qui obtiendront une réponse entre 10 à 12 mois après dépôt des papiers afférents.On l’aura deviné, ceux qui patientent moins longtemps sont généralement européens et blancs.Les autres.«On décourage l’immigration de certaines nationalités.On rend difficile l’entrée.Le pire c’est qu’on leur demande un montant de 500 $ pour ouvrir leur dossier, qui servira à l’étude des autres.» Pour mettre un terme à tout cela, Amnistie internationale a profité de la conférence pour «rappeler aux Etats les obligations qui leur incombent en vertu du droit international, plutôt que de chercher à aborder le problème sous l’angle de l’idéologie».Autrement dit, à partir du moment où le Canada signe une convention internationale, cela devrait automatiquement être inscrit ou se retrouver dans le Code pénal.Cela étant, Amnistie internationale, organisme phare des droits de la personne, a précisé sa position sur la délicate question des réparations.Si on estime essentiel que le devoir de mémoire se traduise par la reconnaissance des erreurs du passé, on est plus ambivalent quant à l’octroi de sommes que demandent par exemple des associations afro-américaines.«Dans les cas, suggère Amnistie, où l’identification des victimes et des responsables n’est pas possible, la compensation la plus efficace et la plus durable consiste à éliminer les manifestations contemporaines de la discrimination, y compris celles qui découlent de la traite transatlantique des esclaves et de la colonisation.» En lieu et place, on propose une aide accrue au développement, l’annulation des dettes et une réforme des mécanismes des échanges commerciaux.Précision Un problème technique a biffé la fin du texte publié hier sous le titre «La commission Nicolet est accusée défavoriser les projets du privé».Voici donc la dernière phrase: «Il sera notamment question des projets de construction d’un pont par la firme SNC-Ixivalin, de creuser un tunnel entre le pont Champlain et le pont Victoria ou d'en creuser un entre les ponts Victoria et Concorde.» LE DEVOIR les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9° étage, Montréal (Québec), H3A3M9 fri Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Detwir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situe au 2050.rue De Bleury.9* étage.Montréal.(Quebec), H3A3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.$00.boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue «Saint-Jacques Ouest.Montréal L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Dtvoir.Lt Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc , 900.boulevard Saint-Martin Ouest, laval Envoi de publication — Enregistrement n’ 0658 Contrat de vente 40012291 DépAt légal: Bibliothèque nationale du Québec -* LE DEVOIR ?-—- Aaïuum CHUM SUITE DE LA PAGE 1 «Le réseau de desserte locale peut, avec un certain nombre d’interventions sur le domaine public et une signalisation appropriée, accueillir cet achalandage très important, précisent les fonctionnaires municipaux.J Un plan de circulation devra être élaboré et mis en | œuvre en minimisant les impacts sur le voisinage.» Afin de disperser le plus possible les automobiles qui circuleront vers le site, aucune entrée ou sortie ne sera aménagée depuis la rue Saint-Denis.Les accès réservés aux voitures seront plutôt répartis autour du site délimité par les rues Saint-Denis, Belle-I chasse, Saint-Laurent, Rosemont et Van Horne.Puisque les espaces de stationnement sont limités dans le quartier, 3000 espaces seront aménagés dans le sous-sol de l’hôpital et en structure hors sol.De plus, les résidants du quartier bénéficieront d’un système de vignettes pour le stationnement de rue.Par ailleurs, la construction d’un centre dont les dimensions dépasseront du double celles de l’hôpital Notre-Dame ne manquera pas de déranger les activités qui ont cours actuellement sur le site.Ainsi, six organismes et entreprises, dont la STCUM, la Ville de Montréal, Ilco Unican et Urgences Santé, seront touchés par les expropriations qu’effectuera la Corporation d’hébergement du Québec.Plus de 1204 emplois sont directement visés.En outre, dans une étude sur la relocalisation des services d’appoint en santé actuellement situés à proximité des trois hôpitaux qui seront regroupés quelle a réalisée, la firme Daniel Arbour et associés évalue que 1700 personnes viendront se greffer d’une manière ou d’une autre au futur centre.«La relocalisation du CHUM sur le site Saint-Denis entraînera, sur une période de cinq à dix ans après l’ouverture du nouvel hôpital, un déplacement de près de 1700 emplois reliés à divers domaines de la santé (en plus des emplois directement attachés au CHUM en tant que tel) et situés dans un rayon d’un kilomètre des campus actuels», écrit le Service de développement économique en citant ladite étude.Cela aura comme conséquence qu’une grande demande de locaux administratifs suivra l’implantation du centre.En fait c’est plus de 600 000 pieds carrés de bureaux de médecins et autres professionnels de la santé, de cliniques, de laboratoires, entre autres, qui pourraient accompagner à moyen et long terme ce déménagement Puisque «l’arrivée du nouveau CHUM induira de profonds changements dans son quartier d’accueil», les fonctionnaires précisent que, d'ici la construction du centre, plusieurs mandats seront confiés aux services municipaux pour compléter les analyses et planifier les interventions qui devront être faites.Les impacts potentiels du futur CHUM sur les ter- FFM SUITE DE LA PAGE 1 ge sur les lieux du tournage.Jugez bientôt vous-mêmes du phénomène en question puisque le film assurera lundi la clôture du FFM avant de capturer quarante écrans du Québec dès le 7 septembre.Notre petit doigt nous dit que cette fable enchantée viendra conquérir aussi le cœur des Québécois, tant elle est fraîche et drôle.En sa patrie, Jeunet, qui veille au grain, a recensé 450 critiques positives contre six négatives sur son film.Pas mal pour une œuvre d’auteur portée par un budget d’à peine 10 millions $US.«Qu’un film aussi particulier puisse toucher les gens à ce point, c’est un vrai miracle!», lance-t-il.N’empêche! Le cinéaste sait bien que la vraie grâce ne souffle qu’une fois.Jamais un tel succès, totalement imprévu au départ, ne lui tombera plus sur la poire.Ça c’est sûr.Alors, oui, il savoure son bonheur.Oui, il multiplie les tournées d’entrevues.Ce film se déroule donc à Montmartre et aligne les répliques désormais cultes sur une galerie de portraits bariolés et cocasses: l’hypocondriaque, la névrosée, l’écrivain raté, l’épicier grognon, le peintre obsédé par Renoir, le jaloux compulsif (Dominique Pinon), etc.Cela dit, il repose surtout sur les épaules de la jeune Audrey Tautou.C’est elle, la fameuse Amélie, la mère Noël semant le bonheur sur sa route.Seule, pensons-nous, cette belle actrice aux grands yeux, découverte par Jeunet sur une affiche du film Vénus Beauté, pouvait prêter vie au personnage d’Amélie.Pourtant le rôle lui échappait au départ Emily Watson, l’actrice du Breaking the Waves de Lars von Trier, devait incarner la craquante héroïne.Même que le début du film se déroulait alors en Angleterre, pour justifier sa présence.«Elle avait accepté et s'est retirée du projet en évoquant des raisons personnelles», évoque Jeunet Exit Emily Watson.Bonjour Audrey Tautou.Aujourd’hui, Jeunet voit dans son interprète une des rares jeunes actrices françaises à pouvoir créer un rôle de composition.A ses côtés, en amoureux romantique viendra se greffer le cinéaste et gcteur Mathieu Kassovitz.«Il fut mon premier choix.A cause de son talent fou.» Si vous demandez à Jean-Pierre Jeunet les raisons de son triomphe, il vous répondra que les gens ont envie de s’identifier à une héroïne généreuse, qui fait le bien autour d’elle, que chacun porte en soi le rêve de la bonté.«Un tas de filles m’écrivent pour me dire quelles ont suivi les traces d’Amélie, aidant leurs voisins, jouant de générosité.Je reçois des témoignages si touchants.C’est magique.» De son propre aveu, rien de plus difficile pourtant que de jongler avec les bons sentiments, tant ça peut devenir ringard.Il faut doser, mettre des gags, ne pas sombrer dans le cucul.On devait déjà au cinéaste à quatre mains avec Marc Caro les grinçants Délicates-sen et La Cité des enfants perdus.Jeunet avait même fait un crochet à Hollywood pour tourner Alien: la Résurrection.Tout à coup, il eut envie de créer une œuvre optimiste.D se définit comme un cinéaste efficace, sachant lier entre elles les ficelles d’un film et trouver le ton propice.«C’est une question de nez».Il en a.«Et puis Hollywood m'a appris à avoir les nerfs comme des câble d’acier.Ça aide.» Conte de fées, lœ Fabuleux Destin d’Amélie Poulain?Le cinéaste tique sur le terme avant de le tasser du revers de la main.«Dans les contes de fées, les péripéties sont imaginaires, alors que mon film est adapté d’anecdotes véridiques.Le suicide des poissons rouges s'évadant de leur bocal, je l’ai observé dans ma propre enfance.Le collectionneur de photos d’inconnus tirées des photomatons, c’est l’écrivain Michel Folco.Seul le nain de jardin qui voyage autour du monde est un épisode inventé.Conte de fées, non! la Cité des enfants perdus en était un sur le front noir.Pas Amélie.» Première pour Jean-Pierre Jeunet: jusqu’ici le cinéaste français, qui adore tout contrôler, avait toujours tourné ses films en studio.Si le jeu des repérages l’a enchanté, les irritants collés aux aléas de la température lui tombaient sur les nerfs.H a fait avec, comme on dit.Pour la première fois, Jeunet a travaillé auprès du scénariste Guillaume Lauran qui l’a un jour approché en cherchant son nom dans l’annuaire.Et puis voilà! On parlera un peu de la critique cinglante de Serge Kaganski dans Libération contre Amélie, la taxant de passéiste collée à la vieille France d’antan, la trouvant réactionnaire, voire lepéniste.Des références au passé, Jeunet en revendique bel et bien.«J’ai relu tout Prévert avant de faire Amélie.J’ai demandé à Audrey Tautou de visionner une scène du Jour se lève de Marcel Carné.» Sauf qu’il ne digère toujours pas d’avoir été qualifié de fasciste.«Je hais Le Pen.» dit-il, et mon film n'est pas franco-blanc.On y voit des “blacks", des arabes.Mais Montmartre est demeuré un peu village d’hier.Je le sais.J’y habite.» Quand Jeunet se promène à Montmartre désormais, il entend les conducteurs d’autocars de touristes lancer devant Le Marché de la Butte: «C’est ici que furent tournées des scènes d’Amélie.» Ça lui fait un velours.Il rigole doucement en l’évoquant PLQ «Le changement de garde au PQ ne Va pas aidé.Le ciment n'est pas pris entre M.Landry et la population.» SUITE DE LA PAGE 1 confirme par ailleurs l’avance des libéraux dans les intentions de vote.Selon une méthode de répartition des non-réponses accordant 60 % au PLQ, 30 % au PQ et 10 % à l’ADQ, les troupes de Jean Charest mènent avec 48 % des appuis, soit dix points devant les péquistes.Loin derrière, l’Action démocratique du Québec récolte 13 %.Au fil des derniers mois, les adéquistes auraient ainsi perdu des appuis au profit des libéraux.Quant à l’insatisfaction de la population à l'égard du gouvernement, elle demeure à un niveau élevé depuis le printemps, atteignant 48 % contre 44 % des répondants qui se disent très et plutôt satisfaits.«Le changement de garde au PQ ne Ta pas aidé.Le ciment n'est pas pris entre M.Landry et la population.M.Landry apparaît moins charismatique que son prédécesseur et moins près des gens», analyse M.Gauthier.Ce dernier ajoute que Bernard Landry n’a pas encore réussi à convaincre les Québécois qu’il est apte à représenter le changement que les gens semblent vouloir souhaiter.In proportion de gens souhaitant un changement de gouvernement s'élève à 56%.Si la popularité de M.Landry semble être en cause, M.Gauthier souligne que tant le PQ que le PLQ ont à jongler avec une image du chef plus faible que celle projetée par le parti.«Dans les deux cas, le parti domine le chef.[.] lœs quelques études qu'on a faites là-dessus démontrent que la bannière, l'allégeance partisane l’emportent sur le charisme ou le non-charisme des chefs», dit-il.«On met la barre haute pour les élections complémentaires», a reconnu hier Bernard Landry, qui vise à remporter la victoire dans les quatre circonscriptions considérées comme des châteaux forts péquistes.C'est au parc de l’Amérique française, à deux pas du parlement, devant plus de trois cents militants, que le chef du PQ, flanqué des quatre candidats et de la vice-présidente du parti, Marie Mal-avoy, a procédé, hier, au lancement d’une campagne unifiée sous un même slogan — «Je m enga- ge» —, à l’instar d'une élection générale, pour les quatre élections complémentaires dans Blainville, Jonquière, Labelle et Laviolette.Aux dernières élections générales de 1998, le PQ a obtenu dans laviolette 54 % des voix contre 35 % pour les libéraux et 10 % pour les adéquistes.Dans Blainville.le PQ récoltait 51 % des voix et le PLQ 28 %, talonné par l'ADQ avec 20 %.Dans les deux autres comtés, les majorités péquistes étaient plus confortables: 59 % dans Labelle et 60 % dans Jonquière.Au delà des enjeux locaux, le PQ avancera, dans ces élections complémentaires, le thème du développement régional, tablant sur ses réalisations à cet égard.Toutes les régions du Québec se sont développées depuis 1994, a souligné M.Landry.Dans toutes les régions, le chômage a baissé, même s’il subsiste encore «cette tragédie gaspésienne» où le chômage s’élève à 17 %.Rappelant la mise en place de programmes destinés aux régions-ressources, comme les congés de taxes et d'impôts pour les entreprises introduites lors du dernier budget, M.Landry a parlé de «l'offensive de développement régional sans précédent dans Ihistoire du Québec» qu'ont lancée les ministres Pauline Marois et Gilles Baril.M.Landry a également parlé d'éducation, comme s’il voulait souligner de cette manière la rentrée scolaire.«Notre parti est né sous le signe de l'engagement», a dit M.Landry, qui a évoqué la mémoire de René Lévesque, «le plus grand homme politique de Ihistoire du Québec».Le PQ n’a pas été fondé pour fournir un gouvernement provincial, a-t-il dit, bien que le parti ait tout de même fourni au Québec «les meilleurs gouvernements qu 'il ait jamais eus».Mû «par l'amour de la patrie», le PQ livre bataille pour «un Québec libre et en pleine possession de ses moyens», a dit M.Landry.Ce sentiment patriotique n’est pas «périmé ou désuet», a fait valoir le chef péquiste.A cet égard, les Québécois devraient s’inspirer du patriotisme des Américains.Inrs de son passage dans la Nouvelle-Angleterre, «la patrie de Yale et de Harvard, quand Thymne américain a retenti, tous les Américains présents ont mis la main sur leur coeur pour l’écouter», a relaté le premier ministre.rains et bâtiments limitrophes et le potentiel de développement de certains terrains à proximité des ateliers municipaux (Rosemont et des Carrières) et de la voie ferrée devront également être documentés plus amplement affirme-t-on.C’est à la fin 2006 ou au début 2007 qu’est prévue l’ouverture du CHUM, ce nouveau centre qui regroupera sous un même toit les hôpitaux Notre-Dame, Saint-Luc et Hôtel-Dieu.Les coûts de construction de ce mégahôpital de 850 à 900 lits sont évalués à 700 millions de dollars, excluant l’équipement et les coûts de déménagement précise le document de la Ville.Le projet est actuellement à l’étape de l’affichage, ce qui signifie que les citoyens ayant des commentaires à faire sur le projet peuvent les faire parvenir à la Ville au cours des 45 prochains jours.Après cela, le projet sera évalué par les membres de la Commission de développement urbain (CDU), qui devront se pencher sur le changement de zonage nécessaire avant que la première pelletée de terre ne soit effectuée.Il est toutefois prévu que le projet retournera devant les instances décisionnelles et consultatives qui seront instituées par le conseil de la nouvelle ville, après le 1er janvier 2002, dans la mesure où les différents paramètres (hauteur, densité, nombre d’espaces de stationnement, etc.) dérogeront fort probablement au règlement d’urbanisme tel que modifié.MASSACRE La coproduction russo-canadienne n'a coûté que 90 000 $ SUITE DE LA PAGE 1 lisant toutes les forces vives d’une société industrielle.Une meute de U-Boot appuyée par des escadrilles a attaqué l’immense proie le 5 juillet au matin, en plein océan Arctique.Les bombes et les torpilles ont déchiqueté les cargos et leurs escortes pendant près d’une semaine, coulant les deux tiers de la flotte, corps et biens.Les Alliés firent silence sur l’ampleur de la tragédie et les Soviétiques, maîtres en propagande et en désinformation, refusèrent de croire que 24 navires d’un seul convoi aient pu périr.Dans ses mémoires, Winston Churchill décrivit la désastreuse odyssée comme «un des épisodes navals les plus tristes de la guerre».Le Britannique Joe Coleman survécut à cet enfer de glace et de fer.Il avait dix-neuf ans.D bossait comme marin sur un des cargos battant pavillon de Sa Majesté rescapé du massacre.Pendant des années, des décennies, Joe Coleman n’a jamais parlé de cette expérience de mort qui lui avait laissé comme une cicatrice sur l’âme.Il y a dix ans, au cinquantième anniversaire du drame, le Britannique a commencé à se confier à ses proches, notamment à son fils Bill, danseur et chorégraphe maintenant établi à Montréal.Bill Coleman a décidé il y a trois ans d’en faire le sujet d'une œuvre épique, devenue le Requiem for Convoy FQ-17.La première mondiale est présentée ce soir, au théâtre Alexandrenski de Saint-Pétersbourg, l’ancienne Leningrad, pour marquer le soixantième anniversaire, jour pour jour, de l’arrivée du premier convoi allié en URSS, le 31 août 1941.La création ouvre trois jours de commémorations auxquelles participent des survivants.Malgré le courage de la marine marchande alliée, en partie canadienne, l’embargo nazi imposé à Leningrad pendant deux ans a coûté la vie à un million de personnes.«Ici, à Saint-Pétersbourg, j’ai rencontré plusieurs personnes âgées qui m’ont raconté avoir survécu grâce aux convois», dit Laurence Lemieux, rejointe avant-hier soir à son hôtel, en Russie.Mme Lemieux est la femme du chorégraphe.«Un vieux m’a raconté se souvenir encore du goût de la nourriture livrée.Je crois que les Russes sont infiniment reconnaissants parce que des gens ordinaires de l’autre bout du monde, de simples marins, ont risqué leur vie pour sauver la leur.» Bill Coleman a déjà chorégraphié une cinquantaine d œuvres et il a notamment dansé pour The Martha Graham Dance Company et la Fondation Jean-Pierre Perreault Laurence Lemieux a beaucoup tra-vaillé au Toronto Dance Theatre.Us œuvrent en duo depuis des années.Elle interprète le Requiem avec son mari, la danseuse Anne Bruce Falconer, de même que Daniel May, lui-même un vétéran américain devenu chanteur.Christopher Butterfield, compositeur en résidence au Victoria Symphonie Orchestra, s'est chargé de la trame originale pour chœur et orchestre.«La musique crée des mouvements ondulatoires qui imitent la mer sur laquelle se retrouvent trois marins», explique Mme Lemieux.Elle même incarne «une sirène qui est aussi la mort».Elle volera finalement la vie du plus jeune des hommes, interprété par Falconer, l’autre femme du quatuor.«C’est une danse contemporaine, abstraite, mais narrative, avec une histoire concrète, comprenant l'embarquement, une tempête, l'attaque fatale.» L’aventure esthétique a connu quelques ratés.Il a par exemple fallu payer une «rançon» de 500 SUS pour «libérer» des douanes la scénographie de l’artiste visuel David Gaucher, en forme de navire stylisé.N’empêche, malgré la difficulté des conditions de travail et de création en Russie, ne serait-ce qu’en raison du besoin incessant d’un truchement, Mme Lemieux sort enchantée de son expérience.«On s’attendait au pire, mais franchement, ç’a été magnifique.explique-t-elle.L'Orchestre symphonique de Saint-Pétersbourg a joué la partition pour la première fois lundi, presque sans fautes dès la première prise.Ce sont des artistes exceptionnels, généreux et dévoués.» In coproduction russo-canadienne n’a coûté que 90 000 $, fournis par les Conseils des arts du Québec et du Canada, mais aussi et surtout par des organismes russes, dont quelques associations de vétérans.«L'orchestre ne nous coûte rien et la salle est fournie gratuitement, dit Mme Lemieux.C'est ironique: nous avons finalement été plus aidés par un pays pauvre.» Le spectacle sera présenté en première canadienne à Victoria le 10 novembre.Le couple Coleman-Lemieux espère pouvoir le monter à Montréal did un an ou deux, s'ils trouvent les fonds nécessaires.La grande histoire, universelle, rejoint la petite, personnelle.Joe Coleman, le survivant a maintenant
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