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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-10-13, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET !> I M A N < H E IT O ( T O R K E > 0 O I THÉÂTRE Vous jouez qui, vous ?Page C 3 WF' Le labyrinthe de Hambourg Page C 7 -¦-¦,***- lk devoir Au moment où l'Opéra de Pékin est en ville pour une trop rare visite, on s'interroge de plus en plus sérieusement un peu partout sur l'avenir de l'opéra.Fleuron de la musique occidentale depuis quatre siècles, scène de toutes les passions, des drames comme des joies, des rivalités et des réformes, l’opéra ressemble aujourd’hui i un malade en phase terminale.En a-t-il encore pour longtemps?Est-il déjà condamné?Réservé Scène tirée de œdipus Rex d’après Stravinski, mis en scène par François Girard au Canadian Opera, à Toronto, en 1998.aux seuls mesdames à sacoches blanches et messieurs à souliers vernis?FRANÇOIS TOUSIGNANT u’on le veuille ou non, l’opéra a toujours fasciné le public.L’opéra, c’est le théâtre qui projette ses émotions sur une trame musicale qui en rehausse le frisson.Plus que la cantatrice ou le ténor qui demande «son» air.L’opéra fascine aussi les compositeurs.La raison noble réside dans l’idéal du genre absolu où s’unissent parole et musique, décors, costumes et effets spéciaux.Plus vénale est la réalité: écrire un opéra — qui marche surtout —, c’est s’assurer la gloire, et aussi des droits d’auteur substantiels.Une sorte de garantie sur l’avenir.Les bourgeois s’étant emparés, tout comme ils ont pris la Bastille, d’un art que seuls les princes pouvaient s’offrir, les théâtres se mirent à pousser un peu partout, les censeurs à imposer leur carcan et les génies à produire des chefs-d’œuvre malgré les contraintes.Arrivent alors deux coups d’assommoir les deux guerres mondiales.L’opéra, à l’instar des autres arts, devient plus psychologiquement pathologique, les personnages plus dérangeants.Coups d’envoi de cette révolution: Salome et Elektra de Strauss, où la mythologie dévoile ses plus obscures névroses, et surtout le Wozzeck de Berg, qui ne met plus en scène un héros et un milieu provenant d’une caste privilégiée qui projette son image sociale, mais la crue réalité des gens «ordinaires».Monte également le théâtre de Brecht, qui tue les conventions.Face à une crise économique — l’opéra coûte cher —, on répond par le théâtre musical.Plus modeste de moyens, plus percutant dans ses sujets, plus prolétaire dans ses visées.Puis, après la seconde guerre, une nouvelle génération de compositeurs crie haut et fort que «l’opéra est mort», soutenue par une cohorte d’écrivains, de gens de théâtre: on ne se reconnaît plus dans ces structures figées.On veut faire tabula rasa.Des options Le phénomène n’est pas qu’occidental.D existait en Chine une longue tradition d’opéra classique, elle aussi à l’usage des princes et des lettrés.Un art que la révolution de 1949, puis la révolution culturefie vont mettre à mort, celui-ci étant considéré comme trop éloigné du vrai peuple.Le régime soviétique aussi coupa dans l’art dit bourgeois au profit d’opéras volontairement accessibles au prolétariat lœ public ne fut pas dupe longtemps: les élites non plus.Devant la richesse de traditions occultées, le Phénix désiré renaît de ses cendres.Canton et Pékin renouent avec leur héritage classique, Moscou et Saint-Pétersbourg redorent le Bolshoi et le Kirov.Un art qu’on aurait voulu écraser sort pimpant de la volonté d’artistes et d’un auditoire qui, par ses racines, tente de mieux saisir le présent Ici, l’opéra traditionnel refait surface avec l'époque des divas.Un public mondain se rue pour entendre les prouesses de gloires ou gloriettes dans une musique qui ne l’intéresse au fond que peu.Seuls comptent le si bémol de la Callas, diva assoluta, le contre-mi bémol de la Sutherland, la stupenda, les pianissimos de la Caballé, la puissance de la Nilsson, le contre-ut des Pavarotti ou Domingo.L'opéra, musée et cirque de luxe, tourne à vide; toujours les mêmes œuvres attirent un parterre huppé qui ostentatoirement paye sa place.On s'intéresse aux chanteurs, pas aux œuvres, signe que l’art est moçibond.L’opéra, en Europe surtout est aussi largement subventionné par l’Etat le compositeur Franco Donatoni se scandalisait de ce que le gouvernement italien subventionne une place à la Scala dix fois plus que le coût du billet et que, même si tous les Italiens payaient leurs impôts, le théâtre n’a qu’envi-ron mille places et quel Italien ordinaire peut s’offrir un strapontin dans ce temple?En France, même scandale qu’on a vite fait taire: une place dans le Concorde était environ dix fois plus subventionnée qu’un siège au Palais Garnier.Le public varie peu.Les compagnies tentent donc de rajeunir le public.Pour attirer, on use du sulfureux parfum du scandale, presque à tout prix.Des mises en scène épurées du nouveau Bayreuth de Wieland Wagner aux audaces modernisantes d’un Sellars, d’un Chéreau ou d’un Brooks, voire d’un Wilson, qui réactualisent le répertoire, on retrouve le goût baroque de la machinerie technique (ou technologique, vive le multimédia) pour réanimer le comateux.On veut de l’opéra autre chose qu’un ersatz de disque entendu live.VOIR PAGE C 4: OPÉRA SOURCE: CANADIAN OPERA COMPANY LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2 0 01 Culture DANSE Nous sommes tous des rêveurs.Les Grands Ballets canadiens de Montréal présentent une histoire romantique qui se balade entre la Russie tsariste et soviétique C’est avec une histoire sombre mais une production d’envergure que les Grands Ballets canadiens de Montréal amorcent leur saison.La Dame de pique, un ballet du chorégraphe danois Kim Brandstrup inspiré d’une nouvelle d’Alexandre Pouchkine, mettra en scène des personnages avides de changer leur destin, des rêveurs consumés par leurs obsessions.Une création qui intègre le film et la vidéo.ISABELLE* POULIN Le directeur artistique des Grands Ballets, Gradimir Pankov, en poste depuis deux ans, aime bien inviter des compagnies de danse à la touche plus contemporaine, mais il a visiblement un faible pour le ballet narratif.Au moment où il prenait la barre de la compagnie montréalaise, à l’automne 1999, et avant même la production de Carmen, il concoctait déjà le projet de mettre en scène une œuvre de la littérature russe.C’est La Dame de pique de Pouchkine, adaptée pour l’opéra par Tchaikovski, qui a retenu son attention, une nouvelle qu’il tenait à aborder en innovant dans le traitement.C'est alors qu’il a songé à Kim Brandstrup, un chorégraphe danois qui a la particularité d’être aussi cinéaste et qui est autant fasciné par l’image filmée que l’image créée par le mouvement Kim Brandstrup est un homme discret, doublé d’un conteur hors pair.Lors de la présentation d’un extrait de la pièce pour les médias, il a captivé son auditoire en racontant La Dame de pique.Il faut dire que cette histoire contient tous les éléments dont sont friands les amateurs de ballet narratif; des obsessions, des passions contenues qui éclatent au grand jour, des personnages clairement définis confron- tés à un destin inéluctable.Il y a Hermann, un officier de l'armée russe insatisfait de son sort, avide d’accéder à l’élite et prêt à tous les subterfuges et traîtrises pour y parvenir; Lisa, une autre écartée de l’élite qui rêve, elle, à l’amour romantique, et, enfin, la mystérieuse comtesse qui baigne dans la nostalgie des splendeurs passées.Tous des rêveurs, donc, des personnages qui ont touché Kim Brandstrup: «Ce qui m’a inspiré, c’est la complexité psychologique des personnages.Ce ne sont pas des héros, des créatures féeriques comme on en voit habituellement dans le ballet.Ce sont des personnes qui ressemblent à plusieurs d’entre nous, des rêveurs qui sont confrontés malgré eux à la réalité.En fait, c’est une histoire qui peut nous parler, maintenant, car il est question de cet étemel problème: comment négocier avec la réalité, avec tous ces désirs qu’on ne peut réaliser?» Kim Brandstrup a décidé de jouer un peu avec les époques — la nouvelle de Pouchkine a été écrite en 1833 —, situant l’histoire dans la Russie stalinienne, avec des incursions dans son passé tsariste.La Russie comme lieu métaphorique des insatisfactions, des désirs inassouvis: «Je trouvais intéressant de la situer dans les années 30 car à cette époque, les plus nantis rêvaient au temps révolu des tsars et les plus Lisa et Hermann, les deux personnages principaux de La Dame de pique.SOURCE GRANDS BALLETS CANADIENS pauvres rêvaient d'aller à l’Ouest.En fait, la Russie était alors une société où personne n’avait envie d’être là où il était.» La Russie, ses époques fastueuses, ses ballets flamboyants semblent fasciner le chorégraphe danois.Cela explique peut-être son attachement au vocabulaire du ballet qu’il utilise dans ses créations.Kim Brandstrup croit que ce langage se prête particulièrement bien à La Dame de pique: «J’aime beaucoup utiliser ce vocabulaire, c’est toujours un défi de le pousser à ses limites.Dans cette pièce qu ’on a située dans la Russie stalinienne, le ballet, un art qui a survécu à la Révolution d’octobre, porte en plus la nostalgie du temps passé.» théâtre du rideau vert « Une si belle «.admirablement écrite ^ Beaupré et Marie'Fran4“ la télévision) une -rS^eM^rceLiet d’actualité.» Luc Boulanger .m «« »»—”ou”,“ ’ Sophie Pouliot - Le Devoir MISE EN SCÈNE Éric Jean AVEC Marc Beaupré Hugues Fortin Marie-France Lambert Frédérick de Grandpré Isabelle Roy ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE Manon Bouchard CONCEPTEURS Jean Bard Marie-Pierre Fleury Étienne Boucher artin L’Heureux Magalie Amyot THE fl T R E DEUXIBNE REALITE PRESEETE Cette production, qui a nécessité de grands moyens financiers (750 000 $), a réuni une solide équipe.D’abord, c’est Gabriel Thi-baudeau, qui s’est fait connaître ces dernières années en accompagnant musicalement des films muets, qui a réalisé l’adaptation de l’opéra de Tchaikovski.La conception des éclairages a été confiée à John Munro, qui a partagé sa vision depuis 30 ans autant avec le théâtre, l’opéra et la danse et des compagnies comme La La La Hu- man Steps, le Nederlands Dans Theatre et, tout dernièrement, Fortier Danse Création.Quant aux images qui permettront le voyage entre les époques, elles sont entre les mains des Brothers Quay, spécialistes du film d’animation, et des concepteur d’imagerie vidéo Sylvain Robert et Jimmy Lakatos.Les Grands Ballets canadiens de Montréal présentent La Dame de pique au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts du 18 au 27 octobre, à20h.Une si belle chose DU 2 AU 27 OCTOBRE 2001 (Beautiful Thl ' /fïiten * ï/o/iMoi* flQQPTQTIOn ET MISE Bd SCBflG : • y/fcornu/re ¦ /îfeif Après sa création à Paris et son passage à Avignon, ie Théâtre de la Ville est heureux d'accueillir Le* Pays - lointain de Jean-Luc Lagarce Mise en scène de François Rancillac Une production du Théâtre du Binôme, FRANCE .22 ET 23 NOVEMBRE, 20 h Fr’sï>x"'' t fi  # vS.¦ Jfe.i ' ' -v t xy// né ( • w/téHHé xzéOéi MTBflPSBTBS : ./féféHé ?Aott rrjcoM (Am/cttc ('/atru-c (Gjrojtto» X,ra Scala, Covent Garden, Vienne.Auraient-il oublié que c’est en regardant derrière lui qu’Orphée a perdu Euridice et que la mort s’est emparée d’eux?Jean-Jacques Van Vlasselaer est vice-président de Presse musicale internationale et critique musical au quotidien U Droit d’Ottawa.La scène montréalaise de l’opéra au cours des prochaines semaines L’OPÉRA DE PÉKIN ¦ les 13 et 14 octobre, à la salle Wil-frid-Pelletier de la Place des Arts.NABUCCO ¦ De Verdi.Présenté par l’Opéra de Montréal, du 5 au 17 novembre, à la Place des Arts.MANUSCRIT TROUVÉ À SARAGOSSE ¦ Une création de Chants libres mise en musique par la SMCQ et en scène par Wajdi Mouawad, du 22 au 24 novembre, à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau.Sciences et recherches universitaires octobre samedi LE DEVOIR Cahier__s p é c i a Télécommunications novembre Tombée publicitaire le 26 octobre LE DEVOIR LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 :i ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2 0 01 C () -* Culture *- CINÉMA Deux regards valent mieux qu’un André Melançon et Geneviève Lefebvre coréalisent Le Ciel sur la tête JACQUES GRENIER LE DEVOIR Geneviève Lefebvre et André Melançon signent en tandem Le Ciel sur la tête.) / ANDRÉ LAVOIE Le contraste était pour le moins étonnant.D’un côté, André Melançon, un vieux routier qui connaît toutes les ficelles du métier et ne dissimule plus un certain ennui pour le service après-vente; de l’autre, Geneviève Lefebvre, scénariste pour la télé et le cinéma, désireuse de faire le saut dans l’arène de la réalisation et heureuse de sortir de l’ombre.Leurs destins personnels et professionnels s’entrecroisent depuis déjà une quinzaine d’années et la perspective de dire Action! à l’unisson n’avait rien d’incongru.Forts de l’assurance de l’un et de l’enthousiasme de l’autre, ce tandem amical a signé Le Ciel sur la tête, une coréalisation mettant en vedette Serge Dupire, David Boutin, Céline Bonnier, Maka Kotto et Marc Messier, tournée dans le cadre enchanteur de l'île d’Orléans, l’histoire d’une quête d’amour alors que toutes les certitudes et les idéologies (le catholicisme comme le marxisme) s’effondrent.Un projet que lefebvre traînait avec elle depuis des années, déterminée à le mener à terme, espérant secrètement le mettre en images, surtout après une brève expérience derrière la caméra (en 1998, elle réalisait Mauvais coups, un court métrage avec Louise Marleau).Partenariat , Va pour la franche camaraderie et des liens complices de cinéaste à scénariste développés au fil du temps (entre autres pour Fierro.l’été des secrets au cinéma et bientôt avec la télésérie Asbestos), mais qu’en est-il lorsqu’il faut partager son autorité?«On a discuté de ce projet depuis si longtemps, affirme André Melançon, qu’en préproduction, nous partagions des idées assez semblables, allant dans la même trajectoire.Ça s’est d’ailleurs révélé lors du casting: sur les sept premiers rôles, nous étions entièrement d’accord.» «Tous les acteurs sollicités — il n’y a pas eu d’auditions — ont dit oui, enchaîne Geneviève Lefebvre.Une véritable chance.» Même si deux regards valent mieux qu’un, ce pouvoir bicéphale pouvait sans doute entraîner une certaine confusion, particulièrement pour la direction d’acteurs.Selon Melançon, «il n’y en avait pas parce qu’il s’agit toujours d’un échange de questions et de réponses, un jeu de ping-pong.mais à trois plutôt qu’à deux.Le réalisateur ayant une vision assez claire du film va se nourrir de la richesse des acteurs: quand ceux-ci sentent cette ouverture, ils sont en général beaucoup plus généreux».Lefebvre se fait plus catégorique: «De mon point de vue, la direction d'acteurs, ça n’existe pas.J'entendais un réalisateur dire qu’il considérait les comédiens comme de la pâte à modeler: c’est d’un mépris absolu.Ce sont des partenaires de jeu, et qui dit partenaire dit 50-50; je refuse la dynamique où l’un dirige et l’autre se soumet aux directives.» Pour établir cette complicité, ce partenariat, Geneviève Lefebvre pouvait bien sûr compter sur Melançon, admiré de tous pour son doigté (au gala des Gémeaux l’an dernier, où elle recevait un prix pour sa prestation dans Albertine en cinq temps, Guy-laine Tremblay déclarait qu’il «devrait être obligatoire pour tous les acteurs») et faisant une fois de plus merveille avec la figure centrale du Ciel sur la tête, la jeune Arianne Maheu.Elle incarne celle qui observe avec acuité, malgré son handicap, le monde contradictoire des adultes.On connaît son talent pour diriger des enfants, mais on imagine difficilement les ressources qu’il faut déployer pour tourner avec une enfant de 10 ans aveugle depuis sa naissance.«Le producteur était prévenu, souligne Melançon.Aucune jeune comédienne, si bonne soit-elle, ne peut jouer une aveugle.Notre réussite d'avoir découvert Arianne, c’est à Lucie Ro-bitaille, la directrice de casting, qu’on la doit.» Et comment ex- plique-t-on le cinéma à une aveugle?Geneviève Lefebvre en est encore médusée: «Après quatre jours de tournage, elle demandait à Thomas Vamos, le directeur photo: “Est-ce que je suis dans ma lumière?” Elle a tissé des liens avec toute l’équipe et agissait en véritable professionnelle.» D’ailleurs, parlant de lumière, celle qui éclaire très fortement le réalisateur, parfois au détriment du scénariste, Geneviève Lefebvre ne cesse de s’en délecter.«La première fois que j’ai vu Le Ciel sur la tête en présence du public, c’était à Yaoundé, au Cameroun, où Maka Kotto est une véritable star.Après la projection, en montant sur scène, j’avais l'impression de faire partie des Rolling Stones.» Cette reconnaissance grisante, elle avoue qu’elle ne l’aurait jamais obtenue en se cantonnant dans son rôle de scénariste.«La solitude de l’écriture est très grande, uniquement bousculée par ton producteur qui te téléphone pour savoir où tu en es rendue dans ton travail.Comme réalisatrice, tu n’es jamais seule: si tu gagnes la confiance de ton équipe, il y a quarante personnes talentueuses qui sont là pour t’aider, pas pour te nuire.» Avec le ton enjoué qu’elle adopte pour parler de ses débuts comme réalisatrice, soutenue par un complice d’expérience, elle semble avoir déniché le parapluie idéal pour que le ciel parfois ombrageux du cinéma ne tombe pas trop vite sur sa tête de débutante enthousiaste.Les documentaires au FCMM Le réel en vrac ANDRÉ LAVOIE Les festivaliers n’en font pas toujours leur refuge privilégié mais, d’une édition à l’autre, la section Documentaires du FCMM réserve sa part de surprises et ses moments de grâce.Entre les moyens lourds de la fiction et ceux plus sophistiqués des adeptes de l’expérimentation sous toutes ses formes, le documentaire ne fait pourtant pas office de parent pauvre.En tout, treize productions, dont certaines auréolées des prix les plus prestigieux, sont à découvrir; autant de regards singuliers sur des événements historiques ou des réalités contemporaines qui susciteront sûrement maints débats enflammés.Interroger l’histoire Même si les cinéastes d’ici ne constituent pas une délégation imposante au sein de cette programmation, il ne s'agit pas des derniers venus.Après le percutant The Street sur les sans-abri de Montréal, Daniel Cross s’égare une fois de plus dans les bas-ionds de la ville pour suivre à la trace une jeunesse en déroute dans S.P.I.T: Squeegee Punks in Trafic (16 et 18 oct).La présente édition souligne également le retour au genre d'un réalisateur dont les documentaires, dont Les Enfants de Soljénitsyne.y a pas à dire, font du bruit et Paris, m’ont davantage charmé que ses fictions (Les Aventuriers du timbre perdu, Vincent et moi).Dans Much Ado About Something (18 et 21 oct.), Michael Rub-bo secoue à son tour les cendres de William Shakespeare pour tenter de découvrir qui se cache réellement derrière les pièces immortelles que sont Hamlet, Roméo et Juliette et Macbeth.Le tout a parfois des allures de récit policier.PLUS DE 1 MUIONS DE SPECTATEURS EN FRANCE! CHRISTIAN FECHNER MÉSENTE viiÏTret dissollier balasko IRÈVEDflAHIBL .RUVRITlWOfiONNBt unCRIME au PARADIS un film de JEAN BECKER mao ^ A L’AFFICHE! CONSULTEZ LE9 QUIDfS HORAIRES DES CINÊMA3 Rubbo n’est d’ailleurs pas le seul à interroger l’histoire pour mieux comprendre les angoisses du présent.C’est à un véritable exercice introspectif, douloureux pour l’orgueil national, qu’effectue Darlene Johnson dans Stolen Generations (14,15 et 17 oct).La cinéaste présente, dans toute son horreur, la politique assimilatrice des aborigènes au monde dit «civilisé» de l'Australie: séparation des familles, esclavage, eugénisme (pratique dont les nazis n’avaient malheureusement pas le monopole), violence et alcoolisme, des ravages qui se sont perpétués pendant des décennies.Des historiens, mais surtout des victimes marquées à jamais par ces pratiques niant la différence de l'autre, viennent témoigner de cette barbarie bureaucratisée.Certains ont le malheur de faire l’objet d’une attention trop soutenue tandis que d’autres sont carrément laissés à l’abandon.C’est le cas de ses milliers d'enfants qui errent à Rio, voleurs par nécessité, souvent abusés, atteints du sida ou déjà sous l’influence des drogues les plus meurtrières.Dans Warrior of Light (14 et 17 oct.), Monika Treut nous présente une femme, Yvonne Bezerra de Mello, qui a décidé de consacrer sa vie à éduquer, chérir ou amoindrir les souffrances de ces orphelins de la rue.Son engagement apparaît déjà exceptionnel mais, progressivement, le portrait se fait de plus en plus précis et déroutant.On la croit sans le sou, vivant au milieu des pauvres, peut-être même issue des bas quartiers: on découvre une artiste sophistiquée, vivant dans un luxe qui en fera baver plus d'un, ayant même connu l'existence glamour de la diplomatie internationale.Parmi les incontournables de la section Documentaires, deux sont à voir toutes affaires cessantes; ils n’ont en commun que l’audace de leur propos et un traitement d’une sobriété qui n'a d’égale que l’émotion à fleur de peau qu’ils procurent.Missing Allen (14 et 19 oct.) de Christian Bauer évoque parfois les meilleurs épisodes de la télésérie The X-Files, tout en embrouillant, jamais inutilement, les nombreuses pistes où le réalisateur s’engage.Après quatre ans de silence, Bauer part à la recherche de son caméraman fidèle, Allen Ross, disparu en 1995 dans des circonstances étranges.Il dresse un portrait émouvant de l’homme, entre autres à travers le regard d’autres artistes et amis qui l’ont connu, mais peu à peu ses investigations l’amènent à croiser des sectes religieuses et des groupuscules voyant des ovnis et des complots partout, particulièrement ceux impliqués dans les tragédies de Waco et d’Okla-homa City.Quand le réel devient plus insoutenable que la plus sordide des fictions.Grand Prix du jury au dernier Festival de Sundance, Southern Comfort (13,14 et 16 oct) de Kate Davis risque fort de soulever les passions devant ces hommes et ces femmes qui ne sont justement ni tout à fait des hommes ou pas entièrement des femmes.Notre étonnement n’est rien devant la grandeur de leur solitude et les difficultés multiples et complexes qu’iis-elles doivent affronter.La réalisatrice suit trois couples pendant un an mais s’attarde surtout au destin exceptionnel de Robert Eads, un transsexuel de 52 ans, atteint d'un cancer des ovaires.Ce n’est d’ailleurs pas la seule incongruité de son existence modeste dans un coin reculé de la Géorgie: amoureux de Lola, celle-ci prête à tout pour quitter son corps d’homme afin de devenir une femme, c’est avec un mélange de fierté et d’amertume que Robert évoque son combat interminable, et pas seulement contre la maladie.Combien de médecins ont refusé de le soigner par peur d’être mal vus et de perdre leur clientèle?Ce regard respectueux et attentif sur une réalité troublante, où nos repères habituels ne sont d’aucune utilité, constitue un de ces rendez-vous d'exception dont le FCMM a le secret.VOYEZ LES MEILLEURES PUBLICITÉS DE LA PUNÈTE CANNES LIONS ,>001 48e Festival International des Films Publicitaires À ¦_*Af=FICl>HE DEUX SEMAINES SEULEMENT du 12 au 25 octobre 2001 (I3h30 - i6hoo - ivhoo ¦ 2IH30) Cinéma Quartier Latin 350, ru* Émcry (angle St-Denii; métro Berri-UQÀM) Laissez-passer refusés nru qà CINFPLEX ODEON 'JLÜLoT iHTTÎtl.l ÎOHMC çjeitjc Un cinéaste hanté La Pianiste de Michael Haneke prend l'affiche au FCMM avant d'aller en salle dès le 22 octobre Sffe SOURCE RF.MSTAR L'Autrichien Michael Haneke a récolté un trio de palmes prestigieuses au dernier Festival de Cannes avec le film La Pianiste, qui prend l’affiche au FCMM.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Philosophe, psychologue, homme de théâtre et cinéaste, il a l’air d’un monsieur très sérieux et très digne mais, dans ses films, il témoigne souvent de violence infinie et de névrose morbide.L’Autrichien Michael Haneke est un cinéaste hanté et étrange qui vous affirme que les extrêmes l’intéressent par-dessus tout.Il trouve qu’à travers eux on peut mieux témoigner de la normalité que dans des zones grises, parce que les contours sont plus nets et les cartes sur la table.Ix's extrêmes lui plaisent à cause du potentiel dramatique qu’ils recèlent en eux, des scènes d’intensité qu’ils recèlent.Haneke a récolté un trio de palmes prestigieuses au dernier Festival de Cannes avec La Pianiste.Grand Prix du jury, prix d’interprétation féminine à Isabelle Huppert et masculine à Benoît Magimel.Ce fut la gloire et la reconnaissance pour un cinéaste apprécié jusque-là par un cercle relativement restreint.Il avait été précédemment en compétition à Cannes avec Funny Games et Code inconnu.«Chaque fois, on espère des prix et on repart déçus.» Depuis le couronnement de La Pianiste, son film est diffusé dans 40 pays, fi sent qu'il peut monter des projets plus chers.En plus, les prix, c’est bon pour le moral.La Pianiste est projeté au FCMM en fin de semaine et gagnera bientôt les salles.Il s’agit d’un film brillamment interprété et mis en scène, reposant sur une thématique parfois insoutenable.Place aux névroses obsessionnelles sadomasochistes d’une grande pianiste (Huppert) que ses rapports malsains avec sa mère (Annie Girardot) et non moins malsains avec son jeune soupirant (Magimel) entraînent dans de terribles recoins d’elle-même.La Pianiste se déroule à Vienne mais met en scène des acteurs français.C’est que Michael Haneke refusait de faire le film si Isabelle Huppert n’y interprétait pas le rôle principal.Il faut dire qu’Huppert avait refusé de jouer dans une de ses œuvres précédentes, le san-glantissime Funny Games qui donne encore des cauchemars à ceux qui l’ont vu jusqu’au bout.Elle n’avait pas eu le cœur d’entrer dans cette danse macabre et on la comprend.Cette fois, Huppert a plongé.«Je lui ai pourtant dit d’entrée de Jeu que La Pianiste était plus dur que Funny Games, mais elle a aimé ce rôle qui lui permettait de dépasser ses limites.» La Pianiste fut d’abord un roman d’Elfreide Jelinek.«R y a quinze ans, avant même d’avoir réalisé mon premier film, j’ai eu l’idée de porter La Pianiste à l’écran, explique Haneke, mais Jelinek ne voulait pas.Cinq ans plus tard, elle a donné les droits du livre à un autre réalisateur qui voulait le monter avec des acteurs américains.Ça n’a pas marché et le producteur m’a proposé de faire le film moi-même.» Haneke trouvait que les romans autrichiens étaient très rarement cinématographiques, car ils jouaient sur les mots.«Mais La Pianiste portait ses images en lui et racontait Michael Haneke refusait de faire le film si Isabelle Huppert n’y interprétait pas le rôle principal 0N CHOISIT SES AMIS.PAS SA FAMILLE JULIE HI VON U PRIX OU PUBLIC V» 1 de RETOUR A L'AFFICHE I une vraie histoire.» Si Isabelle Huppert était son seul choix possible, Benoit Magimel s’est imposé à l’audition.Haneke ne le connaissait pas comme acteur mais l’avait rencontré en tant que petit ami de Juliette Binoche (son interprète dans Code inconnu).«Il a un rôle très difficile et il était le meilleur», tranche-t-il.Difficile de diriger des acteurs dans un film comportant force scènes très dures, sadiques, violentes?«Non, répond Michael Haneke.Si l’acteur a un rôle qui lui convient, on n’a qu’à créer une atmosphère de confiance, de protection, et il s'épanouit.Cela dit, je ne suis pas particulièrement intéressé par le sadomasochisme, mais le thème permet aux interprètes de montrer tout leur spectre et, pour eux, ce fut gratifiant.» Haneke caresse des projets de cinéma en France, affirme n'être pas encore fixé mais assure qu'il nous étonnera.Promis. LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DI M A X ( Il E T O R R E O O I J 14 (M •Le cin^na Pour l'horaire complet, consultez L’( eenda Culture CINÉMA SO U RC i: K FILMS Arman Inci interprète le rôle de Kendal.s * * ii mm mm '*msÈË Le labyrinthe de Hambourg POUR UNE POIGNÉE D’HERBE Réalisation: Roland Suso Richter.Scénario: Uwe Tim.Avec Oliver Korittke, Arman Inci, Ercan Durmaz, Usa Martinek.Image: Martin Langer.Montage: Eva Schnare.Musique: Harald Kloser Allemagne, 2000,114 minutes.Version originale .avec sous-titres français.ANDRÉ LAVOIE Pour le réalisateur allemand Roland Suso Richter, les tunnels ne sont pas nécessairement sombres, humides et trop étroits.Celui que construit Harry Melchior dans son dernier film, Le Tunnel, est depuis passé à l’histoire car il fut l’une de ces nombreuses brèches avant la fissure définitive du mur de Berlin.Mais d’autres, invisibles aux yeux insensibles, sont de véritables labyrinthes de la peur, de l’exploitation et de l’enfance brisée, comme le montre Pour me poignée d’herbe', c’est celui dans lequel s’engage Kendal (Arman Inci), un enfant arraché à ses montagnes arides.Vue d’un petit village du Kurdistan rongé par la misère, l’Allemagne ressemble à un paradis, mais elle se révèle vite un cauchemar pour les sans-le-sou et les sans-papiers comme Kendal.Une proie facile pour les caïds de la drogue qui, grâce à eux, peuvent faire rouler le commerce tout en laissant croire que l’argent vite amassé va à leurs familles laissées derrière.Tour à tour manipulé et abandonné par son oncle, le petit Kendal peut tout de même compter sur la sympathie grandissante de Hellkamp (Oliver Korittke), un chauffeur de taxi au grand cœur mais au passé trouble.Entre un foyer pour enfants où règne le désordre et les rues de Hambourg où grouille la pire racaille, les rêves de Kendal de retourner dans son village avec des marks plein les poches se dissipent rapidement.Malgré sa générosité, Hellkamp ne peut effacer de vieilles erreurs qui ne cessent de le hanter.Découvrant que cet ancien policier fut impliqué dans la mort accidentelle d’un Kurde, Kendal ne sait plus vers qui se tourner sans que sa confiance soit trahie.Le contraste demeure particulièrement saisissant entre le dénuement et la convivialité de ce petit village kurde perdu dans les montagnes et l’anonymat de Hambourg où seuls quelques personnages, dont les voisins de Hellkamp, font figure d’oasis dans un désert d’indifférence.Au milieu de tout cela, Kendal, haut comme trois pommes, s’engage sur ce boulevard des rêves brisés, et la caméra, souvent à hauteur d’enfant, en capte toute la détresse.Ce tandem inattendu affiche un caractère proprement idyllique, un contrepoint humaniste aux conditions de vie parfois lamentables des Kurdes venus s’installer en Allemagne alors que le pays ne bénéficie plus de la même prospérité depuis la réunification.Roland Suso Richter, habile cinéaste populaire, fait de ce jeune héros malgré lui et de cet adulte torturé de remords l’incarnation même d’un nouvel espoir pour cette nation tiraillée entre son pas- sé et une transformation rapide du tissu social.Pour une poignée d’herbe fait souvent retentir les violons du mélo, multipliant les séparations douloureuses et les retrouvailles triomphantes alors que Kendal est ballotté entre un foyer en ruines, des ruelles crasseuses, le repaire des dealers et le logement de Hellkamp.La figure lumineuse du jeune Aman Inci contribue à cette sympathie très vite acquise pour le drame, qui n’a rien de surréaliste, de ces enfants exploités.Et il trouve en la personne d’Oliver Korittke une force rassurante alors qu’émane de l’acteur un savant mélange de rudesse et de fragilité émotive.Même si Richter pêche parfois par excès de symboles appuyés et de métaphores lourdes (entre autres avec l’herbe et une pendule à coucou), il ne cède pas à une vision totalement naive et décalée du monde qu’il dépeint.Refusant une finale triomphante ou résolument pessimiste, le cinéaste semble croire encore aux beautés cachées du monde, et c’est dans cette direction qu'il pose son regard.HP ^gj À l’AFFICHE! [quariter unrTTI tous les jours: ^ soi 13h25 - 16h05 - 18h55 - 21H20 GRAND PRIX DU |URY Canncy.Junior 2001 - PRIX CK At 'f PRIX DU PUBLIC AIRCAXADA I U NI I I PIUXPOPUI AIK1 DU I I-.STIVAI DI S I 11 MS DU MONDI 21101 Pour une poignée d’herbes (Fine Hand Voll (iras) Du même réalisateur e «Le funnel>’ 1 NI I K I ION mils n\Al I »FN I II MN l»l MONDI 2000 ( OMI»! T I I ION OU K II I I I l n film de RoLincl Suso Richter lB3wKigawi»ME!gsmHi PRIX DU PUBLIC AIR CANADA v .FILM LE PLUS POPULAIRE V'i DU FESTIVAL DES FILMS DU MONDE 2001 // Un grand réalisateur : Roland Suso Richter Un grand scénario : l'Histoire LE Un grand acteur : Heino Ferch TUNNEL (DER TUNNEL) u.o.allemande s.t.français .VIVE ÉMOTION ! LE FILM PLUS CHALEUREUSEMENT APPLAUDI ! UN SUSPENSE NE LAISSANT AUCUN REPIT AU SPECTATEUR.» Marc-André Lussier.LA PRESSE rn collaboration atmc ¦ cia HiSToRiA 7* semaine à l’affiche! IwarttwutTmT] J « PLUS DE 1 000 000$ au BOX-OFFICE ! «Comédie DÉLICIEUSE et MAGIQUE.» Odile Tremblay, Le Devoir Marc-André Lussier, La Presse «Le bonheur sur grand écran vous tend les bras, rourez VOUS y blottir.» - Normand Provencher.le Soleil «ranKrnra'dWunKiiraMiiM-aïuin-’Wjmi'owiirn wBBsm ms imuanni shku marne mtmm omminmuim mmmt msitiuam lummui mmomun mmuaRKjmimKmjuxmiaLmjmru-imxMimiKimjmmm «bxsonhi «¦WHMRu erniauluiONR/MIwbisssivdurai¦SlNinSSWKiai'nrajn-MEIISairs iminajHRsaamnMiniisiHnKinaïus FMDitniKwgwn , lü&s ear; m«¦««— SKf Vjvr he de fronce c«noc_gcc Le bijou donfiouMe monde parle! IBPTVB ¦I >ntwrr M A L'AFFICHEI n»ARlSlEYN S>7n ^MMrrU f PAMOll* *LAri«B r^MCITt.p—PAeoui Port**—, p— CINÉMA ——- CWAPUU OOBONr— PAMOU* PO'tP* —» I MONTfÜAL ?11 VKWAILLM vH 1 BEAUBIKnTI lUklALU (Ptooa) ?! [POINTl-ClAIWl ?! fT.îfiS!tfÆI5SiIZ?Tl (Kirro —.r—»n**x*oo#on-—-i r—omêmj* oo*oh i i-cinBma-i 1 acouawmw?1 itabchibiau h 7\ l»oucH«wviLij ?] rir-ewuNO ?11 rr-iutTACHi ?1 1 rrnTtKoMi^l msBSBB ijjjasiKmTi njouSTT.n reaL-,'nuS^ I—— CPtftMA MAOOO —1 r—— ¦ ONtMA P«N* ' 1 I M PPrtl* I MAOOO ?11 HOHT-TinULAKT ?1 [ VALL1YF1BLO ?I e x Centris horaires 514 847 2206 www.ex-centris.com Le bal de la pub LES LIONS DE CANNES 2001 l\iblicites laureates au Festival international des films publicitaires de Cannes.Au cinéma Quartier latin, du 12 au 25 octobre.ODILE T K K M B L A Y LE DEVOIR Il est de tradition désormais de présenter au public les lauréats des meilleures pubs internationales primées au Festival des films publicitaires de Cannes.Un public d’habitués s’en pourléche.Les autres y trouvent à boire, à manger et à bâiller.Pas évident de s’enfiler tant de pubs bout à bout, toutes primées soient-elles.L’exercice réclame une concentration de chaque instant.Chaque morceau est si court que, lorsque l’esprit part ailleurs, il rate le punch.En rafales donc, 29 lions de bronze, 24 d’ar-gent, 36 d’or et quatre Grands IVix.Précisons tout de suite que les quatre Grands Prix, projetés en dernier, de loin les plus drôles de la cuvée pub, soûl attribués à quatre fragments de la même campagne, celle de l’américaine Fox Sports Net's Regional Sports Reports.En dehors de toute rectitude politique, elle met à l'honneur des sports imaginaires absurdes en Inde, en Russie, en Turquie et en Chine.Je ne vous dirai pas quels sont ces sports, mais l’ensemble est franchement désopilant 11 y a de tout, dont deux lions de bron/e pour le Canada (dont une Ires réussie sur le tampon hygiénique o.b.) et un lion d'argent (une pub de vaseline).Certaines pubs sont vraiment audacieuses et misent sur la menace.comme celles dikea diffu-sées au Royaume-Uni, qui annoncent le pire à ceux qui refusent de fréquenter le célèbre magasin de meubles.11 y a des rigi> lotes: celle de Disney qui met en scène un vieux couple d’amoureux au lit, celle de la Heineken qui relie cet; te bière aux grands?événements de la culture rock ou de la scratch video.Di pub est aussi celle des bonnes causes: les campagnes antitabac, de Médecins sans frontières, etc.Bière, jeans Levi Strauss, McDonald’s et œuvres humanitaires.Bref, le bal de la pub est partout.II faut aimer les déguster en grappes pour apprécier vraiment ces Uons d’or de Cannes, mais les vrais amateurs ne ratent, paraît-il, aucun cru.Certaines pubs sont vraiment audacieuses et misent sur la menace ^ ITOMNIÂHIII i HORAIRES l/lmi4lilU1lili«U9l>lb7lli« GAGNANT PRIX P U B U ( Meilleur film canadien • Z*# l’estival de* l ilms du Monde * V.rspeciive Canada • Idronto Intvrnatiumil I ilm l c*ti\al ^ SA3AH fit' USUA XHERMs Wr&f taw tem- ?* Vl.rt Atulr, I \ ntl SM o «riL-w •< Un road movie percutant.AMI Odilt T«niN.y, l.nnVÉK A jil, i»#fr-Glru um stx-Mst Théâtre Centennial > (Bi4j •1B-1B1B Satie Pauline-Julien » Ibrrabonns » mm> 4*2-4777 Théâtre du Vleux-Terrebonne Jsliatta > (SH) 73* 4207 Salle Roland-Brunei le Sta-TMiAaa > mm) 434-400* Salle du Collèoe Uonel-Groulx Isissll > IMS) 404-4222 Centre culturel Longusuil > (4M) s?*-)*)! Théâtre de la ville Bals-Comsau » Ml*) 209-2000 Théâtre de Baie-Comeau L'Assomption > mm) ms-sim [ Théâtre Hector-Charland Balosll 3- (US) 4*4-4772 I Centre culture» Lsnooxvllla > [no I22 ssa2 I Théâtre Centennial I Longosull (4M) S7B-1S1S I Théâtre de la ville I Sts-Bsnsvlèvs > »i«) sis-ins I Salle Pauline-Julien I Tè(rationna =» MH) *«2-4777 [ Théâtre du Vieux-Terrebonne m,n*j Joliotts > (450) 7 Salle Roiand-Brunelie Balle Roland-Br unelle UMtfllISUl! »¦ (455) 575-1515 Théâtre de le ville BalOOll >¦ (455) 444-477» Cenve ILSMMXVlflS > (515) m TDA-Ilro ' -• u | Salle du Collège Uonel-Groulx I Bsloail > (455) 454-4771 I Contre culturel I 'terrsbonns >¦ (4M) 451-4777 Théâtre du Vleux-Terrebonne | Salle Pauline-Julien ¦als-Comsau > mis) ] Théâtre de Baie-Comeau > 1415) 555-51M Théâtre Hector-Charland sia-aan5vtèv5 > ni4) i Salle Pauline-Julien Sta-ThérSsa t«L_____________ Salie du Collège Llonel-Qroulx Longusuil =- [4M) 178-181# Théâtre de la vrille ___ • (41B) 155-155 Théâtre de Bale-Comeau fembonn* » (4M) 4S2-4777 Théâtre du Vleux-Terrebonne Québec S 5 (Sp'^*0 IM S *l| COM4 SI £ LU DEVOIR.LES SAMEDI I ;i ET DI M A \ ( H E I 4 O 1 T O B R E 2 O _ (u II lire SUITE DE LA PAGE C 8 poids.Disons-le franchement.A Camp déçoit.Ce melange de country.-folk et d’electronique porte la marque de Linkous mais demeure plutôt redondant.On se trouve loin de l’inspiration étrange de Sparklehorse et son monde peuplé d’abeilles et d’oiseaux.L’émotion n’y est tout simplement pas.Sur I Can Buy You ou encore The Same Old Song, la tristesse mélancolique demeure peu convaincante.Comment imaginer Persson reprendre le curieux Walking The Cow de l’authentique Daniel Johnston?On imagine plutôt Persson dans un défilé de mode que prétendante au trône d'Em-mylou Harris.Qu'est-ce que Linkous a bien pu voir dans cette chanteuse qui soigne davantage son image que ses chansons?On s’attendait à beaucoup plus.D.C.IS THIS n?The Strokes (BMG) On le répète depuis plusieurs mois, en Europe surtout, The Strokes sont les prochains sauveurs ché.ris du bon vieux rock’n’roll.A un point tel qu’on se méfiait beaucoup de la parution de ce premier disque.Le voilà enfin: Is This It?Comme on pouvait s'y attendre, ces jeunes New-Yorkais n’ont rien inventé.Les références sont d’ailleurs frappantes: Velvet, New York Dolls, Television, Feelies, Modem Lovers et on en passe.Du coup, on s’aperçoit aussi que The Strokes se de-marque amplement des autres groupes rock du moment.Si on met de côté les influences seventies, l’image un peu arrogante, ainsi que l'attitude très CBGB.Is This It?est une pure merveille.Ces chansons possèdent une énergie incroyable, du culot à revendre.de même qu’un certain romantisme nerveux.Dès la deuxième plage, l’excellente The Modem Age, on demeure convaincu.Il est plutôt rare qu’un premier album contienne autant de bonnes chansons.De Soma à Someday, de Last Nite à Take It Or Leave It, des mélodies irrésistibles jouées avec une désinvolture surprenante.Si on se procure la copne en import, on a même droit à la très controversée New York City Cops.Une courte anthologie de pop indispensable.The Strokes: nouveaux prophètes de l’Amérique ou imposteurs admirables?Cela reste à voir.D.C.disques L A S S I Q l E S SCHUMANN - POLUNI Robert Schumann: Davidsbünd-lerfânze, op.6; Concert sans orchestre, op.14.Maurizio Pollini, piano.DGG 471369-2.Maurizio Pollini est de ces artistes qui cherchent II explore le répertoire du XXe siècle de Schœn- berg à Nono en passant par Boulez et Prokofiev, les romantiques — Chopin en tête — et les «classiques» tels Beethoven et Bach.Le voici donc au terme d'une quête qui concerne ce parangon allemand de Tart romantique musical: Robert Schumann.Le compositeur était juge malhabile et maladroit dans l’expression pianistique de ses idées, au même titre qu'on lui reconnaissait un genie critique et artistique certain.Même son épouse s'effrayait des audaces de ses partitions de jeunesse.Schumann a corrigé bien de ses premières œuvres — et aussi s’est fait corrigé post mortem par toujours son épouse.Clara Wieck, et son ami Johannes Brahms.Se pose alors cruellement, pour l’interprète, le problème du choix de l’édition, ou de la version.En ce qui concerne Schumann, j'aime à reprendre cette opinion du pianiste musicologue américain Chartes Rosen.Alors qu’on lui demandait quelle était la meilleure édition actuelle de l’œuvre pianistique de Schumann, il répondit «Il n’y en a aucune; elles sont toutes aussi mauvaises les unes que les autres.» Donc, besoin de «retour aux sources» dans tous les sens du terme.Pollini opte résolument pour le premier jet la première édition approuvée par le fougueux compositeur.On voit déjà dans les titres le geste de révolte du compositeur devant l’art Biedermeier (petit-bourgeois louis-phillipard) de son temps.Il écrit des danses pour anoblir le genre et éviter l’écueil de la sonate post-beethovénienne.Lui DU 28 SEPTEMBRE AU 20 OCTOBRE * it - UNI l’UlSSANTI RI I KTIIRF D UN GRAND I RKMIW AY ( .) UNI VI RS ION l’I NI I RANTt I I ORIGINAI f SOUS IOUS I FS ASPI C FS DU I ANGAGF SCI NIQU1.lean-SI-Hilaire, Le Soleil - t: 1ST UN G RA S3 D CRU.(1ST I I I K WA II I I PI US ACI II VI DI GUI CH AM PAG NI." Varie V.tlk'i,! .CBV " UN TRIM It LAY MON TI AVI C UN SI NS INOUÏ DI I TMAGI." David ( r Le Devoir *Ab • A TOI, * • POURTOUJOURS, TA MARIE'LOU DE MICHEL TREMBLAY LE GRAND CHANT DES SOLITUDES SIGNÉ MICHEL TREMB1AY Mise en scène : GILL CHAMPAGNE Avec : JEAN-JACQUI BOUTET LISE CASTONGUAY JASMINE DUBÉ LINDA LAPLANTE Concepteurs : Hélène Rheault, Jean Hazel, Catherine Higgins, Éric Champoux, Marc Vallée Une production du Théâtre du Trident Jeudis et vendredis, 20 h ; samedis, 16 h (Matinées et soirées scolaires en semaine, 10 h 30,13 h 30 et 19 h) MT'fit' ‘ '4M! BILLETTERIE : (514)253-8974 ADMISSION : (514) 790-1245 I 800 361-4595 admission.com DENISE-PELLETIER 4353, rue Sainte-Catherine Est ?¦: Papineau ou Via'u, autobus 34 K Pie IX, autobus 139 USINE 0 présente ¦SisaïuS* Jimmy, créaiire de reve de Marie Brassard / t._ _ __i_ 11__ n_ .,4 __ __ r.Æ ' Une création de Marie Brassard en coproduction avec le Festival de théâtre des Amériques Ce premier enfamemem solo [.] une oeuvre envoulante aerienne, sensible et drôle.’’ ’ WMHBg Eve Dumas La Presse , use miracles se produisent parfois loin des grands plateaux.-Au theatre.Jimm, crea,ure Oe rêve.- 91 Herve Guay.Le Devoir 10 au 20 octobre UsineC.521-4493 Admission 790-1245 0 U DISQUE prend-il l'envie d'en écrire une, il la baptisera Concert sans orchestre («concert» à prendre au sens de «concerto», une appellation dont Liszt sera plus que réprobateur et qui deviendra la Troisième Sonate dans les revisions ultérieures).Les retombées sur l'interpreta-tion sont nombreuses, parfois choquantes en ce qu'elles changent les habitudes.Pollini recree Schumann.Les oppositions brusques, fantasques, lunatiques, se manifestent tant à l’intérieur d’un morceau — et ce dès la première pièce — qu'entre les pièces elles-mêmes.De plus.Pollini se montre un ryth-micien de premier ordre, digne successeur de Claudio Arrau en ce domaine.Les problèmes si formidablement résolus des oppositions-simultanéités des ambivalences entre battue à deux, à trois, bref toutes les variantes de l'hémiole dont Schumann fait usage abondant dans ce «cycle» tiennent du génie pianistique.La mesure à 3/4 se change en 2/4 ou 6/8, ce qui fait qu'on sent ce vertige des papillons que Schumann emprunte à son cher Jean-Paul.Pourtant, si bien des choses sont exacerbées jusqu’à l’incandescence de la conception, rien n'est exagéré dans le jeu, pas même le soulignement un peu plus prononce de tel contre-chant.Cela dans une qualité de sonorité unique.Et dans un esprit qui n'est pas etranger aux dernières œuvres de Beethoven, celui des Bagatelles comme des «bizarre ries» des dernières sonates.La folie non pas pathologique, plutôt maniaque, marque aussi le ton.la reprise obsessionnelle de motifs tourbillonnants du Concert sans orchestre (malgré les numéros d'opus, écrit avant les Davidshünd-lertanze).On savait Pollini à l'abri de problèmes techniques, cela se sent, tout comme se sent aussi le toujours parfiut contrôle de l'instrument (à l'oppose à la tôis d’une Ar-gerich qui parfois pousse le risque jusqu’à la limite, comme d’un Rosen qui parfois camoufle un peu ses quelques lacunes).Rien de cette manifestation inté rieure ou digitale n’empêche le lyrisme de commencer à suinter, toujours de manière discrète.Pollini respecte à merveille les indications Einfach (simple) ou Zart (tendre) sans les confondre avec lenteur ou alanguissement, voire sait combiner des «ordres du compositeur» aussi contradictoires que ¦'très rapide et tourne vers l'inteneur (mà part soi", selon Cortot)» ou «pas rite et aiee la plus tirrte expression (starkest Kmpfindung)».Schumann avait l’inspiration littéraire et ses indications de caractère le prouvent Autre point fort, ce sont les tempos pris pour les plages lentes.Aucune complaisance.Mieux encore, Pollini respecte les demandes métronomiques de Schumann.Li clarté du résultat ainsi obtenue est sidérante.Voici donc le moment de parler de la prise' de son.En un mot, excellente, même pour DGG.In moindre note tenue, pour peu qu’on porte attention à la sonorité, reste audible, malgré les frottements (délibérés) quelle peut produire.On entend le germe des grands cycles à venir (Carnaval, Carnaval de Vienne, Kreilseriana entre autres).Un disque de maturité qui laisse toute la place aux innovations de la jeunesse.Comme quoi, avec Schumann, on nage toujours dans la contradiction, et trouver une clé n’est pas toujours chose aisée.Celle proposée par Maurizio Pollini vaut que vous vous y attardiez.François Consignant Gren°A Stép.^ ^ « A _ n*MfS h &&VA K ' ^omj ?s50''0'eto^0'"'a^va?ï*4^ f ¦ta ^ W Ce spectacle est créé et présenté par les Productions Nathalie Derome grâce à l'appui de LE DEVOIR lÂp&ufia CfliNài nitv Une présentation de Sylvain Émard Danse en coproduction avec t’Aqora de la danse et le Centre culturel Aragon chorégraphe Sylvain Emard interprètes Nathalie Blanchet Marc Boivin Sandra La pierre Parise Mongrain Blair Neufeld Michael Trent musique originale Michel F Côté SCÉNOGRAPHIE Richard Lacroix ÉCLAIRAGES Etienne Boucher VIDÉO Jacques Perron Sylvain Émard COSTUMES ET MAQUILLAGES Angelo Barsetti Du 24 au 27 octobre et du 31 octobre au 3 novembre 2001 à 20 h jjÜ L’AGORA DE LA DANSE IlIlHH 840, RUE CHERRIER IIIITIII METRO SHERBROOKE (514)525-1500 « Ce qui nous frappe, c’est la riche diversité du vocabulaire chorégraphique de Sylvain Émard et son éblouissant sens du détail.» THE SCOTSMAN.Glas « Le style d’Émard est rigoureux, viscéral, plebt d’émotions retentissantes.» Linda Howe Beck, THE GAZETTE Les Aku du Maurier (99i.) 8 C 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2001 -* Culture *- Le bouclier antimissiles culturels Il y a un film présenté en fin de semaine au FCMM intitulé Kandahar, de l’Iranien Mohsen Makhmalbal Vous savez, le cinéaste qui a réalisé Gabbeh et Salam Cinema.Je l’ai d’abord vu à Cannes.Par la suite, « Kandahar» a évoqué pour moi surtout ce titre mélodieux, presque chantant D y est question de désert culturel, de femmes sans visages, de sable et de peur avec une héroïne égarée dans le monde aveugle des talibans.Je sais bien que le mot Kandahar ne représente plus qu'un titre de film.Il est un point rouge sur la carte du monde, un chef lieu spirituel islamiste, un terrain de bombardement en Afghanistan.Mais ces images sont restées en moi et se superposent aux scènes de guerre.Kandahar gagnera le 22 octobre notre circuit commercial, parce qu’il est quand même possible de visionner des films étrangers à Montréal.Mon métier m’en fait voir beaucoup, bien sûr, mais le public est là aussi.Et ce public a eu accès au long des années à plusieurs productions issues des pays musulmans.Certaines traitaient de la réalité afghane et noug éclairaient sur elle.Ça sert à ça aussi, le cinéma.A prendre le pouls des endroits qu’on n’habite pas, soudain hot après coup.Ça sert à voir Baron de Majid Majidi, qui a remporté le Grand Prix des Amériques au dernier PTM.Il ne méritait peut-être pas son laurier.N’empêche.Le film nous éclairait sur l’immigration clandestine des familles afghanes terrorisées, affamées chez elles, réfugiées en Iran pour y occuper des emplois de misère.Oui, nos écrans sont majoritairement envahis par les images d’Hollywood, mais au Québec, 45 % des films projetés en 2000 étaient quand même nés hors du giron d’Hollywood.Ça nous donne prise sur des visions d’ailleurs.A l’heure d’une crise, d’une guerre Odile Tremblay ?comme celle d’aujourd’hui, ces images-là nous ont déjà nourris, comme les livres, comme les reportages ingurgités.On ne part pas tout, à fait de zéro.Je vous dis ça parce qu’aux Etats-Unis, les images étrangères circulent moins bien que Chez nous.Très peu en fait.Et même très, très peu.Leurs productions maison occupent à peu près toute la place et le cinéma des autres se voit balayé sous le tapis.Les images, la culture, la vie d’ailleurs atterrissent à peine dans quelques salles de répertoire, pour la clientèle pointue des grandes villes.Les Etats-Unis ont créé un bouclier antimissiles culturels autour d’eux, une sorte de dôme protecteur ayant isolé les Américains des images en provenance du reste de la planète.Mais ça leur a plutôt nui qu’autre chose, cette protection-là.Une tragédie leur est tombée sur la tête en donnant la vedette à un monde musulman mystérieux, mal greffé à la mémoire américaine collective.Les Afghans?Késéksa?Des fous qui dynamitent des grands bouddhas.Oui, mais encore?Si George W.Bush lui-même croyait il y a un an que les talibans étaient un groupe rock, c’est que son bouclier antimissiles intérieur, sa bulle nationale étaient bétonnés.Plus brutal fut le réveil.Et le peuple américain de faire, à la suite du président, ses classes en accéléré, d’ingurgiter documentaire sur documentaire évoquant le passé de ben Laden et les burqahs des femmes.Comme on fait ici, mais en pire, venant de plus loin.On a des boucliers antimissiles culturels moins blindés que nos voisins.C’est Avantage de la petitesse et du doute.A cause de la souplesse et de la curiosité qui viennent en prime.Les films ne sont que des films, me direz-vous.Pas sûr.Ds sont aussi des portes ouvertes sur le monde.Si l’art n’avait guère d’importance, les talibans laisseraient le cinéma, la culture, la musique circuler librement chez eux.Or ils en privent leur peuple.Parce que l’art véhicule une ouverture, des tentations, des désirs qui éloignent les gens de la pensée unique, les déprogramment, les empêchent d’être entièrement contrôlés par leurs dirigeants.Loin de moi l’intention de confondre ces deux sociétés.Le régime des talibans est le plus fasciste qui soit sur terre.Les États-Unis sont une démocratie (encore qu'elle pratique une désinformation sauvage en ces temps de guerre), mais une démocratie trop ethnocentriste, depuis longtemps fermée sur elle-même.Non, les films ne sont pas que des films.Ds sont le miroir d’une société qui s’est trop contemplée le visage alors qu’il faut des kaléidoscopes de visions pour s'adapter aux nouveaux défis du monde.La planete est si petite, si enchevêtrée.Quel pays, même le plus puissant, même le plus riche, pouvait vraiment s’isoler dans sa tour?Un jour de deuil, ce pays-là s’est réveillé pour constater que les autres existaient, qu’il avait besoin de s’en faire des alliés, que sa bulle de verre était fracassée, qu'il était fragile et tributaire de toqt le globe.A observer les revirements de la politique américaine ces derniers temps, le jeu des alliances nouvelles avec les nations musulmanes, l'intérêt soudain porté à la question palestinienne, on se dit que ça change peut-être.Et si l’épreuve apportait à l’oncle Sam la curiosité de l’autre?S’il arrêtait d’envahir le monde avec ses seules images à lui pour accepter une pénétration étrangère?Du moins, c’est le vœu pieux qu’on émet sans trop y croire.On voudrait que les réalités extérieures ne lui parviennent plus juste à coups d’images de guerre, de flashs télé d’un Kandahar transformé en champ de tir, mais avec des films, des livres qui portent des regards de biais sur ces points du monde-là On lui souhaite de remiser ses arrogants boucliers antimissiles culturels.Parce qu’ils sont des armes aussi désuètes qu’inefficaces et que les fractures, ça sert aussi à comprendre ces vérités-là otrem blay@ledevoir.ca Si George W.Bush lui-même croyait il y a un an que les talibans étaient un groupe rock, c’est que son bouclier antimissiles intérieur, sa bulle nationale étaient bétonnés mm J’U ¦fa: I £> JILLML LIkLir.IJILM1 Jl •• • \ v ILS OKI CONQUIS LE MONDE.ILS VOUS CONQUERRONT.4; O Les Génies de la mer Chefs-d’œuvre de la sculpture navale du Musée national de la Marine à Paris dull octobre 2001 au 17mars 2002 au Musée du Québec Musée national de la Marine MUSÉE DU QUÉBEC Le Musée du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec • (418) 643-2150 1 866 220-2150 www.mdq.org Radio-Canada Télévision Bureau de la Capitale Nationale Québec f s «I s3 -ë E II cm la il fi Titanica, la robe des „ combats,'" ' "Asher, Londres, 1968 jfl de Sébastien Harrisson mise en scène de René Richard Cyr avec Andrée Lachapelle James Hyndman Gérard Poirier Dominicpie Quesnel Frédérique Collin Violette Chauveau Stéphane Simard Evelyne Rompre Yves Amyot Benoit Mc Ginnis Xavier Lamoureux Frédéric Bélanger Patrice Belanger Jean-Sebastien lavoie Pascal Patcnamle Marie-Hélène Racicot les concepteur s j Gabriel Tsampalieros Marie-Pierre Fleury Martin Labrecque Nicolas Rollin Georges William Scott Angelo Bamatti DU 23 OCTOBRE .„._ AU 17 NOVEMBRE 2001 création du // fM m: 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