Le devoir, 30 août 1918, vendredi 30 août 1918
VOLUME IX.— No 205 MONTREAL, VENDREDI 30 AOUT 1918 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste : Édition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS $5 00 UNION POSTALE.- « 8 00 Édition hebdomadaire CANADA.%_____;.$2 00 ETATS-UNIS »*i**.* 2 50 UNION POSTALE ., .* ., * * .* 3 00 LE DEVOIR Rédaction et administration: 43, RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TÉLÉPHONES: ADMINISTRATION: Main 7461 RÉDACTION: - Main 7460 Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! SUR LE DÉNOMBREMENT NATIONAL La réponse du Québec n’a pas le droit d'exiger une rétribution pour être tenue à le remplir.Mais puisque le président de l’Automobile Club et les représentants des autres associations intéressées n’ont pas jugé à propos de protester, c’est sr.ns doute qu’ils ont jugé raisonnable le paiement de cette taxe masquée, d’autant plui que l’avidité du gouvernement provincial s’empare de tout le revenu des patentes.• • * Ottawa vient de livrer à la publicité un rapport préliminaire sur le dénombrement national du 22 juin dernier.Les journaux ont commencé d’en parler hier, ceux d’aujourd’hui ajoutent des précisions.Ce document officiel renferme un chapitre traitant de la façon dont les choses se seraient passées dans le Québec à cette occasion.On y fait grand état de ce qu’on apfpelle les fausses nouvelles répandues à travers la province, les manifestations du mécontentement populaire, le progrès très lent de l’organisation chargée de faire l’enregistrement, les persécutions dont auraient été victimes des fonctionnaires ou des gens ayant prêté leur concours à Ottawa en cette circonstance.Le rapport n'exagère-t-il pas?Ne pousse-t-il pas le tableau au noir?N’est-il pas rédigé à peu près dans le même esprit que les discours et les lettres de M.Rowell lorsqu’il parle du Québec?Certes, des incidents ont démontré le mécontenteinci populaire, dans deux ou trois districts.Mais ils ont été l’exception cl le public québécois, d’une façon générale, a respecté la loi comme il convenait qu’il la respectât., S’il a parfois témoigné quelque méfiance à l’endroit des agents du gouvernement, de ses fonctionnaires, ne faut-il pas en chercher la cause dans l’attitude cassante et les paroles imprudentes de certains de ceux d’entre eux qui n'ont pas agi avec discrétion, dans la façon stupide dont un bon nombre, parmi eux, ont prétendu dicter les réponses aux premières personnes se présentant avant le 22 juin à leur bureau?Cela n’a-t-il pas eu pour résultat d’en éloigner des gens, peu désireux de se faire traiter de haut par des commis imbéciles ou malveillants?Il faut aussi remonter plus loin, chercher dans la conduite et les déclarations du ministère, de certains ministres surtout, depuis une couple d’années, le cause du malaise existant dans le Québec à l’époque du dénombrement national.Le peuple, il y a à peine deux ans et demi, avait entendu le premier ministre déclarer formellement, en plein parlement, en réponse à une question de M.Laurier: "Parlant pendant les deux ou trois premiers mois de la guerre, j’ai clairement fait comprendra à la population canadienne que nous n'entendions pas établir de conscription.Je le déclare de nouveau explicitement”(M.Borden, discours aux Communes, 17 janvier 1916, page 26, Débats, édition française).Il avait ^niendu d’autres ministres lui faire des promesses analogues.La presse ministérielle lui avait tenu un langage aussi rassurant; — et malgré toutes ces promesses, la conscription est venue.Des arrêtés ministériels, en avril 1918, sont même venus annuler des garanties solennelles données par la loi du service militaire de 1917.Rien de cela n'a contribué à rassurer le public sur les dispositions et sur la fin que se proposait le ministère, par rapport au dénombrement de juin dernier.On ne lui a jamais dit an juste pourquoi cette formalité.Et puis il y avait le discours de M.Rowell aux Communes, à l’occasion de l’arrêté ministériel d’avril, où il parlait en termes ambigus du travail des femmes aux champs, de la femme remplaçant ^partout l’homme, pour que celui-ci allât au front.Si le public québécois est devenu sceptique, inquiet, s’il s’est méfié du ministère, peut-on l’en blâmer?Rien de cela ne l’excusait, dira-t-on, de ne pas se conformer à la loi, — s’il ne s’y est pas conformé; mais cela explique parfaitement le mécontentement constaté dans quelques campagnes par les représentants du ministère.L’étonnant, c’est qu’il ne se soit pas manifesté davantage en public.C’est tant mieux, pour l’ordre et pour la bonne réputation de notre province.Du reste, le rapport lui-même prouve que les reproches faits au Québec sont injustes.La partie qui résume les statistiques relatives au dénombrement l’établit.«, La Colombie Britannique n’a enregistré le 22 juin que 81.6 pour cent des gens qui devaient s’y enregistrer, la Xouvefle-Ecosse, 86.7 pour cent, PIle-du-Prince-Edouard, 88 pour cent, le Québec, 89.1 pour cent, dit ce rapport.C’est donc que trois provinces à peu près exclusivement anglaises ont moins bien obéi à la loi que le Québec, quoique, de ces trois, deux surtout soient d’un grand loyalisme affiché, la Nouvelle-Ecosse et la Colombie Britannique.Et la Nouvelle-Ecosse est au surplus la province du premier ministre, M.Borden, et de son collègue, M.McLean.Les résultats dans ces provinces anglaises, tels que les constate le rapport Robertson, font donc table rase des insinuations et des affirmations malveillantes qui s’y sont glissées à l’endroit du Québec.Encore une légende qui se détruit d’elle-même! Georges PELLETIER.NOTES MUNICIPALES LA CIRCULATION.— LA RESOLUTION SAMPSON.- UNE RECTIFICATION.Le directeur de la sûreté accorde une importance capitale à la réglementation du trafic.Il met a profit la seule expérience qu il lui a été permis de reporter de ses anciennes fonctions sur ses nouvelles.Les pompiers sont, en effet, bons juges des défauts de la circulation.Dans leurs nombreuses et vertigineuses randonnées à travers la ville, il leur arrive de se heurter a des encombrements de voitures et d’en subir des retards et des accidents fréquents.Nous ne blâmons pas, nous louons même sincèrement M.Tremblay de s’occuper de cette question trop négligée naguère au grand dam de la sécurité des citoyens, de l’intégrité de leurs membres et quelquefois de leur vie.Mais ce serait une erreur sérieuse que de négliger pour celui-ci tous les autres devoirs de la police et M.E.E.Bclcourt, parlait d'or quand il conseillait, d’après le rapport des journaux, de supprimer quelques-uns des agents de circulation pour faire une surveillance plus efficace des malfaiteurs dont l’audace s’accroît singulièrement, comme' en témoignent les vols fréquents et insolents de ces derniers jours et le nombre grandissant des incendies d’origine criminelle, au dire du commissaire Latulippe.Toutes les réformes suggérées nous paraissent d’autant plus praticables et justes qu’elles ont reçu l’approbation des principaux intéressés, ce qui est une excellente garantie de l’observation de la loi.De plus, M.Tremblay a été bien inspiré de consulter ceux qui s’entendent le plus en la matière; les gens du métier sont les plus aptes à saisir les défauts d’un règlement qui leur est destiné.* * * Depuis longtemps déjà, on s’est plaint de l’encombrement de certaines rues.On y remédiera désormais en exigeant la circulation dans un seul sens.Qu’on nous permette de faire observer à ce sujet que la ville pourrait opportunément modifier la traduction des deux mots anglais ‘"this way” que surmontent une flèche indicatrice du sens dans lequel doit se faire ia circulation des véhicules.La traduction française qu’on en a faite et dont nous nous ne souvenons pas exactement comporte au moins cinq ou six mots (dans cAte direction seulement, ou quelque chose d’analogue).Cette traduction lâche contribue à fausser l’esprit de nos compatriotes anglais.Us se récrient chaque fois que l’on veut exiger du français : “Mais, disent-ils, c’est une langue de trop de mots ; impossible d’être bref.Voyez toutes les traductions officielles, elles prennent deux fois plus d’espace que l’équivalent anglais.” Ils paraissent avoir raison ; mais au fond, on l’a déjà maintes fois établi, le français est aussi bref que l’anglais quand on se donne la peine de trouver le mot exact.Dans le cas qui nous occupe, “par ici” pour( traduire le mot anglais “this way" est aussi expressif.La pointe de la flèche, signe conventionnel indicateur de la direction d’un déplacement quelconque, complète le sens.C’est là un simple détail mais qui échapperait peut-être au monoglotte Mann, si son chef se repose sur lui du soin de la traduction.El encore une fois, dans la lutte contre les forces supérieures de l’anglicisation envahissante, il n’y a pas de détails.La stratégie des maîtres ne laisse rien au hasard, accorde de l’importance aux objets les plus infimes qui entrent dans 1 accoutrement du soldat ou l’outillage des machines de guerre.* * * * Quant à la mince rémunération que l'on veut exiger des automobiles parquées en certains endroits, elle nous semble faite pour déguiser une nouvelle sorte de taxe.A vingt et même à dix sous par jour, cela fait une belle somme à la fin de l’année, d’autant plus que la police est dans l’obligation de garder les propriétaires d’automobiles contre les vols ; que si elle ne le fait pas, elle néglige tout simplement son devoir envers les citoyens et A la réunion des municipalités, tenue avant-hier à Montréal sous la présidence de M.Bouchard et en présence du sous-ministre des municipalités on a adopté plusieurs résolutions importantes.Le président s’est appliqué à expliquer et à justifier l’attitude du gouvernement, se souvenant comme c’est assez naturel qu’il n’est pas que député de Saint-Hyacinthe mais encore membre de l’assemblée législative.Mais il nous semble que ceux qui se sont opposés à ce que le gouvernement s’appropriât momentanément, à un intérêt bien au-dessous du cours ordinaire, le fonds d’amortissement des municipalités, avaient raison.La résolution adoptée à la demande de M.Sampson.d’Outre-mont, nous parait assez juste.Comme disait le maire de Montréal-Est, M.Versailles, si le gouvernement veut, faire une faveur aux munici-palirés c’est bien moins qu’il leur paie l’intérêt sur leur fonds d’amortissement au cours ordinaire.La résolution Sampson va plus loin encore ; elle laisse, moyennant certaines garanties, les municipalités libres de disposer à leur gré de leur réserve.Un journal du matin parlant de la disette des logements dans tout le Canada et des prêts qu’il est question de faire pour résoudre ce problème rappelle que le gouvernement provincial y a chez nous donne déjà son attention, “en offrant une garantie d’intérêt aux municipalités qui voudraient entreprendre la construction soit par ellés-mêmes, soit par des syndicats sous leur contrôle, de ces logements ouvriers”.“Malheureusement, poursuit le même journal, aucune municipalité n'a encore osé se risquer dans cette entreprise humaniÿiire.” Cette dernière affirmation nous paraît inexacte.La ville de la Pointe-aux-Trembles a commencé, si nous sommes bien renseigné, la construction d une ville ouvrière modèle qui lui a même valu un long article dans le Canadian Municipal Journal.On dit que l’entreprise est en pleine réussite bien qu’il paraisse difficile que des maisons construites avec soin et souci du confort, à l’heure actuelle, avec renchérissement de la main d’oeuvre et du coût des matériaux.puissent se louer ou se vendre à bon compte.Nous avions toujours cru jusqu’ici.par ailleurs la loi permettait tout simplement aux municipalités de garantir partie du coût de la construction; l’article du confrère laisse entendre au contraire que c’est le gouvernement provincial qui paierait l’intérêt sur les emprunts si les municipalités lui en faisaient la demande, ce qui serait beaucoup plus tentant.Les villes elles-mêmes n’ont pas non plus apparemment le droit de se livrer à la construction puisque la^ municipalité des Troi-Rivières a dû demander une autorisation spéciale pour affecter une somme de $100,000 à la construction de logements ouvriers exécutés sous sa surveillance et à son compte.Louis DUPIRE.BILLET DU SOIR.ENTRE CHINOIS Deux Chinois aussi authentiques que distingués se rencontraient l’autre jour à Montréal même.L'un.Fils de l'Eglise — ce qui est un excellent titre à mériter celui de Fils du Ciel — crut reconnaître dans l’autre, un civil, un pékin pour employer un terme de couleur locale, une figure déjà vue.Voyons, se dit le missionnaire jaune — pourquoi taire le secret, puisque c’était un très zélé Père des missions de Chine — ou donc, ai-je rencontré ce compatriote ?C’est bien simple, je vais le lui demander.Nous traduisons de noire mieux: —Pardon, mon ami, je crois vous connaître.dit le Père dans la langue habituelle de son pays.L’interpellé remua ses petits yeux vifs comme s’il cherchait à les retourner pour scruter son cerveau et, apparemment très perplexe, répondit exactement en ces termes: —Xxxx xxx xxx xxx xx.(Ces x sont des mots chinois que le typographe refuse absolument de composer).Ce fut au tour du missionnaire de monlrer une vive stupéfaction : chose incroyable, son interlocuteur venait de lui parler dans un dialecte qu’il ne comprenait pas.Heureusement, n’étant pas de la race supérieure, c’esi-à-dirc unilingue, il fit appel à son savoir polyglotte et répéta sa question, cette fois dans un autre axiome fort répandu dans la République.du Milieu, ajoutant: —C’est étrange, je ne vous ai pas compris.Peut-être pourrons-nous maintenant nous entendre.Le discours fut vain; l’homme au langage inconnu riposta sur le même ton, donnant cette fois des signes évidents qu’il ne savait pas ce que son interlocuteur voulait lui dire.Le Père en était tout marri.quand, se mettant à sourire avec cette joie naïve, propre aux Asiatiques, le compatriote s’exclama avec un accent très parisien : —Pardon, mon Père, si nous parlions tout simplement français.Max SOREL.L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA II—LES HUMANITES.La vieille culture classique, littéraire et désintéressée domine encore, à l’Université d’Ottawa, l'éducation moderne, scientifique et utilitaire! Sur vingt heures de classes par semaine, seize, en moyenne, y sont dévolues à l’enseignement des “ humanités ”, c’est-à-dire de la philosophie, de l’histoire, des littératures grecque, latine, française et anglaise.S est là pn fait intéressant.Nous is là, pleinement réalisé, un type d’enseignement scientifique classique.* » » La part légitime de l’élément purement classique ne s’y trouve pas amoindrie par la présence d’un élément scientifique important.On a retranché de l’un tout ce qui était du ressort de l’autre.On a expurgé du programme d’enseignement des lettres l’érudition, la philosophie, les interminables détails historiques, les nomenclatures, les énumérations chères aux vieux rhéteurs, les explications d’ouvrages jamais lus et le reste.On s’est attaché à faire connaître à l’élève le côté purement humain, à le mettre en contact avec les pensées les plus élevées et les sentiments les plus délicats de tous les temps, à lui montrer dans le graftd mouvement de l’histoire le rôle de chaque pays — et surtout du sien.C’est l'essentiel et c’est suffisant.C’est à ce seul titre que la culture' classique mérite le nom d^’huma-nité”.* * » Le nombre et la quantité des exercices latins et grecs se trouvent diminués.Est-ce à tort?Dans ses “Souvenirs d’une éducation manquée”, M.Ernest Lavisse raconte la hâte fébrile où il faisait ces'exercices : “Ils se pressaient si nombreux dans le cycle de la semaine ! Aucun jamais n’était poussé à bout; c’était une improvisation perpétuelle, comme au petit bonheur.Nous avons écrit Dieu sait combien de versions et de thèmes,, mais nous n’avons pas fait vraiment ni une version ni un thè.me.” Il est certain que des exercices moins fréquents et moins longs, mais mieux faits, et sans virtuosité, conservent tous les avantages pédagogiques de l’étude des langues anciennes : l’effort sérieux de rendre l’idée à rtraduire jusque dans ses subtilités, et dans la tournure française exacte ; la découverte des beautés propres aux littératures classiques : harmonie, élégance aisée, ordre lumineux, équilibre de l’ensemble.* * * L’enseignement de l’anglais a une place importante.Dans le cours français, il occupe trois heures de classes par semaine, isans compter les quatre heures de sciences, qui sont faites dans la langue anglaise.Donc, durant sept heures par semaine, cette langue est la seule, parlée et la seule écrite.11 y a pour cela des motifs utilitaires évidents : la possession efficace de la langue anglaise donne une arme de plus pour les luttes, économiques ou autres, de la vie canadienne.Toute création supérieure de la pensée est classique par définition — et peut servir d’élément d’une éducation libérale.La littérature anglaise abonde en images concrètes, en philosophie idéaliste et en lyrisme élevé.Dans ses plus beaux moments elle est toute imprégnée de la Grèce et de Rome.La plupart des poètes anglais ont vécu sur les bords de la Méditerranée.Shelley se noya dans le golfe de la Spezzia.Byron mourut à Missolonghi pour la cause des petites nationalités.Une inscription est gravée sur la Casa Guidi, â Florence, én mémoire d’Elizabeth Browning : “Sa poésie fut l’anneau d’or qui scella l’alliance entre l’Angleterre et l’Italie”.L’étude de l’anglais, bien conduite, apporte une large part à la culture générale propre aux humanités.* * * # La langue maternelle n’est pas négligée pour cela.Elle constitue, à l’Université d’Ottawa, yenseigne-ment primordial.On lui a toujours destiné les professeurs les plus compétents, la plupart des Oblats fran-çais.“Pour assurer au français, dit l’Annuaire, la place d’honneur qu’il mérite, aucun soin n’est épargné.Dès les plus basses classes, l’élève est obligé de rendre compte du sens exact des mots qu’il lit ou emploie.Plus tard il étudie de la même manière la proposition, la phrase et le paragraphe.Des exercices variés l’aideront à mieux comprendre les règles, et des compositions faciles l’initieront à l’art de bien écrire.” Un enseignement complet de la littérature française est donné dans les quatre dernières années du cours classique — c’est-à-dire le cours des Arts.Cet enseignement a pour première règle de faire aimer la littérature.Il y arrive par trois moyens: La prédominance des explications d’auteurs sur les récitations d’histoire littéraire ; L’étude — postérieure à celle des cadres généraux — de l’évolution de chaque genre, pris à part, à travers toutes les.époques de la littérature; Et la persistance de cet enseignement jusqu'à la fin de tout le cours classique.Ce cycle littéraire des deux dernières années a pour but de déve- lopper chez l’élève le sens de l’art par un cours d’esthétique.De sorte qu’il n’y a pas de solutiqn de continuité.Il y a des chances que le bachelier n’ait pas alors perdu le goût des études littéraires et qu’il n’aille pas s’initier aux “mystères” dont parlait dernièrement M.Antonio Perrault.(1).Il se peut que le bachelier qui vient de cultiver'deux ans sa sensibilité esthétique ne préfère pas “une partie de boxe à une conférence littéraire”; qu’il soit au contraire un des “dix élèves du cours de littérature française professé à TUniver-sité Laval”.* * * Voilà bien d’ailleurs à quoi tend tout cet enseignement des humanités: former dés esprits qui, au-dessus de ia lutte presqu’immorale de la vie matérielle, recherchent les plaisirs de la beauté.C’est le lien spirituel et intime qui unit tous les Canadiens français cultivés.Ils amt tous vécu dans des siècles classiques, à Athènes, à Rome et à Versailles.Le cours classique de l’Université d’Ottawa propage — à sa’ manière — cette commune tradition de la grandeur latine d’ou dériva notre passé.Louis de la DURANTAYE.DOIT-ON ECRIRE BONSECOURS OU BON-SECOURS ?(1) “Nos forces intellectuelles”, dans l'Action Française d’avril.BLOC - NOTES Selon son habitude Un journal de Québec lançait l’autre jour dans le public la nouvelle, — la donnant comme assurée, — que M.Gaston-guay* arpenteur bien connu de Québec, avait dû rebrousser chemin dans un voyage d’cxpl ration près du lac Saint-Jean, après s’être fait mettre le pistolet aux tempes par des insoumis cachés dans les forêts de cette région.D’autres journaux, qui ont publié cette nouvelle répandue par la Canadian Press subséquemment à sa publication à Québec, ont donné par la suite un démenti formel de M.Gas-tonguay.Il a même écrit à ce journal pour nier cette histoire “qui est de pure invention”, dit-il.d’autant qu’il “n’a pas fréquenté les forêts de cette région depuis au moins huit ans”.Il ajoutait : “Ce n’est là qu’une nouvelle et malicieuse tentative, me semble-t-il, de faire croire que les insoumis sont légion en notre province”.La lettre est du 20 août.Ce journal, — nous sommes au 36 août, — ne l’a pas encore publiée: Aussi bien M.Gastonguay a-t-il cru devoir en adresser une copie à l’Action Catholique, qui ta donne.Il n’y a pas à s’étonner du silence du journal à qui M.Gastonguay a écrit, si c’est celui qui, avant-hier jetait au panier une autre mise au point très catégorique d’un haut dignitaire ecclésiastique montréalais.C’est dans les usages r: ce w o i.e — >c ¦ ie ce ce ce •n i.e »e te ue -* m »e ^ i".»e c: ce es COMBLES PRIS, PERONNE MENACE Les troupes de Haig poursuivent leur avance sans répit et pénètrent ce matin une autre profon-l deur de 2000 verges sur un front de 7 milles — I Les Poilus de Mangin continuent à progresser de leur côté en dépit d’une résistance acharnée des Allemands.LES CANADIENS A L’ASSAUT Londres, 30.— Les troupes antiaises ont capturé Combles, entre sapaume et la Somme, annonce le communiqué officiel d’aujourd’hui.L’avant-garde a franchi la Somme, au sud et à l’ouest de Péronne.• Entre Hendecourt et le chemin i’Arras-'Cambrai, les Canadiens ont attaqué la ligne allemande et progressé.A l’est de la Sensée, les troupes du feld-maréchal Haig ont progressé.capturant Byllccourt et Hen-decourt-lez-Cagnicourt.Les Anglais ont aussi capturé Clery-sur-Somme, sur la Somme, entre Combles et Péronne.Voici le texte du bulletin : En dépit de la destruction des ponts sur la rivière, notre avant-garde a traversé la Somme, au sud et à l’ouest de Péronne.Nous avons pris Clcry-sur-Somme et Combles.Dans cette région seulement, nous avons capturé 200 prisonniers et quelques canons, hier.Des troupes de Londres et du Lancashire ouest ont accompli une importante progression hier après-midi, à l'est de la rivière Sensée, capturant Bullecourt et Hende-court-lez-Cagnicourt après de rudes combats, et aussi le puissant système de tranchées protégeant ces villages.On rapporte qu’une attaque dirigée par les Canadiens, de bonne heure, ce matin, entre Hendecourt et le chemin d’Arras-Cambrai se développe favorablement.De chaque côté de la Scarpe, les troupes anglaises et écossaises ont continué leur avance, hier, et ont fait des gains précieux dans la direction d’Eterpigny, Hamblain-les-Pré et Plouvain.Nous occupons le village de Remy.Nous avons fait nombre de prisonniers, dans ces opérations.Dans les vallées des rivières Lawc et Lys, nous avons continué à aller de l’avant.A DEUX MILLES DE PERONNE Londres, 30.— Les troupes australiennes sont mainteannt à une couple de milles de la banlieue de Péronne, mande le représentant australien au front anglais.Les Australiens ont capturé Feuillères, Her-becourt, Flaucourt, Assevillers, Ber-leux et Belley, hier.Dans la présente ruée, ils ont recouvré 125 milles carrés de territoire et environ 40 villages, dont la plupart sont en ruines.LA PENETRATION S’ACCENTUE.Londres, 30.— Les troupes anglaises, à l’est d’Arras, ont repris leur avance, ce matin, et de bonne heure, elles avaient pénétré sur une autre profondeur de 2,000 verges, sur un front de 7 milles, entre Bullecourt et la Scarpe, suivant des rapports reçus, ici.Les Tommies sont parvenus a moins d’un mille de la ligne Dro-court-Queant et ont capturé Rien-court.LES FRANÇAIS PROGRESSENT.Avec l’armée française en France, 30.— La bataille progresse favorablement pour les troupes du général Mangin.Les Allemands opposent la plus opiniâtre résistance a l'armée française, pour l’empêcher de prendre pied, au nord de l’Ailette.Un succès des Français dans cette région menacerait les lignes de communications de l’ennemi.L’ennemi s’est servi surtout de la cavalerie, hier, mais malgré cela, il n’a pu enrayer l’avance des poilus.COMBLES EST DEPASSE Paris, 30.(Havas).— La ligne anglaise, au nord de la Somme, a dépassé les points indiqués dans le cogamunique du feld-maréchal Haig, et les Anglais sont maintenant à plusieurs kilomètres à l’est de Combles, suivant les dépêches reçues par les journaux, ici.L’avance se continue et l’on prédit la chute de Péronne.Les correspondants des journaux parisiens au front s’accordent à dire que les pertes des Alliés, dans les opérations actuelles, sont relativement légères.Ils affirment que jamais les Alliés n’ont capturé tant de prisonniers et de canons, une si grande quantité de matériel et une si grande étendue de territoire, avec des pertes aussi légères.CONTRE-ATTAQUES BOCHES RE POUSSEES Paris, 30.Pendant la nuit, les Français ont repoussé les contre-attaques allemandes, entre l’Ailette et l’Aisne, dit le bulletin officiel d’aujourd’hui.Les Français ont maintenu leurs gains à l’est de Pasly, au nord de Soissons.Su sud de la Somme et le long du canal du Nord, il ne s’est produit aucun changement.Voici le texte du commd nique: Le long de la Somme, dans la région du canal du Nord, il n’est sur venu aucun changement, durant la nuit.Entre l’Ailette et l’Aisne, les troupes françaises ont repoussé plu sieurs contre-attaques des Aile mands.A l’ouest de Pasly, nous •vons maintenu nos gains.' Lé long de la Vesle et en Champagne, de* coups de main de l’ennemi ont été sans résultat.La nuit a été calme sur le restant du front.Résistance désespérée des Allemands Avec l’armée française, 30.—Les Allemands font un suprême effort pour maintenir leurs positions sur le plateau au nord de Soissons.Ils lancent de nouvelles troupes contre les Français et les Anglais, et leur disputent le terrain, pied à pied.Après les infructueuses tentatives de l’ennemi, voici quelques jours, pour reprendre la hauteur de l’Orme de Montecouve, à l’ouest du chemin Soissons-Coucy-le-Châ-teau, les prisonniers faits par une division française comprenaient des soldats de 3 divisions d’infanterie différentes et 2 bataillons de troupes d’élite montagnardes.La perte de cette hauteur et une autre avance ont accru d’autant la nécessité pour l’ennemi d’empêcher les Alliés de gagner du terrain sur le plateau, dans la région de Juvigny, où se trouvent les dernières hauteurs défendant la vallée de l’Ailette, au point où elle va à-Ugst, avant de tourner de nouveau au sud, vers le Chemin des Dames.L’ennemi y a renforcé sa ligne avec quelques-unes des meilleures divisions de ses troupes de choc.La 3e armée française a rencontre une plus grande résistance, hier, le long de la ligne de la Somme et du canal du Nord.La résistance allemande a été particulièrement vive dans la région de Nesle, où il a été nécessaire d’amener l’artillerie, pour réduire quelques positions.Hier soir, les viDages de Rouy-le-Grand et de Rouy-le-Petit, à l’est de Nesle, étaient aux mains des Français.Au sud, le long du canal, ils occupent Breuil, Moyencourt et la Banneteric.Au nord de Nesle, où les troupes du général Humbert approchent aussi de la Somme, les Allemands ont lancé sans succès une contre-attaque contre Morchain.Les Teutons semblent puissamment renforcés par l’artillerie, le long du canal du Nord, où leur résistance se raidit.Après la capture de Noyon, les Lrançais ont avancé vers Test, jusqu’aux versants méridionaux du mont Saint-Siméon.Les Anglais approchent de Péronne Avec les armées anglaises en France, 30 (midi).— Les troupes du feld-maréchal Haig ont capturé lâches, sur la rive droite de la Somme et à environ un mille de Péronne.Des troupes anglaises sont entrés à Lesboeuf et des patrouilles ont passé à travers Morval, au sud-est.Ce matin, les Tommies ont avancé vers Test, venant de Bapau-me.Les Anglais ont accompli d’autres progressions au nord de Lens.A un endroit, ils ont avancé de 1.000 verges.On a signalé ce matin la capture de Le Transloy, sur la grand’route Bapaume-Péronne.-«- LONDRES RESTE SANS SURVEILLANCE Londres, 30.— Londres, en dehors du mille carré qui constitue la ville proprement dite, a été pratiquement sans protection de la part de la police, depuis minuit, alors que la fameuse police métropolitaine s’est mise en grève.Le trafic, si bien dirigé, d’ordinaire, a été laissé au hasard, jusqu’à l’arrivée de centaines de constables spéciaux, des citoyens engagés pour la durée de la guerre, pour aider aux agents réguliers.De bonne heure, aujourd’hui, il restait très peu d’agents de police à leur poste.La police de la ville de Londres, qui n’est pas affectée, comprend 800 hommes.La police métropolitaine comprend maintenant de 4.000 à 5,000 agents.Depuis le début des hostilités, 8,000 sont allés à la guerre.Les grévistes demandent une augmentation de salaire, la reconnaissance de leur union et la réinstallation d’un agent bis à pied oui déployait de l’activité en faveur de Tunion.La plupart des agents du grand arsenal de Woolwich sont aussi en grève.-c-—— REMISE DE LA VERGE NOIRE Ottawa, 30.— Le premier ministre a remis ce matin à M.E.J.Chambers, la verge noire offerte au Sénat canadien par l’association parlementaire de l’empire, section du Royaume.M.Borden prendra la parole lundi à l’exposition de Toronto.UN AVIS AUX RÉFRACTAIRES Ottawa, 30.— Le gouvernement ayant reçu de la part de plusieurs personnes importantes des demandes de prolonger l’époque d’amnistie aux insoumis à la loi militaire, on annonce officiellement, aujourd’hui, qu’il n’est pas possible d’accorder une prolongation mais que ceux qui se présenteront volontairement seront reçus avec bienveillance tandis que ceux qu’il faudra amener de force seront traités avec sévérité.LES ESPAGNOLS SUR LES ÉPINES Madrid, 30.— Le cabinet s'assemble à 5 heures, cet après-midi.Suivant une explication officielle, les ministres tiennent cette assemblée pour discuter les problèmes économiques et le budget, mais l’opinion générale c’est que d’autres questions importantes viendront sur le tapis.L’opinion publique est très émue par la situation internationale, et les principaux hommes politiques réunis dans la capitale confèrent souvent.Le comte Romanones, ministre de la Justice, parlant aux journalistes, aujourd’hui, a déclaré qu’il n’y a pas sujet à s’alarmer.Les autres ministres font de grands efforts pour tranquilliser le peuple.Quelques-uns affirment que le parlement se réunira bientôt pour traiter les affaires courantes, tandis que le comte Romanones prendra des mesures pour modifier, ou même pour supprimer la censure que Ton regarde comme très sévère.L’assemblée d’aujourd’hui n’est probablement que la première d’une série qui ira jusqu’en septembre.On s’attend à ce que le duc d'Albc, ministre de l’Instruction publique, soit présent, en dépit de sa mauvaise santé.LES ACCUSÉS SE DISENT INNOCENTS Maurice Greene, 47-est, Ontario, accusé d’avoir volé 2 paires de chaussures chez M.Singer, 485-ouest, Notre-Dame, a nié sa culpabilité en Cour de comparution, ce matin.Le prévenu qui a été arrêté par Je constable Bricault, subira son enquête plus tard.—Hormisdas Robert, 32 Cochrane, arrêté par les constables Delisle et Gendron, du poste No 9, sous l’accusation d’avoir fait du tapage, étant ivre, et d’avoir négligé de pourvoir à scs enfants, a comparu ce matin devjmt le recorder où il a nié sa culpabilité.H paraîtrait que ses deux jeunes enfants, privés des soins de leur (P- j qui est disparue depuis samedi dernier, seraient obligés de chercher leur nourriture dans les réceptacles a déchets.L’enquête a été remise au 6 septembre.y ACCIDENT AUX TROIS-RIVIERES Les Trois-Rivières, 30.— M.Isaac Dupont, cultivateur, de Ste-Margue-rite, a été victime d’un accident, ce matin.M.Dupont était en voiture ¦orsqu il vint en collision avec un tramway, à l’angle des rues St-An «>lne et Champlain.M.Dupont tom-aa et fut pris en-dessous de sa voi ture.Lo conducteur du tramway appliqua vivement les freins et on courut au secours du blessé, qui avait perdu connaissance et reçu des blessures à la tête et à la figure On le transporta à l’hôpital où le médecin dut lui faire plusieurs points de suture.Sa vie n’est pas en danger.—-M.—_____ GROS INCENDIE AU SAULT STE-MAR1E Sault Sainte-Marie, Ont., 30.—Un incendie d’origine inconnue a causé pour 8200,000 de dommages aux entrepôts de bois Eddy Rros., hier après-midi.Le feu a éclaté au pied du quai et s’est propagé, activé par le vent d’ouest, jusqu'à ce qu’un tiers des 12 millions de pieds de bois empilés devint un amas de braise.Les jets d’eau des pompiers de la ville et de deux remorqueurs ont maîtrisé les flammes.La compagnie Wallace Lumber, qui possédait une partie du bois brûlé, subit une partie des pertes.PAS D’EXTENSION” À L’AMNISTIE Ottawa, 30.— Il n’y aura pas d’extension de t’amnistie accordée aux déserteurs."Il n’est pas possible, dit un bulle tin _ officiel, de prolonger le délai fixé pour une amnistie générale à ceux qui sont des insoumis à l’égard de la loi du service militaire.Tous sont cependant invités à se présenter volontairement et promptement.Tous ceux qu'il faudra amener de force à la caserne devront être traités rigoureusement.Tous ceux qui se présenteront promptement recevront une considération complète pour les raisons de leur retard et les chronstances qui peuvent Texcuser.’’ LES FONDOIRS RESTERONT?C’EST L’OPINION QU’EXPRIME CERTAIN ECHEVIN EN SE BASANT SUR LES DECLARATIONS D’UN HAUT FONCTIONNAIRE MUNICIPAL — REPARATIONS AUX PAVAGES — A PROPOS DE PONTS — DIVERS.Le rapport de l’expert new-yorkais sur les abattoirs fait naturellement le sujet des potins, de ce temps-ci, à l’hôtel de ville.Les opinions qu’on exprime sont très diverses: les uns se montrent très optimistes tandis que" les autres croient que les parties intéressées en viendront encore à un compromis.Un membre du Conseil, rencontré au cours de la matinée, a déclaré aux journalistes qu’il tenait d’un haut fonctionnaire municipal, très bien auprès de la commission, que les fondoirs de la compagnie continueront d’être exploités, mais qu’on y installera des appareils plus modernes.“On me dit que M.Bennett est d’avis que la compagnie peut garder ses fondoirs en y introduisant des méthodes semblables à celles qui sont employées dans les usipes d’équarrissage américaines, sans causer de nuisance aux résidents des alentours”, fait observer notre interlocuteur.TRAVAUX DE VOIRIE Voici les endroits où sont actuellement localisées les équipes d’hommes employés aux travaux de voirie : TRAVAUX NEUFS : Pavage en asphalte : Saint-Laurent, de la 42e vers le nord ; nivellement : Grand Boulevard, de Western à G.P.R.; Sainte-Claire, du boulevard Gouin à Fleury.REPARATIONS : Pavages en asphalte : Sainte-Catherine, de Guy à Fort ; McCord, de Wellington à Séminaire ; blocs de scorie : Notre-Dame, de Lacroix à Berri (pont) ; Notre-Dame, de Marlboro à Préfontaine ; Marie-Anne, de Cartier à Papineau ; tunnel de la rue Ontario ; blocs de granit : Craig, de Amherst à Saint-Laurent ; Wellington, de Centre au pont ; Osborne, de la Montagne à Cathédrale ; macadam : Laurier, de Papineau à Marquette ; Décarie, dans toute sa longueur ; Carrières, de Lamori-cière à Saint-Denis ; trottoirs permanents : Reading, vis-à-vis le No 91 ; Mansfield, intersection Sainte-Catherine ; Stanley, de Dorchester à Sainte-Catherine.DIVERS : Pont C.P.R., place Viger (peinture) ; pont Lachapelle.Cent quatre-vingts hommes travaillent sur ces différents chantiers.TRAVAUX TERMINES : Travaux neufs, nivellement : Hampton, de Notre-Dame de Grâce, vers le nord; Hingston également.REPARATIONS : pavages en asphalte : parc Lafontaine, de Papineau à Delaroche ; blocs de granit : Saint-Jacques, des Inspecteurs à Windsor ; blocs de scorie : Marie-Anne, de Cartier à Papineau ; trottoir permanent : Université.de Sherbrooke vers le nord ; McGill , Collège intersection Burnside ; Sherbrooke, à l’entrée de l’université McGill.LES PONTS Le pont de la rue Church vient d’être ouvert à la circulation (il y a une quinzaine de jours) et si Ton travaille actuellement au parachèvement de relui du chemin Lasalle.Une équipe de 120 hommes est depuis quelques jours sur les lieux.On croit que ce pont sera terminé en décembre prochain.Les travaux ont été visités, hier par l’ingénieur en chef de la ville, le surintendant de Taqueduc et le commissaire Ross; ce dernier s’en déclare très satisfait.Ces travaux se font sous la surveillance de la Cie Fraser Brace.L’échevin Elie veut un autre pont reliant Tile de Montréal à Vaudreuil.Il a envoyé à ce sujet, ce matin, la lettre suivante aux commissaires: "Il y a quelque temps déjà, je vous priais de bien vouloir insister auprès des auorités provinciales pour que, dans l’intérêt général et dans l’intérêt des citoyens de Montréal et du comté de Vaudreuil en particulier, un pont soit construit pour relier Tile à ce comté.Comme votre commission semble ne pas avoir encore pu s’occuper de cette question, je me permets de revenir à la charge, vu que la construction dç ce pont est urgente et rendrait dés services inappréciables.“Il y a lieu d’espérer du reste que le gouvernement provincial consentira à exécuter cette importante amélioration et je crois qu’il serait opportun de lui demander, sans délai, de procéder à la préparation de plans et devis en vue de la construction de ce pont, dont l’érection se fera certainement un jour ou Tautre”.M.P.-E.Mercier déclarait, ce matin, à M.Elie que, depuis qu’il a lancé cette idée dans le public, nombre d’ingénieurs lui avaient offert à mener cette vaste entreprise à bonne fin.RIEN A DIRE.Le président de la commission administrative, interrogé H y a quelques heures sur les intentions de ce corps relativement aux déclarations sensationnelles que M.Villeneuve a faites, hier soir, à sa nouvelle assemblée de Maisonneuve, s’est contenté de répondre qu’il n'a “rien à dire".M.J.-E.Nantel, surintendant du service de la voirie, (Incinération), LES CANADIENS AVANCENT DE 12,000 VERGES Nos troupes occupent maintenant la plupart des fortes positions de l’ennemi en avant de la ligne Drocourt-Queant — 2,500 soldats allemands sont faits prisonniers en deux jours.(Service de la Presse associée) Avec les forces canadiennes, 29 — Après de très durs combats pendant toute la journée d’hier, toute la ligne des Canadiens a avancé sur une profondeur de 12,000 verges, à partir du point de départ de lundi.Les Canadiens occupent maintenant la plupart des fortes positions de Ten-nemi, en avant de sa principale ligne de résistance, la ligne Drocourt-Queant.Ils ont pénétré profondément dans cette ligne, à Test de Boi-ry et aussi à Test de Vis-en-Artois.Dans les 2 premiers jours de la lutte, les Canadiens ont fait 2,500 prisonniers, sans compter les blessés, et ont tué aussi un grand nombre d’Allemands.Ils ont capturé un nombre considérable de pièces d’artillerie lourde et légère, niais celles-ci ne sont pas aussi nombreuses que les canons pris dans les premiers jours de la bataille d’Amiens, parce que l’ennemi a suivi la tactique de transporter ses batteries le plus loin possible, en arrière de sa ligne principale.Hier soir, la ligne au sud de la Scarpe passait à peu près par les points suivants: A peu près à mi-chemin entre Pelves et Blaches, à Test jusqu’à la lisière de Hamblain-les-Prés, de là à environ un mille au nord-est de Boirp, a un point au sud du village; de là elle forme un saillant vers l’est, englobant Haucourt et se dirige vers le sud-ouest, où nos troupes, a notre droite, se sont établies à Croisilles.A notre gauche, les brillantes attaques de l’infanterie appuyées par une grande concentration de canons ont amené la prise du bois de Jigsaw et de l’importante hauteur, entre ce bois et Boiry.Dans cette opération, nous avons reçu Taide de quelques chars d’assaut.L’avance a été particulièrement brillante le long du chemin de Cam-”brai, où les troupes qui opéraient avaient les deux ailes en l’air.Une position telle que les bois, les hauteurs et les fortifications naturelles compris dans le triangle de Remy, Vis-en-Artois et Haucourt, n’a pu être prise que par la plus grande résolution et la plus grande bravoure des assaillants qui, bien que dans la lutte depuis 3 joursgsont allés de l’avant, insensibles à de lourdes pertes, ne songeant qu’à l’objectif, i Tout le long de la ligne, l’ennemi a raffermi sa résistance au plus haut point.Nous avons identifié des unités appartenant à pas moins de 12 divisions dans le bois de Jigsaw,que 3 compagnies munies chacune de IG mitrailleuses, ont défendu.Elles ont reçu ordre de résister jusqu’à la mort.Au rebours de l’attaque par surprise initiale, la lutte a été des plus sanglantes.Ce n’est que par leur valeur et la supériorité de leur moral que nos hommes l’ont emporté.Les pertes ont donc été inévitables.Par comparaison avec les pertes de l’ennemi, en tués, blessés et prisonniers, les nôtres sont légères, cependant.L’adversaire a manifesté, hier soir, sa détermination de se cramponner coûte que coûte à la ligne de défense choisie, en amenant précipitamment de Douai une division de troupes fraîches et contre-attaquant nos troupes en face du bois de Jigsaw et de Boiry.La contre-attaque a échoué et démontré la supériorité de nos hommes, même devant des forces supérieures.Nos mitrailleurs font merveille.On ne peut décerner trop d’éloges à nos faiseurs de signaux qui remplissent leur mission sous un violent bombardement.Il fait beau aujourd’hui.Cette semaine, nos troupes se sont battues dans de tristes conditions, constamment trempées jusqu’aux os par une pluie torrentielle et barbotant dans une mer de boue.Le mauvais temps a affecté les chemins et nui au transport du matériel et des canons.Le terrain crayeux sèche vite, cependant, et quand le soleil brille, tout va bien.informe le public que lundi, 2 septembre, étant Fête du Travail, les employés de son département ne feront pas l’enlèvement des déchets, et que les résidents des quartiers où l’enlèvement se fait ce jour-là, sont priés d’en prendre note et de ne déposer les réceptacles que le jeudi suivant.—Le maire fait observer que.lorsqu’il a demandé à la législature de régler la question du Tramway, il espérait que sir Lomer nommerait “une commission, mais une commission de députés, c’est-à-dire d'hommes responsables au peuple”.—La ville est à faire imprimer le nouveau règlement concernant le mode d’enregistrement des heures de travail de tous ses fonctionnaires et employés.—La rumeur s’accrédite de plus en plus que la commission est sur le point de rester borgne parce qu’elle aurait l’intention de renvoyer Tun de ses “eye openers”, M C.Garrett.LA CONSCRiPTION AUX ÉTATS-UNIS Washington, 30.— II semble probable, de bonne heure, aujourd'hui, que le bill étendant la limite d’âge des conscrits de façon à inclure tous les hommes de 18 à 45 ans, sera loi avant ce soir.Le Sénat doit approuver la rédaction du bill, peu de temps après qu'il se sera assemblé, a midi.Le bill sera ensuite signé immédiatement par les présidents des deux Chambres, et transmis à M.Wilson, qui ne perdra pas de temps à le signer, croit-on, vu l’urgence de la mesure.La loi affectera environ 13,000,000 d'hommes.¦-•—-— DÉSERTEURS CAPTURÉS Camp Niagara, Ont., 30.—Les soldats Campbell, McCarthy, Fortune et Blakley, du 1er bataillon, 1ère C.O.O.R., qui ont déserté du camp, mardi dernier, ont été rat-trappés, hier, par le capitaine Stet-hem, prévôt-maréchal, pendant qu’ils se dirigeaient en canot automobile vers Youngstown, N.-Y., et ils seront tous envoyés en service outre-mer.Le prévôt-maréchal au pont international de Niagara Falls a re-captufé le soldat Albert Hines, du 99ème bataillon, qui avait déserté de l’hôpital militaire de Cobourg, il y a environ un an ; il a aussi opéré la capture de David Christ, de la garde du canal Welland, à Niagara Falls.-m- ILS NE SONT PLUS À NOYON Paris, 30.— "Les Allemands ne sont plus à Noyon”, voilà ce que les journaux parisiens annoncent ce matin avec de grosses manchettes triomphales.Bien que tous exultent et oroient que la situation est plus brillante pour les Alliés qu’file ne Ta jamais été, VeiCpérienee du passé rend les Français lents à chanter victoire.On se rend compte que les Allemands, bien que battus, sont encore pleins de combativiU.SEMENOFF AVANCE CONTINUELLEMENT LE GENERAL ANTIBOLCHEVIK PROGRESSE DANS LA DIRECTION DE CHITA, FORÇANT SES ENNEMIS A SE REPLIER.Berlin, par voie de Pékin, 29.— Le> générai Seinenoff, chef antibol-chévik, continue son avance vers Chita et a capturé la gare de Dawua et la voie d’évitement de Karanor.Les bolchéviki se sont repliés sur la voie d’évitement de Sokatui.La cavalerie du générai Seinenoff est aux prises avec l'arrière-garde bolehévik, à 5 verstes à Touest de Karanor.L’ennemi masse le gros de ses forces à la gare de Borsa, à environ 50 milles au nord de la frontière de la Mandchourie et à 175 milles au sud-est de Chita, base bolehévik dans cette région.PRISE DE NOVOROSSUSK Amsterdam, 30.— Une armée de volontaires russes a capturé le port de Novorossusk, sur le littoral de la mer Noire, suivant un message de Kiev.Lorsque les Allemands ont captu ré Sébastopol, base de la flotte russe de la mer Noire, une partie de la flotte s’est réfugiée à Novorossusk, sur le littoral orentul de la mer Noire.En mai, les Allemands menaçaient le port avec des sous-marins et des avions, mais il est apparemment resté en la possession du gouvernement de la Transcaucasie.* LES REVOLUTIONNAIRES Amsterdam, 30.— Selon un télégramme de Moscou à la “Gazette allemande du Nord”, le comité mil! taire révolutionnaire a choisi Nizhni Novgorod comme quartier général temporaire, les éléments contre-révolutionnaires ayant été chassés de la ville.Onze contre-révolutionnaires ont été exécutés.LE CONSUL JAPONAIS S’EN VA Amsterdam, 30.— Le consul général et le personnel de l’ambassade du Japon, les derniers représentants de l’Entente à Moscou, sont partis pour retourner dans leur patrie, en vertu d’un sauf-conduit spécial délivré par le gouvernement bolchevik.Voilà ce que mande une dépêche de Moscou au “Lokal Anzei ger” de Berlin.PREMIER MINISTRE EN HOLLANDE Londres, 30.— Le nouveau premier ministre hollandais, dit le “Daily Mail”, sera probablement M.C.L.M.H.Rujs de Beerenbrouck.Il est catholique et commissaire de la reine pour la province de Lim-bourg.Ses sympathies sont enlen-tistes.Ruys de Beerenbrouck a été ministre de la justice de 1888 à 1891, et est commissaire de Limbourg depuis 1893.Il est âgé de soixante-seize ans.La Haye, 30.—La reine Wilhel-mine a demandé à M.Ruijs, de Bce-renbrouck, de former un cabinet.Il prend la proposition en considé-ratioau DES NOUVELLES DES NÔTRES LE MAJOR T.PAQUET, COMMANDANT DU C.O.T.C.LAVAL, DE QUEBEC, REVENU ICI APRES AVOIR RECONDUIT SES HOMMES EN ANGLETERRE, NOUS DIT QUE LES SOLDATS SONT CONTENTS.Le major T.Paquet, commandant du C.O.T.C.Laval, de Québec, est arrivé d’Angleterre, hier soir.Le commandant du Laval de auébec, est allé reconduire en An-_ eterre des jeunes recrues de la compagnie de l’Université Laval.Ce matin, le major était de passage aux casernes de la rue Jeanne-Mance, où il a donné quelques renseignements sur le travail de ces soldats dans les camps d’entralne-ment en Angleterre.Toutes les recrues, paraît-il, sont contentes de leur sort et continuent leur entrainement avec succès.Un grand nombre de ces soldats sont déjà rendus au camp de Bcxiel, où ils suivent des cours d’officiers, comme le leur avaient promis les autorités militaires lorsque la compagnie a été formée.Dès que ces soldats au-, ront leurs qualifications, ils recevront leurs commissions d’officiers.Tous les jeunes gens de la compagnie des chars d’assaut qui ont été recrutés par le C.O.T.C.Laval, de Montréal, sont aussi dans un camp d’entraînement où ils suivent des cours d’officiers avant del se rendre au front.Les officiers du C.O.T.C.Laval ne restent pas inactifs par le! temps qui court.Dans l’espace de trois jours, ils ont enrégimenté1 plus d’une centaine de nouvelles recrues qui ont déjà commencé lest exercices militaires.Le major Os-j tiguy, commandant de cette com-i pagnie, nous dit que tous les jeunes I gens qui veulent s’enrôler au C.O.T.C.doivent le faire avant que le! registraire les ait appelés à la ca-i serne.Cette compagnie n’est formée que dans le but de recruter des ! volontaires.Lorsqu’un conscrit a été appelé à la caserne par le registraire et veut tout de même s’enrôler dans le C.O.T.C., il lui faut obtenir la permission du commandant de son régiment et il s’ensuit, différentes complications qu’il est mieux d’éviter en prenant du service volontairement.LES OFFICIERS DE LA MILICE Une rumeur qui semble s’accréditer dans les cercles militaires dit que tous les officiers de milice qui n’ont pas encore fait de service dans Tarmée depuis le début de la guerre, y seront astreints prochainement.Les autorités militaires feraient tout en leur pouvoir pour leur donner le grade qu’ils ont actuellement et pourraient à la rigueur leur faire perdre ce grade si c’est nécessaire.L’EXPEDITION SIBERIENNE Ottawa, 30.— Les troupes canadiennes qui seront envoyées en Sibérie feront leur entraînement militaire soit à Vancouver, soit à Victoria.Les autorités militaires n’ont pas encore décidé laquelle des deux villes ce sera.Immédiatement leur entrainement fini, ces troupes s’embarqueront pour le Japon et de 4à pour la Sibérie.-M- UN PRÉVENU À MULTIPLES NOMS Abraham Rosenrig.alias Brown, alias Clexman, alias Ross, 318 Colonial, que Ton suppose venir de Détroit, a été arrêté ce matin, vers 10 heures, rue Notre-Dame, près du marché Bonsecours, sous l’accusation de vagabondage.Il est plus que probable que d’autres plaintes seront portées contre lui, car les détecives Beauchamp et Martin qui ont opéré l’arrestation du prévenu disent qu’ils ont surveillé le prévenu pendant quelque temps et que ses allées et venues leur ont semblé étranges.Rosenrig, ayant une poche de légumes surle dos, se mêlait à 1» foule nombreuse, venant du marché Bonsecours, qui attendait les tramways.Aussitôt qu’un tramway sa présentait, il embarquait avec les gens, mais quand le véhicule partait Ross, redescendait pour recommencer son manège dans un autre tramway.Lors de son arrestation l’on a trouve sur lui la somme de $25.Une enquête aura Heu demain devant le recorder Semple.SUSPECT TUÉ Ocean City j„ 30._ rn game-cote d ici a fait feu, hier soir, sur un nomme aux allures suspectes, et Ta tue.Cet incident s'est produit sur la grève où le garde-côte avait reçu instruction de surveiller de suppo* ses espions allemands.Des cartes trouvées sur 1© défunt indiquent 3-n!1 lo nomme peut-être Thomas LIIis.ISi les supérieurs du soldat, ni la police ne veulent communiquer des details avant une enquête par des officiers de marine.VON HÏNTZÉVa PARLER LUNDI Londres, 30—L’amiral van Hint-ze, ministre allemand des Affaires étrangères, fera une déclaration, lundi, devant le comité des Affaires étrangères^ la Diète prussienne.Le chaeevtrr impérial, von Hert-linfc jkï arrivé à Berlin, du quartier général, suivant une dépêche d» Copenhague à \’Exeh(WÊ6 Tel* graph Company, - i LE DEVOIR, MONTREAL, VENDREDI 30 AOUT 191» VOL.IX.— No 203 TARIF DES PETITES AFFICHES -hiscru’l » mots, niinnUni! or manors P’EWPIVI _________ ^ »ruf», Pt M sou par mot «upplécnwib r>KMANI>ÈS ai'KI.EVEoSt—JtMHiuà W mol* I «oufl.et H «ouj^r mot mipnléutunUire.toutes les authes demandrst-» ‘uixiu’à 20 niota, 10 flou«, 1 «ou par mot nippiêmc»* i«ire.CHAMBRES A LOUER;-—10 nmia Inaqn'à 20 uct*.U sou par mot aiinplémentaira.TROUVE:—Juaqu'à 20 mot*.10 «ous, H ami rar mot supplétnflnialra.PERUUi—Jua^u’â 20 mot», 10 aoua, l bou par mot Biinpldmentaire.matsons, magasins, etc., a louer*— ’?laqu'i 2C nota, 10 «oua, 1 «ou par tuot aupplA» maotoira.LES ASSEMBLEES DES ENQUETES NÉCESSAIRES A VENDRE t—luaqu f SDr ota, 10 soua, 1 non >ar euppt4menUure.PERSONNEL :—2A mota ou moins, SAaoin.1 «on t ar mot wipplAmantairo.CARTES PRO RKvSSl ONNIOLLES »—% U-S.Steelp Hide Æ Lea UtahCoppe 38 bi ln
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.