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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-10-13, Collections de BAnQ.

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André Malraux déboulonné par Olivier Todd Page D 6 DE VISU Goya.Piranese.Page D 9 LE DEVOIR .9/ © CARREFOURS Gilles Marcotte ?Apocalypses Je suis allé revoir, ces dernières semaines, un des quelques chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma.Ds ne sont pas nombreux; une dizaine, peut-être.J’en accorde trois à Ingmar Bergman, un à Woody Allen; vous disposerez des cinq autres à votre guise.On peut se demander si c’est bien Apocalypse Now que j’ai revu, puisque le film de Coppola nous arrive avec une rallonge d’une heure au moins.J’ai entendu des opinions diverses, parfois violemment contradictoires, sur les vertus et les vices de la nouvelle version.J’accorde que l’intermède des planteurs français, même s’il présente en lui-même un intérêt certain, risque de détourner l’œuvre de son propos essentiel.Par contre, il me semble que l’affrontement entre Kurtz (Marion Brando) et Willard (Martin Sheen), c’est-à-dire la dernière partie du film, a été considérablement enrichi, au profit de l’ensemble.Car le film de Coppola est un film de pensée; spectaculaire aussi, comme le sont peu de films, mais le spectaculaire dans Apocalypse Now est constamment porteur de sens, au contraire de ce qui se passe habituellement dans la bruyante cinématographie hollywoodienne (qui nous a cassé les oreilles durant les bandes annonces).Ne disons pas qu’il s’agit d’un film sur la guerre du Vietnam.C’est bien toute guerre, et plus outre, la guerre en tant que révélatrice de la condition humaine la plus générale, qui est le sujet du film et en fait une des rares œuvres authentiquement tragiques du vingtième siècle.On est vraiment allé au bout, on a entrevu les abîmes conjoints du monde et de l’homme.«L’horreur.L'horreur.» Ce mot prononcé, répété par Kurtz vient, on le sait, de la grande nouvelle de Conrad, Heart of Darkness, qui a fourni au film de Coppola les noms de ses personnages principaux et quelques éléments de pensée et d'intrigue.Il renvoie bien, dans le contexte très différent des deux œuvres, à cette noirceur, à cette source du mal qui se découvre dans le cœur de l’homme lorsqu’il est affronté à des expériences extrêmes: l’Afrique, pour le Kurtz de la nouvelle de Conrad; la guerre insensée du Vietnam, pour celui du film de Coppola (Je ne parle pas de la tragédie du 11 septembre, sur laquelle on a versé trop d’encre pour que j’y ajoute quoi que ce soit.) Cette horreur, la nouvelle et le film en donnent des explications parcellaires; pour l’essentiel, elle reste indéfinissable.On aura peut-être remarqué que trois livres de la bibliothèque de Kurtz VOIR PAGE D 2: APOCALYPSES il C’est dans sa grande maison d’Outremont, avec, sous les combles, un grenier où écrire, qu’Antonine Maillet a campé son dernier roman, Madame Perfecta, paru chez Leméac.C’est une maison qui a été entièrement retapée, il y a de cela de nombreuses années, par l’ancienne femme de ménage de l’écrivain, madame Perfecta.Dans la mémoire de cette femme, il y avait l’Espagne.Et finalement, avec cette femme de ménage, c’est l’Espagne tout entière, avec, à sa suite, l’Europe, qui s’est engouffrée dans la maison de l’écrivain.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR C^l est la premiere fois que l’auteur de Péla-gie-la-Charette et de Im Sagouine prend pour héroïne une femme qui n’est pas Acadienne.Pourtant il s’agit encore ici, dans ce roman, d’une femme forte et de la conquête de sa mémoire, une battante, une survivante.Cette fois, c’est d’une mémoire espagnole qu’il s’agit Car le passé de Mme Perfecta, qui sera dévoilé à la fin du livre, appartient à l’Espagne, l'Espagne déchirée de Franco, où des soldats s’enrôlaient souvent contre l’inclinaison politique de leur famille, Une Espagne où, pour survivre et nourrir sa famille, une mère compte chaque jour sur l’oeuf de la poule qui lui appartient Un soir, ne pouvant trancher qui, du mari ou de la femme, avalerait le dernier œuf, le couple décide de le jeter contre le mur et de se coucher, l’un contre l’autre, le ventre vide.C’est une Espagne aussi où on tuait parfois les gens sans les mettre en terre, et sans leur fermer les yeux.L'histoire de Madame Perfecta est, à certains détails près, authentique.Antoni- ne Maillet l’a découverte, jour après jour, lentement au travers des 17 ans de fidèles et loyaux services de ladite dame.Elle a mis, par la suite, douze ans avant de coucher sur papier cette relation, douze ans après la mort de Madame Perfecta, des années qui ont tassé la douleur vive, pour finalement rendre au personnage toute sa fougue et son énergie, sa joie, Et dans le silence de son grenier, Antonine Maillet a fini par retrouver ce personnage qui hantait sa maison.«Jesais que vous m’entendez, Perfecta.Peu importe où vous êtes, vous êtes.Vous avez été donc, vous êtes» écrit Antonine Maillet dès la première page de son roman.Et Perfecta posera pour la première fois, à travers la plume d’Antonine Maillet, les racines d’un roman hors de l’Acadie et de son Bouctouche natal.Ses racines sont en Espagne, puis se déplacent dans le Montréal des manufactures de vêtements, le Montréal des immigrants du dernier siècle.VOIR PAGE I) 2: MAILLET ÏÏWîfw m i >ik \i im\ in i Ant MICHAEL IGNATIEFF La Révolution des droits Traduit de l'anglais (Canada) par Jean Paré Croire aux droits, c’est croire à la politique, c’est croire au dialogue plutôt qu’à l’affrontement, au compromis plutôt qu’à la violence.() ]l u 11 1 — - MK MAI I tCf«ATff.f t l a Revolution t’ ¦ 1 sm.; jwrri éditeur félicite Agnès Guitard lauréate du Prix John-Glassco pour sa traduction de l'anglais au français de l'essai-fiction de Farley Mowat, Les hauturiers {The Farfarers).et Usa Carducci auteure de Correspondance de Beijing 1991-1997, qui a reçu le Prix de l'amitié pour l’excellence de son travail et pour son dévouement à faire connaître la Chine à l'étranger.Brin Moult US HAITI RIERS ROY Lettres d'amour ou d'amitié, lettres-journal, ces missives permettent de franchir le seuil de l'intimité de G abri elle Roy.Mon cncjr grand fi Letirts j ‘Mardi tar/w > 1 Mon cher grand fou.Lettres à Marcel Carbotte 1947-1979 Correspondance 832 pages • 34,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE IT OCTOBRE 2 0 01 Livres ESSAIS QUÉBÉCOIS Comprendre la modernité et l’assumer LES NEUF CLES DE LA MODERNITE Jean-Marc Hotte Editions Québec Amérique Montréal, 2001,240 pages LETTRE AUX ÉVÊQUES DU QUÉBEC L’Église en péril Jejin-Paul Lefebvre Éditions Lescop Montréal, 2001,80 pages CB est un Jean-Marc Piotte serein qui * nous propose, dans cet essai pédagogique, de comprendre la modernité à partir d’une «lecture intégrée des principaux auteurs qui ont jalonné l'histoire des idées politiques et éthiques du monde occidental».Souhaitant montrer plutôt que juger, le professeur de philosophie politique de l’UQAM souligne son «ambivalence face à la modernité», mais écarte, pour le reste, la tentation normative.Le militant, ici, laisse donc toute la place au pédagogue nuancé et efficace.Les neuf clés de la modernité selon Piotte se présentent de la façon suivante: l’individu libre, des individus égaux, la raison au service de la passion, la valeur du travail, l’amour plutôt que la reproduction, le marché contre la communauté, la démocratie représentative, la nation plutôt que la religion et la religion comme affaire privée.Chacune de ces clés se voit consacrer un chapitre dans lequel Piotte oppose les anciens aux modernes afin de bien faire ressortir, par effet de contraste, l'ampleur de la révolution moderne.Une présentation des conceptions grecques, romaines et chrétiennes ouvre donc chacun des chapitres, pour être ensuite suivie d’un résumé des grandes pensées modernes (surtout celles de Hobbes, Locke, Bentham, Rousseau, Descartes, Tocqueville, Mill, Durkheim et Weber) et, à l’occasion, d’une conclusion qui donne la parole aux dissidents (surtout Burke et Nietzsche, mais aussi au sujet du Louis Cornellier couple raison/passion, Kant).Piotte est à son meilleur lorsqu’il retrace le parcours de la clé centrale, celle de l’individu libre, et lorsqu’il analyse l’histoire pleine de rebondissements du couple raison/passion.Dans le premier cas, ses considérations sur le mythe de l’état de nature fournissent un éclairage essentiel pour saisir ce qui fonde la modernité: *[.] le mythe de l’état de nature — s’il n’est plus consciemment retenu — hante toujours notre imaginaire: la liberté de l’homme est inaliénable et aucun État ne devrait lui porter atteinte.Cette limite à l’État n’est donc pas politique: elle est morale.Elle est même la première loi morale qui tend à réguler le politique en Occident depuis le XVII'siècle.» Dans le deuxième cas, sa synthèse des relations entre la raison, devenue instrumentale avec la modernité, et les passions, dorénavant premières et «triomphantes», brille par son esprit de nuance et son respect de la complexité du problème.Par exemple, Kant, penseur moderne s’il en est, incarne pourtant «la réaction rationaliste» à la prédominance des passions et Piotte expose avec une belle adresse les termes du débat ainsi créé.Les qualités de vulgarisateur du professeur sont admirables: sous sa plume, des philosophes et sociologues difficiles, parfois obscurs, deviennent clairs, abordables et retrouvent toute leur pertinence.Certains chapitres manquent de direction précise (ceux sur le marché et sur le couple nation/religion), mais l’ensemble s’avère instructif et éclairant.La conclusion consacrée à la pensée de Charles Taylor déçoit un peu par sa brièveté, mais elle a néanmoins le mérite d’indiquer certains des malaises (relativisme, fragmentation sociale, dérives de la raison instrumentale) engendrés par le procès moderne et d’évoquer les parades susceptibles de les atténuer suggérées par un grand philosophe contemporain soucieux d’éviter le piège stérile de la réaction.Lecture indispensable pour les enseignants et étudiants en philosophie, en littérature et en sciences humaines et sociales, Les Neuf Clés de la modernité, c’est le cas de le dire, ouvre bien des portes et nous Jean-Marc Piotte JACQUES GRENIER LE DEVOIR permet d’entrer mieux outillés dans une pensée moderne passionnante, mais souvent déroutante./ Eglise et modernité «L’Église est dans la position où se trouvait le Titanic face à la banquise.Il faut prier, certes, mais aussi agir.La banquise est bien réelle, elle est constituée des valeurs authentiques de la modernité et des diversités culturelles des peuples de la Terre en ce début de millénaire.» Tel est le cri d’alarme formulé par Jean-Paul Lefebvre dans sa courte Lettre aux évêques du Québec qui plaide en faveur d’une Eglise réconciliée avec la modernité.L’autoritarisme, le culte du secret et la négation de la liberté de conscience entretenu^ par les hautes autorités ecclésiastiques minent l'Église de l’intérieur et justifient presque l’indifférence d'un nombre grandissant de baptisés.Pour éviter ce «suicide institutionnel que représenterait la disparition de l’héritage chrétien chez les catholiques francophones du Québec», Lefebvre en appelle à un débat public orchestré par les évêques d’ici dont le silence a déjà trop duré.L’inculturation de la foi chrétienne a la modernité, un projet inauguré par le concile Vatican II mais trop peu relayé par la suite, est devenue une affaire de vie ou de mort.Qu’il s’agisse de planification familiale, du statut des divorcés, des prêtres mariés, de la place des femmes, dçs laies et du partage de la responsabilité dans l'Eglise ou d’une refondation de la morale sur des bases renouvelées, les défis à l’ordre du jour ne manquant pas qui concernent la crédibilité même de l’Église dans «une culture où existe le respect des droits de la personne et l’égalité des hommes et des femmes».Selon Lefebvre, le silence de nos évêques en ces matières se paierait d’un lourd tribut: «Si ce que l’un d’entre vous m’a dit être “une fin de règne” devait être suivi de la continuation d'un règne,qui a déjà duré plus de 20 ans, les historiens de l’Eglise pourraient juger sévèrement un tel silence!» En écho au courage de certains catholiques d'Amérique du Sud qui ont été jusqu’à risquer leur vie pour défendre une nécessaire théologie de la libération contre un magistère sclérosé, Jean-Paul Lefebvre convie les religieux d’ici (et d’ailleurs) à une aventure peut-être plus modeste, mais néanmoins essentielle: «Personne ne vous demande de régler les questions économiques ou politiques.Mais, pour l’avenir spirituel de notre société, l’héritage chrétien a de l’importance, beaucoup d’importance.Et la transmission de cet héritage requiert une pensée dynamique, adaptée aux signes des temps, ouverte à l’œcuménisme, de notre Église.Les croyants attendent de vous une théologie de la liberté spirituelle, de la liberté des enfants de Dieu.» Cette Lettre d’un catholique inquiet contient un avertissement pressant: le christianisme, qui a contribué à l’avènement de la modernité, ne survivra qu’à condition de se réconcilier avec elle.Il en va de la légitimité même de son message fondamental.louiscornelliePuparroinfo.net LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Eternel recommencement SOPHIE POULIOT Si la vie est un éternel recommencement, avec ses hauts, ses bas, ses fausses certitudes, ses déceptions et ses rêves incessants, Guy Verville a voulu saisir l’essence du temps qui passe et façonne les êtres qui, à leur tour, en modèlent d’autres au gré de leurs allées et venues.L’Effet Casimir suit les jours d'une femme, Marthe, ex-psy-chologue bientôt septuagénaire, qui se débat toujours avec un chagrin d’amour.Heureusement, elle vit dans son manoir près de la splendeur du fleuve, entourée de quelques anciens patients devenus ses amis.Le sous-titre, «roman tranquille», peut susciter chez le lecteur une légère appréhension quant au rythme de la narration.Quoi qu’il en soit, «tranquille» réussit ici à ne pas rimer avec ennuyeux.Le défi relevé par Verville était pourtant de taille.Parler de la vie quotidienne, et plus particulièrement de celle d’individus vivant dans l’entourage d’un moribond (l’un des vieux amis de Marthe est atteint du cancer), aurait pu lasser le lecteur, lui donner l'impression désagréable de perdre son temps.Avec L’Effet Casimir, il n'en est rien.Au contraire, les réflexions de Marthe, fine mouche — sauf en ce qui a trait à sa propre vie — savent tisser une trame de laquelle le lecteur n’aura aucune envie de s’extraire, aussi curieux d’entendre les soliloques de l’héroïne avec sa conscience (redoutable conscience de psychologue) que de connaître l'évolution des êtres qui peuplent ce microcosme rural.Car la douceur de ces amitiés profondes créées par le temps et l’intimité entre des êtres à l’origine très différents, s’ajoutant à l’apaisement que procurent le rythme, la puissance, la constance et l'omniprésence du fleuve, installent un univers à part entière, aussi physique que métaphysique.Y évoluent des êtres vrais auxquels il est difficile de ne pas croire.et de ne pas s’attacher.Touchant Lucienne, la bonne aux couleurs de la campagne, qui additionne les amants malgré son âge et sa corpulence; Armand, musicien et astrologue qui apprend à apprivoiser sa fin proche; Rémi, homosexuel énergique au noble cœur, qui tente de se convaincre que l’amour n’existe pas; Gustave, taquin aux tendres sentiments et enfin Marthe, intelligente, cultivée, ai- Drogue : fléau réel ou inuenté ?L’alcool ou le tabac sont-ils moins dangereux que le hachisch ou l'héroïne ?Tout dépend de notre environnement social, de nos valeurs et de la relation des individus avec l'une ou l'autre de ces drogues, repondent les experts.Au cours des 30 dernières années, les idées sur les drogues ont nettement évolué et on remet de plus en plus en question les interdits.La notion même de drogue a change.Invites : Line Beauchesne professeur en criminologie Université d'Ottawa Serge Brochu directeur au Centre international de criminologie comparée Andre Therrien psyçhosociologue mante, faite pour le bonheur, d’une fidélité qui émeut autant qu’elle l’empêche de surmonter sa peine et sa déception.Toutes ces figures sont attachantes et leurs modestes péripéties intéressent comme le font, pour tout individu, les histoires vécues par des proches.Leurs démêlés, leurs états d’âme et leurs projets suscitent l’intérêt du lecteur dans la mesure où eux-mêmes font l’objet d’une sympathie toute particulière.Impossible de ne pas être touché par cette vieille femme qui regrette le bonheur connu avec l’homme qu’elle avait choisi d’aimer pour toujours.La chose est aussi vraie en ce qui concerne la réaction des amis d’Armand à son trépas.D’abord profondément tristes, jaloux d’une complicité commune, ils renouent avec le bonheur après l’heure fatale, car l’humain est ainsi fait qu’il ne peut résister à l’envie d’être heureux.Guy Verville livre les bonheurs du quotidien, ses peines, bref, il écrit la vie.Et la vie, telle un Narcisse aux proportions planétaires, aime se lire, s’analyser et se contempler lorsqu’elle se reconnaît justement dépeinte, ce qui est vrai dans L’Effet Casimir.L’EFFET CASIMIR Roman tranquille Guy Verville Éditions Varia Montréal, 2001,378 pages POÉSIE La vérité se cache DAVID CANTIN Comment exprimer un état de révolte et d’extase, de solitude et de doute profond?Ées derniers recueils de Larry Tremblay et Joël Pourbabc interrogent véritablement ces différentes phases de l’errance initiatique.Voilà deux auteurs qui cherchent des réponses dans une langue poétique où la fougue se mêle à la contemplation.Dans ces trajectoires, parfois très différentes, la parole ose confronter l’inquiétude intérieure, l’imprévisible souvenir, de même qu’une forme de sagesse très personnelle.Il y a dans Trois secondes où la Seine n’a pas coulé et Disparaître n’est pas tout une exploration intense de ce que peut être la poésie au XXIe siècle.Bien connu pour son théâtre, Larry Tremblay s’est d’abord fait connaître en tant que poète.On se souviendra, en 1989, d’un premier recueil chez Trois qui avait pour titre La Place des yeux.Quelques années plus tard, il inaugure la collection «Initiale» au Noroît avec Gare à l’aube.Depuis, cet écrivain est devenu un dramaturge québécois de premier plan grâce à la pièce The Dragonfly of Chicoutimi (Les Herbes rouges, 1996).Quel bonheur que de redécouvrir cette écriture très personnelle dans Trois secondes où la Seine n’a pas coulé.Ce livre n’a rien du recueil typique.Il suit un mouvement imprévisible.C’est la Seine qui voit tout et intervient dans cette histoire de passion comme de vérité.On entre dans ce monde où le rêve prédomine sur le réel.Deux amants s'enlacent, le paysage recule, le vent s’ébroue, la mémoire bascule, le jour n’est plus le même.Chasseurs No.1 liSiilion Simon Gir«v d d’idées Dimanche 14h et 23 h 30 Télé-Québec mardi 15 h Cette omission est enregistrée Olivieri .librairie‘bistro Diffusée sur Internet, pour plus do details, consultez notre site telequebec.tv Tel S14 739-3639 PIERRE YERGEAU LA DESERTION ussi obsédait Que s’est-il passé?On ne sait trop.Ces courtes suites s’emboîtent pour mieux faire vivre ce récit décousu.La moindre émotion annonce un détour, une image saisissante ou un visage rempli d’émerveillement Larry Tremblay se laisse prendre au jeu d’un long poème qui donne naissance à une parole étourdissante: «La Vérité a les pieds dans Teau / Entourée de ténèbres moroses / H y a des jours où elle entend les mouches / Il y a des jours où elle entend son nom / Quelqu’un la cherche en haut/ Elle ne bouge pas / Elle grave son reflet / Dans Teau amorphe / Elle se demande si elle existe / Quand personne ne la voit.» Difficile de ne pas succomber à un pareil désir de surprendre la vie là où elle apparaît Dans ce recueil: «L’air prend l’habitude du bleu / Les arbres abandonnent leurs branches / Les cailloux égarent le sentier / Les qmants regardent la Vérité en face.» A la fois simple et énigmatique, ce texte interroge ce qu’il ne reconnaît plus.La beauté se trouve ailleurs, se perd dans la passion enivrante des jeunes amants.L’œuvre se moque du vrai comme du faux.Én cherchant autre chose que le poème, Larry Tremblay surprend plus que jamais dans Trois secondes où la Seine n’a pas coulé.La voix d’un poète qui ne recule devant rien.Exigences D’une autre façon, Joël Pourbaix s’aventure dans une quête tout aussi exigeante.Disparaître n'est pas tout suit un chemin fait de ruines, d’éblouissements et de peurs.Le recueil prend la forme du récit elliptique où la disparition de l’être aimé annonce le commencement d’une errance diffuse.«La question n’est donc plus comment survivre à l’éphémère ou comment échapper au temps mais de donner une forme à l’espace.» On entre alors dans un lieu de réclusion, alors que les choses ne semblent plus avoir le même sens qu’auparavant.Dans cette prose poétique des plus denses, on passe d’un niveau à l’autre.La réflexion instinctive côtoie le détail tragique, bien qu’une révolte intérieure ne cesse de s’accentuer.On entend aussi la voix de ce mystérieux Golem qui déroute constamment le narrateur de ce drame.Que penser de ces apparitions troublantes?Joël Pourbaix tente, d’une lettre à l’autre, de comprendre les gestes impardonnables d’une mémoire indemne: «Le soleil ne sera jamais un regard / l’œil de dieu est un feu de paille / comment garder vivant/ ce qui fut sans témoin / la solitude de l’événement / elle exige / l’écriture sans Livre / elle demande / me maison nomade / chacun de nous / ce qui est / ne dira point qui tu es/la parole témoigne/ que si elle nous échappe.» On comprendra que ce recueil met en place une transformation intérieure sans compromis.Il y a beaucoup de rencontres, de contours, de notes, d’observations, mais tous ces éléments font partie de Disparaître n’est pas tout.Ce livre échappe au piège de la complainte redondante.Il cherche et trouve parfois.Un ton surgit pour mieux aller à la rencontre de l’étrangeté du monde visible.Encore une fois, Joël Pourbabc fouille ce qui se cache derrière les apparences.Il est peut-être temps de reconnaître la valeur certame de ce parcours décisif dans l’histoire récente de la poésie québécoise.TROIS SECONDES OÙ LA SEINE N’A PAS COULÉ .Larry Tremblay Éditions du Noroît Montreal 2001,97 pages DISPARAÎTRE N’EST PAS TOUT , Joël Pourbaix Editions du Noroît Montréal 2001,111 pages Une nouvelle collection! Découvrez pourquoi et comment écrivent nos auteurs.PHILIPPE HAECK DIS-MOI Une nouvelle collection! Découvrez pourquoi et comment écrivent nos auteurs.MADELEINE GAGNON i&Æm-, MÉMOIRES I LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2001 I) 5 «* Livres •» ENTREVUE Multiple Annie Saumont JACQUES GRENIER I.E DEVOIR Dans ses textes, Annie Saumont nous fait rencontrer des paumés en tout genre, riches et pauvres, mais surtout pauvres, jeunes et vieux, mais surtout jeunes.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR On la croirait multiple, pourtant elle n'est qu’une.La grande nouvelliste française Annie Saumont, de passage à Montréal cet automne, est même toute menue.Souriante, gracile, elle était notamment invitée à participer à un atelier du département littéraire de l’Université de Montréal.Elle vient de publier son dernier recueil de nouvelles, C’est rien, ça va passer, chez Julliard.Tour à tour, dans ces textes, Annie Saumont entre dans la peau d'un enfant mulâtre, d'une domestique musulmane, d’un handicapé ou d’un homme qui occupe temporairement l’appartement d’un ami.C’est rien, et ça va passer, justement.Des instants, cueillis souvent dans tout leur tragique, autour desquels les mondes basculent.En entrevue, Annie Saumont reconnaît qu’une nouvelle lui est souvent dictée par un événement anodin: une phrase entendue dans la rue, une conversation.Puis, lorsqu’elle écrit, l’histoire emprunte un nouveau cadre, une nouvelle forme.On lui demande souvent si ses personnages existent.Elle répond qu’ils existent à partir du moment où elle leur a donné vie dans un livre.Autrement, c’est un assemblage de personnes, de situations rencontrées dans la vie.Des personnages tristes pour la plupart.Mais est-ce que cette tristesse n’est pas inhérente à tout être humain, au fond?soulève-t-elle.«Je ne suis pas sûre qu’il y ait tant de gens qui soient totalement heureux», dit cette femme, aujourd’hui grand-mère, résignée et souriante.Elle l’a souvent dit en entrevue, Annie Saumont n’écrit que des nouvelles, des éclats de vie, imprécis, incomplets, ouvrant surtout large la porte à l’imaginaire du lecteur.Ce dernier ajoute ici, à sa guise, un peu d’éclat dans les cheveux du personnage, un peu de couleur sur les vêtements.Quand on pratique le genre de la nouvelle, on n’a pas besoin de donner des noms aux personnages, dit-elle.Pas besoin non plus de dire toujours où ils sont.Au lecteur d’écrire, en lisant, l’histoire qui lui chante.En ce sens, l’écriture d’Annie Saumont rejoint parfois celle d’un Modiano, floue, parcellaire, fragmentée.On se déplace dans la mémoire des personnages, mémoire obscure, souvent tronquée et, comme eux, il arrive qu'on mêle les cartes de l’histoire.Seulement des nouvelles Annie Saumont ne veut pas écrire autre chose que des nouvelles, et s’astreindre à écrire des textes plus longs est pour elle un pensum.Si elle l'a fait, à ses débuts (elle a écrit deux romans qu’elle préfère oublier), c’était exclusivement parce qu’el- le n’arrivait pas, autrement, à se faire publier.Depuis, donc, elle ne s’est consacrée qu’aux textes brefs, avec une constance soutenue qui lui a valu une reconnaissance certaine dans le milieu des lettres français.Et si ses petites œuvres, déstabilisantes, émouvantes, tiennent souvent dans une dizaine de pages, elles n’ont pas moins nécessité un grand travail de peaufinage, de réécriture.Cela donne de petits joyaux qui miroitent, selon les différents éclairages que le lecteur daigne y poser.Elle, qui a déjà écrit des chansons, leur insuffle un rythme qui rapproche parfois son écriture du style poétique.«Pour moi, la poésie, c’est le sommet des genres littéraires», confie-t-elle.Dans ses textes, Annie Saumont nous fait rencontrer des paumés en tout genre, riches et pauvres, mais surtout pauvres, jeunes et vieux, mais surtout jeunes.Il y a quelques années, alors que les gens faisaient remarquer que ces livres étaient toujours peuplés d’enfants, la nouvelliste signait, en boutade, un recueil intitulé Moi, les enfants, j’aime pas tellement, où les personnages étaient tous des enfants.Celle qui s’est intéressée aux langues, qui a fait de la traduction toute sa vie — elle a notamment traduit L’Attrape-cœur de Salinger —, utilise aussi différents niveaux de langage.Au moment où elle écrivait sur les jeunes de la banlieue, par exemple, elle s’est appliquée à assimiler le langage cru du milieu.Parmi les écrivains de nouvelles qu’elle admire, citons Julio Cortazar.Mais elle lit aussi des romans, avec un faible pour ceux de Claude Simon.C’EST RIEN, ÇA VA PASSER Annie Saumont Julliard Paris, 2001,170 pages Les techniques et les secrets de l’harmonie musicale.l-BJSi’sp Richard Feriand 20«ur 24COJ*224ptges 2-09381 -791-2 • 38,95 $ Ülîf L’art de l’arrangement pour débutants et professionnels.Richard FeHand 20 «ur 24«m • 338 piges ï-89381-134-X • 39»95 $ Les Editions LOGIQUES inc.7.chemin Bates.Outremont (OC) H2V 1A6 DISTRIBUTION EXCLUSIVE: QUEBEC-LIVRES HÉLÈNE PELLETIER-BAI LLARGEON O L A S S E E T SON 1^ T E M P S Le volontaire Extrait Il dit puiser beaucoup de réconfort dans les lettres de ses fils.D’échanger avec sa femme à propos de leur éducation et de leurs progrès scolaires lui fait oublier les mauvais jours de leur union.S’il sort vivant de la guerre, la pauvreté ne lui fera plus peur.Il demeure persuadé que, avec la confiance renouvelée d’Alice, il aura “la force de gagner le pain de sa famille”, de “prouver par [ses] actes la sincérité de [son] repentir”.Ces promesses solennelles d’amendement, il les couche au crayon à mine sur un mauvais papier militaire recyclé.Il écrit au fond d'un dugout perpétuellement menacé par l’artillerie allemande, les doigts maculés de boue : Au moment où je t’écris, un grand bombardement vient de commencer.Notre dugout est secoué de fond en comble.Un obus de 5 à 8 pouces l’enfoncerait.Mais il ne sert de rien de s’énerver et rien n’arrive sans la permission de la Providence.Si cette lettre te parvient, c’est que rien de fâcheux ne me sera arrivé.)e t’embrasse avec toute la tendresse dont je t'ai si longtemps privée.Presse les enfants sur ton cœur pour moi.Ton homme qui vivra pour te rendre heureuse, ou qui mourra avec ton estime, Olivar Mais le véritable état d’âme du combattant face à la machine de guerre qui, quotidiennement, déchiquette, brûle et saigne à blanc des corps jeunes, c’est à son ami Édouard Biron qu’il le confie sans détours : J’achève aujourd’hui même la première semaine de mon troisième mois de tranchées, et je vous prie de croire que depuis les premiers jours du printemps les mois ici comptent double.Je suis habillé en private, souvent crotté des pieds à la tête.J’ai déjà perdu deux ordonnances.Dire que j’aime tout de cette existence, jusqu’à l’idée d’être mutilé pour la vie ou de passer d’un instant à l’autre, dans l’éternité, serait pure for fanterie.Je le disais il y a quelque temps à Fournier, dans une lettre que je voudrais que vous lisiez, beaucoup, même de mes amis, ne se sont jamais rendu compte combien ma combativité était intellectuelle et quelle distance il y a de là à la férocité physique qui seule fait le bon soldat.Non, je n’éprouve pas la moindre joie à la perspective de pouvoir d’une balle fracasser le crâne d’un être humain, fût-ce un Allemand.Je hais le Boche, mais au fond de moi-même, je trouve la guerre une sale chose.Et, malgré tout ce qu’elle m’a apporté de déboires, j’aime la vie.Je suis venu ici pour la satisfaction de ma conscience — parce que dans cette guerre, il y a eu trop de gens qui ont enrôlé les autres sans aller eux-mêmes au feu.Vous m’en croirez si vous voulez mais je comprends l’admiration que mon acte paraît provoquer chez un certain nombre.Je ne pouvais, à mon propre regard, agir autrement?Ce que j’ai fait, je l’ai fait pour moi, non pour mes compatriotes, à qui je ne dois rien et qui, s’il n’en tient qu’à moi — ç’a été d’ailleurs ma règle de conduite depuis ma sortie du Devoir — continueront tant qu’ils voudront, à manger.de l’herbe à pleine gueule.À vous, Asselin P.-S.: Ne sais encore ce qu’il adviendra de moi après ces trois mois, car je puis certainement faire mieux que de commander un peloton [.].352 pages • 24,95 $ ‘ En librairie le 17 octobre «fT 1 *:• ‘M y*uj.’W'A w»*.** LE I) E V 0 I H .LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2 O O 1 I) 0 -*" Livres •»- BIOGRAPHIE Les résistances d’une vie Olivier Todd revoit la cote légendaire de Malraux à la baisse GUY LA I N E MASSOUTRE Le XXI' siècle sera-t-il religieux, comme Malraux l’a affirmé?De telles prédictions font encore sursauter.Génie ou charlatan?Artiste lucide ou homme d’action fébrile?Comment le jeune pilleur de temples cambodgiens et revendeur de faux Picasso se métamorphosa,-t-il en ministre de la Culture?Était-il l’imposteur, le mythomane, le drogué qu’on a dit?Comment l’auteur de La Condition humaine (1933) et de L'Espoir (1937), essayiste de l’art, se cristallisa-t-il en acteur gaulben?La personnalité contradictoire de Malraux offre un terrain d’élection pour un biographe.L’écrire est une chose, mais démêler les points forts de l’histoire en est une autre.Il fallait donc un biographe expérimenté, capable de mener une enquête d’une ampleur exceptionnelle.Après une retentissante biographie de Camus, le journaliste Olivier Todd relève le défi.Laquelle de ses vies parallèles synthétise le mieux Malraux, de l’écrivain ou de l’homme de carrière?Todd choisit la seconde.Cela se comprend mais se discute.Point fort: on ne saurait reprocher à ce biographe, infatigable et méticuleux, de manquer de distance.Point faible: s’il empoigne la masse factuelle à la manière d’un Titan, il abat aussi la statue malrucienne d’un pesant jugement.De l’enquête au point de vue Fiable, de toute évidence, l’ouvrage relève de la biographie pointilliste à l'anglo-saxonne.les sources factuelles sont exposées, allant des archives du Quai d’Orsay aux mémoires de Kissinger, des dossiers de la CIA à ceux du Komintern, des papiers de Nehru aux témoignages d'environ 200 proches et personnalités.C’est logique et vérifié: l’hom- me des prises de position, mis ici en avant, fait jaillir le feu partout où il passe.Todd ramasse ces braises chaudes comme des faits.Il met les opinions en opposition, les soupèse et les commente, souvent à même la citation.Il est évident qu’il vient à bout d’ordonner un matériau essoufflant.S’attaquant ainsi a Malraux de biais, il vise la légende.Mais il heurte un écueil.Que prouvera un dossier qui verse sous le poids des «faits» disparates compilés?Todd est-il myope?Non, plutôt entêté: il refuse d’être émerveillé.Son scepticisme domine tout l’ouvrage.Manque-t-il alors d’affinités avec Malraux ou pra-tique-t-il envers les grands une familiarité que certains journalistes trouvent de bon ton, sous prétexte de liberté critique?Conteste-t-il sa valeur?son engagement?sa sincérité?son génie même?Ce n’est pas cela.Todd tranche: excepté comme lecteur de L’Espoir, il n’éprouve pas d’empathie avec son sujet.En partant, il qualifie le personnage de «protéiforme et orgueilleux».Le portrait, quelque peu clownesque, fait alors son chemin.«Chirac [.] le panthéo-nisa.Pourquoi?», se demande-il au début.A l’issue du projet, il pose la plume, dubitatif et agacé.Son compte avec Malraux reste ouvert.Que lui reproche-t-il?Un point d’ordre moral: Malraux était hâbleur et menteur.Passe encore pour les ambitions, le magnétisme, le prophétisme, le chamanisme, la frénésie, les tics insupportables.Mais que faire de ses collages hâtifs (en art), de ses calculs (en politique), de sa froideur (en amour), de ses formules sibyllines (à tout le monde), de sa fausse érudition (dans la littérature, qu’il classait «parmi les professions délirantes»)?Todd mène un réquisitoire assez proche de l’opinion de Raymond Aron: Malraux?«Un tiers génial, un tiers faux, un tiers incompré- K;tthvcin iït monter ,(‘Dtenienl dans Un »»meas( amour.nmim Mm.WiHio Follement romantique, follement romanesque, un roman fou qui ne parle que d'amour ALBIN MICHEL www albin michel.n hensible.» Le malaise installé l’emporte.Débats ouverts Lourdement asséné, le point de vue rallie une somme impressionnante de personnalités à charge.Mais il ne convaincra pas tout le mon-de.Une question se pose: pour être crédible, un écrivain doit-il être mort pauvre et maudit?André Malraux SOURCE GALLIMARD Les visions littéraires protègent-elles un écrivain de la mêlée, surtout lorsqu’il s’y jetait lui-même?Un écrivain engagé dans l’action politique devient vite suspect d’une collusion avec son temps, et son œuvre, d’ambitions cachées.Ce préjugé a relégué maintes œuvres littéraires au rang des objets partisans.Le Malraux de Todd n’échappe pas à cette réduction.Contrairement à l’empathique biographie littéraire de Duras par Laure Adler, ou à celle de Genet par Edmund White, dans la même collection, celle de Todd vise donc l’homme, avant l’œuvre.Celle-ci relèverait des actes, certes notables, de la vie, mais la vie citoyenne est l’œuvre notoire.C’est pourquoi le biographe, faute d’y plonger, s’y attarde moins qu’aux réactions qu’elle soulève.Il faut bien dire, à la décharge de Todd, que non seulement l’œuvre est une part limitée de la vie de Malraux, mais qu’elle a suscité des commentaires contradictoires quant à sa valeur.Ses écrits sur l’art, soumis aux commentaires acerbes de spécialistes, ne lui ont pas valu le succès de ses romans.Là, la biographie se transforme en panorama.Le point fort du livre, c’est moins Malraux que l’entreprise, réussie, de déboulonner une époque.Todd en découd avec la mode Malraux, boursouflée par «l'hyperbole, le superlatif, la généralisation, le lieu commun», qui virent des calembredaines le porter au pinacle de la renommée: «Tout était voué à Malraux, écrit Todd, et chacun se vouait à lui.» Une relecture nécessaire On oubliera le comédien ver-bomoteur étourdissant.Malraux compta d’abord pour ses livres fervents.Ils ont été des prismes grâce auxquels de nombreux lecteurs purent décrypter leur propre cheminement.Ces livres prenaient pour pivots des guerres, des dictatures et des meneurs d’hommes (Staline, Mao, Franco, Hitler, Nehru, de Gaulle), des valeurs (l’anticolonialisme, le communisme, la république, la résistance, la liberté), et des œuvres d’art universelles.Qui ne s’est pas senti grandir à en lire des pages inspirées?Quoi qu’il en soit, cette biographie relancera la lecture.Une «contagieuse naïveté», écrit Todd justement, se décante avec le recul de l’histoire, dont la complexité émerge parallèlement.«Comment enquêter aujourd'hui avec lucidité et bonne foi sur André Malraux sans éviter certaines notions et émotions généreuses charriées parses oeuvres dans un tintamarre enivrant?» Malraux, passant par Banteay Srei, au Cambodge, Barcelone, Moscou, Delhi, Haïti, débute à Bondy et ne finit à Paris que pour subir l’assaut du temps.L’agitation entre en phase d’être rassise.Mais la lecture proprement dite n’est pas commencée.ANDRÉ MALRAUX, UNE VIE Olivier Todd NRF Gallimard Paris, 2001, 694 pages Tout dire Ma rie-Andrée Lamontagne Le Devoir LH écrivain, sa vie, son * œuvre.Ainsi enseignait-on la littérature avant que ne s’installent les années de fer du structuralisme et de la critique textuelle affirmant, dans les années 60 et 70, la suprématie du texte sur son auteur, voire son autonomie.Quelle importance cela pouvait-il avoir que Céline ait été médecin et pauvre, Hemingway correspondant de guerre, Marguerite Duras élevée aux colonies?Avec insolence, leurs romans me naient une existence à part.Ils étaient de fabuleux objets que la critique, forte de sciences dures, tournait et retournait dans tous les sens, s'employant à les déconsfrui-re, parfois avec ses grosses pattes, dans l’espoir naïf de percer le mystère de leur fabrication et de leur fonctionnement L’auteur, imbécile et chétif, devenait quantité négligeable.Ses explications ne faisaient pas le poids devant celles qu'on pouvait obtenir, par exemple, de Marx ou de Freud.Mieux valait l'ignorer.Dans les collèges et les facultés, on ne s’en est pas privé pendant un quart de siècle.Il s’est bien vengé depuis à la ville.De quelque côté que l'on se tourne, en effet, que voit-on?Des auteurs, des vies qui se racontent avec complaisance, des confidences que l'on force au besoin, le genre de l'autofiction qui fait flo- SIGNETS rès, avec la littérature dite de l’intime (tous deux donnant parfois des œuvres majeures), des visages que l’on photographie avec plus ou moins de bonheur pour ensuite les exhiber à pleines pubs ou en quatrième de couverture, des corps souffrant et écrivant, en clair, des hommes et des femmes qui écrivent des livres pour les hommes et les femmes de leur temps, ce qui leur vaut parfois d’être interviewés par des hommes et des femmes qui veulent en savoir plus, moins cependant sur leur livre que sur leur vie — aussi bien remonter à la source.Où est le problème?diront certains.La littérature ne s’est-elle pas de tout temps rangée du côté de la vie?Ne doit-elle pas s’incarner pour émouvoir?Un écart Bien sûr, mais ce faisant, n’est-on pas en train d’oublier que la littérature, celle de fiction comme celle qui se veut autobiographique, n’est jamais l’exacte reproduction de la vie?Plutôt, elle prend appui sur cette dernière, s’en nourrit, la vampirise et la transforme en une autre matière qui, lorsqu’elle at- teint un certain degré d’achèvement, peut rivaliser sans peine en authenticité avec la vie qui lui a servi de modèle.Il n’y a plus alors à choisir entre la vraie vie et la vie inventée ou racontée.Toutes deux existent à part entière, dans leur sphère respective, mais la seconde peut en plus se révéler une source de plaisir esthétique pour ceux qui sont forcés de s’accommoder de la première, c’est-à-dire tout le monde.Cela s’appelle une œuvre littéraire, en l’occurrence un livre.Celui-ci a beau figurer en pile sur les tables des libraires, être montré à la télévision, sa couverture être reproduite dans les pages littéraires des quotidiens et des magazines, il n’est plus, dans bien des cas, que le moyen par lequel le lecteur peut donner libre cours à la concierge qui dort en lui, à vrai dire d’un seul œil.Ce voyeurisme, ce grand déballage, participe du mouvement général de la société, dont le monde littéraire accuse le coup, depuis les auteurs, dont l’ego n’est jamais petit et qui n’ont plus de raison de le brimer, aux éditeurs à l’affût de sujets qui font vendre, en passant par le public titillé, fasciné, et qui achètera.Les médias, à qui on ne peut reprocher d’être de leur temps, enregistrent le phénomène, l’amplifient C’est ce qu’a montré éloquemment l’émission que Christiane Charette consacrait l’autre jour, à la télévision, aux livres de Nelly Ar-can {Putain, Le Seuil) et de Cathe- rine Millet {La Vie sexuelle de Catherine M., Le Seuil).Les livres étaient alors de petites boîtes où il s’agissait de taire entrer, de gré ou de force, leurs auteurs.Aucun interstice, aucun écart.La vie et le livre devaient coïncider, puisque ce dernier appartenait au genre du récit, faisant appel de surcroît à la première personne du singulier.Nelly Arcan, avec sa narratrice timidement objectée aux questions impudiques et insistantes de l’animatrice, était chaque fois rappelée à l’ordre: non, non, c’est bien vous.Pour sa part, l’arrivée de Catherine Millet fut accueillie avec soulagement: là au moins, pas de faux-fuyant, c’était elle et rien qu’elle, affirma-t-on d’entrée de jeu.Peu importe que Millet laisse entendre durant l’entrevue que les choses n’étaient pas aussi simples, en évoquant cette faculté qu’auraient les femmes de toujours demeurer à distance, même dans l’abandon de l’acte sexuel.Peu importe aussi la discrète ambiguïté d’un titre qui ne retient du personnage principal que l’initiale du nom propre, suggérant par là qu’un écart s’installe, un regard est proposé.Les deux récits seront pures confessions et témoignages, ou ils ne seront pas.Sur le plateau, lia conversation prend un tour leste et fait s’esclaffer, dans le public, une brave dame, gênée, saisie par la caméra.Pourtant, on ne saura jamais la couleur du slip des trois femmes réunies ce jour-là.Il est des limites à vouloir tout dire.£»**«*>> UASSI CKS rmuKET,-* l V’tafrufelWOW mutaihm H«m Ht».0^4 U> Atom» 4 MQ»' Nous sommes ici duns le vaste monde de la littérature et de ses langages, et la réunion de ces onze auteurs nous (ait mieux mesurer quels horizons ils ouvrent à l'exiguïté relative de notre territoire culturel, quel heureux contrepoids ils procurent à toutes les forces anti intellectualistes qui menacent aujourd’hui plus que jamais l'espace mercantile de la cuit ure.Pierre Nepveu, IWface, page 13 IMsseiirs culturels Une littérature en mutation I ntretiens avec des ci rivains migi ont s sil/\\\| (ilGIH RI p»ii»e*v x/ s Cette publication est un événement en ce quelle propose sur le Québec des années trente et quarante un regard neuf vif et critique.Auguste Vintte est un intellectuel qui est interpelle parson temps et par lespace américain nouveau qui est le sien.Yvan Lamonde, Préface, page IX PUL-IQRC Toi.(418) 6S6-7T8I - TOloc.(418) 656-3305 Dominique.GinKrasCâ’pul.ulavol.ca http://www.ulaval.cn/piil Auguste Viullo Dim monde VEII.LEUX IK.r.A.) Eloyc de rêves primaires .lusqu’iiu 1 3 octobre* 90 av.Laurier Ouest Tel.: (514) 277-0770 nanti au vendredi de il h à 18 h.jeudi tusqu'â SO h.samedi de 1S h à 17 h et sur rendez-vuus EVALUATION - EXPERTISE - SUCCESSION ALEXANDRE vous Invite à l’ouverture de l’exposition des artistes Markus Billard et Lionel Jules qui se déroulera en présence de madame Use Thibault, Lieutenant Gouverneur du Québec, en coopération avec le Consulat général d’Autriche et le Consulat général d’Haïti, Le vendredi 19 octobre à 19h L’exposition se poursuivra jusqu’au 29 octobre 2001 Fairmont Le Reine Élisabeth 900, boulevard René-Lévesque Ouest, Montréal H3B 4A5 Téléphone: (514) 875-1777 Ouvert tous les jours de 9h à 21h aude Bouchai Personne A T“> T \J XJ GALERIE Jusqu'au 2 novembre 2001 Ouvetr du lundi ou vendredi, de 9h.à 17h.55, Mont-Royal Ouest 5* étage Tél : (514) 982-0922 • www.lcari.com U photographie er’qUp MWim •9 mnrtm, mnrrminrr *i»*nMwg ~ ^ Nicolas Baier Nathalie Caron Jacki Danylchuk Lucie Duval Alain Paiement Roberto Pellegrinuzzi Andréa Szitasi 3429, i\n Notre-Dame 0.Montréal.0c H4C 1P3 TéL: 514-933-07U Galerie Art Mûr ertcad' oments Clf\Oî\ RENE DEROUIN La ligne dormante Du 13 octobre au 10 novembre 2001 Vernissage le samedi 13 octobre de 15 h à 18 h 372, rue Sainte-Catherine Ouest # 444 Tél.: 393-8248 du mercredi au samedi de 12 h 00 à 17 h 30 Le Centre d'exposition Circa remercie le Conseil des Arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal.RENE DEROUIN Fragments du territoire Œuvres récentes Signature de livres samedi de 12h30 à 14h30 en présence de l'artiste Jusqu'au 10 novembre GALERIE SIMON BLAIS I 4521, rue Clark Montreal H?T 2T3 514 8491165 Ouvert do maidi ttu vpndrtdi ?h ïo à 17 H ,.¦* h O' LU Cû Les CONFÉRENCES INTERNATIONALES FERDIE sur le DESIGN D INTERIEUR Vincent Van Duysen Lundi 15 octobre 2001,18 h La conférence se tiendr,.,i la salle Domcor • Dupont Antron • Couvre-planchers Labrosse Ernest-Cormier du pavillon principal de l’Université de Montréal Azure • Hôtel Le Germain • Intérieurs • Sabena • Université de Montréal • Ville de Montréal ,'goo, boulevard Édouard Montpelit, Montréal Anjinnov Construction* Avicor Construction • Beaulieu Canaria • la, ¦ • Buroplan • Burovision • Carreaux Céragré- • COI ¦ Mobilier de hnn ree libre, aucune reservation Cogestam • Construction Albert-lean • Éclairage Axis • Formica ( Croupe tarasse • Haworth • Herman Miller • Kama* • lulien Côte x fil-.Station de métro Université de-Monlréat Knoll • Les environnements de bureaux 1 K • 1 es tnd istrii .- • Les Moulins de Tapis Crossley • les lapis Aspect • Marfogli.i ( nn ¦ ii.Stationnement payant au .>900.Menuiserie Mont-Royal • Odyssey Design Produits • P x R Dr-'-t 'I boulevard Édouard Montpetit.Construction • Patella Manufacturier * Peinturr Pn nier» « Pi Shaw Groupe Commercial • Shaw Industries • Sir • Solfie- 1 • Renseignements : 514-861-6033 Steglcase Canada • Stonix • Tapitec • Tapr< N tii I • îeknion • Mobilier de bureau ^ e>cinmenr Antron __sabena O.Entrée libre, aucune réservation Station de métro Université-de Montréal Stationnement payant au 2900.boulevard Édouard-Montpetit.Renseignements : 514-861-00 n odomcor GPL DuP.RII 9 9 LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE >001 ¦ DE VISU • ARCHITECTURE L’effet Mies «L’art difficile de la simplicité» Mies van der Rohe, architecte, artiste et poète de la structure, aura vécu plus de 30 années en Amérique, soit de 1938 jusqu’à sa mort en 1969.Les traces qu’il laisse dans la ville contemporaine sont nombreuses, sa pensée créatrice aura refait le monde.dans le nouveau monde.L’exposition que lui consacre le Centre canadien d’architecture honore l’homme et son œuvre de façon magistrale.MICHÈLE PICARD MiÉÜ ! !«( «iüiï 1 ©FONDS PHYLLIS LAMBERT.COLLECTION CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE/CANADIAN CENTER FOR ARCHITECTURE Photographie de Ludwig Mies van der Rohe et de Phyllis Lambert devant la maquette du Seagram Building, New York, tirée de l’article «The Birth of a Building», The Seagram Spotlight, octobre Si l’homme fiit un maestro, l’exposition au CCA est un coup de maître! Les pièces présentées permettent de refaire le chemine ment d’un nouveau langage architectural par l’un de ses plus illustres représentants du XX' siècle.L’exposition trace aussi un portrait plus intimiste de l’homme en faisant découvrir des extraits de sa bibliothèque personnelle en plus de certaines œuvres d’art qu’il affectionnait.Ixiin de s’arrêter aux artéfacts tirés d’archives méconnues, le musée a commandé des photographies contemporaines, maquettes, animations assistées par ordinateur et plusieurs vidéos d’art, dont le magnifique Une journée ordinaire, œuvre de l’artiste Inigo Manglano-Ovalle ©CHICAGO HISTORICAL SOCIETY L’Esplanade du Westmount Square (1965-1968), Québec ¦ **#»**s*m' ’ qui, de plus, a assuré la mise en espace de l’exposition.D’entrée de jeu, il faut dire haut et fort que Mies est un des plus importants architectes de l’histoire du XXe siècle.Beaucoup a été écrit sur sa carrière, ses projets non construits et sur les réalisations qu’il a laissées.D revenait à Phyllis Lambert, directeur-fondateur du CCA «miesienne» par excellence, de mener à bien ce projet majeur avec la persévérance et l’envergure qu’on lui connaît, elle qui a collaboré, étudié et travaillé avec lui, entre autres à la conception du Seagram Building.Il a fallu des années de recherche et des dizaines de chercheurs pour mener à bien ce projet lancé à l’occasion du centième anniversaire de naissance de Ludwick Mies van der Rohe, en 1986.Cette recherche retrace la séquence des stratégies conceptuelles, l’évolution de la pensée et de la démarche conceptuelle de l’architecte.Elle verra son aboutissement dans deux expositions distinctes, Mies à Berlin, à New York l’été dernier, et maintenant Mies en Amérique, à Montréal.Retracer Mies New York a particulièrement bénéficié de la synergie des deux expositiçns, au Whitney et au MoMA.A l’instar de Montréal, des activités publiques onf soutenu le propos Mies.A titre d’exemple, un symposium d’un jour, «Mies in effect», s’est déroulé, au début de septembre, ré- unissant artistes, architectes et conservateurs sur l’architecture contemporaine, couronné par une discussion entre deux vedettes contemporaines de l’architecture, Rem Koolhaas et Jacques Herzog, auquel plus de 700 personnes assistaient Montréal, pour sa part, ajoute à l’exposition elle-même toute une panoplie d’activités parallèles.Judicieusement intitulé Mies révélé, le programme public du CCA explorera le concept d’espace dans l’œuvre de l’architecte.Des conférences, un forum public qui s’intéresse aux architectes ayant choisi d’intervenir sur les bâtiments de Mies, une série de films, une série de concerts, des randonnées pédestres organisées conjointement par le CCA Héritage Montréal et Docomomo Québec sur le Montréal dessiné par Mies et sur l’architecture moderne influencée par Mies, constituent l’enrobage de l’exposition montréalaise.Mies en Amérique Trop peu d’espace ici pour faire un portrait de l’homme à qui l’exposition consacre une publication de 791 pages (!).Trop connu et trop peu, Mies van der Rohe l’est assurément, du campus de l’IIT, à la maison Farnsworth et au Seagram Building, que tous peuvent identifier, peu connaissent sa quête réelle de l’espace et de la structure et sa recherche de la relation entre le monde bâti et l’esprit humain.L’expo le démontre.Dernier directeur du légendaire Bauhaus, architecte praticien, professeur et penseur, l’homme amorce une deuxième carrière dans la cinquantaine dans le Midwest américain, fief des aciéries, là où la découverte de la technologie américaine allait révolutionner son enseignement et sa pratique en aboutissant à la création de deux nouveaux types de bâ- 1955.liment l’ensemble de gratte-ciel et le pavillon à plan libre.L’effet de Mies L’exposition Mies en Amérique vaut à elle seule le déplacement pour qui se préoccupe un tant soit peu de la ville et du milieu de vie.Il est seulement dommage que Montréal n’ait pas deux institutions de l’envergure du CCA pour recevoir Mies à Berlin, ce complément indispensable à la compréhension, au-delà de l’Atlantique, de l’œuvre.Sans la venue de Mies en Amérique, il est clair que la ville et le gratte-ciel ne seraient pas les mêmes, le visage de l’Amérique et de sa ville serait atrophié de son identité actuelle, de son américa-nité.Mies, l’architecte du mouvement, de l’espace et de l’urbanisme, a été, par son art de bâtir avec simplicité en milieu urbain, élevé au rang de modèle.L’expo est ouverte au public à compter du 17 octobre.En complément au livre Mies in America, publié à l’occasion de l’exposi- tion, un livret bilingue présente le portfolio des photographies d’Ini-go Manglano-Ovalles, de Guido Guidi et de Richard Pare, accompagné des textes de Mies et de Phyllis Lambert m ichelep ica rd(q v ideotron.ca MIES IN AMERICA Au Centre canadien d’architecture 1920, rue Baile, à Montréal jusqu’au 20 janvier 2002 ARTS VISUELS Résidence occupée L’EFFET DU LOGIS 16 artistes français et québécois Studio Ernest-Cormier 3450 A rue Saint-Urbain Jusqu’au 20 octobre 2001 MARIE- ÈVE CHARRON Heureuse initiative que celle d’ouvrir au public le studio Ernest-Cormier.C’est dans ce bâtiment qu’a établi ses pénates l’exposition L'Effet du logis, qui réunit les travaux d’artistes québécois et français qui ont déjà bénéficié du programmes «Les Inclassables».En activité depuis 1998, ce programme de résidence d’artistes à caractère transdisciplinaire est né du partenariat entre l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ), le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et l’Association française d’action artistique (AFAA).Il s’agit donc d’une de ces infrastructures qui, depuis disons les 20 dernières années, voient le jour afin de favoriser le déplacement des artistes et les échanges culturels entre pays, l’axe géographique Québec-France étant ici privilégié.Présentée dans le cadre de l’événement «France au Québec - In saison», l'exposition offre un aperçu des exigences de migrations et de circulation auxquelles la création ne peut se soustraire.Le milieu de l’art contemporain n’est pas étranger, en effet, aux phénomènes de mondialisation et d’internationalisation constatés à plus grande échelle dans la société.A en croire une série de textes rassemblés par Guy Bellavan-ce dans l’ouvrage Mande et réseaux de l’art (Uber, 2000), il s’agirait même là d’un des aspects les plus révélateurs de la refonte actuelle du milieu de l’art et de ses implications, par exemple, sur les questions identitaires.Une part de cette réalité est livrée au visiteur qui se rend au studio Cormier, lieu où les artistes français séjournent dans la métropole.L’attention va d’abord, et avec raison, à la maison elle-même, conçue par l’architecte Ernest Cormier, un touche-à tout à vrai dire, qui a fait les belles heures de l’intelligentsia montréalaise au début du siècle dernier, moment précurseur de l’avènement d’une culture moderne au Québec.La découpe du plan et les magnifiques verrières font la singularité des lieux, de même que son attrait pour les recherches artistiques.C’est cette autre facette que permet d’entrevoir l’exposition, en fait celle la moins publicisée de la résidence pendant laquelle l’artiste rompt avec le quotidien et le familier, lorsqu’il est confronté, en un mot, à Tailleurs, pour s'adonner à la production ou encore à la recherche et à la réflexion.Habituellement voué au soutien à la production, le programme «Les Inclassables» voit donc sa vie prolongée ici avec un volet diffusion, par ailleurs occasion pour les organismes subventionnaires de réitérer leur engagement à l’endroit du projet Par la thématique «l’effet du logis», le commissaire Emmanuel Galland a voulu réunir des œuvres de manière à soulever les ficelles d’un propos lié à la résidence et aux expériences que peuvent en tirer les participants.Puisque les œuvres n'ont pas nécessairement été réalisées dans cette perspective, ni en fonction d’une telle rencontre, leur réponse au sujet s’articule parfois à partir de leur seule insertion au Ueu, le studio Cormier.H en va ainsi d’une exposition dont la direction n’est pas toujours clairement affirmée, ce qui peut certes nourrir quelques déceptions mais qui, malgré tout, n’exclut pas un intérêt certain pour la visite.À domicile Les œuvres ont été installées dans toutes les pièces, traçant ainsi un parcours au fil des trois étages de la maison.Certains travaux font du domestique en général une surface d’ancrage et résultent d’une inscription métaphorique au lieu.À l’entrée et dans la cuisine, les objets mécanisés de Gérard Boyer renvoient leur caractère dérisoire aux gadgets ménagers.La salle de bains devient un antre pour les révélations caustiques d’une galerie de personnages féminins interprétés avec éloquence par Mirelle Loup à travers une bande vidéo.Les chambres à coucher à Tétage ont perdu leur douce quiétude suite au passage de Louis Veillette et de Stéphane Phélippot.L’installation Comme on fiait son lit (2001) de Veillette livre un autoportrait qui ne fait pas l’économie de Tambiguité en liant mobilier de chambre à coucher et accessoires de contrôle, par exemple un fil barbelé.À proximité, le dispositif de Phélippot (Sans titre, 2001) se veut une réflexion à chaud sur les récents attentats terroristes à New York.La couverture de Libération titrant «11 septembre 2001» fait le motif du couvre-lit, lequel est surmonté d’une photographie d’avions de guerre, nouvelle icône, semble-t-il, d'une société frappée par l’effroi.Certaines œuvres tirent profit des propriétés physiques des lieux, l’argument pragmatique prévalant ici.La chambre noire sert d’excellent réceptacle pour la bande sonore Écran de fumée (2000) de Jean Rou-thier.Au salon, un divan permet d’apprécier un programme vidéo bien ciblé dont font partie les bandes de Patrice Duhamel, Manon Labrecque, Sacha Dieu et Nathalie Bujold.L’impact de la résidence, la période de réflexion qu’elle représente et les changements d’horizon qu’elle pratique concernent davantage d’autres œuvres; l’autoportrait de Jean-Patrick Pelletier fait du penseur son modèle, et les casques de vision de Diane Létour-neau modifient littéralement la manière de voit.Le jardin n’a pas échappé à l’occupation.A partir d’archives et des plans de la demeure, Patrick Coutu a procédé à l’excavation du terrain pour mettre au jour les fondations du bassin qui faisait le charme de la cour avant les travaux de réfection.Seule proposition à faire vraiment de la trame historique du studio son registre d’intervention, Le Bassin du jqrdin (2001) y parvient avec une terrible efficacité.Egalement réussie, Sleep 2, de Pascal Grandmaison, a pour surface de projection la paroi vitrée avant, s’offrant ainsi en spectacle nocturne visible depuis l’extérieur.Défilent un à un au sein d’un espace blanc des personnages impassibles qui jettent finalement leur dévolu sur un sac de couchage.Ces dormeurs bien particuliers ont une présence que la lumière provenant de l’intérieur rend énigmatique et qui donne aussi des airs de veilleuse géante au studio.D’une troublante poésie.VOTRE RÉSEAU DES MAISONS DE IA CULTURE ALFREDO ABEIJON ATELIER CIRCULAIRE ATELIER FOVEA PIERRE BLANCHETTE SYLVAIN P.COUSINEAU PASCAL OUFAUX MEI-KUEI FEU ANDREW FORSTER JÉRÔME FORTIN DIANE GOUGEON DOMINIQUE GOUPIL ISABELLE HAYEUR ÉRIC LAMONTAGNE VALÉRIE LAMONTAGNE MICHAEL MERRILL JAMES NEWMAN CARMEN RUSCHIENSKY ARMAND VAILLANCOURT HENRIVENNE MARY SUiyEE WONG 20 ANS DEVIE CULTURELLE VOUS INVITENT A LEUR RENDRE VISITE DANS LEURS ATELIERS > VISITE D’ATELIERS d* U h à 17 h le samedi 20 et le dimanche 21 octobre le samedi 27 et le dimanche 28 octobre VOUS INVITENT À LA MAISON DE LA CULTURE PLATEAU-MONT-RO/AL > EXPOSITION jusqu’au 28 octobre 2001 Mardi, mercredi et jeudi : de 13 h à 19 h Vendredi, samedi et dimanche : de 13 h à 17 h > TABLE RONDE SUR L’ATELIER D’ARTISTE Lejeudi 18 octobre à 19 h 30 > ENTREE LIBRE PROCUREZ-VOUS 14 BROCHURE-ITINÉRAIRE 4 LA MAISON DE LA CULTURE PlATEAU-M0NT-R0yAL 465, AVENUE OU MONT-ROYAL EST > RENSEIGNEMENTS (514)172-2266 WWW.VILLE.M0NTREAL.QC.CA./MAISONS Ville de Montréal EN COLLABORATION AVEC COBALT ART PUBLIC If VIDE DE L'ESPACE ESI UN PARADOXE Exposition collective de sculptures, peintures et installations de neuf artistes montréalais GILLES BISSONNET, PIERRE CRÉPÔ, NATHALIE DION, CLAUDE-PAUL GAUTHIER, DIANE GIGUIÈRE, MICHEL GUILBEAULT, CLAUDE LAMARCHE, ARMAND VAILLANCOURT ET FLORENT VEILLEUX.Jusqu' au 28 octobre 2001 Entrée libre L'Espace Vide 3207, rue Sainte-Catherine Est Exposition présentée en collaboration avec la maison de la culture Maisonneuve Renseignements : (514) 872-2200 ou (514) 220-5680 www.ville.montreal.qc.cayma isons VOTRE RESEAU 20 ANS °'DES MAISONS DEVIE DE LA CULTURE CULTURELLE arts médiatiques exposition du 11 au 28 octobre 2001, vernissage le mardi 16 octobre à 18h je pense iUNTVHçiilï Galerie dea ara rituels.Édifice U Fabnque, 255, boul.Charest Est, Québec.Ouverture du mercredi au vendredi de 9H30 à 16H30 ainsi que le samedi et le dimanche de 13h à 17h.Avec I appui du Conseil des Arts et des Lettres du Québec, du VT^ Congrès mondial de l'AISV et de l'Université Laval.parce que sens mari» bergeron, jean dubois, cric gagnon, lynn liugucs, maric-chrislianc mathicu.robert saucier, commissaire serge légarc
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