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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 1 mai 1920
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1920-05-01, Collections de BAnQ.

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VOLUME XI.— No 102 MONTREAL, SAMEDI 1er MAI 1920 DEUX SOUS LE N< Abonnements par la poste : OHM| W W W9^ Rédacrion et administration » Édition qaotUiam» H H 1 rIMH.BMIMAHHH «.RUE SAINT-VINCENT .UNION POSTALE 800 ^9 mMI fÉM M[ B - Edition hobdomadairo Mj ¦ H ¦ H Hi B H fÊM H H H Wê B H TÊLÊPHONSl Main 7460 ¦.v:::::::: : ; : ** S2 H J W w mk M B M wm lü b& Ë8 bë HJ »“™*d*nui’'; imioNPosTsut.soo ¦¦¦¦¦¦¦¦¦ WÊÊK^ uÊÊMÊBk 133 nSBi Rgsr Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! LE DEBAT DE JEUDI Quelques réflexions, Il faut féliciter les députés qui, jeudi soir, aux Communes ont posé sur le terrain des principes la question des droits du français dans la loi électorale.On est à établit* une législation fédérale, qui servira à l’élection de députés fédéraux.Le français, dans le domaine fédéral, est langue officielle à l’égal de l’anglais.Dans un pays d’idées un peu généreuses, on n’aurait même pas ouvert de débat.Il aurait été tout de suite décidé que les proclamations électorales seraient partout imprimées dans les deux langues.On n’aurait pas eu besoin de discuter si, aux termes de la Constitution, les “records” des deux Chambres comprennent rigoureusement les proclamations.On s’en serait tenu à la formule lumineuse qu’employait, dans un autre débat sur la langue française, sir John A.Macdonald : “Il n’y a pas de race dominante en ce pays, il n’y a pas de race conquise; en toute matière — langue, religion, propriété ou personne — les sujets britanniques possèdent des droits égaux.” Mais il y a précisément au parlement un certain nombre de gens qui voudraient nous considérer comme des sauvages jouissant, dans leur réserve de Québec, d’un certain nombre de privilèges strictement délimités, mais qui, dès qu’ils passent la rivière Ottawa ou la Restigouche, doivent vivre à l’anglaise.Les services fédéraux pratiquent, dans une large mesure, cette théorie de la réserve.Nous avons trop souvent toléré qu’on limitât en fait, dans certains domaines fédéraux, les droits du français.Il s’est ainsi constitué un état de choses qui fortifie les prétentions de nos adversaires, qui leur a permis de faire croire à bon nombre de gens qu’il faut bien tolérer le français dans le Québec, mais qu’en dehors de ce territoire disgracie, seul l’anglais a des droits réels et que la règle, dans le domaine fédéral, ce n’est pas Yêgalitê, mais bien l'inégalité des droits.Qu’on nous pardonne de revenir sur ce qui peut paraître une marotte, mais si, depuis 1867, les Anglo-Canadiens avaient pris l’habitude de voir sur notre papier-monnaie, sur nos timbres, du français à côté de l’anglais, on ne les surprendrait même pas aujourd’hui en parlant de mettre, sur les proclamations électorales de tout le pays, du français et de l’anglais.Cela leur paraîtrait aussi naturel que de voir publier en anglais et en français les documents fédéraux où l’on a su faire respecter le principe de l’égalité des langues.Toutes nos concessions au contraire, tous nos oublis, toutes nos distractions servent contre nous.On a bientôt fait de les invoquer contre toute réclamation nouvelle.Et l’on a pu voir l’autre soir que la modestie même de nos demandes ne fait souvent qu’encourager l’adversaire.M.Turgeon priait simplement qu’on permît au directeur des élections de faire imprimer les proclamations en français et en anglais partout où il en est besoin, et M.Edwards de lui répondre tout de suite : Mais voulez-vous que, dans l’Ouest, on se serve de l’allemand, du polonais et des douze ou quinze langues qui sont parlées là-bas?Le fait est que, si l’on prend, comme base de l’action à poser, la simple utilité, l’argument ne manque pas de force.On peut être sûr aussi que les politiciens ne manqueront point de se servir du polonais ou même de l’allemand, toutes les fois que cela pourra leur être commode.Ce n’est pas sur la simple utilité — certains députés l’ont tout de suite rappelé avec raison — que nous basons nos demandes, mais sur le droit, sur le principe de dualité et d’égalité qui fait i’esprit de l’article 133 de la Constitution.Et, de ce point de vue, il eût probablement mieux valu que l’on proposât un texte général, ¦ d’application automatique à tout le pays.On nous fait beaucoup de compliments depuis quelques mois.Le nouveau débat va nous fournir, une fois de plus, l’occasion de voir ce qu’il y a de substance derrière ces belles phrases.Un petit discours français de M.Foster, c’est gentil et cela permet à quelque soixante députés de mesurer les progrès scolaires du vieux ministre; mais nous tenons davantage à un texte clair et précis, qui protège efficacement le« droits de tous nos compatriotes.Orner HEROUX.f UNE LETTRE UE M.HOOVER LE CANDIDAT A LA PRESIDENCE DES ETATS-UNIS PARLE DES PROFITEURS.— UTOPIE.M.Herbert Hoover est officiellement candidat à la présidence des Etats-Unis.Les deux partis ont songé au début à le mettre sur leur liste; il a de lui-même refusé l’appui des démocrates.Cela n’a pas augmenté ses chances de succès puisque, dans les diverses élections primaires qui ont eu lieu depuis pour le choix des délégués républicains à la convention de Chicago, il est arrivé en queue de la liste; d’autres fois, son nom n’a pas figuré du tout.Mais M.Hoover et ses amis ne se découragent pas pour si peu.L’ancien contrôleur des vivres, saisissant aux cheveux l’occasion qui lui était offerte par la Tribune de New-York, vient d’énoncer, dans une lettre nettement formulée, le programme qu’il propose au parti républicain.Les “planches de sa plateforme”, pour employer le langage électoral âe nos voisins, sont substantiellement les mêmes que celles de tous les autres partis depuis les extrêmes radicaux jusqu’aux partisans du capital.M.Hoover en fait franchement l’aveu.Il note, en effet, que cela a très peu d'importance ; ce qui importe beaucoup plus ce que les électeurs rassasiés de la creuse littérature politique, doivent être le plus impatients de connaître, c’est le moue d’exécution des réformes préconisées.M.Hoover veut donc que le parti républicain fasse voir à l’électorat de façon définie et "quasi tangible”, les moyens qu’il propose pour incarner ces projets dans la réalité.Et lout de suite.M.Hoover apparemment pour illustrer sa pensée, choisit un exemple: le haut coût de la vie.C’est d’une grande adresse tactique.La vie chère préoccupe tout le monde ou au moins toute la masse des besogneux et des humbles et c’est elle qui jouera le grand rôle aux prochaines élections.On en a beaucoup parlé, on a suggéré toutes sortes de remèdes et pris contre elle toutes sortes de dispositions restées sans le moindre effet.M.Hoover a été le contrôleur des vivres de l’univers entier pour ainsi dire et a, en cette qualité, attiré sur sa personne quelque attention.Si nous avons bonne mémoire, il avait prédit une baisse générale pour les premiers mois de cette année qui ne s’est pas produite encore — au contraire; mais cette faus- se prophétie, oubliée, au r««te, par tout le monde ou à peu près, n’a pas suffi à la dépouiller de tout son prestige comme père nourricier de l’humanité pendant la crise terrible de la guerre.Aussi joue-t-il de cette corde.Il sent bien que s’il peut persuader le peuple yankee qu’il est un nouveau Joseph, il est sûr de son élection, ne fût-il appuyé par aucune organisation de tous les partis.La solution qu’il offre n’a cependant rien de nouveau, mais il a le mérite d’exposer la situation franchement et sincèrement.Ce n’est pas assez, dit-il, dedénoncer les profiteurs.11 faut encore indiquer par quels moyens la hausse des prix sera enrayée et l’équilibre restauré.Le “profitage” donne lieu à de superbes dénonciations, mais l’exposition des remèdes prête moins à la rhétorique.Ces remèdes comprennent des choses aussi arides que celles-ci: la réduction de l’inflation de la circulation fiduciaire; la rédistribution des taxes; l'amélioration de la distribution par la réorganisation de l’industrie agricole, la réduction des pertes, des risques et des marges de profit entre les producteurs et les consommateurs.“Au-dessus de tout, il faut commencer par admettre pour comprendre et résoudre le problème, que l’exploitation des profiteurs n”est pas une cause mais un effet; que la solution ne peut être qu’économique et que les agents de police du procureur-général ne peuvent pas soumettre une force économique qui a révolutionné tout le pays.” M.Hoover veut que son parti parle la langue du bon sens.S'il était en France, il dirait que "le bourrage de crâne” a trop duré.Ce quon veut, c’est une politique positive et surtout avant tout, pour bien définir le cadre de cette politique, le retour au régime d’avant la guerre, la restitution de toutes les libertés infiniment variées qui ont été confisquées par celle-ci, la libcr-te de la presse, la liberté de réunion, la liberté de parole, le procès par jury.# * * M.Hoover s intéresse surtout à la politique extérieure en tant qu’elle peut réagir sur la politique intérieure.S’il veut une ligue des nations, demandée depuis douze ans par les chefs du parti républicain y compris Roosevelt —c’est afin que celle-ci, en assurant la paix dans le monde, protège les Etats-Unis contre la tentation du militarisme.On voit dans ce passage qu’il tient à se brouiller avec les partisans soudards de Wood, avec les traîneurs de sabre qui menacent de tout régenter aux Etats-Unis par la force brutale et qui sont prêts, pour Juger du loyalisme des nouveaux américains à sonder leurs reins et leurs coeurs avec la pointe de la baïonnette.Le Post de New-York, dont la politique est assez obscure en ce moment mais qui semble accentuer son anglophilie, ce qui indiquerait qu’il tend de plus en plus à se rapprocher du groupe de la haute finance, salue avec enthousiasme la lettre de M.Hoover.Et voilà l’homme, dit-il en substance, qu’pn a représenté comme hors de contact avec le sentiment américain.En vérité, il n’est personne qui l’ait observé de plus près.La masse du peuple n’est pas du tout atteinte du virus militariste.Le refus du Congrès d’accepter le service obligatoire est assez significatif à ce sujet.La masse du peuple américain veut parliciper à l’organisation des forces morales de l’univers afin de pouvoir pratiquer chez lui le désarmement.C’est admettre implicitement la nécessité d’une ligue des nations d’une forme quelconque.M.Hoover l’a bien compris.Le reste de la lettre de M.Hoover est assez banal.Il réclame le retour à l’initiative individuelle, l’abolition de l’ingérence et de la tutelle gouvernementale.Mais il admet qu’il faut que, dans cette course au succès des plus aptes qui profitera à la masse, tous les coureurs partent, où qu’ils soient nés, avec des chances égales (quelle utopie!): or la seule façon d’établir ces chances égales, c’est de donner aux enfants des plus riches comme aux enfants des plus pauvres tous les moyens de parvenir aux plus hauts sommets de l’instruction.Son f>rogr anime impliquerait donc ’instruction secondaire gratuite et fiour tout le monde de même que instruction primaire.Mais il n’élucide point ce détail; il néglige lui aussi de dire les moyens les plus pratiques d’arriver au résultat espéré.Cet homme qui a dénoncé les partis en prétextant qu’ils n’avaient aucune différence essentielle, qu'ils se confondaient tous dans la même “platitude” et qui d’ailleurs le rappelle au début de son article une fois de plus quand il dit que l’on retrouvera les mêmes articles dans tous les programmes y compris celui des républicains-conservateurs et celui des socialistes-radicaux — prêche sans sourciller le maintien des partis j>olüiques, qui seuls peuvent assurer, dit-il, l’expression adéquate de la volonté de la majorité et sa prédominance dans l’administration du pays.Ce n’est pas de la plus rigoureuse logique.______________ Louis DUPIRE.BILLET DU SOlrt DEMENAGEMENTS Et dire qu’il existe des infortunés qui déménagent ! Dans le tourbillon des affairés, vous aviez oublié ce fléau de Texis-tence, cette dislocation du foyer, cette perturbation pai-eille à un sinistre, incendie ou tremblement de terre, à cause de l’éparpillement ou de l’entassement des meubles, du désordre et du remue-ménage qu’il entraîne, des airs de réfugiés qu’il donne aux pauvres nomades.En savourant les douceurs de votre maison bien calme et bien entretenue, le repos de vous étendre dims vos fauteuils bien rangés, en goûtant le charme des choses familières toujours à leur place, la sécurité de l’habitude, ou bien en croisant, sous un ciel menaçant ou pluvieux, les voitures débordantes de meubles empilés pêle-mêle, vous avez une pensée mélancolique et compatissante pour vos frères, pèlerins du premier mai.“Partir, c’est mourir un peu”.Cette année, c’est leur tour.Une autre fois, ce sera le vôtre.Et vous vous plongez dans de sombres réflexions sur les déracinés de la vie urbaine.La merveilleuse page de Veuillot à ce sujet vous revient à la mémoire.Qu’ils étaient heureux, nos pères qui grandissaient, aimaient, vivaient et mouraient dans la maison natale ! La maison, douce chose, doux nom comme un nom de mère, est une froide image pour nous, citadins, un mot vide de sens.S’otre vie ne tient pas entre quatre murs, notre coeur n’est pas attaché par mille liens du passé à ces quatre murs et à ce qu’ils renferment.Nous n’éprouvons aucun déchirement à changer de demeure, parce que nous n’avons aucun attachement.Une maison pour nous, c’est un pied-à-terre; une manière d'hôtel où d'autres nous ont précédés, où nous vivons quelque temps, d’où nous partirons sans regret, où d’autres indifférents nous remplaceront.Notre vie manque de racines, notre âme de recueillement et de profondeur.Nos souvenirs sont éparpillés aux quatre coins de la ville.Au hasard de nos promenades ou de nos déambulations, passez-vous parfois devant les maisons que vous aifez habitées?Votre coeur bat un peu plus vite, un attendrissement vous mouille les yeux.Dans une flambée de réminiscences, le passé surgit brusquement de l’ombre.“Là j’ai joué enfant, j’ai regardé la vie avec des yeux neufs, j’ai joui du spectacle du monde avec un émerveillement continuel, j’ai été heureux sans m’en rendre compte, comme on respire.Ici, j’ai fait ma première communion, a cet autre endroit j’ai commencé à étudier le latin, là-bas fat aimé pour le première fois, j’ai ressenti l’ivresse de l’infini qui sr découvre, là j’ai souffert, j’ai été malade, j’ai été frôlé par la mort, j’ai perdu un être cher.” Vous vous étonnez de dire ces choses avec cette émotion.Vous vous découvrez vous-mêmes en découvrant votre passé.On laisse de sa vie et de son àmc aux lieux par où l’on passe; et en soulevant le voile des années pareil an couvercle d’un cercueil, on retrouve avec saisissement une poussière mieux gardée par le tombeau ave le souvenir par ta mémoire.Mais des inconnus occupent ces maisons et la présence de ces indifférents cause une légère angoisse.Et le sentimental dune minute pris de remords d’oublier le passe et de se reconnaître semblable aux ingrats qui négligent les lombes et les abandonnent aux sacrilèges attentats des étrangers, presse le pas, avide de s’étourdir dans la dissipation, de couvrir ,de bruit la fuite du temps, de couper court à une mélancolique rêverie.PIEEHHE DALBEC.BLOC-NOTES Des mots Un journal de Londres rapporte un récent disco-urs de lady Bonham Carter, fille de M.Asquith, où elle ne ménage pas M.Lloyd George, M.Lloyd George a riposté à une harangue de M.Asqjiith, que celui-ci n’avait contribué que “des mots, des mots, des mots”, à la cause de l’Europe alliée, et que “l'on ne peut alimenter l’Europe affamée avec un dictionmaire”.Lady Bonham Garter lui a répondu en ces termes piquants: Des mois, des mois, des mots! s'exclame M.Lloyd George.C’est mal à lui de médire des mots, lui à qui its ont tant servi! De quelle autre chose a-t-41 vécu, de quoi a-t-ü gavé la nation, lui, depuis quelques années, si ce n’est de mots?Où est “la tête du Kaiser”?Où, son “libéralisme”?Où donc “le nouveau monde”?Des mots, des mots, des mots! “On ne peut alimenter l’Europe affamée avec un dliction'naire”j dit-il.C’est juste.Mais un dictionnaire est très utile aux gens qui ont oublié le sens des mots.Que M.Lloyd George prenne son dictionnaire et cherche le sens de Paix, de pitié, de concilialion, de fraternité.Cela lui servira, quand M se décidera de commencer pour tout de bon à ériger son nouveau monde”! ¦M >K> Bambou et pâte de bois L’univers civilisé souffre de toutes sortes de crises, entre autres de celles du papier à journal.Les grands journaux sont si épais, si lourds, si volumineux que les forêts fondent en vain, dans les usines à pâte de bois, pour les alimenter.Et, voraces, ils n’en ont jamais assez, ils en veulent davantage.On leur en donne, mais à prix de plus en plus élevé, et, pour peu que cela dure, ill n’y aura plus, dans quarante ans, de forêts de bois à pulpe, (pie dans le bassin de la Mackenzie et dans les soliludçs de l’Ungava.Des savants cherchent déjà s’il ne serait pas .possible de fabriquer un papier bon marché avec d’autre chose que de la pâte de bois.D’aucuns ont déjà parlé d’en faire avec de la luzerne ou de Taifalfa: et voici qu’un expert anglais.M.Rant, affirmé qu’il y a aux Indes, en Birmanie et dans l’Assam d'immenses forêts de bambou susceptibles de fournir indéfiniment 14 millions de tonnes de pâte à papier par année.On peut en faire toutes sortes de papiers, à commencer par le papier à journal, dit M.Raid.La nouvelle est assez rassurante pour l’avenir de T imprimerie; mais H se passera encore quelques décales avant que les fabricants de papier s’avisent d'installer aux Indes de gigantes-mies usines, comme celles d’ici, qui dévorent toutes, chaque jour, une petite forêt, et les changent en dividendes élevés pour leurs actionnaires.Salopettes Les cercles de salopettes n’ont pas apparemment vécu longtemps, surtout en notre pays où H fait presque toujours trop frais pour se balader avec un minre pantalon de coton.Cette mode n’aura pas duré longtemps.Celle des vieux habits est autrement plus pratique.A ce sujet un lecteur du New-York Post adresse à son journal la lettre sensée suivante: “Si les journaux s’entendaient pour rappeler à tous leurs lecteurs que le temps est bientôt venu de serrer leurs vêtements de laine et leurs lainages bien à l'abri des mites, avec des préservatifs chimiques, et si leurs lecteurs en agissaient ainsi, cela serait d’une autre valeur que la propagande en faveur des salopettes.Il y a au moins, aux Etats-Unis, 30 millions d’hommes qui portent des vêtements ou des dessous de laine.Que chacun économise chaque année $5 en vêtements, en préservant les siens de l’atteinte des mites, et voilà du coup une économie de cent cinquante millions.” Aux ménagères et aux gens prudents de méditer ce conseil d’actualité.Il vaut plus qu’une paire de salopettes.Une fraude Quelqu’un a signale, l’autre jour, aux Communes, qu’à Toronto, en 1018, il n’y a eu que 6,501 contribuables qui ont reconnu être sujets à l’impôt fédéral sur le revenu et ont fait leur rapport au fisc en conséquence.Un abonné du Globe, qui a dû évidemment payer son impôt si on en juge au ton qu’il prend pour parler de ceux qui s’v sont soustraits, écrit à ce journal : “S’il n’y a dans notre ville que 6,501 contribuables ainsi imposables, je remarque qu'il, y a plus de 40,000 automobiles, dont on peut obtenir la liste des noms des propriétaires en s’adressant à l'hôtel du gouvernement provincial.Chacun (les propriétaires de ces 40,000 automobiles devrait être obligé de produire une déclaration indiquant comment il s’y prend pour pouvoir rouler automobile sans avoir plus que les $1,000 ou $2.000 de revenus qui échappent à l’impôt.” Le fait est que la remarque est nu point.A ce compte, et à en juger par le nombre de gens qui font de l'automobile à Montréal, il y a certes un boa nombre d’entre eux qui devraient verser cet impôt.Combien le paient réellement?G.P.LA MARGARINE Ottawa, 30.— Au début de la séance, le premier ministre intérimaire, a annoncé que le comité des camp tes publics siégerait sous peu, ajfin d’examiner le (1ernier rapport de l’auditeur général.Ayant la discussion sur la production et la vente de l’oiéonrarga-rine, discussion qui a occupé toute la séance, le ministre de la marine a fait adopter un bill modifiant la loi concernant les tarifs que peuvent demander les pilotes.La loi est présentée pour faire suite à une entente entre les pilotes, les propriétaires de navires et le ministère de la marine.ILa question de * l’oléomargarine, octjià longuement discutée, est revenue sur le tapis et a fait l’objet de noinhr *ux ep.mnentaires.Le ministre de l'agriculture, à la requête des manufacturiers, a présenté une loi permettant la production et la vente de l’oléomarganne \endant une année, afin de •permettre aux manu, facturiers d’écouler leur stock.M, Sutherland a été le principal adversaire du bill.Le gouverne-ment a profité d» la période troublée de la guerre pour permettra l'importation et la production de lu margarine.Les députés n’ont sou* levé alors aucune objection, parce qu’il était entendu que ce ne serait qu’une mesure temporaire.La situation n’est plus la même.Aujourd’hui le gou/vernement permet la vente de la margarine, non plus pour le bien de la population, mais pour faire plaisir à un certain groupe de manufacturiers.M.Sutherland dit ne pas se laisser intimider par les menaces faites aux députés qui s’opposeront au bill de 'la margarine par le* membres du Conseil national des femmes.II considère la fabrication de la margarine nuisible à la production du beurre.Les fermiers ne sont peut-être pas encore assez bien organisés pour veiller à la protection de leurs intérêts, ce n’est pas une raison pour que le gouvernement cède aux manufacturiers mieux organisés.M.Sutherland conclut en vantant les qualités nutritives du beurre, qualités qu’on ne remarque pas dans la margarine.Le Dr Clark ne pouvait laisser passer cette belle occasion de faire un discours sur le libre échange.Il s'étonne que les députés ministeriels s’opposent au bill présent.Les statistiques prouvent que depuis rentrée en franchise de la margarine, la production du beurre a augmenté.C’est là un fort argument en faveur du libre échange.Ce que la population du Canada veut aujourd’hui, ce sont des aliments à bon marché.Que ceux qui veulent manger de la margarine puissent le faire en toute liberté.Quel est le motif qui guide au-jourd hui le gouvernement ?Est-ce l’intérêt national ?Non.C’est encore un petit groupe d’individus qui ont réussi à faire protéger |;?,urs intérêts par ce gouvernement.(.est là faire de la politique de classe.L’entrée en franchise de la margarine a peut-être fait diminuer la consommation domestique, mais la production n’en a pas souffert.Les fermiers ont dû chercher ailleurs un marché pour écouler leur beurre.(> besoin a créé l’exportation de produits canadiens, et cela est bien, c’est ce qu’il faut.Si la poli-tique fiscale du pays devenait libre échangiste, la population monle-ra.T l*n dix ans, de huit à quinze millions, et le commerce canadien prendrait des proportions étonnantes.En temps normaux -et «vins des conditions normales, le protect ion-ivistne a, pour cousémje.noe, Tti'éva-tipn du prix des nécessités de la vie.Que le gouvernement prenne garde, la moitié de l'électorat est composée aujourd'hui de femmes, l orsque ces femmes auront compris (pie le protectionnisme est la eause des maux dont elles et leur enfants souffrent, ce jour-lâ e’irs n'hésiteront pas à placer, à la tête nt^ affaires >(!(*s boni mips politiques dont los théories économiques sc transformeront pour el les en aliments, habits, meubles, etc., a bon marché.M.Fielding est en faveur du bill mais il ne comprend pas pourquoi le gouvernement ne reconnaît prr à la margarine le droit d’établir domicile permanent parmi les pro doits alimentaires.Pourquoi refuser à la population txnivre le droit d’acheter un substitut du henrre,, Le beurre se vend tus qu’à 75 *oii< on peut se procurer la margarine à beaucoup meilleur marché.La margarine est art mise dans beau-POVO d'autres pnvs mie le Canada.M.Kennedy, de Glengarry, SVm de* députés progressistes, ne croit pas qu’il soit de l’intérêt puWic de permettre la vente de la nmrgnrine.T.es statistiques prouvent que.dans les pars où la margarine est substituée nu beurre, la vitalité est moindre.De ni ns.l’exnortnt ion du beurre canadien sur |e« marchés étrangers contribue à l’augmentation de ro produit au Canada, car te prix de vente tri est basé sur te prix d’exportâtion.Le bil! a été adopté à l’unanimité.Ernest BILODEAU.CONSTATATION A propos d*une conférence de M.Antonio Perrault.“Le divorce” La question du divorce est phis que jamais à l'ordre du jour.1^ nouveau livre de notre distingué collaborateur, te R.P.Forest, où cette question est traitée à fdnd et dans ses relations avec la situation cnma-dienoe, devient ainsi d’une partieu-lière actualité.Prix : 75 sous, chez les principaux libraires.(Par le R.P.THOMAS COUET, o.P.) Nous n’avons pas Thonneur de connaître personnellement M.Antonio Perrault, mais le tenons pour un homme gra\re et laborieux, observateur sagace, et bon juge en matière religieuse et sociale.Nous l’avons entendu une fols.C’était à Québec, alors qu’il était président de TA.C.J.C.dans une séance solennelle à TUniversité Laval.Bien que le souvenir en soit déjà loin, il est encore excellent.Son attitude simple et vraie, nette et tranchée, pleine de courage, lui a valu un beau succès dans cette conférence qu’il vient de faire au Jeune Barreau de Montréal, sur le livre de Georges Fonsegrives, intitulé: De Taine à Péguy, Evolution des idées dans la France con-tempoirtine.‘Le Devoir en a rendu compte dans son numéro de vendredi le 16 courant, 2e page, 2e colonne.L’occasion était excellente, car le sujet était de nature à intéresser cet auditoire.Il avait devant lui les dirigeants de demain, comme aussi les discoureurs et les lutteurs qui déjà sont en course vers la fortune ou la popularité, qu’ils ont choisies pour objectifs.Après avoir indiqué les grandes lignes du progrès religieux en France, ou mieux Je retour aux idées saines et aux directions vraies, les seules qui aient jamais fait la France grande et belle, le conférencier a voulu donner une leçon de choses à son auditoire.11 constate d’abord ce fait qu’il peut y avoir encore dans la province de Québec, quelques libres-penseurs attardés sur les plate* bandes de la libre-pensée française, L’expression est heureuse : libres - penseurs attardés.Nom croyons bien en eltfet qu'il y en a encore quelques-uns, mais très peu en somme.Il y a surtout des individus qui posent à la Hbre-pen-sée, ce qui n'est pas du tout pareil, comme il y a aussi des personnages, tenants de la vieille écolo «m dit au clergé sa religion et son respect des croyances, mais qui ne veut pas voir le prêtre en dehors de la sacristie.Libre-pensée ou libéralisme doctrinaire.Tun et l*autre nous ont fait du mal et ils peuvent nous en faire encore.Mais des avertissements comme celui de M.Antonio Perrault auront pour effet de mettre cU garde ceux qui auraient la tentation d’y revenir.Et les autres, mon Dieu! les vieux en retard, ils comprendront peut-être qu’il vaut mieux prendre rang avec ceux qui marenent.Nous les regardons passer avec curiosité.Ils nous rappellent ces hommes d’autres temps, qui ont eu la naïveté de croire qu’ils pourraient bâillonner l’Eglise et même conduire ses funérailles.C’est étonnant comme les victimes de l’orgueil sont impuissantes à comprendre les grandes et profondes leçons de l’histoire de l’Eglise.Tant il est vrai que cette aberration raccourcit l’esprit, le diminue, le racornit, l’enténébre, comme dit saint Paul.La sagesse est un don de l’Esprit Saint qui permet de voir plus clair et plus loin dans les choses divines et même dans tes choses de la terre qui touchent de plus près celles de Dieu.Les superbes sont privés de cette lumière et l’activité de leur esprit en souffre certainement.Aussi, n’est-il pas étonnant que nos persécuteurs soient impuissants à reconnaître l'existence d’un droit naturel et du droit de chacun à la justice la plus élémentaire ?C’est encore ce qui explique leur impuissance à reconnaître que l'Eglise n’est pas une institution humaine comme lesuiutres, et à constater ce fait, qui pourtant crève les yeux, que la main de l’homme s’est brisée toutes les fois qu’elle a voulu l’étreindre jmur lui faire du mal.M.Antonio Perrault a bien fait de dire à ses jeunes confrères du Barreau de ne pas s’attarder avec les retardataires.H y a même quelque espoir que la leçon portera plus haut.Ce serait bien tant mieux, car nous avons en ce moment un trop grand besoin de conserver et de grouper toutes nos forces vives! Pourquoi obliger les meilleurs parmi nous à défendre l’Eternelle Vérité, contre des attaques insensées et impuissantes ?N’est-elle pas le bien de tous?et tous n’avons-nous pas besoin de ses directions?Donc un peu plus de clairvoyance.et d'humilité.De sang catholique nous sommes, de foi et de sens catholique nous devons vivre! * * * C’est un fait nouveau qu’un avocat ait parlé devant le Barreau comme M.Perrault a eu le grand honneur de le faire.L’eftt-on osé il y a dix ans?Probablement non.C’est donc un symptôme réconfortant; il y a donc quelque chose de changé dans les générations qui arriveront bientôt à l’âge mûr.Cet heureux événement-doit réjouir les vénérables professeurs de nos collèges et de nos séminaires.Les a-t-on assez décriées ces maisons d’enseignement?En a-t-on assez fait des comparaisons injurieuses pour ces maîtres qui donnent leur dévouement avec une générosité qui | ne compte pas?Ils ont semé depuis vingt ans et voilà que la moisson commence à blanchir, quelques épis sont déjà mûrs.Grâces leur soient rendues I Les générations qu’ils ont formées depuis près d’un quart de siècle tranchent sur les précédentes.Leurs anciens élèves, encore jeunes cependant, s’affirment comme catholiques, saus forfanterie, mais f avec une simplicité qui ne manque pas de grandeur.Dans les affaires, dans ta politique, dans nos grandes écoles, au Palais de justice, dans les Parlements, nous sentons comme une ambiance nouvelle.Le vieil évangile politique, sans attache è la foi chrétienne, sans dépendance des commandements de Dieu, a perdu de son prestige, la cloison que l’on voulait maintenir entre la politique et la religion est pleine de fissures et ne tardera pas a crouler.Ce n’est pas à dire que nous tenions à la confusion de rune et de l’autre, mais nous voulons que l’on séché bien que la conscience n’a pas le droit de mépriser les principes catholiques, pas plus dans fa vie publique, dans les affaires et la politique, que dans la vie privée.De même que l’avocat, le médecin, lu négociant, l’artisan, porte fièrement la dignité que lui confère se position sociale, de même le catholique reçoit de sa religion une dignité so-ciale dont il n’a pas à rougir, maïs dont il doit être fier toujours, Voilà une formation qui a fait son eoeirrum darns rùme d’une partie de notre jeunesse, et qui Fit marquée dune plus forte empreinte.Nous avons donc déyà un groupe nombreux de jeunes homunex qui ouïront et parleront en croyants.Au besoin ils défendront la mère et la gaixlicivne de leurs croyance»: la sainte Eglise.Encoretme foi»c’est un renouveau qui nous inspire une confiance plus grande (l'anis l’avenir.Or nous fa mi von « à nos collèges.Depuis que 1 eam-àgnomenit religieux a été renouvelé, tout comme l’enseignement profane, on lui a fait une place plus grande dans les programmes et on l’a mis en plus grand honneur.Autre facteur puissant, fas écoliers ont comimencé à communier plus jeune», ils se sont aj>-prochè* plus souvent «fa la sainte lYule, beaucoup l’ont fait tous les jours.L’cisiprit et fa coeur des jeunes gens ont reçu une nourriture plus riche et plus abortdante.Alors dans nos institutions, s’est formée une atmosphère plus chrétienne, plus religieuse, plu» surnaturelle, (fu’üs ont restptirée librement et lar-igcmenà N’est-ce pas »e grand art dans ta formation de la jeunesse que de la tenir dans un sir de pureté morale et doctrinale?Au cour» des étude», dans les dernières années surtout, on les a mis en gaiidc contre les mauvais amis, on leur a sigmrTc fas foyers dangereux, c'est pourquoi ils ont quitté le collège, avertis, et sage-m'ent disposées à vivre leur foi et garder intactes leurs moeurs chrétiennes.Les cercles de jeune» gens, TA.C.J.C., entre autres, ont nulssamiment adldé les directeurs de la jeunesse, et tous ensemble ils ont concouru à cette oeuvre de préservation et de développement ce sens chrétien et catholique.* * * Tout s’enchaîne dans la vie, dans celle de l'Eglise en particulier, car c’est d’EU'e que nous parlons en ce moment : ces constatations ne ne sont pas autre chose que des manifestations de sa vie et de sa fécondité sur un point donné de son Royaume et à une heure marquée (fa son existence.Or nous sommes heureux de voir que ce coin de «on Royaume se trouve être notre pay's, et que cette heure, c’est ceHe où nous vivons.Une autre semence fructifie abondamment.Confiée à la terre, non pas dans un coin du Royaume, mais dan* le vaste chamg) de TPjglise uns» versélfa, elle a été rfiparndue sur la sol avec une profusion qui n’a d’égale don* aucun siècle.Le semeur a été d'abord léon X/HII, quand il co rran en ça de parler, de son trône, avec ume nutorulé et une sagesse qui étonnèrent le* penseur*, les savam(s el Tes philosophes rationaliste», mai* qui réjouirent si fort tous le» fidèles.Scs grandes encycliques répandirent des flots de lumières sur les graves question* qui intéressaient les conditions de la vie humaine tout aaitant môme que l’e»-istence de la socitété.I^i plupart de ces questions avaient été posées à nouveau par le protestantisme qui ne tes avait pas résolues, »t fa rationalisme pariait de Time humaine, des lofs, du gouvernement, du peuple, du mariage et des ouvriers, sans se soucier de savoir si l’Eglise catholique avait une doctrine sur ce» problèmes.La Révélation était considérée comme non avenue.Les écrits du grand pape ouvrirent lo5 yeux de tous ceux qui voulurent voir.On fut bien obligé d’étudier et d’approfondir ses raisons.Le premier soin de Léon XIII, (Suite à la 2éme page) LE DEVOIR A 3 SOUS A commencer du lundi 3 mal, —- après-demain, — le Devoir se vendra 3 sous le numéro.Nos lecteurs trouveront aujourd’hui en troisième page les raisons pour lesquelles il nous faut monter notre pris de vente d’un sou.aan pmpumbi • 'yriv ?• »-/^ ¦ r.if.• .'' /; x " LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 1er MAI 1920 VOL.XI.— No 102 LETTRES AU “DEVOIR” Noua ne publions que des lettres signées, ou des communications accompagnées d'une lettre signée, arec adresse authentique.Les correspondants anonymes s'épargneraient du papier, de l'encre, on timbre-poste, et à nous une perte te temps, s'ils roulaient bien en prendre note définitivement Maison mère COMMENT ECRIRE CETTE EXPRESSION i On rencontre cette expression i dans les journaux chaque fois qu’il > s’agit de la maison principale d’une communauté religieuse.Depuis plus d’un mois à l’occasion du tricentenaire de la naissance de la ucnèrable Marguerite liourgeoijs vénérable Marguerite Hourgeoys, (1) ce terme a été employé pres-qite chaque jour.Généralement on l’a écrit avec un 1 trait d’union.Quelquefois cependant, on lit cette expression, surtout dans les livres, écrite sans trail d’union.Si tous sont de bonne foi et écrivent ainsi sans aucune hésitation, fascinés sans doute par des souvenirs de lecture, il n’y a pas moins contradiction et par suite rrreur chez les uns ou les antres.Les nombreux membres de nos communautés religieuses, les professeurs, comme nos journalistes ont intérêt à connaître la vérité et ô savoir comment il faut écrire cette expression.Quelque membre de nos communautés enseignantes ou quoique collaborateur à nos revues pédagogiques a-t-il déjà fait des recherches « ce sujet?il ne paraît pas.On permettra peut-être à un simple ! amateur de combler cette lacune et on voudra bien lire le résultat de | scs recherches.lo De nos grands dictionnaires dont les éditions classiques ne sont que des abrégés, il n’y a que Larousse qui donne cette expression et il écrit: maison mère sans trait d’union.Cette autorité suffit et Ton doit accepter cette pratique.Quand même on trouverait dans quelque an-j tienne édition 'd’un autre diction-' naire la même expression ou une analogue écrite avec un trait d’union.on ne devrait pas en tenir compte, vu que Ixirousse est postérieur et a jugé qu’il n’y avait pas lieu d’employer le trait d’union dans cette exorcssion.2o Mais on peur considérer même les dictionnaires de Littré, de U) On h lu ici même deux articles sur In vénérable Marguerite Hourgeoys.1,'un, le 1er décembre 1(119, qui démontre qu'il faut écrire le nom de famille avec un “y” (et non avec un "i” comme le» autres personnages île ce nom).I.e second article, plus récent, du 5 avril 1920.qui prouve, que la vénérable ouvrit l’école dans son "étable de pierre" le an avril Ifiê.X (et non pas le 2â novembre 1057, ni le 50 avril 1057).Tous les articles parus depuis ont heureusement bleu orthographié ce nom.Mats, on ne sait pourquoi, même après la publication du dernier.on a lu encore des fausses dates qui ne peuvent que créer de l'embarras.Qu’il soit permis de rappeler ici à ceux qui n’auraient pas eu connaissance de ce second article, qu'il établit définitivement !n date du .‘!0 avril 1058 pour l’ouverture de l'école de In vénérable Marguerite Hourgeoys h Montréal.— Députa cet article, on a aussi écrit que la vénérable était née le 15 avril (au lieu du 17 avril) 1070.De même aussi, c’est en 1057 que Margi -rite Hourgeoys alla en France chercher d.compagnes, et en 1058 qu'elle en revint et les ramena.11 ne faut donc pas dire qu'elle nmeua des recrues en 1057 ou qu'elle alla les chercher en 1058, en confondant le départ avec l'arrivée.(Ivérin, de Bescherelle, d'Hartzfeld et Darmesteter, etc., comme favorables à l’omission du trait d’union, si Ton tient compte tes nombreuses expressions analogues qu’ils offrent et qu’ils ont soin d’écrire sans trait d’union.Telles sont: eau mère (saturée de cristaux), idée mère (idée dominante), langue mère (qui en a formé d’autres), reine mère (mère de la reine), vérité mère (dont d’antres vérités découlent), etc.Si la plupart des grands dictionnaires, ainsi que leurs abrégés, écrivent ces expressions sans trait d’union, pour quelle raison faudrait-il écrire la seule expression maison mère avec un trait d’union?En quoi cette expression diffère-t-elle des précédentes?Elle n’offre aucune différence ni an point de vue phtisique, étant formée d’un premier nom (maison) et d’un autre nom employé adjectivement (mère), ni au point de vue moral, puisqu’elle rappelle l’idée de filiation, tout comme les expressions précédentes.De ce chef encore, il faut conclure que l’expression maison mère doit s’écrire sans trait d'union.,'to On peut tirer une dernière preuve de la comparaison entre les noms composés et les expressions complexes, comme celle qu’on étudie ici.Dents un nom composé, les deux idées exprimées par chacun des éléments sc confondent en une seule, de sorte qu’en lisant ce nom on en T en tendant, T es prit ne perçoit qu’une idée qui résulte de la réunion des idées propres à chacun des éléments; les idées sont réunies comme les mots pour ne faire qu’un tout.C’est ainsi que Jésus-Christ ne présente qu'une seule idée (Fils de Dieu) et non plus les deux idées (/« Jésus (sauveur) et du Christ (oint).De meme aussi Ville-iMarje ou Mnrieville ne rappelle que des localités, des villes, qui ont porté ou portent encore ce nom, et non pas les deux idées de villes fondées ou ainsi appelées en Thoneur de Marie.On pourrait citer ici tous les noms composés de personnes (Fabre-Surveyer) ou de lieux (Charles-bourg.Longue-Pointe, Sawlt-au-Ré-collet (2), saint-Jean).Ui contraire lorsque les deux idées se présentent distinctement à l'esprit, les parties ne forment pas un nom composé*, mais demeurent isolées, forment une expression complexe (3).On écrira donc le Christ Jésus sans trait d’union parer que ces mots font naître deux idées distinctes de Christ qui s’appelle Jésus.Ainsi tonies les expressions citées plus haut doivent s'écrire sans trait d'union, parce que chaque idée du nom et de l’adjectif reste isolée.Ce sont une eau qui a déposé des cristaux, une idée principale, une langue qui est comme la racine des autres, une reine qui est la mère de la reine ou du roi, enfin une vérité qui en a engendré d'autres, de.Pourquoi écrirait-on avec un trait d’union, nue expression comme maison mère qui appartient évidemment à cette dernière catégorie et évoque toujours l’idée d’une communauté qui est comme la mère des autres maisons filiales?(2) On a lu Ici même, le 14 février dernier, un article sur SAri.T-AÜ-TUsCOl.TTT (3) Il ne faut pas se laisser tromper par des expressions analogues qu'on lit avec un trait d'union, tant dans les dictionnaires que dans les autres publications, telles que l’IF Ml'RK.Il s’agit le! d’un sens dérivé et métaphorique qui exige le trait d’union, comme HOT1.I.DE VILLE qui ne le prend pas s'il désigne le principal hôtel d’une ville et l'exige lorsqu'il désigne une rue : BEE DE 1.1KYRE au sens propre et RTT.-DE-I.IE-VRK au sens métaphorique.Mais cette re marque est conforme à notre preuve, puisque dans un cas on perçoit deux Idées, et une seule dans le second.On peut donc affirmer qu'il n’y a qu’un manque de réflexion ou Tab-1 sence d’une vue d'ensemble qui a j parti à faire de cette expression un I nom composé.Im vérité parait évi-1 dente.Il foui écrire cette exprès-1 sinn sans trait d’union.Abbé Joseph Saint-Denis.\ Chamblg, avril 1920.CONSTATATION (Suite de la Ire page) LE “DEVOIR” A 3 SOUS LUNDI PROCHAIN LE 3 MAI A compter d'après-demain, lundi, le d mai, le prix du DEVOIR au numéro, dans les dépôts, dans la rue et a nos bureaux, sera de- trois sous.Telle est la décision prise par le conseil d’administration du DEVOIR, après étude des charges du journal pour le reste de l'année.Depuis la date où le DEVOIR s’est mis à deux sous le numéro, en septembre 1914, les frais de publication des quotidiens se sont accrus considérablement.Ainsi, le coût du papier à journal a monté de $40 la tonne à $80, de septembre 1914 à janvier 1920.il sera d’au moins $100 au premier juillet prochain.Ce sera une hausse de 250 pour cent.De même, les gages des typographes qui composent le journal ont monté de plus de 55 pour cent, pendant le même temps, et le coût du service des dépêches de la “Presse Canadienne” s'est accru d’au delà de 30 pour cent.Il a fallu aussi hausser les traitements de tous les employés du journal, en toute justice pour eux, et par suite de la vie de plus en plus chère.Bref, la moyenne générale de l'accroissement des dépenses du journal, depuis qu'il se vend 2 sous le numéro, est d'au delà de 80 pour cent.Devant un pareil état de choses et en face d'une nouvelle hausse du coût du papier et de tout ce qui est indispensable à la confection d’un journal, les administrateurs du DEVOIR estiment juste de demander à nos lecteurs le versement d’une légère surcharge afin d’aider à la survivance d’un journal véritablement indépendant.Le DEVOIR n’est pas riche ; il ne compte pas, pour vivre, sur l’appui de fonds secrets ; son influence n’est pas à vendre, il a toujours vécu et il entend ne vivre que de justes ressources ; c’est pourquoi il fait ce nouvel appel à ses lecteurs.Nos abonnés par la poste, à qui nous avons demandé $6 au lieu de $4 par année, pour leur part d'assistance au journal, ont répondu avec empressement, au point que notre tirage par la poste a même augmenté depuis janvier dernier.Les chiffres que le DEVOIR donne aujourd’hui à ses lecteurs au numéro, les services qu’il a rendus dans le passé, ceux qu'il entend rendre dans l’avenir, l'effort qu’il fait quotidiennement pour être un journal de bonne tenue, tout cela le justifie de croire que ses lecteurs ne lui refuseront pas plus leur concours futur qu’ils ne lui ont ménagé leur appui jusqu’ici.Il les en remercie d’avance et les assure de son entier dévouement à la cause publique.en montant sur le siège pontifical, fut 5 0« s«5 roules Game Indien foncé, un coq, $00.00.Cinq poules et un coq t ornish blanc, *25.00.Trio oies Toulouse et Embden, extra choix, *23 pour cette semaine.Trio dmdcs hronre, $85.Trio dindes hollandais, *40.(.,»upie canards Muscovet colorié, *10.Trio, *15.Trois cannes.un jars Pefcin, *18,00 ; quatre cannes, un pars Courreur indien, *20.00 : 10 beaux eons dindes hronre.de choix.*15.00 chacun.Valeur de *20.00.25 beaux jars Toulouse et T'mbden, à *7.50.Huit poules et un coq Ancona, *30.00.Trois poules Wyandotte colombienne.$7.50.30 belles poules Rock blanc, par lots de 10 poules et un coq.su-er.Jos-C.Ostiguv PAGER, CLOUTIER & OSTIGUY, AVOCAT Imneuble Power, 83 ouest rue Craig.Tél.Main 55D8.NOTRE DAME OUEST, ST HENRI.Angle Bourget, Montréal.Tél.Weitmount >1152.Dr Moras Manseau CHIRURGIEN-DENTISTE Heures de bureau : 9 h.de l’avant-midi à 9 h.du soir.607 avenue Atwater.1T Angle St-Jacques.l'P.9115.Mademoiselle GUIMONO CHIRURGIEN-DENTISTE “LE SA1 AHEKRV” ________PERCEPTION THE GRÂHAM MARCHAND AGENCY LIMITED RDI Ci CB MONTREAL.TRUST m>us luisons les r
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