Le devoir, 21 septembre 1922, jeudi 21 septembre 1922
VOLUME XIII.—No 220 MONTREAL, JEUDI 21 SEPTEMBRE 1922 TROIS SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste î mmb» Édition quotidienne \ M| CANADA.f«00 Etatn-Unia et Empira BriUnniqua $8.00 UNION POSTALS.«10.09 H| HW Édition hebdomadaire HBI ¦ W CANADA.«2 00 ^W W M ETATS-UNIS BT UNION POSTALE.«3.00 Directeurs HENRI BOURASSA DEVOIR Rédaction et administration fi, RUE SAINT-VINCENT MONTREAL TÉLÉPHONE: Main 7433 SERVICE DE NUJT : Rédaetloa, Main 6121 __ AdmiaxatniUis.Mais 6163 FAIS CE QUE DOIS! M.King attend toujours M.Lloyd George m m.« .nur t'nn rtutf //• nu ! A sî.-i t r , ¦ A .• Ne nous endormons point.Appuyons - “Sauvez- Le cabinet n’a pas encore dit non -ies protestataires anglo-canadiens vous vous-mêmes” — Pour aujourd’hui et pour demain — Toujours le clou.Au risque de paraître indûment pessimiste et fastidieux, il nous faut répéter encore: Ne nous endormons point! Agissons! La violence de la crise paraît abattue, ilj a dans le public un désir fort naturel de croire que tout est fini.Mais il ne faut pas oublier que, si le gouvernement semble incliner vers l’abstention, il n’a pas encore opposé aux propositions de Londres un non catégorique.La question reste ouverte.On peut être sûr d’abord que l’élément interventionniste ne lâchera pas prise.S’il ne peut obteûir des hommes, il tentera tout au moins d’arracher un texte favorable, une promesse conditionnelle, quelque chose qui puisse lui sauver la face.Les hommes de Londres ne négligeront aucun effort pour ne pas avoir l’air d’encaisser un échec complet.D’autre part, les circonstances peuvent donner à l’agitation interventionniste chez nous un point d’appui considérable, un élan vigoureux.Les dépêches de ce matin laissent prévoir la possibilité d’un conflit anglo-turc très prochain, d’un choc presque immédiat entre les armées qui se font face près de Constantinople.Voyez-vous l’effet que la presse interventionniste saura, s’il se produit, tirer de l’événement?Nous répétons donc avec M.Bourassa: Ne vous lassez point de faire sur vos députés et par eux sur les ministres une pression méthodique et intelligente.Nous savons que, de l’autre côté, on ne ralentira point son travail, que l’assaut viendra à la fois de Londres et des centres impérialistes du pays.Fortifions les hommes politiques qui veulent servir les intérêts supérieurs du Canada, prouvons-ieur qu’ils ont avec eux l’opinion publique, per-mettons-leur d’opposer ce fait aux pressions adverses.Du côté anglo-canadien, de bonnes nouvelles nous arrivent.Des résistances se dessinent, à Toronto même.Aidons les protestataires en leur démontrant qu’ils peuvent compter, de notre part, sur un appui solide.C’est un point sur lequel Canadiens de toutes origines peuvent se donner la main.L’un de nos confrères disait l’autre jour : En tout cas, si guerre il y a, ira gui voudra.Il ne saurait être question cette fois de conscription.Nous ne voulons pas inutilement évoquer des fantômes odieux; mais, enfin, il faut bien regarder en face les réalités.Si la guerre s’engage, si nous èn sommes et qu’elle sé prolonge, qui vous garantit que l’affaire ne se terminera point encore une fois par la conscription?En 1914, nous avons averti le public que telle pourrait être la finale, de notre aventure européenne.On n’a pas voulu nous croire, alors.L’expérience devrait rendre moins sceptique.En ces choses, on sait où cela commence, rarement où cela peut finir.C’est l’histoire des déclarations faites pour l’effet moral, chèques en blanc où l’événement vient parfois inscrire de terribles échéances.Avec des souvenirs si frais encore dans toutes les mémoires, nous serions inexcusables de ne pas songer aux lointaines répercussions des actes qu’on nous demande de poser.A ceux qui, songeant aux conséquences d’une nouvelle intervention militaire en Europe ou en Asie, s’écrient — dans l'intimité: Mais où tout cela nous mènera-t-il?et le pays n est-il pas assez endetté comme cela?nous disons simplement: Mais sauvez-vous vous-mêmes! Tout ce que vous ferez aujourd’hui pour faire entendre au gouvernement que vous ne voulez point de l’intervention peut représenter pour vous et les vôtres une économie de sang et d’argent.Votre silence, votre inaction, en face du tapage des impérialistes, sont lourds de conséquences que vous regretterez amèrement.Croyez-vous que si, au cours de la période 1914-1918, tous ceux qui trouvaient que le Canada en avait assez fait avaient eu le courage de le dire, nous en serions au point d’aujourd’hui?Sauvons-nous nous-même, et travaillons à la fois pour aujourd’hui et pour demain.Car — est-il besoin de le répéter ici?— la crise actuelle a ses rueines dans le passé, elle aura son prolongement dans l’avenir.Une victoire, de quelque côté que ce soit, ne saurait manquer d'avoir des répercussions qui dépasseront de beaucoup l’heure présente.* C’est l’un des motifs qui commanderont, de la part des homines de Londres et de leurs alliés du pays, le plus intense effort.Que ce soit aussi l’un des facteurs de notre résistance.Et, puisque nous avons la chance que le clou morde déjà, que des Anglo-Canadiens tapent avec nous sur sa tête solide, sachons ne pas lâcher prise.Orner HEROUX.verts affirment que Von met te pu blic suiis une fausse impression.C’est comme dans la chanson : “Cet homme, cette bourrique ne t’était pas tout exposé de son côté comment certains métaux tels l’or, l’argent, le cuivre, le laiton, une1 fois posés sur du zinc s’y incor-noraient intimement et les propriétés du nickel pour prévenir cette fusion.Le nickel est absolument réfractaire à s’incorporer au zinc de cette façon et peut servir comme nré'ventif., , „ M.Norman B.Pilling a traité dun sidet de majeure importance en ma-chinr-rie.arrive fréi|U6niTncnt nue les machines perdent de façon égale les dimensions primitives soit nar l’usure soit par un défaut de fabrication.Ces machines souvent d’une complexion délicate sont très coûteuses et la moindre usure les rend imoropres.On s’est alors demandé s’il ne serait pas possible de raire l’électrolyse du fer.comme on fait celle de l’or et du cuivre, afin de remettre les couches de fer déjà usées.Des exnériences tentées ont donné les résultats les plus satisfaisants.MM.R.Thompson et C.T.Thomas ont exuosé les procédures les plus sûrs d’obtenir la plus grande pureté dans les sels de nickel.Les commercants se plaignent généralement de la proportion parfois fabuleuse des éléments étrangers que contiennent les sels de n'ckel, mais le plus ennuvçux est que le nickel refuse de se déposer ler M-pOmbrr.k Sainte-Dorothée, * 9 heures .111 'heure solaire'.aura lloli le service anniversaire d’Arthur Ladourour.epoux de hfphlr Ui SEPTEMBRE 1922 LES TURCS OCCUPERONT LA THRACE TELEPHONE EST 8000 LE REPRESENTANT KEMALISTE A CONSTANTINOPLE DIT QUE SES CO-PARTISANS SONT BIEN DECIDES — LES ANGLAIS MOBILISENT TOUS LEURS EFFECTIFS MILITAIRES DANS LA ZONE DES DETROITS.ON PARAIT OPTIMISTE A OTTAWA.Constantinople, 21 (S.P.A.).— Hamid-bey, représentant kémaliste ici, a informé Je correspondant «le la Presse Associée, hier soir, qu’il était certain que l’année turque déclarerait la guerre aux Anglais s’ils tentaient d’empêcher les troupes turques de traverser les détroits pour passer en Thrace.Hamid-bey a exprimé l’espoir que les Anglais verraient l’équité d’ac-rorder aux kémalistes le privilège déjà accordé aux Grecs de se servir des détroits sans molestation.11 entretient peu d’espoir que la conférence de Srayrne entre Kémal-pacha et le général Pelle, haut commissaire français, soit couronnée de succès.11 a déclaré que la détermination du gouvernement d’Angora d’occuper la Thrace était déjà fixée et que rien n«‘ l’en empêcherait à part la reconaissance de ses revendications.Les troupes nationalistes sont déjà massées à la frontière des zones neutres à Istnid et à Tchanak.Des escarmouches auraient eu lieu entre avant-postes anglais et patrouilles d’éclaireurs près de Tchanak.LES ANGLAIS BOUGENT Constantinople, 21 (S.P.A.).— Les Anglais mobilisent tous les navires de guerre, hommes, chevaux, automobiles, canons et carabines dans tout le rayon de la zone neutre.Us s» préparent à porter un terrible coup par terre, par mer et par air, s’ils sont provoqués par l’armée kémaliste.qui, d’après les derrières nouvelles, se concentre fébrilement autour d’fsmid et de Tchanak.(Dépêches de la nuit.) Toutes les casernes anglaises à Constantinople ont été évacuées et les troupes marchent dans les rues de la capitale, ce qui exerce une influence calmante sur les Turcs exubérants.Les soldats anglais sont dirigés vers les points stratégiques des détroits.Le grand quartier général a publié un ordre officiel ordonnant aux femmes .et aux familles d’officiers et de soliiats anglais de se préparer à partir.Des transports contenant des aviateurs anglais, de l'artillerie lourde et des approvisionnements arrivent à Haidarpacha, sur le chemin de fer d’ismid.Les hommes de la garnison de Constantinople construisent des retranchements à Scutari, sur le côté asiatique du Bosphore, qui sera la deuxième ligne de défense, la première étant à Yarinja, petite station de chemin «le fer entre Haidarpacha et Ismid.Les troupes de police anglaises de la capitale sont renforcées et seront probablement aidées par des gendarmes français.On estime que le total de l’effectif anglais à Constantinople et aux Dardanelles est environ de 10,000 hommes, chiffre qui sera porté à 75,000 lorsque les renforts seront arrivés.Ces troupes seront appuyées par les détachements des flottes de l’Atlantique et de la Méditerranée.Les Anglais enrôlent des réfugiés russes possédant un entraînement militaire dans les services auxiliaires.Les Kalmuks russes de la Mandchourie sont enrôlés comme entraîneurs «le chevaux.On s’attend à ce que l’Angleterre ait' plus de 100,000 hommes sur le théâtre du conflit.A TCHANAK Londres, 21 (S.P.A.).— Les quartiers généraux anglais à Tchanak ont conseillé aux chrétiens, aux musulmans et aux juifs d'évacuer la ville qui est en danger d’être bombardée par les kémalts-tes s’ils continuent à avancer, mande une dépêche du correspondant du Times aux Dardanelles.KEMAL TIENT UNE HENCE CONFE- Constantinople, 21 (S.P.A.).— Youssouf Kémal-bey, ministre des affaires étrangères nationaliste, a été mandé à la hàtu d’Angora à Smyrne pour assister à une importante conférence entre Kémal-pacha et le général Pelle, haut commissaire français.On prétend que le général Pelle a soulevé des questions d’une telle délicatesse que Kémal-pacha ne veut pas prendre de décision sans consulter le ministre des affaires étrangères.Les milieux diplomatiques à Constantinople croient que Kémal-pacha réservera sa réponse à la note «les hauts commissaires alliés en date du 18 septembre jusqu’après la conclusion de cette conférence et qu’il attendra que l’Assemblée d’Angora ait pris le vote sur les recommandations qui lui ont été faites.La prolongation du séjour «lu général Pelle à Smyrne donne Heu de croire que l’attaque kémaliste, si elle se matérialise, sera retardée, ce qui donnera le temps aux renforts anglais d’arriver.LE CABINET LLOYD GEORGE! TIENT DES RÉUNIONS Le» esprits semblent inquiets à Londres — Le “Daily Mail” veut que l’Angleterre retire ses troupes de Tchanak — Les ministres discutent.M.MURDOCK EST CATEGORIQUE Le ministre du travail dit qu’il est convaincu que le gouvernement canadien ne s’emballera pas.Québec, 21.— M.James Mur-dock, ministre du travail du Canada, qui s’est embarqué sur le paquebot “Empress of Scotland” pour aller assister à la conférence internationale du travail à Genève, s’est laissé interviewer au sujet de la situation du Canada quant à la guerre possible avec la Turquie.“Je suis convaincu, dit-il, que le Canada ne fera pas de folie.Le cabinet est absolument unanime sur la réponse qui doit être donnée à l’Angleterre.Il parait qi/i y a 70,000 Turcs à combattre aux Dardanelles.Est-ce que l’Anglote" re.la France.ITtalie, la Houmnnic.la Yougoslavie, !n Trhêco-Slovu- COOPERATION NECESSAIRE Le vicomte Grey dit que la Grande-Bretagne doit agir de concert avec la France.Londres, 21, (S/P.A.) — La vicomte Grey de Fnllodon, ancb • secrétaire des Affaires étrangère.-., donne de graves avertissements d désastres futurs si la Grande-Rre-tagn et la France n’c.gissont pas de concert au Levant.Dans une lettn au “Times”, le vicomte Grey dênon ce l’attitude du gouvernement brï tannique, prise par la déclaration (le samedi, touchant la liberH' permanente des Dardanelles.II dit que cette déclaration a été une terrible erreur dont la réponse a été le retrait du drapeau français (V Tchanak.“Si notre erreur est fatale à la coopération franco-anglaise, dit »o vicomte Grey, les conséquences pourront être plus désastreuses qu'on peut le concevoir par la pen Lord Cnrzon, M.Poincaré et le comte Sfnrza étaient en complet accord qu’il ne devait pas y avoir de guerre dans le Proche-Orient, mais lord Curzon a affirmé que la Grande-Bretagne croyait que la présence d’une flotte puissante dans les détroits était nécessaire pour conserver la liberté de passage.L'amiral lord Beatty, de La marine anglaise, et l’amiral Grasset, de la ma ni ne française, ont fait rapport de la situation militaire et navale dans les Dardanelles.On croit que l’amiral Beatty a dit que l’on pouvait assurer la liberté des Dardanelles au moyen de La flotte.Tout en insistant sur leurs revendications sur la Thrace orientale, Andrinople et Constantinople, les Turcs auraient informé M.Poincaré qu’ils *se contenteraient de rester maîtres de l’Asie Mineure jusqu’à ce que la conférence étudie les autres revendications.Le* diplomates français ont confiance «pi’un accord complet avec là Grande-Bretagne sera arrêté lorsque la réunion alliée reprendra vendredi.On prédit ouvertement que les troupes anglaises seront retirées.D’un autre côté, en réponse à une question, on a déclaré à la fin de la soirée en milieu digne de foi que les troupes anglaises n’étaient pas en danger à Chanak, ce qui a donné lieu à la rumeur qu’elles y resteraient peut-être du consentement tacite des Turcs.A part de l’affaire de Chanak, lord Curzon conférera avec le premier ministre Lloyd George sur un autre point.J1 a demandé à la réunion «i’hicr qu’il y ait une conférence préliminaire, mais le comte Sforza a fait observer qu’une telle démarche pourrait facilement être obviée par un accord immédiat entre lès trois puissances les plus intéressées quant aux grandes lignes du traité.M.Poincaré a approuvé cette siwaestion.Lord Curzon déclara «pril consulterait son gouvernement.Le secrétaire des affaires étran- .gères anglais a exprimé sa surpri- pendant vingt-deux se que la France et 1 Italie aient re-‘ ‘ leurs troupes de Lnannk.Il quie n’ont pas assez de soldats pour exterminer ces 70,000 Turcs?Vol là ce que je pense.Je suis convaincu qu’il y a assez de soldats dans les pays alliés pour vaincre les 70, 000 Turcs qui veulent s’empare! des Dardanelles”, répéta-t-il.“Pour tuer un moineau, on n’a pas besoin d’un gros canon”.On lui demanda s’il portera h* question de la guerre devant la conférence internationale du travail à Genève.M.Murdock a ré pondu qu’il n’aura pas besoin
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