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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 5 mai 1922
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1922-05-05, Collections de BAnQ.

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VOLUME XIII.—No 10» MONTREAL, VENDREDI 5 MAI 1922 TROIS S OUSLE NUMERO Abonnements par la poste : Édition quotidienne CANADA.10 00 Etats-Unis «t Empire Britannique .(8.00 UNION POSTALE .$10.00 Édition hebdomadaire CANADA.$200 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE.$8.00 LE DEVOIR Directeur: HENRI BOURASSA FAIS Rédaction et administration 43, RUE SAINT-VINCENT MONTREAL TÉLÉPHONES Main 7460 SERVICE DE NUIT : HMmOm, Uni.$121 AdmisistraHea, Meta mm CE QUE DOIS! Les incendies de forêt et le reboisement Le printemps a été parcimonieux de beaux jours.Ceux que nous venons d’avoir s’endeuillent d’incendies de forêt.Nous recommençons de payer tribut à l’un des deux fléaux qui ravagent nos réserves forestières.Nous consommons celles*ci, pour ainsi parler, par les deux bouts.Ceux des arbres qu’épargnent la cognée ou la scie, la flamme les atteint.Le dernier annuaire statistique ne porte que sur l’année 1920.Il y est fait mention de 214,120 acres dévastés.Ia?rapport du chef du service forestier parle de 290,000 acres environ.L’été dernier, particulièrement sec, a été témoin de pertes plus grandes encore.Harcelé par la presse et le public, le gouvernement s’est décidé à l’action.Au cours de la dernière session parlementaire, M.Mercier a fait adopter des amendements rigoureux, relativement aux bois et forêts, amendements rédigés afin de protéger notre peuplement forestier contre les incendies et de pourvoir à son reboisement.Les colons se plaignent de la loi.L’un d’eux, de la région de lüfMétapédia, nous écrit qu’elle rendra la colonisation impossible.Elle n’atteint pas, dit-il, le colon de mauvaise foi, car il ne fait pas de feu, parce qu’il a pour principe, comme le marchand de bois, de piller le plus vite possible.Notre correspondant se plaint évidemment de l’article 1637 (a) de la loi et du suivant, 1637(b), qui rëndent passible d’une amende de vingt-cinq à deux cents dollars toute personne qui ne prend pas les précautions pour empêcher un feu, brûlant sur son terrain, de s’étendre aux terrains avoisinants, et considérant comme responsable d’avoir allumé ce feu le propriétaire ou roccupant d’un terrain sur lequel un feu est allumé ou commence (origine, dans le texte) à moins que ce propriétaire ou cet occupant ne puisse établir à la satisfaction du tribunal, que ce feu n’a été allumé ni par lui ni par une-Tpersonne à son emploi ou sous sa direction.La lettre de la loi est rigoureuse; mais tout dépend de l’esprit dans lequel on l’applique.L’enquête faite par l’Associa-tion pour la protection des forêts et leur administration, qui doit sans doute traiter les colons sans aménité, prétend établir (Annuaire statistique de la P.de Q., p.317) que, sur 947 in-cendies qui ont détruit 65,184 acres de bois marchand et un total de 214,120 acres de bois marchand ou non-marchand, 370 incendies, soit sensiblement ^lus du tiers, ont été causés par les colons; la locomotive, autre grande destructrice, n’en avait causé que 211 et 211 aussi restent de cause inconnue.Ces chiffres sembleraient justifier la rigueur du ministère, d’autant plus que la protection contre les incendies n’est pas au seul bénéfice du marchand de bois, mais du colon lui-même.Nous ne prétendons pas disposer ici des griefs des colons; ce serait juger dans une matière où nous ne nous entendons guère.Nous citons simplement des pièces officielles.Au reste, les rigueurs du ministèxe ne vont pas au seul colon; elles atteignent aussi les sports, comme les colons désignent les chasseurs, et tous ceux qui s’aventurent en forêt.L’article 1647 (a) permet au lieutenant-gouverneur en conseil d’exiger de toute personne voulant pénétrer et circuler dans les forêts, entre le 1er avril et le 15 novembre, qu’elle se munisse au préalable d’un permis, lequel, désigné sous le nom de permis de circulation, peut-être obtenu sans frais du garde-feu de la localité ou de toute autre personne autorisée.Les porteurs du permis de chasse ou de pêche ou les prospecteurs de mines échappent à cette formalité, mais ils sont tenus, lorsqu’un garde-feu les en requiert, de lui montrer leur permis et de le renseigner sur leurs allées et venues.Le ministre peut même désigner les endroits où les campeurs devront dresser leur tente et exiger toutes autres mesures propres à diminuer les dangers d’incendie.L’amende n’est pas omise là non plus; car sans elle* la loi resterait inopérante; cette pénalité est de dix dollars pour la première infraction et de cent dollars pour la seconde, avec prison à l’appui, d’au moins dix jours, à défaut d’amende, dans le premier cas, et de trente jours, pour la même cause, dans le second cas.* * ÿ La dernière partie de la loi traite enfin du reboisement.Dans le rapport auquel, plus haut, on fait allusion, M.Fiché prévoit que le reboisement doit se développer rapidement, maintenant que l’on prend toutes les précautions pour enrayer les incendies.Il est évident, en effet, que la sylviculture est fonction de la protection contre les incendies.11 faudrait un courage aveugle pour planter des arbres, quand on les sait exposés, par la négligence du premier venu, à brûler dès qu’ils commencent à prendre de la taille.La nouvelle loi s’inspire, croyons-nous, d’un rapport fait au au congrès des Etats-Unis, — American Timber Depletion and The Answer, — en 1921.On y recommande instamment la création de réserves forestières d’Etat et municipales.Le gouvernement provincial inaugure le régime des primes pour le reboisement.Quiconque aura planté nulle arbres, dans un terrain impropre à la culture, pourra bénéficier tie la prime qu’il plaira au lieutenant-gouverneur de fixer (cette loi, comme toutes les autres, accroît le pouvoir discrétionnaire du cabinet), pourvu que la plantation ait été tenue en bon état pendant une durée d’au moins cinq ans.Le lieutenant-gouverneur en conseil a autorité de faire des règlements pour l'encouragement à donner sous formes de primes en argent ou de subsides en terre pour les reboisements; de déterminer le nombre d’années durant lesquelles les plantations ainsi primées doivent être conservées avant d’y faire les coupes finales; de fixer les conditions à remplir par les personnes réclamant ces primes, de fixer l'évaluation municipale des terrains reboisés et des plantations primées.Enfin, le lieutenant-gouverneur en conseil peut autoriser des corps publics et des municipalités à acquérir des terrains pour en former des forêts particulières ou urbaines et à y exécuter des travaux de reboisement, pourvu que les propriétés ainsi requises soient aménagées pour en assurer la conservation.* * On aurait tort d’attendre de cette loi {’extinction définitive des feux de forêts et le lancement du reboisement sur une grande échelle; mais c’est un mouvement dans la bonne direction.Les municipalités feraient bien surtout de profiter de la loi.Quels avantages n’en peuvent-elles pas retirer?Un bon nombre sont dépouillées, chauves, sans le moindre endroit où l’on puisse trouver un peu d’ombre et de frais.Nous avons trop reproché au gouvernement sa négligence et son apathie, su lenteur à encourager le reboisement et sa faiblesse à ne pas enrayer les causes des incendies de forêts pour ne 'e point féliciter d’avoir créé cet instrument de protection.11 reste à savoir l’usage qu’il en fera.Louis DUPIRE.Contre le suffrage féminin AUTRES PROTESTATIONS FEMININES L’expérience fédérale n’n décidément point Incité le» femmes de chez noua A réclamer l'extension du suffrage féminin.Chaque jour nous apporte là-dessus quelques témoignages nouveaux.L'un des plus intéressants est bien celui de la Fidi-ration des femmes canadiennes-françaises de la région d'Ottawa qui, à l'unanimité, lors de sa dernière assemblée annuelle, s’est prononcée, en principe, contre le suf- frage féminin.La motion proposée par Mme J.-U.Archambault, femme d’un ancien maire de Hull, était appuyée par Mme J.-A.Pinard, d’Ottawa, dont le mari est député à l’assemblée législative de Toronto."Qu'une résolution de cette nature, dit notre confrère le Droit, soit acceptée à l’unantmtti quelques mots seulement après les élections fédérale», par des femmes dont la majorité a le droit de vote au fédéral et au provincial, est assez extraordinaire: elle n’en a que plus de valeur et de signification."En effet, cette résolution n’est pas seulement une déclaration de principes; elle est le fruit de l’expérience.Ces femmes, qui représentent l’élite féminine canadienne-française d'Ottawa et de Huit, ont constaté elles-mêmes combien l'exercice du droit de vote était peu compatible avec leurs devoirs d’épouse, de mère et même de patron-nesse ou de zélatrice d’oeuvres, combien les luttes politiques, aigres et acerbes, choquaient leur délicatesse et leur sensibilité."Tout ce qu’on a pu écrire en faveur de l’entrée des femmes dans la politique n'a guère eu de succès; la triste réalité a vite abattu ces utopies, flatteuses quelquefois pour la femme, mais désastreuses pour la société." La résolution d’Ottawa est assez longuement motivée.Nous y relevons ceci, après les motifs d’ordre familial: “(e) Et parce que la société, comme la famille, réclame de la femme tout son temps pour veiller à l’éducation et au salut de ses enfants et pour faire aussi dans ses moments de loisirs des oeuvres patriotiques, charitables et philanthropiques, tel que nous le demande notre constitution." C’est un point de vue qui devrait particulièrement intéresser les femmes qui s’occupent d’oeuvres, que la politique risquerait de diviser et de priver d’une partie au moins de leurs collaboratrices.* » • Nous pourrions multiplier ces textes; car, nous avons sous les yeux des pétitions féminines de rédactions différentes adressées au gouvernement de Québec.Les pétitionnaires du comté de Saint-Hyacinthe allèguent, par exemple, au milieu de nombre d’autres raisons, "que le vote des femmes ne serait d’aucune utilité pour le bien public, à moins que la femme ne vote contre son mari, le frère contre la soeur ou la fille contre son père, ce qui sèmerait inévitablement la discorde au sein des familes." Les pétitionnaires de Chicoutimi déclarent que "l’intrusion de la femme dans la politique ne peut que nuire à l’accomplissement de ce rôle (le rôle qui lui est départi par la nature et nos plus hautes traditions) et, sans compensation appréciable, diminuer son prestige de reine du foyer et le respect qu’il lui vaut.” Celles de Saint-Eloi de Témiscoua-ta — nous ne détachons toujours des pétitions qu’un bref passage — "croient que leur situation actuelle leur permet d’exercer sur les moeurs publiques, par l’éducation et l’action pénétrante du foyer, une influence beaucoup plus marquée qu’elles ne pourraient le faire dans les discussions publiques.* * * Que les femmes continuent, selon les circonstances, de faire connaître leur sentiment sur ce point, et nous serons bientôt débarrassés du projet.Et bien peu de gens, au fond, le regretteront.O.H.Bloc-notes Elections ?On parle derechef d’élections générales, dans notre province, à très brève échéance.Aussi, en dépouillant le courrier, ce matin, ceux des journalistes qui suivent le Soleil ont-ils trouvé quelque intérêt à ce titre, dans sa page de rédaction : Qu’on nous préserve d'une élection.De très rares se sont dit, devant cette déclaration catégorique : "Tiens, le Soleil ne veut pas d’élections provinciales.S’il n’en veut pas, c’est que le ministère n’en veut pas, car le Soleil ne veut que ce que veut le ministère et n’exprime aucun voeu sans être certain d’avance que cela ne blessera pas le gouvernement”.D’autres, plus sceptiques, ont compris que l'article du Soleil devait porter sur d’autres élections.C’est bien cela.Il s’agit d'élections fédérales.A cette époque-ci, elles seraient “un malheur pour le pays”, dit le Soleil.Serait-ce mieux pour la province si nous avions des élections provinciales générales ccttc année?Il n’y a pas de doute que cela serait à l’avantage du parti qui gouverne à Québec.Mais l’intérêt public et l’intcrèt du parti ne coïncident pas toujours.Quoi qu’il en soit, si le cabinet provincial a décidé les élections, il les fera même s’il existe les meilleures raisons du monde de reporter à l’expiration du terme normal de rassemblée législative présente l’appel au peuple.Le parti d’abord, l’intérêt public ensuite.Ce caucus Il y aura nouveau caucus libéral aujourd’hui, à Ottawa, en marge des crédits de la milice qu’un petit groupe de députés de notre province veulent réduire.A ce qu’on dit, les récalcitrants sont moins nombreux, depuis le caueus de mercredi.Il reste à voir quelle attllu-de le bloc libéral de notre province tiendra sur ce sujet, à compter de rassemblée secréte d'aujounnmi.Ceux qui veulent absolument bais- ser nos dépenses militaires et navales font bien de s’en tenir à leur idée.Qu’ils persistent et ils auront l’approbation de tous les électeurs québécois, même sS cela embarrasse un tant soit peu des chefs disposés aux compromis avec le militarisme.La raison L’Evénement d’hier estime qu’on a eu tort, en certains milieux, de protester contre le transfert de Ri-mouskl à Québec du prisonnier Hlouin, récemment condamné à être pendu le 2 juin prochain C’est un homme dangereux, dit ce journal, et le ministère a sagement agi en le faisant transporter à Québec, sous bonne garde.Mais, hier, on a annoncé que le prisonnier B'iouin vient d’être renvoyé à Iti-mouski.Le Progrès du Golfe, de cette ville, qui avait protesté contre ce transfert soudain, a donc gagné son point.Dans toute cette affaire, le département du procureur général a gardé un mutisme étonnant.Ou il avait d’excellentes raisons de teansférer Hlouin de Rirnouski à Québec, ou il n’en avait que de mauvaises.S’il en avait de bon nés, il a tout intérêt à les faire con naître du public.A garder le si lence, il autorise toutes sortes de suppositions.Il y a bien une explication plausible à ce voyage de Blouin de Rirnouski à Québec, comme à son retour à la prison de Ri-mousk* : la mise sous observation d’aliénistes, à Québec, du détenu Rlouin, en vue de la possibilité d’une commutation de sentence Est-ce cela qui aurait motivé ce transfert soudain du prisonnier?•Le Progrès du Goife a écrit, lui, il y a quelque temps, que ce transfert se fit parce que les autorités se refusaient à payer plus d’une piastre par jour aiix gardes de Blouin, à Rirnouski.Alors, les autorités se seraient ravisées?Il ne serait pas du tout mauvais qu’on apprît enfin à auoi s’en tenir.Smuts Le premier ministre Smuts de T Afrique-Sud estime que si la Grande-Bretagne ne gagne pas ce qu’elle veut, à Gènes, et si Lloyd George n’y a pas raison de Poincaré et de Tchitchérine, c’en est fait de la paix mondiale, l’univers s’en va à l'abîme.M.Smuts ne paraît pas s’apercevoir que Lloyd George est plus prêt de Tchitche-rine qu’il l’est de la France à ce qu’on peut lire entre les lignes des dépêches pourtant fort partiales envers les intérêts anglais, et que si la conférence ne marche pas, ce n’est pas tant paw:* que Lloyd George ne s'accorde pas avec Tchit-cherlne que parce —«p M.Poincaré et les Russes ne s’entendent pas du tout.En fait, l’Angleterre et la Russie s’accordent sur maints points, mais la France et l’Angleterre ne s’entendent pas quant à la Russie et à l'Allemagne.Entre Paris d’un côté, Berlin et Pctrograd de l’autre, Londres favorise ces deux-ci au détriment de celle-là.La faute en est-elle plus à Paris qu’à Berlin et à Pêtrograd?C’est ce que M.Smuts essaie de faire croire aux gens; et cela fait partie du plan de propagande antifrançaise de Lloyd George.Embarras En mange de la campagne électorale, en 1917, de D.D.McKenzie, qui fut plus tard chef intérimuire de l'opposition fédérale, de la mort de M.Laurier à l’élection de M.King, un journal raconte une bonne histoire de truc électoral.Il y a dans le comté de M.McKenzie, au Cap Breton, toute une population d’électeurs écossais d’origine highlander.En 1917, comme les unionistes voulaient battre M.McKenzie, qui avait résisté à leurs avances, ils envoyèrent dans le comté un pasteur de Winnipeg bien connu, M.Gordon, qui a écrit sous le nom de Ralph Connor des romans de l’Ouest canadien.On pensait que son origine, sa renommée et son talent oratoire lui aideraient à décrocher la masse des électeurs de M.McKenzie.Maison avait compté sans celui-ci.A une assemblée où M.Gordon pérorait contre l’élection de M.McKenzie, celui-ci, averti, se présenta avec quelques amis, en plein milieu du discours de M.Gordon, Par courtoisie, celui-ci dut arrêter quelques minutes.Elles se prolongèrent, M.McKenzie serrant la main à tous ses électeurs, à la ronde, s’informant de leur santé, de leurs affaires, et le reste.Finalement, on convint que M.Gordon continuerait son discours, que M.McKenzie parlerait ensuite vingt minutes et que M.Gordon répliquerait.M.Gordon finit sa harangue, mais l’entrée inopinée de M.McKenzie l’avait dérangé et il recouvrit difficilement son équilibre.Sa fin de discours fut vague et inconséquente.M.McKenzie lui succéda, sourit, interpella son auditoire dans une langue inconnue de M.Gordon, qui n’y entendait goutte.M.McKenzie, tout simplement, parlait gaélique, à des Highlanders dont c’est la langue maternelle.Vingt minutes durant, M.Gordon ne comprit rien de rien, M.McKenzie s’en tenant toujours au gaélique.II dit, naturellement, tout ce qu'il voulut de M.Gordon, qui, n’en sachant rien, se (trouva fort mal à l’aise.Vint la réplique de M.Gordon.Elle fut du dernier plat, — car il ignorait ce qu'avait pu dire M.McKenzie.Celui-ci lui serra poliment la main et s’en fut, — au grand amusement de l’auditoire, devant la mine stupéfiée du pasteur-romancier.M.McKenzie gagna son élection et M.Gordon sut s’en consoler en pestant contre le gaélique.Comme quoi on fait bien de s’informer, en temps d’élection, des avantages linguistiques de son adversaire! „ _ G.P.La session d* Ottawa Une séance excitante Le ministère King n’a qu e 17 de majorité, sur une question importante — Lea deux oppositions n’ont pas voulu le ren verser — Encore le sujet des taux de tran:port.Ottawa, 4.— Les deux séances d’aujourd’hui ont été des plus excitantes qui ont eu lieu depuis e commencement de la session.M Kennedy propose, en effet, dès le début, une reso’ntion pour former un comité parlementaire chargé 'lé-tudier la question des taux de transport; et tout de suite au commencement, il devient évident que les progressistes et les conservateurs vont s’unir contre les libéraux.A mesure que le temps passe, l’alliance devient de plus en plus évidente et déclarée, les passes d’armes se multiplient entre les deux adversaires, M.Meighen, M.King et M.Cre-rar font chacun deux discours, et l’excitation règne à son plus haut degré.Dans la soirée, les conservateurs introduisent un amendement qui n’a l’appui ni des progressistes, ni des libéraux et la situation reste incertaine et inquiétante, au milieu de tous les discours prolixes, jusqu’à minuit, heure à laquelle le vote est pris.Mais on sent un peu tout le temps que les deux oppositions ne veulent pas mettre le gouvernement en minorité; et c’est pourquoi le gouvernement obtient sur sa résolution une majorité de 17 voix, la coalition ne réunissant que 92 voix alors que les libéraux réunis en masse alignent 109 députés à leurs sièges.Huit progressistes étaient absents, quatre conservateurs avaient pairé tandis (jue d’autres n’étaient pas en Chambre et trois progressistes indépendants appuyaient le gouvernement.Le vote sur l’amendement conservateur présenté par M.Drayton fut moins heureux; M.Drayton fut battu par une majorité de 132 voix, les progressistes et les libéraux ralliant leurs forces contre les 35 députés de M.Meighen présents en Chambre.Comme on le voit les cartes politiques toujours très mêlées depuis les débuts de la session, l’étaient encore aujourd’hui plus que d’habitude.LES TAUX DE TRANSPORT La question n’était pas sans importance.La question des taux de transport occupe actuellement tout le monde commercial canadien et elle doit occuper aussi tous ceux qui s’intéressent à l’unité nationale du Canada.Le gouvernement libéral selon les déclarations de M.Kennedy, ministre des chemins de fer et de M.King, premier ministre, est disposé à réduire ces taux, dans l’intérêt du commerce.Ia:s salaires ont baissé, ainsi que le coût des matières premières et tout le monde insiste pour que cette réduction se fasse le plus tôt possible afin de faciliter les relations com-merciiaies entre provinces.Quelque chose doit se faire immédiatement, parce que l’entente de la Passe-du-nid-de-corbeau doi être remise en force le 2 juillet prochain et qu’à cette date la commission des chemins de fer qui fixe actuellement les taux, n’aura plus le pouvoir de retarder ce retour à l’ancien état de choses.Le gouvernement libéral, fidèle à la politique qu’il suit depuis le 6 décembre dernier, n’arrive pas avec une politique définie et ne présente pas une législation définitive qui pourrait être défaite par les deux opposi-1 lions et le mettre en minorité.Il I veut simplement la formation d’un comité parlementaire chargé d’étu-: (lier la question, de recueillir les renseignements et les témoignages.I Lorsque ce comité aura fait son rapport, le ministère fondera sa conduite sur les conclusions qui lui seront présentées et pourra agir sans crainte.Présenté sous forme de résolution, ce projet a été accepté par ie vote, mais les deux partis -• -, f* WV\\ J/ ^ si A Vf ! / * 2* a «f £ m il J/ « m f M 4.0 w.% PlUS ^ H ^ P,U1 tion^fr^TifeVltSi^on *
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