Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 1 juillet 1918
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le devoir, 1918-07-01, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
VOLUME IX.— No 153 MONTREAL, LUNDI 1er JUILLET 1918 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste Édition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$5 00 UNION POSTALE.g OO Édition hebdomadaire CANADA.$2 OO ETATS-UNIS.2 50 UNION POSTALE .3 00 LE DEÎOIR Rédaction et administration ?’ 43, RUE SAINT-VINCEWT MONTRÉAL TÉLÉPHONES ; ADMINISTRATION: Main 7461 RÉDACTION! - Main 7460' Directeur : HENRI BOURASSA.FAIS CE QUE DOIS ! QUINZE ANS APRÈS Hier, pendant que la foule indifférente cherchait un peu de fraîcheur et de repos, une couple de cents jeunes gens, réunis dans la salle des conférences de la Faculté des Arts, à Laval, discutaient de leurs intérêts collectifs, marquaient le fruit de leur expérience, formaient des projets pour l’avenir.Il y avait là des professionnels, des universitaires même, des employés de commerce, des ouvriers, des culth^teurs.Les uns venaient de Montréal, les autres de Québec, des Trcis-iRivières, de Joliette, de Sherbrooke, d’Ottawa, de Toronto même.Délégués officiels des cercles, membres du comité central, représentants des unions régionales, ils tenaient, en compagnie de leurs aumôniers, le quinzième conseil fédéral de l’Association catholique de la Jeunesse canadienne-fran-çaise.Quinze ans déjà! Il semble pourtant qu’ils sont d’hier, ces jours où quelques jeunes gens se groupaient pour réaliser un rêve auquel les sceptiques et les sages promettaient un si prompt évanouissement.On en avait tant vu naitre de ces sociétés que l’apathie, les dissensions intestines, la force centrifuge des nécessités quotidiennes, le brusque refroidissement d’une ardeur sans lendemain avaient tôt conduites au tombeau.La place de celle-là semblait toute prête Ô côté de ses aînées.Où trouvait-elle d’ailleurs le gros dy ses recrues, sinon chez des collégiens sans expérience, que le contact des réalités aurait tôt fait, pensait-on, d’arracher à leurs hautes rêveries?Et comment pouvait-elle espérer maintenir ses cadres, les affermir, quand elle n’offrait à ses membres aucun avantage matériel, quand elle exigeait d’eux sacrifices, stricte surveillance, rigoureuse discipline, quand elle les exposait aux railleries stupides ou à l’incompréhension lourde?Elle a vécu pourtant, et c’est un premier triomphe; elle a vécu et, s’il lui reste de larges progrès à réaliser, si elle n’a pas encore conquis dans les sphères professionnelles la situation qu’elle voudrait, si elle n’a point assez profondément entamé les milieux agricoles et ouvriers, elle a obtenu des succès considérables.Elle compte plus de cent cercles et près de deux mille membres, répartis par tout le pays.Des milliers de jeunes gens ont passé par ses rangs et gardé de ce passage une empreinte plus ou moins profonde.Elle a mené de grandes campagnes d’intérêt national, tel le pétitionnement pour la loi Lavergne, telle encore l’ardente et longue campagne en faveur de la minorité franco-ontarienne.Elle a fourni à maintes oeuvres nouvelles ou anciennes des éléments précieux.Le souple mécanisme de scs cercles et de ses unions régionales constitue l’une des meilleures armes dont nous puissions disposer pour les luttes religieuses ou nationales.Un mot d’ordre du comité central, qui siège à Montréal tous les vendredis, a tôt fait de provoquer dans tout le pays un mouvement d’ensemble, déjà indssant.Sans prétendre qu’ils atteignent la perfection, ou qu’ils réalisent pleinement leur idéal,les cercles continuent de former une jeunesse qui a le goût de la discipline, le sens des réalités supérieures, de désir de se dévouer à quelque chose qui la dépasse, la volonté de vivre intégralement sa foi.^ Les hommes qui ne voient que la surface des choses avaient cru que l’effort religieux demandé à ces jeunes gens aurait tôt fait de rompre leurs rangs, que cette apparente rigueur les effraierait.Elle a pu éloigner quelques faibles; elle a été, de toute évidence, le principe même de la vie et du succès de l’oeuvre.C’est la puissance flu sentiment reli-gfiSL’i qui a groupé et orienté vers un fout commun tant de dévouements; C’est elle qui a maintenu, fortifié et fécondé tous les efforts.f/ * * * La conscription, pour peu que la guerre se prolonge, apportera à Y Association de la Jeunesse la plus grande crise de sa carrière.Elle fauche dans les rangs de ses jeunes gens et risque de désorganiser ses cercles.Mais ses chefs ne songent point au découragement.Ils sonnent au drapeau et réclament de tous un maximum d’efforts, l’exécution rapide de mesures d’urgence.Si l’appel est entendu, cette crise peut être le principe d’un essor nouveau, d’une prospérité plus grande.Elle facilitera peut-être le groupement des anciens qui, en face des vides béants et des besoins qu’ils créent, sentiront comme en France qu’ils doivent quelque chose encore à l’Association qu’ils avaient cru po uvoir laisser a l’exclusive sollicitude de leurs jeunes camarades; elle précipitera l’organisation des avant-gardes, réservoir des forces futures et condition du progrès normal de l’oeuvre.Jusqu’ici, à de rares exceptions près, l’Association a recruté ses membres soit dans les collèges, soit parmi les jeunes gens sortis depuis quelques années des écoles primaires et commerciales.Il lui a fallu commencer par la base la formation de ses membres.La tâche est particulièrement ardue — on le comprend — dans les milieux où il faut s’adresser à des jeunes gens déshabitués déjà de l’étude, pris par de multiples distractions.L’objet des avant-gardes, sorte de cercles préparatoires qui s’inspirent de l’esprit et des méthodes de l’Association en les adaptant à l’âge et aux conditions particulières de leurs membres, est de préparer aux cercles des recrues toutes formées, déjà prêtes à prendre leur place parmi leurs aînés.Dans les collèges, la transition se fera tout naturellement de l’avant-garde au cercle; dans les autres maisons d’enseignement, le groupement nouveau facilitera le recrutement des avant-gardes postscolaires qui recueilleront les jeunes gens entre leur sortie — trop hâtive, hélas! en bien des cas — de l’école et l’heure où leur âge leur permettra d’entrer dans les cercles.Ce n’est point la conscription qui a fait reconnaître la nécessité des avant-gardes.Elles existent depuis longtemps en France, elles ont démontré leur profonde utilité.Ici même leur fondation préoccupait depuis un certain temps les chefs de l’Association et une douzaine sont déjà nées.Mais la conscription, avec les vides qu’elle menace tic créer, a fait mieux sentir l’urgente nécessité de hâter ce travail d’organisation.Il a reçu l’efficace appui de nombreux éducateurs, religieux et laïques.Tous, il faut l’espérer, voudront demain mettre l’épaule à la roue.C’est une besogne de salut national et de sauvegarde religieuse.* * * De quoi demain sera-t-il fait?Dans l’armée même, les conscrits de l’A.C.J.C., s’ils sont fidèles à l’esprit de leur association, pourront, non seulement faire du bien, mais gagner â l’oeuvre des sympathies et des adhésions nouvelles.La caserne, la vie dos camps les mettront en contact avec des jeunes gens de milieux différents, avec des camarades qu’ils » n’auraient jamais rencontrés autrement.A moins qu’ils se démentent, ils sauront rendre utile et fécond ce contact inattendu.Noblesse oblige.Orner HEROUX.neuve est l’un des citoyens de Montréal qui connaissent le mieux les fonctionnaires, et en particulier, les hauts fonctionnaires, et que d’autre part, on ne le peut soupçonner d’aucune sympathie pour l’ancienne administration de la police, pas plus qu’on ne peut croire qü’il s’amuserait à mettre des obstacles futiles à une réorganisation qu’il a sollicitée et préparée.La brève, mais énergique dénonciation que l’ex-commissaire a faite, dans la “Presse” de samedi, de la permutation du sous-chef des pompiers, Mann, au poste de sous-directeur de la sûrete, mérite dune qu’on s’y arrête.M.Villeneuve y déclare, en subs- l’âge et d’une activité qui a toujours dépassé les cadres étroits de ses fonctions municipales.D’une politesse et d’une affabilité charmantes dans ses relations avec le personnel nombreux placé sous ses ordres, son départ ne laissera que des regrets.vr * Chaque jour, pour ainsi dire, amène une nouvelle fournée de congédiements à l’hôtel de ville, mais il est de moins en moins question de cette commission du service municipal dont on nous laissait pourtant prévoir la formation.Nous persistons à la réclamer.Le moins que les fonctionnaires, qui se trouvent privés du jour au BLOC - NOTES tance, que M.Joseph i remoiay vient lendemain de leur gagnepain, puis- de faire un premier faux pas ; que la nomination de M.Mann est un défi à l’opinion publique pour deux raisons, d’abord, parce que celui-ci ne perle pas un Irai’ri ; mot de français, et ensuite, parce qu’il n’a aucune expérience en matière de police.Si M.Villeneuve dit vrai, M.Tremblay vient Je commettre, avec l'assentiment des commissaires, c’est-à-dire du gouvernement de Québec, un acte d’une incroyable audace : nommer à la tète de deux corps, dont l’immense majorité des recrues est de langue française comme l’immense majorité des contribuables, un monoglotte anglais, c’est, en effet, un défi à l’opinion publique, le renversement de toutes les coutumes étal>lies,une offense crave envers les droits de la majorité de la population de Montréal, qui supportera'très mal ce cravachement.Il nous semble que le récent internement, par le gouvernement provincial, dans l’un des plus beaux fromages de la province, d’un unilingue, dont les lèvres étaient encore humides des crachats qu’il avait lancés sur notre système scolaire, devrait combler la mesure, et que M.Gouin, si, encore une fois, M.Villeneuve a dit vrai, demandera à ses marionnettes de faire emploi de’plus de décence et de plus de diplomatie, et de rapporter cette nomination révoltante d’un incapable ou d’un fanatique.Car il n’y a pas d’alternative : si M.Mann ignore le français, c’est par inintelligence ou fanatisme.11 a vécu vingt ans avec des collègues français ; il a passé toute sa vie à Mont réal.Dans de pareilles circonstances, il fut être obtus pour ne pas arriver à apprendre le français, pour ainsi dire, par endosmose, comme les Canadiens français sont forcés d’apprendre l’anglais ; ou, s’il est intelligent, il s'est consciemment refusé à l’apprendre.En quel cas, il y a des motifs doublement sérieux pour qu’on ne lui confie pas des fonctions extrêmement importantes qui peuvent placer relui uni les exerce en face de situations délicates, où il faut user de tact et de modération.Et on mettrait à ce poste un homme qui n'a pas pu acquérir les connaissances qu’on exigera désormais, a dit le chef Tremblay, d’un pompier ou d’un agent de troisième classe ! Il n’est pas de situation à Montréal où la connaissance des deux langues soit plus indispensable, et malgré les bonnes raisons que nous avons de croire à la véracité de M.sent exiger c’est qu’on les fasse comparaître, avec tous les autres membres du même service, devant une commission indépendante et que ce soit celle-ci qui, après examen, en prenant en considération la compétence, les états de service et la conduite décide que tel doit s’effacer et tel rester.Que les commissaires fixenl les chiffres du nouveau budget, qu’ils déclarent qu’on ne pourra pas dépasser la somme de tant pour salaires et gages dans chaque département et que la commission soit chargée d’adapter le personnel à cette réforme budgétaire.Dans une foule de cas, étant donné les finances actuelles de la ville et la difficulté à se trouver un emploi, certains fonctionnaires congédiés seraient heureux d’accepter un poste moins rémunéré et rien ne serait plus facile que de le leur donner, s’ils réussissaient à établir ileur aptitude à le remplir devant une commission, puisqu’on a fait rentrer de nouveaux fonctionnaires dans certains bureaux.La commission du service civil donnera couleur de justice aux congédiements qu’elle effectuera ; tous ceux dont se rendra coupable la nouvelle commission administrative auront couleur d’arbitraire et susciteront des colères contre le gouvernement provincial qui l’a enfantée.Louis DUPIRE.BILLET DU SOIR.L’avis d’un magistrat Le juge Darling, d’un des premiers tribunaux de Londres, disait récemment, dans un procès en libelle où un nomm£ Murray était accusé d’avoir écrit toutes sortes de lettres injurieuses à des personnages haut placé, sur le compte de sir Albert Stanley, fonctionnaire du service des transports: “Je vois par les lettres de Murray qu’il est atteint d’une sorte de manie ou de folie de ce temps-ci de guerre, dont souffrent bien des gens, dans notre pays.11 est manifestement vrai que, peut-être par suite de la longueur des opérations militaires et de la tension que cette époque-ci impose à chacun, un bon nombre de personnes qui seraient en des temps plus normaux des citoyens paisibles et respectables, ont perdu la tête au point de dire et de faire des choses dont elles n’auraient d’ordinaire aucune idée.Par exemple, voici que l’on dit dans ces lettres que sir Albert Stanley est un agent payé de l’Allemagne, qu’il désire que la victoire aille aux Allemands, qu’il est pire qu’un espion teuton servant ouvertement son pays, qu’il est pire que Roger Casement, pendu pour trahison.J’en viens à cette conclusion que Murray, —comme un grand nombre de personnes qui ont comparu devant moi depuis quelque temps,—souffre de ce que je n’appellerai pas une manie, mais un dérangement d’esprit qui le porte, — et avec lui, tous ceux qui lui ressemblent, — à dire et à faire toutes sortes de choses, les unes, criminelles, les autres, simplement folles”.Le juge Darling, en proférant ces paroles, exprimait une vérité qui s’applique non seulement à un tas de gens outre-mer, mais au Canada même.Car ne suffit-il pas, ici aussi, de ne pas être de l’avis de quelqu’un qui la fait au loyalisme pour se faire traiter de pro-alle-mand, de traître, de vendu à l’Allemagne, par des gens dont la guerre a chaviré l’esprit, — si tant est qu’il ne le fût pas avant les hostilités?Le cas de M.Blondin s’effondre lamentablement.Il n’y a jamais rien eu de plus emmêlé et jamais on n’a choisi de pire temps pour mêler à ce point les affaires de ce malheureux peuple ”, dit le Post.Cela n’est pas tout à fait dans le ton des gazettes de Northcilffe, mais VEvening Post n’est pas non plus une des feuilles de ce brasseur de pubicité.Médecins ontariens Certains médecins ontariens.tout comme le droit du citoyen d y recourir.Comment Baptiste se retrouvera-t-il dans tout cela?On ne le sait.Notons cependant que le tribunal suprême de l’Alberta vient d’accorder à un client de M.ïi.Bennett, son élargissement à la suite' d’une demande de libération par» bref d’habeas corpus.Notons aus-! si qu’il s’agit en l’espèce d’un jeune homme de moins de 23 ans, cons-j erit en vertu du récent arrêté minis-tériel abolissant toutes les exemp-| tiens pour les hommes aptes au< plutôt rares, en fait, mais toujours ¦, port des armes, de 20 à 22 ans in- - „„ ciusivemenl Quatre magistrats se! sont déclarés favorables à l’élargis-i sement temporaire du jeune hom-'.me qui, selon M.Bennett, ne peutl être conscrit, parce que, légalement', exempté en vertu de la loi du ser-1 vice militaire, il ne peut redevenir^ conscriptible par suite d'uïi chan-1 gement quelconque dans cette loi j par simple arrêté ministériel.Lai question est d'un intérêt extrême, car il y a 40,000 jeunes gens dans le! cas de ce conscrit.M.Bennett, pour- ; tant ultra-loyaliste, affirme que nul arrêté ministériel ne vaut, pour mo-' difier légalement les termes d’une! loi votée par les Chambres.Les tri-1 bunaux d’appel lui donneront-ils raison?Et voit-on quel tapage les; journaux loyalistes feraient autour' de l’arrêt du tribunal, si c’étaient, des juges canadiens-français du;| Québec qui l’eussent rendu ?f e THE PUBLIC BE.” ene M.A L’ABATTOIR MUNICIPAL UN DEFI A L’OPINION PUBLIQUE —M.LE SENATEUR DAVID — LA COMMISSION.M.E.W.Villeneuve a exercé, pendant deux ans, In charge de rommis-saire de lu ville de Montréal.Il a donc (iiielquc expérience en matière municipale, d’autant plus que amis et ennemis lui reconnaissent un esprit fureteur, avide dp se renseigner.Nul n’n plus que lui observé le rouage administratif, nul no s’esl milnnl préoccupé, sauf le maire, do la façon dont les fonctionnaires s'acquittent de leur travail, comma l’a établi avec éclat, et peut-être même trop d’éclat, l’enquête Snvnrd.M.Villeneuve a été le principal artisan de la réforme de la police ; pour faire place à la nouvelle dircc-tion, il s'est chargé de miner l’ancienne.On peut dire que le chef Campeau lui doit son congé actuel, comme il lui devra, vraisemblablement, sa mise à pied définitive.L’attention qu’il a consacrée au service de la police, M.Villeneuve l’a tournée, avec la même ardeur, vers le service des incendies.On se souvient qu’il a réclamé, avec, insistance, une augmentation do solde pour les agents et pour les pompiers, après s’être assure de la somme de travail accomplie par les uns et les autres, 11 n'avait pas attendu de pénétrer au bureau des commissaires, ni même de se mettre sur les rangs comme candidat, pour s’occuper activement, ainsi qu’on le sait, des affaires municipales.11 nous semble donc clairement établi que M.Ville- que M.Tremblay ait pu proposer et les commissaires ratifier une sottise semblable.Evidemment, M.Mann parle et écrit couramment le français et l’anglais, ou encore les journaux auront lancé inconsidérément dans le public une domination dont il a été à peine question autour de la table de l’administration ! Un bureau des commissaires qui délibère,en anglais, un conseil ayant à sa tête un leader ignorant du français, une commission provinciale des tramways dont les séances sont conduites en anglais, l’un des plus hauts fonctionnaires municipaux qui ne parle que l’anglais, ce serait Montréal à l’envers.Evidemment ceux à qui on a raconté toutes ces balivernes et qui y ont mordu ont avalé des canards de belle taille.D’ailleurs, serait-il possible que les commissaires qui viennent priver de pain tant de familles, en congédiant de vieux employés à qui on n’a même pas eu la délicatesse d’offrir un permis de mendicité provincial, poussent l’inconséquence jusqu’à créer de nouveaux postes au moment où on prétend en sacrifier d’anciens, au moment où le “Star" leur conseiller habituel vient de tonner contre le trop grand nombre d’“assistants”?Nous nous attendons à un démenti à brève échéance, avant même que M.Mann aille faire ses quinze jours indispensables d’apprentissage à New-York.4» # * Le Star insinuait, en annonçant que IM.David prend une retraite bien méritée, que le greffier de la ville — appelons-le ainsi puisqu’il affectionne ce titre — avait depuis longtemps passé son travail à M.René Beausct.Rien n'est plus injuste que cette insinuation contre laquelle proteste la verte et active vieillesse de M.le sénateur David, et nous sommes sûr que son assistant, à qui l'imit une ancienne amitié, en sera 'le premier indigné.IM.David n rempli, toujours avec une conscience remarquable, tous ses devoirs.Il ne manquait que très rarement, malgré son grand âge, les séances du conseil et venait en ces dernières années 'd’accepter une charge nouvelle en prenant la présidence de la commission de la bibliothèque.Nul n’était plus que lui nu courant des affaires municipales: il s’exprimait même sur ce sujet avec la plus entière liberté d’esprit, et a indiqué, l’hiver dernier, si nous avons bonne mémoire, certaines des causes de l’embarras financier de la ville qui ont dû déplaire.en certains quartiers, pour le moins autant que les campagnes si utiles qu’il a entreprises en faveur de la colonisation contre l’Inertie de la province.M.David a donné l'exemple d'un j labeur qui ne s’est pas ralenti avec \ (Carnet d’un exploité.) C’est samedi, vers une heure.Il tombe une pluie de déluge.Les citadins, pris au dépourvu, sans parapluie, cherchent les tramways.Les tramways ne marchent pas.—.4 quelle heure le prochain train?demande un loustic.— Est-ce que je sais, moué ?répond le conducteur.N’importe.Les gens s’entassent dans les voilures.C’est un abri, s’il est immobile.La compagnie prélève les cinq sous.en attendant d’en exiger six.Les minutes passent.Les tramways ne bougent pas.Il fait presque noir, — comme à onze heures â l’horloge de M.Borden.Les voyageurs qui ont des trains à prendre s’impatientent.Ça ne fait rien.Les tramways font toujours le mort.Une heure dix.Une voiture s’illumine, démarre, une autre suit.Ces messieurs du tramway marchent.Les voyageurs regardent leurs montres.Pourront-ils arriver avant l’heure du départ, aux gares ?La pluie tombe maintenant pai' larges nappes.Sous les auvents, dans l’encoignure des portes, partout, des gens attendent, qui, sitôt le tramway arrivé, se bousculent, avec leurs sacs et leurs parapluies, s’ils en ont, — pour grimper daim la voiture.Un tramway déborde.Il descend à grande allure la rue Saint-Denis On y étouffe.Près Craig, le conducteur fend la foule, va en avant, commence à distribuer des corres-panccs.— “ Ce tramway-ci va à la shed ”, dit-il, imperturbable, aux gens qui l’interrogent.— “ Pourquoi ?” — “ Ordre de l’inspecteur.” — " Mais il pleut à noyer un canard t —Ça fait rien, j’ai mes ordres, — M.compagnie ! C’esl scandaleux.C’est toujours la même histoire., maugréent des voyageurs.Le bonhomme continue sa distribution comme s’il faisait des faveurs.Jurons des gens qui pestent.Une femme avec deux enfants et sans parapluie ni manteau dit : “ Je reste dans le tramway”.“On s’en va â la rue Côté,vous débarquerez bien là ”, dit le bonhomme.Coin Place d’Armes.— “ Tout le monde débarque ”, crie la compagnie.Et tout le monde, sous une pluie effroyable, descend dans la boue, tandis que les quelques rares parapluies s’accrochent aux chignons ou culbutent des chapeaux dans les flaques.Une heure trente-cinq.Sous les auvenls d'un magasin juif, la foule attend, résignée, toute trempe, un antre tramway.It n’en passe pas à destination des gares.Les convois vont pourtant partir bientôt.Des voitures défilent, mais en sens inverse.Du temps se passe.Un tramway, enfin, s’amène et s’emplit net.U s’en va.A la gare, quand les gens arrivent, les convois sont parfis.Penauds, trempés, de mauvaise humeur, tes voyageurs maudissent le tramway.Mais le tramway s’en moque.Il a tondu ses cinq sous.Les voyageurs ?The public be damned ! comme dit l’énergique for mule américaine.Jean LABRYE.Le Journal-Press, d’Ottawa, espère qu’il sera facile de trouver un mandat de député au colonel Blondi, afin qu'il reprenne son poste de ministre.Peut-être, admet-il, sera-t il difficile de lui en trouver un dans le Québec; “mais ce serait très bien, de la part de l’Ontario, si ceite province pouvait témoigner son estime à celui qui s’est montra patriote valeureux (gallant patriot) en faisant démissionner, au bénéfice de M.Blondin, un de ses députés de langue anglaise”.Le Journal-Presse exprime toutefois l'avis qu’il se pourrait que le Québec, après tout, “revienne sur son erreur du 17 décembre”.C’est à voir, tout comme il reste encore à déterminer si le Québec, ce jour-là, a commis une erreur.Que le Journal-Press ne table pas là-dessus pour trouver chez nous un mandat de député à quelque ministériel que ce soit.Le chemin barré Le Droit protestait justement, l’autre soir, contre la publication inopportune, par une feuille d’Ottawa, d’une caricature empruntée à un journal de Baltimore.Elle a pour titre ce mot : “Blocked” et elle montre le chemin de Paris et de la vic-toire?que veut forcer Hindenburg représenté par un sanglier furieux, barré par une énorme porte formée de trois drapeaux, dont le plus grand est l’anglais; la place du tricolore est toute petite, celle du drapeau américain aussi.Ce dessin est de mauvais goût, de même que sa publication, le jour même de l’arrivée à Ottawa des Chasseurs Alpins, note justement le droit.11 paraît bien en effet, d’après les dépêches européennes, que l’obstacle en travers du chemin de Paris, depuis des mois et des mois, c’est surtout l’armée française.Les affaires de Cambrai, l’incident Cough et différents autres faits tout récents ne vont pas précisément à l’encontre de cette affirmation.La preuve de M.Shortt D’après le New-York Post, le discours du secrétaire pour l’Irlande, M.Shortt, où il tente d’établir la culpabilité des Sinn Feiners récemment arrêtés et gardés en prison sans procès, n’est guère probant.“ Que faut-il penser d’un ministre qui a proféré les accusations de trahison les plus graves contre une assez importante partie de ses concitoyens et qui ne peut trouver comme preuve de ses accusations que ceci : d’abord l’affichage d’un avis que le foin rl la paille réquisitionnés “ seront payés par l'armée allemande ” ; ensuite, qu'une lettre trouvée sur Je professeur de Valera dit que quelque chose (!) va se produire, deux mois après le déclanchement de la grande offensive allemande ; en troisième lieu, d’autres renseignements (lesquels.il ne le dit pas) provenant de sources d’informations ” toujours de la meilleure et de la plus sûre provenance, ainsi que le démontrèrent chaque fois les événements subséquents ” ; et enfin, de l’agitation séditieuse et des discours du même genre.Il n’y a pas dans tout cela de quoi d’assez précis pour faire fouetter un chat.Il se fait toujours des discours séditieux en Irlande : c’est la coutume.Bref, tout est si faible que c’est pis que futile.S’il y a des preuves de trahison, le monde devrait les connaître, et le gouvernement anglais aurait le droit alors de marchee et de punir rigoureusement les traîtres ; maïs 11 se contente d’arrêter des hommes, de refuser de leur faire un procès, et toute tentative qu’il fait pour établir devant le publia Texis-tcnco d’une gronde conspiration trop nombreux, font métier, de ce temps-ci, de procurer de l’akool aux ivrognes de leur province incapables de s’en passer, à cause de leur soif inextinguible.Le Globe demande au conseil des médecins de sa province de sévir contre ceux qu’il .appelle “ des commis de buvettes Après le cas de ce médecin de Toronto reconnu coupable d’avoir, en douze jours, vendu 1114 ordonnances pour de l’alcool, à SI chacune, il y a eu celui d’un autre praticien d’Hamilton accusé d’une offense analogue.Au procès de cet individu, un honnête citoyen, père de trois enfants, a, selon le Globe, demandé au magistrat de l’entendre ; il a raconté au tribunal qu’il avait trouvé un soir, chez lui, sa femme en état d’ivresse, au point que, tombée sur le plancher, elle n’avait pu se relever.“C’est une bonne femme, sauf qu’elle aime l’alcool, et je la pensais sauvée, maintenant que la loi défend d’en vendre.Et vous ”, dit-il en se tournant vers l’accusé, d’un trait de plume, pour un sale dollar, vous avez empesté mon foyer, vous avez réduit à néant tout mon travail Il est évident que le conseil médical de l’Ontario devra intervenir, pour exclure ces “ commis de buvettes ” et empêcher qu’ils ne contaminent les autres membres de la profession, ou ne les déshonorent.“ Tout cela, abstraction faite de l’aspect légal et moral de la question, ests à donner des nausées au médecin respectable qui honore sa profession et que son labeur ennoblit ”, conclut le Globe.Mauvaise humeur Un des collaborateurs assidus du Sun de Toronto, qui signe ses articles des initiales W.L.S.manifestait quelque humeur, la semaine dernière, à propos de l’enregistrement du 22 juin.Il s’est soumis comme à peu près tout le monde aux formalité^ imposées par la loi, mâis il en exprime son avis en termes assez vifs: “Pour moi, j’ai déjà assez de misère à trouver où est ma pipa, où j’ai mis mes lunettes, que je cherche continuellement, que je ne puis m’empêcher de maugréer contre la nouvelle obligation qu’on m’impose de me rappeler dans quelle poche de mon veston j’ai mon certificat d’enregistrement; et je parierais n’importe quoi que la moitié de ceux qui ont passé par cette formalité auront perdu leur petit papier d’ici un an.Puisqu’on tenait absolument à nous numéroter et à nous cataloguer, il eût été bien plus simple et bien moins renversant qu’on nous eût traités comme on fait des bêtes à cornes sur les ranches de l’ouest et qu’on nous eût marqués au fer fouge.” Si W.L.S.y tient, libre à lui.Mais la morsure du fer rouge lui ferait peut-être trouver qu’après tout, mieux vaut le chiffon de papier numéroté, quelque risque qu’il y ait de le perdre.Le bonhomme qui parlait d’une médaille à porter au cou proposait une solution moins dure que celle du fer rouge.Le bacon Un journal note que Londres reçoit plus de lard fumé qu’elle en demande et que l’Amérique conti-nue de lui en envoyer régulière-, ment.Les mangeurs de lard fumé,, ici, qui doivent s’en passer parce-» qu’il est maintenant rare et très cher, ne manqueront pas de souhaiter que Londres en achète mainte-' nan.t moins, pour qu’ils puissent sa, remettre ù en goûter.G.P.j l L’AVEU DE M.HENRY L’habeas corpus Des avocats prétendent qu’il n’existe plus, au Canada, d’autres en tiennent pour le contraire, et persistent à dire qu’il reste dans les lois.Evidemment, l’affaire n’est pas très claire, ou il y a des avocats qui font du tintamarre pour rien, — bien que leurs clients doivent les payer tout de même, en fin de compte.Un membre en vedette du barreau montréalais déclarait vendredi que l’habeas corpus reste, A quelque chose les élections sont bonnes.On en fait une.de ce temps-ci, dans East York.U s’agit de renouveler le mandat de M.Henry, fait ministre de l’Agriculture dans le cabinet Hearst, et M.Henry a pour adversaire un M.J.-S.Galbraith qui réclame l’interdiction de Tensei-, gneinent du français , dans toutes les écoles publiques et .séparées de l’Ontario et la suppression totale de l’allemand dans les écoles publiques et séparées, dans les high schools et les universités de la province.Cela a amené M.Henry à s’expliquer sur la question de langue.Et IM.Henry, d’après le Toronto News, une feuille ministérielle qui nous a toujours accusés de calomnier le gouvernement quand nous disions sa politique hostile (à notre langue, a déclaré (voir le News du 25 juin, page 10, colonne 6) que L’OBJET FINAL DU REGLEMENT XVII EST LE DÉPLACEMENT GRADUEL DU FRANÇAIS PAR L’ANGLAIS.” (He then took up the various planks in Mr.Galbraith's platform, explaining that the ULTIMATE END OF REGULATION XVII WAS THE GRADUAL DISPLACEMENT OF FRENCH BY THE ENGLISH LANGUAGE).Retenons cet aveu.II a le mérite de la franchise et déchire tous les masques.— O.H.POUR LA CONFEDERATION Ceux qui ne l’ont pas encore lue feront bien de prendre la résolution de lire, en cet anniversaire de la Confédération, la Confédération, canadienne — ses origines de M.Tabfoé ‘Groulx, l’un des grands succès de librairie de l’année.iPrix: 75 sous, plus 5 sous pour le port, aux bureaux du Devoir et dans les principales librairies.L’INDISPENSABLE | Deux carnets pour un seul coupon Le DEVOIR publie aujourd’hui, en page 2, un coupon donnant droit au porteur û deux carnets INDISPENSABLES, moyennant le versement de 5 sous pour chaque carnet.Pour recevoir les carnets par la poste, il faudra, en plus des 5 sous pour chaque carnet, ajouter un timbre d’UN sou pour chaque carnet.Le carnet, justement appelé l’INDISPENSABLE, parce que tout le monde le doit posséder, sert, sur l’un des côtés, de CARNET D’INDENTITE, tandis que sur l’autre on pourra coller le certificat d’enregistrement obligatoire.La formul
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.