Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 2001-09-25, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
1 e d e y o i r ?LE DEVOIR' ECONOMIE Transat A.T.réduit ses effectifs du quart Page B 1 ACTUALITES Carte d’électeur: rien ne presse, dit Chevrette Page A 3 V o L.X C 1 I N “ 2 l 7 ?L E M A H 1> 1 2 5 S E P T E M H H E 2 O O 1 8 7c + T A \ K S = 1 $ La guerre financière est commencée ¦ Bush décrète le gel des avoirs d’individus et de groupes soupçonnés d’activités terroristes La surprise passée, le Canada promet de collaborer MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA argent étant le nerf de la guerre, le président r américain George Bush a dirigé sa première attaque anti-terroriste contre les avoirs de 27 individus et organisations associés au terrorisme.Il a permis le gel de tous leurs biens aux Etats-Unis et exigé qu’il en soit ainsi partout dans le monde.Sinon, a-t-il averti, les institutions financières étrangères qui refuseront de coopérer verront leurs propres avoirs américains gelés.«J’ai signé un ordre qui gèle immédiatement les avoirs financiers américains et qui interdit toutes transactions aux Etats-Unis avec 27 entités différentes», a-t-il dit sur les pelouses du Rose Garden, en compagnie de son secrétaire au Trésor, Paul O’Neill, et du secrétaire d’Etat Colin Powell.Selon lui, le terrorisme ne peut fleurir sans moyens financiers pour mener ses opérations, d’où l’urgence d’agir sur ce front à l’échelle de la planète.«Si [les institutions financières étrangères] ne nous aident pas en partageant leurs informations et en gelant les comptes, le département du Trésor a l’autorité _ de geler leurs avoirs aux États-Unis», a-t-il ajouté.L'annonce, faite deux semaines après les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone, a semblé surprendre le gouvernement canadien qui, malgré son désir de coopération, a d’abord réagi avec une certaine confusion.Ainsi, le premier ministre Jean Chrétien a affirmé, lors de son passage à Washington, que le Canada avait annoncé dès vendredi le gel des avoirs des individus et organisations visés par les Américains.Il s’agissait plutôt d’une demande de coopération communiquée au Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) par le FBI, demande portant sur une vingtaine d’individus et que le BSIF a transmise vendredi à toutes les institutions relevant WÈm AGENCE FRANCE-PRESSE •' » »1 '* • * % * A /./vvz v»* •****tmnv f\*\ VOIR PAGE A 8: GUERRE George W.Bush a reçu «son frère»*, le premier ministre Jean Chrétien, hier à la Maison-Blanche.Ils ont convenu de prendre des mesures concrètes pour priver les terroristes de ressources financières.L’action militaire est toujours dans les plans HÉLÈNE BUZZETT1 DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Le gel de l’actif d'organisations terroristes ne sera pas un substitut à une intervention militaire, a averti le président américain hier tandis que le suspect numéro un, Oussama ben laden, sortait de son silence pour inviter le monde musulman à prendre les armes contre «le croisé George Bush».Le millionnaire saoudien a fait parvenir un communiqué de presse à une station de télévision qata-riote dans lequel il demande au Pakistan de «repousser» les troupes américaines qui pourraient débarquer à cet endroit advenant une riposte.«Nous exhortons nos frères pakistanais à dissuader au moyen de toutes leurs capacités militaires les croisés américains d’envahir le Pakistan et l'Afghanistan, dit le communiqué.Je vous assure, chers frères, que nous serons fermes sur la voie de la Jihad [la guerre sainte] au nom d’Allah.» Puis, faisant référence aux quatre Pakistanais ayant perdu la vie ce week-end au cours de manifestations anti-américaines, ben laden écrit: «Nous espérons qu ils seront les premiers martyrs dans la bataille de l’islam contre la nouvelle croisade juive menée par le croisé George Bush sous la bannière de la croix.» Le régime taliban au pouvoir en Afghanistan, où ben laden se cacherait, a annoncé qu’il avait procédé .au déploiement de 3(X) (XX) hommes «dans la capitale, aux frontières et sur les sites importants» en vue des frappes américaines.Le talibans soutiennent toujours qu’ils ne savent pas où se trouve ben Laden, dont la tête a été mise à prix pour 25 millions de dollars.leur chef suprême, le mollah Mohammad Omar, a fajt front avec le chef terroriste en affirmant que les Etats-Unis ne sortiraient pas de la crise actuelle «s’ils tuent Oussama ou moi».Le régime taliban s’est quand même adressé par lettre aux Nations unies pour qu’elles empêchent les «grands pays» d'imposer «leurs intérêts maléfiques sur les pays petits et faibles comme l'Afghanistan».VOIR PAGE A 8: ACTION Le message de paix d’une victime de la guerre Véritable symbole des atrocités de la Guerre du Vietnam, Kim Phuc Phan Thi était de passage hier à Montréal.De sa voix douce, l'ambassadrice de l’UNESCO pour la paix a offert ses vœux de paix et ses prières pour les victimes dp la guerre et du terrorisme aux Etats-Unis.«Je suis de tout cœur avec les familles des victimes et je souhaite que la réconciliation aille de pair avec la recherche de justice.Il faut aider ceux qui souffrent ici ou ailleurs.Un enfant ne doit jamais souffrir de la guerre ou de mauvais traitements.» La dame de 38 ans a participé au lancement de la division québécoise de sa fondation internationale qui vient en aide aux enfants.Kim Phuc Phan Thi ¦ À lire en page A 4 INDEX Annonces.B 8 Avis publics .B 6 Bourse.B 2 Culture.B 10 Economie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A7 Monde.B 7 Mots croisés.B 8 Météo.B 8 Sports.B 8 Télévision.B 9 00 Cul-de-sac vert Dans trois ans, les quatre dépotoirs de la grande région de Montréal seront pleins ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Il reste très peu de temps à la grande région de Montréal pour trouver ce qu’elle fera de ses déchets lorsque tous ses sites d’enfouissement seront pleins.En fait, constatent plusieurs observateurs, au rythme où vont présentement les choses, L' pourrait bien être déjà trop tard pour éviter une répétition du cas de Toronto.De l’avis de tous, il reste tout au plus trois ans de vie utile aux quatre sites d’enfouissement privés de lachenaie et de Sainte-Genevieve-de-Berthier dans Lanaudière, de Sainte-Sophie dans les Laurentides et de Saint-Nicéphore près de Drummondville où sont principalement envoyés les 4,6 millions de tonnes de déchets produits annuellement dans l’île de Montréal et ses couronnes nord et sud.VOIR PAGE A 8: CUL-DE-SAC JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le site d'enfouissement de Lachenaie, l'un des quatre à desservir la population montréalaise.Y x > T' 1*0' 'SJ •fl*'-!»» JT Nouveau CHUM: la facture grimpe Le coût d’acquisition du site pourrait dépasser les 100 millions KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR acquisition du site Saint-Denis pour l’implanta- ' tion du CHUM pourrait coûter cinq fois plus cher que prévu.L’étude préliminaire commandée par le gouvernement du Québec n’a pas évalué les coûts de relocalisation des quatre propriétaires actuels du terrain, pouvant ainsi faire grimper la facture au-delà des 100 millions.Fin 1999, la firme Daniel Arbour et associés analyse qu’il faudra investir 19,9 millions pour acquérir l’immense terrain à l’angle des rues Saint-Denis et Rosemont Mais c'était sans compter les frais de déménagement obligé du garage de la Société de transport de VOIR PAGE A 8: CHUM a.fortune vous sourit ?C'est bien ! Et si le bon sens est de la partie .c'est encore mieux ! Les deux vont de pair.Depuis plus de 30 ans, les directeurs de Gestion d’avoirs privés Goodman aident les Canadiens dont l’actif s'élève à plus de deux millions de dollars à atteindre tous leurs objectifs en matière de finances et de planification successorale.Gestion d’avoirs En visant la conservation du capital et la croissance à long terme assortie d'avantages fiscaux, nous créerons un plan financier des mieux adapté à vos besoins.Pour plus de renseignements, communiquez avec Renato Anzovino, vice-président, par téléphone au 1 888 908-7999 ou par courriel à ranzovmo@goodmanprivatewealtb.com.une rIivi»ion f Xynamu Mutual Funds Ltd.P K I V I S (. Taux dTr#rtl*59% IxinV 3MIK» ITCFiU-SOJ VixrçXeouMun^équtota» ^lOJ MnonlRRiIrkmini C'S .V sanntx- WJ UiM» * Monringa .U IW'tan pur an Fnfedp0.BJpnirih9qiiFUaiiNivaiinil«ailairiAlCI|wliilnmNifa.Timmuxnn»nienl ira»*iniiàULwTOà«on'*î«rii»Ll»n» tareappikahksjn!^ Vo^jvotiFrtmisskamainfLeTOln^ispifelwirplusiMails tofliviviïidfinlf l"«l^ WI.UliKUaep.'ulSiTnicntréwr du cPtti pour les vfhiniles Irait MW WlnpiL'Coup oft»1 s’appliqueiiuuuenk'mauxrfhiaiIttiaislakihezIecorteNionruiivelelleivpeutSn'CünibinA-iau'ineaiiîA'oflre F.XEVPUÎI>FPUEMEM RX 500 (Groupe O Taux JTniérft de Dwfc 50 moè PÜSf 51850 J-Aroiuple ou Adunge équivalent: 9 900$ Mensralltf de loratkar 585$ - [fpcr dp parante .T s ittmtdeklkanàrt " ’a OOOktu man Frit'.le 0.15 $ pour laRxifU" suartfiintUm' W.10S|»rkaon»V»convmi:iun*aiirnldelaafji.uuivdu™iiutdekvaiionVFrjS,lelnn^«neui'piftxtnÈ«ias!ur.«veainifeU»;tnil».iN(tensusV3Wzrulrrioirt«Noiuuin'lfxusk’(fif (Ti>p«irplitJeilflatb L'oAe prend fin le l'ivlalto ,ïl | le maHe peut être momn1 .mt ^ wnimof'00' L 1 ?i S LE DEVOIR.LE MARDI 2 5 S E 1' T E M B R E 2 O O I Michel David ?L’urgence de ne rien faire Les procès d’intention n’ont jamais fait peur à Guy Chevrette.Celui qui s’oppose à ses projets nourrit nécessairement de coupables arrière-pensées, qu’il s’agisse d’assurance-automobile ou de réforme électorale.«Les Sirros, les Houda-Pepin et les Mukair étaient venus faire un spectacle pour s'opposer complètement à l’identification des électeurs.Je comprends maintenant.Ils ne voulaient pas avoir ça pour l’élection», a-t-il lancé, la semaine dernière, après que la Cour du Québec eut condamné un organisateur libéral pour manœuvres frauduleuses dans la circonscription d’Anjou lors de l’élection générale de 1998.Autrement dit, laissaient entendre les propos de M.Chevrette, le PLQ avait voulu s’assurer que des organisateurs comme Alberto Berardinucci auraient le champ libre.D y a seulement en politique qu’on peut lancer impunément une pareille accusation sans preuve à l’appui.Autrement on appellerait ça de la diffamation.En le voyant monté encore une fois sur ses grands chevaux, on aurait pu craindre qu’il ne cherche à profiter de la situation embarrassante dans laquelle l’affaire d’Anjou a plongé les libéraux pour faire adopter à toute Vapeur son projet d’une carte d’électeur obligatoire.M.Chevrette a toujours dit que, dans son esprit, la loi imposant la vérification obligatoire de l’identité de l’électeur, que l’Assemblée nationale a adoptée en juin 1999, était simplement un premier pas et il n’est pas du genre à lâcher prise facilement D’où l’étonnante modération des propos qu’il a tenus en fin de semaine à la collègue Kathleen Lévesque.L’important était de franchir l’étape de la vérification de l’identité des électeurs, a-t-il expliqué.Pour le reste, il s’en remet à l’étude de faisabilité commandée au Directeur général des élections, qui doit faire rapport d’ci la fin de l’année.«R y a beaucoup de choses à prendre en compte, a ajouté M.Chevrette.Combien ça coûte, entre autres?» On dirait presque qu’il invite le DGE à multiplier les objections.Qui plus est a-t-il souligné, le système instauré en 1999 a très bien fonctionné lors de l’élection partielle d’avril dernier dans Mercier.Bref, il semble maintenant devenu urgent de ne rien faire et M.Chevrette commence à préparer les esprits, c’est-à-dire les militants péquistes, à un report au moins temporaire du projet Pourtant au congrès de mai 2000, il avait fait sienne la résolution qui demandait au gouvernement de faire en sorte que la présentation d’une carte d’électeur numérisée avec photo soit obligatoire dès la prochaine élection générale.Il faut dire qu’à la veille du congrès, le ministre des Relations avec les citoyens, Robert Perreault avait eu la malencontreuse idée de présenter un projet de loi prévoyant l’introduction d’une carte dldentite facultative.Autant agiter un drapeau rouge devant un taureau.On a débattu périodiquement de la carte d’électeur idepuis les années 70, mais c’est devenu une véritable obsession pour les militants péquistes qui, à tort ou à raison, ont acquis la certitude qu’on leur a volé la vic-jtoire au référendum de 1995, comme on a volé celle de Pierre Bélanger dans Anjou en 1998.Toute procrastination dans ce dossier leur est insupportable.La réaction à l’annonce de M.Perreault avait été si jvive que même Lucien Bouchard, qui n’avait jamais été emballé par cette idée, qu’il jugeait même dangereuse, avait dû se prononcer publiquement pour éviter un affrontement qui aurait pu avoir le même effet ’désastreux sur son vote de confiance que le débat sur la langue au congrès de novembre 1996.; Bernard Landry, qui jouit pourtant d’un capital de confiance infiniment plus grand que celui de M.Bouchard au PQ a senti le besoin de reprendre rengagement à son compte au conseil national de juin dérider, où deux nouvelles résolutions pressaient le gouvernement d’agir.«Le plus rapidement possible», a prudemment nuancé le premier ministre.Le problème est précisément qu’il apparaît très difficile, voire impossible de faire adopter un projet de loi aussi controversé d’ici la prochaine élection générale.Même si elle était reportée à l’automne 2002 ou au printemps 2003, rien ne justifierait, sinon le souci de plaire aux militants péquistes, qu’on impose une Carte d’électeur avant d’avoir sérieusement testé ï’ef-jficacité des mesures adoptées en 1999.: C’est d’ailleurs ce qu’avait suggéré la Commission d’accès à l’information dans un avis adressé à M.Chevrette l’an dernier.La Commission des droits de la personne, également consultée, avait été encore plus catégorique: «L'émission d’une carte d’électeur constituerait une contrainte importante à l’exercke du droit de vote.» ' Après le virage confédéral de M.Landry et la douche froide du rapport Larose sur la langue, la mise en veilleuse du projet provoquera inévitablement de nouveaux remous au PQ, mais forcer sa mise en œuvre risque d’entraîner un coût politique encore plus grand.Maintenant que l’affaire d’Anjou a semé le doute sur l’intégrité démocratique du PLQ.pourquoi le gouvernement Landry éveillerait-il à son tour les soupçons?De toute manière, il sera toujours temps d’aviser après l’élection, si jamais un référendum pointe à l’horizon.i La coalition n’est pas un parti (PQ — Le président de la Chambre des communes, Peter Müliken, a refusé la requête des conservateurs et des huit députés alliancistes rebelles, qui souhaitaient être reconnus comme un parti officiel au Parlement M.Müliken a décrété hier que, de par sa nature même, la Coalition de la représentation démocratique progres-sisteconservatrice ne constitue pas un parti, puisque ses membres sont issus de deux entités différentes.Le président ne peut accorder le plein statut de parti, «ne pouvant étendre le statut de parti à un groupe qui ne reconnaît pas ce titre», a déclaré M.Müliken aux Communes.La décision empêche la coalition, composée de 20 députés, de devenir le quatrième parti en importance aux Communes, et de supplanter le Nouveau Parti démocratique, qui compte 13 députés.M.Müliken a ce- A 3 1Æ DEVOIR ACTUALITES fiIJi ", ¦ Vi i -îSÉte .HSr.vm, ï-a LV— Guy Chevrette ne voit pas l’urgence de mettre en place une carte d’électeur.Carte d’électeur ARCHIVES 1 E DEVOIR Rien ne presse, dit Chevrette Il faut mettre un frein à «la culture de la tricherie au Québec», rétorque le président du PQ de Montréal-Ville-Marie KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La démonstration de la fraude électorale d’Anjou la semaine dernière dans un jugement ne semble pas susciter chez le ministre responsable de la Réforme électorale, Guy Chevrette, d’empressement oour mettre en place une carte d’électeur.Prudent, Guy Chevrette souligne au Devoir que «la véritable étape qu’il fallait franchir», c’est de vérifier l’identité des électeurs.Cet amendement à la Loi électorale a été appliqué une première fois dans un scrutin provincial lors de l’élection complémentaire de Mercier en avril dernier où «ç’a très bien fonctionné», affirme M.Chevrette.Le premier octobre prochain, les électeurs des quatre circonscriptions en élection auront également à présenter une preuve d’identité pour avoir le droit de voter.Rien ne presse donc pour adopter une carte d’électeur numérisée avec photo.«Il y a beaucoup de choses à prendre en compte.Combien ça coûte, entre autres?Et puis, il y a un autre courant qu’il faut considérer, c’est te vote électronique», explique le ministre.A la demande de ce dernier, le Directeur général des élections (DGE) effectue actuellement une étu- de de faisabilité sur la mise en œuvre d’une telle carte.Un premier rapport d’étape doit être transmis au ministre dans les prochaines semaines.Le rapport final faisant état des avantages, inconvénients, coûts, modalités et échéanciers de réalisation devrait être déposé à l’Assemblée nationale en novembre.Des scénarios seront proposés avec des technologies différentes: carte à puce, carte magnétique ou carte avec code-barres.Les militants du Parti québécois qui réclament une carte d’électeur, n’adoptent pas le même ton modéré que le ministre Chevrette.«M.Chevrette, a suffisamment tergiversé.On doit avoir une carte d’électeur.C’est la seule façon de garantir à un citoyen que son vote ne sera pas altéré», soutient Luc Thériault, président de l’instance régionale Montréal-Vüle-Marie au sein du PQ.M.Thériault se dit prêt à faire le débat sur la question, estimant qu’ü faut freiner «la culture de la tricherie au Québec où on fait des élections municipales “clés en main’’.La fraude d’Anjou, c’est la pointe de l’iceberg», croit-U.Mais Guy Chevrette dit, de son côté, que le débat public sur la question a eu lieu lors de l’introduction dans la législation de la vérification obligatoire de l’identité de l’électeur.Commission Nicolet Le ministre des Transports se passerait d’un nouveau pont KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le projet présentement à l’étude d’un pont reliant Montréal et la Rive-Sud n’est pas une priorité pour le ministre des Transports, Guy Chevrette qui mise d’abord et avant tout sur le transport en commun.«C’est pas la priorité des priorités.Si jamais on n’a pas d’autre alternative, ce serait intéressant», a déclaré M.Chevrette en entrevue au Devoir.Le ministre des Transports confirmait ainsi la nouvelle que Le Devoir publiait samedi concernant une note qu’a fait parvenir M.Chevrette au président de la Commission Nicolet pour lui indiquer qu’un éventuel pont ne pourra pas déboucher rue Notre-Dame.M.Chevrette entend ne pas déroger au plan de réfection de la rue Notre-Dame pour s’assurer que cette voie pourra absorber la circulation qui sera détournée de la réfection future de l’autoroute métropolitaine.M.Chevrette rejette l’idée que sa contrainte semble être un frein pour la Commission Nicolet qui est mandatée pour déterminer entre autres l’opportunité de construire un nouveau pont «Les travaux, ça nous permet d’avoir un plan à moyen et long terme et un équilibre entre le transport des marchandises et celui des personnes», dit-il.Le ministre ajoute par ailleurs qu’un pont pourrait être construit à l’est de l’autoroute 25.Entre-temps, M.Chevrette entend surtout se préoccuper de transport en commun.«Plus on va travailler sur le transport en commun, moins un pont sera nécessaire», soutient-U.Le ministère des Transports étudie actuellement la création possible d’une voie réservée sur l’autoroute 40 avec un terrain de stationnement incitatif à Le Gardeur.Une voie réservée pourrait également voir le jour sur l’autoroute 25.Déjà dans le plan de transport présenté l’année dernière par le gouvernement du Québec, il est mentionné que la mise en place de voies réservées pourrait être envisagée pour améliorer la circulation.EN BREF pendant indiqué quü reconnaîtrait les responsables parlementaires du groupe aux Communes, et qu’il les autoriserait à s’asseoir ensemble.Si eDe avait obtenu le statut de parti officiel, la coalition aurait eu le droit d’intervenir plus souvent durant la période des questions, eüe aurait obtenu un nombre accru de postes au sein des comités pariementaires et plus de temps de parole pendant les débats.M.Millilken et les quatre autres leaders de partis en Chambre ont souligné que la situation pourrait changer si les huit députés expulsés de l’Alliance décidaient en fin de compte, de se joindre aux conservateurs.Une exemption inacceptable (PQ — D est «tout simplement inacceptable» que les autorités du ministère du Revenu aient autorisé une famille fortunée à ne pas payer des millions de dollars en impôt sans avoir analysé à fond la question et son impact sur les finances fédérales, a déclaré hier l’exvérificateur général, Denis Desautels.L’incident survenu en 1991, n’a été porté à l’attention du public qu’en 1996, lorsque M.Desautels a présenté un rapport accablant à la suite d’une vérification.M.Desautels a fait part à nouveau de ces préoccupations, hier, en Cour fédérale, dans le cadre d’une poursuite intentée par un groupe de Winnipeg.lœ groupe allègue que le ministère du Revenu a accordé un traitement de faveur à une riche fiducie familiale en l’autorisant à quitter le pays sans payer d’impôt sur son actif de 22 milliards S, ce qui a fait perdre au gouvernement fédéral des centaines de millions de dollars en impôt M.Desautels a dit quü n’était pas nécessairement en désaccord avec la décision, mais quü n’appréciait pas du tout la façon dont elle avait été prise.Jean-Pierre Charbonnemi Jean-Pierre Charbonneau en entrevue avec Le Devoir Un régime présidentiel pour le Québec Avec un mode de scrutin proportionnel MAKI O C LO U Tl EK DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Jean-Pierre Charbonneau pense que la prochaine étape importante de fa réforme parlementaire passe par une réforme électorale.Le président de l’Assemblée nationale prône l’élection du premier ministre au suffrage universel ainsi que l'introduction d’un mode proportionnel dans les élections québécoises.«Pour revaloriser la démocratie parlementaire, il faut véritablement procéder à la séparation des pouvoirs.On doit redonner le pouvoir aux pariementaires dans un esprit de cogérance.D problème avec le système britannique c'est qu’on n 'a pas voulu se débarrasser du monarque élu.» En entrevue au Devoir, M.Charbonneau a déclaré qu'il faut contrer le déclin du parlement et de l’intérêt public pour la chose politique en limitant les pouvoirs de l’exécutif et du gouvernement pour impliquer davantage tous les élus du parlement L’exemple devra venir d'en haut, ajoute-t-il.«Tant qu'un chef politique n'y croit pas, ça ne changera pas.On ne pourra pas redonner sa valeur au parlement si le pouvoir exécutif ne cède pas du terrain.» Selon le président de l’Assemblée nationale, le premier ministre Bernard landry est déjà, à cet égard, un partisan d’un régime présidentiel à l’américaine pour le Québec, contrairement à son prédécesseur Lucien Bouchard, qui était favorable au maintien du système parlementaire britannique.Prenant part à la campagne des élections partielles 1a semaine dernière, le premier ministre 1 an-dry a d’ailleurs expliqué aux étudiants du cégep de Jonquière qu’il était en faveur d'un «régime présidentiel républicain» avec un scrutin de type proportionnel lors de l’accession à la souveraineté.«Mais nous sommes dans une monarchie.C'est peu pratiqué et peut-être impraticable.Avec plusieurs partis à l’Assemblée nationale, comment maintenir la stabilité en chambre?», de demander M.landry.Est-ce à dire que les réformes parlementaire et électorale ne pourront aboutir que dans un Québec souverain?«Non, soutient au contraire Jean-Pierre Charbonneau, rien dans la constitution canadienne n'empêche défaire ces changements significatifs dès maintenant.Il faut distinguer le débat sur l’avenir du Québec et le fonctionnement du parlement québécois.» Selon lui, le déclin et 1a marginalisation de l’institution parlementaire est l'effet conjugué d’un pouvoir politique qui revient surtout au chef de gouvernement, mais qui se partage aussi parmi les membres de l’exécutif, les différents lobbies, groupes d’intérêt et grandes compagnies.Cela a pour effet, notam-ment, de provoquer de fausses carrières politiques.«L’une des choses qui est pourrie dans le système actuel, dit-il, c’est qu’il favorise la venue de gens qui se lancent en politique pour être ministre.S’ils perdent leur poste, ils quittent aussitôt le gouvernement.» Le président de l’Assemblée nationale poursuit donc une stratégie à long terme qu’il a entreprise en avril 1998 en proposant plusieurs changements au fonctionnement du parlement.Depuis, les horaires de nuit ont été supprimés et les élus québécois devraient opter bientôt pour un resserrement sur le plan de la suspension des règles — utilisation du bâillon — et le dépôt de pétitions.M.Charbonneau explique que cette bonification du mode de fonctionnement en cours à l’Assemblée nationale ne sera toutefois pas suffisante pour renverser la vapeur d’un déficit démocratique, d’un «malaise institutionnel».«On se dirige vers un assouplissement de.la ligne de parti à l’Assemblée nationale et de meilleures conditions de travail.Même, si c’est plus de changements que dans les 40 dernières années, je crains fort qu’on ne s’arrête là et que le gouvernement ne continue de contrôler le parlement.» Méningite Début de la vaccination PRESSE CANADIENNE La campagne de vaccination contre la méningite a commencé hier, ou débutera un peu plus tard cette semaine, selon l’endroit, dans l’ensemble des polyvalentes et écoles secondaires du Québec.Le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui orchestre le tout, s’est donné un objectif de 1,7 million de Québécois à vacciner, d’ici la fin de l’année.De façon plus réaliste, il pense atteindre 90 % de son objectif.La vaste campagne de vaccination s’adresse d’abord aux élèves du secondaire.Suivront en principe ceux du cégep, puis du primaire, puis la clientèle du préscolaire et des adultes, a-t-on indiqué hier au ministère de 1a Santé.Cependant, la logistique variera beaucoup d’une région à l'autre, selon la grandeur du territoire à desservir par le CLSC et le nombre de personnes à vacciner.C’est pour cela que même si la plupart des écoles ont débuté hier, d’autres ne commenceront qu’aujourd’hui.Dans certaines régions, la vaccination des jeunes du cégep et du primaire pourrait être faite concurremment, par exemple.Sur l’île de Montréal, par exemple, il y a 420 000 personnes de 2 mois à 20 ans à vacciner, a indiqué Biaise Lefebvre, agent d’information à la Direction de la santé publique de Montréal-Centre.Vingt-neuf CLSC y participent à la campagne, qui touche au total 500 établissements. If.Ü H V 0 1 H .LE MARDI 25 SEPTEMBRE 2 U Ü 1 A 4 LA GUERRE CONTRE LE TERRORISME Le Québec n’existe plus en état de crise, dit Guy Bouthillier ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC On ne peut faire confiance à la Gendarmerie Royale du Canada et c’est à la Sûreté du Québec qu’il revient de diriger la lutte contre le terrorisme sur le territoire québécois.C’est l’avis que livre au premier ministre Bernard I-andry le président de la Société Sçùnt-Jean Baptiste de Montréal Guy Bouthillier.L’Etat du Québec, craint-il, est en voie de disparaître derrière le gouvernement canadien dans le climat de crise qui sévit depuis les attentats de New York et de Washington.«Ij>rsqu 'il y a une grande crise mondiale, et militaire, la centralisation se fait très haut à Ottawa», a-t-il dit au cours d’un entretien avec Le Devoir.«Le Québec est éclipsé, il est entre parenthèses.L’État québécois a cessé d’exister en fait entre 1939 et 1945», a-t-il cité en exemple.11 faut que Québec se comporte comme le gouvernement d’un État et «mobilise ses policiers», conseille M.Bouthillier.Depuis «legâchis» dont la GRC fut responsable durant la crise d’octobre 70 et les «mauvais coups» qu'elle a perpétrés dans la décennie qui a suivi, «c’est une police à laquelle on ne peut plus faire confiance», estime-t-il.Si on veut défendre le territoire québécois contre le terrorisme, il faut le faire avec des ixdiciers «qui ne vont pas nous tirer dans le dos».Au terme des dix ans que pourrait prendre la lutte contre le terrorisme, le SQ pourrait se substituer à la GRC et au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), propose-t-il.«La souveraineté, elle se fait de cette façon, pas uniquement en annonçant un référendum tous les cinq ans», a-t-il dit En vue de cette lutte contre le terrorisme, Bernard I andry devrait envoyer des policiers de la SQ à Paris pour qu’ils profitent de l’expérience française en la matière vantée par Jacques Chirac, a suggéré M.Bouthillier.Il lance un appel au premier ministre pour qu’il soit présent tant sur le plan international qu’au Québec où il doit s’occuper «de la défense et de la sécurité du territoire».En outre, le président de la SSJB de Montréal souhaite que le premier ministre convoque l’Assemblée nationale pour un débat d’urgence sur la situation mondiale «pour faire comprendre à l’opinion publique que le Québec existe dans ces questions-là».En Ontario, les élus sont d’ailleurs revenus hier à l’Assemblée législative pour un débat d’urgence sur les répercussions économiques des attentats terroristes.EN BREF Pas de trace de bombe dans l’avion (AI1) — Le FBI a annoncé hier que ses enquêteurs n’avaient pas trouvé de preuves de la présence d’une bombe à bord du vol 93 de United Airlines, qui s’est écrasé près de Pittsburgh, en Pennsylvanie, après avoir été détourné le 11 septembre dernier, avec 44 personnes à boni.Des passagers ayant réussi à appeler avec des téléphones portables avaient déclaré que l’un des pirates semblait avoir attaché une bombe sur lui.Juste avant l'accident, au moins trois passagers avaient dit qu’ils allaient tenter reprendre le contrôle de l’appareil.Bien qu’ils aient échoué, ils pourraient bien avoir empêché l’avion de s'écraser sur Wasliington.Mais rien n'indique dans les débris retrouvés au sol que l’appareil n'ait pas été intact au moment de l'impact avec la terre, selon l’agent fédéral Crowley.Il n’a rien dit des enregistrements du cockpit et des appareils de navigation contenus dans les deux boîtes noires du Boeing 757, retrouvées quelques jours après l'accident dans un champ près de Shanksville, à environ 130 km au sud-est de Pittsburgh.Onze victimes ont été identifiées pour le moment.Le vol 93 parti de Newark, dans le New Jersey, devait gagner San Francisco lorsqu’il s’est dérouté près de Cleveland et a rebroussé chemin, survolant la Pennsylvanie en direction de la capitale fédérale.Kofi Annan veut que l’ONU joue un rôle clé (AP) — Pour taire face à la montée du péril terroriste et pour canaliser les risques d’affrontements, le secré-taire général des Nations unies.Kofi Annan, a déclaré hier que l’ONU devait jouer un rôle de premier plan dans ce combat Seules les Nations unies, selon lui, peuvent donner «une légitimité planétaire» au combat de longue haleine contre «l'horreur indicible» du terrorisme.Il a pressé tous les pays à consolider la paix et la sécurité «en cimentant les liens entre les nations et en ne les assujettissant pas à de nouvelles tensions».Washington et Moscou ont approuvé aussitôt sans que l’on puisse entrevoir à ce stade quel rôle concret pourraient jouer les Nations unies.Par ailleurs, à Washington, la Chambre des représentants a voté hier en fo-veur du déblocage de 582 millions de doUars d'arriC rés dus par les Etats-Unis à l’ONU.Le Sénat avait donné son feu vert le 7 février dernier.t Les Etats-Unis vont demander l’extradition d’un Yéménite arrêté au Canada (AFP) —- Un Yéménite arrêté au Canada à la demande des autorités américaines va comparaître aujourd’hui devant un tribunal de l’Ontario pour la première çtape judiciaire en vue de son extradition vers les Etats-Unis, a indiqué hier un porte-parole du ministère canadien de la Justice, «ü a été arrêté à la demande des autorités américaines, qui ont 60 jours pour déposer une demande officielle d’extradition», a expliqué Patrick Charette du ministère de la Justice.Le suspect Najib Abdel Jabar Mohammed Al-Hadi, interpellé le 11 septembre à Toronto avec dans ses bagages trois faux passeports yéménites et deux uniformes de la compagnie aérienne allemande Infthansa, a été mis en accusation la semaine dernière par les autorités judiciaires américaines.«Il est accusé d'avoir tenté d'utiliser un passeport yéménite obtenu frauduleusement et de l'avoir utilisé Pour obtenir un insa d’entrée aux États-Unis», a affirmé M.Charette.Le jour des attentats qui ont frappé New York et Washington, M.Al-Hadi se trouvait à bord d'un vol de la Uifthansa à destination de Chicago qui a été détourné sur Toronto à la suite de la fermeture de l'espace aérien nord-américain.Des travailleurs ^ghans ont transporté hier des sacs de blé à l’entrepôt de la réserve alimentaire des Nations unies près de Peshawar, au Pakistan.Les groupes d aide humanitaire, qui doivent déjà s’occuper des dizaines de milliers d’Afghans qui se trouvent au pays, s’attendent à l’arrivée d’une nouvelle vague de réfugiés avec la menace d’une attaque américaine.I m p : Lutte contre le terrorisme : Bush se dit satisfait de la conduite du Canada REUTERS George Bush et Jean Chrétien ont discuté hier de la participation canadienne à la guerre au terrorisme.HELEN BRANSWELL PRESSE CANADIENNE Washington — Il n’existe pas de solution toute faite contre le terrorisme, a prévenu hier le premier ministre Jean Chrétien.Et ceux qui se demandent d’où viendront les auteurs du prochain attentat terroriste, au lieu de chercher dans un pays éloigné comme l’Afghanistan, devraient peut-être regarder dans leur arrière-cour.L’insertion réussie de terroristes «dormants» dans les sociétés occidentales signifie qu’il ne sera pas facile de lutter contre le terrorisme, a souligné M.Chrétien à sa sortie de son entretien avec le président américain George W.Bush, à Washington.La rencontre s’inscrit dans les efforts de M.Bush pour bâtir une coalition internationale afin d’enrayer le terrorisme mondial.«Ces gens pourraient être vos voisins, a admis M.Chrétien en conférence de presse.Ils ont des cellules dans le monde entier, apparemment.Ils ont de toute évidence des cellules aux États-Unis, ils en ont peut-être au Canada [.] Il n'y a aucune garantie que nous puissions stopper cela facilement.» Le premier ministre venait de se faire demander si le président Bush s’était plaint des politiques canadiennes sur l’immigration et les réfugiés, ou de l’insuffisance des contrôles à la frontière canadienne.M.Chrétien a nié que les Américains aient formulé de telles critiques, mais il a reconnu que lui-même et son interlocuteur avaient convenu que les deux pays devaient trouver des façons de rendre la vie plus difficile «à ceux qui ne deviennent pas citoyens, qui ne sont pas des réfugiés légitimes, afin qu ils ne profitent pas du fait que nous avons une longue frontière commune pour rester au Canada ou aux Etats-Unis».Mais le resserrement des mesures de contrôle à la frontière ou des critères d’admission des réfugiés n’aurait pas empêché les attentats du 11 septembre, a souligné M.Chrétien.«Les 19 personnes impliquées dans ces attaques n 'avaient pa§ été rejetées comme visiteurs.Elles se trouvaient aux Etats-Unis en toute légalité.C’est très complexe», a-t-il dit En dépit des efforts du Service canadien du renseignement de sécurité, des terroristes peuvent s’infiltrer au pays, a-t-il poursuivi.«Personne n’entre au Canada en portant une pancarte disant: “je suis un terroriste C’étaient des ingénieurs, des pilotes, des étudiants, de classe, moyenne.De différents pays.Et ils ont été admis aux États-Unis à titre de visiteurs ou de résidents ordinaires.» M.Chrétien a fait savoir que M.Bush et lui-même ont convenu que toute mesure destinée à renforcer la sécurité le long de la frontière canado-américaine ne devait pas compromettre la libre-circulation des biens et services entre les deux pays, qui sont chacun, le plus important partenaire commercial de l’autre.«Si nous mettons des obstacles à la frontière, les deux économies en souffriront», a fait remarquer le premier ministre.M.Bush n'a pas répondu aux questions des journalistes après son entretien avec M.Chrétien.Cependant en entrevue avec le réseau Newsworld, son conseiller en matière de sécurité nationale a affirmé que le Canada, les Etats-Unis et le Mexique devront examiner le fonctionnement de leurs frontières, mais qu’il ne fallait pas sous-estimer l’importance de la circulation commerciale entre ces pays.Selon M.Chrétien, M.Bush n’a par ailleurs formulé aucune demande précise quant à une participation militaire du Canada à la guerre contre le terrorisme.«Comme j’ai vécu la guerre, je connais la valeur de la paix; comme j’ai vécu dans un régime communiste, je connais la valeur de la liberté; comme j’ai souffert, je connais l’importance de la guérison; comme j’ai vécu la colère, je connais l’importance du pardon.» — Kim Phuc Phan Thi Kim Phuc Phan Thi Porter la paix en soi VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR e suis de tout cœur avec les familles des victimes et je souhaite que la réconciliation aille de pair avec la recherche de justice.Il faut aider ceux qui souffrent ici ou ailleurs.Un enfant ne doit jamais souffrir de la guerre ou de mauvais traitements.» Ce message était adressé hier matin aux victimes des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis.Un message somme toute assez banal dans les circonstances.Mais lorsque ces mots sortent de la bouche de Kim Phuc Phan Thi, ils prennent une tout autre ampleur.le 8 juin 1972, Kim est devenue, bien malgré elle, le symbole des horreurs de la guerre du Vietnam.Alors âgée de neuf ans.la petite vietnamienne a été photographiée alors que son village venait d’être bombardé au napalm par l'armée sud-vietnamienne.Ia photo de Kim, nue et criant sa douleur, a fait le tour du monde.En 1997, lUNESCO nommait Kim Phuc Phan Thi ambassadrice pour la paix.Tout de rouge vêtue, Kim Phuc Phan Thi était de passage à Montréal pour le lancement de la division québécoise de sa fondation internationale.Son organis- me, qui a déjà des bureaux aux États-Unis et en Ontario, vient en aide aux enfants victimes de mauvais traitements et de violence.Selon l'Organisation des nations unies (ONU), les conflits armés présentement en cours ont causé la mort de deux millions d’enfants et en ont mutilé six millions.«Je ne veux voir aucun autre enfant souffrir comme j’ai souffert», a-t-elle déclaré de sa voix douce.Kim a dû subir 17 opéra lions à la suite du sinistre bombardement commandé par l’armée américaine.Maintenant âgée de 38 ans, elle habite en banlieue de Toronto.En français, en anglais et en espagnol, Kim Phuc Phan Thi a insisté sur l'importance de la paix et de la réconciliation.«Comme j’ai vécu la guerre, je connais la mleur de la paix: comme j’ai vécu dans un régime communiste, je connais la valeur de la liberté; comme j’ai souffert, je connais l’importance de la guérison; comme j'ai vécu la colère, je connais l’importance du pardon.» Ronald Gibbs est président de la division américaine de la Fondation Kim.En 1996, cet ancien soldat rencontrait Kim lors d'une cérémonie au monument des vétérans de la Guerre du Vietnam, à Wa shington.Ils ont parlé longuement de ré conciliation et du besoin d'aider les vic- times de la guerre.Ils ont échangé leurs coordonnées et se sont à nouveau donné rendez-vous.De leurs rencontres est née l’idée de la création d’une fondation.Le 11 septembre dernier, Kim Phuc Phan Thi et Ronald Gibbs devaient se rendre à la Maison-Blanche pour rencontrer des représentants du gouvernement américain.Cette rencontre a été, évidemment, annulée.Mais le drame les a profondément touchés.«Il s'agit d’un crime contre l'humanité et la Fondation participera aux programmes d'aide psychologique pour les enfants des écoles de la ville de New York», a dit M.Gibbs.La ministre des Relations internationales du Québec.Louise Beaudoin, était également présente au lancement Elle a remis un chèque de 30 000 $ à la Fondation Kim au nom du gouvernement qué bécois.Cet argent servira à un projet d’aide pour les enfants victimes de violence et de mauvais traitement en Roumanie.«A la suite des attentats au États-Unis, nous aurons de graves questions à nous poser.a indiqué Louise Beaudoin.On sait tris bien que les Américains doivent, en quelque sorte, s'assurer que justice sera fitite [ ] Mais, au-delà de cette riposte, ü doit y avoir un après.» La ministre a souligné que la paix mondiale est peut-être une utopie, mais «c’est cette utopie que l'on doit viser».K t I t LE DEVOIR.E MARDI 25 SEPTEMBRE 2 0 01 I.A G U E R R E C 0 X T R E L E T EI! R 0 R ! S Al E • A :> Iü guerre se rapproche Les talibans mobilisent Les rameurs de désertion se font déjà persistantes & ï ARCHIVKS RKIITKKS Le régime de Kaboul fait état de 300 000 hommes «rompus au Jihad», comme ces soldats chargeant un lance-roquette en vue d’une attaque au nord de Kaboul en 1996.fait es étrangères, Wakil Ahmed Mutawakel, y demande notamment à M.Annan d'user de son inlluen Un conseil : «N’y allez pas!» Pour le colonel en retraite Léonide Veredinsky, il n’y a pas d’option «zéro morts», à moins de tuer tous les civils HÉLÈNE-DESPIC-POPOVIC CORRESPONQANTE DE LIBÉRATION A MOSCOU De ses vingt-trois ans d armée, il lui reste une certaine raideur.Et des cauchemars.«On appelle cela le syndrome de l'Afghanistan.Ceux qui combattent aujourd’hui en Tchétchénie le nomment le syndrome tchetchene.En fait c est un syndrome de guerre» s explique le colonel en retraite Léonide Veredinsky.À 46 ans, cet homme, aux cheveux prématurément blanchis et aux yeux tristes et doux des humiliés, mal à 1 aise dans la vie civile ou il n'exerce qu’un simple travail de gardien, n’aime pas se remémorer ses deux ans de guerre sur le sol afghan.«Tu tues, on te tue, c’est un peu personnel», dit l'homme, jeté dans la guerre à 24 ans comme capitaine d’une unité de parachutistes.De son expérience, il a gardé «peu de bons souvenirs» de l’ennemi invisible qui «vous tirait dans le dos» dans les montagnes où «toute logistique devient inutile».Cette guérilla, à laquelle il n’était pas préparé, fut pour lui un choc culturel.«Les Afghans ne font pas la guerre comme on lo fait en Europe.Les prisonniers que l’on capturait m’expliquaient que leur vie appartenait à Allah, et que s’ils mouraient, c’est comme si nous mourions avec eux.» fl se rappelle d’eux comme de «bons soldats, aguerris à i’effort physique et à la pression psychologique», très solidaires.Mais se souvient aussi de leur cruauté à l’égard des blessés et des prisonniers.«Malgré mon expérience, mes cheveux s’en dressent encore sur ma tête.Mais on n ’en parlait pas dans les médias, et on n'en parle toujours pas.A quoi bon raconter aux gens qui ont perdu leurs proches comment ils sont morts?» S’il est un conseil qu’il aimerait donner aujourd’hui aux Américains — «pour autant qu’ils en acceptent» — c’est «n’y allez pas».L’Afghanistan n’est pas les Balkans, dit-il.«Des bombardements comme au Kosovo seraient sans effet.En Europe, il est facile de trouver sa cible.On discerne sans mal les casernes ou les dépôts.En Afghanistan, les combattants vont partir dans les montagnes et s’y cacheront.Comme ils l’ont fait dans la vallée du Panchir pendant toute la durée de l’opération des troupes soviétiques.» De plus, explique-t-il, les Américains ne peuvent pas compter sur l’effet psychologique de bombardements massifs: «En Yougoslavie, il y avait une opinion publique, des médias.En Afghanistan, les simples citoyens n’ont pas pour tradition d'influer sur le pouvoir.» Donc, dit-il, s’ils veulent s’y battre, les États-Unis seront «obligés de déployer des troupes au sol car il ne sert à rien de bombarder les montagnes en aveugle».Et là, «pas d’option zéro mort, à moins de tuer tous les civils», C’est une guerre difficile pour les nerfs de jeunes soldats, fait-il ressortir.Et, souligne-t-il,.quand les cercueils commenceront à arriver aux États-Unis, «les gens, comme ce fut le cas chez nous, demanderont pourquoi leurs fils sont morts».L’Union soviétique n’a pas réussi à exporter son «modèle socialiste».«Les Américains n’exporteront pas non plus leur modèle là-bas», pense Léonide.«Je ne crois pas que les gens veulent changer de société.C’est le Moyen Age.Ils mènent une vie très frugale, très religieuse.Peu instruits, ils suivent aveuglément ce qu’ordonne le mollah.Divisés en clans, ils s’unissent dès que surgit l’ennemi extérieur Cette solidarité est leur grande qualité.» S’ils en tiennent à une opération ciblée pour capturer Oussama ben Laden, les États-Unis, estime le colonel russe en retraite, ont «peut-être une chance de succès».Mais si leur but est de s’y installer durablement, «ils n’en ont aucune».Car l’expérience soviétique prouve qu’on peut envahir le territoire de l’Afghanistan mais pas convaincre sa population.SAID MOHAMMAD AZAM AGENCE FRANCE-PRESSE Kaboul — Les talibans, au pouvoir à Kaboul, ont massivement mobilise leurs troupes hier, tout en s’efforçant de retarder l'écheance d’une guerre devenue presqu’inéluctable avec les Etats-Unis.Les préparatifs militaires américains, qui ne cessent de s’intensifier, ont poussé le ministre talibans de la défense, le mollah Obaidullah, à annoncer la mobilisation et le déploiement de 300 000 hommes, «rompus au Jihad» (la guerre sainte), dans Kaboul, le long des frontières et dans d’autres «sites importants».«Nous avons donné instruction à tous les moujahidi-ne de là nation de se préparer pour le Jihad et de mener la guerre sainte dès qu’ils le jugeront nécessaire», a affirmé le ministre talibans, assurant que des «centaines de milliers» de combattants étaient prêts à en découdre.A Kaboul, un millier de jeunes étudiants des écoles coraniques ont manifesté devant les locaux de l’ex-chancellerie américaine où ils ont brûlé une effigie du président George W.Bush aux cris de «mort aux Etats-Unis».Prudent, alors que des rumeurs de désertion se font insistantes, le régime de Kaboul a également décidé de dépêcher des émissaires dans certaines provinces pour s’assurer d'une mobilisation effective de la population.Les talibans ont également pris le contrôle de bureaux de l’ONU à Kandahar, grande ville du sud de l'Afghanistan, et surtout imposé un «black-out» sur toutes les communications des Nations Unies vers l’extérieur du pays.Une décision qui s'apparente à une volonté d’éviter toute fuite éventuelle d’informations stratégiques à destination de Uennemi».Ces préparatifs intenses ont été accompagnés de plaidoyers pour la paix, lancés à l’intention de la com-rpunauté internationale et plus particulièrement des États-Unis.Le mollah Qmar, chef suprême des talibans, a averti hier les États-Unis que le terrorisme continue rait aussi longtemps que les troupes américaines se raient stationnées dans le Golfe, où se trouvent deux des sites religieux les plus sacrés de l’islam, et aussi longtemps que Washington se rangerait systématiquement aux côtés d’Israël contre les Palestiniens., Qu’on ne s’y trompe pas, a dit le mollah Omar : les États-Unis ne sortiront pas de la crise actuelle «s’ils tuent Oussama ou moi», faisant référence à Oussama ben Laden, le suspect numéro un dans les attentats du PHILIPPE GRANGEREAU LIBÉRATION Peshawar — L’étrange diaspora des musiciens afghans survit dans un petit groupe de vieux immeuble^ du quartier de Tehkal Bala de Peshawar.A écouter les vibrato de leurs guitares «rabab» et les sarabandes des tambours «dhol», on pourrait les croire allègres et badins.Chassés de leur pays par la guerre et par les talibans qui ont proscrit la musique, ils jouent encore pour garder la main.Cent cinquante de ces instrumentistes et chanteurs logent dans ce caravansérail décati, et ils sont des dizaines d’autres à graviter autour de ce lieu d’infortune où vibre le spleen de l’exil.«L’Afghanistan est devenu un pays sans musique.Regardez: les musiciens sont presque tous ici», soupire Rasul Zamare, un chanteur qui a fui Kaboul à l’arrivée des talibans dans la capitale, en 1996.Petite moustache droite, vieux beau à la quarantaine mal conservée, Rasul fut autrefois une star en Afghanistan.«Du temps des Russes et [de l’ex-président communiste] Najibullah, je chantais à la télévision et je produisais des programmes de chanson légère.Ce n’est pas que j’étais communiste», se défend-il.«À l’époque, je me fichais de la politique.J’étais l’insouciance même et 11 septembre à New York et Washington, «introuvable» depuis dimanche.«Je ne sais pas exactement où il est», a assuré hier l’ambassadeur talibans à Islamabad, Abdul Salam Zaeef, lors d'une conférence de presse.«Nous nous efforçons de le localiser.Il est peut-être en Afghanistan et il peut se cacher», a-t-il ajouté.Ces affirmations ont toutefois été balayées par les États-Unis, qui ont à nouveau exigé qu’il leur soit livré, la «disparition» de Ben laden, «hôte» du régime de Kaboul depuis 1996, pourrait aussi être une arme utilisée par les talibans dans leurs efforts pour éviter la guerre.L’absence de la cible numéro un ne justifiant plus, selon eux, les frappes redoutées par les populations.Utilisant tous les canaux à leur disposition, les talibans ont également adressé une lettre au secrétaire-général de l’ONU, Kofi Annan, pour lui demander d’intervenir dans la crise.Le ministre talibans des Af- tout ce que je voulais faire, c’était chanter», raconte Rasul, qui est d’origine tadjike.Rasul a enduré les combats meurtriers et les bombardements destructeurs qui ont opposé les factions afghanes dans Kaboul au début des années 90.«Mais lorsque les talibans sont arrivés, la situation est devenue intenable pour nous.Ils ont d’emblée déclaré que la musique était “haram" [interdite, selon l’islam].Ma première réaction a été de me dire que ce n’était pas possible.Mais il a bien fallu se rendre à l'évidence: les musiciens étaient tabassés en pleine rue ou bien emprisonnés.Beaucoup ont été arrêtés et on n'en a plus jamais entendu parler.» Des autodafés d’instruments Les talibans ont fait de véritables autodafés d’instruments de musique.«Je me souviens, explique Chou-kour, un guitariste aujourd’hui réfùgié dans cette communauté qui se serre les coudes, avoir vu des morceaux cassés d’instruments à cordes, de tambours, de flûtes et même de pianos pendus devant l’un des postes de police de Kaboul.» Les musiciens afghans, qui gagnaient tous leur vie en jouant à l’occasion des cérémonies de mariage, ont alors fui au Pakistan, dans d’autres pays frontaliers, ou bien vers les zones encore tenues par l’opposition, comme Mazzar-e-sharif, au nord du pays.C’est ce pour ne pas permettre aux «grands pays» d’imposer «leurs intérêts maléfiques sur les pays petits et faibles comme l'Afghanistan» M.Mutawakel a envoyé une lettre similaire au secrétaire-général de l’Organisation de la Conférence Islamique (OC1).Un appel au peuple américain, afin qu'il fasse pression sur son gouvernement pour évi ter la guerre, a également été lancé par les talibans.le ministre talilxuis de la défense a de son côté assuré que Kaboul faisait «de son mieux pour éviter les combats».«les Etats-Unis (Pavent agir avec tolerance et à lum escient, car cette guerre aura des conséquences dangereuses pour les Etats-Unis qui n ’ont aucune justification légale p\$€nT AWoifc PfRPü U t&acç fj 7
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.