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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-11-27, Collections de BAnQ.

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ACTUALITES EFFET DE SERRE Ottawa investit 425 millions pour réduire l’émission de GES Page A 3 Paul Martin déposera son budget le 10 décembre Page A 3 \\ w vv .led e v o i r .e o ni ?LE DEVOIR Clonage d’un embryon humain Une première qui n’en serait pas une L’annonce du laboratoire ACT serait avant tout un bon coup publicitaire PAULINE GRAVEL LE DEVOIR L> annonce en grande pompe de la réussite du clo-1 nage des premiers embryons humains serait un bon coup de publicité pour faire grimper la valeur de l’action de la société américaine Advanced Cell Technology (ACT), selon les professeurs François Pothier et Marc-André Sirard du département des sciences animales de l’université Laval dont les recherches s’intéressent notamment aux techniques de clonage chez l’animal.D’autant que les résultats publiés par l’entreprise américaine sont très préliminaires, les embryons clonés n’ayant pas survécu au-delà du troisième jour de développement et n’ayant pas dépassé le stade embryonnaire de sût cellules.Produire des embryons de six cellules n’est pas très compliqué, affirment les chercheurs québécois.- «L’ovule est déjà programmé pour se rendre jusqu’à huit cellules peu importe la combinaison expérimentée grâce à un processus automatique, précise Marc-André Sirard.L’étape la plus cruciale, celle du stade du “blastocyste”, qui est normalement atteinte chez un embryon de sept jours, [lequel possède les fameuses cellules souches], n'a toutefois pas été franchie par ACT.VOIR PAGE A 8: PREMIÈRE Le clonage humain est toujours permis au Canada Le vide juridique est vertement critiqué aux Communes HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Et si ce n’était pas à Worcester, Massachusetts, mais bien à Montréal, Québec, que des chercheurs avaient réussi à cloner un embryon humain, que leur serait-ü arrivé?En un mot rien.S’il est dans l’intention du gouvernement fédéral de prohiber le clonage humain, autant à des fins de reproduction que de recherche, aucune législation n’est encore en place et seul un moratoire volontaire retient les chercheurs canadiens de s’aventurer sur cette voie.Ce vide juridique a été vertement critiqué hier à la Chambre des communes.«90 % des Canadiens sont contre le clonage humain, a rappelé le chef de l’Alliance canadienne, Stockwell Day.Et, malgré les promesses libérales, nous n’avons toujours pas de législation dans ce domaine.Maintenant que le clonage humain est une réalité, le gouvernement va-t-il présenter immédiatement, pas dans sept ans, une législation en vue de bannir toute forme de clonage humain?» M.Day taisait référence au rapport de 300 pages de la Commission royale d’enquête sur les nouvelles techniques de reproduction qui dort sur une tablette depuis huit ans.La réponse lui est venue du premier ministre Jean Chrétien, quoiqu’avec une erreur de faits.«Déjà, il y a un projet de loi devant la Chambre qui a été passé, qui est maintenant rendu devant un comité de la Chambre où les députés étudient ce problème.Et le projet de loi indique clairement que le gouvernement — et nous espérons que la Chambre — est opposé au clonage humain.C'est la position du gouvernement et ce sera bientôt la position de la Chambre si l’opposition réalise qu’il y a déjà un bill devant la Chambre et le comité.» VOIR PAGE A 8: CLONAGE INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 5 Bourse.B 4 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 6 00 Idées________A7 Le monde.A 5 Mots croisés.B 5 Météo .B 5 Sports.B 6 Télévision.B 7 Conversion démocratique des églises (¦ » •• W*MV.rTmmi trntnwvur ses volte-face politiques, «les États-Unis ont utilisé l’Alliance du Nord comme un instrument contre les talibans mais leur objectif principal est de mettre au pouvojr un gouvernement de son choix qui permettra [aux Etats-Unis] une présence militaire américaine en Afghanistan et d’accroître sim influence en Asie centrale».Récompensée à plusieurs reprises par Amnesty International et les Nations Unies |xmr son travail en De veur des réfugiées et des 12 millions d’Afghanes, Sima Wali dit en réalité qu’elle veut «une chose très simple : que la femme soit de nouveau une citoyenne à part entière en Afghanistan».«Beaucoup d'Ocadentaux ne savent pas qu'à la fin des années 60, la femme afghane pouvait faire ce qu’elle vmtlait.Elle était l'égal de l’homme de par la constitution, elle s’habillait comme elle voulait, elle avait le droit de vote, elle pmvait travailler, devenir parlementaire, écouter de la musique.Buis la guerre (avec l’Union soviétique] a Urut changé.Les femmes sont devenues des veuves, le pays s’est radicalise, il est tombé entre les mains des fondamentalistes, avec l’aide directe de la communauté internationale.Maintenant, il me semble normale que la communauté internationale aide les Afghanes à retrouver leur dignité et à participer au processus politique et social qui va s'instaurer.» Avant même de commencer des discussions qui pourraient être longues et laborieuses, Sima Wali se veut optimiste.«Regardez la lettre de Rabbani (le président afghan], H se dit déterminé à redonner la parole aux femmes.C’est sans précédent et c’est extraordinaire.Si nous parvenons à mettre sur pied m gouvernement mutli-ethnique et représentatif, qui pourrait même inclure des femmes, alors tout est permis.» Faut-il blâmer Mbeki pour la séropositivité des bébés?AGENCE FRANCE-PRESSE Pretoria — le gouvernement sud-africain a été accusé hier devant la Haute Cour de Pretoria de mettre en péril la vie de milliers de nouveau-nés par son refus de mettre à la disposition du public un médicament limitant la transmission du virus du sida de la mère à l'enfant Au premier jour du procès intenté au gouvernement la TAC (Treatment Action Campaign) a dénoncé ce «vice fatal» de la politique du gouvernement en matière de lutte contre la pandémie, dans le pays le plus touché par le virus du sida dans le monde.D’après l'avocat de la TAC, la principale ONG sud-africaine d’aide aux malades du sida, en Afrique du Sud, «environ 100 OOO bébés deviennent séropositifs chaque année et la plupart d’entre eux meurent avant l’âge de cinq ans».D’après les études, l’usage de la Nevirapine, un médicament anti-rétroviral, limite de 50 % la transmission de la mère à l’enfant pour un coût minime et une durée de traitement limitée.lx.gouvernement sud-africain a refusé jusqu’à présent de distribuer les médicaments anti-retroviraux qu’il juge à la fois inefficaces et toxiques.\r président sud-africain Thabo Mbeki a récemment jugé, devant le Parlement que ces médicaments étaient «aussi dangereux pour la santé que la maladie qu 'ils sont censés traiter».Sima Wali se veut «porte-parole d'une majorité silencieuse» Les joujous chinois coûtent cher.socialement i f i LE DEVOIR.LE MARDI 27 X O V E M B R E 2 O O I A () EDITORIAL La course aux clones L’annonce du premier clonage d’embryon humain par une société américaine privée relance le débat sur la procréation assistée, le clonage et la recherche génétique.Et, bien que ce dernier développement ne soit qu’un demi-succès, il n’en pose pas moins avec une urgence renouvelée les complexes interrogations éthiques sur la manipulation de l’embryon, même à des fins thérapeutiques.A quel moment commence la vie humaine?L Paule des Rivières ?annonce du premier clonage d’embryon humain tend à renforcer l’attitude voulant que les avancées scientifiques progressent, dans ce domaine explosif, beaucoup plus rapidement que les débats au sein des populations et dans les parlements.Certains Etats se sont donné des lois pour limiter les recherches, d’autres, dont le Canada, traînent la patte.Mais voyons d’abord en quoi consiste l’étape prétendument franchie ces jours derniers et annoncée à grands coups de publicité.La firme Advanced Cell Technology a recouru à la technique qui avait permis à Dolly de voir le jour en 1997.Il s’agit d’introduire le noyau d’une cellule prélevée sur un organisme adulte dans un ovocyte préalablement énucléé pour obtenir ensuite sa division et, partant, un développement embryonnaire.Mais l’expérience vantée est, dans les faits, limitée: l’embryon ne s’est développé que jusqu’au moment où il a comporté six cellules.Il a vécu moins d’un jour.Mais, ce faisant, en plus de faire parler d’eux, les chercheurs tentent de faire la démonstration que le clonage réussi d’un embryon humain n’est qu’une question de temps.Une manière comme une autre de clamer que l’irréversible est à nos portes.Et d’envoyer un signal aux investisseurs.la production espérée de cellules souches, qui se développent dans l’embryon, recèle d’immenses espoirs de guérison de maladies neurodégénératives.Personne ne parle ici de clonage à des fins reproductives, l’option étant à peu près unanimement décriée.Mais, pour de nombreux individus et groupes, l’embryon est un être humain qui ne devrait souffrir aucune manipulation, point à la ligne.Plusieurs estiment en outre que cette étape ouvrira toute grande la porte au clonage reproductif, quoi qu’en disent les experts aujourd’hui.Aux Etats-Unis, le président Bush a réitéré son opposition à toute forme de clonage humain.En août dernier, au terme d’un débat houleux, il donnait son accord pour la recherche sur les cellules souches existantes, donc extirpées d’embryons ayant de ce fait déjà été détruits.Il ajoutait qu’il n’était pas question de financer l’extraction de cellules à partir d’embryons congelés.La France permet pour sa part la recherche sur des embryons, mais uniquement sur des spécimens en surnombre, restés inutilisés, déjà conçus in vitro pour des parents en quête d’un enfant.Pour sa part, l’Angleterre a adopté une législation plus permissive en ayant ouvert la porte au clonage humain à des fins thérapeutiques.Chez nous, le débat progresse à pas de tortue.L'avant-projet de loi déposé au printemps continue d’être examiné devant le comité des Communes sur la santé.Le gouvernement canadien veut interdire le clonage humain, mais son avant-projet de loi ouvre la porte à la reproduction de cellules souches prélevées à partir d’embryons déjà disponibles.Nous croyons qu’il sera très difficile de faire respecter l’interdiction d’en produire de nouveaux, destinés spécifiquement à la recherche, lorsque les stocks seront épuisés.fi faudrait envoyer un message plus clair.Enfin, des annonces comme celle faite dimanche soir peuvent donner l’impression que plus rien ne peut arrêter la communauté scientifique et, en conséquence, qu’il ne sert à rien de poser des limites aux chercheurs.Rien n’est plus faux.Plus que jamais, il faut faire pression sur les gouvernements afin qu’ils aient le courage d’encadrer cette recherche.Rassembler la gauche eu de gens auront noté que le N PD tenait le week-end dernier un important congrès d’orientation.la couverture médiatique a été minimale en raison du caractère introspectif de cette rencontre, qui visait à redéfinir une plate-forme politique que les électeurs jugent manifestement de moins en moins intéressante.Le NPD ressort de ce congrès aussi divisé qu’à l'entrée, si ce n’est davantage.Ceux qui défendent des positions centristes l’ont emporté, mais par une faible marge.Ils ont pu prendre la mesure du mouvement dit de la Nouvelle Initiative politique, qui prône un virage radical à gauche en transformant le parti en fer de lance de la lutte contre la mondialisation.Mis aux voix, ce projet soutenu par des activistes gauchistes a recueilli l'appui de 40 % des congressistes.Défaits, ceux-ci ne s’estiment pas pour autant battus.Le NPD n'en est pas à ses premiers déchirements internes.Il y a 32 ans, c’était le mouvement Waffle qui tentait de faire glisser le parti à l’extrême gauche.Ce débat avait laissé des blessures profondes dont le parti ne s’était pas trop ressenti sur le plan électoral grâce à la force et au charisme de son chef d'alors, David Lewis, ce à quoi ne peut prétendre la chef actuelle, Alexa McDonough.Celle-ci gère au mieux la crise actuelle, mais sans grande autorité car tous savent qu’elle souhaite quitter son poste avant les prochaines élections.Parions que le présent débat entre gauchistes et centristes se réglera sur le plancher d’un congrès au leadership.Sur un strict plan électoral, cela n'augure rien de bon pour ce parti qui, ces dernières années, n'a connu sur la scène fédérale que des échecs.U' pouvoir lui semblant inaccessible, ses militants se réfugient facilement dans des positions doctrinaires, fis aiment se voir comme la conscience sociale du Canada et cherchent davantage à critiquer et à dénoncer plutôt qu’à proposer.la tentation de l’extrême gauche, qui, si elle vient tout naturellement à nombre de militants néo-démocrates, n’en est pas moins dangereuse.Déjà, le Parti libéral cherche à marginaliser le NPD en occupant la plus large place au centre.Quel espace lui resterait-il si les positions des Svend Robinson et Judy Rebick l'emportaient?S’il veut retrouver la place qu’il a déjà eue, le NPD n'a d’autre choix que d'etre un parti de coalition de toutes les gauches, y compris celle qui, ces deux dernières élections, a choisi de voter pour le gouvernement Chrétien.Le NPD a besoin de rassembler plutôt que diviser les forces progressistes.bdescoleaux(a ledevoir.ca Descôteaux ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE ANDRÉE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LETTRES -?- Démocratie ?J’ai regardé avec consternation le reportage de l’émission The Fifth Estate du 21 novembre sur le traitement infligé par les services de police et de sécurité (sic) québécois et canadien aux manifestants antimondialisation.Le sort réservé à M.Singh, militant radical, mais non violent, m’a particulièrement choquée.Je croyais en effet à tort que les rapts et l’emprisonnement prolongé (17 jours, dans ce cas) étaient l’apanage des dictatures ou des groupes d’extrême droite qui en sont proches.alors qu’ils ont cours ici même et sont le fait de l’appareil répressif et policier officiel qui méprise ainsi, avec l’assentiment des gouvernements dits démocratiques, l’esprit et la lettre de la Charte des droits.En 1986, lors d’un séjour au Chili, j'ai vu les camions lance-eau, l’effet des gaz lacrymogènes, les policiers armés et casqués faisant sonner leur matraque sur leur bouclier et sur le corps de manifestants pacifistes.Pacifistes, mais radicaux dans leur dénonciation de l’injustice et de la répression.Quelle différence y a-t-il entre le traitement réservé par Pinochet à ses opposants et celui réservé aux manifestants antimondialisation, en très grande majorité non violents?Chers gouvernants, mon vote ne vous permet pas de violer les droits humains et jamais il ne le fera.Il ne vous permet pas non plus de mépriser les droits économiques et sociaux de mes concitoyens d’ici et d’ailleurs.Rien ni personne, fût-il président ou premier ministre, ne saurait être plus important que le respect des droits et de la dignité des êtres humains, de quelque origine ou condition que ce soit.Raymonde Fortier Mère de famille pacifiste, probablement radicale aux yeux des gouvernants et peut-être même dans leurs fichiers à partir d’aujourd'hui Longueuil, 22 novembre 2001 Intemporelle et inoubliable Perron Il est rédigé au verso d'une des œuvres sur papier de Marcelle Perron, depuis le 22 avril 1993, date à laquelle j’en ai pris possession chez elle: «Je suis allé chercher ce tableau, que j’avais acheté en février dans une exposition au Vieux Presbytère à Saint-Bruno, au 218 Bloomfield, Outremont, résidence privée de Marcelle Perron.Cette artiste-peintre de grande réputation est maintenant devenue une petite dame de 70 ans qui m’accueille chez elle avec gentillesse.J’y suis demeuré de 19h30 à 22h30.«Elle me parle de mille et un sujets avec passion et me raconte des anecdotes à propos de Rio-pelle et de Bellefleur.Elle me témoigne son intérêt inaltéré pour la politique et la sociologie et me fait part de son énergie créatrice qui la pousse encore à peindre huit heures par jour, en dépit des courbatures que cette activité lui occasionne.Ce fut une soirée intemporelle et inoubliable.» Voilà bien ce que demeurera Marcelle Perron: intemporelle, inoubliable! Pierrette Gaudreau Brassard, 21 novembre 2001 La réforme du mode de scrutin On parle actuellement de la réforme du mode de scrutin de nos institutions démocratiques.On affirme, sans doute avec raison, qu’un mode de scrutin partiellement proportionnel permettrait de mieux refléter la diversité des points de vue.Il y a cependant un autre aspect de nos institutions démocratiques qui mériterait d’être discuté.Il s’agit du fonctionnement quasi clandestin de nos conseils de ministres parlementaires ou des comités exécutifs des grandes municipalités.À Toronto, sauf des exceptions nécessaires bien définies, les réunions du comité exécutif sont ouvertes au public.Ce mode de fonctionnement est rendu possible par le travail préparatoire d’une série de commissions permanentes, également publiques.La clandestinité exécutive de la politique québécoise et canadienne est en train de cautionner la mauvaise réputation de nos institutions dites démocratiques.Il serait triste de constater qu’une règle considérée démocratique par Mike Harris ne passe même pas au Québec.Charles de Mestral Montréal, novembre 2001 LIBRE OPINION -?- La société du savoir doit aussi être une société éducative ÉMILE OLLIVIER BERNARD NORMAND DANIEL BARIL Respectivement président, directeur général et chargé de projet de l’Institut canadien d'éducation des adultes (ICEA) Prochainement, le gouvernement du Québec achèvera la réforme de l'éducation en cours, «Prendre le virage du succès», en rendant publique une politique québécoise de l’éducation des adultes.A cet égard, nous croyons important que tous les représentants de la population à l’Assemblée nationale comprennent l’urgence d'entreprendre une réforme en profondeur de l’éducation et de la formation des adultes.Car la population adulte du Québec est confrontée à des défis éducatifs d'un nouveau genre et qui justifient que nous réactualisions la contribution de l’éducation à la vie démocratique et à la justice sociale.Selon nous, la société du savoir ne peut être et se développer si elle n'est pas d'abord une société éducative.Etrangement, le Quebec vit une situation paradoxale en regard de l'éducation et de la formation des adultes.Alors que la persistance de faibles niveaux de scolarisation de sa population adulte soulève des inquiétudes justifiées et que les possibilités et les exigences d’éducation se multiplient dans la vie des gens, la participation des adultes à des activités éducatives diminue d’année en année.In dernière enquête de Statistique Canada à ce sujet est révélatrice.Ainsi, de 1991 à 1997.le taux de participation de la population adulte du Québec à des activités organisées d'éducation des adultes a chuté de près du tiers.De 27 % qu'il était en 1991, ce taux de participation se situait à 20 % en 1997.En comparaison, toujours en 1997, le taux canadien de participation à l'éducation et à la formation des adultes se chiffrait à 27 %, tandis que celui de l’Ontario était de 30 %.Ces données montrent aussi que le Québec se situe à l’avant-dernier rang des provinces canadiennes quant à la participation de sa population à des activités organisées d’éducation et de formation des adultes.Nous devons donc conclure que le Québec accuse un retard inacceptable qui devrait à lui seul nous convaincre de l'urgence d'agir.Dans l'immédiat un défi éducatif s’impose à nous.Car l’augmentation du taux de participation de la population du Québec à l’éducation et à la formation des adultes apparaîtra de plus en plus critique dans un contexte social, culturel et économique où l'impossibilité et la difficulté d’accéder au savoir et à l’éducation de-viepnent des sources d’exclusion.A titre d'exemple, selon l’Institut de la statistique du Québec, entre 1990 et 1999, plus de 80 % des emplois créés au Québec furent obtenus par des travailleurs ayant une scolarité de niveau postsecondaire, partielle ou complétée.C’est donc dire que seulement 20 % de ces emplois ont été offerts à des personnes n’ayant pas terminé des études de niveau secondaire.Concernant les emplois perdus, pour la même période, ce sont plus de 90 % des emplois perdus qui étaient détenus par des personnes ayant une scolarité de niveau secondaire, partielle ou complétée.Pour bien prendre la mesure de cette situation, rappelons que plus de deux millions de Québécois ne possédaient pas, en 1996, un diplôme d’études secondaires ou de formation professionnelle.Sur la base de ces seuls chiffres, nous jugeons que les choses doivent changer en éducation et en formation des adultes.Dans le cadre de la démarche gouvernementale d'élaboration et d’adoption d’une politique de l'éducation des adultes, l’Institut canadien d’éducation des adultes (ICEA) a fait valoir aux ministres responsables l'urgence que soit mise en branle une réforme de l’éducation et de la formation des adultes.Or nous avons dû constater que les propositions rendues publiques par le gouvernement du Québec, au printemps dernier, n’invitaient pas la société québécoise à des changements essentiels en éducation et en formation des adultes.Pourtant, à nos yeux, la situation québécoise en éducation et en formation des adultes commande des transformations significatives.Dans cet esprit, nous craignons vivement que le Québec rate ce rendez-vous stratégique que constitue, pour l’éducation et la formation de la population adulte québécoise, l'adoption d'une politique gouvernementale d’éducation des adultes.A ce sujet, les prochaines semaines donneront aux élus des formations politiques l’occasion de donner un souffle nouveau à l'éducation et à la formation des adultes, puisque le gouvernement a annoncé vouloir adopter, d’ici au mois de décembre 2001, une politique de l'éducation des adultes.Dans ce contexte, nous les invitons à faire de l’éducation et de la formation des adultes l’une des priorités du Québec d'aujourd'hui.Comme société, c’est avec résolution qu’il nous faut prendre de front ces défis éducatifs posés par le bas niveau de scolarisation de la population adulte québécoise et par la baisse constante de la participation de cette population à l’éducation et à la formation des adultes.Pour cela, une politique de l’éducation des adultes doit exprimer un engagement à investir dans le potentiel des Québécois et elle doit aussi faire de l’éducation et de la formation des adultes un véritable instrument de progrès spcial, culturel, économique et démocratique.A ce sujet, les propositions gouvernementales soumises pour la consultation publique en octobre 2001 demandent à être améliorées. L E DEVOIR.EE M A R l> I \ O V E M R R E 2 0 0 A 7 IDEES Vous avez dit pauvreté ?Le nombre des fous est infiniment moins grand que celui des pauvres, de ceux qui demandent d'être représentés par d'autres que des fous de Dieu ou des fous de l'argent RODOLPHE DE KONINCK, Professeur au Département de géographie de l’université Laval, l’auteur est titulaire des prix Jacques Rousseau (Interdisciplinarité, ACFAS, 1998) et Innis-Gérin (Sciences humaines, Société royale du Canada, 1999).u-delà de lecran de fumée entourant les guerres de l’Afghanistan, on est en droit de continuer à se demander quels étaient les véritables motifs des responsables des attentats du 11 septembre, perpétrés sur le territoire des Etats-Unis.En attendant la réponse, on est aussi en droit, on a même le devoir de parler de la richesse et surtout de la pauvreté du monde.Car, quoi qu’on en dise, cette pauvreté nous hante, doit continuer à noqs hanter depuis le choc du 11 septembre.A ce sujet, je me permets de reprendre ici un petit texte que j’avais rédigé et lu publiquement dans le cadre de ma participation à une table ronde rassemblée le 17 octobre dernier, à l’université Laval et à l’instigation de la Faculté de philosophie.Consacrée à la question Quel avenir pour le monde après le 11 septembre?cette table ronde a compté sur la participation de Mme R’kia Laraoui, de MM.Luc Langlois, Albert Legault, Jean-François Mattéi, Louis O'Neil, Yves Charles Zarka et le soussigné.Ma contribution, que voici, s’intitulait La richesse et la pauvreté du monde.Les attentats du 11 septembre n’avaient peut-être rien à faire avec la pauvreté du monde, même s’il était assez évident qu’ils s’attaquaient à la richesse du monde, à son arrogante richesse, à son arrogante puissance.Mais, qu’ils aient eu à faire ou non avec la pauvreté du monde, qu’ils aient eu ou non comme objectif de nous rappeler son existence, de nous la rappeler, certes, avec une extrême perversité, une extrême violence, nous devons convenir que, tous, nous y avons pensé.Bien sûr, nous avons tous pensé à l’injustice du geste, des gestes — je veux dire les attentats — mais aussi, et cela devra devenir surtout, à l’injustice qui règne en maître dans le monde, qui lui sert de moteur diraient même certains.Car, comment donc oublier que les écarts de richesse et de pauvreté, lesquels ont toujours été immenses dans le monde, comment donc oublier qu’ils le sont plus encore aujourd’hui, ne serait-ce que parce que la richesse du monde s’étale, je dirais même déborde, — y compris hors de la soute de nos bombardiers — alors que sa pauvreté perdure, endure et que, tous, nous le savons?Tous, nous savons aussi que les écarts de richesse et de pauvreté, bien qu’omniprésents dans toutes les sociétés, suivent des clivages, désignent des frontières inscrites, de façon flagrante, dans la géographie du monde, dans sa démographie.Le premier problème Comment donc ne pas reconnaître que le nombre de ceux qui souffrent, y compris ceux qui ne souffrent que pendant les quelque quarante années, bien sonnées, que peut durer leur vie, comment donc ne pas reconnaître, dis-je, que leur nombre augmente dans plusieurs parties du monde où, à défaut de bien vivre, l’on vit nombreux?L’on s’y reproduit dans la souffrance, suppléant à la durée et à la qualité de la vie, par sa multitude, par sa brièveté, par la souffrance partagée.Comment donc ne pas reconnaître que le premier problème du monde est bien celui de l’injustice devant le monde, de l’injustice qui est le premier créateur de la pauvreté?Que ce problème, qui n’aurait jamais dû attendre, pourra encore moins attendre, avec ou sans les fous de Dieu, d’où qu’ils soient et quel que soit leur nombre?A vrai dire, le nombre des fous est infiniment moins grand que celui des pauvres, de ceux qui ne demandent que la justice, le droit de vivre décemment, d'être représentés par d’autres que des fous, des fous de Dieu ou des fous de l’argent.Nous vivons dans un monde formidablement riche qui ne devrait plus jamais, qui ne pourra plus jamais vivre avec la honte de sa pauvreté.Dès lors tout comme par la suite, bien des commentaires m’ont été transmis.Certains m’ont dit approuver le lien établi entre le choc du 11 septembre et le rappel de cet immense écart qui sépare les riches et les pauvres: pourquoi, pensons-y bien, pourquoi quelques êtres humains auraient-ils à leur disposition des ressources cent fois, mille fois supérieures à celles dont disposent des millions d’autres?Un écart qui tout à la fois fait tourner et mine le monde.D’autres firent état d'un désaccord avec ma position, affirmant que ceux qui ont planifié et ceux qui ont perpétré les attentats du 11 septembre n’en avaient que faire des pauvres.Ceux-là ont probablement raison.Mais le fait demeure que les attentats nous y ont fait penser, aux pauvres.Pour moi, c’est cela qui compte, encore que bien d’autres choses soient en jeu.Et que j’y pense encore, bien que, pour ce faire, je n’aie pas besoin d’un rappel du genre attentats.Quoi qu'il en soit, depuis cette table ronde du 17 octobre, j’ai eu l'occasion de prendre connaissance d’un certain nombre de témoignages allant dans le sens de mon interprétation, de ma préoccupation.Ils provenaient de personnes avec lesquelles je me sens en bonne compagnie, tout comme IS.' If* M La pauvreté, véritable préoccupation des pays riches?On aimerait y croire Depuis 1993, le commerce mondial a été décuplé, mais la part proportionnelle des pays du tiers monde s’y est à peine accrue, alors que la pauvreté a peu reculé d'autres dont la compagnie, disons, m'interpelle! Les recettes de M.Soros Ainsi, s’agissant de ces derniers, commençons par George Soros, le financier américain.Dans un article rédigé pour le compte de Newsweek, daté du 29 octobre, celui-ci se déclara partisan d’un point de vue étonnant chez un maître-banquier connu pour son cynisme.Peut-être s’agissait-il, en fait, de cela.Toujours est-il que, dans l’article en question, intitulé «The Free Market for Hope», M Soros affirme que «The war on poverty has become even more pressing since September 11» (La guerre contre la pauvreté est devenue plus urgente depuis le 11 septembre).Et Monsieur Soros de proposer toute une série de programmes de lutte contre la pauvreté, programmes fort défendables, reposant sur des investissements à la fois gouvernementaux et privés.Un peu à la même date, plus exactement le 25 octobre, le quotidien montréalais Le Devoir rapportait les propos du président de SNC-I^valin, société qui représente l’un des fleurons du capitalisme canadien.Plaidant pour une plus grande conscience sociale.Jacques Lamarre qui, lui non plus, ne peut être taxé d’angélisme, affirmait voir «.dans ces événements le symptôme et l’expression de la grande misère, la douleur et même l’humiliation ressenties par des millions de personnes dans bien des parties du globe».M.Lamarre ajoutait qu’il était indispensable d’œuvrer .«au développement économique et social de ces pays.».De pareilles déclarations ont été maintes fois entendues à l’occasion des grandes messes du capitalisme célébrées lors du Sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economie Cooperation), tenu à Shanghai en octobre, et lors des réunions du G 20, du Fonds monétaire inernational et de la Banque mondiale, tenues à Ottawa en novembre.A Shanghai, le président américain, George W.Bush, a insisté sur la nécessité d’accroître l’équité du système mondial, ajoutant que la mondialisation doit gagner des adeptes, mais de façon telle que tous puissent en profiter (Asiaweek du 2 novembre).Même discours, à peu près, de la part du ministre des Finances, Paul Martin, assurant lors des réunions d’Ottawa que le Canada allait hausser son budget d’aide aux pays en voie de développement Comme l’a bien rappelé Jean-Jacques Samson, dans un récent éditorial (Le Soleil du 19 novembre), tout cela découle en réalité d’un réflexe d’égoïsme parmi les pays riches, où l’on craint que la pauvreté des pauvres, ceux de l’autre monde, ne vienne à enrayer la prospérité des riches.Mais encore faudrait-il démontrer l’existence d’un lien direct potentiel entre l’enrichissement continu des pays riches et celui des pays pauvres, et surtout faire accepter ce principe aux multiples lobbies qui sévissent dans le monde industriel.Tant à Ottawa qu’à Washington, qu’à l’occasion de tous ces rassemblements des grands argentiers du monde, y compris lors du plus récent, à Doha au Qatar, l’on parvient m Ww’ i * m l ARCHIVES I E DEVOIR Tous, nous savons aussi que les écarts de richesse et de pauvreté, bien qu’omniprésents dans toutes les sociétés, suivent des clivages, désignent des frontières inscrites, de façon flagrante, dans la géographie du monde, dans sa démographie.donc à un consensus: il faut accroître les échanges mondiaux et tous s’en trouveront mieux.Hélas, cela n’est pas nécessairement vrai.Le même prétendu postulat avait été reconnu à l’occasion des accords issus de l’Uruguay Round en 1993.Le commerce mondial a depuis été décuplé, mais la part proportionnelle des pays du tiers monde s’y est à peine accrue, alors que la pauvreté, elle, y a peu reculé.Surtout, en chiffres absolus, la pauvreté, la misère ont augmenté.Pourquoi?Pour bien des raisons, certes, dont la dette des pays pauvres.Mais l’une d’entre elles est bien que les échanges entre pays riches et pays pauvres demeurent soumis à des quotas et à des prix que seuls les pays riches dictent.Une telle injustice a même tout récemment été reconnue dans les pages de l’hebdomadaire Time, que l’on ne peut soupçonner d’être de gauche.Sa plus récente parution, datée du 26 novembre, contient un article intitulé Free-Trade Hypocrites.L’auteur, Michael Elliot, y souligne combien l’accès conditionnel aux marchés des pays riches tout comme la protection dont bénéficient plusieurs secteurs dans ces mêmes pays — agriculture et textiles en particulier — nuisent aux pays pauvres.La pauvreté, véritable préoccupation des pays riches?On aimerait y croire.ARCHIVES LE DEVOIR Les auteurs des attentats dull septembre n’étaient probablement pas intéressés par le sort des pauvres.Mais le fait demeure que les attentats nous y ont fait penser, aux pauvres.Travailler en CISC Pauvre D’ Duchastel.D“JEAN LESSARD Omnipraticien en clinique priver et en CISC e rentre moi-même d’une dure journée de travail, 19h30, je viens de terminer un repas rapide (l’appetit me manque ces jours-ci; surcharge de travail oblige.) et voilà que je tombe sur un autre article critiquant le vôtre du 29 octobre paru dans Le Devoir.Vous ne vous doutiez probablement pas de ces retombées.Des chefs de médecine et présidents d’associations vous repondent par la voie du même journal.quel honneur! Personnellement, j’ai lu votre premier article avec un certain intérêt, mais honnêtement il ne m’a dicté aucune réponse.Il apparaît clairement que vous êtes un jeune médecin déçu de certains aspects de sa nouvelle pratique en G1SC.Cela n’est pas exclusif au domaine médical, car bien plus relié à l’enthousiasme rabroué par un premier milieu travail.Vous avez pourtant bien mentionné en sous-titre que le travail en CLSC avait une valeur certaine qui pouvait même s'approcher de cet idéal de pratique médicale.Par ailleurs, vous faites état d'expériences et d'opinions personnelles.C’est très bien ainsi et je vous encourage à maintenir un sens et une approche critique à vos actions.Ce qui m’impressionne par contre, ce sont les réponses de gens bien établis dans le milieu et qui se font les détracteurs de vos opinions.De quoi ont-ils donc si peur?Ix>s titres et experiences de vie (Chef de médecine, médecin de l'année, comme chez McDo?, 15 ans d'expérience, président de l'Association des CLSC, etc.) semblent faire un terrible contrepoids à votre maigre curriculum vita1.Pourquoi cherche-t-on à vous museler?L’article du D'Jimenez louange sa propre pratique médicale de CLSC, ci' qu’elle est en droit de faire et je la félicite d’avoir créé un si beau et si performant milieu de travail.Je déplore cependant qu'elle n’ait pas pu éviter des comparaisons avec des collègues qui travaillent en cliniques privées.Cela ne favorise pas d’éventuelles intégrations de pratiques.On n'y décèle pas, malgré les affirmations et les beaux mots une réelle capacité de travailler en équipe.ou devrais-je dire travail «multidisciplinaire'', car il semble important pour ce médecin de s’enfarger dans les mots.Je serais tenté de lui servir sa propre citation, mais je n’ose porter le ridicule à son paroxysme.Par ailleurs, votre article a incité M.Lemire, grand patron des CLSC et CHSLD, à nous livrer ses réflexions.J’apprécie sincèrement et abonde respectueusement dans son sens.Il y fait état de faits incontestables et de vœux pieux.Malheureusement, pauvre D’ Duchastel, tous ces beaux mots ne vous réconforteront pas non plus.En fait, j’espère bien que vos idéaux et votre enthousiasme ne se laisseront pas ensevelir sous les paroles.Avez-vous remarqué que cet article ne parle,que d’organisations, d’ententes et de structures?À aucun moment on ne vous encourage à être bon et disponible pour vos patients.A aucun moment on ne vous encourage à maintenir votre «flamme».Je vous en prie, ne répondez plus à ces gens; ne perdez plus votre temps.Le verbiage et l’idolâtrie aveugle de sa propre pratique médicale n’aideront pas vos patients.En fait, ces trois articles publiés par Le Devoir (et peut-être ce quatrième) illustrent bien les énormes fossés entre praticiens et CLSC.Ils ne parlent pas le même langage et chacun prétend détenir la vérité.Le médecin a été formé pour traiter et soulager.C’est manifestement l’intérêt premier du I)' Duchastel et de la très vaste majorité de ses collègues.Les gouvernements, administrateurs, fonctionnaires et innombrables intervenants (y compris certains médecins) n’entendent pas.D’ désabusement et le cynisme gagnent tous les praticiens qui ne sont plus écoutés.S’ils parlent, ils sont mis au pilori, accusés d’attitudes partisanes ou d’enfantillages.On voit bien qu’aucun de ces «bien pensants» n’a eu la charge d’une personne qui souffre ou d’un mourant.On craint encore de façon absurde le «pouvoir médical».11 y a tellement de gens payés à temps plein qui s’autorisent à dire au médecin ce qu’il doit faire et comment il doit le faire que celui-ci se démotive.Cela est particulièrement vrai en CLSC.Tous ces gens sont aveugles et devraient comprendre qu’ils le détiennent collectivement ce fameux pouvoir médical.Fincore une fois; de quoi ont-ils si peur?La bureaucratie est lourde, enlisée, elle se justifie en elle-même et fait fi des besoins du patient uniquement parce qu’ils sont transmis par le médecin.On cherche à contrôler plutôt qu'à faire confiance et malheureusement on y réussit au mépris de la santé des gens.Je trouve votre témoignage bien triste Dr Duchastel, mais encore bien plus triste les réponses qu’il a suscitées.On semble ignorer votre dévouement simplement parce qu’il est critique.Pourtant, c’est bien vous qui serez demain auprès d’un patient, c’est bien vous l’outil que l’on ignore.Écrivez-nous! IjC Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8(XX) caractères (y compris les espaces), ou 1KX) mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous prendrons contact avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redactùm&ledevoircom) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y • compris votre numéro de téléphone.On craint de façon absurde le pouvoir médical L’ÉQUIPE D U O E V O LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information].Valérie Dufour (général).François Cardinal (actualité municipale).Marie-Andrée Chou i nard (éducation) Yves d’Avijynon (sports).Paule des Rivieres (éditorialiste).Jean Dion, Louis-Gilles Fïancœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).Dominique Reny, Josée Boileau.Fric Desrosiers, Pauline Gravel (scientifique).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé) Michel Garneau (caricaturiste) Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs), Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l’information culturelle Michel Bélair (responsable).Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard l>amarche (arts visuels): h l'information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Claude Lévesque.Claude Turcotte.Rene l.ewandowski.à (’information internationale Jean-Pierre l-egault.Guy T ail Her, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique Hélene Buzzetti, Manon Cornellier correspondantes parlementaires à Ottaua).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec).Kathleen Levesque ; Marie-Hélene Alarie (secrétaire a la rédaction) ; lx>uise Maude Rioux Soucy (commis) La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard.Gy si ai ne Côté, Marlene Côté, Martin Fournier.Véronique Geraud.Anouk Hurbutt, Christiane Legault.Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Micheline Ruelland, (publicitaires).laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Importe.Martine Berube (secrétaire) I-A PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard.Michel Bernatchez.Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald Filion.Yanick Martel.Olivier Zuida PROMOTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable intérimaire).Hélene Gervais.Dominique Urivière.(responsable à la promotion des abonnements) Monique L'Heureux, Lise Uchapelle.Rachelle Leclerc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des sennees comptables).Céline F'uroy, Olivier lachambre (contrôleur).Ghislaine lafleur, Claudette BeBveau (secrétaire administrative).Danielle Laper nere, ( aroline Perrier, Danielle Ross L\ FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).I L E I) E V 0 I R .LE M A h U I il V 0 V E M B R E 2 0 0 I A 8 LE DEVOIR ACTUALITES STRATÉGIE SUITE DE LA PAGE 1 Amenés par des hélicoptères partis des porte-aéronefs Peleliu et Bataan croisant en mer d’Oman, Us ont pris le contrôle d’un aérodrome proche de Kandahar, selon le Pentagone.Ces troupes devraient participer à la traque d’Oussama ben Laden et d’autres responsables présumés des attentats terroristes du 11 septembre et tenter d’interdire leur fuite vers le Pakistan.Les Marines peuvent aussi coordonner les raids de l’aviation, couvrir les commandos lancés dans des opérations coups de poing ou participer eux-mêmes à des recherches.Ils apportent aussi une puissance de feu qui faisait défaut jusqu’ici aux forces spéciales américaines, avec leurs engins blindés de transport, hélicoptères d’attaque Super-Cobra et autres avions Harrier à décollage vertical.les responsables américains s’attendent à ce que les talibans retranchés dans Kandahar se battent «jusqu’au bout».Pour M.Rumsfeld, le chef des talibans, le mollah Mohammad Omar, n'est pas du genre à se rendre.Le Corps des Marines, une branche autonome de TUS Navy, constitue le corps expéditionnaire de choix des armées américaines pour contrôler rapidement des zones ennemies.Avec eux, les Etats-Unis vont maintenant pouvoir passer à la vitesse supérieure et de manière plus large dans leur chasse aux terroristes.Par ailleurs, après plus de deux semaines de siège, les forces de l’Alliance du Nord sont finalement entrées hier dans la ville de Kunduz, dernier bastion des talibans dans le nord de l’Afghanistan.Selon l’Alliance, avant la chute totale de la ville, des combats qui auraient fait plusieurs dizaines de morts dans les deux camps, ont opposé dans la matinée ses forces à des poches de résistance, alors que des centaines de talibans, officiellement tous pachtounes, se sont rendus.Des redditions massives avaient déjà eu lieq au cours des derniers jours.À l’arrivée des forces de l’Alliance, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de Kunduz pour fêter le départ des miliciens islamistes, a constaté un correspondant de TAFR Enquête sur une mutinerie Les Etats-Unis enquêtent à la suite des informations selon lesquelles un conseiller américain a été tué au cours d’une révolte d’étrangers alliés des talibans et qui s’étaient rendus à l’Alliance du Nord dans une forteresse dans le nord de l’Afghanistan, a déclaré liier un porte-parole de la coalition antiterroriste à Islamabad.Lors d’une conférence de presse, le porte-parole de la coalition antiterroriste à Islamabad, Kenton Keith, a démenti en même temps des informations selon lesquelles les prisonniers révoltés auraient été «massacrés» par les soldats de l’Alliance du Nord à la suite de leur révolte dimanche.300 à 400 talibans étrangers qui s’étaient révoltés dimanche dans la forteresse de Qalae-Jangi à 10 km à l'ouest de Mtizar-é Charif, ont été tués par l’Alliance du Nord et des bombardements américains, a affirmé hier un commandant de la zone, Shujan Uddin.« Il sont dans une cave de la forteresse, sortent pour tirer m mortier puis se mettent à l'abri», a-t-il précisé.Vers 14h locales hier, l'Alliance a amené un char qui a tiré une salve sur l’ancienne forteresse du général ouzbek Abdul Rashid Dostam, a constaté l’ÀFP.Des tirs de mortier, des salves de kalachnikovs ont répondu de l’intérieur de la forteresse.Les 500 combattants de l’Alliance entourent la grande forteresse adossée à une montagne.Les membres de l’Alliance ont affirmé que huit d’entre eux ont été tués dimanche lorsque une bombe larguée d’un avion américain contre la forteresse a touché par erreur un de leurs chars.Les talibans avaient été amenés dans la forteresse après s’être rendus à Kunduz.Meurtre de Massoud: des arrestations Enfin, quatorze personnes soupçonnées de faire partie d’une filière islamiste liée au réseau à Al-Qaïda ont été interpellées hier matin, en Belgique et en France, dans le cadre des investigations portant sur l'assassinat du commandant Massoud en Afghanistan, le 9 septembre dernier.On précise de source policière que les suspects, actuellement entendus, seraient les «animateurs» ou les «complices» d’un réseau de fabrication clandestine de faux documents administratifs.le commandant Ahmed Shah Massoud, chef de l’Alliance du Nord, a été tué par deux kamikazes, deux faux journalistes disposant de passeports belges contrefaits et dont la caméra était bourrée d’explosifs.le mois dernier, un islamiste égyptien, Yasser el-Sir-ri, a été arrêté en Grande-Bretagne et accusé d’être le commanditaire du meurtre d’Ahmed Shah Massoud.Il est soupçonné d'avoir fabriqué la couverture de journalistes des auteurs de l’assassinat et a été inculpé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9° étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) /y Dfvoir est publié du lundi au samedi par l e Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050.rue De Bleury.9* étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint Jacques Ouest.Montréal.L'agence lYesse Canadienne est autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint Martin Ouest.Ijtval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.LOGEMENTS Dans certaines villes, Vaugmentation moyenne du coût des loyers est plus forte que Vinflation LANDRY SUITE DE LA PAGE X SUITE DE LA PAGE 1 Ainsi, le taux moyen d’inoccupation au Québec est passé de 2,2 % en l’an 2000 à 1,3 % cette année (il est à 1,1 % pour l’ensemble du Canada).De plus, des marchés jusque-là en simple baisse viennent de franchir le cap des 3 %, pourcentage en deçà duquel un marché est considéré en pénurie.À Sherbrooke, par exemple, le taux d’inoccupation est passé en un an de 4,7 % à 2,3 %, à Joliette de 4,2 % à 2.2 %, à Magog de 3,1 % à 1,1 %.Il s’en est suivi dans certaines villes une augmentation moyenne du coût des loyers plus forte que l’inflation: 6 % à Hull, 4.2 % à Montréal, 3,8 % à Québec.Même au FRÀPRU, le Front d’action populaire en réaménagement urbain, on est étonné de ces résultats, pires que ce que le groupe de pression avait estimé — lui qui prévoyait des taux d’inoccupation de 0,8 % à Hull et 1,1 % à Montréal.«S’il y avait encore des gens pour douter de l’existence d’une sérieuse crise du logement au Québec, ces données viennent prouver jusqu’à quel point ils avaient tort», a d’ailleurs signalé l’organisme dans un communiqué.«Ce sont des taux désastreux, précisait hier au Devoir François Saillant, du FRAPRU.Selon ce que l'on a compilé, c’est du jamais vu depuis 25 ans.» Parmi les nouveautés, il y a notamment le fait que traditionnellement, dans la région d’Ottawa, c’était la capitale qui vivait la pire pénurie et qui déversait son trop-plein de locataires vers le Québec.Cette fois, la pénurie est pire à Hull, Aylmer et Gatineau qu’à Ottawa.On note aussi, partout, que tous les types d’appartements, les petits (qui avaient jusque-là échappé à la pénurie) comme les grands, affichent des baisses de disponibilité par rapport à l’an passé.A la SCHL, on précise que YEnquête sur le logement locatif ne porte que sur les habitations du marché privé offrant trois appartements et plus.Peut-être, ajoute-t-on, ne donne-t-elle pas le juste portrait d’une ville comme Montréal, où les propriétaires n’ayant qu’un logement à louer sont fort nombreux.«Ils ont raison: ça fait en sorte que la pénurie est sous-estimée à Montréal, et ça ce sont les fonctionnaires de la Ville qui nous le disent!», répond François Saillant.la SCHL maintient aussi que le facteur principal qui explique la situation est l’arrivée des jeunes sur le marché du travail et la bonne performance de l’économie.Mais une analyse plus fine fait plutôt ressortir une multiplicité des facteurs qui, comme Le Devoir le démontrait dans une série sur le logement parue cet automne, ont changé pour de bon la face du logement locatif au Québec.Ainsi, l’éclatement des ménages et le vieillissement de la population viennent gonfler la demande à un moment où les logements coûtent cher à construire.Du coup, les loyers sont si élevés que la classe moyenne préfère devenir propriétaire et que les locataires qui restent — les plus pauvres — ne peuvent pas payer le prix demandé.D’où un désintérêt des investisseurs pour le locatif, sauf les logements de luxe ou pour personnes âgées.La SCHL reconnaît d’ailleurs que, faute de constructions de nouveaux logements, la pénurie n’est pas en voie de se résorber pour l’année qui vient «C’est clair qu’on atteint des niveaux de pénurie comme dans les années 40», disait hier Marc Cho-ko, de l’UQAM, spécialiste de l’histoire des crises du logement au Québec.«La différence, c’est qu’à l’époque, 90 % des Montréalais étaient locataires.Aujourd’hui, il n’y a pas de catastrophe pour les gens à revenus moyens.Mais les faibles revenus, eux, ne trouvent rien.C’est donc pour eux qu’il faut des solutions, et vite.Car si on laisse aller le marché, on en a pour vingt ans à redresser la situation.» Hier, devant ces données, le FRAPRU comme les propriétaires réclamaient un grand débat sur l’habitation au Québec.A la CORPIQ, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, on mise sur «la réouverture de toute la question du contrôle des loyers» pour relancer l’investissement; au FRAPRU on demande plutôt du logement social, surtout en cette semaine où les ministres responsables de l’habitation au pays se rencontrent à Québec.Ire FRAPRU veut aussi des mesures d’urgence de la part du gouvernement «La Ville de Montréal, elle, a déjà tiré des leçons de l’été dernier, dit François Saillant.La semaine prochaine, les services d’habitation de la ville, rencontrent les organismes communautaires pour se préparer au 1" juillet prochain.C’est une rencontre prévue depuis longtemps, mais les données de la SCHL viennent confirmer qu’on n’est pas trop alarmiste.» ?La série «La crise du logement» est accessible sur le site du Devoir: www.ledevoir.com Comme la Suède, Israël ou les ÉtatsrUnis, le Québec est une nation, a-t-il répété, soulignant que jamais il n’avait entendu dire que l’Ontario était une nation, ni l’Ile-du-Prince-Édouard.«Ce n’est pas votre faute si vous ne connaissez pas ce fait», a-t-il dit.Lester B.Pearson reconnaissait l’existence de la nation québécoise, a soutenu M.Landry, mais, par la suite, «toutes sortes de confusions» furent introduites relativement à cette notion, «la plupart du temps par des Québécois», notamment Pierre Elliott Trudeau «qui vous ont dit que non, c’est un groupe d’individus avec la protection de la Charte [des droits et libertés]».«Je suggère que le Canada fasse ce qu’on a fait avec les nations autochtones», a-t-il dit, rappelant qu’en 1985 le gouvernement de René Lévesque fut le premier à reconnaître l’existence de ces nations ainsi que l’entente, signée récemment «de nation à nation» entre le Québec et les Cris.Cette nation québécoise est civique; elle est un ensemble composite.«Ce n’est pas une aventure ethnique comme certains le disaient ou l’écrivaient», a-t-il dit.«Et ce que nous voulons, tout comme le reste du Canada, c’est créer une sorte de “melting pot" avec une langue principale.» «Ne pensez pas que le Québec est un endroit fermé sur le plan des habilités linguistiques.En tout respect, je vous ferai remarquer que Chicoutimi est plus bilingue que Toronto», a répondu M.Landry à un journaliste qui le talonnait sur la question des lois linguistiques au Québec.M.Landry a défendu son idée d’une union confédérale à l’européenne.En réponse à une question posée par une journaliste en présence de l’auditoire à la fin de l’allocution, M.Landry a précisé qu’une telle union permettait une forme de péréquation qu’il s’est engagé à maintenir.Au cours de la conférence de presse qui a suivi, le premier ministre s’est fait demander de clarifier sa déclaration sur le 11 septembre et la souveraineté, ce qu’il a refusé de faire en renvoyant le journaliste à sa déclaration écrite.Sa recommandation de lire le dernier ouvrage du journaliste Normand Lester, Le Livre noir du Canada anglais, fût l’objet de questions, «f espère qu’ils vont le publier en anglais [.] au nom de la vérité», a-t-il dit Dans la partie économique de son discours, M, Landry a indiqué que la dette du Québec de 100 milliards ne l’inquiétait guère car, dans quelques années, la valeur d’Hydro-Québec, à elle seule, va équivaloir à cette somme.«Hydro-Québec s’est transformée année après année en une machine à imprimer de l’argent» en raison de l’amortissement des barrages, a fait valoir M.Landry.PREMIERE La technologie employée par ACT avait déjà conduit à la naissance de la brebis Dolly en Ecosse et du taureau Starbuck à Saint-Hyacinthe SUITE DE LA PAGE 1 Leur annonce ne démontre donc pas une nouveauté.» Après cinq à sept jours de développement, l’embryon, alors appelé «blastocyste», compte une centaine de cellules organisées en une sphère dont le cœur est à l’origine du fœtus alors que la périphérie servira à la production du placenta.Or, c’est au creux de ce blastocyste que l’on puise les cellules souches dites totipotentes, puisqu'elles peuvent potentiellement se différencier en une multitude de cellules différentes, allant des cellules neuronales aux cellules cardiaques ou pancréatiques.La société ACF n’est probablement pas le seul laboratoire à avoir réussi une telle expérience, affirme François Pothier avant d'ajouter que l'annonce faite par ACT visait peut-être aussi à tâter le terrain auprès du gouvernement américain afin de savoir s’il vaut la peine de continuer à investir dans ce type de recherche étant donné que l'interdiction du clonage, autant reproductif que thérapeutique, n’a pas encore force de loi aux Etats-Unis.Ixi technologie de clonage employée par ACT n'est en effet pas nouvelle puisqu’elle a notam-ipent conduit à la naissance de la brebis Dolly en Ecosse et du taureau Starbuck à Saint-Hyacinthe.Dans les laboratoires d’ACT au Massachusetts, on a d'abord extrait le noyau des ovules prélevées chez des femmes qui s’étaient portées volontaires pour l’expérience.On lui a ensuite substitué une cellule cutanée de type fibroblaste (ou simplement son noyau) provenant de personnes qui auraient à terme besoin d’une greffe de cellules particulières en raison d’une maladie incurable ou d’une lésion causée par une crise cardiaque.«Lors de la fusion de l’ovule dénucléé avec le noyau de ce fibroblaste, l’ovule reprogramme son bagage génétique de telle sorte qu’il n’est plus celui d’une cellule de la peau, mais redevient disponible pour construire un individu complet», explique François Pothier.«Bien que l’on introduise l’information génétique d’une cellule adulte dans l’ovule, l’horloge biologique de la cellule fusionnée est remise à zéro», ajoute Raymond Lambert, professeur d'obstétrique et de gynécologie du CHUL.Une fois que l’embryon aura atteint le stade du blastocyste, on pourra en extirper des cellules souches que l'on métamorphosera en cellules neuronales, cardiaques ou pancréatiques en leur adjoignant des facteurs de croissance particuliers.Ces cellules pourront ensuite être greffées chez le malade sans que son système immunitaire ne les rejette, car elles sont biologiquement et génétiquement identiques à toutes ses autres cellules, souligne le Dr Lambert.C'est justement cet avantage que revendiquent les chercheurs d’ACT en rappelant que les cellules souches extraites d'embryons surnuméraires (issus de fécondations in vitro effectuées pour des couples infertiles) provoquent l'incontournable phénomène de rejet que l’on surmonte très difficilement à l'aide de médicaments immunosuppresseurs.Dérapage vers un clonage reproductif Mais bien qu’ACT ait expérimenté cette technique de clonage dans un but thérapeutique, il n’en demeure pas moins que la même technique pourrait également servir au clonage reproductif, soit à la création d’un être humain complet «ACT utilise exactement la même technique que pour cloner un être humain, explique Raymond Lambert, sauf qu’au lieu de transplanter l’embryon obtenu dans l’utérus d’une femme qui le portera jusqu’à terme et donc engendrera un clone, on cultive l’embryon in vitro jusqu'au stade du blastocyste, à partir duquel on peut extraire des cellules souches.Et on détruit l'embryon une fois les cellules souches prélevées.» «La possibilité de dérapage est bel et bien présente.», ajoute le chercheur qui s’oppose catégoriquement au clonage, même thérapeutique, en raison de ce danger.Surtout qu’il existe maintenant d’autres possibilités, souligne-t-il.On trouve en effet des cellules souches dans la grande majorité des tissus et des organes du corps humain adulte.SUITE DE LA PAGE 1 M.Chrétien a dù modifier ses propos par la suite, car, en fait, ce n’est qu’un avant-projet de loi qui a été présenté en mai dernier.Il a été envoyé directement en comité à des fins de consultations.Lorsqu’il aura entre les mains les recommandations du comité, le gouvernement déposera un projet de loi en bonne et due forme.«Je m’attends à ce que le comité soit prêt à déposer le rapport peut-être au mois de décembre ou au mois de janvier et, après cela, on va considérer le rapport et les recommandations et agir le plus tôt possible», a précisé le ministre de la Santé, Allan Rock.Alors si les chercheurs ayant réussi à cloner un humain avaient été basés au Canada, auraient-ils été accusés ou sanctionnés?«Non, pas en ce moment», a admis M.Rock.Le ministre ne croit pas pour autant que la découverte des chercheurs américains ait ébranlé le moratoire volontaire et incité les chercheurs canadiens à entreprendre des travaux similaires.«J’espère que non, mais c’est une des raisons pour lesquelles nous avons proposé un projet-de loi.C’est pour avoir une loi et pas seulement un moratoire volontaire.» Le document d’intention du gouvernement énumère une série de 13 pratiques qui seraient interdites et punissables par des peines maximales de 10 ans de prison et des amendes maximales de 500 000 $.Le clonage d’embryons humains, à des fins de recherche ou de reproduction, est du nombre tout comme la fabrication d’embryons à des fins de recherche.La recherche sur des embryons au départ «Les cellules souches venant d’adultes ont une grande plasticité, une polyvalence supérieure à ce que Ton avait imaginé, dit-il.Des cellules souches puisées par exemple dans la peau peuvent se différencier en divers types de cellules.L’adulte possède des cellules qui peuvent jouer un rôle thérapeutique comparable à celui qu’offrent les cellules embryonnaires.» A l'échelle internationale, l’annonce faite par la société ACT a suscité l’indignation.Plusieurs considèrent cette «utilisation d’embryons humains comme une pure source de pièces de rechange pour guérir des maladies».La plupart des pays européens se sentent de plus en plus pressés d’adopter des législations destinées à interdire tout clonage humain, de peur que le clonage à des fins thérapeutiques ne glisse vers un clonage reproductif.Le gynécologue italien Severino An-tinori, qui avait présenté à des scientifiques américains en août dernier ses projets de clonage humain pour soulager des couples infertiles, s’est en l’occurrence dit plus que jamais décidé à faire avancer son expérience.conçus pour des fins de reproduction serait encore permise, mais ils ne devraient pas se développer hors du corps d’une femme au-delà de la limite, internationalement reconnue, de 14 jours.L’avant-projet de loi suggère aussi de réglementer toute une série de pratiques entourant la reproduction assistée afin, notamment, d’uniformiser les façons de faire des cliniques de fertilité.Tous les partis d’opposition ont décrié hier la lenteur du gouvernement à agir dans le domaine.L’Alliance canadienne, comme le Parti conservateur et le Bloc québécois, voudrait que l’avant-projet de loi soit scindé pour que la portion interdisant le clonage soit déposée immédiatement devant le parlement et adoptée le plus tôt possible.L’Alliance voudrait en fait que la récolte de cellules souches dans un embryon soit interdite complètement.Les cellules souches sont les premières cellules dans un embryon en développement et celles qui sont tant l’objet de la convoitise des chercheurs.Comme elles ont encore la capacité de se développer en n’importe quel organe, on pense qu’on pourrait s’en servir dans des thérapies dites géniques, c’est-à-dire en les injectant dans un organe malade et ainsi le guérir.Le clonage offrirait l'avantage supplémentaire de fournir des embryons contenant le patrimoine génétique identique de la personne malade et donc de diminuer considérablement les risques de rejets.Des cellules souches, quoiqu’avec une capacité de reproduction et une «élasticité» moindres que celles de provenance embryonnaire, ont aussi été trouvées dans le corps d’humains adultes et l’Alliance canadienne voudrait plutôt que la recherche se concentre sur ces cellules-là.CLONAGE rue Sherbrooke *v.du Président - Kerwedy bout de Maisonneuve •8 ?cfb rue Sainte-Catherine i J »e_sta\«va>vt
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