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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
mardi 9 septembre 1924
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1924-09-09, Collections de BAnQ.

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Volume XV — No 212.Abonnements par la poste: 1 Bditvofi quotidienne (TAKADA.S® 00 EttU'Un'.s et £mph« Britannique .18.00 OT-fOX POSTALE.fl 0.00 Édition hebdomadaire CANADA.®*0O JH JÊ ETATS-ÜISiS ET l'NION POSTALE.$3.00 - - , ^ Directeur : HENRI BOURASSA MONTREAL, MARDI, 9 SEPTEMBRE 1924 TROIS SOUS LE NUMERO DEVOIR Rédaction et administration 336-340 NOTRE-DAME EST MONTREAL TÉLÉPHONEi Main 746L SERVICE DE NUIT : Rédaction, Main 5121 Admialatratioii, Mala 5151 FAIS CE QUE DOIS! Un avertissement nous vient de Toronto \ Les arguments contre le gratte-ciel Nous avions autrefois un règlement sage, original, purement local qui limitait la hauteur de la construction à dix étages.Il n’y a point de règlement sage qui résiste à une administration sans idée, sans personnalité, imbue de tout ce qui est américain ou ontarien.Notre règlement a été saboté.Nous avons ou nous aurons avant, en tout cas, que ne soit achevé l’hotel de ville, un édifice à seize étages.C’est le moment que choisit 1’ “Ontario Association of Architects” pour condamner par la bouche du lieutenant-colonel Moorehouse, président du Chapitre de Toronto, le gratte-ciel ou “sky-scraper.” M.Moorehouse, dans le rapport qu’il vient de soumettre a ses collègues, résume les arguments contre la construction démesurément élevée.Ces arguments ne sont pas tous neufs.Il en est que le bon sens impose et que nos lecteurs ont trouvés ici exposés; il en est d’autres, par contre, qui nous ont frappes par leur élément de nouveauté.II ne peut être inutile de les transcrire ici où nous devons continuer la lutte contre le gratte-ciel, au moment où on la lance dans les villes depuis longtemps victimes de ce dangereux enfantillage américain.* 4= * La dépêche du ‘Star”, qui résume ces arguments ne les donne pas non plus tous; mais elle cite les principaux qui sont comme suit: (1) Ils nuisent à la santé publique en diminuant l’espace d’éclairage, d’insolation et d’air; (2) Ils nuisent à la sécurité pubüque en accroissant les risques d’incendic et de panique et, indirectement, en augmentant la congestion des rues; (3) Ils causent une répartition injuste de la valeur immo- u bilièrp, rendant difficiles les évaluations éepiitables et, en fin de compte, ils amoindrissent la valeur moyenne des propriétés foncières; (4) Ils empêchent un développement rationnel de la ville et le remplacement des constructions démodées; (5) Us compliquent les embarras de la circulation et les problèmes du transport.* * * M.Moorehouse déclare — cela répond à l’argument de ceux qui prétendent que le gratte-ciel ne peut être un danger d’augmentation des incendies — que ces constructions censées à l’épreuve des flammes ne le sont pas du tout.Et il conseille une pratique à laquelle notre service d’hygiène municipale voulait naguère qu’on s’en tînt, à savoir que la hauteur des constructions soit hmitée au double de la largeur de la rue, mais qu’elle ne dépasse en aucun cas 130 pieds.Des résolutions résumant les recommandations du rapport Moorehouse seront adoptées, pense-t-on, par le “Royal Canadian Institute of Architects”.Nous ne doutons pas que, comme ce corps est surtout anglais et que le mouvement a pris naissance dans la ville de Toronto, ville qui pâtit encore, à l’heure actuelle, du gratte-ciel, il ne produise une certaine impression à Montréal.*TV ^ Mais il est regrettable qu’il se fasse si tard sentir.Nos autorités municipales ne se seraient peut-être pas départies sans cela de la sage pratique suivie par les prédécesseurs et conseillée par fous ceux qui peuvent garder leur tète, même en présence des extravagantes demandes faites par de puissantes compagnies financières.Quelles que soient les précautions prises, le règlement a été touché et n’y survivra probablement pas.Nous avions d’ailleurs la situation idéale, car nous étions protégés contre tout genre de gratte-ciel et s'il y a quelque chose qui vaut mieux que le gratte-ciel contrôlé, c’est sûrement l’absence totale de gratte-ciel.Et qu'on note bien que tous les arguments que l'on fait valoir contre ce genre de construction funambulesque trouvent une application d’autant plus juste et pleine à Montréal qu'il est universellement admis que le problème du transport passe chez nous à travers une période très difficile, el est presque sans remède.Nous en sommes rendus à un point où seule la construction d’un métropolitain ou réseau souterrain de tramways pourrait soulager les voitures de surface; et nous hésitons cependant à le construire, effrayés du coût et frappés par le temps nécessairement très long qui s’écoulera entre le commencement de la construction et la mise en exploitation d’un pareil réseau.C’est un remède à lente efficacité.Et cc qu’il nous faudrait c’cst un remède immédiat.N’allons donc pas, sciemment et volontairement, compliquer la situation, en dépit des avertissements qui nous sont gratuitement donnés par les plus hautes autorités canadiennes en matière de construction, et multiplier les embarras de la construction par le gratte-ciel.Songeons donc enfin ;V prévoir et à ordonner le développement do cette pauvre ville de Montréal qui pousse à la diable et de laide façon, comme la denture d'un rachitique.Louis DUPIRE.Hecla qui économise une tonne de charbon sur sept, ne l'oubliez pas, et chauffe cette belle maison que vous voyez dans un paysage d’hiver.Ou bien c'est l’inévitable sa-yon Palmolive.Ve l'avons-nous pas assez contemplé, tous, ce “teint de l'écolière’’?Est-il quelqu'un qui ignore que l’avenir d'une jeune fille dépend d'ellc-mème si elle emploie le joli savon vert?se trouve-t-il au Canada un homme assez ignorant pour ne pas savoir qu’une peau bien nettoyée par le Palmolive conserve aux demoiselles prudentes des charmes sûrs pour la quarantaine?Et le Coca-Cola?Comment se résigner à en boire lorsqu’on a vu autant de fois la gigantesque voiture de livraison chargée de bouteilles jusqu'au faite traverser la place publique d’une ville, avec son homme de police qui arrête la circulation, et ses promeneurs empressés?Cauchemar des yeux, cauchemar de tous les instants, ou l’on se débat avec angoisse, comme en rêve, au milieu de ces tableaux cent fois, dix mille fois vus, qui s’imposent à l’oeil avec Insistance, s’incrustent, s'impriment, se gravent sur la rétine; qui nous harassent, nous poursuivent, profitent de la moindre distraction pour s’imposer à nous, toujours pareils, toujours les mêmes, toujours identiques.Un instant de distraction, un vague à l’âme d'un quart de seconde, et les voilà qui accourent tous, comme de petits diablotins, et ne nous laissent aucune seconde de répit.Il y a pourtant toutes sortes d’annonces.C’est l’annonce simple de la Ford qui convient à toutes les.bourses et à toutes les entreprises.Une ligne, et c’est tout.Puis l’annonce grave et sentencieuse se sert d’un proverbe ou en crée un.L’annonce Imbécile, mal dessinée vient ensuite avec sa légende rébarbative.Que dire de l’annonce incolore qui énonce un fait sans plus, donne l’adresse, l’année de fondation de ta maison, etc.?Puis il y a l’annonce humoristique.C’est la seule vour laquelle, on se sent un peu d’indulgence et que l’on retrouve entre ses compagnes comme une vieille amie.Son seul défaut est de trop insister, comme un cavalier servant trop fidèle, auprès de sa dulcinée^ et de ne pas comprendre que l’absence possède quelquefois ses charmes.Mais on lut pardonne plus, car elle s'est un peu plus mise en pëine de nous intéresser, et elle a éveillé un sourire la première fois qu'on l’a vue.Ce bon gros boeuf qui flaire une minuscule, bouteille ' B ‘ L’actualité Les annonces L'ingéniosité et les ressources des annonceurs sont aujourd’hui quelque chose de terrible.Balzac, dans un ou deux de ses romans, avait prévu le rôle immense qu’ils joueraient dans la vie commerciale moderne.Mais celle fois-tà, son imagination désordonnée et tumultueuse ne fut pas de taille.Ses créations sont des pygmées à côté des géants que nous offre aujourd'hui la réalité.Et il existe autant de différence entre la fortune d’un Ford, ftar exemple, et cette du père Grandet que le grand romancier croyait insurpassable, qu’entre le développement qu'il avait deviné pour l'annonce et celte qu elle a prise.On dit quelquefois que la multiplicité de l’annonce et son abondance infinie ont tué l'efficacité qu’elle pouvait avoir dès te début.Cette assertion peut être vraie pour une classe de gens.Elle est certainement fausse pour une autre classe, et c’est la classe des gens qui voyagent en tramways.Emprisonnés et tassés les uns sur les autres, pour un long trajet, ces messieurs que leur résidence lointaine contraint à plusieurs voyages quotidiens n'ont d’autre délassement et d’autre distraction que l'annonce qui leur tire l'oeil au plafond ou s'étale de chaque côté de lu rue, sur les vastes panneaux colorés.U n'y a aucun moyen pour eux de s'en défendre.Le journal offre quelquefois un asile incertain, mais toujours temporaire.Le livre hésite à entrer dans ces endroits encombrés.Alors désoeuvrés, inactives, les pauvres victimes restent sans défense contre le bourreau qui les guette.Après avoir scruté longtemps une physionomie amusante, te regard se lève de lui-même.Et voilà une bien jolie femme qui leur sourit de là-haut, en toilette infiniment propre, tout en lavant de jolis chiffons dans Rinso on dans Lux.Le regard se détourne aussitôt de ce spectacle trop vu.mais, comment ne s'accroche-rait-il pas à une chemise Arrow immaculée qui possède toutes les qualités de brillant, de fini, de souplesse nécessaires pour vêtir un millionnaire?Veut-fl passer ailleurs.le faux-col Kant-Krease avec ses K à l'allemande le harponne au passage.Alors lassée, h victime fait un effort et ramène ses yeux à la rue.C'est le beau percheron noir de la bière Black Horse qui en profite aussitôt, bien qu'il soit si calme, avec le nez sur une gentille bouteille de bière.C'est la fournaise \ de Bovril en s’écriant; "Hétas, mon pauvre frère" éveille beaucoup de sympathie.S’il se précipite, au contraire, sur un pauvre vieillard assis dans une chaise roulante, les genoux enveloppés de couvertes, et lut fait subitement retrouver l’usage de ses jambes pendant que le serviteur, pris de peur, s'enfuit en courant dans le lointain, on reconnaît vite les mérites cachés sous un symbole.Comment ne.pas avoir pitié, non plus, de ce petit garçonnet de la poudre Magique et constamment poursuivi par le gros homme de police qui a l’atr de saisir l’humour de la situation.U lui arrive tant d’aventures.Il se baigne à des endroits défendus, U pêche où il ne faut pas, il joue à la balle au camp dans les rues, et presque toujours on le conduit au poste par l’oreille, sa chaudière à la main et son petit chien suivant en arrière la tête basse.Quelquefois aussi on lut accorde sa revanche.Il descend une pente à toute vitesse, assis sur son traîneau, et le gros homme de police se courbe avec difficulté un peu plus bas, pour ramasser une mitaine.Voilà une dangereuse collision qui se prépare, mats n’effraie jyas notre petit homme.Les petites ménagères hollandaises qui poursuivent aussi la poussière de leur bâton mettent bien de la vigueur dans leur tâche.Mats en tout et partout, les annonceurs ont tellement enfoncé Balzac qu'ils font du décor de nos utiles un éternel martyre.Quelquefois on se prend à penser que le supplice que les sauvages infligeaient à leurs prisonniers en les faisant passer entre les deux rangs de mécréants armés de baguettes dont Us fouettaient leurs victimes n’était pas si terrible.Plus Inventifs, ils tes auraient fait passer quatre ou cinq fois par jour entre deux rangées d'annonces toujours les mêmes.___ ^ _ 20ILE.Lettre d’Ottawa Les griefs des provinces maritimes Après avoir gavé l'ouest, le gouvernement libéral songe à les panser — Le commerce avec les Antilles — Difficultés d’ordre pratique Ottawa, le 8.— Les Provinces Maritimes sont aujourd'hui pour le gouvernement un problème politique autant qu’un problème économique.La solution du second problème réglerait cependant du coup le» deux questions, comme une clef qui ouvrirait deux serrures é la fois, ou une pierre qui tuerait deux oiseaux.Cependant cette solution merveilleuse est difficile è trouver, à appliquer ensuite de manière à ce qu’elle produise ses résultats assez têt pour influer sur les prochglns conflits électoraux.On sait qu’à la dernière élection générale, lTle-du-Prince-Edouard et la Nouvelle-Ecosse envoyèrent au parlement un bloc solide de 20 députés libéraux.Le Nouveau-Brunswick ne suivit pas tout à fait cet exemple et s« contenta de fournir au gouvernement la moitié de sa représentation.I-a vague montante du libéralisme avait donc passé par là avec force, submergeant à peu près tout.D’où vient donc que moins de deux ans après ce triomphe, le cabinet se vit enlever deux sièges libéraux par deux candidats conservateurs, Je siège de Kent et celui de Halifax?La réponse est simple.Le gouvernement avait fait plus pour les provinces de l’Ouest qu’il n’avait fait pour les Provinces Maritimes.Et celles-ci étaient jalouses parce qu’elle se disaient avec assez de raison qu’elles possédaient une trentaine de députés dans les rangs ministériels, tandis que l’Ouest n’en avait pas, et qu’ainsi elles méritaient plus de considération.Elles pensaient aussi que les problèmes du bord de l’Atlantique étaient aussi importants que ceux des prairies, que la population qui vivait là souffrait autant de conditions adverses que celle du centre du Canada, que la dépression commerciale, l’émigration aux Etats-Unis, les taux élevés de transport, l’inactivité des ports sévissaient avec assez de rigueur pour que le premier ministre et ses collègues s’en occupassent un peu plus.C’est en jouant sur cette jalousie et en l’excitant que les conservateurs remportèrent deux victoires éclatantes.Aujourd’hui encore, ils suivent la meme tactique et M.Meighen dit aux électeurs de Northumberland qu’il s’est opposé à la remise en vigueur des taux de la passe du nid du Corbeau qui sont pour l’Ouest un plus beau cadeau que les Provinces Maritimes en obtiendront jamais.LA CHEVRE ET LE CHOU Les libéraux ont compris cette leçon, lis ont continué à donner des satisfactions aux progressistes avec le désir évident de faire rentrer au bercail les brebis égarées, mais ils ont tenté en même temps de retenir les Provinces Maritimes dont ils ont certainement besoin pour se maintenir au pouvoir.Ils ont aidé aux ports de l’Atlantique en modifiant la préférence britannique, ils ont diminué légèrement tes taux de transport, ils ont dégrevé de la taxe des ventes ou d’une partie dos droits tarifaires certains articles que l’on vend ou que l’on achète particulièrement par là, ils ont fait voter une somfhe suffisante pour faire des expériences sur le coiit de transport de leur charbon, et enfin ils s’occupent du commerce des provinces atlantiques avec les Antilles.Ils ont mis toute leur espérance dans cette dernière solution.Durant la dernière session, en effet, les députés qui viennent de cette partie du pays ont fait de grands discours sur le sujet.Ils y sont revenus à plusieurs reprises et ont insisté tant et plus.Les fruits de ces régions tropicales.ont-ils plaidé, nous arrivent aujourd'hui par l’entremise des Etats-Unis.Leux-ci, servant d’intermédiaires, récoltent des profits qui nous reviennent de droit.Ils fournissent encore à ees possesssions anglaises une infinité de choses dont elles ont besoin, que le Canada produit, et qu’il pourrait donner en échange de ce qu’il achète.Les Antilles, enfin, seraient pour les Provinces Maritimes, le meilleur marché du monde par la proximité, par la nature des produits de chaque région, par la facilité des communications a établir, par le fait que l’une et l’autre parties sont terres britanniques et anglaises En un mot.des députés comme M.l.ogan.M.Finn, M.Hughes ne semblaient voir qu’une vole par où les Province* Maritimes pouvaient sortir du marasme pour s’en aller vers le succès, et cette voie était l’établissement de relations commerciales avec les Antilles.SOLUTION COMPLIQUEE EN PRATIQUE Cette solution si simple à première vue est bien compliquée dans la pratique.li existe déjà un traité commercial entre le Canada et les Antilles.Adopté en 1921.il ne semble avoir eu aucun effet digne de mention sur les échanges commerciaux des deux pays.Alors que le volume du commerce n’était que d’une dizaine de millions, il a augmenté de 8200,000 à Ç400.000 environ.Inutile de dire que le pacte avait fait naître de plus grandes espérances.Alors on a conclu que le succès serait plus difficile à obtenir qu’on le pensait.Les Etats-Unis cultivent depuis plus longtemps que nous le marché des Antilles.Ils en sont plus rapprochés.Leur emprise est forte.Elle remonte à des époques anriennes.C’est ce concurrent redoutable qu’il s’agirait d’évincer parce qu’il occupe maintenant la place; e’est tout un courant commercial qu'il faudrait détourner afin de le diriger dans de nouveaux canaux.Pour en venir à ces fins, nous ont dit les députés des provinces mari-Lmes, i'i serait nécessaire tout d'abord d'augmenter le nombre de nos représentants commerciaux là-bas, de les choisir mieux que par le passé, de 1rs nommer pleins d’initiative, et de les envoyer enfin au bon endroit M.I/Ogan, qui avait fait par là.un voyage de convalescence et d’observations, « facilennent persuadé la Chambre de la nécessité des changements.Il Va même amusée longuement en racontant les diffi-cultés qu’il a rencontrées pour mettre la main sur notre représentant relégué au fond d'un petit hameau sans commerce dans une masure digne, des vagabonds.Il nous a parlé aussi d’un certain représentant originaire d'Ecosse qui n’avait fait que passer au Lanark) pour aller tout de suite intensifier notre commerce là-bas.SERVICE MARITIME AVEC LES ANTILLES Après la représentation, viennent les moyens de transport.Mettre aujourd’hui en service entre les deux pays les navires qui suffiraient à transporter les produits qu’on espère plus tard, c’est les condamner à tra-vaiWer à perle pendant une période plus ou moins tongue.Ne pas les mettre en service, c’est empêcher ce commerce de naitre.Dilemme embarrassant pour un pays qui comme le nôtre se trouve chargé d’une aussi forte dette de guerre, et qui aurait besoin de résultats sans avoir trop rie sacrifices pécunaires à consentir.Mais, enfin, les députés des provinces maritimes ont plaidé leur cause avec tant d’insistance que le gouvernement a fini par les écouter.Il a promis de prendre la question en considération.Et maintenant.M.Low, ministre du commerce, partira probablement avec une petite délégation d'hommes d'affaires pour étudier le problème sur place.On dit déjà que le gouvenement oubliera l'étiquette, qu*iî agira avecil’efficacité d'une compagnie privée et se renseignera moins officiellement que sûrement.L’expédDion doit partir dans un mois.On ne peut que souhaiter un vif succès à cette délégation.Inutile de répéter ici que les provinces maritimes peuvent difficilement nouer des relations commerciales avec le reste du Canada parce qu’elles en sont trop éloignées, qu’elles peuvent difficilement en nouer avec les Etats-Unis, parce que le tarif américain est trop élevé, et qtt’ain-si elles se trouvent emmurées vivantes dans leurs frontières.Le développement de leur commerce avec les Antilles ouvrirait une brèche dans ce mur et leur permettrait de respirer plus librement, de se développer plus rapidement, et de sortir de la dépression économique.Le cabinet aussi, d’ailleurs, retirerait des effets politiques certains d’un succès dans ses recherches.Il retiendrait facilement ensuite sous son drapeau les provinces maritimes, consoliderait là-bas ses positions ébranlées et pourrait voir venir les élections générales avec tranquillité.C’est assez pour nous faire croire qu’il fera tout son possible.H reste à voir cependant si cette solution ècononnoue est possible et si elle offre les avantages qu’on en espérait.Les marchands ! L*t manufacturiers américains ne «e , laisseront pas déplacer sans résis-i tance, et il y a assez longtemps que cette situation dure pour laisser croire qu’cl]e est causée pairies raisons profondes et naturelles.Mais il importe auparavant de l'étudier sérieusement.Léo-Paul DESROSIERS.Bloc-notes Un article à signaler La Gazette de ce matin a pubiié, en marge de la direction du parti conservateur fédéral, dans notre province, un article à signaler.Elle est mécontente de cette direction, el, avec elle, bien des conservateurs.Le résultat des élections de mardi dernier, surtout dans le comté de Saint-Antoine, n’est pas pour tempérer ce mécontentement."N'est-il pas temps que le parti conservateur dresse un inventaire do la situation?La défaite de Saint-Antoine doit avoir secoué toute l’armée conservatrice, de quelque façon désintéressée que les chefs aient accueilli la défaite; car si la citadelle de lu protection est tombée aux mains de l’ennemi, qu’espérer sauver du reste?Une enquête post mortem pourra démontrer que l’organisation est défectueuse et qu'il y a là un manque d’activités que seule l’organisation peut créer et diriger; mais il faut aller chercher plus loin les raisons de l’apathie présente", dit entre autres choses la Gazette.Après avoir noté qu’il ne se peut pas que les gens se désintéressent de la politique et des questions politiques présentes, elle ajoute que "l’élection de Saint-Antoine, point déjà critique, avant d’avoir eu lieu, ne l'est pas moins maintenant qu'on l’a tenue”, et elle pose cette question importante: “Le parti protectionniste a-t-il une mauvaise direction, h lhe protectionist party poorly led?la dernière élection paraît y répondre de façon affirmative".Si M.Mitchell avait été candidat oppositionnistc, la Gazette est d’avis qu'il aurait été excellent candidat.“Mais une direction qui manquait de prescience a écarté cet immense avantage qu'aurait été la candidature de M.Mitchell”, continue le journal protectionniste.(>-lui-ci revient sur l’extrême importance de la province de Québec, qui.malgré son penchant pour la pro-tertion et son caractère de province industrielle, “envoie à Ottawa un bloc solide qui appuie le gouvernement, inflige une rebuffade au seul libéral protectionniste qui a remis son mandat et décourage les deux autres protectionnistes libéraux qui ont quitté leur parti sur cette question/' Que faire La situation parait dangereuse pour les protectionnistes québécois, admet la Gazette.Que faire pour l’améliorer?“N'est-ce pas une chose étrange et significative qu'une aile du parti, intéressée à la politique provinciale, refuse de coopé-re|' avec les cnnaervateurs fédéraux, parce qu'elle redoute que ses chances de réussite en soient diminuées?” demande la Gazette, faisant allusion à l’abstention de MM.Sauvé, Patenaude et leurs amis des débuts sur des sujets de politique Le conseil municipal de Shanghaï prend des mesures d’urgence A l’approche des envahisseurs, cette ville désire protéger les étrangers — Onze cents marins britanniques, américains, japonais et italiens sont débarqués à l’aurore — Les Etats-Unis et l’Angleterre chercheraient à mettre la paix en Chine.A Genève, aujourd’hui,on discute les problèmes de l’arbitrage obligatoire.Shanghaï, 9, (S.P.A.) — Le conseil municipal de Shanghaï vient de lancer une proclamation par laquelle il dit qu'à la suite de l’état de guerre qui existe dans le voisinage du quartier étranger, avis est donné qu'en vue des possibilités des dégâts que peuvent causer les belligérants dans le quartier le conseil proclame l’état d’urgence et autorise l’adoption de mesures nécessaires.POUR LA POSSESSION DE SHANGHAI Shanghaï, 9.(S.P.A.) — Les troupes de Ghang-Tso-Lin et de Wu-Pei-Fu combattent les unes contre les autres pour la possession de Shanghaï et le contrôle du gouvernement central.Tout indique que les troupes rebelles se rapprochent de Shanghaï.Les gouvernements étrangers ont débarqué à l’aurore ce matin 1,190 soldats de 22 navires rie guerre pour le cas où les quartiers étrangers seraient dans la ligne de feu ce soir.HO SE LAISSERAIT ACHETER La bataille se continue aujourd’hui sur trois points autour de Shanghaï.On répétait que le général Ho qui commande la résistance dans Shanghaï évacuerait la place moyennant une somme de $2,000.La nouvelle semble contredite par les derniers agissements du général.On croit que les hostilités éclateront entre Pékin et Mukden.Si les soldats de Chang Tso-Un se rencontrent avec ceux de \Vu Pei-Fu, la principale bataille se livrerait au nord de Pékin, c’est-à-dire à 1,000 milles de Shanghaï.général Chang a lancé une proclamation dans laquelle il dit que l'objectif de son entrée dans la mêlée est de décimer les envahisseurs.Les autres ne seront pas molestés.LA MANDCHOURIE EST RICHE Le général Chang commande le territoire de la Manchourie.On dit que cette province est très riche parce que la moisson a été très belle depuis deux ans.1-es banques y regorgent d’argent.En Chine proprement dite on dit que le pays a été dévasté par les inondations et les exactions des gouverneurs militaires.On dit que les provinces de Chine ne peuvent faire la lutte très longtemps à cause de leur pauvreté.UNE INTERVENTION ETRANGERE Londres, 9 (S.P.A.) D’après le correspondant diplomatique du Daily Telegraph, il y aurait eu échange préliminaire d’opinions entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis afin de trouver un moyen de restaurer la paix en Chine.Quoique l’initiative vienne d’Amérique, le premier ministre MacDo- nald s’occuperait immédiatement de cette question avec son ministère des affaires étrangères.On aurait l’intention d’induire le gouvernement de Pékin à convoquer les chefs des différentes factions pour discuter un projet de fédération.On respecterait à tout point de vue la souveraineté de la Chine.Au cours de l’avant-midi, M.Frederic L.Sterling, conseiller de l’ambassade américaine, a nié qu’il y ait eu un tel échange de vues.Mais le correspondant faisait aussi remarquer que M.MacDonald s’occuperait immédiatement de cette question.DEBARQUEMENT DE MARINS ETRANGERS A SHANGHAI Shanghaï, 9 (S.P.A.) — A trois heures ce matin, les autorités étrangères ont ordonné à leurs marins, soit environ 1,100 hommes, de descendre pour prendre des positions défensives autour des quartiers de Shanghaï habités par les étrangers.On a décidé d’en agir ainsi après que l’on eut constaté que les combattants approchent de la ville et que les étrangers peuvent être mis en danger.D’après leur nationalité, les marins que l’on fait atterrir se répartissent comme suit: Britanniques, 360; Américains, 250; Japonais, 400; Italiens, 100.Au même moment on a ordonné la mobilisation du corps des volontaires.Les troupes qui ont accompli la nouvelle avanre seraient des renforts envoyés par le gouvernement de Pékin.GROSSE TACHE A REMPLIR Genève, 9 (S.P.A.) — Sans diminuer la confiance que tous ont dans la Société des nations, et quoique l’on soit assuré que la discussion actuelle de l’assemblée sur les questions d’arbitrage, de sécurité et désarmement aura un résultat favorable, les délégués ronstrttcnt l’immense tâche à laquelle ils doivent faire face.Il a fallu deux ans pour rédiger le fameux pacte d’assistance mutuelle proposé par lord Robert Cecil et pour obtenir Topinion des gouvernements à ce sujet.Maintenant l’assemblée ne propose pas seulement une forme acceptable d’arbitrage obligatoire, mais elle s’avance assez pour proposer une conférence générale sur le désarmement.Mais on commence à croire "u’il faudra beaucoup plus de temps qu’on ne l'avait d’abord cru pour résoudre les problèmes complexes que l’assemblée est à étudier.CET APRES-MIDI A GENEVE On doit continuer aujourd'hui le débat sur le rapport du conseil de la S.D.N.Dans l’après-midi, la première commission doit tenir Sa première assemblée afin d’étudier la Question de reviser les statuts de la Cour internationale de justice concernant l’arbitrage obligatoire.fédérale, Ce n’est pas tout, selon elle, que le parti ait des chefs.Il faut qu’il soit uni."Mais quelle direction conseille la prudence, si le parti conservateur veut présenter un front uni pendant 1rs batailles électorales?.S’il faut changer de monture, que ce ne soit pas tandis que le cavalier est en train de passer le gué", ajoute encore la (razette.Elle conclut ainsi son grand article, plein de sens et même de menaces enveloppées à l’adresse des chefs présents du parti : “Il faudrait convoquer des délégués conservateurs de toutes les parties du pays, rédiger une déclaration de prim-ipes, établir un sentiment de confiance et de coopération, consulter les chefs locaux, prendre l'avis explicite du parti quant à la direction.La vérité, c’est que la pratique s'est établie depuis longtemps d'accéder au poste de rhef par succession, mi lieu d’y être désigné par des délégués représentatifs; et ce serait bien d’essayer cette dernière méthode.A coup sûr.quiconque conduira le parti à la bataille aura d’autant plus de prestige, d'autorité et d’emprise sur le peunle qu’il sera l'homme choisi par «les délégués et peut rallier à sa cause tous ceux qui croient oue la politique qu’il offre est au mieux tics intérêts «lu Canada.Ce serait folie de prétendre qu’il existe maintenant pareille situation.” Le point Ce que Ton ne semble pas comprendre, dans les milieux où l’on parle sans cesse de remanier le parti conservateur, c'est que si notre province a cerlains griefs contre les chefs présents du parti, ce n'est pas tant une question d’hommes que de programme qui la sépare du parti.Canadienne avant tout, elle veut des chefs dont le pro- gram,me soit canadien; clip ne donnera sa confiance aux chefs, quels qu’Ms soient, «nie s’ils suivent, et leur parti avec eux, des directives nettement canadiennes.Quelle que soit la popularité de ces chefs dans les autres provinces, quels que soient leurs dons personnels, elle ne donnera «le députés à leur parti que si son programme lui «onvienl.Et, à l’heure présente, ni les hommes ni le programme «îu parti conservateur fédéra) ne plaisent à la province de' Québec.C’est pourquoi elle a derechef voté contre les candidats du parti et de ses chefs, la semaine dernière.Changer le chef suprême ne serait pas mal, peut-être, à la condition de trouver quelqu'un capable de bien le remplacer.Mais il restera, le chef présent disparu, la question, encore plus importante, du programme.Or, tant que l'impérialisme y figurera, entre autres questions, la province ne voudra l’appuyer sur aucun point.S'en avisera-t-on enfin?Cette enquête On n’aura guère vu à Thôtel de ville montréalais de comédie plus risible que celle d'hier, où les membres du conseil, hésitant à refuser une enquête nécessaire et «jui s’impose sur la police montréalaise et ses relations avec la canaille, ont cru se couvrir et écarter pour un temps les graves accusations lancées contre notre régime policier en décrétant qu’il y aura enquête tenue par 12 conseillers municipaux.Le sera un simulacre d'enquête.Les conseillers municipaux prennent-ils les citoyens de Montréal pour des enfants ou pour des imbéciles?Personne n’a plus confiance en la police.G.P.DEMAIN: Le DEVOIR reprendra la,publication du çar-net d’un voyageur.^ LE DEVOIR, MONTREAL, MARDI, 9 SEPTEMBRE 1924 V olume XV — No 212 Le perfectionnement des gardes-malades canadiennes-françaises : " A la séance publique tenue hier soir à la salle Saint-Sulpice, Mgr le recteur de l’Université et les professeurs de la Faculté de médecine ont couronné les infirmières qui ont suivi les cours universitaires l’an dernier — Tous les orateurs font appel à l’orgueil des nôtres pour les hôpitaux et le soin des malades.Allocutions de Mgr Piette, des docteurs Benoit, Dubé, Gagnon et Normand et de MM.David et Désy—Texte de la causerie du R.P.Lamarche,o.p.La séance publique tenue hier soir à la salle Saint-Sulpice à l'occasion du congrès des gardes-malades avait attiré une très nombreuse assistance.A cause du trop grand nombre de congressistes on a, du hier soir se transporter de TUnt-veraité à la salle Saint-Sulpice.La séance était sous la présidence de Mgr Piette, recteur de PUnt-versité de Montréal.Il avait à ses côtés Mgr Deschamps, vicaire général du diocèse de Montréal, le Dr Harwood, doyen de la Faculté de médecine, le Dr E.-P.Benoit, le Dr Edmond Dubé, M.le chanoine Valois, M.l’abbé J.-O.Maurice, le R.P.Antonio Lamarche, O.P., M.le juge Désy, des Trois-Rivières, le Dr L.-P.Normand et le Dr Gagnon.M.Athanase David qui venait d’assister à une conférence donnée par M.Léon Tombu est arrivé à la fin de la soirée.Monseigneur le recteur portait la toge officielle.Le docteur Benoit a d’abord expliqué que la soirée avait pour but de couronner le cours de perfectionnement des gardes-malades institué l'an dernier à l’Université de Montréal.Ces cours, organisés à la hâte, répondaient » un besoin et semblaient être attendus parce que les adhésions ont été lénor comme d’un aquarelliste, d’un agent de publicité comme d’un ingénieur, d’un catéchiste comme d’un conférencier.Comment ne le dirait-on pas d’une garde-malade?iist-il une carrière où l'attrait se distingue avec plus de netteté, on le don s’affirme avec plus d'éclat r Don étrange, à peine concevable dans nos sentiers de bassesse et d’ê-goïsme.Ce n’est pas encore le donum Dei suggéré par le Christ à ta Samaritaine: c’est, dans Tordre naturel, la plus riche gratification qui puisse orner un coeur de femme.il consiste à faire de la beauté avec de la laideur (ne dites pas: faire un beau pansement), et à tailler des pièces de bonheur à même le tissu des souffrances physiques et morales.Attrait mystérieux pour des scènes qui font parfois fuir et trembler les forts: l’attrait pour le lit d’hôpital, pour l’odeur des médicaments, pour l'atmosphère des salles d’ooération; attrait pour la souffrance'corporelle qu’anime encore l’espoir de guérir et pour celle qui porte au visage sa propre condamnation.Attrait qur serait admirable, s’il n’était que nassnger, mais qui persiste malgré les déceptions, les tracas, la monotonie de la charge.Se dire à cha- f)i— — ^ „ _., _ _„ .— — - v % nombreuses.L’Université, et oins (que aurore oui se lève et surtout à particulièrement la Faculté de mé- chaque soleil qui s’éteint: Je suis decine, a voulu par ces leçons su jln sentinelle posée par la Providen-périeures données aux gardes-main-1 ce aux pieds de ces fiévreux qui des perfectionner les gardes-mala-l brûlent, de ces paralytiques qui des de notre race et les rendre au moins égales à celles d’une autre langue.Le Dr :Benoit a ensuite proclamé les noms de celles qui ont obtenu des diplômes à la suite des cours de Tan dernier.11 ne fait que mentionner plu sieurs religieuses oui ont suivi les cours et qui ont mérité leurs diplômes.Il anpelle ensuite cinq gardes-malades laïques et leur remet leur parchemin, ce sont: Mlles Théodo-ra Bertrand.Hortense Pavette.Bernadette Guy.Claire Marcotte et Laura Sênêcal.Ces diplômées, revêtues de la toge noire et du bonnet carré ainsi nue de Tuniforme tout blanc des gardes-malades sont venues sur Tes-trad?recevoir leur parchemin aux applaudissements de l’assistance.Mgr Piette Mgr Piette remercie ensuite Mgr Deschamps d'être venu assister à la séance mais il ajoute que les gar-des-rtialades méritaient en quelque sorte que le vicaire général du diocèse vienne les encourager de «a présence, car, continue Mgr le recteur, l’Université assiste ce soir à une sorte de miracle.Le projet d’un cours de perfectionnement des gardes-malades à peine lancé, ie< pn-fes’eur* rie la Faculté de médecine v ont adneré avec enthousiasme e-les élèves sont venues en très grand nombre.La semence a germe en un clin d’oer.Mgr le recteur insiste, comme le Dr Benoit et comme le Dr Dubé le feront tout à l’heure, sur l'orgueil national qui doit nous inciter a mettre nos gardes-malades religieuses ‘ et laïques sur un pied d'égalité avec les Anglaises.Mgr Piette termine en répétant que les gardes-malades sont une joie et une gloire universitaires.Le B.P.Lamarche, O.P., qui donne des cours pratioues de morale aux gardes-malades, donne en suite un travail sur la vocation de la garde-malade.Nous en donnons immédiatement le texte : Le R.P.Lamarche C'est avant tout au médecin qu’ii appartient de parler de la garde-malade aux garde-malades.Cependant le médecin, la garde malade et le prêtre se rencontrent fréquent ment, trinité compatissante penchée sur un lit d'hôpital, et leur terrain d’action et d'étude, quoique dis tinct.est souvent limitrophe.Aussi la Faculté de Philosophie, composée en gronde partie de prêtres cl de religieux, n’a pas hésité durant les vacisnces a s’unir à la Faculté de Médecine, pour livrer ces cours de perfectionnement à nos gardes diplômées.Pour ma part, saisi à {’improviste dans le désarroi d’un retour d’Europe, invité à donner de* conférences sur la vocation de garde-malade, puis à en répéter quelques bribes ce soir devant vous, jai compris aussitôt deux choses: la première, que je devrais dire non, et la seconde, que je finirais par dire oui.Et J’avertis ceux et celles d’entre vous qui auront plus tard à subir les instances de In soeur directrice des cours, que s'ils refusent une fois, on reviendra prestement à la charge, et s’ils refusent deux fois, on leur répondra *ans sourciller qu’en bonne logique.deux négations valent une affirmation.Mesdames et Messieurs, il ne saurait venir à l’idée de personne, de considérer la carrière de garde-malades comme une vocation au sens théologique du mot.c’est-à-dire comme "un appel de Dieu à un état de vie chrétienne".Cette carrière état de vie! chancellent, de ces perclus, de ces blessés.Et de cette faction peut-être que la mort seule me relèvera! Se tenir ce langage, accepter ce pro gramme, y demeurer fidèle, n’est ce pas dominer le métier, évacue la routine et démontrer qu’on porte en soi une vocation?Vocation aujourd'hui reconnut par le public et faisant partie des entires de société, au lieu d'être confinée comme autrefois dans les maisons hospitalières.A vrai dire il y a à peine un .siècle flu’elle en est sortie._ Il appartiendra à un asitre de faire l'historique de votre profession, mais je rappelle qu’en 1825, dans la plupart des hôpitaux, le soin des malades était confié à des personnes qu’on n’aurait oas acceptées poulies plus bas offices de maison, et dont la turpitude morale égalait parfois l’incompétence.Kt même après toutes les réformes accomplies par les écrits de Charles Dickens, en Angleterre, par les écrits et les actes du pasteur Fleidner.en Allemagne, d’Fdi?.abetli Fry et Florence Nightingale, en Amérique, il a fallu de longues années pour décider les médecins à considérer la garde-malade comme une assistante et non une servante, et de plus longues années encore pour décider le public à solliciter son aide officielle.Même le public de nos jours comprend-il suffisamment le côté social de la garde-malade et ses propres devoirs envers elle?Il n'v a pas lieu d'anticiper, je pense, car la serviette de M.le docteur Dubé contient 5 son adresse un message qui ne saurait pécher par la banalité ou Tambiguite.Vocation naturelle, ai-je.dit, mais dont Texereice cher une chrétien c'est accepter le cas de Notre-Sei-gneur Jésus-Uhrist! Vocation enfin d’autant plus admirable, ainsi surnaturalisée, qu’elle trouve son aliment et sa sauvegarde dans Tunique vie chrétienne.Saint Vincent de Paul prophétisait sans le savoir, du moins sa parole prenait un sens imprévu, immense, quand il traçait ces ordonnances à Tusoge de ses Filles de la Charité : “Elles n'auront d’autre monastère que la maison des malades, d’autre cellule qu’une chambre d’emprunt.dTautre cloître que la rue ou un couloir d’hôpital, d’nu-tre clôture oue celle de la crainte de Dieu, d’autre voile que celui d’une vraie et parfaite modestie, et tout en se gardant elles-mêmes de la contagion du vice, elle devront jeter partout sur leurs pas des semences de vertus.’’ Mesdames et messieurs, des siècles ont passé depuis que Vincent de Paul (fictait ces ordonnances, et aujourd’hui nous retrouvons ses Filles disséminées partout et fidèles exécutrices de l’audacieux programme.Mais, à côté d’elles, une communauté laïque s’est formée, qui l’exécute également à sa manière et avec de moindres ressources.Tandis que les religieuses hospitalières, après leurs randonnées charitables, retrouvent dans un logis commun, l’égide de la vie commune, la protection de la règle et des voeux, nos gardes-malades laï-oues ne rencontrent dans Taccom-olissement chrétien de leur tâché que Tabri de leur foi et Tégide de eur conscience.C’est pourquoi, religieux moi même, je saine au passage cette oemmunauté errante, réunie ces jaurs-ci en chapitre, je lui souhaPe lumière et succès dans ses discussions et recherches, et je la félicite de la part maenifique qu’elle la réfection des forces LES SYNDICATS CATHOLIQUES ET M.MURDOCK Texte de la correspondance officielle relative à la dernière conférence du chômage.spirituelles de l’Eglise et des forces la Patrie.apporte spiritue physiques de Le Dr Gagnon Le Dr Gagnon, du service de l’hygiène municipale, remplace le Dr Siméon Boucher, retenu ailleurs.Le Dr F.Gagnon parle du rôle de la garde du service social.Il dit oue la fréquentation des consultations de nourrissons sera en raison directe de la propagande qu’aura faite la garde-malnde dans les familles.Le conférencier donne des chiffres sur la mortalité infantile et la tuberculose qui déciment notre population.La garde-malade n un grand rôle à remplir dans cette lutte en- Voiei le texte des lettres échangées entre M.Poulin, agissant au nom de la Confédération nos Travailleurs catholiques, et M.Mur-dock, ministre du travail, au sujet de la Conférence du chômage.L’article de M.Poulin que nous avons donné hier constitue un premier commentaire de cette correspondance.Nous aurons probablement l’occasion d’y revenir nous-mêmes: Québec, le 11 juillet 1924 L’honorable James Murdock.Ministre du Travail.Ottawa.M.le ministre, La Gazette du Travail, édition de juin, pages 510 et 511 de l’édition Irançaise.publie le texte d’un arrêté en conseil promulgué le 3 juin, proposant la tenue d’une conférence re mal du chômage.A la liste des invités à cette conférence on peut lire, après l’énumération des provinces, des villes qui.entre parenthèses, ne contient pas le nom de la ville de Québec, des compagnies et associations: "Le Congrès des Métiers et du Travail du Canada, et.par son intermediaire, une invitation au principal officier exécutif canadien de chacune des organisations les plus importantes de l’industrie du bâtiment.” C’est dire que des deux seules confédérations de travailleurs organisés au Canada, une seule est une fois de plus invitée à une conférence organisée par le gouvernement d’Ottawa.La Confédération des Travailleurs catholiques du Canada, qui est en l’occurrence la toujours oubliée, croit de son devoir de répéter une protestation maintes fois faite contre telle méconnaissance des Travailleurs catholiques organisés.Elle croit devoir très respectueusement vous rappeler que les promesses que vous et votre gouvernement lui aviez faites lui permettaient d’espérer un plus juste traitement de la part du pouvoir fédéral.Très à vous, Le Bureau confédéral de la C.T.C.C.Par Thomas Poulin, secrétaire-adjoint.PREMIERE REPONSE DE M.MUR- DOCK Ottawa, le 14 juillet 1924 Monsieur Thomas Poulin, Secrétaire-adjoint.Bureau confédéral de la C.T.C.C.308, rue Saint-Joseph.Québec, P.Q.Cher Monsieur.J’ai l’honneur d’accuser réception de votre lettre du 11 juillet et vous envoie sous pli une copie de la lettre qui a été envoyée le 31 mai invltnnt certains représentants des proviaces, de certaines villes, et autres, à une conférence proposée par le ministre de» travaux publics et le soussigné en vue de trouver certains plans nu moyen desquels certains travaux seraient exécutés treprise contre ces deux fléaux.ehose était nécessaire et à 1 .r c i !»• l rtrnnne Inu fravoiiv /r»*i
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