Le devoir, 25 août 1919, lundi 25 août 1919
VOLUME X.— No 199 MUrSTKEAL, LUmil 25 AUUT 1919 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste : Édition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$5 00 UNION POSTALE.8 00 Édition hebdomadaire CANADA.$3 00 ETATS-UNIS.3 50 UNION POSTALE.3 00 Rédaction et administration; 43, RUE SAINT-VINCENT MONTREAL TÉLÉPHONE: Main 7460 SERVICE DE NUIT : Rédaction, Main 5121 '^Ministration, Main 515S Diredteur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! UNE INTERESSANTE EXPERIENCE La campagne du “Droit” — Magnifiques témoignages — La presse et le public — L’exemple de l’“Action française”.Le Droit poursuit une très intéressante expérience.Il fait, plus exactement on fait appel pour lui à la clientèle qu’il dessert depuis sept ou huit ans.Ce n’est point trahir un secret que de noter que ses débuts furent rudes, (pie cette oeuvre de presse fut lancée dans des conditions matérielles qui semblaient un défi à l’expérience des hommes d’affaires et des professionnels.Mais les hommes de grande foi, de persévérante et tenace énergie qui voulaient l’oeuvre se disaient : Nous sommes engagés dans une bataille qui intéresse au plus haut degré notre avenir religieux et national.Nous avons besoin, pour maintenir l’effort commun, pour transmettre les mots d’ordre, pour répondre à l’erreur et au fanatisme, d’une feuille quotidienne.Ce journal est nécessaire.Donc, il sera.11 fut, et il est, en dépit du pessimisme de ceux qui se croyaient sages.Il a vécu grâce au dévouement de tous.Mais il n’a pas vécu très largement, comme bien l’on devine, et aujourd’hui, pour le mettre un peu à l’aise, pour le mettre aussi en état d’augmenter sa puissance et son rayon d’action, on s’adresse au public même qu’il dessert.On lui dit: Voulez-vous aider votre journal?Voulez-vous lui faciliter le moyen de doubler les services qu’il rend aujourd’hui?Jetez de votre argent dans la caisse commune, apportez du charbon à la locomotive.Pareille expérience n’a jamais été tentée chez nous, sur une échelle un peu considérable tout au moins.Elle sera suivie par tous avec une très vive curiosité, qui se mêlera, chez les amis de l’oeuvre, d’une ardente et profonde sympathie; elle sera peut-être révélatrice d’un état d’esprit nouveau.* * * Quel que soit le résultat financier de l’appel, le Droit a déjà gagné une grande bataille.Il a reçu des autorités les plus compétentes des témoignages qui constituent pour lui de véritables lettres de noblesse, — de magnifiques citations à l’ordre de l’armée, pourrait-on dire en usant du vocabulaire avec lequel nous sommes encore familiers.C’était un précieux témoignage, et d’une haute signification, que l’appui conjoint de MM.les sénateurs Landry et Belcourt, les deux auteurs de l’appel au public.Une glorieuse série d’approbations épiscopales est venue en magnifier indéfiniment l’éclat.A peine arrivé d’Europe, par exemple, Mgr T Archevêque de Montréal voulait bien écrire à notre confrère : “Je m'empresse âe vous adresser mes encouragements les pins sincères et me permets d’ij ajouter mon obole.L’oeuvre nue vous accomplissez est trop importante au point de vue catholique pour ne pas Mirer la sympathie.Vous y déployez un zèle louable, que réclament d'ailleurs les conditions difficiles dans Icsc/uelles se trouvent souvent placés nos coreligionnaires et nos compatriotes de la province voisine.“Je souhaite que vous conserviez toujours, à votre journal, la hauteur de vues et la dignité de tenue qui l’a distingué dans le passé.” Et ce haut témoignage concordait exactement avec les précieux hommages liont nous avons été précédemment heureux de nous faire l’écho.* * * Reste maintenant la foule.La question n’est pas de savoir si elle est sympathique à l’oeuvre du Droit : elle l’a démontré par l’appui direct qu’elle a déjà donné au journal, par la fidélité et l’énergie avec lesquelles elle a mis en oeuvre ses mots d’ordre.La question est de savoir — et c’est par là que l’expérience offre un intérêt de premier ordre — si la foule sent avec une vivacité pareille à celle de ses chefs le lien qui rattache à toutes les campagnes de défense nationale et religieuse l'existence d’un journal comme le Droit, si elle est disposée à fortifier d’un sacrifice supplémentaire l’expression de sa sympathie.Jusqu’ici l’on n’a pas assez noté d’une façon générale — nous ne parlons pas du cas particulier de l’Ontario — la dépendance intime qui existe entre la défense et le progrès de certaines idées, de certaines institutions, et l’existence d’une presse qui leur soit favorable.On ne se rend pas suffisamment compte de l’exacte influence de la presse ou, si on la reconnaît théoriquement, on ne songe point à tirer de cette connaissance les conclusions pratiques qu’elle comporte.Le fait paraît universel et général, en dépit des exceptions brillantes que l’on pourrait signaler.Les hommes d’affaires, les politiciens savent se servir de la locomotive, suivant l’expression de Charles Maurras, l’alimenter et y attacher leur char, les idéalistes, les hommes d’oeuvres, peu ou pas.Ils exigent avec raison des journaux qui combattent à côté d’eux qu’ils renoncent à de grosses sources de revenu, qu’ils s’imposent des conditions de vie très dures, qu’ils bravent, pour servir la cause commune, de coûteuses inimitiés, mais ils ne songent pas à compenser par l’apport qui conviendrait une part de ces pertes et de ces risques*.Ils ne se rendent pas compte qu’en alimentant ainsi la locomotive qui les aide, eux, leurs oeuvres et leurs idées, ils feraient le placement le plus utile au drapeau qui leur est cher.11 y a, encore une fois, de nobles, de magnifiques exceptions, mais elles n’infirment pas une assertion trop justement fondée.SAUVONS LES PETITS! ETONNANTES REVELATIONS DU Dr W.-A.-L.STYLES AU SUJET DES PENSIONS POUR ENFANTS DU PREMIER AGE.— SITUATION EXCUSABLE DES AUTORITES DU BUREAU D’HYGIENE.— LES REMEDES NECESSAIRES : SUBVENTION MUNICIPALE LT UTILISATION DU DE VO UEMEN T PA R TIC U LIER.— EXEMPLE DE FRANCE.En Fiance, un journal politique, qui allait contre toutes lesvopinions courantes, a fait une expérience que nous avons déjà signalée et qui marque peut-être, disait un observateur, le début d’une ère nouvelle.Pris par l’effroyable crise du papier qui a sévi pendant la guerre et désireux de maintenir au maximum l’efficacité de sa propagande, il a dit à scs lecteurs: Aidez-nous à combler le déficit que risque chaque jour de grossir cette hausse des prix.Et semaine après semaine, en dépit de la guerre, nous avons vu s’inscrire dans les colonnes du journal les offrandes, généralement très modestes mais toujours nombreuses, de ceux qui voulaient parer à la crise du papier.Mais l’on n’a pas tardé à dire: Ce système des petits paquets, qui se borne à combler les vides à mesure qu’ils se produisent, est insuffisant et d’une efficacité par trop médiocre.Si le journal, au lieu d’être contraint de vivre ainsi au jour le jour, pouvait, disposer d’un coup d’une somme considérable, la valeur effective de cette somme unique serait beaucoup plus Considérable que celle du même total fractionné en apports successifs.Elle permettrait de faire, à l’heure favorable, de gros achats de papier, de lancer une propagande, etc.Et les plus ardents s’écrièrent: Pourquoi ne demandez-vous pas un million?Un million — deux cent mille piastres — en temps de guerre, .c’était beaucoup, mais on risqua l’aventure.Au bout de trois mois, on avait le million, et deux cent cinquante mille francs en plus.—Au second million! dirent alors les plus ardents.Les temps sont durs et l’argent rare, mais la propagande de nos idées est plus urgente que jamais.Aux dernières nouvelles, le deuxième million de YAction française était plus d’à moitié souscrit.Et les souscription», notez-le bien, sr composaient toujours, pour la presque totalité de petites et souvent de très petites sommes.Nous sommes en face d'un véritable mouvement populaire, d’une étendue et d’une profondeur considérable, La preuve est faite qu’un vaste public peut être amené à soutenir effi-raeement le journal qui lui sert de porte-parole, à lui fournir les moyens de prolonger au loin son action.Nous n’osons pas souhaiter nu Droit même le seul prefnier million de VAction française (celle de Paris! son homonyme de Montréal ne joue sûrement pas cnrore dans de pareils chiffres); nous sommes sûr qu’il n’y compte pas lui-même, mais nous souhaitons que ses lecteurs comprennent assez clairement leurs propres Intérêts pour l’asseoir sur une base très solide, pour lui permettre d’affermir et de hâter scs progrès.Nul, plus cordialement que nous, n’applaudirn à ee beau sucrés, Orner HERQUX, Les pensions d’enfants n’étaient pas contrôlées autrefois, à Montréal.Si notre mémoire est exacte, c'est quelques années seulement après que le docteur Boucher eut assumé la direction du service de santé que le premier réglement à leur sujet vit le jour.Depuis, celui-ci a été complété.Il y a toujours loin de la lettre d’une ïoi à son application ; aussi, convient-il de ne pas s’étonner des révélations livrées à la presse par le docteur W.-A.-L.Styles, qui s’est érigé eh censeur du département d’hygiène.Nous ne contestons pas l’utilité de ce rôle, et le public devrait être reconnaissant au secrétaire du Baby Welfare, Committee de la peine qu’il se donne pour vérifier l’efficacité ou l’inefficacité de notre service d’hygiène, mais il convenait de marquer au début de cet article, en toute justice pour le docteur Boucher, les dispositions qui ont été prises pour protéger les pensionnaires de ces maisons.On sait ce dont il s'agit.Certaines personnes reçoivent du département d’hygiène un permis qui les autorise à prendre en pension chez elles des enfants, depuis l’âge le plus tendre jusqu’à douze ans.Autant (pie possible, on cherche à écarter les candidates qui n’ont pas les aptitudes voulues pour exercer ces fonctions, mais il est difficile parfois de se montrer trop sévère en face des besoins pressants.Les mères, veuves ou abandonnées, sont nombreuses, en effet, que la nécessité de la vie à gagner contraint à laisser leur enfant dans une pension.On estime, au bureau d’hygiène que, dans la ville de Montréal, il y a 242 bébés confiés de la sorte à les nourrices sèches, — il va de soi, puisqu’il n’est pas dans nos moeurs qu’une femme se charge de l’allaitement d’un enfant qui ne lui appartient pas.Mais le docteur Style assure, après enquête (pie le chiffre de 242 est bien au-dessous de la réalité.On a pu constater, prétend-il, que le chiffre déclaré à l’hôtel de ville et qui aurait dû être contrôlé par des inspections municipales variait sensiblement avec la réalité.Autant cuve possible, encore, on essaie de trouver un local sain, mais comment s’assurer constamment de cette condition, dans une ville où les déménagements sont si fréquents ?* * * Aussi le tableau tracé par le docteur Styles est-il affreux.Citons cette description topique : “Un grand dortoir consistant en une 'seule chambre.Il y avait en tel endroit 17 enfants de six mois à un an, 14 petits lits et un gimd lit double.On faisait le lavage dans la grande chambre au mi lieu des petits, iü cuisine, dans une petite pièce du fond.Quand l’infirmière visita cet intérieur elle le trouva dans un étal de négligence très apparent.Les mouches se comptaient par milliers, dit-elle, et formaient littéralement un essaim sur les enfants impuissants à se défendre.Les plus âgés se cachaient la face sous les couvertures du lit.Je fus frappée, ajoutait l’infirmière, de l’état anormal des enfants dans ces maisons.Je n’ai jamais vu un jouet dans les douzaines de places que j’ai visitées.Les enfants s’asseoient simplement et regardent devant eux comme de petits animaux.Je n’en ai jamais vu un seul qui essayai de jouer.De les voir ainsi me rendait malade.’’ La description des autres logis est tracée dans les mêmes couleurs sombres.Le docteur Styles ' met toute la faute sur les personnes qui tiennent de telles maisons.Elles se logent dans des quartiers éloignés ou congestionnés où les enfants sont pratiquement perdus, sauf pour les personnes intéressées à les voir.Une prime se trouve placée de la sorte sur l’illégitimité.Par ailleurs, l'appât du gain induit les logeuses à ménager sur tout, y compris naturellement sur le lait et le pain.Cet état de choses ne devrait pas être toléré par les inspecteurs municipaux, et surtout l’accusation la plus grave du docteur Styles réside dans le fait qu’il prétend cette inspection très négligée, comme il a pu le constater en référant aux rapports de bureau d’hygiène.Cela serait vraiment une faute inexcusable, mais on ne trouve pas, dans la critique du docteur Styles 1c renseignement que l’on voudrait avoir, A-t-on uiie idée de la proportion des décès chez ces pellls pensionnaires?Si elle oui normale, il n’y a pas lieu de croire que leur situation soit si lamentable.Celle rèpouse, (’’est le bureau d'hygiène qui pourrait nous ]a fournir et nous espérons qu'il le fera, non pus tout de suite, iinnls après avoir procédé à un reeenee-mient nttentlr et complet de Imis les jeunes enfants plueé» de la aoi'.le en nourrice, puisque l'on pré.tend (pie lee chiffre» que l’on peu) se procurer DetuenUemcnt à rhôteJ de ville sont ineniiels, # # * A New-Yorh, déclara Je Dr le», on est en truln de supprimer rapidement ces refuges où Ton prend les enfants par l'appât du gain et on les place dans des familles dont le revenu est suffisant pour leurs besoins et qui ne prennent pus ces pensionnaires uniquement en vue du profit à retirer de leur pension.Mais voilà préciséimenl, croyons-nous, ce qui doit être de plus en plus difficile à trouver.Dans notre ville, les adoptions sont très nombreuses, il est vrai, ce qui (montre l’affection que l’on témoigne généralement pour les petits, mais, par contre, la plupart des familles sont chargées d’enfants, et celles qui n’en ont pas et voudraient en avoir préfèrent recourir au procédé indiqué plus haut, qui leur donne un titre définitif de possession, sans aucune espèce de rémunération.La loi Roussel, en France, ne périmé! pus à une nourrice de prendre plus de deux enfants.C’est une sage mesure de prudence.On se demande, en effet, comment avec la difficulté qu'on éprouve à se faire servir aujourd’hui, on peut prendre jusqu’à dix-sepl enfants dans une seule maison.De plus, les nourrices reçoivent une légère indemnité de l’Etat, trouvée à la vérité trop légère et dont on réclame, à l’heure actuelle, l'augmentation.Pourquoi procéderait-on autrement chez nous ?il est évident (pie le» logeuses doivent rencontrer souvent de la difficulté à se faire payer, quelles doivent éprouver des ennuis sérieux et attendre longtemps après le renouvellement de la layette de leurs protégés.Une subvention municipale, qui remédierait aux negligences des mères et permettrait le contrôle plus étroit de ces maisons serait ici la première mesure de prudence.Par ailleurs, la police municipale pourrait se charger de la recherche des mères qui abandonnent leurs enfants et qui sont souvent très difficiles à retracer dans une ville aussi populeuse que la nôtre.Enfin, pour suppléer à l’insuffisance des inspections par les infirmières et les médecins municipaux, pourquoi ne provoque-t-on pas la fondation d’une oeuvre pour la protection de la première enfance?Voilà le remède que conseille, en France, le Dr F.Cail’ct, qui conclut par cette suggestion un article émouvant où il rappelle la nécessité de plus en plus grande dt> conserver Tenfant dans un pays où les naissances sont inférieures aux décès.Notre situation, n’est pas la même, mais il est évident que nous devons, nous aussi, à la suite des rudes coups portés à notre natalité par ia guerre et par la vie chère qui eu est la conséquence, nous montrer de plus en plus économes des vies humaines: “Qu’on songe à ce qui adviendrait de notre pays si.comme peuvent le faire craindre les sélections opérées pur le conseil de revision, une partie des procréateurs de demain étaient — la proportion, hélas! en est déjà trop considérable — des malades avariés ou tuberculeux, écrit le Dr Caillet.Et ce n’est pas devant ce problème, qu’il convient de poser le principe que “qualité vaut mieux que quantité”.J’ajoute que, pour le résoudre, on ne saurait compter sur les nourrices actuelles.Quelle que soit leur bonne volonté, elles ne sont pas en mesure de donner aux nouveau - nés d’après - guerre, les soins judicieux que beaucoup réclameront, si elles ne sont pas aidées par des personnes plus expérimentées et plus aptes à comprendre les indications du médecin.Nous aurions tort de ne pas demander a celles qui, depuis le commencement des hostilités, se sont sacrifices pour conserver ou ramener à la vie tant de nos glorieux soldats, de se dévouer maintenant pour les enfanjs de.ceux que leur inlassable abnégation aura si miraculeusement arraches à la mort.“ Ces femmes de coeur sont dignes d'entreprendre une telle tâche, de devenir les collaboratrices du médecin-inspecteur, de faire suivre les conseils qu’il aura donnés, sans chercher à se substituer à lui.Et puisqu'il paraît désormais bien établi que les deux terribles affections qui minent notre génération et que la guerre aura encore développées, sont d’autant mieux arretées dans leur évolution et guéries qu'elles sont soignées dès le premier âge, nos femmes de France auront rendu à noire patrie ce service éminent d’empêcher que la irtcc qui, à bien des reprises, et surtout maintenant, a étonné le monde par son endurance, sa ténacité, son courage, ne soit au lendemain de, sa victoire vouée à la déchéance fatale." La situation, encore un coup, est infiiiimeiit plus grave en France, mais il s agit pour nous de prévoir, ce qui oti encore le meilleur moyen de guérir.Les oeuvre» de tjehs qui oui absorbé tant d'énergies tliéunenl.Pourquoi ne pas utl.liscr les activités ainsi demoblli-sées ci enrôler dans Tune de nos otuivrt s déjà rxtalantes, ou encore eomnu* nous le suggérions plus haut un eréer une nouvelle qui de-viondl'iiH la collaboratrice éclul rée, dévouée et active du bureau d’hygiène el »e meltraU it t»a disposition pour tout es le- besognes qu’en lui pourrail demander, L’inspection dp» pension» (le nourris, lion» ou de» enfant» du premier âge.las consciL à donner aux mère» nourricièree.la surveillance à pvcuwpr au point do vue de la pmperté seraient au nombre de ces ofifuipaiionB les plus fécondes et les phi» méritoires BILLET DU SOIR NOSTALGIE Dans ma chambre d'hôpital, je l’ai revue, ce soir, dans toute sa sublime beauté.Tout est calme et mon âme est triste comme ces mornes pluies d’automne, alors que les jours sont courts et tes feuilles mortes.Tout est paisible, rien.sauf de temps à autre une plainte languissante ou des gémissements sourds qui vous torturent le coeur et vous font dési- monopole, commercial, celui-là, à l’Anglo - Persian OU Company.Cette'compagnie, qui est au fond la chose du gouvernement anglais, aura désormais le champ libre, du golfe Persique jusqu’aux puits d’huile de Mésopotamie.Or, dil la “Nation", on calcule que les seuls gisements d’huile de Mésopotamie suffiront à défrayer une grande partie des frais de guerre du Royaume-Uni’’.Et voilà.Une fois de plus, donc, les intérêts financiers de la Grande-Bretagne sont bien protégés.C’est ce qu’il y a au fond du traité anglo-persan rendu public ces jours-ci.Un auteur français a dit, en parlant des rer être fée pour chasser toutes ces douleurs qui sont pourtant des bé-jcrimes que commettent les indùûdus tiédie lions d’En-Haut.Soudain, mon âme abattue est saisie de bonheur : Comme en une vision réelle, elle revoit sa Gaspé-sie, celte chère Gaspésie, qu’elle a tant aimée et qui lui a volé tout son petit coeur.Elle la revoit ù l’heure mystique de la marée montante, ci Theme où la vague du soir mêlera bientôt son harmonie sonore aux tintements pieux de T Auge lu s.Est-il heure plus délicieuse ?Est-il marine plus belle 'I Je ne le crois pas : Voyez au large des moutons blancs qui enjolivent fraîchement les flots bleus pâles i/u’ils couronnent et ces gouttelettes blanches qui frôlent et taquinent un peu la “ Bleue ", avant d’être englouties par elle.— Humez à pleins poumons ce vent de mer qui souffle de plus en plus et vous grise par son parfum salin si hou, si bon à respirer.Tout à l’heure, quand seront tendues les voiles sombres de la nuit, la mer ne sera plus belle et je serai dans l’ombre.Utilisons notre vie pendant qu’il fait soleil.C’est si naturel de faire le _ bien.Mais les “ montons ” disparaissent, le Bleu s’accentue davantage ; redescendons du Pic de l’Aurore, et soyons bonne enfant, car le rêve est fini : voilà la garde et j’ai désobéi !.SU7.0N.dans son pays : “Cherchez ia fem inc".De même, quand il s’agit de traités et d'alliances, dans le inonde anglo-saxon, il faut toujours chercher la finance et l’argent.Ce n’est pas ce qui s’est passé depuis quelques années qui peut infirmer cette affirmation.La crise du sucres BLOC-NOTES touis oumm Littérature canadienne D’après une' information à la Gazette, on a mis à la disposition du prince de Galles, dans les wagons particuliers de son convoi, toute une bibliothèque d’ouvrages canadiens “afin que le prince, dans les quelques moments de loisir qu'il aura, puisse avoir l’occasion de se convaincre qu’il y a une littérature canadienne authentique”.L’idee; est excellente.Il reste à savoir si, puisque le prince de Galles parle très convenablement français, on a eu soin d’inclure, parmi les ouvrages canadiens de la bibliothèque de voyage du prince, des livres écrits par des Canadiens français.Nôtre littérature est pour le moins aussi développée que celle du Canada anglais.Tels de nos auteurs n'ont pas de supérieurs dans Je monde littéraire anglo-canadien.Et nous avons tout plein d’écrivains qui valent à tout le moins ceux du Canada anglais.Il ne faudrait pas donner au prince de Galles l’occasion de croire qu’il n’y a chez nous que les Anglo-Canadiens qui savent écrire des livres.C’est une erreur trop répandue par les critiques littéraires et les rédacteurs de journaux anglo-canadiens qui, lorsqu’ils parlent de littérateurs canadiens, se bornent à citer des noms et des ouvrages anglo-canadiens, comme si nous ne produisions rien.Dans la politi que Londres câble que M.Asquith, ancien premier ministre du Royaume-Uni, est à se préparer pour rentrer dans la politique active, dont il est à vrai dire sorti depuis la formation du cabinet de coalition Llovd George.C’est peut-être que M.Àsquith, entre autres raisons qu’il a de vouloir retourner dans 1» vie publique, sent que l’opinion est de plus en plus contre le régime Lloyd George.En effet, depuis décembre dernier, il y a eu s:x elections partielles dans le Royaume-Uni, et.des six, le ministère de coalition n’en a gagné qu’une.II avait eu aux élections de 1918 une majorité totale de près de 20,0(10 voix dans ces mêmes six comtés: ses adversaires ont accumulé maintenant une majorité d’au delà de 11,000 voix contre ses candidats, aux elections partielles; et tel siège qn’il remportait à une maiorité de 392 voix, en décembre dernier, — celui de Rothwell.— vient de rejeter son candidat à 7.108 voix de majorité, cette fois-ci.Le temps travaille évidemment contre Lloyd George.Haute finance Le coup récent des diplomates anglais qui ont réussi à assurer à leur pays, la reconnaissance de sa suprématie exclusive en Perse, de la part de Téhéran,ainsi que Tnssurnnce (pic Londres serait la seule capitule à prendre soin des finances et de 1 entrainement de Tannée persane, est le résultat de toute; sorte» de ma-noeuvres neerètes, S’il a mécontenté lu presse française, qui commence à voir enfin clair dans le jeu de Londres, — H était grand temps mie cela vint, — Il n »u»sl confirmé To-pinion de ceux qui ont toujours écrit que partout et en toutes choses l’Angleterre cherche d’abord Vnvan» cernent de se» Intérêt» matériels et financiers, Outre qua l’influence anglo-saxonue en Perse assure une protection pins grande à là domina.Mon anglaise aux Indes, il ae trouve que le nouveau traité favorise pu« vertement la haute finance anglaise, Du même coup qui exclut désormais tes Intérêt» russes do la Perse.le traité do 1907 entre Jialnt.Péter», bourg, Londres et Téhéran assurait à la Russie une aune d’influence dans le nord (lu la Perse, == l’Angleterre obtient In monopole de nplluenee extérieure dan» ee pays, et réussit aussi à faire reconnaître un outre 'Nous n’en avons pas encore fini ! avec les conséquences de la guerre et avec les grèves qui en ont résulté indirectement.L’est ainsi que, de ce temps-ci, les ménagères canadiennes pe$tent contre ia difficulté qu’elles ont d’otenir du sucre binne en quantité raisonnable et à un prix modéré.Ne voilà-t-il pas qu’à une réunion d’épiciers en gros, tenue la semaine dernière à Ottawa, on i parlé du sucre à 17 et même à 20 sous la livre, en septembre, quand nous le payions 4 sous la livre avant la guerre?Il paraîtrait qu'à part le fait que l’Europe, qui n'a pas encore bien du sucre, s’approvisionne aux Antilles et donne aussi des commandes aux ratfineurs canadiens, eux-mêmes acheteurs aux Antilles, une grève récente dans le port de New-York a paralysé les envois au point que, d’ici un mois, il sera difficile d’obtenir assez de sucre aux Etats-Unis et au Canada pour suffire à la consommation générale, et cela à une époque où les ménagères d’Amérique font leurs conserves de fruits pour l’hiver prochain.Nous avions eu la crise du sucre pendant la guerre.Faut-il maintenant qu’elle recommence?Il parait que, cette fois-ci.le commerce lui-même rationnera les individus, sans l’intervention de l’Etat Les gens déclarent en avoir assez de ces prix de fantaisie, de ces rationnements de tout genre, de ces explications à la faveur desquelles les profiteurs et les accapareurs continuent d’accroître leurs bénéfices de guerre.Pour peu que.cela continue, nous serons, Thiver prochain, aussi embarrassés, dans le domaine alimentaire, qu’aux heures les plus noires de la guerre.Et il n’apparaît pas que nos gouvernants fassent encore quelque démarche que que ce soif pour améliorer le sort du contribuable canadien.Qu’attendent-ils?lion d’Allemagne, pendant la dernière guerre, était de provenance canadienne.C’est là question d’une importance extreme, qu’il faudra tirer au net d’ici peu, afin que, désormais, nos ressources naturelles n’aillent pas passer des provinces loyalistes en des mains ennemies.M.Duwart, qui a un intérêt politique à tâcher d’éclaircir le sujet, ne devra pas manquer de fournir au public la preuve de ses assertions.Et les archives du ministère de la guerre allemand.un de ces quatre matins, livreront peut-être le secret de la provenance du nickel dont les fabricants de projectiles teutons se sont servis dans leurs usines, de 1914 à 1918.Rentrée des classes D’ici une dizaine de jours nos écoles, nos collèges et nos couvents vont ouvrir leurs portes à des milliers d’enfants et d’adolescents.Les parents qui pensent à l’avenir de leurs fils et de leurs filles ont appris par leur expérience que l'instruction est, de ce temps-ci, comme toujours une des armes les plus effectives aux mains de ceux qui veulent arriver, dans l’industrie, dans le commerce, dans la finance, ou clans les professions, de même qu'elle est, au.fond, une des sources des plus pures jouissances humaines.Nous, du Canada français, nous avons plus que quiconque le devoir, pour lotîtes sortes (te raisons, de pousser notre jeunesse vers les écoles, les collèges, les universités et les institutions d’enseignement supérieur.A une époque de concurrence irdue, dans tous les domaines, nous devons assurer aux nôtres une instruction solide, en même temps que pratique.Les provinces anglaises, depuis quelques années, ont constaté à leur grand étonnement une.loin d’être des illettrés, les Canadiens français sont très souvent des bilingues accomplis.A nous maintenant de continuer à réfuter, par une fréquentation scolaire plus grande que jamais, de même que par une instruction de plus en plus répandue, les préjugés qu’on entretient à notre endroit, et d’assurer à toute notre jeunesse une formation scolaire qui soit la pierre d’assises de ses succès et des nôtres dans l’avenir.*> Cette tournée L’amiral Jellicoe, rendu en Nouvelle-Zélande, continue de prêcher l’évangile d'une marine de guerre impériale subventionnée par les colonies et dirigée par Londres.Nous entendrons ses discours au Canada d’ici quelques mois.11 ne serait pas surprenant qu’ils coïncidassent avec quelque projet de loi impérialiste du ministère Borden, à la session de 1920.Nous assisterons alors à la réouverture de la question navale, eliez nous.Un ministère n déjà culbuté, là-dessus, en 1911.Si le ministère présent dure jusqu’en 1920, il ne serait pas étonnant qu’il culbutât aussi sur une pareille question.Sur le Québec Un ami des Canadiens français, M.Thomas O’Hagan, vient de publier dans la livraison d’Ameriea du 23 août, sous le titre French-Ca-nadian Ideals, un article de tout près de deux pages sur notre province et notre race.Il en profite pour réfuter certaines calomnies courantes contre nous, aux Etats-Unis, pour mettre au point quelques assertions fantaisistes, comme celle de l’expulsion des Anglo-Uanadicnj des Cantons de l’Est par h1.» Canadiens français, et pour souligner les nombreux progrès de l’instruction publique dans noire province.Ce! article n’apprendra rien de neuf à ceux qui sont déjà assez bien renseignés sur les Canadiens français ; mais il vient à son heure, pour l'information de roux qui, en fai* 'le renseignements sur les Canadiens français, en sont encore, en milieux américains ou .anglo-canadiens, aux balivernes et aux calomnies de la grande presse nmérieai-ne et nntientholique ou mal informée sur notre rompte par des ennemis de notre race.A ce title, il sera d’une lecture intéressante pour les gens de bonne foi.Quant aux autres, rien ne leur ôtera de l’idée mie nous sommes un peuple réfractaire à ia civilisation, parce que nous ne voulons pas de la fausse civilisation, non plus que do ses idées et de ses théories erronées.Notre nickel On se rappelle dernière guerre, que, pendant la personne n’a pu LA PETITE HISTOIRE On fêtait il y a "'mimics semaines — et nos lecteurs en ont trouvé ici même l’écho — le cinquantenaire de l’une des plus Jeunes - paroisses de Tile Jésus, Sainte-Dorothée.Un livre a été publié à cette occasion, (pii vient à peine d’être jeté dans le public et qu’iJjfaut signaler.C’est à la fois une intéressante contribution à la petite histoire de notre pays et, pour les paroissiens de Sainte-Dorothée, une sorte de memento familial.L’auteur, M.Tabbé Edmond Lan-gevin-Lacroix, avait pour écrire ce petit livre double qualité: enfant de la paroisse, il est en même temps un passionné des vieilles choses canadiennes et il prépare actuellement une histoire générale de Tlle Jésus.Délibérément, il a voulu renfermer son histoire de Sainte-Dorothée dans les cinquante années qui se sont écoulées depuis la fondation de la paroisse: il ne fait que résumer, à larges trails, les origines de cetie partie de Saint-Martin qui devait devenir Sainte-Dorothée.Son sujet, ainsi (tue l’indique son sous-titre c’esl purement “cinquante années de vie paroissiale”.Mais, même dans ces bornes étroites, que de détails qui doivent être précieux aux enfants de la paroisse, pour qui chaque nom évoque des souvenirs personnels, et (pie d’autres qui aideront à préciser un point de la physionomie de cette campagne et serviront ainsi les curieux de choses anciennes ! Il faut remercier tous les bons ouvriers qui recueillent ces trésors de famille et préparent les matériaux de la grande histoire.Ils servent modestement une grande pause.— U.il.Nota —- SAINTE-DOROTHEE — Cinquante ans de vie paroissiale, est en vente au prix de 50 sous, au presbytère de Sainte-Dorothée, comté de Laval, et chez l’auteur, M.Tabbé Edmond Lange vin-Lacroix, 1025-ouest, avenue Mont-Royal, Montréal.LA “VERITE” La Vérité vient d’enirer dans sa trente-neuvième année.La Vérité est l’authentique ancêtre de la presse catholique ef indépendante qui compte aujourd’hui des représentants dans presque toutes les provinces du Canada.Son fondateur —¦ au prix de quels sacrifices et de quel» efforts 1— n tracé la voie où maints autres marchent aujourd'hui, Nous souhaitons à la Vérité bonheur et prospérité.pei expliquer corn mont 11 se faisait q’ut le» Allemand» étalent ni bleu pont-vu» de nickel, alors que presque tout le nickel du monde vient du Canada et de la Nouvelle-Calédonie, colonie française, Ici, on a prétendu (tue je nickel des Allemands venal! de la Nouvelle-Calédonie ; en France, on a écrit qu’il venait du Canada, On ne parait pas avoir trouvé encore tout à fait le mot de rénigme, bien qu’une partie do la cargaison du submersible Deutschland, prise ami.Etats-Unis, ait, au dire du Providence Journal et d’autres gazettes américaines du temps, été du nickel canadien, M.Dewart, chef de l’opposition ontarienne, vient d’affirmer que le niekel saisi par la marine anglaise à bord do douze vapeurs « de»Un«- bl VOUS LES AVEZ.SI vous ftvea les deux premières série» de» Billets du soir de Lp-*eau et le» deux premières série» des Lettres de Endette, H est temps (pie vous complétiez vos collections en achetant la troisième série des Billets de Lozeau et la troisième ainsi que la quatrième série des Lettres de Endette, Il ne faudrait pas tarder, car ces éditions sont en train de s’épuiser, Chacune se vend, dans toutes les librairies de la province ainsi qu’à l’administration du Devoir, 50 sous Tunitè, plu» 5 gous pour frais de port, 2 LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI 25 AOUT 1911 • VOL.X.— No 199 UN ANNIVERSAIRE Fêtes imposantes de l’union Saint-Pierre Cette société de secours mutuel a célébré hier le soixantième anniversaire de sa fondation — Procession, messe solennelle, sermon, banquet et discours — Mgr Bruchési fait l’éloge de l’œuvre.L’Unioi’ St-Piarre a célébré avec éclat, hier, le soixantième anniversaire de sa fondation, par une fête religieuse des plus imposantes.Société de secours mutuels cana-dienne-fram; lise et eathoikpie, l’U-li.ion Saint-Pierre est la plus ancienne du genre à Montréal.11 ne fallait donc pas laisser passer inaperçu son soixantième anniversaire.Depuis le jour de sa fondation, elle a sans cesse distribué de coté et d'autre les secours inépuisables de sa charité.Elle a doniv- à pleines mains aux miséreux.Mgr Bruchési avait tenu à rehausser de sa présence les fêtes d’hier.La manifestation a commence par une grande procession qui a défile par les rues brillamment décorées pour la circonstance.Le collège s'est formé à l’angle des rues Iberville cl La Fontaine, vers neuf heures et demie, et a passé par les rues La Fontaine, Dufresne, Ontario, Fullum, De Montigny, Champlain.Logan, Visitation, De Monti-guy, Montcalm, Hob in, Visitation, La Fontaine, Plessis jusqu’à l’église du Sacré-Coeur, où a eu lieu la messe solennelle.C’est Mgr Cousineau, cure de la paroisse, qui officiait, assisté de MM.les abbés F.Gagnon et O.Des-chcncs, vicaires, comme diacre et sous-diacre.Sa Grandeur Mgr 1 archevêque assistait au trône.Au commencement de lia messe, Mgr Bruchési a bénit le pain qui a été ensuite distribué aux nombreux fidèles qui avaient envahi la vasle église.Immédiatement apres le sermon de l’abbé Paul-Emile Gauthier, de Saint-Henri de Montréal, Mgr Bruchési a dit quelques mots.Il a fait l'éloge de la société qui, depuis sa fondation, a fait du si bon travail.Mais, toute société de secours mutuels, lût Sa Grandeur, pour bien remplir son rôle, ne doit pas limiter son champ d’action qu’aux seuls articles de son programme.Elle doit faire plus encore.Celte société doit faire oeuvre nationale.LF SFUMON Prenant pour texte ces paroles de l'apôtre saint Paul, l’abbé Paul Emile Gauthier prononce le sermon dans lequel il parle des gestes de notre passé par rapport à Dieu et au prochain, et en tire les leçons qui inspireront notre vie de demain : Au mois de septembre 1843, un jeune homme de vingt ans gravissait, pensif et rêveur, les cimes altières du Grand Saint-Bernard.Les beautés majestueuses qui se déroulaient sous ses yeux faisaient naître dans son àme mille pensées généreuses.Le spectacle de cette nature ensoleillée était si grandiose, que le voyageur s’arrêta longtemps, voulant, s’il le pouvait rassasier ses yeux, de contemplation et d’extase.Puis à la pensée que toutes ces richesses étaient un don gratuit de la main miséricordieuse de Celui qu’il appelait son Père du ciel, le jeuiu homme se jiril à pleurer, le coeur brisé par l’émotion.Après avoir versé d’abondantes larmes, il reprit son ascension vers le sommet de la montagne, où l’attendait le monastère béni, qui.du liant de la falaise dangereuse, rayonne au loin, comme un phare d’espérance et de charité.Ce jeune homme avait nom Louis-Joseph-Stanislas Martin.Doué d’un grand coeur et d’une âme ardente, il avait rêvé la vie religieuse, et, ce matin-là, il venait, à l'aurore de ses vingt ans, dans toute la fleur de sa jeunesse, ensevelir dans le silence du cloître, sa vie et sa mort.L’homme, sur la terre, ressemble à ce voyageur qui escalade l'abrupte falaise et qui jette, de temps en temps, un regard pii arrière, pour se rendre compte du chemin parcouru.Que de fois, seul, dans l’ombre, devant les grands lacs, les vertes montagnes ou les cieux étoilés, au souvenir d’un anniversaire béni, d’une fêle nationale ou religieuse, d’une fête de famille, comme est celle de ce matin, il repasse avec joie ou mélancolie, les événements qui ont illustré ou assombri son passé.C’est en res heures de récapitulation spirituelle que l’homme prend conscience de lui-même, de ,1’êtat de son âme, de ses forces, de ses victoires ou de ses chutes.Si ies jours de son existence ont été stériles et sans mérite, si l’homme se rend compte, au soir de Tannée, qu’il a laissé tomber le long du ¦chemin des morceaux de sa conscience et de son coeur, il gémit, il soupire et il pleure.Mais par contre, si les jours de son existence ont été droits, valeir’cux et parfumés des fleurs du sacrifice, si l'homme peut se glorifier, au soir de Tannée, d’avoir vaillamment escaladé les âpres sentiers du devoir, de l'honneur et de la vertu, alors il sent, dans son âme, un saint enthousiasme, qui le porte à faire monter vers le ciel un hymne de reconnaissance et d’amour, en l'honneur du Dieu trois fois saint qui Ta soutenu et fortifié dans sa rude ascension vers l’éternelle beauté.C’est aujourd’hui, dit l’orateur, le moment de sonder notre conscience ; nous avons péché, “Au cours de cette année, nous avons souillé notre drapeau, nous avons brisé notre épée sur les marches du Temple de Dieu.Pour les èiion-cements de lu gloire, de Tintempé-rauce, dos richesses, de la volupté et de l’indépendance religieuse, nous avons déserté l’étendard immortel de Jésus-Christ.Pourtant au milieu de ces astres éteints, dit encore le prédicateur, émergent des lumières resplendissantes comme l’aurore des matins.Ce sont les vainqueurs des combats de Dieu.Ce sont les héros de Dieu, sortis vainqueurs du bon combat.” Parlant des leçons de l’avenir, l’abbé Gauthier en énumère de nombreuses.Le temps n'est plus aux vaines paroles, il s’agit de monter plus haut, jusque dans les sublimes hauteurs de la foi, de l’espérance et de la charité afin d’y découvrir ce qui inspirera notre vie de demain.Foulons aux pieds le respect humain, débarrassons-nous de l'intempérance.Nous vivons dans un siècle où il faut du courage pour pratiquer sa religion et confesser son Dieu.11 faut du courage dans la vie publique commie dans la vie privée.Ce courage on ne le trouve que dans l'eucharistie: “Quand on a Je bon Dieu dans son coeur, disait le général de Sonis, on ne capitule jamais”.Serrons nos rangs: nous ne sommes qu’une poignée, c’est vrai, mais si cette poignée que nous sommes est une poignée d'apôtres, notre pays verra renaître un peuple de chrétiens, “un peuple au coeur d’or et au clocher d'argent''.Continuant à développer son idée, l’orateur sacré en vient à parler de l’amour du prochain.L’amour de Dieu ne sera que la conséquence de cet amour de Dieu.L'homme étant un être social, il faul donc qu'il vive avec les autres humains.Dieu a déposé dans tous les coeurs un instinct d’union et de solidarité qui est naturel à l'homme.Au commencement des temps, la société ne dépassait pas le cadre des familles, bientôt cependant, ce furent les pays, les nations.Les gouvernants voulant le bien des gouvernés organisent des sociétés de bienfaisance.Ils descendent au peuple pour guérir ses misères.L’E-' glise a fondé plusieurs associations de bienfaisance au cours des siècles.Aujourd’hui nous célébrons le fiOèmc anniversaire de TUnion St-Pierre, qui, de tous, a semé les inépuisables ressources de sa charité.L’histoire a écrit ses oeuvres et son nom dans ses pages immortelles.Après avoir souhaité longue vie à l'Union St-Pierre, l’orateur sacré termine par cette péroraison: “Je vous ai parlé ainsi, mes bien chers frères, frères bien-airaés, dans le but de faire entrer dans vos veines, i’atnour sacré de la religion et de la foi.Mais que suis-je, moi.pour produire un tel effet dans vos âmes; je ne suis rien par moi-même, mais quoique rien, je puis tout en Celui qui me fortifie.(Test pourquoi je prie le divin Maître Jésus, le distributeur des grâces célestes, le donateur de tous les biens, de faire entrer, pour toujours, dans vos veines, et par vos veines, dans les veines de vos enfants, cette foi invincible de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, qui rend capable de tous les sacrifices et de tous les héroïsmes; afin que vous ayez le courage de vivre votre foi, dans la vie publique comme dans la vie privée; afin que vous ayez le courage de fouler aux pieds les plaisirs et les honneurs de la terre pour ne plus embrasser que la croix du Christ; afin que vous ayez le courage de dire à tous les tentateurs du siècle moderne, la parole sublime du Grand Archevêque de Saint-Boniface, Mgr [.angevin : “En ce siècle où tout s'achète, ma conscience n'est pus à vendre” ; afin que vous ayez le courage de descendre vers vos frères, pour les soutenir, les consoler et les aimer ; afin que vous ayez le courage de dire, avec la sainte audace que donne la franchise des convictions, en lace des échafauds, comme en face des trônes: “Je suis chrétien, je crois en Dieu.” Alors, après avoir contemplé par la foi, dans l’ombre et comme dans un miroir, vous aurez le bonheur de le voir tel qu’il est en réalité, là-haut, derrière les étoiles, quand se lèvera pour vous la splendide Aurore de l’éternité.Alors, illuminés par les moyens de la gloire de Dieu, transfigurés par la Vision béatifique, vous chanterez éternellement en présence des anges, de la Vierge-Marie et de toute la cour céleste, un hymne de reconnaissance et d’amour en l’honneur du Roi trois fois Saint, qui règne dans les cieux: “J’ai cru; je vois.” Ainsi soit-il.L’ALLEMAGNE EST REVECHE ELFE REFUSE D’INVITER LES TROUPES ALLIEES A FAIRE LA PO LIG K EN SILESIE AVANT QUE LE PLEBISCI TE SOIT TENU.UN REGNE DE TERREUR.(Service de la Presse Associée) Paris, 20.— L'Allemagne a refusé d'inviter les troupes alliées à faire la police en Silésie avant d’en avoir le droit en vertu du traité de paix.Ce traité stipule que les troupes alliées devront faire la surveillance du plébiscite qui sera tenu en Silésie.La situation dans la Silésie est loin d’être satisfaisante.On dit que les Allemands sont à rétablir le .régime de la terreur dans cette province.* * *• (Service de la Presse Associée) Paris, T5.— Le conseil suprême a discuté samedi la question de l’envoi de troupes en Silésie, si les Allemands veulent bien permettre aux troupes étrangères d’y pénétrer pour des fins disciplinaires, avant que le traité MJ« tulle, DKMANDES JVUI.EVKH l — Juaqu’A 2U mots, 15 sous, et 1 sou pur mot supplAuien-taire.TOUTES UKS AUTRES DEMANDES : — Jusqu'à 20 mots, 15 sous, 1 sou pur mot sup-plémrntuire.(TIAMHRKS A LOUER : — 15 sous Jusqu'à 20 mots, 1 »ou pur mot suppli'meutalre.TROUVE : - jusipi'à 20 mots.20 sous, 1 sou pur mot suppldmrutalre.PERDU : — Jusqu'à 20 mots, 20 sous, 1 sou pur mot supplémentaire.MAISONS.MAOASINS, ETC.A LOUER : — Jusqu'à 20 mots, 15 sous, 1 sou pur mot supplémentaire.A VENDRE : - Jusqu’à 2(1 mots, 15 sous, 1 sou pui' mot supplémentaire.CARTES PROFESSIONNELLES, tarif sur ilemumle.AVIS LEGAUX : — 10 sous la llsne agate.REMERCIEMENTS : — 50 sous.CARNET MONDAIN.NOTES PERSONNELLES.ETC : *1.0(1 par insertion.MAISONS D'EDUCATION : — 7 sous la ligue agate, SlillAilONs» V AC AIN TES LES OUVRIERS CONFLIT EN PERSPECTIVE LE DELAI ACCORDE PAH LES OUVRIERS DES METIERS DE LA CONSTRUCTION A EXPIRE SANS QUE LES ENTREPRENEURS AIENT REPONDU — DECISION DES OUVRIERS, JEUDI.DAMK DKMANDEE pour enseigner lu classe et la musique dans une famille privée.S’adresser à casier No 2051 "Le Devoir".EMPLOI DEMANDE JEUNE FILLE désire position, iiyont qim-ti’o muiôus dYxp^ricnco dans l’ouvra ne nenr-ral de bureau et en particulier la comptabilité, S'adresser à casier 21 “Le Devoir”.A VENDUE» poney noir, avec harnais, voitures d’été et d'hiver, très facile à conduire et doux pour les enfants.Prix fl2ô.(J0.S’adresser à 1331 boni.Goulu, Ahuntsie.AUTOMOBILES CHAUFFEURS mécaniciens demandés, Suiver les cours, Jour ou soir.Licence garantie, position assurée.Cours privés pour dames.S’ad.Coulombc, 408 Dcmoutlguy Est T61.Est 4344 A VENDRE A VENDRE, 03 beaux volumes canadiens, neufs, fortement reliés, édités par la lib.Reaurheniin.S'nd.tout de suite à B.I*.25, St-Olcstin, Que.PROPRIETE^ VENDRE ALEXANDRE DUPUIS COLltTIliH, immeubles, et agent luiaucier (établi 18IJ7).Propriétés administrées économiquement.Pour achat, vente, échange, consultez gratuitement notre “Information Immobilière”, 48 Place d’Armcs, prés Craig.H.EORION D2-EST, NOTRE-DAME Ddifice Sauvegarde.Main 8741.J!ai toujours un mains de véritables oe-lasions.î>i vous désirez vendre, ucbeter ou changer votre propriété ou commerce, u# rille ou campagne, passez me voir.COLLEGE LE PEESSEURS $40.00 par semaine, au lieu de $15.00.Ap-irenez à presser les vestons (coats) dans rois à quatre semaines.Position assurée a haque élève.S’ad.United Pressing College, 5 St-Laurent, Montréal.Lfi v j&ïuù u\ Di'.-MA N UL A LOUER logement de 4 pièces, avec gaz et éicctntile ou uuotL»(.nv .seuiemeLt, dans lest ou le nord de la ville.Lcmv en mentionnant prix par mois, à easier Eo "L.U Duvuir”.COURS au p.uno, chant, soilège ut orgue.Prix niudercs.Eugène iücher, V95 Donon.lui.i.st 6ü0a.A'AiüLN DE LÂxvCJüN 1 a ia inaLson.Vous pouvez bagnci uc i;i u ÿ.2 de i’beure en écrivant uurt i d’etuiage ; 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Prêts, escompte, etc., dim.$34,911,000 Encaisse en voûtes particulières, aug,.3,065,000 Réserve en banlfffc fédérale, dim.60,503,000 Id., en voûtes particulières.ang.463,000 l’d., en dépositaires, dim.072,000 Dépôts à d e ni a n il o (nets), dim.50,383,000 Dépôts à terme, dim.5,137,000 Circulation, aug., 286,0011 Réserve globale ., 530,550,000 Déficit de la réserve .812,090 Diminution.53,908,400 NOS DEPOTS D’EPARGNES DANS QUELLE PROPORTION ILS ONT AUGMENTE DEPUIS PLUS DE QUINZE MOIS.Le tableau comparatif ci-dessous fail voir lu marche ascendante de nos dépôts d’épargne dans les banques canadiennes, mois par mois, depuis avril de l’année dernière.Il n’\ a qu’en novembre dernier, c’e.-d-à-dire à la suite du premier verse-mi ni nu dernier emprunt de la Victoire, que la somme totale soit torn-life au-dessous du niveau du mois précédent.On remarquera que la chute de 137 millions de novembre a été suivie par une progression de plus de 19 millions par la suite et «pie depuis aucun nouveau fléchissement ne s’est produit.Voici les chiffrés mensuels et la différence qui les distinguent d'avec la période correspondante antérieure : 1918 Avril.$931 ,(i 14,008 rS12,503,805 Mai.917.7.57,337 + 14,112,007 Juin.905,931,556 + 18,177,219 Juillet.992,015,137 + 20,080,581 Août.1,014,711,805 + 22,090,728 Septembre.1.037.-198,920 i 22,787,055 Octobre.1,070,511,000 39,015,080 Novembre.939,329,271—137,181,729 Décembre.058,473,557 + 19,111,280 1919 Janvier.990,000,083 + 31,520,527 l'évricr.1,018,181,512 1 28,181.427 Mars.1,037.851,700 - 19,007,251 Avril.1,070,985,080 + r!3,133.311 Mai.1,107,983,1172 + 30.997.W92 Juin.1.139.509,570 31.580.498 Juillet.1,175,092,153 + 35,522,583 DECLARATIONS DE DIVIDENDES Slienvin-Williams Company of Canada, Ltd.— Dividende trimestriel régulier de sur les parts de préférence, distriùuable le 15 septembre aux porteurs de liücs inscrits le 30 août.Imperial Tobacco Company of Canada.— Dividende semestriel régulier de 3%, sur les actions de priorité, échéant le 30 septembre, el accompte de dividende de 1Yj%, sur les actions ordinaires, payable le 2(5 septembre.BOURSE DE ÎSEW-YORK Cours fournis par M.Pruneau et Du-uis, courtiers, rue Saint-François-Xavier, ios 95 et 97.Montréal.Valeur» 0*«+! MUi Y aleurs 0«T*ri Midi tun j rare JlisCb.vr.A bi.ch.*;- Am.&.Sm*.A».Aw.Car^o.Am Loc*.a Snv-'.L A*aeon.M Atchison Atlan.Gulf Ba!oLL«co.Balt.AÜhto Beth.Steel.brn9kl K a.Can.P&cif.Ceat.Leath Lino Cupp Coio.r.*r.C«r» l’r*d Ciuci Stee | »
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