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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-09-29, Collections de BAnQ.

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L K I) K V O I R .1 K S S A M Y I) I 2 î» Y I l> I NI A N ( Il K A 0 S K V T K M R K K 0 0 le devoir Architecture Joseph Venne, 1858-1925 Un architecte Joseph Venne débuta comme apprenti dessinateur avant d'être membre fondateur de l'Association des architectes et le premier «professeur» québécois en architecture.Ses édifices marquent toujoursle paysage québécois.Portrait de la carrière d’un pionnier du Québec moderne.Page 3 Une exposition Jos.Venne architecte est presentee dans les locaux de l'Écomusee du fier monde, rue Amherst à Montréal.L’exposition circulera par la suite à Sainte Anne-des-Plaines, Rimouski et Vaudreuil.Elle résulte d’un partenariat actif entre l'UQAM et l'Écomusée.Page 4 DU NOUVEAU Quebec •WN m is m là sont les édifices construits par Joseph Venne.i Au tournant du siècle dernier, à la fin des années 1890, un nouveau Québec naît Montréal est alors la métropole canadienne, une grande ville dont les ambitions lui font garder toujours dans sa ligne de mire ses voisines américaines que sont Boston ou New York.Il faut dire que les grands chemins de fer canadiens viennent d’être ouverts, rendant la côte Ouest accessible, avec Montréal et son port océanique comme tête de pont La ville, métropole d’un pays par surcroît a de grandes institutions dont ses citoyens d’origine anglaise et écossaise tirent beaucoup de fierté: la nouvelle université, McGill, est une grande source d’orgueil.Cette ville, anglophone, est la capitale pour le continent américain de l’Empire britannique où l’anglais, comme il se doit, est la langue des affaires, du commerce et du savoir.Les francophones de ce nouveau pays — il a alors à peine 30 ans — décident eux aussi de s'inscrire de façon dynamique dans cette ville naissante.Sur le plan politique, ils ont pleinement participé à la construction du pays, s’étant associés aux élites anglophones au temps de la création de ce nouveau Dominion.Dans la nouvelle colonisation, ce sont leurs familles et leurs prêtres qui ont ouvert l’Ouest et ont ainsi été, partageant le territoire avec les autochtones, les premiers habitants de la nouvelle province du Manitoba (1,’affaire Riel a donc été par eux cruellement ressentie).A Montréal, ils contrôlent d’ailleurs tout le secteur est de la ville et les zones riveraines du fleuve: leur territoire débute là où passe la rue Saint-Laurent et les églises catholiques marquent leurs zones d’habitation.L’élite francophone va bientôt passer à l’action.La Société Saint-Jean-Baptiste d’alors fait ainsi construire un édifice spectaculaire, élément d’un vaste projet urbain (auquel on ne pourra donner suite).C’est le Monument national, fa première «place des arts» montréalaise qui accueille aussi dans ses locaux des ateliers et des salles de cours, pour garantir la formation des jeunes Canadiens-français et les rendre ainsi aptes à exercer les nouveaux métiers que l’industrie implante.L’Université Laval ouvrira enfin une succursale montréalaise.On se donne aussi une banque, celle du Peuple, comme s’établiront aussi à Montréal les Caisses qu’un certain Alphonse Desjardins implante.L’arrivée massive en ville des fils et des filles de cultivateurs commande l’érection de nouvelles églises et écoles, quand les rues Saint-Hu-bert, Saint-Denis et surtout Sherbrooke se tracent avec de part en part des résidences bourgeoises.L’apprenti dessinateur Dans ce boom immobilier, un nom va se faire remarquer.Un jeune homme, entré comme apprenti dessinateur chez l’architecte Perrault, cosignera bientôt le Monument national, comme la banque du Peuple d’ailleurs, ou des Caisses.De plus, il est partout il rédige les premières lignes de ce qui deviendra le code montréalais du bâtiment puisqu’il est le premier professeur francophone d’architecture, un membre fondateur de l'Association des architectes de la province de Québec et l’un des initiateurs de la section canadienne de la Royal Arts Society.Et il ne constntira pas qu’à Montréal: partout au Québec et aussi en Nouvelle-Angleterre.En fait, on pourrait dire que là où sont les Canadiens français, sont les édifices de l’architecte Jos.Venne.Sa carrière s’étalera sur un demi-siècle, coïncidant avec l’établissement d’un Québec moderne.Son travail a fait de lui un bâtisseur de cette société francophone en terre d’Amérique.En tant qu’architecte, il a été de son temps: n’ignorant pas ce que le progrès permet techniquement, il se veut esthète et par là, considère que le beau surgit quand il rappelle les grands monuments du passé.Un édifice n’est ainsi jamais purement fonctionnel quand il doit d’abord embellir l'environnement qui le reçoit Ainsi une église rappelle les grandes cathédrales et un édifice urbain s’inscrit dans les traditions établies par les architectures européennes connues.Trois quarts de siècle après sa mort Oos.Venne vécut de 1858 à 1925), un de ses descendants lui rend aujourd’hui hommage.Michel Allard, historien rattaché à l’Université du Québec à Montréal, a pris la tête d’une équipe dont le premier projet, après la production d’un numéro de la revue ARQ (116, août 2001), sera une exposition qui ouvrira ses portes dans le quartier où rési-da l’architecte./os.Venne architecte sera ainsi présenté à l’Ecomusée du fier monde de la rue Amherst au même moment où l'UQAM soulignera avec: éclat une contribution architecturale aux premiers édifices construits sur son site actuel.Le propos est clair établir que Joseph Venne, comme les Bombardier, Desjardins, Leduc, a été un pionnier de ce Québec qui, de rural, devint urbain et de ce fait, accéda au statut de société moderne.Normand Thériault 40 ANS DE CARRIÈRE LE PROJET VENNE MONUMENTS Un style éclectique Réalisations et collaborations Programmes éducatifs Recherches et initiatives Église Saint-Jacques Banque du Peuple Page 2 Page 4 Page 4 Page 6 Page 5 Page 6 i m— F 2 K I* K V T E M B H E > U 0 I ARCHITECTURE Un œuvre, un sty le Éclectisme victorien Le souci du beau et l’établissement d’un professionnalisme caractérisent la production de Joseph Venne Ils étaient trois: Perrault, Mesnard et Venne.Il est difficile de démêler la part de chacun.Quand Venne œuvre seul, on voit son apport: souci du détail, retour vers l’architecture européenne, sensibilité au patrimoine de la Nouvelle-France.Présentation des réalisations d’un homme pour qui le beau avait priorité sur l’utilitaire.JACQUES LACHAPELLE Quand Joseph Venne devient apprenti chez l’architecte Henri-Maurice Perrault, ce dernier a très peu de temps à lui consacrer.Malgré le ralentissement économique des années 1870, il mène de front plusieurs projets et Venne doit se résigner à apprendre petit à petit, sur le tas.Heureusement, il apprend bien, au point de devenir un associé de la firme que Perrault a léguée à son fils, JVlaurice, et à Albert Mesnard.A ce moment, leur bureau était parmi les plus affairés au Québec.Leur production, bien que concentrée à Montréal, rayonnait jusqu’en Nouvelle-Angleterre, en Ontario et en Colombie-Britannique.Progrès techniques Une part de leur notoriété vient de leur aptitude à composer avec les progrès techniques.Eclairage artificiel, électricité, chauffage central, ascenseur, etc., sont autant d’innovations qui font dorénavant partie du confort moderne et que les architectes doivent maîtriser.Le fer et l’acier ouvrent la voie au gigantisme, celui des gratte-ciel bien sûr, mais aussi des institutions et des églises.L’idée même de la fonction d’un bâtiment change.Au Monument national, Perrault, Mesnard et Venne regroupent un amphithéâtre, des magasins, des bureaux et une école.Déjà, se pointe l’idée de l’édifice multifonctionnel qui conduira, bien plus tard, à des complexes comme la Place Ville-Marie et Place Bonaventure.En matière d’esthétique, les architectes victoriens se tourpent vers le passé et le lointain.A cet égard, Venne se démarque par sa g JgS ’ V-,.¦ .¦ ‘ r F î • » L r -—, ( -A.;-' .V < ''1 ïf J ' " > l~A ' ¦ ¦-'S -îÿ:,; /' f « jC wmÿi .I .J.-.1 F __^ A • - - - v : Vvt , V .' j ; L f9 - * If A.* m ««Fi SOURCE GREM/UQAM Jos.Venne conserve la nef mais agrandit l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile End que l’architecte Victor Bourgeau avait initialement réalisée.sensibilité au patrimoine de la Nouvelle-France qu’il souhaite documenter, ce qui fait de lui un précurseur en la matière.Pour l’essentiel de son œuvre cependant, il puise son inspiration dans les styles historiques européens, passant des références minutieuses aux interprétations libres.Il est attaché à l’architecture de la France qu’il voit sans doute comme la mère patrie.L’église et le presbytère du Sacré-Cœur-de-Jé-sus, rue Ontario, sa propre paroisse, en témoignent.Il visite l’Italie qui depuis longtemps est devenue un lieu de pèlerinage pour les architectes.On sait à cet égard qu’il s’est émerveillé de la Chartreuse de Pavie.Cathédrales, châteaux et palais européens deviennent ainsi des modèles pour des églises paroissiales, des résidences ou des immeubles d’affaires.En fait, à la fin du XIX' siècle, l’esprit victorien traduit à sa manière les axiomes capitalistes d’Adam Smith: puisque la production industrielle permet de diminuer les coûts, l’ersatz est abordable.L’originalité et la distinction deviennent dès lors un luxe prisé même lorsqu’il est faux.L’amalgame éclectique d’un grand effet a donc la cote.Il faut parer les édifices d’ornements, beaucoup d’ornements.La tentation est grande alors de faire contraster les textures, les matériaux et les motifs, qui sont autant de procédés esthétiques que l’on renchérit par la variation des rythmes, les jeux de volume et une silhouette accidentée.En ce domaine, Venne excelle.Inventivité des détails Avec ses associés, Joseph Venne a accompli quelques-unes des œuvres les plus remarquables de cette période.Mais, lorsqu’ils sont ensemble, il est difficile de savoir auquel des trois architectes il faut accorder le mérite artistique.Plusieurs raisons portent à croire que Venne y contribue plus que sa part.Deux édifices qu’il réalise seul confirment en effet son talent.La première est l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile End que l’architecte Victor Bourgeau avait initialement réalisée.Venne conserve la nef mais agrandit l’église et la rénove.Sa façade est reconnaissable entre toutes.Sa volumétrie pyramidale est une belle conclusion aux silhouettes élancées que Perrault, Mesnard et Venne avaient dessinées pour tant d’églises, la plupart disparues.Si le portique à colonnes est en soi inhabituel au Québec, du moins en 1900, c’est surtout le décor des registres supérieurs qui surprend.Certains pourraient le juger excessif mais l’uniformité des textures atténue cette impression.Une observation minutieuse fait cependant ressortir toute l’inventivité des détails.Si le projet ‘¦a SOURCE GREM/UQAM L’intérieur de l’église Saint-Clément est remarquable.Des grands arcs subdivisent le plafond et brisent l’échelle de l’espace pour le rendre plus intime et enveloppant.espace pour I avait été terminé, on aurait pu apprécier une autre originalité: Venne prévoyait en effet élever les deux clochers non pas en façade mais près du chœur, en oblique.Un seul a été construit et sa disposition à 45° s’explique par l’organisation intérieure: la croisée de transept est tracée sur un plan octogonal.Venne a marié ainsi le plan à croix latine au plan centré, ce qui est rare dans l’architecture québécoise.Nous sommes fiers cf occuper un magnifique immeuble conçu par Joseph Venue en iSçj.¦ LEGtR ROBIC RIC R0B1C DEPUIS 1892 AGENTS SI 55, rue Saint-Jacques Montréal (Québec) H 2Y 5X2 Téléphone : (514) 987.6242 www.robic.ca « Nous saluons la mémoire de l’architecte Joseph Venne et reconnaissons la grande valeur du patrimoine qu’il nous a laissé.V) Ul h 0 LU h X U X < tn ¦LU ü 0 (fl (fl « H Ul LU h h < K 0.Ul g g < < j 0 O 0 C’est un plan semblable qu’il utilise à l’église Saint-Clément de Viauville.Mais cette fois-ci, il n’a pas la contrainte d’un édifice existant.Il peut donc construire à sa guise.L’intérieur est remarquable.Des grands arcs subdivisent le plafond et brisent l’échelle de l’espace pour le rendre plus intime et enveloppant.A la croisée, dans l’octogone, les arcs diagonaux accentuent cette géométrie singulière.Leur entrecroisement découpe le plafond et forme de grands caissons qui laissent pénétrer la lumière naturelle.Venne montre ici à quel point son art va bien au-delà de la seule question du décor.Professionnalisme Par ses actions à l’Association des architectes de la province du Québec (AAPQ) fondée en 1890, Venne et les autres membres fondateurs ont contribué au développement de l’architecture en élevant les standards professionnels et en intervenant auprès des institutions publiques pour les sensibiliser à leur cause.Lui qui avait encouragé une meilleure formation académique chez les candidats à la profession, il a vu arriver, durant les deux premières décennies du XXe siècle;, une nouvelle génération d’architectes qui ont étudié dans les universités américaines, canadiennes, britanniques ou, mieux encore, à l’École des Beaux-Arts de Paris.Les uns sensibles au classicisme, les autres à l'Arts & Crafts, ils avaient tous le même goût pour la sobriété, une qualité très éloignée des traitements pittoresques et ornementaux de leurs aînés.Venne a subi leur influence; car ses dernières œuvres ont plus de retenue, mais il ne les copie pas.En bon architecte victorien, il continue d’explorer au lieu d’obéir à des règles académiques.Mais jusqu’à la fin, il maintient une priorité qu’il a toujours défendue, celle qui fait de l’architecte un professionnel dont le mandat est de maintenir l’idée du beau dans une société vouée au profit.t Jacques Lachapelle est professeur à l’École d'architecture de l’Université de Montréal.A R C H I T E C T ü R E S E P II VENNE, 1 8 5 8-19 2 5 CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIE PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THÉRIAULT ntheriaaltoledfvoir.f a 2050.nif de Bleury.9'étage.Montréal iQueberl HAA 3M9.Tél.: (51 t) 985 3333 redartioneledfvoir.rom FAIS CE QUE DOIS Suite* CHARLIE CHAN CHAN SUI HING CHONG YUNG Agent immobilier affilié bur: (450) 462-4414 Mil: (514) 990-3825 Fax: (450) 462-1509 groupe sutton - action inc.COURTIER IMMOBILIER AGRÉÉ 2220, boul Lapinière.bureau 102 Brossard (Québec) J4W 1M2 GROUPE SUTTON - ACTION INC EST FRANCHISÉ INDÉPENDANT ET AUTONOME DE GROUPE SUTTON.QUÉBEC e-mail cchanesutton.com www sutton com f S (•: I' T K M B K K 2 » 0 I Un architecte méconnu L’œuvre de Jos.Venne est immense Il débuta comme apprenti dessinateur avant d’être membre fondateur de l'Association des architectes et le premier ¦«professeur» québécois en architecture.Ses édifices marquent toujours le paysage urbain montréalais.Portrait de la carrière d’un pionnier du Québec moderne MICHEL ALLARD ET SORAYA BASSIL Au milieu du XIX' siècle, plusieurs changements, notam-rtient l'industrialisation et l'urbanisation, bouleversent la société québécoise.Ainsi, un jeune homme, Joseph Venne quitte, à l'instar de plusieurs de ses compatriotes, son village natal, St-Roch-de-l’Achigan, pour s’installer à Montréal.Il se qualifie parfois de maçon, parfois d’ingénieur.Il épouse, en septembre 1857, Hélène Ray-mond-Labrosse.Le 15 juin 1858 naît, rue Montcalm, Joseph Ven-qe, mieux connu sous le prénom de Jos.Après avoir complété ses etudes primaires à l’école de son quartier, il entre en 1874 à titre année 2000-2001 marque les 20 ans de l’Écomu-i sée du fier monde.Parmi les événements qui soulignent cet anniversaire, notons la présentation de l’exposition Jos.Venne architecte.Joseph Venne est né sur la rue Montcalm en 1858.fl a grandi, travaillé et vécu dans ce qui est aujourd’hui le Centre-Sud de Montréal.Un peu plus de trois-quarts de siècle après sa mort le grand public est appelé à découvrir la vie, la carrière et l’époque de Joseph Venne dans un musée situé dans le quartier même où se trouvait son domicile.L’exposition s’inscrit parfaitement dans le mandat de l’Écomusée du fier monde.Elle rejoint sa thématique Industrie-Travail-Culture en présentant un aspect inédit de l'histoire montréalaise.Elle met en va-le.ur le patrimoine du quartier Centre-Sud où œuvre l'Ecomusée.Elle a un volet éducatif important susceptible d’intéresser tous les publics.Partenariat Écomusée-UQAM Ce projet sur l’architecte Jos.Venue est également un exemple du partenariat entre l’Ecomusée du fier monde et l’Université du Québec à Montréal.Cette association remonte à 1980 et depuis, via le Service aux collectivités de l’UQAM, l’Ecomusée a pu profiter de l'expertise de professeurs de divers départements: muséologie, histoire, design, sciences de l’éducation, etc.Ainsi ont pu être développés divers projets de recherche et de fonnation, qui ont permis une meilleure diffusion de l’histoire par des expositions, des publications, des conférences.Dans le cas du projet sqr Joseph Venne, le comité organisateur (réunissant l’Ecomusée, le Groupe de recherche sur l’éducation et les musées et des descendants de Joseph Venne) a obtenu un appui financier de ce service de l’UQAM, ce qui a permis d’amorcer la recherche en vue de l’exposition et de l’établissement d’un circuit patrimonial.Par la suite, de nombreux autres bailleurs de fonds se sont ajoutés.Jos.Venne et la paroisse Sacré-Cœur Est-ce un hasard qui fait que l’exposition sur Joseph Venne coïncide avec le 125' anniversaire de la paroisse du Sacré-Cœur-deJésus de Montréal, la vie de l’architecte étant liée de très près à l’histoire de cette paroisse?Lorsque Joseph Venne vient au monde, il n’y a qu’une seule paroisse à Montréal: NotrœDame.Sacré- Cœur sera fondée en 1876, au moment où le quartier est en plein développement industriel et démographique.Le jeune architecte sera appelé en 1886 à dessiner l’église, puis le presbytère de sa paroisse.On sait l’importance des paroisses dans les quartiers ouvriers montréalais au tournant du XIXe siècle.En plus de la pratique religieuse qui modèle l’horaire de la vie quotidienne, c’est autour de celles-ci que s’organisent l’éducation des jeunes, les loisirs, les organisations patriotiques comme la Société Saint-Jean-Baptiste.Ce sera donc dans les locaux de l’église que sera fondée dès 1919, par Alphonse Desjardins lui-même, la caisse populaire Sacré-Cœur (devenue Caisse des Faubourgs), ce qui en fait une des plus anciennes à Montréal.Devenu éminent architecte montréalais et œuvrant jusque dans les petits Canada en Nouvelle-Angleterre, Venne réside toujours dans son quartier ouvrier natal, fl est actif dans la section paroissiale de la Société Saint-Jean-Baptiste et signe plusieurs bâtiments dans son quartier.Mentionnons les écoles Sa-laberry (aujourd’hui Comité social Centre-Sud), Saint-Eusèbe (devenue le Carrefour Saint-Eusèbe) et Gédéon-Ouimet L’église Sacré-Cœur est détruite par un incendie en 1922; il la reconstruit avec ses fils devenus architectes.Ce qui fut une de ses premières œuvres sera aussi sa dernière.Il meurt à son domicile de la rue Plessis en 1925.Sa vie témoigne de l’époque où il existe une certaine mixité sociale dans les quartiers majoritairement peuplés de travailleurs; une petite bourgeoisie locale côtoie les familles ouvrières.Ce n’est certes pas un hasard si Venne était préoccupé par la salubrité des logements et la sécurité des bâtiments; il est le fils d’une famille et d’un quartier ouvriers.Le patrimoine comme outil d’éducation Le projet est un bon exemple de l’utilisation du patrimoine comme outil d’éducation.Le premier public visé est scolaire grâce au programme pédagogique conçu dans le cadre de l’exposition.D’autres publics seront rejoints.A compter du printemps 2002, l’Éco-musée posera des plaques sur les bâtiments de Venne situés dans le quartier Centre-Sud, constituant un circuit patrimonial.Les citoyens pourront ainsi obtenir diverses infonnations sur l’histoire de leur quartier.L'œuvre de Venne dépassant les limites du Centre-Sud, l’Ecomusée s’associe à l’Autre Montréal et offrira des visites guidées en autobus pour découvrir l’héritage de l’architecte in situ.Ces visites s’adressant au grand public seront présentées au cours de quatre dimanches consécutifs à compter du 2} octobre.Par l’ensemble de ces activités, l’Ecomusée espère donner une place à un citoyen du quartier qui mérite d’être découvert et reconnu.René Binette est muséologue et codirecteur de l'Ècomusée du fier monde.-^ 40 années, 52 œuvres Réalisations et collaborations de Joseph Venne 1.1885-1890; modifications de la cha- pelle Notre-Dame-de-Bonsecours.Montréal.; 2.1886/1894/1902/1914/1922-1923: église et presbytère du Sacré-Cœur-de-Jésus.Montréal.3.1884-1889; église et presbytère Saint-Antoine de Longueuil.4.1886- 1887: église de Saint-Anicet 5.1886- 1887: église de Varennes.6.1887-1888: façade de l’église Saint-Henri, Montréal.7.1888- 1890: chapelle du Sacré-Cœur de l’église Notre-Dame, Montréal.8.1889- 1890: chapelle du couvent Sainte-Anne, Lachine.9.1889-1891: transept sud et chapelle du Sacré-Cœur de l’église Saint-Jacques, Montréal 10.1890-1894: séminaire de philosophie des Sulpiciens, Montréal.11.1891-1894/1899: Monument national, Montréal.12.1892/1898/1901/1906/1912: presbytère et modifications de l’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge, Montréal.13.1893/1894: couvent des Sœurs du Sacré-Cœur, rue Saint-Alexandre, Montréal.14.1893-1894: Banque du Peuple, Montréal.15.1893-1895/1921: succursale montréalaise de l’Université Laval, Montréal.16.1894: église catholique de Pawtucket, Rhode Island (États-Unis).17.1894: aile au couvent du Mont 9t.Vincent, Halifax, N.E.18.1895: asile du Saint-Cœur-de-Marié des Sœurs Grises, Sainte-Cunégonde.19.1896/1905-1906: école Saint-Nom-de-Jésus-et-Marie, rue Saint-Germain, Montréal.20.1897- 1898: modifications de l’église Saint-Jean-Baptiste, Montréal.21.1898: six résidences pour Emmanuel Saint-Louis, 4105-4127, rue Saint-Denis, Montréal.22.1898: église Saint-Charles de Pointe-Saint-Charles, Montréal.23.1898: église Saint-Eusèbe-de-Verseil, Montréal.24.1898: aile de l’hospice Lajemmerais des Sœurs Grises, Varennes.25.1898- 1900: aile Saint-Mathieu et les galeries de la maison mère des Soeuçs Grises, Montréal., 26.1898-1903/1900: modifications de l’église Saint-Enfant-Jésus du Mile End, Montréal.1 27.1898/1907/1913-1914: église et presbytère de Saint-Clément de ViaiT-ville, Montréal.28.1899/1901: asile Nazareth pour les Sœurs Grises, Montréal.29.1900: église Sainte-Anne-des-Plaines.30.1900: six maisons pour les Petites Filles de Saint-Joseph, rues Berri et La-belle, Montréal.31.1900: asile Bethléem des Sœurs Grises, carré Richmond, Montréal.1 32.1900: aile Lussier de l’hospice Saint-Joseph des Sœurs Grises, Beauharnois.33.1900-1903: église Saint-Miche) de Percé.34.1902-1904/1905-1909: église Saint-Antoine-de-Padoue à New Bedford!, Mass.(États-Unis).35.1905/1906/1911-12/1913-1914: église et presbytère de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, Verdun.36.1907: presbytère des Cèdres.37.1907: école Salaberry, Montréal coin Robin et Beaudry, Montréal.i 38.1908: église de Saint-Gabriel-dq-Brandon.39.1908: décoration intérieure de l'église St Columban, Cornwall, Ontario.40.1909: décoration intérieure de la cathédrale Saint-Germain, Rimouski.i 41.1909: école Adélard-Langevin, 1815 Déséry, Montréal.42.1909: église de Coteau-du-Lac.43.1909-1913: orphelinat Saint-Arsène, rue Christophe-Colomb, Montréal.: 44.1909: église Saint-Pierre-aux-Liend, Lachine.45.1911: académie Bourgeois-Annexe, Montréal.46.[1912-1916]: église Notre-Dame dé Southbridge, Mass.(États-Unis).] 47.1914: caserne de pompier n° 39, Montréal.48.1914: école maternelle Gédéon-Ouimet Montréal.49.1915/1917: église Saint-Pierre-Claver, Montréal.50.1917: agrandissement de l’école Saint-Eusèbe, Montréal.51.1920-1921: édifice Langelier pour l’Université Laval à Montréal, Montréal.52.1923-1925: juvénat Saint-Gabriel Saint-Bruno.RIIIIIVILUf FRÈRES, Hommage à un aïeul Joseph Venne T96® qui a su marquer X art c/e /a p ierre son temps et son espace.c/e/taL J S 68 89, ch.des Patriotes, St-Mathias-sur-Richeiieu (Québec) J3L 6A1 Téléphone : (450) 658-1838 • Télécopieur : (450) 658-8769 Pierre Martin et sa famille LE DEVOIR.L E S SAMEDI 29 ET DI M A X ( Il E 30 S E I' T E M B li E 0 0 y r> ARCHITECTURE Patrimoine culturel Un lieu de culte devenu lieu de savoir L’église Saint-Jacques et l’Université du Québec à Montréal De 1 édifice qui abrita l'ancienne cathédrale de Montréal, il ne reste plus qu'un transept, celui que Jos.Venne conçut.L'église Saint-Jacques ou la difficile surrie d’un édifice maintes fois incendie avant de devenir une place publique universitaire.BS | JACQUKS OHKNIKK I K DKVOIR Jos.Venne fut de l’équipe qui traça les plans du Monument national, cet édifice é vocation culturelle et éducative complété en 1899 et rénové en 1994, devenu aujourd'hui une composante de l’Ecole nationale de théâtre.- GUYLAINE BOUCHER f Erigée en plein coeur du quartier latin, elle se confond parfaitement dans le paysage jusqu’à se faire carrément oublier.Vieille de près de 180 ans, l’église Saint-Jacques représente pourtant l’un des pans importants du patrimoine montréalais et québécois.Au- jourd'hui partie intégrante de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), son transept sud et son clocher, réputé pour être le plus haut de toute l’île de Montréal, accueillent les etudiants comme jadis les dévots: une portion de l'édifice religieux à jamais redevable à l'architecte montréalais Joseph Venne.L’histoire de l'église Saint-Jacques n'a rien de traditionnel.Erigee entre 1823 et 1825 par l'architecte Joseph Fournier, celle que l’on appelle alors Saint-Jacques Le Majeur sera la premiere cathédrale de Montreal.Détruite par le feu en 1852, il faudra attendre cinq ans pour voir à nouveau un clocher pointer vers le ciel à cet endroit.Bien qu’ayant perdu son statut de cathédrale, 1 eglise Saint-Jacques renaît alors de ses cendres sous la direction de l'architecte John Ostell.Benie en 1857, elle périt à nouveau sous les flammes en 1858.La ferveur des paroissiens lui redonne tout de même vie sous la direction de l'architecte Victor Bourgeau.Terminée en 1860, elle entamera alors sa plus longue période de vie sans interruption.Ce n'est cependant que 29 ans plus tard que Joseph Venne entre en scène.D’église à université Attaché à la firme d'architectes Perreault, Mesnard, Joseph Venne sera derrière la construction du transept sud annexé à l’église en 1889.Frisant face à la rue Sainte-Catherine, son ouvrage figure parmi les seuls éléments de l’église a être demeurés intacts après le dernier incendie de 1933.Ce sont ces vestiges que l'Université du Québec à Montréal acquiert en 1973.Menacés de démolition, le clocher et le transept sud, œuvre de Joseph Venne, sont alors classés monuments historiques par le ministère des Affaires culturelles de l'époque.Devenus incontournables, ils seront intégrés au pavillon Judith-Jasmin de l’établissement universitaire lors de sa construction entre 1976 et 1979.En fait, pour Odette Béliveau, directrice de l’entretien des composantes architecturales à l’UQAM, non seulement ces éléments historiques sont intégrés au bâtiment érigé par la firme Dimitri Dimacopoulos et associés, de même que Jodoin, Lamarre, Pratte et associés, mais «tout le concept du pavillon repose sur eux, le transept étant devenu aujourd’hui une grande place où les étudiants peuvent se réunir».Visible de l’intérieur comme de l’extérieur, la rosace trahit la présence de l’ancien lieu de culte.Un ensemble architectural auquel l’UQAM tient beaucoup, selon Odette Béliveau.«Luniversité étant relativement jeune, nous disposons de très peu d’éléments de patrimoine.Le clocher et le transept sont donc des joyaux dont nous mesurons l’importance d’année en année.» Travaux d’urgence Signe de l'importance accordée à ces éléments, l’établissement universitaire entamait à l’été 1997 des travaux de réfection importants sur la façade extérieure du transept.Des travaux qui se sont échelonnés sur quatre ans et qui arriveront à ter me le 4 octobre prochain alors que la statue de Saint-Jacques, retirée pour restauration, retournera à son emplacement d’origine sur le faîte du clocher.Il est hautement significatif, selon Odette Béliveau, que la fin des travaux coïncidera également avec le dévoilement d’une plaque commémorative en hommage à Joseph Venne et à l’ensemble architectural qu'il a laissé en héritage.«Joseph Venne avait imaginé un transept capable d'accueillir les fidèles; aujourd'hui ses travaux abritent et voient passer des milliers d'étudiants par jour dans une des seules grandes places publiques de toute l'université.» :k=?r «f;.•rrcriit • ~*r ¦¦I SO RAYA BASSIL Joseph Venne sera derrière la construction du transept sud annexé à l’église Saint-Jacques en 1889.Faisant face à la rue Sainte-Catherine, son ouvrage figure parmi les seuls éléments de l’église a être demeurés intacts après le dernier incendie de 1933.Ce sont ces vestiges que l’UQAM acquiert en 1973.1 } 1 ; » • » * 1 i i i i i » ¦ 1 * ; « »¦ L.V.Lomas limitée et son vice-président senior Benoit Venne, arrière-petit-fils de Joseph Venne, tiennent à rendre hommage à l'homme et à son œuvre.t i ans après e a La Maison du Prêt d'Honneur Un coup de pouce à la relève du Québec La Fondation du Prêt d'Honneur de la Société Saint-Jean-Baptiste salue l'œuvre de Joseph Venne, créateur du Monument National et ancien dirigeant de la SSJB.wmm * La Fondation du Prêt d'Honneur La Fondation du Prêt d'Honneur 82, rue Sherbrooke Ouest Montréal (Québec! H2X 1X3 Téléphone : (514) 843-8851 Télécopieur : (514) 844-6369 t AiMftiMaa LE DEVOIR.LES S A MED) 29 ET DI M A X < Il E 3 O E P T E M R K E 2 O O I F
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