Le devoir, 1 septembre 2001, Cahier A
e www.ledevoir.fom ?Vol.X C I N ° 1 9 7 ?LES S A M E 1) I 1 “ E T D I M A N (' Il E 2 S E P T E M 15 RE 2 0 01 1,9 7)$ ?t \ x k s = 2 .2 .r> $ ,E DEVOI ACTUALITÉS Les squatteurs rejettent l’ultimatum de la Ville Page A 3 LES ARTS Artv, une télé attendue Page A 5 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une mini-réplique du mur de Berlin a été érigée hier matin rue de Bleury par le cinéaste Roland Suso Richter pour le lancement de son film, Le Tunnel.Figurants en costumes de soldats allemands y allaient de leur petit numéro devant les crépitements des caméras.' Le tunnel de la liberté Le cinéaste allemand Roland Suso Richter fait revivre une histoire véridique, captée en 1963 par les caméras de NBC News ODILE TREMBLAY LE DEVOIR e mur de Berlin, celui qui a séparé les amants, les familles, les amis, celui sur les barbelés duquel périrent tant de fugitifs abattus, ce mur-là, plaie d’une ville fracturée, est demeuré imprimé dans toutes les mémoires, 11 n’est tombé qu’en 1989, autant dire hier.Si bien que ni les passants ni les cinéphiles qui déambulaient en lace du cinéma Impérial ne pouvaient rater sa mini-réplique érigée hier matin le temps d’un film.Figurants en costumes de soldats allemands y allaient de leur petit numéro devant les crépitements des caméras.Pourquoi illustrer le cauchemar révolu?Coup des distributeurs: pour souligner la présence en compétition au FFM duTunnel du cinéaste allemand Roland Suso Richter, abordant l’érection mouvementée d’un couloir sous le mur de Berlin de même que la spectaculaire évasion collective qui s’ensuivit Tant de cinéastes allemands abordent l’histoire de leur pays en son XX' siècle à feu et à sang, qu’on a envie d’y lire une vraie obsession nationale, une honte toujours vivace.Le IIi* Reich constitue en soi une mine inépuisable de scénarios apocalyptiques.Vint au début des années 60 cette plaie du Mur couvrant d’une cicatrice le visage de la nation scindée.De quoi puiser et puiser encore dans les annales la trame de récits sans fin, collés au réel, car la réalité dépassa alors toute fiction.Cette histoire de Tunnel est donc tirée d’une aventure véridique.Et même filmée en deux temps.Lorsqu’un groupe d’Allemands de l’Ouest ont uni leurs efforts en creusant dans la terre et la boue un tunnel pour aller chercher leurs proches demeurés de l’autre côté du Mur, ils obtinrent l’aide financière d’une équipe de NBC News, en échange de scoop et d’images.Or en 1963, une fois l’évasion réussie, cette histoire filmée fut bel et bien diffusée, raflant trois Emmy Awards au passage.On peut donc qualifier l£ Tunnel de remake d’un reportage télé.Etrange pont de caméras réelles et fictives à près de quarante ans d’intervalle.Le cinéaste Roland Suso Richter est né en 1961 à Marburg en Allemagne l’année même de l’érection du mur.Ça enflamme une sensibilité.Chaque année, il allait voir son oncle à Berlin, regardant ce Mur qui symbolisait tout ce qu’il avait à symboliser.Quant au régime d’Hitler, à l’Holocauste, à la défaite, ils ont marqué toute son enfance.«J'ai grandi avec cette histoire.Comment pouvais-je poker à côté?» Prolifique chez lui, souvent collé à l’histoire nationale — il réalisa notamment Pour une poignée d’herbe présenté l’an dernier en compétition au FFM —, Roland Suso Richter est hanté lui aussi par le brûlant passé de son peuple.«Il fut un temps où l’Allemagne était unifiée, un autre où elle fut scindée.Depuis la chute du Mur, elle recolle ses parties.J’ai eu envie de témoigner à mon tour des drames liés à cette fracture qui nous a tant marqués.» « Il fut un temps où l’Allemagne était unifiée, un autre où elle fut scindée.Depuis la chute du Mur, elle recolle ses parties.J’ai eu envie de témoigner à mon tour des drames liés à cette fracture qui nous a tant marqués.» VOIR PAGE A 10: TUNNEL ¦ Autres informations en page A 6 L’électricité du Québec n’est pas « verte » «Au mieux, très peu de centrales pourraient se qualifier selon les régimes de certification les plus crédibles», conclut une étude LOUIS-GILLES F K A N C CE U R LE DEVOIR Il y a au mieux très peu de centrales | hydroélectriques] au Québec qui pourraient se qualifier comme “vertes”, selon les régimes de certification les plus crédibles, à cause, entre autres, de leurs faibles niveaux de débits réservés.» C’est ce que conclut Philip Raphals, du Centre de recherche en énergie Hélios, qui divulguait hier un rapport-synthèse, qu’il signe, sur «l’hydroélectricité à .l’ère des marchés concurrentiels».Ce rapport a été commandé par l’International Rivers Networks, un organisme américain de recherche et d’intervention dans des dossiers mettant en cause les grands cours d’eau et les grands ouvrages hydro électriques un peu partout sur la planète.Même s’il a été réalisé par un chercheur québécois, ce rapport se réfère aux marchés et aux mécanismes de concurrence et de planification de l’ensemble du marché nord-américain et non seulement au cas du Québec.Philip Raphals ne pense pas qu’il faille rejeter la VOIR PAGE A 10: CENTRALES Racisme : Annan appelle à éviter les accusations mutuelles La polémique attendue sur le Proche-Orient a surgi hier dès l’ouverture de la conférence de l’ONU contre le racisme à Durban, Kofi Annan appelant à ne pas s’engluer dans des «accusations mutuelles».I^es organisateurs ont cherché à apaiser diverses controverses survenues lors des préparatifs de cette conférence que plusieurs pays occidentaux menaçaient de boycotter.IDÉES PERSPECTIVES EMMANUELLE LAMOUREUX COLLABORATION SPÉCIALE Gil Courtemanche au Devoir \ A partir d’aujourd’hui, Le Devoir est heureux d’accueillir dans ses pages le journaliste et écrivain Gil Courtemanche.Auteur, entre autres, de Douces Colères (1989) et de Nouvelles Douces Colères (1999), de Trente artistes dans un train (1991) et d’Un dimanche à la piscine à Kigali, roman remarquable qui lui a récemment valu le prix des Libraires, Gil Courtemanche a aussi été pendant de nombreuses années journaliste à la radio et à la télévision.Il est connu pour son franc-parler et ses idées-chocs qui secouent les lieux communs.Nos lecteurs et lectrices auront le plaisir de le retrouver tous les deux samedis dans notre page Idées, en alternance avec la chronique de Denise Bombardier.¦ À lire en page A 9 INDEX -4 Annonces.B8 Avis publics.B 4 Bourse.B 7 Carrières.A6 Économie.B 1 Éditorial.A 8 Idées.A 8 Jardins.B 10 Monde.A 7 Mots croisés .B 4 Météo.B 2 Sports.B 9 » Héros malgré lui Vous êtes un pur inconnu sur lequel les projecteurs de l’actualité se braquent Disons, tiens, un pilote d’avion qui réussit un atterrissage particulièrement spectaculaire.Nous allons vous donner un conseil: fuyez les caméras s’il s’est passé quoi que ce soit de répréhensible dans votre vie.Le commandant Robert Fiché, ce fameux pilote qui a réussi un atterrissage d’urgence aux Açores avec son Airbus, est demeuré flegmatique et discret lors d’une conférence de presse largement médiatisée en début de semaine.Bombardé de questions sur ses états d’âme, inondé d’interrogations sur ce qu’il pensait aux conunandes de son avion, il n’a rien dit Je n’ai fait que mon travail, répétait-il.Pas de tripes sur la table, pas de larmes à capter en direct, pas de grandes leçons de vie qui auraient pu éclairer les masses, aucun désir de se prendre pour Saint-Exupéry, le tout au grand désespoir des caméras affamées.Hier Le Journal de Montréal et La Presse ont tous deux fait leur manchette principale avec le fait que M.Fiché avait déjà fait de la prison dans les années 80 pour avoir transporté de la marijuana dans un avion.Condamné, il a obtenu son pardon après avoir purgé sa peine.Ces deux manchettes, fruit d’une compétition effrénée entre les deux journaux, ont créé une véritable commotion dans la population et suscité l’indignation.Fallait-il publier cette information?Question complexe.De prime abord non, la connaissance de ces événements n’ajoute rien au vol de l’Airbus, et il s’agit du destin personnel d’un seul individu, dont le casier judiciaire avait été «lavé».Mais si on veut en faire un héros, donner son nom à l’aéroport de Mont-Joli, Ihonorer a l’Assemblée nationale, il n’est pas indifférent qu’on connaisse un peu plus de détails sur sa vie.Bien qu’on puisse également soutenir que des comportements passés n’ont rien à voir avec un geste récent pour lequel on veut vous féliciter.Tout le problème vient justement de ce qu’on veut faire de M.Fiché.Les médias et certaines institutions tiennent absolument à en faire un héros.Lui ne le veut pas.Il ne se voit aucunement en héros.Pour le commun des mortels qui ne connaît rien au pilotage peut-être que M.Fiché n’a effectivement fait que son travail.Peut-être même a-t-il des choses à se reprocher lors de ce fameux vol.On n’en sait rien et l’enquête sur les événements n’est pas terminée.Mais la machine médiatique, elle, se préoccupe peu de ces subtilités.Elle a besoin de grandiose, de spectaculaire, vite, tout de suite.Elle carbure aux émotions fortes, elle carbure aux drogues dures.Elle avait trouvé un héros.Elle tenait à en faire un héros.Prenant connaissance des errements dans son passé, elle en a fait de gros titres.Le titre le plus magnifique était celui du Journal de Montréal hier: «Piché n’a pas toujours été un héros!».Mais qui avait décidé VOIR PAGE A 10: HÉROS Paul C a u ch o n Durban, Afrique du Sud — Ijh Conférence mondiale des Nations unies contre le racisme a débuté hier à Durban, en Afrique du Sud, en présence d’une quinzaine de chefs d’Etats pour la plupart africains et de plusieurs dizaines de ministres des affaires étrangères.Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a reconnu que les préparatifs menant à la conférence avaient été difficiles.«Nous sommes tous d’accord pour condamner le VOIR PAGE A 10: RACISME REUTERS mmuL < 778313000696 I.E DEVOIR.LES SAMEDI ! ‘* ET DIMANCHE SEPTEMBRE 2 0 01 LES ACTUALITES Communication Canada Des millions pour combattre le Québec, dit Facal PIERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — Le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Joseph Facal, a accusé le gouvernement fédéral et son ministre Alfonso Gagliano de faire de Communication Canada «un organisme de propagande de 125 millions pour combattre ni plus ni moins le seul gouvernement du Québec».«Ce n’est évidemment pas un hasard, a-t-il affirmé, hier au cours d’une entrevue téléphonique, si cette insistance du gouvernement fédéral pour supposément mieux informer les Canadiens a commencé à se manifester au lendemain de la frousse référendaire de 1995.» «Ottawa est en train de rendre encore plus efficace, de concentrer encore plus, a poursuivi M.Facal, la force de frappe en matière de propagande la plus massive que le Canada ait connue en temps de paix.» Après avoir rappelé que Communication Québec, pour l’ensemble des opérations gouvernementales et ministérielles, investit a peine 10 millions, M.Facal a souligné qu’en plus du budget de 125 millions aL loué à Communication Canada, il faut ajouter «au moins 500 millions additionnels» que, selon lui, le gouvernement fédéral investit dans les campagnes de Patrimoine Canada, les budget alloués aux célébrations des fêtes du Canada, les dépenses faites par le ministère des Affaires intergouvemementales de Stéphane Dion et les investissements dans des séries télévisées, entre autres celle sur l’histoire du Canada.«Cela démontre que le gouvernement central, a noté M.Facal, a« nom de cette croisade qu 'il appelle l'unité canadienne, n'a plus aucune retenue, ni aucune pudeur.» Selon M.Facal, le ministre Gagliano compare «des pommes et des oranges» et tente de minimiser la gravité des gestes que fait son gouvernement en matière de propagande politique lorsqu’il oppose sa décision a celle du gouvernement du Québec, prise en avril dernier, de mettre en place une structure légère de trois per- sonnes chargées de coordonner les annonces gouvernementales.•Cela n 'a pas de commune mesure, a-t-il dit avec la charge entreprise par le gouvernement fédéral dans sa croisade pour l’unité canadienne et que la création de Communication Canada vient amplifier.» «Alors que la priorité du gouvernement fédéral semble être la création de Communication Canada au coût de 125 millions de dollars, a conclu M.Facal, le gouvernement du Québec, lui, a jugé plus approprié de consacrer ses ressources pour les citoyens» îflUiïîJlL'U! jWt iinil i jjjj^ Chaque semaine sous le regard novateur de Palmarès, les artistes de partout au Québec et au Canada prennent la parole et partagent leur univers.CE SOIR • Le palmarès de Viola Léger • L’exposition Artcitéà Montréal • Un portrait de l’artiste photographe Hans Mettler La série-phare de la chaîne européenne ARTE fait son entrée chez nous.Chaque semaine, un grand voyage culturel unique.CE SOIR • Visitez les jardins de Versailles avec comme guide Louis XIV • Retrouvez ensuite le Roi Soleil dans le chef-d’œuvre de Sacha Guitry Si Versailles m'était conté arrv L’art en spectacle www.artv.ca dans les régions de Montréal et de Québec pour les abonnés au satellite 19 h à 23 h THEMA: Versailles Palmares A^-ÆLÀ.* mmifnu Évaluation de la carte santé à puce Québec se passera de l’avis de sa propre agence ROBERT DUTRISAC DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Brûlant les étapes, le gouverne-ment a écarté du dossier de la carte santé à puce sa propre agence d’évaluation des technologies en santé, qui ne pourra pas produire de rapport sur le projet d’implantation.Au sein de l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS), qui a remplacé en juin 2000 le Conseil d’évaluation des technologies, les scientifiques s’intéressent vivement à l’introduction de la carte santé à puce et au dossier patient informatisé qui l’accompagne.«On a suivi le dossier de près parce que c’est un dossier extrêmement important», a livré au Devoir le président-directeur général de l’agence, Renaldo Battista.Délai d’un an Mais jusqu’ici, ni le ministre d’Etat à la Santé et aux Services sociaux, Rémy Trudel, ou son prédécesseur Pauline Marois, ni la Régie d’assurance-maladie du Québec (RAMQ), le promoteur de la carte santé à puce, n’a daigné faire appel à l’AETMIS pour évaluer le projet avant son implantation.L’évaluation des nouvelles technologies, un travail qui peut prendre de six mois à un an, se fait généralement avant quelles ne soient introduites, assure-t-on à l’agence.M.Battista a souligné que l’AETMIS est disposée à évaluer l’implantation de la carte en cours de route avec d’autres partenaires, si nécessaire.Selon lui, il est nécessaire de faire une évaluation systématique de l’impact de l’introduction de la carte santé à puce.«La porte est certainement ouverte à une collaboration pour les étapes subséquentes», a-t-il dit Pas de mandat Au gouvernement, on estime que l'AETMIS n’a pas le mandat pour faire une telle évaluation.L’agence ne doit évaluer que les techniques et appareils servant directement aux soins.«La carte à puce, c'est un outil administratif d’information», a précisé Renée-Claude Boivin, attachée de presse du ministre Rémy Trudel.«Ça ne contribue pas à améliorer la santé mais à améliorer l'administration du système de santé.» L'AETMIS ne sera donc pas «associée étroitement» à l’évaluation du projet de carte santé à puce comme la Commission d’accès à l’information (CAI), a-t-elle indiqué.Tout au plus l’agence sera-t-elle conviée à faire ses commentaires avant le dépôt du projet de loi à l’automne au même titre que d’autres intervenants.M.Battista n’est pas d’accord avec cette interprétation restrictive des responsabilités de l’agence.«Le mandat de l'agence est beaucoup plus large depuis juin 2000», a-t-U rappelé, soulignant qu’une innovation comme celle de la carte à puce fait clairement partie du champ d’évaluation de l’AETMIS.L’agence a pour mandat d'évaluer l’introduction de toute nouvelle technologie touchant la distribution de soins de santé, y compris «les procédures et les systèmes organisationnels de support», précise l’organisme dans les documents officiels.Empressement Le gouvernement semble pressé de procéder à l’implantation de la carte santé à puce dont le principe a été entériné en avril par le conseil des ministres.Un projet de loi en ce sens est en préparation.La RAMQ a mis fin prématurément à un projet-pilote de carte à puce à Laval.Le ministre Trudel va de l’avant sans attendre les rapports devaluation de l’expérience.Le mois prochain, le ministre doit recevoir le rapport du Comité de surveillance sur la gestion du consentement des usagers.A cet égard, en raison de la minceur des données statistiques qui peuvent être tirées du projet, on sait déjà que le Comité de surveillance ne pourra faire qu'une évaluation théorique, sur papier, de Tex-périence-pilote.# LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 ‘ * ET DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2 O O I A A -?LE DEVOIR ?- ACTUALITES Au nom de la dignité Z " S-A ¦ WSfsfî ____ REUTERS UNE PATIENTE britannique atteinte d’une maladie neurologique grave et souhaitant être eutha-nasiée par son époux a remporté hier une première victoire juridique, la justice estimant que le gouvernement violait les droits de Diane Pretty en refusant que son époux, Brian, l’aide, à mourir.Alors que l'euthanasie est interdite en Grande-Bretagne, le juge Stephen Silberde la Haute cour de Londres a autorisé la plaignante à déposer une requête garantissant l’impunité à son mari.Se déplaçant en chaise roulante et n’ayant qu’une mobilité des membres très réduite, cette femme de 42 ans souhaite avoir le droit de mettre fin à ses souffrances au nom de la dignité, a expliqué son avocat, M‘ Philip Havers.Centre Préfontaine Les squatteurs rejettent l’ultimatum de la Ville Ladministration Bourque refuse de dire si la police évincera les jeunes mardi matin SÉVERINE DEFOUNI LE DEVOIR Les squatteurs du Centre Préfontaine refusent de quitter l’établissement mardi matin malgré l'avis d eviction que leur a donné, jeudi, le maire de Montréal, Pierre Bourque.Ils l’accusent de faire la «girouette» en cette période de campagne électorale.Espérant faire plier le maire, la cinquantaine d'occupants demandent à la population de manifester son appui à l’occasion d'une grande fête de quartier qui se tiendra sur leur terrain lundi midi.«On pense qu 'on peut apporter beaucoup à la communauté, dit Marie-Claude Goulet, porte-parole, avec le projet mixte de type OSBL qu’on veut implanter ici.» Le projet mixte de logement communautaire et de centre culturel incorporait à la fois des services comme une bibliothèque dont l'accès serait gratuit, une cuisine communautaire, une fennette (une chèvre se promène déjà sur le site) en plus d’unités de logement et de chambres pour les voyageurs de passage à Montréal.«C'est même Armand Fichaux (de la Ville] qui nous avait suggéré d'utiliser l’espace du terrain pour accueillir les tentes des voyageurs.Maintenant, la Ville fait un virage à droite et nous annonce qu’elle ne veut pas qu’on fasse notre projet ici», déplore Mme Goulet Les squatteurs se disent surpris de cette décision puisqu’au moment où l’idée leur était venue de déve-lopper un projet d’habitation communautaire, la Ville, selon Mme Goulet, leur avait promis de les laisser résider à la nouvelle adresse pendant une période «de six mois à deux ans», le temps qu’il leur fallait pour réaliser le projet Promesse au sujet de laquelle le maire est demeuré muet Mardi, à la demande de la Ville, les squatteurs ont procédé à un vote pour déterminer leur volonté à in tégrer ce projet dans un cadre légal.U's deux tiers des gens présents à l’assemblée générale se sont prononcés en faveur de cette solution.Pour les squatteurs, il s’.igissait d’une percée dans les négociations.Mais lorsqu’ils ont rencontré des représentants de la Ville, jeudi, pour poursuivre les discussions, «le ton avait complètement changé, dit Mme Goulet.Ils nous ont dit qu 'ils avaient des projets immobiliers pour l'édifice et qu il fallait l'évacuer» Ni la Ville ni le maire Bourque n’ont fait état hier de la possibilité de vendre l’immeuble.L'ultimatum aurait plutôt été lancé parce que «le comportement des résidants au Centre Préfontaine au cours des dernières semaines constitue un bris du lien de confiance établie entre la Ville et les squatters.» Selon le maire, les squatteurs n’auraient pas respecté leurs engagements pris au moment du transfert de l’immeuble de la rue Overdale — qu’ils avaient occupé illégalement: ils ont fait des altérations au Centre Préfontaine sans autorisation, n'ont maintenu aucun contrôle sur les occupants de lieux et ont empêché les employés de la Ville d'y accéder.le maire a aussi aftirmé que le dialogue entre la Ville et les occupants étaient difficiles.«L'entente était défaire un projet de logements communautaires.Nous avons essayé d’en élaborer un mais iis n'ont pas de besoins réels en habitation.Ils manquent de capacité pour exprimer leurs besoins.» la Ville se dit toutefois prête à soutenir le développement d’un projet d’habitation communautaire «en mettant à la disposition du groupe les ressources et les spécialistes de la Ville».les squatteurs demandent de rester et accusent le maire de ne pas être conséquent.«Four lui, il s'agit juste d'un enjeu électoral alors qu'il y a des conséquences au niveau social, dit Mme Goulet On va se retrouver dans la rue la semaine prochaine.Ça va juste être des coûts sociaux de plus alors qu’en étant ici, on ne coûte rien.» la Ville n’a pas encore dévoilé si elle fera appel aux policiers advenant le cas où les résidants refusent de quitter l’immeuble mardi matin.L’arrivée de CanWest provoque le départ de l’éditeur du quotidien The Gazette LE DEVOIR éditeur du quotidien anglo-' phone, The Gazette, Michael Goldbloom, quittera son poste le 1" octobre prochain.Dans une note de service qu’il a fait parvenir à tout le personne] hier, il a justifié son départ par la divergence de vues avec la nouvelle adminis- tration mise en place à la suite de la transaction CanWest/Hollinger l’an dernier.«lorsqu’une entreprise change de mains, il y a inévitablement une période durant laquelle les nouveaux propriétaires et les cadres en place doivent déterminer s'ils voient les choses du même œil et s’ils sont compatibles, écrit- il.CanWest a une méthode de gestion plus centralisée et nos points de vue ont été différents quant à certains aspects opérationnels.» Dans son message, M.Goldbloom a tenu à souligner les «qualités journalistiques maintenues par nos rédacteurs et journalistes» et exprimé sa confiance en l’avenir du journal.Renseignements personnels Le cédérom serait le fait des Hells, dit l’ex-enquêteur Guy Ouellette BRIAN MYLES LE DEVOIR Le cédérom contenant des renseignements sur 614 individus reliés de près ou de loin aux Rock Machine provient des Hells Angels.L’ex-enquêteur de la Sûreté du Québec (SQ) Guy Ouellette est formel.M.Ouellette a nié hier que ces dossiers fouillés puissent émaner de la SQ.D a aussi démenti les informations voulant qu’il se soit fait voler un ordinateur portable contenant de précieuses données alors qu’il était au service de la police provinciale.L’hebdomadaire Allô Police et le réseau TQS ont mis la main sur un cédérom bourré d’informations sur l’organisation des Rock Machine.Le disque renferme des indications précises comme le nom, la date de naissance, l’adresse, la marque de voiture, les numéros de plaque, d’assurance sociale, de permis de conduire et de prisonnier, l’adresse de l’épouse et/ou de la ou des maîtresse (s), les lieux fréquentés, la description physique, le statut dans l’organisation, des photos de sources policières, etc.«J’ai vu le cédérom et la base de données originale qui a servi à le faire.Ils sont montés par un “prospect’’ des Hells du “chapitre” South, Frédéric Landry-Hétu.On Ta perquisitionné conjointement, l’Escouade régionale mixte et l’Ontario provincial police, le 23 septembre 1999», a dit hier M.Ouellette.Selon lui, il n’y a rien d’étonnant à ce que les HeÜs accumulent des tonnes d’informations sur leurs ennemis.«C’est normal.Le nerf de la guerre, c’était le renseignement.» Un ordinateur portable a bel et bien été volé, mais il appartenait à un enquêteur de la police provinciale de l’Ontario, a enfin confirmé M.Ouellette.C’était à Sherbrooke, deux mois après la perquisition chez M.Landry-Hétu.ACHETONS PEINTURES DE EDSOS, ALLAN AARON I «-((>-1888 Demander Janick Salvaille tél.: (514) 843-3101 • téléc.: (514) 843-5229 E N Le juge Garneau sous enquête (Le Devoir) — Le Conseil de la magistrature du Québec enquêtera sur les agissements du juge Gilles Garneau, dont les commentaires déplacés ont permis à un homme reconnu coupable d’agression sexuelle d’obtenir un deuxième procès.Gilles Dégarie était accusé d’enlèvement de séquestration, de menaces et d’agressions sexuelles.Le juge Garneau l’a condamné à 15 ans de prison en septembre 2000.Croyant que les micros de la salle d’audiences étaient fermés, M.Gar- B R E F neau avait suggéré au procureur de la Couronne d’invoquer devant lui un arrêt de la Cour suprême qui fait référence aux situations dans lesquelles un juge peut imposer la peine maximale.Cet incident a permis à Gilles Dégarie d’obtenir un nouveau procès en appel.La victime a refùsé de témoigner lors du deuxième procès parce qu’elle ne voulait plus revivre ces événements.Le juge François Doyon a quand même tenu compte des déclarations qu’elle avait faites lors du premier procès.Au bout du compte, Gilles Dégarie a été reconnu coupable de séquestration et de menaces de mort seulement La galerie Art Select inc.importateur de meubles exclusifs de 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que c’est la faute des autres.Les gens de l’UQAM restent trop dans leurs bureaux.On doit sortir sur la place publique et faire connaître notre université.En ne portant pas l’information à l’extérieur, on fournit les conditions propices pour que l'on pose des jugements sur nous — des jugements non fondés mais qui sont là tout de même.» Roch Denis se voit d’abord et avant tout comme un ambassadeur.Entré en poste le 1" août, le recteur a visiblement la tête pleine d’idées.11 se voit déjà rencontrer des représentants du gouvernement et organiser de multiples rencontres de presse.Déjà, M.Denis vante les mérites de son école de gestion, de son département de biologie, de ses facultés des arts et des sciences sociales et de l’éducation.«Dans les domaines où elle œuvre, l'UQAM n’a rien à envier aux autres universités», tranche-t-il.«Ce n’est pas du “bluff ou une manœuvre de marketing.Chaque jour, je rencontre des professeurs, des cadres et des étudiants qui sont associés à des projets et des initiatives.Il nous faut montrer ce que fait cette grande université publique.!.] D’ici quelques mois, on ne devrait plus se demander que fait l’UQAM.On devrait être capable de nommer une, deux, trois, cinq ou dix de nos réalisations.» M.Denis a derrière lui une longue expérience syndicale.Professeur au département de science politique de l’UQAM depuis 1971, il a été président du Syndicat des profes-seures et professeurs de 1989 à 1993 et pré sident de la Fédéra- ^ lion québécoise des pro-fesseures et professeurs d’université de 1993 à 1999.«Mes années de travail syndical m'ont donné une vue d'ensemble qui me permet de mieux cerner la place de l’UQAM et ses jbrces», croit-il.Le nouveau recteur reconnaît que l’Université de Montréal et l’université McGül sont de grandes universités, mais il précise qu’elles ont toutes deux des facultés de médecine qui drainent un important pourcentage des subventions de recherche.«Dans les classements des universités en Amérique du Nord, ces fonds de recherche en santé et dans le domaine biomédical font la distinction pour ce qui est de la grandeur affirmée des universités.Mais cela ne veut pas dire que la grandeur des universités ne loge qu’à cette enseigne.» Et l’UQAM n’est pas une université de second choix pour les professeurs et les étudiants, soutient Roch Denis.«Ce n'est pas vrai en communication, en éducation, en arts, en biologie, en science politique, en gestion ou en psychologie.Dans ces domaines, on choisit l’UQAM parce que nous offrons un enseignement de qualité.Tout cela mérite d’être revu et corrigé et je vais m’y employer» Une question de survie Informer le public sur l’UQAM est une question de survie pour Roch Denis.Durement frappée par les compressions budgétaires dans les années 1990, l’UQAM a eu peine à se relever.«Nous ne disposions pas de points d’appuis ou d’assises que des institutions plus anciennes ont.Par le biais de ses fondations, l’université McGill avait, il y a quelques années, l’équivalent des trois quarts de l’actif de toutes les universités québécoises.» Dans son livre Les Défis de l’université du Québec, publié l’an dernier, il écrivait que «le Québec fait le double pari de l’accessibilité et de la qualité.Mais ce choix a nécessité et va continuer à nécessiter d’importants engagements publics.Il manque de places, il manque de professeurs, il manque de bibliothèques et d’équipements scientifiques.Il faut maintenant pourvoir à ces besoins, car l’accessibilité sans la qualité n’est pas plus envisageable aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a trente ans.» Aujourd’hui recteur de l’UQAM, Roch Denis n’en démord pas.D se dit soulagé par le «redressement» du financement des universités, mais il avertit le gouvernement du Québec que ce redressement n’est que partiel.«Nous vivons encore en période d’austérité imposée, clame-t-il./’«pere que dans les prochaines années, en montrant ce que nous sommes, nous allons convaincre les autorités de l’importance de nous financer.» Au début de l’année, l’UQAM signait son contrat de performance avec le ministère de l’Education.Ce contrat garantit un réinvestissement de 98,5 millions sur trois ans, dont 25 millions iront éponger le déficit accumulé.En échange, l’UQAM s’engage à embaucher 160 professeurs et à faire passer son taux de diplomation de 69 % à 80 % d’ici 2010.«Cette cible n’est pas inatteignable, mais il faudra que les ressources soient au rendez-vous», souligne M.Denis.Selon lui, il y a aussi un important travail de coopération à établir, une idée qu’il a également avancée dans son dernier livre.«J’arrive d’Europe où j'ai passé les deux dernières années [il était secrétaire général du Centre de coopération interuniversitaire franco-québécoise à Paris], J’ai été en contact avec de grands systèmes universitaires, celui d’Allemagne, de France.En Europe, il y a une grande mobilité des étudiants et des professeurs et un réseautage scienti- J'ÿ.fer T fique important.[.] Je vais appuyer très fort le développement d’un pôle universitaire d’enseignement et de recherche ici.Nous n 'avons pas encore exploré le dixième des choses que nous pouvons faire ensemble.» Montréal est l’une des plus grandes villes universitaires en Amérique du Nord, reprend le recteur.«Je nous vois une obligation de coopération plutôt que de concurrence.[.] Et ce même raisonnement, je l’applique au réseau de l’Université du Québec.» Qualité du français Bien conscient des efforts à faire pour améliorer la qualité du français des diplômés, M.Denis indique cependant que le problème doit être corrigé de façon systémique.«Au bout du processus de formation, on remarque que les étudiants ont des carences quant à la maîtrise de la langue parlée et écrite, mais ces carences ne peuvent toutes être corrigées soudainement à l’université.» Il est favorable à ce que l’UQAM se dote d’une politique à l’égard du français.«Lors de la course au rectorat, j’ai dit que je créerais un bureau de révision linguistique qui fournirait une expertise pour améliorer les textes.Il y a des centaines de communications qui sortent d’ici chaque année et c’est un besoin ressenti d’avoir un outil pour aider le personnel.Je veux le faire dans une optique de soutien et non de pénalisation.Je ne veux pas qu’on débusque les fautes, mais le français est un enjeu collectif et il faut organiser un soutien collectif.» Entre la reconnaissance et la rigueur, Roch Denis devra apprendre à manœuvrer.«Les mots “relations publiques” me paraissent limités par rapport à mon objectif, souligne-t-il.Pour l’UQAM, c’est plus qu’une cam-„ pagne de relations publiques, > c’est la place de l’université dans une société dont il est question.L’université est une institution de la société qui a une responsabilité de service public.» %! spoeccAT’ i -ç-x • ent jusqu d Grande sélection lai 60% sur lout C 5 Pour Elle 277, av.Laurier O.270-6154 Centre de Commerce Mondial 844-9125 Pour Lui Centre de Commerce Mondial 281-7999 5107.nv.du Parc 277-7558 Orphelins de Duplessis Bruno Roy offre son soutien aux dissidents BRIAN MYLES LE DEVOIR Le président du Comité des orphelins et orphelines institutionnalisés de Duplessis (CO-OID), Bruno Roy, a tendu la main aux dissidents qui contestent l’entente intervenue récemment avec Québec bien qu’il refuse de reprendre à zéro les négociations.M.Roy a commenté hier pour la première fois depuis son retour de vacances le nouvel épisode dans la saga des orphelins de Duplessis.Une cinquantaine de dissidents appuyés par le Mouvement action justice (MAJ) dénoncent le programme de réconciliation national signé le 30 juin entre le COOID et le premier ministre Bernard Landry pour un montant approximatif de 25 à 37,5 millions de dollars.Environ 1000 à 1500 orphelins internés sur la base d’un faux diagnostic médical dans la noirceur des années 40 à 60 recevront une somme forfaitaire de 10 000 $ en plus de 1000 $ par année d’internement.La compensation atteint en moyenne 25 000 $ par personne.En échange, les orphelins doivent renonce/ aux recours en justice contre l’Eglise et les médecins.Bruno Roy a senti lors des négociations que le gouvernement péquiste tenait mordicus à cette clause de renonciation.Il a même dit aux membres du COOID que cette quittance avait «quelque chose d’immoral».«L’Eglise réussit encore une fois à acheter le silence aux frais des contribuables, avec la complicité du gouvernement», dit-il en entrevue téléphonique.Mais lors d’une assemblée spéciale, les membres du COOID ont voté en faveur de l’entente envers laquelle Bruno Roy reste critique.«J'ai essayé de négocier plus, mais je n’ai pas été capable.» Il saisit mal l’empressement du MAJ à défendre les dissidents en colère.Aux fins de l’entente, seuls les orphelins internés dans les hôpitaux psychiatriques sous un faux diagnostic toucheront des compensations.Les autres, ceux qui ont transité dans les orphelinats, les crèches, les écoles d’industrie et autres institutions non psychiatriques, sont exclus de la réconciliation nationale.Ils ont pourtant grandi pour la plupart dans le viol et la violence.Cette distinction entre les orphelins qui furent placés en institution psychiatrique et ceux qui ne le furent pas remonte à 1993, précise Bruno Roy.La définition d’un orphelin de Duplessis a fait l’objet d’un resserrement à trois reprises depuis la création du COOID il y a huit ans.C’est ce qui fait dire à M.Roy qu’il ne faut pas confondre «orphelins du Quebec* et «orphelins de Duplessis».«H n’y a pas eu d’exclusion, il y a eu précision, il y a eu redéfinition du groupe.Sans cette redéfinition, il n’y avait pas de réparation possible et l’injustice se serait poursuivie à jamais puisqu'il n’y aurait pas eu de règlement», écrit-il dans une lettre adressée au MAJ.Après l’échec des premiers recours collectifs, Bruno Roy s’est rendu compte qu’il fallait resserrer la définition d’orphelin.Pour espérer une entente globale, il fallait trouver un point en commun à tous ces enfants abandonnés.Un point en commun qui allait au-delà du ample fait d’avoir été placé en institution, parce qu’il ne s’agit pas d’un préjudice en soi aux yeux de la justice.Les sévices sexuels et physiques ne suffisaient pas.Restait le faux diagnostic de maladie mentale.M.Roy estime que les victimes de violence et de viol, comme les ex-pensionnaires d’Huberdeau, doivent entreprendre un recours distinct pour obtenir réparation — «et ça, mon Dieu, que c’est difficile à leur faire comprendre!» M.Roy se dit même prêt à aider les enfants d’Huberdeau et il tend la main au MAJ à cet effet.Contrairement à ce qu’a écrit Le Devoir, il reste président du COOID jusqu’à la fin de son mandat De même, le COOID n’est pas appelé à disparaître malgré l’entente conclue avec Québec, a-t-il assuré.Une rencontre entre Bruno Roy et le fondateur du MAJ, Yves Manseau, est prévue jeudi.Petite Patrie L’arrivée du CHUM permettra de remettre de l’ordre dans le secteur FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Bien que l’impact de l’implantation du futur centre hospitalier dans la Petite Patrie sur les résidants sera majeur, la CDEC de l'arrondissement estime que la communauté peut sortir gagnante d’un tel développement Suffit de se retrousser les manches.I-a Corporation de développement économique et communautaire Rosemont-Petite Patrie, en collaboration avec la firme d’architectes et d’urbanistes Cardinal-Hardy, évalue actuellement toutes les possibilités de développement qui pourraient découler de la construction prochaine dans sa cour du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).«Nous avons en cours une étude de faisabilité en vue de l’implantation d’un pôle santé dans le pourtour du CHUM», résume le directeur général de la CDEC, Jean-François Lalonde.Cette idée, basée sur le fait que le quartier a besoin d’un projet majeur pour appuyer sa relance, ressemble quelque peu à celle qui a vu naître la Cité du multimédia On évalue en fait la possibilité de concentrer, dans ce qu’il est convenu d’appeler le pôle Marconi-Alexandra (Beaubien, du Parc, Saint-Laurent et Jean-Talon), nombre d’entreprises œuvrant dans le domaine de la santé.«On veut greffer au CHUM un secteur industriel, explique M.Lalonde.On est en train de valider l’intérêt des industries de s 'installer dans le pourtour de l'hôpital et d’étudier les stratégies à mettre en place pour que ce soit du développement économique local intéressant.» La zone Marconi-Alexandra est actuellement développée «très bizarrement», selon M.Lalonde, et il serait temps de mettre un peu d’ordre dans tout cela «U faut voir comment cette zone peut répondre à des besoins résidentiels et institutionnels parce que actuellement, un complexe côtoie un Body Shop qui côtoie une industrie, etc.Cest plutôt anarchique.» Cette étude, qui n’en est qu’une parmi d’autres sur la revitalisation du quartier, sert deux objectifs: réagir à l’implantation du CHUM et préparer la CDEC pour la révi- sion du plan d’urbanisme prévue après la création de la nouvelle ville, le 1er janvier prochain.Ainsi, Cardinal-Hardy se penche aussi pour la CDEC sur d’autres phases ayant pour but le développement commercial de la rue Saint-Hubert, le développement résidentiel entre Saint-Denis et Papineau au nord de la voie ferrée, l’évaluation du potentiel des boulevards Saint-Laurent et Rose mont ainsi que sur l’étude d’un éventuel changement de zonage dans les îlots industriels bordant le parc Père-Marquette.Et le patrimoine?Par ailleurs, l’organisme de défense du patrimoine Héritage Montréal tient à rappeler que le terrain qui accueillera le futur centre n’est pas vacant.«Pour l’instant, on dirait qu’on est en face d'un développement comme il s’en faisait dans les années 70, où Ton tenait pour acquis qu’il n’y avait rien d’intéressant sur le terrain», a indiqué Dinu Bumbaru, le directeur des programmes.Or, un des plus anciens commerces en activité au Québec, la cour à bois Villeneuve (125 ans), sera rasé.De plus, plusieurs bâtiments de la première moitié du siècle, dont les usines Coca-Cola et Catelli (aujourd’hui transformées), seront victimes des pelles mécaniques.«Il est important d’évaluer correctement la valeur de ces bâtiments puis de les intégrer intelligemment au projet s’il y a lieu», soutient M.Bumbaru.Précision de la CHQ Enfin, la Corporation d’hébergement du Québec a tenu à corriger une imprécision qui s’est glissée dans le document du Service de développement économique et urbain de Montréal dont Le Devoir révélait les grandes lignes hier.Ainsi, l’expropriation des six sociétés qui occupent en ce moment le terrain du futur CHUM n’est-elle qu’une solution ultime, et non un fait acquis, précise-t-on.D’ici la fin de l’automne, les négociations entre lesdites sociétés et la CHQ devraient prendre fin et selon les souhaits de la Corpœ ration, aboutir à une solution qui convienne à toutes les parties. LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 ET D 1 M A X l U E S E I* T E M B R E 2 tl O 1 a r> LES A C T T A LITES Sommet de Kananaskis Atterrissage d’urgence Des retraités veulent servir de bouclier aux jeunes manifestants PRESSE CANADIENNE Edmonton — Un organisme national regroupant des personnes âgées a demande à ses membres de se joindre aux jeunes militants qui iront manifester contre le Sommet du G8 l’an prochain, à Kananaskis, en Alberta.«En plus d’exprimer notre opposition, nous formerons ainsi une sorte de bouclier pour protéger la sécurité de la jeunesse», écrit Helen O’Shaughnessy, vice-présidente de la Fédération nationale des retraités et citoyens âgés, dans une lettre aux membres de son organisme.Le Sommet du G8 regroupe les leaders des huit pays les plus industrialisés — le Canada, les Etats-Unis, le Japon, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni et la Russie.La réunion est prévue en juin, dans un site naturel situé à l’ouest de Calgary.Des dizaines de milliers de militants sont attendus à Calgary ou à Canmore, la région urbaine la plus proche, pour protester contre un système qu’ils jugent inéquitable.Il est important que tous les groupes d’âge soient représentés à la manifestation, souligne Ixmise Swift, aînée et militante d’Edmonton.Mme Swift dit qu’elle a déjà commencé à se préparer en prévision du G8, notamment en collaborant avec la section d’Edmonton des «Raging Grannies» 0es grands-mères en colère).Les Grannies, qui s’intéressent aux questions sociales, lanceront une campagne de cartes postales, la semaine prochaine, pour tenter de convaincre le premier ministre Jean Chrétien de renoncer à tenir la rencontre à Kananaskis, par respect pour l'environnement Louise Swift se dit prête à se joindre aux manifestants qui tenteront de bloquer la route menant à Kananaskis.Mais elle ne se rendra pas sur les lieux mêmes du sommet, parce qu’elle redoute les dommages qu’une manifestation massive pourrait causer à la forêt environnante.Les enquêteurs étudient Thypothèse d’un mauvais transfert de carburant E N BREF Le règlement antitabac est valide (PC) — La Cour supérieure de l’Ontario a confirmé hier la validité de la réglementation municipale d’Ottawa qui interdit de fumer dans tous les lieux publics et de travail de la municipalité.Le juge Gérald Morin conclut que la ville a le droit de prohiber l’usage du tabac en vertu de la loi régissant les municipalités ^ ontariennes, celle sur le contrôle du tabac et celle sur l’usage du tabac au travail.Philippe Bernard Amury Girod V m i r % 1.1 R 0 I) fltÉÈ Un! chez tes JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Un mauvais transfert de carburant survenu lors du vol 236 d'Air Transat, qui a atterri en catastrophe aux Açores b semaine dernière.bit partie des scenarios envisages par les enquêteurs, a confirme hier le responsable de l'enquête.«L'avion n ’aurait pas dû perdre tout son carburant si une aussi grande partie de celui-ci n 'avait été pompée de la partie gauche de l’appareil vers le moteur situé dans la partie droite, où il y avait la fuite», a déclaré Frederico Serra à l’agence Associated Press depuis l’aéroport international de Lajes, aux Açores, où l’Airbus A330 est toujours immobilisé.Il faudra attendre l’analyse des boîtes noires pour confirmer ce scénario, a-t-il toutefois ajouté.Chez Air Transat, on refuse de commenter ce nouveau développement, disant attendre les rapports officiels.La rumeur d’un mauvais transfert de carburant court depuis plusieurs jours dans le monde de l’aviation, où Ton souligne que cette façon de faire aurait transformé une situation délicate — mais dont il est possible de se tirer puisqu’un avion peut voler avec un seul moteur — en quasi-tragédie.La spectaculaire panne sèche des deux moteurs de l’Airbus — plus de 20 tonnes de carburant disparaissant en 50 minutes — est un fait sans précédent, et jusque-là inimaginable.Installe à Varennes en 1833.Amury Girod s'est enpgé dans les rangs du Parti patriote où « n'a pas tardé à en occuper l'arrant scene.Il a joue i» role décisif dans la louée da ndHces popo taires de la rt^on des Dem Metrtagnes On a dit beaucoup de mal de Girod et écrit beaucoup de faussetés i son sutet l'auteur a voulu rétablir les faits.Son etude réuele un personnage méconnu et épris des libertés démoenttoues , SEPTENTRION www.wrt—rtrton.qçxj.REUTERS Le Québec rendra hommage à Robert Fiché en dépit des révélations de deux quotidiens montréalais sur le passé du pilote.Mais dans le milieu, on ajoute du même souffle que tant l’expérience reconnue du pilote Robert Fiché que la procédure très stricte à suivre en cas de fuite non localisée — soit une interdiction formelle de transférer du carburant d’un côté à l’autre de Tavion — empêchent toute conclusion hâtive.Reste que les propos de M.Serra s’ajoutent aux mesures imposées à Air Transat jeudi par Trans- ports Canada, qui prévoient, notamment, des seances spéciales de formation sur la gestion du carburant.De strictes mesures preventives qui ne font rien présumer de la conclusion de l’enquête, soutient-on aux deux endroits La porte-parole d’Air Transat, Seychelle Harding, precise aussi que le nouveau poste de directeur de la sécurité — Tune des mesures annoncées jeudi — ne découlé pas de l'accident des Açores puisque le titulaire du poste a signe son contrat le 7 août et qu’il entrera en fonction mardi prochain.Il faut dire que.depuis T accident des Açores, les rumeurs vont bon train sur la qualité du service offert par la compagnie.Tous les incidents sont mis en relief, et pas toujours à bon escient.Ainsi, on a fait grand état des problèmes de ravitaillement d’un de ses appareils jeudi à Vancouver.Or ni Tutilisation d'un mauvais carburant, ni le déversement survenu au moment de corriger le problème ne relevait d'Air Transat puisque, comme partout au pays, c'est un contracteur privé qui est responsable du ravitaillement des avions qui fréquentent l’aéroport Au Bureau de la sécurité dans les transports, on dit aussi que Torage qui a endommage Tun des appareils d’Air Transat le mois dernier en France ne relève pas d’un problème de sécurité, en dépit de rumeurs voulant que le pilote aurait pu éviter Torage.«Ce sont les autorités du pays où survient un incident qui décident d'abord s'il y a matière à enquête.Ensuite.nous wyons à notre tour s’il put pi’usser plus Lnn».explique Julie Hebert porte-parok* du Bureau.«Dans ce cas.les autorités Iran çaises ont décidé de ne pas enquêter et.comme eux.nous avons juge qu'il n'y avait pas eu de problèmes de sécurité.Ça arrive à toutes les compagnies aeriennes de frapper du mauvais temps!» Mme Hebert ajoute que l'évacuation d'un autre appareil d'Air Transat en Floride il y a deux semaines à cause d’un problème de climatisation relève d’incidents mineurs et fréquents dont les médias ne parleraient pas en d’autres temps — ce que continuent des responsables d’entretien sur le terrain.Far ailleurs, malgré les dernières révélations, Quebec a toujours l’intention d'honorer le pilote Robert Fiché.Deux quotidiens montréalais écrivaient hier que M.Fiché a écopé 21 mois de prison en 1983, aux Etats-Unis, pour trafic de marijuana, ce qu'a confirmé Air Transat.Depuis, M.Fiché a obtenu son pardon de la justice américaine.De passage à New Carlisle, en Gaspésie, le premier ministre Bernard Landry a déclaré qu’il ne voyait aucun inconvénient à lui rendre hommage, puisque M.IV ché a été gracié de ses fautes.Le maire de Mont-Joli maintient aussi l’intention d’honorer Robert Fiché, originaire de cette Iwalité.4redile Tremblay (cinéma), Bernard J-amarchc (arts visuels); â l’information économique : Gérard Bérube (adjoint au directeur de l'information).Claude Lévesque.Claude Turcotte.René I-ewandowski; è l’information internationale : Jean Pierre Legauh, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l'information politique Hélène Buzzetti, Manon CorneDier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Mario Cloutier et Robert Duirisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélene Marie (secrétaire à la rédaction) ; Louise Maude Rioux Soucy (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Manon Derorne, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITE ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard, Gyslaine Côté, Marlene Côté, Martin Fournier, Véronique Géraud, Anouk Hurbutt, Christiane I^egault.Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Micheline Ruelland.(publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production), Claudine Bédard, Michel Bernatchez, ITiilippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Donald Pilion.Yanick Martel.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE, Linda Thériault (responsable intérimaire).Hélène Gervais, Dominique Lariviere.(responsable à la promotion des abonnements), Monique L’Heureux, lise Lachapelle.Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Olivier Lachambre (contrôleur), Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle I^perriere, Caroline Perrier, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) m A 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 ET DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2 0 0 1 HÉROS SUITE DE LA PAGE 1 que M.Piché avait toujours été un héros?Les médias, justement, dont ce journal qui a contribué à alimenter l’ardeur médiatique.Que peut faire un simple citoyen devant un tel déferlement?On l’ignore et l’histoire de M.Piché deviendra sûrement un cas d’espèce dans les cours de journalisme.Mais notre conseil demeure le même: ne devenez surtout pas un héros si vous ne tenez qu’à «cultiver votre jardin», comme disait Voltaire.Avec ou sans plants de pot.TUNNEL La chaîne Historia diffusera prochainement des extraits de la série réalisée en 1963 par NBC News SUITE DE LA PAGE 1 Le cinéaste a surtout basé son intrigue sur le témoignage d’un homme: Hasso Herschel (personnifié à l’écran par Heino Ferch), ce champion de natation allemand passé à l’Ouest qui coordonna dès 1961 l’érection du tunnel en question.«Le film repose beaucoup sur ses souvenirs, précise Roland Suso Richter, ainsi que sur ceux de deux autres compagnons d'aventure.Mais Hasso Herschel n’a jamais gardé contact avec eux par la suite.» Ces hommes et ces femmes ont travaillé ensemble, coude à coude, plusieurs mois durant, bravant le danger, puis chacun est retourné à son existence.Les liens ont été coupés.Certains s’exilèrent L’un d’eux est même actuellement professeur à Montréal.Ainsi va la vie.Romancée, cette histoire?Roland Suso Richter assure que 90 % est pure vérité, mais qu’il ajouta une intrigue amoureuse entre le héros et une jeune femme engagée dans l’opération tunnel.Cela dit, un long métrage réclamait le feu vert de tous ceux qui participèrent à l’aventure.Certains refusèrent D’où leur absence du film.Quand le cinéaste parle du tournage, il revoit une dure épreuve.Tout le tunnel fut recréé dans les studios de Babelsberg mais il fallut le constuire plus haut que nature.«Dans le vrai tunnel, à certains endroits les gens devaient ramper.» L’étroitesse du couloir, même haussé pour les besoins de la cause, condamnait l’équipe technique, toujours courbée, à force contorsions.Les caméras furent placées dans d’étroites ouvertures.De quoi donner un mince aperçu des terribles conditions dans lesquelles travaillaient les vrais bâtisseurs.Précisons que Le Tunnel fut d’abord en Allemagne une série télé.Financé en grande partie par le petit écran qui Ta diffusé en atteignant l’énorme audience de sept millions de spectateurs, le film n’a jamais gagné les cinémas en son pays.Tourné en scope, il a subi un montage différent pour la télé et gagna une demi-heure de plus au petit écran.Pour tout dire, les artisans du film espèrent que Le Tunnel fera bonne figure dans les festivals étrangers, ce qui l’aidera peut-être à sortir en salles dans son propre pays.L’Allemagne carbure surtout aux grosses comédies maison et bien des œuvres d’auteur ont peine à y trouver diffuseur.Chez nous, à tout le moins, Le Tunnel atteint les grands écrans.Il sera lancé à l’automne de même que Pour une poignée d’herbe du même cinéaste, relatant le destin d’un enfant kurde entraîné à Hambourg par son oncle à se faire trafiquant de drogue.Par ailleurs, la chaîne Historia diffusera prochainement des extraits de la série réalisée en 1963 par NBC News filmant l’aventure en direct du fameux tunnel dont le cinéma recrée au FFM la terrible et émouvante aventure.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Lf Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le sièjre social est situé au 2050.rue De Bleury.O' eta^e.Montréal.(Québec).H3A 3M9.H est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800, boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Detoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Contrat de vente 40012291 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.-?LE DEVOIR ?- ACTUALITES Découvrez la programmation 2001-2002 de la Chaîne culturelle en page 8 de L’é -genda du Devoir.CHAINE ^culturelle La radio de toutes les li CENTRALES SUITE DE LA PAGE 1 production hydroélectrique dans son ensemble avec l’eau des pires projets connus.Il ne se contente pas de dire, non plus, que l’hydroélectricité est verte ou pas, comme l’affirment les antagonistes traditionnels dans ce domaine.Il est de la nouvelle approche qui soutient que chaque cas doit être jugé sur le fond, comme on commence à le faire avec les deux jeux de normes qui font présentement autorité, à son avis, soit la norme Ecologo canadienne (qu’Ottawa tarde à promulguer par décret) et les.normes du Low Impact Hydro Power Institute, des États-Unis.C’est en fonction de ces normes, dit-il, que les ouvrages québécois auraient de sérieuses difficultés à se classer.La norme Écologo, dit-il, ne reconnaît pratiquement comme vertes que les centrales au fil de l’eau qui ne mettent en danger aucune espèce rare, vulnérable, menacée ou importante.La norme américaine met davantage l’accent, pour sa part, sur la protection des écosystèmes, dont elle vise à protéger l’intégrité à long terme.Selon ces deux jeux de critères, dit-il, peu de «grands» ouvrages québécois pourraient se qualifier.Et, ajoute-t-il, plusieurs des nouvelles petites centrales n’y arriveraient pas non plus car les normes américaines, notamment, tiennent de plus en plus compte des impacts souvent très lourds et jusqu’ici méconnus de ces ouvrages qui avaient la faveur du public et des écologistes.Ces impacts, précise Philip Raphals, ont été découverts lors des évaluations environnementales requises pour le renouvellement des permis accordés aux petits et grands ouvrages américains, une pratique différente des permis quasi éternels accordés aux ouvrages d’ici.«Dans le passé, explique Raphals, centrale en bas de 30 MW était considérée aux États-Unis comme produisant de l’énergie verte.Mais ce n’est plus le cas.Maintenant, les projets sont scrutés à la loupe pour déterminer s’ils satisfont à des critères précis.» Le débit réservé, soit celui que le producteur doit laisser dans le tronçon de la rivière compris entre le barrage et la centrale, est un des critères les plus stricts qui soient dans ces évaluations.Le Québec, qui vient de se doter des débits réservés les plus bas connus en Amérique, pourrait jouer un très vilain tour a l’image de son hydroélectricité sur le marché américain.Cette semaine.Pêches et Océans Canada entérinait un débit réservé pour le futur barrage de la Toulnustouc, qui se retrouve entre quatre et dix fois sous les normes de débit réservé généralement reconnues en Amérique.L’étude de Philip Raphals démontre que la déréglementation a l’américaine est peu adaptée à la production hydroélectrique et qu’elle a finalement déplacé la «planification intégrée des ressources» (PIR) parce que le marché américain est dominé par la production thermique (pétrole, gaz et charbon).Cette conclusion amène le chercheur à conclure que non seulement la déréglementation à l’américaine ne convient pas au Québec mais que le Québec «a abandonné beaucoup trop vite la planification intégrée des ressources», qui va comme un gant à un marché dominé par un grand acteur comme Hydro-Québec et à l’hydroélectricité.Cela convient tout particulièrement à l’hydroélectricité, dit-il, parce que cette forme de production exige une planification de long terme, de lourds apports de capitaux qu’on doit rembourser sur de longues périodes, des choix stratégiques avec lesquels on doit vivre par la suite.Le thermique, en comparaison, exige moins de capitaux, peut démarrer en quelques mois et s’accommoder plus facilement des aléas d’un marché déréglementé.Par ailleurs, indique l’étude de Raphals, contrairement au cas du thermique, il est très difficile d’intégrer le coût des externalités dans celui de l’hydroélectricité.Certes, dit-il, l’électricité des grands barrages couvre le coût des mesures d’atténuation des impacts environnementaux.Mais ce coût n’englobe pas la perte de la rivière utilisée, du milieu sauvage soudainement ouvert à l’exploitation et de façon irréversible.«Il n’y a, dit-il, qu’un mécanisme de planification intégrée qui permette de faire en sorte que le développement de nouveaux projets hydroélectriques se limite à ceux qui sont vraiment dans l'intérêt public, compte tenu de leurs coûts réels et cachés, de leurs impacts et de leurs avantages.» Or ce n’est plus le cas au Québec, note-t-il, car ce n’est plus un organisme indépendant comme la Régie de l’énergie qui fait ces grands choix énergétiques en fonction de leur rentabilité globale à long termç.Et ce n’est pas le marché qui décide, comme aux États-Unis, puisqu’il n’y a pas de marché ouvert ici.Hydro-Quebec décide de tout» L’hydroélectricité, précise Raphals en résumant sa propre synthèse, a l’avantage de produire une énergie à faible coût.Elle offre aussi une grande flexibilité d’opération et n’émet pas d’oxydes d’azote, un gaz précurseur des pluies acides.Par contre, les barrages des pays tropicaux peuvent même émettre plus de gaz à effet de serre qu’une centrale thermique.Or ce n’est pas le cas des barrages nordiques comme les nôtres, dit-il.Mais leur contribution au réchauffement climatique n’est pas nul et il est même plus important qu’on ne le croit généralement.L’hydroélectricité a par contre pour inconvénients, note Raphals, de frapper durement les écosystèmes locaux, d’amont jusqu’en aval, et d’attenter souvent à la qualité de la biodiversité à long terme en coupant les routes migratoires des poissons et en faisant disparaître des habitats terrestres névralgiques.Son développement s’est par ailleurs traduit par le désenclavement ou l’ouverture des derniers territoires sauvages et de leurs écosystèmes uniques.C’est aussi une énergie qui exige d’énormes capitaux.Et ses externalités ne sont généralement pas assumées par les producteurs et consommateurs dans les marchés concurrentiels.Enfin, la mode de la déréglementation a fait en sorte que les gouvernements ont mis fin à l’étude publique et indépendante des grands choix stratégiques, de sorte, dit-il, que plus personne n’examine la pertinence d’opter, par exemple, entre trois barrages de 1000 MW ou un seul de 3000, ou entre plusieurs douzaines de tout petits ouvrages et un seul qui fournirait la même énergie et puissance.RACISME SUITE DE LA PAGE 1 racisme, ce qui rend particulièrement blessante l’accusation d’un groupe ou d’un individu.Cela blesse notre orgueil, parce que peu d'entre nous se considèrent comme racistes», a-t-il déclaré.M.Annan s’est attardé notamment sur la question israélo-palestinienne.Il a relevé que «l’abomination ultime» qu’est l’Holocauste dont ont été victimes les Juifs «ne doit jamais être oubliée ou minimisée» et qu’il est «compréhensible que beaucoup de Juifs ressentent très mal toute accusation de racisme contre l'État d’Israël, d’autant plus quand cela coïncide avec des attaques aveugles et totalement inacceptables contre des civils innocents».«Pour autant, a-t-il ajouté, nous ne pouvons pas attendre que les Palestiniens acceptent cela comme une raison pour ignorer les torts qui leur sont faits.» La controverse entourant certains des thèmes qui doivent être discutés cette semaine a cependant entraîné le retrait de plusieurs acteurs importants.Parmi les absences les plus remarquées, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Manley, s’est fait remplacer à la tête de la (jéléga-tion canadienne par Hedy Fry, secrétaire d’Ètat au multiculturalisme.La délégation américaine dçvra quant à elle composer sans le secrétaire d’Ètat Collin Powell.C’est précisément pour éviter de montrer du doigt certains pays et pour assurer la participation des pays occidentaux qui ont menacé de boycotter la conférence, que les sections les plus controversées du document final que seront appelés à signer les quelque 150 pays présents à Durban ont été retravaillées, et dans certains cas édulcorées.Peuples autochtones Par exemple, le document sous sa forme actuelle accorde aux autochtones le statut de «peuples avec un s» que ces derniers réclament depuis plusieurs années.Cependant, l’un des paragraphes de la déclaration spécifie que l’utilisation des mots «peuples autochtones» dans le document n’a aucune implication légale internationale.«Ce qui importe le plus dans ce paragraphe, c'est l’introduction de “peuples avec un s”», a déclaré Hedy Fry, en insistant sur les efforts faits par le Canada pour améliorer la situation des autochtones.Les principaux intéressés ne sont toutefois pas d’accord avec ce raisonnement.Lors d’un panel auquel ont assisté, jeudi, plusieurs centaines de représentants d’organisations non gouvernemen- Sainte-Foy (PC) — Les policiers de Sainte-Foy ont saisi une bonne quantité de stupéfiants et de substances excitantes et arrêté huit personnes lors d’une visite surprise dans un party rave, hier.Les policiers se sont présentés, vers 5h, dans une tête qui se déroulait dans un établissement de type after hour de Sainte-Foy.Ils étaient munis d’un mandat de perquisition et de mandats d’arrestation après que des agents doubles se furent procuré des stupéfiants auprès de quelques trafiquants se trouvant dans ce club, qui a ouvert ses portes il y a huit mois.«Il s’agit d’une intervention de notre unité de prévention, car nous savons qu’il y a beaucoup de jeunes, et même très jeunes, qui fréquentent cet établissement».a signalé le capitaine André Fillion, du Service de police de Sainte-Foy.I-es policiers ont saisi 116 pilules d’ecstasy, 110 pilules de speed, 45,6 grammes de marijuana, 62 sachets de poudre blanche qui pourrait être de la cocaïne, et six fioles de GHB, surnommé «la drogue du viol».Enfin, cinq fioles de kétamine, drogue récemment introduite sur le tales, Matthew Coon Corne, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Canada, a qualifié ce paragraphe d'«attaque raciste des Nations unies contre les peuples autochtones».Il a déploré que le gouvernement canadien n’insiste pas pour que ce paragraphe soit retiré du texte, et il a ajouté que les conditions de vie des autochtones du Canada étaient la «honte cachée» d’un pays qui s’érige en défenseur des droits de l’homme sur la scène internationale.Pour éviter de froisser certains pays participant à la conférence, l’ébauche de déclaration contourne certains thèmes, dont celui des intouchables, les membres de la caste inférieure dans des pays tels que l’Inde, le Bangladesh et le Sri Lanka.Plus de 200 intouchables se sont rendus à Durban pour participer au Forum d’organisations non gouvernementales précédant la Conférence gouvernementale et pour témoigner des mauvais traitements dont ils sont victimes de la part des castes supérieures.Un rapport de l’organisation Human Rights Watch publié dans le cadre de la conférence décrit ce traitement comme étant «discriminatoire, cruel, inhumain et dégradant».Or, à la suite de l’intervention des pays concernés, le document final de la conférence ne fait nulle part mention de ce groupe.En plus des tensions qui subsistent entre les gouvernements participants et les organisations non gouvernementales présentes à Durban, certaines sections de la déclaration ne font toujours pas l’objet d’un consensus entre les pays.Par exemple, les sections du document condamnant à mots couverts certaines pratiques d’Israël à l’endroit des Palestiniens, et contre lesquelles s’insurgent Israël, les États-Unis, le Canada ainsi que plusieurs autres pays occidentaux, font toujours partie du projet de déclaration.«Cette question ne figurera pas à l’ordre du jour», a pourtant affirmé la haut-commisaire aux droits de l’homme, Mary Robinson, lors d’un point de presse jeudi après-midi.Mais pour le Canada, la menace persiste.«Nous trouvons la formulation de ces sections totalement inacceptable.Nous croyons que la Conférence n’est pas l’endroit adéquat pour discuter ces questions.Elles doivent être abordées au sein du Conseil de sécurité des Nations unies», a affirmé Hedy Fry.La secrétaire d’État au multiculturalisme a déclaré que la délégation canadienne serait très attentive aux développements sur ce front; elle a toutefois dit espérer que le débat israélo-palestinien ne monopoliserait pas la conférence.marché nord-américain et souvent appelée Spécial K, ont été retrouvées.Elle ressemble au PCP, et peut même provoquer la paralysie chez ses utilisateurs.Les huit personnes arrêtées sont âgées entre 17 et 31 ans.Une d’entre elles, Dominic Beaulieu, âgé de 22 ans, de Neufchatel, a déjà comparu pour possession simple de stupéfiants.Les autres, dont deux mineurs, devraient comparaître samedi sous des accusations de trafic ou possession de drogue.la philosophie policière plaît tout à fait à l’un des neuf propriétaires du club, Frédéric Simard, qui a rencontré les médias hier matin.«Nous faisons nous-mêmes beaucoup de vérifications à l’entrée, nous fouillons les jeunes et nous saisissons l’alcool ou les substances illégales que nous trouvons sur eux», a-t-il indiqué.•Il est certain que nous ne pouvons pas tout voir, surtout lorsqu'il s'agit de petites pilules, ajoute M.Simard.Le but de notre établissement est précisément de sortir le rave des milieux underground, d’offrir une solution de rechange saine.» Sida: Roche accepte de baisser de 40 % le prix du Nelfinavit Bâle, Suisse (AP) — Le laboratoire pharmaceutique suisse Roche a annoncé hier soir s’être mis d’accord avec le gouvernement brésilien pour baisser l’an prochain de 40 % le prix du Nelfinavir, principe actif d’un médicament fabriqué par le groupe Roche sous le nom de Viracept et destiné aux malades atteints du sida «Nous sommes heureux d’avoir conclu cet accord avec le ministre de la Santé, un accord qui est acceptable pour les deux parties au terme de négociations laborieuses», a déclaré Ernest Egli, président de la filiale brésilienne de Roche.Cette décision rabaisse à 0,64 dollar l’unité le prix d’achat du Nelfinavir.«Avec l’accord, il est meilleur marché d’acheter à Roche plutôt que de produire [localement] le médicament», a réagi le ministre brésilien de la Santé, José Serra.Selon un communiqué du laboratoire suisse, l’accord assurerait «les besoins de la plupart des médicaments anti-sida pour l’année 2002par une importante baisse des prix profitable aux Brésiliens qui sont soignés par l’intermédiaire d’un programme du gouvernement».Par ailleurs, le groupe pharmaceutique a annoncé qu’il comptait délocalisé au Brésil une partie de sa production dès l’année prochaine.Cet accord survient une semaine après que le ministre brésilien de la Santé, José Serra, a annoncé son intention de produire localement une version générique du Nelfinavir.Le mimstre avait justifié la décision en expliquant que six mois de négociations n’avaient pas suffi pour convaincre le laboratoire Roche de baisser le prix du Viracept afin de permettre au Brésil de le redistribuer gratuitement à près de 203 000 malades atteints du sida.L’an dernier, les autorités brésiliennes avaient distribué du Viracept auprès de 90 000 patients.En quatre ans, au Brésil, le nombre annuel de décès causés par le sida a chuté de 11024 à 4136.Surveillance routière (PC) — Les automobilistes devront redoubler de prudence durant le long week-end de la fête du Travail.La Sûreté du Québec intensifiera la surveillance en prolongeant les heures de relève de ses patrouilleurs.La Sûreté maintient normalement entre 350 et 400 patrouilleurs sur les routes, et ce nombre pourrait atteindre jusqu’à 600 durant certaines heures.L’an dernier, sept personnes ont perdu la vie et 185 autres ont été grièvement blessées durant le congé de la fête du Travail.Durant les sept premiers mois de cette année, le nombre de collisions mortelles a connu une baisse de 16 % par rapport à la moyenne de 1996 à 2000.Les trois principales causes de collisions mortelles sont la vitesse excessive, 1 alcool au volant et le fait de suivre de trop près le véhicule qui précède.Le Devoir ne sera pas publié lundi, jour de la fête dp Travail.A mardi.La police effectue huit arrestations et saisit de la drogue dans un rave i
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