Le devoir, 24 novembre 2001, Cahier D
I> I M A V ( Il K 2 5 X 0 V K M H R K 2 H (I I LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 4 E T ENTREVUE Eric-Emmanuel Schmitt Page D 6 TOM ARTS VISUELS Hommage à Marcelle Ferron Page D 11 Gilles Marcotte ?CARREFOURS Miron, Machaut Cy est dans ma voiture que c’est arrivé.J’allume la radio, m’attendant au flux habituel des musiques connues.Et tout à coup, ça: un chant choral d’une beauté saisissante, d’une forme tout à fait contemporaine mais en même temps immédiatement recevable par l’auditeur non averti que - je suis.Je suis arrivé en retard, l’œuvre se terminera bientôt On me dira qu’elle s’intitule L’Espace du coeur et qu’elle est de Pilles Tremblay.A vrai dire, il m’avait semblé que d’une certaine manière je la reconnaissais.Le compositeur m’en avait parlé, quelque temps auparavant II m’avait expliqué, avec cette ferveur communicative qui ne le quitte jamais lorsqu’il parle musique, qu’Û avait conçu l’idée de faire dialoguer ou, plus justement, de fondre dans la même œuvre des poèmes d’amour de Gaston Miron et du poète français du XIV'' siècle Guillaume de Machaut.Idée bizarre?Mais les familiers de l’œuvre de Miron savent qu’il a fréquenté des poètes anciens, notamment Rutebeuf, qui précède de peu Machaut dans l’histoire de la poésie française.Dans le texte intitulé Ma bibliothèque idéale, qu'il lut à Radio-Canada en 1961, il parle longuement et chaleureusement du premier, qu’il loue particulièrement de s’être «opposé aux poètes courtois, dont il a ridiculisé la conception mystique et abstraite de la femme, et [d’avoir] puisé dans la langue populaire».Ce qu’il pensait particulièrement de Machaut, poète «d’inspiration courtoise», dit l’anthologie de La Pléiade, on n’en sait rien.Mais il suffit de noter l’affection profonde que nourrissait Miron pour la poésie de cette époque pour justifier l’opération de rapprochement, voire de fusion que pratique le musicien dans L'Espace du cœur.Gilles Tremblay avait une autre raison de choisir un poème de Machaut celui-ci n’est pas seulement poète, il est aussi un très grand musicien.Le poème de Gaston Miron, «Plus belle que les larmes», ne compte pas parmi les plus connus, les plus éclatants, de son œuvre.H précède immédiatement dans L’Homme rapaillé, l’immense poème de «La marche à l’amour», dont il se distingue non pas seulement par sa brièveté mais aussi, mais surtout par son caractère d’intimité, d’intériorité.C’est là que Gilles Tremblay a trouvé l’expression «l’espace du cœur», dont il a fait le titre de l’œuvre: l’espace le plus secret mais aussi et par là même peut-être le plus vaste, celui où peuvent coexister, se reconnaître mutuellement une voix québécoise du XX' siècle et une voix française du XIV'.Les poèmes de Miron et de Machaut VOIR PAGE D 2: MIRON ?LE DEVOIR * dans /< if"- Kara W ¦' JACQUES GRENIER LE DEVOIR De Montréal, il apprécie l'aspect cosmopolite et croit que c'est la ville la plus intéressante du Canada.Ayant grandi à Toronto et étudié à Paris, Jeffrey Moore s’y est installé il y a plusieurs années, après être tombé amoureux d’une Québécoise.C’est un peu d’ailleurs ce qui arrive à Jeremy Davenant, le héros de Captif, de roses enchaîné, son roman, qui vient d’être traduit par Ivan Steenhout aux Editions de la Pleine Lune, après avoir remporté le prix littéraire du Commonwealth.CAROLINE MONTPET1T LE DEVOIR ' n fait, c’est Shakespeare qui a tout I déclenché.Il y a une dizaine d’an-I nées, Jeffrey Moore, alors profes-Vf > seur de traduction, projetait de faire un doctorat à Oxford sur les traductions de Shakespeare en français.«Les écrivains doivent être traduits par d’autres écrivains.Et je trouvais qu'il n’y avait pas de grandes traductions de Shakespeare en français, comparables à celles qu'on trouve en allemand, par Schiller, et qui ont largement contribué à bien faire connaître Shakespeare dans la société allemande», dit-il.Mais vite déçu par l’académisme universitaire, Moore revient à Montréal et décide d’écrire son premier roman.Pour tenter le destin, il arrache un soir, au hasard, une page de son encyclopédie Britannica.Y fi gure le nom de Shakespeare, mais aussi celui de Shakuntala, drame érotique indien, écrit 400 ans avant Jésus-Christ.Le sort en est jeté, ces deux œuvres seront inscrites dans son futur roman.Pour soutenir sa concentration sur le roman qu’il est en train d’écrire, Moore décide de relire les œuvres de Shakespeare, dont il tirera un titre d’abord, Captif de roses enchaîné, extrait de Vénus et Adonis, mais aussi le thème de la dame brune, cher au poète britannique.lii dame brune, c’est Milena, femme chérie mais fuyante, peut-être bien lesbienne, que le héros de Moore pourchasse dans les rues de Montréal.Milena la Tchèque, dont le nom rappelle aussi celui de l’amie intime de Franz Kaika Car ce roman se lit comme une promenade dans l’érudition de l’auteur, ou Baudelaire comme le poète indien Kalidasa sont fréquemment cités.«la culture, dans le monde séculaire ou nous vivons, est tout ce qu’il nous reste.C’est un peu comme ma religion», dit Moore en entrevue.lœ Montréalais averti y retrouvera aussi le son des tam-tam résonnant sur le mont Royal, le parfum des restaurants italiens, ou celui des librairies choisies.«Ce roman n’est pas un roman à dés», met cependant en garde l’auteur, et les lieux décrits peuvent autant appartenir à Montréal, disséminés autour de l’avenue du Parc et du boulevard Saint-Laurent, qu’au quartier Queens de Toronto.Dans ce monde tout de même inventé, Moore circule donc entre érudition et marginalité, et plusieurs scènes du roman, à la fois sombre et ironique, se déroulent entre des appartements quasi insalubres, ou dans l’atmosphère étouffante d’une réunion d’universitaires.«Je suis un peu un mouton noir» dans le monde universitaire, dit Moore, qui qualifie volontiers cet univers de «prétentieux et pédant».Dans le roman de Moore, Jeremy Davenant enseigne d’ailleurs grâce à l’usage de faux diplômes.Son oncle Gerard, libertaire ironique, y cite T.S.Eliot, «Les universitaires sans expérience imitent, les plus expérimentés pillent.» «Je n’aimais pas me présenter aux réunions du département», ajoute Moore.Après avoir enseigné la traduction à l’Uni versité de Montréal et à Concordia, il a d’ailleurs décidé aujourd’hui de se consacrer entièrement à l’écriture.VOIR PAGE D 2: MOORE 4 Les meilleurs dessins de l’année du célèbre caricaturiste de La Presse.Quels que soient les événements, la bêtise reste toujours l’ennemi numéro un du genre humain, et l’humour l’arme la plus efficace pour la combattre.120 pages • 19,95 S U ^ Boréal tau! www.editionsboreai.qc.ca 5 L E I) E V 0 I K .L E S SAMEDI 24 ET I) I M A \ CHE ô V » V E M B R E 2 0 0 I I) Ï SUITE DE IA PAGE D 1 Dans une ambiance de fin des années 90, on trouve dans son roman, donc, des êtres à l’orientation sexuelle ambiguë et autres «manistesféministes» difficiles d’accès, pour reprendre le jeu de mots de Moore.Sur un mur de brique, dans le roman, on peut lire ce graffiti: «Les hommes font la guerre parce qu 'ils sont jaloux des menstruations.« Dans les années 90, les gens se posaient beaucoup de questions sur l’orientation sexuelle, soutient Moore.Dans son roman, il avance par ailleurs la thèse selon laquelle les femmes, de plus en plus libérées de leur dépendance aux hommes, deviendraient de plus en plus ouvertement homosexuelles.Des refus successifs Le succès de Moore n’a pas été instantané.Et Moore se souvient, le sourire en coin, des premières années qu’il a passées à retravailler son manuscrit, essuyant les refus de dizaines et de dizaines de maisons d’édition.«J'attendais le courrier chaque jour, et parfois, c’était un gros paquet, et je comprenais que le manuscrit m’était retourné», se souvient-il.L’ouvrage, qui se déroule, on l’a dit, en grande partie à Montréal, comptait de nombreuses citations en français, parfois même en jouai, et un éditeur de New York avait fait valoir à Moore que son roman était «trop montréalais».Pour sa part, la traduction d’Ivan Steenhout, parue aux Editions de La Pleine Lune, adopte une narration en français dit international, avec quelques expressions typiquement montréalaises.«Cette traduction s’adres- L i v p, i MOORE JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jeffrey Moore, l’auteur de Captif, de roses enchaîné.se surtout à un public français de France», dit Moore.Finalement, ce sont les éditions Thistledown, de Saskatoon, sous la direction de l’écrivain Sean Virgo, qui publient Captif en premier, une dizaine d’années après qu’il en eut entamé la rédaction.Puis le roman remporta le prix littéraire du Commonwealth, remis à New Delhi en présence de nul autre que Salman Rushdie.Avec comme résultat que les maisons d’édition de New York et d’ailleurs se l’arrachent désormais, et que la version anglaise s’apprête à être traduite en de nombreuses langues.Et depuis, Jeffrey Moore, qui partage son temps entre un chalet de Val-Morin et un appartement du Plateau Mont-Royal, s’est attaqué à une deuxième œuvre de fiction.Cette œuvre devrait porter sur la mémoire, mettant en scène une personne incapable d’oublier et une autre commençant à souffrir de la maladie d’Alzheimer.CAPTIF, DE ROSES ENCHAÎNÉ Jeffrey Moore Traduit de l’anglais , par Ivan Steenhout Les Editions de la Pleine Lune Montréal, 2001,473 pages MIRON Gaston Miron, j’en suis sûr, aurait compris cette œuvre.Il savait d’où il venait, quelles étaient les dimensions du monde poétique dont il rêvait.SUITE DE LA PAGE D 1 Gilles Tremblay, comme bien l’on pense, ne se contentera pas de les mettre en musique, de les illus-i trer musicalement, comme on faisait autrefois, il les travaillera, il en fera une véritable lecture et j'oserais même dire une explication musicale de texte, qui n'hésite pas a déranger l’ordre des mots.Il poussera donc l’audace, comme je l’ai déjà noté, jusqu'à mêler les deux poèmes, les faire entrer l’un dans l’autre.Ainsi, on commence par trois vers de Machaut: «Mon cœur, ma sœur, ma douce amour / Entends de l’ami la clamour / Mon cœur, ma sœur, ma douce amour», et voici, sans transition, les deux premiers vers du poème de Miron: «Jeune fille plus belle que les larmes / qui ont coulé plus qu ’averses d’avril», suivis immédiatement d’un retour à Machaut, comme si, dans l’«espace du cœur», dans l’espace de l’amour, dans l’espace poétique et l’espace musical, les limites du temps et celles de l’individualité s’abolissaient.A quelques reprises, l’œuvre musicale proclame, côte à côte, les noms de Miron et de Machaut: Miron, Machaut, puis Machaut, Miron, comme pour les réunir dans l’espace d’une mémoire active, créatrice.Dans cet espace de la mémoire — le mot est fortement scandé à plus d’une reprise dans l’œuvre —, Miron se souvient de Machaut, mais il faut comprendre aussi bien que Machaut se souvient de Miron, l’annonce et l’accueille.Le cours du temps s'inverse ou plutôt s'annule, se fait espace, lieu de rencontre.L’œuvre est écrite pour 12 ou 14 voue mixtes et percussions.On n'attend pas de moi que j’en fasse une description, je n’en ai pas les moyens.Mais il faut tout de même parler, n’est-ce pas, essayer de répondre par les mots à l’appel de l’œuvre musicale, quitter à risquer à tout moment l’erreur ou l’insignifiance.J’entends d’abord trois motifs, d’une simplicité et d’une grâce lumineuses — en réalité, variations sur un fond commun —, le premier énoncé par le ténor, le second par le baryton, le troisième par la mezzo, bientôt suivis par le chœur qui les amplifie chaleureusement.Ces trois motifs réapparaîtront comme des phares ou des présences familières, plus ou moins transformés mais toujours reconnaissables, tout au long d’une œuvre qui utilise les formes les plus diverses, des «hoquets» à la Machaut (présents aussi chez Messiaen et Boulez).des moments d’improvisation collective, des ou-a-ou extatiques, des sortes de vagues polyphoniques sans paroles.Bon, je sais, cela ne vous renseigne pas beaucoup; tout ce que je tente, ici.c’est de me donner quelques points de repère.Mais pour peu qu’on soit disposé à se laisser guider par l’oreille, l’enchantement naît à coup sûr, comme cela s’était produit dans ma voiture et comme cela se reproduit chaque fois que je remets la cassette dans l'appareil.On connaît peut-être la ferveur toute particulière qui habite les œuvres de Gilles Tremblay, surtout les plus récentes me semble-t-il, notamment ces admirables Vêpres de la Vierge qui se sont gagné beaucoup d’auditeurs.Elle est tout aussi convaincante dans cet Espace du cœur qui ne dure que huit minutes mais constitue véritablement un monde complet, riche, plein d’événements.Cette œuvre, hélas, vous ne pouvez pas encore l’écouter.L’enregistrement que j'en écoute, grâce à l’obligeance de Gilles Tremblay, a été fait à la création, à Edmonton, en 1997, sous la direction d’Agnès Grossmann, et vous ne le trouverez pas chez les disquaires.Combien de temps faudra-t-il l’attendre?L’Espace du cœur est pour moi non seulement la découverte d’un enchantement nouveau mais un événement culturel qui élargit notre champ de conscience.H a été écrit à la mémoire de Gaston Miron, il lui est dédicacé, ainsi qu’à la femme du compositeur, à l’occasion de leur quarantième anniversaire de mariage.Gaston Miron, j’en suis sûr, aurait compris cette œuvre.Il savait d’où il venait, quelles étaient les dimensions du monde poétique dont il rêvait.L’AGENDA DES FEMMES 2002 12,95 $, illustré s f e m m * s LES FEMMES ET L’ENVIRONNEMENT Que ce soit à l'échelle locale ou à l'échelle mondiale, les collaboratrices de cet agenda sont toutes engagées dans le domaine de l'environnement.Elles nous font part d'initiatives citoyennes qui sauront nous Inspirer pour l'avenir,,.Des textes inédits, des photos, une planification mensuelle et annuelle, un bottin de ressources, un carnet d'adresses et la semaine en un coup d'oeil.En vente chez votre libraire les éditions du remue-ménage 110.rue Ste-Thérèsé, bur.501, Montréal (Qc) HÿY 1E6 Tél, (514) 876-0997 • Téléc.(514) 876-7951 Texte de Yukio Tsuchiya Illustrations de Bruce Roberts, Prix du Gouverneur général Littérature dejeunesse • illustrations « Un livre peu commun, format à la japonaise, où le blanc occupe l'espace laissé vide par les animaux livrés à la mort.À peine esquissées - mi-carnets de reportage, mi-estampes -les images de BRUCE ROBERTS conjuguent la virtuosité du trait et la retenue dans un équilibre parfait ; lavis et couleurs survolent le papier et laissent une trace indélébile : l'émotion ! » Commentaire du jury Les 4oo coups isiiSs T .i HAMELIN « Le Joueur de flûte est un roman résolument américain, qui s'inscrit dans la liijnée des Annie Proulx ou Russell Banks, ces auteurs du Nord états-unien pour qui la nature et le climat prédominent et jbrgett?’h&$jiyractère& Une pièce maîtresse.U loutuR de riOrt Fortin, Voir LE JOUEUR DE FLÛTE Roman 228 pages • 22,50 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca \ MÉÈ Le baromètre du livre au Québec du 14 au 20 novembre 2001 1 1 Roman Qc FLORENT - Le goût du bonheur, T.3 V M.LABERGE Boréal 5 2 Essais Qc N.LESTER Intouchables 1 j Cuisine M.PHANEUF L'Homme 1 4 Roman Qc PUTAIN r N.ARCAN Seuil 11 5 Roman Qc GABRIELLE - Le goût du bonheur, T.1 V M.LABERGE Boréal 50 6 Roman M.LÉVY Robert Laffont 1 7 Fantastique HARRY POTTER A L'ÉCOLE DES SORCIERS.T.1 V J.K.ROWLING Gallimard 103 8 Biographie Qc LANDRY - Le grand dérangeant M.VASTEL L'Homme 3 9 Roman Qc L'HOMME QUI ENTENDAIT SIFFLER UNE BOUILLOIRE M.TREMBLAY Leméac 3 10 Sport LA SAGA DES EXPOS - Brochu s'explique BROCHU/POULIE BOLDUC Libre Expression 3 11 Roman ROUGE BRÉSIL V - Prix Concourt 2001 - J.-C.RUFIN Gallimard 12 12 B.D.LE LIVRE D'ASTÉRIX LE GAULOIS GOSCINNY/UDERZO Albert René 3 13 Actualité LE FAUCON AFGHAN 0.WEBER Robert Laffont 3 14 Cuisine LE VÉGÉTARISME A TEMPS PARTIEL r UWBERT/DESAUNERS L'Homme 8 15 Roman E.-E.SCHMITT Albin Michel 9 16 Essai Qc L'ANNÉE CHAPLEAU 2001 S.CHAPLEAU Boréal 2 17 Biographie Qc AUTOUR DE CÉDÉ FORTIN J BARBE Leméac 4 il Pratique LE GUIDE DE L'AUTO 2002 J.DUVAL/D.DUQUET L'Homme 5 19 Sport COMMENT JE JOUE AU GOLF r T.W000 L'Homme 3 20 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?S.JOHNSON Michel Eaton 49 21 Biographie IL ÉTAIT MINUIT CINQ A BHOPAL V LAPIERRE / M0R0 Robert Laffont 32 22 Cuisine LES SÉLECTIONS OU SOMMELIER 2002 F.CHARTIER Stanké 4 23 - Livre d'art HISTOIRE DU QUÉBEC r J.LAC0URSIÈRE Henri Rivard 3 24 Roman Qc ADÉLAÏDE - Le goût du bonheur, T.2 V M LABERGE Boréal 34 75 Humour Qc DROLE A MORT G.LATULIPPE TDV 2 26 Poiar LA CONSTANCE DU JARDINIER V J.LE CARRÉ Seuil 5 27 Cuisine SUSHIS FACILES V COLLECTIF Marabout 77 28 Jeunesse CHANSONS DOUCES, CHANSONS IEN0RES Oms 1DCI ?H.MAJOR Fides 9 29 Spiritualité LE GRAND ÜVRE DU FENG SHUI V G.HALE Manise 135 30 Polar INSPECTEUR SPECTEUR ET LE CURÉ RÉ G.TASCHEREAU Intouchables 4 31 B.D.BLAKE ET MORTIMER N° 15 - L'étrange rendoz-vous COLLECTIF Blake el Mortimer 6 JL Biographie Qc RENÉ LÉVESQUE, T.3 - L'espoir et le chagrin ¥ P G0DIN Boréal 6 33 Biographie Qc L'IMPATIENT V P.NADEAU Flammarion Qc 5 34 B.D.TOME/JANRY Dupuis 1 35 Roman MAMIE DAN 0.STEEL Pr.de la Cité 3 36 Fantastique HARRY POTTER ET U COUPE DE FEU, T 4 V J.K.ROWLING Gallimard 52 37 Actualité A.RASHID Autrement J 38 Psychologie LES HASARDS NÉCESSAIRES J.-F.VÉZINA L’Homme 7 39 Fantastique HARRY POTTER ET IA CHAMBRE OES SECRETS.T.2 * J.K.ROWLING Gallimard 103 40 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT E.TOLLE Ariane 61 41 Psychologie CESSEZ D'ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! r T.D'ANSEMBOURG L'Homme 45 42 Roman Qc EE REJETON 0.MONETTE Logiques 11 43 Essai L'ÉTAT OU MONDE 2002 COLLECTIF DécoiMrtB'Boieal 5 44 Roman DES PHRASES COURTES.MA CHÉRIE V P.FLEUTIAUX Leméac 12 45 Roman Qc CHERCHER LE VENT V G.VIGNEAULT Boréal 5 N.tP : Coup de cœur RB ; 1" semaine sur notre liste Nombre de semaines B.Hors prescrits et scolaires ^'parution Im nouvelle façon de choisir ses livres Pour commander à distance : tt (5i4) 342-2815 www.renaud-bray.com SCABRINI MEDIA Bien au-delà de la simple impression et AGMV Marquis imprimeur inc.La passion du livre québécois Longueuil • Montréal • Montmagny • Sherbrooke * r LE DEVOIR.LES S A M E 1)1 24 ET DI M A \ ( H E A N (I \ I M R U I 2 O (I I -*' Livres ROMAN QUEBECOIS Le temps d’un récit Le livre est de belle apparence.H tient bien dans la main.Le format est petit, la couverture rigide, comme pour L'Amour impuni, paru chez le même éditeur l'an dernier.Ces livres sont faits pour résister à une certaine usure du temps, à l'instar des sentiments qu'ils racontent.Dans le precedent roman de Claire Martin, c’était l'amour entre deux hommes qui durait au-delà des premiers émois et, surtout, se maintenait heureux: Martin, dont le moins qu'on puisse dire est qu’elle n’est pas sotte, avait voulu prendre le contre-pied du discours romanesque dominant.Pour le plaisir du défi.Dans La Brigande, c’est place à l’amitié.C’est le thème dominant, qui se déploie en motifs variés.Et c’est l’amorce qui permet de lancer le récit.Elle aurait été, cette amitié, répartie à peu près également, du moins selon les premières apparences, entre des hommes et des femmes, dont il est dit qu'ils formaient un groupe, qui s’est constitué au fil des'circons-tances.C’était une petite nébuleuse: on y entrait et en sortait sans que personne ne fasse d’histoires.Au centre ou à l’origine, il y aurait eu un attachement assez ancien, pour qu’on le dise durable, entre deux fillettes devenues des femmes, Nicette et Cora.C’est ce que croit et raconte celle-ci, romancière de métier et veuve de son état.Cora a l’impression de connaître Nicette depuis toujours.Cela remonte à leur enfance, quelque trente ans plus tôt.Mais le temps passant, ce n’était plus ce que ç’avait été.Comme le note Cora avec une touche d'amertume, elles avaient déjà «commencé à se voir sans plaisir» vers l’époque où Nicette s'est mariée, et puis entre elles, il n’y eut en fin de compte presque plus rien.Mais alors, cette amitié n'aura-t-elle été qu’une illusion, qui n'aurait pris forme et duré que dans l'imagination de Cora?Cora est à écrire un roman en même temps quelle fait le récit de sa vie quotidienne progressivement envahie par les souvenirs.Elle ne suggéré pas d'amalgame entre les deux.Il y a son livre en chantier, sur lequel elle ne donne pas de précisions, et puis la «réalité», ce récit fait sur le ton du soliloque où il lui arrive de s’enflammer en lançant des «ah!», mais dans un registre toujours bien tenu.Car dans l’œuvre de Claire Martin, on parle avec autant de soin qu'on écrit, et on s'en tient à un lexique résolument franco-français, même dans le familier — un des personnages se le permet ici au passage, en s’autorisant toutefois de la caution de Jean D'Ormesson.On retrouve dans Im Brigande un parti pris linguistique auquel s’est toujours tenue Claire Martin depuis ses tout premiers livres, et qui est assez voisin de celui de Gilles Archambault.Il repose, en gros, sur un amour inconditionnel d'un certain état de la langue française, considérée comme une, universelle et hexagonale.Récit à tiroirs Cora nous en prévient dès le début: son récit sera une «histoire à tiroirs», où sa vieille amie Nicette n’est plus qu’un fantôme, puisqu’elle meurt dès les premières pages.Nicette a cependant laissé une œuvre empoisonnée, sa correspondance, dont Cora prend connaicsance, véritable boîte de Pandore qui force la relecture de souvenirs plus ou moins lointains: son propre mariage, son amitié avec le mari de Nicette, ses rapports avec des amis communs.Le passé est alors revisité, et le plus souvent revu à la baisse, à mesure que Cora prend connaissance de la correspondance de - Marti aire hngande Nicette.Cora la romancière vit donc dans une réalité assiégée par l'écriture de son amie d'enfance: elle va voir sa sœur, revoir sans plaisir Maurice, le veuf, qui la relance, et reprendre contact avec Claude, un médecin qui a ete du groupe depuis longtemps.Il se dégage de ces vieilles connaissances revues, ressouvenues — qui en décide?—, un romanesque qui étonne Cora.Nicette elle-même, depuis quelle est morte, apparaît beaucoup plus étonnante qu’elle ne l’était de son vivant.Douce, la sœur de Cora, épouse résignée et raisonnable, devient subitement «romanesque comme quelqu'un qui n'a pas eu sa part de roman».Et ainsi de suite.Les rôles et les profils sont progressivement redistribués à travers le prisme parfois déformant des papiers qu'a laissés Nicette.La romancière Cora, par ailleurs, tout en travaillant consciencieusement à ses livres, sait pratiquer l’autodérision: elle reconnaît qu’elle a eu plus de succès en publiant un livre de recettes, faussement attribuées à des amies, qu’avec ses romans.Et puis, elle est rusée et cachottière, le récit qu’elle fait ne se trouvait-il pas déjà dans un manuscrit de roman, perdu puis retrouvé?Un ami le lit et lui en dit ceci: «Quand vous avez donné naissance à un personnage antipathique, vous finissez d'habitude par lui tordre le cou.I'oks l’assassinez paisiblement et.quand c'est fait, le roman s'envole vers un bonheur possible même s'il n'est pas assuré.» Or, comme par hasard, Nicette la brigande meurt au tout début du récit de Cora.Mais la romancière se dérobé: «La vie, et la vie dans un livre, cela peut être deux choses si différentes à chaque bout de la réalité que je suis toujours amusée quand les lecteurs croient deviner tous nos secrets.» Et elle ne dédaigne pas d’émailler son récit de sentences ou de paradoxes: «Le cœur constant n’est plus porté, semble-t-il»; «Im vie passe et nous la dilapidons loin de ceux à qui nous sommes le plus étroitement liés.» La narratrice-romancière de La Brigande vit à Québec et sa sœur, Douce, à Montréal, mais les villes ne comptent que la distance qui les sépare et les rapprochements quelles permettent.Ce sont des lieux sans repères précis, comme l’est la chronologie.Nous sommes probablement à l’époque actuelle, mais on donnerait aux personnages bien plus que la quarantaine qu'ils sont censés avoir, à cause notamment de la délicatesse un peu surannée de leurs rapports et de leurs intermittences du cœur.Et pour ce surnom de brigande que Cora donne à Nicette, féminisation d’un mot quelle choisit pour sa jus tesse, mais qui n’en est pas moins vieilli.La Brigande est en effet une histoire à tiroirs, un récit fier de son propre style qui, s'il était un meuble, serait un de ces jolis secrétaires ouvragés, un bonheur-du-jour par exemple, robert.chartrandS (asympatico.ca IA BRIGANDE Claire Martin L'Instant même Québec, 2001,188 pages Robert Chartrand Denise Desautels LAUREATE Prix de la Société des écrivains canadiens Tombeau de Lou 18 ÉDITIONS DU ^ NOROIT 30 ans de poésie tombeau de Lou lenoroit.multimania.com éditeur tTWrri félicite Denis Thériault lauréat du prix France-Québec Jean-Hamelin pour L'iguane Denis Thériault L'iguane roman VICTOR-LEVY BEAULIEU PRIX ATHANASE-DAVID 2001 W Beauli._,es mots autres loposston TVo éditeur victor-Levy Beaulieu Victor-Levy Les grands-peres Race de m Victor-Lévy, Beaulieu Jos Connaissant LL bWlPF Vil ilVAW un-xx wt TYPOll vlb éditeur viru vv.udtxpu.vom w w vvedvlb.orun \ •* 1- 1 T T É K A T U RE Q H É B É COIS E Fourre-tout littéraire SOPHIE POl MOT Sonia Kaleva Anguelova aémi gre de Bulgarie au début des années 1970.Depuis, apres une escale à Cuba, elle a explore le Quebec, et particulièrement la Gas(x» sic, où elle a vécu plusieurs années.Dans Abécédaire des années d'exil, son premier livre, elle répertorié une sérié de termes qui, à stsv yeux, sont significatifs, et ce pour plusieurs raisons.Problèmes relies à l’immigration (solitude, le fait de devoir sans cesse épeler son nom pour que son interlocuteur l’écrive correctement).objets aimés (xylophone, arbres, chats), mots clés (coquine, hippie, rêver), détails autobiographiques, anecdotes et évocations poétiques constituent l'abécédaire d'Angue-lova.Les styles (definitions, poèmes, descriptions, narrations, etc.) sont entremêlés, ce qui assure une imprévisibilité et, de ce fait, un dynamisme indéniable à l'ouvrage.Néanmoins, force est d'ad mettre que l’intérêt présenté par les différentes capsules est inégal.Alors, par exemple, que les épisodes de vie campagnarde s'avèrent assez divertissants, il est permis de douter de l’opportunité d’inclure certains détails anodins, telle une définition du mot anorak.Bien qu’aucune chronologie par ticulière n’ait été privilégiée, les grandes lignes de ce que furent les premières années d’exil de l’héroï Pas une grande œuvre littéraire mais un ouvrage personnel, intime et original ne s’esquissent à travers les différentes evocations, le lecteur dtv couvrira ainsi que la vie de la narra trice, maigre quelques grands lion heurs, n’a («s toujours été de tout repos.Déménagements, ruptures, violence conjugale, pauvreté et autres (101x1111»; meublent les |Ktgcs de l’abécédaire.Plusieurs capsules sont aussi consacrées à la langue.«Une langue enfermée perd sa couleur son goût, sa tenue Une langue a besom d'etre secouée au grand vent.Une langue a txsoin d'un coup de langue.De claquer dams la bouche comme linge mouillé ou vent.» La plume d’An guelova conjugue tluidi-te et métaphores.Ainsi, même les choses les plus prosaïques, comme la recette des grands pères à la rhubarbe ou la description d’un poêle à bois, s'avèrent tout de même agréables à lire.Abécédaire des années d’exil n’est pas une grande œuvre littéraire, mais c’est un ouvrage personnel, intime et original.Son dégagent à la fois la naïveté et la force d’une femme qui, il y a près de trente ans, s’est embarquée seule pour un nou veau pays où elle a refait sa vie à partir de ce quelle y découvrit et de ce quelle était déjà elle-même.ABÉCÉDAIRE DES ANNÉES D’EXIL Sonia Kaleva Anguelova Lanctôt éditeur Montréal, 2(X)1,119 pages GUILLAUME VIGNEAULT « Vigneault signe une deuxième CMtRCMCS IF VENT œuvre, maîtrisée, cf m conjirme ' l'écrivain comme étant l’un des plus talentueux de sa génération.» Guillaume Bomcgault-Côté:-Le Soleil CHERCHER LE VENT Roman 270 pages • 22,50 $ www.editionsboreal.qc.ca \ I) 4 I- K I) K V O I R .i.K S S A M E DI il ET DI M A N ( Il E > 5 \ O V E M B R E 2 O O I L I V R E S Al/ ESSAIS QUÉBÉCOIS La bombe de Normand Lester Une cinglante réplique aux propagandistes Minutes du patrimoine ême s’il ne contient aucune véritable révélation pour les connaisseurs, même si la plupart des faits qu’il expose sont dispersés dans divers ouvrages accessibles au grand public, I^e Livre noir du Canada anglais, de Normand Lester, n’en constitue pas moins un brûlot historique et politique qui risque de faire beaucoup de bruit.C’est __________ que, écœuré par la bonne conscience Canadian qui, depuis le référendum de 1995, justifie tous les débordements antiquébécois, le journaliste a choisi, au risque de voir son statut remis en question, de répondre par la bouche de ses canons.Le résultat est une cinglante réplique aux propagandistes Minutes du patrimoine, financées en catimini par le fédéral, et au discours mesquin des Conrad Black, Barbara Amiel, Bill Johnson, Mordecai Ri-chler et Diane Francis, pour qui «l’important, c’est de lier, de n’importe quelle façon, les Québécois en général et les souverainistes en particulier aux fascistes.L’objectif est de souiller le mouvement d’affirmation nationale du Québec».Les élites canadiennes, pourtant, n’ont pas de leçons à donner et leur recours idéologique aux belles et grandes «libertés britanniques» cache en fait une tradition qui est loin de n’être qu’exemplaire.Aussi, en réunissant les épi- L o u C orne sodés les plus sombres et odieux d’une histoire nationale dont la version édulcorée sert de prétexte au pétage de bretelles des moralistes Canadians improvisés, Normand Lester entend offrir «un démenti au mensonge par omission que constitue ce projet de lessivage historique».Mais puisque les faits rapportés dans ce Livre noir.sont, pour la plupart, assez bien connus, où donc alors, demandera-t-on peut-être, se trouve le scandale?Il se trouve dans le ton acrimonieux et sans concession utilisé par lœster à l’heure de juger les acteurs du drame et dans les analogies entre le passé et le présent qu'il établit.* Elles ont été racistes, antidémocratiques et parfois criminelles, dit-il en parlant des élites cana-diennes-anglaises, et elles le sont encore.La deuxième partie de l’accusation, c’est l’évidence même, ne passera pas comme une lettre à la poste.I ester lance son «enquête» avec la déportation des Acadiens, ce qui lui permet de traiter Charles Lawrence et Robert Monckton, les tètes dirigeantes de cette «tentative de génocide», de criminels de guerre et de les comparer à des «officiers nazis».Au sujet de la Conquête, il rappelle les sanglantes exactions commises par les troupes britanniques contre, malgré ce qu’en dit le sénateur laurier Inpierre, «les Canadiens NORMAND LESTER i s /lier [qui] défendaient leur existence nationale» et il insiste avec raison sur une des plus horribles suites de l’événement-, c’est-à-dire la guerre biologique menée par le général Amherst, à l’aide de couvertures infectées par la variole, contre les Indiens alliés à la France.«Est-il normal, demande-t-il, qu’une rue de Montréal glorifie sa mémoire?» «N’est-ce pas une honte nationale que, partout au Québec, des noms de rues, d’institutions et de lieux commémorent nos bourreaux et nos ennemis?Aucun autre peuple sur la terre ne tolère ce genre de situation, sauf nous.» Quant à la magnanimité de Londres envers les Canadiens vaincus, une thèse défendue par plusieurs historiens, Lester la réfute et parle plutôt d’une réserve contrainte et opportuniste.De la période 1791-1811, qui marque la naissance du parlementarisme canadien, il faut retenir, selon l’auteur, l’attitude profondément antidémocratique des marchands anglais et écossais de Montréal qui méprisent la démocratie représentative dès qu’elle dessert leurs intérêts d’affairistes et le fait que «les Anglais manifestent déjà les tendances ethnocentriques qu’ils conserveront jusqu’à nos jours.Ils voteront toujours d’abord en fonction de considérations linguistiques».Après l’affaire Michaud, on peut déjà prévoir qu’une affaire Lester s’annonce.Le quotidien The Gazette, sévèrement qualifié dans ces pages d’organe de la «francophobie morbide», de (Lester cite cette formule anglaise) «voice of english mercantile interests» «maintenant beaucoup plus perfide mais tout aussi malhonnête qu’à l’époque», ne manquera certainement pas, et on le comprend, d’assurer la défense de sa communauté de lecteurs.Aussi polémiste soit-il, Lester, en fait, n’invente rien.Il s’inscrit dans la tradition nationaliste de l'histoire du Québec qui lit les événements à partir d’une grille linguistique.C’est un choix défendable (les arguments qui justifient une telle posture sont nombreux et ce livre lui-même apporte une pièce au dossier), mais, on le sait, explosif.Dans cette perspective, les troubles de 1837-1838 sont entièrement attribuables aux manœuvres extra-parlementaires des autorités coloniales et aux provocations du général Col- \ M MICHELINE DUMONT Découvrir la mémoire des femmes DESJARDINS I.OIOSI l>l S| VKOINn eauss braisés « Louise Desjardins sait manier la drôlerie avec doigté et prendre I la vie avec un grain de sel.» Stanley Péan f La Presse CŒURS BRAISES Nouvelles 128 pages • 17,95 $ DECOUVRIR LA MEMOIRE DES FEMMES UNE HISTORIENNE FACE À L'HISTOIRE DES FEMMES Les femmes sont dans l'histoire, les femmes font l'histoire : telles sont les affirmations que défend Micheline Dumont, pionnière des recherches en histoire des femmes au Québec.Dans cet ouvrage, l'historienne nous convie au projet de poursuivre ia réflexion féministe en histoire ainsi qu'à un renouvellement de l'histoire traditionnelle.En vente chez votre libraire les éditions du remue-ménage 110, rue Ste-Thérèse, bur.501, Montréal (Qc) H2Y 1E6 Tél.(514) 876-0997 .Téléc, (514) 876-7951 MAX WEBER Rudolf Stammler et le matérialisme historique Traduit de l'allemand par Michel Couru et Dominique Leydet Avec la collaboration de Guy Rocher et Hi ke Winter RuM Stammler et le material Coédition Cerf ColL t,oiistH',iIk'nuunk' eéeuntpécnne 2 7637-7RÎ6 4 216 peines, 30 $ Boréal www.editionïboreal.qc.ca PULIQRC borne, pressé d’en découdre, 1 sous prétexte de guerre civile appréhendée, avec «une résistance J pathétique et improvisée de pauvres paysans malheureux».L’affaire Riel, quant à elle, illustre le fanatisme orangiste prêt à tout, c’est-à-dire à massacrer «des vieillards désarmés» à Batoche et à pendre, après un injuste procès, «un malade mental» pour assurer sa suprématie qu’il croit tenir de droit divin.C’est ce qu’on appelle avoir un angle.Lester ne dit donc pas tout, mais peut-on dire qu’il dit des faussetés factuelles?Les idéologues canadiens-an-glais ne tarderont pas à s’acharner sur un tel diffamateur.Sur le strict plan historique, toutefois, ils ne pourront pas nier les règlements antifrancophones promulgués par plusieurs provinces (Manitoba et Ontario, entre autres) à la fin du XIX' siècle et au début du XXe, le racisme antijaponais qui a culminé au moment de la Deuxième Guerre mondiale, entraînant la déportation et l’exploitation de citoyens canadiens, l’antisémitisme virulent d’une certaine Ontario à partir des années 1920, celui d’un Mackenzie King charmé par Hitler et celui, opportuniste mais tout aussi odieux, du conservateur Richard Bennett, bailleur de fonds clandestin du fasciste, et fédéraliste enragé, Adrien Arcand.Au sujet de l’antisémitisme canadien des années 1930-1940, si souvent attribué injustement au seul Québec, même la sobre émission Le Canada: une histoire populaire atteste l’infamie: «Par son inaction gouvernementale et l’antisémitisme de ses fonctionnaires, le Canada ressort de la guerre avec un des pires dossiers au monde en ce qui touche l’accueil des réfugiés.» L’histoire ne répond pas de tout et n’est pas un destin.Les crimes et les vilenies du passé, de même que ses grandeurs, ne sauraient donc être crédités, sans injustice, aux hommes et aux femmes du présent.Mais l’histoire, cela dit, n’en reste pas moins porteuse de sens, de leçons, dont la moindre n’est pas que la modestie des vivants est un gage obligé de civilisation et d’humanisme.Echaudé par la hargne et le mépris canadiens-anglais qui s’expriment trop souvent à propos du Québec, Normand Lester n’a pas mis de gants blancs pour répliquer aux sépulcres blanchis qui salissent le présent et la mémoire des Québécois au nom, justement, d’un présent et d’une autre mémoire qui seraient, eux, sans tache.Ce Livre noir du Canada anglais dit aux diffamateurs du Québec: «Et la poutre dans votre œil?», tout en leur rappelant que «le projet québécois [.] vaut bien l’autre».Souhaitons que le débat vigoureux qui ne manquera pas de suivre permette à tous de ne pas rester dans une noirceur qui n’est étrangère à personne.louiscornellier (dparroinfo.net LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS Normand Lester Les Intouchables Montréal, 2001,304 pages ECHOS Débat à l’UNEQ Union des écrivains du Qué- ’ bec organise un congrès d’orientation, les 7 et 8 décembre prochains, dont les ateliers et la plénière se tiendront au Centre Saint-Pierre, au 1212 de la rue Panet, à Montréal.On y abordera la délicate question de l’engagement public de l’UNEQ dans les questions de langue, d’éducation et de politique.«Comment puis-je critiquer ouvertement et librement la démarche du Parti québécois, ou celle du Parti libéral, ou les orientations et actions des Partenaires pour la souveraineté, si mon association me dit, et déclare publiquement, que la cause est entendue, puisqu’on est pour?», demande l’écrivain Noël Audet, cité dans le dépliant.Aux écrivains d’en débattre.Parmi les sujets qui y seront abordés, on note aussi les activités littéraires en région.«Plus de la moitié des membres de l’UNEQ vivent hors de Montréal.Ont-ils accès à tous les services de l’UNEQ?», relève-t-on dans le dépliant du congrès.Gala littéraire C’est le 29 novembre prochain, au Lion d’Or, rue Ontario, qu’aura lieu le gala littéraire de la Quebec Writers’ Federation, au cours duquel seront remis les prix littéraires QSpell.Ce gala est un événement important pour la communauté littéraire anglophone de Montréal.On y remet le prix Hugh MacLennan, pour les romans et les nouvelles, le prix Ma-vis Gallant, pour les études et les essais, le prix A.M.Klein, pour la poésie, le prix du premier livre et le prix de traduction.La soirée sera présidée par les écrivains québécois de langue anglaise Josh Freed et Janis Kirshner.Nomination chez Québec Amérique Paul-André Comeau dirigera, chez Québec Amérique, la publication d’une nouvelle série d’ouvrages «reliés à des sujets qui préoccupent le monde d’a ujour-d’hui», nous apprend un communiqué.M.Comeau a été durant deux mandats président de la Commission d’accès à l’information.Il a également été rédacteur en chef du Devoir ainsi que professeur invité à l’Ecole nationale d’administration publique et à l’Université Laval.Nouvelle maison d’édition On annonçait ces jours-ci l’avènement d’une nouvelle maison d’édition, nommée Marchand de feuilles.On y a l’intention de «faire évoluer les genres traditionnels tout en restant accessible au public plus large».On veut y publier des premières œuvres au caractère «novateur et insolite».On peut trouver des informations sur cette nouvelle maison d’édition au site Internet www.mar-chanddefeuilles.com.Caroline Montpetit Paul-André Comeau Télé-Ouébec GRfUIDEUR ET IÏ1ISÈRE DE LR IflODERflITÉ Rencontre auec Charles Taylor Charles Taylor, avec ses réflexions critiques sur la modernité, l'identité et le pluralisme, s'est imposé comme un des philosophes majeurs de notre époque.C'est, sans contredit, le pen1 seur québécois le plus connu mondialement.Homme engagé, il a milité au NPD dans les années 60 et a pris plus tard fait et cause pour l'accord du Lac Meech, contre son ami Trudeau.À Chasseurs d'idées, il révèle, entre autres, sa position très favorable au concept de « citoyenneté québécoise », qui fait actuellement l'objet d’intenses réflexions.Une rencontre à ne pas manquer.1^5 Realisation Simon Girard d’idées Dimanche 14 h et 22 h 53 $0 /-A Tel.(418) 656-7381 - I élec.UI 8) 656-3T05 , v Dominique.C.ingrjMir pul.tilov.il.en '‘]K' h 11 p: // w \v tv.u I j va Icj / p u I - L* : 4L V ’ 7- Cette émission est enregistrée Olivieri Diffusée sur Internet, librairie » bistro pour plus de details, consultez notre site Tél : 514 739-3639 telequebec.tv i LE D E V 0 I K .LES SA NI E I) I 2 4 E T D l M A \ ( Il E 2 5 \ 0 V E M K K K 2 (I 0 I Livres anthologie D’art r et d’Eros CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Les mots brûlent, et les images sont plus chaudes encore.La littérature érotique rappelle au lecteur qu d est en vie.Elle le replonge au milieu de son corps, où il se retrouve comme pris en flagrant délit les tempes et le coeur battants.L'anthologie littéraire et artistique Erotica, rassemblée par Charlotte Hill et William Wallace chez Taschen, flattera donc à la fois les sens et l’esthétique de l’amateur.Survolant les siècles, du Kama Sutra indien à Lawrence DurreU, en passant par Shakespeare, Oscar Wilde, Casanova ou Henry Miller, ce livre, qu’on ne traverse pas sans éprouver certains vertiges, montre aussi comment littérature et érotisme se sont étroitement côtoyés à travers les âges.La littérature érotique, comme on le précise dans l’introduction, n’a obtenu son libre permis de circuler que récemment dans notre société.Elle n’en existait pas moins avant.Et on a choisi ici les plus sensibles des écrivains qui ont touché à l'érotisme, déplorant qu’on ml souvent associé ce dernier à la littérature de second ordre et de mauvaise qualité.L’ouvrage se penche surtout sur les œuvres occidentales, mais on n’y oublie pas pour autant d’y citer les Contes des mille et une nuits ou \e Jardin parfumé, œuvres érotiques fondatrices de la littérature orientale.Les estampes japonaises, comme les gravures indiennes, y font aussi leur petit effet On y constate aussi, à l’instar de la modiste de Marie-Antoinette, citée dans l’introduction, qu’«î7 n’existe rien de vraiment nouveau, en dehors de ce qu’on a déjà oublié».Ce livre d’art se charge de rafraîchir notre mémoire courte.L’art érotique, comme le précisent les auteurs, est très souvent demeurée anonyme, ou signé de pseudonymes.Saisissante est cette reproduction de la sculpture d’une jeune fille, sortie d’un autre âge, dont la jupe soulevée révèle allègrement son intimité découverte.Car les artistes n’ont pas attendu la photographie pour s’attarder aux détails de l’anatomie humaine.Ces créations d'artistes, plus folles encore que la réalité, témoignent, soit par ce qu’elles évoquent soit par ce qu’elles montrent, les possibilités inépuisables du corps humain.C’est de toute beauté, et aux puritains de s’abstenir.Dans le même registre, les Editions Nil rééditent XAnthologie de la poésie érotique - Friandises verbales de l’Antiquité à nos jours, rassemblée par Pierre Perret Sans avoir la facture remarquable du premier ouvrage recensé ici, il a la particularité de se concentrer sur la poésie.«Il est bien évident que les poètes ne se lient jamais aux règles de la morale courante», écrit Perret.Il rappelle d'ailleurs que «Baudelaire, Verlaine et tant d’autres furent condamnés pour avoir écrit des vers licencieux, obscènes et considérés comme orduriers».Même La Fontaine a composé des vers libertins quelques jours avant ses noces.En fait, le deuxième poème cité dans cette anthologie n'est nul autre que le Cantique des cantiques,.tiré de l’Ancien Testament même.A sa suite, les Rabelais, Régnier, Voltaire, Diderot, Maupassant, Nin, Pia, Ponge, et bien d’autres prennent le relais jusqu’à nous pour dire, en mots tout crus, les joies de la chair.Au Québec, enfin, Patrice Danse-reau s’y met à son tour, qvec un Livre d’Éros qui parait aux Editions Carte Blanche.Un peu sur le mode du Livre gourmand, qui proposait une méditation sur les nourritures terrestres, Le Livre d’Éros suggère des entrées, par ordre alphabétique, dans le monde merveilleux des sensations fortes.Dansereau y fait preuve d’une approche et d’une imagination toute poétique.Ainsi, à «aveugle», on lit que «le point aveugle de ces fantasmes, c'est celui de l’abandon».Ou encore, à «femmes recluses», «là où le moins devient un plus», on se trouvera «bien loin de l'ennui et de la lourdeur du quotidien des gens libres du dehors mais si peu de l’intérieur».Impuissance, mensonge, tentation et transgression sont de la partie de lecture, pour laquelle on reprendra ces mots de la critique Marghanita Laski au sujet du controversé Fanny Hill, qui n’y voyait rien de mal «pourvu que l’on ait quelqu’un avec soi».EROTICA Anthologie littéraire et artistique Charlotte Hill et William Wallace Taschen Koln.2001,483 pages ANTHOLOGIE DE LA POÉSIE ÉROTIQUE Pierre Perret Nil éditions Paris, 2000,673 pages LE LIVRE D’ÉROS Patrice Dansereau Carte Blanche Montréal, 2001,205 pages ESSAIS Pour une poésie du clonage Quel curieux livre que cet Hominescence, dernier ouvrage de Michel Serres sur la révolution biotechnique globale en cours.Terrifiant par son optimisme même.Avec ses interpretations semblant parfois si excessives, voire tordues.Ton prophétique, poétique.Il y a là des luminescences; mais assez d'opacité pour en décourager plusieurs.«Du vrai Serres!», dira toute personne qui a déjà vraiment pris la peine de lire ce philosophe et historien des sciences, professeur à Stanford et membre de l’Académie française.Il y a le Serres qu’on lit.Mais ce dernier a un double, qui fait connaître ses livres tout en les occultant.Le second Serres est un clone médiatique qu’on voit et écoute à la télé, parfois lors de grandes interviews cérémonielles, mais aussi sur les plateaux de talk-show français où il ne rechigne pas à se pointer.Dans l'ère audiovisuelle, fait remarquer l'historien Michel Wi-nock, la réputation des écrivains et intellectuels (français, en particulier) dépend moins des qualités des œuvres et davantage des performances télévisuelles, du maniement de l'art de la communication.Qui a vraiment envie de critiquer ce grand-père omniscient au regard bleu, affable, à la chevelure lumineuse, argentée, au sourire généreux, grand sage tout en images?Dire! Ne lui manque que les ailes pour qu’il prit des anges l’allure (grand Dieu! ferais-je du Serres sans le savoir?).Tentons de résister un peu au charme indéniable de ce personnage de beau «marin philosophe» — Serres, comme on le répète d’article en article, a œuvré dans la marine française, d’où les métaphores maritimes, etc.—, ce navigateur aux formules truffées de jolis archaïsmes; vous refrisant net tout débat avec le sourire.Penchons-nous sur ce qui est écrit.Considérons le livre tel qu’il se présente à nous.Éviter les critiques Oui, le débat, la critique, Serres a ses tactiques pour les éviter.Cette façon d’écrire poético-prophé-tique.Au-delà du souci de beauté de la langue — qu’on ne peut certainement pas dénoncer dans la platitude ambiante —, il y a là une stratégie.Celle, entre autres, de prendre parti sans vraiment employer les mots attendus.En 1992, son Contrat naturel était une forme de plaidoyer métaphorique, allégorique, pour l’écologie, mais ne contenait pas le terme.Bien sûr, il Antoine R obitaille exposait l’idée — assez unanimement condamnée depuis — de faire de la nature un sujet de droit.Au reste, de livre en livre.Serres plaide pour le progrès sans toute fois user de ce vocable honni; paratonnerre de choix, il faut dire, pour les foudres catastrophistes contemporaines.Michel Serres est optimiste, résolument.Tout compte fait, il célèbre ici l’hominescence, néologisme forgé par lui pour nommer le nouveau stade d’hominisation en émergence.L’humain prend conscience aujourd’hui, après une parenthèse cartésienne, qu'il n'est pas hors de la nature.Non seulement en fait-il partie d'office, il l'a si bien investie dans l’histoire que la , * différence entre l’artificiel et le naturel semble aujourd’hui caduque.La nature n'a rien d'un équilibre suprême à préserver indéfiniment.Elle a une histoire, elle est en mouvement.Serres rappelle constamment cette historicité de la nature, insiste pour dire que nous agissons sur son cours depuis longtemps.Pour le mieux, dans bien des cas.Le blé, le mais, le cochon, etc.; tous des OGM forgés par nos ancêtres.Aussi avons-nous maîtrisé les infections qui faisaient de la vie — pourtant courte à l’époque — une longue suite de souffrances.Bravo antibiotiques! Adieu, vérole.La longévité gagnée n’a que plus de sens.Nos corps sont plus forts, plus grands.Tentez donc d’entrer dans des armures de chevaliers du Moyen Age! Impossible, pour une majorité d'entre nous.Serres n’aurait, je crois, pas de mçil à faire sienne la proposition d’Elisée Reclus: «L’humanité est la nature consciente d’elle-même.» Aujourd’hui, cette phrase s’avère plus que jamais, et dans l’infini-ment grand et dans l’infiniment petit A tous points de vue: le processus d’évolution, jadis impersonnel, non humain, aveugle, est non seulement compris et aboli par nous et pour notre espèce, mais nous y intervenons de plus en plus de façon tellement efficace que nous en deviendrons bientôt les seuls responsables.«Omni-responsables», écrit Serres.«Tout dépend de nous.Et par des boucles nouvelles et inattendues, nous finissons nous-mêmes par dépendre des choses qui dépendent globalement de nous.» L'humanité?Depuis Hiroshima, elle peut s’autodétruire.C’est aussi une force géologique pouvant, par son activité, influer sur les climats.Heureusement, selon Serres, les cinq sens de l’homme Michel Serres se trouvent simultanément prolongés et décuplés par les techniques; différentes prothèses permettant d’appréhender Ips bouleversements de la Terre.Émergence du «Biosom», qu’il nomme aussi Macrobe (en opposition à microbe), sorte de super-Gaià, corps virtuel global ressentant tout puisque étant le fruit du réseauta-ge de «l'ensemble des créneaux que les autres vivants découpent et occupent dans leur environnement».Dans l’infiniment petit, nous connaissons maintenant les gènes mieux que jamais, faisant de nous des créateurs d’espèces animales — et bientôt humaines?Voilà le post-humain, encore, qui pointe le bout de son nez.Rien pour inquiéter Serres, semble-t-il.le meillepr est à venir.Optimisme, disions-nous?Ce livre dégouline de louanges de ce qui advient, de ce qui s’en vient.Certes, le philosophe marque de petites pierres quelques scénarios redoutés (que les OGM ne soient que commerciaux, par exemple) et dénonce de façon répétitive les inégalités mondiales, allant jusqu’à condamner «la peine de mort» prononcée contre le quart de l’humanité par les pays nantis.C’est toutefois les grandes orgues qu’il déploie pour évoquer les possibilités heureuses.ANTOINI- HOBIl’Ail 1111 DI VOIK Il a le don, il faut le dire, de comparer les situations émergentes à certains grands phénomènes, symboles ou événements passés.Ainsi relativise-t-il les OGM de façon assez spécieuse (oui, car après tout, les sélections effectuées par nos ancêtres n'im- pliquaient pas la transgénèse).St' dégagé donc ici mine impression de «rien de nouveau sous le soleil» (qui n’est pas sans contradiction avec son constat de révolution.rappelé page après page).Bien sûr.les references sont multiples et impressionnantes.11 dira par exemple que les techniques sont une façon d'extérioriser nos sens, f aire face à son ordinateur, dans l’optique «serrienne».s’apparente à la situation d’un saint Denis décapité, dont la legende raconte qu’il saisit sa tète fraîchement coupée sur le sol.Parfois, le procédé semble carrément bizarre.Par exemple lorsqu'il se sert de la «Sainte Famille» pour démontrer que le bbuleverse-ment de la filiation que le clonage engendrerait a eu des précédents.Rien de nouveau, donc.Parlant de Marie, il écrit: «Une femme engendre donc, comme fils, son Créateur et devient mère de son père [.| Mère de son père, une femme produite produit son producteur Les réussites rationnelles, incorporelles ou virginales de l'espèce humaine remplissent aujourd'hui, pour elle-même, cette figure.L’ère chrétienne accomplit sa promesse.Nous voici parents de notre propre parenté.» Marie, mère porteuse?Jésus premier clone?Ht l'humanité devenue divine?J'exagère à peine.Bizarre, ! ce livre, disais-je.Un Raël aimerait sans doute ce mélange de symbolisme religieux et de confiance en la technique.HOMINESCENCE Michel Serres lx- Pommier Paris, 2(X)1,339 pages _ N DAIGLE *:• WmièMÊF' L’Homme qui entendait siffler une bouilloire « Avec ce texte court à la phrase déliée et dynamique.Tremblay gagne ici plus qu'ailleurs le pari de la sincérité.Les fidèles seront servis ; les curieux risquent d'apprécier.» > Benny Vignault.Le Soleil « .un roman largement autobiographique où i) nous fait découvrir ce compagnon de vie irpportun.collant.• mdélogeable ».qui partagera désormais sa vie : son acouphène » > Liliane Lacroix La Presse (514) 524 5558 lemeacfi lemeac com a Un travail minutieux, bien tissé, rigoureux.i|g^ Sa construction I J| allie à la maîtrise Idg narrative un talent avéré et une 1 ik technique unique; I et le résultat, I f une écriture P ^ jouissive.IL ,^_.,J^ravo.» f Osée Kamga, Ici UN f 1 N PASSAGE ( 7* m TTwm—- fm UN FIN PASSAGE Roman 132 pages • 17,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca L K I) K V 0 I R .L E S SAMEDI 2 t ET D I M A X < HE 25 X 0 V E M B K E 2 I) 0 I I) t \ 0 I R , L K S SAMEDI 21 ET DI M A N i H E 2 5 N 0 V E M B K E 2 0 01 D 7 —Livres - biographie Pour savoir tout ce qui ne vous intéresse pas sur Madonna SYLVAIN CORMIER Madonna, pas Madonna la chanteuse pop mais Madonna la star aux cent metamorphoses, fascine les gens qui pensent Ou plutôt: les femmes qui pensent une Camille Paglia, par exemple, subjuguée jusqu’au tréfonds de son intelligentsia par la madone du New Jersey.C'est ce qui distingue avantageusement Madonna d’une Marilyn Monroe, laquelle inspirait inlassablement la prose (et le désir de protection) des Arthur Miller et Normand Mailer de la confrérie littéraire américaine.Vrais penseurs mais très gars quand même.Madonna fascine les femmes qui pensent parce qu’elle semble détenu-sur son destin — et la planète média — la plus enviable maîtrise, jouant la triple carte viergeputain-maman avec intelligence et instinct, capable de durer, voire de renaître périodiquement, là où la plupart des autres épuisent leurs quinze réglementaires minutes de gloire et finissent aux séances de signatures des conventions de fens.Comment fait-elle?Comment cette fille partie de rien, cette Britney Spears version pas conne, a-t-elle façonné ses multiples personnages et fait de sa propre vie un roman-fleuve digne d’intérêt prolongé?Who’s That Girl?, chantait Madonna.C’est aussi le titre du chapitre «enquête» de Madonna, la bio ••définitive'' que signe Barbara Victor.••Intriguée», "fascinée», la journaliste d'origine montréalaise a fouille l’affaire avec tout le sérieux d’une aguerrie du U.S.News And World Report, intervieweuse de presidents et de tètes couronnées, romancière de surcroît Tout vu, tout lu, tout écouté, fait le tour des témoins, de la petite enfance à la célébrité, Victor a, bien travaillé, irréprochable pro.A la vie intérieure de Madonna près — la bio est non autorisée, ce qui lui confère toute son autorité.—, on sait tout.Mieux, on comprend.«Nous vivons à une époque où l’image plus que le talent est décisif et où l'aberration plus que l'originalité est vitale au succès.S’il y a une superstar dans les vingt dernières années qui a utilisé l’image et l’aberration, c’est bien Madonna.Caméléon autodidacte, elle sait, comme Barnum, anticiper les modes et les tendances qui vont en définitive retenir l’attention du public» (p.20).Et Victor de nous rappeler toutes les modes et tendances anticipées par Madonna.Ça vous intéresse, vous?N’est-il pas suffisant d’avoir assisté depuis vingt ans au spectacle ininterrompu de Madonna?Cette bio bien faite, voire éclairante sur les motivations profondes de Madonna Louise Veronica Ciccone, montre bien les limites de la bio de star en cette année d’incessant bombardement d’informations sur les stars.Suivez mon regard: on se contrefont des motivations profondes.On avait déjà le maximum comestible de Madonna dans la bouche avant d’ouvrir le bouquin.A la limite peut-on encore regarder un nouveau clip de Madonna, ou voir dans Entertainment Weekly la dernière photo croquee à la sauvette de Lourdes (sa miraculeuse fille) sans sourciller on est habitué, ça glisse sur le corps avec le reste des «nouvelles» concernant Brad Pitt et Jennifer Aniston.Mais une bio?Gaspillage.La vie est déjà bien assez occupée par Madonna Pourquoi y a-t-il eu tant de bios à propos d'une Marilyn?De Garbo?Parce qu'il y avait des pais secrets.Des zones d’ombre.Parce qu’il n'y avait pas Access Hollywood tous les jours à la télé.Avec Madonna, ce qui est ici révélé de ses «vieux démons», de ses relations avec Sean Perm ou Carlos Inon importe peu: c’est la part publique qui prend toute la place et, de là, constitue la seule part qui compte.Excellent au d(» meurant, le livre de Barbara Victor ne fait qu’ajouter à l’encombrement du paysage.MADONNA Barbara Victor Traduit de l’anglais par' Robert Macia et Florence Bouzinac Flammarion Québec Montréal, 2(X)1,430 pages POLAR Désorienté MARIE CLAUDE MIRANDETTE L’ attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo par ’ quelques allumés de la secte Aum-Vérité suprême en mars 1995 constituait un trop beau sujet pour ne pas être l’objet d’un polar bien sombre, bien glauque et tout japonais.Et Romain Slocombe, auteur français de romans jeunesse et de bédés, photographe à ses heures et amoureux inconditionnel du pays du Soleil levant, en a fait le sujet du deuxième tome de sa Crucifixion en jaune (clin d’œil à la trilogie d’Henry Miller, La Crucifixion en rosé).Chaque chapitre de cette brique de plus de 700 pages débute avec un haiku dont la simplicité et la beauté, sans compter la justesse, éblouissent.On y suit le photographe Gilbert Woodbrooke, qui profite de cette période tumultueuse pour revisiter, dans un Japon au bord de la crise de nerfs, aux confins de l’apocalypse, les îles du Lçvant au service d’un reporter télé assoiffé de sexe.Étudiantes dégantées et propos salaces sont au rendez-vous dans cette histoire où entrent bientôt en scène des mafiosi de l’extrême-droi-te nippone, les yakuzas, sabre au poing et vengeance au cœur.La mise en contexte opérée par Slocombe est juste et sensible, et les données historiques sur la secte Aum-Shinrikyô reposent sur la célèbre étude The Cuit at the End of the World: The Incredible Story ofAum, de David E.Kaplan et Andrew Marshall, publiée à Londres chez Hutchison.Ce qui rend crédible cette épopée au cœur d’un pays au bord du gouffre financier et aux valeurs traditionnelles en débandade, un pays qui n’en peut plus de se chercher.Gilbert-san y affronte Aum et les yakuzas avec conviction, au péril de sa vie et surtout de celle des autres.D’où une entrée en matière qui donne le ton avec une citation tirée de Danse, danse, danse d'Haruki Murakami: «Elle ne se faisait aucun souci pour moi, écrivait-elle encore, parce que je retomberais toujours sur mes pattes, quoi que je fasse.Elle se faisait plutôt du souci pour les gens que j’allais désormais rencontrer.» Un récit qui se déguste comme un sushi, d’une seule bouchée, et bien relevé.LA CRUCIFIXION EN JAUNE, TOME 2 -BRUME DE PRINTEMPS Romain Slocombe Paris Gallimard, «Série noire» Paris, 2001,712 pages JANE JACOBS La Nature des économies Et si les économies obéissaient aux mêmes principes que ceux qui gouvernent les systèmes naturels ?Jane Jacobs propose ici de nouvelles façons de concevoir l’économie, qui nous permettront en même temps d’augmenter la prospérité et de protéger l’environnement.Économie 198 pages • 22,95 $ Boréal www.editionsboreat.qc.ca JANE J^CO^S La Nature s économies VICTOR-LÉVY BEAULIEU Prix Athanase-David Littérature 2001 À HONNEUR DONNÉ ON NE REGARDE PAS LA BRIBE.TO Œuvres de Victor-Lévy Beaulieu, Dans la collection «Œuvres complètes» Tome î : Mémoires d'outre-tonneau Tome 2: Race de monde Tome 3 : La nultte de Mafcomm Hudd Tome 4: Pour saluer Victor Hugo TomeS: Jos Connaissant Tome 6: Écrits de jeunesse 1964/1969 Tome 7: Un rêve québécois TomeS: Les grands-pères Tome 9: Oh Miami Miami Miami Tome 10: JackKérouac Tome 11 : Chroniques du pays malaisé 1970/1979 Tome 12: Blanche forcée Tome 13: N'évoque plus que le désenchantement de ta ténèbre, mon si pauvre Abel Tome 14: SagamoJobJ Tome 15: Monsieur Melville: Dans les aveilles de Moby Dick Tome 16: Monsieur Melville: Lorsque souffle Moby Dick Tome 17: Monsieur Melville: L'aprèsMobyDick ou la souveraine poésie Tome 18: Una Tome 19: Discours de Samm Tome 20: Don Quichotte de la Démanche Tome 21: En attendant Trudot suivi de Y avait beaucoup de Laçasse heureux Tome 22 : Manuel de la petite littérature du Québec Tome 23: MaCorriveau suivi de La sorcellerie en finale sexuée et Le théâtre de la folie Tome 24: Monsieur Zéro suivi de La route de Miami Tome 25: Cérémonial pour l'assassinat d'un ministre suivi de L'écrivain et le pays équivoque Tome 26: La tête de Monsieur Ferron ou Les Chians Tome 27: Satan Belhumeur Tome 28: Moi Pierre Leroy, prophète, martyr et un peu fêlé du chaudron Tome 29: Steven le Hérault Tome 30: Chroniques polissonnes d'un téléphage enragé Tome 31: La nuit de la grande citrouille suivi de La table de concertation Tome 32: Pour faire une longue histoire courte aux Éditions TROIS-PISTOLES Tome 33 : Entre la sainteté et le terrorisme Tome 34: Seigneur Léon Tolstoï Tome 35: Sophie et Léon Tome 36: L'héritage, théâtre Tome 37: Docteur Ferron Tome 38: Les carnets de l'écrivain Faust Tome 39: La maison cassée suivi de Le bonheur total Tome 40: Monsieur de Voltaire ¦* |W La guerre des clochers Québec ostinato Beauté féroce Les contes québécois du grand-père forgeron à son petit-fils Bouscotte Un loup nommé Yves Thériault Bouscotte - Le goût du beau risque Bouscotte - Les conditions gagnantes Bouscotte - L’amnésie globale transitoire Deux sollicitudes (avec Margaret Atwood) Trois-Pistoles et les Basques, le pays de mon père (photographies de Gilles Gaudreau) Le Bas Saint-Laurent, les racines de Bouscotte (photographies de Michel Dompierre) Aux Éditions Stanké L'héritage, tome 1 L'héritage, tome 2 Les gens du fleuve, anthologie de poésie La jument de la nuit, tome 1 : Les oncles jumeaux Gratien, Bousille et les autres Chez VLB Éditeur Les mots des autres En préparation, à paraître aux Éditions TROIS-PISTOLES James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots Docteur L'Indienne Tamerlan le mirifique L'héritage, tome 3 Le goût du révoiver, polémiques La jument de la nuit, tome 2: La bonne sœur La jument de la nuit, tome 3: La fille du cardinal La jument de la nuit, tome 4 : Bibi La jument de la nuit, tome 5: Le clan ultime Montréal P.Q.Ci-git Artaud La grande tribu VIENT Vingt-sept petits poèmes pour jouer dans l'eau des mots DE PARAÎTRE (illustrations de Yves Harrisson) Ê Photo: €> Ludovic Frémaux, 2001 LE DEVOIR.LES A M E D I 2 4 ET DI M A X ( HE 2 5 X O V E M B R E 2 0 0 1 I) 8 Livres Entrevue avec Jean-Luc Benoziglio ROMAN ÉTRANGER Le monument anachronique Benoziglio dédramatise la folie du monde V A -Clip SOURCE LE SEUII.«L’écrivain n’est peut-être pas le mieux placé pour expliquer ses livres», fait remarquer Jean-Luc Benoziglio, ce fils de psychanalyste.G U Y LA I N E MASSOUTRE Jean-Luc Benoziglio présentait cette semaine sa version de la nouvelle Bible.Il sort aussi un roman, son onzième, dans la collection de Denis Roche; qu’on l’imagine le plus éloigné possible du rigoureux travail de la traduction.L’homme est né en Suisse, en 1940, de père juif espagnol, d’origine turque, et de mère italienne.Il s’installe à Paris où, vers trente ans, il écrit son premier roman: Quelqu’unbis est mort (1972).Pour Cabinet portrait, en 1980, il reçoit le prix Médicis, consolidant sa réputation d’humour.Non, il n’est pas croyant, même s’il a étudié chez les frères.C’est tout le contraire.Ce projçt biblique, auquel l’a invité Jean Eche-noz, par amitié et pour son travail sur la langue, ne changera pas ses romans.Il faut les lire pour s’étonner davantage: La Pyramide ronde, passé trois hoquets de rire, déconcerte.C’est l’histoire improbable de Pharaon, qui vécut entre -1370 et -1335.Le roman se veut à mi-chemin entre les best-sellers égyptiens de Christian Jacq, avec ses croisières organisées sur le Nil, et la fiction savante, hautement documentée, de Marguerite Yource-nar racontant Hadrien.Entre les deux, pensez Queneau, Perec, les écrivains de l’Oulipo.Tout ce qui est archisérieux tourne, bizarroïde, en langue benoziglienne.«L'écrivain n'est peut-être pas le mieux placé pour expliquer ses livres, explique ce fils de psychanalyste.L’autodérision étant ma manière habituelle de fonctionner, j’ai refusé les étiquettes.Mais je reconnais que tous mes livres ont été contemporains et largement autobiographiques.Je me pensais incapable d'écrire un roman historique, surtout que, trop léché, ce genre me tombe des mains.« Documenté, mais pas trop Sur un mode comique, La Pyramide ronde invente comment Pha- raon, premier artisan d’une religion monothéiste, voulut construire un monument rond comme le soleil, son dieu.Il échoua aussi à réformer l’orthographe et les arts.Plein d'enthousiasme à ses débuts, le réformateur se heurta à la révolte générale, surtout des prêtres; son règne, aux dates incertaines, dura moins de vingt ans.«J’ai pris chez moi quelques rares livres, et vogue la galère de l’inspiration!» C’était là belle matière à fabulation: «Il y a un côté Mille et une nuits dans ce personnage qui sort incognito pour écouter ce que les courtisans lui cachent», explique Benoziglio.«J’en profite pour m’écarter de la fausse sincérité du roman, qui dit tout ce qu’on pensait, disait, buvait, pour trouver un style ahistorique, c’est-à-dire écrire des visions qui nous ramènent au temps présent.» Procédant selon le principe du décompte historique (-1347, -1341, -1339, etc.), il écrit sans plan ni chapitres prédéterminés.Ne pas s’inquiéter si une chanteuse d’époque entonne, dans un cabaret, une chanson de Billie Holiday: fan de jazz, il fait des variations et des improvisations à l’avenant.Un vent de plaisir entraîne donc sa plume, encore qu’il avoue y mettre une ardeur minutieuse.Que penser de ce bataclan de jeux de mots sur les noms propres (Kou de Jarnârk, Rôb-lnhoud, Stéh-no, Khonsil, Piêr Hélelou, Apô-Linère et autres facéties, extirpées d’un papyrus garanti authentique), sinon qu’aux rythmes et aux sons correspond un jeu poétique, chargé d’inconscient?Il répond: «Chaque mot est un carrefour d’associations d’idées.Sans que je m’adonne à l’écriture automatique, je souscris à la boutade: “Je préfère l’aventure d’une écriture à l’écriture d’une aventure”.» Sa folie délirante est cohérente, et son plaisir, très casse-gueule, contrôlé.L’aventure de l’écriture «Il se peut que j’aie exagéré dans les noms propres, fait-il modeste- ment remarquer.Mais, fichu pour fichu, autant jouer! Ouvrez un dictionnaire d hiéroglyphes et vous verrez que les noms sont incompréhensibles.Jamais traduits, ils ont pourtant un sens.» L’art du lapsus, de l’accroc, de l’association involontaire, qu’on se rassure chez Lacan ou San Antonio, demeure verrouillé.Il renvoie aux courts-circuits du présent et du passé, comme la mémoire proustienne.Cette ouverture à l’inconscient s’inscrit dans la langue.Coupée, trouée d’ellipses, la langue se charge d’obscurité.Cela désarçonne, dans cette Pyramide ronde, architecture impossible à asseoir.Dans Tableaux d’une ex, en 1989, le défi était de raconter une rupture sentimentale, histoire ô combien éculée, sans tomber dans la banalité.Douze ans plus tard, il cherche en acrobate ces mots-carrefours et les longues phrases par lesquelles retomber sur ses pieds.«J’adore les parenthèses, qui sont comme des courses d’obstacles avec des haies à franchir.J’ai beaucoup lu Claude Simon et Raymond Roussel.» Denis Roche le sait.La filiation de Benoziglio à La Disparition de Perec s’impose.Comme chez lui, la mémoire j meurtrie, coupable egalement, appuie sur des leviers dans la : langue.L’humour efface des pans : d’identité, ce qui transforme l’ap- j parente jubilation d’écrire en deuil ! souterrain.«Céline disait que la [ petite musique ne vient pas toujours toute seule», appuie-t-il, moqueur, presque fuyant.S’il écrit j «Celui qui est seul, s’il tombe, il n’a j personne pour le relever», la citation biblique «tombe bien», aux sens propre et figuré.L’écriture boite, cascade, joue à cloche-pied, jusqu’à ce que Pharaon finisse en fauteuil roulant.Ia langue se fait attachante, par séduction, par glissement illogique et nécessaire à la j fois.Le lecteur glissera donc de la lettre au texte, et réciproquement.La narration n’est pas toute prémâchée, dira l’auteur «Tout ce qui arrive n’est pas téléphoné.Je suis un homme sérieux dans la vie.» De même, quand Pharaon imagine l’avenir, on entre dans une vision fantaisiste où rejoindre Benoziglio, qui refuse d’être un puits de science.La pyramide est une boucle ronde, figure où on retrouve ce goût secret de la lecture que le narrateur de Cabinet portrait entretenait aux toilettes en interrogeant le monde dans les 25 volumes de L’Encyclopédie qu’il y avait entreposés.Par esprit d’escalier, Benoziglio place des hiéroglyphes — des caractères spéciaux de l’ordinateur utilisé, pour la première fois, à écrire ce roman.Ho là! Cette idée enfantine vient des graffitis des carriers égyptiens, qui ont gravé: «J’ai déplacé ce bloc ici pour le mettre là.» Le fantasme, immortel?L’autodérision, sérieuse?L’humour, juif?Le clin d’œil aux paysans du canton de Vaud?Le narrateur, refusant de pontifier, n’est pas dupe de lui-même.LA PYRAMIDE RONDE Jean-Luc Benoziglio Le Seuil Paris, 2001,297 pages 80 000 mots • 250 000 citations 6 volumes sous coffret Le Grand Robert nouvelle édition \ Ve 7 R « * R f.U *.;*»*-¦ LE GRAND ROBERT DE LA LANGUE FRANÇAISE Disponible en librairie dès maintenant ! * LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Un pont identitaire Le comédien Jean-François Casabonne publie un conte philosophique sur la foi brûlante en chacun DAVID CANTIN Ly année dernière, le comédien f Jean-François Casabonne publiait un premier récit où il racontait avec beaucoup de conviction un voyage à pied, de nature spirituelle, entre Carleton et Montréal.Ce périple laissait entendre un mouvement concret vers Dieu, mais aussi une prose capable d’évoquer une foi indomptable.Dans Jésus de Chicoutimi, le trajet sépare, cette fois, un fils de son père biologique.A la suite du décès de sa mère, Marcienne Brassard, Narcisse Bonne Maison cherchera à rencontrer un certain monsieur Djalala.En moins de cent pages, on découvre l’univers d’un écrivain à la recherche de la part secrète de sa naissance.Dès les premières phrases de cette courte histoire, Casabonne renoue avec l’élan poétique qu’il amorçait dans Du cœur aux pieds.Les associations ludiques se croisent afin d'inventer une langue capable de rendre crédible une quête aussi primordiale.Narcisse Bonne Maison découvre quelques indices qui le rapprochent d'une vérité essentielle: son père en fuite n’est nul autre qu’un chirurgien généraliste d'origine syrienne.C’est alors que s’entament les tentatives pour comprendre les raisons derrière ce départ La rencontre entre la mère et ce «Monsieur de l'Indiana» a eu lieu à Chicoutimi dans les années 60.Peu de temps après, le père voudra perdre tout contact avec son Narcisse.Plus tard, l’adulte cherchera à savoir la vérité.Les lettres ainsi que les appels se succèdent Toutefois, le trajet ne se limite pas à la simple rencontre avec le père absent On en découvre ainsi un peu plus sur l'existence de cet homme qui tente de «crever entre [lui et son père] ce silence mythique».Peu à peu, le narrateur semble associer à son geste une symbiose presque mystique: «Jésus de Bethléem a probablement été conçu on ne peut plus naturellement.L’Immaculée Conception n’est pas une question d’organe.Et si Marie, sa jean François Casabonne JÉSUS DE CHICOUTIMI UNE.PERSÉIDF DE DAMAS mère, lui avait dit qu’elle s’était trouvée enceinte de façon mystérieuse et que Jésus ensuite ait cherché son père, son vrai père biologique toute sa vie, pour finalement le trouver et être accueilli par lui comme le père de la parabole de l’enfant prodigue et qu’après il ait mis son attention sur le Père créateur de l'univers, mirant son regard sur cette vérité que nous sommes tous reliés indépendamment des races, indépendamment de toute croyance et que nos réelles origines sont d’en haut et que notre avenir est dans le fait que nous sommes tous fils et filles de ce père invisible, tellement présent que nous pouvons l’apercevoir, il circule amour entre nous frères et sœurs aimants.» Un conte philosophique, aussi simple que fluide, sur la foi brûlante en chacun.Une œuvre grave et légère qui tourne autour de cette blessure de l’absence./és«s de Chicoutimi dévoile, du même coup, une longue variation à propos d’un éveil intérieur crucial.JÉSUS DE CHICOITIMI.UNE PERSÉIDE DE DAMAS Jean-François Casabonne Editions du Silence Montréal, 2001,94 pages 7 Une œuvre grave et légère qui tourne autour de la blessure de l’absence Uhomme- livre NAIM KATTAN • \ A un moment où la civilisation bascule, où le monde change, deux hommes se trouvent face à face dans une ville en quête d’un sens à donner a une religion qui les gouverne.Nous sommes en 1404 à Florence, ville qui va être conquise par l’armée du roi français Charles VIII.La Renaissance met en question une manière de penser, une hiérarchie, un régime.L’Église catholique, gouvernée par une autorité décadente, corrompue, est toujours puissante.Le gouvernement est entre les mains d'une dynastie dégradée, les Médicis, même si Laurent de Médicis incarne l’espoir.Ami des philosophes, des humanistes, protecteur des arts, il ne parvient pas, toutefois, à surmonter les obstacles et à échapper aux pièges.Deux hommes dominent l’époque: Pic de la Mirandole et Savonarole.Amis de jeunesse, ils ont le même souci de comprendre leur temps.Bien que proches, ils choisissent des voies opposées.Pic est riche, beau et d’une intelligence rare.A seize ans, il est déjà un érudit, reconnu pour son savoir, respecté et recherché pour ses connaissances.De plus, il est séduisant et les femmes affluent autour de lui.Il tente de déceler la direction de l’avenir et refuse de s’enfermer dans les dogmes d’une Église qui rejette l’humanisme, celui des philosophes grecs, celui de la Kabbale juive et celui qui est en train de naître.Pic lit tout, apprend le grec et l’hébreu afin de découvrir les richesses inconnues ou méconnues quand elles ne sont pas rejetées.Il s’oppose à toute superstition et rédige un traité dans lequel il fustige les astrologues.Il étudie les philosophes grecs et la Kabbale sans renier pour autant le message du Christ.Savonarole Face à lui: Savonarole.Lui aussi fut assoiffé de connaissances; lui aussi a dévoré les livres des Anciens jusqu’au moment où il décide de porter la soutane et de se consacrer à la religion.Il choisit la pauvreté, ne se déplace qu’à pieds nus, exhibe ses plaies, ses blessures.Ami des pauvres et des déshérités, il les appelle au repentir, veut sauver Florence du lucre et de la luxure.Dans ses sermons enflammés, il demande aux hommes de se départir de leurs richesses et aux femmes de se délester de leurs bijoux et d'opter pour la pureté.Il constitue une armée de fanciulli, des enfants qui mènent bataille contre les récalcitrants et prépare un bûcher des vanités où seront livrés aux flammes tous les livres et tous les écrits qui ne se conforment pas à la lettre de la doctrine de l’Église, En attendant la rencontre décisive avec son ancien ami devenu son adversaire, l’ennemi des livres et des lumières, Pic se remémore son passé, ses rapports avec sa mère, son aventure amoureuse avec Laodomia Strozzi, qui avait rejeté les avances de Savonarole (peine d’amour qui a conduit ce dernier au fanatisme).Il revient en esprit à son enlèvement d’une femme mariée, cousine de Laurent de Médicis, à l’amitié qui le liait à celui-ci ainsi qu’à Marsile Ficin.Tant d’événements qui interviennent dans une si courte vie.En effet.Pic meurt à trente et un ans, probablement empoisonné par Savonarole.Sans négliger la chronologie des événements, Catherine David dresse le portrait d’une époque riche en bouleversements et qui, étrangement, res-semble;sur divers points, à la nôtre.Elle met en scène deux hommes qui s'appuient sur la pa-role, croient en sa primauté.Pic 1 utilise pour chercher une voie, une direction, et Savonarole l’exploite comme instrument de domination, comme arme de combat.Aussi, celui qui savait tout apparaît fragile, impuissant face au fanatisme démagogique.Pic se préparait à un débat public avec Savonarole, affrontement qui n’a pas eu lieu.Cependant à la fin de l’ouvrage, Catherine David fait le récit d’un échange dramatique entre Pic, qui était à 1 agonie, et Savonarole.Ce dernier le falsifie et prétend que son ami se préparait à se soumettre à 1 Ordre des dominicains.Le débat réel demeure exemplaire et l’auteur a heureusement eu la précaution de ne pas tenter de l’appliquer à d autres confrontations, de ne pas trop l’actualiser, ce qui n’empêche pas le lecteur de le faire.L’HOMME QUI SAVAIT TOUT Catherine David Editions du Seuil Paris.2001,474 pages L K I) f.V o 1 K S S A M K I) l K I) I M A \ ( N t» \ K M H K K O 0 I I) î) Livres LITTERATURE JEUNESSE Des lectures qui font apprendre 1> O C l M E N T S Filiations GINETTE GLINDON Les livres documentaires, ces mal-aimés de ceux qui voudraient que les enfants ne lisent que de la grande littérature! Ils sont pourtant source de connaissances complémentaires à l’école et, surtout, ils permettent aux petits curieux de s'adonner savamment à leurs passions.Quel adulte n’a pas été pris au dépourvu devant un enfant complètement fasciné par un domaine du savoir, devenant ainsi le maître face au grand redevenu l’élève?Les éditeurs québécois publient peu de livres documentaires, coûteux à produire et dont on trouve facilement un corpus intéressant sur le marché international.C'est cependant déplorable car les enfants sont ainsi privés de sujets propres à la culture d'ici ou d’un traitement plus idoine sur un thème universel.Cela étant, quelques titres parus récemment apportent beaucoup de fraîcheur à cette production souvent méprisée.D.epuis leur fondation, en 1983, les Editions Michel Quintin ont le mérite de confectionner d’excellents livres documentaires.Il faut dire que leur catalogue est largement influencé par la formation du patron en médecine vétérinaire.Les deux premiers albums de la collection «Savais-tu?» présentent Les Dinosaures, sujet inépuisable pour les enfants, et Les Chauves-souris, selon une formule qui a déjà fait ses preuves, c’est-à-dire le mariage entre la bande dessinée et l’information.«Savais-tu que l’anatosaure, un dinosaure à bec de canard, avait une denture qui atteignait le nombre record de 2000 dents?» «Savais-tu qu’il est faux de croire que les chauves-souris peuvent s’accrocher aux cheveux?» Les dessins caricaturaux aidant, c’est par le truchement de questions-réponses que les lecteurs de 7 à 11 ans s’amusent en apprenant les données essentielles du comportement de certains animaux.Une excellente collection, à en juger par ces deux premiers titres qui seront suivis par Les Serpents et Les Araignées.Pour les lecteurs plus âgés, y compris les adultes, XYZ Editeur fait paraître deux autres titres L MICHEL F1LI0N Le Petit Arlequin, 1959, de Jean Paul Lemieux, une des nombreuses œuvres du peintre illustrant l’album de Chrystine Brouillet, Un Héros pour Hildegarde.dans son excellente collection «Les Grandes Figures»: Norman Bethune et Marius Barbeau, louis Cornellier a commenté ces ouvrages dans les pages de ce journal, mais il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici leur existence auprès du public adolescent auquel ils sont destinés.Le premier sujet, «homme de caractère et de conviction» (sous-titre de l’ouvrage) , est un vrai modèle pour les adolescents en mal d'idéalisme.«Je refuse d'approuver, par passivité ou par inaction, les guerres que des hommes cupides livrent à d’autres hommes.» Tiens donc! Ce médecin socialiste qui a œuvré gratuitement auprès des indi- gents de Montréal a son monument au coin des rues Guy et De Maisonneuve.En l'admirant, les jeunes pourront désormais mieux saluer ce grand homme grâce au texte et à la traduction de deux écrivains pour la jeunesse.Quant à Marius Barbeau, parfait inconnu pour la plupart des ados, il est pourtant à la source de plusieurs contes et légendes dont ils ont sûrement entendu parler.Ce fameux ethnologue a collige une imposante documentation sur plusieurs peuples amérindiens du Canada et a donné une dimension scientifique au folklore.Les deux volumes sont complétés par une chronologie établie intelligemment en regard du milieu des héros mais replacée dans le contexte du Canada et du monde.Des élG ments de bibliographie seront utiles aux enseignants s’il leur pre nait la bonne idée d’en intégrer l’étude en classe.Mentionnons aussi l'intéressante bande dessinée documentaire Les Grands Débrouillards, parue chez Soulières Éditeur il y a quelques mois, en collaboration avec le magazine Les Débrouillards et la Fondation His-torica, qui présente de façon amusante onze biographies d'illustres Canadiens, dont cinq Québécois: Ernest Cormier, Pierre Dansereau, Fernand Seguin, Lucille Teasdale et Daniel Langlois.Chrystine Brouillet, quant à elle, n’arrive pas à terminer son dernier roman pour adultes, actuellement en chantier, tant les projets qu’on lui propose pour le jeune public l'enchantent C’est le cas de C'est moi qui l’ai fait!, un livre de recettes dont Renée Rowan vantait les mérites la semaine dernière dans ce journal.C’est aussi la faute au Musée du Québec, qui offre aux jeunes de 8 à 12 ans une troisième histoire inspirée de tableaux de peintres québécois.Après Alfred Pellan et Jean Dallaire, c’est au tour de Jean-Paul Lemieux de profiter de cette vitrine privilégiée du conte pour pénétrer dans les librairies, dans les bibliothèques et, espé-rons-le aussi, dans les maisons.Trop d'enfants n’ont pas la chance de visiter les musées.À coût Relire Fernand Dumont LANCEMENT COLLECTIF avec la participation de Micheline Cambron, Andrée Fortin, Fernand Harvey, Robert Leroux, Max Roy et Jean-Philippe Warren.JEUDI 29 NOVEMBRE, 17 H 30 / SALLE DES BOISERIES (LOCAL j-280S) / UQAM PAVILLON JUDITH-JASMIN, 405 RUE SAINTE-CATHERINE EST, MONTRÉAL Un événement organisé par Voix et Images, Recherches sociographiques et BQ, avec la collaboration de la Chaire Fernand-Dumont et du Département d’études littéraires de l’UQAM.txt** «*« t**hf*i M**rAf***C*»5Klfr car.W0CMWIS *«*» it:** c .«« «.! •»: ¦ icmar ç rw*t K***’ A/oix et image c ji Fernand Dumont La vigile du Québec L’actualité de l’œuvre de Dumont, sociologue, poète, philosophe, théologien et intellectuel engagé.UgAM La perspective littéraire et le rôle central de l’écriture dans l’œuvre de Dumont.Le vibrant témoignage d’un amoureux de sa patrie, soucieux d’en comprendre l’identité profonde.modique compte tenu de la grande qualité de l’édition, cet ouvrage offre l’occasion de se promener à travers 22 magnifiques ta bleaux de Lemieux dont plus de la moitié fait partie de la collection du Musée du Quebec, qui inaugurait en mai 2001 une salle permanente dédiée à ce peintre très populaire.L’histoire d'amour relatée par Brouillet avec son efficacité habituelle captive tout à fait.Un bijou à offrir à un public beaucoup plus large que celui suggéré par l'éditeur.A la fin de ce volume à couverture rigide et laminée sont reproduites les œuvres de Lemieux qui illustrent ce conte touchant et évocateur.Si vos bas de Noël ont la taille des bottes du père Noël, vous pour rez y insérer ce bel album.LES DINOSAURES LES CHAUVES-SOURIS Alain Bergeron et Michel Quintin Illustrations de Sampar Michel Quintin éditeur, collection «Savais-tu?» Waterloo, 2001,64 pages NORMAN BETHUNE John Wilson XYZ éditeur, collection «Les Grandes Figures» Montréal, 2001,184 pages MARIUS BARBEAU Serge Gauthier XYZ éditeur, collection «Les Grandes Figures» Montréal, 2001,144 pages UN HÉROS POUR HILDEGARDE Chrystine Brouillet Musée du Québec Québec, 2001,43 pages R K N É K R O N A \ Ie nom de famille fait partie ,>du patrimoine de chacun.L onnaisse/ vous l'origine étymologique du nom de vos parents, de vos grands parents aussi bien paternels que maternels?De plus en plus, on s'intéresse à la genealogie et à ses origines.En feuilletant le Grand Dictionnaire des noms de famille, vous y de couvrirez l’origine du vôtre, les régions de France ou d'ailleurs en Europe ou on le retrouve le plus souvent, les formes proches mais d'origine differente ainsi que son histoire.J'ai appris, par exemple, que le nom de famille de mon père, Pelletier, vient du surnom donne autrefois à un marchand de fourrure, de pelisses («d’un pelletier»), ou encore de «peletier», qui fabrique et qui vend des fourrures.J’ai appris aussi qu’il s'agit d'un nom de famille encore très répandu: ainsi, avec 6487 foyers abonnes au telephone (dont 264 à Paris), soit environ 17 500 personnes, ce patronyme occupe le 146’ rang des noms les plus fréquents en Eranee.On indique que ce nom de famille existe en Mtrr*-G«b< Grand dictionnaire, des noms Jm de famille# Allemagne, en Belgique, en Angleterre.en Espagne, en Italie, en Grèce, en Russie, mais du Québec, on ne parle pas.Et pourtant, des Pelletier, il y en a.et beaucoup! Un ouvrage de référence qui ne manque pas d’intérêt mais qui s'adresse en premier lieu aux Français et aux Européens de façon générale et laisse sur son appétit.GRAND DICTIONNAIRE DES NOMS DE FAMILLE Pierre-Gabriel Gonzales Editions Ambre Genève, 2001,504 pages Du Roussillon à la Provence, Ix’s vins doux naturels de la Mé-diterrantee nous entraîne dans le Languedoc, la vallée du Rhône et la Corse.Ce sont les terroirs à vins doux naturels où les sols très varies donnent les ba-nyuls, les rivesaltes et le muscat de Erontignan, pour ne nommer que ceux-là.Après avoir expliqué la denomination «vins doux naturels», dénomination réservée à des vins dont la production est traditionnelle et d'usage, les auteurs présentent les aires des appellations de ces vins, en tracent l'historique et nous proposent des itinéraires viticoles et touristiques.A la qualité des textes s’ajoute celle des photographies.Et pour finir sur une note gourmande, le livre se referme sur un carnet de recettes inspirées par ces vins doux naturels qui titillent agréablement le palais.LES VINS DOUX NATURELS DE LA MÉDITERRANÉE A.L'ygnier, P.Torrès, J.-M.Goyhenex Editions Aubanel Genève, 2000, 140 pages Internet Les 1000 meilleurs sites en français de la planète Bruno Qugllelminotli Les 1000 meilleurs sites en français \ p* de la planète USSST P < \ (\6 ?- • ’1 0 M Bruno Guglielminetti ISBN 2-89381-837-4 • 240 p.• illustré • 21,95 $ GUIDE DE LA PHOTOGRAPHIE NUMERIQUE Guide de la photographie Guy Samson ISBN 2-89381-824-2 • 152 p.• 18,95 î ¦ — i l si Les Éditions LOGIQUES 7, chemin Bates, Outremont (QC) H2V 1A6 DISTRIBUTION EXCLUSIVE: QUÉBEC-LIVRES Des livres pour savoir F f Éditions Nota bene Les Cahiers du CRELIQ Que vaut la littérature ?Sous la direction de Denis Saint-Jacques Fnjcux des genre* d.in* les écritures contemporaines I \ rr.NSth {0'ln»rr Sous la direction de Robert Dion, Frances Fortier et Élisabeth Haghebaert Sous la direction de François Dumont Les travaux de pointe des chercheurs du Centre de recherche en littérature québécoise (CRELIQ) de l’Université Laval aux Éditions Nota bene CheLiQ Collection Séminaires Collection Études UttiY ST ftÊSEAl’X m.sfKJAim trt.LiiTiâAmp aV Oh f.WC Pt+rrr KaWu DES TEXTES  L'ŒUVRE it ntt ,i ît »i *
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