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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-12-15, Collections de BAnQ.

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PHOTOGRAPHIE 5 K T ni M A .V (' HE 18 1) Ê (' E M B R E 2 0 0 I William Klein Page D 8 Le Noël des enfants Page D 12 LE DEVOIR Y \] i i J A j.ï i ï:.'.v.iraiy, - ^ V d un autre temps i» ik&u- 1 i f Aifl Qjfi (l//| 1 1 * %tk H'(t4 1 b 'ât tot C’est le père Noël qui sera étonné.Un nom domine les beaux livres parus cet automne, même s’il s’agit d’une notoriété relativement récente.À l’exception d’Antonin Artaud et d’Albert Camus, pour lesquels il dessina des décors de théâtre, et de Rainer Maria Rilke, qui avait encouragé ses premiers dessins d’une préface, auxquels s’ajoutent les collectionneurs perspicaces qui s’étaient intéressés à ses toiles dans les années 30, peu de gens connaissaient le peintre Bal-thus lorsque André Malraux, alors ministre français de la Culture, le nomma directeur de la Villa Médicis, à Rome.C’était en 1961.MARIE-ANDRÉE EA MONTAGNE LE DEVOIR Une controverse résulta de la nomination.Four la première fois, le directeur de la Villa Médicis n’était pas membre de l’Institut, ni même désigné par celui-ci.L’organisme protesta, mais dut se soumettre, ce qu’il fit d’assez mauvaise grâce.Du coup, le tollé fit connaître Balthus auprès du grand public qui découvrit des toiles étranges, à la construction rigoureuse, aux figures hiératiques, des œuvres héritières du passé qui proposaient cependant un ordre nouveau.En février de l’année dernière, le peintre Balthus s’éteignait, frêle oiseau chargé d’ans, dans son chalet de Rossinière, en Suisse.Si un certain nombre de publications et quelques interviews avaient marqué la retraite studieuse des dernières années, sa disparition allait susciter une intense activité éditoriale où les albums grand format, s’efforçant de rendre justice à de plus grands tableaux encore, ne seraient pas en reste.Il est donc juste que ce second supplément du cahier Uvres consacré aux beaux livres de fin d’année accorde une place de choix à ce peintre hors du commun.Trois ouvrages paraissent ainsi, au contenu différent, aux titres interchangeables, dès lors qu’ils se réduisent à un seul mot, Balthus, nom chargé d’exotisme — Balthazar n’est-il pas aussi le nom de l’unique Roi mage à la peau noire?L’Orient du peintre Balthus, né à Paris, c’est La Pologne, à partir de laquelle il revendique son appartenance a une noblesse que le critique Jean Clair, dans le catalogue publié à l’occasion de la toute récente rétrospective du Palazzo Grassi, à Venise (Jialthus, Flammarion, 2001), ramène, dans une note de fin de chapitre, aux proportions plus modestes de la situation d’une vieille famille polonaise autorisée à porter les armoiries d’un clan.Du reste, les Klossowski-Rola sont sans fortune, et la Première Guerre mondiale, qui obligera ces citoyens demeurés allemands à s’installer à Berlin, n’arrangera pas les choses.VOIR PAGE D 2: ROI grand roman historique de Micheline Lachance déjà vendu à plus de 100 000 exemplaires LE ROMAN DE JULIE PAPINEAU La détermination de Julie séduit le fier Louis-joseph Papineau, qu’elle épouse.Ce faisant, elle se retrouvera dans la mêlée qui conduira à la rébellion de 1837.Maintenant disponible en nouveau format compact 16,95$ •tc panneau Micheltne Lac hanc e www.quet3ec-americiue.com Julie Papineau, une femme étonnamment moderne par sa vie amoureuse et son implication politique.é L K DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DI M A X t H E 16 DÉCEMBRE 2 0 01 ROI Le réseau d’influences de Balthus SUITE DE LA PAGE D 1 Ce qui frappe dans la formation de Balthus, c’est le cosmopolitisme d’un milieu familial où le français, l’allemand et l’anglais sont utilisés indifféremment, de même que l’indépendance d’esprit d’un jeune garçon aux dons préservés avec bonheur des beaux-arts ou de l’académie.Sans être imperméable à l’esprit du temps, ce dernier s’emploie d’abord à suivre sa voie, à une époque où les mouvements de génie se multipliaient: surréahsme, Grand Jeu, cubisme.«Être moderne, dira Roland Barthes, c’est savoir ce qui a déjà été fait.» En Italie ou au Louvre, Balthus copiait Poussin, Masaccio, Piero della Francesca, les peintres chinois anciens.C’est ce réseau d’influences que montre avec éloquence, entre autres aspects, le catalogue de l’exposition de Venise, malgré quelques redites (sur Baladine, la mère, notamment) et de trop nombreuses coquilles, qu’on voudrait ne pas avoir vues.En comparaison, le Balthus de Stanilas, le fils (Thames & Hudson, 2001), est à prendre pour ce qu’il est: un simple et bel album d’images, avec une vérité rappelée dans la préface: l’importance, pour le critique, de se garder d’une lecture des tableaux trop étroitement biographique.Car l’art dépasse de beaucoup la biographie, où l’on plongera toutefois sans remords avec Balthus.Correspondance amoureuse avec Antoinette de Watteville.1928-1937 (Buchet-Chastel, 2001).Elle était jeune, riche, jolie et, c’était inévitable, promise à un homme plus âgé, diplomate et belge, en instance de divorce et avec lequel, même amoureuse de Balthus, elle n’arrivait pas à rompre.Elle vivait à Berne au milieu des plaisirs.I-ui faisait son service militaire au Maroc ou peignait dans son atelier de Montparnasse — dans tous les cas disqualifié.Un jour, pour elle, il voudrait se suicider, mais la tentative échouerait.Un jour, elle l’épouserait, même si pour l’heure ils n’en savent encore rien et souffrent.Il lui écrit: «Tout ce que je veux dire est d'une telle violence et d'une telle ardeur que ce papier prendrait feu immédiatement s’il n’y avait pas les mots idiots dont on est obligé de se servir et qui éteignent tout de leur cendre.» Elle lui répond: «Il faut que je te prie de ne plus m’écrire pendant quelque temps et en tout cas de ne plus jamais m'écrire de lettres d’amour.» L’art, lui, est partout.BALTHUS Sous la direction de Jean Clair Flammarion Paris, 2001,490 pages BALTHUS Stanislas Klossowski de Rola Thames and Hudson Paris, 2001,100 pages BALTHUS Correspondance amoureuse avec Antoinette Watteville.1928-1937 Buchet-Chastel Paris, 2001,494 pages Palmarès Le baromètre du livre au Québec 1 Essais Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS N,LESTER Intouchables 4 ï Roman Qc FLORENT - Le goût du bonheur, T.3 V M LABERGE Boréal JJ 3 Roman Qc GABRIELLE - Le goût du bonheur, T.1 ?M LABERGE Boréal 53 £ Cuisine LE GUIDE DU VIN 2002 M PHANEUF L'Homme 4 1) Roman ROUGE BRÉSIL V - Prix Concourt 2001 - J.-C.RUFIN Gallimard 15 b Pratique LE GUIDE DE L'AUTO 2002 J.DUVAL/D.DUQUET L'Homme 8 ] Humour Qc LES CHRÉTIENNERIES, T.2 P BEAUSOLEIL Intouchables 11 Humour Qc LES PERR0NISMES LANDRY / MORIN Intouchables 8 9 Roman Qc ADÉLAÏDE - Le guût du bonheur, T.2 V M, LABERGE Boréal 37 JO Essai Qc L'ANNEE CHAPLEAU 2001 S.CHAPLEAU Boréal 5 JJ Roman OÙ ES-TU ?M.LÉVY Robert Laftont 4 J2 B.D LE LIVRE D'ASTERIX LE GAULOIS G0SCINNY/UDERZ0 Albert René 6 J3 Fantastique HARRY POTTER A L'ÉCOLE DES SORCIERS, T.1 Né J.K.ROWLING Gallimard 106 II Roman Qc PUTAIN Né N.ARCAN Seuil 14 h Sport COMMENT IE I0UE AU GOLF Né T, WOOD L'Homme 6 II Cuisine LES SÉLECTIONS DU SOMMELIER 2002 F.CHARTIER Stanké 7 JJ Roman Qc L'HOMME QUI ENTENDAII SIFFLER UNE BOUILLOIRE M TREMBLAY Leméac 6 II B.D.TINTIN Le rêve et la réalité Né M FARR Moulinsart 12 II Roman LE DÉMON ET MADEMOISELLE PRYM P C0ELH0 Anne Carrière 33 II Humour Qc LES CHRÉTIENNERIES, T, 1 P BEAUSOLEIL Intouchables 63 IL Jeunesse CHANSONS DOUCES, CHANSONS TENDRES (Lure A 0C) Né H, MAJOR Fides 12 72 BiograpIrieQc L'IMPATIENT Né P NADEAU Flammarion Qc 8 n Roman MAMIE DAN D.STEEL Pr.de la Cité 6 II Polar Qc INSPECTEUR SPECTEUR ET LE CURE RÉ G,TASCHEREAU Intouchables 7 II Spiritualité LE GRAND LIVRE DU FENG SHUI T (éd.broché) G.HALE Manrse 138 II Livre d'art HISTOIRE DU QUÉBEC Né J.LAC0URSIÈRE Henri Rivard 6 B.D.TH0RGAL N° 26 - Le royaume sous le sable VANHAMME/ROSKSN Lombard 3 28 Polar IA CONSTANCE DU JARDINIER Né J, LE CARRÉ Seuil 8 29 Cuisine SUSHIS FACILES Né COLLECTIF Marabout 80 30 Sc.Fiction B WERBER Albin Michel 3 IL Biographie il Etait minuit cinq à bhopal np LAPIERRE / M0R0 Robert laftont 35 II Roman TERRE ET CENDRES Né A, RAHIMI P.Oi.81 33 Biographie Qc AUTOUR DE OÉDÉ FORTIN J, BARBE Leméac 7 34 BD LE PETIT SPIR0U N° 10 - Tu comprendras quand tu seras grand ! T0ME/JANRY Dupuis 4 35 Polar M &C.HtGGf&OARK Albin Michel 2 II Biographie Qc LANDRY - Le grand dérangeant M VASTEL L'Homme 6 £ Biographie Qc RENE LÉVESQUE.T.3 - L'espoir el le chagrin Né P.GOOIN Boréal 9 38 Biographe Qc L'HISTOIRE DES MOLSON (1780-20001 K MOLSON L'Homme 5 39 Biographie MADONNA B.VICTOR Flammarion Qc 5 40 Arts LA COMMUNAUTE DE L'ANNEAU • Le livre du film J, FISHER Pré aux clercs 4 41 Fantastique HARRY POTIER ET LA CHAMBRE DES SECRETS, T.2 Né J, K, ROWLING Gallimard 106 il Cuisine LE VÉGÉTARISME A TEMPS PARTIEL ¥ WMKKT/DESAUUŒRS L'Homme 11 43 Santé DROGUES ; SAVOIR PLUS, RISQUER MOINS COLLECTIF Stanké 3 44 Roman Qc MADAME PERFECTA A.MAILLET Leméac 8 45 Cuisine TRUCS DE CUISINIERS ¥ L0ISEAU / GILBERT Marabout 69 «e Coup de cœur RB ¦¦¦ N.B.Hors prescrits et scolaires : 1" semaine sur notre liste Hombre de semaines depuis parution 24 librairies an Quebec '‘"‘°*' Pour commander à distance : ir (514) 342-2815 www.renaud-bray.com SCABRINI MEDIA Bien au-delà de la simple impression et [ Z AGMV Marquis «* IMPRIMEUR INC.La passion du livre québécois Longueuil • Montréal • Montmagny • Sherbrooke Livres BEAUX LIVRES OUVRAGE DE RÉFÉRENCE Arpenter Paris Un tour d’horizon de la ville qui a servi de muse aux artistes du monde entier CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Il y a le Paris des pierres, 3 y a le Paris des gens, il y a celui de l’histoire, celui de l’avenir, celui de la religion et des révolutions, 3 y a le Paris des arts.V31e de lettres, ville-musée, il faudrait des siècles pour en faire le tour.Les Éditions I trousse ont plutôt choisi d’en faire un livre.Ixirousse de Paris, qui vient de paraître en édition abondamment illustrée, suggère un tour d’horizon de la v31e qui a servi de muse aux artistes du monde entier.La promenade se déroule par quartiers.Dans un premier temps, on aborde Paris à partir des grands symboles qui le définissent: Sajnt-Germain-des-Prés, les Champs-Elysées, le Louvre, l’Arc de triomphe, la Bastüle, Notre-Dame de Paris, etc.Du Quartier latin, on dit par exemple qu’il abrite l'université et les métiers du livre depuis le Moyen Âge, empruntant d’a31eurs son nom à la langue jadis parlée par les savants.Du Marais, on saura qu’il doit son nom aux crues de la Seine qui l’atteignaient au Moyen Âge.Quartier de prédilection d’Henri IV, il connaît son apogée au XVIL siècle, qui y vit la construction de nombreux hôtels prestigieux et durant lequel on parlait lettres et arts dans le salon de Mme de Sévigné.Sur une photo du génie de La Bastille, qui tient la flamme de la liberté à la main, on s’arrête un instant pour se rappeler comment, le 14 juillet 1789, le peuple s’est emparé de cette prison, dont 3 ne reste presque plus de traces.Mais au Paris historique se juxtapose depuis longtemps déjà le Paris moderne, dont on visite par exemple le Centre Georges-Pompidou, ou qui amalgame une pyramide de verre aux ornements de pierre du vieux Louvre.Voici Paris, avec son métro interminable, qui a vu se lever la modernité, le Paris où les frères Lumière inaugurèrent leur cinématographe, en 1895, au Grand Café, boulevard des Capucins.En 1929, le premier film parlant, intitulé Le Chanteur de jazz, est projeté, dans l’ancien cinéma Auber, boulevard des Italiens.À Saint-Germain-des-Prés, bien sûr, on refait le monde avec les existentialistes, on s’attarde sur le jazz de Boris Vian, et puis on parcourt aussi Montparnasse qui, découvre-t-on, doit son nom, donné par des étudiants au XVIL siècle, à un mont grec consacré aux poètes et aux muses.Car ce Larousse de Paris ne se contente pas de refaire l’histoire, inépuisable d’aiUeurs, de la Ville lumière.Dans une seconde partie, presque aussi volumineuse que la première, les auteurs suggèrent de regarder de plus près les éléments, architecturaux ou sociaux, qui donnent à la v31e son cachet et qui, discrètement, la distinguent Au cœur des rues de Paris, donc, on détaillera la structure et l’usage des toits, l’histoire des immeubles et des hôtels.Les flâneurs s’intéresseront particulièrement aux passages couverts, dont chacun porte ses fonctions, ses drames, son histoire, sans oublier les fontaines, les cimetières et les gares.Dans une dernière section, on s’approche encore plus des Parisiens, avec leurs marchés, leurs antiquaires, leurs communautés ethniques.Ici, les mots de Jean-Claude Brialy, qui signe la préface de l’ouvrage, prennent tout leur sens: «On est de Paris comme on serait d’un cercle, on est élu Parisien, élu à vie, c’est une dignité, mais c’est une charge aussi.» Ce délicieux Larousse, qui est malheureusement trop imposant pour être glissé dans une poche, pourra lui servir de carte de présentation.LAROUSSE DE PARIS Editions Larousse Paris, 2001,361 pages HISTOIRE L’islam en petits morceaux MICHEL BÉLA IR LE DEVOIR En l’an 711, moins de 70 ans après la mort du prophète Mahomet, les armées arabo-mu-sulmanes envahissent à la fois le sous-continent indien et la péninsule ibérique.Dans cet empire immense qui enserrera l’Occident pendant plus d’un millénaire par le sud tout autant que par l’est, une civilisation d’un raffinement indicible se mettra à fleurir un peu partout avec des variantes qu’3 est presque gênant de qualifier de locales tellement elles mettent en cause des cultures entières.De Delhi jusqu’à Saragosse, de Ma-zar-é Charif à Marrakech et d’Istanbul jusqu’au golfe d’Aden, une fine forêt de mosquées, de minarets, de palais et de mausolées s’étendra au pied des montagnes comme des plateaux et des déserts.L’islam a partout donné naissance à des merveilles, on l’oublie trop souvent Et Àllah est bien grand.Bien sûr, il est illusoire de penser que l’on puisse décrire exhaustivement un monde aussi multiple: le sujet est trop vaste, trop touffu, trop riche.Mais en le découpant en petits morceaux, tels des carreaux de céramique, on peut arriver à donner de l’ensemble une image qui témoigne au moins de sa grandeur.C’est ce que l’on trouvera dans ce livre somptueux où la splendeur des photos originales recueillies patiemment sur le territoire d’un empire aux dimensions inconcevables s’allie à un texte d’une précision remarquable.Pâtes, frittes et glaçages y compris, on y apprendra tout sur l’art de la céramique et surtout sur ces fameuses particularités locales qui font que, lorsqu’on bâtit avec du bois, de la pierre ou de la brique, on n’utilise pas de la .même façon le matériau de pare ment qu’est la céramique.Les fiises des minarets de l’Ouzbékistan ne ressemblent pas à celles d'Ispahan.Et les rouges d’Iznik n’ont surtout rien à envier aux turquoises de Bastàm.Passant ainsi d’une technique à l’autre, de l’Asie centrale à l’Âtlantique ou du XIL au XV!!'*1*'1', de coupoles en voûtes diverses et de sarcophages en frises racontant des combats mythiques, c’est à un véritable éblouissement qu’on nous convie ici.Construites sur la foi, ces dentelles de pierre, de silice et d’oxydes chauffés réussissent toujours à d’abord révéler une âme multiple.Voilà un des plus somptueux visages de l’islam et — après tout ce que l’on a pu entendre au cours des derniers mois — l’un des plus enrichissants.Raison de plus pour s’y plonger.L’ART DE LA CÉRAMIQUE DANS L’ARCHITECTURE MUSULMANE Texte d’Yves Porter Photos de Gérard Degeorge Flammarion éditeur DOCUMENT Moins quinternet, plus que du bonbon MARTIN DUCLOS LE DEVOIR D> abord, les chiffres: l’édition de cette année du Quid compte 2128 pages, 39 millions de signes et, plus impressionnant encore, 100 000 faits nouveaux recensés, à l’exclusion des événements que l’on sait, date de tombée oblige.Fascinant, le Quid.Avec la ruée sur Internet et ce fol espoir d’y trouver non pas tout (même s’il y a de tout sur Internet) mais des sources un tant soit peu fiables, le Quid, à quelques petites lacunes près, s’impose toujours pour ceux qui souhaitent avoir sous la main un début d’amorce de référence absolue.Le doute, toujours lui, toujours aussi sain, doit subsister, mais avec le Quid, on s’égare moins que dans cet immense fourre-tout qu’est Internet Des lacunes?Le mot est fort, mais, oui, le Quid en a.Et elles étaient inévitables compte tenu de l’ampleur de l’entreprise, même s’il ne s’agissait que de le mettre à jour.Imaginez l’exercice: du pur délire.Toutefois, en consultant les entrées portant sur ce qu’on connaît, notamment notre tout petit monde québécois contemporain et moins récent, on a noté de petites choses qui justifieront les esprits chagrins de nous accuser de chipoter sur les détails locaux.Or les détaUs, c’est ce qui compte avec le Quid.S’il y a des erreurs là, quelle garantie avons-nous qu’il n’y en aura pas aux rubriques «Histoire des îles Turks et Caïques», «Principales hérésies» (page 495 au grand complet!) ou «Maladies infectieuses»?,On relève ainsi, à la rubrique «États - Canada - Québec», l’entrée suivante: «1940: les Québécoises obtiennent le droit de vote au provincial, droit quelles avaient au fédéral depuis 1921.» Or, si les Québécoises ont bel et bien obtenu en 1940 le droit de voter au provincial, droit qu’elles exerceront pour la première fois en 1944, au fédéral, elles ne l’ont pas obtenu mais s’en sont prévalues pour la première fois en 1921, le Parlement canadien le leur ayant accordé en 1918.Autres exemples, page 1019: on parle A'«Akwe-same» plutôt que d’Ak-wesasne.A'«Attikamels» plutôt que d’Attikameks.Un dernier, page 802: le massacre de 14 étudiantes à Poly en décembre 1989 n’a pas eu lieu le 7 mais le 6.Attribuons cela à la proximité des boutons 6 et 7 et des touches k et l sur le clavier et n’en parlons plus.Toutefois, l’angle singulièrement franco-français de l’ouvrage pourra étonner le lecteur non hexagonal.Tout ceci relève peut-être tout simplement du choix organisationnel de l’ouvrage.N’empêche que le fait de trouver toute l’histoire de la Seconde Guerre mondiale à la section «Histoire de France», y compris un encadré d’un tiers de page sur la «Guerre dans le Pacifique», peut faire sourire.Mais nous chipotons.Le Quid s'avère consternant d’ambition et répond à ses visées de très respectable façon.Tout un outil.Bien plus sélectif, bien plus fiable, en tout cas, que cette foutue toile.QUID 2002 Dominique et Michèle Frémy Robert Laffont/RTL Paris, 2001,2128 pages Viennent de paraître ANNE-MARIE ALONZO Veille Réédition, 108 p.15,00 S 3 — VEILLE .et la nuit Poésie, 84 p.18.00 S «r .en bout Je ligne changer Je langue les murs s’effritent et les vitres sont codées tout meurt comme tout saigne des enfants gémissent sur la place publique les fous rivent la lumière les visions se heurtent aux cadres quand I art est maître rien ne sauve le monde sinon le poème.*> EDITIONS TROIS » > vv» Jean-François Malherbe Déjouer l interdit DE PENSER Essais d éthique critique IcjH 1 rinç«m A5illi«ibc Dejouer interdit de penser /:. E V O l R .LES S A M E l> I •ï ET DI M A N ( Il E I li I) E C E M R R L 2 0 0 I Livres BEAUX LIVRES H S T O R E ROMAN QUÉBÉCOIS Dans le métro LOUIS CORNELLIER Moi qui ai tout de même pris le métro quotidiennement et avec bonheur à l’époque de mes études universitaires, je n'aurais jamais cru qu’il pouvait être si beau, si somptueux.Cela apparaît pourtant comme une évidence à la lecture du livre intitulé Le Métro de Montréal: 35 ans déjà, un ouvrage historique de luxe rédige par Benoît Clai-roux et magnifiquement illustré grâce aux archives de la STCUM.Ce livre devrait réconcilier même | les plus sceptiques avec ce patrimoine collectif tout aussi essentiel que grandiose.Son rédacteur, Benoît Clairoux, qui fait une entrée remarquée dans le monde de l’édition cette saison en publiant aussi une his-tpire des Nordiques de Quebec aux Editions de l'Homme, trace un portrait agréable et instructif de ce joyau montréalais en y allant de considérations à la fois historiques, techniques et artistiques.Avant son inauguration officielle, le 14 octobre 1966, le métro de Montréal fut d'abord un projet qui a connu 50 ans de tergiversations marquées par les manques de fonds, les chicanes corporatives et la mise au panier d’une multitude d'études de faisabilité et de rapports de souscomités techniques.C’est l'administration Drapeau-Saulnier qui a mis fin aux atermoiements, au début des années 60, en passant à l’action, forte de l’assistance technique de la Régie autonome des transports parisiens.Avec précision et concision, Clairoux raconte les débats qu’a suscités le choix d’un métro sur pneumatiques, préféré à la technologie fer sur fer, et les aléas des travaux d’envergure qui ont suivi, entraînant, entre autres, la mort de 12 ouvrière.Au coût total du réseau initial de 213 700 000 $ se sont ajoutées des sommes considérables consacrées aux multiples prolongements du projet de base.Aujourd’hui, le réseau compte 65 stations par lesquelles transitent quotidiennement plus de 600 000 usagers.Entre McGill, la station la plus achalandée avec ses 34 047 visiteurs par jour, et Georges-Vanier, la plus tranquille avec ses 2128 visiteurs, le métro offre à ses passagers un univers souterrain vaste et hétéroclite qui met en valeur le génie québécois architectural et artistique.Panni les réalisations les plus remarquables se retrouvent le vitrail de Marcelle Perron à la station Champ-de-Mars, celui de Mario Merola et Pierre Osterrath à la station Charlevoix, la sculpture d’acier de Maurice Lemieux à la station De la Savane, le magnifique Arbre de vie de Joseph Rifesser à la station LioneLGroulx et plusieurs murales d’artistes divers.La photo de Serge Jongué choisie pour illustrer la couverture de cet ouvrage montre quant à elle la jeune station Outremont dans toute sa beauté.LE MÉTRO DE MONTRÉAL: 35 ANS DÉJÀ Benoît Clairoux Éditions Hurtubise/HMH Montréal, 2001,160 pages Quoi faire, sinon écrire ?Le monde n'a pas progressé depuis un demi-siècle, si ce n'est pour quelques avancées technologiques; les écoles comme les universités sont des milieux scléroses où ceux qui enseignent, le premier enthousiasme passé, se contentent d’abrutir leurs élèves en leur ânonnant un savoir inutile: le Canada est un pays insignifiant, gouverné comme le Québec par des pleutres et des incompétents; la femme est parfois le salut de l’homme, mais le plus souvent sa perte: ce ne sont là que quelques-uns des points de vue, des parti pris que Pierre André prête aux personnages de ses romans de puis Petits pas de danse (même éditeur, 1999).Le romancier n’en fait pas pour autant ses porte-parole, ni des citoyens particulièrement engagés.Il leur permet simplement, tout en leur prêtant vie, de penser — tendance gauche anarchisante — et pour les hommes, de désirer plutôt à droite, version machisme bon teint Car ils vivent, ces personnages, dans les mots qui les disent, tout en s’offrant à une lecture.Allons donc, à mon avis, est un exploit romanesque, d’autant plus étonnant qu’il suit de très près celui de La Leçon de narration, paru l’an dernier, qui était un chassé-croisé brillant d’un auteur et de ses personnages, un roman-dans-le-roman mené de main de maître où la leçon, pourtant soulignée, se laissait suivre en tout plaisir.Cette fois-ci, en dépit de l’allant apparent du titre, nous sommes conviés à un enfermement, à l’immobilité, à la folie solitaire d’un homme prématurément vieilli qui semble revenu de tout.Cynique à force de désillusions, il aurait pris congé de la société, s’assurant ainsi qu’il ne lui arriverait plus rien de fâcheux.C’est un retraité précoce qui, s’il avait été écrivain, n’aurait pu qu’inventer un personnage «misanthrope et misogyne à la fois», c’est-à-dire un alter ego qui lui aurait ressemblé.Voilà pourtant qu’advient un incident.Presque rien, à la vérité.Dans un bar, il observe à la dérobée une femme qui prend un verre avec une amie.Elles bavardent, et puis partent.Or la première, sans s’en rendre compte, laisse son sac à main sur la banquette.Et lui, qui n’a rien du cleptomane ou de l’escroc, se glisse près du sac et s’en empare.Que va-t-il faire dès lors?Se rabattre sur les mots comme en un ultime refuge, écrire à cette inconnue une longue lettre, sorte de bouteille à la mer qui ne parviendra peut-être pas à destination: c’est le roman qui nous est donné à lire, ordonné comme une sonate ou une symphonie verbale en trois temps, regroupés en autant d’ensembles numérotés — «Mouvement 1», «Mouvement 2», etc.— suivis de trois courts chapitres, titrés «Week-end», également numérotés.Robert C h artrand Cet ordonnancement d’ensemble, qui paraît strict, permet cependant un foisonnement de propos où celui qui écrit se fait tour à tour narrateur, témoin, moraliste, mémorialiste, voire romancier.Il tentera bien sûr d’expliquer pourquoi il a dérobé ce sac à main, ce qui n’est pas simple.Par oii commencer, comment s’y prendre?Se faire connaître d’abord, se confier à cette femme?Il va en effet se raconter par à-coups, avec une sorte de reticence, et remonter jusqu'à sa naissance même, ce premier inconvénient — pour paraphraser Cioran — qui lui est tombé dessus.D va dire les femmes, trois au total, qui ont compté dans sa vie.Mais il dit bien davantage, dans un désordre apparent, se laissant entraîner dans de multiples digressions qu'il pratique comme un art, à la faveur d’un simple mot, d'un souvenir.Ce monologue écrit l'occupe tout entier pendant quelques jours.Il ne fait que cela: écrire sur lui-même, mais également sur elle, dont il tente de reconstituer la vie.Il s’est permis de fouiller dans son sac à main: il y a son nécessaire de maquillage, des lettres à partir desquelles il va se faire une image d'elle et de ses rapports avec son «ex-amant».Le voici devenu un détective d’occasion qui, tout en restant enfermé chez lui, analyse les indices qu’il a sous la main.Cette appropriation de l’intimité de cette inconnue n’a cependant rien d’une curiosité malsaine.H s’agit plutôt, on le devine à mesure, d’une tentative de rapprochement.d’un acte de lecture de cette femme dont il reconnaît la part fascinante d’arbitraire.«Vous faites partie de mon délire», lui avoue-t-il.Ce qu’il écrit à cette étrangère, en empruntant mille détours, ce pourrait être une lettre d’amour qui invente — ou reconstitue — un couple impossible — il imagine sa réaction lorsqu’elle saura qu’il a de-robe son sac à main et pris connais- PIERRE ANDRE Allons donc sance de son contenu.Cet homme seul, qui assure préférer la compagnie des mots à celle de ses semblables, qui s’était promis de laisser le monde et son propre passe' à leur décousu, voilà qu’il essaie de leur redonner un semblant de e'ohéren-ce, par l’artifie'e des tirets: «les-pltts-belles-pages-de-mon-histoire-amou-reuse», «la -L I V R E S - B E A IT X LIVRES ROMAN DE L'AMÉRIQUE Un livre est une île Existe-t-il encore des mondes perdus ?Barbara Hodgson écrit des «romans illustrés».En 1999, elle avait livré, dans sa traduction française, un livre étonnant, La Sensualiste, construit autour d'une intrigue érudite, somptueusement tapissée de planches anatomiques d’époque.Elle récidive aujourd’hui avec Terrae incognitae, d’aussi belle facture que le précédent, et qui tente de répondre, à l’heure du tourisme de masse et d'aventure tous azimuts, à une question présentant un intérêt littéraire évident existe-t-il encore des mondes perdus?La carte géographique, en tant qu’ins-trument de connaissance, a d’abord paru relever du domaine de l’art avant de devenir l’apanage des scientifiques et de leurs satellites.Son imprécision même était garante de rêverie, d’un sens du merveilleux qui s’est ensuite perdu, exilé du monde réel pour être relégué aux conjectures de la fiction.Ce flou stimulant, situé à la charnière de l’histoire et de la vie imaginaire, forme la mer sur laquelle navigue ce roman.Le héros, Hippolyte Webb, grand globe-trotter devant l’Eternel, découvre un jour, sur son antique mappemonde, trois îles minuscules, privées de nom, simples points perdus aux confins de l’océan Antarctique, entre les Falklands et l’archipel de la Géorgie du Sud.Sa curiosité piquée, il retrace alors sa trouvaille sur les cartes dessinées par les explorateurs du dix-neuvième siècle, pour la plupart chasseurs de phoque en quête de nouveaux troupeaux.Le problème, c’est que les Aurora, car tel est leur nom, disparaissent ensuite de la surface de l’atlas.Leur réalité fragile s’efface, balayée par les relevés postérieurs, comme si elles n’avaient jamais existé.Simple er- reur due aux techniques defaillantes du temps ou bien illusion d'optique?Hippolyte va choisir l’hypothèse qui convient le mieux à son tempérament les Aurora existent bel et bien, elles ont tout simplement sombré dans l’oubli.Elles auront réussi à échapper, terres hostiles, écartées, au vaste quadrillage de la technologie et aux monstrueux pouvoirs de la connaissance humaine.Tout au bord du troisième millénaire, les Aurora continuent de résister à l’emprise du savoir global.C’est décidé: il va partir à leur recherche.Les récits de navigation, journaux de bord et documents anciens, cartes approximatives, traces écrites laissées par les explorateurs d’un monde qui n’était pas encore «fini», nourrissent l’imagination et la quête d’Hippolyte tout comme les romans de chevalerie, celle de Don Quichotte.Mais le Quichotte de Hodgson évolue dans un monde en principe entièrement répertorié, et c’est donc aussi l’univers d'un Borges qu’il évoque au détour Hippolyte veut croire qu’une simple mention égarée dans le savoir encyclopédique des hommes, retrouvée ensuite par hasard, peut receler un monde prêt à se déployer, rêvé ou réel, mais recensé, de toute manière, dans la grande bibliothèque des possibles.Entendons-nous: Hippolyte n’ambitionne pas seulement de «redécouvrir» les Aurora.Il souhaite, en les décrivant les faire accéder à rien de moins que la réalité.Ses maîtres s’appellent Darwin, Audubon et Humboldt.L'entreprise apparaît considérable: faune, flore, sol, rien ne semble devoir échapper à son remarquable souci d’exhaustivité.Une terre neuve appelle une connaissance vierge, et Hippolyte veut re- mettre les compteurs à zéro.11 est un Robinson Crusoè du Savoir.11 devra aussi, detail presque négligeable à son avis, suivre un cours de voile et apprendre à naviguer en solitaire au milieu des eaux les plus agitées du globe.Les Aurora existent-elles?Hippolyte, du moins, va les trouver.Mais la question continue néanmoins de se poser.Hippolyte n’est-il qu’un fou qui, à la suite d’autres fous, a vu surgir de l'océan, au lieu d’une armée de moulins à vent, cet archipel solitaire battu par les flots?L'interrogation taraude, pendant toute la seconde moitié du livre, Marie, la directrice littéraire de la maison d’éditions à laquelle Hippolyte, moyennant une avance de fonds, a promis le récit de son aventure.La mise en abîme est parfaitement réussie: Hippolyte doit relever le défi d’amener Marie (et, donc, les lecteurs d’un livre qui existe, et n'existe pas encore: nous) à croire que les Aurora possèdent bel et bien une réalité.La naissance du livre, problématique, sera tout aussi passionnante que la découverte qui doit être narrée, à laquelle l’unit une parenté évidente: «faire croire», pour Hodgson, semble bien être le problème littéraire par excellence.Hippolyte débarque à New York avec ses caisses de spécimens, ses vieilles cartes et sa foi pour seules armes.L’éditrice réclame du vécu, il brandit ses preuves: bribes de langage et de lichens, coquillages et croquis de pingouins.Aspect visuel époustouflant Comme un Hubert Aquin dans son «trou de mémoire», l’auteure soumet donc, par éditrice interposée, son propre récit à l’épreuve de la lecture.L'entreprise est maîtrisée de bout en bout, à la fois mine de savoir et tremplin pour l’imagination.Car Barbara Hodgson pose une question bien faite pour han- Louis H a m e l i n ?*.Nelly Arcan Putain 192 pages - 24,95$ PUTAIN [.] la révélation de la rentrée ici comme en France.La jeune Québécoise y crache sa haine d’elle-même, et du monde, avec un talent fou.Pascale Navarro,Voir Une sorte de diamant noir qui étonne par sa profondeur.Louis-Bernard Robitaille, La Presse Il y a là une véritable voix d’écrivain, une vision implacable du monde, une justesse de l’émotion.Danielle Laurin - Elle Québec Putain: le titre résonne comme une insulte et un défi.Là non plus, pas de complaisance, mais la tourmente d’une condition paradoxalement assumée (.) Patrick Kékichian, Le Monde Ce premier roman prend la forme d’une longue litanie jonchée de mémorables fleurs de rhétorique.Éric Loret, Libération Ecrit avec un souffle étonnant et parfois de vraies envolées, Putain est un cri du coeur [.] Odile Tremblay, Le Devoir Une plume forte et incisive, au verbe acerbe et dru.Le résultat surprend, dérange et agresse les coeurs sensibles.Guillaume Bourgault-Côté.Le Soleil Ce récit vitriolique ne procède ni par exhibitionnisme sordide ni par auto-apitoiement.Au contraire, il propose une lecture radicale du rapport entre les sexes à l’aube du XXI' siecle.Stanley Péan, Le Libraire ter le lecteur-découvreur, et qui fut déjà ressassée par Marcel lYoust dans un célèbre passage de La Recherche: peut-on dire qu'un lieu existe réellement, totalement, si nous ne l'avons pas d’abord imaginé?Aux «noms de pays» de Proust, Hippolyte ajoute donc ceux des albatros à sourcils noirs et des rorquals à museau pointu, des gorfous sauteurs et des marsouins à lunettes, des patelles, petrels à menton blanc et manchots de Magellan, des skuas, de «Cras-sula moscata» et de «tara trifida», parmi Luit d’autres.L’aspect visuel est époustouflant.J’ai examiné les planches couleur de ce livre dans un état qui s’apparente à une transe religieuse.La variété se déploie, donnant une mesure de l’infini: pages de journaux de bord jaunies, no- tations manuscrites, croquis de la main de l’auteur-navigateur (il est obsède par les pingouins!).illus trations tirées de vieux ouvrages, noms latins des étoiles et des fougères, lettres dactylographiées, cartes anciennes (dont l'une, indi quant les courbes magnétiques, se déplié).Avec Terme incognitae, Barbara Hodgson, entre science et chimère, me paraît avoir accompli le rêve légitime de tout romancier elle a fait tenir le monde dans un livre.T err.ie Incogni tae Barbon Hodgson TERRAE INCOGNITAE Barbara Hodgson Traduit de l’anglais par Marc Albert Seuil Chronicle Pains, 2001,281 pages NAfaSSfMPNT C'ctIpv fi Andrée A.Michaud Le Ravissement Roman 24,95 $ Prix littorairo du Gouverneur général 2001 Ijushnit n/cmc ravissement ! 20,95 $ 29,95 $ Nadine Grelei E H ŒSHi ,ES ViÉU* COU K f NT PAS ¦¦¦j ITS «fUtS WM S UV T in passai, NOUVELLES • 168 PAGES • 17,95 $ ROMAN • 200 PAGES • 19,95 $ ROMAN *210 PAGES»21,95 $ ROMAN» 132 PAGES» 17,95$ NOUVELLES.128 PAGES GUIDE CULTUREL» 304 PAGES • 24,95 $ ANNUAIRE ÉCONOMIQUE ET GÉOPOLITIQUE HUMOUR • 120 PAGES • 19.95 $ MONDIAL»672 PAGES»27.95 $ I- F: 'itnpnnp BIOGRAPHIE »632 PAGES *29.95 $ mm ) LE DEVOIR.LES SAMEDI là ET DI M A \ < H E I »> D É < E M B R E 2 O O I I) 7 M*' Livres BEAUX LIVRES HISTOIRE LITTÉRAIRE LE FEUILLETON Victor Hugo intime LeS mensonges de l’enfance CAROLINE MONTE ETIT LE DEVOIR Plus qu’un écrivain, c’est un monument Au point que ses contemporains lui ont reproché cette gloire toute-puissante.Plus d’un siècle après sa mort, Victor Hugo est encore bien portant parmi nous, à travers les Gavroche, Esmeralda et Quasimodo qu’il a enfantés.Dans une collection de coups de cœur, où on s’est déjà, notamment, intéressé aux vies de Jean-Sébastien Bach ou de Marcel Proust, Jérôme Picon et Isabel Violante signent cette année un Passion, Victor Hugo, la légende et le siècle, qui retraverse, par la reproduction de documents, de photos et de dessins, la vie de l’écrivain qui est peut-être le mieux connu de l’histoire de France.Paru chez Textuel, l’ouvrage recrée, plus par les images qu’il offre que par le texte, l’ambiance politiquement surchauffée qui a assisté à la naissance des œuvres d’Hugo.Car l’homme, qui était déjà, à 23 ans, consacré poète officiel du régime, a étroitement participé au siècle qui a vu la France se transformer après la Révolution, passant, non sans soubresauts, de la monarchie à la république.Pour en savoir plus sur cette époque charnière et sur ses écrivains, notamment sur Hugo, on lira le fabuleux essai Les Voix de la liberté - Les écrivains engagés au XIX' siècle, de Michel Winock, paru au Seuil.Dans l’ouvrage paru chez Textuel, Hugo est décrit, à un moment donné, comme un «mélange de bourgeois, de républicain et d’impérial», cocktail symptomatique des ajustements politiques de l’époque.Au fil des photographies, qui représentent souvent l’écrivain bourgeois, l’œil perçant et alerte, le cheveu frisé, on rencontrera aussi Hugo dramaturge, qui connaîtra les hauts et les bas de la réception et de la critique.On n’oublie pas non plus le Hugo passionnément opposé à la peine de mort, troublé par la vue d’un condamné qui monte sur l’échafaud.C’est cette préoccupation qui lui fera notamment écrire Les Derniers Jours d'un condamné.Car Hugo s’est tout au long de sa vie préoccupé des conditions des prisonniers et de la peine de mort.Un homme qu'il a vu condamné parce qu'il avait volé un pain deviendra Jean Valjean, le héros des Misérables.Le texte, signé Jérôme Picon et Isabel Violante, s’intéresse pour sa part à la vie de Hugo selon le mode chronologique.Né d’un père militaire et d'une mère orpheline, il est le plus jeune des trois fils.On sait que son frère Eugène a sombré dans la folie après avoir écrit quelques vers, ce qui le posait, en quelque sorte, en rival de Victor.D'Adèle, épouse de Victor Hugo, on sait aussi qu’elle était aimée de l’écrivain Sainte-Beuve, et que cet amour divisait le couple.Mais le grand écrivain ne s’est pas privé lui non plus d'amours clandestines, même si on sait qu’il a partagé quelque quarante ans de sa vie avec la comédienne Juliette Drouet, sa maîtresse dévouée.Portrait d’un homme que l’humanité n'est pas près d'oublier.PASSION: VICTOR HUGO, LA LÉGENDE ET LE SIÈCLE Jérôme Picon et Isabel Violante Textuel Paris, 2001,193 pages ütiégfsiiSe «tiesète I Victor Hugo d!’?! ’tr.f î iC.-ri ViiStetlHe 1 n’y a pas d'âge où le passe ne finisse par nous rattraper, car tôt ou tard un hoimne a besoin de savoir d’où il vient.Chez certains, cela arrive tardivement, chez d'autres beaucoup plus tôt.Né en 1954 à Nagasaki, arrive en Angleterre en 1959 avec sa famille, Ka-zuo Ishiguro s'est toujours défendu d’être un écrivain japonais vivant en Angleterre.Il voulait être un écrivain britannique à part entière.Il y a amplement réussi si on considère que dès la parution de son premier livre en 1983, Lumière pâle sur les col- ?« Unes, la Société royale de littérature lui accordait le Winifred Holtby Award: que son second livre, Un artiste au monde flottant, était récompensé par le Whitbread Book of the Year en 1986; enfin, que le prestigieux Booker Prize était décerné en 1989 à son roman Les Vestiges du jour (repris en film par James Ivory).Preuves de sa parfaite intégration dans la société britannique.Bien que ses premiers livres mettent en situation des Japonais qui reviennent sur leur passé (du moins jusqu’aux Vestiges du jour, qui met en scène un majordome anglais), son dernier, Quand nous étions orphelins, suit le parcours inverse.Cette fois c’est un citoyen britannique, le célèbre détective Christopher Banks, qui retourne en Orient, à Shanghai, sur les lieux de son enfance.Un conte policier Nous sommes en 1937.Ce que Christopher va chercher à Shanghai, ce sont les traces de ses parents, disparus dix ans plus tôt à la suite, supposât-on, d’un enlèvement.Son père travaillait en ce temps pour une puissante entreprise occidentale, la Morgan-brook & Byatt, une société lourdement impliquée dans le trafic illicite de l’opium en Chine.Sa mère, elle, était une activiste travaillant à faire cesser ce trafic.Fa- Jean- Pierre Denis mille, donc, on ne peut plus harmonieuse.Christopher, dont les talents de détective se sont avères précoces et qui a résolu quelques-uns des crimes les plus obscurs et les plus crapuleux qui aient eu lieu en Angleterre dans les années trente, s'est fait une réputation qui n’est pas sans rappeler celle de Sherlock Holmes.11 en a même la loupe avec manche d’ivoire, cadeau ironique de camarades de classe qui croyaient alors se moquer de lui.Sa réputation est telle que même ses compatriotes (Anglais) de la Concession internationale de Shanghai en ont entendu parler et l'accueillent comme un sauveur.J'ai parlé de Sherlock Holmes, mais là s'arrête la comparaison.Car bien que ce roman se présente comme une investigation de type policier, pas un seul moment nous n’entrons dans le dé tail des enquêtes.Ici, pas d'indices nommés, expliques, supputés, déduits, raisonnés.Nous nous trouvons toujours après coup, sans explication.Ce qui prouve bien que nous ne sommes pas dans un roman policier.D’ailleurs, les développements de son enquête à Shanghai sont à ce point invraisemblables que je me suis demandé si ce roman n’était pas un canular, voire s’il n’était pas raté.C’était méconnaître le talent pervers, la duplicité d’Ishiguro.En réalité, s’il y a enquête, c’est d’aulre chose: celle de l’enfance qui brille au creux de toute mémoire et que nous passons notre vie à essayer de reconstituer.Dans le cas de ce roman, cette quête est d’autant plus compliquée quelle repose sur des indices qui ont été trafiqués à l’origine par un oncle qui voulait protéger l’enfant, et ses propres intérêts.Plus compliquée encore parce que, au fond de chacun de nous, il y a toujours un double mouvement à l’égard des parents.Certes voulons-nous les retrouver, ne pas les perdre, KAZUO ISHIGURO QUASH MKMI KIN ORPHELINS j (C'ri.iV ' MÉrrmievy mais en même temps leur disparition est le gage que nous pouvons vivre par nous-mêmes, et en gardant d’eux le meilleur souvenir.Il y a ainsi quelques passages où nous ne sommes plus sûr si Christopher n’est pas sur le point de tout abandonner, notamment au moment où la belle Sarah lui propose de fuir avec lui.C’est à cet instant précis, d’ailleurs, où le sort dispose de lui, comme en un rêve, et où il se retrouve dans la zone de Shanghai bombardée par les Japonais, traversant les décombres d’un quartier sordide pour y découvrir son vieil ami d'enfance, Akura, toujours vivant et qui, sur une remarque de Christopher à propos des illusions qu’entretiennent les adultes sur le monde, toujours «plus beau», de l'enfance, lui répond: «Important.Très important.Quand nous avons nostalgie, nous nous rappelons.Un monde meilleur que celui-ci, celui nous découvrons en grandissant.Nous nous rappelons, et nous désirons le monde meilleur.Tellement important.» Tout ce passage est absolument invraisemblable selon des critères réalistes, et en même temps absolument juste! Ce qui est ici à l’œuvre, c’est la force du désir et celle de l’inconscient, cette formidable machine à produire du hasard objectif.le plus curieux, c'est que nous nous mettons à y croire, à la condition, bien sùr, que tout cela reste une sorte de conte, et non un compte rendu de la réalité.Finalement, de son père Christopher apprendra qu'il n’a jamais été enlevé, bien qu'il soit aujourd’hui mort.Quant à sa mère, qu’il retrouve en fin de récit, il saura au moins quelle n'a jamais cessé de l'aimer, bien quelle ne soit plus à même de le reconnaître.«Notre destin (écrit le narrateur) est d'affronter le monde comme les orphelins que nous sommes, poursuivant au fil de longues années les ombres de parents évanouis.» Les ombres du passé pèsent toujours lourd dans les récits d'Ishiguro, et c'est cette fois dans une langue à la fois limpide par son classicisme et exagérément british qu’il en dessine les contours.Comme pour mieux établir une distance avec l'émotion et le sentiment, et pas seulement parce qu'il situe l’action dans les années trente.L'impression qui se dégage, c’est le sentiment non seulement d’avoir lu une histoire, mais d'avoir vu un film en noir et blanc des années quarante.Les personnages y sont un peu exagérés, comme entourés d’un halo, les situations convergentes, le monde comme suspendu autour d’une absence, mais tout cela sans métaphores, dans une langue lisse, sans aspérité.C'est dans le pointillé du récit, dans ses creux, ses va-et-vient que l'on finit par appréhender cette cartographie de l’enfance dont nous savons si peu, mais qu’lshi-guro comprend si bien, lui.Sans doute pas son meilleur roman, mais comme toujours fascinant.ilonisjpa videotron.ca QUAND NOUS ÉTIONS ORPHELINS Kazuo Ishiguro Traduit de l’anglais (Angleterre) par François Rosso Editions Calmann-Lévy Paris, 2001,376 pages LU 2 x a D CO LU rie Laberge Louis Hamiiin t AU MI V l(#N» AUI i CATQBlfT-AS Bore»! ROMAN • 768 PAGES • 29,95 S THÉÂTRE • 102 PAGES • 14.95 S ROMAN • 228 PAGES • 22,50 $ 17,95 S ROMAN • 272 PAGES • 22,50 $ NM MU TH o Uj 1 a Revolution «li s «Iroits ^ 1 »*•«< J*C0»S I a Nature des économies 5 S éï?ESSAI *144 PAGES *19,95$ r *’ -v ÉCONOMIE • 198 PAGES * 22,95 $ HISTOIRE *288 PAGES *29.95 S PHILOSOPHIE POLITIQUE 360 PAGES * 29.95 S > O et LU LU tt CÙ < O CORRESPONDANCE•832 PAGES 34,95 $ Serge Boix hAril lie mime «U xcwJ de TourM* www.editionsboreal.qc.ca B.C N° 131 • ESSAI 224 PAGES-13.95$ E Nuzjrmr Jacoh I m Bulle d em ir BX.N° 130 • ESSAI 150 PAGES *11,95$ I Hrtènr Moacnc Lf Goodroa rx lev Plume B.C.N° 129-ROMAN 168 PAGES-14.95$ ?* * t L K DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE I ti DÉCEMBRE 2 0 01 I) 8 -^ L I V I! E S *»- BEAUX LIVRES William Klein ou l’œil insolite OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR De Salgado à Cartier-Bresson en passant par Doisneau, l’organisme Reporters sans frontières (RSF) rassemble, depuis plus de duc ans, les clichés des plus grands photographes contemporains et les offre sous forme d’albums d’excellente facture.RSF, dont la vexation initiale consistait à couvrir des événements que la «grande» presse négligeait se consacra rapidement et exclusivement à la défense de la liberté de la presse à travers le monde.A ce propos, le bilan n’est pas folichon, rappelle RSF: pas moins de 108 journalistes seraient actuellement ici et là emprisonnés et 29 sont décédés sur le terrain en 2001 seulement Après Willy Runis, publié en avril dernier, RSF propose un huitième album, consacré au photographe américain et français de cœur William Klein.Vous avez dit.William?C’est bien cela: les Klein ne font pas tous dans la liquette, et je gage la mienne que plusieurs des clichés ne vous seront pas inconnus, que vous soyez ou non amateur de photographie.Rappelons que ces stars discrètes de l’image, ou leurs héritiers, offrent leurs droits d’auteur à RSF', que d’autres partenaires, dans les domaines de l'édition, la distribution ou la promotion, permettent la réalisation de ces publications à prix d’aubaine.A chacun d’en profiter.Peintre, graphiste, photographe autodidacte, finalement cinéaste expatrié vers la France de la Nouvelle Vague, William Klein posait, dès 1954, un regard tout à fait insolite sur ses congénères.Au retour d’un long séjour européen, U se met en tête de photographier New York.Travaillant au grand-angulaire, Klein approche, infiltre son sujet Ce qui fascine et dérange, dans son regard, c’est l’instantanéité d’une image jamais volée: les hommes, les femmes, les enfants de Klein paraissent a la fois surpris et amusés, complices ou charmés, ce qui rend immédiatement le photographe ou, rêvons un peu, le lecteur fort sympathique! Quand elle ne sent pas la rue, la photo de Klein transpire: le ring, le métro, l’affluence.Klein s’intégre à la foule, attire les regards, puis, en une fraction de seconde, un soixantième tout au plus, on l’imagine déjà ailleurs.Tout est dans la boîte, il prend le large, n’appartient plus à la fourmilière.On a souvent dit de ses images qu’elles étaient dures, violentes ou menaçantes, et Klein n’a pas démenti.Dures, oui, mais dans la forme plus que dans le fond: cadrages serrés, hauts contrastes, flous de bougés, coups de flash furent autant de gifles à la routine photographique des années 50.Pour le fond, en matière de violence, on a vu plus inutile et bien pire.Klein le confesse en légende d’un cliché (contact peint) montrant un gamin pointer une arme dont on ignore s’il s’agit d’un jouet «Cette photo est perçue comme un symbole de la violence chez les jeunes.Pourtant, dans l'image suivante, le petit monstre menaçant ne fait que jouer et se marrer.» La magie Klein se résume en un cliché et demi, page 53.WILLIAM KLEIN Moscou, 1961.Spectateurs multiethniques du défilé du 1" mai.On s’en doute, cette vision de New York, qui vous gratouille déjà, ne cadrait pas concrètement avec la genèse du rêve américain.Le travail de Klein sera jugé nul, inutile et subversif en terre de liberté.Pour en finir, r«empire du bien» lui montra aimablement la porte de sortie.Et Klein retourna s’installer définitivement en France.Et Klein remporta le prestigieux prix Nadar pour son bouquin New York.Et Klein fut consacré, à la Photokina de Cologne, l’un des 30 photographes les plus importants de l’histoire de la photographie.Voyage sans chronologie En plus de la bougeotte, l’ami avait désormais cette notoriété qui lui permit, entre deux contrats pour le magazine Vogue, de faire des reportages sans compromis sur d’autres grandes villes: Rome, Tokyo, Moscou.Rappelons que vers 1961, le mur de Berlin était là pour rester, et nous admettrons sagement que les autorités de l’époque furent intriguées par cet Américain turbulent.Tout cela ramène à l’album puisque Klein y propose un voyage sans chronologie.Paris 1982, Turin 1990, Tokyo 1961, Dakar 1963.Le monde est petit Dans une modernité hallucinante, toutes les photos semblent avoir été prises hier, dans la même rue.Qu’elles soient pages ou doubles pages, elle se succèdent et remplissent l’espace autant qu’elles le peuvent.Les reproductions sont de qualité, les noirs, profonds.La reliure, non brochée, est quant à elle d’un genre récalcitrant: n’hésitez donc pas à aplatir votre ouvrage afin de tirer un maximum de jus de ces belles doubles pages.Vous êtes autorisé à vous asseoir dessus.Prêtez-le à votre copine et faites-vous le piquer.Soyez pépé et achetez-en deux, c’est pour une bonne cause! WILLIAM KLEIN Pour ia liberté de la presse Reporters sans frontières Paris, 2001,120 pages SOCIÉTÉ Téflon cérébral et pubs de char LOUIS HAMELIN Le «beau livre» peut-il être subversif?À cette question subtile, Yves Boisvert, amateur de boutades et coauteur, avec la graphiste Dyane Gagpon, de La Pensée niaiseuse, aux Éditions d’art Le Sabord, rétorquerait sans doute, mâchoire carrée, gueule songeuse-ment en baveuse: «Il en est de la sorte à peu près toujours en général.» Car la langue de bois, l’auteur de Oui = non connaît bien.Depuis l’inoubliable Verdict majoritaire qui accompagnait le recueil Gardez tout, prix littéraire du Journal de Montréal en 1987, il la triture en tous sens et la débite en éclisses pour alimenter les hauts fourneaux de sa poésie.Lin beau livre, donc?Et comment! Et aussi: hilarant, inclassable, surprenant à chaque page et, dans le mariage parfaitement réussi d’une imagerie délirante et d’un texte plein de vigoureuse provocation, l’ouvrage le plus original paru au Québec depuis longtemps.Yves Boisvert est le poète des frontières de la poésie.Le livre qu’il cosigne avec Gagnon tient à la fois de l’essai sociologique, de la fanzine chic post-n’importe-quoi, du conte illustré parodique jusqu’à la férocité et de la plus pure expérience poétique.Cette verve satirique se retrouvait déjà dans Les Chaouins, douteux album de famille dans lequel le tandem Gagnon-Boisvert célébrait le règne de la diversité à travers l’esprit rebelle ir- récupérable des rangs de campagne.Même audace formelle, même travail sémantique £ur la matière d’une imagerie d’Épinal soumise à rude épreuve par les bons soins de la graphiste.Cette fois, les deux zigotos ont choisi pour héros le comte d’Hydro, as de la pensée conforme et de l’uniformisation des zones rurales et urbaines transformées en autant de banlieues à pylônes.Le commerce à la place du rêve, et les publicités clinquantes des années cinquante, d’une gênante pertinence avec leur appel à l’instinct d’imitation perçu comme la suprême vertu des masses salariées.Le discours de Boisvert pousse l’ironie jusqu’à épouser perversement les contours de la parole bureau- Histoire du Québec Jacques Lacoursière Livre d'art haut de gamme, numéroté • JO reproductions de tableaux de la collection du Musée du Québec, collées à la main • JJ poèmes choisis parmi ceux des plus grands poètes du Québec • Tirage limité à $000 exemplaires numérotés • Reliure de l’album et reliure du livret-médaillon exécutées partiellement à la main, plats recouverts pleine toile fil fin, titre et décorations fleurdelisées poussés à Tor, signet et cordon fermoir en tissu, tranches de tête, de pied et de gouttière décorées à la main au tampon • Pages intérieures du livret-médaillon sur papier Saint-Gilles pur fil blanc • Impression sur papier guébécois sans acide • Présentation sous coffret Je protection • Grandeur hors-tout: 2$, 5 cm x 37»5 cm • Présentation des peintres par David Karel, historien d'art • Présentation de poètes par Jean Royer, président Je T Académie Jes Lettres du Québec ‘Beaux-Livres HENRI IQVARD ¦ * I En vente chez votre libraire ÉDITEUR l’état du monde 2002 Pour comprendre le ni on de d \i ujourd hui • Le seul annuaire économique et géopolitique mondial au contenu entièrement renouvelé • Une analyse approfondie des grandes tendances planétaires • Un bilan de l'année pour les 226 États et territoires de la planète • Les enjeux politiques et économiques à l'aube du 3* millénaire Boréal ww w.cdit ionsborcal.qc.ca en collaboration avec LE DEVOIR 672 pages • 27,95 $ cratique qu’il s’est donnée pour cible, la retournant comme un gant pour mieux l’investir et en mettre à nu les ressorts.Dans la partie centrale du livre, plus aride de prime abord mais marquée au sceau d’une puissante invention verbale, on plagie à merveille le style «formulaire gouvernemental», Boisvert, au lieu des péremptoires affirmations politiques auxquelles il avait accoutumé son public, se permettant même de lui offrir, cette fois, des questionnaires à réponse multiple! L’imitation, recours préféré des commerçants, humoristes et gouvernants de cette province kom-lézôtes en mal de «séparage», se voit alors elle-même singée avec malice par des auteurs qui, pour bien enfoncer le clou, empruntant sans vergogne les méthodes de l'ennemi, ont vendu chaque page de leur magnifique ouvrage à des bâilleurs de fonds amicaux, privés et/ou surtout improvisés, qui s’y retrouvent affichés en bonne place, comme les vulgaires commanditaires associés qu’ils sont, parties prenantes, donc, d’une souveraine logique du «produit».Toujours subversif?Mais alors, où s’arrête la dérision et où commence l’opération de financement et de pré-vente?Le ronflant «Faites comme eux» qui sert de devise au comte d’Hydro et de leitmotiv emblématique à la «pensée niaiseuse» se fait alors, veux veux pas, particulièrement grinçant.De toute manière, ces deux-là restent parfaitement lucides.«[.] la mission de ce type de communication est d'ordre économique.», écrit avec le mortel sérieux qu'on lui connaît Yves Boisvert dans sa brève introduction, avant de reconnaître qu’il y «adhère sur le mode de la parodie».Et Dyane Gagnon: «J’ai fondé mes choix esthétiques sur le principe de l’emprunt, du préfabriqué et de l’apparence.J’exploite le stéréotype.» D y a, dans les trouvailles de ce couple, un peu du pif de Jacques Ferron (celui du Parti Rhinocéros.).Rarement a-t-on la chance d’être convié, dans la production littéraire courante, à une farce aussi hé-naurme, qui réussit, en décortiquant les mécanismes mimétiques de la publicité et de la conformité sociale, à saper le confort moral de toute position idéologique fondée sur la seule consommation.Cette charge réjouissante est au surcroît menée avec toutes les ressources mentales et techniques d’une paire d’esprits bien féconds.D s’agiL je le répète, d'un «beau livre».On l'ouvre au hasard, agenouillé devant le sapin de Noël, et on tombe sur cette icône de calendrier où un pétard blond pose pour une compagnie pétrolière en serrant deux épagneuls dans ses bras.Renvoyé à la page opposée, le lecteur peut lire ceci: «La pub de Dieu sur ta muraille et le Régime qui t’enfonce loin de tes amours, de tes batailles.» De l’avis même du joyeux duo (voir la page retenue et payée par Pierre-Marc Tremblay, conseiller en gestion), leur livre ressemble «à une Caisse pop qui aurait baisé avec une polyvalente», en même temps qu’à un formulaire de demande de bonheur.On serait tenté de leur don- ner raison: «Tout est décidément trop intellectuel pour tous.» Pour ceux, donc, que n’effraie pas une lecture revigorante, doublée d’une percutante aventure visuelle, et qui seraient, sait-on jamais, tannés de payer de 80 à 100 $ pour revoir année après année défiler les mêmes vues aériennes des mêmes grandioses paysages, La Pensée niaiseuse aura l’effet dé licieusement décapant d’une bouteille de Baby Duck antinostalgie.Mais, plus important que tout, Boisvert prouve que le poète peut encore tenir un discours sur le monde.Au milieu de sa salubre entreprise de dérision, il ne perd jamais rien de sa fibre poétique, laquelle, loin de toute gratuité verbale, parle de la vie que nous habitons, des espaces que nous partageons, des territoires entrevus et, enfin, de ce règne du «meilleuris-me» qui est la dictature idéale, pa-voisée de drapeaux et de silences: «Pas d’océan / des gouttes d’eau./ Pas de forêt / des arbres./ Pas de peuple / des individus./ Pas de nation / des groupes./ Pas d’Histoire /unegestion de l’actualité./Pas de justice / toujours plus de lois.» Un livre unique.Un maître livre.LA PENSÉE NIAISEUSE OU LES AVENTURES DU COMTE D’HYDRO Yves Boisvert Conception et réalisation graphiques: Dyane Gagnon Editions d’art Le Sabord Trois-Rivières, 2001 Ouvrage non paginé ™ ‘JPhkÉ * Comment fésfrter •* JtolK %.- * au Noet marchand ReLatioNs Les voies ot la lisfstan 1 n pouvoir *i siilnciiir F''» .ivalars -> * la « ET D I M A \ l H E I ti D E ( E M B R E I) D Livres BEAUX LIVRES NATURE En vol LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Un des grands privileges d'écrire régulièrement sur la nature réside dans le fait de pouvoir suivre une grande partie de ce qui s'écrit et se filme sur ce sujet impossible à epuiser.Il arrive cependant de ressentir le malaise du déjà vu devant plusieurs publications.Rien ne ressemble autant, par exemple, à un film sur la nature que ces séries lancées par le National Geographic Magazine, maigre leur incontestable richesse.Mais c'est tout un choc que j’ai ressenti en ouvrant Le Peuple migrateur, un livre grand format «réalisé», pourrait-on dire, plutôt qu'écrit par Jacques Perrin, puisque les textes sont de Jean-François Mongibeaux, et tout récemment publie aux Editions du Seuil.Pourquoi un choc?Parce que ce livre est magnifique, attirant et aussi chatoyant par l’image que le duvet qu'on peut presque palper à certaines pages.Mais surtout parce que ce livre nous ouvre l’intimité des oiseaux en plein vol, à courte distance.Un livre qui repousse la frontière de la photo et du film animaliste et la frontière de notre fascination pour la gent ailée.Voilà, au sens le plus strict du terme, un véritable multimédia.Le livre vient avec un CD qui nous propose le babillage de 13 grands migrateurs, qu’on écoute en lisant l’ouvrage principal, grand comme un grand livre d’art, et avec des planches qui s’ouvrent avec de si grandes ailes qu’il pourrait s’envoler si on le feuilletait à l’extérieur.Le Seuil y a ajouté une série de contes pour enfants, petits et grands, où se mêlent la précision scientifique avec des histoires à faire rêver, inégales mais intéressantes.Mais CD, livre et contes sont les sous-produits d’un film du même nom, paru sur les écrans français au milieu de la semaine et qu’on verra en mai au Québec.C’est en 1997 que Jacques Perrin, producteur du Peule singe (1988) et du magnifique Microcosmos, le peuple de l’herbe (1996), s’est lancé dans le dernier volet de ce qui deviendra une trilogie exceptionnelle en raison notamment du regard novateur de Perrin sur les especes vivantes, auquel contribue l’œil déroutant de ses caméras.La réalisation de ce film a exigé trois ans de tournage dans 40 pays, derrière ou devant des milliers d’oiseaux migrateurs que Perrin a suivis ou précédés en déroulant sur eux plus de 500 kilomètres de pellicule pour fixer le regard et l’attitude des oiseaux dans le mystère du vol.La magie de ce film tient au fait qu’en plus d’être assisté des plus éminents ornithologues de la planète, qui l’ont conduit aux meilleurs sites pour admirer les espèces les plus extraordinaires, Jacques Perrin a dressé des centaines d’oiseaux p>our pouvoir suivre en vol plus de 25 espèces différentes dans leur saute-mouton intercontinental.Perrin a en somme appliqué les principes découverts par Conrad Lorenz, principes qui font qu’un oiseau reconnaît comme parent le premier visage qu’il découvre à sa sortie de l’œuf.En misant sur le mécanisme de IVimprégnation», qui n’annule aucunement les réflexes migrateurs innés, les équipes de Perrin ont habitué leurs oiseaux à les suivre à vélo pour apprendre à voler, à nager sur l’eau, voire à les suivre en vol derrière des ultralégers motorisés (ULM).Pour le Peuple : : acclimater les oiseaux migrateurs au bruit des moteurs, on a même habitué les poussins à ce bruit alors qu’ils n'étaient pas encore sortis de leur coquille.Le résultat est fabuleux: des images et des prises de vues inhabituelles au cinéma ou en photo, si près des oiseaux qu’on a le sentiment de voler avec eux.Les oiseaux regardent la caméra comme ils se regardent entre eux dans l’intimité jusque-là inviolée du vol.Perrin raconte qu’il est même arrivé que des oies quittent le peloton pour venir parler à l'oreille du caméraman, question de lui signaler que la for mation volante apprécierait une réduction de l’allure et de "altitude.Le film de Perrin n'est pas le premier sur ce thème.Il y a notamment eu Ultra Geese, en 1997, où on voyait un ultraléger diriger upc formation de migrateurs de l’Ontario au sud des Etats-Unis.Mais le document que ramène Perrin des quafre coins du monde ajoute la rigueur de la science à une émotion esthétique d’une rare qualité.On ne peut pas parcourir ce livre — ni, j’imagine, voir le film — sans ressentir une émotion nouvelle, liée à celle d’entrer dans un univers jusqu'ici fermé aux humains parce qu’on voit la nature pratiquement à travers les yeux, à travers la complicité des oiseaux.On ressent presque la densité de l’air qui les porte.Quand on tourne la dernière page, on a hâte de voir le film.LE PEUPLE MIGRATEUR Photos: Jacques Perrin Textes: Jean-François Mongibeaux Le Seuil Paris, 2001,304 pages LE PEUPLE MIGRATEUR Les contes Seuil jeunesse Paris, 2001,48 pages, avec un CD ART DE VIVRE La nature chez soi RENÉE ROWAN Tout de A à Z concernant l'art de vivre sainement au quotidien et en harmonie avec la nature, dit le sous-titre.Cet ouvrage, peut-on lire en quatrième de couverture, se veut «un guide révolutionnaire qui fourmille d’idées et de renseignements pratiques sur des sujets aussi divers que l’alimentation, la beauté, la santé, les soins pour les tout-petits, le jardinage, l’habitat, le lieu de travail, l'habillement, l’économie, les animaux domestiques».Un véritable fourre-tout qui met l’accent sur les produits biologiques, l’écologie, l'environnement.Un ouvrage de référence à l’américaine où l'on peut puiser quelques bonnes idées.IA VIE EN BIO Lynda Brown Traduction et adaptation de Catherine Sobecki Flammarion Québec Montréal, 2001,244 pages vieil librairie »bistr(j J BISTRO DES DIZAINES D’ÉVÉNEMENTS DES MILLIERS DE LIVRES 5219.Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Tel.: 5i4*739-3ô39 Fax : 514.739.3630 " serviceTTlibrairieolivieri.com OUTTE trifftoîrr o nn bon café i.rtrk Va* H* lU-MS MON El I E La famille Van Houtte Erick Van Houtte 18,95$ Internet Les 1000 meilleurs sites en français de la planète Br jino QygfcaDnmottl Le semeur d’étoiles Moineau 24,95 $ Le rejeton roman de Denis Monette 22,95$ GUIDE D£ LA PHOTOGRAPHIE Les 1000 meilleurs sites en français de la planète B.Gugîielminetti 21,95$ Guide de la photographie numérique Guy Samson 18,95 $ La fine cuisine libanaise et méditerranéenne Noha Bitar 24,95$ LOGIQUES (QC>U2V 1A6 L'VRES Éditions du Seuil j.m coetzee iff mr «% i DISGRÂCE C’est dur, violent, terrible, mais c'est ~ R L- P '• quelque chose de remarquable.s iUl2e [•••] Un chef-d'œuvre, rien de moins.v on.ut.Niwnihh Pïw* i J Hwok Cm K' • Car U- Award Jean Fugère MichelFolco «9b EN ¦ ¦Kr AVANTL EN AVANT COMME AVANT ! [.] un roman jubilatoire, où ('invraisemblable devient plausible grâce à la dextérité d’un conteur exceptionnel doublé d'un chercheur infatigable.Sonia Sarfafi, La P/esse Michèle Gazjer Méchrtfcj QaziCf Le fil de soie HVMH LE FIL DE SOIE Une écriture toute en couleurs, en chatoiements, en fines textures.[.] Un hymne à la jeunesse, à la beauté et à la sensualité.Marie-Claude Fortin, Voir John |_e çarré LA CONSTANCE DU JARDINIER Un roman d'espionnage brillant dans lequel l'auteur dénonce l'exploitation éhontée qu'exercent les compagnies pharmaceutiques sur la vie humaine.René Ftomier-Roy, S.R.C / C'esî bien meilleur le mâtin Catherine Millet Cartfwtn» M«B»i La vie sevuefto de Catherine M LA VIE SEXUELLE DE CATHERINE M.Ce récit constitue à coup sûr, l'un des livres les plus audacieux et les plus stupéfiants que la tradition érotique ait donnés à la littérature française.Éditions du Seuil I) 10 L K I) E V O I R , LES S A M EDI I 5 E T I) 1 M A X (' H E 16 DÉCEMBRE 2 0 U I Livres BEAUX LIVRES SOCIÉTÉ Femmes, je vous aime JEAN DION LE DEVOIR Disons-le comme cela mérite d’être dit: ce livre est proprement incroyable.Fascinant.Une perle.Un joyau si difficile a résumer qu’on n’a d’autre choix que d’en citer des extraits pour avoir un début de commencement d’idée de sa richesse historique et de l’inénarrable volupté qu’il exsude à chaque page.Page 15: «Ainsi de l'engouement pour le teint pâle par exemple qui, de l’Antiquité jusqu'à Coco Chanel, a contraint les femmes à fuir le soleil comme la peste et à appliquer sur leur visage des plâtres toxiques faits à base de plomb m de mercure.» Page 23: «Marie-Claude l'han, qui éplucha les recettes de beauté parues en Italie aux XV et XVP siècles, égrène l’extraordinaire variété des ingrédients: graisse, décoction de guimauve ou encore lait de chèvre additionné d’aigremoine pour la chevelure; poudre de perles, de corail, rinçage au vin pour les dents, pommade assouplissante “hydratante” faite avec du lard finement râpé, masque simple a réaliser avec des fèves ou des grains d’orge broyés et mêlés a de la graisse ou a de la gomme adragante ou masque complexe nécessitant une douzaine d’ingrédients.pour le visage.» Page 73: «Jusqu ’au XVIIP siècle, on continue de détruire les cheveux des femmes qui débordent un peu trop sur le front en appliquant dessus un bandeau trempé dans du vinaigre, dans lequel on a délayé de la fiente de chat.On attribue la même vertu au foie de thon pourri, à la poudre de cloportes, comme on peut le découvrir dans Le Manuel de la toilette et de la mode publié en 1771.On trouve chez les auteurs pharmacologistes beaucoup de recettes dépilatoires.Ils recommandent “le suc de persil, celui d’acacia, la gomme de lierre, les œufs de fourmi, les trochisques d’arsenic".» Et ainsi de suite.Fruit d’un travail d’archives a n’en pas douter considérable, L’Éternel féminin -Une histoire du corps intime est rien de moins qu’un voyage initiatique, agrémenté de splendides peintures des siècles derniers, à tra- BERNARD WERBER Quel est l’ultime secret de Bernard Werber ! ALBIN MICHEL www.albiivmichel.fr vers l’évolution étrange des canons de la beauté et des moyens souvent complètement tordus pris pour y arriver.Beauté des femmes évidemment, soumises a des diktats la plupart de temps imposés par les hommes.Mais attention.Les exemples évoqués plus hauts peuvent susciter l’horreur ou du moins le dégoût ou en tout cas l’incrédulité, mais l’expression «souffrir pour être belle»' ne conditionne pas toute la quête immémoriale des femmes pour plaire, séduire ou les deux: les massages, les bains et autres plaisirs ont aussi, depuis longtemps, fait partie du «traitement».Et à ceux qui seraient tentés, sans en connaître les tenants et aboutissants, de jeter l’opprobre sur les pratiques de ces époques que nous ne pouvons jamais parfaitement comprendre, l’auteure rappelle que la nôtre même, d’époque, n’est pas sans contradictions.«[.] avec l’avènement d’un nouveau concept: la beauté ‘holistique”, l’esthétique est aussi une affaire de bien-être intérieur.Pourtant certaines, sans être tout à fiait dupes des campagnes marketing dtmt elles sont la cible, sont prêtes à consacrer un budget de plus en plus important aux soins de beauté.Le chiffre d’affaires des crèmes antirides est en progression constante et les sociologues parlent même d’une intoxication aux produits de beauté.«D’autres femmes encore, à l’instar des Américaines, franchissent un pas supplémentaire et ont recours à la chirurgie esthétique.d'où la multiplication de ces visages étranges, tirés, sans beaucoup d’expression, les pommettes resculptées, les paupières allégées, les rides comblées, les bouches boursouflées.» Chapeau, Béatrice Fontanel.L’ÉTERNEL FÉMININ Une histoire du corps intime Béatrice Fontanel Le Seuil Paris, 2001,144 pages PHOTOGRAPHIE Désinvolture, si tu tiens à nous BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Ce ne sera certainement pas pour le court texte qui accompagne ce livre que l’on aura tendance a vouloir l’acquérir.On y apprend, à notre plus grande consternation, que «l’érotisme est avant tout dans l’œil de celui qui regarde».Mais puisqu’on sait déjà que tout est relatif, passons.Reste que ce panorama de 550 photographies et plus, de 78 photographes professionnels, dont cinq femmes, nous offre une cartographie assez complète du corps et de certaines de ces fonctions.On trouvera de tout, dans ce Grand Livre de (volumineux) format poche.Le corps féminin surtout, presque en exclusivité.Ce qui n’est pas exclusif, cependant, ce sont les poses, les postures, les rapprochements qui sont faits entre le corps nu et le contexte dans lequel il est placé.Ainsi, le corps nu devant la fenêtre, un grand classique, à la fois disponible au regard du spectateur de la photo et à un regard postulé à l’exterieur, revient-il plus souvent qu’à son tour.Sinon, on se promené entre le corps mis en spectacle, le corps lisse de préférence, à moins qu’il ne soit criblé par l’aiguille du tatoueur ou celui du perceur; aussi, le corps livré à quelques échanges manifestes.Parfois le corps est montré en pleine extase, mais rarement, dans ce livre, la douleur est-elle dépeinte.Les âmes sensibles se rassureront de voir que, dans ces images, bien que les courbes féminines soient servies à toutes les sauces, les fluides corporels demeurent dans les corps de leurs propriétaires.Vrai que la notion d’érotisme est en constante instance de requalification, continuellement revue.Pour certains, une photographie dite de charme, pourtant parmi les moins chafouines, sera jugée carrément pornographique.Par contre, si l’ouvrage flirte du côté des pratiques sadomasochistes, il reste dans les bonnes grâces de la convenance.Soixante-dix-huit photographes nous font partager dans ce livre leurs regards sur le corps féminin.Parfois, les pouvoirs de la photographie font écran et transportent le corps ailleurs, le rendant bellement sculptural ou difforme, grotesque, modifiant les rapports qu’il est possible d’entretenir avec lui.Cela demeure l’exception.La plupart du temps, la photographie s’efface devant les modèles.Ces clichés, aussi sensuels soient-ils, ressassent des imageries déjà vues, bien souvent consommées depuis longue date.Ils montrent bien cependant sur quoi repose le succès de ces images et de ce type de livre qui se multiplie à satiété sur le marché, soit l’idée que le regard pénètre dans l’image pour prendre possession de ces corps offerts.LE GRAND LIVRE DE LA PHOTOGRAPHIE ÉROTIQUE Sous la direction de Maxim Jaku-bowski et Marilyn Jaye Lewis Editions Blanche Paris, 2001,480 pages ART DE VIVRE Singulièrement vôtre DIANE LE I» R E C O Li R T DEVOIR Extravagance, avez-vous dit?«On ne naît pas extravagant, on le devient.Par réaction, comme on enfilerait une armure pour se protéger de l’ennui ou de la banalité.» Le livre est lancé.On y explique la spécificité de l’extravagance, qui n’est pas un style mais une mentalité, et une mentalité fort bien illustrée par des couleurs particulières de grands «extravagants», tantôt un journaliste anglais, tantôt un architecte audacieux ou un collectionneur atypique.BEN LADEN N’A PAS AUTORISÉ CE LIVRE 1RS fcfSHBmfs BtMsues NON AUTORISE PAR BEN LADEN Tous les spécialistes et tes humoristes vous le diront: rien de mieux que de rire pour chasser nos peurs et les rendre mans paralysantes.Après tes attentats du 11 septembre 2001 et avec les menaces qui planent encore, nen de plus rafraîchissant que de rire et de fare rire vos amis avec ce recueil des meilleures blagues sur Ben Laden et les Talibans.Distribué en librairie par les Messageries adp Format 11X 18 cm • Pria: 10,95$ • ISBN: 2-89542-073-4 De la banlieue parisienne à New York, de Milan à Londres, les extravagances de décors, de formes, de tons et d’agencements se succèdent au fil des pages.Pour un voyage dans le temps et l’espace, ou simplement pour des idées hors du commun, on trouve là matière à étonnement.«La fantaisie, la liberté, la diversité, c’est justement ce que reflètent nos extravagances.Nous ne les avons pas trouvées chez les super-riches.» On la trouve partout, l’extravagance.Qu’elle s’ouvre sur la mer ou un centre-ville, qu’elle baigne dans le naturel ou l’artificiel, toujours elle fascine, interpelle.Certaines gens portent l’extravagance, d’autres s’en entourent, d’autres encore s’y plongent à des moments précis.Le livre se termine sur le chapitre intitulé «L’exubérance d’un Noël à Paris» avec Alberto Pinto, le décorateur chéri du jet set, pour qui «la mariée n’est jamais trop belle, les maisons jamais trop grandes, les meubles jamais trop précieux.et les clients jamais trop riches».Un coup de cœur pour ce chapitre sur «la vie rêvée d’un chauffeur londonien», Tobias, dont les taxis vous emmèneront, assure-t-il, «sur les chemins du nirvana».Pour la course, «on a le choix entre le taxi-lune-de-miel tapissé et fleuri de blanc, le taxi-safari tendu de velours-panthère, et le taxi-flower-power dont la décoration, camaïeu de mauve et de fu-schia, aurait enchanté Barbara Cartland».Le chauffeur lui-même semble être une extravagance ambulante.On dit même qu’il sait soigner le mal de pieds et le vague à l’âme.Un livre qui vous sortira certainement du vague à l’âme, à consulter autant pour l’originalité de ses photos que pour l’extravagance de ses histoires.EXTRAVAGANCES L’art de vivre autrement Roland Beaufre, Claude Berthod Flammarion Paris, 2001,160 pages EDITIONS LIBER LABORATOIRE D ETHIQUE PUBLIQUE CHAIRE FERNAND-DUMONT (iNRS) Éthique publique, vol.3, tf 2 ÉTHIQUE DE LA MAGISTRATURE éthique 1 JL l « Éthique de.l que de.lA magistrature • l’ncte 4k mtr • ronare puttee • fe droit m nouvemoMt ÜifisbiR Aniperpir (£053 n Q» COLLABORATEURS Christian Arnsperger, Luc Bégin, Philippe Coppens, Jean-Louis Genard, Louis LeBel, Georges A.Legault, Alain Letourneau, Pierre Noreau, François Ost, Louise Ods, Thierry Pech, Dominique Rousseau, Andrée Ruffo, Xavier Thunis Bonheur du chat ; harmonie de la vie Toutes les techniques expliquées pas a pas De guide de la vie saine et responsable Splendide coffret cadeau vol.1 - Histoire et terroirs vol.2 - Crus et dégustation LES VINS DE BORDEAUX .•o' v • Art rf* VV* U Vie lAri1 LE CHAT FENG SHUI Auson Daniels 160 pages - 200 illustrations 36,95 i LE LIVRE DU MASSAGE Susan Mumporo 191 pages - 330 photos couleur 29,95 $ LA VIE EN BIO Lynda Brown 256 pages - illustrations couleur 39,951 LES VINS DE BORDEAUX 2 volumes sous coffret 192 pages -150 illustrations couleurs 44,95 S I t I K l> K V (U K .L K S S A M KOI I 5 Kl DI M A \ (HE lu I) I ( I \l K K K 2 O (I Livres BEAUX LIVRES Le Seigneur des anneaux Vincent Ferré sur la Terre du milieu ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il lançait en France, en février dernier, aux Éditions Bour-gois, le premier ouvrage en français consacré à J.R.R.Tolkien: Sur les rivages de la Terre du milieu.Lui, c’est Vincent Ferré, un jeune professeur de littérature à l’Université de Rennes.Et quand vous lui demandez s'il avait planifié la sortie de son livre en fonction de l'arrivée prochaine du film de Peter Jackson sur nos écrans, il répond: «Pas du tout.Pure et heureuse coïncidence.» N’empêche que The Lord of the Ring, version film, crée un intérêt fou pour l’œuvre de Tolkien comme pour tout ce qui se rapporte à elle.Hobbits, elfes et autres créatures sorties de son imagination délirante ont repris de la vogue.Vincent Ferré détricote un peu le mythe selon lequel Tolkien aurait été contre les projets d’adaptation cinématographique de son œuvre.«Il s’opposait à l’idée de bousculer les épisodes de son roman et à celle de le simplifier à outrance.Défait, en 1978, l’animation de Bakshi a beaucoup déçu les admirateurs de Tolkien.» Vincent Ferré n’était pas au départ un vrai mordu de Tolkien, ce distingué professeur d’Oxford, philologue et érudit à la source d’un univers fantastique qui devait lui apporter la gloire.H avait lu Le Seigneur des anneaux à quinze ans.Ensuite, au début de la vingtaine, cherchant les influences de la littérature médiévale sur celle du XX' siècle, il y a plongé de nouveau, pondant une thèse sur Tolkien, dont l’œuvre fourmille de références au Moyen Âge.De fil en aiguille, il a rédigé un long article sur la question, puis l’idée d’un livre a germé.L’auteur insiste beaucoup sur le fait que Le Seigneur des anneaux s’adresse non pas à des enfants, mais à des adultes.«Tolkien voulait à travers lui surprendre le lecteur et l’emmener à voir d’un autre œil la réalité du monde qui l’entoure.» Le Seigneur des anneaux fascine Ferré à cause du jeu perpétuel entre merveilleux et vraisem- ARCHIVES LE DEVOIR Une scène du film Le Seigneur des anneaux, de Peter Jackson, qui sortira sur nos écrans juste à temps pour la période des Fêtes.blable, à cause de la prodigieuse invention du monde qu’il sous-tend.Pour lui, le roman est porté par l’étendue de ses références littéraires: à Beowulf, aux romans médiévaux, aux mythologies et aux contes de fées, à Shakespeare, etc.«Sa connaissance des langues anciennes lui a permis aussi d'en inventer pour ses personnages.Im création des langues e st à l’origine du récit.» En lisant Sur les rivages de la Terre du milieu, on s’étonne du fait que la première partie de cet essai (une présentation des personnages du Seigneur des anneaux) s’adresse à un public qui ne connaît pas l’œuvre, tandis que la seconde (une analyse assez savante des thématiques) intéresse les initiés.Il assure vouloir rejoindre les deux catégories de lecteurs, en jouant le double rôle d’éclaireur et d’analyste.En France, tout le terrain était à défricher, de toute façon.«Le statut de Tolkien en France est paradoxal, explique Vincent Ferré.La première traduction en français du Seigneur des anneaux date seulement de 1970.Chez les universitaires, il est sur- tout connu des médiévistes et personne n’avait pensé à lui consacrer chez nous un ouvrage.» Vincent Ferré a compulsé plus d’une centaine d’ouvrages britanniques consacrés à Tolkien, en trouvant un peu partout des redites.«Une douzaine de titres se révélaient intéressants.Rares étaient les essais qui analysaient le fond du texte.» Mort et immortalité Aux yeux de Ferré, la mort et l’immortalité sont les thématiques centrales du Seigneur des anneaux, bien davantage que les jeux de pouvoir.«La mort, c’est la clé.Ivs personnages doivent s’y résigner lorsqu’elle survient de façon naturelle mais ont la possibilité de résister quand elle est présentée sous la forme d’une menace extérieure.Li philosophie de Tolkien passe par son approche de la mort.Le livre est aussi un regard sur le libre arbitre, le destin, les relations humaines.Il aborde des questions fondamentales.» Le jeune auteur dénié aux personnages étranges qui hantent la Terre
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