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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-10-20, Collections de BAnQ.

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£ I) £ V 0 I B .LES S A M EDI 2 0 ET DI M A X < Il E I 0 ( T II B B E 2 0 « I LE DEVOIR I I niversités mWËÊm ECHERCHES nstiane Ayotte chimiste de l'INRS a transformé é technique extrêmement po)ptue n uh puissant outil de sensibilisation un problème qui touche tout un àcun: la consommation effrénée «pilules miracle».1 \ Pierre Luaer «Les chercheurs sont branchés et sont à l'affût de leurs collègues partout dans le monde.» Le président de la Conference des recteurs du Québec rappelle que de 600 à 700 millions de dollars sont consacrés annuellement à la recherche par les universités québé- M L 1 '•;î*£'îÆvy ¦ I mm « /A .- I-j.- - , , Br v ' J, -JP' , mm lemique L% Imaginaire collectif s'est nourri de ces images du savant fou qui, seul dans un laboratoire, concocte à partir de rien, ou presque, des mixtures miraculeuses.La popularité d’un Albert Einstein ' découle de ce mythe, comme si son «E«Mc®» avait été le fait de la seule inspiration, géniale comme il se doit.Bien sûr, des échos d’un autre propos aussi se popularisent.L’industrie pharmaceutique est ainsi fort active à faire savoir, quand il question de brevets.combien la recherche lui coûte, en temps et en dollars, pour mettre au point un seul médicament: on parle alors souvent de centaines de millions et de décennies.En fait, les sociétés contemporaines se nourrissent de sciences, et de ses dérivés.Pour preuve, quand l’an dernier le ministre québécois de l’Education a annoncé l’établissement de contrats de performance avec les universités, accompagnés en contrepartie d’un financement meilleur pour les institutions les acceptant, nul ne s’est élevé contre la mesure.Ni les tenants de la libre entreprise, ni les sociaux-démocrates de toute nature.M.1 egault avqit l’appui de tous.A voir conunent les universités québécoises défendent leurs demandes, en regardant les réalisations qu’elles déposent, il semble en effet que les intérêts de toutes les parties soient rencontrés.A l’UQAM, le travail d’un Marc Incotte est spectaculaire.Comment ne peut-il pas l’être, ix>ur celui qui vient de recevoir une subvention de plus de 12 millions de dollars et qui se retrouve à la direction d’un groupe de 56 chercheurs provenant de 14 institutions universitaires?Qui peut s’opposer à l’objet de son étude, l’étude des causes de pollution et des solutions pour les,éliminer?A l’Université de Montréal, le vice-recteur à la recherche parle avec fierté de NanoQuébec, un regroupement universitaire dans le secteur des nanosciences et des nanotechnologies au budget opérationnel d’une dizaine de millions, somme qui exclut les salaires et les frais de laboratoire.Peut-on s'opposer à la,mise en place d’une expertise québécoise dans un domaine où les seuls Etats-Unis investissent annuellement près d'un demi-milliard de dollars?fit tous les Québécois aussi se félicitent quand les recherches du Labo ratoire de contrôle du dopage sportif de l’Institut national de la recherche scientifiques (INRS) sont la raison de la venue souhaitée à Montréal d’un organisme de contrôle à être mis sur pied par le Comité olympique international.Les recherches d’une Christine Ayotte semblent prendre alors tout leur sens, quand elle insiste sur l’aspect humain qui anime son travail.Les grandes universités québécoises, comme les écoles spécialisées ou les instituts, vivent de la recherche, justifient souvent ainsi leur action, à un point tel que le président de la Conférence des recteurs y voit la nécessité d’un rappel: «Pour ma part, je suis très, très préoccupé par le pain quotidien, par la vie quotidienne des universités, qui tourne autour des étudiants.C’est une mission éducative fondamentale qui est incontournable.À côté de l'aspect recherche, il y a la réalité des 250 000 étudiants qui fréquentent nos maisons en quête deformation, et dont on doit s'occuper.» Pierre Lucier insistera alors sur le fait que les nouvelles ententes contractuelles permettent d’abord l’embauche de nouveaux enseignants et rappellera par ailleurs combien les institutions du réseau qu’aussi il dirige, celui de l’UQ, «ont développé des créneaux d’excellence très adaptés à leurs régions».La double fonction de l’université, lieu d’enseignement et de recherche, se retrouve ainsi confirmée.Il demeurera toutefois toujours vrai que toute nation se considère plus grandie quand elle envoie un "Milou- dans l’espace que lorsqu’un adolescent réussit ses classes.Inévitable dans l’actuel univers de compétitivité où il faut miser de plus en plus sur l’innovation pouf garantir sa place sur des marchés commerciaux de plus en plus ouverts.A voir ce qui se passe dans les diverses universités québécoises, il apparaît clair que la filière académique fait tout pour qu’en sciences du moins, le Québec ait une bonne place parmi les sociétés dites avancées.Normand Thériault «¦ mm ¦I y V Jf RECHERCHES Université du Québec Page 3 Montréal Laval Sherbrooke Page 4 UQAM Page 5 McGill Concordia Polytechnique Page 6 ÉTUDIANTS Les revenus des futurs docteurs Page 5 PIM LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL > •*>» » «IIB • « n« ¦f nu Mu n ii u u n «MIIHM ** ««.«5 ilwH » A MTi 184 pages • 39,95 $ Jacques Lachapelle LE FANTASME MÉTROPOLITAIN Une visite’des hotels, magasins et édifices à bureaux de Montréal conçus entre 1905 et 1942 par les architectes Ross et Macdonald.Une contribution remarquable à l’histoire de l’architecture canadienne.Nombreuses photos couleur.Bernard Decaluwé, André Martens, Luc Savard LA POLITIQUE ÉCONOMIQUE DU DÉVELOPPEMENT ET LES MODÈLES D'ÉOUILIBRE GÉNÉRAL CALCULABLE Une vaste introduction méthodologique aux modèles d’équilibre général calculable et une application méticuleuse et nuancée aux économies en voie de développement.¦ mmm, * l,a politique économique du développement rt k* imwfetr.dequA tare finir A c*kjL«W< ill *% *»*»*ÉAt 544 pages • 49,95 $ Éléments de logique contemporaine François Lepage ÉLÉMENTS DE LOGIQUE CONTEMPORAINE Deuxième édition revue et augmentée Avec exercices et corrigés Appuyé par de nombreux exercices, l’auteur expose les méthodes et concepts élémentaires de la logique contemporaine dont la maîtrise est nécessaire pour qui veut aborder l’étude de la métalogique.282 pages• 29,95$ Coll.Paramètres Sous la direction de Joanne Guay ¦ PRÉCIS D’ANESTHÉSIE ET DE RÉANIMATION (4e ÉDITION) Rédigé par une cinquantaine de médecins provenant de France, de Suisse et des quatre facultés de médecine du Québec, ce guide traite de réanimation, d anesthésie générale, d’anesthésie loco-régionale, d’anesthésie selon le terrain et le traitement de la douleur.Un ouvrage qui constitue LA référence en son domaine.Précis d’anesthésie et de réanimation d» IMLWrtw** «J» >*»****> 620 pages • 80,$ 5!éographie 1 PHYSIQUE UATERNAIRE «•.Directeur : André G.Roy REVUE GÉOGRAPHIE PHYSIQUE ET QUATERNAIRE Paraît trois fois l’an.Publie en français et en anglais.Des notes et des essais inédits portant sur le Quaternaire et la géographie physique, notamment dans les milieux glaciaires et préglaciaires, actuels ou anciens.Directeur : André Clas REVUE META JOURNAL DES TRADUCTEURS -TRANSLATORS’ JOURNAL Meta Paraît quatre fois l’an.Traite de tous les aspects de la linguistique qui s’appliquent à la traduction et ü l’interprétation : théorie de la traduction, stylistique, études terminologiques comparées, traduction automatisée, etc.DISTRIBUTION FIDES H 2 I.K l» E V O I R .LES S A M E I) I 20 ET DI M A X (HE 21 o < T O B R E 20 0 SECHERCHE UNIVERSITAIRE IXRS-santé A propos de dopage Comment une technique de chimie met en évidence un véritable problème de société Christiane Ayotte, directrice du laboratoire de contrôle du dopage sportif de l’Institut national de la recherche scientifiques (INRS), fait souvent parler d’elle à propos de sa lutte contre le dopage dans les sports olympiques, mais ce qu’on sait moins, c’est que cette chimiste a transformé une technique extrêmement pointue — la spectrométrie de masse — en un puissant outil de sensibilisation à un problème qui touche tout un chacun: la consommation effrénée de «pilules miracle».CLAUDE LA F LE U R Professeur à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), Christiane Ayotte dirige le laboratoire de contrôle du dopage sportif de l’Institut Armand-Frappier.Ce laboratoire, mis sur pied à l’occasion des Jeux olympiques de 1976, est l’un des cinq au monde où l’on effectue des recherches visant à dépister les cas de dopage chez les athlètes.Environ à la même époque, Mme Ayotte réalisait des études en chimie et ce, simplement parce que, comme elle le relate, son cerveau semblait fait pour cette discipline! «Im chimie n’a certainement pas été pour moi une vocation, dit-elle.C’est probablement la rencontre de professeurs qui ont suscité en moi un intérêt, puis je crois que ça été une question d'affinités de raisonnement et de fonctionnement de cerveau que j’avais pour la chimie organique en général, et pour la spectrométrie de masse en particulier.» Technique de pointe C’est donc d'une façon plutôt étonnante que naît en elle le goût d’utiliser une technique de pointe qui permet de déterminer la formule des composés chimiques.A cette fin, elle utilise un appareil, le spectromètre de masse, pour «obliger» la matière à dévoiler de quels atomes elle est faite.L’appareil bombarde d’énergie des molécules qui se fragmentent alors, livrant ainsi la nature et les proportions des atomes qui les constituent.C’est au cours de ses études universitaires, nous dit Mme Ayotte, qu’elle a constaté à quel point elle possédait les capacités de concevoir une vue d’ensemble du procédé.Son doctorat en chimie organique en poche, elle entre au service de 1TNRS pour se consacrer à l’analyse des processus de décomposition des biphé-nyles polychlorés.L’équipe pour laquelle elle travaille recourt à des cultures bactériennes pour tenter de transformer ces déchets toxiques en composés inoffensifs.Grâce au spectromètre de masse, on analyse la nature des résidus obtenus afin de déterminer s’il s’agit de substances sans danger pour l’environnement.«Autrement dit, je possédais une technique d'analyse de milieux complexés et la problématique sur laquelle je travaillais était la dégradation des biphényles polychlorés à l’aide de souches bactériennes.» Puis, au début des années 1980, le programme canadien de contrôle du dopage sportif reprend de la vigueur étant donné la proximité des Jeux olympiques de Los Angeles.Christiane Ayotte se joint à celui-ci dans le but, espère-t-elle, d’appliquer la puissance de sa technique à la détection du dépistage chez les athlètes.C’est alors un véritable choc lorsqu’elle réalise qu’elle se trouve confrontée à une problématique avant tout humaine.«Je me rappelle encore, dit-elle, il était une heure du matin, et je me suis dit “Yes, ma méthode fonctionne!”.Mais trente millisecondes plus tard, ça été “Oups!, il s’agit d’un véritable individu qui est là.” Je n’étais donc plus en face d’une problématique scientifique et il a fallu que je me questionne sur ce que j'étais en train de faire puisque mes travaux avaient désormais des répercussions sur des personnes vivantes.» La chercheure se rappelle qu’à l’époque, l’usage de drogues était déjà largement répandu chez plusieurs fédérations et donc que sa technique confrontait beaucoup de monde.«Dans les années 1980, le dopage était vu, partout dans le monde, comme la façon de faire de l’haltérophilie et des lancers.Il a donc fallu que je me positionne d’une façon éthique.» Exploitation Réalisant qu’il s’agit d’un problème de société, elle s’est fait un devoir de rencontrer les athlètes et leurs entraîneurs.«Il a fallu que je fasse une étude de personnalité pour comprendre les phénomènes qui sous-tendent le dopage», explique-t-elle.Mme Ayotte a ainsi découvert un milieu propice au dopage où règne ce qu’elle appelle «le refus d’accepter les limites» et «une mauvaise gestion de l’échec et des limites personnelles».Il y a, consta-te-t-elle, une kyrielle de ramifications au dopage: «J’ai pris conscience que les athlètes, tout comme la société en général, sont victimes de leur vulnérabilité et de ce qu’ils sont exploités par des gens qui ne sont là que pour en tirer profit.» La spécialiste a même constaté depuis qu’il s’agit véritablement d’un problème qui s’étend à toute notre société.Entre autres exemples, elle lance: «Je suis cho- quée lorsque j’entends nos producteurs de viande dire qu ’ils n ’ont pas d’autre choix que d’utiliser des antibiotiques pour alimenter leurs animaux, sans quoi ils ne seront pas compétitifs.exactement comme nous disent les athlètes! Et, tout comme eux, nous sommes à la recherche de la pilule miracle!» À l’appui de ces propos, Christiane Ayotte relate avoir découvert «avec horreur» les pratiques répandues en production vétérinaire tout comme en production d’athlètes, et même en matière de compléments alimentaires.«L’industrie des compléments alimentaires est parvenue à nous vendre l’idée que, au même titre que les athlètes, nous avons besoin de poudres et de pilules miracle.Cette industrie, qui est milliardaire, est un lobby extrêmement puissant, au point même où on n’arrive plus à faire retirer du marché des produits et des hormones qu’on sait pourtant dangereux et qui se vendent n'importe où!» Du même souffle, elle souligne que quantité de gens croient aux vertus de l’échina-cée, du millepertuis, du ginko biloba et autres produits du genre.«Mais s’ils connaissaient la piètre qualité de ces produits, qui sont fabriqués par une industrie sensée se policer elle-même.» Elle dénonce en fait la propagande qui «débouche sur la banalisation de l’utilisation de “médicaments”.On est déresponsabilisé complètement de la gestion de notre santé et de la protection de notre intégrité physique».«Comme vous savez, enchaîne-t-elle, nous vivons dans une société éminemment scientifique et technologique et il y a trop peu de gens — et malheureusement trop peu de femmes —, qui cherchent à avoir une culture scientifique générale.Je trouve ça dommage parce que la connaissance nous permet d’appréhender la vie en société.Après tout, la connaissance, c’est une marche vers la liberté!» Nous brillons par nos recherches Classée parmi les dix plus grandes universités de recherche au illllllljijiliy T»!' " .- s s.' Canada, l’Université Laval offre un environnement exceptionnel de recherche à tous ceux et celles qui ont la passion de faire avancer les connaissances • Plus de 40 centres de recherche et instituts • Plus de 100 autres équipes de recherche • Plus de 150 millions de dollars en fonds de recherche • Plus de 1000 chercheurs • Bourses, stages, programme études-travail Affaires électroniques • Aménagement • Astrophysique • Bioinformatique • Calcul mathématique • Cancérologie • Catalyse • Création artistique • Développement de reniant • Économie agroatimentaire • Economie de (énergie • Elements finis • Endocrinologie • Environnement • Ethique • Eludes anciennes » Etudes mtfinationales • Etudes nordiques • Etrilles québécoises • Finance appliquée • Génie industriel et logiciel • Génie tissulaire • Génomique • Géomatique • Horticulture • Infectiologie • Infrastructures en béton • Ingénierie des proteines et protéomique • Lettres arts et traditions • Littérature québécoise • Macromolécules • Matériaux • Neurobiologie • Neuropsychiatrie • Nutraceutiques • Obésité et métabolisme • Océanographie • Optique photooique et laser • Patrimoine • Profession enseignante • Réadaptation physique • Reproduction • Réussite scolaire • Rhumatologie ?Sanie bucco-dentaire • Santé des populations • Sciences cognitives et psychosociales • Sciences du bois • Sciences forestières • Technologies de l'organisation réseau • Technologies de l'information • Technologies du Lut Jetez un éclairage nouveau sur votre avenir Visitez le site www.ulaval.ca ou composez le (418) 656-2131 poste 2764 ou le 1 877 7ULAVAL pour découvrir le large spectre de possibilités qui s’offre à vous aux 2' et 3' cycles.UNIVERSITE LAVAL Aujourd’hui Québec, demain le monde.4 L K DEVOIR.LES SAMEDI ' O ET DI M A N t II E l OCTOBRE • O O I.K ?E CH E R CH E UNIVERSITAIRE l ne entrevue avec Pierre Lucier l niversité du Québec Uuniversité au service de ses étudiants De 600 à 700 millions de dollars sont consacrés annuellement à la recherche Universités régionales et partenariat Un réseau au service des collectivités locales Partenariat, recherche libre, les universités québécoises ne s’opposent à aucun développement quand il est question de recherches.Les contrats de performance laissent entrevoir des jours meilleurs.Le président de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec explique.REGINALD HARVEY Les universités québécoises respirent plus à l'aise, financièrement parlant, depuis la signature des contrats de performance avec le ministère de l’Éducation.Elles bénéficient d’une nouvelle marge de manœuvre dans leurs opérations et sont passées de la stagnation, sinon de la régression, à un fonctionnement plus normal, voire même à un développement possible à certains égards.Avant tout, l’université poursuit la mission de former des étudiants qui contribueront par leurs compétences à l’essor des collectivités.Au chapitre de la recherche universitaire, les progrès ont été spectaculaires et les budgets ont grimpé en flèche au cours des dix dernières années.Les institutions de haut savoir figurent au cœur des débats des sociétés, auxquelles elles fournissent un apport intellectuel incontestable.Voilà quelques-uns des sujets abordés et des points de vue exprimés par le nouveau président de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), Pierre Lucier, qui est aussi le président de l’Université du Québec.Dès le départ, il pose le constat suivant «Les contrats de performance ont modifié deux choses.D’une part, il y a un apport réel d’argent neuf ce qu’il faut dire.Deuxièmement, ceux-ci ont aussi changé le type de rapports avec le gouvernement.On est maintenant dans une relation à caractère contractuel.Nous ne sommes pas les premiers à découvrir cela et l’entente ne porte pas sur la totalité du budget, mais le ministère a voulu inscrire son réinvestissement dans une perspective contractuelle.Voilà deux modifications très importantes qui portent à la fois sur le contenu et le contenant.» Des sommes appréciées mais insuffisantes A l’examen des contrats de performance, il est possible de voir de quelle façon se traduiront dans la réalité l’injection de fonds nouveaux.«Les conséquences se font sentir du côté de l’embauche de nouveaux profs, ce qui est un élément important.De l’argent sera également investi du côté de l’équipement, de la programmation et du développement.Comme les universités partaient de loin, il y a des dépenses qui avaient été consenties à l’avance et qu’il faut maintenant fi- nancer.Essentiellement, on est du côté du développement de l'embauche», informe le président.Quant à savoir si cet argent comble tous les besoins, la réponse est claire: «Non.C’est insuffisant.Les sommes injectées sur une période de trois ans servent à peine à revenir à la situation qui existait en 1993-1994.On répare les pots cassés, on revient à ce qu ’on était.Je tiens tout de même à dire qu’on apprécie ce pas en avant.On n’est pas du genre à ne pas s'apercevoir que ce sont les contribuables qui passent à la caisse, mais il ne s’agit que d’une étape.Force est de constater qu’au moment où on se parle, les concurrents continuent à progresser Au terme des trois années que durent les contrats, et même avant, on va reprendre le bâton de pèlerin parce qu 'on ne rattrape pas le retard qui s’est produit.Présentement, on fait juste diminuer notre décélération», analyse-t-il.M.Lucier considère que certains objectifs fixés par les contrats sont réalistes: «Par exemple, un certain type de développement du côté de l’embauche de profs, si on peut être capable d'en trouver, est possible.Je crois aussi qu’il se produira une croissance réelle des taux de rétention et de “diplômation”dans la mesure où on peut améliorer l’encadrement.Du côté de l’équilibre budgétaire, j’évalue que c’est réaliste également.» Cela dit, il atténue ainsi la portée de son diagnostic: «On échelonne les prévisions sur les taux de “diplômation" sur une période approximative de dix ans.Je ne dispose pas d’une boule de cristal pour prévoir aussi loin dans le temps ce qui va réellement se passer d’ici là.Ce qui est très important, c’est qu’une courbe positive de progrès s’installe.On est bien décidé à tout mettre en œuvre pour que cette courbe soit positive.» D’un cycle à l’autre Durant la période de disette des universités, il a été question de resserrer les règles d’accès des étudiants au 1er cycle.Le président examine cette approche d’écrémage sous deux aspects: «Si écrémer veut dire n’accepter que des gens qu’on croit capables d’atteindre les objectifs du 1” cycle, il s’agit là d’un bel écrémage.Mais, si on laisse de côté des gens dont on connaît pertinemment les possibilités de réussite parce qu’on veut se rendre la tâche plus facile en choisissant les plus forts, là on se retrouverait avec un gros drame LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE : UN ATOUT MAJEUR POUR LA SOCIÉTÉ La FOPPU rappelle la mission fondamentale de l’Université : la production et la diffusion de connaissances; ces deux éléments demeurant indissolublement liés.Si la production des connaissances relève surtout de la recherche, leur diffusion prend de multiples formes dont l’enseignement et les services à la collectivité.Qu elle soit fondamentale ou appliquée, la recherche universitaire doit demeurer libre et critique.Il appartient à l’Etat d’en permettre la réalisation dans un très large spectre de disciplines.La FOPPU salue les professeures et les professeurs qui sont les principaux artisans de la recherche universitaire.Elle rend aussi hommage aux collaborateurs étudiants et professionnels de recherche qui s’associent à cette démarche pour notre société.FOPPU Téléphone 514-H43-5953 Site Web : httpHwww.fqppu.qc.ca LA REVUE DE LA RECHERCHE www.acfasxa/decouvrir aintenant en kiosque v A de conscience, voire même un drame de portée sociale.» Aux '3' et 3' cycles, les universités ont connu des hausses de clientèles sensibles au cours des dernières années.M.Lucier identifie une aun e tendance qui a pendant la même période marqué les etudes supérieures: «Les étudiants sont engagés plus massivement qu’auparavant dans des gros projets de recherche, lis sont plus vite impliqués dans de tels projets qui les mettent en contact avec de vastes équipes; celles-ci possèdent des contacts au-delà de leurs institutions et revêtent même un caractère international.» line recherche en évolution Au Québec, la recherche s’est diversifiée et a connu un bond en avant spectaculaire au cours des derniers dix ans.Le président de la CREPUQ laisse savoir qu’elle s’est d’abord transformée en termes de volume, au point où ce dernier atteint maintenant entre 600 et 700 millions de dollars annuellement.Elle revêt aussi un caractère beaucoup plus international.«Les chercheurs sont branchés et sont à l’affût de leurs collègues partout dans le monde», dit-il.Sur un autre plan, les barrières résistent difficilement de nos jours entre les différentes catégorie?de recherche.A l’hpure actuelle, la recherche universitaire déborde les cadres institutionnels et le maillage avec le secteur privé se poursuit allègre ment.«C’est là une tendance occidentale incontournable qui s’avère assez positive à condition de ne pas y perdre son âme.Il faut que la recherche fondamentale libre s’exécute», croit-il.D’autre part, les étudiants retirent des avantages de cette collaboration: «Pour l’étudiant c’est plutôt positif.Celui-ci se forme dans un contexte de recherche où le poids de la réalité est très fort, où il y a des attentes et des perspectives qui accompagnent la volonté de développement des connaissances.» Il reste à trouver le juste équilibré entre les intérêts en cause et les objectifs visés par les partenaires de recherche.«De manière globale, nos chercheurs universitaires demeurent dans une mouvance tout à fait saine.On peut dire que le développement de la recherche avec le partenariat a apporté aux étudiants, de même qu'aux chercheurs, des contextes plus réels qui n 'empêchent pas du tout l’éclosion de connaissances plus fondamentales.D’ailleurs, l’université ne détient pas le monopole de la recherche fondamentale et de grandes entreprises investissent dans ce domaine», sou-ligne-t-il encore.Université et société Il y a un rapprochement entre universités et société dans le monde moderne.«L’université est au cœur des débats de société.Le vrai enjeu à ce sujet, me semble-t-il, c’est de déterminer la nature correcte et équilibrée du genre de rapports que nous entretenons.L’université est d'abord là pour former des étudiants», constate le président.D'aucuns parlent des universités seulement en termes de boîtes de recherche.«Pour ma part, je suis très, très préoccupé par le pain quotidien, par la vie quotidienne des universités, qui tourne autour des étudiants.C’est une mission éducative fondamentale qui est incontournable.L'enjeu du finance: ment de base repose là-dessus.À côté de l’aspect recherche, il y a la réalité des 250 000 étudiants qui fréquentent nos maisons en quête de formation, et dont on doit s’occuper», fait valoir finalement Pierre lucier.président de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec.L’ Université du Québec forme 1 un réseau de plusieurs constituantes, au nombre desquelles figurent six universités qui prennent racine dans différentes regions du Quebec.Trois-Rivières, Rimouski, Hull, le Saguenay-Iuc-Saint-Jean et l'Abitibi-Témisca-mingue abritent chacune d'entre d'elles et Montreal jouit d’un statut autonome.A bien des égards, les citoyens de la plupart de ces régions entretiennent des liens étroits et privilégiés avec ces institutions qui, en plus de propager le savoir, sont associées de près aux réalités locales.le président de l'Université du Québec considère que les relations entre universités et milieux «sont tricotées très serré à tous égards.On a l'impression que ces universités font partie des gros arbres qui tiennent la terre dans ces régions».Loin de s'atténuer au (il du temps, ce phénomène poursuit sur sa lancée.«Il y a une espèce de proximité, de complicité et de partenariat, à la fiiis sur les plans social, culturel et socioéconomique.Ce sont des universités très branchées sur leurs milieux qui forment une partie importante des ressources humaines les plus qualifiées.Celles-ci contribuent également à garder les gens sur le territoire d'appartenance.En plus, elles ont développé des créneaux d'excellence très adaptés à leurs régions.Par exemple, il n’est pas étonnant de voir qu'à Rimouski, on fait dans les sciences de la mer», fait observer le président.11 est bien connu que les cégeps connaissent en région des diminutions de clientèle, qui risquent de s’accentuer au cours des prochaines années.Les universités régionales pourraient être affectées par ces pertes d’effectifs.«Elles mettent les institutions en difficulté.Ça n'a pas encore atteint de plein fouet l'université, mais c’est une question de temps et de court tenue avant qu elle ne soit touchée», constate M, lucier.Selon lui, il arrive toutefois que les prévisions démographiques soient déjouées par un ensemble de facteurs sociaux en emergence pour des raisons variées.11 dresse ainsi le bilan actuel de la situation: «Au cœur du Québec, les derniers chiffres montrent qu 'il y a du fléchissement.En Abitibi-Témiscamingue, ça commence à tirer un peu.Au Sa-guenay-Dic-Saint-Jean, ça n'est pas encore très evident, mais c'est inévitable.A Hull, ils sont en développement parce que le bassin démographique est en croissance.Dans le bas du fleuve, c'est en difficulté, mais ils attirent par ailleurs des clientèles de l’extérieur à cause de leur créneau d'excellence.» Régions et mondialisation Le premier défi auquel sont confrontées les constituantes régionales de LUQ est celui de la mondialisation.«Elle le sont dans le sens que ces unites demeurent sur le plan quantitatif de taille modeste-dans l’ensemble.Dans le contexte d'une énorme concurrence, dans relui de la prédominance des grosses institutions et d'un mouvement de fusion, il est évident que nous ne sommes plus à Père du Small is beautiful.Dans cette perspective, il y a des limites qui sont plus facilement atteintes dans des milieux qui sont moins gros.Donc, au moment où les affaires se “continentalisent", il est certain que ces universités doivent se battre deux fois plus.C'est un défi de taille pour celles-ci et le fait que nous soyons constitués en réseau représente un atout en leur faveur.Il est plus facile à plusieurs qu'en solitaire de firmer des masses critiques de poids», constate Pierre Lucier, président de l’Université du Québec.R.H.'If ,, - m Soutenir la connaissance La recherche est la base du développement des connaissances et la pierre angulaire du progrès et du développement de toute société.Pour soutenir le développement des activités de recherche, le gouvernement du Québec a modifié le mandat des fonds subventionnaires à la recherche et a créé un nouveau fonds.Le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture reprend, en les élargissant, les fonctions du CQRS qu'il remplace.Les domaines de recherche qu'il couvre incluent les sciences sociales et humaines, les arts elles lettres.Le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies remplace le Fonds FCAR; son action porte sur la recherche et la formation en sciences naturelles et en génie.Par ailleurs, le mandat du Fonds de la recherche en santé du Québec a été élargi à l'ensemble de la recherche sur la santé, comprenant la recherche fondamentale, clinique et épidémiologique, la recherche en santé publique et la recherche sur les services de santé.Ces changements fourniront, j'en suis sûr, aux chercheuses et chercheurs du Québec un accès facilité aux sources de financement dont ils ont besoin pour mener à bien leurs travaux de recherche de plus en plus complexes et en constante évolution.Le ministre délégué à la Recherche, à la Science et à la Technologie, -èl DAVID CLICHE /'-'y » I Québec a a \ F I L E I) E V 0 I H L E S A M E l> 0 ET I) I M A X € HE 2 1 U C T 0 B R E 2 0 0 1 m: HE RC HE UNIVERSITAIRE Université de Montréal Université Laval Le monde de l’infiniment petit Im nanoscience et NanoQuébec Quand la recherche travaille au milliardième de mètre, tout est petit.Pensez à une flotille de robots que l’on pourrait injecter dans le sang afin qu’ils effectuent une opération chirurgicale.C’est le secteur des nanotechnologies.PIERRE VALLÉE Les nanosciences et les nanotechnologies sont deux disciplines scientifiques qui se sont développées ces dernières années de façon exponentielle.Rappelons que les nanosciences et les nanotechnologies sont des disciplines de l’infiniment petit, un nanomètre mesurant un milliardième d’un mètre.Un atome, par exemple, peut avoir entre 0,1 et 0,4 nanomètre.Les progrès qui ont été accomplis dans ce domaine ainsi que les applications que la recherche lais-; se entrevoir sont révolutionnaires et soulèvent l’enthousiasme de la 'communauté scientifique dans le monde entier.«C’est un domaine très vaste et il comprend l'électronique, les particules, les matériaux biologiques et les polymères, explique Joseph Hubert, vice-doyen à la recherche à la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal, l/s enjeux sont énormes.Aux Etats-Unis, on investit dans les nanosciences environ un demi-milliard de dollars par année.Au Japon, c’est de l’ordre de 3 Faites plus amples connaissances- www-uqam-ca En levant le voile sur l’univers de (’infiniment petit, en vous ouvrant la voie vers de grandes recherches scientifiques, l’Université du Québec à Montréal vous emmène au cœur d’un pays de connaissances, là où la rigueur et l’excellence font loi.Avec ses programmes reconnus dans le monde, ses laboratoires et équipements ultramodernes, son approche scientifique interdisciplinaire et sa pédagogie dynamique, l’UQAM est indiscutablement une université de premier choix pour les sciences.> Faites plus amples connaissances' UQAM sciences * I LE DEVOIR.L F.S SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 OCTOBRE 0 0 I F f» RECHERCHE UNIVERSITAIRE Polytechnique McGill Plaidoyer nucléaire Le titulaire de la Chaire Hydro-Québec en génie nucléaire insiste: le retour au nucléaire est une nécessité.MYLENE TREMBLAY Pour connaître l’origine de l’implication de l’École Polytechnique dans le domaine du nucléaire, il faut d’abord remonter à la construction de la première centrale nucléaire, Gentilly 2, par Hydro-Québec.Én créant l’Institut de génie nucléaire en 1970, l’École répondait ainsi au besoin criant de formation de personnel spécialisé de la société d’État.Une dizaine d’années plus tard, le Groupe d’analyse nucléaire spécialisé dans les calculs numériques en physique des réacteurs voyait le pur.«Le Groupe a donné un solide coup de main à Hydro-Québec en dotant l'entreprise d'une capacité analytique nécessaire pour assurer le suivi des réacteurs, le renouvellement des permis d’exploitation et la préparation des rapports de sûreté, raconte Daniel Rozon, directeur de l'Institut de génie nucléaire et titulaire de la Chaire Hydro-Québec.Au milieu des années 80, on évalua toutefois que la formule n'était pas nécessairement appropriée au cadre universitaire.C’est à ce moment-là que j'ai proposé de créer une chaire en génie nucléaire.Ça revenait moins cher à Hydro-Québec et nous donnait toute la latitude voulue pour nous faire valoir dans un contexte académique.» Depuis 1988, donc, la Chaire de professeurs en génie nucléaire œuvre dans la continuité des intérêts de recherche en logiciel de neutronique.Car si la Chaire est financée en majeure partie par Hydro-Québec, elle conserve toutefois un certain degré d’autonomie pour exercer des recherches dans différents domaines.«C'est le seul programme au Québec qui offre des études graduées en génie nucléaire.» 9 Problème d’image Dans les années 70, une perception favorable du nucléaire faisait en sorte que beaucoup d’étudiants étaient inscrits à l’Institut.On ne peut en dire autant depuis une vingtaine d'années.«L’industrie nucléaire en général et les programmes de génie nucléaire dans les universités en particulier souffrent d’un problème d’image, note Daniel Rozon.Il en résulte qu’on a des populations étudiantes relativement faibles aujourd'hui.» Pourtant, «la filière de l’eau lourde a vu le jour ici, sur le campus de l'UdM pendant la Deuxième Guerre mondiale.Les chercheurs ont été en Ontario et ont créé le laboratoire nucléaire de Shark River, qui a donné naissance à l’Énergie atomique du Canada et conduit éventuellement à la filière CAN-DU», dit Daniel Rozon.Mais se produisent les incidents majeurs de Three iVlile Island en J979 et de Tchernobyl en 1986.«Évidemment, on parle de deux réacteurs accidentés sur plusieurs centaines de réacteurs qui fonctionnent depuis des dizaines d’années.Ce n ’est quand même pas endémique.Ces incidents malencontreux ont fait le tour du globe.» A partir de 1985, les problèmes de vieillissement se sont mis à happer durement les centrales.Hydro-Ontario annonçait ainsi en 1997 la fermeture de sept centrales nucléaires sur 20.«Le public pensait alcjxs que c'était une bonne affaire de les fermer avant que ça nous saute en pleine face, déplore Rozon.Rour-tant, sur les sept centrales fermées, quatre ont été achetées par des intérêts privés.Ils vont réinvestir dans ces centrales et les repartir.» La réalité, poursuit M.Rozon, c’est qu’on est en train de mettre en application des programmes évoluas d’entretien et de réfection.A l’époque où les centrales ont été construites, la norme était de 30 ans.Sur les cent réacteurs en fonctionnement, une vingtaine ont déjà obtenu une prolongation de leur permis.Une nouvelle réalité commence donc à faire surface.Les centrales nucléaires seraient rentables et auraient une durée de vie supérieure à 30 ans, à condition d’y réinvestir des fonds.«C’est ce qu’on se propose de faire à Gentilly d’ici quelques années.Des centaines de millions seront injectés, ce qui nous fera gagner une vingtaine d’années de fonctionnement de la centrale.» L’avenir Il est maintenant possible de représenter en 3D sur ordinateur toute une centrale jusqu’au dernier boulon, permettant ainsi d’optimiser la construction de la centrale.De plus, les systèmes eux-mêmes ont été améliorés.«On parle donc des réacteurs de prochaine génération.Il nous reste encore cinq ans avant d’être en mesure d’offrir sur le marché des CANDU de nouvelle génération.Ces réacteurs vont être au bas mot de 30 à 40 % moins chers.Ils vont être plus fiables et plus sécuritaires.C’est là-dessus que travaille la Chaire depuis une quinzaine d’années.» Pour Daniel Rozon, il est donc clair que le nucléaire se pose comme une solution aux problèmes environnementaux, où 80 % des besoins énergétiques proviennent des hydrocarbures.«La Chine construit à tous les trois ans autant que tout ce que produit Hydro-Québec en termes d’électricité.Ils vont essentiellement étouffer l'atmosphère avec leurs réserves mondiales de charbon.» Car les déchets produits par la centrale nucléaire Gentilly 2, par exemple, quoique hautement dangereux et radioactifs, sont stockés sous un dôme d’où rien ne s’échappe.«On pourrait les laisser là encore pendant cent ans sans problème.Si on avait mis là à la place le charbon brûlé pour produire la même quantité d’électricité, ça ferait une montagne qu’on verrait de Trois-Rivières.» Selon lui, la raison prendra tôt ou tard le dessus sur les mythes, ce qui aura pour effet d’enclencher la renaissance du nucléaire d’ici cinq ou dix ans.«Cest pour ça qu 'il ne faut pas fermer l’Institut de génie nucléaire, il faut persister.On a quand même des acquis, des gains.Il y a un sérieux rattrapage à faire au niveau de l’image.» Intelligence artificielle Le Centre de recherche sur les machines intelligentes (CLM) de l’Université McGill voit plus loin que la science-fiction.CLAUDE LAFLEUR Depuis une quinzaine d’années, l’Université McGill s’est dotée d’une équipe de chercheurs multidisciplinaire spécialisée dans les «machines intelligentes».Évidemment, qui dit machine intelligente entrevoit immanquablement des robots de forme plus ou moins humaine et capables d’interagir avec nous.Cependant, les chercheurs de McGill s’intéressent à un domaine nettement plus vaste puisque leurs «robots» se retrouvent déjà un peu partout autour de nous.Pour Vincent Hayward, directeur du Center for Intelligence Machine (CM) de l’Université McGill, les machines intelligentes sont bien davantage que des robots de science-fiction.Les spécialistes qualifient de machine intelligente tout système capable de percevoir son environnement de façon plus élaborée que simplement mesurer des paramètres, qui possède la faculté de prendre des décisions à partir de ce qu’il perçoit et qui peut aussi agir ou influencer l’environnement pour le modifier dans un but précis.«Si donc une machine possède ces trois caractéristiques, précise M.Hayward, on appelle ça un système intelligent puisque tout porte à croire que les animaux et les hommes possèdent ce genre de facultés.» Le Centre de recherche sur les machines intelligentes a été créé en 1985 par quatre professeurs du Département de génie électrique de McGill, qui se sont associés à des collèges des Départements de génie mécanique, biomédical et des mines et de la métallurgie ainsi qu'avec des confrères en science informatique.Aujourd’hui, le CLM compte 16 professeurs, une douzaine d'ingénieurs-chercheurs et plus d’une centaine d’étudiants.Robotique et systèmes Cette équipe a principalement pour objectif de faire progresser les connaissances fondamentales reliées aux systèmes intelligents, notamment dans les sphères de la robotique, de l’automatisation, de l’intelligence artificielle, de la vision par ordinateur et de la reconnaissance de la parole ainsi que de la théorie des systèmes et du contrôle.«Ce qui nous intéresse, c’est de reproduire de manière artificielle l'intelligence humaine, précise le directeur du CIM.C’est là un vaste domaine qui, à l’origine, se confondait pratiquement avec la robotique.Cependant, depuis une quinzaine d’années, le domaine s’est étendu à une multitude d’applications, de sorte que la robotique ne représente plus qu’un aspect relativement particulier.» Vincent Hayward explique que les machines intelligentes se sont d’ailleurs répandues un peu par- tout dans notre société moderne du simple fait que quantité de nos appareils possèdent des capacités de calcul grâce aux microprocesseurs dont ils sont dotés.Il cite l’exemple d’une simple camera vidéo qui possédé les capacités de traiter ses prises de vue en appliquant différents algorithmes et filtres.«Les systèmes intelligents se sont aussi étendus par-delà la production de biens manufacturés à toute sortes de produits de consommation, constate-t-il, alors qu’ils ont de plus en plus souvent pour but d’interagir avec des personnes.» Parmi la panoplie d’exemples de machines intelligentes présentes dans nos vies, le spécialiste relate celui du traitement de l’imagerie médicale.«Nous cherchons à rendre les images médicales plus facilement utilisables et à automatiser leur utilisation en fonction des usagers.En particulier, certains de mes collèges travaillent sur ce qu ’on appelle les problèmes de segmentation qui consistent à parvenir, dans une image complète, à isoler automatiquement des structures afin d’assister les praticiens qui normalement font ça à l’œil.» D’autres chercheurs du CM se consacrent aux processus de fabrication à grande échelle, notamment dans les usines de pâtes et papiers et de fabrication de l’acier.«Dans une usine moderne, la méthode de conduite du processus consiste à mesurer la qualité du produit et à corriger le processus directement en ligne et d’une manière constante, en plus de pouvoir prédire, en fonction de la demande, quels sont les paramètres qui vont optimiser la production.» Bien entendu, le CM est de surcroit un important centre de formation de spécialistes qui, par la suite, œuvrent un peu partout dans la société.M.Hayward précise que les étudiants qui possèdent une formation en machine intelligente disposent de quatre voies d’avenir.D’une part, une portion d’entre eux crée leur propre entreprise.«C’est un petit sous-ensemble, dit-il, mais non négligeable puisque très important: depuis une dizaine d’années, environ 28 de nos étudiants sont sortis du centre pour créer quelque chose à partir des recherches qu ’ils ont faites ici.» Dans l’ensemble, toutefois, les gradués du CM vont travailler en entreprise, très souvent dans les laboratoires de recherche-développement des grandes sociétés.«Nos étudiants sont très en demande, par exemple, dans les entreprises de télécommunication, dans l’industrie de la géomatique et dans celle des produits de consommation.» Un troisième groupe de gradués joint les centres de recherche gouvernementaux; ainsi, ces dernières années, plusieurs d’entre eux ont été recrutés par l'Agence spatiale canadienne.Finalement, nombre d’autres font carrière dans les universités un peu partout à travers le monde.«Nos étudiants sont très très en demande!», lance fièrement le directeur du CM.Concordia Entente industrielle L’Institut pour la conception et l’innovation aérospatiales de Concordia (ICIAC) accueille en son sein l’industrie aérospatiale.PIERRE VALLÉE Institut pour la conception et r l’innovation aérospatiales de Concordia (ICIAC) a été inauguré au mois de novembre 2000.C’est donc un tout nouveau venu dans le monde de la recherche scientifique et il a élu domicile à l’Université Concordia.C’est aussi l’idée de M.H an y Moustapha, actuel directeur de 11CIAC.M.Moustapha occupe le poste de directeur de technologie, de formation technique et de collaboration chez le constructeur de moteurs d’aéro-nefe Pratt et Whitney.C’est en tant que directeur chez FVatt et Whitney que lui est venue l’idée de l’ICIAC.«Dm de séjours en Europe, en Angleterre notamment, j’avais remarqué des centres de recherche qui fonctionnaient différemment.Le concept m’intriguait et je me suis demandé si on pouvait l'importer ici à Montréal, fai donc visité plusieurs universités et c’est l’Université Concordia qui la première s’est montrée intéressée.» Comme son nom l’indique, l’ICLAC s’intéresse à la recherche dans le domaine aérospatial.L’Institut s’adresse aux étudiants du premier cycle en génie et leur pro- pose des projets de recherche reliés à l’industrie aérospatiale.«Contrairement au programme traditionnel de coopératives ou de stages en entreprise, notre approche est différente et nouvelle.Nous faisons le parcours contraire: ce n'est pas l’étudiant qui vient à nous, c'est plutôt l’industrie aéronautique qui se déplace vers l’université.» Le fonctionnement de l’ICIAC D’une part, l’ICIAC est une créature de l’industrie aéronautique et c’est elle qui défraie la note.L’entreprise Pratt et Whitney y consacrera 1,2 million $ sur une période de cinq ans.Les partenaires de l’ICIAC, outre Pratt et Whitney, sont Bell Helicopter, Bombardier, CAE, CMC Electronics, EMS Technologies et Héroux.LTCIAC est affilié à la Faculté de génie et sciences informatiques de l’Université Concordia.Les étudiants retenus sont tous du premier cycle et ils sont triés sur le volet, nous assure Hany Moustapha.Cette année, on compte 30 étudiants.Ces derniers réalisent des projets de recherche sur des problèmes précis et pratiques fournis par les entreprises et qui leur se- ront utiles dans la fabrication de leurs produits.Les frais de recherche sont défrayés par l’entreprise et les étudiants sont rémunérés.Les projets ont une durée de 400 à 500 heures et le taux horaire moyen est de 20 $ l’heure.Les travaux de recherche se font dans les locaux de l’ICLAC ainsi que dans les entreprises.«Nous cherchons à ce que les projets soient les plus flexibles possibles.» Cette approche offre plusieurs avantages.D’une part, cela permet aux étudiants en génie de se familiariser avec l’industrie aérospatiale tout en s’intégrant à une entreprise pendant la durée du projet.«Cela permet de former les étudiants selon les besoins réels de l'industrie et plusieurs d'entre eux trouveront des emplois à la fin du baccalauréat du simple fait qu’ils sont maintenant connus dans une entreprise.» D’autre part, l’industrie aérospatiale se rapproche de l’université où se trouvent les travailleurs spécialisés dont elle a besoin.«Cela assure une visibilité à l'industrie et en fait la promotion.C’est une situation de ga-gnantgagnant.» De plus, comme la plupart des entreprises dans le domaine aérospatial à Montréal sont partenaires de l’ICIAC, cela crée une synergie entre elles.«L’ICIAC crée un noyau entre les entreprises, ce qui permet de partager les connaissances.» Il don- ne en exemple les travaux de recherche de Julie Francœur, qui portent sur les vibrations d’un moteur d’hélicoptère.Le moteur est fabriqué par Pratt et Whitney, l’hélicoptère par Bell Helicopter et Mme Francœur fait la navette entre les deux entreprises et l’Institut.Une idée qui fait du chemin Selon Hany Moustapha, Montréal est la capitale aérospatiale du monde.Contrairement à Seattle et à Toulouse, où se trouvent respectivement Boeing et Airbus, Montréal possède l’ensemble des entreprises qui permettent la conception et la fabrication entière d’un aéronef.«Montréal est unique en ce sens qu ’on y trouve tous les champs de spécialisation.Nos universités, Concordia, McGill, LETS et Polytechnique, sont en mesure de former une main-d’œuvre en fonction de ces spécialités.C’est un avantage formidable.» Voilà pourquoi il considère que la création de 1TCIAC est un pas dans la bonne direction et il espère que l’idée essaimera.Déjà, un .institut semblable verra le jour à l’École Polytechnique auquel Pratt et Whitney consacrera 1,4 million sur cinq ans.Et il ne verra pas d’un mauvais oeil la création d’un institut montréalais en recherche aérospatiale regroupant l’ensemble des universités et des entreprises.PLUS QUE DES RECHERCHES Des solutions L’Institut national de la recherche scientifique (INRS), un réseau de centres de recherche de premier plan, contribue à l’avancement des connaissances et à la formation de chercheurs dans des domaines de haute priorité scientifique et technologique.Fort d’une expertise qui combine le génie, les sciences naturelles, les sciences biomédicales et les sciences sociales, l’INRS agit là où le sollicitent les enjeux collectifs : • Nanofabrication et applications de technologies laser • Communications sans fil • Étude des changements climatiques et de leurs effets sur les écosystèmes • Biodégradation de polluants agricoles, industriels et municipaux • Développement de technologies environnementales et d’outils de gestion • Élaboration de vaccins et de médicaments • Contrôle du dopage sportif • Études autochtones, démographiques et urbaines • Analyse de phénomènes sociaux et culturels L’Institut offre également 23 programmes d’études de 2' et de ÿ cycle, en lien avec ses thématiques de recherche.De plus, les étudiants inscrits à l’INRS reçoivent un important soutien financier.m Université du Québec Institut national de la recherche scientifique La science en action pour un monde en évolution Téléphone: (418) 654-2500 www.inrs.uquebec.ca Avec plus de 50 unités de recherche se partageant un budget de 43 millions, l’École Polytechnique de Montréal est le leader de la formation et de la recherche en ingénierie u tWi.(P Derrière I innovation se révèle Polytechni Pour en savoir plus sur les programmes de formation à la maîtrise et au doctorat, composez le (514) 340-4929 ECOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL ifNf www.polymtl.ca
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