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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 14 octobre 1918
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1918-10-14, Collections de BAnQ.

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VOLUME IX.— No 242 MONTREAL, LUNDI 14 OCTOBRE 1918 Abonnements par la poste : Édition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS .$5 00 UNION POSTALE .8 00 Édition hebdomadaire CANADA.$2 00 ETATS-UNIS.2 50 UNION POSTALE .,., « .3 00 LE DEVOIR DEUX SOUS LE NUMERO Rédaction et administration; 43, RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TÉLÉPHONES: ADMINISTRATION: Main 7461 RÉDACTION: - Main 7460 Diredteur : HENRI BOURASSA.FAIS CE QUE DOIS ! ¥ IN MEMO RI AM Lamarche fut, au témoignage de ses pairs, un juriste de haute valeur; de vastes auditoires ont admiré son éloquence solide, amie de l’argument et du fait, abondante en formules frappées comme des médailles, traversée d'étonnantes saillies et qui pouvait s’élever jusqu’au lyrisme; le parlement a gardé le souvenir de discours étoffés, nourris, où s’affirmait une maturité de jugement qui faisait contraste avec la jeunesse de l’orateur; des cercles académiques ont été presque surpris de retrouver sous le tribun populaire et le juriste un analyste délicat, pénétrant, doucement ironique du mécanisme politique; des amis nombreux témoignent de la richesse de coeur, de l’affectueuse bonté de celui qui-n’est plus.Et, cependant, prêtez l’oreille à la voix publique, à la rumeur d’éloges et de regrets qui depuis trois jours enveloppe le nom de Paul-Emile Lamarche et présage le jugement de l’avenir.Ce n’est point la science de l’avocat ou l’éloquence du tribun, ce n’est pas le charme ou ia bonté de l’homme que soulignent d’abord la peine et l’admiration de la foule: c’est l’énergique intransigeance, c’est l’inflexible droiture de celui qui, dans la plus rude épreuve, sut maintenir l’intégrité de son idétaî.L’opinion, tout de suite, dégage la ligne maîtresse de cette physionomie, le trait qui apparente aux plus grands ce jeune homme de trente-six ans, qui suscitait autour de lui tant d’espérances et de sa vie fait un exemple pour ceux qui grandissent.L’opinion — et c’est un consolant symptôme — place, au-dessus de la science et du talent, le caractère, la valeur morale.Mais le regret de la foule s’augmente à cette pensée que chez Lamarche le caractère était servi par un beau talent, à la fois solide et varié, par une science qu’accroissait chaque jour une curiosité sans cesse en éveil.L’homme, indiscutablement, paraissait taillé pour les premiers rôles.Autour de sa mémoire flottera la mélancolie d’un grand destin inachevé.— Ah! si Lamarche était là! répétera-t-on souvent, et l’imagination, au souvenir de son talent et de son courage, joindra des rêves sans fin.Chacun voudra suivant son coeur achever la courbe de cette vie.Le consentement du plus grand nombre, semble-t-il bien, faisait de Lamarche l’un des chefs parlementaires de demain, il avait une expé-liencc de la vie publique et un tempérament de lutteur qui manquent à -'a plupart des hommes de sa culture; son passage aux Communes, où (ant d’autres n’ont fait que ruiner de hâtives espérances, lui avait donné un tel prestige qu’on n’imaginait guère qu’il pût n’y point retourner.Mais ce prestige, le.député blanc, comme l’appelait un jour un ancien adversaire politique, l’avait payé de luttes et de souffrances qui lui laissaient du parlement un très désagréable souvenir.Puis, en même temps que saignait son coeur, que sa volonté devait se raidir contre les plus insidieuses attaques, ses yeux clairs avaient vu jusqu’au fond du régime et très nettement perçu les difficiles conditions et les limites de l’action parlementaire efficace.(On trouvera là-dessus de significatives indications dans sa conférence sur les partis politiques, mais ces indications mêmes, cernées par le caractère de son étude, sont bien pâles au prix de thèse fouillée que plusieurs de ses amis ont eu l’occasion de lui enten-di'e faire, en une circonstance particulièrement grave).Il était sollicité par le courant d’action extra-parlementaire qui entraînait quelques-uns de ses meilleurs amis.Ce n’est guère un secret du reste qu’il avait refusé, au mois de décembre dernier, l’élection la plus facile.Il estimait que pour lui le devoir de l’heure n’était pas là.Il n’écartait point a priori l’idée du retour, mais seule la claire vue d’un grand service à rendre eût triomphé de ses répugnances et de ses souvenirs.A quoi bon hélas! toules ces spéculations sur l’avenir?La iombe fermée ne rendra point le beau soldat que la mort vient de terrasser! .Mais de cette tombe même jaillissent d’émouvantes et fécondes leçons.fiamarche laisse des pages qu’une main pieuse saura, nous l’espérons, recueillir; il laisse surtout une mémoire, presque une légende, créatrice d’énergie et de fier dévouement.Avec le temps, la lumière se fera complète sur sa vie publique.On verra que son triomphe fut plus grand encore qu’on ne le crut, que les obstacles renversés furent plus nombreux, plus rudes qu’on ne l’a pensé.On saura tout ce qu’il y avait derrière cette phrase que laissèrent un jour échapper les lèvres de ce solide troupier, qui n’avait pas peur des coups et qui ne posait point pour la mélancolie: Je ne savais pas Que ce fût si dur de faire son.devoir.On apprendra aussi — Bilodeau le note incidemment aujourd’hui — comment l’orateur qui ne craignait point les responsabilités savait à l’occasion se dissimuler, laisser aux autres la vedette, sacrifier à sa cause l’éclat d’un premier rôle.On verra enfin ce que peut enfermer d’efforts et de sacrifices ia vie d’un débutant de la politique.La jeunesse qui rêve de vie publique reconnaît déjà dans ce frère, arraché pour jamais aux disputes de ce monde, un exemple et un modèle.Qu’elle relise la conclusion de sa dernière conférence de la salle Saint-Sulpice, où s’exprimait le fond de son âme et dont sa brève carrière porte si haut la leçon: "Débarrassons-nous donc du fétichisme et des religions politiques.Rcmplaçons-les par le culte de l’intérêt national.Dégageons notre politique du matérialisme pesant qui l’oblige à se tenir près de terre et Vempèche de s'élever jusqu’aux sphères supérieures.Rappelons à nos partis politiques et à nos hommes publics que le progrès d’un pays ne consiste pas seulement dans l’augmentation de ses revenus et dans son développement matériel, mais que les nations, comme les individus, sont susceptibles d’avancement intellectuel et moral."Le vent qui souffle actuellement sur le monde va bouleverser de fond en comble notre vie.nationale.Nous sommes déjà en pleine révolution politique.Des anciennes délimitations arbitraires qui séparent les partis, il ne subsistera bientôt que le souvenir des chicanes stériles qu’elles ont engendrées.De.nouveaux problèmes vont surgir.Il faut que nous soyons prêts à prendre position.Préparons-nous donc.Régénérons l’opinion publique.Travaillons à l’édifice national.Créons d’un océan à l'autre un sentiment et un patriotisme véritablement et uniquement canadiens."Le pays est là qui attend, vaste d'étendue, immense de ressources et de.richesses, plein de vigueur, d’espérance et d’avnir.Depuis cinquante ans, il demande une nation: nous ne lui avons donné qu’un peu-ple.Secouons nos ailes et élevons-nous.Xons sommes déjà en retard." Avec les prières qui accompagnent au delà de ce monde l’âme chrétienne, le plus grand hommage qu’on puisse rendre à la mémoire de Paul-Emile Lamarche, la plus haute consolation qu’on puisse offrir à ceux qui le pleurent, à sa digne compagne et à son enfant, à son vénérable père et à tous les siens, c’est de comprendre, c’est de répandre et de pratiquer les fécondes leçons de sa noble vie.Orner HEROUX.THE CLASH FIGURINES The Clash, le livre de M.William-Henry Moore sur la question bilingue au Canada et sur les différents aspects du problème des langues, est en train d’étre de la bibliothèque de tous ceux qui se préoccupent e l’avenir du Canada.Ce volume e plus de 30 pages, imprimé sur papier fort, relié toile, est en vente au Devoir, pour la commodité de nos lecteurs qui s'intéressent aux ouvrages de ce genre.On peut se le procurer à nos bureaux moyennant $2.50 l'unité, $2.05 par la poste.Accompagner toutes les commandes d’un chèque payable au pair à Montréal et dûment timbré, ou d’un mandat ou bon-poale.Ce volume de vers de M.Edouard Chauvin, — le premier de ce genre au pays, — a reçu un bel accueil de la critique.Imprimé sur papier de luxe, le volume est d’une jolie exécution typographique.Il se vend 00 sous l’unité, 65 sous par la poste, au Devoir et dans toutes les bonnes librairies françaises de Montréal.BILLETS DU SOIR D’ALBERT LOZEAU M.Albert Lozeau doit réunir en un volume qui paraîtra bientôt au Devoir une nouvelle série de ses billets du soir.Nous publierons plus tard les détails à ce «idet.LES ARTS DÉCORATIFS UNE NECESSITE D’APRES- GUERRE — UNE FAILLITE ET SES CAUSES.Que nous réserve l’après-guerre ?Les femmes que la hausse constante du coût de la vie, l’appât du gain, ou l’attrait des hauts salaires ont incité à remplir les fonctions jusque là réservées au sexe fort reprendront-elles le chemin du foyer V La question reste sans réponse, parce qu’il est impossible de prévoir de façon sûre les conséquences des bouleversements économiques.D’aucuns prétendent que, dans certains pays, en Amérique notamment, les femmes, lasses de faire un travail souvent au-dessus de leurs forces, seront contentes de retourner à des occupations qui sont plus de leur sexe, voire même à réintégrer simplement le foyer, à reprendre leur place au coin du “ber” et auprès du fourneau.D’autres assurent que tes conditions crées par la guerre lui survivront, que jamais le coût de la vie ne reviendra à ce qu’il était et que, conséquemment, on verra s’établir en pratique constante, dans la république voisine, ce qui était déjà d’usage dans les grandes villes européennes: dans les ménages ouvriers, le mari et la femme, s’ils veulent continuer de faire bouillir le pot-au-feu, devront prendre, chacun de son côté, le chemin de l'usine.Chez nous, la guerre n’a pas eu des répercussions aussi profondes que dans les pays hautement industrialisés.Le nombre de ménages où le mari et la femme travaillent, où la femme a dû prendre à l’usine l’emploi de l'époux parti pour le front sont l’exception.Il n’en reste pas moins acquis que l’après-guerre, période indéterminée de tassement, de mise en place de ce que le conflit aura révolutionné, période sensi-ment plus longue que la guerre elle-même, pourra opérer des changements qui ne sont pas encore faits au moment actuel.* # # Il faut donc se préparer à faire flèche de tout bois, à recourir à tous les métiers dans lesquels les nôtres ont chance d’exceller.Les arts décoratifs, au dire des éducateurs qui qualités natives, à nos goûts, à nos dispositions naturelles, sont un de ceux-là, parait-il.Cependant, ce débouché nouveau, qui commençait à peine de s’ouvrir avant 1914, la guerre, faute d’un recrutement suffisant, faute de professeurs (qui, la plupart, venaient d’Europe) et sans doute aussi parce qu’elle avait contribué à détourner les esprits inquiets de toutes les oeuvres de paix,est venue le rétrécir singulièrement.Les femmes comme les hommes peuvent s’adonner aux arts décorants, qui sont excessivement payants ailleurs.Ici, ia demande était à peu près nulle, paraît-il.C’est ce qui a contribué après les autres facteurs énumérés plus haut, à décourager les efforts des novateurs à Montréal.Il est de toute évidence que les élèves sortis des écoles d’art décoratif n’ont pas, d’ici quelque temps, à compter pour écouler leurs produits sur l’exportation où le marché est déjà encombré par les articles fran çais, de tout premier ordre, et, plus récemment, par les articles nippons bien loin de la perfection des premiers, mais toujours moins chers.Le domaine de l’art décoratif est à peu près infini; il entre dans la fabrication d’une foule d’objets.C’est à lui qu’on s’adresse pour la confection des catalogues de luxe, des affiches-réclames, des décorations d'intérieurs, des tentures, des ornements d’église, des draperies, des rideaux de théâtre, des décorations de porcelaines, etc.Même dans un pays de quelques millions d’habitants, il devrait trouver une demande suffisante; mais à cela il faudrait deux conditions qui semblent encore faire défaut.I.a première, c’est l’éducation, non seulement des masses, mais même des classes supérieures en matière d’art.La seconde, c’est ia disposition à encourager les artistes locaux ; c’est, si l’on peut dire, le “nationalisme” dans l’art.* « • L’éducation artistique fait à peu près totalement défaut.Telle n’est pas l’opinion d’un profane qui n’oserait s’immiscer dans des questions de ce genre ; nous ne faisons, dans cette affirmation, que reproduire le jugement de certains spécialistes qui ont longtemps vécu sur place.(Le premier directeur de l’école des arts décoratifs de Polytechnique, notamment).Cette ignorance s’explique, nous parait-ij, par l’absence totale, pendant très longtemps et, depuis peu de temps, par le trop petit nombre de musées artistiques et de musées des arts décoratifs (contenant potiches anciennes, vieux meubles, céramiques, etc.), et par l’insuffisance de la formation esthétique de l'enseignement secondaire.* * » A la première lacune, il serait facile de remédier; on y a même remédié partiellement, à la bibiio-thèque municipale, nous assure-t-c-n, où l’on trouve certaines reproductions d’oeuvres classiques.Il serait assez facile, quand la ville aura rempli ses coffres-forts à force de taxer les contribuables, de joindre à cet embryon de musée de la statuaire un autre embryon de musée des arts décoratifs proprement dits : céramique, potiches anciennes.meubles, tapisseries, tentures, etc., comme cela existe dans certaines grandes villes américaines, par exemple, à Nev.*-York, si notre mémoire d’une rapide visi- te au Metropolitan Museum est exacte.Dans l’enseignement secondaire masculin — à moins que le programme n’ait été modifié depuis quelques années — la formation es-t hé tique est nulle.On n’y voit pas de trace de l’enseignement du dessin, on sort du collège sans avoir même appris les grands ordres de l’architecture.Cette lacune a des conséquences plus graves qu’on ne croit.Cette formation insuffisante du goût de la classe dirigeante peut certes compter pour une bonne part dans l’insuccès des arts décoratifs chez nous.La classe instruite est un exemple: on ia copie, on s’inspire d’elle.Si elle témoigne de l’indifférence à l'art, comment peut-on s’attendre que la masse montre plus d’empressement?En outre le futur notaire ou le futur avocat, comme le futur prêtre ou le futur médecin, fera partie plus tard, presque nécessairement, de corps exécutifs qui auront à se prononcer sur le choix de tel ou tel plan, qui auront à déterminer à quel architecte sera accordée la surveillance de la construction de tel édifice public, de telle église.C’est un fait malheureux et universellement déploré des architectes que l’on gâche quelquefois des plans admirables en substituant de la tôle à la pierre, en rognant dans les dimensions, en rompant l’ordre et les proportions parce que l’on donne toujours la préséance à la question d’économie sur la question artistique.Souvent même, h goût du trompc-l’oei) et du chiqué de la part de leurs clients obligent les architectes à commettre des horreurs qui les navrent.Le moyen de remédier à tout cela serait, nous semble-t-il.d’introduire l’enseignement de l’esthétique au moins dans les dernières classes du cours classique.Il ne faudrait pas pour cela un cours de-tous les jours; mais de deux ou trois semaines par semestre, ejui serait, à la vérité, comme une récréation et pourrait être pris sur les heures de congé et donné par tel professeur de Montréal qui s’y entend.Deux ou trois professeurs suffiraient à parcourir tous les collèges de la province.Il nous paraît que l’on pourrait attendre le plus grand bien de cet enseignement.Récemment, un prêtre, écrivant dans le Devoir, à la suite de nombreux incendies qui avaient dévasté des églises de ‘la province, rappelait aux fidèles et! aux pasteurs combien il serait im portant de cohslAure des églises durables, de matériaux meilleurs, dussent-ils pour cela sacrifier le chic à la belle simplicité.Il signalait là l'un des côtés économiques de la question.Le goût du trompe-l’oeil réside, toujours au dire des gens qui s’y entendent dans l’insuf* fisance de notre enseignement secondaire.Demain, nous verrons la seconde explication de la failüie des arts décoratifs chez nous et nous apporterons -à l’appui le témoignage d’un connaisseur.Louis DUPIRE.BILLET DU SOIR ÉCHANGE DE VUES Nous partions conscription, Arthur, Oscar, trois amis et moi, dans la petite pièce qu’Arthur, qui aime la nouveauté quand elle est baroque, appelle son vivoir.La fumée des pipes nous environnait d’un olympien nuage.Le crachoir, disposé sur un carré de prélart, était le centre où convergeait encore le plus efficacement notre activité.Toutes les nuances d'opinion se manifestaient en franchise, depuis la brutale excitation à la révolte (ceci couleur plutôt que nuance!) jusqu’à la moutonnière accepialion.Oscar pourtant n’a encore rien dit."Tu ne parles pas?" Il sort d’entre scs lèvres muettes le bouquin d'ambre de sa pipe, expire la fumée en un jet sans vigueur."Je vous écoute, profère-t-il.—En observant d'Oscar le silence prudent, complète Chose, qui a lu réminiscence classique.—Et tu conclus?.—Tu dois bien i’en douter, Arthur, réplique Machin.Oscar est à moitié anglais.—Citoyen britannique, pour te servir.Mais sur le point qui vous.divise, j’ai une conviction: je crois en Dieu.—Le Père tout-puissant, continue Arthur.Moi aussi.—'Moi aussi! Moi aussi ! clame chacun à l’envi.—Alors je ne comprends plus vos divergences d'opinion, affirme Oscar, légèrement guindé et paradoxal.—-Déculotte ta pensée, —-.comme dirait Rossuel, —Non.Virgile: infandum.re-novare dolorem.—Très simple.Si vous croyez en Dieu, et qu’il est le maître du monde, et qu'il gouverne sa création en ; vue du salut des âmes, vous devriez j penser que ta mesure appliquée à nos jeunes gens ne Ta trouve ni distrait ni indifférent; par conséquent.—Mais Dieu permet le mal, interrompt Machin (qui n’aime, guère Oscar.) —Interruption peu philosophi -que: on nie l’existence métaphysique du mal.et Ton ne voit, dims le mal physique, qu’un fait concourant avec les autres au dessein salutaire de Dieu.—Mazclte! Tu passes vite sur ce gigantesque et insoluble problème.Oscar haussa les épaules.—Je ne pourrai pas finir mu phrase, si tu m’interromps à chaîne mot.Tu dis : gigantesque, c’est excessif: insoluble, c’est faux: difficile serait exact, si tu t'abordes sans préparation.Mais ’e reprends et je dis: par conséquent.—Par conséquent à guoi?.—A mes principes: Dieu provident, Dieu attentif aux nécessilés des âmes.Surtout quand ou rogranunes applicables, conformes éi la théorie et éi ia pratique, ces deux soeurs jumelles.Les résultats ne doivent lias se borner à une somme de discours qui sentent le personnel et à de, la littérature U plus souvent, dans le sens anglais du mot, pour qu’on vienne ensuite crier: progrès.I.e mot progrès énonce l’idée comparative de plus loin, de plus haut, du nouveau, de l’invention enfin.Tous les progrès, les développements scientifiques, industriels, militaires, etc., ne sont-ils pas le fruit de l’invention, du cerveau humain''?C’est pourquoi de toutes les commissions établies par nos eonsti-luants, la Commission des Inventions sérail la plus utile, en amenant Veau au moulin par le contact avec tons les xsprits inventifs: malheureusement^ elle n’existe pas.Ceth commission se composerait d’ingé nieurs rccsmuncmdés dans tous 1rs domaines scientifiques, industriel rtc., qui en seraient les directeurs Des inventeurs produiraient leurs idées d’inventions, avant surtout o:: après avoir obtenu leurs lettres patentes, devant ce bureau d’examinateurs qui en fenril les éludes et le recommandation, émettant des certificats.Un bureau de protection de développement pourrait aussi être ajouté.Je nx m’attarderai pas davantage sur le programme de sa constitution: tout de même nos commissions de conservation et de recherches seront en mesure de choi sir la matière première de leurs suggestions et d’élargir le champ de leurs constatations vers un progrès sensible.Ce n’est pas donner un conseil aux doctes de ces institutions, professeurs sans élèves, que de leur rappeler que la collaboration de tous les cerveaux est nécessaire pour améliorer notre situation bouleversée par la guerre.Ilicn d’autres individus de la classe populaire oui à coeur noire relèvement national et pourraient y faire leur marque: ‘‘Footsteps on the sands of time’’, dirait Longfellow.Séraphin OUIMET, Ingénieur civil.MORT DU CAPT.AJMACKINTOSH Oltuda, 14.— i.e capitaine Angus Mackintosh, gendre du gouverneur-général du Canada, esl décédé hier à Washington, des suites de ia grippe espagnole.I.e défunt avait été atde-de-eamp du duc de Connaught en 1915 et se maria plus tard en novembre 1917 avec lady Maud Cavendish, l’aînée des filles du duc de Devonshire.Le capitaine Macintosh avait fait du service dans la guerre actuelle et avait été sérieusement blessé à la bataille de Mous.Le gouverneur-général est arrivé de Québec hier matin et s’est rendu immédiatement à Cartierville où se trouvait sa fille et son jeune enfant (lui n’a (pie ((uelques semaines.La duchesse avait eu le temps de se rendre à Washington avant la mort de son gendre.Le capitaine Macintosh était attaché à 1 ambassade anglaise à Washington depuis son retour de la guerre.Aux retardataires L’administration du Devoir prie ceux de nos abonnés qui ne sont pas en règle avec elle, par rapport à leur note d’abonnement, de vouloir bien la solder au plus tôt.Le coût de plus en plus élevé de tout ce qui sert à faire un journal, les frais additionnels de correspondance qu’occasionnent les retardataires, et d’autres raisons du même genre déterminent notre administration à en agir ainsi.Autrement, l’administration se verra contrainte d’interrompre le service qu’elle, fait du Devoir, aux retardataires, quitte à réclamer ensuite d’eux par les moyens ordinaires les sommes ducs pour l'abonnement en souffrance.L’administration considère comme retardataires les abonnés oui doivent trois mois o:i plus d’abonnement au journal.La bonne volonté de nos abonnés se manifestera certes par une prompte réponse à cet appel.L’administration tient en même temps à leur rappeler que tout abonnement par la poste en dehors de Montréal et payé d’avance bénéficie d’une remise de JO pour cent, que ce soit pour 3 mois, 6 mois ou un an.Il faut faire remise par man-dai-poste, lettre recommandée ou chèque accepté et timbré, payable au pair à Montréal.LES LEÇONS D’UNE FÊTE Allocution du P.Louis Lalande — Le bonheur des jubilaires — La parade de la reconnaissance — Charité religieuse et charité bureaucratique.Des bons de la Victoire d'abord-Un home ensuite, Après cela-d'autres choses Si vous pouvez: économiser et ne le faites pas, et ne placez pas votre argent sur des bons de la Victoire, vous n’agissez pas bien a l’égard de vous-même — on supposant qu’il n’y ait personne qui dépende de vous ; mais :t vous avez femme et enfants qui dépendent de vous, le fait de votre part de ne pas économiser et de ne pas placer ces économies sur des bons de la Victoire équivaut à de.la malhonnêteté.L’emprunt de.la Victoire du Canada est le meilleur placement valable aujourd’hui (et nous serons heureux de remplir vos commandes pour ces bous — gratuitement».Vous devriez acheter ces bons jusqu'à la limite I Après que vous les aurez achetés, si vous le désirez, nous serons enchantés de les recevoir au pair plus intérêt accru, en paiement partiel de n’importe quel home ou site pour maison que nous avons à vendre.En attendant nous annonçons une vente particulièrement attrayante de lots de choix en ligne directe avec l’extension de la Ville vers l’ouest, aux Jardins de Strathmore Sur le Lac Saint-Louis Nous^vous invitons à visiter les Jardins de Strathmore sur la fin de semaine et le jour de l’Action de Grâces, et à faire un examen attentif des environs immédiats.Nous sommes sûrs que vous ne trouverez rien ici en fait de fabriques, de bars, de harraques, ou constructions ennuyeuses, qui menacent la valeur de ia propriété en tant que site hygiénique pour résidences : c’est le Koh-i-noor des sites à résidences sur l’Ile de Montréal.Vous trouverez ici que les commodités de transport sont excellentes et que le transit rapide est une caractéristique très importante à garder présente à l’esprit lorsqu'on achète des biens-fonds suburbains.Vous devriez, acheter maintenant, durant cette vente à escompte avantageux de 50%, et être préparé pour le marché qui aura un renouveau de vie et que nous aurons d’ici à quelques mois ; car les nouvelles de guerre indiquent qu’avant longtemps nous aurons une paix victorieuse pour nos Alliés.Soyez prêts pour la Paix : une grande demande pour des propriétés bien situées suivra instantanément à sa suite.Les Jardins de Strathmore sur le l>ac sont seulement à 20 minutes de trajet confortable du coeur de Montréal, la première station à l’ouest de Dorval, et à une courte distance de la cité de Lachine.Site magnifiquement placé pour fins résidentielles, éminemment le lieu convenant h ceux qui desifent s’adonner à la lécreatioo et au sport d’un bout de ï’annéa à l’autre.I/e paysage est l'un «1rs meilleurs que notre belle lie ait à offrir.Tous les acheteurs ont des droits et des privilèges égaux relativement à la rive ; et nul n’a la permission d’abuser de ce droit en obstruant ou en abîmant la vue de la propriété.Quelques lots de grève peu nombreux et d’apparence splendide sont aussi en vente à ds conditions facils.Le titre de propriété est parlait, et le terrain est libre de toute hypothèque ; aux prix actuels de 5s^ par pied et plus, c’est un placement sûr.Les conditions sont des plus facile* au pays : 10% au comptant, et aussi peu que cinq piastres par mois par lot.Pour un nombre limité de clients, nous construirons un bungalow, une villa, ou une résidence pour toute l’année, sur paiement de seulement 10r7n du prix de la maison et du lot.I,a balance peut nous être payée par versements mensuels, de la même manière que le loyer, répartis sur une période de 10 à 15 ans si on le désire.Les maisons que l’on veut avoir pour les occuper {tu premier mal prochain, doivent être mises en chantier sans retard.Si ceci vous intéresse, occupez-vous-en tout de suite.Les premiers arrivés seront les premiers servis.Vous ne perdez rien en venant visiter les lieux en tant qu’invités par nous, et nous serons heureux d’avoir In chance d’obtenir votre approbation.Nommez le temps : nos représentants vou, emmèneront là-bas et vous en ramèneront si vous le voulez ; et, notez bien, vous n'encourrez par cela aucune obligation.Une visite vous rendra seul juge de la beauté, du pittoresque, de l’emplacement, et des nombreux autres avantages que possède cette propriété du point de vue de celui qui y réside ; et les prix et conditions exceptionnellement attrayants auxquels on peut acquérir ces terrains et leurs améliorations durant cette vente devraient vous plaire du point de vue placement.S’il n’est pas opportun ou commode pour vous de visiter la propriété tout de suite, envoyez par la poste le coupon ri-dessous pour nlus amples détails.Les commandes par la poste recevront prompte et soigneuse attention.La propriété est bien développée, avec chemins, égouts, conduites d’eau, trottoirs en béton, électricité.Service le trains rapide.Gares du C.P.R.et du G.T.R.sur la propriété.Tarif g.de commutation : adultes, de 5 à 8s ; enfants, 5s.Billets gratuits pour aller visiter les lieux.Main 3791.Mardi Trust Company Administrateur», Exécuteurs testamentaires.Fidéicommissaires, Agents, 13« RLE ST-JACQUES.MONTREAL.Veuillez m’envoyer par la poste votre fascicule descriptif des Jardins de Strathmore.NOM.ADRESSE.•Devoir” L’allocution suivante a été prononcée par le JL P.Louis Lalande, S.J., le 23 septembre, aux fêtes jubilaires d’un certain nombre de re-ligienses de la Providence: soixan-tenaire de profession religieuse des Soeurs Marie-Thérèse, 'Marie-Camille; cinquantenaire des Soeurs Novv-lan, Marie-David, Marie-Jude, Norbert, Marie, Marie-Hermas, Flavien, vocales; Morel et Bellemare, co-adjutrices : Mes révérendes Mères, mes chères soeurs, C’est le Saint-Esprit qui a institué les noces d’or.Jl en a donné le précepte: “Vous sanctifierez In cinquantième année;” il en a marqué l’esprit et tracé le programme.Pour un peu, je dirais qu’il s’en esl fait ie maître de cérémonies.Et il a ajouté : ‘‘Nam jiibiloeus est : c’est un anniversaire de jubilation.” C’est donc pour lui obéir et pour jubiler que les supérieures de la Providence nous convoquent au jourd’hui dans la maison-mère de leur Institut.C’est aussi pour y rendre grâce à Dieu, sans doute, pour y cueillir, le long des cinquante ans de nos jubilaires, des exemples et des leçons fécondes ; niais c’est avant tout pour une manifes tation de la plus vraie, de la plus pure des joies: “Vous jubilerez.” Que ceux là s’étonnent de cette joie et refusent d’y croire, qui s’imaginent que ta vie religieuse est un état permanent d’ennui, et que la vieillesse, après cinquante ou soixante ans de service, ne porte plus dans l’âme, pour tout apanage, qu’une invincible tristesse.I! y a encore des braves gens, mes bonnes Mères, qui vous croient malheureuses.Ils se figurent que vous ne pouvez pas être gaies, puisque vous êtes Soeurs! “C’est bien dommage qu’elles ne puissent pas rire!” Un visage encadré d’une cornette blanche, pensent-ils, et d’une capeline noire, sillonné par les rides du temps et des labeurs, grave, humble, recueilli, doit nécessairement être un visage morose.Le jour où la jeune soeur fait ses voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, elle doit aussi faire le voeu d’avoir -tout le temps du chagrin.Ce qui voudrait dire, si vous avez été fidèles à vos voeux, que vous '•tes tristes depuis cinquante ans.Hélas! s’il en était ainsi, vous se riez tout le contraire de ce que vous êtes: vous seriez de tristes soeurs, ou, pour parler comme s.aint Fran çois de Sales, de tristes saintes.LA GAIETE DU COUVENT Quelle surprise pour le monde, s’il pouvait assister au rire de vos novices! 11 croirait que c’est préparé, comme une comédie, et il ne saurait voir combien c’est spontané, irrésistible, contagieux.La surprise irait jusqu’au scandale, s’il était témoin du spectacle admirable de la gaieté intime, continuée tout le long de la vie des professes.Il ne voudrait plus s’en croire lui même, s’il contemplait le trésor des bonheurs secrets, célestes, d’une vieille religieuse.Car il faut le dire, et le croire, mes jeunes soeurs, la joie devient plus intense et plus débordante, à mesure que la vieillesse s’avance.Les années lui ajoutent ce je ne sais quoi de majestueux et de serein que le soir apporte à la splendeur d’un beau jour.L’âme qui a longtemps vécu, calme, assagie, unit à ia possession tranquille du bonheur ie sourire et les candeurs de la jeunesse, comme le soleil qui baisse à l’horizon, apaisant les ardeurs de ses rayons, s’enveloppe, pour achever sa course dans le ciel empourpré.des teintes roses et des gaietés de l’aurore.Chez vous toutes, on le sait, la joie intérieure est le surcroît pro mis par Dieu à ceux qui ont tout quitte pour Lui.Mais elle n’est pas chez toutes a.u même degré._ Elle est montante comme le chemin du ciel, et comme lui elle a son sommet.Les soeurs plus jeunes sont en route, elles gravissent les degrés vers ce sommet.Nos heureuses ju hilaires y sont arrivées.Ce n’est plus une montée, après le jubilé, c’est une ascension.Tandis que nous montons, haletons, soupirons, elles jubilent.Oh! mes soeurs, quelle illusion est la vôtre quand, confondant le bonheur, presque déjà céleste, des anciennes avec les éclats de rire de la jeunesse et l’exubérance d’une santé sans fatigue, vous pensez, un peu à la façon des séculiers, combien c’est ennuyeux d’être courbé», infirme, ridée, vieille, avec la vue basse, le pied incertain et l’oreille dure! Permettez, ô jeunesse, que nous redressions votre erreur.La plénitude des joies du .Sei gneur suave : quoniam suavis est IJominus, — les seules que vous ambitionniez, car en entrant au noviciat vous avez fermé la porte aux autres, — vous croyez l’apercevoir dans les lointains de la vie, comme dans une perspective séduisante et mystérieuse.Vous en jetez à pleine main la semence au noviciat et dans les élans tout neufs de votre apostolat.Mais ces lointains mystérieux les atteindrez-vous jamais?Cette semence, jetée à pleine main, va-t-elle germer et fleu-rir en une belle moisson?Voilà des pensées inquiétantes se mêlant sans cesse aux espérances riantes des jeunes années.Les jubilaires ignorent ce mélange.Les lointains n’ont plus de mystère pour elles : elles les tiennent Elles ne se de mandent pas si la semence va pousser et mûrir: elle est mûre.Elles en ont nourri les pauvres sur leur route, et elles nous en présentent encore aujourd’hui les gerbes d’or : ; portantes manipulas snos.Leur joie est sans inquiétude, elle est parfaite: vous jubilerez.Même les soeurs professes nVmt pas tout à fait les mêmes raisons d’être heureuses que leurs devan cières.Comme elles, il est vrai, elles se tressent une couronne faite de pureté, de mortification, joyeuse, de vertus monastiques ; mais y met Iront elles 'a dernière rose ?Elles cheminent dans la voie rugueuse el préférée du sacrifice, elles en voient t'e plus près chaque jour le terme; mais iron t-elles jusque-là ?Est-ce qu’il n'arrive pas à l’humaine fai blesse de se retourner avant de tou cher le but?L'inconstance n’est elle pas parfois un malheur de l'àge mûr?et n’arrive-t-il pas, selon le mot de saint François de Sales, à cet à«e de faire des sottises?Rien de tel ne fait ombre à la félicité des jubilaires.Après cin quante uns de vie religieuse, on peut dire sans hérésie qu’une soeur a acquis de.la stabilité.Quand elle nous demande de prier pour sa tier sévérance dans sa vocation, il y a espoir d’être exaucés.Même saint François de Sales avouait qu’elles ont passé l’âge des soltises.Et puis, ayant, pendant cinquante ans de travail et d’esprit de sacrifice, cueilli à peu prés toutes tes fleurs qui peuvent entrer dans une cou ronne, elles ne craignent plus qu’il v manque un lys.une violette ou une rose.Par ailleurs, comme leurs ardeurs sont tempérées avec leur vie inclinée vers son couchant, les fleurs qu’elles ont tressées courent grande chance de ne se jamais faner et d’être gardées fraîches pour l’immortelle couronne.Et donc, la joie de nos jubilaires, conforme au programme de l'Esprit-Saint, est supérieure à celle de tout autre âge, pure de tout alliage, en dépit du monde qui n'y croit pas, et en dépit des soeurs plus jeunes qui n’y croient pas assez.LA PARADE DE LA RECONNAISSANCE Il est, en dehors de la commu naoté, un autre théâtre où nous voudrions redire en ce moment la parole du Livre saint: “Vous jubi lerez!” C’est celui où passent, languissent, supplient, pâtissent et pleurent tous les miséreux confiés a votre charité.Oh! quel rayon de joie traverserait leur souffrance, si on pouvait, dans un raccourci lumineux, une synthèse, mettre sous leurs yeux tout ce que cinquante ans multipliés .par dix représentent de fatigue, de répugnance domptée, de veilles, de palience souriante, de douleurs endurées pour alléger les leurs! Oh! la belle revue passant devant vous, mes vénérées Mères, si on formait le cortège des indigents du Christ que vous avez, depuis votre entrée à la Providence, soignés de vos mains, rajeunis de vos sourires, réchauffés de votre coeur! Les vieillards battraient la marche.il me semble bien qu’ils garderaient ia mesure du pas allègre de leur jeune temps, car on leur dirait: Attention! c’est le jubilé! Eux nous répondraient, riant et pleurant à la fois, accessibles à toutes les émotions des “bons petits vieux”: “Merci! merci! nous sommes les rentiers de Jésus Christ; la Providence nous a passé des hypothèques sur la charité.Pour remplacer nos enfants disparus ou fatigués de nous, vous nous avez adoptés dans votre famille, mes soeurs : on y est bien, on vit content, tout nrès du bon Dieu, on n’a plus peur de geler l’hiver, de rôtir l’éte et d’avoir faim totqours; chez vous les salles sont claires, les faces sont de bonne humeur, et ça fait du bien, quand on est malade, d’avoir le corps et l'âme nets, et, quand on va mourir, de parlir pour ie ciel d’un bon lit blanc.Salut! salut! les jubilaires: ce sont les vieux de la Providence qui passent.Derrière eux suivrait le régiment des orphelins.Moins que les vieillards ils savent rire et pleurer en même temps.Aussi bien, pourquoi pleureraient-ils ?Vous les traitez si tendrement comme des mères, qu’ils oublient qu’ils n’en ont pas.Mais si orphelins et si jeunes qu’ils soient, leur âme est déjà ouverte à la reconnaissance, et l’on peut entendre, dominant le bruit de leur marche et les ébats de leur gaieté, les mer ci.s de leurs voix éclatantes: Salut! salut! nos grand’mères jubilaires: ce sont vos orphelins heureux qui passent! Dans cette revue, plus émouvante (pie celle d’une armée après la victoire, vos sourdes-muettes entre raient à leur tour et marqueraient le pas Et comme elles sont modestes, elles n’exigeraient pas de tout entendre dans cette fête, mais elles demanderaint au moins de parler.Et elles parleraient! Elles proclameraient que, grâce à vous, elles sont sorties de cette nuit profonde où elles ignoraient presque tout du monde, excepté la souffrance.Avec leurs sens déliés, elles ont vu, dans leur inimaginable ignorance, poindre l’aube de la vérité, puis, graduellement.sa lumière rayonnante, et dans cette lumière tout ce rpii fait la grandeur de l’âme humaine: a liberté, la conscience, la connaissance du bien, de la vertu, le mérite de les choisir, de donner son coeur à Dieu, de l’aimer, de s’élancer vers lui dans la prière.Oh! la merveille de ces petites captives morales libérées par vos soins ! Comme leur défilé est touchant, et comme leur voix encore mal assu rée chante à l’unisson des coeurs le: Salut, salut! ô Mères jubilaires: ce sont vos sourdes-muettes qui passent en vous bénissant! Dans les grandes revues, tous les soldats ne reviennent pas saluer tes vétérans et les chefs, à l’heure du triomphe; plusieurs sont tombés au champ d’honneur.Mais on dit que leur âme, comme i'aile des aigles impériales, plane au-dessus des drapeaux frissonnants dans ta brise et des déploiements de gloire.Ce malin, si Dieu ne les cachait à vos yeux, il me semble que nous apercevrions, planant au-dessus du triomphe des dix vétérans de cette communauté, d’abord les âmes de leurs compagnes tombées au champ d'honneur, depuis un demi.siècle, dans les pacifiques batailles du dévouement.fuis, toutes les âmes des malades soignés dans vos hôpi taux; des morts auprès desquels, dans de longues nuits solitaires, vous avez monté la garde; des pau vres aliénés, incapables ici-bas de croire et d’aimer, et dont les facultés glorifiées là haut vous comblent de leur reconnaissance.Quelle procession grandiose! Que d’âmes, d’autant plus glorieuses que leur corps ont été plus souffrants et leur vie plus humiliée! Avec quelle joie elles vous redisent le : Salut! salut! ô Mères jubilaires : ce sont vos pa tient* qui passent et vos fous bienheureux qui vous aiment et vous bénissent! * • * Cependant l’Eglise elle même, dans vos réjouissances, prend sa part.Elle sc réjouit de la fécondité de votre Congrégation «t ue la mul-tipllcation lie ses oeuvres dans no tro Amérique.Elle qui est l’épouse de Jésus-Christ et sa continuation dans le monde, elle s’applaudit de trouver dans la variété infinie des dévouements de ses congrégations religieuses un don précieux à offrir à son Epoux et comme un manteau royal pour ses épaules.Votre Institut lui-même se réjouit avec vous.Il reçoit en ce jour un nouveau motif de fierté: il est fier de lu longévité de ses sujets.Cela veu! dire qu’on est bien chez lui : la pauvreté y est une bonne mère, l’obéissance un guide sûr, la chaste té un régime revigorant.C’est la longévité promise aux communautés qui traitent bien leurs soeurs, aux soeurs qui servent bien leur communauté, et aux enfants qui hono rent leurs parents.C’est par la longue vie de ses religieuses que l’Institut relie mieux entre eux les anneaux de ses traditions.Elles sont le coutumier vivant.Elles sont la preuve que le travail ne fait pas mourir.Rien qu’à les voir, on sent que le join?du Seigneur est léger Elles ont le don de prêcher en si lance.Avec elles, on vit dans la communauté d’autrefois; elles s’adaptent merveilleusement à celle d’aujourd’hui; et il suffit de les imiter pour que sa ferveur primitive ait à jamais son lendemain.Elles lui confèrent quelque chose de l'immortalité.Si je n’avais en horreur le paradoxe, j’ajouterais: ce sont les vieilles soeurs qui font les communautés jeunes.LES BIENFAITEURS CHARITE RELIGIEUSE, CHARITE RU-REAUCR ATIQUE Avons-nous fait rayonner assez loin les joies de voire jubilé?Ou faut-il écouter d’autres voix encore désireuses de s’y associer?La voix de vos bienfaiteurs?Ah! oui, assurément.Car c’est par leurs oboles ou leurs largesses que vous continuez parmi les foules affamées la multiplication des pains.Ils vous remercient aujourd’hui d’avoir été les inventrices d’industries fécondes en toutes sortes de secours: décou vreuses de pauvres honteux, visiteuses de taudis, et d’avoir ajouté à leurs dons tant de valeur, par votre manière de faire et de donner; — car il n’v a pas que la charité, il y a aussi ia “manière”.Quant à la dernière classe d’hommes qui devrait se réjouir à l’occasion de vos noces d’or, sinon par goût spirituel, du moins par interet matériel, il se peut qu’elle ne tienne pas à passer dans la revue.Mais nous allons les faire passer tout de même.Accordez moi la permission de dire, mes révérendes Mères, que vous ôtes, sans dévier de votre vocation, les économes des riches, des compagnies d’affaires, des financiers, des contribuables de tout nom, des municipalités et des gouvernements.En vous chargeant, en effet, de faire vivre dans le luxe de propreté qui vous caractérise et l’économie qui vous est propre, les délaissés de la vie, les meurt-de-faim, les gâ- ] teux, les fous, les loques humaines,1 vous accomplissez une oeuvre que, sans vous, ia société devrait accomplir.Car la société est faite pour les individus, non les individus pour elle.Elle est établie pour protéger leurs droits et leur vie, et ceux de leur famille.C’est sur ses bras, -~ je parle de la société, telle qu'elle est aujourd’hui, en dehors de l’idéal chrétien, — que retombent jes né cessiteux.Or, la société, ici, concrètement prise, qui est-ce ?Ce sont nos gouvernants.Quand donc vous mendiez de porte en porte, pour les sans foyer et sans-pain, vous mendiez à la place de nos gouverneurs, de nos ministres, de tous ces messieurs des parlements et des .lôtels de ville.Vous faites sans récompense et sans dépense leur besogne.Ce n’est pas à dire que, si vous ne quêtiez pas, ils consentiraient à quêter eux-mêmes.Non, ces messieurs ont d’ordinaire des façons plus aristocratiques d’amasser.Mais voilà, — et c’est ici que vous sauvez les contribuables riches et pauvres du pays, — si vous n’accomplissiez pas toutes ces oeuvres de charité, l’Etat s’en chargerait.Dès lors, avec les pauvres, c’est tout un peuple de fonctionnaires au’il faudrait faire vivre; au-dessus des petits fonctionnaires, toute une tribu de dignitaires plus grassement payés; au-dessus des dignitaires, le groupe redouté des distributeurs de dignités; par là-dessus, les grands maîtres, tous plus désintéressés les uns que les autres.De sorte qu’un petit calcul suffit à établir, en faisant la comparaison entre un de vos hospices et une institution laïque semblable des Etats-Unis, qu’il faut quinze dollars d’impôts pour produire, là bas, ce qu’un dollar produit ici par votre charité, (t) En d’autres termes : quand la philanthropie officielle de l’Etat donne quinze pains pour les pauvres, il y en a quatorze de mangés avant que le quinzième leur arrive.Four abréger, permeUez-moi de rappeler ici un souvenir de hospice Gurnelin.11 n est pas (l ¦ulh ut.étranger aux noces u or, puis‘iu n •* pour auteur l’ancienne superieun de cette maison, l’une de nos vêtu rées et très chères Jubilaires.Un vieillard en ruine avait etc ramassé dans lu rue et recueilli pur elle.Or, un jour que je visitais l’Hospice en compagnie il un Américain de New-York, lequel s eloii nail des soins prodigués aux viei, lards, de l'extravagante propreté de la maison et des dépenses que tout cela devait entraîner: —La ville, me dil il, paie des sommes fabuleuses, pour tout ce monde! —Des sommes fabuleuses, reprit soeur Marie-Jude, tenez, venez ici, s’il vous plaît; je vais vous faire raconter comment la ville les paie, ces sommes fabuleuses.Elle nous conduisit au bon vieux cueilli naguère dans la rue.Vous comprenez qu’avec une pareille institutrice qui venait de payer sans plaisir aucun une grosse noie pour l’eau municipale, le bonhom me avait eu ses répétitions et savait son rôle par coeur.—Vous pensez, s’excla que c’est la ville qui paie nous?ah! bah! dame, non, je vivais sur le macadam, je comme les moineaux : je pour rien l’eau de la ville, à h laine place Jacques-Cartier; depuis que les soeurs ont commis le mauvais coup de me ramasser, la ville les contraint de payer pour me faire boire, Après ce dernier groupe du défilé, accordez au clergé (pii vous entoure, l’honneur d'entrer dans la revue et de vous saluer dans la joie et l’admiration.Vous avez bien fait, mes bonnes Mères, de vivre longtemps.Vous avez eu bien de l’esprit de ne pas vous laisser mon rir.Cela nous fait du bien, l’exemple de votre pratique demi-séculaire des vertus de bonne humeur.Dans toutes ces causes de bonheur, le bon Dieu, comme de raison, y esl pour quelque chose; et c’est pourquoi nous nous unissons à vous nour lui rendre grâce, le supplier de vous continuer ses dons, à vous et à voire Institut, de vous donner encore de beaux jours avant les noces d'or du Paradis.na-t il, pour qua nid faisais buvais fon-mais INDIEN GRIEVEMENT BLESSÉ PAR UN TRAIN Un sauvage de Caughnawaga, Louis Kanahoe, 36 ans, a été frappé par un train du Pacifique Canadien, près du pont de Lachine, samedi soir, en revenant de l’usine de munitions où il était employé, à Lachine.U a eu le crâne fracturé.Les médecins de l’hôpital Notre-Dame où Kanahoe a été transporté jugent l’état du malheureux critique.Le Piano Stein way Pr ,-holx de tous 1rs artistes.( 'est le “nec plus ultra des pianos droits ou à 'tueu;-.tal-les venir notre l)t oüuirottc* CHEZ UNDSAY ON PARLE LE FRANÇAIS Nos luasiisuu! *»»?ouverts le «nir rie 7 heures 30 # 9.Visites nos Sslons de Phonoeraphe».C.W.LINDSAY LIMITED Sière soeial : 512 Ste-C»thçrine ouest.Succursale : 394 Ste-Cather.ne est.MONTREAL Québec.Ottawa, Trois-Rivières, Kinsrs-ton, Itroclcvüle et Belleville.AU RECORDER Après tiue le Dr St-Gcorges, analyste municipal, eut examiné les substances trouvées sur John Houdc, accusé d’avoir eu de la cocaïne en sa possession, il déclara que les boites saisies sur le prévenu contenaient tout simplement du soda à pâte.Par conséquent, Houdc fut relâché immédiatement, samedi matin, en Cour du recorder, où s’était instruit son procès.Autre est le cas de John Barney, trouvé en possession de cocaïne pure.Le prévenu, malade, a imploré la clémence du magistrat.Celui-ci a permis à l'accusé de demander à ses parents de Hamilton s’ils veulent l’accepter, sinon il prononcera la sentence le 18 prochain.LES MORTS RAPIDES Cinq morts subites ont été rapportées à la morgue pour la journée d’hier.Deux seraient dues à l’in-fluenza: celles de Mme Joséphine Robert, 63 ans, 334, rue St-Domini-que, et de Mme John Robertson, 48 ans, trouvée sans vie dans son lit.Florida Lalumière, 31 ans, est morte subitement à sa demeure, 758-ouest, Notre-Dame, hier, probablement d’une syncope.'Le quatrième décès à enregistrer est celui de Louis St-Germain dont on ne connaît pas l’adresse et qui a succombé à la maladie de coeur à l’hôpital Notre-Dame.Le cinquième mort est Georges Delisle, 418, rue Beaudry, qui fut trouvé mourant par un constable dans la rue Frontenac et rendit le dernier soupir un peu plus tard.Des enquêtes auront lieu demain à la morgue sur ces cinq morts soudaines.LES MUTILATIONS HORRIBLES i M, Claude Pierce, 41 ans, contremaître à l’emploi de la Howard Smith Paper Mills, à Reatiharnois, s’est fait couper le bras presque complètement, près du coude, par un couteau à papier en voulant aider tes autres employés à remplir une commande.Après qu’il eut été pansé sommairement par un médecin de Beauharnois, il fut transporté à l’hôpital Royal-Victoria, ici.L’on ne peut encore se prononcer saison cas.Décès DLTFORT.— l u cette ville, le 11 courant, à l’àge de S3 ans, 10 mois et 6 jours, est décédée Dame Klmire-Esther Deslaurlers, veuve de Raphaël Dufort.Le service funèbre aura lieu mardi, le 15 courant.Le convoi funèbre partira de la demeure mortuaire.No MIA rue St-Antoine, à 9 heures 45, pour se rendre à la cathédrale it de là au lieu de la sépulture.Les parents et amis sont priés d'assister sans autre invitation.GOSSELIN.— En cette ville, le 11 courant, à l'àge de 21 ans, 2 mois et 29 jours, est décédé Léopold Gosselin, fils bien-aime de Ixmis Gosselin.I^s funérailles auront lieu mardi, le 14 courant, à 9 heures.l,e convoi funèbre partira de sa demeure.No 20lMi rut Clarke, pour sc rendre à ré-glise du Saint-Enfant-Jésus, et de là au cimetière de la Côte des Neiges.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.Où acheter demain (Enregistré conformément à la loi du Parlement du Canada, par L-P Deslorntrhamn.au ministère de l’Agriculture.) Dcslongchamps, LA GRIPPE ESPAGNOLE On a trouvé le remède efficace contre cette terrible maladie VTeMïUÏYCiU,lleree “ S0UP.e de,yiN0L 3 jour et 2 tablettes ma'adh! AX 6 8°lr ““ coucher- Vous éviterez ainsi cette dangereuse En vente chez •Tel.5t.Louis - 811'2999 ." f ' v.j."f.-.>r- -^ :ïr&.-.-/4:-£Éb : J.H.ROBERT PHARMACIEN CHIMISTE //âS nvc ST.ÛEAé/S hnolc MOWT ROY AU Avec vous, mes chères soeurs, pas | d’impôt.Personne ne paie, chacun j prête à Dieu; — et quand vous avez | reçu quinze pains, je ne suis pas | bien sûr qu’entre vos mains ça n’en ! fasse pas vingt.Même quand l’Etat se charge de j ses malheureux et qu’il ne demande ! vos services que moyennant finan-j ce, vous les lui rendez à de telles j conditions, que c’est encore pour j lui, — je veux dire pour nous tous, — une épargne énorme.Ouvrez certaine page, par exem- i pie, du rapport annuel de l’Asile Saint-Jean-de-Dieu, et comparez en ! les statistiques avec celles de J’Asile de Verdun.Vous constaterez en un instant que vos religieuses ont économisé pour la province, depuis quelques années, trois millions de j dollars.A quel chiffre s’élèverait donc l’épargne faite au bénéfice de notre pays, si on multipliait ces trois millions par le nombre de vos institutions, puis, — montant jusqu’aux noces d’oi*; -— par cinquante, j par soixante et bientôt par cent.Ce bienfait national est-il reconnu avec la bonne grâce qu* devraient v mettre les intéressés, gouvernants, i gouvernés, catholiques et proies- , lanis?Quelle figure feraient aujour I d’hui certains manipulateurs de 1 budgets publics qui trouvent équita- < ble, habile, de vous faire repayer à | leurs bureaux les services que vous ! leur rendez et l’eau que boivent vos ! ' pauvres?* ^ Pêrîirtatt $c ©’gilmt Verrières d’art Pour églises et résidences mm (1) Faire les statistiques comparées de l’hospice Gamelin et de la Poor House du Bhode-Island, ou encore celles de l'Asile de la Providence, de la Visitation, avec n'importe quelle Maison des uauvres des Etats-Unis.i b 4 i » La seule maison irlando-fran-çaise catholique su Canada Verrières des écoles de Munich française et anglaise Aussi tous verres blancs et de couleur Des conditions spéciales sont faites au clergé et aux communautés religieuses Bureau et atelier de fabrication, angle des rues Sainte-Agathe et Perrault.Tél.Bell Est 3948.Montréal m ^i?4:i|f 4: r^^ipr^r^ipipipip’ VOL.IX__No 242 MONTREAL, LUNDI 14 OCTOBRE 1918 3 ¦i CALENDRIER * I8B8 ‘H8888 ;?DEMAIN LUNDI, 14 OCTOBRE 191S S.CAUXTE.PAPE ET MARTYR L«»er du •ol«ll, g heurn 18.Coucher du «ulell.5 heure» 18.Lever de la lune, 2 heure» Ut.Coucher de la lune, le matin.Premier quartier de la lune, le 13, à 0 h.5 m.du matin.LE DEVOIR [1 Toutes les nouvelles par nos rédacteurs, nos correspondants et les services de dépêches du monde entier BEAU ET CHAUD DEMAIN, MARDI, 15 OCTOBRE 131» SAINTE THERESE, VIERGE Lever du aolell, 6 heure» 15, Coucher du eolell, 5 heure» 14.Lever do la lune, 2 heure» 47.Coucher de la lune, fi heure 44, Pleine lune, le 19, A 4 heure» 41 minute» du »olr.3 L’ALLEMAGNE ACCEPTE TOUTES LES U JOURNÉE D’HIER RESTERA INOUBLIABLE La fermeture des églises, les orages du matin, les teintes étranges du ciel, les rumeurs de paix ont fait que le dimanche 13 octobre 1918 restera une date mémorale — La grippe sévit encore, mais on espère une amélioration de la situation.Les Montréalais se souviendront longtemps de la journée du 13 octobre 1918 et il y aura eu de quoi.Depuis bien des années ou pour (lire plus justement depuis toujours, c’est je premier dimanche que toutes les églises étaient fermées à Montréal.La température que nous avons eue hier n’était pas très gaie non plus; le temps avait été gris depuis le lever du jour lorsque tout à coup on entendit les roulements du tonnerre dans le lointain.Bientôt, lu pluie tomba à torrents.Dans le courant de l’avant-midi, cependant la température changea encore d’aspect, le ciel prit une t couleur safran; gens et bêtes qui passaient dans la rue avaient • une apparence lugubre.Les nuages devinrent plus denses encore; la pluie avait cessé de tomber mais de grosses nuées roulaient dans l’espace, et il semblait y avoir du mystérieux suspendu sur nos têtes.Le soleil, clair et radieux, finit enfin par se frayer un chemin à travers les nuages et nous eûmes une belle après-midi d’automne.Tous en profitèrent pour aller respirer l’air frais et jouir un peu de leur dimanche.La journée, qui avait commencé si triste, se ter-ipina presque dans la joie lorsqu’on apprit que les premières lueurs de paix avaient lui quelque part dans les pays belligérants.Plusieurs hissèrent despavillons .sur leûrs demeures et la journée se termina bien différemment de ce qu’elle avait commencé.L’EPIDEMIE FAIT DES PROGRES Malgré les mesures énergiques prises ces jours-ci, la grippe espagnole a encore fait des progrès à la fin de la semaine.Dans ia seule journée de samedi, soixante-huit personnes en sont mortes.Les médecins ne comptent plus que sur la belle température pour enrayer complètement les progrès du mal.Le refuge Meurling, converti en hôpital d’urgence, a ouvert ses portes a la fin de la semaine et déjà plusieurs malades y ont été hospitalisés.Il manque cependant encore plusieurs médecins et gardes-malades pour prendre soin de tous ces patients et le Dr Boucher a cru devoir envoyer un appel public.Tous les médecins et les gardes-malades qui voudront prêter leur concours pourront s’adresser au No Main 4240, division des statistiques.Seuls les malades pauvres pourront être admis à cet hôpital, de 8 heures du matin à 8 heures du soir.DANS LA PROVINCE La grippe s’est répandue un peu partout cans la province et des différents centres on nous communique la liste des mortalités et des malades qui prend chaque jour des proportions plus alarmantes.Les médecins considèrent qu’il y a actuellement de trente a cinquante miile cas de grippe dans toute la province.Réunis en séance spéciale, samedi matin, les membres du Conseil I central ont pris toutes les mesures de prudence qui s’imposent pour enrayer l’épidémie de la grippe, Ladite espagnole, en ordonnant des règlemnts qui ressemblent sur plus d’un point à ceux récemment adoptés par la commission d’hygiène de Montréal: rapport des cas de grippe aux autorités locales, fermeture de tous les endroits publics lorsque la maladie s’est déclarée dans une municipalité; écoles, pen-sionn-ats, théâtres, collèges, etc.; défense de faire des excursions de plaisir; isolement des camps où la grippe s’est déclarée.Les soins qui doivent être donnés aux malades ont aussi été soigneusement établis: isolement du malade, bouillage du linge à son usage, gargarismes pour ceux qui soignent les malades: (6 parties de chlorure de sodium dans 1,000 parties d’eau.) LES CAS A MONTREAL Le rapport total des mortalités et des cas de grippe tels que fournis samedi par les autorités municipales établissent que la maladie n’est pas encore sous contrôle.Samedi il y avait 1,500 personnes qui en étaient atteintes et 355 en sont mortes depuis que le fléau a fait son apparition.Les médecins oit eu fort à faire hier pour répondre à tous les appels.Le contrôleur du combustible oi’a pas cru devoir tenir compte de la sortie des autos pour les cas d’urgence.Toutes ces automobiles portaient une croix rouge.Malgré tout, la ville a depuis quelques jours un aspect plutôt funèbre.Toute la journée on peut voir circuler les ambulances des différents hôpitaux et ceux que la ville a réquisitionnés.Dans les rues qui conduisent au cimetière, il ne s’est pas écoulé une journée sans qu’on vit défiler un grand nombre de corbillards vers la Côte-des-Nei-ges.Les médecins déclarent cependant connaître maintenant la nature de la maladie et ajoutent qu’ils peuvent sauver toute personne qui en est atteinte si elle prend toutes les précautions rquises.Plusieurs autres personnes sont décédées dans la journée d’hièr, et les médecins ont encore des cas sérieux à traiter, mais ont bon espoir qu’à la fin de la semaine, si la température est belle, l’épidémie sera presque disparue.LA GRIPPE A QUEBEC Québec, 14.— L’épidémie de grippe espagnole ne semble pas diminuer ici.Parmi les dernières victimes de samedi et d’hier, on mentionne Jules Henri Lavigueur.fils aîné du maire Lavigueur, .1.H.Davidson, surintendant local du Nord-Canadien, J.H.Kennedy, assistant-adjudant du 5c C.G.R., et Mme Roméo Langlais, épou se de M.Roméo Langlais, C.R.Le bureau d’hygiène a donné des ordres afin que seuls les parents des victimes assistent aux funérailles.Il en est ainsi pour la veillée auprès des morts.CHEZ LES MILITAIRES Les ravages que la grippe espagnole exerce aux casernes depuis deux semaines environ semblent avoir diminue d’intensité ces jours-ci; le nombre des mortalités a sensiblement diminué et les nouveaux cas sont beaucoup moins nombreux depuis deux ou trois jours.Voici d’ailleurs les statistiques fournies par le major-général Wi’son: Trois soldats sont décédés dans la journée de samedi et deux hier, ce qui, avec les onze qui ont expiré vendredi, fait un total de 14 pour les der niers jours de la semaine.Le nombre des mortalités dans les rangs des soldats, depuis le début de l’é-I pidémie est de 103, dont 83 à Montréal et 18 à Saint-Jean.Plusieurs des soldats décédés à Montréal faisaient cependant partie des régiments casernés à Saint-Jean.Il y a actuellement (>47 cas de grippe espagnole chez les soldats à Montréal et il y en a 189 à Saint-Jean.On remarque que le nombre des malades à Saint-Jean a sensiblement diminué dans le courant de la semaine.La situation est d’ailleurs absolument sous contrôle.Le nombre des nouveaux cas, au cours des dernières vingt-quatre heures est de 14 à Montréal et de 4 à Saint-Jean.“La situation s’est beaucoup améliorée ici comme à Saint-Jean, déclarait le général Wilson, et il nous semble que la pire période est maintenant passée.Malgré tout cependant on continuera à prendre toutes les dispositions d’urgence.RÉGIONS ENTIÈRES DÉVASTÉES (Service de la Presse Associée) Duluth.Min., 14.—Un feu de fnrèl qui fait rage depuis trente heures, dans la partie nord du Wisconsin et du Minnesota, a causé plus de cinq cents morts et mis sur le pavé au mo:ns douze mille personnes.Les pertes matérielles s'élèvent à _des millions de piastres.SoDante-quinze cadavres gisent sur les dalles de la morgue de Duluth.Les chemins en sont couverts.Les sans-abri ont trou- vé et le feu n’a pas atteint Brainard.Les pertes sont peu élevées à Ber-midji.C'est la région Choquet qui a le plus souffert.D'après les réfugiés, les villes de Choquet.Brookstu, Brcvator, Corona, Adolph, Thompson, Arnold, Moose Lake, Wright sont en cendres.La perte des propriétés et du bois de sciage, qui s’élèvera à plusieurs millions, surpassera celles de tous les feux historiques qui ont ravagé cette région.é defugr dans les hôpitaux, les égh-îs, les écoles, les demeures privées ( les manèpe* militaires.Médecins I gardcs-maïudes sont venus des illes voisines.Tous les habitants availlent à combattre l’incendie., es rumeurs voudraient que le feu J il été allumé par des incendiaires menais.D’aucuns auraient vu fuir es hommes à l’allure insolite et Ionie.Des nouvelles reçues par courrier idiquent que la violence des_ flames diminue.Duluth et Superior ne >nt plus en danger.Virginia est sau- Duluth, 14 .— On croit que le nombre des victimes des feux de forêt approchera neuf cents.Les rapports sont incomplets.136 cadavres ont été transportés ici, tandis que Moose La ke en a reçu près de 300.DES SECOURS Moose Lake.Minn., 14.— M.' Rhinow, de Saint-Paul, venu poi ganiser le secours dans la co dévastée, opine qu’il y a eu ic pertes de vie Le prince Maximilien de Bade, dans sa réponse à M.Wilson, déclare qu’il est le porte-parole du.gouvernement et du peuple allemands, et qu’il accepte comme base de la paix, les négociations ne devant servir qu’à décider des questions de détails, les conditions posées par le président—Le territoire occupé par TAllemagne et l’Autriche Hongrie sera évacué.Washington, 14.— La réponse de l’Allemagne aux questions du président Wilson, interceptée d’abord, comme elle était envoyée par le poste de télégraphie sans fil de Nauen, puis parvenue ici, samedi soir, dans une dépêche officielle de France, déclare que l’Allemagne est prête à accepter les conditions de paix du président Wilson, à évacuer le territoire envahi comme préliminaire d’un armistice, et que cette demande de la paix représente l’opinion du peuple allemand tout aussi bien que^ celle du gouvernement.Quoique le texte de la note allemande semble être une acceptation complète des termes de Wilson, le peuple des Etats-Unis et des pays alliés doit être averti qu’il ne doit pas accepter cette note comme constituant une acceptation complète des demandes du président de nature à amener une cessation immédiate des hostilités.Voici le texte non officiel de la note: En réponse aux questions du président des Etats-Unis d’Amérique, le gouvernement allemand déclare par les présentes ce qui suit :— Le gouvernement allemand a accepté les conditions posées par le président Wilson dans son discours du 8 janvier et dans ses discours subséquents sur les fondement d’une paix permanente de justice.Conséquemment, son objet en entamant des discussions serait seulement d’arriver à une entente sur les détails pratiques de l’application de ces conditions.Le gouvernement allemand croit que les gouvernements des puissances alliées au gouvernement des Etats-Unis prennent aussi la position prise par le président Wilson dans son discourA Le gouvernement allemand, d’accord avec le gouvernement austro-hongrois, pour arriver à la conclusion d’un armistice, déclare qu’il esti prêt à accepter la proposition du président en ce qui concerne les évacuations.Le gouvernement allemand propose que le président veuille bien prendre des mesures pour la réunion d’une commission mixte qui fera les arrangements nécessaires au sujet de l’évacuation.Le gouvernement allemand actuel, qui a pris la responsabilité de cette démarche pour la paix, a été formé par des conférences et en accord avec le grande majorité du Reichstag.Le chancelier, appuyé dans tous; ses actes par la volonté de la majorité, parle au nom du gouvernemenJ allemand et du peuple allemand.Berlin, le douze octobre mil neuf cent dix-huit.(Signé) SOLF, secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères.WASHINGTON DEMANDE QU’ON NE FASSE PAS DE COMMENTAIRES (Dépêche de la Presse Associée) Washington, 14.— Le gouvernement demande au peuple américain d’ajourner son jugement sur la réponse allemande jusqu’à ce que le président Wilson ait reçu la communication officielle et ait eu le temps de l’étudier.Le document officiel n’était pas encore à Washington hier soir, au retour de New-York du président Wilson.La réponse sera probablement arrivée aujourd'hui, quand le président conférera avec ses conseillers, au nombre desquels se trouve le secrétaire Baker, de retour du front ouest.Ce dernier est incontestablement préparé à lui donner une foule d’informations sur la situation désastreuse de la puissance militaire allemande, situation que le monde ignore encore.L’on doit se mettre dans la tète que la note du président Wilson est un simple mouvement préliminaire.dans lequel il ne proposait rien, il ne s’engageait à rien, mais posait simplement quelques questions, qui, a-t-il déclaré, demandaient une réponse avant qu’on allât plus loin.S’il met la proposition devant l’Entente, il recevra sans doute une réponse rapide.Les dépêches de samedi soir de Londres citaient le “London Express”, qui disait que les gouvernements anglais, français et italien en étaient venus à une decision unanime pour une ligne de conduite commune ; cela est profondément significatif.Il y a une forte opinion ici qui veut que le prochain mouvement confrontera le parti militaire avec le choix d’une reddition sans condition qui sera ainsi acceptable aux Alliés ou une véritable révolution politique en Allemagne.Aucun membre du gouvernement n’a jugé bon de guider le public sur les vues qui se forment dans les milieux officiels, mais la Presse Associée peut dire que les vues se forment rapidement, et que la prochaine démarche sera promptement prise, plus tôt même qu'on s’attend.Ou compte que le président Wilson décidera d’abord si la réponse de M.Soif, ministre des Affaires étrangères d’Allemagne, le justifie d’adresser le texte officiel de la note aux pays de l’Entente.L’acceptation dans aucune mesure de la réponse allemande au président Wilson, y compris la conclusion d’un armistice, signifie la perte de la guerre pour les Alliés.Voilà ce qu’a déclaré, hier soir, le sénateur Lodge, du Massachusetts, chef de la minorité et représentant républicain dans le comité des affaires étrangères.Le chef républicain au Sénat demande une reddition sans condition de l’ennemi, sans quoi les Alliés seront acculés à une défaite humiliante par unei paix par compromis, dit-il.Samedi soir, la Presse associée a communiqué le texte de la réponse de l’Allemagne à M.McAdoo, ministre du Trésor, avant qu’il portât la Farole à une assemblée relative à emprunt de la Liberté, à Chicago, samedi soir.M.McAdoo a fait part du contenu de la note à l’auditoire, et il a ajouté: Ce que ce gouvernement demande, basé sur les messages et les discours du président Wilson, c’est une reddition sans condition, et si la réponse est authentique, c’est juste cela”.ON VEUT DES GARANTIES Londres, 14.— La Presse associée dit que dans des milieux ex- ceptionnellement bien renseignés, on est d’opinion qu’aucune question d’armistice ne peut être sérieusement prise en considération, s’il n’y a pas de garanties, au point de vue naval et militaire, que l’Allemagne est non seulement prête à remettre l’épée au fourreau, mais est de plus absolument impuissante à reprendre les hostilités.LA PRESSE AMERICAINE New-York, 14.— La plupart des grands journaux américains sont unanimes à demander la capitulation sans condition de l’Allemagne.La Tribune de cette ville dit: La victoire dans cette guerre n’est que le moyen de faire justice à l’égard du kaiser et des auteurs des crimes commis en son nom.Le Times: Une reddition, non un armistice, doit précéder toute négociation de paix.Pas de paix avec les Hohenzollern.Le Herald: Un armistice ne doit être accordé qu'aux conditions de l’armistice signé avec la Bulgarie.Le World : C’est une offre de reddition sans garanties.Le Posf de Boston ; Que l’Allemagne rappelle sa flotte de sous-marins et la rende.Qu’elle rende aussi sa flotte de haute mer.Le Xorth American de Philadelphie: Jamais la civilisation n’a été plus près d’un abinie désastreux qu’à cette heure.Le journal Gazette-Times de Pittsburg: Les Allemands cherchent à s’en tirer sans subir leur châtiment.Le Journal de Providence : Ce sont les chefs militaires qui doivent donner la réponse, sabre en main.LA PRESSE FRANÇAISE Paris, 14.— Les journaux français ne semblent pas très enthousiasmés par la réponse allemande à la note du président Wilson.On donne plus d’espace aux récents succès des Alliés qu’à la discussion du document allemand.Dans la discussion par le peuple de la réponse, le doute persiste que l’Allemagne tente d’éviter le véritable sort qui l'attend.Le sentiment persiste qu’elle n’a pas fait assez de concessions.On fait remarquer que la constitution allemande n’est pas encore changée et que si l’on dit que le gouvernement est responsable devant le peuple, il l'est aussi à l’empereur.On dit aussi que s’il doit y avoir une reddition, pourquoi ne serait-elle pas faite au maréchal Foch, le commandant en chef des armées alliées, car lui seul peut accepter la forme de reddition que désirent les Alliés.On prétend en certains quartiers que puisque l’Allemagne reconnaît la défaite militaire, il doit y avoir une reddition militaire.Depuis que la victoire accompagne partout les Alliés, ils doivent la garder et ne pas se laisser entraîner dans une bataille diplomatique.1^ général Lacroix écrit dans le Temps : “ L’acceptation des termes du président Wilson est l’aveu de la défaite allemande.Foch est le seul juge au point de vue militaire et saura exiger les garanties nécessaires de l’ennemi et les occupations territoriales qui devront être imposées.” Tout en rappelant l’impitoyable méthode de Bismarck dans l'armistice de 1871, certains journaux font remarquer que quand les Allemands.en 1914.essayèrent de s'assurer la neutralité de la France.l’Allemagne n’était pas prête à ac- \ cepter la parole de la France, mais elle demandait, au contraire, qu’on lui permette d'occuper Toul et Verdun.GUILLAUME ARDIQUERA-T-IL ?Paris, 14.—Dans certains cercles allemands, on remarque la tendance, dit une dépêche de Genève au Temps, à représenter la chute du kaiser comme une concession que les Allemands sont prêts à faire aux Allisé, si ceux-ci le demandent.Le Franklische Ta-gespost, organe socialiste de Nuremberg, demande carrément l’abdication de l’empereur.LA RECEPTION DE LA REPONSE A LONDRES Londres, 14.— Le ministère des Affaires étrangères a reçu le texte de ia réponse de l’Allemagne au président Wilson, de la part de l'ambassadeur anglais à La Haye.Le ministre des Affaires Etrangères, M, Balfour, et Andrew Bonar Law, le chancelier de Tèchiquier, sont partis immédiatement avec le docu ment afin de conférer avec le pre mier ministre, M.Lloyd-George, qui passe la fin de la semaine à la campagne.LES COMMENTAIRES La réponse de l’Aile magne au président Wilson est arrivée trop tard à Londres pour pouvoir être l’objet d’aucun commentaire autori sé.Cela devait venir nécessairement, et l’opinion, dans tous les quartiers, était que cette réponse nous laisserait entrevoir la profondeur de la détresse allemande, au point de vue militaire.L’armistice est une vieille ruse classique pour une armée en déroute.Il est improbable qu’un ministre anglais fasse une déclaration détaillée.Il semble que la prochaine démarche sera la suivante: le président Wilson consultera les Alliés au sujet d’une étude générale de la réponse.La phrase “s’entendre sur les dé tails pratiques de l’application de ces termes” semble être une réponse directe au président Wilson.Ce n’était pas inattendu ici, mais la chose est regardée cependant avec une certaine défiance.Les journaux anglais disent que les Allemands doivent penser qu’une conférence basée sur une telle formule, provoquera un débat prolongé.“Se rendre sans condition” est une idée qui, à cette heure, flatte plus le peuple anglais, que celle d'une commission pour régler l'évacuation.Les événements de la dernière semaine, et particulièrement la destruction du “Leinster” ont fermé les coeurs anglais à tout com promis.Les journaux anglais demandent des garanties, des réparations et des indemnités en sus des 14 propositions du président Wilson, et quelques-uns réclament la cessation de la campagne sous-marine.La presse anglaise dit qu’il ne faut pas dérober aux armees alliées le fruit de leur victoire.ON OMET LE MOT IMPERIAL Londres, 14.— Un des points les plus significatifs de la réponse de l’Allemagne est qu’elle constitue le premier document officiel allemand qui n’est pas fait au nom du gouvernement impérial, depuis que l’empire a été proclamé à Versailles en 1871.“Le gouvernement allemand” est une phrase absolument nouvelle, et l’omission du mot “impérial” est sans précédent.Reste à savoir si ceci est en accord avec les vues du président Wilson ou bien signifie un changement en Allemagne.LES FUNÉRAILLES DE M.P.-E.LAMARCHE A l’heure où nous allons sous presse ont lieu les funérailles de M.Paul-Emile Lamarche, décédé vendredi soir.Le service funèbre est chanté à l’église du Saint-Enfant-Jésus du Mile-End.Le long défilé est parti de la demeure du défunt, appartement Pierrefonds, avenue du Parc, à 8 heures 15.PAS DE VENTES PAR LE SHÉRIF La cité a décidé d’abandonner el de se désister des procédures qui ont été prises pour la vente d’im meubles pour non paiement de taxes.Cette vente devait avoir iieu demain.Vu ce désistement, les intéressés sont avertis que la vente n’aura pas lieu., La cité se réserve le droit de recouvrer les taxes qui lui sont dues par tout autre moyen légal.LA RETRAITE CONTINUE Les armées allemandes continuent à reculer sous la pression des forces alliées — Les Anglais sont aux portes de Douai.New-York.14.— La Presse Associée a publié hier soir le communiqué suivant : La ligne de bataille allemande en France continue de céder devant les attaques des Alliés,mais elle n'est pas encore brisée.Presque partout l’ennemi est en retraite vers de nouvelles positions.Mais sa retraite s’effectue en bon ordre et les Anglais, les Français et les Américains sont obligés de se frayer lentement un chemin, ayant à faire face à des détachements de mitrailleurs qui servent d’arrière-gardes.De très importantes positions stratégiques ont été conquises par les Anglais et les Français, tandis que dans leur secteur les Américains ont de nouveau avancé leur ligne sur les deux rives le la Meuse, prenant les objectifs qu’ils s’étaient assignés.Après des jours de rudes batailles, les Anglais sont enfin aux portes de Douai, qui fut depuis longtemps la barrière qui empêchait les Anglais d’encercler le front qui a Lille pour centre et que les experts militaires regardaient comme la clef du système de défense allemande à travers «le nord de la Belgique jusqu’à la mer du Nord.La ligne allemande étant démantibulée sur le front de 60 milles, de la forêt de Saint-Gobain à l’Argonne, il semble que l’ennemi devra battre en retraite sur une profondeur de 30 milles.Au sud, les Français ont capturé La Fère, Laon et la plus grande partie du massif de Saint-Gobain.Ici tussi les Allemands durant des semaines ont résisté désespérément, com-I prenant qu’une victorieuse avance des Allés dans cette région aurait pour résultat la destruction de tous leurs plans militaires dans le sud, et les obligerait probablement à se retirer plus qu’ils ne l’on fait avant, et rendrait intenable toute la ligne de la Meuse, vers laquelle, dit-on, les Allemands se dirigent actuellement.Berlin annonce l’évacuation du Chemin des Dames et d’autres positions.Le long de l’Aisne, en Champagne, les Français ont franchi l’Aisne à divers endroits et sont presque rendus à l’important centre de chemins de fer qu’est Rethel, d’où il n’y a qu’un pas vers Mézières.Au nord de Vouzîers, ils continuent d’avancer vers Sedan.Dans le coude de l’Aisne, plus de trente-six localités ont été libérées par les Français et plusieurs milliers de citoyens dégagés de l’esclavage dans lequel ils étaient plongés depuis l’occupa-tiom allemande.Depuis le commencement de l’offensive 21,567 soldats allemands ont été faits priosnniers et 6U0 de leurs canons sont tombés aux mains des Alliés.Tandis que la situation en France et en Belgique est très satisfaisante pour les Alliés, les opérations en Serbie et en Albanie se poursuivent tous les jours et avec les plus heureux résultats.Nich, la capitale du petit royaume, après l’invasion par les Austro-Hongrois, a été reprise et l’ennemi chassé vers les hauteurs au nord de la ville.Les Austro-Hongrois sont lentement mais sûrement repoussés vers le nord en Albanie et sont maintenant attaqués dans la région d’Ipek, à 30 milles au sud-ouest de Novi-Bazar.-J!"11.:; FORD CITY LE JUGEMENT DE LA SACRÉE CONGRÉGATION CONSISTORIALE.__________ Nous traduisons de la Gazelle de ce matin, un décret de la Sacrée Congrégation consistoriale, et une communication de Mgr Fallon, qui ont été lues, hier, dans toutes les églises de Windsor.Ce décret de la Sacrée Congrégation a trait aux incidents qui ont suivi la nomination de M.l’abbé Laurendeau à la cure de Ford City.Voici le decrét de la Congrégation romaine : En considération du fait que plusieurs pétitions furent envoyées au Saint-Siège, dans le but d’obtenir le déplacement de l'abbé François-Xavier Laurendeau comme curé de la paroisse de Ford City; et vu que dans ce but divers motifs furent allégués,, Leurs Éminences les Pères de la Sacrée Congrégation Consistoriale, réunis, par ordre du Très Saint-Père, en assemblée plénière, après avoir examiné et mûrement pesé toute chose, décidèrent et décrétèrent ce qui suit : “Que l’on ne pouvait faire aucun cas des dites pétitions et que l’abbé F.X.Laurendeau devait être maintenu dans sa charge de curé de la paroisse de Ford City,” De plus, Leurs Éminences ordonnèrent que Monseigneur l’Évêque de London soit notifié concernant cette affaire, et que par l’entremise de Sa Grandeur, les fidèles le soient également.De plus que tous ceux que concerne ee décret, soient sérieusement avertis de s'abstenir de toute sorte d’opposition envers leur pasteur.Èt comme le dit pasteur fut dûment nommé et qu'il reçut une injuste opposition qu’il soit donc l'objet de l’obéissance respectueuse que lui est due, s’ils veulent demeurer catholiques et s’ils craignent les justes châtiments de Dieu et de l’Église.J1 sera du devoir de Sa Grandeur, l'Évêque de London, de faire parvenir officiellement ce décret aux fidèles de la paroisse de Ford City; et par la présente, toute autorité lui est donnée de réprimer par les moyens que lui offrent les Saints Canons.tous ceux qui refuseront de se soumettre.Donné à Rome, par la Sacrée Congrégation Consistoriale, ce septième jour du mois de juin, de l’année 1918.C.card.Del,AI, Évêque de Sabina, secrétaire.C.SARDI, Archevêque de Caesarae.assesseur.Voici la lettre de Mgr Fallon qui accompagnait le décret : Aûx paroissiens de Ford City.dans le diocèse de London.“Chers Frères Bien-Aimés : “Dans l’accomplissement du devoir qui m’est par les présentes imposé, je vous communique ci-inelus un décret de la Sacrée Congrégation Consistoriale en date du 7 juin, 1918.“Pour le moment, je m’abstiens de le commenter.Ses termes sont clairs, précis et définis.Ils exigent une prompte acceptation et une entière obéissance de la part de eçux qui “veulent demeurer catholiques et qui craignent les^ justes' jugements de Dieu et de l’Église.” ¦J’ai la plus entière confiance que ceux parmi vous auxquels le décret peut s’appliquer en observeront les directions en entier tant à la lettre que dans l’esprit.“Je demeure, très chers frères bien-aimés, t,1 Vôtre fidèlement en J.-C., “M.F.FALLON, Évêque de London.” "London, Ontario, le 11 octobre, 1918.” -«- PLUSIEURS DÉCÈS A QUÉBEC (De notre correspondant) Québec, 14.— M.Louis Henri La-vigueur, fils aîné du maire Lavigueur est au nombre des dernières victimes de la grippe à Québec.Il est décédé hier matin après huit jo,.rs de maladie.Sa femme et un enf .it en bas âge lui survivent.Il était gérant du magasin de Saint-Roch de la Maison Lavigueur et Hutchison.Plusieurs autres mortalités sont survenues, hier.Parmi les plus en vue de ceux que la mort a fauchés se trouvent le Dr Jules Fremont, fils de feu M.J.-P.Frémont, ancien maire de Québec, le notaire Arthur Fortier, M.l’abbé Malenfant, vicaire à Jacques-Cartier.Le nombre des morts à Québec est considérable.Toute la journée, dans toutes les paroisses de la ville, les cloches des églises n’ont cessé de sonner le glas funèbre et un grand nombre de funérailles ont eu lieu.Hier après-midi, sur 30 patients à l’hôpital municipal, six sont décédés.Les autorités continuent à prendre toutes les mesures nécessaires pour enrayer le fléau.On annonce qu’il y a amélioration dans la situation en ce sens que le nombre des cas nouveaux a diminué et que ces nouveaux cas sont moins sérieux.-e-— LA VENTE DE LA GAZ0L1NE INTERDITE Bien qu’hier fût supposé être un d.manche “sans essence”, l’on pouvait voir circuler un grand nombre d’autos par nos artères principales.Mais un arrêté ministériel qui vient de paraître mettra fin à toutes c*.* promenade;:.Toute vente de gizolm.c«t prohibée le c’u enche.Les marchands qui n’observeront pas la loi seront passibles d’une grosse amende.DÉCÈS CHARTIER — A Montréal, le 13 octobre 1918.à Page de 17 ans et 11 mois, est décédé Georges Chartier, étudiant, fils de Joseph Chartier, entrepreneur et d'Elisabeth Bum-bray, et neveu de M.l’abbé G.Chartier, curé de Ste-Anne de Bellevue.Les funérailles auront lieu mardi, le 15 courant.Le convoi funèbre partira de la demeure de son père, 452.rue St-André, à 7 h.45.pour se rendre à l’église St-Jaeques, où le service sera célébré, et de là au cimetière de la Côte-des-Neigea, lieu de la sépulture.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.08027845 , V ULi.1a.iw » TARIF DES PETITES AFFICHES DEMANDES D’EMPLOI juiqu’à 20 mots IA tious.H H hou pur mot aupplémentairo.DKMANDKS DT.I.FVKH :—Jusqu'A 20 mot», JS «ou», iu «ou pur mot •ut.pKinontairo.TOUTES I.KS AUTRES DEMANDES jtwriu'iV 20 mot», 1 ù «ou», H «ou P»t mot BuppWmea-iiinv CHAMBRES A LOUER ï—lô «mw Jusqu’à 20 bjoip, M hou par mol aupplémentiùre.TROUVÉ :—jusqu'à 20 mots, 16 bous, H *K>u pur mot NuppIémenttlrA.PERDU :—Jusqu'à 20 mot», 16 boui, 1 «ou par mot supplémentfure.MAISONS, MAGASINS, ETC., A LOUER î~-Jusqu'à 20 mots, 16 sous, 1 sou par mot supplft-mentairo.A VENDRE -Jusqu'à 20 mots, 15 sous, 1 bou par mot supplémantaire, PERSONNEL :—25 mots ou moins, 25 sous, 1 «ou par mot supplémentaire.CAR I ES PROFESSIONNELLES (rubrique spéciale) : jusqu’à 20 mots, 25 sou»; un bou par mot supplémentaire.AVIS LÉGAUX 10 sous la lisno agate pour la 1ère insertion et 8 sous pour les insertions subséquente» REMERCIEMENTS Un sou le mot avec un minimum de 50 bous.Toutes le» annoncée oi-haut mentionnées sont de 6 insertions consécutives pour le prix du 4 payées.tj*M 1» Vp < bnorti^6 ITteM \joSxe - * SITUATIONS VACANTES OPERATEUR Un bon linotypiste trouvera un emploi permanent en s’adressant au “Devoir”, 4.1 rue Saint-Vincent.A VEJNUKE A VENDUE, cabinet de cuisine, ameuble ÿnent de chambre, de salon, de salie à mai J fccr et clavigraphe Hammond.440 herri.DIVERS WERVEIIXEUSE decouverte moderne pour laver le linge en 15 minutes, sans frottage.TJn pauuet pour 5 lavages sera expédié sur reception de 2(ie.i.« Cie Manufacturière J .conard, 2170 Clarke.Montréal.__________ ' Une dame offre de Traire connaître k tou-le personne souffrant de rhumatisme, goutte, lumbago ou maux de reins, dartres serbes et humides, constiualion, obésité, asthme, enfin toutes les maladies provenant des «itérations du sang, un remède végétai et merveilleux fabriqué en Canada, qui la 2uérie elle-même complètement.Ecrire .Ma-lame Falcon, boite postale «03.Montréal.“HOPITAL de gramophone — Nous veillions e* réparons toutes sortes de gramophones, satisfaction garantie, bad.
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