Le devoir, 9 octobre 2001, Cahier A
ACTUALITÉS ACTUALITÉS Pierre Godin: René Lévesque ou la stratégie d’un Québécois ambigu Page A 7 L’avenir du logement social passe par la smite, dit Harel Page A 7 LE DEVOIR I $ 2000 Canadiens en renfort Frégates, destroyers et unité anti-terroriste se joignent aux forces de la coalition MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Le Canada s'est officiellement joint à la campagne militaire lancée dimanche contre les talibans et Oussama ben Laden.Frégates, destroyers, unité anti-terroriste spéciale feront équipe avec les forces américaines, britanniques, françaises, australiennes et allemandes.Au total, plus de 2000 militaires canadiens, surtout des membres de la marine, seront envoyés sur les lieux.Il s’agirait d’une des cinq contributions militaires de la coalition en importance, indiquait hier le chef d’état-major Raymond Hénaull La demande d’appui militaire est venue de Washington vendredi soir et, dès dimanche matin, après des échanges avec le ministre de la Défense et le chef d’état-major, le premier ministre Jean Chrétien communiquait son soutien au président américain George Bush.Puis, peu après le début des frappes, il confirmait publiquement la participation militaire canadienne.Il a alors averti que «la lutte contre le terrorisme sera [it] longue», mais il promettait de la gagner.Ce sont le ministre de la Défense, Art Eggleton, et le général Raymond Hénault qui ont levé le voile hier sur la nature de la contribution canadienne.Elle sera de deux ordres.D’abord naval, avec l’envoi de six navires qui assureront la surveillance et la protection d'autres bâtiments, comme des porte-avions.Une première frégate, VOIR PAGE A 10: CANADIENS ThE Wfiïi r\Jt \ / Rally Qeorge Squ * / Gfojgow Sot Utti October Uam AU JtaMRp jj||i jfltag, JEFF J M nC H K II.REUTERS Une musulmane et son fils se trouvaient hier à George Square, à Glasgow, en Écosse, pour participer à l’une des nombreuses manifestations contre les frappes militaires en Afghanistan tenues hier de par le monde.Des rassemblements ont aussi eu lieu notamment au Pakistan, en Turquie, en Indonésie, au Bangladesh, au Japon, en Espagne et dans la bande de Gaza, où l’on déplore deux morts.Une deuxième journée de frappes Lopération d’«autodéfense» pourrait s'étendre au-delà de l'Afghanistan JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Les États-Unis ont repris hier, pour une deuxième journée consécutive, leurs frappes contre l’Afghanistan, mais les Américains ont souligné que la guerre contre le terrorisme ne se limite ni à Oussama ben Laden, ni à l’Afghanistan.«Nous pourrions découvrir que notre autodéfense exige d'autres actions concernant d'autres organisations et d’autres Etats», indique l’ambassadeur américain auprès de l'ONU, M.John Negroponte, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité.La Maison-Blanche refuse toutefois de fournir la liste des pays visés: «la lettre parle d'elle-même», a simple ment déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer, en conférence de presse hier midi.Il est clair toutefois que les États-Unis ne sont pas à la recherche d’un seul homme mais s’en prennent à «un réseau tout entier disposant d’agents dans quelque 60 pays», a précisé M.Fleischer.Les talibans ont pour leur part réagi aux bombarde-ipents en appelant au jihad, la guerre sainte, contre les États-Unis.Ils ont qualifié l'opération américaine «d'acte terroriste contre l’ensemble du monde musulman» et ont réitéré qu’ils ne livreraient pas ben Laden.Les États-Unis ont toutefois le feu vert des Nations unies et de son secrétaire général Kofi Annan qui a présenté hier l’action américaine comme un acte de «légitime défense» à la suite des attentats du 11 septembre qui ont fait près de 6000 morts ou disparus.VOIR PAGE A 10: FRAPPES INDEX -*4 Annonces.B 7 Actualités.A 7 Avis publics.B 8 Culture.B 10 Éditorial.A 8 Économie.B 1 Fonds.B 2 Idées.A 9 La riposte.A 2 Mots croisés.B 7 Météo.B 7 Religions.B 6 Sports.B 5 Télévision.B 9 Ni paix ni guerre Une rupture de conscience «Derrière le voile de l'ordre, luisent les yeux du chaos» — Novalis Albert Lega n It La guerre absolue et la paix absolue n’existent pas.Sinon, les guerres ne se termineraient jamais, ou encore l’état de paix serait un paradis perdu retrouvé.H n’y a que des guerres particulières, ou des paix particulières.Et la vérité absolue n’existe pas non plus.Il n’y a que des vérités particulières, qui tiennent souvent au pluralisme culturel des peuples et des nations, des ethnies, des tribus et des clans.Il n’existe qu’une seule vérité démocratique: les conflits doivent être résolus pacifiquement.Mais les démocraties peuvent être .aussi violentes que les dictatures dans la guerre.À telle enseigne, la Seconde Guerre mondiale.La guerre froide nous a habitués à un climat d’opposition idéologique global entre le communisme et l’anticommunisme, entre la démocratie et le totalitarisme, entre le «ni paix ni guerre».Cette confrontation ne pouvait cqnnaître de dénouement que grâce à la sagesse des Etats.La fin de la guerre froide a connu sa conclusion avec la (disparition de la virulence idéologique entre les États.La démocratie triomphe, c’est «la fin de l'histoire», au sens hégélien du terme, qui marque ou qui devrait marquer une nouvelle ère de coopération entre les États.Le terrorisme sanglant de septembre fait renaître un nouveau climat de «ni paix ni guerre».Il est cependant erroné de qualifier ce phénomètje de nouvelle guerre froide.La guerre oppose des États entre eux, ou alors des communautés entre elles lorsque la guerre civile s’installe à l’intérieur.En réalité, la coalition internationale antiterroriste qui vient d’être mise sur pied se tue à nous expliquer qu'il ne s’agit pas d’une nouvelle guerre de religion.Un mouvement millénariste ultraviolent De quoi s’agit-il alors?Très simplement d’un mouvement millénariste ultraviolent qui nous annonce sinon la fin du capitalisme du moins le triomphe de l’Islam, avec un grand «I», et dont l’avènement ne pourra intervenir que lorsque tous les Occidentaux auront été boutés hors de la terre sainte (Arabie Saoudite).Dans ces conditions, les troupes américaines en Arabie Saoudite ou au Pakistan, première république à se réclamer islamiste, sont considérées comme des infidèles.Et le président Bush, dans son discours au Congres sur les événements de septembre, a bien compris la chose: «Ils sont contre nous parce que nous nous dressons sur leur chemin.» la nouveauté ben laden est ailleurs.Mouvement millénariste ou non, il est désormais un personnage VOIR PAGE A 10: RUPTURE RUBEN SPR1CH REUTERS Un appareil F-14 Tomcat attendait de décoller du pont du porte-avions Carl Vinson, hier, dans le golfe Arabo-Persique.Le pari des faucons En attendant trois semaines et demie avant de réagir militairement, le gouvernement de George W.Bush a pu se rallier une opinion intérieure quasi unanime et un très large soutien dans le monde occidental, voire au sein des élites au pouvoir dans plusieurs pays arabo-musulmans.En outre, les deux premiers jours de la «vraie guerre» se sont déroulés en apparence exactement comme les experts avaient eu le temps de le prédire.Tout semble C l« « « ' ' VlfrrVv ® rÆ&ïm 'üùmÈffl '¦•liWilSi / Tmî JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pendant que les forces anglo-américaines frappaient hier encore l’Afghanistan, deux Montréalais parlaient de paix sur un mur de la ville.Vêtements d'enfants 0 a 18 ans Vêtements de mtiternité à l'étage BOUTIQUE 1007, rue Laurier Ouest, OUTREMONT Tél.: 274-2442 Marie-Robert La recherche : La solution au casse-tête RENÉ LEWANDOWSKI LE DEVOIR Les bombes et les missiles américains et britanniques lancés sur l’Afghanistan auraient eu peu d’impact sur les équipements militaires des talibans, selon un expert américain spécialisé dans les attaques-surprises en temps de guerre."Acs talibans ont eu amplement le temps de s’y préparer», dit Patrick Morgan, professeur en sciences politiques de l’Université de Californie.M.Morgan, un expert en renseignement stratégique et en contrôle de l’armement, soutient que les armes terrestres des talibans, comprenant chars d’assaut, lance-missiles et équipements de transport sont depuis belle lurette à l’abri des frappes aériennes.Ce qui est moins certain, cependant, ce sont les dommages causés sur les infrastructures fixes telles que les aéroports, les systèmes de radar, de communications et d’énergie.Quant aux camps d'entraînement de ben Laden, ils ne disposaient pas, selon le professeur, de structures bien élaborées.«Il n’y a rien à bombarder dans ces camps!» dit-il.Consensus international L’attaque est-elle arrivée trop tard?Pas du tout, estime Mark Crescenzi, professeur de sciences politiques et expert des conflits internationaux à l’Université de Caroline du Nord.«Les Etats-Unis devaient d’abord s’assurer d’un consensus international avant de déclencher une riposte, dit-il.Au risque de sacrifier une attaque-surprise.» Selon lui, ce consensus est particulièrement important dans l’hypothèse d’un long conflit.«L’attaque est peut-être même arrivée un peu trop tôt», dit Patrick Morgan.En effet, si l'objectif est de renverser le régime des talibans, les «forces du bien» de- vront finalement entrer sur le terrain, après avoir détruit les infrastructures afghanes.Or, est-ce que toutes les mesures nécessaires seront prêtes à temps?Les cartes du terrain et les réseaux de renseignement seront-ils fonctionnels?«C’est possible, mais j’ai l’impression que l’administration Bush s’est dépêchée à la suite des pressions de l’opinion publique», dit Patrick Morgan.Chose certaine, peu importe la stratégie militaire, le régime des talibans ne pourra résister bien longtemps aux agressions des américains.Surtout si l’Alliance du Nord, appuyée par les alliés, commence à avancer vers Kaboul.«Un mois maximum», prédit M.Morgan.Sauf qu’il y a une différence entre renverser le gouvernement taliban et se débarrasser complètement du régime.«Dans les grottes et les cavernes de l’Afghanistan, ces fous de Dieu pourraient faire durer le suspense pendant des lunes», dit Mark Crescenzi.Bombarder l’Afghanistan est une très mauvaise stratégie, peu importe le moment choisi, selon la professeure d’histoire américaine Sarah Shields.«Des mis- siles qui tuent des innocents ne feront qu’enflammer la situation, dit-elle.Et en quoi sont-il si différents des actes terroristes?» D’après la spécialiste, les civils qui vivent dans des régimes de terreur en Irak et en Afghanistan n’ont aucun contrôle sur les actions de leurs gouvernements.«Mais lorsque des innocents sont tués ils savent très bien désigner les tueurs.» En prime et l'envie : l'admiration de tous.Vous savez déjà que le RX 300 est doté de earaetéristiques qui le distinguent, eomme un dispositif de contrôle du dérapage du véhicule, quatre roues motrices, un régulateur de traction et des freins ABS.Mais sachez qu’en optant pour l’achat ou la location-bail d’un RX300 Édition limitée, vous en aurez encore plus pour votre argent.2 250 $ de plus, en fait ! 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de transport, de preparation, d immatneukaoon et taxes en ngueur en sus Vovei le concesswnnairr Lexus le phis proche pour phis de details Offre expirant le 51 octobre 2001 te modèle montré peut être dote dé^pernen/ V1”,sualrtr ' ^ LE l» E V 0 I K .LE MARDI 9 0 l T 0 R K E 2 0 0 I A LA RIPOSTE Chantal Hé hert ?John Manley, étoile montante Les attentats du 11 septembre contre le World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington ont permis à John Manley, le ministre canadien des .Affaires étrangères, de se démarquer.Proche de Jean Chrétien, Manley est aujourd’hui le ministre le plus visible du gouvernement fédéral.On ne saura jamais si Paul Martin pense encore qu’il a bien fait de ne pas réclamer un changement d’affectation après les dernières élections, mais, chose certaine, aujourd’hui, son collègue des Affaires étrangères lui doit une fière chandelle.Si M.Martin avait tiré sa révérence de la politique fédérale ou des finances plutôt que de se résigner à ronger son frein dans ses fonctions actuelles en voyant que Jean Chrétien était partant pour un troisième mandat, c’est John Manley qui l'aurait vraisemblablement remplacé au pied levé.Cette promotion aurait sans doute eu raison des perspectives d’avenir du ministre ontarien.D’abord, parce que les occasions de se démarquer de son brillant prédécesseur auraient été rares, eu égard en particulier à la tournure catastrophique que prend l’économie.Surtout, doté comme il l’est de l’image la plus straight du cabinet, M.Manley aurait risqué de devenir aux Finances le Michael Wilson de Jean Chrétien, c’est-à-dire un ministre que ni le public ni son parti n’imaginent autrement qu’en comptable de la vision des autres.?A la veille du dernier scrutin, le premier ministre lui demandait plutôt de prendre en main les Affaires étrangères, laissées vacantes par le départ à la retraite de JJoyd Axworthy.A l’époque, le Canada nageait en pleine fébrilité préélectorale et les commentateurs s’étaient peu attardés à ce changement de garde.Sur la colline parlementaire, on savait généralement que M.Manley était un des ministres que son patron tenait en haute estime.On savait également que ce sentiment était plutôt partagé par ses critiques de l’opposition, et cela, même si à l’Industrie il s’était surtout distingué publiquement, et dans le mauvais sens du mot, en proposant que son gouvernement vienne à la rescousse du hockey professionnel.Dans cette affaire, M.Manley n’avait dû son salut qu’à sa capacité de battre en retraite à la vitesse de l’éclair, un signe d’intelligence dont tous ses collègues n’auraient pas nécessairement été capables.Contrairement à sa collègue albertaine Anne McLel-lan — dont le nom avait également été évoqué pour les Affaires étrangères — le ministre Manley parlait couramment français.Le tait qu’il représente une circonscription sûre de la région d’Ottawa, et donc, peu susceptible de le monopoliser pendant la campagne électorale, était un autre atout circonstanciel à verser au dossier de sa promotion aux Affaires étrangères.Ce qu’on disait moins, c'est combien John Manley était susceptible de vouloir changer la trajectoire infléchie par son prédécesseur Lloyd Axworthy.Issu de l’aile droite du Parti libéral, nettement plus rpotivée par le libre-échange et plus ouverte à la mondialisation que la gauche dont se réclamait son collègue Axworthy, M.Manley allait entreprendre dès son arrivée de recentrer la politique étrangère dp Canada sur la relation canado-américaine.Largement dicté par la nécessité dans la foulée de l’arrivée de l’administration Bush, ce choix allait devenir carrément inspiré dans la foulée des événements du 11 septembre.?Depuis les attentats terroristes, John Manley est devenu le ministre le plus visible du cabinet Chrétien, faisant la plupart du temps figure d’oasis de clarté dans un océan d’ambiguité politique.Sa performance a agréablement surpris le public qui, en général, le connaissait peu ou pas.EL alors que depuis le 11 septembre la première guerre du Canada est basée sur les relations publiques, destinée à rassurer les États-Unis quant à la bonne tenue de leur voisinage immédiat, le ministre Manley a exactement le physique solide de cet emploi exigeant Résultat, on n’a pas fini de le voir puisque, la semaine dernière, Jean Chrétien lui confiait la direction des opérations du cabinet sur le front de la suite canadienne à donner aux attentats terroristes.Du coup, John Manley est littéralement devenu le Stéphane Dion de l’après 11 septembre.Je m’explique.Jean Chrétien ne gagnera jamais des prix d'éloquence, mais cela ne l’a pas empêché de triompher des quelques grands débats dans lesquels il a engagé son gouvernement Or, à l’inverse de Brian Mulroney par exemple qui prenait toute la place en de telles circonstances, Jean Chrétien a plutôt eu tendance à permettre au ministre que les circonstances désignent comme le meilleur porteur du ballon gouvernemental du moment d’occuper un maximum de terrain.A l'époque de la guerre du déficit, c'était Paul Martin.Lors du débat sur le projet de loi sur la «clarté» référendaire, M.Dion avait hérité du même rôle.Tout cela pour dire que, si M.Manley a autant de corde ces jours-ci, c’est parce que le premier ministre lui en donne.Et que, 1 ayant donnée, Jean Chrétien est peu susceptible de la lui retirer ou de tirer publiquement dans une autre direction.?Dans les rangs libéraux, on s’interroge évidemment déjà sur les éventuels dividendes politiques de la soudaine notoriété de John Manley.Avant le 11 septembre, on lui connaissait de modestes ambitions de leadership.Il en a dorénavant davantage les moyens.Plus jeune que Paul Martin, plus bilingue que Brian Tobin et moins superficiel dans ses propos.dans une langue ou dans l'autre, qu’ Allan Rock, il a désormais une place dans les calculs qui entourent la succession du premier ministre.Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.La Caisse obtient un contrat de 400 millions au Bahreïn RENÉ LEWANDOWSK1 LE DEVOIR Moins de 24 heures après les premiers bombardements en Afghanistan, CDP Capital, le gestionnaire de fonds de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a obtenu un mandat de gestion de 400 millions US d’Arab Insurance Group (ARIG), le plus grand fournisseur d’assurance et de services financiers du Moyen Orient et d’Afrique du Nord.CDP Conseil, membre de CDP Capital, créera avec ARIG une société, CDP ARIG, qui gérera à partir du Bahreïn des fonds institutionnels des pays du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord.CDP Conseil est une firme spécialisée dans l’aide aux pays désireux de se doter de fonds de régimes de retraite universels et de les gérer.Un peu selon le modèle québécois de la Caisse de dépôt Joint sur son cellulaire, le président de CDP Capital, M.Nadeau était au Bahreïn hier pour la signature du partenariat et annoncer la bonne nouvelle.Bahreïn est un petit émirat,arabe situé à côté de l’Arabie Saoudite.«A trois kilomètres d’ici, on peut voir les avions américains décoller», a indiqué M.Nadeau.Selon lui, l’expérience de CDP Capital combinée à la connaissance des marchés et au réseau de distribution d’ARIG permettra à CDP ARIG de tirer pro- fit d'un marche potentiel évalué à un trillion de dollars US.CDP .ARIG offrira des services de gestion de fonds, du soutien actuariel, des services de répartition de l’actif, des services-conseils en développement de stratégie de gestion de portefeuille ainsi que de nombreux autres produits adaptes au marché.Une dizaine de personnes travailleront du Bahrein, dont plusieurs gens de la Caisse qui déménageront là-bas dans les prochains mois.CDP ARIG investira entre autres dans des entreprises du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord, mais il est peu probable que la société prenne des positions dans des compagnie israéliennes.•On n ’en a pas discuté, mais il y a quelques contraintes auxquelles on devra se conformer», dit M.Nadeau, lu partie internationale du portefeuille sera toutefois gérée de Montréal.Interrogé sur le moment où survient cette annonce, compte tenu des événements tragiques qui se déroulent présentement dans la région, M.Nadeau a souligné que les gens de ARIG ne sont pas des talibans, mais simplement des gens d’affaires désireux de bien gérer leur argent dans un système capitaliste.Il a aussi indiqué avoir aperçu hier le chef de l’OLP, Yasser Arafat, qui logeait dans le même hôtel que lui.•Mais je ne l’ai pas sollicité pour un mandat de gestion!» Les policiers canadiens en état d’alerte maximale Ottawa (PC) — Les policiers de la région d’Ottawa sont en alerte maximale depuis le début de la riposte américaine aux attentats du 11 septembre, surveillant de près les aéroports et les missions diplomatiques, en plus de scruter les comportements suspects.Dans tout le pays, les corps de police avaient déjà accru leur présence depuis les attentats, mais certains d’entre eux sont encore plus vigilants au lendemain des frappes contre l’Afghanistan.Le régime des talibans au pouvoir en Afghanistan, qui héberge Oussama ben Laden — le chef du réseau al-QaJeda soupçonné d'être responsable des attentats —, a soutenu que des représailles attendaient tout pays assistant les États-Unis dans leur riposte militaire.Les autorités insistent pour que les Canadiens soient vigilants tant au pays qu’à l’étranger.«Nous sommes en alerte maximale depuis les frappes d'hier» a affirmé lundi Léo Janveau, sergent d’état-major à la police d’Ottawa «Nous portons une attention particulière à certains lieux vulnérables et à haut risque», y compris l’aéroport et les ambassades — particulièrement celle des États-Unis, située à deux pas de la colline parlementaire.«Personne ne peut prédire ce qui se passera, a dit M.Janveau.Mais si quelque chose se produit, nous voulons certainement être prêts et être en mesure de mobiliser des ressources afin de répondre adéquatement à tout ce qui pourrait survenir.» Un porte-parole des Douanes a indiqué qu'aucune nouvelle mesure de sécurité n’avait été déployée à la frontière canado-américaine depuis le début de la campagne militaire, dimanche.la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a pas voulu confirmer que les mesures de sécurité ont été accrues au 24 Sussex (résidence du premier ministre) et à la colline parlementaire.Le porte-parole Marc Richer a toutefois précisé que les gens remarqueront davantage de voitures de la GRC dans les rues d’Ottawa.Ouimet-Cordon Bleu Inc.J.-R.Ouimet Inc.Jean-Robert Ouimet Monsieur J.-Robert Ouimet, C.M., C.Q., Ph.D., président du Conseil d’administration et chef de la direction de Ouimet-Cordon Bleu Inc.et de J.-R.Ouimet Inc., est heureux d’annoncer la nomination de Monsieur Jean-Robert Ouimet au poste de vice-président de la mise en marché de J.-R.Ouimet Inc.ainsi que membre du Comité de direction de la compagnie.Il relève de Monsieur Pierre Denault, président de J.-R.- Ouimet Inc.Ouimet-Cordon Bleu Inc.comprend différentes compagnies dont les activités principales sont l’acquisition de participations dans différentes entreprises de produits alimentaires stériles et congelés.La compagnie J.-R.Ouimet Inc., fondée en 1933 par J.-René Ouimet, est spécialisée dans la fabrication et la mise en marché de produits alimentaires sous les marques Cordon Bleu.Clark et autres.Ces produits sont distribués au Canada, aux États-U nis, au Mexique, en Australie et ailleurs.Les femmes et les hommes qui œuvrent au sein de notre groupe d’entreprises tentent, dans un climat de grande liberté, de « Concilier bonheur humain et rentabilité de l'entreprise ».Au grand regret de Québec Le Sommet de la Francophonie est reporté PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les attaques terroristes du 11 septembre auront tait tomber une autre rencontre internationale.Le Sommet de la Francophonie vient en effet d'être reporté, au grand regret de Québec qui maintient que l'evenement aurait été un forum des plus appro pries compte tenu dr's récents événements.«Nous, c’est pour ça qu’on voulait que le Sommet se tienne.On disait que c’est le temps, ce n ’est pas marginal de parler du dialogue des cultures.C’est au contraire éminemment stratégique et pertinent de parler entre arabophones et francophones, entre Orient et Occident.Ça omit plein de sens», a déclaré la ministre québécoise aux Relations internationales, Louise Beaudoin.le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (01F), Boutros Boutros-Ghali, a confirmé hier matin que le Sommet, qui devait se tenir à Beyrouth du 2t> au 28 octobre, sous le thème du «dialogue des cultures», serait reporté d’un an.Depuis plus d’une semaine, les rumeurs de l’annulation du Sommet de Beyrouth étaient nombreuses.In décision ultime devait revenir au gouvernement du Liban qui, devant l’impossibilité de parvenir à un consensus, a préféré que l’affaire soit du ressort de M.Boutros-Ghali.Ce dernier, après consultation auprès des chefs de gouvernements, en a fait l’annonce hier matin.Dans le communiqué annonçant la décision, on fait mention que «compte tenu de la situation internationale qui a déjà entraîné une profonde modification du calendrier des grandes conférences intemçtionules, il ressort que les chefs d’Etat et de gouvernement souhaitent ajourner d’une année le 9" Sommet de la Francophonie».Outre cette rencontre, celle du Commonwealth qui devait se tenir à Brisbane, et celle de TON U sur les enfants ont été reportées.Le début des ripostes contre l'Afghanistan risque de sonner le glas d’autres ren contres internationales prévues au calendrier, comme la sérié de négociations de l’Organisation mondiale du commerce, au Qatar, ou encore la rencontre economique de l'Asie-Pacifique (APEC), prévue à la fin du mois à Shanghaï.Malgré les tensions internationales, et contrairement à plusieurs gouvernements qui préféraient remettra à plus tard le Sommet de la Francophonie, le gouvernement du Québec s’est toujours dit favorable à la tenue du Sommet.«Il y a là un symbole important que ça se tienne en terre arabe», a mentionné Mme Beaudoin, qui se réjouit toutefois que le liban soit le pays hôte pour l'automne prochain.U- liban aurait accueilli le neuvième Sommet de la Francophonie, mais le premier à se dérouler dans le monde arabe, qui représente près de la moitié des 55 pays membres de l'organisation internationale.Du côté d'Ottawa, au cabinet du premier ministre Jean Chrétien, un porte-parole a souligné que •M.Chrétien a toujours indù/ué vouloir participer au Sommet cette année, et qu il serait présent l’an prochain».lYk\ à l’automne 2(X)2, les ministres responsables de la Francophonie devront cependant se rencontrer en décembre, à Paris.Cette rencontre est capitale puisqu’elle servira à voter le budget de l’an prochain de l’OIF, et également à allonger d'un an le mandat du secrétaire général Boutros-Ghali, dont le poste devait être soumis à une élection.LE CONSEIL DES RELATIONS internationai.es DE MONTRÉAL DÉJEUNER-CAUSERIE Le Conseil des relations internationales de Montréal présente un déjeuner-causerie dont le conférencier invité sera : L’honorable John Manley Ministre des Affaires étrangères du Canada Le Canada après le 11 septembre 2001 Jeudi le 11 octobre 2001 de 12h00-14h00 Ritz-Carlton 1228, rue Sherbrooke ouest Salon Ovale INFORMATION : (514) 340-9622 loto-québec ^brro^ 649 Tirage du 2001-10-06 Q1 IS 2Z 28 43 4Z Numéro complémentaire: 11 GAGNANTS 6/6 1 5/6+ 5 5/6 255 4/6 13 103 3/6 253 995 Ventes totales 14 S LOTS 2 000 000,00 $ 119 558,40$ 1 875,40 $ 69,90$ 10,00 $ 511 î Prochain gros lot (approx ) Z 000 000 $ IlJltHi.'W Tirage du 2001-10-06 08 18 18 28 38 45 GAGNANTS 6/6 0 5/6+ 0 5/6 18 4/6 960 3/6 19 146 LOTS 1 000 000,00 $ 50 000,00$ 500,00$ 50,00$ 5,00$ Numéro complémentaire 10 ventes totales 601 633,50 $ Fnaitiii liiblt Jn* - Tirage du Pffil + W 2001-10-06 04 Ifi 39 45 suPERxân Tirage du 2001-10-05 08 19 24 25 32 34 43 Numéro complémentaire: 31 GAGNANTS LOT 59 169,49$ *Seu‘es les sélections participant au l otto 6/49 et au Québec 49 sur le même billet sont adr ssibies ô te promotion FJStra Tira9e du lugjjLlU 2001-10-06 NUMÉRO LOT 405560 100 000$ EfStni T,ra9e du [ü 2001-10-05 NUMÉRO LOT 739118 100000$ GAGNANTS LOTS 7/7 0 5 000 000,00 $ 6/7+ 5 41 469,00 $ 6/7 73 2 485,30$ 5/7 4 326 149,80 $ 4/7 93 422 10,00$ 3/7+ 84 377 10,00$ 3/7 774 072 particip gratuite Ventes totales 11 258 826 $ Prochain gros lot 7 500 000 $ Les modalités d encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste el la liste officielle de L-Q cette dernière a priorité Le jeu doit rester un jeu T V A, LE RÉSEAU DES TIRAGES DE LOTO-QUÉBEC J A 4 Lt DEVOIR.LE MARDI 9 OCTOBRE 2 001 LA RIPOSTE Christiu n Riaux PERSPECTIVES Jusqu’où ira l’Europe ?L’appui européen pourrait être mis à rude épreuve si l’intervention s’éternisait n France l’annonce des premières frappes américaines ne pouvait pas plus mal tomber.La population a appris la nouvelle alors qu’elle se remettait a peine du malaise créé la veille par quelques centaines de jeunes Algériens qui ont interrompu brutalement le premier match de football de l’histoire entre la France et l’Algérie.Ce devait être le match de la «réconciliation» entre deux anciens ennemis.Il aura été celui de la haine.Celle exprimée par quelques centaines de jeunes d’origine algérienne envers l’ancienne puissance coloniale qui menait 4 à 1.les jeunes Maghrébins avaient tout juste fini de huer la Marseillaise — et quelques-uns de crier «Vive ben Ixiden» — que les premières bombes américaines s’écrasaient sur Kaboul.Le président Chirac aurait souhaité un meilleur contexte pour expliquer que les alliés ne venaient pas d’entrer en guerre contre les musulmans.Les journalistes qui ont tenté ?hier d’interviewer les organisations islamiques françaises, large ment composées d’Algériens, se sont donc butés à des portes closes.Dans la plupart des cas, les premières frappes américaines ont été accueillies dans ces milieux par un silence de mort C’est une des raisons pour lesquelles le Conseil des ministres de l’Union européenne réuni hier au Luxembourg a tenu à rappeler une fois de plus que «l’action soigneusement ciblée déclenchée le 7 octobre n’est ni une attaque contre l’Islam ni contre le peuple afghan».Pour l’heure, les membres de l’Union européenne serrent les rangs derrière l’intervention américaine, même si les niveaux d’implication varient considérable ment d'un pays à l’autre.Mais il n’est pas besoin de lire longtemps entre les lignes pour deviner que, si les frappes devaient s’éterniser, cette unité serait mise à rude épreuve.Conscient que l’engagement des alliés sera de plus en plus difficile à défendre au fur et à mesure que les réfugiés afflueront aux frontières, et meubleront les heures d’antenne, le Conseil des ministres de l’Union a décidé hier de consacrer plus de 4(X) millions de dollars à l’aide humanitaire._ Si l’on met de côté l’exceptionnelle implication de la Grande-Bretagne qui participe directement aux opérations, les autres pays européens jouent pour l’instant un rôle de second plan.Des demandes militaires ont été faites à l’Allemagne, à l’Espagne et à la France, mais les forces de ces pays ne devraient pas intervenir avant quelques jours.Signe que la France n’est pas aux avant-postes, le ministre des Années a appris les premières frappes en direct à la télévision.Celui de la Défense, Alain Richard, a laissé entendre que des agents des services de renseignement de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) étaient déjà sur le terrain.Ces hommes sont probablement dans le nord du pays, là où l’Alliance du Nord a des liens historiques avec la France.On soupçonne aussi les bâtiments français qui croisent en mer d’Oman de faciliter les communications secrètes avec les résistants.Ce n’est qu'une «question de jours» avant que des forces françaises n’entrent en jeu, dit Alain Richard.Mail il prend garde de préciser que celles-ci devront «participer à des opérations sur des objectifs relevant du système terroriste».Faut-il conclure qu’il n’est pas question de bombarder les installations des talibans?C’est le genre de question auxquelles les ministres ne répondent pas.Même si celui des Affaires étrangères, Hubert Védrine, dit préparer l’après-talibans et qu’il «faut libérer l’Afghanistan».La France devrait par ailleurs mettre à la disposition dés armées américaine et britannique sa base de Djibouti, la frégate Courbet et le pétrolier Var.Mais l’action la plus importante pourrait venir d'une unité spéciale d’intervention expérimentée dans les opérations en montagne.A défaut d’une action militaire européenne, le chancelier Schroder a déclaré que, «comme la France, l'Allemagne apporterait] sa contribution selon les demandes qui lui seront faites».Contrairement à leurs homologues français, les Verts allemands ont soutenu l'intervention américaine après un plaidoyer du ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer.Dans la capitale allemande une manifestation pacifiste a déjà mobilisé 3000 personnes alors qu’à Paris, à peine une centaine de manifestants opposés aux frappes se sont réunis sur la place de la Concorde.En Espagne, tous ne partagent pas l’enthousiasme débordant du premier ministre José Maria Aznar qui est parmi les plus proches des positions américaines.Le quotidien El Mundo a exprimé les doutes de nombreux Européens qui s’interrogent sur l'efficacité de l’opération même si elle est justifiée.«Quand les alliés ont attaqué l'Irak en 1991, ils avaient en tète un objectif clair libérer le Koweït.Au Kcr sow, il s'agissait de paralyser l'armée yougoslave.Mais, cette fois, l'objectif aimé est de capturer Oussama ben Im-den et d'en finir avec des réseaux terroristes mondiaux tiont l'épicentre se trouve en Ajglmnistan.» Le quotidien doute que cet objectif puisse être atteint par des moyens militaires classiques dans un pays «grand comme l'Espagne, couvert de montagnes, sans communications.tùibles et avec des températures qui, en hiver, peuvent atteindre moins 30 ou moins 40 degrés».L’Inde critique le Pakistan Islamabad (Reuters) — Ix' premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a reproché hier au président pakistanais Pervez Musharraf d’avoir échoué dans sa lutte contre le «terrorisme» dans la province du Cacht^ mire, objet de discorde entre les deux pays.Malgré le soutien des deux voisins à la coalition anti-terrorisme mise en place par les Etats-Unis, Washington craint que New Delhi ne prenne des mesures qui provoqueraient un conflit avec Islamabad, ont par ailleurs déclaré hier des responsables aipéri-cains.C’est pour cette raison que le secrétaire d’Etat, Colin Powell, doit se rendre dans les prochains jours en Inde et au Pakistan.Musharraf a téléphoné à Vajpayee, pour la première fois depuis leur sommet de juillet, afin de préconiser une coopération bilatérale contre le terrorisme.D | N •“il -% Une jeune réfugiée rongeant un os dimanche dans un camp du nord de l’Afghanistan.GLEB GARANICH REUTERS Vers un afflux massif de réfugiés «Nous ne pouvons pas ouvrir nos frontières», dit Musharraf AGENCE FRANCE-PRESSE Peshawar (Pakistan) — Le début des frappes occidentales sur l’Afghanistan faisait redouter hier le scénario catastrophe d’un million et demi de réfugiés afghans se déversant au Pakistan.Les agences humanitaires se sont préparées à la possibilité d’un tel exode vers le Pakistan, mais aussi l’Iran ou le Tadjikistan, depuis que les Etats-Unis ont commencé à menacer de riposter aux attentats du 11 septembre à New York et Washington.Pour le moment, les frontières de tous les pays entourant l’Afghanistan sont fermées aux réfugiés, malgré les appels répétés des Nations unies.Le président Pervez Musharraf du Pakistan a déclaré hier que la frontière resterait fermée, son pays n’étant pas en mesure d’absorber le million de nouveaux réfugiés promis par les agences des Nations unies en cas de prolongation du conflit en Afghanistan.«Nous ne pouvons pas ouvrir nos frontières», a dit le général Musharraf lors d’une conférence de presse.«Nous pourrions nous attendre à un million ou plus de réfugiés venant au Pakistan, et ce n’est certainement pas un fardeau que nous pouvons accepter.Nous ne pouvons prendre que le strict minimum.Peut-être des blessés»., a-t-il diL rappelant que le Pakistan compte déjà entre 2,5 et 3 millions de réfugiés afghans.D»s organisations humanitaires, elles non plus, ne sont pas prêtes.«À l’heure actuelle, nous pourrions fournir de l’alimentation et des abris pour des dizaines de milliers de réfugiés» a dit Peter Kessler, porte-parole du Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés.M.Kessler, qui s'exprimait à Peshawar, au nord-ouest du Pakistan, près de la Khyber Pass, qui mène à l'Afghanistan, a estimé qu’en cas d’afflux massif, les «sites proposés par les autorités sont extrêmement inhospitaliers».Sécheresse Évoquant des raisons de sécurité, les autorités pakistanaises ont insisté pour que ces camps soient proches des frontières montagneuses, alors que la ré gion a déjà subi trois années consécutives de sécheresse.«Ce sont des paysages lunaires raboteux et nous devons nous entretenir avec les responsables de sites différents, plus à l’intérieur des terres, là où l’eau est disponible et où nous disposons de meilleures ressources» a ajouté M.Kessler.Déjà avant la crise actuelle, le Pakistan avait demandé l’aide de la communauté internationale.Comme pour aggraver la situation, les régions proches de la frontière, au nord-ouest comme à l’ouest du Pakistan, sont peuplées de groupes tribaux très autonomes et farouches.«Les travailleurs humanitaires ne peuvent même pas y dormir car ils craignent pour leur sécurité», a ajouté M.Kessler.Alors que quelques anciens camps ont été ré habilités, aucun nouveau camp n’a été préparé depuis trois semaines.Le seul espoir des humanitaires est que les éventuels réfugiés, arrivant à pied, mettront des jour ou des semaines pour atteindre la frontière.Pour Oxfam, organisation britannique spécialisée dans le ravitaillement en eau, le mieux serait que les Afghans ne bougent pas.«Il faut dire aux gem des zones rurales que le mieux est de rester où ils sont», a dit le porte-parole d’Oxfam, Alex Renton.«Nous n ’avons pas la capacité de faire face à leur arrivée.Mais si les actions militaires venaient à se terminer rapidement, nous pourrions peut-être faire quelque chose pour eux avant l’hiver, là m ils se trouvent maintenant.» Ces derniers jours, le Programme alimentaire mondial (PAM), a tait convoyer des milliers de tonnes de farine vers l’Afghanistan, et le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld a dit que les frappes de dimanche soir avaient été accompagnées de largages d’aide humanitaire.Plus de vingt ans de guerre et trois années de sécheresse ont fait que huit millions d’Afghans nécessitent actuellement une aide d’urgence.«Nous pensons tous que les frontières doivent s’ouvrir, car les réfugiés doivent avoir le droit de se réfugier» a ajouté M.Renton.Sécurité renforcée mais pas de panique à New York MICHEL MOUTOT AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Malgré des mesures de sécurité renforcées, New York refusait hier de céder à la panique au lendemain du déclenchement de l’offensive américaine en Afghanistan.Le défilé de «Columbus Day», qui célèbre chaque année la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb et rend hommage à l’influente communauté italo-américaine, a débuté comme prévu en milieu de journée sur la Cinquième Avenue de Manhattan.La présence des forces de l’ordre était légèrement plus importante que de coutume, mais loin d’être massive.En début de matinée, le maire Rudolph Giuliani a confirmé que les points névralgiques de la ville (ponts, tunnels, aéroports, monuments et immeubles célèbres) faisaient depuis dimanche l’objet d’une surveillance accrue.Prudence «Nous sommes extrêmement prudents», a-t-il déclaré à la chaîne de télévision CBS.«Tout cela a pour but de rassurer les gens, les aider à vaquer normalement à leurs occupations [.] Nous ne pouvons laisser les terroristes remporter une spectaculaire victoire et nous prenons d'extraordinaires précautions.» En plus des policiers effectuant de nombreuses heures supplémentaires, 4500 soldats de la Garde Nationale ont été mobilisés dans la ville et aux alentours, notamment dans les trois aéroports new-yorkais.Tous les camions et camionnettes entrant dans Manhattan sont fouillés, de même que certaines voitures, ce qui provoque quelques embou- if* V1 MIKE SEGAR REUTERS New York hier lors du défilé de «Columbus Day».teillages.Dans l’immense hall de Grand Central, l’une des gares importantes de la ville, des policiers en uniforme étaient plus présents que d’habi- tude, mais se faisaient relativement discrets.M.Giuliani, soucieux de ne pas affoler ses administrés et d’entraver le moins possible l’activité économique d’une ville éprouvée par les attentats du 11 septembre, a annoncé dès dimanche que les mesures de sécurité seraient accrues, mais resteraient inférieures à celles, exceptionnelles, prises au lendemain du drame du World Trade Center, i «La ville ne sera pas fermée», a-t-il assuré.«Nous fermerons certains lieux s’il le faut, en clair si nous sommes alertés [.] Donc si des bâtiments sont évacués ou des voies coupées, les gens doivent se dire que c’est parce que nous prenons des précautions supplémentaires.» Touristes Quelques dizaines de touristes faisaient, en milieu de matinée, la queue pour monter profiter, en cette belle journée d’automne, de la vue panoramique depuis la terrasse de l’Empire State Building, redevenu le plus haut gratte-ciel de la ville depuis l’effondrement des tours jumelles du WTC.Guy Luys, un Québécois de 29 ans, est venu de Montréal pour quelques jours de vacances.Il passe, comme tout le monde, sous les portiques détecteurs de métal.«C’est incroyable.Même un pèu exagéré, non?Nous sommes venus à New York comme prévu, parce que les gens ne cessent pas de prendre le bus quand l'un d’entre eux a un accident!» Au mur, une affiche prévient que «ces lieux sont patrouilles en permanence par des policiers en civil ou en uniforme».Tous les couteaux, si petits soient-ils, sont interdits.Une quinzaine de vigiles patrouillent les halls.Une camionnette du New York Police Department est en faction, 24 heures sur 24, devant l'entrée principale.Les réservistes s’exercent à Valcartier PRESSE CANADIENNE Valcartier — Pendant que les bombes et les missiles anglo-américains s’abattaient sur l'Afghanistan, quelque 1200 réservistes de l’est du Québec ont participé, au cours du week-end, à des exercices militaires à la base militaire de Valcartier près de Québec.Selon une porte-parole du 35° Groupe-brigade du Canada, le capitaine Sonia Nadeau, l’exercice d’entraînement des réservistes n'est que l'aboutissement des exercices de formation et n'a pas de lien avec le conflit en Afghanistan.«Nous ne connaissons pas encore la portée des déclarations .faites par le premier ministre Jean Chrétien et les impacts qu’elles auront.C’est sans doute dans les prochains jours que nous allons avoir plus d'information à ce sujet.» En cas de conflit armé avec un pays étranger, ce sont d'abord les militaires de carrière qui sont appelés à intervenir.Les réservistes interviennent lorsque les forces régulières manquent ou quelles ont besoin de relève.Les miliciens sont pour la plupart des étudiants ou des travailleurs civils qui reçoivent une formation mi- litaire en dehors de leur occupation principale.«Ils ne sont pas formés pour accomplir des opérations spéciales, mais ils reçoivent un entrainement complet pour faire face aux opérations offensives et défensives sur le terrain», a précisé le commandant du 35' Groupe-Brigade du Canada, le colonel Marc Grondin.La formation n’est pas centrée à l'heure actuelle sur le type de conflit auquel on assiste présentement mais elle peut être adaptée rapidement en fonction des besoins, selon le colonel Grondin.Éventuellement, les réservistes de l’Est pourraient être appelés à participer au conflit contre l’Afghanistan si la situation en Asie centrale devait l'exiger dans les prochaines semaines ou les prochains mois.Cette perspective ne sourit pas à tous les miliciens.La caporale-chef Sarah-Jeanne Royer, des Voltigeurs de Québec, qui est diplômée en biologie et qui suit présentement une formation en développement international, affirme que sa carrière civile passe avant la vie militaire.«J'aurais peur de devoir aller me battre là-bas.Ce ne serait certainement pas mon premier choix.Je me prépare présentement à aller intervenir dans des pays d'Afrique où sévit la pauvreté comme le Burkina Faso, mais où il n'y a pas de conflits armés».Selon le capitaine Sonia Nadeau, beaucoup de jeunes réservistes font leur service militaire pour avoir un travail qui leur permet d’acquérir des connaissances et vivre des expériences intéressantes.Beaucoup font passer leur carrière civile en avant-plan et ne sont pas forcément désireux de se retrouver en situation de combat Par ailleurs, il est peu probable cependant que les militaires de de Valcartier soient mobilisés au Moyen-Orient a brève échéance étant déjà mobilisés en Bosnie dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l’ONU.1500 de nos militaires du 3" Bataillon du 22e Régiment viennent d'être envoyés là-bas.Un nombre à peu près semblable est en préparation pour aller les relever en mars», a déclaré dimanche un pôr-te»parole de la base, le capitaine Mario Couture.Depuis les attentats du 11 septembre contre les Etats-Unis, rien n’a changé dans les plans d’opéra-üons des différents bataillons qui relèvent de la base de valcartier.«Est-ce que l’engagement du Canada dans le conflit en Afghanistan va changer les choses?Le n est pas à moi de répondre.Tout ce que je puis dire, c est que les directives sont les mêmes jusqu’à présent», a déclaré le capitaine Couture. LE DEVOIR.LE MARDI M O l T O R R E 2 « RIPOSTE Al-Jezira, la télévision fétiche de ben Laden 0 # a* ZAINAL AUD HALIM RK LITERS Au Pakistan, où le président Pervez Musharraf s’est dit certain de maîtriser la situation, des manifestations parfois violentes contre les Américains et en faveur du régime afghan voisin, se sont déroulées un peu partout: Karachi, Islamabad, Rawalpindi, I^hore, Peshawar.Pour ces manifestants, ben Laden est devenu un grand héros.CHRISTOPHE A Y A D LIBÉRATION \ A chaque conflit sa télévision.La guerre du Golfe avait «fait- CNN, celle d'Afghanistan a révélé Al-Jezira.Depuis le 11 septembre, la chaîne arabe par satellite basée au Qatar multiplie les scoops avec, en point d’orgue, les premières images des bombarde-rtients américano-britanniques de dimanche suivis, peu après, de l’allocution préenregistrée d’Oussama ben Laden.Dans le monde entier, l’arabesque de son logo en forme de flamme est devenue célèbre et même les grands réseaux américains en sont réduits à acheter ses images.C’est un correspondant arabe, basé à Kaboul depuis plus d’un an et qui travaille avec une équipe afghane qui a reçu la dernière cassette vidéo du chef du réseau Al-Qaïda, dès que l’attaque a commencé.D l’a transmise par faisceau satellitaire au siège de la chaîne au Qatar.Oussama ben Laden a été filmé de jour alors qu’il faisait nuit depuis déjà plusieurs heures quand la cassette est parvenue au journaliste.«Nous pensons qu’elle a été tournée le jour même ou au cours des trois ou quatre derniers jours», dit le chef du bureau de Londres d’Al-Jezira, Miftah el-Sweida.Depuis le début de la crise, la chaîne qatarie est le seul média international présent à Kaboul et Kandahar.Cette position de quasi-monopole n'est pas sans susciter jalousie et suspicions.Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell avait demandé la semaine dernière à l’émir du Qatar, en visite à Washington, de faire en sorte que la chaîne, dont la famille royale est lé principal actionnaire, se fasse moins l’écho des positions des talibans et d’Oussama ben Laden.Un comble au pays de la liberté de la presse! Les régimes arabes ne sont pas non plus à l’aise avec cette chaîne au ton beaucoup trop libre: «Malheureusement, s’est récemment plaint le prince Nayef, ministre de l’Intérieur saoudien, certaines chaînes de télévision arabes donnent leur temps d'antenne à ben Laden.Cela nous choque d’autant plus que cela vient d’un pays musulman.» .Al-Jezira ne fait aujourd’hui que recueillir les fruits d’un travail de longue haleine.Dès 1998, elle ouvrait un bureau permanent à Kaboul, jugeant à juste titre qu’il était de son devoir d’assurer une présence dans le pays accueillant le plus grand nombre d’islamistes violents en activité.Pour les talibans et Oussama ben Laden, l’intérêt est partagé: Al-Jezira, qui ne s'encombre pas d’a priori idéologiques et n’est pas soumise à la censure des régimes arabes, offre un canal de communication très écouté dans le monde arabe et doté à la pointe de la modernité technologique.La chaîne dispose en ce moment à Kaboul d’un camion de transmission et d’un banc de montage numérique, qui lui permettent d’être très mobile et d’intervenir en direct Des opposants en exil à l’écran .Le succès foudroyant d’Al-Jezira dans le monde arabe repose en fait sur la médiocrité de la concurrence.La chaîne s’est attirée une réputation sulfureuse en faisant le b.a.-ba du métier diffuser l’information sans commentaire et donner les points de vue contradictoires.Parmi ses nombreux faits d’armes, Al-Jezira peut se targuer d’avoir la première annoncé la mort du roi Hussein de Jordanie.C’est aussi la seule chaî-Pe, avec CNN, à avoir un bureau permanent à Bag-• dad, la seule télévision arabe à travailler en Iran.Ses débats, où apparaissent des opposants en exil, interdits de parole dans leur pays, sont passionnément suivis: officiers algériens du Maol, démocrates tunisiens, islamistes égyptiens ou saoudiens, féministes jordaniennes, chiites irakiens, etc., sont régulièrement invités dans les studios d’Al-Jezira.< La nouvelle Intifada a permis d’augmenter encore un peu plus l’audience d’Al-Jezira.Avec ses envoyés spéciaux, elle permet aux téléspectateurs de vivre l’événement en direct Pour la première fois images - et commentaires sont au diapason.«Jusqu’à présent, on avait droit à un commentaire écrit par le ministère des Affaires étrangères sur des images envoyées par CNN, explique Hicham, un téléspectateur égyptien.C’était la schizophrénie totale.Al-Jezira, c’est une chaîne arabe moderne.Ils sont sérieux et professionnels comme les Occidentaux.Et en plus, ils connaissent le monde arabe et l’islam.Ils ne sombrent pas dans le cliché et ne racontent pas les mêmes sottises que CNN ou les autres.» Les journalistes de la chaîne, qui viennent pour la plupart du défunt service arabe de la BBC — dissous en 1994 à la suite de pressions des autorités saoudiennes mécontentes de l’interview d’un opposant islamistes basé à Londres —, préfèrent utiliser l’épithète de «chef de l’organisation Al-Qaïda» plutôt que celle de «milliardaire terroriste» pour désigner Oussama ben Laden.HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le secrétaire général de l’OTAN, George Robertson, demandera aujourd'hui au Canada de contribuer à la relève des troupes américaines en poste dans les Balkans pour qu'elles puissent mener la «guerre tontre le terrorisme».M.Robertson, qui est à Ottawa dans le cadre de la 47e session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l'OTAN, s’entretiendra ce matin avec le premier ministre Jean Chrétien.Les deux hommes discuteront de manière générale de la contribution canadienne à la guerre contre le terrorisme, dont le coup d’envoi militaire a eu lieu ce week-end, et en particulier de l’envoi de troupes supplémentaires dans les Balkans.«Une des choses que les États-Unis ont demandées la semaine derrière, c'est d’être remplacés s’ils avaient à sortir des troupes et de l'équipement des Balkans pour mener la campagne contre le terrorisme.Alors nous allons parler de cela [avec M.Chrétien]», a reconnu M.Robertson au cours d’un entretien avec quelques journalistes hier en soirée.M.Robertson a profité de son passage pour louan-ger les efforts militaires canadiens, rappelant que le Canada, qu'il qualifie «d’allié-clé», finançait de façon «disproportionnée» (10 %) les avions AWACS déployés par l’alliance.Grand cas avait été fait des remontrances de M.Robertson adressées l'année dernière au Canada pour son faible budget militaire.Le secrétaire général a voulu rectifier les faits, disant qu’il avait demandé à tous les alliés, et non seulement à Ottawa, de faire Un discours pour enflammer plus.«Je suis content que le Canada modernise ses forces armées, qu’il achète de nouveaux équipements, qu’il s’adapte aux nouvelles menaces du futur, que ses forces soient plus mobiles, plus facilement déployables, plus flexibles.Et je salue les forces canadiennes pour leur inclination à se porter toujours volontaires.Lorsque le Canada est invité à aller quelque part, üy va.» Du revers de la main Par ailleurs, il a balayé du revers de la main Iqs critiques de ceux qui voient dans la décision des États-Unis de mener leurs attaques à l’extérieur du cadre de l’OTAN un désaveu de leur part envers l'organisation.«L’OTAN est le cercle de nations-amies le plus sécuritaire et le fiable que les États-Unis possèdent.L’OTAN est pertinente politiquement.[.] Nous ne prenons pas l’initiative, nous ne cherchons pas à prendre l’initiative.Les États-Unis prennent l'initiative.» Selon M.Robertson, l'enclenchement de l'article 5 du traité de Washington de l’OTAN, stipulant qu’une attaque contre les États-Unis est une attaque contre les 19 alliés, n’oblige pas les États-Unis à avoir recours à l’alliance, pour autant «Les États-Unis ont le droit de se défendre en vertu de l’article 5 et ils ont pris l’initiative.[.] Il n’y a rien de non naturel dans tout cela.L’OTAN n ’impose pas une forme d’inflexibilité aux États-Unis.Avec l’article 5, on ne fait qu’ajouter une autre possibilité s’offrant à eux.» Selon lui, il n’y a pas non plus de signe d’effritement de l’appui des alliés envers les États-Unis.M.Robertson n’a pas voulu «spéculer» sur les probabilités d’une action militaire terrestre en Afghanistan, mais il a rap- sur mesure le monde arabe pelé que l'article 5 permettait à chaque État-allié de décider de sa participation selon son jugement M.Robertson a tenu à préciser, si cela était encore nécessaire, que la «campagne contre le terrorisme» sera une campagne longue haleine qui se mènera autant sur le front militaire que financier ou diplomatique.Et à ceux qui seraient tentés d’établir un lien entre ce discours et la rhétorique derrière la guerre froide, il répond: «Ce ne sera pas une guerre froide.Elle sera plutôt chaude.Il y aura de l'action du début jusqu'à la fin, mais à différents niveaux.» Énfin, le secrétaire général de l'OTAN ne pense pas que les attentats contre le Pentagone et le World Trade Center remettent en question la pertinence du projet américain de bouclier anti-missiles.Plusieurs observateurs font valoir que les événements du 11 septembre prpuvent que la plus grande menace à la sécurité des États-Unis ne vient pas nécessairement de l’extérieur.Un simple avion civil détourné peut devenir la meilleure arme des terroristes.L’un n’exclut pas l’autre, croit plutôt M.Robertson.«La prolifération des missiles balistiques signifie que les armes chimiques ou bactériologiques peuvent être envoyées à de très grandes distances.Alors nous devons nous protéger autant contre cela que contre les moyens non conventionnels comme les colis piégés, les attentats à la voiture piégée ou encore l’utilisation d'avions civils pour les transformer en d'immenses bombes.[.] De la même manière que nous devons nous adapter pour faire face à la menace que posent les individus-voyqus, nous devons aussi faire face au fait qu’il y a des États-voyous.» Jean Dion KO 'C* ?Vert comme la guerre Vert.À la télé, l’image est verte.Elle est apparue en début d’après-midi dimanche.à l’heure où l’Amérique se prépare à se repaître d’un vert qui est plutôt la teinte d’un terrain de football.Elle y a passé toute la jour née d’hier, et elle y est sûrement encore aujourd'hui.Ce n’est pas plus mal: on dit bien «vert de peur».Vert est la couleur de l'espérance.Vert est aussi la couleur de l'indigestion.Une image?Un brouillon, oui.dont on a bien du mal à imaginer le sordide dessin qu’il donnera au bout du compte.Un mauvais brouillon, presque édifiant dans son inutilité.On a tellement répété que toute cette histoire avait des allures de film, en voici un sorti tout droit des débuts du cinéma, muet, la pellicule empoussieree, une constellation infinie de petites lumières qui finissent par embuer l’œil non parce qu'il pleure mais parce quïl scrute.11 veut voir, c’est dans sa nature d'œil moderne, mais il ne voit rien.11 est forcé de croire ce qu’on lui dit.mais on ne lui dit pas grand-chose, simplement qu’il se passe quelque chose et que c'est là que ça se passe.Après ça.allez donc lui reprocher de se faire des idées.Le brouillon est édifiant.Quel retour des choses.Nous avons atteint l’âge d'homme en nous laissant convaincre qu’il était possible de guérir le monde.La guerre, de tout temps, a servi à tuer l'ennemi.Mais nous, nous avons inventé la guerre «chirurgicale».On ne tue pas le patient, on en extirpe le mal.Qui dit chirurgie dit soigner, dit guérir.Mais qu’y a-t-il de plus chirurgical, de plus dé-mentiellement précis que d’envoyer des avions contre des gratte-ciel?Nous en avons vu et revu et rerevu les images, insoutenables de clarté.Or en guise de réplique, nous avons ce brouillon vert.Flou comme est l’objet même de ces attaques, indéchiffrable comme le sont les motifs mêmes des attentats, obscur comme l’est cette guerre même qui commence et qu'on nous annonce longue et pénible et échappant à toute convention: façon rassurante, si ça se trouve, de dire qu’elle ne se terminera jamais.Une guerre à tâtons.D’ailleurs, il est combien ironique que les images les plus limpides (quoique, il faut le dire, tirant elles aussi sur le vert) à nous parvenir ces 36 dernières heures aient été celles d'Oussama ben Laden discourant de la suite des choses, des images tournées on ne sait quand, on ne sait où sinon devant ce qui est justement le symbole tellement rabâché qu'il en est devenu risible du tâton nement à venir: une grotte.Ben Diden qui, évidemment, est homme de peu de mots et a donc un devoir de clarté dans la concision.Cette fois-ci, il a dit ce que nous savions tous sans vouloir le savoir: que l’Amérique ne serait plus en sécurité.Mais au fait, est-ce bien la guerre?Sommes-nous en guerre?Hier midi, on pouvait entendre notre ministre des affaires militaires, Art Eggleton, refuser d’employer le mot.Une «situation de conflit», a-t-il euphémisé, laissant aux «avocats» (!) le soin de déterminer si, oui ou non, nous sommes en guerre.Les mots, n’est-ce pas, toujours les mots; après tout, il est bien ministre de la «Défense».Mais justement, il l’a dit, la riposte est justifiée car par elle l’Amérique «se défend».Quant à nous, ici maintenant, devons-nous chercher à nous défendre?En l’état actuel des choses, a dit le ministre, rien ne porte à croire que nous soyons exposés à des risques particuliers.Sauf que le tort est déjà fait et qu’on n’avait pas besoin d’Oussarna ben Uiden pour le rappeler.Peu importe qu’il y ait des risques, peu importe que la réplique engendre ou non une contre-réplique, l’important est qu’il y ait une idée de risque.L’autre jour, à la télé, on demandait aux gens s’ils avaient peur depuis les attentats.Une dame a répondu: «Je n’ai pas peur, d’ailleurs je suis venue ici en métro.» Preuve par l’absurde: quand prendre le métro devient un acte de courage, c’est que nous sommes en guerre.Contre nous-mêmes.Et ce brouillard vert, où jaillit de temps à autre un éclat lumineux dont on nous explique qu’il doit s’agir d’une explosion, n’a rien pour nous rassurer.De toute manière, où que nous nous tournions, tout est flou.L’ombre en a pour longtemps.Une piscine vide lapidée AGENCE FRANCE-PRESSE Quetta — Plusieurs milliers de militants islamistes ont raté leur cible hier, lapidant une piscine, vide, qu’ils croyaient remplie de baigneurs occidentaux.Selon un garde de sécurité de l’hôtel Serena, le plus luxueux de cette ville de l’ouest du Pakistan, les manifestants ont jeté une centaine de pierres vers la piscine depuis l’autre côté du mur d’enceinte, haut de quatre mètres, de l’hôtel.«Il fait trop froid.Personne ne peut se baigner ici à cette époque de l’année.Je ne crois pas que ces gens-là puissent le comprendre» a-t-il déclaré à l’AFP.Ce garde qui, avec quatre de ses collègues, assure la sécurité des environs de la piscine, a dû participer a l’enlèvement de plus de cent pierres de l'intérieur du bassin profond d’environ trois mètres.Plusieurs centaines de pierres étaient également éparpillées autour du bassin vide a-t-il précisé.Les manifestants situés de l’autre côté du mur d’enceinte n’étaient pas en mesure de voir que leur cible était vide et déserte de tout baigneur.Les troubles les plus violents se sont produits, faisant un mort et de nombreux blessés parmi les milliers de manifestants qui ont incendié bâtiments et véhicules, dont les locaux de l’UNICEF— une bavure «fâcheuse» selon le ministère des Affaires étrangères.CHRISTOPHE A Y A D MARC SEMO LIBÉRATION Lancé sur les ondes de la télévision qatarie Al-Jezira, l’appel d’Oussama ben Laden a été conçu sur mesure pour enflammer les opinions arabo-musul-manes.Dans la mise en scène tout d’abord avec Oussama ben Laden, avec ses deux plus proches compagnons assis devant une grotte, proscrits et traqués, évoquant dans l’imaginaire du fidèle la figure de Mahomet lors de l’Hégire, sa fuite de la Mecque en 622, moment fondateur de l’islam.«Il se construit une image prophétique, il a dû quitter La Mecque comme le Prophète et, comme lui, il va y revenir en vainqueur» explique Gilles Kepel, professeur à science politique et islamologue.L'islamologue François Burgat soulignait en analysant un des précédents appels de ben Laden datant de 1997, que «ce discours illustre bien le croisement entre des revendications politiques très profanes et assez universelles et des justifications religieuses plus spécifiques qui sont la base de la rhétorique islamiste radicale».«Voilà l’Amérique frappée par Allah tout puissant en son point le plus vulnérable, détruisant, Dieu merci, ses plus prestigieux buildings.Remerciement et gratitude à Allah, [.] Dieu a dirigé les pas d’un groupe de musulmans, un groupe d’avant-gardistes qui ont détruit l'Amérique.Que Dieu les bénisse et leur accorde une place au paradis» a affirmé Oussama ben Laden.Jamais il n’a explicitement revendiqué un des attentats attribués à son groupe mais il les reprend à son compte et se félicite encore une fois — comme après les bombes dans les ambassades américaines de Nairobi et Dar es Salam (224 morts en août 1998) — que des croyants aient écouté ses appels.«C’est une manière de rendre la riposte plus difficile et cette dimension tactique est réelle», souligne Gilles Kepel.Mais c’est aussi une façon de ne pas réduire ce combat à son leadership et donc de dire qu’il continuera même si lui-mêrpe devait un jour être éliminé.A cela s’ajoute aussi l’humilité du vrai croyant «Dans l’islam Salafiste [fondamentaliste et très rigoureux] qui est celui de ben Ixiden ', seul Dieu peut décider si une action est réussie ou non», précise Gilles Kepel.Jamais autant que dans cet appel Oussama ben laden n’a autant insisté sur l’Irak «où les enfants innocents sont tués [.] sans que les dirigeants et sultans ne bougent» et surtout la Palestine alors que «les chars israéliens massacrent dans les villes pour y semer la destruction [.] et personne n’élève la voix».Selon Gilles Kepel, «après un an d’intifida et dix ans de bombardements américains sur l’Irak, jamais les sentiments antiaméricains n’ont été aussi forts dans les masses arabes et musulmanes.En reprenant de tels thèmes il tente d'élargir sa base et de ratisser large au-delà même de la mouvance islamiste».Conclusion éloquente La conclusion du discours de ben Laden est à cet égard éloquente.«Je jure par Dieu que l’Amérique ne connaîtra plus jamais la sécurité tant que la Palestine ne la connaîtra pas et tant que les armées occidentales athées ne quitteront pas les terres saintes», affirme ben laden mêlant les deux thèmes.Son discours est plein de références religieuses.Il évoque «les quatre-vingts ans d’humiliation et de mépris» subis par la nation musulmane depuis la fin du Califat supprimé par Mustapha Kemal en même temps qu’il déposait le dernier sultan ottoman après la Première Guerre mondiale.Il parle de la division «du monde en deux camps: celui de ceux qui ont la Foi et sont sans hypocrisie et celui des mécréants».«Un vocabulaire très simple qui évoque les premiers temps de l’Islam» souligne Gilles Kepel.Les mots sont aussi soigneusement choisis que les images pour parler à l’imaginaire des fidèles.Le Canada invité à envoyer des troupes supplémentaires dans les Balkans LE DEVOIR.LE MARDI 9 OCTOBRE 2001 A #uv* ?ru* Samte-Cathenne ?* î-?t
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