Le devoir, 18 juin 1921, samedi 18 juin 1921
VOLUME XII.—No 141 MONTREAL.SAMEDI 18 JUIN l!>2t TROIS SOUS LC NUMERO Abonnements par la poste afBFl "V" "VT Rédaction et administratioi - 9 H 1 El Ka H- M M a Êa m H ¦ fj| rue saint-vincent Edition quotidienne ml » U m «B ¦ j Ml S Q &B U| WM :M v MONTRCAhr^- ' ETATS-UNIS ET UNION POSTALE.! $8.00 1^8 ¦PV |8I 8B| M IB Mi H| MwWr ^ MONTREAL BT BANIJEUB.s,.oo H ¦! ¦ V ¦ Mg H H ¦ UM TÉLÉPHONÉ, Vain 74»* Edition hebdomadaire B n JjW H ilMI WÊ WÊ Wt H ¦! SERVICE 1>E NUIT : Rédaction, Main B1Z1 canada.jBipYffi JBM Jf mÊKLiuÆ Wtt ÆBm ÆBm WBW $is« ETATS-UNIS ET UNION POSTALE.$3.00 W 'WÊP Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! Les affaires sont les affaires Les grandes colères ont parfois des lendemains touchants.Ainsi, pendant la dernière guerre européenne, les industriels, les commerçants et les courtiers en marchandises de tout le Royaume-Uni jurèrent de ne plus jamais faire d’affaires avec les Allemands, ces Huns, comme les désignait la presse anglaise.Qu’un seul agent allemand vint leur offrir sa marchandise, la paix signée, et il verrait comment l’Angleterre indignée le recevrait ! Chez nous, les loyalistes parlèrent sur le même ton.La marchandise allemande n'aurait plus de place sur notre marché.Nous refuserions catégoriquement d’executer les commandes allemandes, tout connue n’en donner aux industriels teutons.Berlin verrait alors comment ses excès, pendant la guerre, nuiraient éternellement à son commerce.La colère a passé.Les serments sont oubliés.Le traité de Versailles n’était pas encore signé que déjà le commerce entre Londres et Berlin reprenait.Des syndicats angfais s’étaient tout de suite formés, pour offrir l’article anglais à Cologne, à Hambourg, à Berlin et dans le reste de l’Allemagne.Chez nous, ce fut la même chose.Nous recommençâmes, aussitôt que cela fut permis, de passer des commandes aux maisons allemandes.Nos industriels envoyèrent leurs agents sonder le terrain, voir ce qu'ils pouvaient vendre aux ennemis de la veille, à prix fort, et contre argent comptant.Ces jours derniers, le bulletin hebdomadaire du ministère canadien du commerce, à Ottawa, a dit en toutes lettres que “les exportations canadiennes en Allemagne, au cours du dernier exercice financier (31 mars 1920-31 mars 1921) onl dépassé celles de 1913-1914, dernière année de Vavant-guerre” (édition du 13 juin).Ainsi le commerce reprend ses droits.Le Star, il y a déjà des mois, exposait que nous ne pouvions refuser de renouer des relations commerciales avec la Russie soviétaire; car c’était là, disait-il, une simple question d’affaires, non de sentiment; et si la Russie ne pouvait acheter de nous, elle irait placer ses commandes ailleurs.La Gazette, dans son numéro d’il y a dix jours, rappelait, de son côté, nous l’avons dit ici même, en 1910 et en 1917, au temps des manifestations antiallemandes du commerce anglais, américain et canadien, — que “c'est un lieu commun de dire qu’il n’u a pas de sentiment en affaires”.et que “le, commerce est plus fort que toutes les grosses Berthas”.11 fallait prévoir tout cela.Seuls les gens naïfs, les gogos, les crédules, ceux qui ont cru sincères toutes les colères des journaux et des politiciens, pendant la grande guerre, s’étonneront, cette année, de ce que les Etats-Unis soient maintenant un plus gros client de l’Allemagne qu’avaht 1914, et de ce que nous-mêmes.nous y achetions et y vendions des quantités considérables de marchandises.Ne sont-ce pas nos importateurs anglo-canadiens qui, presque journellement, de ce temps-ci, écrivent à la Gazette pour se plaindre de ce que M.Drayton fixe à 12 sous et demi le cours du mark, sur les achats faits en Allemagne, quand il n’en vaut pas 2 et demi à la Bourse?Cela nuit tellement à leurs achats à Cologne et ailleurs qu'ils ne peuvent s'en taire.* * * 11 v a mieux.Les lendemains de colère prêtent parfois à toutes sortes de combinaisons.Rien ne doit plus étonner, dans O beau climat ninadien, tellement enchanteur qu’on a i>» dire que l'année est une belle saison continue, In es notre gloire encore plus ipie la ''fameuse” et la poule Chanteclair ! Et cire la Presse, défenseur de toutes les justes causes, qui confond tes calomniateurs ! osrriim;.Histoire de paroisse le monde du commerce et du capital anglais.Londres, il n’y a F ' ' pas plusieurs mois, dénonçait la Russie, tout comme, pendant la ” miagne.se tau sur le dos de retrograd.x moins ce que rapporte, dans une dépêche de Berlin, ndant du Mail & Empire de Toronto (7 juin, premiè-Et l’affaire vaut d’être notée.Il s’agit d’une ' entente £en lie L’exécration anglaise à l’endroit de la Russie est aussi chose du passé.Les banquiers, la haute finance et la grande industrie du Royaume-Uni se proposent maintenant d’obtenir d’immenses concessions en Russie.Ce n’est pas tout.Des financiers allemands se sont même entendus avec ceux de Londres, à ce sujet; et l’affaire est bâclée.Les ennemis d'hier s’accoladent et l’accord se fait sur le dos de Petrograd.C’est du le correspondant re page).Et l’affaire vaut d’être notée.Il s'agit économique”, pour l’exploitation des ressources naturelles rus ses.Hugo S tin nés, grand industriel allemand, est à la tète de la combinaison.“Le coup de pouce final a été mis à Londres”.L'entente a pour fin "la domination”, par le groupe anglo-allemand, "de tout le commerce russe, dans la mesure du possible”, ainsi que la coopération de la haute finance des deux pays pour diriger et exécuter la réorganisation des industries russes; il y aurait, naturellement, en jeu de fortes concessions minières et autres.I/Angleterre.pour sa part, aurait acquis lu certitude d’obtenir des concessions de choix; et “l'accord silencieux”, comme l’appelle le corrspondant du Mail & Empire, est consommé.* * * Ainsi les serments de l’avant-veille ne comptent plus.Les relations commerciales anglo-allemandes sont excellentes.Les usines allemandes travaillent à force pour remplir les commandes des ennemis d'il y a quelques mois.Ceux-ci ne peuvent faire assez d’échanges avec les importateurs teutons.* Et.pour finir, tandis que la France débat avec Londres si l’Allemagne peut verser les indemnités que lui impose Versailles, Londres pactise avec Berlin pour déplacer sur le marché russe l'industrie et le commerce français qui y tenaient le premier rang, avant la guerre.“There is a certain solidaritg of the race which you cannot destroy”, disait l’autre jour la Gazette dans un article sur les relations commerciales anglo-allemandes, intitulé Xo sentiment in Trade.C’est évidemment la solidarité de race qui associe ensemble les cousins de Londres et de Berlin à la conquête du marché russe.Où sont les serments cl les colères d'antan ?Business as Georges PELLETIER.•VL l’abbé Albert (iravel, un tout jeune prêtre, vicaire à Rromplon-ville, vient de p iblicr, en un volume d’une centaine de pages copieusement illustré, l’histoire de la paroisse Sainte-Praxède de Bromp-ion, (Brorapton ville).L’ouvrage est précédé d’une lettre, fort élo-gieuse, de Mgr I.aRocque, te vénérable évéque (te Sherbrooke, et d’une préface de M.l’abbé Hlie-J.Auelair, de la Société Rovate, où celui-ci évoque le passé des Cantons de l'Est.M.l’abbé (iravel.utilisant avec ses recherches personnelles, un important manuser' de feu M.l’abbé J.-A.-H.(iignac.a fixé les traits principaux de la paroisse de Bromptonville.Ce sera, pour cette paroisse même, un précieux document et une utile contribution \ l’histoire générale des Cantons de l’Est.Nous avons vu dernières années monographies paroissiales Elles ne seront jamais trop nombreuses et l’on devrait partout se hâter de recueillir, avec les pièces documentaires, les souvenirs des anciens.Autrement, on laisse perdre des renseignements précieux et qu’il sera souvent impossible de retrouver.Nous apprenons avec plaisir que l’Institut catholique de Sherbrooke se propose de consacrer à l’histot-re de cette, région, des soins spéciaux.Ajoutons, en félicitant respectueusement M.l’abbé Gravel, que son livre est en vente aux librairies Authier et Richer, de Sherbrooke, et chez 1 auteur, au prix d’une piastre (59.04 franco.).0.H.de Jeunes Canadiens français.Vu moment de le quitter les Canadiens français demandèrent à leur nouvel ami de vouloir bien leur laisser son adresse.Celui-ci écrivit: X, Spain.Mais pourquoi, lui fit observer l'un des jeunes Canadiens, écrivez-vous Spain, et non point Espa-qne ou Es pane '¦ Mais l'anglais n'est-ii pas ta langue officielle de ce pays?Mais, qu'est-ce qui vous fait croire cela?-Tout simplement l'inscription que j’ai aperçue tout à l'heure sur le chapeau de l'un des fonctionnaires du service (tes postes.Cet Espagnol avait pensé et qui l'en blâmera?-que la casquette du fonctionnaire portant une inscription.et cette inscription n’étant qu’anglaise, l'anglais était ta seule langue officielle du Canada.On peut être sûr que c'est la conclusion que tirent de l'unilinguisme de nos timbres, de nos monnaies, tous les étrangers qui ne connaissent point particulièrement notre pays.Quant aux autres, quant à ceux qui connaissent notre constitution, nous avons bien peur qu'ils se demandent si nous sommes trop nonchalants ou trop faibles pour faire respecter tes droits de notre tangue.O.H.et de céder paraître en ces de nombreuses Bloc-notes Une loi malchanceuse .^ roi d’Angleterre ira.mardi, inaugurer le parlement de Belfast.'Légalement, fl faudrait écrire parlement de l’Irlande du nord, mais comme ce prétendu parlement du nord ne contient point le comté de Donegal, où se trouve la pointe septentrionale de l’Irlande, nous aimions mieux parler simplement du parlement de Belfast.) On peut dire que la loi qui institue ce parlement n’a pas de chance.Non seulement les membres du parlement de Dublin, qui représentent 2(1 comtés sur 32.ne veulent pas prendre leurs sièges; mais, à l’ouverture même (Hi parlement de Belfast.le vice-roi, lord Fitzalan.a déclaré que ta loi aurait besoin d’être remaniée.C’est ta proposition à laquelle on faisait hier écho a la Chambre des lords, et c’est probablement la première fois qu’une loi de cette importance reçoit, dès son berceau, tt dans de pareilles circonstances, un aussi désagréable certificat.La marée La réunion de Victoriaville Le “Canada” prédit qu’elle fera époque dans nos annales politiques.— Comment M.Taschereau peut y prêter de l’éclat.L’organisation libérale, témoin l’annonce sur deux colonnes en dernière page du Canada, hier matin.s’efforce d’insufler de l’importance à la réuqion ministérielle de Victoriaville.On parle d’un événement qui, suivant le cliché, "fera époque dans its annales politiques”.Or nui ne peut plus facilement que M.Taschereau y donner de l'importance ; cette importance sera en raison directe de la franchise de la réponse qu’il apportera aux questions qui préoccupent actuellement l'opinion publique.L'air de Victoriaville parait d'ailleurs inviter aux révélations.On se rappelle peut-être que M.Gouin fit et laissa faire naguère dans cette ville les plus limpides allusions à l’imminence de sa retraite et à la minisirabilité du député du comté.Or» verra peilFWe dans le choix de ce point de départ autre chose qu’un effet du hasard et on aura surtout le droit de croire, si.comme on le dit, eetle assemblée est la première d'une série, que le premier ministre juge à propos d’emboiter le pas à M.Sauvé et ne considère pas celui-ci le petit garçon négligeable que veut en faire le Soleil.M.Sauvé, dans ses assemblées, prononce des discours touffus, s’efforce de'comprimer dans le peu de de fois, à bout de patience courage, n’ont-ils pas dû sous la pression de tant de députés ligués?Leur bonne foi elle-même iru-t-elle pus été surprise?On accuse le gouvernement d’avoir fait accorder des permis de ventes à des gens déméritants; on accuse le gouvernement de vendre des vins el des alcools de qualité très inférieure, positivement falsifiés, bien qu’il se soit engagé à deux choses: vendre du BON et à bas prix.A Victoriaville.le premier minisire sera bien tenu à parler des cinq millions de la colonisation.La dernière campagne a été faite sur cette qûe.Ction.Le premier ministre d’alors a choisi un excellent sujet pour lui confier le portefeuille de la Colonisation.Celui-ci, depuis lors, a réussi â faire modifier la loi.Mais, en pratique, qu’u-t-on fuit pour hâter la colonisation, pour la rendre seulement aussi praticable et aussi alléchante que dans la province d’Ontario, pour donner le démenti â ce que disait un apôtre du retour à la terre: "Dans le Québec on parle ionisation; dans l’Ontario fail .?” Il devra aussi parler de la spéculai ion sur les lots de colons.C’est un député libéral, M.Jacobs.qui a obtenu un excellente loi.disait le Canada l’autre jour, qui force le gouvernement fédéral à procéder au remplacement d’un député six mois après que son siège est resté vacant.Ce qui est excellent pour Otta-l’est aussi pour Québec et Appel aux jeunes Un congrès du Tiers-Ordre de on oo- on decompr ¦¦¦¦¦¦ temps à sa disposition un réquisitoire contre l’administration libéral.nécessairement long.C’est un gêneur que ce chef de l’opposition qui empêche les profi-têeurs de la loi dite de la tempérance de dormir en rond.Il rappelle les illégalités, Us corruptions, les profitages éhontés, le trafic des consciences qui ont marqué cette époque néfaste.Il demande si le simple fait de biffer la loi de nos statuts et de la remplacer par une mitre, qui élève le gouvernement à la dignité de mastroquet, peut et doit conférer l’impunité à ceux qui ont abusé de leur mandat, qui se sont servis de leur situation pour partager dans les odieux bénéfices du commerce de l’alcool et pour s’assurer la complaisance et la protection des fonctionnaires de l’Etat., M.Sauvé va plus loin, parait-il.qu’au parlement, où il était couvert de son immunité parlementaire : il désigne des ministres, il désigne des députés par leurs noms.Il s’offre â établir devant une rom-mission d’enquête royale le bien-fondé de ses accusations.M.Taschereau rendrait sûrement un grand service à la population en lui expliquant pourquoi il s’obstine à refuser cette enquête.Il ne voudra plus, nous e sommes sûr.recourir à la ridicule échappatoire qu’il invoqua à i Chambre: l’en quête parlementaire.Le public es» moins habitué à dissimuler que la députation, et cette offre dérisoire d’une comédie de la justice serait sans doute accueillie par des sifflets mérités.En acceptant les charges de procureur-féuéral, M.Taschereau en a accepté les responsabilités.Laissera-t-il dire, lui le gardien de la justice, que les violateurs «te la loi.pourvu qu’ils soient d’une certaine couleur politique ou qu’ils se montrent hienveilla ts envers certaine caisse électorale, sont à l’abri de toute poursuite 7 Laissera-t-il admettre.en droit, ec principe étonnant qu’il v a prescription en matière criminelle, qu’il suffit qu’une faute remonte à quelques mois, que la loi en contravention de laquelle elle a été commise soit rapportée, pour que.du même coup, la faute soit absoute et oubliée ?Le premier ministre ne peut ignorer plus longl mps non plus les critiques que l’on dirige contre la nouvelle h h Le parti libéral doit à l'heure actuelle se porter fort mal puisqu’il l’a mise dans la barque
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