Le devoir, 27 octobre 2001, Cahier C
I E DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET D I M A X ( HE 2 S 0 (' T O B R E 2 0 0 THÉÂTRE Question de conscience Page C 3 s’i CINÉMA Face-à-face amoureux Page C 7 LE DEVOIR H / CINÉMA Le splash Pitof Son Vidocq ouvre demain le 20' Festival international eu Abitibi-Témiscamingue avant de prendre l’affiche dans nos salles le 2 novembre.Premier film tourné en caméra numérique haute définition, Vidocq transforme le Paris de 1832 en un univers de science-fiction conjugué au futur antérieur, ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il est arrivé au cinéma par la porte des effets spéciaux.Or, les effets spéciaux au cinéma français n’ont repris de la graine que depuis une dizaine d’années.Derrière ceux des Visiteurs, de Delicatessen, de La Cité des enfants perdus, d’Astérix et Obélix, de Jeanne d’Arc, il y avait toujours le même homme: Pitof.Pas étonnant alors qu’on retrouve aujourd’hui Pitof à la direction de Vidocq, œuvre d’effets spéciaux s’il en est II s’agit du premier film tourné en numérique haute définition et du premier film tout court de Pitof.Sorti il y a cinq semaines en France, Vidocq a récolté deux millions d’entrées, séduit surtout les ados, en se faisant, côté cour, éreinter en général par la critique.Pitof dit qu’il faut le voir comme un pur divertissement, comme un spectacle, fi précise s’être inspiré des jeux vidéo que regardait son fils pour l’écriture du film.A son avis, le cinéma français peut donner la réplique aux films américains sur le terrain du divertissement, mais il doit le faire avec des codes nationaux.«Le cinéma français en était un de divertissement à la base, précise-t-il.Depuis la Nouvelle Vague, ces productions-là ont mauvaise réputation auprès des puristes.Il nous faut remonter cette pente.» Après avoir travaillé avec Jeunet et Caro sur Delicatessen et La Cité des enfants perdus, Pitof avait suivi Jean-Pierre Jeunet à Hollywood pour le tournage de Alien: La Résurrection.H tenait la barre des effets spéciaux mais endossa aussi le rôle de réalisateur de la deuxième équipe.Lui qui rêvait depuis toujours de devenir cinéaste, il y puisa une confiance en lui.De retour en France, il se chercha un projet, tomba sur celui de Vidocq.Le film allait l’emmener à diriger Gérard Depardieu (dans la peau de Vidocq, évidemment), mais aussi André Dussolier, Guillaume Can et, Inès Sastre, etc.Vidocq appartient à l’histoire.Il est cet ancien bagnard devenu chef de police puis détective privé à Paris qui révolutionna les méthodes d’enquête policière en France.Jean-Christophe Grangé, VOIR PAGE C 2: PITOF riTURE Hfcnte MIKHA1I.KAI.MYKOV use On ne la savait pas chanteuse.On ne le savait pas auteur de chansons.Et pourtant, c’est bien un spectacle de chansons que Marie-Christine Barrault vient présenter dans le cadre du Coup de cœur francophone de Montréal.MARTIN BILODEAU Ce sont bien des textes de son époux, Roger Vadim, que Marie-Christine Barrault interprétera sur la scène de la Maison de la culture Frontenac, les 8 et 9 novembre.Deux soirs, donc, pour une double surprise, qui survient un an et demi après la disparition de l’homme qui lança BB (dans Et Dieu créa la femme) et qui partagea avec la coqueluche de Cousin cousine les douze dernières années de sa vie.Déjà, au bout du fil, on sent la présence souriante et sincère de quelqu'un qui est né du bon côté de la vie.Marie-Christine Barrault, nièce 4c Jean-Louis Barrault qui lui fit faire ses premières armes au théâtre avant qu’Eric Rohmer ne la lance au cinéma dans Ma nuit chez Maud, est à mettre dans une case à part, entre la star de la vérité et la voisine mythique.Peu de gens, de ce côté-ci de l'Atlantique, la savaient mariée à Roger Vadim.La nouvelle nous est parvenue en février 2000, en même temps que l’annonce du décès, à 73 ans, du cinéaste de Barbarella et de La Bride sur le cou, qui fut aussi le conjoint de Jane Fonda et de Catherine Deneuve.Au milieu des années 90, Marie-Christine Barrault, que Vadim a fait jouer dans quelques téléfilms et a dirigée au théâtre, lui demande de lui écrire des textes de chansons, qu’elle confiera ensuite au compositeur Jean-Marie Sénia, ami et complice depuis vingt ans.Vadim s’exécute, et Sé-nia — qui travaille dans l’intervalle avec Hannah Schygulla — met la note finale quelques semaines avant que Vadim ne succombe à un cancer.Nous sommes en février 2000.Marie-Christine Barrault joue en tournée dans la pièce Barrage contre le Pacifique, de Marguerite Duras.Pendant ses jours de congé, elle travaille avec Sénia à la création du spectacle, conçu lentement mais devenu plus urgent depuis la disparition de son cocréateur.Fin mars, les chansons de Vadim (Les Mamans, La Servante et le Brigadier, etc.) sont lâchées comme des ballons d’hélium: des chansons réalistes et coquines, qui résonnent comme les sketchs d’un boulevard doux-amer, que Marie-Christine Barrault, depuis, peaufine sur scène, promettant aux Québécois, auxquels elle n’a pas rendu visite depuis sa participation à Jésus de Montréal, une version quasi définitive du spectacle qu’elle a intitulé L’Homme rêvé.Est-ce que chanter les chansons écrites par Vadim relève pour vous d’un processus de deuil ou d’un élan de survie?C’est un peu tout ça.Sauf que les chansons, j’avais l’intention de les chanter bien avant.Le spectacle a pris une forme liée à sa disparition.Pas de l’ordre de la tristesse, mais plutôt de l’ordre de l’élan vital qu’on peut ressentir après la disparition de quelqu’un, à la fois pour accepter cette disparition et pour faire en sorte que la personne ne disparaisse pas complètement Roger Vadim projetait l’image d’un séducteur et d’un cinéaste maudit.Est-ce que les gens ont été surpris de voir naître en lui, après sa mort, un poète et un parolier?Une des joies de ce spectacle, c’est de le faire découvrir sous un angle tout à fait différent Tellement de gens avaient de fausses idées sur Vadim.Mais il était très libre dans sa tête et ne voulait pas employer son énergie à faire changer l’image que les gens se disaient de lui.Ce qui importait pour lui, c’était que ceux qui étaient proches de lui, ceux qu’il aimait le voient comme il était Où situez-vous votre voix, dans ces mots de lui écrits pour vous?Vadim me connaissait tellement, il m’avait tellement entendue ou regardée, il m’aimait tellement qu’il a trouvé des mots qui sont vraiment les miens.Entre Vadim et moi, il y avait une grande relation au niveau des mots.MMMH 'S-, J À quoi tient, selon vous, le malentendu qui a opposé Roger Vadim et la critique?Dans le spectacle, il y a un moment où on entend la voue de Vadim, tirée d’une entrevue qu’il a donnée à la radio, où il dit qu’il y a toujours eu des malentendus entre la critique et les créateurs, et qu’en France, c’est d’autant plus difficile pour quelqu'un qui donne l’impression d’être un "milliardaire de bonheur», avec des femmes très beUes à ses côtés.D disait que ça, la critique ne le pardonne pas.VOIR PAGE C 4: VADIM û C 2 1.K I) E V IM H , LES SAMEDI 27 ET D I M A .V C H E 28 OCTOBRE O O 1 Culture PITOF PERFORMANCE SUITE DE LA PAGE C 1 l’auteur des Rivières pourpres, écrivit ce scénario original à partir du personnage de Vidocq et imagina une histoire loufoque à caractère fantastique dans laquelle un alchimiste au visage de miroir semait la terreur.Pitof le réécrivit avec lui par la suite.Faire un film d’époque?Pitof n’en avait pas envie, mais un thriller surréaliste campé en 1830, pourquoi pas?«Four comprendre une époque que je n’ai pas connue, j’ai créé m univers à partir de peintures futuristes du temps, celles de Çustave Moreau par exemple.A cause de ses contrastes de couleurs, de ses touches de lumière dans un ciel sombre.» L’attrait du numérique était pour Pitof une question d’esthétique.«Il donne une texture d'image sans grain et une profondeur de champ que l’on n'obtient pas avec la pellicule.» Autre vertu du numérique: il permet de travailler les effets spéciaux directement à l’image, sans avoir besoin de scanner.Dans un film comme Vidocq, les décors réels alternent avec les images digitales.Les plans d’ensemble sur Paris son créés sur ordinateur, tandis que l’antre de l’alchimiste, entre autres, est reconstituée en studio.«Dans un film conventionnel, environ 70 % du film se fait au tournage.Dans Vidocq l'apport du tournage au produit final est réduit à 30 %.Le reste est conçu en postproduction.» Moins cher, le numérique?Pas nécessairement.Vidocq a coûté 150 millions de francs (32 millions SCAN).La forte somme.Pitof, qui n’avait jamais dirigé de comédiens, voulait leur éviter l’embarras de jouer sur un fond bleu qui serait ensuite digitalisé en postproduction.«Les acteurs n’ont pas souffert de cet apport technique.Je les ai fait tourner souvent en studio, dans des châteaux près de Faris ou des rues de Bordeaux.Four eux, le tournage ressemblait à un autre.Mais la caméra était plus souple.J'usais de grands angles.Je créais un autre rapport avec l’image.» Plutôt que de courir après Depardieu en le suppliant de jouer dans son film, Pitof s’est retrouvé en situation inverse.«C’est Depardieu qui voulait jouer dans le film.Le côté numérique l’excitait.» Le cinéaste se félicite d’avoir eu affaire à des professionnels qu’il n'avait pas besoin de trop diriger.«Les costumes, les décors les aidaient à se réincarner dans la peau de leurs personnages.» Pitof caresse quelques projets, dont un qui témoignera de sa passion du pilotage.Pour l’instant, il en est encore à accompagner Vidocq, s’envole avec le film pour le Japon et croise les doigts en espérant qq'il trouvera un distributeur aux Etats-Unis.Fermières à l’œuvre Les Fermières obsédées, ce n’est pas seulement un nom accrocheur.Depuis plusieurs mois, ce collectif de quatre filles étonne grâce à un art action où la parodie se mêle à la démesure.Après de solides performances au Lieu ainsi qu’à l’événement Incube, elles s’emparent ce soir et demain d’un local commercial inutilisé de la rue du Pont, à Québec, afin de surprendre de nouveau.Parrainé encore une fois par le centre en art actuel Le Lieu, cette action-destruction en deux jours intrigue déjà.On tente d’en apprendre davantage sur cette démarche des plus surprenantes.DAVID CANTIN Lorsqu’on rencontre Annie Baillargeon, Mélissa Charest, Eugénie Cüche et Catherine Plaisance, la discussion s’anime plutôt rapidement.Chacune n’hésite pas à débattre du rôle et des intentions des Fermières obsédées.«Au dé- À travers ces actions, à la fois parodii Fermières obsédées ne cherchent pas SOURCE LES FERMIERES OBSEDEES jues et critiques du sens même de la vie quotidienne.Les 5 s’exclure du grand public.part, on pensait à une sorte de complot.On voulait choisir un nom que les gens retiendraient et intervenir dans différents contextes.Pour nous, $0 Ji “TT] y /*» Uxuà IL, ILS OKI CONQUIS LE MONDE.ILS VOUS CONQUERRONT.I r i % \ * ÀC‘!.Les Génies de la mer Chefs-d’œuvre de la sculpture navale du Musée national de la Marine à Paris dull octobre 2001 au 17mars 2002 au Musée du Québec S * II g- 11 •si iî i| ScS -o E fi* 2^ O Musée national de la Marine MUSEE DU QUÉBEC Québec "" Le Musée du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec (4181643-2150 1 866 220-2150 www.mdq.org AfT Radio-Canada Télévision Bureau de la Capitale Nationale Québec la performance renvoie à une image qui se met en branle.Même s’il y a une grande préparation derrière ce qu’on fait, tout se passe à partir de différents phénomènes de construction et de déconstruction.» Comme le cercle des fermières du folklore québécois, ce projet artistique s’intéresse beaucoup au tissage ainsi qu’aux contraintes comme sources d’inspiration.Lors d’une manœuvre récente, avec l’aide de perruques et de costumes, les quatre jeunes femmes s’entouraient de tissu au cou dans une sorte de rituel qui semblait conduire jusqu’à l’asphyxie.Prisonnières de leurs vêtements et de leur image, une tension s’installait au cours du processus, le tout dans le but de remettre en question les limites mêmes de l’individu dans une société organisée.Comme l’explique Catherine, «à travers cette mise en scène, il y a certaines étapes à suivre.On aime jouer autour d’un schéma de fabrication et de préparation.L’uniforme, le maquillage puis l’enchaînement en boucle de la performance suivent un parcours flexible.On souhaite qu’une dramatisation du temps s’enclenche.Cela n’empêche pas non plus une perte de l’intention initiale.Cela fait partie de la matiœuvre en soi».A travers ces actions, à la fois parodiques et critiques du sens même de la vie quotidiertne, Les Fermières obsédées ne cherchent pas à s’exclure du grand public.Comme en témoigne cet événement hors galerie, il y a la le désir de créer à un endroit presque clan- Les Fermières obsédées veulent aussi se faire connaître à l’extérieur du milieu, parfois restreint, des arts visuels.Tout cela dans le but de faire circuler une pratique, un engagement esthétique, de même qu’un univers féminin sans pudeur.destin.«Évidemment, on ne veut pas trop en dire.Ce soir, c’est la première partie qui donnera lieu à la performance en tant que telle.Demain, on veut que les personnes reviennent transformer ce qui restera de l’installation.On terminera ensuite avec une projection vidéo.On souhaite une sorte d’happening hybride», précise Mélissa.Une chose demeure certaine, Les Fermières obsédées veulent aussi se faire connaître à l’extérieur du milieu, parfois restreint, des arts visuels.Elles ont d’ailleurs en tête, pour bientôt, un projet de machine distributrice et de petits objets à collectionner.Tout cela dans le but de faire circuler une pratique, un engagement esthétique, de même qu’un univers féminin sans pudeur.Sur fond de couture et de broderie, Les Fermières obsédées travaillent certainement dans le but d’élargir les conceptions, un peu né buleuses, que plusieurs maintiennent à propos de la performance.De plus, elles participent à un enthousiasme nouveau de la part d’une relève en art action à Québec.En fin de semaine, quelque chose d’inusité se produira sans doute au 390 de la rue du Pont, à Québec.Un filon à suivre.TRANCHEZ - COUPEZ -HACHEZ Action performative et installation des Fermières obsédées En collaboration avec le centre en art actuel Le lieu Les 27 et 28 octobre 390, rue du Pont Québec Le Groupe de la Veillée présente Parole de la Compagnie Non de Nom et de la Compagnie du Cercle [France] 1 t MWM kwé.DU 9 NOVEMBRE AU 1" DECEMBRE MAXIM GAUDETÎE £ " .A i> f ^ djfë Dons le cadre de l’evenemeot Fr.mœ au Québec la saison M saison sentemhrv novembre ?0C1 Atelier-rencontre animé PAR LE CONTEUR AbBI PaTRIX Dimanche 11 novembre 16h Entrée libre RSVP 514,526.6582 • * v 44 ~ I Du 9 au 13 ¦ — fl fl**® novembre 2001 ^31 1 B 20h au Theatre PROSPERO M.».1371, rue Ontario.Est était une fois.Bih 514.526.6582 un conteur Abbi Patrix Admisse 790.1245 une chorégraphe Pascale Houbin Tarif régulier 22S et un comédien sourd Lèvent Beskardes E,ud'antGroupe us Parole un ob/et spectaculaire parfaitement inaccoutumé.- Le Monde Un baume fluide et doux comme les mouvements de la danseuse Pascale Houbin, essentiel et apaisant comme les contes d’Abbi Patrix, mystérieux et élégant comme les signes que façonne avec ses mains le comédien sourd, Lèvent Beskardes.Libération LOUIS CHAMPAGNE •af NORMAND D'AMOUR % IEAN PETITCLERC • t -e 19 Jr : r ai# *•« LES TROIS MOUSQUETAIRES D’ALEXANDRE DUMAS l’ElU LE CHEF-DŒUVRE DE DUMAS EN CHAIR ET EN OS! Adaptation PIERRE-YVES LEMIEUX Mise en scène : FERNAND RAINVILLE Avec Maxim Caudette, Louis Champagne, Normand D'Amour lean Petitderc, Cari Béchard, Myriam Poirier, Joël Marin, Dominique Leduc, Louis-David Morasse, Raymond Legault, Manon SMules Robert Véiina, Cary Boudreault, Marc St-Martin, Suzanne Bolduc, Anne-Marie Desbiens Concepteurs lean Bégin.Mario Bouchard.Claude Coumoyer, Jean-François Gagnon Attain Roy, Patricia Ruei, Michel Smith.Mireille Vachon Jeudis et vendredis 20 h ; samedis.16 h (Matinées et soirées scolaires en semaine.10 h 50,15 h JO etl9 h) BILLETTERIE : I (su) 253-8974 DENISE-PELLETIER ADMISSION : (514) 790-1245 4553, rue Sainte-Catherine Est 1 800 361 -4595 admission.com ?•: Papineau ou Viau, autobus 34 ?•: Pie K, autotxjs 139 c m 4 LE DEVOIR.LES S A M E 1) I ET DI M V X ( Il E 2 S O ( I O R R I •_» O O I ?} ?T H É À T R t' Une question de conscience Parler du théâtre a quelque chose qui HERVE GUAY / Elise Guilbault s'apprête à incarner Antonietta dans Une journée particulière d'Ettore Scola a la Compagnie Jean-Duceppe, du 31 octobre jusqu'au 8 décembre.D s'agit du seul rôle original qu’el-le ait accepté au théâtre depuis bientôt trois ans.une rarete de la part d’une interprète d'une intensité souvent bouleversante.Pour autant, on ne peut pas dire qu'Elise Guilbault ait disparu de la circulation.Au contraire, elle est plus présente que jamais, au petit comme au grand écran.Mince consolation pour ceux à qui elle a manqué, la principale intéressée souhaite dorénavant prendre rendez-vous avec le théâtre une fois par an.En s’éloignant de la scène, Elise Guilbault se dit toutefois convaincue d’avoir perfectionné davantage son instrument grâce à la télévision et au cinéma Comme la caméra capte tout, elle y a développé le sens de la spontanéité et de l’abandon.En un mot, elle est devenue encore plus consciente de ce quelle projette.Aveu nullement anodin de la part d’une interprète habituée à ciseler ses rôles comme un véritable orfèvre.Mais l'exjgen-ce extrême que s’impose Elise Guilbault n’existe pas premièrement en fonction de ce que les autres vont penser d’elle.«J'ai une exigence de ne pas m'ennuyer, dit-elle, d’abord envers moi-même.Par ennuyer, je veux dire faire et refaire toujours les mêmes choses.Il faut dire que ça ne m ’intéresse pas de faire une copie d’une copie.Et comme jouer c'est faire semblant: faire semblant de faire semblant ne m ’intéresse pas non plus.C’est bien assez de jouer.À un moment donné, répondre aux mêmes exigences de la part d’un metteur en scène revient à se retrouver en train de faire semblant de faire semblant.Je préfère que l’on me détourne de moi-même pour travailler autrement de l’instrument dont je dispose.» Jusqu’au bout Au théâtre, les rôles qu’on lui a confiés l’ont obligée à se dépasser plus souvent qu’à son tour.Que l’on pense à la Leila des Paravents de Genet, à la lady Anne de Richard III.à l’Hermione de Racine, à la Candy des Restes humains de l’Al-bertain Brad Fraser ou encore à l’Albertine enragée de Tremblay.Rôles d’une énormité qui semble avoir décuplé en elle le désir d’aller jusqu’au bout dans l’exercice d’un métier, qui ne pardonne pas.Pour elle, une bonne actrice ne doit pas craindre de se rendre du très beau jusqu’au plus laid.Elise Guilbault croit en outre qu’un acteur doit posséder culture et curiosité.Elle risque une comparaison avec les événements du 11 septembre.A son avis, la tragédie du World Trade Center nécessite de vastes références historiques si l’on veut finir par comprendre un tant soit peu ce qui se passe.Il en va de même des acteurs dont la curiosité doit aller de l'infiniment grand à l’infiniment petit.«Pour comprendre ce que nous faisons, avance-t-elle, il est important de savoir d’où nous venons, qui a inventé à dire / lKi-\.' Les Cahiers de théâtre Jeu fêtent leur centième numéro au Lion d'Or Pour Élise curiosité.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Guilbault, un acteur doit posséder culture et quoi, ce qui s’est fait hier et ce qui se prépare demain.» Connaissances, bien entendu, absolument essentielles quand une actrice consent à jouer dans une œuvre aussi ancrée dans l'histoire que l'est Une journée particulière, qui a pour toile de fond l’Italie fasciste, occupée à dérouler le tapis rouge à l’occasion de la visite à Rome du Führer.Au surplus, Elise Guilbault est ravie de se sentir au diapason de ce qu’exprime Ettore Scola dans sa pièce.Projet dont elle avoue qu’il lui faisait peur, au début, étant donné que la pièce de théâtre a été tirée d’un film.Très belle réalisation marquée par des interprètes aussi inoubliables que Sophia I-oren et Marcello Mastroianni, à qui elle et Yves Jacques seront forcément comparés.Mais le fait de travailler en compagnie de quelqu’un doté d’un sens théâtral aussi sûr que Serge Denoncourt a calmé ses appréhensions.Pourtant, dans un métier où tant d’acteurs admettent s’en remettre aveuglément au metteur en scène, Elise Guilbault fait figure d’exception.«J’ai compris que l’acteur a une responsabilité dans le fait de décrocher certains rôles, sans doute parce qu’il a besoin d’aller dans une direction plutôt qu’une autre.En fait, c’est un savant mélange de milliers de petits choix qui finit par lui tracer une route.» Ce qui n’empêche pas Elise Guilbault de se considérer comme une actrice docile vis-à-vis du metteur en scène, dont elle attend surtout un amour inconditionnel pour les acteurs et la sensibilité nécessaire pour qu’il puisse s’adresser à cha-cui) en fonction de sa personnalité.A mi-chemjn d’une carrière bien remplie, Elise Guilbault rêve moins de grands rôles que d’inter- de Sébastien Harrisson mise en scène de René Richard Cy r ave c Andree Lachapelle James Hyndman Gerard Poirier Dominique Quesnel Frédérique Collin Violette Chauveau Stéphane Simard Evelyne Romprè Yves Amyot Benoît Mc Ginnis Xavier Lamoureux Frédéric Belanger Patrice Belanger Jean-Sebastien Lavoie Pascal Patenaude Marie-Helène Racicot tes concepteurs Gabriel Tsantpalieros Marie-Pierre Fleury Martin Labrecque Nicolas Rollin Georges William Scott Angelo Barsetti DU 23 OCTOBRE ® AU 17 NOVEMBRE 2001 m] mM ; m m une création du THÉÂTRE .D'AUJOURD'HUI 3900, rue Saint-Denis.Montréal (métro Sherbrooke) (514) 282-3900 Direction : _ Rene Richard Cyr, Jacques Vérins mvw.theatredaujourdhui.qc.CB a.Lrs Arts du Mourier prêter des femmes de son âge.Chaque fois que la chose lui est arrivée, l’expérience lui est apparue conune particulièrement enrichissante, en phase avec ce qu’elle était en train de vivre.Tôt ou tard, elle se verrait tout aussi bien toucher au théâtre expérimental.Prochainement, elle tentera de démystifier l’émotion auprès des apprentis acteurs.«Ce qu'un acteur a à atteindre, dit-elle, c’est un état.Et ce n’est pas nécessairement parce que ta mère a jeté ta suce quand tu avais deux ans.Le plus souvent, l’état appartient au personnage.Et pour le porter comme acteur, il mus appartient d’endormir une partie de nous-mêmes, d’en réveiller une autre, d’en faire mourir une cru d’en ressusciter une autre.Parce que notre métier consiste à être à l’affût de tout.Notre travail vise donc à découvrir le chemin pour parvenir à cet état.» Car mêmç si elle y revient moins souvent.Elise Guilbault continue tout de même à considérer le théâtre comme le socle de son travail.«Le théâtre joue dans ma vie le rôle d’un mari, de grand compagnon de vie.Les autres [formes d’expression] sont des personnes incontournables, que j’ai le goût de connaître mais pas nécessairement avec qui j'ai envie de passer toute mon existence.En revanche, j’espère avoir toujours envie de jouer au théâtre.Et ce serait un grand chagrin que de me lever un beau matin sans l’envie d’y jouer de nouveau.» MICHEL BELAI R LE DEVOIR JL/ te à dimension humaine, une frontière presque abordable même si on ne l'atteint que rarement: 100 ans, 100 milles à l’heure, 100 tXX) volts.Quand on fonde un magazine, par exemple — et plus encore une revue culturelle qui, par definition, s'adresse à un petit public spécialisé —, le centième numéro est une sorte d’Everest plus ou moins mythique auquel on ne pense même pas.C’est pourtant l’un de ces petits Himalaya qui sera franchi le 3 novembre, lorsque le centième numéro des Cahiers de théâtre Jeu se pointera en kiosque.Et 25 ans après le premier numéro, il devient intéressant de se demander avec la patronne d’aujourd’hui.Louise Vigeant, pourquoi et pour qui on écrit une revue culturelle, fin octobre 2(XM.De traces et de présence «Im question est pertinente, répond-elle, énergique.Je me la suis posée douloureusement en écrivant l'éditorial de ce centième numéro quelques heures après les événements du II septembre.C’est qu’au même moment, les Français de l’Odéon-Théâtre de l'Europe jouaient ici L’Orestie d’Eschyle, une pièce écrite il y a 2000 ans et dans laquelle on essaie de démonter le mécanisme de la violence.Oui, bien sûr, notre travail est pertinent: peut-être plus encore dans des moments de crise.Surtout que, dès le premier numéro, Jeu a toujours choisi de parler du théâtre qui a quelque chose à dire, qui fait penser, qui fait réagir.» On passera rapidement sur la petite histoire en soulignant que Jeu a vu le jour à l’hiver de 1976 à l’instigation de notre ex-collègue Gilbert David, aujourd’hui professeur à l'Université de Montréal, et de quatre autres cofondateurs, dont Lorraine Hébert, qui est encore active dans le milieu.Tout ce qui grenouille et scribouille autour du théâtre ici depuis 25 ans a écrit dans Jeu à un moment ou à un autre (à commencer par moi, je le confesse)./«« est une sorte de mémoire imprimée.«C’est littéralement la trace du théâtre québécois», comme le dit justement Louise Vigeant.Mais Jeu n’est pas qu’une trace, aussi importante soit-elle; c’est une revue vivante qui prend position et qui provoque des débats.«Jeu est un des rares lieux de réflexion sur la pratique théâtrale, reprend Louise Vigeant.Nos analyses sont plus poussées, plus fouillées que celles de la presse quotidienne ou électronique: nous avons de l’espace et nous avons du temps.Nos textes n’ont pas d’incidence sur le succès d’un spectacle puisque nous paraissons bien après la mise au rancart de la production, mais nous nous adressons à tout le monde: à tous les types de prati riens du milieu, aux etudiants, aux comédiens et aux profs.Même si nous ne courrons pas tous les spectacles de toutes les compagnies, nous sommes très présents.Comme chaque numéro s’appuie sur un dossier mettant en relief toutes les facettes du metier [Jeu a publié des dossiers sur l’écriture dramatique, le costume, le comédien, la scénographie, la mise en scène, alouette], nous nous appuyons aussi sur le milieu nous faisons partie du milieu II y a aussi qu'avec le temps, nous en sommes venus à mettre sur pied une maison d’édition et à créer des événements comme Entree libre, par exemple, une sorte de forum que nous tenons quatre fois far année sur des thèmes divers et auxquels les gens participent beaucoup.Ij' prochain aura lieu dans le cadre du Salon du livre, le 1S novembre, et portera précisément sur la question que vous m’avez posée tantôt: qui écrit pour qui?» Uipise Vigeant est aujourd’hui professeur au cégep Edouard-Montpetit; lorsqu’elle arrive à Jeu en 1983, c'est pour se charger du dossier spécial de la revue consacré à Vie et mort du roi boiteux (le numéro 27).Elle accède au comité de rédaction en 1991 (pour le numéro 50, qui portait sur le rôle du théâtre dans la société actuelle), puis devient rédactrice en chef en 1998 — c'est elle bien sûr qui a piloté ce numéro 100.En fait, plus l'entrevue avance, plus les exemples concrets s’accumulent et plus je la vois penser en fonction de numéro: le 94 (sur rengagement), le 52 (le théâtre expérimental) ou le 5 (le Grand Cirque ordinaire), le 97 (les figures masculines de la scène québécoise) ou le 37 (la photographie de théâtre).Plus le lien entre la revue et le milieu devient évident aussi; il allait presque de soi de fêter le centième en invitant tout le monde au Lion d’Or lundi qui vient.Le bilan est assez impressionnant, il faut le reconnaître.Encore plus pour une petite équipe formée de collaborateurs qui bouclent leur budget dans des cégeps ou Dieu sait où et dont le noyau dur compte à peine huit personnes.tire à 1200 exemplaires, quatre fois par année, compte 700 abonnés, dont certains jusqu’en Corée, et reçoit des subventions annuelles totalisant environ 150 000 $ des trois Conseils des arts.C'est une équipe tricotée serrée.I.ouise Vigeant est fière de souligner que le comité de rédaction de la revue compte des membres de «toutes» les générations, de la vingtaine jusqu’à la soixantaine.C’est peut-être pour cela que Jeu ne sent pas le vieux ou le cénacle.Et qu’on lui souhaite encore une centaine de numéros.U PLANCH0N ET LE TNP DE FRANCE À MONTRÉAL, UN ÉVÉNEMENT À NE PAS MANQUER ! Titanica, la robe des grands combats.Edmund C.Asher.ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE ROGER PLANCHON DÉCOR, COSTUMES ET LUMIÈRES Luciano Damiani MUSIQUE Jean-Pierre Fouquey SON Stéphane Planchon AVEC Roger Planchon Anna Prucnal Claude Lévèque Nathalie Krebs Denis Benoliel Blanche Giraud-Beauregardt René Morard Frédéric Sorba Élise Le Stume theatre du rideau vert Théâtreeto "Saisis OU MOU VF Al l iVIONOE ¦L HIVER DE FORCE D'APRÈS LE ROMAN DE RÉJEAN DUCHARME TCHEKHOV Mise en scène et adaptation de Lorraine Pintal Avec Céline Bonnier, Alexis Martin Marie Tifo, Anne-Marie Cadieux, Pierre Curzi Brigitte Lafleur, Monique Mercure Billets en vente dès maintenant: 866-8668 WWW.TNM.QC.CA • DÈS LE 13 NOVEMBRE En COPRODUCTION AVEC LE FESTIVAL DE THÉÂTRE DES AMÉRIQUES 18 comédiens, musiciens et danseurs ! UNE PRÉSENTATON DE ALSTOM DU 13 NOVEMBRE AU 8 DÉCEMBRE 2001 Un spectacle du TNP-VILLEUHBANNt, en coproduction avec La Maison de la Culture de Loire-Atlantique et avec le soutien du Conseil Régional RMoe Alpes, ERAI, le Conseil Général du Rhôr>e et la SPEDIDAM Cette manifestation est présentée dans te cadre de la carte blanche aux collectivités temtonales de France au Québec/la saison (514) 844-1793 • www.rideauvert.qc.ca Aussi disponible en abonnement : (514) 845-0267 SPEXEL Affichage \sfral A/ir/m i F.DEVOIR.LES SAMEDI Ey D 1 M ANCHE 2 S OCTOBRE 2 O O Cullure- C H A N S O QUINZE ANS DE COUP DE CŒUR FRANCOPHONE .c *7* - r ' \ m i SOURCKS: C OUP DK CŒUR FRANCOPHONE Vadim SUITE DE LA PAGE C 1 N’est-ce pas ce qui le distingue d’un artiste comme Serge Gains-bourg, qui projetait l’image d’un poète tourmenté?En France, on aime les damnés qui ont du talent.Alors que si vous avez du talent et qu’en plus vous avez l’air heureux, ça exaspère tout le monde.Et particulièrement les critiques, qui n’ont habituellement pas de talent [rirej, et pas forcément de belles femmes [rire].On en rirait entendre Roger Vadim.(Rire) Je comprenais tellement ce qu’il pouvait ressentir en disant ça.Mais en revanche, les gens de la rue ont un amour incroyable pour Vadim.Des gens m’arrêtent dans la rue pour me parler de lui, les larmes dans les yeux.Ici, on connaît moins le Roger Vadim des 20 dernières années.De ce fait, il demeure un personnage nébuleux et mythique.Etes-vous consciente de ce pont qu’il vous faudm traverser en venant rencontrer le public québécois?Je verrai bien.Je suis prête à tout.Je me sens porteuse de ses souvenirs, de sa mémoire.Je viens la tête haute, en me disant que, pour certaines personnes, ce sera sans doute une découverte totale.Pourquoi la chanson?Pourquoi maintenant?J'ai envie de chanter depuis 25 ans.Ce n’est donc pas nécessairement lié à ma situation d’aujourd’hui.Mais je pense que c’est merveilleux de mélanger la musique avec les mots.Si ma vie était à refaire, je pense que j’essaierais de devenir chanteuse.Gi nostalgie est-elle une compo-sante déterminante dans L'Homme rêvé?C’est pas mon genre, la nostalgie.Chaque jour vécu me pousse ver l'avant, aussi je ne me retourne jamais.Er seule grande peur que j'avais, c'était de perdre Vadim.Je n’avais jamais imaginé lui survivre.11 ne peut rien m'arriver de pire que ce qui m’est arrivé, ça me donne une liberté totale.Justement, dans ce spectacle, vous ne jouez pas un rôle.Vous mettez en scène la vraie Marie-Christine Barrault.J’ai l’impression d’être nue dans ce spectacle, qui est fait de chansons mais aussi de textes.Il y en a un, entre autres, tiré d’une lettre que j'ai écrite à Vadim.Et il y a aussi une lettre que Vadim m’a écrite.11 m’écrivait tout le temps des lettres, qu’il déposait comme ça sur ma table de nuit.Malgré cela, je n’ai pas l’impression de faire quelque chose d’impudique.Je prends le risque de me montrer telle que je suis, c’est tout.[On sonne à la porte, elle s’excuse, va répondre, revient.) Bon, de toute façon, je dois vous laisser.C'est vrai que je vous en ai dit, des choses.Présent depuis le début, le directeur général et artistique Alain Char-trand arc-boute encore et toujours son festival de chanson aux mêmes fers de lance: rencontres et créations SYLVAIN CORMIER Un phare, par définition, faut savoir où il est Depuis maintenant 15 ans, le festival de chanson Coup de cœur francophone illumine l’Est montréalais en novembre.Invariablement Apres l'Halloween, généralement avant la première tempête.D’où l’image du phare.Luminosité fiable, solides fondations.Net avantage sur l’autre festival majeur de chanson a Montréal, les FrancoFolies, événement au wattage autrement puissant mais ballotté au gré des saisons, échoué en août mais désirant juin.Ne poussons pas plus loin la comparaison.Alain Chartrand ne s’aventurerait pas sur ce terrain-la.Trop glissant.Laissons plutôt le directeur général et artistique du Coup de cœur commenter l’image.Un phare dans la nuit de novembre, son festival?«C’est vrai que l’esprit du Coup de cœur n’a pas changé.Ij> projet a grossi depuis la première série de programmes doubles, à l’auditorium du cégep Maisonneuve [multiplication des salles, réseau pancanadien depuis dix ans, liens tissés avec le ROSEQ, la SOPREF, l’Europe], mais c’est encore l’idée de susciter des rencontres qui est d la base.La quinzième programmation ressemble à la première parce quelle répond à la même question: est-ce qu’on s’appuie sur des incontournables ou bien demande-t-on aux artistes de faire un travail avec nous?» C’est souvent après le passage à Coup de cœur que des chanteurs jusqu’alors très contournés cessent de l’être.Richard Desjardins, bel exemple.Dans le programme anniversaire, celui-ci se souvient de novembre 1988.«Mon show était prêt depuis au moins deux ans, mais je ne trouvais pas la manière de le présenter à Mont- réal.[.] Chartrand et sa gang, redoutables recruteurs, m offrent une première partie.Ma chance!» Ledit Chartrand se souvient, la même année, d un certain Jean Leclerc pas tout à fait Leroux.«Il avait joué à rideau fermé parce que tout était placé pour l’artiste de deuxième partie, un duo de Québec appelé Paparazzi.¦ » Il y a encore des programmes doubles.Et encore selon la formule du moins connu accolé au mieux connu: cette année, on découvrira un Yann Perreau (ex-Doc et Les Chirurgiens) avant Bori, le duo fransaskois Polly-Esther avant Sylvie Paquette, etc.Du temps de glace Autour de ce bel os à moelle, le festival greffe sa viande.À savoir: des spectacles créés par ou pour le Coup de cœur.Cette année, autre bel exemple, on finira l’équipée avec Jeter l’ancre, spectacle pour lequel Chartrand a mené à même quai Mark-jo Thério, l’iconoclaste chanteur français Néry et la chorale des citoyens-chanteurs de Petite-Vallée.Chartrand est d’ores et déjà content de son coup: «Au moment où on se parle, Néry est à Petite-Vallée avec Marie-jo et les citoyens-chanteurs.Ils viennent de se rencontrer et ils s’inventent un spectacle.Ça donne une idée du niveau de confiance envers le Coup de cœur.On est l’entremetteur.Pour emprunter une expression au hockey, on donne du “temps de glace".On laisse patiner les patineurs.De la même façon, Tomas Jensen et Louise Forestier, qui se sont rencontrés cet été à Petite-Vallée, ont eu l’idée de créer un spectacle au Coup de cœur parce qu’ils savaient que c’est possible de développer et de présenter là quelque chose d’un peu atypique.» À15 ans, le Coup de cœur francophone, fort de ses convictions, bien planté dans le paysage, demeure la plus modeste des institutions.Petite équipe, budget serré, le festival n’a pas de lendemains qui chantent d'office.«Il y a toujours une petite inquiétude, avoue Chartrand, mais qui est calmée par une belle certitude: le plaisir de faire des choses ensemble est inépuisable.» Serge Deyglun a connu bien des gens qui ne se connaissent pas entre eux La nouvelle vague Arseniq 33, Improvisators Dub, Le Colectivo, Les Hurlements d’I^o: la nouvelle vague française débarque en ville.BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Quiconque connaît Polémil Bazar sait que la formation de Québec est amoureuse des textes bien fignolés sur fond d’accordéon musette et d’instruments traditionnels et acoustiques.lœ croisement avec la formation de Bordeaux Les Hurlements d’Léo semblait naturel.Les premiers existent depuis deux ans et sont dans la mouvance française qui nous a récemment donné Ionise Attaque, laquelle mouvance est amorcée depuis des années par Les Têtes rades.les seconds existent depuis 1995, commencent à faire parler d’eux et tournent à raison d’une centaine de concerts annuellement Ils en sont à une première visite au Québec.Les Hurlements d’Léo, avec d’autres groupes comme la Tordue, las Ogres de Barbaque ou Les Hur- leurs, partagent un goût pour la musique festive et les racines de la musique européenne.Dans le même lot, si un groupe comme Debout sur le Zinc valse plutôt du côté des sonorités orientales (pour ce qu’on a entendu) , Les Hurlements d'Léo — le groupe a été baptisé à partir d’une chanson des VRP se terminant par ces mots — frayent du côté d’une musique tsigane, gitane et slave.Le java-jtunk-chanson-caravaning mâtiné de guinguette Tous ces groupes forment ce qu’il est convenu d’appeler la nouvelle vague française.Un des chanteurs du groupe, Laurent l’entend de cette façon, cette nouvelle vague: «U y a beaucoup dégroupés qui réutilisent des instruments qui ont été mis à la page pendant un moment.On pouvait passer pour un vieux con il y a dix ans lorsqu'on jouait de l’accordéon ou du violon.Ces instruments ont été remis au goût du jour.Ceci dit, ces instruments amènent juste une couleur.On peut faire du rock’n'roll tout en utilisant de l’accordéon, du violon ou delà contrebasse.C'est ce qu ’on essaie de faire.» Depuis l’explosion Louise Attaque, de nombreux groupes acoustiques ont pris la place.«La nouvelle vague française tient à cette explosion.On a refait de la place à des groupes qui développent une musique acoustique.En ce qui concerne la nouvelle vague, par contre, je ne sais pas quoi vous dire.On joue avec des groupes très variés et divers.On peut jouer avec des groupes de rap ou des groupes reggae à des festivals.On n’est pas hermétiques aux autres formes de musique.» Ils ont commencé à quatre, et les quatre autres membres se sont greffés à force de rencontres dans les bars bordelais.Le second disque du groupe, La Belle Affaire, est une affaire de collectif.Avec des membres âgés de vingt à trente ans, Les Hurlements d’Léo traversent les générations de spectateurs.La formation présente sa mouture comme étant du «java-punk-chanson-caravaning mâtiné de guinguette».Le spectre de ses références va des Béruriers Noirs aux Têtes raides, entre la chanson française et l’attitude punk.«En fait, les gens qui sont venus nous voir disent qu’on a beaucoup d’énergie sur scène.C’est le côté punk peut-être, le côté agité.L’utilisation des instruments traditionnels fait qu’on nous assimile aux Têtes raides.Inévitablement, on nous compare à ça.» Le fait de ne pas vouloir «entrer dans le sérail de la variété française» compte pour beaucoup dans cette réception.Comme plusieurs, le groupe a choisi la voie plus difficile de l’autoproduction.«On n’est pas des marginaux, mais on se tient loin des multinationales.On s’occupe nous-mêmes à peu près de tout.» Les ventes d’albums sont modestes, autour de 30 000 copies vendues pour chacune des deux galettes.«En Europe, on est de tout petits saltimbanques.En France, on a une notoriété qui tient à un gros succès d’estime de la part du public.» Côté textes, le groupe se considère comme «des chroniqueurs de la vie sociale».Une tournée sous chapiteau se trame en France, au printemps prochain, en compagnie des Ogres de Bar-baques.C’est en salle, au Nouveau Club Soda, que les Montréalais y goûteront, le 4 novembre.Un sacré personnage Entre autres activités, Serge Deyglun fut chansonnier.Juste assez longtemps pour marquer sa génération.Petit portrait avant le coup de chapeau.SYLVAIN CORMIER C} était dans le gros tas de bandes maîtresses du vétéran producteur Denis Pantis.Le ruban d'un album intitulé Serge Deyglun en vedette, candidat comme les autres au vaste programme de réédition en format audionumérique entrepris par Pantis.La musicologue, musicienne et recherchiste Guylaine Maroist, en charge du gros œuvre, n’avait jamais entendu ce nom-là.Bien sûr, le patronyme résonnait Parent avec Mireille la comédienne, sans doute.Pantis lui fit l’article, enthousiaste.«Il me disait que c’était le disque spécial d’un gars spécial, une sorte de Plume de son époque.Et qu’il fallait faire connaître ça.» Maroist écouta Deyglun.N'en revint pas.«C’était un truc complètement hors normes pour les années 50.Un côté était composé de chansons faites en studio, très poétiques, comme Le Ruisseau, La Ville.L’autre côté était enregistré en spectacle au Quartier latin, avec des chansons satiriques comme L’Ingénieur, des textes en jouai avant la lettre.» Oui, il fallait faire connaître ce disque brillamment unique.Et d’abord connaître un peu mieux l’homme.«Pour les textes du livret, j’ai commencé par rencontrer sa veuve, Marie-Christine Lussier Deyglun.» Clarification de la généalogie: Serge Deyglun est le fils de la comédienne Mimi Destée et du dramaturge Henri Deyglun, lequel a un jour épousé Janine Sutto, de là Mireille, demi-sœur de Serge.«Je me suis rendu compte, poursuit Maroist, que tous les gens d’une certaine génération le connaissaient, mais pas tous comme chansonnier.» Proverbial enfant de la balle, Serge Deyglun joue dans les téléromans du paternel.Très vite, il multiplie les chapeaux.Annonceur, journaliste, nouvelliste, voire marin le temps d’un voyage, il tâte la chanson sans trop y penser.Maroist précise: «Il est parti à Paris avec Raymond Lévesque, sur les talons de Félix.C’est à ce moment-là que Lévesque a écrit Quand les hommes vivront d’amour.» El «carrière» du chansonnier Deyglun ne durera pas quatre ans, ponctuée par un seul succès de palmarès: Cinq pieds deux, les yeux bleus.La vraie passion de sa vie, c’est la faune et la flore.Ecolo avant le mot, il sera de tous les combats (cinéaste, il tourne Le Massacre des innocents en 1965) et signera jusqu’à sa mort, en 1972, la chronique chasse et pêche à Im Presse.«Serge Deyglun est d’abord un personnage, résume Maroist.Claude Dubois en parle comme d'un gourou, Michel Chartrand comme d’un bel esprit, Charlebois et Mouffe allaient passer des soirées arrosées et enfumées chez lui.Il rayonnait.» C’est la même Mouffe qui a «acheté dix fois» la réédition pour l’offrir à des amis, l^t même Mouffe qui, avec Maroist, Marie Christine Lussier et Mireille Deyglun, a fomenté l’étonnant spectacle-hommage que présentera le Coup de cœur francophone au Lion d’Or le lundi 5 novembre, le bien-nommé Chasse et pêche et rock’n’roll - Coup de chapeau à Serge Deyglun.Un spectacle que l’on souhaite aussi éclectique que l’homme.«Il y aura la famille biologique, mais aussi des gens qui l’ont connu ou se sentent tributaires de lui: Gildor Roy, qui est un fan; Chloé Sainte-Marie, qui connaît tout le répertoire par cœur; Jean-Guy Moreau et Tex Lecor, qui allaient le voir chanter au Quartier Latin; Mononc’Serge, qui va faire L’Ingénieur.Tony Romandini, qui jouait de la guitare avec lui, sera là aussi.Et Bilbo des Loco I/irass, Steve Nor-mandin.» Et peut-être beaucoup d’autres.«Serge Deyglun a connu bien des gens qui ne se connaissent pas entre eux.» Soirée unique et inclassable en perspective, bien à l’image du gaillard.Victor Hugo ouvre le bal Jusqu’à maintenant, Alain Lecompte était mieux connu comme pianiste accompagnateur (de Pierre Barouh et d’Eva, notamment).Mais Lecompte chante aussi, depuis toujours.11 ouvrira le Coup de cœur francophone avec un spectacle solo de chansons dont il a composé les musiques.L'auteur?Son idole, un certain Hugo, Victor, né il y a deux siècles.SO LANG E I.É V 1 S (J U E Ly œuvre de Victor 1 lugo, c'est une passion pour Alain lecompte.C’est d’abord par i ses romans qu’il l'a rencontre.11 connaît tout de l’homme, il a lu et relu l'écrivain et ne ces se de s'émerveiller, en particulier, de la richesse de sa txiesie.«Personne n'a aborde autant de sujets que lui: il parle de tout, autant de politique, de situations de société, d'amour ou d'tsotensrne que de sis sentiments pour sis pctits-cri/unts, autant de sujets qui ne vieillissent pas Cet homme pensait en poésie», explique-t-il.«Cela fait maintenant dix ans que je compose de la musique sursis poèmes.Peu à peu, un spectacle s'est impose, tranquillement.» C’est bien connu, Victor 1 lugo a marqué le Y1X siècle par sa production littéraire prolifique, visionnaire et diversifiée', «la variété de cette poésie est très inspirante et se répercute dans la musique», fait remarquer Alain E ¦compte.«Hugo ix-eellait tout autant dans le dessin, l'aquarelle, etc; il était étonnamment audacieux dans sa façon de mêler les médias.» Parmi les 27 chansons que 1 e-compte interprétera lors de ce spectacle, on reconnaîtra dr's poèmes assez connus, mais aucun qui ait déjà été chanté.On en trouvera également dr's drôles, comme Ixi Coccinelle, d’autres d’une actualité absolument renversante, comme Depuis six mille ans la guerre, et de très touchants, comme Demain dès l'aube, que l’auteur écrivit après la mort de sa fille 1 éopoldine.«Pour le musicien que je suis, les poèmes de Victor Hugo sont un vrai cadeau», commente Alain Irecompte, très heureux de présenter enfin ce spectacle.D’autant plus qu’il vient de terminer l’enregistrement d’un CD entièrement consacré à Hugo, cet homme paradoxal qui déclara, à 14 ans: «Je veux être Chateaubriand ou rien!» et qui provoqua plus tard, autant dans sa vie privée que dans sa vie publique, moult controverses, fait remarquer le chanteur musicien qu’on pourra applaudir le 1" novembre à 20h au Mtxlley lors de la soirée d’ouverture du Coup de cœur francophone, entouré pour la circonstance des 35 musiciens de l’Orchestre symphonique de I frummondville.¦p.i ¦ litfv*: \ y Tous les samedis Gratuit dans Le Devoir.LE GUIDE DE LA TELEVISION ET DES SORTIES! tocu, iocl TOct Cahier s p é c i a L Salon du livre de Montréal novembre Tombée publicitaire le 2 novembre LE 86 LE DEVOIR.L E S S A M E D I ET DIM A X «HE 28 OCTOBRE 2 0 01 ,11 II lire N EMA Un thriller intrigant THE HOLE Réalisation: Nick Hamm.Scénario: Ben Court et Caroline Lp.Avec Thora Birch, Embeth Da-vidtz, Desmond Harrington, Kie-ra Knightley, Laurence Fox.Image: Denis Crossan.Musique: Clint Mansell.0 1)1 LE TREMBLAY LE DEVOIR Ce thriller psychologique assez bien emboîté aurait pu devenir fascinant s’il avait offert plus de complexité à ses personnages.The Mole s’élève un cran au-dessus des suspenses a tiroirs sans toutefois imposer un style vraiment original.Le Britannique Nick Hamm a concocté un film destiné à une clientèle internationale et en grande partie américaine, ce qui édulcore le produit et le réduit beaucoup à ses acrobaties de montage.On devait déjà à cet homme de théâtre, en 1997, une comédie romantique assez rafraîchissante, Martha Meet Frank, Daniel and !/i-wrence, très hollywoodien mais avec un charme de plus, fdm qui permit à Nick Hamm de tisser des liens avec l’Amérique.Pour The Hole (a ne pas confondre avec le film du même titre du Taïwanais Tsai Ming-I^m), le cinéaste a soigneusement choisi sa distribution du côté des figures connues d’Hollywood.la jeune Thora Birch, lancée &.?sot.DIGITAL rST-BRUNo'c I ^UMMONDVIUeTI À L AFFICHE! [iHÈrBRb^ETiriTi:^^ Featival tnternabonai du film da Toronto Gagnant da la Camara d'or Sélection officielle Un Certain Regard Cannes 2001 Prix des premières realisations du Festival international du fdm d'Édit ATANARJU « Saisissant.un film-événement » Odile Tremblay, LE DEVOIR « Une oeuvre cinématographique complètement originale.» SF Said LONDON DAILY TELEGRAPH « Un film d'une singulière beauté MwMlcM Frodon.LE MONDE A L’AFFICHE EN EXCLUSIVITE! C INÉMA ARAL LI L E 17h30 - CHRISTIAN FECHNER N ! : villIret I 'ÊiïF.BUSSOLUER balasko unCRIME au paradis un film de JEAN BECKER r - aaaQ ® A i:AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES HORAlRFR npç rikjCAiac Merci. I.K I) h V 0 1 K .L K S > A M K II I Kl I) I M A N ( H K 2 S O ( I O H li I 2 H O cinéma Cu II lire - N E M A Adonis dans le brouillard DANNY IN THE SKY Réalisation: Denis l.anglois.Scenario: Denis Dmglois, Bertrand Lachance.Avec Thierry Pepin, Véronique Jenkins, Jessie Beaulieu, Eric Cabana.Image: Stefan Ivanov.Montage: Natacha Du-faux.Musique: Simon Wayland, Peter Xirogiannis, Phil York.Quebec.12001,88 minutes.ANDRÉ LAVOIE Le milieu tout à la fois cruel et superficiel de la mode (avec en filigrane une société mercantile y portant une admiration aussi devouee que ridicule) vient de faire une autre fashion victim.Il n'y a pas si longtemps, Robert Altman (Prêt-a-porter) et Denys Arcand (Stardom) ont tente d'en dénoncer la vacuité mais ont été happes par ce inonde qui ne se nourrit que d’apparences trompeuses; les résultats, on le sait, furent mitigés.Avec Danny In The Sky.Denis Langlois (Ma vie.L'Escorte) succombe a son tour a ce miroir aux alouettes dans une chute aussi vertigineuse que celle du héros narcissique et insouciant de son film.Danny (Thierry Pepin) préféré courir les séances de photos plutôt que les salles de classe car le jeune homme au physique d'Ado-nis semble plus doue pour prendre la pose que pour tenir un livre, au grand desespoir de son pere (Eric Cabana).Il entraine ->on cousin Jonathan (Daniel Lor-tie) dans l'univers de la guenille de luxe mais, voyant que celui-ci commence a lui porter ombrage, il decide d’executer une petite vacherie de son cru qui va vite tourner au drame.Portant l'odieux de >a taute (ayant ingurgite une forte dose d'ecstasy a son insu, Jonathan se retrouve dans le coma).Danny quitte le monde de la mode pour celui de la rue et, plus tard, celui des danseurs nus et de la porno.Ce parcours du combattant solitaire ressemble plutôt à un long et pénible calvaire, et l'imagerie du martyr n'est d’ailleurs pas absente ici.ou Danny, baignant dans son sang au début du récit, raconte toutes les frasques qui l'ont mené a sa déchéance, comme s'il implorait notre pardon.Mais devant un personnage aussi fade, égaré dans une intrigue tarabiscotée ou paradent cliches et invraisemblances, offrir notre clémence relève de l'abnégation la plus totale, la plus aveugle.Car il en faut beaucoup pour ad- ne par la superficialité alors que le film, SOURCF C INF MA 1 I1ÎK1 Ce parcours du combattant solitaire ressemble plutôt à un long et pénible calvaire.qui tente de la montrer du doigt, en épousé les contours les plus racoleurs.Cette fausse entreprise de dénonciation (dans le dossier de presse, on souligne que les comédiens portent des vêtements de designers connus.) voit ses maigres efforts anéantis, entre autres, par des acteurs masculins, amateurs pour la plupart, choisis pour leur beaute plastique qui ne fait cependant jamais écran à leur regard absent, leur démarche hésitante et leur diction pâteuse.Rien pour nous convaincre un tant soit peu des supposés tourments qui les tenaillent.Tout comme dans L’Escorte, son film précédent, Danny In The Sky souffre d’une abondance de thèmes plus effleurés qu'approfon- dis ou s'entremêlent l'homosexualité (latente ou inexistante chez Danny?, le scenario opte pour la confusion plutôt que l’ambiguïté), les relations familiales, la concurrence entre mannequins, les coulisses des clubs de danseurs nus.les ravages de la drogue, etc.Jamais ne se dégagé une ligne directrice.un fil conducteur, bref, une vision d'ensemble qui donnerait au film une quelconque coherence.Le scenario semble construit comme un chemin de croix où l fanny porte celle de la superficialité d’une station à l'autre, qu elle se nomme séance de photos ou isoloir pour une «danse à dix-.Cet isoloir est d'ailleurs le theatre d'une confrontation [lère-tils beau coup plus gênante et malhabile qu’gmouvante.A l'arrivée, on ne retrouve dans Danny In The Sky qu'une imagerie clinquante, une suite de flashs fort ressemblante à celle qui colore les parades de mode martelées de musique techno et une galerie de personnages qui auraient tout intérêt à se taire pour ne pas altérer le peu de charme qu’ils distillent.Le cinéaste voulait dénoncer un milieu futile et une société fascinée par l’argent et le vedettariat: le film ne fait que renforcer nos préjugés, et miner notre patience.Face-à-face avec l’amour INNOCENCE Ecrit et réalise par Paul Cox.Avec Julia Blake, Charles Ling-well, Terry Norris, Robert Men-zies.Image: Tony Clark.Montage: Simon Whitington.Musique: Paul Grabowsky.Australie/Belgique, 2000,95 minutes.MARTIN BILODEAU CA rand Prix des Amériques T lors de l'édition 2000 du Festival des films du monde, Innocence n’a pas seulement partagé son prix avec Le Goût des autres.d’Agnès Jaoui.Le long métrage de l’Australien Paul Cox partageait également son thème avec Cold Is the Evening Breeze, de l’Allemand Rainer Kaufman, pré- senté la même année au même festival.Ce dix-huitieme opus du cinéaste australien a qui on doit Man of Flowers et A Woman’s Tale raconte les retrouvailles d'un homme et d’une femme, amoureux de jeunesse, séparés par le destin, qui se retrouvent cinquante ans plus tard et reprennent leur idylle la où ils l’avaient laissée.Et ce, malgré la résistance de Claire (excellente Julia Blake), mariée et sans histoire, que ces retrouvailles avec Andreas (Charles Tingwell), veuf à la retraite, plonge dans une crise conjugale et un état d’anxiété et d’urgence, que son partenaire, condamné à moyen terme par les médecins, accueille avec une contrastante sérénité.On remarque immédiatement la louche délicate du cinéaste, anthropologue d’âmes, qui n’appuie jamais à fond sur les notes, laissant les sentipients se révéler et nous gagner.A cet égard, la scène des retrouvailles à la gare, sans musique, avec pour unique fond sonore le bruit trafiqué du train qui s’éloigne, est un véritable bijou de sobriété, de finesse et de franchise.Le scénario grince toutefois à quelques reprises, essentiellement dans quelques scènes surabondamment dialoguées et périphériques à l’essentiel (Andreas avec sa fille, Claire avec son mari et son fils), où le besoin de dire prend le pas sur l’envie d’exprimer.Du coup, la caméra devient plus lourde et statique, en rupture avec le style fluide qui caractérise les scènes où les deux amoureux ap- paraissent seuls, lesquelles scènes communiquent une impression de mouvement perpétuel, bercees par des souvenirs d’autrefois superposés au présent qui s’écrit, au gré d’une mise en scène qui accentue ainsi le sentiment de fusion et d’éveil dont les deux héros, cousins de ceux de Remains of the Day et de Ihe Bridges of Madison County, sont assaillis.A travers leur idylle possible, le droit qu’ils se donnent de le vivre et l’espace que le film ouvre à cette intention, Paul Cox nous invite à un face-à-face avec l’amour, mais aussi avec la mort.Pas tant sur le sens de la mort que sur la nature de ceux qui la savent proche et qui examinent les possibilités de leur vie en fonction d’elle.En cela.Innocence se révèle être un rare film d’espoir.« PLUS Df 1 500 000$ au BOX-OFFICE ! » «Comédie DÉLICIEUSE et MAGIQUE.» - Odile Tremblay, Le Devoir ?- Marc-André Lussier, La Presse Af C.AC.VWI ^ iW fltix III I \ MIM I \ V I \l Wi W nsm M III I \NMS tjf M M 111 I ION OU U II I I I y iBl lUKOMII IMI UN VIHIVM JB b'’’—’'"C* Audrey Trutou fil " Hassovitz rfe Jean-Pierre Jerneï ^ Üïedht d’iSmdie version originale llywood nAWin lvljru LE DERNIER FILM DE DAVID LYNCH MULHOL MM GSSIi F lit NEOBT • Il «101 Itsill mut PMI • « fui * JtM-PItlIE Jtnn nt[ II» INTII MH M! 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Weehlv “Brillant.Ueux fois bravo!” fieri i Roeper JOHNNY DEPP HEATHER GRAHAM SORTI DE ' L’ENFER (version française de >'Fram Hell») i VERSION r HANQAI8E ¦ i- CINÉMAS AMC -1 r FAMOUS PLAYERS STARCITÉ ¦ r-LES CINÉMAS-1 l-(.INf PLEX ODÉON —1 Ile forum 22 ?! | Montréal ?11 langelier e ?11 lasalle ipiacei ?| p-M(.ÜA PLEX -OUZZO—, j—MÊGA-PLEX" GUZZO , I f AWOUL PI ATH''.| JACQUES CARTIER 14 ?11 PONT-VIAU 16 ?! | COLOSSUS LAVAL ST-EUSTACHE ?C-CtNEPLEXODEON-1 , UINEPLEX ODEON-, |-CINEPLEX OOÉON-, |-CINEPI t X ODEON-, BROSSARO ?11 BOUCHERVILLE ?11 ST-BRUNO ?| ICHÀTEAUGUAY ENCORE ?| I-CINÉPLEX OOEON-, |-CINEPLEX OOÊON-, r—LES CINEMAS GUZZO-1 r"'LS CINÉMAS OUZZO—l ICARREFOUR DORION ?j | PLAZA DELSON ?I [TERREBONNE 6 ?| [STE THÉRÈSE B ?| P SON I-CINÉ EN1HEPHISE-, r GALERIES SLMVACINIHE -, r— CAHREÉOUR OU NORD—, OICIfÂl [PLAZA REPENTIGNY ?| IST-HYACINTHE ?11 ST-JÉROME ?[ À ¦ ¦ M _ __ _ r—•—CINÉ ENTREPRISfc 1 ~"1 f " CINÉMA DE PARIS-"¦¦¦i A L AFFICHE! I st-ba:sile?1 [valleyfield?! 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