Le devoir, 29 novembre 2001, Cahier A
LE MONDE Washington maintient le flou sur l’Irak Page B 5 ACTUALITÉS Les médecins entrouvrent la porte aux ambulanciers Page A 5 w w w .led e \' o i r .e o ni ?u: DEVOIR Réseau de la santé Québec réduirait le nombre de postes bilingues ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le ministère de la Santé et des Services sociaux proposera de réduire le nombre de postes exigeant la connaissance de l'anglais dans le réseau de la santé afin de mettre fin à «la confusion quant à la langue d’usage» qu’on y observe.C’est la confirmation obtenue hier par Le Devoir auprès du ministère, dont les fonctionnaires mettent la dernière main à la politique ministérielle qui sera remise en janvier prochain au ministre d’Etat à la Santé et aux Services sociaux, Rémy Trudel.Cette politique ministérielle remplacera le «cadre de référence», adopté en 1994, en matière d’accès aux services de santé et aux services sociaux en langue anglaise.Selon le fonctionnaire interrogé, cette nouvelle politique cherchera à revenir à la lettre et l'esprit de la loi 142 sur l’accès aux services de santé en langue anglaise, adoptée en 1986 par un gouvernement libéral.Sans vouloir réduire pour autant les services dispensés dans cette langue, a-t-on assuré.Le ministère a également remarqué l'absence de corrélation entre le nombre d’anglophones dans une région et le nombre d’établissements publics de santé obligés de dispenser des services dans la langue de Shakespeare.Ainsi, dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean, 20 % des établissements sont tenus d’offrir des services en anglais pour desservir des anglophones qui comptent pour moins de 1 % de la population.En Abitibi-Témis-camingue, le rapport est de 81 % des établissements pour 3 % de la population.En Estrie, c’est 74 % pour 7,8 % de la population.Sur la Côte-Nord, le rapport est de 50 % pour 5 % de la population.Pour un faible pourcentage d’usagers, il faut une forte proportion d’employés bilingues, fait observer le ministère.Ces données montrent aussi que la confusion règne et qu’il n’existe pas d’équité entre les anglophones de chacune des régions du Québec.VOIR PAGE A 8: SANTÉ On exige d’un grand nombre d’employés francophones la connaissance de l’anglais, en contravention possible des dispositions sur la langue de travail La Guignolée i w r ; s , V -% r * a ^ •«# JACQUES NADEAU LE DEVOIR COMME bien des Montréalais, Daniel Deschesnes vit dans la pauvreté.Avec 628 $ par mois, cet itinérant avoue avoir beaucoup de difficulté à se payer l’essentiel.Ce cri d’alarme est venu marquer le lancement de la Guignolée, hier.Cette année, organismes communautaires et médias mettent leurs forces en commun pour cette campagne de financement qui aura lieu le 13 décembre.Nos informations en page A 4.Accès à l’égalité Seulement 1 % des entreprises ont rempli leur contrat Québec ne soumet les sociétés à aucun contrôle transparent KATH I.E E N I.ÉVESQUE LE DEVOIR Malgré l'obligation édictée par le gouvernement du Québec il y a douze ans pour les entreprises privées bénéficiant de contrats ou de subventions de 100 000 $ et plus de mettre en place un programme d’accès à l’égalité, seulement deux sur 200 ont réussi à atteindre leurs objectifs d’embauche de femmes, de minorités visibles et d’autochtones.L’obligation étant graduelle, les entreprises étendent sur plusieurs années l’implantation du programme d’accès à l’égalité.Trente entreprises à travers le Québec se sont enga gées depuis sept ans à atteindre, au sein de leurs effectifs, une représentation équitable des trois groupes ciblés par le gouverne ment.Dix en sont à leur huitième année.Au total, on compte actuellement 168 entreprises fies deux tiers sont des fournisseurs de biens ou de services) dont le dossier est toujours actif.Depuis 1989, 219 entreprises employant 100 personnes ou plus ont été soumises au programme d’obligation contractuelle.De ce nombre, 13 entreprises ne se sont pas conformées à leur engagement et ne peuvent plus solli citer un contrat ou une subvention du gouvernement, 36 autres ont fermé leurs ixwtes, fusionné leurs activités avec celles d’un concurrent ou déclaré faillite, et seulement deux ont réussi à compléter le programme.Quelles sont ces entreprises?Impossible de le sa- VOIR PAGE A 8: CONTRAT L’absence de candidats qualifiés et intéressés poserait problème, disent les entreprises Le Vieux-Québec aurait pu être transformé en «zone de sécurité militaire » Le projet C-42 sur la sécurité publique inquiète Québec Produire sans ruiner Tenvironnement L’Union paysanne entend remettre en question le monopole de l’UPA et l’agriculture d’affaires LOUIS-GILLES ERANCŒUR LE DEVOIR MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Si le projet de loi C-42 sur la sécurité publique avait été en vigueur en avril dernier, le Vieux-Québec aurait pu être transformé en «zone de sécurité militaire» pour la durée du Sommet des Amériques.C’est du moins l’un des exemples qu’a choisis une fonctionnaire fédérale de haut rang pour expliquer ce nouveau concept aux ministres fédéral et provinciaux de la Justice et de la Sécurité publique réunis hier à Ottawa.La suggestion a fait bondir les ministres québécois de la Justice, Paul Bégin, et de la Sécurité publique, Serge Ménard.«Ce texte de loi tel que rédigé n’est pas satisfaisant, fl permet des choses que personne d’entre nous ne voudrait.Il va tellement loin que dans les exemples qu’on nous a donnés, on référait au Sommet de Québec», a déclaré M.Bégin en conférence de presse.Selon lui, le texte est beaucoup trop vague.Le projet de loi C42, déposé il y a une semaine, ne figurait pas au menu de la réunion.Plusieurs des mi- VOIR PAGE A 8: SÉCURITÉ -4 M INDEX Annonces.B 7 Avis publics.A4 Bourse.B 4 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Le monde.B 5 Les sports.B 6 Mois croisés.A4 Télévision.B 7 Météo.A 4 Une page historique de l’agriculture québécoise commencera à se tourner ce soir, à Saint-Germain-de-Kamouras-ka, alors que s’ouvrira le congrès de fondation de l’Union paysanne en présence de quelques centaines de petits agriculteurs, d’agriculteurs marginaux et de ruraux de toute sorte, décidés à se représenter eux-mêmes dans l’espoir de redonner vie et un nouveau visage aux campagnes québécoises.L’enjeu de cette aventure?«Tout le monde doit comprendre que nous remettons désormais en question le syndicat unique que constitue l’Union des producteurs agricoles [UPA] et l'agriculture d’affaires, de type industriel, qu’elle représente.Pour nous, l’agriculture de demain, c’est celle qui assu- me une fonction alimentaire dans la société sans ruiner l'environnement et le milieu de vie des ruraux», a déclaré hier au Devoir le porte-parole et animateur de l’organisme en gestation, Roméo Bouchard.Ce congrès de fondation, qui attaque de front le monopole de représentation syndicale obtenu en 1972 par l’Union catholique des cultivateurs (UCC), l’ancêtre de l’UPA, n’est pas sans lien avec les luttes livrées en Europe et au Canada anglais par d’autres ruraux et agriculteurs depuis une génération, tout particulièrement depuis que l’agriculture occidentale a sombré dans le courant de la mondialisation.Les Daniel Pinard {Les Pieds dans les plats) et Hugo Utulippe (Baccm, le film) se retrouveront ce soir à Saint-Germain sur la même tribune qu’Helen Forsey, directrice VOIR PAGE A 8: AGRICULTURE , J -, ‘ L/tv - w** a kul U% » iras ¦ i»*- Yves Beauchemin quitte Québec Amérique pour une histoire de gros sous Faux, répond Fides, son nouvel éditeur JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Yves Beauchemin, l’un des écrivains les plus populaires du Québec, quitte la maison d'édition Québec Amérique pour passer chez h ides.Pour Jacques Fortin, l’éditeur éconduit, c'est une histoire de gros sous qui est en jeu.Pour Antoine Del Busso, le nouvel éditeur, c’est une affaire de qualité de production.L’auteur, lui, refuse de commenter.Jacques Fortin, président des Editions Québec Amérique, indi quait hier au Devoir que M.Beauchemin réclamait une avance de 4(X) (XX) $ pour la rédaction de son nouveau roman, qui doit paraître en 2003.«C’était une demande irréaliste que les chiffres de ventes de ses derniers romans ne justifiaient pas, a commenté M.Fortin.Je ne pouvais pas, par équité pour les autres auteurs, lui offrir des conditions aussi exceptionnelles.Alors, quand j’ai su que Fides était prêt à lui garantir cette somme, je lui ai dit d’accepter cette offre.» Chez Fides, on donne un autre son de cloche au sujet de toute cette histoire.«Ce n'est pas pour une question d’argent si Yves Beauchemin est venu nous VOIR PAGE A 8: BEAUCHEMIN * Marie I>aberge fait le bonheur de son imprimeur, page B 8 Yves Beauchemin t 51301^99 A 2 L E D F.V 0 I R , LE JEUDI 29 NOVEMBRE 2 0 0 1 LES ACTUALITES Le déséquilibre fiscal étouffe le Québec, soutient Marie Malavoy Des excuses de Sa Majesté ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Le déséquilibre fiscal est un phénomène éminemment politique qui engage l’existence même de la nation québécoise et qu’on ne saurait réduire à une simple question technique ou administrative.C’est la mise en garde qu’a faite hier la première vice-présidente du Parti québécois, Marie Malavoy, qui comparaissait à la commission $éguin sur le déséquilibre fiscal.Le déséquilibre fiscal ne touche pas simplement les services à la population en santé, par exemple, et ne se traduit pas uniquement par un pianque ;i gagner.Il affecte la capacité de l’Etat québécois d’intervenir en culture et en éducation.«On risque de ne plus vivre c/mme nation québécoise», a dit Marie Malavoy.La vice-présidente s’étonne qu’un ^arti politique ne puisse y voir qu’un problème administratif.•Regardons-le par la lorgnette du politique, parce qu’il s’agit des rapports entre des nations», a-t-elle dit •Ça ne pourra pas se régler par des gens qui, autour d’une table, feront des colonnes de chiffres.» Selon Mme Malavoy, il faut créer un rapport de force qui dépasse le consensus parmi les partis politiques et même les acteurs sociaux.•C'est l'idée derrière la consultation populaire» proposée par les jeunes péquistes lors du dernier conseil national du parti, a-t-elle souligné.Dans son mémoire, le PQ soutient que le gouvernement fédéral dispose d’une marge de manœuvre qui croît au rythme d’au moins quatre milliards par an en moyenne, soit dix fois plus que le Québec.Cette marge de manœuvre sert un •pouvoir abusif de dépenser» du fédéral, ce qui «lui a permis de réduire l’autonomie des provinces et de reconfigurer le Canada».Le PQ a calculé que depuis 1997, le gouvernement fédéral a dépensé 15,8 milliards dans les champs de compétence des provinces.Le gouvernement du Québec consacre 75 % de ses rentrées fiscales à des services directs à la population (santé, éducation, sécurité du revenu et famille-enfance) contre 25 % pour le fédéral (prestations de vieillesse, assurance-emploi et allocations familiales).Si on tient compte du Transfert social canadien, les services directs à la population accaparent 33 % du budget fédéral.En 2000-01, le Québec n’a reçu que 21,1 % des dépenses dites structurantes faites par Ottawa (recherche-développement, subventions aux entreprises, achats de biens et services).Les dépenses fédérales dans ses installations de recherche au Québec ne représentent que 13,6 % du total canadien.Par contre, le Québec reçoit 65 % des dépenses de «propagande» de l’ensemble canadien.Le débat n’est pas terminé, disent les Acadiens JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Les Acadiens comptent bien poursuivre la bataille amorcée par le député bloquiste Stéphane Bergeron, qui réclamait l’appui des membres de la Chambre des communes pour obtenir de la Couronne britannique la reconnaissance officielle des préjudices causés aux Acadiens par la déportation de 1755.Le rejet de la motion de M.Bergeron par la majorité libérale mardi a déçu les porte-parole de la communauté acadienne, qui n’ont pas l’intention d’en rester là.«Ije débat ne peut pas se clore sur une note négative, affirme Daniel Thériault, directeur général de la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick.Le vote négatif n'arrête pas le débat; au contraire, il va nous amener à nous poser la question avec plus de force.» Stéphane Bergeron avait entrepris une croisade en février dernier afin d'obtenir pour les Acadiens des excuses officielles de la Couronne britannique au sujet du «Grand Dérangement».Depuis plusieurs semaines, ü tentait de gagner les députés libéraux à sa cause, en particulier les représentants acadiens de la Chambre des communes, afin de faire adopter une motion à cet effet.Peine perdue.Même la modification du libellé de la motion, avec le remplacement du mot «excuses» par •une reconnaissance officielle» des préjudices à l’endroit des Acadiens, n’aura pas permis au bloquiste de rallier les libéraux acadiens.Six libéraux (des anglophones), tous les députés bloquistes et néo-démocrates ainsi que la majorité des conservateurs ont voté en faveur de sa motion.Quant aux alliancistes, la presque totalité d’entre eux l’ont rejetée.Déçu mais «serein», Stéphane Bergeron en veut ?surtout aux libéraux acadiens d’avoir nui à sa cause.«Les députés acadiens du Parti libéral ne se sont pas contentés de voter contre et de suivre en cela bêtement, benoîtement, candidement, la ligne de parti, ils ont été au devant de la ligne de parti en militant activement, en s'employant inlassablement à faire en sorte que la motion soit battue.» Quelques minutes avant le vote, dit-il, le libéral acadien Dominic LeBlanc et plusieurs de ses collègues auraient fait circuler une note parmi les banquettes enjoignant à l’ensemble des députés libéraux de rejeter la proposition du bloquiste.Si Dominic LeBlanc s’est opposé à la motion, c’est qu’il ne voyait pas la nécessité de déterrer la hache de guerre, a-t-il affirmé mardi au terme du vote.Et en septembre dernier, le ministre des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion, avait affirmé qu’il était «très improbable que le gouvernement du Canada appuie cette motion, car elle vient d’un parti qui n’a pas de racines».Ces propos, tenus lors d’un banquet organisé par la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick (SAANB), avaient soulevé l’ire de plusieurs membres de l’assistance.Daniel Thériault, directeur général de la SAANB, déplore les arguments utilisés par les libéraux: «Le débat est devenu très partisan.Au lieu de discuter du contenu, on a discuté de l’origine du député», déplore-t-il.Mais plus encore, il ne comprend pas la position des représentants acadiens du Parti libéral dans le dossier; ils auraient dû, selon lui, tenter de créer un consensus autour d’un amendement acceptable pour tous.Les Acadiens entendent reprendre le flambeau mais n’ont pas encore défini les moyens qu’ils utiliseront «Mais pour nous, ce n’est pas le seul dossier Nous sommes aussi préoccupés par la protection de nos acquis et la consolidation de nos droits au Nouveau-Brunswick», conclut M.Thériault SUPER VENTE DE DÉCORATION AVANT NOËL iùecor
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