Le devoir, 22 septembre 2001, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DI M ANCHE 23 SEPTEMBRE 2 O O ! le devoir Culture et société Les Journées de la culture Gilbert Dupuis «L'art peut-il encore changer le monde?» Cette question, que pose l'écrivain et homme de théâtre à une quarantaine d'artistes et au public lors de la cinquième édition des Journées de la culture, arrive à brûle-pourpoint.Page 2 Théâtre des petites lanternes Des non-comédiens jouent.Les travailleurs de la rue participent.Le théâtre devient un moyen pour «créer des liens entre l'art et la collectivité» Angèle Séguin explique.Page 5 e r e s iirÊs, Le temps est à Lurgence.Laquelle?fü uand une époque arrive où les sociétés sont confrontées à des situations de crise, l’art s’en trouve stimulé.Il suffit d’observer l'Allemagne au lendemain de la Première Guerre mondiale pour constater que le cinéma, avec les Murnau , et Lang, ou l’architecture et le design, avec l’Ecole du Bauhaus, ressortent grandis, refusant les valeurs d’une société impérialiste pour jeter les bases d’une création à portée sociale et esthétique.Plus près dans le temps, l’autre guerre, la deuxième, a confirmé l’émergence d’un art à l’américaine qui touche tous les secteurs de la création, pour finalement influencer tout l'Occident, et même au-delà.A la fin des années 60, de ces années marquées par Mai 68, la révolution culturelle, l’opposition à la guerre du Vietnam ou le Flower Power, un questionnement fondamental des valeurs artistiques en place et la proposition de discours établis à l’extérieur des pratiques courantes s’installent: l'art conceptuel, la performance, le nouveau cinéma, pour dire rapidement les changements d’alors, font déborder sur les sociétés les «nouvelles vagues» jusque-là marginales.Quand donc l’urgence des situations semble être favorable à la mise en place d’un discours unique, qui réduit tous les projets collectifs à la seule nécessité du moment, il est rassurant de savoir que des artistes accentuent leur action, déposant des propositions qui vont plus loin que les valeurs jusque-là défendues.A l’urgence, on répond par une autre urgence.Avec des moyens souvent limités, en utilisant les ressources disponibles, les ateliers et autres lieux de création fabriquent déjà ce que demain l’industrie culturelle récupérera: les œuvres cubistes d’un Picasso font aujourd’hui ainsi partie de la culture populaire, encore décriées, mais maintenant incluses dans les expositions de masse tout en étant «traduites» dans les systèmes visuels publics.Si l’art est pour plusieurs un lieu de repli, son apparente éternité permettant de survivre aux pressions du temps, d’où la musique souvent rejouée d’un Bach et d’un Chopin, il est pour le créateur une activité différente.Aux contradictions et oppositions de l’époque, il permet d’apporter une solution, d’ouvrir un débat local sur un autre plus vaste.L’art est le ferment premier de la culture de demain, tout en étant l’agent actif de la culture actuelle.L’autre discours Les Journées de la culture ont le mandat de rendre accessibles à tous les décors dans lesquels créent ces artistes qui sont leurs concitoyens.Elles sont aussi l’occasion donnée aux tenants d’un discours social de rejoindre rapidement ceux à qui ils s’adressent Angèle Séguin, animatrice théâtrale à Sherbrooke, mettra donc en scène, la fin de semaine prochaine, son projet qui vise à «dépasser les limites de l'événement artistique pour contribuer à modifier certains préjugés et perceptions et créer des liens entre l'art et la collectivité».En ces jours où l’Amérique a la préoccupation guerrière et le souci économique, où l’industrie du divertissement efface de ses films les images où deux tours apparaissent et questionnent son recours aux faciles scénarios-catastrophes, le temps est venu de fréquenter les tenants de cet autre discours.En 1200 lieux du territoire québécois, artistes et artisans ouvrent leurs portes, présentent des objets, récitent, déclament, interrogent.La proposition de l'écrivain Gilbert Dupuis, déposée il y a quelque mois, dit d’ailleurs toute l’actualité de ces présentations.A celles et ceux qui les 28, 29 et 30 septembre l’accompagneront dans la lecture de son œuvre, il demandera une réponse à une question dont l’urgence est actuelle: «L’art peut-il encore changer Te monde?» Il faudra sans doute se souvenir plus tard des affirmations qui seront alors faites.Il y a quelques semaines, la raison première de l’existence des Journées était facile à pointer: dans un monde où les valeurs économiques sont prédominantes, où les inégalités entre les sociétés régnent et où perdurent les conflits locaux, il est nécessaire de rappeler que d’autres valeurs et systèmes de pensée fabriquent aussi les sociétés.Pour cela seulement, les Journées de la culture devaient être tenues.Quitte à se dire que plus tard, quand les objectifs de diffusion seraient atteints, il y aurait place pour un questionnement sur leur pertinence.Dans six jours, vendredi de la semaine prochaine, les lieux de la culture ouvriront leurs portes.Dans un langage commercial, le geste serait défini comme promotionnel.Pour le monde de l’art, l’opération est d’une autre nature.Elle découle d’une volonté de rendre accessible l’autre versant de la parole et de l’action, là où de nouvelles propositions s’élaborent II y a chez l’artiste une étrange croyance: la pensée d’un seul être peut transformer les conceptions existantes du monde.Vaste ambition, mais qui explique que des artistes créent encore.Le temps des vrais confrontations débute.Normand Theriault 'mm, René Derouin, Mont-Laurier 1 (détail), 2001 CINQ AMS DÉJÀ! ACTIVITÉS La culture en définition Page 2 Un bilan positif Page 3 Démocratisation Page 5 Sur le territoire Page 4 Intégration des arts Page 4 i PHOTO: ÉHmONS DU VERSANT NORD LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 SEPTEMBRE 2001 K 2 JOURNEES DE LA CULTURE Débats de société Propos de culture Les Journées de la culture constituent un manifeste vivant qui œuvre à ménager des voies d’accès aux arts et à la culture dans le quotidien de chacun.Pourtant, la polysémie du mot culture et l’ambiguïté de ses usages sont autant de sources d’interrogations, qui sont relancées par la dialectique «culture savante» et «culture populaire».Une approche conceptuelle Un retour aux sources JEAN-FRANÇOIS GRATTO.N Pour Marc Laberge, le renouveau du conte aujourd’hui tient beaucoup à la «réelle intimité qui se crée entre le conteur et son public».Culture, ce terme noble, distingué, respecté, renvoie la culture dans un univers symbolique bien souvent insaisissable pour les citoyens que nous sommes.Est-il alors nécessaire de s’adresser à un Cicéron qui y entrevoyait toutes les activités humaines permettant l’accès à la connaissance philosophique, scientifique, éthique et artistique, pour obtenir quelque lumière?Ou faut-il encore solliciter quelques philosophes, tels Thomas Monts ou Thomas Hobbes, qui représentaient grâce à cette notion le processus de perfectionnement des capacités humaines.Spinoza et [jeibnitz ne furent pas indifférents à cette dernière approche.Peut-être faudrait-il s’appuyer sur les bases solides de la construction conceptuelle, telle celle que nous offre l’anthropologue Edward B.Tylon «Im culture est un tout complexe qui inclut les connaissances, les croyances, l’art, la morale, le droit, les coutumes, ainsi que toutes autres dispositions et habitudes acquises par l'homme en tant que membre d’une société.» En fait dans cette jungle labyrinthique, deux grandes écoles peuvent se dégager.L’une propose un concept élargi qui examine tous les résultats de l’activité humaine, tant matériels que non matériels, tandis que la seconde, plus restreinte, se focalise sur la création subjective comme la science, l’art.Les journées de la culture s’orientent vers cette dernière perspective.Pourtant, même à ce degré de définition, l’ombre de nouvelles distinctions vient planer sur ce que l’on peut nommer le champ monolithique du culturel.Ces catégorisations fracturent le monde de la création en deux sphères dites «académique ou encore savante» et «populaire».Si la première s’intéresse aux productions reconnues nobles et légitimes, dignes d’être acclamées dans les musées, les bibliothèques, les sites archéologiques et autres lieux, que dire de la culture populaire?Celle-ci relativise, en général, la définition de la première, en interrogeant ses critères de reconnaissance.Trop d’éléments culturels sont exclus par la définition académique, alors qu’ils devraient y prendre place.Mais, cette scission s’appuie sur une illusion d’autonomie des sphères culturelles.Elle nie également toute interaction, ainsi que toute évolution potentielle.Cepen-dant, si l’on se détourne de ses préoccupations d’école, les contradictions s’estompent dans une réconciliation «magique» pour ne laisser qu’un ensemble homogène.L’ethnographe et conteur Marc laberge intervient alors dans un tel débat de façon dynamique.Estelle Zehler Marc Laberge,conteur, écrivain, ethnographe et président du Festival interculturel du conte du Québec, définira la culture •comme l’ensemble des choses qui nous définissent en tant qu’êtres humains et nous éloignent du statut animal.C'est ce qui nous permet d’avoir une activité intérieure et de dépasser la simple satisfaction des besoins essentiels, tels que se nourrir, se vêtir.».Dès lors, il est possible d’accueillir au sein du giron de la culture cet art basé sur le vent, le souffle et l’imaginaire qu’est le conte, qu’est la tradition orale.Loin de toute matérialisation, le conte s’inscrit dans l’instant présent, dans l’éphémère.Pourtant, il porte également en lui la sève de notre mémoire et les semences de l’avenir.Il se nourrit de mots, de verbes, de personnages cueillis quelquefois dans la parole d’un premier conteur ou, plus loin, directement dans l’expérience du monde.Lié à l’oralité, sa forme est évolutive, comme en témoigne Marc Laberge: «Je dirais que c’est une matière malléable, appelée à être transformée.» En effet, une histoire est livrée aux oreilles d’un public par un premier conteur, l’initiateur.D’autres personnes reprendront son fil, et adapteront sa trame et son verbe en fonction de leur propre sensibilité et de leur vécu.Ce point final qui ne vient jamais, ce souffle toujours repris, rendent le conte rebelle aux exercices d’écriture.Pourtant, il se complaît, quelquefois, à rejoindre les paisibles pages de quelque ouvrage.Mais, ce n’est que pour mieux témoigner de ce qu’il a été, mais point de ce qu’il est aujourd'hui ou de ce qu’il sera demain.Renouveau Egaré au cours du XXe siècle au profit du livre, de la radio, de la télévision, le conte vit pourtant aujourd’hui un renouveau flamboyant Ce succès est à lier principalement à son essence même, indique Marc Laberge: «Il a pour objet de s’adresser à l'imaginaire de chaque individu.L’idée d’une communication virtuelle avec une boite lumineuse, la télévision, pour combler la solitude des gens, ne fait plus illusion.I^es individus reprennent plaisir à rencontrer d’autres personnes.De plus, une réelle intimité se crée entre le conteur et son public.» En effet, en stimulant l’imaginaire du public, le conte s’adresse à la capacité de chacun à créer ses propres images, plutôt que d’emprunter celles d’un prêt-à-porter anonyme et conventionnel.Ce faisant, il nous entraîne aux antipodes du spectacle de divertissement classique.En général, celui-ci nous invite à sortir de nous-mêmes pour vivre une aventure extérieure.Le conte, quant à lui, convie chacun à se retrouver en soi, à découvrir un bien-être intérieur.Le lieu du conte n’est pas une salle de théâtre, une scène, ou un écran quelconque, mais il est là où siège notre imaginaire, dans notre tête.Contes traditionnels, contes contemporains, récits de vie, le conte a plus d’un atour.Si, en premier lieu, il se livre docile au conteur, c’est pour être agrémenté d’éléments stylistiques, artistiques, philosophiques, spirituels au gré de ce dernier, avant de rejoindre l’univers de chaque spectateur.Sacré, il se rapproche des mythes fondateurs.Il décline la gamme variée des différentes explications liées à l’origine du monde qui voyagent dans la mémoire des populations.Profane, précise Marc Laberge, «il permet de transcender, sublimer la réalité.Par exemple, le roi du conte était très souvent un grand marchand de la région.Le conte est beaucoup plus branché à la réalité qu’on ne le penserait.» Ainsi, derrière le fantastique de son propos, se profilent souvent les réalités de la société.Il était une fois.dans la région de Québec un grand festival.Nombreux et d’horizons variés, les conteurs étaient venus.Lieu de rencontre, enfants et adultes s’étaient également déplacés pour la circonstance.Par la magie de la parole les frontières tombèrent, le temps s’enraya.Le voyage pouvait commencer.E.Z.Pour s’informer sur le Festival interculturel du conte du Québec, en divers lieux, du 19 au 28 octobre 2001: www.festival-conte.qc.ca Marc Laberge nous initie à la tradition orale et populaire du conte littérature et performance « L’art peut-il encore changer le monde ?» Une performance littéraire de Gilbert Dupuis MYLÈNE TREMBLAY \ A l’origine du projet pour les Journées de la culture, Gilbert Dupuis et les éditions VLB n’avaient pas compté sur cette nouvelle donne aux allures de conflit mondial.Voilà qui vient conférer à l’événement littéraire un air d’actualité.Tout au long de sa trilogie — L’Etoile noire, Les Cendres de Correlieu et La Chambre morte — qu’il lira publiquement les 28, 29 et 30 septembre sur les lieux mêmes qui en ont inspiré l’écriture, Dupuis questionne le pouvoir transformateur de l’art à partir de la geste au-tomatiste.Par son action inspirée essentiellement du mouvement du même noqi, l’auteur rend hommage à Paul-Emile Borduas, celui- là même qui écrivit dans son fameux Refus global en 1948: «Les deux dernières guerres furent nécessaires à la réalisation de cet état absurde.L’épouvante de la troisième sera décisive.[.] Un nouvel espoir collectif naîtra.» Cet espoir, quelque 50 ans plus tard, nous vient des intellectuels et des artistes qui ont pour mission de repenser le monde.Ainsi, durant trois jours, de Taurore au coucher du soleil, Gilbert Dupuis convie ses invités à réfléchir sur la force révolutionnaire de l’art.«Ce que j'essaie de faire dans mes romans, confie Gilbert Dupuis, c’est de refaire le monde, de le réinterpréter.Quand on lit une œuvre qui nous touche, on s'y projette.Et dans un effet de catharsis, on vit les émotions et on se libère de quelque chose.< 10e éditiôn >> 19.09 > 6.10 2001 > % Inlo-Danse 514.524.0666 festival darvje leqrandlabo '—« nnrnQ çnn imstna corps son image Marathonchorégraphique Le Marathon du Festival est une immersion Intense dans la danse.En plein coeur de la TJkkeJUmi programmation, cette fenêtre ouverte sur le milieu local de la danse est un cadeau offert par le FIND aux auditoires montréalais.Dans ce grand laboratoire d'expérimentation d une durée de cinq heures, vous découvrirez un fourmillement d'idées chorégraphiques avec Tanla Alvarado.Marie-Pascale Bélanger, Sonya Biernath, Sarah Bild, Martha Carter, Lina Cruz, Karine Denault, Deborah Dunn, lük Fleury, Jenny Goodwin, Emmanuel Jouthe, Pierre Lecours, Nancy Leduc, Audrey Lehoulllier.Alexandra L'Heureux, Les demi-lunes violentes.Jane Mappln, Serge Marius Takri, Suzanne Miller, Claudia Moore, Sylvie Saint-Pierre et Sarah Williams, Place des Arts.Cinquième salle 30 SEPT 12h à 17h Entrée libre www.festival’'iOijveliedonse.ca À côté des événements comme ceux du 11 septembre, c’est certain que l’art n’eqt rien.Mais comme je l’écris dans L’Etoile noire, un tableau n’est rien par rapport à toute la douleur du monde, mais il peut contenir toute la douleur du monde.» Vendredi matin, 6 heures L’auteur commencera sa lecture en solitaire chaque jour dès 6 heures au pied de la tour-bibliothèque de i'Université de Montréal en attendant l’arrivée du public et des artistes.Ils se rendront ensuite à pied à la Bibliothèque centrale de Montréal le vendredi, au Musée des beaux-arts le samedi — oil Im Chambre morte y sera lancé officiellement dès 18 heures — et au clocher de l’Université du Québec à Montréal le dimanche.Parmi les artistes invités à lire les extraits de leur choix, nous retrouvons les comédiens Jean-Claude Germain, Markita Boies, Louisette Dussault, Pierre Drolet, Chloé Sainte-Marie, le romancier Jean-Yves Soucy, l’écrivain Jean Fisette, et l’homme de théâtre Alain Fournier, à qui sera confiée la mise en scène de l’événement Le célèbre libraire du 67 rue Ste-Catherine ouest, Henri Tranquille, viendra lire la dernière page de chaque roman.«Je lui ai dédié ma trilogie car c’est le personnage pilier qui symbolise la Révolution tranquille», explique Gilbert Dupuis.Auteur fictif de la trilogie, M.Tranquille se dit extrêmement surpris de figurer parmi les personnages de Dupuis.«Il y a beaucoup de mystère dans son écriture, à la fois simple et éblouissante.C’est un créateur.Je me demande jusqu d quel point les choses dont il nous parie sont exactes.» Impossible à résumer, cette véritable épopée oscille entre fiction et réalité.Elle met en scène plusieurs des cosignataires du Refus global, ainsi que de nombreux personnages bien réels dans la vie culturelle québécoise, tous en quête de quelque chose.Jean Fisette, sémioticien et professeur en SOURCE JOURNEES DE LA CULTURE Gilbert Dupuis commencera sa lecture en solitaire chaque jour dès 6 heures au pied de la tour-bibliothèque de l’Université de Montréal en attendant l’arrivée du public et des artistes.études littéraires à l’UQAM, a dirigé Dupuis à la maîtrise.Il se retrouve dans Les Cendres de Correlieu.en train d’enseigner Gau-vreau à l’université.«J’ai accepté de participer à cette performance littéraire pour soutenir Gilbert dans son écriture de l’engagement, également parce que je trouve important cet hommage à la vie et aux lieux culturels de Montréal.» Sites signifiants Chaque lieu de lecture a en effet une signification bien précise: la tour-bibliothèque de l’Universi-té de Montréal reflète la connaissance qui rayonne sur la ville et abrite sous son dôme un studio de fiction radiophonique appelé chambre morte, titre du troisième roman.La bibliothèque centrale S 0 C I E T E ET CULTURE JOURNÉES I) E LA CULTURE CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THÉRIAULT nltifri»nlt*ledevoir.ca 2050, rur do Bleury.9' flajçe.Montréal (Qntbfc) H3A 3M9.Tél.: (514) 985 3333 rodaotionelodevoir.ooni FAIS CE QUE DOIS est l’endroit où les automafistes allaient lire.La salle Paul-Emile Borduas au Musée des beaux-arts est celle où est exposée la célèbre toile du maître, L’Étoile noire, titre du premier roman.Enfin, le clocher de l’UQAM symbolise le passage à la Révolution tranquille.Pour Dupuis, c’est la parution du manifeste du Refus global qui a fait basculer le Québec dans la modernité.En ce sens, rien d’éton-nant au fait qu’il ait choisi cette période pour y situer ses personnages, en lien direct avec le mouvement automa-tiste.C’est en 1970 qu’il entra en contact pour la première fois avec l’œuvre de Borduas.alors qu’il étudiait au cégep de Saint-Laurent «Au moment du sit-in, on distribuait toutes sortes de textes photocopiés dont le Refus global, écrit par un certain Paul-Émile Borduas.J’avais alors 17 ans et on se demandait qui c’était.» Car à l’époque où Borduas a publié son manifeste, ratifié par quinze artistes et intellectuels, l’effet d’une bombe tant attendu n'arriva pas.Il fallut attendre près de 20 ans pour que le sulfureux manifeste ne sorte de son long silence.•Toute mon œuvre et ma pratique théâtrale en sont marquées.Au point où j’ai senti le besoin de retourner à l'université pour voir son rapport avec la littérature.» Chaque lieu de lecture a une signification bien précise En réactualisant dans ses romans toute une tranche du passé et en retournant le texte à la parole sur la place publique, Dupuis souhaite donner aux gens la curiosité d’aller voir les œuvres auxquelles les livres font allusion.«Ce que j’aimerais, avoue-t-il, c’est que le public essaie de changer le monde, de le tranÿbrmer et de s'intéresser à l’art, tout en ayant du plaisir.» Aux lendemains de la lecture publique, l'auteur entreprendra la réécriture complète de ses œuvres à la plume, en y insérant toutes les réponses obtenues par les artistes et le public.Celles-ci alimenteront le débat autour de la question thème lors du Salon du livre de 2002.«Des moyens originaux se développent à travers l’art, croit Bernard Lavoie, professeur de théâtre à l'UQAM.J’oriente positivement les jeunes en leur disant qu’ils sont équipés pour changer le monde.» Si l'art ne peut changer les masses, estime Louisette Dussault, il peut néanmoins changer le monde au niveau individuel.«H nous aide à nous changer nous-même, à ventiler nos peines, nos sentiments.Nous en avons tous besoin dans nos vies.» Peut-être aujourd’hui plus que jamais.Pour s'informer sur les lieux et les heures de la lecture publique: (514) 733-8566.) ? LE DEVOIR.LES SA M E 1> 1 •> •) ET DI M A X l II E 2 :i S E l> T E M R R E 2 O O 1 JOURNEES DE I.1 CULTURE Une entrevue avec Louise Sicuro Déjà cinq ans ! Quelque 233 000 personnes ont participé Van dernier aux divers événements qui composent les Journées Les Journées de la culture en sont a leur cinquième année d existence.Bilan de cette expérience des plus originales par la directrice de l’événement.ANN LAROCHE Mouvement de démocratisation, les Journées ont été conçues afin de favoriser l’accès aux arts et à la culture par la multiplication d’échanges directs entre les artistes, les intervenants culturels et le grand public.Les coulisses delà production ar-tistique sous toutes ses formes sont ouvertes durant l'événement aux personnes curieuses de découvrir le processus de création et de voir l’envers du décor.Ateliers, salles de répétition, studios font partie de ces lieux de travail aussi inédits que mystérieux qui deviennent soudain accessibles à la population.Trois jours en septembre C’est le dernier vendredi de septembre et le week-end qui suit qu’ont lieu, depuis 1997, les Journées de la culture.In S' édition se tiendra les 28, 29 et 30 de ce mois.Marcel Sabourin, le porte-parole depuis les débuts, est pour la première fois secondé dans cette tâche par Margie Gillis, responsable de la promotion de l’événement auprès des médias anglophones.Cette année, plus de 1200 organismes culturels se trouvant un peu partout sur le territoire québécois y participent, comparativement à 950 l’an dernier.Plus de 1800 activités de sensibilisation aux arts et à la culture sont offertes gratuitement et de façon tout à fait volontaire durant les trois jours.«C’est 500 activités de plus que l’année précédente, signale Louise Sicuro, et cela, sans compter un accroissement de la qualité et de l’originalité de ces dernières.» Artistes, artisans et intervenants culturels profitent du dynamisme de ces Journées afin de proposer à la population des projets quelque peu inusités.C’est par exemple ce que l’écrivain Gilbert Dupuis (voir autre texte en page 2 de ce cahier), avec la complicité de son éditeur VLB, fera par le biais d’une performance littéraire qui aura lieu en marchant et qui entraînera la participation d’un grand nombre de personnes .«L’art peut-il encore changer le monde?», question posée par l’auteur et à laquelle répondront des artistes de diverses disciplines.Le public est également invité à le faire par écrit.«D’ailleurs, souligne Louise Sicuro, la question que pose l'écrivain est très représentative de ce que nous voulons que soient les Journées.Montrer l’importance de l'art et de la culture dans le développement des individus et de la société.Comment la culture prend racine dans les villes et les villages du Québec.Cela témoigne aussi de l'esprit des Journées, qui est de montrer la face cachée de la culture.» Un projet rassembleur qui s’adresse à l'ensemble des citoyens.Bilan positif L’édition précédente des Journées affichait une hausse de 17 % du taux de fréquentation des lieux culturels du Québec, rejoignant plus de 233 000 participants.«On est passé d’un peu plus de 150 000 personnes, la première année, à ce nombre l’an dernier», fait remarquer Louise Sicuro.C’est dire que leur action menée auprès d’une population ayant moins accès à certains lieux culturels s’avère d'une année à l’autre des plus efficaces.Il est vrai que, depuis les débuts, les Journées de la culture bénéficient d'une large couverture médiatique.En 2000, la diffusion quelques semaines avant l’événement de l’émission Culture en direct simultanément sur les principales chaînes de télévision francophones — Radio-Canada, Télé-Québec, TQS, TVA et TV5 — avait été le fer de lance de la campagne de communication, leur permettant de franchir une nouvelle étape.Faisant appel aux animateurs-vedettes de ces dites chaînes, l’émission a rejoint 1,1 million de spectateurs, maintenant plus convaincus que jamais de l’importance d’une telle initiative culturelle.Parce que la télévision est un moyen extrêmement démocratique.Outre la contribution des chaînes de télévision et des principaux commanditaires, tels Hydro-Québec, Bell Québec et le Mouvement des caisses Desjardins, la diffusion de messages radiophoniques fait de même connaître la campagne publicitaire, réalisée cette année encore par l’agence de publicité Bos.L’appui de Bell pour la conception d’un site Web plus convivial, favorisant entre autres une consultation efficace de la programmation, fut très apprécié, faisant partie des réalisations marquantes de la dernière édition.Une participation, en 1999, au colloque des Journées européennes du patrimoine, événement qui a d'ailleurs servi de modèle aux Journées de la culture, a été des plus enrichissantes.Cela a permis au Québec de prendre part à IVExpérience photographique internationale des monuments», activité de sensibilisation, destinée aux jeunes, regroupant une vingtaine de pays.«Cette expérience artistique, si elle Les Journées de la culture sont un mouvement d’expérimentation de nouveaux rapports entre artistes et citoyen MONIC RIC HARD La directrice générale des Journées de la culture, Louise Sicuro, souhaite que «les artistes et la population se connaissent et se reconnaissent».Elle définit cet événement annuel comme «un projet de proximité panquébécois».était davantage implantée dans les milieux scolaires du Québec, pourrait devenir une formidable et stimulante activité de sensibilisation au patrimoine, incitant les jeunes d’ici à toujours garder l’œil ouvert sur le monde qui les entoure», déclare Louise Sicuro.Un précieux moyen de valoriser la pratique artistique et l’accès à la vie culturelle de son milieu.Mouvement d’expérimentation de nouveaux rapports entre artistes et citoyens, les Journées de la culture mettent davantage l’accent sur les processus que sur les produits.«Il ne s’agit plus simplement défaire reconnaître les qualités intrinsèques des œuvres ou des pratiques, constate Louise Sicuro, mais d’entrer en contact avec l’autre et de revenir à l’essence même de la fonction de l’art et de la créativité dans la société.D’ailleurs, poursuit cette dernière, les formulaires d’évaluation remplis par les organisateurs d’activités font état des bienfaits, ressentis tout au long de l’année, venant des rencontres et des échanges qui sont au cœur des Journées.» Dans l’ensemble des activités offertes durant l’événement, celles préconisant les contacts di- rects entre la population, les artistes et les travailleurs de la culture sont les plus valorisées.«Les Journées, ce sont souvent des activités qui rassemblent un groupe de personnes autour d’un artiste.C’est surtout la qualité de ce contact qui est privilégiée.On souhaite que les artistes et la population se connaissent et se reconnaissent.C’est un projet de proximité panquébécois», poursuit iTouise Sicuro.Perspectives d’avenir Qualifiée d’exceptionnelle, la courte trajectoire des Journées de la culture doit avant tout son immense succès à la mobilisation de centaines de bénévoles, à la fidélisation des principaux commanditaires, à l’expertise de spécialistes en communication et en publicité, à l’appui des médias qui offrent gratuitement du temps d’antenne, ainsi qu’à la grande générosité des porte-parole et des nombreux organismes culturels.«Cependant, si nous voulons développer davantage ce mouvement de démocratisation de la culture, précise Louise Sicuro, il est nécessaire que l’équipe du Secrétariat des Journées puisse compter sur du renfort, notamment sur le plan de ijiSjè avec fierté les créateurs et les créatrices qui, par leur passion et leur talent, traduisent nos aspirations et façonnent CONSEIL / DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC la recherche de commandites et des communications.» Mouvement de solidarité voulant accroître l’immense valeur de l’art et de la cul turc, ces Journées sont aussi orchestrées avec le soutien du gouvernement du Québec par l'entremise du ministère des Affaires municipales et de la Métropole, du minis 1ère de la Culture et des Communications ainsi que du ministère des Régions.Durant les prochaines années, le forum sur la culture lancé en 1999 par le Secrétariat des Journées va se poursuivre.Conçus à l'intention du milieu culturel pour renforcer les pratiques favorisant la démocratisation, ces forums permettent de mettre en commun certaines expériences et de susciter des rencontres in terdisciplinaires.«Ce qui importe aussi, dans l’avenir, c'est de travailler encore plus avec les entreprises du Québec afin qu ’elles par ticipent d ce mouvement, indique la directrice de l’événement.Nous fa usons en sorte que la société québécoise considère la culture, la création, comme un droit et non comme un luxe ou un privilège», affirme cette dernière, rappelant l’importance que soit davantage développée cette idee du droit à la culture.Toutefois, le principal objectif demeure que tous les milieux scolaires se sentent concernés par les Journées.Dans les écoles, ce dernier vendredi de septembre pourrait très bien annoncer le début de l'année culturelle et des activités d'éducation et de sensibilisation s'y rattachant.«Il faudrait, à l'occasion des Journées, que la culture investisse tous les secteurs de la société, que cela devienne un phénomène sociétal et qu 'à ce titre, des activités aient lieu aussi dans les hôpitaux et les centres communautaires.Une des grandes forces de l’art, et de la culture, n’est-elle pas cette capacité de générer de l’empathie entre les individus?», ajoute Emise Sicuro.Pour en savoir plus sur la 5* édition des Journées de la culture, consultez le site Web de l’organisme au www.jour-ru’esdclacullitre.qc.ca tf.i fit A -CwtW € POUR UNE fTPJi I imm S»nt U dm&km ie R !M t >1 JOUIS in ifUerboaim i/ Glu ES Lakoivti «rHf.XAÜONF Q u a t r e s \ m p o s i u ni s /es lcrntoircs rapaillés (199 S), Intégration a a \ liens (1996), S o n o rite J c s liens (1997) fl M \ l h o I og i e J e s liens (1999).Un I i \ r u s o u v r n i r I l’HEXAGONE www.edhéxagone.com Les MAISONS DE LA CULTURE et la BIBLIOTHÈQUE DE au coeur de la vie culturelle des Montréalais MONTRÉAL.A ¦•^Célébrez avec nous les Journées de la culture ! POUR VOUS, PLUS DE 60 ACTIVITÉS : • Concerts de musique classique • Visites d'expositions, répétitions publiques • Rencontres avec des auteurs, des cinéastes, des danseurs et des chorégraphes • Ateliers de création littéraire, d’initiation à l'orgue • Performance littéraire VUIKt RtSEAU 120 ANS °'DES MAISONS DEVIE DE LA CULTURE Ville de Montréal CULTURE Protêt Press^aull, photo : S Comveau ou (514)872-2237 #631 www.ville.montreal.qc.ca/biblio (Quoi de neuf) Jean Lapointe, Gilbert Dupuis, Le Théâtre de l'oeil, Les Idées heureuses, Régis Rousseau, Karim Rholem, Association des cinémas parallèles du Québec, André Lavoie, Omnibus, L’Illusion théâtre de marionnettes, L'Orchestre baroque de Montréal, Le Théâtre en l'air, David Pressault ou (514)872-2237 #641 et #642 î K I ^ I* ^ ^ I R .LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 2 :J SEPTEMBRE 2 0 (I JOURNEES UE LA CULTURE L’artiste et le territoire Depuis 1995, René Derouin mène une action sur l’esprit des lieux Séjournant encore une fois dans l’État d’Oaxaca, c'est au pied des pyramides de Monte Alban que j’écris ce texte qui présente le livre Pour une culture du territoire.Je me place toujours dans une situation ! de lieu que j’aime pour écrire, dessiner ou imaginer ; de nouveaux projets.Je me souviens qu’en 1989, alors que la lumière se levait sur la vallée d'Oaxaca, j’imaginais pour mon projet Migrations un court métrage qui l’accompagnerait à l’ouverture.Il s’agissait d’un long travelling, extrêmement lent, sur 360 degrés, dans la grande vallée des Zapotèques et des Mixtèques.Aujourd’hui, je m’y retrouve en train de rédiger la présentation de ce livre rappelant les symposiums de la Fondation Derouin, une entreprise de mise en valeur des «lieux».Pin ouvrant mon lieu de résidence et mon atelier à d’autres artistes ainsi qu'au public, je rêvais d’intégrer l’art à l'environnement et de partager avec d’autres cette émotion que l’on ressent lorsqu’on a l’impression que le temps s’arrête, ces moments privilégiés que nous pouvons rattacher au lieu, ou à ce que Durrell appelait «l’esprit des lieux».En 1985, un ami, André Lavoie, me prêtait le livre de Lawrence Durrell.Certains passages m’ont profondément touché, que j’interpréterai plus tard par le «métissage au territoire».Durrell prétendait que la culture méditerranéenne, fondée sur l’olive et le vin, avait fait l’homme de ce lieu et que si tous ces P rançais de la Provence et du Languedoc disparaissaient, 500 ans plus tard, on retrouverait le même type de P rançais.Cette idée un peu farfelue mais très profonde me confirmait dans mes observations que le territoire était à la base de notre culture et de notre métissage au lieu.En 1986, Frédérique-Jacques Temple, poète et écrivain de Montpellier, m’invitait avec des écrivains, des poètes et des artistes pour souligner le millénaire de sa ville.Je me retrouvai en compagnie de Miron, Morency, Perrault, Royer, Giguère, Brassard et d’autres.A F.-J.Temple, grand ami de Durrell et de Miller, je fis part de mon intérêt pour cette idée de Durrell sur «l’esprit des lieux».Je lui confiai que je préparais une exposition pour 1987 et que j’aimerais utiliser le titre du livre de Durrell.De retour au Québec, j’en parlai à Ixruise Déry, directrice du Musée régional de Rimouski où je devais exposer en 1987.Mme Déry fera de cette thématique un événement majeur.Lawrence Durrell, invité pour présider le colloque, ne put malheureusement venir à Rimouski pour cause de maladie.E-J.Temple et mon amie de Mexico, l’artiste Helen Escobedo, furent invités, ainsi que d’autres écrivains, artistes, poètes, architectes, et moi-même, à participer.Ceux qui vécurent cet événement se rappellent avec nostalgie que «l'esprit» y régnait en maître et qu'une grande convivialité existait entre nous.Des moments importants d’échanges sur la culture du fleuve et du Bas-Saint-Laurent eurent un effet considérable sur le déroulement du colloque et sur le regard porté sur l’œuvre in situ.Ce qui me confirmait que l’art pouvait devenir une réalité au quotidien.Symposiums J’ai décidé de poursuivre cette idée de faire se rencontrer des créateurs de diverses disciplines afin de créer un courant de réflexions sur le territoire et les «lieux».De 1995 à 1999, quatre symposiums ont été réalisés dans cet esprit.Pour une culture du territoire veut rendre un témoignage du questionnement que partageaient les invités et les artistes présents à ces symposiums.Mon engagement d’artiste m’a fait voyager du Nord au Sud et tisser des relations d'amitié avec des artistes de diverses disciplines.Qu’ils soient y* René Derouin SOURCE FONDATION DEROUIN peintres, sculpteurs, musiciens, poètes, architectes ou géographes, c’est de ces liens dont je suis le plus fier.Avec ces symposiums, je souhaitais, d’une part, susciter une ouverture sur les Amériques, ainsi qu’une réflexion sur d’autres disciplines et sur Tin-terculturel, et, d’autre part, intéresser un nouveau public.Le premier symposium, Les Territoires ra-paillés, a été réalisé en 1995, à Val-David, avec la complicité de Gaston Miron et de Pierre Leblanc.Au début des années 70, Gaston Miron et moi étions voisins au Carré Saint-Louis, à Montréal.Avec les années, il est devenu un ami très cher, et je dois beaucoup à sa réflexion sur la culture.Non seulement il m’a encouragé dans mes projets, mais encore il m’a inspiré l’idée de créer une fondation.J’ai toujours voulu le surprendre par mes réalisations.Il était un frère à qui je disais: «tu vas voir Gaston, nous allons réussir un bon coup!» Sa poésie a nourri mon éveil au «lieu» qu’il appelait sa terre natale.Il a nommé les lieux comme un pionnier, à l’image de ses ancêtres laurentiens.Le deuxième symposium, Intégration aux lieux, en 1996, accueille comme invité d’honneur Roland Arpin, directeur du Musée de la civilisation à Québec.Que l’événement attire des invités de ce calibre m’a énormément surpris.Il y avait dans l’air du temps une idée de partage, et Roland Arpin était de ce mouvement-là.En édifiant, entre autres, le Musée de la civilisation, il avait créé une muséologie contemporaine populaire liée à un grand respect pour le public.Suivra, en 1997, Sonorité des lieux, avec Pierre Dansereau, écologiste de réputation internationale, qui nous surprendra par son dynamisme et son désir de rencontres plus fréquentes entre les artistes et les scientifiques.Le dernier symposium, tenu à Saint-Jérôme en 1999, Mythologie des lieux, ne pouvait se réaliser sans la présence du grand artiste et humaniste Jacques de Tonnancour, observateur des territoires de la peinture et de l’entomologie.Les symposiums étaient des événements intégrant art contemporain et diverses disciplines.Dans leur dimension multidisciplinaire, ils accordaient une place importante à la musique et, pour certaines occasions, des compositeurs ont créé une œuvre spécifique d’intégration au lieu ou aux œuvres des artistes invités.Pour une culture du territoire est un livre qui rappelle les événements qui ont eu lieu en convivialité dans le cadre de ces symposiums.Il veut aussi rendre un témoignage du questionnement au sujet d’une culture du territoire qui animait les personnalités et artistes invités aux symposiums.Artiste commissaire Le rôle d’artiste commissaire que j’ai été appelé à jouer m’a été facilité par ma connaissance du territoire où j’avançais à petits pas, comme un work in progress.Jfe ne peux dissocier ma recherche d’artiste des thématiques des symposiums qui apparaissent après des années de réflexion sur chacun de ces thèmes.D’abord trouver un titre au symposium et porter attention à la sonorité des mots; puis tout devient très organique, comme pour la réalisation d’une œuvre.Les noms viennent se greffer sur l’événement.Les artistes arrivent de différents lieux des Amériques.Pour tous ces créateurs, mon choix est orienté par l’engagement, l’importance accordée aux lieux et la complicité conviviale de l’échange avec les autres artistes issus de diverses disciplines.En ce qui concerne la relation Nord-Sud inscrite dans cette préoccupation du territoire, elle ne date pas d’hier pour moi.Elle est construite sur quatre décennies d’un désir d’appartenance au continent: en observant la photo représentant Jackson Pollock à l’atelier expérimental de Siqueiros, à New York, en 1931, on a une autre vision de l’histoire des États-Unis et de son art.La préoccupation des lieux consiste dans la volonté de construire à partir de ce que nous sommes culturellement Territoires rapaillés, intégration, sonorité et mytholo- gie sont une suite de quatre thématiques qui nous engagent au quotidien dans la réalité sociale.Fondation et communauté Pour ce qui est de la Fondation Derouin, je la révais comme un lieu qui intègre fart et l’environnement.En 1975, la construction de la maison avec des matériaux récupérés d’une usine du Canadien Pacifique avait été un geste d’artiste et de mémoire.Le terrain, en versant de montagne avec d’immenses roches migrantes du précambrien, est un jardin naturel de la flore laurentienne.Il s’agissait de le mettre en valeur! Ce furent des années de grands labeurs a construire et à aménager le territoire avec peu de moyens financiers.Lorsque l’idée d’en partager l’espace avec d’autres artistes et le public est arrivée à maturité en 1995, tout était prêt pour cette étape.Les enfants avaient grandi; nous avions une fille en formation muséologique, ainsi que son conjoint.D'autres jeunes de la communauté de Val-David poursuivaient des études dans le domaine de l’art et pouvaient donc assister les artistes dans la mise en place de leurs œuvres.Nous en étions rendus à cette phase dans une «culture du territoire».L'art est un engagement global qui intègre l’environnement, le social, la culture et le politique.Une fois partagé avec le public, l’art s’inscrit dans nos mémoires collectives.René Derouin Le présent texte est repris de Pour une culture du territoire (L’Hexagone, Montréal, 2001, 216 pages illustrées de 175 photos).Des activités accompagneront le lancement de Touvrage au site de la Fondation Derouin à Val-David, les 22 et 23 septembre et aux Journées de la culture, les 28, 29 et 30 septembre.Information: (819) 322-7167 ÏXj T ' N tSf'T .S*ï m .-Ss ••'«k.-vv -AO- mm»: m* y il La résidence atelier de la Fondation Derouin à Val-David.SOURCE FONDATION DEROUIN Intégration des arts à l’architecture La journée des 1 % Mise en vitrine d’œuvres d’art québécoises Depuis 1981, le gouvernement du Québec a commandé pour ses divers édifices, écoles, hôpitaux, palais de justice et autres lieux, des œuvres à des centaines d’artistes.Les 28, 29 et 30 septembre prochains, il a été décidé de souligner cette initiative.; BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Tiens, tiens.Un ajout d’importance, parmi d’autres, circule dans la vaste programmation des ! prochaines Journées de la Culture.La plupart du temps la rumeur n’en parle qu’un brin, même la critique en fait peu de cas.Mais voilà qu’un petit blitz promotionnel s’empare des œuvres intégrées de façon permanente à l’architecture, construites sous le programme gouvernemental connu comme le 1 %.fi n’en est jamais suffisamment fait état, mais il existe au Québec-une loi qui veut qu’environ un pour cent du budget d’un édifice gouvernemental en construction ou en agrandissement soit attribué à la réalisation d’une ou de plusieurs œuvres d’art conçues spécifiquement en fonction de ce lieu, la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics est une mesure gouvernementale adoptée en 1981 et révisée eq 1996, une forme de mécénat d’Etat et une contribution à la diffusion de la culture visuelle.Plus volontiers les grands chantiers font parler d’eux, comme celui du Palais des congrès, du CHUM ou de la Grande Bibliothèque du Québec.Il faut savoir cependant que plusieurs écoles, centres d’hébergement, bibliothèques de quartier et bien d’autres plus petites surfaces bénéficient de ce programme.Bon an mal an, une centaine de projets sont traités sur le territoire de la province.Depuis deux ans, avec le boum de la construction, ce nombre est à la hausse.C’est justement parce qu’il est encore trop méconnu, ce pro- vTl: mu ALAIN PRATTE Transition muette, 1997, de Jacek Jarnuszkiewicz, au pavillon M.H.-Wong de l’Université McGill.gramme, que le ministère de la Culture et des Communications a choisi de l’intégrer — sans jeux de mots — au parcours des Journées de la culture.Francine Guay, chargée de projet au Secrétariat de l’intégration des arts à l’architecture, estime que cette tentative de mieux faire connaître le programme tient d’une volonté politique de démocratisation de la culture.Vingtième anniversaire Cette année, les 40 ans du ministère autrefois nommé «des Affaires Culturelles» coincident avec les 20 ans du programme d’intégration de l’art à l’architecture.«Le ministère veut promouvoir Tari dans le quotidien des gens et la culture dans la vie de tous les jours, soutient madame Guay.Ce volet veut faire réaliser aux gens que le ministère se préoccupe de leur culture au quotidien, pas seulement dans les grandes circonstances.On ne veut pas mettre l’accent seulement sur les grands projets, mais aussi sur les projets plus modestes en termes de coûts.» Du côté de la Direction des communications du ministère, Danielle-Claude Chartré.directrice, précise qu’en termes d’activités, vu les anniversaires célébrés, le ministère en fait «un peu plus que d’habitude pour l’événement 2001, afin de mettre en valeur les œuvres du programme du 1 %».Chaque direction régionale a été mise à contribution.«Il a été suggéré que les gens se fassent photographier devant une œuvre.» Les photographies permettront ensuite aux amateurs d’art de remporter une toile du peintre québécois Jacques Hurtubise.une acrylique sur toile de 16 sur 32 cm, une œuvre abstraite intitulée Tamanoir (1985).Hurtubise est Iç dernier lauréat du Prix Paul-Emile Borduas, remis dans le cadre des Prix du Québec à un artiste dont HELGA SCHLITTER Le gardien de l’école, 1997, de Helga Schlitter, à l’école primaire La Rose-des-Vents, à Saint-Jean-Chrysostome.la carrière est reconnue.Ainsi, -deux objectifs sont rencontrés, soutient madame Chartré.- faire connaître le programme d'intégration de l’art à l’architecture, de même que les Prix du Québec».Mme Chartré rappelle que certaines des œuvres réalisées sont répertoriées sur le site Web du ministère, d’autres sur le site du centre de documentation Artexte (qui, incidemment fête aussi son 20'' anniversaire) ainsi que dans les recueils disponibles en règle générale dans les bibliothèques et qui, chaque année, font soigneusement le bilan des réalisations faites dans le cadre du programme.«Ces œuvres, nombreuses.témoignent des courants de l’art au Québec.L’initiative pour les Journées de la Culture vise à donner aux gens une meilleure connaissance de ces réalisations.Ces œuvres sont méconnues, pourtant, elles constituent un musée à ciel ouvert.On en retrouve partout», jusqu’au Nord-du-Québec, à Wemindji ou à Kangiqsuallujjuaq.«Les directions régionales ont fiait des suggestions pour le choix des œuvres», explique la directrice des communications.Des œuvres réputées faciles d’accès ont été choisies, qu’elles soient à l’extérieur ou dans des édifices ouverts lors des Journées de la culture».Cette «belle opération de démocratisation», inespérée et combien importante, va rester, pour le moment «ponctuelle».Il est question pour l’instant d’un projet conjoint avec le centre de documentation Artexte, visant à confectionner une plus grande banque de données au sujet de ces œuvres inscrites dans ce programme «toujours aussi vital».Pour connaître dans une région k?lieu et le moment d’une activité consacrée au Programme de l’intégration des arts à l’architecture, visitez le site wwvi.journeesdelaculture.qc.ca ou contactez le bureau régional du ministère de la Culture et des Communications. LE D E V 0 I K .LES SAMEDI 22 ET D 1 M A X t II E 2 3 S E I’ T E M H K E 2 0 0 1 K 5 JOURNEES DE U CIUTURE Une entrevue avec Diane Lemieux Démocratiser pour régner Le gouvernement doit revoir sa position face à l’industrie culturelle L objectif faisait partie de la derniere politique culturelle.Il a pris depuis diverses formes, dont celle des Journées de la culture.Heureuse des résultats obtenus, la ministre de la Culture et des Communications, Diane Lemieux, maintient que rien ne vaut mieux que la démocratisation.l!n constat positif qui ne 1 empêche pas pour autant de souhaiter une réflexion en profondeur sur les moyens mis en œuvre pour rendre la culture plus accessible.GUYLAINE BOUCHER En cinq ans d’existence, les Journées de la culture ont peu à peu fait leur marque dans le paysage culturel québécois.Chiffres à l’appui, c’est plus de 230 000 personnes qui ont assisté, en 2000 seulement, à l’une ou l’autre des 1000 activités organisées sur le territoire dans le cadre de ce rendez-vous automnal.Et ce n’est pas terminé, puisque pour la cinquième année consécutive, le nombre d’activités proposées grimpe encore, jusqu’à atteindre les 1800 pour l’édition 2001.Une performance que la ministre n’hésite pas à qualifier «d’extrêmement satisfaisante».Un lien affectif avec la culture Au-delà du bilan chiffré, les efforts des créateurs, des artisans et des opérateurs pour être attrayants et donner le goût aux gens d’aller passer quelques heures chez eux sont en soi très intéressants, de l’avis de Diane Lemieux.Comme elle l’explique, «que ce soit à Baie-Comeau, à Montréal ou à Québec, c’est comme si on créait un lien presque af- fectif avec la culture.Les gens voient le sculpteur à l'oeuvre, la troupe de danse faire une répétition, ils peuvent comprendre ce qui se passe derrière les planches, voir comment les gens travaillent, ce qui les allume et ce qui leur donne le goût de réaliser une œuvre culturelle quelle qu’elle soit.Ça a quelque chose de magique».Quant à savoir si les découvertes effectuées dans le cadre des Journées de la culture ont poussé beaucoup de gens à fréquenter davantage les salles de spectacle comme le souhaitaient les organisateurs, la ministre confesse ne pas être en mesure de l’affirmer avec certitude.«Il est clair que l’un des objectifs des Journées de la culture est de rejoindre des gens qui sont moins initiés et de leur donner le goût d’aller plus loin, d’avancer vers quelque chose de plus complexe.Malheureusement, malgré la technologie et les connaissances qui sont plus avancées, l’impact à long terme de l'événement est extrêmement difficile à mesurer.» Une affirmation qui contribue à nourrir les positions réfractaires qu’entretiennent certaines personnes quant au rayonnement réel des Journées de la culture.Un événement qu'ils jugent trop limite dans le temps et muni d’une programmation trop vaste pour atteindre véritablement sa cible.Une vision des choses que la ministre de la Culture et des Communications ne partage absolument pas.«Dans une ou deux décennies, nous n 'aurons peut-être plus besoin d’un événement aussi marquant, large et mobilisateur, parce que le contact entre les Québécois et la culture sera suffisamment de qualité pour que l’on aborde les choses autrement.Entretemps, même si nous avons un niveau de fréquentation en salle qui est correct, nous avons encore besoin de ce genre de rendez-vous sans prétention qui vient frapper l'imaginaire et qui permet de tisser des liens avec les artistes et les artisans, toutes disciplines confondues.» Le temps des réflexions Enthousiaste quant au modèle du rendez-vous annuel, Diane Lemieux ne cache cependant pas sa volonté de remettre en question les manières de faire.Ainsi, cinq ans après leur création, les Journées de la culture sont, à son avis, arrivées à un stade où il faut évaluer les résultats obtenus.Une approche qui devrait, selon elle, permettre «d’affiner le concept pour le rendre encore plus approprié».Faut-il passer à une phase deux?Favoriser une approche plus participative, comme c’est le cas en France avec la Journée de la musique par exemple?De l’avis de la ministre, toutes les options sont ouvertes.Des options qui débordent d'ailleurs le strict cadre de l'événement en lui-même.C'est que.precise Diane Lemieux, dix ans après l'adoption de la politique culturelle.c'est tout le fonctionnement de l'industrie de la culture qu’il faut interroger, «fin politique culturelle du gouvernement a été adoptée en 1992.Un des axes importants qui omit alors été identifié était l’accessibilité et la démocratisation de la culture.Dix ans plus tard, il est temps de mesurer ce que l’on a réussi à faire, quels sont les maillons les plus faibles et ceux que nous avons besoin de renforcer.Il faut donc s'interroger, non seulement à propos des Journées de la culture, mais plus largement sur l'industrie culturelle et sur la façon dont nous l’avons menée depuis dix ans.Que l’on soit créateur, diffuseur ou ministre, tout le monde doit se questionner.R faut se demander si nous avons fait les bonnes choses si.considérant les nouvelles technologies, noies allons dans la bonne direction, etc.C’est essentiel.» Essentiel, mais pas sans limite.Ainsi, si Diane Lemieux se dit ouverte à toutes options, elle affirme tout de même, convaincue, que peu importe les moyens utilisés, la démocratisation, elle, demeure intouchable.«Je suis la fille d'un mécanicien.Mon père ne lisait pas le Devoir le dimanche.Il n’y avait pas de livres qui traînaient à la maison.C'est sur le tard et parce que j'étais curieuse que je suis devenue une consommatrice de cinéma et de littérature.Aujourd’hui, je tiens beaucoup à ce que les Québécois soient fiers de notre production culturelle, de la richesse de notre culture et de sa variété.Je tiens aus- RKNf: MATHIEU LE DEVOIR •*.e -4- Pour la ministre de la Culture et des Communications, Diane I-emieux, les Journées de la culture sont arrivées à un stade où il faut évaluer les résultats obtenus, line approche qui devrait, selon elle, permettre «d'affiner le concept pour le rendre encore plus approprié».si à ce que la culture et tous ceux qui la façonnent soient très proches des Québécois.Il faut que l’industrie culturelle offre un éventail très grand d’émotions et de niveaux de complexité pour répondre à des besoins multiples et des réalités diffé- rentes.C'est aussi cela la démocratisation et, c’est peut-être la fille de garagiste en moi qui me ramène à des questions aussi pragmatiques, mais comme ministre, je me sens gardienne de ça et je me fais un devoir d'y veiller» Sherbrooke Le théâtre se donne un rôle Des «petites lanternes» pour éclairer une réflexion sur l’exclusion Des non-comédiens jouent.Les travailleurs de la rue participent.Le théâtre devient un moyen pour «créer des liens entre l'art et la collectivité».Angèle Séguin explique.DENIS LORD Angèle Séguin refuse l’appellation de «théâtre forum» pour désigner son approche dramatur-gique.«Nous faisons du théâtre engagé», affirme simplement la directrice et metteure en scène de la troupe de Sherbrooke Les petites lanternes.N’empêche, lors des deux représentations données par la troupe le samedi 29 septembre, dans le cadre des Journées de la culture, le public assistera à bien davantage qu’une pièce «avec un message».En effet, l’approche privilégiée par Mme Séguin consiste à faire participer des non-comédiens à ses pièces.A Sherbrooke, ce sont des jeunes dirigés par le comédien Marc Fraser qui vont faire partager leur expérience; la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue s’est d’ailleurs associée au projet, qui vise à «dépasser les limites de l'événement artistique pour contribuer à modifier certains préjugés et perceptions et créer des liens entre l’art et la collectivité».Jeux croisés De 13 à 15 heures, au Centre d’animation culturelle, deux heures d’entraînement seront données à des adolescents, certains vivant dans la rue, par des comédiens et la chorégraphe Catherine Archambault.Ensuite, des extraits de la pièce «Les Lanternes oubliées ou Allégorie d'une planète en quête de lumière», écrite par Mme Séguin, seront présentés par des comédiens professionnels, parmi lesquels France Morin, Ilia Castro et Alexandre Leclerc.Cette pièce de deux heures, qui en temps ordinaire compte 14 personnages, porte sur «les forces et la fragilité de l’être humain, sur la pauvreté et l’exclusion dans les Amériques».Après la présentation des ex- SOURCE THÉÂTRE DES PETITES LANTERNES Serge Alain Cambronne dans Les Lanternes oubliées, texte d’Angèle Séguin.traits, des jeunes joueront une pièce de 12 à 15 minutes qu’ils ont créée cet été.Pour l’occasion, d’autres adolescents s’associeront à eux.Entre 16h et 17h30, échanges de bons procédés: les comédiens rejoueront à leur manière la création des adolescents, qui en font tout autant avec les extraits des «Lanternes oubliées.».Inusitée, cette manière de faire illustre bien la volonté de la metteure en scène d’user du théâtre comme lieu d’échange entre groupes sociaux.«Bien sûr, explique Angèle Séguin, il y aura de l’improvisation et on ne retrouvera pas d’éléments de salle de spectacle.On demande aux participant d'apporter ce que j'appelle une valise de création contenant divers accessoires: des costumes, du matériel d’éclairage, etc.» En soirée, à 19 heures, les représentations croisées auront lieu dans l’espace public à côté du restaurant Baladi, choisi par les adolescents eux-mêmes.Elles seront suivies d’un échange informel entre le public et les divers participants.Une scène d’échanges Diplômée en journalisme, Angèle Séguin possède en outre une maîtrise en théâtre d’intervention.En 1996, Forum mondial de la santé, la revue de l’OMS, a publié son texte Le théâtre, moyen efficace de promouvoir la santé; l’an dernier, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse lui a décerné son Prix de vigilance et d’action pour contrer CENTRE CHORÉGRAPHIQUE célèbre les journées de la Culture Répétition ouverte LE CARRÉ DES LOMBES vendredi 28 septembre à 14630 Informations : (su) 525-1569 d»»—#drcult-^»t.qcxa La direction artistique de Circuit-Est est assumée par Louise Bédard Danse.Le Carré des Lombes.Sylvain Émard Danse.Fortier Danse-Création, Tedi Tafel et Tassy Teekman.Jf- &> Quebec SS «r- nkrgjgj -“25 HEF"— —— «T Sfîs ' É.' V- SOURCE THÉÂTRE DES PETITES LANTERNES Alexandre Leclerc et Lilie Bergeron dans Les Lanternes oubliées ou Allégorie d’une planète en quête de lumière, une production du Théâtre des petites lanternes.le racisme en Estrie.La troupe que Mme Séguin a fondée à Sherbrooke compte trois années d’existence et emploie des comédiens de la région.«C’est important de faire travailler les gens de la région, même s’ils ont parfois moins d’expérience que des comédiens de Montréal; c'est un excellent stimulus et c’est rentable à long terme.» Suivant d’autres pièces de l’au- teure inspirées de problématiques sociales, Les Lanternes oubliées ou Allégorie d’une planète en quête de lumière tourne depuis deux ans de Montréal à Edmonton en passant par l’Estrie et le Bas-Saint-Laurent Trois mois avant les représentations, les gens des milieux communautaires, gouvernementaux et autres sont contactés, autant pour les intéresser comme public que comme participant.Mme Séguin explique le principe: «aux dix comédiens de la troupe s'ajoutent dix personnes de l’endroit qui jouent dans trois scènes.Ils peuvent répéter deux ou trois fois avant de le faire avec les comédiens, ça dépend d’eux.Quand on parle de démocratisation de la culture, c’est ce que nous pratiquons depuis long temps.Des gens qui ne se sont jamais assis ensemble se rencontrent, le théâtre devient un élément catalyseur qui s'élève autour des préoccupations de chacun.Il y a des moments extraordinaires.La dimension créatrice amène à un autre niveau qui ne serait pas accessible autrement; elle aplanit les différences et la compétition.» D’après Mme Séguin, réseau-ter les milieux où tourne la troupe et proposer des thématiques sociales amènent au théâtre des gens qui n’y allaient plus ou qui n’y iraient pas autrement.Les «Ixinternes oubliées.» tournera en Gaspésie au mois d’octobre.Iji troupe évaluera ensuite l’opportunité de poursuivre ailleurs les représentations.Centre d’animation culturelle: 1215, rue Kitchener, local 318 (réservation nécessaire).Restaurant Baladi, 123, rue Wellington Nord.S’il y a pluie, les prestations se donneront au 138, Wellington nord, local 201.Pour informations: Théâtre des petites lanternes (819) 346-4040.Jt&uGiÂiM • • Evergon Mois de la photo du 8 septembre au 13 octobre Toronto Int.Art Fair du 10 au 15 octobre Galerie 372.rue Ste-Caihennc Ouest, espace 520.Montreal (Quebec) Canada H3B 1A2 Tel 516 866 8008 Tclec 516 866 1288 j aumont ° galerietroispoints qc ca— Site Internet www galerietroispoints.qc ca Avec M participation du ministère rte la (utturr et des Communications OJ.Qj m a> 2084 boul.des Laurentides, Laval (450)975-1188 Juiqu'au 28 octobre 2001 du mere, au dim.de 12h à 18h Marc Laforest "Territoires optiques" (photographies) Claude Feiiand "Les ombres englouties du jardin de la maison H.” (installation) 10e anniversaire de la Galerie Verticale le 7 octobre à 17h.U- qiuxrticr "Centre^ Sud» Lancement jeudi 27 septembre à 11 h30 à L'Alizé, 900, rue Ontario Est USINE 0 Visite guidée et rencontre avec le chorégraphe français Boris Charmatz dans le cadre du FIND vendredi 28 septembre, de 16h00 à 18h30 à l'Usine C, 1345, avenue Lalande Informations 521-4493 I ChaHe^tdouard Mai ho delévis Bibliothèque de de Ste-Rosalie Biblioth^ Gerrname Guevremonl Montcerf/Lytton Bibliot d'Aylmer Bibliothèque it municipale de Lava It rie 1 Lambert Bibliothèque m Bibliothèque municipale Trépanipr Bibliolhcque Bibliothèque 5t Miche! t St Denis Cafe Bistro Le Bellechasse Carrefour n' tau^on Cégep de Lirnoil Centre canadien de rech Claire Stewart Hail Cent Centre d'apprentissage r d'archives de "Estrie Cen de Umoiiou Centre d'arc et.ioisirs Les Muses Cem d'art Centre de la blodiv Marguerite d'Youviile Ce des iaurentides Centre Québec/Espacë Verre Ce Centre d'exposition des Métabetchouane Centrr traite des fourrures Crni ment.(CLD) de la MRC dt sition Centre regional d des fermières Cercle de* no.^8 Cerf volant Coi io! de Brandon Chambre dt Musique en Tête Chœur Circa Circuit des arts de: Coalition des artistes de François Xavier-Garnejsu Hllaire-de-Dorset Comit ture de la Ville de Montr Mile End Comité d’histo Sud Comité socio-i.ult.ur Commission municipale Congrégation des Ursuln de Snawinigan Sutl C.orv Conservatoire de rnusiqi économique et tourlstiq d'art du Québec en fcstri Aubert de Gaspé Corpo Lapensée Côté cour, Côt culturelle de l évis Distri ¦ j de Matane f-t Lambert Closs Çhavigny tco Éditions Hélene For' Ensemble folkloriqu Éric.Côté Ermitage : paroisse St Pierre F; de Tadoussac Festiv Festival Orgue et coi Jean-Pierre Perreau! a rte VISTA Galerie B Ste Anne Galerie Di Séquence Galerie Si Galeries Normandie culturel allemand Grand Théâtre de O Dorval Guide Quèbecscope Guilde d Harricana par Mariouche Hélène Brun de Québec Institut culturel Avataq )r Institut Trebas Inter loge Centre-Sud Jeanne D'Arc Tessier Jeannuie Conjust Julie Samuel Julie Siméon Kaméléart L'Fspace f.la Grande bibliothèque du et de travailleurs culturels r înqtH des Journées de la culture, J Iville Ga larte- de la reliure Laboratoire rte recher sut les musiques ’Univ ersiié i de A Aonireal l .aLa Bistro La naud 1ère Arts et C :ouk Hirs i L'Artouche du Témiscamlhg ue L'ai telle :r de verre L’Oisea hois L Au tre M ontréa i Le ; Bon Dieu dans la Ruc- Le Carré des Loin b tes i ?2-nous des • aUhtes 1 e Cochon Groupe de la Veillée Le Stud io Le T rape rr Lena Ohio d ZOrteils Les 30 mun alités de ia MRC Vallée-d ed a-Cat ineau Les rus cle i a t sioHotnèc Les Aquafolistes Les Art isan s fores’ > Les Artistes dan* milieu Les i arts ¦ de ia si ,ène ! de Montn nagny les At8 Hers Apart Les Ate Actes Les B N îsd’Art li ;s Brodeu Les Couleurs de Brandon Le s cuirs Roc hefort maroquinr: :rie : 1 Économus* :%e du cuir Li :*S éi coles et le* > municipalité s de * He- d Orleans rHff ; Qns VLB les thérapeutique et l'art biut .ni Que bec intervenants Ollti jreis du Tr; 3it'Ca né Le- ^ orj nanismes r ülieij Félicinois le: s p r ci lehes en ( Promoteurs d'Angliers Les i Racine* , Na miad les Les salles Jesù, Cent! -e de créativ lté Les Servies e la Ville de Si - li n c Studios ( a :S lisser in tomne L’escargot théâtre l.'espar.! e vii Je Librairie L'Ecur ss jours Ü f* 1 : P r>i 1 belli vre Libraii Ne Monet Lib raine Olivieri üen 1 hisl torlqu ie national d des Fort: Palais iTlat fleurie Linda Ci l.isel tte S avaria LOasi is Loi sirs et cult ure de ia A.rallee de St-Sa uveur Loisirs folkl loriq ues d' e Salaberry v ie-VaHeyf de La Bruère Louise Page t oui se 1 Pelletier Louise Saint >Pier re Luc La* loche 1 lie Luc Mrt irtin Lucie k Gascon Luc! e i.DeSrosseï s Lu: a balk ïra L’Union des écrive Mackinaw Magalie Chou!re ird Md i fV> ontr- éai arts inierc :ultui reis Ma iso n À ni oine-iu acombe Maisc m de la cultur e Ah u nt s i c -Ca rt.ie r ville Al a is 6n de la cuit des-Neigi de la culture de Waterloo V Urison de ii ture Lulalie-L )uroc .her Mâlsc m de la culture Frontenac Maison de la culture Maisonne uve on de la cuit ure Marin î-Ucuav f ture Notre-Dame-de-Grâce Maison de ait ure Pi a le ai nt Royal A Aaisoi n de la cuit ure Pointe -aux Tremble! î» Maison de la cul Riviè: re-des-Pralrii ss Maisoi i de la eu ture Vallée de-la Catineaii Mai sot 1 de la a dture Videra) f/St-A Michel/Par c-Lxtc vision Ma ison de la Francophonie Maison des Arts ( a culture la culture Notre-Dame-de-l; r Merci atsor î des arts Riv e~Su< je s ci dtures ami érmdiennes Maison des ; Grands-Parents i Vi a is on des Jésuites e TOutaouais Société de gène .il Québec Société des transports (l'histoire de la Rivière-du Non loire de Pointe-St Charles Soc; Société d'histoire et de genéalr du Musée du Grand l hàte.rug Beaupré Société du pat Buckingham Société histonqu torique de St-Anicet Société h Pistoles Société historique Pie ditionnelle québécoise Soriet: tique Duchesnay Studio la Rodai art.faune et flore Table rtc amaeern 'tusée du Haut-Richelieu nent du 1 Sic du S, ne mari Ch, ne de la îsboure Côte Nord ïenon Mi ortais e, corn Théâue Deni^e-PtTle tier 1 rheâtr Théâtre en l'jir The, (tie H lector TRAfit.ART Troupe de • theà tre de Hochelaga Maisonn U Nia Université du Quebe c à M ontréi Village rtu Bûcheron Ville d'Anj< voix Musée maritime du Québec Musée ; Rimouskl Musée régional de Vaudreuil-aporte Nicolin & Gublln, Atelier galerie ud Omnibus Option théâtre du Collège ;c Orchestre symphonique du Saguenay-re Parc historique de la Pointè-du-Moulin Denis Happy Photo-Club Arèmac Pierre rnimation en art actuel Plus que ça cèst Production Trottoir Productions Azimut anse du Cégep de Drummondville Projet hâteauguay Radio communautaire de la upeinent des centres-villes et des artères dries Nicholas Hoare Réseau des maisons rit Rollande Saint-Onge Roseline Joseph anctuaire de Mère d'Youviile Sara Hanley e garde de l'école Ste-Thérèse Service de re, des ioisirs et de la vie communautaire le la culture de la Ville de Joliette Service "ire chéri ht cuit atrn -Ne été de tl< té de géi toine t Res Sc ; du jardin érrebonre québécois eaiogie de ck&aA/M s de I Outaouais Société d ieté d’histoire et d’archëoii été d'histoire et du patrime Martine Soctété du patrrrr : généalogique de l'Est de Québec Société historique ï-sur Richelieu Société nisi e traditionnelle Société pc entre du-Québec Souverai Amgren Sylvain Bigras $v uy Michaud Télé Quebec'' 'heâtre de 1 Utopie Théàtr< anoir St-Castin Théâtre rtc d'arts Ville de Contrecceu-de LaSalle Ville de l'As-Plerrefonds Ville de Pci Montarville Ville de St-Catherine Ville de Str-C Ville Mont-Royal Villes photographie YMCAdu P jatii lartement d anthi les Université Las e Brossard Ville cl Kirkland Ville de VTIe de Matane :-du St- Ville d< entre d ilier da ¦iistoire de Magog Société d his- jgjp fjy Témisrouit^ {Fort InoxF) 'inc du Haut-St-François Société nine et d'histoire de ia Côte de-Ouebec Société h storique de de St Andre-Avetiin Société his-orique et généalogique de Trois-ur la promotion de la danse tracs anonymes Station écotouris-Sylvai'- Poirier Symposium p'ovin-: Television régmnale de la Haute tre de Quat'Sous Théâtre de Sable rtu Rideau Vert Théâtre du Trident or Thierry Coquet Tourisme Cap-St-ignace Tournesol n groupe de Caisse Desjardins des zones Centre-Sud et du Québec à Chicoutimi.Direction du module des arts 1 ds UsmrC Varenn'Art Victor Teboul Vidéo Femmes Charlesbourg Ville rte Châteauguay Ville de Coatkook ache laie Ville oe Lachine Ville de Lac-St-Char'es VTIe le de Montréal Nord Centres biblio culturels Ville rte le Valleyfield Ville de St-Amabie Ville de St-Bruno-de-Ville rte St-Raymond Ville ds St-Romuald Ville de Ste-Ville de Verchères Ville de Verdun Ville de Victoriaville 1 en Pointillés Vu, Centre rte diffusion et de production de la r
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