Le devoir, 6 décembre 2001, Cahier A
ACTUALITES ÉCONOMIE Le Dow Jones passe la barre des 10 000 points Page B 1 •• K£ GIFT JUT BMd ! !*À*3*> \rt»Jk Ijr.n GCOftGX CVOONTt M*r> w i Vr«u « ( knm \rta* ijjfe, M i is exempctnl from Canadian terror lij Quatorze journaux, un editorial unique Page A 3 ?w w w .1 t1 il e v o i r .i* o m ?LE DEVOIR V 0 L .X C I 1 N * 2 7 8 ?I.K .) E T D I ti 1> K ( E M II K E 2 O O I 8 7c + V A \ K s I $ Le Red light converti en cité des arts FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR La culture veut faire perdre son caractère sexuel au Red light de Montréal.Au cours des derniers mois, un important promoteur a acquis la quasi-totalité de l’îlot formé par les rues Saint-Laurent Sainte-Catherine, Clark et René-Lévesque afin de le transformer en haut lieu culturel, a appris Le Devoir.D’une superficie totale de un million de pieds carrés à terme, ce projet majeur pourrait même déborder vers l’ouest avec la construction de nouveaux bâtiments aux côtés du TNM.Le promoteur Socrate Goulakos voit grand.Suivant les traces de son grand-père, qui avait ouvert un bar au début du siècle dans cet îlot du faubourg Saint-Laurent, il a récemment acquis la quasi-totalité des bâtiments qui l’entourent aujourd’hui.De concert avec certains organismes culturels de la métropole, il entend développer un concept sans précédent à Montréal.Un peu à l’image de la Cité du multimédia, le secteur visé serait réservé à un domaine bien précis, celui de la culture.Ainsi, près des deux tiers de la superficie envisagée seraient réservés à des organismes culturels de divers secteurs, tels les arts visuels, la danse et le théâtre.Ces derniers, qui seraient copropriétaires, occuperaient les étages de Ilot et obtiendraient la façade donnant sur la rue Clark.Un lieu de diffusion pourrait voir le jour au rez-de-chaussée afin que les organismes aient une vitrine sur la rue.Les études préliminaires faites à la demande du promoteur permettent d’envisager l’aménagement d’un espace multifonctionnel totalisant près de 130 000 pieds carrés, répartis sur trois étages du côté du boulevard Saint-Laurent et sur quatre étages du côté de la rue Clark.Le promoteur et les organismes envisagent également la construction de quelques bâtiments à l’ouest, plus précisément dans l’îlot formé des rues Clark, Sainte-Catherine, Saint-Urbain et René-Lévesque, où le TNM est établi.Selon les plans qui circulent actuellement, la rue Clark pourrait être transformée en rue piétonnière si VOIR PAGE A 8: CITÉ PERSPECTIVES Logique de guerre Le Café Cléopâtre et le Montreal Pool Room résistent Les dépotoirs du Grand Montréal seront remplis en 2004 LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Les quatre mégasites d’enfouissement de la région de Montréal, soit ceux de Lachenaie, Sainte-Sophie, Berthierville et Saint-Nicéphore, seront vraisemblablement remplis d’ici la fin de 2004, soit dans un peu plus de deux ans.C’est ce qu’affirmait le ministre de l’Environnement, André Boisclair, dans une note explicative dé- posée au conseil des ministres, note que le ministre a accepté de remettre au Devoir hier.C’est en vertu de ce bilan que le conseil des ministres approuvait pour motif d’urgence, le 21 novembre dernier, la levée partielle du moratoire sur la construction et l’agrandissement des sites d’enfouissement à travers le Québec.Ce moratoire a été institué par loi le 1" décembre 1995.11 avait été mis en place pour éviter le dépôt de plusieurs projets de construction ou d’agrandissement de sites d’enfouissement pendant l’audience générique qui démarrait afin de débattre d’une éventuelle politique non pas d’enfouissement mais de récupération et de recyclage.Ensemble, It's quatre mégasites susceptibles d’être remplis d’ici la lin de 200-1 avalent environ 70 % des déchets de tout le Québec.Ils desservent 4,(> millions tic personnes, soit (ït % de la population de la province.Selon la note explicative déposée par le ministre VOIR PAGE A 8 DÉPOTOIRS t ‘ « AGENCE FRANCE-PRESSE Plusieurs milliers de réfugiés afghans sont toujours entassés dans des camps de la région d’Islamabad, au Pakistan, en attendant que la paix s’installe enfin.La société des poètes réapparus La grande réconciliation Québec signe un pacte de plusieurs millions avec le monde rural DI MARK) CLOUTIER NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement Landry veut recréer des liens solides avec le monde rural en réconciliant les enjeux de développement avec les besoins de (optes les régions du Québec.En ce sens, le ministre d’Etat aux Régions, Gilles Baril, rendra publie aujourd’hui un plan de la ruralité étalé sur cinq ans qui comprendra une déclaration en faveur du monde rural ainsi qu’un fonds de IX) millions.les députés joueront également un rôle au sein de cette politique nationale qui mise sur l’innovation en milieu rural.Son dévoilement aura lieu en présence de plusieurs invités à l’Assemblée nationale.Après la «paix des braves- récemment signée avec les Cris au Salon rouge, le gouvernement souhaiterait envoyer un message clair aux ré gions sur son engagement re nouvelé envers KXX) petites municipalités, en plus des 31 agglomérations urbaines favorisées jusqu’ici par la réforme Harel.Selon ce qu’a appris l£ Devoir, un nouveau fonds pour l’innovation rurale servira à financer les projets issus de ce pacte.Ce fonds s’ajoute aux dix millions déjà prévus dans le budget Marois pour la mise en œuvre de la politique Baril et aux 2(X) millions annoncés depuis l’an dernier en faveur des régions-ressources.En outre, le gouvernement, la FQM et Solidarité rurale signeront aujourd’hui une «déclaration en faveur du monde rural».Québec et les MRC s’engageront aussi à «enclencher une vaste démarche de réflexion et d’action en milieu rural».Le gouvernement promettra, avec une «clause territoriale», de mieux of Un fonds de 90 millions s’ajoutera aux 10 millions prévus dans le budget Marois Depuis le début de la deuxième intifada, les alchimistes du politique et du sacré des deux camps suivent à la lettre le mode d’emploi suivant d’un côté, on commet des attentats sauvages; de l’autre, on mène par la voie des airs des représailles qui s'accompagnent d’assassinats ciblés.Dans un cas comme dans l’autre, il semble bien que l’on se soit installé dans la logique de la guerre.orsqu’on observe les scènes sanglantes qui se produisent ici et là, on constate souvent la même chose: les adversaires sont les deux faces d’une même pièce.Cette expression a beau être aussi usée que le monde, elle s’applique mieux que jamais aux premiers rôles du conflit entre Israéliens et Palestiniens, soit, bien évidemment Ariel Sharon, premier ministre d’Israël, et Yasser Arafat président de l’Autorité palestinienne.Ces deux personnages ont ceci de très commun entre eux qu’ils ont été formés par les armes.C’est à elles, et à elles seules, qu’ils doivent leur ascension.C’est grâce à elles qu’ils se sont imposés aux autres Serge T r u ffa u t VOIR PAGE A 8: LOGIQUE LE MONDE Le chef du Hamas en résidence surveillée ¦ À lire en page A 5 INDEX rxj Actualités.B5 Annonces.B 5 Avis pubbcs.B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Économie.B I Éditorial.A 6 Idées.A 7 Les sports.B 6 Mots croisés.B 4 Télévision.B 7 Météo.B 4 PHILIPPE GRANGEREAU LIBÉRATION Kaboul — Elle a les yeux pleins de rimmel, de grosses boucles d’oreilles et du rouge à lèvres plus qu’il n’en faut.Un maquillage à l’excès, comme pour mieux afficher sa liberté retrouvée.Ses cheveux teints au henné sont couverts d’un simple foulard en crêpe noir.Lorsqu’elle sort dans la rue, elle enfile encore son tchadri plissé en polyester bleu, le voile intégral que les talibans avaient imposé à toutes les femmes.Trois semaines après que les fous d’Allah ont décampé de Kaboul, la terreur a disparu, mais la peur est toujours là.«Ils ont violé notre jardin intérieur, et il faudra encore du temps avant que l’effroi ne se dissipe», lâche la jeune femme qui, pendant toutes ces années-là, comme une révélation, a vu son salut dans la poésie.Lorsque les talibans ont investi la capitale, voilà cinq ans, elle écrivait: «Je suis une femme, un arbre luxuriant dont la lumière ne caresse plus le feuillage / Je suis une femme au regard étoilé et aux mains de lumière / Mais toutes les portes demeurent fermées et d’ennui je dépéris [.].» Elle récite de tête, en puisant dans sa mémoire encore à vif, empruntant une voix chantante et grave.Elle connaît par cœur les cent et quelque poèmes qu’elle a composés durant ce qu’elle appelle «son cauchemar sans fin».«Paradoxalement, dit-elle, sans les talibans, je ne serais sans doute jamais devenue poète.» Nazifa Khochnassib a 26 ans et exerce la médecine dans un grand hôpital de Kaboul.Elle a frôlé la mort pour quelques vers.Car Nazifa fait partie d'un cercle de quinze poètes, treize hommes et deux femmes, qui se réunissaient clandestinement, chaque fois dans un lieu différent Ils se rassasiaient de leurs alexandrins en langue persane, s’aidant les uns les autres à mieux balancer leurs rimes.«Si les talibans nous découvraient, dit Nazifa, nous risquions l’exécution, et chacun d'entre nous le savait.» Alors, ils redoublaient de précautions.Les réunions ne duraient pas plus d'une heure.Les poètes entraient un par un dans les maisons où se déroulaient les lectures, déclamaient dans l’urgence, puis ressortaient en utilisant le même stratagème afin de ne pas attirer l’attention des policiers du ministère de la Répression du vice et de la Promotion de la vertu.Mieux valait apprendre par cœur ses compositions plutôt que de risquer de se faire surprendre avec un poème dans la poche.La présence de femmes étant plus compromettante, elles devaient souvent renoncer a une réunion, parfois au dernier moment.Afin d’écarter les soupçons, les hommes arboraient des barbes plus longues que nécessaire.Tous ces poètes portaient sur eux un Coran au cas où les talibans les auraient surpris en groupe.«S’ils débarquaient, nous nous étions donné la consigne de faire semblant de prier», raconte l’organisateur et l’inspirateur de ce cercle des poètes clandestins, Sheik Mohamed Khara, qui, pour vivre, gère une petite école d’informatique.«Une fois, un taliban armé nous a surpris.Sans perdre contenance, l’un de nous lui a dit que nous veillicms un mort et que ces funérailles étaient la seule raison de notre ré- « Je suis une femme, un arbre luxuriant dont la lumière ne caresse plus le feuillage / Je suis une femme au regard étoilé et aux mains de lumière / Mais toutes les portes demeurent fermées et d’ennui je dépéris VOIR PAGE A 8: POÈTES Une « bombe intelligente » tue trois soldats américains ¦ À lire en page A 5 VOIR PAGE A 8: RÉCONCILIATION ACTUALITÉS Les femmes victimes de leurs amours À lire en page A 4 A N n k f; M A | o R Le sourire d’Anton ou l’adieu au ro«nait Université A de Montréal Prix de la revue Études françaises 2001 André Major Le SOURIRE d’Anton OU L’ADIEU Al ROMAN -— , Sensibilité et lucidité d’un grand auteur au quotidien 216 PACES.24.9SS 778313000672 L K DEVOIR, LE J E L D I • 6 DÉCEMBRE 2 0 01 jES ACTUALITES Sécurité publique Le projet de loi va trop loin Un premier député libéral annonce son intention de voter contre Assurance parentale Les libéraux privilégient un recours administratif Jean Charest ne s’opposera toutefois pas à la poursuite judiciaire que doit entreprendre le gouvernement MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC L) opposition officielle demande au gouverne-' ment landry de créer le Conseil de gestion de l’assurance parentale avant d’entreprendre une poursuite contre le gouvernement fédéral dans ce dossier.Le PLQ l’annoncera aujourd’hui en conférence de presse à Québec, convaincu qu’il s’agit là d’un moyen «plus efficace et plus crédible» pour mettre en place rapidement un régime dont bénéficieraient les parents québécois.«Une poursuite prendrait des années et coûterait plus cher aux contribuables.U Conseil [de gestion de l’assurance parentale] est déjà prévu dans la loi.C’est un mécanisme léger, demandant un support administratif et des coûts minimes.Ça pourrait soulager les craintes du fédéral et dépolitiser les négociations.À ce sujet, le PQ n’affiche pas la meilleure des crédibilités», a indiqué le critique libéral Russell Copeman lorsque joint par Le Devoir.La ministre d’Etat à la Famille et à l’Enfance, Linda Goupil, compte recommander bientôt au conseil des ministres de poursuivre Ottawa dans le but de récupérer plus de 500 millions servant à créer le régime de congés parentaux québécois.Québec se basera sur une disposition administrative fédérale qui prévoit qu’un employeur peut se soustraire des cotisations au régime national s’il offre un congé équivalent à ses employés.«Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement fédéral s’entête dans ce dossier, a ajouté M.Copeman.Un régime complémentaire au Québec, ce ne serait pas l’idéal.On paierait des cotisations à deux niveaux et on doublerait le fardeau administratif pour rien.» Le PLQ, a-t-il ajouté, ne s’opposerait vraisemblablement pas à une éventuelle démarche juridique du Québec pour faire bouger Ottawa sur l’assurance parentale.Avant d’en arriver à ce dernier recours, la carte du Conseil de gestion pourrait s’avérer utile.«On pense que ce serait une avenue plus propice pour faire avancer le dossier», a résumé le député de Notre-Dame-de Grâce.Adoptée en mai dernier, la Loi québécoise sur l’assurance parentale prévoit, afin de gérer le régime, [a création du Conseil de gestion, un mandataire de l’Etat «qui n’engage que lui-même lorsqu’il agit en son nom».Notamment, ce conseil a pour fonction «d'assurer le financement du régime d’assurance parentale».le Conseil de gestion, un peu comme la Fondation des bourses du millénaire l’avait fait pour ce programme fédéral, négocierait dorénavant avec Ottawa les montants nécessaires à la création de la caisse de l’assurance parentale.Cette façon de procéder aurait à tout le moins l’avantage de calmer un débat qui a pris en cinq ans les allures d’une guerre de drapeaux.«Nous sommes d’accord avec l’instauration de ce programme pour les Québécois.C’est pour ça qu'il faut lui donner toutes les chances de se mettre en place rapidement», a expliqué M.Copeman.La loi prévoit même que le conseil serait basé à Québec et composé d’un conseil d’administration tripartite de dix membres: un p.-d.g., trois membres représentant les employeurs, trois autres représentant les travailleurs, dont un provenant d’une entreprise, et une personne représentant le gouvernement la; sous-ministre de la Famille et de l’Enfance et un représentant du Conseil du trésor compléteraient le conseil.MANON COR NE LL1ER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Si le projet de loi C-42 sur la sécurité publique n’est pas amendé, le député libéral de Mount Royal, Irwin Coller, se verra obligé de voter contre, a-t-il confié au Devoir.Il devient ainsi le premier député gouvernemental à afficher publiquement son désaccord à l’endroit de cette législation.«l^e problème avec cette législation est qu’elle brise l’équilibre entre les pouvoirs exécutif, parlementaire et judiciaire.On donne plus de pouvoirs à l’exécutif», a-t-il indiqué en entrevue hier.Juriste internationalement connu et professeur de droit a l’université McGill, M.Cotler s’est fait connaître, avant d’entrer en politique, comme un avocat spécialiste des droits fondamentaux, ayant même défendu Nelson Mandela et des dissidents soviétiques comme Andrei Sakharov.Selon lui, il faut se demander, en analysant le projet de loi, s’il a une justification démontrable, si les remèdes sont proportionnels aux objectifs et s’il existe un cadre de surveillance adéquat Un premier examen du projet de loi C42 mène M.LE DEVOIR Deux éminents scientifiques ont annoncé leur démission du comité éditorial du journal en ligne e-biomed - 'The Journal of Regenerative Medicine, lequel publiait la semaine dernière un article rapportant la production d’un embryon humain par la technique du clonage.Cette démission rapportée hier par le journal Libération jette encore un peu plus l’opprobre sur la société américaine Advanced Cell Technology (ACT), à l’origine de l’article en question, qui a fait le tour du monde comme une traînée de poudre avant que la communauté scientifique internationale ne démente l’ampleur dudit exploit On se souviendra que les principales figures d’ACT se targuaient devant les médias grand public PRESSE CANADIENNE Ottawa — Dans le budget qu’il déposera lundi, Ottawa instituera une nouvelle agence fédérale indépendante, responsable de la supervision des mesures de sécurité dans les aéroports.Cette agence sera financée en partie par les voyageurs, ont indiqué des sources.La Presse canadienne a appris que l’agence, qui fonctionnera de manière semblable à Nav Canada, une institution à but non lucratif, s’occupera de tous les aspects de la sécurité dans les aéroports du pays — de l’inspection des bagages et des passagers au contrôle des pistes d’atterrissage et de décollage.In sécurité dans le transport aérien revêt une importance accrue depuis que des terroristes ont détourné des avions pour s’en servir comme arrpes au cours des attentats du 11 septembre dernier aux Etats-Unis.Si la sécurité physique constituera un élément important du budget fédéral, elle ne le dominera pas, contrairement à ce qu’on avait d'abord prévu, disent les mêmes sources.Tout indique que la sécurité économique, la recherche, la formation et l’augmentation de l'aide Cotler à s’inquiéter des dispositions qui permettront la création de zones de sécurité militaire et celles qui donneront à des ministres le droit d'adopter des arrêtés d’urgence sans avoir au préalable obtenu l’accord du conseil des ministres ou du Parlement Motifs raisonnables Selon le projet de loi, le ministre de la Défense peut sur recommandation du chef d’état-major et s’il «le juge nécessaire pour les relations internationales ou la défense ou la sécurité nationales», ainsi que «pour assurer la sécurité de toute personne ou tout objet, créer une zone de sécurité militaire».Un terrain, un plan d’eau, l’espace aérien ou une installation liés à un établissement militaire, des biens du gouvernement fédéral ou ceux d’une force étrangère pourraient être visés.Mais aussi «les biens, lieux ou objets que les Forces canadiennes ont reçu instruction de protéger dans le but de remplir une tâche exigée par la loi», la circulation y sera interdite et les intrus, animaux compris, pourront être repoussés par la force.M.Cotler note qu’on n’exige pas l’existence de «motifs raisonnables».Le deuxième problème qu’il relève est la référence aux relations internationales.d’ouvrir la voie à une cure révolutionnaire, celle offerte par le pouvoir extraordinaire des cellules souches issues d’embryons humains.Les scientifiques qui ont claqué la porte à’e-biomed sont d’une part le neurobiologiste français Marc Pes-chanski, de l’INSERM, qui a déclaré à Libération que «ce travail [fait par ACT] ne valait pas une publication.ACT a obtenu juste une amorce de développement.C’est-à-dire rien.Cet article très pauvre est juste le support d’une campagne médiatique, je démissionne».L’autre scientifique qui s’est désengagé de la revue e-biomed, l’Américain John Gearhart, de l’université Johns Hopkins, a pour sa part affirmé à la BBC qu’rs de la même transaction, CanWest devenait propriétaire à 50 % du National Tost, au début de l’automne, elle rachetait de Conrad Black l’autre moitié, pour enfin devenir propriétaire à 100 % du quotidien torontois.CanWest est également propriétaire de la chaîne de télévision Global, en grande compétition avec le réseau CIV appartenant à Bell.Les journaux Southam, maintenant placés sous le chapeau de CanWest, avaient connu un premier grand débat sur la concentration de l’information en mars dernier alors que David Asper, le fils du grand patron de CanWest, qui est notoirement proche du Parti libéral, avait demandé aux journalistes de la chaîne de faire attention à leurs attaques envers le premier ministre Chrétien, un geste qui avait soulevé un tollé tant chez les autres médias canadiens que dans l’opposition à la Chambre des communes.Michaud poursuit l’Assemblée nationale ROBERT DU TRI SAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Yves Michaud poursuivra l'Assemblée nationale en Cour supérieure afin de faire déclarer inconstitutionnelle la motion de blâme dont il a tait l'objet en décembre 2(XX).M.Michaud plaidera que l'Assemblée nationale n'est pas un tribunal et qu'elle n'a pas le droit d'adopter une motion de blâme contre un individu sauf si ce dernier porte atteinte aux droits ou aux privilèges de l’Assemblée ou de l'un de ses membres.«Tant et aussi longtemps qu'il n'y aura pas un amendement au règlement de sorte que plus jamais une motion de blâme ne soit exercée à l'egard d'un citoyen, l'affaire n’est pas réglée», a dit hier au Devoir Wes Michaud.Cet amendement au règlement de l'Assemblée nationale, les militants péquistes en avaient fait une proposition lors de leur Conseil national de juin 2(X)1.A la fin août, le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Brassard, avait soumis un amendement en ce sens pour qu’il soit adopté cette année dans le cadre de la réforme parlementaire en cours.Mais l’opposition officielle a refusé de donner son aval, le leader parlementaire libéral, Pierre Paradis, soutenant que ce serait là restreindre la liberté des élus de s'exprimer par des motions de tous ordres.Dans une lettre qu'il a fait parvenir le 15 novembre dernier à Pascal Bérubé, le président du Comité national des jeunes du PQ, Jacques Brassard indiquait toutefois que le caucus des députés péquistes avait pris la décision de ne plus accepter la présentation d’une motion de blâme contre un citoyen avant une période de réflexion de 24 heures, ce que M.Brassard désigne sous le terme de «cooling off period».les nouveaux éléments de la réforme parlementaire, que dévoileront aujourd’hui le président de l'Assemblée, Jean-Pierre Charbonneau, et les députés Brassard et Paradis, passent sous silence les motions contre des citoyens, une question repoussée dans une sous-commission.Cependant, une pétition n’aura plus besoin d’être présentée par un député pour que l’Assemblée en soit saisie.Si aucun député ne veut la présenter, c’est le vice-président de l’Assemblée qui s’en chargera.On élargit aussi la notion de pétition conforme pour comprendre tout «redressement d’un grief qui relève de la compétence de l’État québécois», tant l’Assemblée nationale que le gouvernement.M.Michaud a indiqué, hier, qu’il entendait se servir de cette nouvelle possibilité pour présenter une pétition jxiur exiger le redressement du grief qu’il a subi.Canada Émissions 23 (t 74 on sont» jusqu'au 1" lamrier 2002, sous rosem de modifications sans qréaais S’agissant de cadeaux de fin d’année, les Nouvelles Obligations d’épargne du Canada ne manqueront pas de capter l’intérêt.Constituer un pécule pour l’avenir d’un être cher, c’est lui faire preuve de prévenance et de prévoyance.Ramassez une carte-cadeau à votre institution bancaire ou financière.C’est une maniéré élégante d’aviser un proche qu’il recevra des Nouvelles Obligations d’épargne du Canada en cadeau.pour l’achat direct, consultez WWW.oec.gc.ca ou composez 1.888.773 9999 NOUVELLES OBLIGATIONS D'ÉPARGNE DU CANADA I BATISSEZ SUR DU SO.'DE mdavid@ledevoir.ca Le mtmstre des Finances peut mettre fin a la vente des obligations en tout temps LE DEVOIR.LE JEUDI « DÉCEMBRE 2 0 01 A 4 Forces Jeunesse et la FEUQ •LES C TUA LIT E S • Supplément de revenu garanti Ottawa n’a pas l’intention de rendre aux vieux les milliards économisés Legendre mis en demeure de défendre les jeunes JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Les étudiants du secteur universitaire exhortent le gouvernement à reporter la pleine indexation du régime d’imposition des particuliers, une mesure qu’ils jugent inefficace dans le contexte économique actuel.Voilà l’un des messages que livreront les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de F'orces Jeunesse lors d’une rencontre «d'urgence» ce soir avec le ministre responsable de la jeunesse, Richard Legendre.Les deux organisations reprochent au gouvernement d’avoir opté pour une accélération de l’indexation des tables d’impôt, soit de 2,7 % au lieu du taujc de 1,8 % prévu pour l’année 2002, «ce qui va priver l’Etat de 77 millions en revenus.À notre avis, ça montre bien la priorité du gouvernement: les baisses d’impôts passent avant la pérennité et la sauvegarde des programmes sociaux», explique Andrée Mayer-Périard, présidente de la FEUQ.Si on réduisait l’indexation de 2,7 à 1,8 %, l’impact serait négligeable pour la plupart des ménages québécois, fait-elle valoir.Par exemple, un couple de personnes âgées de 65 ans et plus bénéficiant d’un revenu de 25 000 $ aurait alors 2 $ de moins dans ses poches.Ce même couple, avec un revenu de 50 000 $, perdrait 35 $.Et, ajoute Martin Koskinen, président de Forces Jeunesse, 1,8 % correspond davantage au taux réel de l’inflation.Pour «parler le langage que les dirigeants comprennent», la fédération étudiante a embauché un économiste afin de démontrer les bénéfices à long terme que représentent les investissements en éducation.«Ce qu’on cherche, c’est que M.Ijegendre s’engage à défendre les promesses du Sommet du Québec et de la jeunesse, c’est-à-dire les nouveaux 200 millions récurrents dans le budget de l’éducation, la croissance des coûts du système dans les établissements et un budget pour la réalisation d’une politique jeunesse», résume Mme Mayer-Périard.«S'il est ministre de la Jeunesse, il doit se battre auprès des autres ministres pour qu’on ait ces sommes-là et prendre position publiquement sur ces enjeux.» E's autres membres du comité du suivi du Sommet du Québec et de la jeunesse se joindront à la FEUQ et à Forces Jeunesse pour confronter le ministre Legendre de soir.«Ça ne sera pas une des plus belles soirées de sa vie», croit Mme Mayer-Périard.Allô Prof est désormais en ligne VALÉRIE nu F O U R LE DEVOIR D’ une touche de clavier, les étudiants québécois pourront désormais obtenir de l’aide en mathématiques, en français et en sciences.L’organisme d’aide aux devoirs Allô Prof a en effet annoncé hier matin qu’il étendra ses services au réseau Internet.Allô Prof offrait déjà un service téléphonique aux élèves du primaire et du secondaire depuis 1995.Depuis ceîte date, les enseignants embauchés ont répondu à 125 -K) appels pendant leurs soirées de travail.«Et nous enregistrons une croissance d’environ 30 % par année», souligne la directrice générale de l’organisme, Sandrine Faust Les utilisateurs de ce service d’aide sont en majorité des jeunes allophones montréalais.C’est le cas de Jesse, 15 ans, qui appelle fréquemment Allô Prof.«J'ai de la difficulté en grammaire et en orthographe, raconte-t-il.Mes deux parents sont portugais et ils ne peuvent pas vraiment m'aider en français.» Comme les jeunes sont très visuels, Allô Prof a pensé à mettre Internet à profit pour créer un service d’aide en ligne qu’il appelle «les cyberclasses».Le principe en est simple: l’étudiant s'inscrit, ce qui lui donne accès aux classes virtuelles de mathématiques, de français et de sciences.Lorsqu'il se branche, l'étudiant choisit une matière et pose une question.Un professeur lui répond en ligne (explication et exemple) comme s’il s’agissait d’un babillard de discussion.Allô Prof recrute son personnel chez les professionnels de l’enseignement à statut précaire.«Il s'agit de mon expérience en enseignement la plus enrichissante parce qu’on est appelé à répondre à toutes sortes de questions», souligne Sophie Provencher, une enseignante en sciences et en mathématiques.Dorénavant, les élèves de l’éducation aux adultes pourront à leur tour utiliser le service téléphonique.«I-e service s'adresse également aux parents qui ont des questions sur les devoirs et les leçons de leurs enfants», ajoute Sandrine Faust 1^ site de l’organisme: www.alloprof.qc.ca.EN BREF La résolution de conflits (PC) — D> Centre international de résolution de conflits et de médiation a lancé hier la version préscolaire de son programme qui a déjà été implanté dans près de 500 écoles primaires et secondaires du Québec.Le programme préscolaire de formation à la résolution de conflits, intitulé «Vers le pacifique», initie les enfants à la connaissance de soi, à l’empathie, à la communication et à l’écoute.Dans le réseau scolaire, plus de 115 (XXI élèves ont été formés à la résolution de conflits et environ 2300 ont reçu la formation de médiateur.Moins d’étudiants Rimouski (PC) — Les cégeps de l'est du Québec et de la Côte-Nord verront d’ici 2009 leur effectif étudiant fondre de plus de 20 %, selon les prévisions du ministère de l'Éducation du Québec.In baisse anticipée sera de 25 % en Gaspésie, de 22 % pour les cégeps de la Côte-Nord et de 18 % dans le Bas-Saint-laurent alors que les populations étudiantes des 48 collèges du Québec seront en moyenne, en 2009, au niveau de celles de 1999.Si la chute de la natalité frappe durement la survie des cégeps en région n'est pas pour autant mise en cause.MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le gouvernement fédéral refuse de s’engager a rembourser en totalité les personnes âgées qui ont été privées, pendant plusieurs années, du supplément de revenu garanti alors qu’elles y avaient droit La ministre du Développement des ressources humaines, Jane Stewart, a en effet refusé de répondre hier à l’appel du député bloquiste Marcel Gagnon qui lui demandait de prendre immédiatement cet engagement Un rapport unanime du comité parlementaire du Développement des ressources humaines révélait mardi qu’au moins 270 000 personnes âgées parmi les plus pauvres, dont 68 000 au Québec, ne bénéficient pas du supplément de revenu garanti auquel elles ont droit.Le ministère est au courant de la situation depuis 1993 mais a fait peu de choses pour corriger la situation, et certaines personnes en ont été privées depuis plusieurs années, d’où la demande de M.Gagnon.Selon lui, l’inaction du DRHC a permis au gouvernement d’économiser environ 400 millions de dollars en moyenne par année, pour un total de 3,2 milliards depuis 1993.La ministre a évité de se commettre, rappelant que sa priorité était de «s’assurer que chaque Canadien qui a droit au supplément du revenu garanti puisse le recevoir».Pour le reste, elle s’en remet aux dispositions de la Loi sur la rétroactivité des paiements.En 1995, Ottawa a changé la loi pour réduire cette période de rétroactivité de cinq ans à un an, et ce, même s’il savait depuis 1993 qu’un nombre important de personnes admissibles n’étaient pas inscrites au programme.Le Bloc veut qu’on élimine ce délai d’un an pour couvrir dès maintenant toute la période d’admissibilité.Le comité a pour sa part enjoint au gouvernement d'envisager cette solution.la ministre a 150 jours pour répondre au rapport Elle a dit hier qu’elle l’examinera avec intérêt et réagira «dans les délais prescrits par la loi».Elle soutient cependant que le gouvernement n’est pas resté les bras croisés mais que «la question de la protection de la vie privée nous a freinés», a-t-elle dit à sa sortie des Communes.Devant le comité, le DRHC a dit avoir évité d’utili- ser l’information de l’Agence canadienne des douanes et du revenu (ACDR) par crainte de contrevenir aux dispositions de la Loi de l’impôt au sujet de la vie privée, une interprétation rejetée par le commissaire à la protection de la vie privée.George Rad-wanski.Les députés en ont donc conclu que l’explication était «simplement une excuse bureaucratique du DRHC pour justifier son inaction».Mme Stewart défend son ministère et le dit «très actif pour communiquer [avec les personnes âgées] et pour développer avec l’Agence canadienne des douanes et du revenu des stratégies pour identifier et rejoindre les Canadiens potentiellement admissibles».Mme Stewart ajoute que le ministère collabore aussi avec les groupes communautaires, fait de la publicité dans les médias spécialisés et participe à des salons de l’âge d’or.Des problèmes plus immédiats restent en suspens, comme le formulaire, très compliqué et peu accessible.Pour l'obtenir, il faut en faire la demande.Impossible de le télécharger à partir du site Web du ministère ou de le trouver au bureau de poste.«On ferait mieux de corriger cela», a réagi la ministre.Les députés débattront du mode de scrutin en 2002 LE DEVOIR ET LA PRESSE CANADIENNE Québec — Le premier ministre Bernard Landry a annoncé hier à l’Assemblée nationale que la question du mode de scrutin sera sérieusement abordée l'an prochain.«En 2002, nous franchirons des étapes importantes au moins dans le débat, dans l’approfondissement de la question», a dit M.Landry à l'Assemblée nationale.I>e premier ministre a expliqué qu’il favorisait pour sa part l'instauration au Québec d’un régime présidentiel.Mais seule la souveraineté du Québec permettrait d’atteindre un tel régime, a-t-il fait valoir.Le Directeur général des élections, Marcel Blan-chet, souhaite lui-même une révision du mode de scrutin au Québec.Dans une entrevue au Devoir publiée la semaine dernière, M.Blanchet affirmât que le système actuel entraîne des distorsions, conune ce fut le cas en 1998, où le parti qui forme le gouvernement (le PQ) avait obtenu moins de votes au total que le parti qui forme l’opposition (le PLQ).Depuis quelques mois, le Mouvement pour une démocratie nouvelle milite en faveur d’une révision du mode de scrutin qui pourrait inclure un élément de proportionnelle.Ce mouvement regroupe une centaine de personnes, dont Claude Ryan, Claude Charron et Jean Allaire.Le porte-parole de l’opposition libérale, Jacques Chagnon, a rappelé l’importance d’entreprendre un travail de réflexion approfondi sur le mode de scrutin.11 a par contre affiché sa déception devant la nouvelle carte électorale, de laquelle disparaissent deux circonscriptions montréalaises.L’île de Montréal perd deux circonscriptions mais la Gaspésie conservera ses quatre représentants Le Directeur général des élections, Marcel Blanche!, a rendu public hier la nouvelle carte électorale des 125 circonscriptions provinciales du Québec.L’île de Montréal n’enverra plus à l'Assemblée natio-nale que 28 députés au lieu de 30.Les deux circonscriptions qui disparaissent sont situés dans la région du nord-est Viger est fusionnée avec Jeanne-Mance tandis que ceux de Bourassa et de Sauvé sont regroupées.Deux nouvelles circonscriptions naissent l'une en Montérégie (rive sud de Montréal) et l’autre dans les Basses-Laurentides.L’ambiguïté des chefs péquistes Graham Fraser publie une deuxième édition de son ouvrage consacré au PQ KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR \ A la manière de René Lévesque, le premier ministre Bernard Landry semble nourrir une certaine ambiguité à propos de l’option constitutionnelle du Parti québécois.C’est notamment ce qu’affirme le journaliste politique Graham Fraser, qui lance aujourd’hui la deuxième édition de son livre intitulé René Lévesque And The Parti Québécois In Power, édité aux Presses de l’université McGill.Selon lui, ce qui a permis à M.Lévesque de garder ensemble la coalition qu'est le Parti québécois, ç’a été «son ambiguïté».«Chaque élément de la coalition croyait au fond que M.Lévesque était d'accord avec lui.Et c’est pour ça que sa décision d’appuyer la position [du «beau risque»] de Pierre Marc Johnson a créé un tel choc pour Jacques Parizeau et Camille Ixiurin, entre autres.[.] Quand M.Landry ressuscite l’idée de la souveraineté-association, comme il l'a fait à Toronto récemment, c’est un effort plus ou moins explicite de revenir à l'ambiguïté de M.Lévesque, un peu comme Lucien Bouchard a essayé de le faire», a expliqué hier au Devoir M.Fraser, joint à Toronto.Graham Fraser profite de cette deuxième édition pour mettre à jour son ouvrage, paru tout juste avant la série de démissions au conseil des ministres et le départ de M.Lévesque dans les mois suivants.«Quand j’étais en tournée de promotion du livre, le tiers du conseil des ministres avait démissionné.Il y avait donc un volcan.Je raconte comment ce conflit interne au PQ se répercute sur les successeurs de M.Lévesque», souligne le journaliste, qui estime que ce débat est toujours très actuel.L’ouvrage de M.Fraser, dont la version française, Le Parti québécois, a été publiée aux Éditions Libre Flxpression, est considéré comme une référence dans le milieu politique.6 décembre, 12 ans plus tard Victimes de leurs amours Difficile de faire le portrait exact de la violence faite aux femmes puisque la majorité des victimes vivent leur drame en silence, seules in memoriann Geneviève Hélène BIRÇKRON I OU.AN Naïhrtlie Barbara citoii.u nvk;\i,Uii[ A n ne-M., rie M;»iU kowakd ii w ii knit k Maryse Maryse ACANlkRE I ECLAIR Anne-Marie Soïiià I.KMVY PELLETIER .'I > hèle A finir KIIIIARI» ST ARNEAtltT Il ui .Vr;1; BarbaraKlXCZNik HRtom WIDuEwhz u DE C! Al BRI ! K ' ARCHIVES LE DEVOIR Une femme se recueille devant le cénotaphe à la mémoire des victimes de Polytechnique.JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR arrivée du 6 décembre, qui commé-rqore la tragédie de l’École polytechnique en 1989, remet à l'avant-scène la question de la violence faite aux femmes.N’y a-t-il pas progrès en la matière, davantage de dénonciations, moins d'agressions?Pas pour les groupes féministes qui, hier encore, réitéraient une demande faite lors de la Marche des femmes, l’an dernier: que le gouvernement consacre 25 millions de dollars en dix ans à une campagne contre la violence faite aux femmes, campagne qui serait réalisée par les groupes de femmes.Sur le terrain, d’autres font le même constat «La violence est un phénomène très présent mais dont on veut beaucoup se cacher.Et si certains croient qu’elle est en baisse, je ne l’ai pas constaté dans ma pratique», dit ainsi le Dr Jean-Yves Frappier qui, depuis bientôt 25 ans, travaille auprès des jeunes victimes d’agressions sexuelles à l’hôpital Sainte-Justine.Mardi, le Dr Frappier participât à une conférence de presse du Centre de prévention des agressions de Montréâ, dont il préside le conseil d’administration depuis huit ans.Le centre vient d’obtenir des subventions qui lui permettront de diminuer le coût des ateliers qu'il offre aux femmes et aux enfants (notamment dans les écoles) pour mieux prévenir la violence.On y travaille tant les techniques d’autodéfense que le comportement à adopter.Pour le centre, il s’agit là d’un geste concret en mémoire du 6 décembre 1989, alors que 14 jeunes ferqmes avâent été assassinées à l'École polytechnique de l’Université de Montréal.Heidi Rathjen, étudiante à Poly à l’époque et qui mena ensuite la ba-tâlle pour le contrôle des armes à feu, siège au conseil d’administration du centre de prévention, «f ai mis les événements derrière moi, dit-elle.Mais ce qui s’est passé le 6 décembre 1989 est devenu un symbole.Une fois par année, ça permet de se rappeler de l’importance du problème de la violence faite aux femmes et aux enfants.» «Et il n’y a aucune preuve qu'il y a plus ou moins de violence, tout simplement parce qu'encore aujourd'hui.la plupart des agressions ne sont pas rapportées», précise leona Heillig.qui a fondé le centre en 1984.Les dernières données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) lui donnent raison.Par exemple, plus de 87 % des «incidents à caractère sexuel» ne sont pas signâés aux policiers, et 70 % des agressions sexuelles ne le sont pas davantage.L’enquête de l’ISQ rappelle aussi qu'il existe une violence spécifiquement tournée contre les femmes.Ainsi, entre 1980 et 1999, près de 30 % de toutes les femmes assassinées au Québec l’ont été par leur conjoint — une moyenne de 16 par année depuis vingt ans.les hommes assassinés par leur conjointe font, eux, figure de cas marginaux (moins de 3 % de l'ensemble des hommes assassinés).Ces chiffres s'ajoutent à moult études, souvent critiquées mais qui, prises dans leur ensemble, donnent toutes le même portrait: les hommes, de façon générale, sont plus souvent victimes de voies de fait ou d’homicides.Mais les femmes, elles, sont victimes de leurs amours, souvent même dès leurs premières relations amoureuses et particulièrement dans les cas de rupture.Relations sexuelles forcées, femmes battues, blessées et harcelées composent un tableau maintes fois brossé.C’est d’âlleurs pour sensibiliser tant le grand public que les juges, policiers, employeurs, médecins, entrâneurs sportifs, etc., à la violence faite spécifiquement aux femmes que la Fédération des femmes du Québec, appuyée de sept autres regroupements féministes, veut une campagne plus importante que ce qui existe à l'heure actuelle.Et dix ans, c’est nécessaire, disent les groupes, pour amener un vrai changement de mentalité dans la société.Le Centre de prévention des agressions de Montréal insistât aussi mardi sur la violence qui sévit chez les jeunes.En marge de la conférence de presse, le Dr Frappier a souligné à quel point les études nord-américaines et européennes concordent: près de 20 % des jeunes disent avoir été victimes de violence — donc d'un acte assez fort pour être spontanément perçu comme violent.Et ces chiffres doivent être contextualisés, insiste le Dr Frappier.«Im délinquance juvénile a chuté mais la violence entre les jeunes, notamment dans les relations amoureuses ou par la voie du taxage — qui peut mener au suicide, comme ça s’est vu l’an dernier —, a augmenté.Il faut en tenir compte quand on veut parler de l’ensemble du phénomène.» «Le danger avec les chiffres, ajoutât-il, c’est que certains s’en servent pour détourner le propos.On peut dire, par exemple, qu’il y a des cas de violence, ou même d’agressions sexuelles, de mères envers leur enfant.Mais il ne faut pas le flaire dans le but de minimiser la violence masculine, beaucoup plus importante.» Le Dr Frappier reconnât toutefois que le Québec, en matière de violence envers les femmes et les enfants, «a fait des pas de géant en 25 ans.Mais des pas d’un pouce! C’est mieux qu'en Europe, où le problème a été découvert beaucoup plus tard et où le progrès n’est que d'un dixième de pouce.Mais il reste encore beaucoup à flaire».Un constat que les groupes de femmes répètent à chaque 6 décembre depuis maintenant 12 ans.Avec la Presse canadienne Les activités à Montréal ¦ À 13h: cérémonie de recueillement organisée par la Fondation des victimes du 6 décembre contre la violence, place du 6-Décembre-1989, angle de la rue Decelles et du chemin de la Reine-Marie.¦ à 18h: vigile de groupes de femmes, carré Philips.¦ à 18h: intervention musicale Au son de la pâx, station de métro An-grignon.Les organisatrices se rendront ensuite à la station Vendôme pour 18h45, puis au Studio XX.338, terrasse Sânt-Denis, à 19h30.¦ les groupes de femmes invitent aussi la population à porter un ruban blanc et à âlumer une bougie à la fenêtre à 18h. LE DEVOIR, LE J E L D I 6 DECEMBRE 2 O ü I a r> -?LE DEVOIR ?- LE MONDE Une «bombe intelligente» fauche trois soldats américains Le nouveau chef du gouvernement afghan s’en tire de justesse /Ms Des centaines de kilos de matière grise.______ AGENCE FRANCE-PRESSE Washington —L'aviation américaine a commis une erreur de bombardement meurtrière sur un front très étroit avec les talibans, tuant trois soldats américains et cinq combattants alliés afghans, et épargnant de justesse le tntur chef du gouvernement afghan, Hamid Karzai, au nord de Kandahar.Le dirigeant pashtoun Hamid Karzai, désigné hier par la conférence de Bonn, a été légèrement blessé alors qu'il discutait avec des militaires américains, a indiqué un responsable américain sous couvert de l’anonymat.Il souffre «d'écorchures et de contusions, provoquées par des gravats et non pas directement par la bombe», selon cette source.Hamid Karzai, qui a rallié les opposants aux talibans sur le terrain depuis plusieurs semaines, a cependant démenti avoir été blessé-dans une entrevue à la chaîne britannique Channel 4.L’erreur de tir a également tué cinq Afghans et fait 19 blessés américains, ainsi que des blessés afghans, selon le Pentagone.L’incident s’est produit lorsqu’un B-52, volant en soutien à des forces d’opposition au nord de Kandahar, a largué la bombe «intelligente» de 900 kg «à proximité de troupes amies», a indiqué le Commandement central américain.Les trois morts américains sont des membres des Forces spéciales, engagées dans des operations déterminantes depuis plusieurs semaines en Afghanistan: conseil aux forces afghanes opposées aux talibans, repérages de cibles de l’aviation, renseignements pour localiser les chefs talibans et d’al-Qàïda Selon l’armée américaine, l’erreur est venue d’un dysfonctionnement de la bombe, un engin GBU-31 à guidage de précision par satellites.Mais les risques de bombarda ments étaient connus en raison de la proximité des fronts prés de Kandahar, dernier grand fief tenu par les talibans.Ijes forces antitalibanes se sont en effet retirées mardi de l'aéroport de la ville pour se protéger des bombardements de leurs alliés américains contre des positions des talibans, avait indiqué mardi soir un proche de l'ancien gouverneur de Kandahar, Haji Gui Agha La bombe, choisie «pour son effet de souffle maximum» et visant des talibans, a raté sa cible et est tombée à 100 mètres des Américains, alors que par sécurité «il faudrait en être séparé d’au moins quelque 1200 mètres», a déclaré le contre-amiral John Stufflebeem, membre de l’état-major interarmées.Les blessés américains et une vingtaine d’Afghans blessés ont d'abord été évacués pour recevoir les premiers soins vers la base opérationnelle avancée, que les Marines ont établie il y a dix jours au sud-ouest de Kandahar, selon un porte-parole militaire américain.Ils ont été très vite transfères vers d'autres installations médicales.Avec cette erreur de tir, le nombre d'Américains més en action en Afghanistan depuis le debut de la guerre, le 7 octobre, se chiffre à quatre.Un paramilitaire de la CIA avait été tué tin novembre, lors de l'insurrection des prisonniers de l'Alliance du Nord, des talibans et des étrangers, près de Mazar-é Charif.Il s’agit de la deuxième erreur de tir touchant des forces aine ricaines, après celle du 26 novembre dans le même secteur de Mazar-é Charif où cinq soldats américains avaient été blessés.Depuis le début du conflit le 7 octobre, le ministère américain de la Défense a aussi annoncé la mort accidentelle de quatre militaires.Des erreurs de trajectoire dans des raids ont aussi provoqué la mort de civils afghans, a reconnu le Pentagone.Par ailleurs, le président américain George W.Bush a déclaré hier qu’il ne savait pas quoi faire du jeune Américain John Walker Lindh, arrêté ce week-end alors qu’il luttait avec les talibans dans le nord de l'Afghanistan.La question de savoir si le jeune homme, converti à l’islam doit être jugé pour trahison a été soulevée dans la presse.Après l’accord «historique» de Bonn Les pays donateurs affichent un optimisme modéré D’APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE Berlin — Réunis à Berlin, les pays donateurs d’aide humanitaire à l’Afghanistan ont fait part d’un optimisme relatif hier, après la signature d’un accord politique interafghan à Bonn, estimant qu’il incombait d’abord aux Afghans d’engager leur pays sur la voie de la reconstruction.Les participants à la conférence, qui doit se prolonger aujourd’hui, ont mis en exergue les deux ombres qui persistent au tableau, malgré la signature d’un accord sur une transition politique, sans chiffrer encore les besoins de la reconstruction.D’abord, la situation humanitaire actuelle est «désespérée», a estimé le chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer, dont le pays préside jusqu’à la fin de l’année le Groupe de soutien à l’Afghanistan, créé en 1996.«Même si les possibilités d’accès se sont dans l’ensemble améliorées, le chaos, la peur et la violence régnent dans beaucoup de régions», a-t-il ajouté, signalant les risques accrus avec le début de l’hiver.Autre préoccupation: la reconstruction du pays à long terme.«Nous réalisons que les difficultés auxquelles nous avons fait face ne sont rien comparées à ce qui nous attend», a averti le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afghanistan, Lakhdar Brahimi, venu à Berlin pour présenter aux donateurs les résultats de Bonn.Nul ne peut «reconstruire leur pays à la place des Afghans», a-t-il lancé à l’adresse des délégués des quinze principaux pays donateurs, de l’Union européenne, des agences humanitaires des Nations unies et des ONG engagées en Afghanistan.Il a notamment appelé les nouveaux maîtres de Kaboul à œuvrer pour le retour de la paix et de la stabilité.Ces derniers semblent, selon lui, y être disposés: «Nous avons l’impression que les gens qui ont perdu le pouvoir à Kaboul en 1994 à cause de leur comportement irresponsable [.] ont compris» qu’il faut «partager le pouvoir».Priorités Les participants à la conférence se sont contentés hier de proposer des priorités, sans dresser de projet précis.En tête de liste figure la lutte contre le trafic de la drogue, le respect des droits de la femme et surtout la sécurité, en particulier dans les régions de Mazar-é Charif, Kunduz et Kandahar, où l’acheminement de l’aide humanitaire est quasiment impossible.Les pays donateurs n'ont dévoilé aucune estimation financière.Pour l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement, Mark Malloch-Brown, un soutien sera nécessaire sur «quatre ou cinq ans» et son ampleur dépendra de l’application par les Afghans des engagements pris à Bonn.L’Afghanistan aurait besoin de six milliards de dollars au total pour sa reconstruction sur cinq ans, a indiqué l’expert pour l’Afghanistan du ministère allemand pour la Coopération et le Développement, Michael Bohnet La conférence de Bonn s’est achevée hier sur un accord historique dans lequel les factions afghanes s’engagent à partager le pouvoir et à ouvrir la voie à des élections démocratiques dans un Afghanistan ravagé par 23 ans de guerre.Les membres des quatre délégations afghanes et les représentants de l’ONU ont signé l’accord peu après lOh, au cours d’une brève cérémonie.Cette signature ouvre la voie à un transfert du pouvoir le 22 décembre entre le président de l’Alliance du Nord, Burhanuddin Rabbani, et une administration intérimaire dirigée par le chef pashtoun Hamid Karzai.Les Pashtouns représentent l’ethnie la plus nombreuse du pays (environ 40 % de la population afghane).Les délégués sont finalement parvenus à s’entendre sur la composition de ce gouvernement de 30 membres, dont cinq vice-présidents, qui gérera le pays pendant six mois.Si elle a fait une concession aux proches de l’ex-roi d’Afghanistan Mohammed Zaher Shah en acceptant Hamid Karzai, un royaliste modéré, à la tête du gouvernement, l’Alliance du Nord, maître de Kaboul depuis le 13 novembre, se taille la part du lion.Elle obtient en effet les ministères clés, auxquels sont reconduits les actuels ministres de l’Alliance, Abdullah Abdullah aux Affaires étrangères, Younis Qanooni à l’Intérieur et Mohammad Qasim Fa-him à la Défense.Deux femmes seront membres du gouvernement, dont Sima Samar, une proche de Zaher Shah.Outre le poste de vice-présidente de cette administration, ce médecin en exil au Pakistan aura en charge le portefeuille de la Condition féminine.Les délégués ont également accepté le déploiement d'une «force internationale de sécurité» sous mandat des Nations unies à Kaboul et dans les environs, puis dans d’autres villes et régions si nécessaire.Ces zones seront démilitarisées, mais l’autorité afghane y conservera une police.La composition de cette force internationale est suspendue à une décision du conseil de sécurité de l’ONU.Un mandat risqué pour le président Karzaï Là-haut, sur la montagne afghane Chars et B-52 contre le repaire de ben Laden AGENCE FRANCE-PRESSE Tora Bora — Depuis la colline caillouteuse, les trois chars, de vieux T-55 soviétiques, crachent leurs obus vers les hautes montagnes qui se dressent à moins de deux kilomètres.L'offensive contre Tora Bora, la base secrète d’Oussama ben Laden, est en cours.A chaque impact: un éclair sur le flanc de la montagne, couvert de forêts, puis un panache de fumée.Les forces des commandants antitalibans de Jalalabad, dans l’est de l’Afghanistan, se sont déployées la veille pour attaquer la base du réseau de ben Laden, recherché par Washington pour les attentats qui pnt fait près de 4000 morts aux Etats-Unis le 11 septembre.Loin au-dessus du sommet enneigé des montagnes, dans le ciel d'un bleu très pur, quatre trainées blanches se dessinent lentement.Un bombardier lourd américain B-52 passe.Il revient Puis il largue une bombe sur un avant-poste des forces d’al-Qaïda, dans une zone couverte de forêts, sur le flanc de la montagne.L’explosion libère une énorme colonne de fumée et de poussière.Quelques minutes plus tard, le B-52 repasse et largue une autre bombe au même endroit La zone se trouve dans le district d’Agam, à environ 30 kilomètres au sud de Jalalabad, capitale de la province du Nangarhar.La colline d’où tirent les chars domine le village de Tora Bora, distant de quelques centaines de mètres, qui a donné son nom à la mystérieuse base d’al-Qaïda.La zone attaquée se trouve en fait dans le secteur de Meelawa, proche de Tora Bora, mais les combattants eux-mêmes utilisent indifféremment les deux noms.Les occupants de cette base, des volontaires étrangers, principalement arabes, disposeraient d’un vaste complexe de cavernes et de tunnels creusés dans la montagne.Sur la colline, le responsable de l’opération terrestre contre Tora Bora, le commandant Sohrab Khan, assure qu’il n’y a pas de coordination entre ses forces et l’aviation américaine.Mais la simultanéité est frappante.«La moitié de Tora Bora est sous notre contrôle, l’autre moitié est encore contrôlée par al-Qaida, affirmait Sohrab Khan hier, vers 13h locales.Nous les avons encerclés.» Sohrab Khan est un homme du puissant Hazrat Ali, officiellement chef de la police pour la province du Nangarhar, mais qui dispose de plus de combattants que le commandant Haji Mohammad Zaman, chef militaire de la province.Leurs forces dépendent de la choura (conseil) de l’est de l'Afghanistan, qui a pris le pouvoir le 16 novembre à Jalalabad après la fuite des talibans.Selon Sohrab Khan, «il y a des combats au corps à corps entre nos forces et celles d’al-Qaida».Cependant, aucun tir d’armes légères ou de mitrailleuses ne retentit dans les montagnes.En revanche, dans la vallée située en contrebas de la colline où sont postés les chars, des positions tenues par les forces d’Hazrat Ali sont sous le feu des hommes d’al-Qaïda.«L’ennemi dispose de lance-roquettes, de chars, de canons, de mortiers légers et moyens», déclare Sohrab Khan, qui arpente la colline en donnant des ordres à ses hommes.D ne fait état à ce moment d'aucune victime dans ses rangs et n’a pas nop plus d’indications sur les pertes dans les rangs d’al-Qaïda Selon Sohrab Khan, Oussama ben Laden a été vu à Tora Bora il y a quatre jours, mais il est impossible de dire s’il se trouvait hier quelque part dans les montagnes de l’est de l'Afghanistan.Plus de 80 civils ont été tués et 50 blessés depuis le début samedi des bombardements américains sur Tora Bora, a annoncé hier à Paris l’organisation humanitaire Médecins sans frontières.«Ces chiffres ne prennent pas en compte toutes les victimes et le nombre indéterminable de morts qu’ont causées ces bombardements», souligne l’organisation.Israël suspend les raids aériens Le chef du Hamas est mis en résidence surveillée A G E N C' E F R A N C E P R K S S F T érusalem — Israël a annonce J hier la suspension des raids aériens contre l’Autorité palestinienne sans relâcher la pression sur le président Yasser Arafat, somme de sévir rapidement contre des activistes palestiniens.Le chef spirituel du mouvement islamiste Hamas, cheikh Ahmed Yassine, dont le mouvement a revendique ces attentats, a été mis en residence surveillée à Gaza, a annoncé un haut respon sable palestinien.L’armée israélienne a sus(X'ndu pour une période non précisée ses raids aériens «pour voir ce que fait Arafat», a déclaré à l’AFP un por te-parole du ministère de la Défense, Yarden Vatikay, ajoutant qu'Is-raël «continue de combattre le terrorisme».Selon lui, ce délai per mettra de vérifier si M.Arafat «prend au sérieux les exigences du monde entier» d’arrêter les responsables des attentats.Le président américain, George W.Bush, a renouvelé en soirée ses pressions sur le dirigeant palesti nien.«L’OLP doit éliminer ces tueurs, ces meurtriers qui nous empêchent de parvenir à un processus de paix», a déclaré M.Bush.A Londres, le ministre britannique des Affaires étrangères a affirmé devant la Chambre des communes que l’Autorité palestinienne «n ’a pas fait assez pour mettre la main sur les terroristes» respon sables des attentats du week-end.En revanche, le premier ministre français, Lionel Jospin, a estimé que les Israéliens «ne doivent pas céder au vertige d’une déstabilisation» de M.Arafat.«Il y a besoin d’un interlocuteur du côté des Palestiniens et il me semble que cela doit être lui», a-t-il dit à la télévision publique France 2.A New York, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a appelé Israéliens et Palestiniens à reprendre des pourparlers de paix de façon imminente.Le ministre des Af faires étrangères israélien, Shimon Peres, a annoncé que le premier ministre Ariel Sharon avait autorisé la police palestinienne à circuler librement pour pouvoir arrêter des activistes, ajoutant qu’Israël avait communiqué aux Palestiniens une liste' de 36 personnes dont il demande l'arrestation.11 a ajoute avoir déclaré au téléphoné à M.Arafat que «la situation dépemiait de lui et que.dans les douze prochaines heures, il pouvait changer l’attitude Id'lsraël] envers l'Autorité palestinienne».Nouvel attentat Un haut responsable tvüestinien a toutefois indique, sous le couvert de l'anonymat, que ce délai dopas sait douze heures, sans autre précision.11 a ajoute que le Conseil su périeur de sécurité examinait un plan de travail |xuir arrêter les ix-r sonnes considérées comme res pensables des attentats anti israéliens qui ont fait 26 victimes samedi et dimanche M.Arafat a affirmé à la chaîne américaine ABC que ses services avaient arrêté 131 activistes, dont 11 après les raids aériens israéliens de lundi et mardi, qui ont tué deux Palestiniens et fait des di zaines de blessés.En dépit d'un nouvel attentat suicide, l'armée israélienne n'a pas lancé de raids aériens depuis mardi.Un kamikaze palestinien s'est tué a Jérusalem-Ouest, à proximité d'un hôtel où se trouvaient deux mi nistres israéliens, Uzi landau (Inté rieur) et AcherOhanah (Cultes), et que le maire de Jérusalem, Ehud Olmert, venait de quitter.L'attentai, qui a blessé trois personnes, a été revendiqué par la branche armée du mouvement radical Djihad islamique.1 e décès du kamikaze |k>i te à 1050 le nombre de tues depuis le début de l'intifada, le 28 septembre 2(XK), dont 805 Palestiniens et 222 Israéliens.Des incidents armés limités ont éclaté dans la nuit.1 tes Palestiniens ont tiré sur le quartier de colonisation de Gilo, dans Jérusalem-Est annexé, |x)ur protester contre l’arrestation par la police palestinienne d'un militant du Hamas, s'attirant une riposte de l’armée israélienne.1 tans la bande de Gaza, des chars israéliens ont tiré sur un camp de réfugiés, blessant trois Palestiniens, après des tirs palestiniens sur une colonie juive.Le général Anthony Zinni, émissaire américain dépêché dans la région, va rester au Proche-Orient, a déclaré le secrétaire d’Etat Colin Powell.Rappel à l’ordre Genève (AFP) — Pour Iji première fois, une majorité d’Etats parties aux Conventions de Genève sur le droit humanitaire, réunis hier à Genève en conférence diplomatique, ont rappelé à l’ordre l’un d’entre eux, en l’occurrence Israël, pour le non respect des civils dans les territoires palestiniens qu’il occupe.Israël et les Etats-Unis ont boycotté cette conférence.Israël qui a ratifié la IV' convention en 1951, avait même demandé son report ou son annulation, compte tenu des attentats sanglants de ce week-end à Jérusalem et Haïfa.En marge de la réunion, l’ambassadeur israélien auprès des Nations unies à Genève, Yaakob Ix“vy, l’a qualifiée d’«exercice futile», ajoutant que son pays ne pou vait accepter la déclaration finale, «clairement de parti pris», selon lui, puisqu’elle ne fait pas référence aux 230 Israéliens tués depuis le début de l’intifada, ni aux atten tats du week-end.Un livre baume Jean Charlebois • Marc-Antoine Nadeau PRÈS DES YEUX, PRÈS DU CŒUR % JP ff PRÈS IMS VI UX, PR FJ 1)1 < D E ( E M B R E 2 0 0 A 7 IDEES Importante réunion des gestionnaires des CLSC Services à domicile : rejeter le rationnement Le Québec est la province canadienne qui alloue le moins de ressources aux soins à domicile JOHANNE PAQUETTE CLERMONT RACINE Respectivement présidente et coordonnateur général de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles.La Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles est un organisme de santé contrôlé par la population du quartier depuis 1968.Elle est à l’origine du modèle des CLSC au Québec.es gestionnaires des CLSC du Québec se réuniront aujourd’hui et demain afin «d’harmoniser leurs services à domicile», c’est-à-dire pour s’entendre sur une offre uniforme de services pour les personnes en perte d'autonomie.Le ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que l'Association des CLSC considèrent qu’il y a un problème dans le fait que les CLSC offrent des services qui peuvent être différents d’une région à l'autre.A l’inverse, nous croyons que la difficulté majeure réside dans l’incapacité de tous les CLSC de répondre aux besoins criants des personnes qui nécessitent des services à domicile.En effet, la dernière Enquête québécoise sur les limitations d’activités (EQLA, juin 2001) confirme que les CLSC ne répondent qu’à 7,4 % des besoins des personnes, le reste étant assumé par l'entourage du patient (surtout des femmes).Si les citoyens ne reçoivent pas des services comparables d’un CLSC à l'autre, c’est essentiellement parce que les services à domicile sont cruellement rationnés et non pas parce qu’ils n’ont pas été standardisés.Comme bon nombre de groupes communautaires et syndicaux, nous sommes d’avis que la solution ne consiste pas à saupoudrer «équitablement» ces très maigres 7,4 % offerts actuellement mais bien à réclamer les 92,6 % manquants! Rappelons que le Québec est la province canadienne qui alloue le moins de ressources aux services de soutien à domicile, soit 65 $ par année par habitant, contre 129 $ au Manitoba, 109 $ au Nouveau-Brunswick et 92 $ en Ontario.Les dépenses de soutien à domicile ne représentent que 3,3 % des dépenses publiques de santé et le gouvernement du Québec n’a aucune intention d’injecter des fonds additionnels.Les très maigres 15 millions de dollars accordés ce printemps par le ministère ne sont qu'une goutte d’eau en regard des 300 millions requis.Pour notre clinique communautaire, cela a signifié l’ajout de 11 200 $ alors que le déficit récurrent pour ce secteur Les services à domicile sont dorénavant considérés se situe à plus de 70 000 $.À l’instar des CLSC du Québec, nous devons continuer à imposer des reductions constantes de services à notre population alors que les besoins sont en perpétuelle croissance.Dans ce contexte, l’harmonisation devient un beau vocable pour désigner la gestion du rationnement des services à domicile.Les gagnants de l'harmonisation A la base de cette harmonisation, on retrouve l’idée qui a inspiré le rapport Clair, c’est-à-dire définir précisément ce que contient le panier de services assurés.et quels sont les services qui ne seront plus couverts.On vise plutôt à faciliter la privatisation et le désengagement de l'État dans le financement et la prestation de ces services.Rappelons-nous que le seul droit fondamental reconnu comme tel par la commission Clair est «le droit fondamental de se procurer ici ou ailleurs des services non couverts» (rapport Clair, page 166).Dans ce rapport, les sous-traitants privés et les entreprises d’économie sociale sont les nouveaux acteurs tout désignés pour dispenser, à moindre coût, les services à domicile.Les compagnies d’assurances voudraient bien offrir aux Québécois des services privés à domicile, moyennant des primes.Pour ce faire, elles doivent savoir exactement ce que contient désormais Iç panier minimal de services assurés par l’État afin d'offrir, de façon cohérente, les services qui ne sont plus assurés.Le ministère doit donc «figer" l’offre de services publics en déterminant très clairement ceux qui seront abandonnés au secteur privé.Les services à domicile sont dorénavant considérés comme une marchandise et non pas comme un service public contribuant à préserver le droit à la santé ou l’atteinte d’un objectif d’égalité des citoyens du Québec.ARCHIVES Uî Il faut un rehaussement substantiel de l’offre de servie l’ensemble des CLSC du Québec.Les perdants de l'harmonisation Les personnes ayant des incapacités devront payer pour obtenir une bonne part des services qui devraient normalement comme une être compris dans la couverture publique., Mais la majorité, qui n’en a pas les marcnanoise moyens, devra s’en passer et faire davantage appel à des proches.Or, dans la région de Montréal, 35 % des personnes âgées vivent seules et leur revenu disponible moyen est de 15 663 $.Dans notre quartier, c’est la grande majorité de la population qui sera sacrifiée.De même, les intervenants et les gestionnaires qui travaillent en première ligne constatent que le recours aux agences privées et aux entreprises d’économie sociale met en péril la qualité et la continuité des soins dispensés.En effet, les employés des entreprises privées ou d’économie sociale ne font pas partie d’équipes multidisciplinaires comme les auxiliaires des CLSC.Ces auxiliaires familiales sont les «antennes» dans le milieu; elles avisent l’intervenant social que le frigo est vide ou que la per sonne est déprimée, elles informent l’infirmière que la patiente a des rougeurs au siège (qui pourraient dégénérer en plaies de lit).Se priver de ces renseignements et d’un personnel bien formé peut avoir des conséquences graves pour les personnes et se traduire en coûts additionnels pour le système.De plus, pour «harmoniser» les services à domicile, les gestionnaires devront appliquer des critères très serrés afin de déterminer qui aura droit ou non aux services.11 y a fort à parier que l’on voudra, comme on pouvait le lire dans le rapport Anctil.concentrer l’aide aux per sonnes ayant des incapacités modérées ou graves et ainsi exclure de la couverture publique les 700 000 personnes ayant des incapacités dites légères.Dans ce contexte, la prevention avec ces personnes ainsi que le maintien et le développement de leurs habiletés seront impossibles à réaliser.Enfin, notre longue experience nous prouve que la souplesse dans la réponse aux besoins est de loin beaucoup plus utile que l'offre de services standardisée qui fait li des réalités uniques des personnes, les intervenants peuvent proposer un type d'aide mais il est préférable de permettre aux gens de choisir les services qui répondent davantage à leurs besoins.Pour un homme qui revient de l'hôpital après un séjour de trois mois, ce sera sans doute un ménage de la maison; pour une autre, ce sera la préparation de repas; pour une proche aidante épuisée, ce sera du répit-gardiennage.Si une aidante préfère donner un bain à sa mère plutôt que de faire son ménage, pourquoi ne pas lui laisser ce choix?L»s CLSC ne sont-ils pas nés de cette volonté des citoyens d’offrir des services en regard des besoins particuliers des populations locales?Dans un secteur où l’on retrouve beaucoup de diabétiques, les besoins peuvent différer d’un endroit où la problématique des troubles cognitifs est prépondérante.Les uns auront davantage besoin de suivi nutritionnel et de surveillance de prise de médicaments tandis que les autres nécessiteront plus de répit-gardiennage.De la même façon, dans un quartier comme le nôtre, où la population est majoritairement pauvre et sans réseau social, les besoins seront beaucoup plus grands.Finalement, la seule «harmonisation» qui soit acceptable, c’est un rehaussement substantiel do l’offre de services de l’ensemble des CLSC du Quebec permettant l’ac cès à une gamme complète de services publics qui correspondent aux besoins des personnes en perte d’autonomie.Lors du colloque sur les services à domicile, les gestionnaires des CLSC doivent éviter le piège de réduire la question à un simple problème de gestion alors qu’il s’agit d’un enjeu social de manque criant de ressources.Pour ne pas devenir des complices «passifs» de ce rationnement, ils doivent dénoncer vigoureusement sur la place publique le fait qu’ils n’ont pas les ressources suffisantes pour répondre à leur mandat et réclamer avec énergie que ces services soient considérés comme des services publies et demeurent financés à part entière par l’État.Réplique à Jean-Noël Ringuet Le projet Cart@gène n’est pas encore subventionné Les chercheurs associés au projet Cart@gène sont conscients qu’il constitue un défi sur le plan éthique BEATRICE GODARD GENEVIÈVE CARDINAL MYLÈNE DESCHÊNES ÉRIC RACINE BARTHA MARIA KNOPPERS Projet «Génétique et société» du Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal n réponse à l’article de Jean-Noël Rin- Eguet, du Groupe d'éthique du Collège de Chicoutimi, paru dans l’édition du 4 décembre du Devoir, nous aimerions préciser les points suivants.—- ¦ ¦ Le projet Cart@gène n’est pas encore subventionné.Il a reçu l’aval de Génome Québec, qui transmet maintenant la demande à Génome Canada pour une évaluation finale en 2002.¦ Il n’est pas prévu que le projet Cart@gène serve de «contribution des fonds publics au développement d'une infrastructure au service du secteur privé».Si ce projet est financé, il sera placé sous l’égide d’un institut public indépendant, l’Institut de populations et génétique (JPEG), où siégeront des représentants des universités et d’organismes publics ainsi que des chercheurs et des citoyens.L’IPEG aura pour mandat de superviser la recherche, protégeant ainsi le public et assurant le partage des avantages au profit de la population du Québec.L’IPEG aura aussi autorité sur les activités et les chercheurs de Cart@gène.Les entreprises du secteur privé auront la possibilité de faire des études sous contrat avec l’IPEG.Cependant, tous les résultats de recherche seront accessibles pour la recherche publique une fois le projet de recherche terminé.Il s’agira dès lors d’une structure hautement profitable pour la population québécoise.Les revenus qui découleront des recherches seront réinvestis dans le projet Cart@gène afin que toute la population du Québec en bénéficie.¦ Les chercheurs de Cart@gène n’accéderont pas «aux informations personnelles des 200 000 dossiers de la RAMQ».La RAMQ, sous réserve de l’autorisation de la Commission d’accès à l’information du Québec, fournira uniquement une Les chercheurs devront suivre des normes et consulter le public liste d’adresses postales d’individus choisis au hasard dans toutes les régions du Québec afin de leur envoyer une invitation à participer au projet, laquelle sera libre et volontaire.Cette invitation s’adressera à toute la population du Québec âgée de 25 à 74 ans, dont plus de la moitié réside dans la région de Montréal et où l’on parle 19 langues différentes.Ainsi, toute la population du Québec sans discrimination «de souche» sera invitée à participer afin de représenter la diversité génétique que l’on retrouve au sein de cette population.Les chercheurs de Cart@gène espèrent recruter 1 % de la population adulte du Québec.¦ I>es individus qui choisiront volontairement de participer au projet pourront, s’ils le désirent, consentir à être sur une liste de rappel pour d’éventuelles études plus spécifiques (phase 2).En phase 2, tout chercheur intéressé (privé, public, québécois, canadien, étranger) aura la possibilité de joindre (par l’entremise de l’IPÈG) les volontaires sur la liste si les protocoles de recherche proposés sont scientifiquement et éthiquement recevables.La personne contactée par l’IPEG aura alors le choix d’accepter ou de refuser d’être jointe par le chercheur pour participer ou non au protocole proposé.¦ Enfin, les chercheurs du projet Cart@gène sont conscients qu'un tel projet constitue un défi sur les plans éthique et juridique.Ce projet est présenté au moment où la recherche sur la génétique des populations prend de plus en plus d’importance à travers le monde.Ce type de recherche a un impact à la fois sur les individus, les familles et la société en général, d'où l’importance d’établir des normes sécuritaires pour la conservation des données et pour prévenir les risques encourus par les participants et le reste de la population.Pour ce faire, Cart@gène mettra en place une série de mesures complètes pour garantir au public et à tous les groupes intéressés la meilleure protection possible ainsi qu’une information transparente et accessible.Les chercheurs étant financés en totalité ou en partie par le secteur public devront respecter plusieurs normes pour assurer non seulement ARCHIVES LE DEVOIR Les chercheurs entendent adhérer aux principes reconnus.le respect du consentement mais aussi la protection et la dignité des participants à la recherche.La durée, le type d’usage, la façon de recruter les individus, la conservation des échantillons, la commercialisation, etc., sont tous des aspects qui doivent être évalués par des comités d’éthique de la recherche, lesquels suivent les lois et reglements applicables à la recherche biomédicale et à la protection des données personnelles.En plus de répondre aux exigences des comités d’éthique de la recherche, les chercheurs devront suivre les lignes directrices de VÉnoncé de principe en recherche génomique du Réseau de médecine génétique appliquée du Québec.Cet énoncé s'inspire des normes et législations internationales et nationales sur la protection de l’information et des individus.De plus, un énoncé spécifique pour la recherche sur des populations est en cours de rédaction.Ces documents sont accessibles sur le site www.rmga.qc.ca.Par la démarche même, toutes les activités de recrutement et d'utilisation des bases de données seront sous la surveillance constante de la Commission d’accès à l’information, qui aura donné son approbation préalable au déroulement du recrutement pour Cart@gène.Toute personne intéressée peut, sur le site du RMGA, suivre l’évolution du projet Cart@gène ainsi que sa transparence au moyen des diverses info-lettres ainsi que tout autre document relatif à Cart@gene.Par ailleurs, pour garantir au public une information transparente et accessible, les chercheurs de Cart@gène feront des consultations publiques dans toutes les régions du Québec si le financement est accordé.Un forum de citoyens sera formé pour maintenir un processus de consultation continu.Les intéressés trouveront alors sur le site du RMGA des nouvelles régulières sur la progression du projet et les débats en cours entre les scientifiques et toutes personnes intéressées par le projet.Une ligne téléphonique d’information 1-8(X) sera aussi disponible pour renseigner le public.En prenant de telles mesures, les chercheurs de Cart@gène entendent adhérer aux principes reconnus et appliqués de l’éthique en matière de recherche biomédicale et espèrent rassurer le public au sujet du respect des droits des citoyens du Québec, de la rigueur scientifique ainsi que de la confidentialité absolue des données recueillies.Nous sommes conscients des questionnements et des implications qu’un projet comme Cart@gène peut soulever, et nous comptons clairement en tenir compte dans nos plans d’action et de communications, comme nous l'avons d’ailleurs fait jusqu’ici.Le but ultime du projet Cart@gène est d’accroître la promotion de la santé ainsi que la prévention, le diagnostic et le traitement de maladies importantes auxquelles la population du Québec n'échappe pas.Finalement, nous croyons que toute bonne discussion éthique doit d’abord s'appuyer sur une description véridique des faits et circonstances et non sur des inventions ou des interpolations.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine GéraM Dallaire {adjoint au iirtctrur de l'information), Valérie Dufour Iftnéral).François Cardinal (artuaMé municipale/ Marie-Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon /sports), Haute des Rivieres /éditorialiste), Jean Dion, (correspondantes parlementaires d Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen Lévesque MarieHelene Alarie (secrétaire d la rédaction) .louise Maude kioux Soucy /commis).La documentation Dille» Raté (directeur) ; Manon Dérome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa), LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine CAte.Marlène Côté.Martin Fournier, Véronique Geraud, Anouk Hurbutt, Christiane legault, Jacques A Nadeau, Claire Paquet' Micheline Ruelland.(publicitaires).Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Berubé (secrétaire) IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard Michel Bernatchez.Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald Fillon.Yanick Martel.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable intérimaire).Hélène Gervais.Mari-Eve Santerre, (responsable a la promotion des abonnements).Monique L'Heureux.Lise Uchapelle, Rachelle lederc L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (nsjvmso/i/r des srmrxs remptoétes).Céline Furoy.Olivier I^chambre fowfnilevr;.Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle Laperrière, Caroline Perrier, Danielle Ross.IA FONDATION DI DEVOIR Roger Boisvert (vireprèsidmt exécutif et directeur général) L K DEVOIR.L E J E 1' I) I fi D E ( E M B R E i O O I A 8 LOGIQUE SUITE DE LA PAGE 1 davantage qu’ils ont été choisis par les autres.Arafat et Sharrin présentent, au fond, la même architecture intellectuelle: leur inclination pour la prime a la violence l’emporte sur tout le reste.On apportera une nuance en soulignant un fait le souri de la démocratie, avec toutes ses imperfections, est plus prononcé en Israël qu’il ne l’est en lace.Disons les choses autrement, en commençant par le leader israélien.Sharon est plus militariste que ne l’était son prédécesseur, pourtant lui aussi issu des rangs de l’armée.Il n’est pas politique comme l’était Menahem Begin.Il n’est pas philosophe comme l’était Golda Meir.Jamais il ne poussera le sens du sacrifice comme l’a fait Itzhak Rabin.Enfin, il n’est pas diplomate comme Shimon Peres.Il se distingue de ses prédéçesseurs par son obsession pour la sécurité d’Israël.A cet égard, il faut lui reconnaître d’avoir toujours eu la franchise de ses opinions.Yasser Arafat?Tout le monde lui reconnaît un talent pour la durée.Cela fait maintenant plus de 40 ans qu’il dirige les destinées de l’OLP.le hic, c’est qu’il n’a jamais laissé à quiconque le loisir de contester son leadership.Au sein de l’OLP l’art du débat, cet art qui huile le moteur démocratique, a été réduit à peu pour ce qui a trait, on le précise, au style du grand patron.Pour le reste, tout le reste, on dialogue et on polémique.Mais pour ce qui est du chef, il faudra repasser.Qui plus est, il faut bien observer, au risque de choquer ceux qui, par antisémitisme, ne veulent pas voir ce qui est, que Yasser Arafat est un menteur.Soulignons d’emblée que les autres ne sont pas des saints eux non plus.Loin de là.fl reste qu’au cours des douze derniers mois, Arafat a commis un gros mensonge.On n’insistera pas sur celui, au fond secondaire, qui voudrai,! nous faire croire qu’il est né en Palestine et non en Egypte.On pense à celui ayant trait à Camp David et qui a fait la fortune de.Sharon le jusqu’au-boutiste.Depuis que l’ex-président Clinton et l’un des ex-négociateurs de Camp David se sont sentis obligés de sortir de leur réserve pour mettre un terme aux faussetés propagées ici et là, on sait que Barak s’était dit enclin à accepter 95 % des demandes palestiniennes.Sur la restitution des territoires, le partage de Jérusalem et le dédommagement des réfugiés, Barak avait cédé.Mais voilà, comme Arafat voulait 100 % et rien de moins, il a tout chamboulé.À ce que l’on sache, pour obtenir 100 % de ce qu’on l’on veut, on ne négocie pas: on provoque et on gagne des guerres.Pour avoir adopté cette attitude à Camp David, Arafat a grandement favorise- la victoire de son frère ennemi et d’une droite israélienne alliée à l'obscurantisme religieux que Shimon Peres essaie tant bien que mal de contrer.le drame, c’est que ce dernier, ministre travailliste des Affaires étrangères, menace de démissionner.Si Peres claque la porte, le risque du cycle infernal sera alors plus grand qu’il ne l’est actuellement.Négociateur d’expérience reconnu comme tel dans le monde entier, Peres est le seul, du côté israélien, qui pourrait alléger quelque peu l'atmosphère.le problème, c’est que.Sharon serait-il prêt à ménager son principal adversaire sur le front intérieur?Rien n’est moins sûr.En ce qui concerne les Américains, ils ont indirectement favorisé une progression de la tension actuelle.En n’affichant qu’indifférence pour cette question lors des premiers mois de son mandat, l'administration Bush a détruit les relais diplomatiques que l’administration précédente avait patiemment tissés.L’évolution du dossier au cours des derniers jours a atteint un tel degré qu'un arbitrage serait plus que jamais nécessaire pour imposer le plan Mitchell.Panne au centre-ville (Le Devoir) — Des pannes de courant survenues veis 15h30 hier après-midi sur deux lignes de moyenne tension d’HydroQuébec ont causé une interruption de service chez près de 2000 abonnés au centre-ville de Montréal.La circulation automobile a été perturbée à l’heure de pointe, tout comme la diffusion du Montréal ce soir de Radio-Canada, qui a dû présenter un film en début de bulletin.Le territoire affecté par les pannes était compris entre les rues Saint-Urbain, Papineau, Sainte^Catherine et Ontario.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montreal (Québec).H3A3M9 Ê3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) .985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publie du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le giège social est situe au 2050.rue De Bleury, O' étage.Montréal, (Quebec), H3A 3M9.O est imprime par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint Jacques Ouest.Montreal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Is Devoir est distribué par Messageries Idynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900, boulevard Saint-Martin Ouest, l^val.Envoi de publication — Enregistrement n” 0856.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Quebec.- LE DEVOIR * Af,TUAI,ITES DÉPOTOIRS SUITE DE LA PAGE 1 Boisclair à ses collègues, -’avec une capacité résiduelle totale de 6,3 millions de tonnes pour ces quatre LES (lieux d'enfouissement sanitaire) et au rythme de l’enfouissement actuel, soit 2,6 millions de tonnes par an, ces installations, à moins d'être agrandies, seront comblées au cours de l’année 2003».Lors d’un entretien téléphonique, le ministre de l’Environnement a précisé que Saint-Nicéphore sera plein en 2004, Lachenaie, avant la fin de 2003, Sainte-Sophie, avant 2004, et qu’il reste de trois à cinq ans au mégasite de Berthier, ce qui porterait là aussi l’échéance vers la fin de 2004.Pour l’instant, le conseil des ministres n’a autorisé qu’un seul promoteur à présenter un projet, lequel, précisait hier André Boisclair, devra suivre le processus d’évaluation des impacts et d’audiences publiques.Le ministre ne nie pas que ce précédent pourrait être invoqué avec succès par d’autres promoteurs.Et qu’il sera difficile pour une commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) de choisir le meilleur en fonction d’un besoin global défini alors quelle n’a qu’un mandat limité au projet confié a son examen.Pour le ministre Boisclair, «il faudra qu’il y ait un débat majeur devant le Bureau d’audiences publiques sur l'environnement pour que les commissaires puissent porter jugement en fonction des besoins réels.Il faudra que le BAPE ait un cadre de référence pour juger de la demande globale en matière d’enfouissement et à la lumière des priorités de la politique de récupération et de recyclage.Et ça ne pourra se faire que lorsque la CMM aura décidé de sa stratégie pour ses déchets.On ne pourra pas attendre la fin de 2004 et le dépôt de son plan de gestion des déchets.Il faudra que les élus de la CMM fassent entre eux, plus rapidement, les arbitrages nécessaires et décident à tout le moins des grandes lignes de leur stratégie générale, qu’on pourrait annexera la politique provinciale».André Boisclair vient d’écrire au nouveau maire de Montréal afin qu’il place ce dossier au sommet de ses priorités.«Je ne veux pas qu’on se retrouve dans une situation critique en 2004 faute de capacité d’enfouisse- ment alors que les projets concrets issus des plans de gestion vont se mettre en marche.Jamais on ne doit se retrouver dans la situation de Toronto, qui est obligé d'exporter ses déchets aux États-Unis.Mais pas question non plus de remettre en question les objectifs de récupération et de recyclage», a ajouté le ministre, qui vient de demander une relance de la stratégie de récupération et de recyclage à Recyc-Québec et qui propose d’ajouter par règlement 20 millions de dollars au financement de la collecte sélective.D’autre part, le ministre de l’Environnement a accepté de commenter Y«entente de partenariat» signée par le promoteur du site de SainteGeneviève-de-Ber-thier et la MRC de Joliette, qui garantit à cette dernière 3,6 millions de dollars en 25 ans en échange de son «appui» devant les instances gouvernementales responsables d’approuver l’agrandissement de son site.«Ma collègue des Affaires municipales, Louise Ha-rel, entend appliquer ici aussi toutes les règles de bonne gestion.Elle entend procéder à un examen très attentif de cette entente.Nous allons regarder cette affaire de très près», a laissé tomber le ministre.RÉCONCILIATION Québec veut maintenir les écoles de village, la formation intégrée au secondaire et la reconnaissance de la formation courte qualifiante SUITE DE LA PAGE 1 frir ses services et ses programmes.Québec compte sur l’appui des députés pour mener à terme ce nouveau pacte rural en cinq ans.Dans un esprit de revalorisation de leur rôle, les députés de l’Assemblée nationale seront chargés de faire l’animation dans le milieu et de stimuler les élus locaux.Avec cette nouvelle stratégie, le gouvernement veut clairement occuper et développer tout le territoire québécois, pas seulement les villes et les grandes agglomérations.En signant un pacte avec les partenaires du monde rural aujourd’hui, le premier ministre Bernard Imidry voudra dissiper ce malentendu inhérent à la réforme municipale en cours, qui favorise les grands centres au nom du développement économique.M.Landry avait promis cette politique en septembre dernier aux membres des MRC réunis au sein de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).En fait, la politique de la ruralité est un engagement gouvernemental qui date de quatre ans.Depuis la mise en place de la réforme municipale, le milieu rural attendait un signal d’appui fort et clair de Québec.Au sein du gouvernement, on défend d’ailleurs l’idée que le Québec sera prospère si toutes ses régions le sont puisque les milieux ruraux ont une importance à la fois sociale, culturelle et économique, la politique de la ruralité s’appuie sur le concept d’innovation pour amorcer un renouveau rural et fait «confiance aux élus locaux de même qu'aux populations pour leur transférer des responsabilités de développement et des enveloppes budgétaires afin de travailler à leur propre relance», explique-t-on.D’ailleurs, le ministre Baril expliquait récemment au quotidien Le Soleil que sa politique «ne sera pas une fin mais un moyen, un nouveau pacte, pour essayer de redynamiser les communautés rurales.La politique interpellera le peuple québécois sur cet enjeu de société».Administré par les MRC, le Fonds d’initiatives rurales sera dégressif.Il servira d’abord et avant tout à appuyer les initiatives dans les 54 MRC rurales.Le ministère des Régions mettra sur pied et présidera un comité des partenaires de la rurali-té, comprenant Solidarité rurale, les CLD et les CRD, qui assurera le suivi de la politique.Un secrétariat à l’innovation rurale en coordonnera la mise en œuvre au gouvernement pour s’assurer, entre autres, de l’efficacité des autres mesures ministérielles déjà en place pour favoriser le monde rural.Par exemple, en éducation, Québec veut maintenir les écoles de village, la formation intégrée au secondaire et la reconnaissance de la formation courte qualifiante.Pour la jeunesse, le gouvernement veut favoriser le retour de jeunes diplômés en région par l’octroi de bons pour remboursement de dettes d’études.En santé, le but est d’en arriver à une allocation équitable des ressources par rapport aux besoins de la population des milieux ruraux.Une enveloppe de dix millions est également attribuée au transport communautaire.De plus, le dernier budget Marois prévoyait déjà d’allouer 20 % du programme d’infrastructures Canada-Québec au soutien des municipalités rurales.Le programme «Villages branchés», de 75 millions, permettra l’accès à des liens à haute vitesse au plus grand nombre possible de communautés rurales.Le programme d’accessibilité à la culture, de 120 millions, tiendra compte des particularités des milieux ruraux.Enfin, les programmes de rénovation de villages et de logements seront aussi adaptés aux besoins ruraux.SUITE DE LA PAGE 1 la Ville donnait son aval.Les organismes culturels liés au projet souhaitent également convaincre Hy-dro-Québec de relocaliser en sous-sol les aires de stationnement qui se trouvent entre son siège social du boulevard René-Lévesque et le TNM.En outre, on aimerait que ce secteur situé entre les rues Clark et Saint-Urbain soit réaménagé avec parcs et cafés.Selon certaines sources proches du dossier, l’idée première du promoteur lors de l’élaboration du projet était de construire un nouvel édifice tout neuf après avoir rasé la totalité des bâtiments de l’îlot, y compris le Monument-National et le célèbre Montreal Pool Room.Or le Monument-National est classé bien patrimonial par le gouvernement du Québec, ce qui oblige le promoteur à maintenir tel quel le bâtiment ainsi que tout ce qui l’entoure dans un rayon de 500 pieds, ce qui comprend la façade située immédiatement au nord du l’institution.M.Goulakos a donc dû se résigner à repenser son projet, ce qu’il a fait II est maintenant question de conserver les façades sur la Main.Les commerces occuperaient la superficie totale du rez-de-chaussée ayant front sur le boulevard Saint-Laurent.Aucun projet formel n’a pour l’instant été déposé à la Ville puisque certaines choses doivent toujours être réglées.Le Café Cléopâtre, par exemple, résiste à l’assaut du promoteur.Situé au coin des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine, cet «établissement exploitant l’érotisme», comme le qualifient les fonctionnaires municipaux, n’entend pas déménager tant et aussi longtemps que la Tille de Montréal ne lui garantira pas un autre espace où déménager ses pénates.Le problème?Les rares zones réservées à ce type de commerce à Montréal, soit les zones C5C, sont pleines à craquer.D’autant plus que deux commerces à caractère érotique ne peuvent avoir une adresse à moins de 100 mètres Tun de l’autre.Le Café Cléopâtre a ainsi entrepris des démarches auprès de la Ville afin d’obtenir un permis pour exploiter ailleurs le même type de commerce.Ayant une clientèle bien établie, le propriétaire souhaite demeurer dans le Red light La nouvelle administration dirigée par Gérald Tremblay devra donc trancher bientôt si elle veut donner le feu vert à M.Goulakos.Tout porte à croire qu’une solution sera trouvée très rapidement puisque le projet immobilier dont il est question augmentendt de façon significative les revenus fiscaux de la Ville dans ce secteur.De plus, il permettrait de revitaliser un quartier qui en a bien besoin.Le propriétaire du bien connu Montreal Pool Room hésite également à laisser partir son commerce.Des discussions sont actuellement en cours avec M.Goulakos.La réalisation de ce projet majeur viendrait consolider encore un peu plus la revitalisation du secteur entourant le boulevard Saint-Laurent au sud de la rue Sherbrooke.En effet, ces dernières années, plusieurs projets ont vu le jour dans le quartier, tels le Club Soda, la résidence pour étudiants que construit actuellement la Société Saint-Jean-Baptiste et le Monument-National, restauré.A cela s’ajoutent plusieurs autres projets actuellement sur les planches à dessin.Ix Devoir révélait en juin dernier que les trois bâtiments du quadrilatère délimité par les rues De Maisonneuve, Ontario, Clark et Saint-Laurent pourraient être rasés.Des promoteurs souhaitent construire des condominiums de luxe et de grands hôtels sur le site.POÈTES SUITE DE LA PAGE 1 union.Le milicien nous a crus et il est reparti.» Vers coraniques Les poètes ont souvent frôlé le danger.Deux d’entre eux ont été emprisonnés après avoir tenté d’empêcher un milicien taliban de fouetter en pleine rue une femme dont le tchadri laissait dépasser les chevilles.Le groupe existait avant l’arrivée des talibans.Il était alors plus large et plus informel.La terreur qu’inspira la police politique du mollah Omar en dissuada certains tandis que d’autres, telles Nazifa et sa grande sœur, professeur de physique, s’y joignirent.Beaucoup à Kaboul crurent la poésie disparue à jamais après que les édits des talibans eurent interdit la musique, proscrit les artistes et chassé les femmes de leur travail en les reléguant dans l’oisiveté de leur demeure.Pour sortir de leurs quatre murs, elles devaient disparaître sous leur tchadri et toujours s’assurer, au cours de leurs rares promenades à l’extérieur, la présence d’un maram, un auxiliaire de leur famille se portant garant de leur vertu.Seule la poésie dite islamique, sorte d’exégèse en vers du Coran, était tolérée par les disciples du mollah Omar.Et comme on interdit ici aux femmes de passer le seuil des mosquées, seuls les hommes pouvaient, selon les talibans, composer et lire ces poésies religieuses.Le cercle de poètes rebelles a pourtant survécu et prospéré dans la clandestinité.Il se baptisa La Brouette de chagrins et publia même une revue du même nom.En l’espace de cinq ans, une trentaine de numéros sont sortis.Pour commencer.vingt exemplaires de ce samizdat afghan étaient photocopiés avec la complicité d’un marchand du bazar.«Toutes les personnes qui en recevaient un devaient à leur tour le faire photocopier et en redistribuer un exemplaire à un amateur de poésie de son entourage, raconte Mohamed Khara.À la fin.nous aboutissions à des tirages d'un millier d’exemplaires.voire davantage.Il m ’est souvent arrivé de voir revenir à moi, au bout de quelques semaines, l’exemplaire cinquante fois photocopié qu’un de mes voisins qui n’était pas dans le secret me tendait.Je faisais bien sûr mine d’être surpris et prenais garde de ne pas me démasquer.» Mohamed récite avec gourmandise les hàikus (poèmes courts de style japonais) qu’il publiait alors: «Chaque jour, tant elles s’usent, les shal-locks [fouet des miliciens du ministère de la Répression du vice et de la Promotion de la vertu] doivent être réparés / Chaque jour, tant j’ai mal, je dois mettre du baume sur mes blessures.» «Mon ami qui vient de très loin m’a ramené en cadeau une belle paire de chaussures / Sans savoir qu’hélas, ce sont des béquilles qu'il aurait dû m’apporter.» «Mes doigts n’ont plus la force de pincer les cordes de ma guitare / Ils ne sont plus bons qu’à creuser ma tombe.» «Je me sentais un peu, dit-il, comme Aragon composant clandestinement pendant la Seconde Guerre mondiale.» Le poète occidental le plus connu en Afghanistan demeure cependant Lamartine, qui a été traduit en persan dans les années 20 par un ministre des Affaires étrangères du roi Amanullah, Mahmoud Tarzi.Allégories la Brouette de chagrins était illustrée par Mohamed Zia Kocha, caricaturiste à l’ironie décapante.L’un de ses dessins représente un journaliste étranger tendant le micro de son magnétophone à une femme complètement voilée pour lui poser la question: «Que pensez-vous de la condition des femmes en Afghanistan?» Tablant sur la naïveté poltronne des talibans, Kocha est parvenu à s’introduire dans le comité de rédaction de la radio officielle des talibans, Radio-Cha-ria Pendant plus d’un an, il a fait lire sur les ondes orthodoxes de courtes histoires radiophoniques que lui ou bien des membres du cercle de poètes composaient pour se moquer du régime imposé par l’émirat islamique.«Nous utilisions des allégories, des histoires apparemment simples mais qui avaient un sens caché».explique-t-il, un sourire immuable sur la bouche.L’une d’elles conte l’histoire d’un propriétaire qui acquiert un chien pour garder sa maison.L’animal lui donne satisfaction jusqu'au jour où il devient enrage.Le maître de maison n'arrive dès lors plus à s’en débarrasser.IjC chien finit par le chasser de la propriété.Rares sont les Afghans, naturellement férus de métaphores, qui n’ont pas saisi le parallèle avec l’ir- ruption des talibans sur la scène afghane en 1996.D’abord plutôt bien accueillis pour avoir vaincu les moudjahidines qui s'entretuaient en 1992-96 en bombardant la population de Kaboul, ils furent hais à partir du moment où ils imposèrent leur totalitarisme médiéval.Un des poètes, Mohamed Akhbar San an Ghazna-wi.diplômé de lettres persanes à la barbe blanche qui écrit depuis l’âge de 16 ans, reprit alors sa plume: «Le crépuscule tombe sur le monde / Sur m papier, je lis un mot: taliban / Les cerveaux s’éteignent sous la cendre, les barbes des hommes s’allongent, un tchadri enveloppe le corps des femmes/ Livres, sciences, littérature, tout disparait / Et les talibans nous promettent le paradis!» Ghaznawi, le patriarche du cercle de poètes, s’en est pris à tous les régimes qu’a connus l'Alghanistan: monarchie, communisme, moudjahidines et talibans.Quand il ne pouvait pas publier ses vers en Afghanistan, il les faisait éditer au Pakistan voisin.Au milieu des années 90, ce poète dissident a été emprisonné 40 jours par les moudjahidines.Il se dit prêt à récidiver si le nouveau régime de Kaboul «ne respecte ni la démocratie ni le droit des femmes».Des images, des scènes, continueront longtemps de hanter les quinze poètes.«Tous les vendredis, lest talibans autorisaient les familles à visiter les prisonniers.Les malheureux étaient sales et mal nourris, mais il était interdit de leur apporter des vêtements ou de la nourriture.A l’intérieur de la prison, avant la insite, les Parents des prisonniers et leurs enfants étaient contraints d’assister aux supplices qu’ils faisaient subir aux captifs qui avaient enfreint leurs interdits: un prisonnier, pieds et poings liés, était fouetté jusqu 'au sang sous leurs yeux.Seulement alors, ils pouvaient voir leurs proches.» Ensemble, ils ont été témoins de scènes extraordinaires lorsque Kaboul a été libéré.«La nuit où les talibans sont partis.la vingtaine de femmes qui étaient enfermées dans les cellules du ministère de la Répression du vice et de la Promotion de la vertu ont brisé les portes de leur prison.En s'enfuyant, plusieurs d’entre elles ont jeté leur tchadri et sont parties dans la nuit.Le lendemain matin, sur le trottoir et dans les cellules, un employé municipal a ramassé tous les tchadris abandonnés: il a en compté quinze.» rue Sherbrooke «v du Préudent-Kennedy booL de Hettooneuv ?rue Sakrvte-Cachenne 2 =tQ\«re>wt C—- cuisine française qui fait bonne impression t CE MIDI: Entree + Aile de raie pochee beurre grenobloise + dessert • 17$ PARTY DES FÊTES?Pensez Gutenberg Menus du soir quatre services à 25$/pers.359.av.du Président-Kennedy (coin de Bleury) • © Place des Arts .Tél.: 285-8686 • gutenberg@qc.aira.com
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.