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Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 18 août 1924
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1924-08-18, Collections de BAnQ.

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Volume XY No 191 MONTREAL.LUNDI, 18 AOUT 1924 TKUIS SOUS LE WUMEIKI Abonnements par la poste: ggi| ^|||||| **.I u mJ9 EtaU-Unls et Empire Britannique *3.00 BH BB g «Bm «BP üü! UNION POSTALE.$10.00 ¦ IB WÊ B 9B g HB gg BH HP c^.fyahn.Mfr.Mn Bill B w 1 i Hi \W]ÊLjL%t ETATS-UNIS ET UNION POSTALE.bHBBHB BBIHHH BHBB^ BIBBH BV ¦HBB flBHB BB^ Directeur: HENRI BOURASSA Rédaction et administration 336-340 NOTRE-DAME EST MONTREAL TÉLÉPHONE, Main 7460 SERVICE DE NUIT : Rédaction, Main 5181 Adminlatratlon, Mala I15S FAIS CE QUE DOIS ! BEAU DEPART DES PELERINS DU “DEVOIR POUR L’ACADIE * Pour ceux qui restent Et pour compléter l’oeuvre du pèlerinage — Une suggestion intéressante et des exemples topiques — La parole est à nos amis.Les textes de YEvangéline et du Madawaska que nous avons ¦déjà cités, l’article de Y Acadien qu’on trouvera tout à côté, îu (proclamation du maire d'Edinundston, M.Cormier, que nous reproduisons pareillement, suffiraient à manifester l’esprit dans lequel seront accueillis là-bas les pèlerins d’Acadie.Partout, c’est l’appel à de plus intimes relations entre Acadiens et Canadiens français.Et partout pareillement s’exprime l’espoir que ce voyage permettra aux deux groupes de se mieux connaître, de s'intéresser plus activement au sort et à la vie de l’un et de Tautre.Nul accent ne pouvait davantage plaire à ceux qui prirent l’initiative de ce pèlerinage, car ce resserrement de liens fraternels, cette intime et très cordiale collaboration entre Acadiens et Canadiens français, c’est ce qu’ils voulaient et recherchaient d’abord.Nous sommes dès maintenant assurés que le pèlerinage comptera pour beaucoup dans celle oeuvre bienfaisante; nous savons que les pèlerins n’omettront rien de ce qui pourra servir au rapprochement des deux groupes; mais, de même que le pèlerinage devra avoir un lendemain, n’y a-t-il pas pour ceux qui restent, pour ceux qui ont vu partir avec quelque involontaire envie peut-être les privilégiés, d’utiles besognes a faire .* * * Assurément, et nous pourrions tout de suite en énumerer plusieurs; mais deux de nos lecteurs — d’âge, de temperament, de formation et d’habitation même très divers — s accordent a nous prier d’en signaler immédiatement une à notre public.“Pour toutes sortes de raisons qii’U est inutile d’énumerer, nous écrit un jeune avocat qui est en même temps un écrivain de talent, je ne puis faire le voyage d'Acadie., Je n’ai pas besoin d’insister sur le regret que j’en éprouve, vous me comprendrez, mais pour ne pas en être totalement absent, je me permettrai de vous offrir un abonnement d’un an au Devoir et à l Action française que vous voudrez bien attribuer à qui il vous plaira en Acadie, de préférence à un instituteur ou à une institutrice.Si tous ceux qui ne vous accompagneront pas, et qui le peuvent, voulaient bien imiter ce simple petit geste, votre^ initiative trouverait par là un prolongement très efficace.” Et un cure nous adresse en même temps sa souscription, avec le même objectif.L’un et l’autre font ainsi écho—-peut-être sans s’en douter-à un voeu qu’exprimaient récemment, à quelque^ deux nulle milles de distance, deux de nos contrères, l’un du Manitoba, l’autre de l’Acadie: la plus large diffusion, à travers 1 Amérique française, des journaux qui défendent, dans leurs régions respectives, les traditions catholiques et françaises et qui pourraient ainsi servir de plus actifs agents de liaison entre les divers groupes.( , .Recevez d'abord 1rs journaux acadiens, c est entendu, disait à ses compatriotes M.Roy, de YEvangéline, mais si vous le pouvez, recevez aussi l’un des journaux de la province de Quebec qui le méritent.(M.Roy faisait une très nette distinction entre les journaux de notre province qui sont d’abord voués à la defense d’intérêts de parti ou qui exploitent la nouvelle à sensation, et ceux qui s’occupent premièrement de nos grands interets moraux et matériels).Et M.Frémont, de la Liberté de inni-peg, développait ce thème qu'entre tous les moyens de faire se mieux connaître les divers groupes, et de laciliter leur J)^ni-tuellc collaboration, il en est peu d’aussi efficaces que la ditfu-sion dans la province de Québec des journaux des autres provinces et la propagande, dans les provinces en majorité anglaises, des joürnaux de la province de Québec.(M.h rémont, comme M.Roy, parlait naturellement des journaux pour lesquels les questions religieuses et nationales sont choses de premier rang et de première importance.) mais lorsque — comme c’est le cas de nos deux premiers correspondants — nos amis ne sauront à qui adresser le journal, n’auront pôint de préférences particulières, nous nous chargerons de faire servir l’abonnement où il semblera devoir être le plus utile.La parole est maintenant à nos amis.Orner HEROUX.Billet du »otr Sur la plage.Qu’on s’y arrête un moment et l’on ne tardera pas à apercevoir toute l’importance de cette dernière observation.11 ne se passe guère de grande réunion nationale sans que l’on y exprime l’es div tives .Souhaitons que les prochaines réussissent mieux, mais, même si ces dernières réalisaient le désir de leurs auteurs, ces initiatives auraient besoin, pour donner leur plein rendement, d’une atmosphère favorable, d'un service de propagande qui tiendrait les divers groupes au courant de leur vie quotidienne, de leurs luttes et de leurs efforts.Et quel agent pourrait mieux que le journal mener cette propagande et créer cette atmosphère?L » large diffusion proposée par M.Frémont serait la condition même du succès d’un organisme central; elle peut en preparer la mise en train; elle peut, en attendant qu’il se fonde, le suppléer en quelque mesure.Par elle, nos divers groupes prendront une plus nette conscience de leurs situations respectives et de leurs intérêts communs.L’heure de l’action venue, l’effort sera relativement facile et le succès presque assuré.Qu’on nous permette de prendre dans notre expérience propre quelques exemples topiques.Pourquoi notre voyage en Acadie a-t-il tout do suite suscité un tel enthousiasme?Parce que depuis longtemps nos lecteurs sont familiarisés avec les choses d’Acadie.Pourquoi notre appel en faveur de l’école libre de Green Valley n-t-il pareillement obtenu un si rapide succès, alors que d’autres appels lancés (pour d'autres objets) par tel très gros journal restaient presque sans écho?Parce que, grâce à de nombreux articles antérieurs, le nom de Green Valley disait quelque ehùse à nos lecteurs, allait éveiller dans leurs coeurs des fibres toutes prêtes à vibrer.Une plus large diffusion des journaux qui s’occupent de ces questions créera partout un état d’esiprit analogue et facilitera, à l’occasion, les réalisations et les collaborations nécessaires L’échange des journaux, d’une province à l'autre, élargira les horizons, renseignera sur des problèmes que seules les feuilles de telle ou telle régioh peuvent traiter avec une ampleur convenable et une suffisante constance.+ * * Nous n’eussions peut-être pus de nous-mêmes fait la prono-sltlon, mois puisqu’on nous demande de la présenter au public, nous nous rendons volontiers à ce désir, Puisque l’on croit que la diffusion du Journal en Acndic est de nature h compléter et ù prolonger l’oeuvra du pèlerinage, puisque l’on Juge que c’est un bon moyen pour ceux qui restent de participer nu travail de ceux qui sont nartls, nous ferons tout ce qui dépend de nous pour faciliter la besogne des gens de bonne volonté qui veulent agir en ce sans, Nous servirons aussitôt, cela va dfl sol, les abonnements qu'on nous transmettra pour telle oulelle personne déterminée; Des enfants jouent.Leur i amination crée des remparts et des châteaux fragiles dans le sable du rivage; je vois des montagnes et des ravins, des tombeaux où repose quelque trésor enfoui dans fes grains innombrables de la blonde poussière.Plus loin, des acteurs minuscules drapés et revêtus de couleurs éclatantes jouent une comédie, où des génies font revivre une belle jeune fille morte depuis bien des jours; un pauvre hère avait un chien, don d’un génie; on ne voit plus son chien, on s'en informe ‘‘J’étais somnambule”, répond le mendiant, "j’ai dit des bêtises au génie, il m’a enlevé mon chien.” Des embarcations lilliDutiennes, avec des voiles infiniment petites, toutes déployées au vent, dansent sur Veau, retenues par un fil au bout du quai.Parmi des arbrisseaux, il y a une ambulance; un médecin prend le pouls d'un malade dont la voix presque éteinte peut à peine expliquer son mal.Tout ce petit monde qui joue ne croit pas jouer; les frêles embarcations ont, à leurs yeux, toute la solennité des paquebots attendant leur départ dans un port de mer, le sable du rivage a la majesté du désert qui commence et le lac semble un océan aux vagues immenses.Tout à coup, j’entends des pleurs;' une toute petite fille debout sur le quai, regarde jusqu’au fond de l’eau avec ses yeux mouilles comme des pervenches sous la rosée; sa balle vient de tomber; elle dit: "Ma balle est là”, et son chagrin est aussi profond que celui des grandes personnes qui voient tomber dans un abîme sans fond leur plus belle illusion.Un petit homme est là; tout de suite, avec un air de, courage et d’autorité, il enlève ses chaussures et ses bas, relève sa culotte et marche dans l’eau,brave et décidé comme s’il allait secourir quelqu’un en péril; U rapporte la balle et les yeux mouillés se sèchent, _ tandis qu’il s’en va, impassible, indifférent et fin, tel un héros, avec ses chaussures et ses bas au bout de ses bras ballants, comme des rames sur l’eau., , , Sur la plage, dans la lumière d or du soleil, des enfants jouent, leur coeur ouvert à la vie, à l’espoir, a ,oal « ,«¦«.'K»»""' mowope.Bloc-notes A Rimouski Aux dernières nouvelles, les candidats dans le comté de Rimouski ont fort à faire, dès qu’il s’agit de parler de conscription.On a reproché au candidat ministériel, M.Fiset, d’être un ancien conscrip-tionniste qu’il se défend avec vigueur et admet que s’il est général de nom, il n’a “pas l’autorité voulue pour commander même à un régiment de caniches”.Voilà un général qui trouve le titre lourd à porter pendant la bataille présente.Pareillement, il se défend d’avoir été fait Sir au temps de la conscription.“J’ai été fait chevalier en juin et la conscription n’a été votée qu’en août, la meme année”, dit le docteur Fisc».En fait, la conscription n’est devenue véritable loi naie, à Montréal et ailleurs, en 1921.—grève au cours de laquelle les internationaux de Montreal tentèrent d’acculer le Devoir, sur des ordres reçus d’Indianapolis, à cesser de paraître, ou à accepter les dictées de certains czars du travail américains représentés ici par des domestiques incapables de penser par eux-mêmes.*Cette grève aboutit, quant à nous, à la libération du Devoir de l’Internationale et à la fondation du syndicat catholique et national des typographes montréalais.La même grève eut lieu à Toronto.Elle y a coûté plusieurs millions aux grévistes de toute l’Amérique et ceux-ci viennent de la déclarer terminée.Fn des fonction naires supérieurs du syndicat in tcrnational de l’imprimerie vient de révéler à quels abus elle a donné lieu et comment les syndical!» tes de bonne foi s’y sont fait ex ploitcr.Le trésor des grévistes a été pillé par des gens malhonnêtes, au point qu’un machiniste mis sur la liste des grévistes a reçu $2.059 d’indemnité tandis qu’il travaillait comme inspecteur des eaux, qu’un autre, typographe américain sans travail, a perçu à Toronto 81.300 de prétendue indemnité de grève, qu’un Anglais venu d’Angleterre à Toronto exprès pour bénéficier de la grève a réussi à toucher $2,319 d’indemnité, un intermédiaire l’ayant fait porter sur la liste des typographes en grève, etc.On cite le cas d’un balayeur de planchers, dans ua atelier, qui a touché de la même façon $1,800 des fonds perçus des typographes au travail, dans tout le pays, et qui, versant alors le quart ou le sixième de leur salaire au bénéfice des grévistes, s’imaginait aider réellement à des camarades.Il* serait intéressant, maintenant, de savoir quelle indemnité spéciale les meneurs de cette grève, dans tout le.pays, out reçue pour ne rien faire et s’ils n’ont pas été “favorisés” comme les autres donl on a parlé à Toronto samedi.Par un bel après-midi ensoleillé près de trois cents voyageurs ont pris place hier à bord des deux trains qui les transportent vers les provinces maritimes — M.Bourassa est acclamé à la gare par les voyageurs et leurs amis._______________________ i M.l’abbé Michel Vignault,curé à Sainte-Julienne, a dit la messe à Notre-Dame-de-Lourdes hier matin pour une centaine de pèlerins — Messes spéciales à Ottawa et à Lavaltrie.M.Emile Lauvrière souhaite bon voyage aux pèlerins dans un câblogramme — Le maire d’Edmundston demande à tous ses concitoyens de chômer aujour’dhui en l’honneur des pèlerins.Un bilan Tous les lundis, surtout pendant l’été, les journaux donnent un bilan des accidents du samedi et du dimanche.Il est presque toujours très chargé.Ainsi, ce matin, on y compte sept ou huit personnes noyees, quatre ou cinq victimes d’accidents sérieux d’automobiles, — sans parler d’autres qui ont eu des contretemps de toute sorte, dûs à leur impruaence ou à celle d’autres voyageurs.L’individu qui se lève tout d’un coup debout dans une chaloupe remplie de gens qui ne savent pas nager, le chauffeur malhabile, ou gris, ou simplement affolé de vitesse et qui sumagine être seul sur la route, quand il a plusieurs personnes dans sa voiture, ou rencontre à des tournants d’autres voitures, voilà deux des principales causes des accidents mortels survenus sur les rivières ou les chemins, pendant la saison d’été surtout.L’un et l’autre reçoivent d’habitude leur punition sur le coup; mais ils ont pour compagnons, à l’hôpital ou dans la mort, des gens qui se sont très souvent fiés à eux, ou en tout cas ne s’en sont pas assez méfiés pour renoncer à leur comoagnie.Ainsi, d’une semaine à l’autre, la liste des morts violentes ou des graves accidents s’allonge, au point qu’il est maintenant très rare qu’un lundi ne comporte pas sa liste endeuillée.G.P.¦Le grand pèlerinage aradien or-’ ganisé par le Devoir a commencé hier après-midi.A 4 heures précises, deux convois spéciaux de 10 wagons chacun du Chemin de fer National du Canada s’ébranlaient emportant vers la terre acadienne deux cent soixante et dix pèlerins; et bientôt la ligne ondoyante et panachée des trains disparaissait à l’horizon, laissant derrière elle une brume légère.11 faisait un soleil merveilleux qui mettait un air de fête sur toutes les figures et les choses.Les quais étaient envahis par une foule sympathique et joyeuse; jamais départ n’eut lieu avec autant d’entrain de bon aloi.Lorsque M.Henri Bouras-sa.qui a accepté d’être le porle-pa-role des pèlerins en terre acadienne, est apparu, une ovation spontanée a éclaté et immédiatement il a été entouré.Des représentants de la haute finance, du clergé, des professions libérales et des corps de métiers étaient venus faire leurs meilleurs souhaits aux voyageurs et affirmer ainsi leur participation officielle dans le témoignage que la race can adieu ne-française offre à sa soeur acadienne.¦Nombre de toüristes américains s’enquéraient du motif de la manifestation et ne cachaient pas leur ahurissement d’apprendre que des centaines de citoyens parmi ce que la race canadienne-française compte de plus brillant et de plus respectable, délégués par les grandes sociétés nationales et d’importantes institutions commerciales, s’en allaient renouer après plus d’un siècle, et d’une manière remarquable Un bulletin à remplir qu’en août ou septembre 1917; mais sir Robert Borden l’avait annoncée aux Communes et au pays en mai, et il avait déposé son projet de loi devant les Communes peu de jours après son retour d’Angleterre, toujours en mai 1917, — plusieurs semaines avant que sir Eugène Fiset' reçût son titre.Embarras Le Progrès du Golfe, qui suit intelligemment la campagne de Rimouski, dit dans son dernier numéro ce qui suit, entre autres choses, à propos des sujets débattus au cours des assemblées politiques présentes: “Ce ne sont plus les partisans du candidat libéral qui se portent à l'attaque et qui ressuscitent, pour brandir devant les foules, le spectre abhorré de la conscription; mais les conservateurs eux-mêmes qui s’en servent à leur tour pour provoquer les foules à des représailles contre leurs adversaires.En fait, on parie bien un peu de politique générale mai» surtout et d’abord de conscription.Les conservateurs, instinctivement, traînent et agitent le spectre terrible à la tribune populaire et le montrent incarné dans la peau du général Fiset qu'ils appellent, avec un raffinement de férocité, '7e général de la conscription”.Et cette attaque et d’autres du même genre amènent sir Eugène Fiset à se tenir constamment, sans trêve, sur la j défensive, pour parer ou repousser les coups qu’on lui porte.” Une “belle Rtève" On se rappelle peut-être la grève des typographes de Tlnternatlo.O/i trouvera en deuxième page un bulletin d’abonnement à remplir.Nous prions nos omis d’y ins-dire leur nom — s'ils ne sont déjà abonnés — on celui d’un de leurs amis.(Il n est pns défendu, il est même recommmdé d’inscrire plusieurs amis).Enire toutes les propagandes, il n’en est pas de plus urgente que celle de l’abonnement; car elle est à la base de toutes les autres, Plus le journal sera répandu pins il fera de bien.Qu'on profite donc — et le plus tôt possible — de celle occasion.Qu’on se hâte de remplir ou de faire remplir ce bulletin d’abonnement.de disait: “Et ils sont 400,000, mais comment ont-ils fait?” Le Chemin de fer National du Canada avait d’ailleurs bien fait les choses et déployé un luxe extraordinaire.Les wagons-salons, d’une structure ultra moderne, étaient lüisants.nets.Chaque fenêlre était ornée d’un frais bouquet de glaïeuls et cette machine énorme et brutale qu’est un convoi de chemin de fer avait un air pimpant presque gracieux.Les wagons-buffets étaient remplis du personnel de service dans une tenue irréprochable.Les ordres les plus stricts avaient été donnés à cet effet et les pèlerins ont en la joveuse surprise d ctre accueillis avec une courtoisie exemp: tp de cette obséquieuse politesse qui ennuie et assomme.Notons que tous, depuis les chefs jusqu’aux nègres des wagons-lits, parlent le français et ne s’exprimeront qu en français.Aux premiers halètements des locomotives les voyageurs ont entonné l’Ace Maris Stella, l’hymne national acadien.La foule salua une derniere fois et avec l’écho affaibli des derniers versets de l’Ace, les convois disparurent, à un quart d’heure l’un de l’autre.Une messe de bon voyage Ce pèlerinage douloureux dans la terre de souffrances et de martyre que fut l’Acadie ne pouvait être bien compris que dans la prière.Pour bien revivre les sentiments des malheureux qui, en 1755, furent > traînés dans des navires infeets, a- j vec les pires raffinements de bar- ; barie, il fallait répéter avec eux les les Lorsque vint la commu Won, tous lev delegués et plusieurs voyage! allèrent communier pendant que le chant de l’Ave Mans Stella planait, victorieux.Et devant cette toi vive el simple, ces beaux et grands aars qui s’agenouillaient humblement, le mystère de la survivance acadienne à travers îles malheurs inouis s’expliquait, lumineux de clarté.Un peuple qui se confie en Dieu ne peut pas périr et il lui prépare dans les revers dont il Lui plaît de les affliger, les éléments d’une plus grande gloire et d’une plus grande prospérité.Les soldats de Winslow et de Lawrence qui ricanaient devant les cantiques de leurs victimes nc-croyaient pas qu’un jour viendrait où elles se dresseraient vengeresses dans l’histoire pour les marquer au front du fer rouge de toutes les ignominies.Un programme de chant religieux a été exécuté diirant la messe sous la direction de M.Arthur Blaquière, basse chantante.Le choeur a chanté l’Ane Maris Stella.M.J.-O.Audet-te a chanté le Dirige, me de Aug.Moriconi.M.Blaquière a exécuté ensuite le Invent David de O.Fou-qué.L’Ane Maria de S, Rousseau a été chanté par un trio.M, Eudore Piehé était à l’orgue.A Ottawa et à Lavaltrie Une messe a aussi été célébrée à Lavaltrie pour les huit pèlerins de l’endroit par M.l’abbé Donat Martineau, professeur à l’Assomption, qui accompagne les pèlerins.De même a Ottawa, le révérend Père Hébert a célébré une messe spéciale pour les pèlerins qui vont en Acadie.M.Emile Lauvrière envoie ses meilleurs souhaits aux pèlerins d’Acadie Nous avons reçu ce matin de M.Emile Lauvrière, de Bulgnéville, France, l’auteur de la “Tragédie d’un Peuple”, l’histoire du peuple acadien jusqu’à nos jours, dont le travail a été couronné du premier grand prix de l’Académie française, le message suivant: “Mes meilleurs souhaits au pèlerinage acadien”.(Signé) LAUVRIERE fx.Madawaska d’Edmunston.Nouveau-Brunswick, publie la proclamation suivante du maire Cormier à l’occasion du passage des deux trains du Devoir, On sait que les voyageurs du Devoir en Acadie sont arrivés à Edmunston de bonne heure ce matin et que la ville et les associations acadiennes leur ont fait une réception officielle.Ils en sont repartis vers 11 heures pour s’arrêter une heure plus tard à St-Léonard où il» ont eu egalement une réception.Proclamation aux citoyens d’Edmunston Tel qu’annoncé dans nos jour-le Devoir, journal de défen- , nailX.IU UcVOir, lUUiiidi uu a*x.»x ii cantiques qu’ils ch: niaient la gor- ^ ^ nationale, vienf d’organiser le Ce pleine de sanglots lorsque les njjpr pèlerinage des Canadiens français au pays d’Evangélinc.Lundi matin, le 18 août, un grou- pe de deux cents personnalités laïques et ecclésiastiques et un certain nombre de dames et de demoi pjei., soldats de Lawrence et Winslow les poussaient à coups de hayon-nettes sur les navires d’exil.Aussi le pèlerinage a-t-il été inaugure par une messe spéciale à la chapelle Notre-Dame de Lourdes, devant In ; - , (lébarqucron,t ft Edmunston, SSæWS- ÆWtorS.?W : rtP.ru, vm 1 < heur,-, de IV SSfTr-Æ 8"fc îïïïïf.™ I "'i ebulV vosw nT ho-n-v* „ ,1» ! nore est d'effectuer un rapproche- M l’abbé Vigncault.de Sainte-(ment encore plus intime entre les Julienne a célébré la messe.Une deux principaux tronçons français centaine de pèlerins qui avaient pu du Canada, de prendre contant avec arriver à Montréal, pour l’heure | nous, de mieux connaître nos be-fixéc étaient , résents.Dans le i soins afin de nous aider plus cf-coeur étaient MM.les nbbes Etien- ficaccment, et de collaborer avec ne Blanchard et Louis Delignv.Une j nous dans la defense de nos droits nombreuse délégation de la .WiVfé [ les plus sacrés.de rÂisompf/on était venue compo-1 “L’acadie enbere est nerc ci sén de ieunes cens et de jeunes fil- heureuse à l’idée que nos aimables ;____________________________| frères de la province de Québec L’adresse des pèlerins d’Acadie Pour rejoindre les convois du Devoir, pour communiquer avec les pèlerins d'Acadie, il suffit de télégraphier à l'adresse suivante, en la faisant précéder du nom du destinataire ; Le Devoir Spécial, Acadia.' En route.Les compagnies de télégraphe sont prévenues.viennent nous visiter, nous connaître et vivre, quelques jours, notre vie acadienne." C’est le désir des pèlerins de rencontrer autant d’Acadiens que possible.Parlons par l'éloquence j du nombre et munirons ft nos sym-j pathiques visiteurs que nous savons i apprécier les motifs qui les amènent vers nous dans un élan de fraternelle affection.Le conseil de ville d’Edmunston.aidé des autres corps publics, fera une réception officielle à nos frères de la province-soeur, à la saj-1p de l’école où des orateurs #nii-nents se feront entendre.M.Bou- rassa sera du nombre.Un devoir s’impose.L’affection que nous portent nos frères, les motifs de leur visite, la communauté de foi et de sang nous commandent un accueil sincère et vibrant, une bienvenue qui témoigne de notre reconnaissance la plus profonde.J’invite donc toutes les bâtisses publiques de fermer leurs portes, lundi avant-midi, le 18 août prochain.J’invite les citoyens de la ville, des paroisses environnantes, du comté de Madawaska, en générai, et nos frères de l’Etat du Maine, de venir aussi nombreux que possible.J’invite les propriétaires d’automobiles de mettre leurs machines à la disposition des visiteurs de 8.30 à 11 heures, pour les transporter de la station du Transcontinental à l'école publique et retour, en parcourant les rues principales de notre ville.J'invite l’“Harmonie” d’Ed-mundston d’être en corps à la station susdite, et à l’école publique, lieu de la réception officielle.J’invite les braves citoyens d’Ed-mundston de pavoiser leurs maisons pour la circonstance.L’honorable J.-E.Michaud el votre humble serviteur souhaiteront la bienvenue à nos frères de la province de Québec.Edmuston, N.B.Max.-D.Cormier, le 12 août, 1924.Maire.Bienvenue de 1’ “Acadien” de Moncton L'Acadien, de Moncton, Nouvéou-Brunswick, ou arriveront les pole, fins du Devoir, à 8 heures ce soir, pour en repartir à 11 heures après avoir assisté à une grande manifestation, écrit ce qui suit: "Au moment où nous écrivons, environ deux cent cinquante Canadiens français de Québec et de l’Ontario, quelques-uns même des Etats-Unis, sont à la veille de leur départ pour un voyage de plusieurs jour» en te rte acadienne.Le Devoir, dont les directeurs ont conçu le projet de ce voyage et en ont organisé les plus minutieux détails, a rencontré jusqu’ici un succès extraordinaire qui lui a valu des félicitations nombreuses auxquelles nous ajoutons les nôtres.Le succès final Ue l’en-treprisc ne dépend maintenant que du voyage lui-même et de l’accueil que donnera la population acadienne aux distingués Canadiens français qui seront leurs hôtes pendant près d’une semaine."Quant au voyage il sera, à n'en pas douter, ce auquel on peut s’attendre avec une organisation parfaite de la part du Devoir et aussi des autorités de Chemin de fer qui, de l’aveu même du Devoir, n’ont rien ménagé pour assurer aux voyageurs un confort et un service de premier ordre.“De l’accueil que les visiteurs recevront dans les* centres acadiens tlti Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, nous n’avons aucune hésitation à dire qu’il traduira en tout et partout les sentiments qui conviennent entre frères.De fait les Acadiens apprécient la valeur des raisons invoquées comme ; motif de ce voyage chez eux.Peut-l être ne trouvera-t-on pas en Acadie les “leçons de courage et de persévérance" auxquelles faisait allusion M.Héroux dans un récent article du Devoir, mais on peut être assuré d’y trouver au moins le désir de travailler au rapprochement des deux groupes acadien et cana-dien-français.“Pour en arriver à ce rapprochement, il faut sc connaître davantage et ce sera là le résultat le plus efficace de ce pèlerinage de Canadiens français au pays d’Evangétine.“Les visiteurs verront au cours do leur voyage des souvenirs historiques qu’ils sauront aporécièr.Ils viendront en contact avec une population dont les principales richesses sont ce qu’elle a conservé des traditions et des moeurs de ses ancêtres.Iis trouveront ici le même verbe français que l’on parle dans leur province et la même hospitalité française.Iis rencontreront ici, en un mol, des Acadiens chez lesquels ils sont cl seront toujours les bienvenus.“Et en traduisant les sentiments de bienvenue des Acadiens à l'endroit de leurs frères canndicns-français, notre humble journal y ajoute les siens avec le.souhait que leur séjour en terre acadienne soit (les plus heureux et qu’ils en remportent les meilleurs souvenirs.Voir dernières nouvelles du voyage en page 3.VOIR EN PAGE 2 La liste officielle des délégations et des voyageurs en Aca&e. 2 m DH.VUIK, MüMHEAL.LUMJi.18 AOUT 1924 LE PIQUE-NIQUE LIBERAL DE L’ASSOCIATION DORION-ST-DENIS M.Cardin a été le principal orateur hier après-midi — Il prédit la victoire de M.Hushion dans Saint-Antoine et dit que son parti s’occupe du peuple d’abord et des classes ensuite — M.Jean Denis fait une distinction entre les libéraux d'autrefois et ceux d'aujourd'hui — M.Saint-Père et M.Séguin font l’éloge de leur parti — Discours de MM.L.-C.Farly, le Docteur Gervais et S.Lafrenière.Berthierville, 18, (De notre envoyé spécial).— Un dimanche ensoleillé, dès champs fleuris, à cet te époque, de mufliers Jaunes et de chicorée sauvage bleue, sont peut-être pour la plupart des humains une raison de prendre leurs ébats ou de pique-niquer autrement qu’cn compagnie de fidèles de dame Politique.C’est asses vraisemblablement ce qui explique, en une certaine mesure, que le pique-nique de l’Association libérale Dorion-Saint-Denis n’a pas attiré une foule aussi grande que la proximité d’une ville comme Berthier et que les moyens de transport divers et multiples auraient semblé promettre.Et, somme toute, l’auditoire des orateurs libéraux d’hier était de bien peu plus considérable que celui de l’île Grosbois dimanche dernier.La foule s’était assemblée sur le terrain des expositions, et ce terrain, ainsi que l’a fait remarquer dans son discours le Dr Arthur Denis, dépulé de la division St-Denis aux Communes, ayant accoutumé d'offrir “légumes et bestiaux" à l'admiration des gens donnait en ca jour "un autre genre d’exposition,” C’est d’ailleurs sous le patronage du Dr Denis et sous la présidenre de M.L.-C.Farly que le pique-nique avait lieu.Plusieurs orateurs se sont fait entendre.Outre M.P.-J.-A.Cardin, ministre de la marine et des pêcheries et le docteur Denis, le docteur Théodore Gervais, maire de Berthier, M.L.-C.Farly, de l'Association libérale Dorion-St-Denis, M.E.-C.Saint-Père, député d’Hochela-ga aux Communes, M.,îean-.I.Denis, député de Jolèette, M.P.-A.Séguin, député de l’Assomption, M.S.Lafrenière, député de Berthier, e! quelques autre Icnce de la politique libérale laquelle “ne connaît pas de races, pas de religions, mais le Canada".M.Saint-
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