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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-12-08, Collections de BAnQ.

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E D E V 0 I K .LES SAMEDI S ET DI M A N (' Il E D D E ( I M I! H I 0 (l I Portrait (s) de Georges Perec Page D 5 Georges Brassens Page I) 9 LE DEVOIR - t Rencontres m Va H m mm Peinture et poésie I m ^ % s^c.*3 2$ Son acte de naissance indique trois dates: ISTd, 1875 et 1876.En soi, le fait est inusité.L’objet ne l’est pas moins, lui que sa nature oblige à se faire rare.De quoi s’agit-il?demandent déjà les gens pressés.Qu’ils passent leur chemin: le «livre de dialogue» n’est pas pour eux.C’est pourtant sous son patronage austère et somptueux — la contradiction n’est qu’apparente — qu’a voulu se placer ce premier supplément Beaux livres du cahier Livres du Devoir, qui sera suivi d’un second, samedi prochain.MARIE-ANDRÉE LA MONTAGNE LE DEVOIR ivre de dialogue, donc.L’expression est d’Yves Peyré, qui la formule, l’explique, l’inventorie, retrace les 126 années de son histoire, en décline toutes les |x>ssi(>ili tés dans un ouvrage auasi nécessaire que fervent, aussi rigoureux que vagabond: Peinture et poésie.Is dialogue parle livre (Gallimard).Que s’est-il passé en 1874?Il s’est passé que la littérature et l’édition allaient toutes deux leur chemin, et que ce chemin était déjà celui de l’objet standardisé et du plus grand nombre.Ce dernier n’était pas toujours atteint, mais la technique (impression, typographie, mise en marché, bientôt le livre de poche) permettait raisonnablement de le viser.Or un livre, quel que soit son tirage, ne peut provenir que de l’unique, qu’est le manuscrit, lui-même issu d’une main singulière, celle de l’écrivain.Les poètes ne l’oubliaient pas, ni surtout le premier d’entre eux, hanté par ITJnique, Mallarmé.Son ombre plane sur la naissance du livre de dialogue dont toute la tâche tient du miracle géométrique: faire se rencontrer des parallèles — peintres et poètes —, mais pas n’importe comment: dans l’élection et le soin extrême de l’amitié.Des éditions originales en résulteront, écarts de conduite, pieds de nez aux foules, affirmations souveraines de lindividu et du geste 1 VOIR PAGE D 2\ RENCONTRES La rencontre de trois cultures 346 pages > Édition brochée 24,95 * Édition reliée 39,95 $ •«•Ut* ^,9,4 •«M *«•*••r c la modernité d apres-gnerre i|ui ébranla les modelés que I on croyait immuables et i|u entretenait JTgli.se qui régnait sur les esprits, les foyers et les maisons Prix littéraire P HISTOIRE SOCIALE DES IDÉES AU QUÉBEC 1760-1896 WAN LAMONDE Lauréat du prix Raymond-Klibansky 2001 décerné par la Fédération canadienne des sciences humaines et sociales F I D E S Mais maman n’est pas dupe, fait la sourde oreille et ne tient compte d'aucun argument, tirant Jocelyn devant l'autel.Par l’oreille en plus! D’entrée de jeu, ce n’est pas un jour de chance pour le futur époux.En fait, c’est un euphémisme d’affirmer que ça part mal.Vraiment mal.C’esf vrai que se faire tirer par l’oreille par sa maman chérie devant foute la parenté, surtout celle d'Eliane car ils sont beaucoup plus nombreux, le double au moins, n’est peut-être pas la meilleure façon d'exprimer son amour indéfectible et son attachement profond à sa dulcinée.Et comme un malheur n’arrive ja- mais seul, le curé se fait assassiner dès le début de la cérémonie.Bref, les fiancés partent en «nuit de noces» pas mariés, direction Niagara Falls, bien sûr.Bon choix tout de même pour une fille en robe de mariée.En route, l’autoradio crache une chanson pour le moins délirante qui laisse entendre que l’ennui est une femme à barbe.Ça promet comme voyage! Et Jocelyn n.’est pas au bout de ses peines.Eliane non plus.Ceux qui aiment le style de Barcelo seront ravis quelques brèves heures durant.Car c’est le problème majeur avec Barcelo.Ça passe toujours trop vite et, sans même ALAIN FISETTE Je suis un fumier! Alain FisETTe UN FUM,EPt' HERSES ROUGES/P06S(E °- 1$ Ne vous laissez pas séduire par le titre.Il ne s’agit pas d’un livre sur le jardinage.LES HERBES ROUGES / POÉSIE qu’on ait le temps de s’en a|x*rce-voir, on arrive à la fin et on reste sur sa faim.Mais bon, peut-on bouder son plaisir sous prétexte qu’il ne dure que le temps d’un meurtre ou deux?Car mieux vaut un petit quirky agréable qu’un long exercice pénible! Non?Vous voulez goûter à la cuisine de Chrystine Brouillet ?Offrez ce livre à vos ados ou à un débutant, mais avant, régalez-vous des illustrations séduisantes de Christiane Beauregard.l ai Kl;f , L* (Ç ChrktùtnF BtviurtNjnrrj C'est moi qui l'ai fait ! ?26,95 $ V.ARIl 8RfTON FT fMONO Laissez-vous emballer par cet ouvrage devenu la référence.Marie Breton et Isabelle Emond, diététistes et mamans proposent des idées et des recettes pour se simplifier la vie.NICOLE BROSS ARE) I Boîte à lunch emballante ?24,95 $ A Samedi et rien d’autre, Philippe Mollé vante les meilleurs produits qu’il transforme en bons petits plats.Retrouvez ses propos savoureux et scs recettes délectables.fiÉlil Êàa*' m Du goût et rien d'autre ! > 24,95 $ Hier « Hier est un livre où l'amour des mots, l'inquiétude de l'écrivain, la générosité d'une auteure qui s'est vouée à l'écriture s'épanouissent magnifiquement.» Robert Chartrand, Le Devoir « Cet embrassement de toute l'expérience humaine est la voie royale du roman.>* Réginald Martel, La Presse Nicole Brossard QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com- WWZItk-.f-"'- 24,95 $ Ionise, Marc-André (Marc Fisher), Hélène, Isabelle Poissant Flammarion ET D I M A X < H E 9 DÉCEMBRE > 0 0 I E D E V 0 I K .I.E S S A M EDI H Livres*» BEAUX LIVRES ESSAIS QUÉBÉCOIS SPORT L’histoire du Canada sur la sellette Passion Nordiques LE CANADA: UNE HISTOIRE POPULAIRE Des origines À la Confédération LE CANADA: UNE HISTOIRE POPULAIRE De u Confédération À NOS JOURS Don Gillmor, Achille Michaud et Pierre Turgeon Editions Fides Montréal, 2001,306 et 342 pages A l’instar de mon collègue Michel Venue (voir son récent Les Porteurs de liberté), )t‘ n’entretiens pas de ressentiment envers le Canada.Cela ne signifie pas pour autant que je fasse mienne son histoire, mais j’irais jusqu’à dire que je comprends la volonté et le désir de certains de ses idéologues et intellectuels, surtout anglophones mais aussi francophones, de doter leur pays d’un récit mémo-riel national unifié qui inclue le Québec comme une partie importante du tout.En général, ces essais d'histoire fédérali-sante m’apparaissent ennuyeux et peu propices à séduire une majorité de Québécois pour qui la notion d’histoire nationale prend d’autres contours que ceux-là, mais je prétends qu’on ne saurait pour autant, sauf à jouer aux policiers de la mémoire, nier à ceux qui y tiennent ce droit au récit canadien d’un océan à l’autre.En ces matières, l’honnêteté intellectuelle exige de juger sur pièces en évitant les a priori susceptibles de discréditer le critique lui-même.A la lumière de ces considérations, que penser de la controversée série Le Canada: une histoire populaire dans sa version écrite?Il faut souligner, d’abord, que les livres passent mieux la rampe que l’interminable et assommante ver- sion télévisée.De fort belle allure, magnifiquement illustrés, ils sont rédigés dans un style journalistique efficace et sans lourdeur.L’ensemble est encore trop long pour inciter a une lecture exhaustive, mais il s’agit là moins d’un défaut que de la rançon d’une vision détaillée d’un vaste sujet L’histoire que l’on y raconte re-lève-t-elle du genre édulcoré et consensuel?Il faut, à mon avis, être de mauvaise foi pour le prétendre.Les crimes britanniques commis en Acadie et dans le cadre du soulèvement des Patriotes, de même que la guerre bactériologique du général Amherst contre les Indiens et le sort injuste réservé à Inuis Kiel, sont racontés.Le racisme antiasiatique des gens de l’Ouest pendant la première moitié du XX' siècle et l’antisémitisme canadien qui culminera au moment de la Deuxième Guerre mondiale sont évoqués à grands traits.Le mépris des ouvriers professé à coups de matraque par plusieurs dirigeants politiques lors de périodes de crise est pleinement mis en lumière, ce qui révèle d’ailleurs une facette moins connue de cette histoire.Les sympathies fascistes de plusieurs personnages canadiens influents au XX' siècle ne sont pas elles non plus oubliées.Quant à la place réservée au Québec comme tel, on ne peut pas dire quelle soit négligeable.Un projet controversé Christian Dufour, le critique le plus sévère de ce projet, qualifie de «fraude intellectuelle et de déformation de l'histoire» ce document qui aurait le tort, selon lui, de passer sous silence «les effets négatif de la Conquête sur les Canadiens et leur identité» (voir «Contre la réécriture de l’histoire» dans Argument, automne-hiver 2001).Il est vrai que les auteurs sont fort discrets au sujet de cette période explosive.On peut le regretter mais aussi convenir que cette réserve s’explique, entre autres, par leur choix de ne s’attacher qu’aux faits bruts et de négliger volontairement l'histoire des mentalités et toutes les formes d’interprétation, y compris sociologique.Marcel Trudel, par exemple, au nom d’une approche semblable, en est arrivé à des conclusions encore plus choquantes pour la tradition historiographique nationaliste en parlant des «avantages de la Conquête».Plus prudente, Le Canada: une histoire populaire ne va pas jusque-là mais passe néanmoins un peu vite à l’Acte de Québec de 1774 pour souligner que la défaite prend un goût moins amer que prévu: «Au lieu de l'assimilation ou de la déportation, les Français vivent dans une colonie qui, dans les grandes lignes, différé peu du monde qu'ils ont connu avant 1759.» Elle ajoute toutefois, immédiatement, que la population britannique du Canada et des colonies américaines accueille très mal cette réforme, qu’elle qualifie de «trahison».Est-ce là de la «fraude intellectuelle»! L’accusation me semble abusive.Nous sommes plutôt en face d’un conflit d’interprétation difficile à démêler parce que les protagonistes en cause refusent de le reconnaître comme tel.Mario Cardinal, directeur de la publication de cette histoire, a défendu, depuis un an et surtout dans Le Devoir, son projet avec fougue et élégance en le qualifiant de document journalistique respectueux des faits.Il n’a pas tort, mais il ne résout pas pour autant le problème soulevé maladroitement par Dufour.En histoire, les faits bruts, laissés sans interprétation, ne veulent pas dire grand-chose.Certains, d’ailleurs, sont privilégiés au détriment des autres, et ces choix, à eux seuls, finissent par créer un contexte nécessairement interprétatif.C’est le cas dans cette histoire populaire comme dans toutes les autres versions.Le fait de négliger la sévère Proclamation royale pour passer rapidement au conciliant Acte de Québec impose en lui même une lecture de l’histoire I.o u i s Cor ne 11 ier teplaisirdesmots 80 000 mots 250 000 citations 6 volumes sous coffret Le Grand Robert nouvelle édition LE GRAND ROBERT DE LA LANGUE FRANÇAISE .-•À.»1 Disponible en librairie dès maintenant ! qui, sans relever de la fraude intellectuelle, n’en demeure pas } moins éminemment contestable.Les querelles qui ont opposé l’école de Montréal a l’école de Laval au sujet de cette époque trouble de notre histoire montrent bien que les seuls faits ne suffisent pas à établir une vérité définitive.Mario Cardinal devrait le reconnaître au lieu de se draper dans le manteau de l’objectivité journalistique.Loin de discréditer son projet, cette reconnaissance contribuerait à l’inscrire dans une réflexion et un débat plus sains.De son côté, Christian Dufour devrait reconnaître que son interprétation des suites de la Conquête, aussi légitime et valable soit-elle, ne saurait s’imposer comme le fin mot de l’histoire en prétendant répondre de toute la complexité du réel historique.En d’autres termes, on pourrait dire que Cardinal a tort de nier le potentiel interprétatif inhérent à la démarche historique, même factuelle, et que Dufour a tort de confondre son interprétation avec le tout du réel.Tout travail historique met en jeu une dialectique faits-interprétations extrêmement complexe qui explique, pour reprendre la formule de Ronald Rudin, «la nature polémique de l’historiographie».Accepter cette contrainte, qui est aussi un passionnant défi, c'est reconnaître le caractère inéluctable des conflits d'interprétation et, par conséquent, le fait que l’argumentation, inhérente au champ historiographique, ne saurait se limiter à des slogans et à des jugements péremptoires.Œuvre remarquable à plusieurs égards, Le Canada: une histoire populaire n’est certainement pas sans défauts.Son existence même, par exemple, se veut une démonstration de la possibilité et de la pertinence d’écrire une histoire canadienne unifiée, un contestable défi qu’elle ne relève que de façon très relative.Contrairement, toutefois, à ce que ses contempteurs, qui souvent ne l’ont ni vue ni lue, ont répandu à son sujet elle n’a pas grand-chose à voir avec un document bassement et strictement propagandiste sans qualités.louiscornellier àparroinfo.net LOUIS CORNELLIER J y ai aimé les Nordiques à en pleurer.L’oreille collée sur ma radio, j’écoutais religieusement la retransmission de leurs matchs à la station CHLN que l’on captait mal dans mon patelin où le Canadien avait la cote.Le lendemain, je dévorais les pages sportives des journaux pour revivre sans distorsion les événements de la veille.A la polyvalente, nous faisions de petits paris avec nos profs qui s’accrochaient «pauvres vieux», pensions-nous, à la tradition tricolore, à cette sainte flanelle que nous aimions tant détester.Dans la cour du voisin (salut Martin!), lors de joutes improvisées, nous nous prenions pour les frères Stastny, Michel Goulet Daniel Bouchard, et la vie, croyez-moi, était belle.Les fleurs de lys sur mon chandail le disaient j’étais jeune, Québécois, et j’aimais le hockey comme on aime, quand on est plus vieux, les femmes.Aussi, c’est une bonne partie de mon enfance que j’ai retrouvée dans Les Nordiques de Québec de Benoît Clairoux.J’y ai revécu, en accéléré, pendant plus de 400 pages, des événements qui battaient alors le rythme de mon existence.Rédigé dans un style journalistique très correct, qui va à l’essentiel tout en insistant sur certaines anecdotes révélatrices d’une époque, cet ouvrage de collection, tout en papier glacé et richement illustré, raconte «toute l’histoire» du club «de 1972 à 1995».Chaque chapitre propose d’abord le résumé d'une saison (les sept années dans l'AMH et les seize années dans la LNH) et présente ensuite des rubriques «profd» au sujet des joueurs-vedettes et des principaux dirigeants ainsi que des rubriques «souvenir» qui évoquent des épisodes particulièrement marquants comme la bagarre du Vendredi saint, l’affaire lindros et l’évasion des frères Stastny.Histoire de type «officiel», le projet ne déterre pas de scandales méconnus ni de scoops mais offre une belle synthèse de cette aventure sportive qui a aussi connu ses traversées du désert, surtout à la fin des années 80.Benoît Clairoux, qui a une formation en histoire, se présente aussi comme un ex-partisan inconditionnel de l’équipe afin d’expliquer son engagement dans la conception de cette «encyclopédie».Sa passion transparaît à quelques reprises dans ses comptes rendus de saison, qui conservent tout de même un souci d’objectivité, mais elle s’exprime surtout dans le caractère exhaustif de l’ouvrage qui contient toutes les statistiques de l’équipe.Pour le fan, il s’agit en fait d’une véritable bible.Les colères du «Tigre» Bergeron, le brio des Stastny, les «miracles» du gardien Daniel Bouchard, les rencontres Canadien-Nordiques du temps des Fêtes, comment oublier ces hauts faits sportifs et passionnels qui ont fait vibrer le Québec?Clairoux avait un sujet en or et il ne l’a pas gâché.Son travail est sobre et efficace.Les Nordiques ne sont plus et je ne fais pas partie de ceux qui ont poussé la folie jusqu’à transporter leur fidélité à Denver où évolue l’Avalanche du Colorado, l’ersatz américain, depuis 1995, de l’ex-équipe de Québec.Ça m’a pris du temps, mais, aujourd’hui, j’applaudis aux bons coups de la seule équipe québécoise de la LNH, ce Canadien que j’ai tant haï.Est-ce l’enfance en allée?La nostalgie?La marchandisation du sport professionnel qui a pris, de-puis, des proportions inquiétantes?La passion, en tout cas,' n’est plus la même.LES NORDIQUES DE QUÉBEC -TOUTE L’HISTOIRE DE 1972 À 1995 Benoît Clairoux Editions de l’Homme Montréal, 2001,416 pages coKfiKj de / irvu^cyL^c^LKe L ' A M E RI CUU E MOU àLL MENT Nadège Devaux LE CRÉPUSCULE DES BRAVES ROMAN HISTORIQUE ÉDITIONS DES PLAINES (ST-BON1FACE) Regroupement des éditeurs W m canadiens-français «Auk*»'*4 Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca Une analyse approfondie des grandes tendances planétaires Un bilan de l’année pour les 226 États et territoires de la planète Les enjeux politiques et économiques à l’aube du 3e millénaire 1 "p ^ 1 en collaboration avec www.editionsboreal.qc.ca LE DEVOIR mon de d a iijou rd ’hu Le seul annuaire économique et géopolitique mondial au contenu entièrement renouvelé '¦ S ,£.yt; “J 672 pages • 27,95 $ LE DEVOIR.LES SAMEDI S E T D I M A \ * Il E i* D E t E \l It R K I) r> -—«* Livres ** BEAUX LIVRES littérature française Les preuves d’une disparition GUY LAI NE MASSOUTRE Cher Perec: ces simples mots, on a envie de les dire à cet auteur, mort trop vite, trop tôt, qui a laissé une œuvre savante mais touchante.Il y a tout juste vingt ans.C'est Noël 1981, il va mal et voit un médecin.Fin janvier, une opération à la hanche confirme le diagnostic de cancer, sans appel.Les poumons sont atteints.Durant février, il lutte contre la montre pour finir le roman en chantier.Sa jambe le fait terriblement souffrir.Il est hospitalisé le 2 mars.Le 3 mars, à 46 ans, il n’est déjà plus.On imagine difficilement disparition aussi brutale.Lui qui, justement, dans son célèbre roman, La Disparition, avait radicalement effacé \’e de la langue, exprimant, par cette contrainte arbitraire, folle, tyrannique, l’engouffrement de la présence la plus élémentaire dans le néant.La lettre e, ce son neutre, qui s'élide et s’éteint, la marque du féminin, resterait doublement attachée à son nom.Sans accent, s’il vous plaît.Sa famille est juive polonaise.Ses parents ont émigré à Paris peu de temps avant sa naissance, en 1936.Son père, engagé dans la Légion étrangère, meurt à la guerre dès 1940.Alors que l’enfant vient d’être caché à la campagne, sa mère — et une partie de la famille — est arrêtée en janvier 1943.Déportée à Auschwitz, elle y disparaît.«Je n’ai pas de souvenirs d’enfance», écrit-il plus tard.Jusqu'au souvenir des lieux s’est effacé de sa mémoire, pour toujours.Naissance d’un écrivain Perec ne se sent pas juif.Dans son for intérieur, la littérature occupe tout le territoire.«Chose fascinante et agaçante, il abordait les grands auteurs d’égal à égal, comme s’il avait ses entrées dans leurs coulisses, devisant avec eux, gravement, ou avec ce léger sourire ironique que je lui vis si souvent par la suite», témoigne un de ses amis de collège.Son plus grand désir, outre écrire, est d'être lu par Michel Leiris.Ce rêve deviendra un jour réalité.L'affaire n’ira pas de soi.Paulette Perec, sa femme, qui dirige ce livre illustré de brefs textes, de photos et de portraits inédits, rapporte avec rigueur la chronologie de sa vie.Que de travail d'écriture et de refus d'editeurs avant de franchir le seuil d’une grande maison! En 1955, il compose son premier roman.Maurice Nadeau refuse de l’éditer mais l'encourage à persévérer.Deux, trois romans sont ainsi envoyés au panier.La guerre d’Algérie brise le cycle.11 devient parachutiste, malgré l’angoisse.Au retour, il saute dans la rédaction d’articles.En Tunisie, puis à Paris de nouveau, il écrit plusieurs romans, sans succès.Roland Barthes, dont il suit le séminaire, l’exhorte à poursuivre.Finalement, Nadeau lui fait refaire son dernier manuscrit.C’est un départ pour la gloire quand l’éditeur, laconique, prononce la formule magique: «C’est entendu, je le prends.» On est en 1965.Les Choses vient de naître.Perec obtient d’emblée le prix Renaudot.Oulipien à 97 % La suite raconte la carrière, plus difficile qu’on ne le croit, d'un écrivain parisien.Paulette Perec, dont le métier est celui de conservateur et d’archiviste, sait en rendre compte.On y devine le quotidien.Perec vit d’abord de petits boulots.Puis, outre les indemnités de guerre, un modeste travail de documentaliste, dans un laboratoire de neurophysiologie, le rend aussi particulier que la barbichette qu’il arbore.N’a-t-il pas l’air d’un savant fou?Après 1978 seulement, son éditeur et sa grille de mots croisés, dans l’hebdo Le Point, lui eortrait de Georges P e-'T-Tï c permettent de gagner sa vie saps trop la perdre.A côté de l’écriture, il y a la psychanalyse.Depuis son enfance (Françoise Dolto le suit), elle le soutient périodiquement.Malgré tout, en 1971, il tente de se suicider.11 rencontre alors J.B.Pontalis, qui va beaucoup compter.Rien ne sera jamais simple pour l’écrivain des lieux, des traces et de la mémoire effacée.Espèces d'espaces, en 1971, puis W ou le souvenir d'enfance, qui paraît en 1975 (il l’a écrit cinq ans auparavant), anticipent la réussite de La Vie mode d’emploi en 1978.Depuis 1967, il a rejoint l’OuLiPo, groupe de poètes et de logiciens épris de jeux contraints et formels.Il est obsédé de rébus à mettre en forme: «Mon existence d’écrivain, disait-il, dépend à 97 % du fait que j'ai connu l’OuLiPo à une époque charnière de ma formation.» En effet, son talent des combinatoires devient digne des deux grands Raymond — Queneau et Roussel.Jacques Jouet, Harry Mathews et Jacques Roubaud, ses amis de l’OuLiPo, apportent astucieusement leur témoignage.Par ce livre, on comprend la formule: «Un oulipien est un rat qui construit le labyrinthe dont il se propose de sortir», mais sans le casse-tête qui, lui, reste dans les œuvres.Voyez les reproductions: les manuscrits de ce joueur de go sont hallucinants tant la méthode de l’écrivain s’accompagne de plans images détaillés, complexes, originaux.L’autobiographie, toujours 11 a aussi ete homme de cinema.«CV que j'admire le plus chez Perec, c'est la rare combinaison, dans son œuvre, de l’innocence et de la plénitude», consigne Paul Auster.admiratif.Amateur de cartes postales, il a montré «les espaces fragiles» d’un Paris en pleine transformation.L’essayiste et romancière Régine Robin était toute désignée pour souligner, avec sensibilité, l’importance des «non-lieux» pensés par Perec.Avec elle, on suit son errance urbaine et sa mise en scène d’une identité fragile, tissée de liens imaginaires.A l’impossible retour du passé, elle oppose l’édification du « golem de la langue», «son véritable lieu, un hors-lieu, celui de l’écriture», par lequel tout écrivain choisit sa filiation et, surtout Perec, fixe ce qui disparaît.Sa lecture s’attache à l’être insaisissable et campe un écrivain moins cassé et orphelin que ses jeux de langue ne le laissent entendre.Paul Virilio célèbre la qualité du silence chez Perec.Cher Perec.Sa vie brève se prolonge dans ce beau livre, écho de l’exposition Brouillons d’écrivains, organisée à la Bibliothèque nationale de France de février à juin 2001.En mars dernier, le Forum des images, à Paris, rendait aussi hommage à son grand talent.PÜRTRAIT(S) DE GEORGES PEREC Sous la direction de Paulette Perec Bibliothèque nationale de France Paris, 2001,240 pages IM) APOSTROPHES E.D.Blodgett Apostrophes Collection Latitude 90 pages - 16,95 $ Que je touche l'herbe, elle semblera comme un gant m'enveloppant la main, à la dérive dans le noir.Traduit de f anglais par Nicole Mallet et présenté par Jacques Brault Le Conseil des Arts du Canada The Canada Council for the Arts «VWI>» i tr U HWK! -"S" T® DjvkI Cinnn U cercle de l'oubli «P» M .23 COMMENT ÇA SE PASSE David Cantin Le cercle de l'oubli 98 pages - 16,95 $ Comment dire cette quête au large de la mémoire ?alors que le reflet de la création se déchire comme un cercle.Antonio D'Alfonso Comment ça se passe 81 pages -17,95 $ La vérité est une cendre qui flotte dans l'extrême lumière de sa tasse de minuit.HfllNJ D’OR*'N 1 i VI I ‘NtHI H- VKMVpl MM Hélène Dorion Un visage appuyé contre le monde Collection Ovale réédition 100 pages - 16,95 $ Les lettres ne franchissent aucune distance ; elles vont parmi d'autres passantes dans la gare du monde, là où rien n'existe au-delà de notre solitude.ÉDITIONS DU ^ NOROIT 30 ans de poésie lenoroit.multimania.com L'ENCYCLOPÉDIE A partir*, sans NOUVELLE GÉNÉRATION 44,95 î k NATHAN Tous les savoirs racontés autrement: pour chaque sujet, une mise en scène originale et dynamique des connaissances: des traitements graphiques multiples qui stimulent la curiosité; une grande variété de rubriques pour une lecture-plaisir; des sujets d’actualité pour décrypter les grands enjeux du monde d’aujourd'hui.ÉDITIONS LIBER LABORATOIRE D’ÉTHIQUE PUBLIQUE CHAIRE FERNAND-DUMONT (iNRS) Éthique publique, vol.3, n" 2 ÉTHIQUE DE LA MAGISTRATURE fil 1 fl i 1 / l 1 1 éL I / i 1 I / I i I J i 1 1 '•••t K S l t; N Objets de classe MARIE Cl Al 1)K MIRANDETTF Charlotte et Peter Fiell sont des figures de proue de This toire du design, plus spécifiquement de l’industriel, l eurs publications relatives à ce sujet sont légion et certaines sont les plus pri set's par ceux qui souhaitent s’ini tier à ce domaine qui allie art et technologie.Et qui, comme le ci nema et la haute couture, a su se tailler une place enviable au sein des secteurs les plus novateurs des arts appliques du \\ siècle.Ce nouveau titre, qui reprend pour l’essentiel sous forme de dictionnaire, et non de chronologie.le volumineux ouvrage publié par les auteurs l’année der nière chez Taschen, est unilingue français, ce qui en facilite la consultation.Les figures mar qualités du design du \\ siècle, de Mies van der Robe ,i Philippe Starck en passant par Aalto, Du nand, Lames, Miller, I oewry el Pesce, ainsi que les principaux mouvements, les tendances, les styles marquants y sont présen tés, petites images, la plupart en couleurs, à l’appui.Le texte est bref, concis et précis; on va à l’essentiel.Les connaisseurs n’y apprendront rien de nouveau, d'autant que ce genre de publication pullule depuis que le XX' siècle a fini d'expirer.Dans le genre, on lui préférera la Chronologie du design de Stéphane Inurent (Flammarion, collection •¦Tout l'art".1999), qui couvre les \1\ et \\ siècles, ou encore le Dictionnaire du design et des designers du \ Y siècle de Ctuy Julier (Thames N Hudson, L>9/) Te dico des Fiell n’apporte rien de vraiment différent.Tes mêmes exemples, vus et revus, reviennept d'une publication à l’autre A force de refaire la même chose, on liuil par épuiser son lectorat, même s'il va grandissant.Neanmoins, ceux qui souhaitent une première approche honnête du sujet y trouveront leur compte.DESIGN Dll XX' SIÈCLE Charlotte el Peter Fiell Traduit de l'anglais par Daniel Roche l aschen, collection «Icons» Paris.2(X>1, 191 pages Patrice Dansereau Le livre cTÉROS • Une véritable ode à la liberté du corps et de l’imaginaire.» STANLEY PEAN, La Presse EROS CARTE ŒHSÏE Distribution Fides « L'érotisme, c'est le dernier - et le premier - artifice de l'amour.f NOUVEAUTÉ - SMS Mt¥ZT Renaudot Roman historique d'une grande \n\e\Vvget\ce, Céleste est avant tout un roman (f amour sur V amour MARTINE LE COZ Céleste roman p mu À Paris, en 1832, au cours de la Monarchie de Juillet, sévit une épidémie de choléra.Pendant que résonnent les clameurs révolutionnaires, Céleste, seize ans, aime et est aimée de Lodran, médecin mulâtre haïtien, qui souffre du racisme des Parisiens.L héroïne est profondément idéaliste, lui est un humaniste (.) ils se rejoignent dans la force de leur esprit.Martine Le Coz est l'auteur d'une quinzaine de romans, essais et textes poétiques dont Le Nègre et la Méduse, qui était en lice pour le Renaudot en 1999 également aux Éditions du Rocher.Communications VF /o Ann Champagne m.Ifl ¦FSUtdKS I) (i I.E l> E V OIK, I.E S SAMEDI 8 ET DI M A N CHE « DÉCEMBRE 2 O O I Livres- BEAUX LIVRES HISTOIRE DE L'ART l.E DEVOIR, L E S SAMEDI 8 ET DI M A N ( H E 9 D E ( E M B K E 2 O 0 I) Marcher dans l’œuvre de Giacometti JOHANNE JARRY Dix ans plus tard, voici la réédition en reliure souple (donc plus abordable) de la biographie que le poete Yves Bon-nefoy consacrait en 1991 à l’œuvre d’Alberto Giacometti.L’auteur a travaillé à cet impressionnant ouvrage pendant dix ans.Le résultat?Une lecture attentive de la vie et des œuvres d’Alberto Giacometti dont il dit: «Je fais pour ma part l’hypothèse de l’honnêteté constante et totale — je dirais même instinctive, irréfléchie, fille d’une éducation et d’un grand projet — de cet artiste qui a voulu comprendre ce qu’était l'art et comment on naissait à la création.» Yves Bonnefoy associe régulièrement la poésie aux arts visuels, notamment dans Le Nuage rouge (Folio), un essai où il interroge, entre autres, des toiles de Mondrian et la poétique de Mallarmé.Tout comme Giacometti, VLB écrit aussi des poèmes! Victor I i\y Beaulieu du: Bonnefoy a fréquenté les surréalistes.Le désir intense de réalité l’emportant sur l’invention, il y eut rupture.Giacometti, exclu du groupe en 1934, répondait à Breton qui affirmait que tout le monde sait ce qu’est une tête: «Moi, pas.» Cette réponse se transforma en quête, engendra plusieurs œuvres et obséda Giacometti jusqu’à la fin.Une fin qui vint rapidement puisqu’il est mort d’un cancer à soixante-cinq ans.Bien que le livre s’intitule Biographie d’une œuvre, Yves Bonnefoy y élabore des analyses qui s’appuient (trop?) sur la vie de l’artiste.Par exemple, l’auteur cherche à élucider à travers des textes et des œuvres ce qui liait Giacometti à sa mère.On comprend l’intérêt que représente un lien qui fut aussi privilégié, mais il est difficile d’accepter sans sourciller l’analyse qu’en fait Bonnefoy quand on sait qu’une telle relation ne pourra jamais être raisonnablement élucidée.On pourrait donc reprocher à l’auteur de verser parfois dans des contrées analytiques qui risquent de limiter le regard du lecteur et sa perception de l’œuvre, mais on lui sait gré de ne pas chercher à convaincre; il interroge les créations de Giacometti avec sensibilité et dans un style soucieux de répondre à la profondeur de l’œuvre qu’il explore.Dans l’atelier, la vie Cette œuvre, on peut la suivre presque à la trace grâce à une iconographie généreuse qui illustre pertinemment (et au bon moment) les propos de Bonnefoy.S’ajoutent à cela de nombreuses photographies saisissantes parmi celles de Brassai, de Cartier-Bresson et de Sabine Weiss.En dix chapitres, Yves Bonnefoy reprend le trajet qu’emprunta Giacometti jusqu’à la fin de sa vie, avec pour point de départ son enfance, en Suisse, dans l’atelier de son père peintre, en passant par l’Italie où il découvre le Tintoret et Giotto, et finalement Paris, où il s’ancre pour de bon dans le petit atelier de la rue Hippolyte-Maindron qu’il habita presque quarante ans.Yves Bonnefoy complète son texte par des notes détaillées qu’on aurait tort de ne pas consulter en fin de volume, car elles foisonnent de précisions qui éclairent vraiment son propos.Le plaisir de lecture est augmenté lorsqu’on a lu Les Écrits d’Alberto Giacometti, textes auxquels Bonnefoy se réfère souvent et avec raison puisqu’ils sont la parole directe de l’artiste sur ce qu’il perçoit et crée.«Qu’est-ce que ton atelier?», demandait Breton a Giacometti.«Ce sont deux petits pieds qui marchent.» On pense aux longues silhouettes qui s’élancent dans l’espace, éveillent souvent un sentiment de solitude.Solitaire, Giacometti?«Chez moi, en tout cas, il n’y a absolument aucune intention d’être un artiste de la solitude, je n'ai pas le moindre penchant de ce côté-là.Bien plus, je dois ajouter qu’en qualité d’être pensant et de ci- toyen, je crois que la vie entière est le contraire de la solitude, car la vie consiste en un tissu de relations à autrui.» Giacometti cherche, tel que l’écrit Bonnefoy, «à aller droit à ce qui dans lAutre en est l’être».On le dit obsédé par la mort, celle des autres, de cet être-là qui pose devant lui, qui va mourir, pourrait l’ètre déjà si ce n’était ce regard dont il cherche à rendre l’énigmatique dans ses toiles et ses sculptures.«Rien de ce que l’homme fait ne vaut l’éclat d’un regard», a-t-il dit, affirmant la suprématie de la vie sur l’art.C’est peut-être cette conscience aigue de l’artiste à l’œuvre qui interpelle notre regard de vivant.GIACOMETTI, BIOGRAPHIE D’UNE ŒUVRE Yves Bonnefoy Flammarion Paris, 1991,576 pages PHOTOGRAPHIE Le féminin objectif STÉPHANE HAILLARGEON LE DEVOIR Le mérite d’une anthologie réside dans son organisation, sa mécanique, le cordon de sens donnant corps, âme et justification à l’ensemble.L’idée fondamentale de cette pièce anthologique, résumée par son titre, veut qu’il existe quelque chose de typiquement féminin dans la manière dont les femmes photographes saisissent le corps, le visage, les gestes d’autres femmes.Ce livre propose donc une histoire de la photographie féminine à travers 159 images réalisées depuis environ 140 ans.Que des photos de femmes regardant des femm,es.Mais comme le dit si bien Elisabeth Bronfen dans sa longue et pénétrante introduction, «la singularité dont il s'agit dans cet ouvrage ne repose pas sur le présupposé selon lequel les femmes photographes manieraient la représentation de la figure féminine tout à fait autrement que leurs collègues masculins».Elle avoue aussi qu’il est bien difficile, voire impossible, de dire si un cliché a été réalisé par un homme ou par sa fiancée.La signification de cette anthologie ne peut donc venir que dans la juxtaposition de ces photos, dans la suite historique des images et même dans le regard posé sur ce regard de femmes sur les femmes.«Est-ce que nous percevons le regard sur le corps différemment quand nous nous interrogeons sur son intention sous-jacente?, demande encore l’historienne de la photographie dans son texte dense.«Peut-on en conclure un geste visant, de la part de la photographe, à une intervention volontaire dans l’iconographie traditionnelle du corps féminin?Et quelle dynamique en résulte-t-il entre la femme représentée, l’artiste qui photographie et l’observateur féminin comme masculin?» On Ta compris: ici, la photo permet de se rincer l’œil mais aide surtout à penser, beaucoup.Ce qui peut donner d’étranges et fascinantes dérives réflexives.Par exemple quand surgit cette photo de Marilyn Monroe lisant Ulysse de James Joyce, une œuvre d’Eve Arnold, datant du milieu des années 50.La scène a été croquée dans un jardin de Long Island, un été.En apparence, l’icône de la sexualité du XX siècle adopte une pose anodine de lectrice.Le commentaire souligne plutôt que le livre et le corps forment une symétrie parfaite, mieux que les seins comme les jambes et le regard incliné de la star définissent et stabilisent un axe longitudinal qui barre en même temps la vue du sexe de la pin-up.Marilyn en intellectuelle pudique.Il fallait probablement une femme pour y penser et le montrer.Le reste est de la même eau, avec de la surnage et des plongées, évidemment.On peut vite passer sur les clichés plus.clichés montrant d’autres stars ou des politiciennes célèbres (comme la sénatrice Hillary Rodham Clinton du temps ou elle n’était «que» la première dame des Etats Unis).Par contre, les autoportraits et les nus réalisés par les femmes se révèlent particulièrement passionnants.Car, finalement, quand une femme regarde une femme, qu’est-ce qui est mis à nu, qu’est-ce qui se dévoile?PHOTOS DE FEMMES Une histoire en images de LA PHOTOGRAPHIE FÉMININE Plume Paris, 2001,245 pages Livres ** B E A 11 X LIVRES BIOGRAPHIES Mozart : l’expérience du pur génie LOUIS CORNELLIER Lire une biographie de Mozart c’est entrer dans l’univers du pur génie sans concession.Celle que lui consacre Peter Gay, professeur émérite du département d’histoire de l’université Yale, ne fait pas exception à la règle, mais elle brille, de plus, par sa concision et son élégance.Publiée dans la superbe collection «Grandes figures, grandes signature^», issue d’un accord entre les Editions Fides, Upper Publications et Viking Penguin, elle présente au lecteur le personnage et son œuvre avec grâce et avec une impressionnante économie de moyens.En 240 petites pages, Peter Gay parvient à tracer un portrait vivant et tout en nuances de celui que Joseph Haydn, «devant Dieu et en tant qu’honnête homme», qualifiait en son temps de «plus grand compositeur [qu’il] connaisse personnellement ou de réputation».Comment, d’ailleurs, devant l’évidence, conclure autrement?Multi-instru-mentiste prodigieux avant même d’avoir atteint l’âge de 10 ans, compositeur compulsif à partir de cinq ans (!), l’enfant miraculeux, que s’arrache l'aristocratie européenne avide de divertissements distingués, annonce déjà le maitre devant lequel, plus tard.Mendelssohn et Brahms s’inclineront Dirigé presque sa vie durant par un père aimant mais envahissant, Mozart connaîtra une existence dominée par sa passion musicale et sa quête d’autonomie.Puéril à certains égards («son intérêt obsessionnel pour l'anus et les matières fécales ne faiblit jamais», il adore les cartes, le billard, les beaux vêtements et l'argent lui brûle les mains), le compositeur au «visage banal, peu attrayant, au nez proéminent, avec des yeux immenses et graves» verra l’ombre paternelle le poursuivre sans relâche.Ses premières amours avec-une «cousinette» épouvanteront son père, qui perdra le nord à l’an- nonce du mariage entre son fils et Constance Weber.Peter Gay rappelle pourtant que le menage fut plutôt harmonieux, malgré la santé fragile de Constance.Sur le plan professionnel, les relations père-fils seront aussi marquées par la complicité et les turbulences.Léopold, le père, acceptera difficilement le depart de son fils pour Vienne en 1781.Les deux supportent mal Colloredo.le prétentieux prince-archevêque de Salzbourg qui leur tient lieu de maître, mais le père ne partage pas le mépris du fils pour sa ville et craint de le voir s’enfoncer financièrement et lui échapper.Indifférent à la politique et catholique sans bigoterie, Mozart adhère, par principe et peut-être un peu par opportunisme, à la franc-maçonnerie en 1784, mais sa seule véritable préoccupation, son obsession en fait, demeure la musique.Peter Gay consacre d’ailleurs presque toute la deuxième partie de son ouvrage à l’œuvre du maître et ses commentaires devraient passionner les connaisseurs autant que les profanes.Sur le plan musical, écrit-il.contrairement à d'autres compositeurs.«Mozart n ’est jamais statique».Ces dernières œuvres, surtout ses concertos pour piano et ses trois ultimes symphonies, apparaissent comme les sommets de sa carrière et démontrent une éblouissante maturité.On y retrouve cet «amalgame très particulier de sérieux et d’espièglerie [qui] était bien le sceau de Mozart».Les trois opéras réalisés en collaboration avec le librettiste Da Ponte, Les Noces de Eigaro, Don Giovanni et Cosi fan tutte, méritent aussi de figurer, selon Gay.au tableau d’honneur.Brahms, en 1881, formulait d'ailleurs ce jugœ ment au sujet du premier de ceux-ci: «Chaque morceau du Figaro de Mozart est pour moi un miracle.Je n’arrive pas à comprendre comment on peut at- PHOTOGRAPHIE Uœil alchimique MARIE CLAUDE MIRANDETTE Richard Lorenz, historien de la photographie et grand spécialiste de l’œuvre d'Imogen Cunningham, s’est assuré le soutien indéfectible du fils de la célèbre photographe américaine, Ron Patridge, ainsi que de son épouse Elizabeth, «l’ange gardien» du Imogen Cunningham Trust, pour la rédaction de cet essai qui prend la forme d’un magnifique livre aux images inénarrables.Des premiers essais photographiques, dans les années 1900, de cette chimiste de formation jusqu’aux dernières images des années 1970, Lorenz propose un itinéraire subjectif, certes, mais riche et diversifié qui plon- ge au cœur du vaste corpus de cette grande pionnière de la photographie du XX' siècle.En guise de mise en contexte, Lorenz reprend le court mais très indiqué éloge publié en 1930 dans The Carmelite et rédigé par un autre très grand nom de la photographie, ami de Cunningham, Edward Weston.Quelques-uns des nombreux portraits de Weston par Imogen sont au rendez-vous, ainsi que toute la variété des genres qu’elle a pratiqués, et toute la diversité des styles qu’elle a affectionnés à travers les grandes époques de sa production: qu’il s’agisse des portraits d’artistes, comme ceux du sculpteur Robert Howard et des acteurs Cary Grant et Spencer Tracy, des photos de danseurs T lijioye n teindre une telle perfection: rien de semblable n ’a jamais été refait, même par Beethoven » Comme tous les personnages de sa trempe.Mozart a donne naissance à certaines légendes que Peter Gay, enfin, s’emploie à dégonfler.Ni «morbide, lugubre» ni «gamin surexcite», le compositeur, mort prématurément à 35 ans, en 1791, d’une crise de fièvre rhumatismale, n'a jamais été l’en nemi juré d’Antonio Salieri, avec qui il entretenait «des relations, sinon amicales, du moins cordiales», et il n’a pas, non plus, ete jeté dans la fosse commune.Lit mode, à l'époque, était aux funérailles simples et la femme du musicien a respecté la tendance.Célèbre de son vivant mais boudé dans sa ville natale, Mozart ne s’est pas imposé à la postérité facilement.Mendelssohn, en 1832, s'en désolait et il fallut attendre 1890 pour que retentisse un «revenons à Mozart!» sans réserves.Aujourd'hui encore, certains, et je dont les plus saisissantes, consacrées à Martha Graham, demeurent inégalées, des magnifiques «natures vivantes» de fleurs et de plantes qui se dressent tels des sexes luisants, des scènes intimes de famille, avec leur faune de petits rouquins aux taches de son, des nus prudes et charnels d’amies et de proches, des nombreux autoportraits de cette femme au regard intense camouflé derrière de petites lunettes ovales cerclées de tin métal, tout y est.Et même si les reproductions ne valent vraiment pas la qualité des tirages réalisés par l’artiste, il n'en demeure pas moins qu’elles sont tout de même de qualité.Au texte qui prend l'allure d’un essai biographique de l’artiste et de son œuvre succède une chrono-biographie résumant les principaux événements marquants de la vie et de la carrière de cette femme à nulle autre pareille.Finalement, une brève bibliographie sélective a été colligée afin de diriger le lecteur avide d’approfondir ses connaissances vers quelques-uns des ouvrages essentiels.Un très beau livre consacré à une très grande artiste.IMOGEN CUNNINGHAM 1883-197(» Richard Lorenz Edition trilingue (allemand, anglais et français) Traduit de l’allemand au français par Simone Manceau Taschen Paris, 2001,252 pages n’ai pas toujours résisté à la tentation, parlent de la légèreté du compositeur.Convaincant.Peter Gay leur réplique: «En tait, /'esthétique galante, postrococo qui caractérisé la musique de Mozart est un simple vernis masquant sa profondeur, sa science et sii sensibilité.» Petit ouvrage riche en contenu et de très belle allure, ce Mozart de Peter Gay contient aussi une bibliographie commentée très instructive et stimulante.On pourra lire, dans cette même collection qui met en vedette des signatures américaines, un Marcel [\oust, récemment commente en ces pages par Odile Tremblay, un James Joyce.un Mao Zedong et.bientôt, un Jeanne d’Are et un léonard île Ft'«-ci.Nous y reviendrons.MOZART Peter (iay Traduction de François Tétreau Editions Fides .MontréaLüOOL 240 txiges louisooniinnen@parrolnro.net Yvon Leroux: nos passionnants débuts en théâtre, radio et télévision! WON I I ROUX ni-; va cran ni NOIRCEUR AU IM I IN l l-U I l MM UsONNACI si» MA VII S < u cg < O) LU O UJ F Un lieu japproprié «Ü liMt NOUVELLES • 168 PAGES • 17.95 $ ROMAN • 200 PAGES • 19,95 $ Û£ LU X U D O Cû UJ UJ CL ¦ Z < UJ Ji w-Pmrki Bpih HI R ROMAN.210 PAGES «21,95$ il A VIEUX ve COURIN1 PAS US RUES ROMAN.132 PAGES .17,95$ VJ li* f :N *>.SSA6E O -M .NOUVELLES • 128 PAGES» 17,95 $ CŒURS BPAtSIS ût rie Laberge dû boïirwtiT Boréal ROMAN • 228 PAGES • 22,50 $ ROMAN • 768 PAGES • 29,95 $ f ' ÜMl.LE f OUEU R Dt Hu "* ' : / CiAf LAN StlUt Y il " mawmmi D < LU 52 > UJ s D < T D O THÉÂTRE • 102 PAGES • 14.95 $ -l' iSr.*- '» ^:sm et le chaff 2 Boréal a vie d www.editionsboreal.qc.ca ÉCONOMIE • 198 PAGES • 22,95 $ ESSAI • 144 PAGES « 19,95 $ HISTOIRE *288 PAGES .29,95 $ 4Ç, - Tg l a Nature des economies ilCHAFt fCMAlItf « a Revolution mat la PHILOSOPHIE POLITIQUE 360 PAGES >29,95$ Will KYMLICKA LA CITOYI MLintlTTI «r I LE llmmtnr drvrtwl de ToutAP n -«Cl 7* B.C.N° 131 * ESSAI 224 PAGES.13,95$ I ii Bulle dVm rr 9 B.C, N' 130 « ESSAI 150 PAGES .11,95$ I r Goudron et le* IMum* S 3SC B.C.ri29.ROMAN 168 PAGES • 14,95 $ L E I) E V 0 I R , L E S SAMEDI 8 ET DI M A X C H E 9 DÉCEMBRE Livres BEAUX LIVRES Le cœur qui débat JEAN DION LE DEVOIR T T ne carrière, c'est fantas-( coKfù\j de / li*æc^cjLk.c^lK£ L ’ A M E R I QJ) E EN MO LETTRES DES TRANCHÉES Laurent Poliquin VOLUTE VELOURS ÉDITIONS DES PIAINES (ST-BONIFACE) Regroupement des éditeurs canadiens-français Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca Ue«res des tranth*** CORRESPONDANCE DES FRÈRES KERN DURANT LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE ÉDITIONS DU BLÉ (ST-BONIFACE) Regroupement des éditeurs canadiens-français E A M E R I OU E E N M O U V E M E N 1 Gaston Tremblay Gaston Tremblay Sur k lac Cla« SUR LE LAC CLAIR ÉDITIONS PRISE DE PAROLE (SUDBURY) Regroupement des éditeurs canadiens-français Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca Bonheur du chat; harmonie de la vie Toutes les techniques expliquées pas a pas he guide de la vie saine et responsable Solendide coffret cadeau Pv0\ i-Histoire et terroirs vol.2-Crus et dégustation US VINS DE BORDEAUX I l (TTAT* i H NU8HU1 LE CHAT FENG SHUI Auson Dsniels 160 pages - 200 illustrations 36,95 $ • » , « t»»»'* .mmw «< ••n*' M il LE LIVRE DU MASSAGE Susan Mimford 191 pages - 330 photos couleur 29.95 $ LA VIE EN BIO Lynda Brown 256 pages - illustrations couleur 39,95 $ LES VINS DE BORDEAUX 2 volumes sous coffret 192 pages - 150 illustrations couleurs 44,95 $ Beaux livres Flammarion i L K l> K V (M H .L Y.S S A NI Y l> 1 S ET 1>I NI A \ i H Y D D K i K M H K K i 0 (» I —*• Livres -*— B E A LT X LIVRES C H A N S O N La marée Brassens I) !> SOURCE ÉDITIONS DU ROCHER Brassens et Mario Poletti.Photo tirée de Brassens l'a fui.SOLANGE LÉVESQUE Le vingtième anniversaire de la disparition de Georges Brassens (le 29 octobre 1981) a provoqué une maree d’ouvrages entourant ce poète ne et inhume comme Paul Valéry à Sète, sur la Méditerranée.Textes des chansons, correspondance, notes de travail, documents photographiques, inédits, on a l’impression que tout ce qui méritait d’être publie l’a été.Son œuvre chansonnière d’abord, paroles et musique, fait l’objet d’un volumineux recueil assorti d’un index alphabétique et discographique.Près de 200 chansons sont ainsi offertes aux maniaques et aux philologues, ainsi qu’à ceux qui veulent déchiffrer les mélodies de Brassens.Autre incontournable pour les aficionados.Les Manuscrits de Brassens - Chansons brouillons et inédits, un coffret de trois grands cahiers comprenant non seulement la reproduction des manuscrits des chansons mais également les brouillons et les textes que le chanteur a cru bon de ne pas chanter et publier.Le troisième cahier, en particulier, retrace la petite histoire de plusieurs chansons.Alain Pou-langes et André Tillieu ont colligé, ordonné et éclairé tout ce matériel.«at Jannè fcfctrc-Ptfcvf Aux Editions du Rocher, on trouve Brassens l'ami, de Mario Poletti, un album de photos couleurs commentées par Poletti.richement étayé de reproductions d’autres documents se rapportant à «l'ami»: bulletins scolaires.affiches, pochettes de disques, cartes d’identité, bulletins de salaire, petites notes griffonnées çà et là, lettres d’amis, etc.Il ne manque vraiment pas grand-chose à cet album de famille qui comprend également un CD où l’on entend Brassens, dans un enregistrement de travail, élaborer la chanson Les Copains d’abord.Alain Poulanges, spécialiste de la chanson française, journaliste et animateur de radio, signe lui aussi un panorama-Brassens intitulé Passion Brassens - Le temps ne fait rien à l’affaire, un livre abondamment illustré en noir et blanc où le texte joue un rôle plus important que dans l’ouvrage de Poletti et dont la qualité esthétique, graphique et documentaire très soignée mérite d’être soulignée.De 1921 à 1981, en procédant par périodes et par thèmes, l’auteur fait un tour on ne peut plus complet, toujours respectueux, de l’univers Brassens.Mais de tous les ouvrages qui soulignent cet anniversaire, c’est sans contredit celui qui rapporte les lettres que Georges Brassens a fait parvenir à son ami le philosophe Roger Toussenot, de 1946 à 1950, qui demeure, après les chansons, la source directe la plus importante parce qu’il permet au lecteur d’approcher l’homme et son temps de l’intérieur et qu’il éclaire la genèse de l’œuvre.L’intérêt sociologique du document égale d’ailleurs sa valeur littéraire.Aucun des deux amis n’a encore trente ans.Le poète sétois monté à Paris a rencontré Jeanne Le Bonniec et son mari Marcel, chez qui il vivra de nombreuses années à l’Impasse Florimont, aux limites de Montpar nasse.Deux chansons de gratitude immortaliseront la mémoire de ces samaritains: L'Auvergnat et Jeanne.La correspondance avec Toussenot (dont on ne dispose que de la partie Brassens, les lettres de Toussenot n’ayant malheureusement pas été retrouvées) est aussi captivante qu’étonnante.On y voit \) il \)( ï ' \) *1 Ll / I il f r ) fr.irtt^o : Du iijjc Champlain auk fiahiuruh* fctre s e r n v y Du un' i harnplain au,x Bahama, Quel chemin/màw bntt droit ù lu Uberté/?Que/ doit-on/ emporter ?Le/%uiAe/}Mr memre/pour œux/etceUetr qui veulent donner vie- ù leury rêvey! Infracostal - Le guide • Luc Bernuy 2-89381-788-2 • 344 p.• illustré • 34,95 $ Voici ù quoi resemble/ lu liberté/; urvoCel^uny limite/, une/mer transparente/, U/vent dunyleyvoûey! Infracostal - L’album • Luc Bernuy 2-89381-838-2 • 74 p.• reliure caÉ» illustrations couleur • 34,95 $ Les Editions LOGIQUES 7, chemin Bates, Outremont (QC) H2V 1A6 DISTRIBUTION EXCLUSIVE: QUÉBEC-LIVRES a quel point Brassens, anarchiste dans lame, sans travail et sans le sou, s'accrochait à l'ecriture pour se nourrir et réussissait à combler son insatiable soif de lecture et de réflexion.Brassens lit tout Anatole France.Rimbaud.Wilde, Dos toïevski.Baudelaire.Valery.Gide.Nerval.Giraudoux.Anouilh.Noailles.Il se révélé un critique perspicace et penetrant pour les textes des autres, impitoyable pour les siens propres.Son humour et la rigueur de sa pensée, à l'œuvre lorsqu’il commente les articles écrits par Toussenot, entre autres, ont de quoi réjouir.Il ne chante lias encore, sinon pour Jeanne et ses amis: i! vit pour les mots, pour les idées, pour la musique et la jx>osie.«J'aime [.] créer des images qui cachent des valeurs de contrebande».écrit-il (p.25).11 admire Platon, mais «la beauté de Platon n 'est rien du moment qu’un être s'eteint» (p.140).commentaire en vers octosyl-labiques semés, mine de rien, en pleine prose.Il vit d'amour et d'amitié aussi, extraordinairement fidèle toute sa vie aux amis d’enfance et à ceux rencontrés lors de son séjour en Allemagne (recruté pour le Service du travail obligatoire).et à Joha, dite «Puppchen» (petite poupée) ou «Blonde Chenille», sa compagne, pour laquelle il a créé Je m’suis fait tout petit e( La Non-Demande en mariage.A propos de Charles Dullin, il écrit: «On s'en fiche des conventions du théâtre! Ce que l’on attend des acteurs, c’est qu 'ils nous bouleversent de leur pn'-sence et qu'ils vous réchauffent avec leur sang» fp.159); de Cocteau: «Cocteau, dira-t-on dans cent ans.qu'est-ce que c’est?Im mode aura passé.D'autres feux d'artifice remplaceront les siens» (p.147).Ft H*rss ÉDITIONS 5000, Iberville, bur.203, Montréal, Québec, H2H 2S6 ÎSAINT-MARTIN tél.(514) 529-0920 • st-martin@qc.aira.com WHegroupement des" * m canadiens-français Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques franco.ca ACTUALITE DH TA PHII.0S0PHIE DE L’HISTOIRE Vlaittx r I Jgurus 246 pages • 30 S r» LE CORPS PARIANT Savoirs « rvjyrésenurinn des passions ou XYir «ède 330 pages • 33 $ \n4rr fertmr LIBERTINAGE ET FIGURES Dl SAVOIR Rhétonque et roman libertin dans b France des I-umkrwt (rw-rsi) frt-4»r»i t harhrtnnrxii LES SILENCES | DE L’HISTOIRE l es mémoires français du XVII* viecle pages • 28 $ 316 pages • 30 S PUMOjlC Lc4 I V, I PULWC fe-j Àc 1ac4 ivyUMi fcUi ' .6* '«V fiqre* ^ 1 I ? I) 12 I- E D E V OIK.L K S SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 DÉCEMBRE 2 0 01 L I V R E S BEAUX LIVRES ART DE VIVRE Un chez-soi qui nous ressemble La magie du cliche ANE PRÉCOURT LE DEVOIR On ne se lasse pas de ses couleurs, reprises dans le monde entier.La Provence inspire autant un mode de vie qu’un mode artistique et décoratif.Les pages de La Maison provençale sont remplies de cet éclat spécial que donne au décor le soleil du Midi, ou l’ocre le dispute au pastel, comme ramollis par le soleil.Viennent s’ajouter les tons naturels d’une végétation luxuriante soignée par son généreux climat «H y a toujours des arbres près d'une maison en Provence, comme il y avait autrefois toujours un puits, peut-on y lire.Même le plus modeste des cabanons, perdu au milieu des champs, on le devine sous la tache verte d'un platane, d'un mûrier ou d’un tilleul, posée au milieu des vignes pour permettre aux hommes de souffler un peu aux heures chaudes.» Le livre présente les différents types de maisons dans leur habit intérieur et extérieur, les faiences et poteries, les fameux tissus traditionnels aux couleurs vives, et enfin les jardins.Et si la bâtisse tourne sa façade au sud, ce n’est pas pour y prendre le soleil mais pour faire la moue au mistral qui souffle sa colère du nord, vers la mer.Et partout, on retrouve la pierre caractéristique du sol calcaire sur lequel est assise la région.Les intérieurs n’en sont pas moins particuliers.Tous les matériaux sont bons pour créer cette espèce d'atmosphère pénétrante de communion avec la nature, de la céramique à la terre cuite, de la transformation desquelles les Provençaux se sont faits maîtres.Le mobilier, lui, illustre le royaume des petits meubles qui devaient trouver leur place dans chaque pièce de la maison.Il est massif, le placage étant pratiquement inconnu.«Le XVIII' siècle a vu l'apogée du style provençal, dont le décor utilise amplement les fleurs.Les meubles peints, à l’instar des lambris, étaient faits de bois fruitier plus tendre et plus clair que le noyer.» Les photographies du livre illustrent à merveille toute la richesse des tons de Provence qui trouvent leur écho jusque dans nos boutiques montréalaises.«L’histoire des tissus provençaux commence sur le port de Marseille, où les Ottomans, à peine débarqués de navires en provenance des Echelles du Levant, déchargeaient d’énormes ballots de toile.[.] Ces étoffes, venues d’Orient, ont séduit la Provence, qui en a fait un de ses plus beaux atours.» Sur le bord d’un étang, derrière une maison de pierre aux volets bleu ciel, une table garnie de spécialités régionales trône au milieu de lauriers-roses sous l’énorme platane.Les chaises invitent à y prendre le petit-déjeuner.a moins que ce ne soit le dîner à vous de choisir.En bonne compagnie, cela va de soi, quoique la solitude ainsi entourée ne soit pas non plus un purgatoire.Cliché?Il y a des moments où les clichés peuvent aussi être magiques.LA MAISON PROVENÇALE -LES ARTISANS DU DÉCOR Noëlle Duck Photographies de Christian Sarramon Flammarion Paris, 2001,188 pages CUISINE Des chapeaux pour tous les goûts MARIE-HÉLÈNE A LA R IE LE DEVOIR C* est un classique plusieurs fois réédité pour les amoureux de la couleur.Tranchant volontairement avec les tendances actuelles, Ijes Couleurs de la maistm offre des idées de décoration à ceux qui, malgré les modes, ne peuvent supporter de vivre dans un décor uniformément crème et écru.On feuillette le livre comme on èntre dans une boutique de bonbons: c’est une explosion de coloris.Les décors proposés sont souvent inusités, parfois ultraclas-siques, et toujours rendus somptueux par les couleurs.Les styles s’y mélangent ferme suédoise, salon parisien, maison de campagne anglaise, appartement de Manhattan.C’est par le biais de la couleur qu’on pénètre dans ces intérieurs.Les curieux s’y rincent l’œil, section après section, chacune représentant une couleur.Vers la fin de l’ouvrage on donne même quelques recettes pour préparer soi-même des mélanges de couleurs.Le jaune, couleur puissante et lumineuse", n’a trouvé que très récemment sa place en coloration, sa pigmentation étant difficile à obtenir à un prix abordable.On le retrouve pourtant dans la demeure de maître Monet.Dans sa maison de Giverny, il n’a pas hésité à s’offrir une salle a manger d’un jaune acide qui rend chauds les bleus de la porcelaine déposée sur la table.Contrairement au jaune, le bleu fut introduit en Europe au XIL siècle.À l’origine, la couleur est fabriquée à partir d’un pigment de lapis-lazuli broyé.Bleu profond, bleu clair, bleu vif, cette couleur donne lieu a des atmosphères empreintes d’opulence si on l’associe à des velours et des dorures ou douces et lumineuses quand elle se marie au blanc.Comment oublier le fameux bleu Wedgwood et l’effet saisissant du bleu vif allié a la terre cuite?Il en va de même pour les rouges et les verts puisque chaque couleur possède sa personnalité et chaque nuance, son caractère.Les Couleurs de la maison est un livre qu’on visite et revisite et duquel on peut s'inspirer.Après tout, la couleur nous entoure, il s’agit de l’apprivoiser! LES COULEURS DE LA MAISON Annie Sloan & Kate Gwynn Flammarion Paris, 2001 (ln édition: 1991), 191 pages Le premier recueil de textes traditionnels de Michel Faubert «Des chefs-d'œuvre de notre culture.» Michel Garneau MIUHIL I AUBERT MERS ET MONTAGNES VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Nul doute que les mycologues en herbe apprécieront le livre Cuisine aux champignons.Non seulement donne-t-il une série de petits et grands plats à préparer avec ce spongieux aliment, mais on y fait aussi appel aux talents des cueilleurs.Le livre compte 60 recettes agrémentées d’appétissantes photographies et ayant comme ingrédient clé une vingtaine de champignons sauvages.La majorité de ces champignons se trouvent facilement dans nos bois.Au début de l’ouvrage, l’auteur donne quelques conseils très pratiques sur la préparation, la cuisson et la conservation des champignons.Sans doute le petit texte sur le séchage, les conserves et la congélation attirera-t-il le regard de ceux qui cherchent des moyens pour mettre de côté le fruit de leurs cueillettes.Comme tout livre de recettes, les mets sont regroupés sous quelques grands thèmes: potages, entrées, poissons et crustacés, viandes et légumes.Chanterelles, mousserons, cèpes, lactaires délicieux, craterelles, pleurotes et trompettes-des-morts, rosés des prés et lentins de chêne sont, entre autres champignons, utilisés à toutes les sauces.Le lecteur gourmand pourrait ainsi décider de préparer un copieux repas: velouté de cèpes aux asperges, croustade aux champignons et jambon de pays, crevettes sautées aux tomates confites et trompettes-des-morts ou caille aux lactaires délicieux et aux échalotes confites, le tout accompagné de risotto aux asperges et aux champignons marinés.Quelques recettes demeurent cependant un tantinet trop coûteuses à réaliser en sol québécois.C’est le cas pour la salade d’as- perges vertes aux morilles et jus de truffes, les filets de rougets en écailles de truffes et les turbotins aux morilles.La raison?La truffe est un champignon souterrain très recherché qui ne pousse pas au Québec.Il faut donc importer ce tubercule et se le procurer dans les épiceries fines au prix du marché.Les morilles poussent ici, mais elles ne montrent le bout de leur joli chapeau gondolé qu’à la fonte des neiges.Rareté oblige, on doit se contenter de sa version séchée et elle n’est pas donnée.Malgré tout, ce livre est une jolie idée de cadeau qui plaira à tout cueilleur gastronome.CUISINE AUX CHAMPIGNONS Recettes: Bruno Ballureau Photographies: Alain Muriot Editions Flammarion Paris, 2001,128 pages in DOCTE IGnORflnCE ÇORTRE LE SflUOIR flRROGflDT.I Rencontre auec Jean Bédard.On pourrait dire qu'un écrivain qui écrit des romans historiques médiévaux n'est pas très original.Pourtant, l'œuvre de Jean Bedard reste tout aussi surprenante que l'est le personnage.Pourquoi ?Parce que Bédard ne signe pas des romans historiques, au sens des best-sellers que l'on connaît mais bel et bien des romans philosophiques.Certes, il nous parle de gens qui ont existé, mais ce qui lui importe ce ne sont pas tant leurs faits et gestes que ce qu’ils ont à dire, avec toutes les nuances que leurs prises de position comportent.Chasseurs Réalisation : Simon Girard d'idées Dimanche 14 h et 22 h 58 Télé-Qué Diffusée sur Internet, pour plus de details, consultez notre site; telequebec.tv Cette émission est enregistrée : Olivieri librairie » bistro Tél ; 514 739-3639 L ’ à'm É R I CLU E EN MOUVEMENT Daniel Matthieu LETTRES À MARIE ROMAN ÉDITIONS DES PLAINES (ST-BON1FACE) [Regroupement des anadiens-français Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca J^c^/ccdej a»iA>( cok^lkj de / uwayLi^Lre L ' A M F R I CLU E EN MOUVEMENT Aurélien Dupuis HISTOIRES CAMPAGNARDES LIVRE-JEUNESSE ÉDITIONS DES PLAINES (ST-BONIFACE) ! LA»**?Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca l ’ A M E R I QJJ E EN MOUVEMENT i a composée Hédi Bouraoui LA COMPOSÉE ROMAN ÉDITIONS L’INTERLIGNE (OTTAWA) Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca ROMAN J^c^/c^dej cua^( coKf~ik\j de / LyvoccyLi^c^Lfe L 'AME R I au E E N M O U V E M E N T Jean Bâcle LES DÉTOURS DU DESTIN ÉDITIONS DES PLAINES (ST-BONIFACE) Regroupement des éditeurs w m canadiens-francais Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca h \ :\ LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET D I M A \ ( H E !» D E (' E.M K K E 2 O O Livres BEAUX LIVRES Deux albums pour mains agiles RENEE ROWAN Le Livre de Noël est un bel album, très coloré, qui propose 50 activités pour animer les fêtes! Des activités pour toute la famille, faciles à faire comme créer un calendrier de l'Avent et des cartes de vœux en trois dimensions, fabriquer un mobile du petit renne au nez rouge, un traineau du père Noël avec des biscuits et des cannes en sucre ou construire des boîtes à surprises à remplir de friandises.De quoi occuper les enfants qui n'en peuvent plus d'attendre le 25 décembre, qui ont envie de participer à leur façon aux préparatifs ou de fabriquer leurs propres cadeaux.Quelques exemples d’idées: avec vingt assiettes en carton aux couleurs de Noël, on peut fabriquer une sphère géante à suspendre; on peut faire des décorations pour l’arbre avec de la pâte à sel (on en donne la recette) et lorsque celles-ci sont sèches, les peindre joliment.En un clin d’œil, on peut transformer une balle de ping-pong en tète d’ange ou des pots de yogourt en petits paniers à remplir de friandises.Les enfants prendront plaisir à fabriquer une famille de bonshommes de neige et de pingouins ou des bas en feutrine à accrocher à la cheminée juste à temps avant le passage du Père Noël.De grand format, cet album à couverture cartonnée propose plusieurs idées amusantes et nouvelles; les explications sont faciles à suivre, les illustrations explicites.Vous ignorez ce que sont les «attaches parisiennes»?Qu’à cela ne tienne! Par la photo, vous aurez vite saisi de quoi il retourne.On trouve facilement le matériel nécessaire à la fabrication de ces jolis articles au su- i.v.o'f'fi.r.’ v U ) V H! V I.V W WW y y y yy y y SOURCE EDITIONS HURTUBISE HMH Illustration tirée du Livre de Noël, de Jane Bull.permarche, dans les quincailleries, les pharmacies, les magasins specialises ou dans votre bac à récupération.LE LIVRE DE NOËL Jane Bull Traduit de l’anglais par Irène Lassus Editions Hurtubise HMH Montreal, 2001,47 pages Délicieux savons est un autre album de qualité qui incite à la créativité.Cette fois, il est question de savons, de baumes, de bains moussants aux noms empruntés aux fruits, aux fleurs, aux herbes.Feuilleter cet ouvrage, c’est avoir envie de passer à l’action, de se mettre à la fabrication du savon tant les photos sont belles et invitantes.Plus que du bricolage, il s'agit d’une activité qui exige de la technique, un certain savoir-faire.On le fait pour s'amuser, mais il y a des précautions à prendre, ce dont il est question dans cet ouvrage.Si vous aimez la cuisine, si vous êtes gastronome, si vous vous intéressez aux problèmes de santé et d'environnement, si l’alchimie vous passionne, la fabrication du savon peut devenir une expérience pr^ nante, indique l’auteure qui n'est avare ni de ses conseils ni de ses recettes.Dans un premier temps, Melinda Coss parle des matériaux et de l’équipement, des huiles et additifs, du choix des parfums et des couleurs, de la cuisson.Après avoir donné les instructions de base, elle passe aux recettes dont les noms sont tous inspirés de la cuisine: pina colada, pastèque rafraîchissante, creme à l’églantine et au gingembre, pain aux noix et à l’orange, bouchées au citron vert, boules de glace, petits fours, et ça continue sur ce ton! Elle donne les caractéristiques de chaque savon, en indique les ingrédients et l’équipement nécessaires et termine par la méthode à suivre.A la fin de l’ouvrage, l’auteure traite du commerce du savon et fournit une liste des fournisseurs et des ressources Internet, le tout adapté au Québec.DÉLICIEUX SAVONS Melinda Coss Traduit de l’anglais par Stephanie 1 entière Editions du Trécarré Outremont, 2001,80 pages I- et ^ 5 - , ' è Comment résister ^ Noël marchand tlne tbée cabectu?—~ "idrcnana ?ReLatioNs Les voies P Tu pomoir à siitnoifi! Les avatars de l/i gauche La 0«li du momie Marasme en Argentine comBattez La fatalité! asoNNez-vous Un an : 30 S Deux ans : 55 5 Étudiant : 25 S (V!K justificatif) v:(514) 387-2541 ¦s- •; v : (514) 387-0206 -.«• (OIIARiEt : 5FtAT10NS@C;ï.(X.(A : Relations ' a M"; Heienï Des'-a'as 25, = i Jaw 0.M ¦¦ -IA (Q ) H2P 1S6 Oui, je désire un abonnement de _ «on___________________________ .an(s), au montant d Je désire offrir en cadeau un abonnement de .à la personne suivante : Je paie par chèque (à fondre de Relations) [U Montant total Visa C] Mastercard CH NUMÉRO « l> CARTE ______________________ _________ Pour les esprits curieux P Al! LE DES RIVIÈRES Vous savez sans doute que Bagdad, fondé en 762.fut un modèle pour toutes les villes musulmanes.Comme vous n’ignorez pas que les totems des Indiens racontent, à qui sait les lire, l'histoire d’une famille ou d’une tribu.Et, comme tout le monde, vous connaissez la raison pour laquelle la bataille d’Austerlitz, que livra Napoléon en Autriche, s'appelle aussi la bataille des Trois Empereurs.Ces trois informations à mille lieues les unes des autres se retrouvent dans la nouvelle encyclopédie pour jeunes — neuf à 12 ans — que vient de publier Nathan, et qui a pour titre Dokeo.Les auteurs ont opte pour un pot-pourri de styles graphiques, comme s'ils avaient craint qu'une signature plus homogène n'endorme leurs lecteurs.Chaque page vous saute à la figure avec une montagne de couleurs, donc, mais aussi de renseignements.Du contenu, il y en a.On peut se demander cependant si un tel éclatement dans la presentation n’aveugle pas le lecteur en U' solli citant par trop.Mais, mis à part cette réserve, Dokeo l’encyclopédie a intelligemment opté pour une presentation par thème, en commençant par les animaux, plus précisément les incontournables dinosaures, puis les sciences de la terre, le corps humain, les sciences et les techniques et enfin l'histoire.Cette partie s'appuie avec pertinence sur Tordre chronologique et contient donc la plupart des rappels historiques majeurs.Elle se termine sur une brochette de portraits d’hommes et de femmes (et d'animaux) qui ont jalonné cette histoire, commençant par Abraham et se terminant avec.Dolly! On passe en suite au monde d'aujourd’hui, pour finir avec les arts, les loisirs et les sports.L’ouvrage peut être très utile à Tentant qui s'interroge sur tel ou tel sujet, quitte à aller fouiller ailleurs pour approfondir davantage sa recherche.Mais Dokeo l’encyclopédie est sans conteste un ex cellent ouvrage de référence pour les esprits curieux qui pourront egalement, avec cet outil, l'oser de nombreuses colles a la parenté pendant la perûxte des Fêtes.DOKEO L’ENCYCLOPÉDIE Sous la direction de Dominique Koraeh Nathan Pans.2tX)l, 388 pages Le tome 4 des œuvres complètes de Renaud Longchamps enfin en librairie! RI MAI l) LONt’.CI LAMPS ü LVIU-N COMTI1; I LS a.iA>( cok\j~ue\j (/e / L ' A M Ë R I Q_U f: EN MOUVEMENT Jules Tessier AMÉRICANITÉ ET FRANCITÉ Regroupement des édit; canadiens-français ÉDITIONS LE NORD1R (OTTAWA) Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca coP\f de / LnA^yLkK.ci~Lre Michèle Matteau COGNAC ET PORTO ÉDITIONS L’INTERLIGNE (OTTAWA) Regroupement des éditeurs canadiens-français Disponible en librairie ou via le site http://livres-disques.franco.ca Offrez l'art et la littérature Offrez l’art de vivre Offrez les voyages Cézant Céramique • Le Louvre Maroc Pans Provence Rome Venise Picasso Prévert Van Gogh Plantes aromatiques et médicinales i «üü T."¦ .î'-.H-.l LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET D I M A X C H E 9 décembre 2001 ^ Livres BEAUX LIVRES L I T T É R Les classiques d’hier et d’aujourd’hui CAROLE TREMBLAY Gründ a le chic pour fabriquer de beaux livres à des prix abordables.Apres nous avoir offert des recueils de contes de tous les pays du monde, voila que la maison se met aux versions intégrales.Son dernier titre, Qmtes et fiables, regroupe 51 textes de Charles Perrault.Des classiques comme CendrilUm, la Belle au bois donnant et Ije Petit Poucet, mais aussi des découvertes comme Métamorphose d'un berger en mouton, la langue tricentenaire a à peine été retouchée pour la compréhension contemporaine.Peau d’âne est même reproduit tel qu’il fut écrit, c’est-à-dire en vers.Evidemment, qui dit intégrale dit version non édulcorée, la princesse de Barbe-Bleue ouvre un placard rempli de cadavres ensanglantés et le Petit Chaperon rouge se fait dévorer par le loup, un point c’est tout.Pas le moindre petit bûcheron ne vient régler l’affaire in extremis.Par contre, la moralité qui coiffe la plupart des contes vaut plus que son petit pesant de rectitude politique.On ne peut pas tout avoir.Dans la même collection, on retrouve l’intégrale des fables de La Fontaine.Près de 250 fables, accompagnées d’autant d’illustrations, nous rappellent que La Cigale et la Fourmi n'est qu’une goutte dans l’océan de l’œuvre du célèbre fabuliste.CONTES ET FABLES Charles Perrault Illustrations de Eva Frantova Gründ Paris, 2001,368 pages FABLES Jean de la Fontaine Illustrations de Adolf Born Gründ Paris, 2001, 588 pages Tops les classiques n’ont pas 300 ans.A L’Ecole des loisirs, l’Américain Arnold label fait par tie du catalogue depuis 30 ans et c’est amplement suffisant pour le classer parmi les indémodables.Hulul et compa-griie rassemble une trentaine de ses historiettes et nous présente la galo rie de personnages qui font mainte nant partie de la grande famille du livre jeunesse.Porculus, le petit goret qui aime la boue plus que tout, les grenouilles Ranelot et Bufolet et Hulul, le mélancolique hibou qui fait du thé aux larmes.Les contes de Lobel, sensibles, parfois absurdes, souvent très brefs, répondent à une logique très proche de celle de l’enfance, mais, surtout, transpirent le bonheur de raconter.«L'un des secrets des bons livres pour enfants, écrivait l’auteur-illustrateur, c’est que personne ne peut écrire de livres pour enfants.On doit écrire des livres pour soi-même et sur soi-même.« HULUL ET COMPAGNIE Trente contes illustrés Arnold Ixibel L’Ecole des loisirs Paris, 2001,158 pages Ol i vieri librairie ?bistro NOUS PRÉPARONS NOTRE PUB DE NOËL 5219.Côte des Neiges Métro Côte-des-Neiges Tel.: 51W39-3639 Fax : S 14*739.3630 serviçe^librairieolivieri.com Dix-huit histoires de fantômes sont réunies dans ce beau gros livre à couverture rigide, comportant le classique petit ruban rouge comme signet.Les auteurs, recrutés parmi les meilleurs écrivains fantastiques, sont tous passés à l’état de fantôme aujourd’hui.Signalons, entre autres, la présence de Stevenson et Conan Doyle.Les textes sont agrémentés d’illustrations à la plume qui donnent une facture très fin XIX' au livre, malgré certains dessins où pointe un humour un peu plus moderne.Un beau cadeau pour les amateurs de trépassés translucides.L’HEURE DES FANTÔMES Anthologie réunie par Jean-Pierre Croquet Illustrée par Roland Sabatier Hoëbeke Paris, 2001, 319 pages Je ne sais pas si Perrault et consorts y sont pour quelque chose, mais la fascination pour la monarchie ne se dément pas.Pour les futurs abonnés de Paris Match, Les Princesses racontées par les peintres est tout indiqué.Entre le livre d’art et le livre d’histoire, cet ouvrage très bien fait propose les portraits d’une vingtaine de princesses, certaines réelles (Cléopâtre, Marie-Antoinette et même Diana), d’autres fictives (la Belle au bois dormant, Ophélie ou Danaé).Pour chacune de ces grandes dames, on trouve une courte biographie, une toile de maître qui nous la présente et un texte explicatif du tableau.Rembrandt, Rubens, Goya sont mis à contribution, le tout sur papier glacé.Fort élégant, ma foi.LES PRINCESSES RACONTÉES PAR LES PEINTRES Marie Berthelat Bayard jeunesse Paris, 2001,86 pages Cet ouvrage, publié à l’occasion de l’exposition Contes de fées, organisée à la Bibliothèque Hu ul et compaonu nationale de France, ne s’adresse pas aux enfants mais aux grands qui s’intéressent aux contes.Une vingtaine d’auteurs a pedigree universitaire (dont un paléographe du nom de Tifenn de la Godelinais Martinot-Lagar-de, ça ne s’invente pas) se sont penchés sur différents aspects du conte: ses origines, l’histoire de son édition, son illustration à travers les âges, ses personnages récurrents, sa présence au cinéma, dans la publicité, etc.Cela donne un ouvrage fouillé mais digeste, très largement illustré, qui condense ses presque 600 pages en une espèce de version poche du livre d’art.Pour les amateurs de fées et de princes charmants.IL ÉTAIT UNE FOIS LES CONTES DE FÉES Collectif sous la direction d’Olivier Piffault Seuil/Bibliothèque nationale de France Paris, 2001, 576 pages Illustration d’Eva Frantova pour CeruirilUm de Perrault SOURCE GRÜND lî S le Parchemin Ætt librairie des meilliettrs prier rPapeterie dHMoite?au Quebec Rouge Brésil lean-Christophe Rufin Éd.Gallimard Prix Concourt Notre prix 22.95 $ maison
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