Le devoir, 20 juillet 1921, mercredi 20 juillet 1921
VOLUME XII.— No 168 MONTREAL, MERCREDI 20 JUILLET 1921 TROIS SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste : Édition quotidienne CANADA.«6.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE.«8.00 MONTREAL ET BANLIEUE.«10.00 Édition hebdomadaire CANADA.«2.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE.«3.00 DEVOIR Rédaction et administration 43, RUE SAINT-VINCENT montrkal TÉLÉPHONE \ Main 7490 SERVICE DS NUIT : Rédaction, Main «121 AAaifciatration.Mai» 61 «• Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! Quelques “ résolutions » Leur leçon Le Droit note, dans le numéro que nous recevons ce mutin, que cette année encore, d’un bout à l’autre du pays, les Orangis-tes ont adopté les deux résolutions classiques - contre l’école confessionnelle d’abord, contre le bilinguisme ensuite, sauf, veulent-ils bien nous concéder, dans la province de Québec, le parlement fédéral et la Cour suprême.Notre confrère fait observer avec raison que ceci devrait rappeler à tous que ce groupe ne désarme point, et donc qu’une vigilance constante s'impose» à ceux qui n’entendent point lui laisser le champ libre.Nos lecteurs le savent: nous n’avons jamais eu le goût de donner aux Orangistes figure d’irrésistible force.Nous nous sommes simplement efforcés de définir cette force, de marquer les conditions de son action et la résistance qu’il convient de lui opposer.Les Orangistes ont la puissance de l’association et des passions communes.Ils ne sont qu’une minorité, mais une minorité active et cohérente.Tout à côté d’eux vit une foule que ne soulève d’habitude aucune passion violente, mais qui est en grande partie ignorante, quand elle n’est point la proie de vieux préjugés.Tout à côté encore sont les politiciens et les hommes d’affaires qui ont besoin, pour réaliser des bénéfices financiers ou politiques, de s’appuyer sur un mouvement populaire.Les grandes crises se produisent quand financiers ou politiciens (ou financiers et politiciens) croient utile de fouetter les passions endormies et d’exploiter l’ignorance de la foule.Us tendent alors la main aux Orangistes et, dans une province donnée ou dans tout le pays, c’est un formidable charivari où nous avons chance de perdre une partie de ce qui nous appartient.Les Orangistes n’auraient jamais fait cola tout seuls, mais ils ont servi de levain pour faire lever la pâte, ils ont fourni aux exploiteurs politiques ou financiers des cadres et des arguments.C’est parla que, comme toute force organisée, ils sont redoutables, et c’est pourquoi il importe de ne jamais perdre de vue leur action, de leur opposer une forte campagne de propagande et de solides associations.* * * / Mais il faut bien se rappeler que l’action orangiste ne représente qu’une fraction des forces auxquelles nous avons à faire face et que les tapageuses “résolutions” sont beaucoup moins dangereuses que les manoeuvres silencieuses de chaque jour, que l’infiltration constante des idées fausses, en matière religieuse ou nationale.Il faut se rappeler surtout que le danger réside dans nos propres faiblesses, dans notre apathie, plus encore que dans la violence des Orangistes ou de ceux qui leur prêtent main.Pour ne prendre qu’une question — celle du français — les “résolutions” orangistes sont beaucoup moins dangereuses que* l’apathie des Canadiens français qui ne prennent pas la peine d’exiger le respect de leur langue.Croit-on que des aventures comme celle que nous racontions samedi seraient possibles, si les contribuables canadiens-français avaient pris le soin, dès le début et depuis, d’exiger qu’on leur donne autant de français que les Anglais réclameraient d’anglais, si, par impossible, on s’avisait de les gêner; s’ils avaient mis directement et persévé-raniment en cause toutes les autorités compétentes?Que les “résolutions” et les manifestations tapageuses des Orangistes nous rappellent donc la nécessité de combattre (et c’est une leçon que le Droit donne ihieux que personne), non seulement les menées des Orangistes, mais Taction quotidienne de ceux qui font sans bruit leur besogne et notre propre apathie.Cela est ennuyeux, cela est parfois fort désagréable; mais nous avons choisi de vivre, tels que nous sommes, et il en faut bien prendre les moyens.Orner HEROUX.Billet du soir Passe - roses Les passe-roses sont dans toute leur gloire; jamais je ne les ai vues ,si hautes, si variées, si abondantes; la chaleur intense lès a [ait s’épanouir plus tôt et les jardins ont été pavoises de leurs corolles multicolores.Les passe-roses n’ont pas la même cicslinëe que les autres fleurs, leurs soeurs; elles ne sauraient orner une table, ni fleurir un corsage, elles ne sont d’aucune Jeté, ni d’aucun cortège: jamais, on ne les cueille, jamais on ne les offre; elles ne connaissent pas la lueur des abat-jour1' sur le bord de leur corolle, ni les mains fines serrant leur tige dans le vase de cristal ; mais elles ont la lumière du soleil iusqu’en leur coeur et la pluie remplit leurs coupes transparentes, posées sur les vertes branches, au milieu des feuilles dentelées.Sous la clarté lunaire, les passe-roses jaunes prennent des reflets métalliques et l’on dirait des cloches renversées, avec leur grelot immobile et sans voix.I.es passe-roses, au nom mélancolique, vivent et meurent oil elles poussent; elles ont te charme mystérieux de certaines femmes fières et lointaines que Von admire mais que l’on ne saurait arracher du sol où elles ont pris racine.Je sais un mur de pierre que les passe-roses dominent de tonte la hauteur de leur tête altière et sur la route, en levant les yeux, l’on devine le secret du jardin et les petites urnes fleuries tout le long de la muraille grise.Si j’écrivais un conte fantastique, où je peindrais un Petit Jean téméraire et curieux, voulant monter insqu’au mystère des étoiles, c'est sur les tiges des passe-roses que je le ferais escalader, l’espace et c’est dans les fleurs immenses que je le ferais s'endormir le soir, tout hi- haiit dans l'azur, et puis.mais, ir n’écris pas de conte fantastique.Lorsque je regarde les passe-roses monter, fièrès et droites vers la lumière, je songe à nos beaux rêves vsrs l’idéal éclos dans une matinée ensoleillée, avec toute l’ardeur et tout l'orgueil des passe-roses.MONIQUE.L’INCIDENT " MARTIN- DÉCARY Situation fausse des fonctionnaires .Le dernier incident Martin-Déca-ry nous donne une idée de Panar-ciiie qui règne à l’hôtel de ville, et dont les fonctionnaires, eux qui en sont les principales victimes, doivent être les premiers à souhaiter la cessation.Ils sont un peu comme les employés des frères Berthiaume et ne savent plus à qui obéir.M.Bnuset, employé fort estimable, rie tempérament amène et ennemi de toute chicane, se trouve en de très vilains draps.Il paraît avoir omis l’une des formalités essentielles de ses fonctions en ne prévenant pas le maire des rapports que la commission administrative avait transmis au conseil.Avait-il reçu ries ordres?Lui avait-on conseillé de rester tranquille et de ¦respecter le repos ries échevins?Ou s’était-on contenté de lui faire entendre tacitement ce que Ton attendait de lui?Voilà, autant de choses qui seront connues ces jours prochains.Pour le moment, la position prise par le maire parait joliment plus solide, légalement, (pie celle de M.Décary.Il est évident que l’une des formalités essentielles a élé omise et qu’on ne .pouvait considérer comme adoptés automatiquement des rapports dont le conseil n'avait pas été saisi.€et incident sert surtout à montrer la situation très ennuyeuse faite aux employés, et la nécessité de_ les protéger contre ries représailles imméritées, en envoyant autant que possible au conseil nouveau ries hommes qui n’a liront point rie griefs à venger, qui ne seront pas animés par l’esprit de rancune, mais uniquement par I’e-sprit public.L.D.Les employés de tramways Pourquoi pas l’arbitrage ?— Mais Tarbitrage sous-entend transaction.— Sympathie du public.— Un exemple américain.La compagnie des tramways a proposé à ses employés une réduction de salaire rie vingt pour cent; ceux-ci l’ont unanimement refusée.Mais toutes les négociations ne sont pas rompues et on peut continuer d’espérer une solution à l’amiable.La compagnie est, en somme, la moins intéressée en cette affaire ; comme nous l’avons maintes fois expliqué, grâce à son contrat, la situation ancienne se trouve exactement renversée: la seule chose constante, ce sont les revenus rie la compagnie; ce qui reste variable d'une année à l'autre, c'est le tarif.Grâce à ce désintéressement peu èoûtrux de la compagnie, les employés —- et c’est tant mieux pour eux, — ont été fort bien traités jusqu’ici.Le salaire minimum est maintenant de 37 sous de l’heure au lieu de en 191i8 et le salaire maximum de 48 sous au lieu de 29 sous à la même date.(La compagnie propose-t-elle une coupure trop brusque?C’est possi-ble, mais on ne le découvrira qu'en négociait de bonne foi.Ce qui est certain c’est qu’il sera très difficile de convaincre le public?; (le seul à payer, qu’on le note bien) que seul de tous les métiers à peu près celui d’employé de tramway doit échapper au mouvement de baisse.Comme le marquent certains de nos confrères, le succès des employés est fonction de la sy mpathie du public.Or, celui-ci qui comprend de plus en plus le contrat ne croit pas qu’on doive lui demander des sacrifices additionnels, mais qu’il est grand temps que le billet oe tramway se range lui aussi sur la pente générale.Il est actuellement très haut et milite activement en faveur du maintien du coût élevé de la vie.Rien ne favoriserait, en effet, autant la construe-tion dans les quartiers éloignés, où les terrains sont de prix abordables, que la baisse du tarif.Or, chacun sait que le problème du loyer cher est uniquement engendré par le ralentissement de la construction.Plus on construira et plus les loyers baisseront.Enfin la compagnie doit à la ville de fortes sommes qu’elle ne lui a pas payées et comme celle-ci doit quand même s’administrer, il est évident que le poids retombe sur tous les propriétaires.Une baisse 'des salaires équitable aurait pour effet de mettre la compagnie en état d’honorer ses obligations envers la ville.Dans les disputes passées, en cas de conflit, on a eu constamment recours à l’arbitrage, mais arbitrage sous-entend transaction.Il serait inutile de former le tribunal, si la compagnie d’une part et les employés d’autre part se retranchaient dans leur attitude actuelle irrévocablement.Tt reste encore plus d’une semaine d’ici à ce que la baisse entre en vigueur; espérons que les deux parties chercheront d’ici là à s’engager dans la voie de la conciliation.La sagesse devrait persuader les employés de ne pas s’obstiner jusqu’à là grève.Dans l’Etat de New-York.la compagnie qui dessert la ville d’Albanÿ et l'agglomération, a dû subir une grève de la part de ses employés Ceux-ci avaient la sympathie de la population.La grève a duré plus de six mois, elle dure encore à l’heure actuelle en principe: mais de fait, elle est gagnée ’*ar la compagnie, car le public s’est remis à prendre les voitures qui n’ont point cessé de circuler, à vide la plupart du temps, pendant plus de deux ou trois jours.Mais les employés pourraient-ils compter ici sur la sympathie du public?Comme nous' le disions plus haut, c’est douteux.Leur situation serait donc encore beaucoup plus précaire que celles des employés de la United Traction Company.Louis nUPJRE.La course à Vutopte 11 y a deux maladies intellectuelles qui rongent la force vive dos nations et sont la cause de beaucoup d’erreurs, surtout chez les races latines: l’utopie et l’idéologie.Les peuples anglo-saxons n’en sont pas eomplètemei .exempts puisque, assez souvent, naissent parmi eux des hommes comme le président Wilson, qui ont à établir de vastes principes politiques pour toute 1 humanité.C’est l’esprit qui se fourvoie et qui veut pénétrer plus avant qu il ne peut aller ; c’est l’intelligence qui présume d’elie-nieme et entreprend plus que ses forces ne lui permettent; c’est aussi la présomption des penseurs qui attire sur le monde, malgré leur bonne volonté, quelques-uns des plus grands cataclysmes.L’homme n’est pas ’satisfait du monde et possède le désir de l’améliorer.Du moment que l’individu commence à réfléchir, il ne fait que chercher des moyens pour changer ce qui, autour de lui, ne correspond pas à un idéal qu’il a conçu.Fl n’y a rien de mal à cela, puisque ces divers efforts contribuent à faire pour l’humanité un peu plus de bien, et l’empêchent de descendre encore en bas du niveau moral, assez peu élevé, qu’elle occupe.Ét même quelquefois, si l’inventeur d’un système quelconque jouit d’assez belles facultés il peut beaucoup pour la réorganisation des sociétés et pour leur bien-être.Cependant cc rêve de bien à remplir doit être réaliste et tenir compte des conditions existantes, de Ta nature imparfaite de l'homme, et ne doit procéder sans le sens de ce (pii est possible et de ce qui ne l’est pas.Autrement, il est desordonné, et entraîne à des désastres.Il devient l’utopie miroitante qui attire, comme ces bûchers que des Bretons mettaient aux cornes des boeufs, sur les bords de l’océan, pour attirer les navigateurs à des endroits de perdition.Ces exemples ne manquent pas dais l'histoire.Ainsi, la révolution française présentait à ses adhérents un idéal de société qui ne peut exister sur la terre.Elle a procédé par le massacre et le meurtre, et les hommes qui sont nés dans son sein, pour In conduire et la diriger, ont tué beaucoup de victimes en faveur d’un rêve impossible.C’est là que nous pouvons trouver la plus belle manifestation d'utopie exagérée, ne procédant que par le raisonnement abstrait et l'idéologie.Un peu plus d’observation de la part des philosophes aurait révélé l'erreur.On trouve les mêmes causes produisant les mêmes effets, quoiqu’à un degré1 moindre, dans les socialistes des temps contemporains.Ils construisent de précises sociétés idéales oû régneraient les félicités parfaites, ils lancent les ouvriers a l’assaut des conditions existantes afin de les remplacer par d'autres qui donneraient à tous le bonheur.Encore là, il y a la plupart du temps des excès regrettables.La part du possible, de l’atteignable, devrait etre déterminée avec plus de soin.Les travailleurs peuvent s’organiser et s’unir, mais ils doivent en même temps savoir qu’en dehors des améliorations assez minimes facilement réalisables, ils poursuivent des chimères.A part ces grands désastres qu’elle occasionne de temps en temps dans l’humanité, l’utopie, mère des bouleversements, est responsable de bien des crimes.Elle est d'abord une grande gaspilleuse d’activités intellectuelles et collectives.Des hommes et des sociétés consacrent toutes leurs forces à les réaliser, les employant mal, au désavantage commun, comme ces locomotives traînant les wagons vers des impasses, des culs-de-fosse, les ravins unpassables.Toute leur énergie est inutilement perdue, et pour eux, et pour la société, même si elle ne cause pas, en fin de compte, des dégâts qu'il faudra réparer.Car l’utopiste n’est pas malfaisant seulement pour lui-même, mais encore pour tous ses semblables, qu’il gagne à ses idées irréelles et vagues.Dans les pays où ils pullulent, c’est une anarchie de tant d’individus qui croient tous posséder ce qu’il faut pour rendre l’homme heureux.Chacun devient épris d’un dessein impossible et trop grand: alors chacun aussi, comme s’il avait une charge trop lourde à porter, s’assied et perd son existence en vaines rêveries, au lieu d’agir et de produire quelque chose d’utile et de beau.La réalité lui répugne d’autant que sa rêverie est plus magnifique.* * * On trouve les utopistes où l’on s’attendait le même temps à les voir.Ainsi, Auguste Comte, qui se fit l’auteur d’une philosophie positive, termine son système par l’image d’une société future à qui l’on peut donner tous les qualificatifs, à l’exception de celui de positivité.Après avoir étudié toutes les races, les civilisations, il conclut, en faveur de l’humanité, à un idéal de société qui'n’est pas viable à moins de changer la nature de l’homme.Les penseurs, si nombreux qu’ils soient, ne sont pas les seuls en cause.Ijcs romanciers ne manquent pas aussi de héros dévoués à d’excellents projets qiÿ renouvelleraient les vieilles merstalitès et accompli; raient des changements radicaux, si un dieu tout-puissant pouvait jamais les mettre en pratique.L’utopie se manifeste encore de toutes sortes de manières.Ainsi dans des articles d’avant-guerre, publiés dans les revues, il serait facile d’en trouver qui disaient ceci : l’aéroplane, ou le sous-marin, est un instrument de combat très puissant.Qu’une nation le développe a la dérobée, et un jour, elle envoie un ultimatum à sa rivale, détruit son armée, ses villes ou sa marine, et dans l’espace de quelques heures, termine la guerre.Un grand conflit s’e:1 produit entre toutes les nations, et la menace ne s’est pas réalisée.L’étude des faits apprend autre chose.A un nouvel instrument de combat, l’ennemi trouve toujours m.obstacle à opposer.L’instrument lui-même est rarement assez parfait pour être capable de tout ce (pie l’on attend de lui, les secrets sont bientôt connus.Le zeppelin ne peut détruire Londres ou Paris parce que les aviateurs ne peuvent descendre assez bas pour viser sûrement, que leur bombes n’ont iras l’effet foudroyant qu’on en attendait, que des canons antiaériens chassent les pirates de l’air, il en fût de même pour les sous-marins.Tout de suite, on voit l’utopie simple, logique, comme une construction abstraite de l’esprit, tandis q.e la réalité est souple, diverse, complexe, et n’offre jamais ce résultat radical qu’on en attendait.C’est même là une des principales caracté ristiques de la réalité.Elle ne pré- sous les pieds un terrain solide qui ne manque jamais.11 ne s’expose ni aux découragements, ni aux dé-sillusionnemonts amers et découragés.Il peut conserver son égalité d’àme qui le soutiendra à travers tous les événements de la vie.Les minorités surtout ont besoin d’un esprit réaliste qui ne les oriente pas vers les buts dangereux.Liles doivent mesurer tous les efforts qu’elles 'donnent, car leurs forces ne suffisent pas aux tâches, elles doivent utiliser utilement jusqu’aux dernières gouttes de leur sang.Quand l’idéal esl bien déterminé et précis, on calcule juste la somme de force qu'il faut pour l’atteindre, et Ton ne fait pas de préparations qui dépassent les nécessités.On ne s’excite plus et Ton ne se décourage plus pour rien, mais stabilisée par une connaissance sûre, la dépense nerveuse est plus égale, plus régu-iière, elle ne fatigue pas.Léo-Paul DKSROSIERS.Bloc-notes Colons et immigrants Dans une entrevue qu’il a donnée au Telegraph de Québec, il y a quelques heures, M.Perrault, ministre de la colonisation, dit que les immigrés européens contribuent fort peu au développement agricole du Québec et que notre province ne compte pas du tout sur les nouveaux venus de l’extérieur pour la colonisation et la culture, “il y a déjà dans la province, a dit le ministre, suffisamment de jeunes fermiers qui devront s’établir dans les régions de colonisation et qui accroîtront U* rendement agricole de la province.Pareil état rie choses vaut mieux que l’introduction, chez nous, d’étrangers peu au courant des méthodes agricoles canadiennes, à qui Ton irait donner les meilleures terres du pays.C’est la colonisation du Québec par des gens de son territoire qui donnera les meilleurs résultats”, a conclu le ministre.C’est le bon sens même.A quoi bon importer des milliers et des milliers d’étrangers, à grands frais, pour les voir en grande majorité se diriger vers les villes, déjà encombrées et créer chez nous des ilôts ethniques dont l'existence complique la situation et la politique canadiennes?Ce que dit M.Perrault par rappor* mx étrangers qui ne vaudront jamais les nôtres pour le défrichement et la mise en valeur des terres arables de la province s’applique tout aussi bien au reste du Canada.Les agriculteurs étrangers qui se fixeol dans notre pays ont leur mérite et leur valeur; mais plus il \ aura d’agriculteurs canadiens dan ; nos campagnes et mieux ce ,‘era.La politique qu’expose M.Perrault, est la meilleure, in plus sûre, la plus canadienne.Chez eux Un journal annonce que les commissaires d’écoles de Toronto viennent de décider que, dorénavant.ils n’assureront leurs écoles que dans les compagnies d’assurances canadiennes et anglaises.Il exprime le voeu (pie la commission scolaire de Québec ne manquera pas rie suivre ce précédent, s’en faisant même un devoir national.Souhaitons que tou* nos corps publics, toutes cios institutions et nos maisons d’affaires canadiennes françaises, imitant cet exemple, donnent la plus grosse part de leurs assurances à ries sociétés canadiennes françaises sérieuses, car il y en a.Ce sera la meilleure façon de leur aider à progresser.Elections provinciales Depuis quelques années, toutes les assemblées législatives des provinces canadiennes se sont renouvelées.Un dernière en riale, c’est Notre situation ' Houille blanche, chasse et pêche, mines — Quelques précisions intéressantes.Voici la suite de l’importante étn de présentée au congrès de VA.C.J.¦ .?>.- ciough, S.J., donné le début à Québec, par le ugh, S.J., et dont P.Edgar Col le Devoir a et avant-hier : hier B.La Houille blanche # Nombreuses sur le territoire canadien, et dans la province de Québec en particulier, sont les chutes d’eau qu’on peut capter pour cm obtenir de l’énergie: c’est la houille blanche, qui peut, dans une certaine mesure, remplacer la houille véritable, dont nous sommes insuffisamment pourvus, non pour la aiiantité, mais pour la qualité.N’oublions pas, toutefois, que la houille blanche est capricieuse, et l’un de ses caprices est de disparaître quand disparaît la forêt.Nous avons tous vu de très belles rivières, capables de développer en toute saison de nombreux chevaux-vapeur, et qui sont maintenant à peu près à sec pendant six mois de Tannée.Il eût suffi de maintenir quelques bordures est bois, aux points stratégiques, pour assurer un débit constant; on n’y a pas pensé, et maintenant il est trop tard.On nous a parié du barrage très opportun de certaines rivières: c’est un palliatif d’une grande valeur.Nous aimons à croire que nos ingénieurs forestiers ont Toeil bien ouvert et veilleront à ne pas laisser dilapider la houille blanche.La Commission de la Conservation prévient aussi le public qu’il ne faut pas se montrer trop prodigue dans l’aliénation des forces hydrauliques, car un grand nombre d’évaluations sont fantaisistes.On estimait, par exemple, à SO,000 chevaux-vapeur le rendement à lias niveau de la rivière Kawushkagama; l’ingénieur de la Commission hydro-électrique trouva sur place qu’elle pouvait développer au plus 317 chevaux-vapeur.Mais alors pourquoi ces exagérations hyperboliques?Pour permettre aux gens avisés de s’emparer à botn compte des chutes convoitées et aux braves gens de répéter que la houille blanrhc se perd et est inépuisable.(Cf.“Les forces hydrauliques du Canada’’, par Léo G.Denis et Arthur V.White.Ottawa.Commission de la Conservation, 1911; “Rapides riu Long-Sault”.par Arthur V.White.Ottawa.1913: "Water Powers of Canada’’.Ottawa, Department of the Interior, 191 fi).C.La Chasse et la Pèche Le bois nous a retenu losigtem' parce qu’il est plus avidement recherché que les autres matières premières.Parmi les produits d’exploitation fnciie.il y a aussi la chasse et la pêche, qui rapportent des millions annuellement, et sont une richesse renouvelable, mais om a trop oublié à quelles conditions elle est renouvelable, “Où sont les buffles du Manitoba?les phoques de l’Atlantique?les castors historiques et les huîtres succulentes?Il y a encore néanmoins des animaux sauvages, puisque le Canada exportait des fourrures en 1913 au montant (te !?r>,-415,118 dollars.Tl y a encore du poisson sur les côtes, dans les lacs et les rivières, puisque les pêcheries emploient 90,000 hommes et donnent un revenu annuel de 2fi à 33 millions de dollars.Cela ne signifie pas que le gibier augmente et que le poisson se multiplie, mais sente jamais une solution radicale.| c^Je.'1® ^Alberta, où le groupe avant-hier 38 dé- I! y a toujours un mélange de bien et de mal.de succès ci .—Suivant une dépêche d’Oppeln le général Lerond est en excellente santé et poursuit son inspection dans de bonnes conditions.Plusieurs journaux avaient reproduit sous réserves un tiruit courant à Berlin que 1c général Lerond aurait été victime d’un attentat.On mande de Bcuten au “Petit Parisien” qu’une bande “Stosslmp-pen” a attaqué à Ratibor Dhôtel où était logé le lieutenant français Vi-bout qui a dû quitter la ville et gagner Oppeln.Le “Daily Mail’ annonce que/les Allemands en Haute-Silésie ont tiré sur l'automobile d'un général français.Selon le "Matin” il s'agit du général Gratier.^ Les vins sacramentels Washington, 20 — (S.P.A.) — Les fabricants de vins sacramentels et les représentantsde diverses organisations religieuses ont été entendus aujourd’hui par M.H.ynés, commissaire de la prohibition, au sujet du règlement projeté relatif à la fabrication et à la distribution de ces vins.Les représentants des Organisations religieuses ont protesté formellement contre les règles interdisant la distribution par les négociants en vins en gros parce qu'ils prétendent que les églises ne prouvent pas obtenir leurs vins des pharmaciens en gros.Une réunion de producteurs LA SECTION DE QUEBEC DU COHMIHK I M.I.IYI' S T O C K COMMITTEE FOU EAST EUX CASA DA DISCI I E.CE MATIN.LES MOYENS D'ACTIVER LA PRODUCTION AGRICOLE.Le Commercial Lice Stock Committee for Eastern Canada, section de la province de Québec, s’est réuni, ce matin, en assemblée spéciale à l’hôtel Queens.Parmi les personnes qui y ont assisté, nous avons remarqué MM.Auguste Trudcl, président du comité pour la section de Québec, J.-J.Gautreau, secrétaire du même comité et employé au service de la production animale de notre province, W.-R.Reek, assistant-commissaire du service de la production animale, à Ottawa, W.-R.White, du service fédéral des grains d’alimentation, le docteur Charron, directeur de l’école d'industrie laitière de Saint-Hyacinthe, A.-Z.Lemire, cultivateur de Watton, comté de Wolfe, Antonio Sainte-Marie, secrétaire du service de la production animale fédéral, à Québec, Philias Rodrigue, représentant la division ovine fédérale, Geo.-IL Robert.ancien cultivateur habitant Montréal, J.-N.Ponton, rédacteur du Bulletin des agriculteurs, etc.L’assemblée avait été convouuce afin de pouvoir étudier un peu dans scs détails les conditions agricoles de la province et de voir aux moyens à prendre en vue surtout de Ehiverncment des troupeaux.Les récoltes de foin et de grain, comme d’aucuns l'ignorent, seront bien au-dessous de la normale cette année, principalement dans les cantons de l’est, où -plusieurs craignent d e-tre obligés de réduire d un tiers environ le nombre habituel de leurs animaux domestiques.La récolté, en effet, sera loin d’etre suffisante pour qu’on puisse tous les hiverner et l’on redoute fort les hauts prix des sous-produits du grain destines à remplacer le foin ou la paille necessaire., Voici l’ordre du jour de 1 assemblée .spéciale de ce matin : Minutes de la derniere assemblée But de l’assemblée.Rapports de différents districts sur l'état des récoltes et des troupeaux.Quel a été le rendement des produits laitiers?Que manque-t-il?Sommes-nous en face d’un cas d’urgence ?Quels moyens les cultivateurs ont-ils de se procurer des engrais alimentaires?Les cultivateurs seraient-ils dans des conditions pour Acheter des engrais alimentaires?Sont-ils disposés à le faire?Les cultivateurs pourraient-ils se procurer de grandes quantités de sous-produits de blé?Quelle proportion du blé canadien est moulue au Canada ?Quels sont les engrais que l’on peut acheter actuellement?Que peut faire Ottawa?Que peut faire Québec?Avant de clore leur assemblée, les membues de la section de Québec du “Commercial Live Stock Committee for Eastern Canada" ont nommé un comité de trois membres chargé de faire une enquête aussi minutieuse que possible sur les conditions générales de l’agriculture dans notre province et d’approcher ensuite nos représentants à Ottawa et à Québec afin de savoir ce que ces gouvernements pourraient tenter en vue de venir en aide aux cultivateurs.TROIS DELEGUES SONT CHOISIS LE CONSEIL CENTRAL DES UNIONS NATIONALES ET CATHOLIQUES CHOISIT DES REPRESENTANTS TOUR LE CONGRES DE HULL.Québec.20'.(D.N.C.) — Le Conseil central des unions nationales et catholiques a eu, hier soir, sa séance régulière sous la présidence de M.G.Hébert.Un grand nombre de délégués assistaient à cette réunion.M.l’abbé M.Fortin était présent.Au cours de cette séance, le secrétaire a donné lecture d’une lettre venant du secrétaire du comité exécutif du congrès des mitons nationales et catholiques.Cette communication apprenait officiellement au conseil central, que cette année les séances du congrès auront lieu à Hull et que ces séances commenceront le 24 sen-tembre pour se terminer le 29 du même mois.Le conseil central est invité à envoyer des délégués à ce congrès.Hier soir, les délégués suivants ont été nommés: MM.G.Hébert, J.-E.-A.Pin et P.Beaulé.De plus un comité spécial a été choisi dans le but de préparer les résolutrons qui seront présentées Ion?de cette réunion.Ce comité se compose (Te MM.P.Beaulé, Ls.Morin.Chs.Forgues, E.Bélanger et Alf.Paquet.-S- M.Gaudiose Hébert SIR ROBERT BORDEN ANNONCE AU PRESIDENT DES SYNDICATS CATHOLIQUES QU'IL A ETE CHOISI COMME MEMBRE DU COMITE CANADIEN DE LA LIGUE DES NATIONS.Québec, 20. ceux de 18 à 25 livres, de 30 à 32s.S,e- augmentations respectives de 25,-360: de 13,201 et de 1,264 minots.Aux ports de l’Atlantique, l’avoine et le seigle accusent des aug-15EïS : mentations respectives de 203,090 15$»s et de 1,044 minots; tandis que le blé fait voir une diminution de 3,216 minots.Aux ports des lacs le blé accuse une augmentation de 83,825 minots, - - - • Les inspections pour la semaine terminée le 7 juillet indiquent 2.-135 wagons, comparativement à 3.050 wagons, la semaine prècédcn- ! r bacon désossé Windsor se A'end *- .J* —, (?48 à 50s.et le bacon à déjetv Tbmprunts du Csouveme- ment du Canada VOLAILLES | _____ ., ., , _ ; Tableau tics cours, fourni par U G.Beau- M nx fournis par la maison P.bien ft Cie, 50 nie Notre-Dame ouest, agents f iilin, 39, Marché Bonsecours.) !
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