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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 30 avril 1937
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1937-04-30, Collections de BAnQ.

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Montréal, vendredi 30 avril 1937 REDACTION IT ADMINISTRATION 430 EST.NOTRE-DAME MONTREAL TOUS US SERVICES TELEPHONE :.BEUir 336!?SOIRS, DIMANCHES ET PETES Administration :.BEIair 3366 Rédaction :.BE,ai|.2984 Cérant :.BEIair 2239 LE DEVOIR VOLUME XXVM — Ne —* Diractaur-Ccrant : Caorfct PELLETIER FAIS CE QUI DOIS RcdacMer an ehaf : Omar HEROUX TROIS SOUS LE NUMERO / , ABONNEMENTS PAR LA POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA.r $ 6-00 (Sauf Montréal at banliauaV E.-Unls «t Empira britannique , 8.00 UNION POSTALE J 0.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA.2.00 E.-UNIS at UNION POSTALE .3.00 Un plan directeur est une nécessité urgente La ville de Montréal ou la province peuvent-elles l'espérer dès la présente session provinciale?— Un architecte nous écrit Le courrier de ce matin m'apporte ces notes, qui pro-teur, la plupart des développements dans lesquels nous Itnnenr ^ 1 ^ J * l ^ ^ _ A.J- 1A A -> n viennent d’un architecte montréalais dres: et non des moin- Tout le quartier comprit entre la rue Saint-Jacques, rue des Commissaires, de la rue McGill à la gare Viger, est en train de mourir lentement et sûrement, faute d’espaces libres, d’accès.Les rues dessinées pour satisfaire aux besoins des voitures à traction animale sont insuffisantes pour satisfaire aux besoins de la voiture automobile.Il faut se rappeler que les principaux grands magasins, Henry Morgan, Birks, etc., avaient leur établissement, rue Saint-Paul, mais nous sommes lancés pour tenter de résorber le chômage ont été conçus et exécutés à l’aveugle.Le comité des bills privés de l’Assemblée législative et le premier ministre ont compris cette situation quand ils ont demandé que 1a plin du Comité du logement salubre soit mûri davantage.On ne saurait blâmer ceux qui l’ont lancé de n’avoir point tenu compte d’un plan directeur inexistant; on ne saurait davantage les blâmer d’avoir agi avant que ce plan directeur ne fût tracé et homologué.Quand le sera-t-il en effet?Rien n’annonce que ce soit prochainement.En attendant, la vie continue.Il faut de toute nécessité agir en s’adap- ^ ‘ .n __ ' tt J g t VlC COIlllIlliv* Al 14111 MC HJUIC IICVv»3Ev« *o**• “ tf vlTJ r COm.ptetmanmoim.de la ^che vers Unt à la .situation r*jente, » embarrassantr et si saugre-l ouest .Cependant, ce quartier pourrait retenir les immeubles à bureaux, établissements de commerce et de finance, si l’on prenait les moyens d’y percer des artères larges et d’en rendre l’accès facile.Sa situation près du Saint-Laurent permettrait de ménager des points de vue sur notre '’grand fleuve”; malheureusement, le port et la ville semblent d’irréconciliables ennemis.Un espace libre facilement aménageable serait l’emplacement des immeubles incendiés U y a une quinzaine de joutt, derrière l’église Notre-Dame.La ville n’aurait qu’à acheter les terrains, les compagnies d’assurances ayant indemnisé les propriétaires pour ta perte de leurs immeubles.La bâtisse angle des rues Saint-Sulpice et Saint-Paul pourrait être frappée d’homologation.Il serait facile alors d’y aménager un jardin, place publique.Les propriétés riveraines auraient une plus grande valeur locative et la ville récupérerait en taxes ce qu’elle dépenserait pour l’aménagement de cet espace libre.Le lecteur comprendra le plaisir que nous éprouvons à citer l’opinion de cet architecte.Combien de fois, en effet, n’avons-nous pas parlé ici de l’urgence d’enrayer la dévalorisation des vieux quartiers et de cesser de faire de notre fleuve un fleuve caché, quand il est l’un de nos principaux actifs, aux points de vue tant esthétique qu’économique, quand il est, à tout prendre, la raison d’être de notre ville?* * * La communication que nous venons de citer nous permet de nous élever d’un point de détail à une vue d’ensemble.A quoi rattacher les malaises, voire les maladies sérieuses dont souffre l’organisme métropolitain, sinon à l’absence d’un plan directeur?La ville pousse au hasard et le hasard est un guide aveugle et souvent calamiteux.Sans plan directeur, la revalorisation des vieux quartiers est chimérique, de même que la stabilisation de la valeur des quartiers moins anciens, exposés, à leur tour, à la décrépitude.Sans plan directeur, la lutte contre les taudis reste entravée et exposée à de sérieux mécomptes.Sans plan directeur, les immenses travaux de chômage entrepris conjointement par les municipalités et les gouvernements provincial et fédéral, menacent de tourner à la gabegie, de rapporter plus de pertes que de profits.On ne songerait jamais à faire diriger des travaux de construction par un aveugle et, cependant, faute d’un plan direc- nue soit-elle « « * Un plan d’aménagement, un plan directeur coûterait relativement peu de chose.Il ne coûterait rien, ce serait même un excellent placement à raison des erreurs ruineuses qu’il empêcherait.Un plan directeur, prévoirait, en effet, le développement méthodique de la périphérie et le tracé du réseau routier dans un rayon de vingt-cinq milles autour de Montréal.Cependant, tandis que nous avons toujours lésiné pour mettre sur pied une commission d’urbanisme compétente et la munir des pouvoirs dictatoriaux et des ressources financières indispensables à mener son oeuvre à bien (la commission Terreault n’a jamais eu ni celles-ci ni ceux-là), nous n’avons pas eu la moindre hésitation à entreprendre au hasard des travaux édilitaires et d’une utilité peut-être précaire.Le prochain bill de Montréal, s’il passe tel qu’il quitte la Chambre basse, comportera encore certaines de ces dépenses, tel, pour ne mentionner que celle-là, l’établissement d’un nouveau marché dans l’est.A plusieurs moments, l’urgence de ce plan directeur s’est affirmée comme instinctivement au Comité des bills privés.M.Leduc, ministre, ingénieur civil et ancien conseiller municipal de Montréal, a même formulé ouvertement cette nécessité, mais le comité n’a rien fait pour donner corps à sa suggestion.Nous croyons que, si l’on veut enrayer les gaspillages dont nous avons parlé, prévoir et cotriger les erreurs de développement qui peuvent grever lourdement l’avenir de Montréal du triple point de vue économique, sanitaire et esthétique, il n’y a désormais Qu’une porte de sortie.Cette porte de sortie, c’est la formation, dès cette session-ci du parlement provincial, d’une commission d’urbanisme qui s'emploiera à la l’élaboration d’une loi, aux termes de laquelle toutes les municipalités de plus de quinze mille âmes devront adopter les grandes lignes d’un plan directeur.L’embryon d’une telle loi existe déjà, du reste, que le gouvernement peut retrouver dans ses dossiers, car elle a été présentée à son prédécesseur par quelques corps, dont la Ligue du Progrès civique, si notre mémoire **'"’* trompe pas.Sans ce plan directeur pour guider sa course vers 1 avenir, notre bonne ville continuera de s’en aller, comme un bateau ivre, menacée à tous les moments de s’échouer ou de couler.Louis DUPIRE Bloc-notes En Allemagne On le verra par un article que nous reproduirons demain, •— et qui confirme de nombreux textes déjà cités, — la situation des catholiques en Allemagne était devenue, déjà, extrêmement difficile.,Les nazlstes procédaient à une sorte d’étouffement systématique.Il semble qu’aujourd’nui on veuille recourir à autre chost à une campagne de boue.On entreprendrait, en quelque sorte, de prouver que les maisons religieuses sont des antres d’immoralité, que c’est là un état de choses^de caractère fort général.Qu’il puisse y avoir des cas de désordre et de lamentables faiblesses, ceci, étant donné ce qu’est la nature humaine, est hélas! possible, et nul plus énergiquement que le Souverain Pontife r/a rappelé à tous les suprêmes obligations de leur charge.“Mais, ajobtait le Pape, dans sa récente encyclique, celui qui, en regard de ces _ condamnables désaccords entre vie, entre les paroles entre la conduite extérieure et les sentiments intérieurs chez des individus, — si nombreux fussent-ils — oublie otr passe v< tentai rement sous silence la somme énorme de vertus authentiques, d'esprit de sacrifice, d’amour fraternel, d’héroïques élans vers la sainteté, celui-là fait preuve d’un aveuglement et d’une injustice déplorables”.Il di Le bill de Québec était en retard, dit M.Duplessis "Pendant que ceux qui devaient s'en occuper se promenaient à travers la province à critiquer le gouvernement, le tra vail ne se faisait pas à l'hôtel de ville" M.Drouin soutient que le bill de Québec était prêt, mais que^ celui de Montréal a passé avant, par une "procédure inusitée" "Le premier ministre fait tout son possible pour nous bloquer", dit M.Grégoire — "Le bill a été préparé en petit caucus", affirme M.Bertrand sait encore, et ces paroles portaient très loin: “Si ensuite il devient pleinement évident que la mesure sévère dont il use vis-à-vis dt F Eglise abhorrée, il oublie de l’appliquer aux communautés d’un autre genre qui lui sont proches par le sentiment ou par l’intérêt, alors son appel à un sens de la pureté prétendument blessé et offensé Vapparen-te à ceux qu’une paille dans l'oell de leur frère, selon le mot incisif du Sauveur, empêche de voir la poutre qui est dans le leur”.Du reste, les dépêches l’indiquent suffisamment: il s’agit beaucoup moins dp punir dés déXaillan-ces possibles que d’essayer de noyer sous la boue la cause catholi ue.Déjà les journaux sont pleins i’accusations d’un caractère très général et, d’après run»* des dépêches, on ne sé contenterait point d’utiliser là presse qui est nettement au service du nazisme, mais l’on essaierait d’imposer à tous les journaux la publication de ces accusations.S Québec, 30 (D.N.C.).— A 10 h.45, ce matin, le président du comité des bills privés, M.Bégin, rappelle les membres à l’ordre et on continue l’étude du projet de loi de lu cité de Québec en donnant lecture du paragraphe 24 concernant la date des prochaines élections municipales, au mois d’octobre 1938, comme le demande le Conseil municipal.Sitôt la clause lue, le maire demande à Me Chapleau de donner lecture de l’amendement qui a été adopté en comité municipal, mais l’avocat de la ville n’a pas cet amendement sous la main et demande de suspendre la clause.M.Duplessis bondit Cette déclaration faiJLbondir le premier ministre, qui s’objecte à la continuation de ces délais toujours répétés.Il faut aller plus vite que cela si nous voulons en finir, dit M.Duplessis.Le bill de Québec a pris asses de temps que, si on passe notre temps à suspendre et à “resuspendre , nous n’arriverons jamais.Il ne faut jamais oublier que vous avei affaire au gouvernement d’Union nationale, qui procède jplus vite en besogne que l’ancien.C’est un gouvernement d’action.” Prêt ovont Montréal, dit M.Drouin M.Oscar Drouin — “Il y a assez On nous a refusé des emprunts M.Grégoire.— Je regrette de constater que la première phrase du premier ministre, ce matin, fut pour nous lancer ties flèches empoisonnées.Il continue de vouloir faire croire qu’il est généreux pour lu ville et qiril est prêt à nous accorder tout ce que nous demanderons de raisonnable.Je vois dans un Journal de ce matin un gros titre à l’effet que le premier ministre est prêt à se montrer généreux pour la Cité et cependant, ici, au comité, le premier ministre fait tout son possible pour nous bloquer et faire refuser nos demandes.Hier on nous a refusé des emprunts.M.Hermann Barrelte.— C’est faux cé que vous dites, et si le comité a hésité parfois à vous donner ce que vous demandiez,/c’est parce qu’il voulait avoir des explications qui lui permettent de voter à bon escient.M.J.Bilodeau, — Ce n'est pas vralnja! M, J.-E.Grégoire.— Le ministre devrait parler mieux que ça, car c’est absolument vrai! Il ne "crache" pas M.A.Boyer.— Le ministre ne “crache pas, lui!” (rires).M.Duplessis.— Ce n’est pas notre faute si quand nous étudions le bill le maire ne connaît rien de son bill et qu’il passe son temps à nous • dire, quand Je comité demande des explications “demandez à celui-ci, demandez à celui-là." M.J.-E.Grégoire.— Ce n’est pas le maire qui est supposé parler pour expliquer son bill.Nous avons id M.Chapleau, l’avocat de la ville, ef le trésorier, M.Barry, qui sont ici pour ça.Quand le bill de Montréal a été étudié, le premier ministre avait le maire Raynsult à ses côtés, et il lui parlait comme ça: Il y a eu deux poids, deux mesures! M.Boyer.— C’est parce que ce n’était pas le même poids! M.Grégoire.— Le député de Chft-teauguay a fait une farce et les journaux vont enregistrer ça.M.Boyer.— Ils r’enreglstreront pas le “crachat” par exemple! (rires dans la foule).{Suite à la page 8) Québec est temps de faire une mise au point.Le bill de la ville de Québec est arrivé au Parlement avant celui t de la cité de Montréal, mais pour Leffet immédiat, p étant ^ donne |jaire passei.ce dernier avant l’autre L'actualité Autre cloche, même son L’auire soir, nos députés, sans distinction de partis, offraient fleurs et compliments au premier ministre québécois.Il leur retourna compliments et fleurs.Et la plupart portèrent le reste du jour, à leur boutonnière, qui un oeillet, qui une rose duplessiste.Et tout se passa si cordialement, un apparent sentiment d’amitié réciproque luisait sur tant de faces que d’aucuns se prirent à dire: “Enfin, voici des hommes qui, pour différer d’avis sur des questions politiques, ne se cnoient pas à cause de cela tenus de se sauter à la gorge et de s’entre-déchirer”.D’aucuns, plus sceptique, et qui avaient de la lecture, — ou qui dn moir\p feuillettent Larousse parfois, — se firent cette réflexion: "Cela rappelle la seine de 1792 où l’évêque conventionnel La-mourette fit appel à l’union de toutes factions et de tous les partis à l’Assemblée des députés, à Paris.On se donna mutuellement l’accolade, après son éloquent discours.et puis les querelles recommencèrent.” Elles allèrent si loin que, dénoncé comme suspect, pour avoir flétri les massacres de Septembre, Lamourette dut monter sur l’échafaud où il mourut tandis que la foule avinée hurlait, montrant le bourreau Chariot: "Baise Chariot, Lamourette, allons, baise Chariot/” Une semaine à peine a passé et voilà que nos députés viennent de donner raison aux sceptiques et aux cyniques.Nos représentants ne se sont pas encore, il est vrai, mangé le nez ni coupé les oreilles; mais c’est tout comme et cela viendra, pour peu que les choses s’enveniment, — et elles se sont déjà fort envenimées depuis une semaine.Il est heureux qu'il n’y ait sur la place de l'Hôtel du gouvernement, ni potence, ni guillotine; sans quoi, enfin, que ne pourrait-il arriver?Hier soir, des députes se sont montré le poing, s'invectivant, à propos de' foui et de rien.Et cela faisait penser, téléphone un témoin, à une séance un tant soit peu animée dn Palais-Bourbon — preuve que le régime parlementaire, convient bien aux gens de langue française, conclurait un pince-sans-rire.* * * Au hasard d’une lecture, ces lours-cl, feuilletant le Devoir de J92S, — le temps passe vite, mais les hommes ne changent pas, — j’u trouve, sous la signature d'un rédacteur du journal qui, en ces Uaws-là.se trouvait à Paris et fré- quentait le Palais-Bourbon, histoire de voir la fosse aux lions, — ou aux chacaly.(15 décembre 1923): Comme M.Poincaré vient de remercier, avec une légère pointe d’ironie, M.Briand, dont on voit de côté le dos un peu voûté, l’épaisse chevelure en désordre qui déborde de chaque bord de la tête, cachant le faux col, la grosse moustache tombante qui semble presque liée de chaque côté de la tete à la chevelure broussailleuse, un bruit éclate, sur le parquet, des députés s’agitent, Iq voix du président Pé; ret retentit: il agite la cloche qui tant de fois doit sônner au cours de cette séance, il multiplie les coups de baguette sur sa table, mais rien n’y fait, le tumulte augmente.C’est que, tout à l’extrême-gauche, un député brun, aux traits nettement sémites, de profil et de gestes anguleux, s’est levé et veut à tout prix parler, malgré M.Poincaré.C’est M.Blum (en 1936-37 premier ministre de la république française).On lui crie en vain de s’asseoir, même dans son entourage.Il reste debout, gesticulant comme un pantin.Sa voix est étouffée dans le bruit, comme si on lui mettait de l’ouate sur la bouche.“Non, non, pas de discours!” clame la Chambre.M.Blum persiste, le vacarme devient intense.M.Péret a beau tenter de crier plus fort que les autres, pour ramener le calme, sonner et faire resonner sa cloche, tambouriner sur son pupitre de sa baguette, user de tout l’éclat de sa voix, extraordinairement sonore, rien rte fait.Blum veut parler, l’exlfême gauche crie qu’on ne veut pas qu’il parle, et l’empêche ainsi de parler, le centre et la droite passent au tumulte le plus persistant.Cachin trépigne et proteste, violacé; il faut l’intervention du premier ministre, M.Poincaré, après dix minutes d’un chahut étourdissant, pour que le député Blum puisse dire quelques mots, presque malgré la Chambre.Un gros bonhomme' barbu et chauve, assis aux dernières travées, fait des moulinets dans l’air comme s’il pêchait la truite à la mouche.« Et ceci, plus loin, au cours de la mime séance; “M.Tardieu, dont on sent l’extrême assurance, la grande mattii-se de soi, un peu de jactance même, parle, adossé au bureau du président.A brùl$-pourpoint, après avoir de façon mordante fustigé les député qui, il n’y a pas si longtemps faisaient leur cour à M.Clemenceau et lui ont depuis tourné net le dos, M.Tardieu, malgré des dénégations fusées d’un peu partout, frappe toute la députation à la face.La Chambre trépigne, hurle, sous le soufflet.Rares approbations; la masse, elle, bout de colère.Un petit député court, poupin, presque apoplectique, danse de haine tout au pied de la tribune, brandit le poing, fait le geste du pugiliste donnant le coup de grâce à un adversaire, .M.Mandel, ancien secrétaire de M.Clemenceau, bondit à la tribune.Aussitôt éclate une scène d’une indescriptible violence.La même voix stridente de M.Mandel, sa maigre et longue personne passée au laminoir, dirait-on, et dont le nez révèle des origines hébraïques, ses longues mains flexibles et gesticulantes, son air de renard futé, sa persistance à résister aux cris, aux objurgations, aux menaces verbales, aux injures, à la colère manifeste des neuf dixièmes de la Chambre, tout cela porte à un paroxysme hurlant, si l’on peut dire, le délire de l’assemblée.Des députés sortent, maugréant, vociférant, pestant, Jurant.” ¥ * « La France est pays civilisé.Le que le gouvernement dispose de moyens de propagande énormes, peut être grave.D’iuLmt plus que le même gouvernement peut paralyser à peu près toute contre-propagande.(Trois semaines après sa lecture dans les églises, la récente encyclique n’avait encore pu être publiée en Allemagne, et l’on avait confisqué une feuille religieuse qui avait essayé de la reproduire).Mais à la longue, on finira par savoir la vérité.Dans le monde entier, le gouvernement allemand peut être sûr de déclencher contre lui un mouvement d’indignation très généralisé.Chez lui-même, il se heurtera à une opposition qui, un jour ou l’autre, deviendra puissante.Et il n’est pas sûr que cette op' position ne trouvera pas le moyen de s’exprimer utilement.Si l’on a empêché la publication de l’encyclique, on n’a pas réussi à en empêcher la distribution et la lecture dans les églises.Sur la pente où il s’est engagé, le gouvernement parait bien s'en aller à la violence contre les personnes.Celle-ci ne le servira point.En se posant en adversaire du bolchevisme, Hitler gardait à l’étranger certaines sympathies.Celles-ci jie dureront point.Entre les modes de persécution qu’emploient le bolchevisme et l’hitlérisme, il n’y a, en somme, que des différences de surface.Vers les catholiques d’Allemagne, sous toutes les formes, doivent aller nos plus vives sympathies.La guignolée des colons L’Association catholique des Voyageurs de Commerce (section Mont-Royal) terminera par une grande séance uublique, avec musi on a adopté une procédure inusitée et le moire Raynault a prétsenté une motion pour mettre toutes les procédures de côté.Tout a été fait le même jour.La ville de Québec n’était pas plus en retard que la ville métropole et je tenais à faire cette mise au point tout de suite au commencement de cette séance.” M.Duplessis — "Je comprends l’explosion du député de Québec-Est et je prends note du fait qu’il s’identifie à l’administration actuelle de la ville de Québec.Ça, c’est son affaire, mais, où ce ne l’est pas, c'est quand il dit des choses contraires aux faits.On tenait des assemblées J’ai dit, et Je prétends que le bill de Québec était en retard et personne ne peut nier cela.Pendant que ceux qui devaient s’en occuper se promenaient à travers la province à critiquer le gouvernement, le travail ne se faisait pas à l’hôtel de ville.Ou n’avait pas le temps de préparer le bill de Québec, mais on prenait tout le temps voulu pour aller tenir des assemblée.Puis ce lurent des séances nombreuses et interminables du comité des amendements à la Charte.C’est surprenant comme cela prend du temps à tous ces grands savants pour comprendre quelque chose.Quand ce fut fini, après bien des délais, M.Delagrave s’amena ayer le bill et nous demanda de lui faire grâce des délais légaux.Nous avons consenti et le bill fut présenté avant qu’il soit imprimé.Le bill de Montréal était imprimé quand on nous le présenta et c’est pour cela qu’il a eu préséance.M.Delagrave est Ici et U peut dire que je dis la vérité.” La Chambre québécoise joue au petit Palais-Bourbon Un violent incident éclat autour de M.Chaloult, qui se défend et attaque, du bec et des ongles La loi des bûcherons uébec aussi.A voir et à entendre, \ ù®1®» dimanche soir, sa troisième dns les deux pays, parlementaires et députés s’in/urier, se couvrir réciproquement de boue, que ce soit que c en 1923, en 1935, en 1937, l’observateur constate comme nous sommes bien Français, — ou comme ils sont, là-bas, bien Canadiens, — et se dit que si les cloches diffèrent de volume, si les jurons ne sont pas du même accent, les sons et les insultes sônt les mêmes.ïC’est peau le parlementarisme/” , , , , murmurait au journaliste canadien , des complets, des robes, des pale-un chroniqueur russe, son voisin, à tots, des chemises, de* chapeaux, tète trotskyste, échoué à Paris, au des sous-vêtements, encore bons, sortir du ghetto moscovite et qui par- guignolée des colons.A tous les amis des colons, TA.C.V.dit; Installez chez vous, aujourd'hui, la Caisse des Colons.Prenez une botte solide et mettez-y les objets usagés dont vous pouvez vous passer.Au cours du ménage d’avril ou du déménagement, vous trouverez des chaussures, des lainages, du linge, lait français dùn accent zézayant.Et Von sentait, sous l’accent de ce Juif bolchevisanl, le dédain le plus absolu pour les rites parlementaires.S'il fût passé à Québec, dès lors, certes II aurait changé d’opinion.Paul POIRIER Le carnet du grincheux Le nouveau régime a supprimé le bar de l’Orateur.Ce n'est pas une raison pour que l'intempérance du langage s’installe à la Chambre.A A * Quand Talleyrand disait: “Je me suis souvent laissé payer, je ne me suis jamais vendu”, il voulait dire qu il avait toujours servi des idées qu’il croyait jus A_ _A__.'il .mit nrit ri* l’irffRnt Demain Demain, le "Devoir" publiera, avec les dernières nouvelles du pays at de l'étranger, toute une série de chroniques et d'articles, notamment des pièces sur la situation religieuse en Allemagne.Prix: 3 sous.Retenez d'avance votre numéro.que vous ne portez plus: déposez tM m«me s>h avait pris de l’argent.tout cela dans la Caisse des Colons.p|UJjeUrs membres de la clique qui domi-Faites un loi séparé des meubles, ' na naguère la provinc# ne pourraient dire poêles, harnais, outils, etc., qui ne | que u première partie de la phrase, à servent plus ou peu.De même pour: moins d’ajouter; Je me suit aeuvee» vendu.D’aucuns devraient même corriger, et dire: je me suis souvent payé moi-même, ce qui serait encore un euphé- • P'il les provisions: lard sali, pois, fèves, conserves.Aussitôt votre don prêt, tilépho- _ .nez à BY.0156, AM.2.M9.FR.1196, La phrase qui rendrai! exacte- DO.1771, EL.3435 ou AT.4310 'et ment la situation ne serait guère parle- (Por ALEXIS GAGNON) Québec, 30, — Qui osera nier la puissance du lien spirituel ancestral qui nous unit de façon profonde à notre mère Ja France?Elle s’est relevée triomphante, hier soir, à l’Assemblée législative, alors que les honorables députés se sont lancé des pots de fleurs à la tête.Le verbe gaulois fleurissait dans son antique verdeur et après la séance, les Québécois reconnus se disaient: “C’est comme au Palais Bourbon”.Les honorables députés se sont traités d’effrontés menteurs”, vulgaires calomniateurs’’, “petit politicien”, “trustard camouflé”, “farceur”, etc.Des confrères ont délicatement averti un député que s’il continuait ses amabilités il irait se ramasser sur la tribune des journalistes placée à quelque douze-pieds plus haut.Sur quoi un, journaliste a chantonné sur l’air mis en vogue par Mlle Malenfant: “Viens dans nos bras.” D’ailleurs, il règne de par le Canada une ambiance agressive.Sc-raitKe l’effet de la politique des armements du gouvernement King?Jamais nos législatures n’ont connu de jours plus belliqueux.Comme un chat enragé A la Législature ontarienne le sage M.Henry a voulu sauter à la gorge du premier ministre, et un ancien ministre a fté tellement agité par les Furies, que le sergent d’armes, tremblant et Inquiet a dû le sortir avec précaution comme on fait pour un chat enragé.Telle est la puissance du ferme.* démocratique.L’Incident le plus violent s’est produit pendant le discours de M.René Chaloult, (Kamouraska), en marge du bill sur ks bûcherons, particulièrement aimé des ministériels pour les propos qu'il a tenus sur M.Duplessis au temps de la campagne de Beaurê, ce qui prouve la grande vérité de la loi cosmique: "Rien ne se perd”, pas plus en politique qu’alueurs.M.Chaloult a d’abord échangé des remarques assez vives avec plusieurs députés, puis, à un moment donné, M.Boyer, député de Château* guay, a dit d'une voix sèche: “On ne forge pas de télégramme, nous”.M.Chaloult proteste, déclare que ce sont des mensonges.M.Duplessis se lève alors et parie d’un télégramme qui aurait été forgé par M.Chaloult le jour de l’élection pour faire croire au peuple électeur que M.Duplessis venait de l’appeler aux Trois-Rivières dans l’intention da le faire entrer dans le ministère.M.Chaloult ripose: "Le premier ministre est un effronté menteur et un vulgaire calomniateur.Je n *al pour lui que du mépris”."Vous irez vous ramasser quelque part" Sur ce, un député part de «on (suite à la page 2) Les trois encycliques NOUS COMMENÇONS LA PUBLICATION DE LA LETTRE A L’EPISCOPAT MEXICAIN ______________ Nous commençons aujourd’hui la M-blicatfon do la lattre do S.S.Pio Xi au* évêques du Mexique.Dét qua la publication dans la journal tara /erminée, la lettre aara misa en brochure, dans !« collection du DOCUMENT.Ella se vendra, comme la lettre sur Ig communisme athée «t la lettre aux évê-lues d’Allemagne, 10 sous l’axemploirt.«ont, $7j >1 la douxaint (franco), au mille $50, port on plus.On peut commander ensemble les t*oh| brochures et profiter dos réductions globales.Aussi, qu’on fasse une commando da 100 avec 20, 30 et 50 exemplaires des diverses encycliques, at l’on M-néficiera du prix du 100.Adresser toutes lot commandos an Service do Librairie du “Devoir”, 430?, rua Notre-Dame est.Montréal.Pour les commandos à l’unité ot à la dousalno, la prix est rigoureusement payable d’avance.on tra chercher le tout Bien à débourser.Rien qu’il soit un peu lard déjà, nous sommes heureux de faire écho à ce pressant et pratique appel.Et nous souhaitons qu’il soit largement entendu.O.H.LIRE EH PAGE 2: extérieur du Canada, Richer.Le commerce par Léopold mentaire.?Les Québécois, gens policés, goûtent le charme du langage de l’étranger conquérant, vite conquis par Québec.Demain, premier ma!, battra la déménagement.A Québec, les* députés ont autre chose à se dire, A e ?Un professeur de boxe ne serait pas mal venu dans ce salon.Le Grincheux A N CS AMIS La journal se ressent toujours de la période des déménagements.Un grand nombre de lecteurs habituels ne savent où et procurer le "Devoir" dans le voisinage de leur nouvelle demeure.Pourquoi, en arrivant dans un autre quartier, n'en pas profiter, alors que les marchands recrutent une nouvelle clientèle, pour faire établir des dépôts de notre journal?Le marchand est toujours un lecteur possible.Ceux qui veulent ravoir l'endroit le plut rapproché où te procurer notre journal n'ont qu'à communiquer avec M.Meunier, chef de l'expédition, BEhir 3361.De toute façon, que l'on réserve immédiatement ton numéro du "Devoir".Cela aide au tirage.I U Ptvom, MONTREAL.VCNPMDI 30 AVKIL 1937 VOLUME XXVIII — No 99 Sur la situation religieuse au Mexique Lettre apostolique "Nos es mu y" à l'épiscopat mexicain {Traduction ot sous-titres de la "Documentation Catholique", de taris) Vénérables Frères, Salat et Bénédiction apostolique.Félicitations et encouragement Nous savons très bien, Vénérables Frères, et c’est peur Notre coeur paternel un grand motif de consolation, avec quelle constance vous, vos prêtres et la majeure partie de vos fidèles mexicains vous professes ardemment la foi catholique et résistez aux injonctions de ceux qui ignorant l’excellence divine de la religion de Jésus-Christ ou ne la connaissant qu’à travers les calomnies de ses ennemis croient faussement ne pouvoir réaliser des réformes favorables au peuple qu’en combattant la religion de la grande majorité.Cependant, les ennemis de Dieu et de Jésus-Christ sont malheureusement parvenus à attirer aussi un grand nombre de tièdes et de peureux qui, tout en adorant Dieu dans le fond de leur conscience, coopèrent toutefois, au moins matériellement, soit par respect humain, soit par crainte des maux terrestres, à la déchristianisation d'un peuple qui doit à la religion ses plus belles gloires.En face de telles apostasies et de telles faiblesses qui Nous affligent profondément.Nous apparaissent d’autant plus louables et méritoires la résistance au mal, la pratique de la vertu chrétienne et la franche profession de foi de ces très nombreux fidèles que vous.Vénérables Frères, et avc
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