Le devoir, 30 juin 1937, mercredi 30 juin 1937
'v Montréal, morcredl BO juin 1937 KIDACTION IT ADMINISTRATION 430 1ST, NOTRK-DAMI MONTRE AU TOUS LIS SERVICES TELEPHONE ï.Blltir 33E1* SOIRS, DIMANCHES ET FETES AditlinistraHon : , .BEIair 3366 Rédaction ; .BEIair 2984 :.BEIair 2239 LE DEVOIR Dir«ct«ur-C4ranl : Ceorgei PELLETIER FAIS CE QUE DOIS Rédaataur an chef : Omar HIROUX • / VOLUME XXVIII — No 141 - 11 ‘ , TROIS SOUS LE NUMERO i , ABONNEMENTS PAR LA POSTE EDITION QUOTIDIENNE CANADA.$ 6.03 (Sauf Montréal at banlieua) E.-Unls et Empira britannique .8.00 UNION POSTALE., .!0.00 EDITION HEBDOMADAIRE CANADA.2.03 l.-UNIS et UNION POSTALE .3 00 Autour du congrès Lo merveilleuse aventure des jeunes Franco-Américains - Ses origines et sa signification Le réveil est étonnant — Inquiétudes et volonté de résistance Du travail sérieux — L'appel à l'action Les forces disponibles M, l'abbé Lachapelle et la Louisiane — Notre hebdomadaire Québec, 30 juin (par télégraphe).— La belle aventure des petits enfants franco-américains restera sûrement 1 un des faits les plus extraordinaires du congrès.Combien sont-ils exactement, nous l’ignorons; mais nous savons qu ils représentent cent quatorze écoles: et chacune de ces écoles possède, ici, au moins deux délégués.Garçonnets et fillettes sont venus de tous les points de la Nouvelle-An-gleterre.Après une randonnée à travers les deux pays, tous ces petits ambassadeurs de la Langue française, tous ces témoins de notre volonté de vivre ont été reçus hier avant-midi et à midi par S.E.le cardinal Villeneuve, par le maire de Québec, par M.Duplessis et par le gouvernement de la province.Au palais cardinalice, l’accueil fut particulièrement émouvant.Non seulement le cardinal voulut-il parler aux enfants en groupe et leur témoigner ainsi la plus paternelle bonté, mais encore il exigea qu’on lui amenât un à un les enfants; il se fit dire leurs noms, prodiguant les paroles de souveraine bonté, passant dans les rangs, donnant à tous sa main à baiser.Et l’on peut espérer de certains mots tombés en passant que le prince de l’Eglise tiendra à rendre, sani trop de retard, la visite des petits.A l’hôtel de ville.M.le maire Grégoire était tellement ému qu’il eut quelque peine à dire aux enfants sa joie et la gratitude de notre peuple.Au Château Frontenac, où le gouvernement recevait les délégués d» la jeunesse franco américaine, M.Duples-*» prodigua aux jeunes hôtes de Québec les conseils de fidélité à la foi aé Si qu’à la langue et aux traditions des aïeux.M.Bijr ,u, M.Delâge parlèrent dans le même sens- * * * Ainsi présenté, le fait serait déjà émouvant et singulier.Quand avait-on vu les fils, les petits-fils des émigrés revenir au pays, reprendre ainsi contact avec le sol et l'atmosphère du vieux pays?Mais il faut noter autre chose.Cette randonnée de centaines de jeunes Franco-Américains n’est pas le fait d’un ou de quelques hommes disposant de ressources considérables.Elle est la suite, le résultat d’une campagne d’éducation et de propagande.Tous ces petits enfants reçoivent ici la récompense d’un grand effort fait pour l’étude de la langue maternelle.La préparation de ce voyage, les concours qui ont déterminé le choix des petits voyageurs ont, pendant des semaines et des semaines, concentré sur cette question du français l'attention de milliers d'enfants.Le voyage de Québec n'est que la première phase de la campagne de propagande.Ces enfants retourneront chez eux, redeviendront dans leurs écoles, tout autour d'eux, des agents de saine propagande.— “Nous préparons des chefs!” nous disait l’un des plus fervents ouvriers de cette belle oeuvre.* # * On comprendra qu’écrivant ces notes rapides, hâtives, au soir de journées accablantes, nous ne soulignions que deux ou trois des traits de cette belle aventure.Mais nous reviendrons, avec des faits que nous avons recueillis, en de nombreuses conversations, sur le caractère, sur les origines du mouvement qui amène à Québec ces centaines de jeunes Franco-Américains.— “Vraiment, il y a un réveil”, nous ont répété nos interlocuteurs.De la puissance de ce réveil témoigne pareillement la manifestation de cet après-midi, au monu- I ment Champlain.Il y avait là un millier peut-être de Franco-Américains, portant l’insigne du voyage.Sans doute, ni le patronage des parents ni celui des enfants rte supprimeront les dangers qui menacent la survivance française; mais l’un et l'autre témoignent d’une volonté de résistance qui permet de vastes tspoirs.?Nous l’avons dit hier, les séances d’étude, les manifestations se poursuivent avec une telle abondance qu'il est impossible à qui que ce soit de les suivre toutes et de s’en faire une juste idée; mais nous recueillons dans la causerie de bien significatifs échos.— Dans tous les travaux, entendons-nous dire, on perçoit de l'alarme, de l'inquiétude, mais aussi une admirable volonté de réaction.Si le congrès n'est pas le point de départ d’un nouvel et puissant effort, ce sera bien étonnant.On fait grand éloge aussi du sérieux des études présentées.— “C’est ce que j’ai vu de mieux depuis longtemps”, nous disait, à propos des travaux de la section juridique, un homme qui ne se paie pas de mots, et qui n'est pas enclin à un excessif optimisme.11 semble certain qu’on accumule ici une documentation qui sera extrêmement intéressante.* * * Mais partout aussi on entend l’appel à Faction.On l'entend dans les discours publics, on l’entend dans les conversations.Il faut évidemment compter avec la vie, avec les multt sûrement aussi un effet durable.Des forces sont en mouvement qu’il suffira désormais d'organiser et de canaliser.* * * Des incident! viennent à chaque heure nous rappeler l’éparpillement de notre race, mais aussi les possibilités de réaction.Des gens se croisent à tout moment qui arrivent des points les plus divers du continent.Un ministre de l’Alberta, mince silhouette, vous dit un bonjour pendant que vous êtes à causer avec quelque ami de la Louisiane ou de la Nouvelle-Angleterre.Et le nombre des hommes capables d’effort qui sont ici dépasse ce que nous imaginons.Les journaux ne peuvent à peu près parler que des rapporteurs, que de ceux qui titnent en quelque sorte l’affiche.A tout moment vous rencontrez des hommes, des femmes qui jouent ou peuvent jouer dans leur milieu un rôle considérable.* * # Un contretemps imprévu privera aujourd’hui les lecteurs du Devoir de quelques feuillets de l'étude presentee hier sur la Louisiane par M.l’abbé Lachapelle.Notons tout de suite, quitte à y revenir plus tard, que M.l’abbé Lachapelle a donné les plus instructifs détails sur la Maison Française de l’Université de la Louisiane, à Bâton-Rouge, et sur les projets qu’entretiennent les ouvriers du réveil français en Louisiane.« « ¥ Et souvent, aussi, nous entendons parler de notre hebdomadaire de liaison française.— “C'est exactement ce que nous souhaitions”, nous disait un avocat de Bâton-Rouge.L’hebdomadaire fera évidemment sa part pour la mise en oeuvre des décisions qui seront prises au congrès.Nous y reviendrons.Omar HEROUX ses pareils oui voudraient nous faire ocuser pour partiaux envers les bleus.U m'apporte, en effet, le té-moianaae vue.ouand Us étaient où sont auiourd hut les rouaes nous ne les ménaaions pas Bien plus, ie suis accusé de ménaaer ceux-ci et d'avoir magané ceux-là.Au demeurant.mot> correspondant lui-même admet au'il n'u a pat de auoi fouetter un chot à prônas de ces Vianet-tes.Cependant.H.M.n'est aucunement français.Se serait-il pas plut simple d’omettre ces initiales à une époque ou le formalisme est de moins en moins de rigueur, votre de mise?L D.Bloc-notes Belle publicité On dépiste à Cleveland un individu soupçonné d’avoir assassiné à New-York, il y a quelques semaines, deux femmes et un homme.Il évente le .piège, prend la tuile vers Chicago.On le retrace à Chicago; reconnu, il se rend aüx ! bureaux d’un quotidien de cette ville, s’identifie, raconte son histoire au journal qui en fait un récit sensationnel, après avoir mis sous verrous l’assassin, en attendant l’heure de publication des autres journaux, pour les empêcher de partager la primeur du récit.Et puis, le journal dans la rue, la police Convoquée, le meurtrier répond aux interrogatoires des nouvellisf.es venus de partout, dans la ville, pose allègrement devant les photographes des journaux, se comporte comme s’il était ,per- De Manchester au Congrès de Québec en camion Quinze jeunes Franco-Américaines font ainsi le trajet Des fillettes appartenant à la paroisse franco-américaine la plus pauvre défilent dans les salons somptueux du Château Frontenac avec leurs humbles robes blanches parsemées de fleurs de lys et de feuilles d'érable de papier ^ .1 Gestes touchants entre mille L'ABBE GROULX LONGUEMENT ACCLAME AU COLISEE L'actualité Un lecteur nous écrit Les auditeurs radiophoniques de M.Louis Bertrand, lundi soir, ont tous remarqué deux fails: le premier.c'est qu’il a réussi ce tour de force de lire très vite, sans pause mix points, sans essoufflement, un texte très long.Ce qui long sans essoufflement.Ce qui n’est pas mal pour un septuagénaire et en dit beaucoup sur l'entrainement auquel il s’est astreint.Savoir lire est un art qui ne court pas les rues ni même, les universités chei nous.Prévenu sans doute que l'irradiation ne durait que /usqu’à 10 h.30, l’illustre académicien s’est vainement efforcé de lire fout son texte dans le temps disponible.Et cela nous amène au deuxième fait, à savoir que C.ft.C.M.a cOupé un texte d’une très haute tenue au beau milieu d'une phrase, comme on interrompt tes propos d’un diseur de riens.Et pourquoi ad-on coupé?Pour faire place à un programme anglais que personne n’aurait regretté de ne pas entendre, personne chez les Canadiens français, voire chez bon nombre d’Anglais, car ceux-ci sont plus nombreux qu’on ne pense qui ne perdent pas d’occasion de s'instruire en français.L'Anglais a horreur du gaspillage, il ne peut souffrir que tant de belles occasions d’enrichir Son esprit, quand c’est un intellectuel, coulent en pure perte dans l'éther.Il ramasse et il amasse; il nous donne aussi un exemple que nous ne suivons pas assez.Celte incivilité de la T&.F.nationale envers un hôte Illustre comme envers ses auditeurs a provoqué Vire de l'un de mes lecteurs, M.F.Venne.de Sher-'rooke, qui m'écrit entre autres hoses : Pouvez-vous fne dire, vous oui savez bien des choses (?), poür-quôi Badio-Canada persiste, sôus sa nouvelle direction comme sous l’ancienne, à traiter les Canadiens français comme citoyens de deuxième classe, et tout ce oui les touche, comme chose sans importance et ne méritant aucune considération?J’en ai.singulièrement, à la façon dont on a Interrompu hier soir la conférence de M.Louis Bertrand.Lorsqu'il nous vient des pèlerins d'Empire.Radio-Canada \ n’hésite jamais à bouleverser tous ses programmes, sur tout le réseau national, pour nous les faire entendre, en anglais, va sans dire.aussi longtemps que ces émules de Cecil Rhodes veulent bien condescendre à nous parler.Lorsque, par contre, un homme supérieur comme M.Bertrand doit porter la parole en public, on commence par hésiter longtemps avant de se décider à irradier son discours; puis, à peine quelques heures avant l’instant où l’événement doit avoir lieu, on finit par se résoudre à faire entendre aux Canadiens, sur le réseau français ieutement.l'ambassadeur du verbe de France; enfin, pour mêler l’insulte é l’indifférence, on coupe brutalement au milieu d'une phrase l’allocution du visiteur.Et pourquoi visée et, enfin, au’un accroc miel-conque dans le déroulement du programme de la séance ait rogné le temps alloué au représentant de l'Académie.Mais il est bon que M.Frtqon sache pour pouvoir s’en faire des armes que l’on s'attend à ce que le poste de radio-Etat montre plus de sérieux et plus de tenue transporter à New-York soit prêt au départ.Il va sans dire' que les feuilles à sensation de Chicago s’en sont donné, qu’jelles ont exhibé ie raeurtrlw à leurs lecteurs sous toutes les faces: de profil, aux trois quarts, de face, de dos.de pied en cap, et le reste.Et les manchettes les plus tapageuses ont encombré la façade des quotidiens de la ville aux immenses abattoirs; quoi d’étonnant qu’elle ait le goût du sang?“Un des traits extraordinaires de la justice américaine, c’est la publicité dégoûtante qu’elle laisse faire aux criminels”, note un quotidien ontarien.Ce qui est encore plus extraordinaire, c'est que le pouvoir suprême ne s’avise pas que cette publicité est de nature à entraver l'açtion de la justice, d’une part, et-Yjue, de l’autre, elle éveille et stimule chez des détraqués, comme il y en a tant dans la société moderne, un goût de la publicité morbide, un instinct d'imitation qui conduisent jusqu’à l’attentat criminel.Surplus et chômage On vient d'annoncer un surplus, dans le budget ordinaire du gouvernement québécois, de 85 millions, pour 1930-1937.II y aurait eu, dit-on, des économies de 83 millions dans la dépense courante et une rentrée importante des revenus de tout genre, ce qui aurait, changé un déficit de tout près de 82 millions l'an dernier en surplus de #5 millions cette année.On verra exactement, un peu plus tard, de quoi il retourne au juste.Il faut se garder d’oublier cependant que cela n'est ou’une partie de notre budget réel.U y a en plus les énormes déboursés occasionnés par ]e chômage.A date, celui-ci a coûté au trésor fédéral, aux provinces, aux municipalités, — bref, aux contribua blés canadiens, — une somme de $800 millions, dont il a fallu emprunter la plus grande partie, les ff QUEBEC, 30 (par Lucian Desbiani) — Dons la viailla capitale fortifica, tout imprégnée de souvenirs, et où, presque 6 chaque pas, te dressent 1rs fantômes glorieux d'un passé qu'on exalte de façon toute particulière ces jours-ci, le Deuxième Congrès du Parler français continue à chaque heure de faire de nouvelles conquêtes.EN CAMION DE MANCHESTER A QUEBEC lien que l'on entreprenne aujourd'hui la seconde moitié du congrès, l'enthousiasma, loin de ralentir, augmente, et, plusieurs fois par jour arrivent de nouveaux pèlerins du parler de Franca.Avant-hiar soir, quinze Franco-Américaines descendaient joyeusement d'un camion qui les avait transportées de Manchester à Québec, ces quinze gracieuses jeunes filles ayant accepté de gaieté de coeur d'accomplir dans des conditions pénibles le voyage è Québec, pour venir se retremper aux sources mêmes de lo nationalité cana-dienne-française.Ces obscures héroïnes ne renieraient certes pas leurs aïeules.Hier matin, autre pèlerinage émouvant des Etats-Unis: c'était cette fois une magnifique délégation de 200 écoliers et écolières des centres franco-américains que nous amenaient leurs professeurs et institutrices.On pouvait mémo voir avec les écoliers six bachelières.FLEURS DE LYS DE PAPIER Les autorités de la province ont eu un geste délicat en recevant à déjeuner, au Château-Frontenac, hier, tous ces petits pèlerins venus de si loin pour connaître le pays de lurs ancêtres.Comment pourrions-nous ne fws être touchés aux larmes en voyant, par exemple, l'un des groupes de fillettes, qu'on nous dit appartenir à la paroisse franco-américaine la plus pauvre, défiler timidement dans les salons somptueux du Château, avec leurs humbles robes blanches parsemées de fleurs de lys et de feuilles d'éroble de papier?GESTES CHOISIS ENTRE MILLE Ces faits que nous signalons ne sont que deux gestes choisis entre mille, dans le vaste chapitre de gestes précieux que sont o écrire nos frères des Etats-Unis, de lo Louisiane, de l'Ontario, de la Saskatchewan, de l'Alberto, du Manitoba, de lo Colombie Canadienne, des Provinces Maritimes.L'un des porte-parole de tous ces visiteurs nous exprimait la gratitude de son groupe envers le Québec qui les a invités au congrès, alors que ce serait plutôt à nous d'être reconnaissants à tous ces admirables pèlerins, qui ne reculent devant aucun sacrifice pour venir prêter de nouveau, au berceau de la Nouvelle-France, leur serment de fidélité à leur souveraine la Langue Française.LA "SOIREE DE L'ABBE GROULX" Hier soir, au Colisée, c'était la troisième des séan- ces solennelles du congrès, celle qui restera dans fa mémoire des congressistes comme "la soirée de l'abbé Groulx", pour employer une expression populaire maintes fois entendue depuis quelques jours.IL PLEUT A peine une heure avant la séanca, (et nuages gonflés depuis la fin de l'après-midi crevèrent brusquement et la pluie se mit è tomber dru, détrempant les banderoles, les écussons et les drapeaux qui décorent avec profusion la vieille cité.Cette pluie devait, pendant toute la soirée, servir d'accompagnement approprié aux paroles parfois dures de M.Groulx.Jusqu'ici, le congrès avait été en quelque sorte l'apothéose de la survivance française en Amérique.C'était la brillante revue de nos conquêtes, de nos gains, de nos qualités ethniques.Le soleil complice mêlait ses hommages â ceux des hommes; H se couchait le soir paisiblement, en glissant une dernière caresse eu Colisée où tant de mille coeurs battaient i l'unisson dans l'exaltation de la patrie.EXAMEN DE CONSCIENCE NATIONAL Hier soir, par la bouche du juge en chef Roy, par celle de M.l'abbé Lionel Groulx, ce fut la revue de nos déficiences, de nos pertes, de nos petites trahisons.La nature a voulu contribuer elle aussi à cette douche salutaire qui arrivait à son heure pour rappeler certaines réalités que l'on ne doit pas Ignorer, surtout dans un congrès comme celui que nous vivons.L'orage n'a cependant pas fait peur eux gens; des milliers de congressistes se sont acheminés, è la pluie battante, vers le Colisée, afin d'entendre le gouverneur général du Canada, les juges Roy, Mignault et Leblanc, le distingué reefeur de l'Université d'Ottawa et M.I abbé Lionel Groulx.OVATION PROLONGEE Quand, un peu avant dix heures, parut le prltre, dont la soutane noire se détachait nettement sur le fond pourpre des manteaux de l'émouvante phalange d evêques qui entouraient Son Eminence, une ovation formidable l'acclama, se mêla, pendant plusieurs minutes, aux grondements du tonnerre et à lo colère de I orage.Ovation qui devait se répéter souvent cependant au cours de la soirée.jr** acclamations, les ovations qui ont fait tressaillir le Colisée hier soir ne sont pas suffisantes.Elles seront même stériles si notre race ne sait profiter des tortes leçons qu'on lui o données, hier soir.Ces leçons sachons les comprendre et y puiser le courage nécessaire pour regarder en nous-mêmes, pour nous juger sans sévérité excessive, comme sans faiblesse Et quand nous aurons clos l'examen de conscience, nous pourrons édifier sur des bases plus solides l'avenir que les autres.C’est celui sur le-\ revenus ordinaires ne suffisant pas ouef se rabattent et sur leauel comp- tent les gens gui demandent à la radio autre chose aue les secousses nerveuses du fazz (comme le numéro oui avait précédé la conférence Bertrand) et les grosses farces surannées des comédiens uoupino-qankeet.* * * Mon corresbondant.oui a comme on dit à la campagne les veux à pic et les oreilles dans le crin, m’écrit à un autre propos à cette dépense gigantesque.Le Québec a dû faire sa part des déboursés occasionnés par les fonds de secours.Depuis juin 1936, le fisc provincial a affecté quelque $14 millions à cette dépense.Et cela n’est pas fini, loin de là.Cela veut dire qu’il se passera du temps avant oue nous puissions équilibrer notre budget dans son entier.Nous serons dans le cas de* autres provinces s’il vous plaît?Pour nous faire entendre un sketch anglais aussi fmus entendre parfaitement puis inutile qu’inepte.!,e oublie le texte de sa lettre Ne crovez-vous pas qu’il v au- uue voici: rail lièu de secouer un peu M.Frigon sur un point comme celui-.là?Quant à moi, je n'ai aucune objection que les autorités de Radio-Canada se aarrochent des fleurs à la brassée dans les communiqués qu’elles fournissent elles-mêmes aux journaux — bien que Je trouve les Journaux d’une patience d’ange sur ce point — mais entre les périodes fréquentes où ils se couronnent soi-même de lauriers, l’aimerais nue ces messieurs de la radio prissent le temps de se rendre compte que nous ne sommes pas des panas dans notre pays.Pour une fois, je vais me faire prophète: vous verrez qu’à l’automne on consacrera è l’anglais le nouveau poste puissant de Ver-chères et qu’on laissera au français le poste insuffisant de CRCM.Pourquoi se gêner avec de bonnes poires qui ne protestent ia-mais et se contentent des miettes?f.venne.La colère n’est iamati tendre pour personne et mon correspondant aut ta subit ne t’est pas pour M.Frigon.Je n’ai pas mission de défendre celui-ci, mais ie ne puis manauer ée dire aue le suis convaincu de ses bonnes intenttons.Il peut exister des programmes oui ne s'aiàurnent nas sans de grandes difficultés: fl se peut aussi que cette irradiation de.la deuxième séance publiaue.du congrès ait été impro- et du gouvernement fédéral, c est vrai; mais le mal Nous atteins de I,un ne guérit pas celui de l'autre.Et plus cela va, plu* le mal s’étend.La tâche de trouver de l’argent pour subvenir à toutes les demandes un tant soit peu pressantes et plus ou moins raisonnables n’est pas facile.La tâche de le rembour-ser sera néanmoins autrement plus se trouve, cependant, pue ie n’en! lourde.Et le contribuable n’a pas ai pas moi-même à faire sur cette fini de se faire taxer, où que ce soit m 11/”’ timbres, mais que chez nous comme en Europe.Je vous remercie de l’offre que vous me faites de publier les critiques que ie pourrais avoir.Il G.P.Le carnet du grincheux On s fait voir à M, King, pendant son du Canada.Il y a un animal canadien qu'on n'a pu lui montrer; j| s’appelle Fonds de chômage Ottawa tailla et retaille dans son budget — L'Est trouve l'Ouest mieux traité que lui-même question j’estimais que vous eussiez dû en avoir, vous, en emclovant la même norme dont vous vous êtes iadis servi à l’endroit d’Arthur Sauvé.Vous lui reprochiez entre autres choses, s! vous vous souvenez, de n’avoir pas traduit les initiales R.C.M.P.sur un timbre."Government Building, Victoria” sur un autre, et “Air" sur un tim-, .^ bre par avion.Or.le timbre du; voyage à Berlin, un bison et un castor1 sacre porte, comme vous le verrez è celui que J’annexe, exclusi- ’'H- M.George la liberté.M et H.M.Queen Elizabeth” * * * ce ont est d’un bilinguisme un peu Le problème du franc m pose de chenu.Pour ma part, je ne re-| travers pour ceux oui prétendaient aller nroehe pas le George, sans a.ni le «n dépenser là-bas M* en dépenseront hlizaoeth.avec un r, au gourer-j Plus ou'ils ne le voudraient.?* * S'il tait plus chaud dans la vieille ville da Champlain qu'à Montréa! même, ces lours-ci, n'est-ce pas qu’il y a là-bas tant d’enthousiasme ardent chez les congressistes?* * * M.Cheutemps obtient ce que l’on avait refusé à M.Blutn.Et*it-on las de Blum?* ?* nemènt.car Je crois aujourd’hui comma au temps de Sauvé, que l’on ne doit pas traduire en français des choses exclusivement anglaises, ni vice versa.Il ferait beau que l’on traduisit Cartier par Quarter! Mais ce ne semblait pas être l’opinion de Paul' Anger au temps de Sauvé.Se se-ralt-il.nas hasard, rendu aux raisons que.ie çrols lui avoir alors données?Chi lo sa?i Dire qu’il reste encore du français Mon crttioue me rend service.//j au Canada après l'immigrehon massive, répond efficacement à nombre de le guerre, le fiuise prospérité, fa criée Le problème de l'équilibre financier (par Léopold RFC H ER) Ottawgj 30.—Pendant que le premier ministre s’entretient avec Herr Hitler et qu’il étudie, auprès des hommes dTîtat européens, les causes de mésentente qui peuvent provoquer un conflit mondial, les fonctionnaires du ministère du Travail continuent de s’occuper de questions matérielles.Des ministres peuvent voyager, assister à une conférence impériale et s'intéresser à la politique internationale, mais les fonctionnaires sont rivés à leur tâche quotidienne.Il leur appartient d’assurer la bonne administration de l’Etat, selon l’esprit du gouvernement au pouvoir et dans les cadres des prévisions budgétaires.Les préoccupations des fonctionnaires manquent peut-être d'horizon et 'd’initiative.Les actes administratifs qu’on les oblige à poser n’en déterminent pas moins la politique réelle du gouvernement, voire même son avenir.Four le chêmoge Ces jours-ci précisément, le* fonr-tionnaires du ministère du Travail sont en train d’établir les somme» que le fédéral versera aux provinces, pendant les mois de juillet, août et septembre, pour venir en aide aux chômeurs.Question délicate, épineuse.Depuis bientôt sept ans.elle n’a jamais été réglée à la satisfaction des intéressés.I^es provinces ont toujours prétendu que 1 assistance fédérale n’était pas suffisante.Pendant trois ou quatre ans.elles ont fait rhanter le gouvernement d’Ottawa en agitant Pépouvan-lail de la faillite.Comme M.Bennett voulait assurer à tout prix le crédit du Canada, il n’a jamais permis qu’une province fit banqueroute.11 a donc versé des dizaines de millions de doNars au trésor des provinces.Depuis une couple d’années la politique fédérale d’aide aux chômeurs a été modifiée.Si, grâce à la présence de M.Gardiner dans le ca-inet fédéral, les provinces de septennale et If vague sans cesse déferlante de l'assimilatior et du snobisme anglo-américains! Ces m.Français d’Amérique, c'est à croire qu’ils sont insubmersibles et, — pour forger un néologisme à leur mesure, —- Innoysblts.* * # Il n'y • œs si longtemps, la peresse était un péché capital.Depuis le chômage rémunéré, on ne la range plus parmi les péché*.Cast un capital U Grincheux l'Ouest (à l'exception de l’Alberta) ont continué de bénéficier des largesses fédérales, les provinces de I Est ont subi les effets de la nouvelle politique d’économie.C’est l’intention du ministère du Traavfl d’accentuer, si possible, les réductions effectuées aux dépens de certaines provinces.La reprise économique étant générale, on prétend que les provinces n’ont plus autant besoin d’aide qu auparavant.I! «'agit donc de réduire pendant les trois prochains mois ce qu’on leur a versé pendant le trimestre qui vient de se terminer.On connaîtra dans quelques jours la somme exacte des économies.Les coupures faites Pendant les trois premiers mois de l'année financière courante, l’aide aux provinces en matière de secours aux chômeurs s'est chiffrée par $1,839,500 comparativement à $2,345,65?pendant le dernier trimestre de Taxarrice terminé le 31 msrs, soit réduction de plus de 8500,000.Par province, les réductions sont les suivantes; Ile du Prince-Edouard, 8844; Nouvelle-Ecosse.82.3,550; Québec, 8169,375; Ontario, 8203,250; Manitoba, $5.-731; Saskatchewan, $37,750; Alberta, 83,875; Colombie canadienne, 850,812.On connaîtra dans quelques Jours les chiffres du Nouveau- c.k' ‘ *n d«rnler l’assistan ce fédérale aux provinces s’est éle vée à $29,000,000.Les prévision: budgétaires pour l’année couranti aîo Mr?1 00,000.Les fonctionnaires di ministère du Travail veulent s’et tenir à ce minimum.L’économie se fait surtout, corn me dans le passé, au détriment de: provinces centrales.Quant aux pro vmees de l'Ouest, elles enregis trent des diminutions comparât) veinent peu importantes.On expli que cela en disant que la reprisi economique a été beaucoup plui accentuée en Ontario et dans Ii Québec que dans les Prairies.Ce; dernières ont reçu depuis quelque! mois de fort jolis cadeaux d’Otta wa principalement le Manitoba ei a Saskatchewan.Il va sans dire qui les provinces centrales ne sont guère satisfaites du traitement don! elles sont l’objet et qu’elles rolen! d un oeil soupçonneux les dons du fédéral aux gouvernements di (suite à la paje 2) DISCOURS ET VOEUX DU CONGRES DE LA LANGUE FRANÇAISE Les Monitobains de langue frai çaise, par S.E.Mgr Yelle (page 8 L'hiitoire, gardienne de traditioi vivantes, par l'abbé Lionel Grou (page 6); Le fronçait en Louisiane, p< labbé J.-B.Lachapelle (page 9); Les voeux du Congrès (page 10 Le "Devoir" de demain Par exception et à cause du Congrès de Québec, le "Devoir" paraîtra, demain 1er juillet.Il ira sous presse a la fin de l'arant-midi.Ses bureaux et ses ateliers chômeront, l'après-midl Il \ m.IE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI 30 JUIN 1937 VOLUME XXVIII — No 148 Sherbrooke et les Cantons de l'Est Une autre ville française qui ne le laisse pas voir Lg population de Sherbrooke est française aux quatre cinquièmes, ce qui ne paraît pas aux yeux du visiteur — La cuisine chinoise est en honneur — L'acte de baptême de Sherbrooke — xxi — Sherbrooke est une ville française mais dans le genre de Montréal, sans qu’il y paraisse beaucoup.Les deux tiers des Montréalais sont des gens de langue française.Les abords de la gare Windsor, de la gare Bonaventure, le centre côm-mercial dfe la ville, le centre financier.font plutôt croire que c’est [e contraire.Un phénomène du même genre se produit à Sherbrooke, Quant à sa population, la ville de Sherbrooke est encore plus française que Montréal.Le4s quatre cinquièmes des habitants de Sherbrooke sont des gens de langue française.Il V a pourtant peu de villes qui donnent plus, de prime abord, au visiteur, l’impression d’être anglaises.Au recensement de 1937, sur 31,832 habitants, Sherbrooke en comptait 24,801 de langue française.A la gare du C.P.R.— la plus fréquentée — il n’v a pas un chauffeur qui offre sa voiture en français.Le reste de la population se partageait alors ainsi: Anglais, 5,299; Irlandais, 919; Juifs, 186; Ecossais, 254; Italiens, 39; Grecs, 35; Syriens, 54; Chinois, 35; Espagnols et Polonais, 19; Arméniens, 7; Allemands et Russes, 17; Suédois, 15; Danois, 7; Français, 4; Ukranien, 1.Nous donnons les chiffres tels quels, sans chercher pour quelle raison de haute statistique démographique la ville de Sherbrooke peut bien compter ensemble Espagnols et Polonais, Allemands et Russes, etc.Une chose qui parait tout de suite c’est que la cuisine des restaurants sherbrookois est surtout chinoise.Hors des hôtels, qui sont particulièrement nombreux à Sherbrooke, il n’v a pour ainsi dire que des restaurants qui ont enrichi quelques immigrés cantonais, gens fort sympathiques mais qui n’en restent pas moins Cantonais.Les chops-sueys qu’ils servent sont Importés en boites de fer-blanc, ainsi que les nids d’hirondelle, mets de luxe, que personne ne consomme d’ailleurs.Les nids d’hirondelles sont portés au menu pour la forme.Les Can-tonais devenirs reslaurateurs sherbrookois se donnent pour ce qu’ils sont: des Chinois.Ils se disent probablement que si les indigènes, les Canadiens français, veulent de la cuisine indigène, ils n’ont qu’à s’en servir.Il paraît qu’à l’occasion des fêtes du “'Centenaire”, quelques-uns des hôtels de Sherbrooke réformeront leur cuisine, annonceront des menus français.Ce serait un commencement de francisation, un commencement qui devrait se faire permanent.Après Montréal et Québec, pourquoi Sherbrooke ne s’annoncerait-elle pas comme ville française, puisque c’est vrai?Il s’agirait de le laisser voir au visiteur, ce qui n’est pas le cas actuellement.La francisation extérieure de Sherbrooke serait une chose tout indiquée à l’occasion du deuxième congrès de la langue française.L'acte de baptême de Sherbrooke Pendant un mois, du 3t juillet au 4 septembre, la ville de Sherbrooke célébrera son centenaire.Au vrai, la ville est bien plus ancienne que cela.Du temps de la splendeur des Abénaquis.Sherbrooke était déjà Avis de décès LECLAIRE A Montréal, le 29 juin 1937.est décédé à fi2 ans.Joseph Leclaire, laitier, époux de feu Emilie Dagenais.La dépouille mortelle est exposée aux Salons Poirier, 0520 Saint-Denis.Funérailles vendredi, à 9h., à l’église Saint-Jean-de-la-Croix.Sépulture à In Côte-des-Neiges.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.LAPOINTE.— A Taschereau, le 25 juin 1937, est décédé à 23 ans, Joseph-Rolland Lapointe, fils de Charles Lapointe et de feu Agnès Johnson.Funérailles le jeudi 1er juillet.Départ des salons mortuaires Vandelac, 120 Rachel Est, à 8 h.15 du matin, pour se rendre à la Caihédrale ou le service sera célébré à 8 h.30.Et de là au cimetière de la Côte des Neiges, lieu de sépulture.Parents et amis sont priés d’y assister sans autre invitation.NECROLOGIE AUMONT — A Outremont, le 28, à 63 ans, Anna Hénault.épouse de feu Romuald Aumont.BEAUDRY.Antoine — A St-Jér«me, le 27.à 88 ans.Antoine Beaudry, ex-mattre de poete, époux de feu Réglna Beauregard CALLAGHAN — A Montréal, le 37, John-Phelan Callaghan.CHARBONNEAU — A St-Roch de l’Achl-gan.le 28.il 40 ane, M OUbruls Charbon-neau, époux de Marie-Anne Martel.CHOLETTE — A Montréal, le 27.h 78 ane.Mme Vve L -E -A.Cholette, née Marie-Antoinette LeSleur.DUCHARME — A Montréal, le 20, à S4 an».Louisa Leclaire, épouse de Loula Laçasse.pharmacien et mère de Loula-J.La- C&ftSO LAZURE — A ThOpltal Notre-Dame, le 29.à 32 ans, Léo.fils de M.et Mme Max Lazure.LECLAIRE — A Montrée!, le 29, à 72 ans, Joseph Leclaire.laitier, époux de feu Emélle Dagenais.LEMIEUX — A Verdun, le 29.à 27 ans.Laurette Malo, épouse de Paul Lemieux.LEONARD — A l’hôpital St-Luc.le 27.Juliette L'Archevque, épouse de Samuel Léonard.LEROUX — A Montréal, le 28.A 61 ans.Mme Léon Leroux, née Auger.Hélène.LETOURNEAU-LAURIER — A Montréal, i 47 ans, Msrle-Aurore Létoumeau, ‘Véronique".MARCOUX — A Montréal, le 28.à 80 ans.Ferdinand Marcoux, époux de feu Marie Tremblay.OUrMET — A Montréal, le 26.à 33 ans.Roméo Ouimet, époux d’Amanda Bour-deaux.ROBS — A Masklnongé, lé 28.A 38 ans.Mme Vve Harry Ross, née Bastlen.Albina TURNER - A Montréal, le 28, Mme O - Turner, née Ex!Ida Xaurls.Eschevantegou ou Ktiné.Mais son nom officiel de Sherbrooke lui aurait été donné, en 1337, il y a juste cent ans.en même temps que le gouvernement du temps décidait de construire une maison de iustice.La ville était pourtant chef lieu du district judiciaire depuis 1823 et la visite de lord Sherbrooke à cet endroit remontait déjà à 1818.Le nom de Sherbrooke, ne daterait toutefois, de façon officielle, que de 1837.C’est du moins ce qui semble établi par une pièce que l’on uous fait tenir de Sherbrooke.“Ordonnance pour ériger une Maison de Justice, avec des Bureaux convenables à Sherbrooke, dans le District de St.François, et pour en défrayer la dépense.“ATTENDU qu’il est devenu né-cessaire.pour Thonneur du Gouver-nernenl et de la dignité de la iustice.et par suite de l’insuffisance et de l’état délabré du bâtiment qui est maintenant occupé comme Maison de Justice, dans le District de St.François, d’ériger à Sherbrooke, dans ledit District, une Maison ou Salle de Justice, avec des Bureaux convenables, pour les Séances des Cours de Justice: “Qu’il soit donc Ordonné et Statué par Son Excellence le Gouverneur de la Province du Bas-Canada, par el de l’avis et consentement du Conseil Spécial constitué et assemblé pour les affaires de ladite Province, en vertu el par l’autorité d’un Acte du Parlement du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande, passé dans la première année du règne de Sa présente Majesté, inti-tuié, “Acte pour établir des dispositions lemporaires pour le Gouvernement du Bas-Canada”, et il est par les présentes ordonné et statué par ladite autorité, qu’il sera et pourra être loisible au Gouverneur, Lieutenant Gouverneur, ou à la personne chargée de l’administraiton du Gouvernement pour le tems d’alors, de nommer, par un instru-menl sous son Seing el.le Sceau de ses Armes, trois personnes dans le District de St.François, en qualité de Commissaires, aux fins d’ériger une Maison de Justice, avec des Bureaux convenables, pour les Séances desdites Cours de Justice; (laquelle dite Maison de Justice sera érigée à Sherbrooke, dans ledit district conformément à cette Ordonnance); déplacer de tems à autres lesdits Commissaires, ou aucun d’eux; et en nommer d’autres en remplacement de ceux qui auront été déplacés, seront morts, ou auront résigné leur charge.“Et qu’il soit de plus Ordonné et Statué par l’autorité susdite, que le Village de Sherbrooke, dans ledit District de St.François, sera à l’avenir désigné sous le nom de la Ville de Sherbrooke.(CAP.XXXVIII) ORDONNANCES PROV1 NCI ALES DU BAS-CANADA (1838)’f Sherbrooke célébrera, dans ua mois, son centenaire.Les fêles surviendront à peu près en même temps que celles du deuxième Congrès de la langue française.La ville de Sherbrooke voudra-t-elle en pro filer pour se refranciser?Non» l’espérons.Emila BENOIST Le langage de nos marins L avènement du moteur à combustion a provoqué une révolution linguistique — Catalogues et livrets d'instruction européens en français — L'Association des Propriétaires de Navires et la traduction des documents fédéraux qui se rapportent à la navigation Travail de M.Wellie Morin Québec, 29 — Résumé du travail présente mercredi malin d la sec-lion de la langue parlée par M.Wellie Morin, de Québec, sur le langage de nos navigateurs: Notre langage maritime s’est assez bien conservé.Nos marins ont gardé les principaux termes techniques apportés au pays par leurs ancêtres, il y a 25 ans, la naviga-lion à voiles était encore florissante et nos matelots naviguaient à la bonne franquette en conservant le langage technique appris à bord des goélettes de leurs parents.L’avènement dans notre navigation du moteur à combustion interne a été une révolution au point de vue du langage de nos marins.En effet, jusqu’à l’an dernier, tous les moteurs étaient de fabrication américaine.Pas un seul vendeur américain n’a cru devoir publier ses catalogues ni ses livrets d’instructions en français.Les moteurs marins nous viennent maintenant d’Europe.Les maisons européennes fournissent gratuitement les catalogues et les livrets d’instructions en français.De plus, l’an dernier, nous avons organisé l’Association des Propriétaires de Navires à voiles et à moteur.Nous avons obtenu au nom de ce groupement la traduction française de tous les documents nautiques déjà publiés par le Ministère des Transports et de la publication bilingue des documents à venir.Il semble donc que nous cinglons vers une intéressante épuration de notre langage maritime.Le discours de M.Bovey A cause de l’abondance des matières, nous remettons à demain le discours de M.Wilfrid Bovey.de l’Université McGill, au Congrès de , lu langue française.Fonds de chômage (Suite de la première oaae) l’Ouest.C’est encore le cas de l’Est qui alimente l’Ouest.Le gouvernement central est au courant du mécontentement qui existe dans l’Est au sujet du traitement de faveur accordé à l’Ouest.Aussi refusera-t-ii, dit-on, de considérer dans l’avenir tout emprunt des provinces des Prairies ayant pour but de défrayer le coût de l’assistance aux chômeurs.Les autorités fédérales admettent volontiers, mais non pas officiellement, qu’elles ne recouvreront jamais les sommes avancées aux provinces de l’Ouest.On a donc décidé de ne plus leur avancer de l’argent ou de né leur en avancer qu’à la condition expresse de remboursement à une date définie.Changement radical d’attitude.Jusqu’ici on prêtait aux provinces qui, à leur tour, aidaient les villes.Le gouvernement fédéral a toujours refusé de traiter directement avec les autorités municipales.Les congrès des maires et leurs délégations à Ottawa n’ont pas réussi à faire abandonner cette habitude.Les municipalités prétendaient, et elles le prétendent encore, que la politique d’aide aux chômeurs inaugurée par Ottawa en 1931, les acheminait tout droit à la faillite.Plusieurs d’entre elles n’ont pu faire honneur à leurs engagements financiers.Ces jours-ci la ville de Winnipeg éprouve des difficultés et elie serait heureuse de recevoir l’assistance soit du provincial soit du fédéral.Ottawa reste sourd aux appels de détresse.Les finances municipales On se demande cependant comment les villes pourront remettre de l’ordre dans leurs finances.Plusieurs d’entre elles — la plupart— ont contracté plus de dettes qu’elles ne pourront jamais en payer.Elles continuent de subvenir aux besoins de milliers de chômeurs.Les municipalités les plus fortes tentent d’opérer une diversion en lançant des programmes de travaux publics.Elles s’entendent là-dessus avec leurs provinces respectives.Mais il faut se rappeler que les crédits fédéraux ont été votés au cours de la dernière session.Le gouvernement fédéral n’a fait aucune provision spéciale pour des dépenses inattendues qui découleraient nécessairement des nouveaux programmes de travaux.Les provinces acceptent d’emblée les propositions des municipalités, sachant fort bien qu’elles ne s’engagent à rien tant que le gouvernement fédéral n’a pas consenti à défrayer sa part du coût des travaux.Cela permet ainsi aux provinces de rejeter sur Ottawa la responsabilité du refus final.Du point de vue politique et électoral, le gouvernement fédéral y perd certainement.Mais il prétend que, l’activité industrielle, qui prend de plus en plus d’ampleur, finira par faire disparaître le chômage, thèse en laquelle le ministre des Finances n’avait guère confiance cependant quand il a prononcé son dernier discours du budget.Thèse du moindre effort, en tout cas.Après sept ans de cr.se, les autorités fédérales et provinciales doivent avouer qu elles n’ont pas encore de politique rationnelle de l’emnloi.C’est un terrible aveu.Et les conséquences financières, pour ne parler que de celles-là, en sont déjà désastreuses.Léopold RICHER Une voix acadienne L'allocution du juge Leblanc au Congrès de la langue française Québec, 30.(De notre envoyé spécial) — A la séance d’hier soir.M.le juge Arthur-T.Leblanc, de la Cour suprême du Nouveau-Brunswick.a exprimé au nom de tous les congressistes, particulièrement eeux de l’Acadie, les hommages au Souverneur général du Canada et lady Tweedsmuir, qui, en acceptant d’assister à l’une des principales séances publiques «lu Congrès, donnent une preuve non équivoque de leur respect et de leur appréciation pour la culture française.Le congrès tombe juste au moment ou l’Empire Britannique est encore dans l’allégresse du couronnement de Sa Majesté.M.le juge Leblanc exprime nu vice-roi la loyauté du Canada français envers la couronne britanni-que.M.le juge Leblanc fait une délicate allusion à Foeuvre littéraire de John Buchan et se plaît à voir en lord Tweedsmuir l’un des plus dignes représentants de la couronne britannique et l’un des plus distingués des écrivains anglais.L’orateur dit ensuite que comme groupe ethnique les Acadiens ont le droit et le devoir de travailler à leur progrès moral et matériel, en harmonie avec le reste du Canada, par tous le moyens légitimes qu’ils ont à leur disposition.Pour cela, il leur faudra tenir compte de leur passé, de leur tempérament.de leurs sympathies et de leurs goûts.Àvex-vous besom de bons livres?Adressez-vous ou Service de librairie du “Devoir", 430 Notre-Dame, est, Montréal.Hommage à Champlain des Franco-Américains Deux mille délégués de la Nouvelle-Angleterre au pied du monument Champlain — "O Canada" et "The Star Spangled Banner" —= Dix comité régionaux du Congrès représentés —= L'amitié et la collaboration entre Franco-Américains et Canadiens français Discours de MM* Antonio Prince,, Dewey-Gc Archambault, maire de Lowell, et Rodolphe Pépin SEMENCES - PLANTES - BULBES HECT0R-L.DÉRY, LIMITEE Maison 100% Canadienne-Française 32 est.rue NOTRE-DAME - - Montréal Québec, 30____Venus de toutes les parties de la Nouvelle-Angleterre, près de deux milliers de Franco-Américains se pressaient, hier après-midi, aû**pied du monument Champlain, pour attester par leur présence et par leurs discours de leur indéfectible fidélité à la religion catholique el à la langue française.Sur le roc du Cap Diamant, face à ce fleuve par lequel sont remontés tous nos ancêtres pour aller coloniser les recoins les plus recu- d ' lés de nos forêts, au pied de ce géant de bronze qui eut un jour dans la bouche, plus que tout autre, ce goût de l’aventure et du risque que seuls ressentent les fils des peuples forts, les Franco-Américains voulaient en cet endroit montrer à leurs frères du Québec qu’ils n'avaient rien oublié ni rien dilapidé du dépôt que leur ont légué nos pères.De ce pèlerinage à la terre des aïeux, ils ont fait une croisade.Des écoles et des paroisses françaises de six Etats de la Nouvelle-Angleterre, par autobus, par voitures automobiles, par trains, par l’esprit ! colonial”.j Il n'en reste nas moins que M.Baldensperger, se plaçant en face | de la réalité actuelle, est optimiste sur la conservation de notre héri-1 tage français.11 y a un certain I nombre d'années, chargé d’une mission en Scandinave, il publia à son retour un livre tiré à cent exemplaires seulement, intitulé Note sur les mouens d’action intellectuelle de la France à l'étranaer.Il v proposait la création de la Cité Universitaire telle qu’elle existe à Paris de sorte qu’on peut dire qu’il est le père de cette cité, qui renferme une maison canadienne.Interrogé sur les moyens d’action intellectuelle de la France au Canada, le savant professeur répond vivement: Mais le Canada français est assez grand garçon pour se débrouiller seul.Sa situation est bien différente de celle d’un pays étranger.Ici, vous parlez français, vous pouvez vous organiser à votre guise.Quand même on vous dirait, comme cela s'est fait à New-York, que la France est le pays du “moulin rouge ef du roman jaune”, vous ne croirez pas qu’elle est exclusivement cela.Vous nous connaissez sous d’autres couleurs.M.Baldensperger s’arrête.Poursuivant ses réflexions sur l’action intellectuelle de la France au Canada, il ajoute: Il est vain pour la France de subventionner un journal à l'étranger pour s’y faire de la propagande.I.a chose se sail du public et personne ne le lit.La tentative a déjà été faite.La meilleure propagande est celle que font librement, pour l’honneur français, des revues La Grande-Bretagne se retire-ra-t-elle de l’entreprise de la non-intervention ?LONDRES, 30.(S.P.C.) — Le premier ministre Chamberlain réunit son cabinet aujourd'hui, pour étudier la situation résultant du refus de l'Allemagne et de l'Italie de souscrire ou projet en vertu duquel la Grande-Bretagne et la France se seraient chargées de toute la surveillance des côtes espagnoles."L'Associated Press" apprend que le cabinet se demande si la Grande-Bretagne doit se retirer de l'entreprise de la nonintervention.Un porte-porole du ministère des affaires étrangères nie qu'il soit question de reconnaître la belligérance aux combattants — ce qui serait à l'avantage du Front blanc — pour assurer la coopération de l'Italie et de l'Allemagne au comité de la non-intervention, mais il dit à la "Canadian Press" que la reconnaissance de l'état de belligérant pourrait découler d'une abolition du plan de non-intervention.Les membres de la nouvelle Commission scolaire de Montréal M.Armand Dupuis à la présidence — Les autres commissaires On dit ici, dans les cercles bien informés, que les membres de la Commission scolaire catholique de Montréal désignés par le gouvernement provincial seront MM.Armand Dupuis, secrétaire-trésorier de la maison Dupuis Frères et ingénieur civil; M.J.-O.Côté, de Saint-Henri, mutualiste bien connu de l'Alliance nationale, et M.Gerald Coughlin.Les membres désignés par le comité exécutif de la ville de Montréal seraient MM.Eugène Doucet, imprimeur; le Dr L'Archevêque, fils, et M.Monohan.Trois outres commissaires doivent être désignés par l'Archevêché.L'élection du président est faite par le bureau.On croit que ce poste ira à M.Armand Dupuis.Au conseil municipal Lo séance de ce matin jour- comme Vlllustration ou des naux de saine inspiration Un mot sur la politique.Que dites-vous, vous Français domicilié temporairement aux Etals-Unis, de la situation politique française?Laissée è elle-même, la France ne sera ni fasciste ni communiste, répond sans hésiter M.Baldonsper- ?er.Si les pressions étrangères se ont trop fortes, j’ignore alors ce qui arrivera.Mais la France garde ses traits éternels.Comme la dit ] Barrés, la France des Croisades, la France de 1792, la France d’aujour-! d’hui, que ce soit sous couleur de religion, que ce soil sous couleur d’idéologie, la France reste la mè- j me, c’est toujours la France chevaleresque qui veul fairr disparaître l’injustice dans le monde Elle ne s'en doute pas toujours, mais c’est là son impulsion profonde.M.Baldensperger s’embarque de-f main à New-York pour un séjour de trois mois en France.Il retrouvera à Paris un fils qui a l’esprit colonial puisqu'il occupe un haul poste à la Banque d'Indo-Chine, à Saigon -— qu'il n'a pas revu depuis trois ans.l/ retrouvera aussi dans la capitale française une fille et un autrp fils, rritique dramatique au poste de la Tour Eiffel et è Hadio-Luxembourg, connu sous le pseudo de Pierre-Constantin Brive.M.Raldensperçer sera de retour à Harvard à la fin de septembre .Alfred ÀYOTTt Un conseiller propose de faire venir la police.M.Bray de répondre: - Il n'y a pas de police assez grosse pour me sortir.Des conseillers s'amusent.M.Bay-nault parle dans le bruit, mais on ne La séance du conseil municipal comprend rien.M.Bray tonitrue: de ce matin, qui se poursuit à ! Pensez-vous, M.le maire, que l’heure de In rédaction de ces !i v°us allez “runner’ le conseil com-gnes, a été consacrée à I'drirpHon i me ça?ou à l’ajournement de plusleur: ! Le conseiller Dupuis intervient: rapports du romilé exécutif.Au Ce n'est pas un conseil d'en-cours des questions et réponses ¦ fants, ici.Je veux le vote, verbales, 1! y a eu plusieurs piisc-sj Finalement, M.Bray pose sa de becs.(question sous une autre forme et Le conseille:- Rochon a parlé des (obtient une réponse de M Taille cultivateurs qui “enfargent” les fer.Celui-ci promet qu’il va faire tues avec leurs voitures en cer.int-*• nu marché.I) était en train rie faire une tempête, quand le conseil 1er Orner Côté lui a simplement fait observer qu’il n’a qu’à demander à la police de faire mieux observer les règlements de la circulation.Le projet Biggar de logements à bon marché, conçu par les gens de Notre-Dame de Grâce pour les gens de l’est, sera étudié à la prochaine séance enquête.La tempête dan» le verre d’eau est finie.M.Brav est essoufflé.Le Sénat approuve Chautemps (Au moment d'aller sous pressé! PARIS, 30 - 4.15 p.m.li.so mes BERLIN — 6.15 p,m.Le Secret de Suzanne, de Wolf-Ferrarl — DJD, 25.4 m., 11.77'méi MBS -t- 6.30 p.m.du Canada 1937 — GSF.GSO.GSD, G8B.SCHENECTADY — 6.30 p m.— Forum — W2XAF, 31.4 m.9.53 még.PRAGUE —-.7.05 p.m — Chansons et musique — QLB.4A, 15.34 ra„.11.84 meg.CARACAS — 8 pm.— Sketches — YV5RC.51.7 m .5i« még.BUENG8-AYKBS — 9,30 p.m.— Musique de chambre — LRX, 31.06 m., 9.«6 még.SANTIAGO.Chili — 9.40 p m.— Dans" — CB960.31.2 rn .9.80 még.LONDRES — 10.15 p.m.— Championnat de tennis — GSI, GSF.GSD.GSC PARIS -11.45 p.m.— Phono — TPA-4.25.0 m.1172 még., Radio-Etats-Unis WABC — 348.6 métrés — 860 kilocycles 2 30 p.m.Rapports sur le championnat de tennis ft Wimbledon, par Bill TUden 4.30 p.m., Fanfare de la marine américaine.5 00 p.m.Causerie sur la politique sénatoriale américaine.5.15 p.m., Stirling Fisher, causerie sur les affaires publiques , .' t 8.30 p.m.Discours par le président Roo- 1 sevelt, et le gouverneur général du Canada, lord Tweedsmulr.ft l’occasion du 70e anniversaire de' la confédération canadienne — Musique de Montréal et de To-ronto.WEAF — 454.3 mètre» — 660 klIncÿcHw « 6 00 p m , Quatuor ft voix d'homme*., I/X p m • Amoa and Andy.9 00 p.m., T Thomas, baryton; choeur.11.00 p.m.Récital de piano.WJ2 — 394.5 mètres — 760 kilocycles 6.35 p.m., Chuchu Martinez, ténor 8.30 p.m.Boston Pop Concerts.Radio-Canada Un récital de Mlle Préfontaine, pianiste Mlle Cécile Préfontalne.planiste.Jouera pour 1 auditoire de Radio-Canada, le Jeudi.1er Juillet, de 10 h.30 ft 10 h.45.les oeuvres suivantes Valse poétique Frlml; Chanson d'amour, Percy Elliott; Prélude et Toccate, Lachner; Papillon, Orleg.6.35 p.m., Les Revelers.7.00 p.m.Mary small, chant.7.15 p.m., Fray et Bragglotti.8.00 p.m., Irene Rich.9.00 p.m , Opéra ft Cincinnati — Bruna Castagna, Carlo Morelll, Léon Rothler.; Norman Gordon.John Ouerney.11.05 p.m.Vivian della Chlesa, soprano; ! Edward Davies, baryton.Radio-Canada Festival de musique française La petite symphonie de Radio-Canada k ' Montréal donnera en Juillet cinq concerta | entièrement consacrés aux Oeuvré* de-s classiques et des modern*» français Ces j concerts auront lieu le vendredi- sol», de 8 h.30 ft 9 h., exception faite cependant de la’ troisième semaine de Juillet, ajois ; qu'il y aura gala musical le mercredi 14.i fête nationale de la France, ft 11 h.et 30 j du soir M.Jean-Marie Beaudet.assistant .i chef d'orchestre de la Société des Concerts Symphoniques de Montréal, dirigera ce concert.MM J.J.Oftgnler.Henri Delcelller et Eugène Chartier dirigeront les autre* concerts.Les solistes seront, suivant l'ordre des programmes, Mlle Annette Brunet, planiste, Mlle Anna Malenfant, contralto, Mlle GUberte Martin, planiste, M.Jean Belland.violoncelliste, et Mme Hortense Lord, pianiste Les uns et les autres, dont la plupart ont fftlt leur* étude* en France, occupent le premier rang dans le monde musical canadien.Voici le programme du’premier concert de ce festival de musique française; Ouverture; Le Carnaval romain.Berlioz, l'orchestre; Ballade.Fauré, soliste: Mlle A.Brunet, planiste: La Malaguena (de la Rhapsodie espagnole), Ravel, l'orchestre.Clair de Lune.ex.de Masque* et Berga-masques.Debussy, l'orchestre.Récital de M.Ondefet studios de CRCM 0.15 Les deux copain* 9.30 Bonjour madam*.10.00 Heure 11 00 Chansonnettes.Il 15 Captlvators.12.00 Heure — A cholelR 1.00 Heure — La bour** 1.15 Mercuriale d*s produit* l*ltl**».1 17 Température 1 18 Extrait* d'opérette*.1.45 Sérénade tzigane.2.00 Ramblee In rhythm 2.25 Le monde féminin.2.45 Nouveauté* Instrument*!**.3.00 Théfttre.3.30 Do you remember?4 00 Bob Byron, chanteur.« 15 Novelteers.4.30 Fanfare de l'armée américain*.5.00 Heure - Evénement* »oc!»ux.5.15 Sommaire.5.20 Pianologue • 5.30 Heure' —- Programme du foyer.6 15 Orgue.6.30 Heure — Heure réqréatlve., 7.00 Heure — Variété» musicale».7.15 Le tourisme 7.30 Dr Tranquille.7.45 A bâtons rompus 8.30 Allocution du président Roosevelt — 70e anniversaire de la Confédération.9.00 Heiu-e — Major Bowes.10.00 Orchestre.10.15 Radio-Journal 11.00 Heure, température.11.00 Reporter sportif Molson, CFOF — 500 mètres — 600 kilocycles CFCX — 49.96 mètre* — 6,005 kilocycle* 7.45 Nouvelles.10.45 Hygiène sociale.11.55 Nouvelles 12.00 Heure — Revue.1.00 La bourse.1.30 Trio de concert, 2.00 NBC Music Guild 3 00 Heur» — Nouvelle*.4.00 Matinee 6.00 Heure — La bourse, 6.30 Nouvellee.7 15 Programme anglais.8.00 Orch.Rudy Vallçe 9.00 Concerts de Boston.9.30 Chant.: 11 05 Nouvelles.II 30 Aurores boréale*.CHLP — .266 mètre* — 1126 Wloeyelei 8.55 Sommaire, heure.9 00 Chansons française*.B 30 Musique d'orgue 10.00 Musique de danse.10.45 Musique d» danse.H .00 Musique classique.11.30 Extraits d’opéras.12.00 Heure — Heure féminine.12.30 Heure féminine.2.00 Heure 2.05 Baseball: Rochester ft Montréal — 2 parties.5.30 Heure, méli-mélo.6.15 Variétés.6 30 CJiansons française», 7.30 Heure — Gypey Fortune».7.45 Arthur Lapierre, ténor.8.00 Music aid you.8.30 Le père Jadis.9.00 Orchestre.9.30 For Mother and Dad.10.00 Concert Master.10.30 I cover the waterfront, 10.45 The gayetles.11.00 Heure.VENDREDI, 2 JUILLET CRCM — 329.7 mètre» — 910 kilocycle* 52® Heure — Concert, disques.6 00 Heure — La bourse.Soliloque L orchestre que dirige Leon Kofman aux studio» de CRCM Jouera le Jeudi, 1er.de U h.30 ft minuit, les airs suivant* La-tuna.tango.Plzzaro.Au bord du ruisseau.Bolsdeffre: Intermezzo iGoyescas), Granados: Romanza.Thomas; You are mv hearts delight, Lehar; Rosenkavaller.Strauss; Sérénade.Herbert,; Summer.Cha-mlnade.Café continental, Grosz.Le pianiste Di Biasio ‘ à Radio-Canada Le planiste Jean DI Blaslo, aveugle de l'Institut Nazareth donnera un récital, ft Radio-Canada, le Jeudi.1er Juillet, de 6 h 45 à 7 h.p m.Volet le programme de ce concert! Gigue en si bémol.Bach; 2e Gavotte favorite.Bach; Andante de la Sonate opus 7.Grieg; Etude, opus 25, no 1.Chopin: Histoire no 8, La Cage de Cristal.Hert.—Vendredi, 2 juillet Ondes courtes TOKIO — 4 15 p.m — Programmes d'outre-mer — JZJ 25 4 m.11.80 még SANTIAGO, Chili — 5 p.m.— Danse — CB-615, 24.3 m , 12.30 még.ROME — 6 p.m.— Nouvelle* — Con-bEmplre fMcl*te — 2RO, 311 m, 9.63 mef LONDRES —- 6.30 p.m.— The Silver Spring, de Shakespeare — G8P 080.OSD.GSB._ **P8„9®Ü.— Z'J»'m — Plan coopératif — RAN.31.2 m 9 6 meg.BERLIN t— 8.J0 p.m, — Piano — Oeuvre» de Lllo Martin — DJD, 25 4 m.11 77 mex CARACAS - 9 p m - Concert ~ YV5RC.51.7 m., 5.8 még.LONDRES — 1010 P m.— Llck and Stick, revue — GSI GSF.GSD.GSC.PITTSBURG — 11.30 p.m.— DX Club — W8XK, 48 8 m.6.14 még VANCOUVER — minuit — Variété* ___ Ramon* Rambert, soprano — CJRO et c«iim.TOKIO — 12.15 a.m.— Récitation* — JZJ, 25.4 m.J 1.80 még LYNDHURST.Australie — 4.40 a.m.— Programma national — VK3LR.313 m.9.58 még.Rpdio-Etafs-Uniÿ WABC — 848,6 metres — 869 kilocycle* Xjf pjn., Quatuor ft cord** Krelnar — I - aux M.Maurice Ondjret, violoniste, donnera une série de concerts ft Radio-Canada, au cours de Juillet.Il Jouera le vendredi soir, ft 10 h.30.M.Onderet a fait ses études ft l'Académie Royale de Bruxelles où 11 est arrivé premier ft toutes les classes de violon.Il a décroché en 1923 le prix f.'anler pour la virtuosité II est venu s'établir ft Montréal en 1927, puis l'année suivante, fut appelé ft donner des cours au Conservatoire du McGill, Ajoutons qu 11 est violon soliste de l'Orchestre de Montréal.Voici le» oeuvres qu’exécutera M.Onderet le vendredi 2 juillet: Sonate en ré majeur.Vlvaldl-Resplghl: Chanson Polonaise.SzymanoWsky; Minute Caprice, Rode-Thlbaud.Au bal muwtta Comme son titré lindlqu*; ce concert qui «era diffusé le lendrsdl, 2,-de 7 h.15 s 7 h, 30 p.m, sera consacré ft la musique légère: Tango, fox-trot, etc Maurice Du-rleux 1* dirigera.En voici le programme : Encore une, Marsac et Fletter; Isola d’A-more.Maurlèe Durleux: Le vieux manège.Jacqu»» Slmmot; Bella Ragazzlna.Vincent Scotto; Quand le bonheur tiemdra ver» toi.Schutze; Un tout p’ttt peu, Morettl.: SOMMAIRE MERCREDI, 30 JUIN CRCM — 329.7 mitre* — IK kllocyciM 5 30 6 00 6.15 6.30 645 700 7.15 7 25 7 30 7 43 800 8 30 8.45 9.00 9 30 10 00 10.30 10.45 11 00 11.30 Heure — Concert, disques.Heure — La bourse Le disque pour tou*.Un collège sur le mont Royal.Le» fureur» d'un puriste.Conférencier.Paul Morin René Mathieu, ténor.Les Cavalier* de 1* Salle.Résultats de* Joutes de ba*e-ball.Heure — Nouvelle» Mary Smith, contralto.Del Greco et son orch.Les Nomades.Conférence sous le» auspice* du ministère de l'agriculture.Concert populaire sous les auspices de la succession Cafnpbelf —• Le re- Slment Black Watch, potllght Parade.Automobile Vagabonds.Orch, Huntley.' Heure — Radio-Journal.Orch.De Courcy.In a Romantic Mood.CKAC — 411 mètre* — 739 kilocycle* 4.00 Poetic String* 4 30 Orch Goldman.4.45 Nouveautés Instrumentales.3.00 Heure — Annonce» sociale*.5 30 Heure — Programme du foyer.6.15 Heure de la valse.6.30 Heure — Heure récréative.7.00 Heure — Chansonnettes.7.15 Le tourisme 7.45 A bétons rompus.8.00 Harmonie.8.30 Laugh with Ken Murray ,"'®9 Heure — Chantons en choeur.10.00 Cavaliers de la Salle.ElHn d'amélioration aux habitations.10.45 Berceuse.11.00 Heure, température.!! 22 £ reporter sportif Molaon.11.30 Orchestre.ra-rmtîre* ~ •°* kilocycles CFCX — 49.96 mètre* — 6.005 kiloeyclft* 4.00 Un planiste de Varsovie.4.15 Matinee 3.45 Orchestre.* 6 00 La bourse.6.30 Sport* 7 OO Heure — Oncle Troy.7.45 Soliste* 9 00 Symphonie NBC.10.30 Les ménestrel».11.00 Nouvelles.11.30 Orchestre.CHLP — 266 metre* — 1120 kilocyrie» 4 55 Sommaire 5.00 Thé dansant 5 30 Heure — Méli-mélo.6.15 Variétés.8.30 Chansons françaises.7.30 Heure — Samovar.8.30 Lever de rideau.8 30 Siesta.8.45 Chansons.9.00 Orchestre 9.30 Cordes et clavier.» 10.00 Studio 10.30 Réminiscences 10.45 Orchestre, heure.JEUDI, 1er JUILLET CRCM — 329.7 mètres — 91» kilocyrie* 5.30 Heure — Concert, disque*.6.00 Heure — Disque* 6.30 Don Sebastien Braun.Causerie »ur l'art religieux.6.45 Jean D1 Blaslo.planiste.7.00 Le Congrès d» la langue française.7.25 Résultat* de balle au camp.7.30 Heure — Nouvelle*.7 45 Cabin In the Cotton, NBC.8.00 Mu*ic and You.MBS 8.30 Le» concerts populaire* de Boston.9.00 Heure — Orch, de Calgary.9.30 Emission spéciale inspirée d* la fête de la Confédération 10 00 Vincent Masaey.de Londre*.10.10 Musique militaire, de la BBC.10.30 Mademoiselle au piano — Cécile Pré-¦ fontaine.10.45 Heure — Radio-Journal.11.00 Muato for Music * Sake.11.30 Sollloqu».CKAC — 411 mètre» — T» ktloeyrlea 7.15 Mélodies ' * 7.25 Sommaire., 7 30 Pot-pourri.8 00 Sérénade ¦ .9JS Nouvelle*.MO Chanson» française*, 6.13 Le disque pour tou».6.30 Clark Dennis, ténor.NBC.6.45 George Lambert, baryton.7 00 Mary Small, NBC.7.15 Au bal musette — Maurice Durleux et «on orchestre.7.25 Résultat du base-bail.7 30 Heure — Nouvelle».7.45 Bughouse Rhythm, NBC 2'22 «ou* somme» en vacance».8.30 La petite symphonie de CRCM, sous if d'veeHon de J.J.Gagnler WlmbledonChamPl0nn‘t ^ tennl* * .10$ b.cÆ d,un JardlT1 v,ennoU 10.30 Concert — Mme Cédla Brault, «m- r1° '“triJinental sou» «A ai 1?34 S—CATHERINE SI INVENTIONS PrOvégées en tous pays Demandez la manuel traitant des Brevets, marques de commerce, etc.MARION & MARION Fondée en 1892 1255 rue Université, Montréal Protégées en tous pays Demandez le manuel traitant des Brevets, marques de commerce, etc., fondée en 1892 MARION & MARION 1255 rue Université, Montréal BRIQUETEUR-MAÇON Briquetage et maçonnerie de tout genre Spécialité; 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BEIair 3361* i VOLUME XXVIII — No 14* LI DtVOU, MONTREAL, MIHCMDi 30 JUIN 1937 PAGE EEEIINin Directeic« : Gormaint BERNIEK Le “Fruitorium” C« n nt pn an munit, non, c’ut quelque chou de plu* agréable, pâmeront pluututt i entre vout quand elle* tauront que le fruitorium e*t la nouvelle bouton qui, d apte* certain* journaux françait, doit devenir la liqueur du joue, le nectar a la mode dont tout talon qui te respecte.Z-e Fruitorium (entre nom, quelle appellation barbare pour nommer une (hou deltcteuse), comme ton nom nom l’apprend, tant qu’il toit nécessaire de faire de* recherches aux racines grecques, est tout simplement du jus de fruits: raisins, citrons, pamplemoutut, ou grappe-fruits, comme on voudra, oranges, frambotus et mime tomates, préparé de je nt tait trop quelle façon, l’auteur qui i apporte cette dernière trouvaille de la mode ne donnant aucun détail sur sa preparation; il se réjouit seulement de ce que le fruitorium (Dieu, quel nom assommant!) va remplacer avantageusement le cocktail, qu'il appelle déjà ancien ’ Foin des esuncet, dit-U, des eaux-de-vie, des apéritifs de toutes couleurs et de tous parfums qu’on secouait éperdument dans un gobelet d’argent avant de les déguster, geste qui, fréquemment répété, finissait par faite une génération d alcooliques, à tel point qu’un docteur contait un jour devant nous que jamais il n’avait vu autant de jeunes filles du monde présenter des troubles d intoxication par les alcools.”, Depuis quelques semaines, continue Vaut fut de cette note, le cocktail est remise avec les vieux accessoires démodés; il est remplacé par le fruitorium.” Je Voudrais bien le croire, mais j’ai peine à admettre que les innocents et simples jus de fruits vont remplacer si rapidement le trop fameux cocktail d origine et de nom étrangers (c’est déjà une qualité) si populaire et tellement goûte qu on l a consacré dans des cocktail parties si chics et si exciting, ma chère.L auteur de cette nouvelle de ta mort du cocktail te moque aussi des "engageantes maîtresses de maison qui font l’article pour les jus de fruits, avec autant de conviction qu elles prêchaient pour un cocktail bien malaxé; songez donc à toutes les vitamines contenues dans un verre glacé de fruitorium, c’est merveilleux, ébouriffant!.” C’est Vrai, il y a tes fameuse* vitamines qui, bien qu’ayant toujours existé dans les fruits, ne connaissent la publicité que depuis quelques années (nos grands-parents les absorbaient tans le savoir, quel dommage!).La Faculté et les manuels de diététique attirent l’attention des mortels sur l’importance des précieuse* vitamines dans le régime alimentaire, est-ce assez pour les mettre en vogue quand la Mode préconise les cocktails et leurs dérivés de toutes couleurs f On peut être sut que la Mode va l’emporter encore longtemps sur la logique de la Faculté, même si les cocktails à la longue et en quantité sont dommageables à la santé, peut-être même à cause de cela, parce qu alors c’est une manière d’attirer l’attention dans les réunions, de faire parler de soi; il y en a tant qui ne vivent que pour cela, et combien d’autres qui ne sont attirés que pat ce qui représente un danger quelconque, proche ou lointain.Pour tous ceux-là, le cocktail, mime si le goût les enchante plu* ou moins, Va rester la liqueur préférée contre le jus de fruits, qui leur ferait peut-tre plaisir, mais qui n'est pas assez up to date.A part ce nom de fruitorium, aussi aimable à prononcer qu’à écrire, le jus de fruits mériterait bien, comme autrefois, de revenir à la mode dans de nouvelles formules, lui qui apporte dans son bouquet et dans sa saveur tous les parfums de l’été dans les vergers et dont la fraîcheur évoque avec tant de précision et de force la lumière elle-même des mois de soleil et d’or.PRISCA Education familiale Les règles de l’autorité III La règle de l’amour.Il faut aue le chef aime ceux sur crui oorte son autorité, il faut qu’il en soit aimé: Car c’est la voir du coeur qui seule au coeur arrive.S’il ne les aime nas.son autorité est nulle ou même novice.L’amour du chef pour son subordonné.c’est la condition sine ana non de l’exercice fructueux de l’autorité: “C'est la substruction obli-eatoire d’une éducation réelle, sans oiperie de mots et sans feinte.” (1) Mais entendons-nous bien: aimer, re n’est pas simplement éprouver 'passivement un attrait sensible pour celui que l’on dit aimer: cet amour-là peut n’être qu’une tendresse animale et souvent dangereuse.Aimer, c’est vouloir le bien, le vrai bien de celui que l’on aime, e’est vouloir ce bien et le réaliser "il du moins contribuer à sa réalisation.Aimer, c’est se donner, se dévouer.et “se dévouer, c’est sans équivoque possible, se consacrer”.Le chef qui néglige ses subordonnés.les abandonne à eux-mêmes, nui n’agit pas continuellement en vue rie sauvegarder leurs droits et leurs intérêts trahit réellement sa mission.Rappelez-vous les paraboles évan-ïéliques de la brebis perdue et de la drachme égarée.(1) Albert Autin, op.cit.Le chef, le vrai chef, agit comme le pasteur et la ménagère dont II v est question.Il n’a de cesse qu’il n’ait établi son emprise sur ceux qui.pour quelque raison que ce soit, s’v dérobent.Mais pour les aimer ainsi, se dévouer.se consacrer à eux.il doit de toute nécessité les connaître, savoir leurs ressources et leurs besoins, chercher, parfois fort laborieusement.l’ouverture par laquelle il pénétrera dans leur âme.On ne mène pas Pierre comme Jacques, et telle action s’appliquant à l’un avec bonheur causerait des ravages si on l’appliquait invariablement à l’autre.Un chef doit étudier ses subordonnés pour les connaître et les aimer, car on ne peut aimer réellement que ce qu’on connaît bien.Mais il doit aussi en être aimé.Et cette condition est littéralement indispensable à l’exercice fructueux de l’autorité.“Je vous renvoie votre fils, disait Socrate à un père oui lui avait demandé de le former.Quel bien voulez-vous que je lui fasse?Il ne m'aime pas!” Non.si le disciple n’aime pas son maître, il n’y a rien à faire: si le chef est haï ou même indifférent.son autorité est nulle ou toute de façade.Un tel chef arrive, sans doute, car il a à sa disposition d’irrésis-jibles moyens de coercition, mais il n’arrive pas à convaincre, et c’est là le terme de l’exercice de la vraie et féconde autorité.Il faut convaincre: il ne suffit pas que le disciple agisse en automate mis en mouvement* par une force extérieure à laquelle il ne peut se soustraire, il faut ou’il agisse, mû par sa propre force intérieure.mise en action, celle-ci.L'invocation aux ancêtres Et donc ensemble ici, sur la grave colline, Comme en un sanctuaire où notre front s'incline Aux grands souffles de l'Au-delà, Conservons tous, émus, avec la race entière: Champ de bataille, école, asile de prière, Notre langue, c'est tout cela! Ah1 oui' dans cet instant des loyales revanches Quand l'érable natal a rajusté ses branches Toutes à son cimier joloux, Quond les fils dispersés confondent leurs étreintes Pères1 Pères’.vous tous nos Héros et nos, Saintes Vous parlez, présents, parmi nous! Et vous, simples Vertus, 6 mères Canadiennes Berceuses d'étemelle espérance, gardiennes Du meilleur sang de la Cité Vous, des jours les plus durs, compagnes les plus chères, L'Ursuline au grand coeur, Jeanne Mance ou Verchères, Vaillance, Grâce et Charité! Tous, tous, en ce moment, Morts vénérés, nos pères Douloureux artisans de destins plus prospères Qu'embrasait l'ardeur des Croisés, Tous, tous ici, sur nous penchés avec tendresse Vous venez de vos fils partager l'allégresse.Unis à nos coeurs pavoisés! Et courbés devant vous, sauveurs, briseurs d'entraves Nous écoutons monter l'accord de vos voix graves, Dont jamais l'effort ne fut vain.Et qui, nous enseignant à lutter comme b croire, Seules doivent fleurir d'un cantique de gloire La fête du Parler divin! Gustave Z1DLER L'imprimé et t'uni font un joli ensemble r suggestion — ou - commandement par l’exemple par la parole du maître.Le principe du mouvement peut être extérieur, mais il faut que la propulsion extérieure s’adapte, s’harmonise au moteur intérieur: tant que l’assentiment personnel du sujet n’est pas acquis, soyons bien sûrs ou’il n’y a rien de fait ou à faire en ce qui regarde l’éducation.Le chef doit se faire aimer: lorsqu’il y est parvenu à force d’intelligence et de dévouement, il est le maître, le maître absolu de ceux qu’il doit guider.Ceux-ci lui ouvrent leur âme et cette âme est un davier qui fait vibrer selon sa volonté.Pour un tel chef “on passerait à travers le feu”.”on se ferait hacher”! Ces expressions, que tous nous avons pu surpreiydre sur les lèvres des soldats de la grande guerre parlant de certains de leurs chefs, ne montrent-elles pas la souveraine valeur de cette règle primordiale de l’exercice de l’autorité: il faut aimer et se faire aimer! Ama et fac auod vis.Cette parole de saint Augustin peut s’appliquer à la fois et aussi adéquatement à celui qui exerce l’autorité et à celui qui la subit.Cdui-ci.aimant son supérieur, trouve dans sa docilité même une joie pleine; celui-là.maître de son pupille, le mène vers son but.exactement au rythme qu’il détermine.‘ Car en dépit des transformations politiques, quels que soient les temps et les régimes, dans les républiques comme dans les monarchies.c’est par le coeur qu’on prend les hommes”.(2) * * * La règle de la justice.Mais, pour arriver à se faire aimer, le chef doit s’imposer à lui-même certaines disciplines strictes et se surveiller étroitement.L’amour est fait d’admiration: si le subordonné surprend chez son chef une coupable imperfection, c’en est fait du prestige de celui-ci, c’est le naufrage de l’admiration, l’évanouissement de l’amour c’est la faillite de l'autorité.Entendons bien qu’une telle catastrophe n’est pas la conséquence fatale de la découverte de toute imperfection: le subordonné comprend d’instinct que la perfection n est pas de ce monde et qu’un chef n’est pas d’une autre nature que la sienne.Feuilleton du “Devoir Le Jardin de l’Enchantement par MAGALI tn.(Suite) — Oh ! pardonnez- mol.je croyais.— Pourquoi?Non, ils seront en costume de tennis, comme d’habitude.— Ah!.— Qu'est-ce qu’il y a?dit Monique inquiète.— Comme vous portez une eve-ving-dress, une robe du souftr, avec tant de perles au cou, j’avais cru les messieurs être aussi en tenue.— Mais non» miss, que vous êtes dinde! Vous savez bien que le smoking ne se met pas pour une' réunion champêtre, à trois heures de l’après-midi! — Nous appelons cela, en Angleterre, une garden-party.mais, en Angleterre, les dames ont des robes de broderie ou de linon.— Ou de serge noire comme la vôtre, achève Monique, vexée.Vous n’y entendez rien.Vous ne savez pas du tout, stupide miss, ce qui se passe dans le monde.Quand on a payé une robe cinq mille frnncs, on peut la porter à toute heure.sauf le matin, bien entendu.—Et qu’est-ce qu’on met, le matin?—Un pyjama, sotte! Dépitée, Monique tourne le dos (2) Comte Albert de Mun, conquête du peuple, p.86.et s'en va, étudiant sa démarche.Muriel juge inutile de lui expliquer ce qu’elle ne comprendrait pas plus que sa mère: qu’on ne doit pas revêtir, pour un goûter de campagne, une somptueuse robe en lamé rutilant, surchargée de perles, toilette absolument inconciliable, au reste, avec la tenue simple don» ne peut se départir une jeune fille.Amusée, elle regarde la silhouette alourdie de Monique aller et venir sous la véranda, faisant scintiller tout l’or dont elle est revêtue, pareille à une idole barbare.—On dirait un paon qui fait la roue.Sans compter qu’elle a tout d’une étoile de baraque foraine!.Comme elle atfaque un air de danse, Monique, dont la rancune ne résiste pas au plaisir de venir écraser sa jeune miss de son imaginaire supériorité, Monique entre à nouveau.—Vous savez, dit-elle, les yeux baissés, M.de Linerose vient pour moi.-Le nouveau châtelain?- Oui, le propriétaire de Bois- Seuls.les tout leunes enfants croient dur comme fer en 4’irapec-cabilité absolue de leurs parents et de leurs maîtres.Mais le subordonné se révolte lorsqu’il constate chez son chef une imperfection coupable dans l’exercice de son autorité et il réclame impérieusement de celui-ci une impeccable justice.Ne nous y trompons pas: la justice ne consiste pas.pour un chef, a établir l’égalité entre ses subordonnés.La justice est la vertu qui fait attribuer à chacun ce qui lui est dû.Et comme on ne rencontre Jamais deux sujets de même mérite ou de même culpabilité, deux êtres ayant des aptitudes et des besoins identiques, "ja justice est.en fait.1 inégalité même”.Que des meneurs sans conscience appâtent la tourbe inintelligente ou tarée en faisant miroiter à ses veux l’idéal révolutionnaire de Légalité, soit; mais ceux-là sont les valets de la multitude, non ses maîtres.Leur rêve n’est pas de servir la foule: ils yen servent: ce ne sont pas des chefs.Le vrai chef.Join de tendre à un nivellement antinaturel et injuste de ses subordonnés, juge ceux-ci.les classes et les traite diversement selon leurs valeurs diverses.C’est le malheur des grands chefs, des chefs trop haut placés, d’être trop éloignés de ceux qu’ils doivent diriger et de dépendre ainsi d’informateurs intermédiaires.Heureux sont-iis lorsque ces Informateurs s’affinnent intelligents, consciencieux et sincères! Malheur s’ils manquent de perspicacité ou de conscience! * Alors, dans l'action du chef, toute équation est rompue entre le me-rite et la récompense, In culpabilité et le châtiment.Rien ne froisse, n’ulcère l’âme des petits et des humbles, même, surtout peut-être, des plus incultes! comme l’injustice dont ils sont les témoins et a fortiori les viet nes.La blessure qu’v ouvre une inbis-tice.même minime, se ferme-t-elle jamais?Ecoutez plutôt l’éloquent et irrécusable témoignage que je cueille dans le récit publié il y a quelques années par Benjamin Valloton de I épouvantable vie d'Albert Froide-vaux.Albert Froidevaux est un ieune Suisse qu un coup de tête mène à la légion étrangère en Afrique et au Tonkin.En 1910, une légère blessure causée par un bambou plein de poison fleury.U parait qu’il est très riche, il a une auto magnifique, plus belle que la nôtre, et une torpédo sport, dernier modèle.—Ah!.,.Et il veut vous épouser?Monique hausse les épaules.—Il ne m'a pas encore vue.Mais papa, qui es» allé, mardi dernier, lui rendre visite, croit qu’il tient à se marier.’Tl lui a dit: *'—Je rentre en France pour m’y fixer définitivement."Alors, papa lui a fait observer: *'—Mais vous trouverez Boisfleu-ry bien grand pour vous tout seul II vous faudrait une châtelainè.“Vous savez, il n'y va pas par quatre chemins, papa!.—Et qu’a répondu M.de Linerose?—Pourquoi pas, si la châtelaine me plaît?.¦ “Hein, qu’en dites-vous?.Maman pense qu’il a dû m’apercevoir, sur la terrasse ou dans les vignes.Muriel commence à s’expliquer pourquoi Monique, qui détestait jusque-là les promenades à pied.le voue à une vie d’inénarrables souffrances: quarante-sept fois — quarante-sept — il monte sur la table d opération: tour à tour, et morceau à morceau, tombent sous le scalpel: ses dix doigts, ses mains, ses avant-bras, ses orteils, >ses deux pieds, ses deux jambes.et il continue à vivre, à vivre sinon ioveu-sement.du moins courageusement, vaillamment.‘Je crois bien, écrit-il au moyen d un era von fixé à son moignon, que i'ai souffert lout ce qu'un homme peut souffrir physiquement.mais il v a aussi les autres souffrances.” On reste déconcerlé.atterré, au récit des douleurs physiques et morales endurées par cet homme qui en arrive, au haut de son calvaire, a ne plus se considérer que comme (c est sa propre expression) “une machine à avoir mal”.Et pourtant, Albert Froidevaux ne maudit pas la douleur.“Beaucoup de maladie, dît-il, cela ouvre le coeur.Mais un peu.ça aigrit, ça enfonce dans J’égoïsme”.U souhaiterait aue le monde en-tier défilât dans les asiles où sont réunies toutes les maladies humaines.“Quand les veux se seraient posés sur toutes ces misères, on trouverait plus facilement l’argent nécessaire à leur soulagement.Plus d’un sans doute qui a ses quatre membres, sa tête, bon estomac, et une gentille famille, renoncerait à ronchonneer huit heures par jour, c'est-à-dire le temps du travail actuel.“Si on pouvait comparer, on ne se plaindrait jamais.“Expérience faite, ie pense que l’homme, pour donner quelque chose, devrait être malade six mois tous les deux ans.‘Tes bien portants disent volontiers: “Pauvres malades!” écrit-il plus loin.Mais les malades qui observent le train du monde du fond de leur lit n’ont-ils pas Je droit de répondre: “Pauvres bien portants!” (La Maison) (A suivre) Chapelle de Marie-Réparatrice Jeudi soir, le 1er juillet, il y aura Heure sainte, de 8 à 9 h.au couvent de Marie-Réparatrice, 1025 Mont-Royal ouest, Outremont.Tous les zélateurs de l'association, les zélatrices et les membres de l’Heure sainte sont priés d'être présents et d’amener leurs parents et amis.En Juillet et en août, on ne recevra pas de caries de convocation.au grand air vif “qui abîme la peau”, passe, depuis une quinzaine, toutes ses journées à courir la campagne.—Surtout, recdmmande Monique, ne parlez de tout cela à personne!.Toutes mes amies me jalouseraient.Maman veut qu’on le taise Jusqu’à ce que ce soit officiel.“Je lui demanderai un brillant.un gros solilairc monté sur platine.—A ce monsieur?—Parbleu!.et d’aller faire notre voyage de noces en Turquie.—En Turquie?.Et pourquoi en Turquie?—Pour avoir ma photographie en Turque avec des pantalons larges et des mules brodées.L’Italie, c’est trop commun.Nous partirons par le bateau et nous reviendrons en avion.Cette façon de préparer à l’avance le choix de la bague de fiançailles et le voyage de noces, alors qu'on n'a jamais m le futur, plonge Muriel dans un étonnement sans bornes.E A T Les Magasins EATON sont fermés toute la journée, jeudi, Fête de la CONFEDERATION t « i t  rançaise à travers le continent va prendre l’ampleur que vous savez.Elle s’arrêterait au golfe du Mexique, à la mer d’Hudson, aux contreforts des Rocheuses, au versant occidental des Alléghanys, Quand s’est achevée l'épopée française, jamais peut-être plus infime poignée d’hommes n avait mis sous ses pieds autant d'espace, Jamais, en tout cas, en pareil espace, si petit peuple n’avait semé autant d'énergie, autant de civilisation, autant de foi.Ei, en ce temps-là, la métropole eût comnris cet effort et l'eût voulu seconder.les Français ertssent facilement conquis, civilisé les deux tiers de l’Amérique du Nord, fait une réussite comme peut-être il n'en existe point dans toute l’histoire coloniale.grandiose, d’exaltante fierté.Hier appuyés sur leur paysannerie, ils étaient partis de là pour la conquête d’un continent; retranchés aujourd’hui derrière les mêmes positions, quelle ambition ne va pas concevoir ce peuple minuscule?Dans un empire etranger à sa foi, à ses lois, à sa langue, devenu, par surcroît, à la faveur de la guerre de sept ans.la première puissance de l’Europe, un groupe de 65,000 gueux va former ce propos: rester soi-même, vivre sa vie propre, garder, porter son flambeau à soi.Ce sera une lutte de paysan : lutte de l’athlète trapu, patient, qui ne connaît ni l’usure physique, ni t’usure morale, et qui sait que.les pieds bien plantés sur sa terre, ii aura raison de l’adversaire.Sui-vez-le bien : La ligne maîtresse de son histoire est encore facile à découvrir.Pour formule inspiratrice de sa vie, de sa politique, il n’en veut qu’une; se dégager de l’étreinte du conquérant, se dégager un peu plus chaque jour, accroître, d’étape en étape, son autonomie, tendre de toute la tension de son âme vers la fierté d’un destin français.Celle formule, je vous prie encore de Je noter, embrasse, cela va de soi, la défense des lois, la défense des moeurs, la défense de l’école, surtout la défense de la langue.Mais elle embrasse bien davantage et elle vise beaucoup plus haut.Elle vise jusqu’au gouvernement de la nation, jusqu’à la plénitude de puissance politique par quoi un peuple peut sauvegarder ses attributs ou ses caractères nationaux, mais avant toute chose s’assurer une vie organique, un plein épanouissement matériel et spirituel.D’admirables arrangements providentiels vont aider l’effort du petit groupe audacieux.1774 lui valait la liberté civile et religieuse; 179:i lui apportait un commencement de liberté -politique et théoriquement, l’érection de sa province en Etat français; suivent alors cinquante années de luttes pour l'amélioration de la liberté politique; puis, en ce drame deux pérépitjes tragiques: l’insurrection de 1837.l’annexion de notre province au Haut-Canada en 1841.Un an à peine nous suffit à parer le dernier coup; nous transformons l’Etat unitaire en Etat fédératif; en 1848, nous partageons, dans un cabinet de coalition, l’exercice de la puissance politique, suite de l'autonomie coloniale; enfin en 1867, nous faisons sauter le* dernières lisières de 1841; le Bas-Canada ressaisit son individualité politique et nationale.Cette-année-îà, noire -programme de 1760: nous dégager pour nous réaliser, pour le profit et pour la joie d’un destin à nous, eût donc pu connaître un nouveau et solennel triomphe.A cette étape de notre vie, que nous a-t-il manqué?Plus que jamais nous avions tant besoin de ne -pas perdre de vue nos -lignes de force.Pourquoi le magistère de l’Histoire s’est-il tu chez-nous?A cette croisée des chemins, .pourquoi n'a-vons-nous pas mérité de -la Providence des guides au lieu de borgnes, des chefs au -lieu de sous-ordre, de simples réalistes à tout le moins qui eussent aperçu que le seul sens de notre avenir, le seul autorisé par notre -passé et ses constantes?Depuis soixante-dix ans, il y aurait, en cette province, ce que nous avions idors demandé réussi à enrayer le mal nous avons même réussi à l’aggraver Jadis nos gens se déracinaient par nécessité; aujourd’hui souvent ils *e déracinent par fantaisie.Opendant ces campagnards .peuvent voir, dans les villes et les forêts le régime de parias fait souvent aux leurs à la solde d'employeurs et d’une finance sans entrailles; il* sentent comme tout le monde, la dure servitude économique qui s’appesantit sur cette province.Ces spectacles, leur passé, leur secret instinct les devraient avertir qu'une puissance leur reste qui les pourrait encore garder libres ou les refaire libres : a terre.La terre, hélas, voilà bien où apparaît la responsabilité d’en haut, les terriens n’ont plus que le goût de la déserter.'1867 aurait dû nous servir de tremplin" La position stratégique de la terre perdue ou compromise, avons-nous gardé les autres?Qu’est devenue la mystique de notre destin français: nous dégager pour nous réaliser?Je l’ai dit tantôt: 1867 aurait pu et aurait dû nous servir de tremplin son esprit, son anarchie intérieure sur la question nationale, témoignent où nous en sommes.Je plains quiconque voudrait tenter de définir notre doctrine nationale.Patrie, patriotisme, nation, autant de mots dont nous cherchons encore le sens dans le dictionnaire.S’il nous arrive de croire à l’existence d’une patrie, nous ne savons où la localiser sur la carte.Et quant à savoir si nous sommes ou ne sommes pas une nation, il ne serait pa* prudent de plébisciter la question.De l’inconsistance ou de l’incohérence de notre patriotisme, voulez-vous un signe entre quelques autres?Voyez le bariolage d’oriflammes ou de bannières prétendues nationales que nous arborons en des jours comme ceux-ci.11 n’y a point de peuple au monde qui ait plus de drapeaux que les Canadiens français et qui, pour cela même, en ait moins.Que dis-je?Un peuple, nous?Une nation?Allons donc.Un assemblage de confréries.Avons-nous an moins gardé quel ques-uns des stimulants qui.autre devenu le passionné besoin des ancêtres d’agir, de rayonner au loin, le volonté d’expansion qui est le propre des peuples forts moralement, surabondants de vie?Cette soif de grandeur, ce besoin de rayonnement ne sont pas totalement éteints.Il en subsiste en nous quelque chose.Je les retrouve dans l'extraordinaire poussée de notre jeunesse vers les ^missions lointaines.Acte de foi, sans doute, que cet élan apostolique, mais aussi, ce me semble, protestation contre la médiocrité trop générale de notre vie.Preuve, en tout cas, qu’il eût été possible d’utiliser, même sur le terrain national, le vieil instinct des ancêtres.Le malheur une fois consommé de l'émigration des nôtres aux Etats-Unis et par tout le Canada, un champ magnifique s’offrait à notre activité: ces frères que nous n’avions pas su garder, nous pouvions les suivre au loin, leur porter, dans leur exil, le réconfort du souvenir et de la fraternité.Un Etat fort ou simplement conscient se fût acquitté de cette mission spontanément.Soyons justes, notre clergé, nos communautés religieuses, quelques patriotes et quelques sociétés nationales ont noblement compris leur devoir.Tin dehors de là, avouons-le, notre conduite envers nos frères dispersés a été simplement lamentable.Impuissants à pratiquer in solidarité, même entre nous, dans cette province, comment l’au-rions-nous pratiquée envers ceux qui étaient partis?En leurs grandes heures de péril, quand ils avaient crié au secours vingt fois, i! est arrivé que nous avons fini par les entendre.En dehors de ces heures, nous leur avons surtout offert des mauvais exemples.Eviter ici-même au foyer de la race ce qui aurait pu les scandaliser, cacher aux exilés nos mollesses, nos semble, se résumer ainsi: restaurer d’abord, dans l’esprit pavsan.1 a-mour.la dignité de la terre; placer par arpents ou mille carrés le F! ,us de Canadiens français possible, conquérir la terre québécoise fus-qu’à ses extrêmes limites, jusqu à sa dernière motte cultivable; à cette fin, oose'r en orincipe qu’aücun pouce de cette terre n’anpartient au marchand de bois, au landlord américain, au sportsman parasite, avant d’appartenir au fils du paysan.Français de la tâte eux pieds autre- \ 1 v .uA h*.».-» ».*^ fois, ont soutenu nos pères, qui dans I ^iy*s‘on*’ nos abdications; garder Ton n'a pas encore trouvé d’autre recette aue d’élever les enfants à la française, dans des écoles françaises, dans une atmosphère française.avço un idéal français.Ce qui ne veut pas dire que l’on négli" ni que l’on dédaigne les autres cul-lures.mais que les langues et les cultures secondes restent à leur rang qui n’est pas le premier.leurs épreuves et leur pauvreté pour un nouvel élan vers l’autono-peur ont permis de rester fiers?Et, et obtenu: un Etat français, avec Paysans et conquérants La constante, le destin de notre première histoire, vous apparaît donc en pleine lumière: une forte position paysanne, dans un domaine limité; niais, tout à l’entour de ce domaine, et pour satisfaire un extraordinaire besoin d’action, de conquête, d'apostolat, une aire sans bornes où jouer l’aventure, créer do l'héroïsme, de la grandeur.Tout à une politique française, et aujourd'hui, en cette fin de juin 1937, vous le savez bien, nous ne serions pas ici pour nous interroger avec angoisse sur notre sort, enregistrer surtout des reculs et des défaites, mais tout au plus pour consolider nos positions, et repartir vers J’é-tApe d’une autre victoire.III 'Nous avons perdu notre position paysanne' l'entour do la pastorale, une marge lit mmense d’épopée.“Qu’on le veuille ou non, nous sommes racés”, ai-je lu dans un ouvrage récent d’une jeune Canadienne française.Racés, oui, fortement racés par toute cette histoire, par les hérédités que nous tenons d’elle.Et quand je vois qu'avec ces Français, entraînés hier à la conquête d'un empire, l'on voudrait faire aujourd'hui un peuple de domestiques et de manoeuvres, pas ¦T,- même maître de sa réserve quél iprends que la jeune.' lire ce destin et qu’elle jure, sur la tète de ses pères, de ne jamais l'accepter.Il \ eul 17o0, nous perdons l'empire.Mais nous gardons nos positions paysannes.Repliés sur la terre laurentienne, nous allons nous cambrer les reins pour une oeuvre aussi audacieuse, aussi émouvante que la conquête de l’Amérique: notre survivance française Au lendemain du traité de Paris, nos pères s’étant comptés, n’eurent pas de peine à se reconnaître pour le peuple peut arriver aussi aux collectivités jç plus infinie de la terre et appa-prlses de la folie de l’aventure ou|remment le plus inorganique.Mais du suicide; cela n'arrive point aux .p>ur foi catholique les avai verlé-vrais chef* de peuples non plus brés; elle les avait habitués à ne pas qu’aux collectivités d’esprit fran- j attribuer aux choses matérielles une çgjs qui prétendent toujours gar ' valeur absolue, à vivre pour un der raison.Et définir le rôle de la idéal de dépassement.Leur culture, tradition, n’est-ce pas définir du relie de la France du dix-septième même coup.THisfoire?I^s "cons-j siècle leur avait fait un* tantes", les lignes de forces, qui ' force e* d'equilibre Leui et le déii histoire, suri Apprenons maintenant ce qu’il en peut coûter à un peuple de quitter les ligne* direetriees de sa vie.Mais ayez pitié du pauvre historien obligé de brosser ce tableau peu réjouissant.Nous v avons d’abord perdu notre position paysanne.Je le sais; nous avons gardé notre ancien domaine agricole.Nous l'avons même agrandi sur plusieurs points.Mais nous ne sommes plus un peuple en majorité «gricole ou paysan.Et nous subissons vers le prolétariat un glissement que nous ne savons comment freiner.Désordre d'indicible imprévoyance.C.ar le mal n'es! pas léger; dans Tordre économique et social, c'est pour un peuple, l’un des plus graves qui se puissent produire.C'est l'avilissement «le notre classe moyenne, celle-là même que lous les peuples regardenl comme leur plus solide armature.Le mal ne s'est pas fait, non plus, en un jour, à la suite d'événements catastrophiques.Il a cheminé dans noire organisme, à la façon d'un cancer.Préparation lente et sourde; éclosion, voyante hideuse qui nous ronge depuis près d'un siècle.L’émigration des nô- mie, vers un épanouissement tou-| jours plus complet de notre réalité française.Pour étrange et défectueuse que soit la constitution fédérative, et si confuse qu’ait été l’idéologie nationale des “Pères de la Confédération”, il reste que 1867 consacrait de nouveau en notre faveur, cfeux principes vitaux: celui du provincialisme et celui de la nationalité.Ici, dans le Québec, des institutions politiques incomplètes, mal définies, je: le veux bien, étaient mises entre nos mains.Mais je persiste à croire qu’une race d’hommes virile, douée d'adresse et surtout d’énergie, eût pu tirer de ces institutions à peu près ce qu’elle eût voulu, f’en connais, en cette province même, que les textes constitutionnels n’eussenl pas embarrassés.Sans doute, ne fallait-il pas négliger une condition essentielle: garder bien en vue nos constantes d’histoire, garder un programme de vie nationale.Cette élémentaire clairvoyance et ce minimum de sens politique, sont-ils entrés dans notre jeu?Des institutions de 1867, quel parti avons-nous tiré?J'accorde qu'il fallait harmoniser, coordonner fédéralisme et provincialisme.Mais harmoniser n’est pas que je sache, toujours courber l’un devant l'autre, sacrifier l’un à l’autre.Au lieu de nous solidement établir dans un provincialisme loyalement ouvert, prêt à toutes les collaborations, si Ton veut, mais intransigeant sur ses positions constitutionnelles, noire tendance la pjus habituelle n’a-t-elle pas été plutôt de traiter le provincialisme comme quelque chose d'étroit et de mesquin; de regarded vers Ottawa plus que vers Québec, comme si.là-bas plutôt qu’ici, nous avions à jouer notre partie maîtresse?Et notre réalité française?Nous nous plaignons de compter pour peu dans notre pays, d’être souvent même profondément méprisés comme race?Mais quel cas nous-mêmes avons-nous fait de notre qualité de Canadiens français?Il n’y a pas qu’en certains salons de bourgeois anglomanes que le titre est assez mal porté.Pour la plupart de nos doctrinaires politiques, le type de Canadien français le plus chic, le plus orthodoxe, n'est-ce point le Canadien français passé à la lime, le Canadien français passe-partout, ou encore le Canadien français raccourci au lit de Pro-ruste, ce qui nous permet de dire si élégamment: le “Canadien tout eourt”?Avouons-le en toute franchise: notre trop ordinaire souci n'a pas été de nous affirmer plus que jamais, d’apporter à notre pays surtout une collaboration française.mais d'estomper, d’atténuer les reliefs de notre être original.Notre nouvelle formule de vie nationale n’a plus été de nous dégager le plus possible, mais de nous engager chaque jour plus avant, sans issue, sans retour en arrière possible.En résumé, noire suprême tremblement, depuis 1867, n’a pas été de n’être pas assez Canadien français, mais de l'être trop quand nous ne sommes pas allé* jusqu’à demander pardon de l’être.Aujourd’hui, après quatre-vingts ans de cette application à nous effacer, à nous faire oublier, nous constatons notre éviction progressive dans tous les services fédéraux; nous nous alarmons.el, non sans raison, des prétentions envahissantes de l'Etat central; nous proclamons le provincialisme.surtout le nôtre, en péril.Mais Thistoire dira que nous.Canadiens français, avons été plus que personne le* fourriers de l'union législative.par exemple, de notre grand passé, de la chanson de geste des conquérants de l’Amérique, quel souvenir, quelle image subsiste en nos mémoires?La vérité crue,, c’est que notre petit peuple qui aurait tant besoin d’être stimulé par le prestige de ses grandeurs historiques, n’en sait à peu près rien.Lui, l’héritier de cette histoire, deman-dez-Iui de nommer un seul des conquérants fameux de THinterland américain.En vain chercheriez-vous, dans toutes les écoles du Canada français, dans tous les couvents, dans lous les collèges, une carie de l’ancienne Amérique française.Et si vous étiez tentés de demander au Canadien français moyen la définition des constantes de notre histoire, des lois directives de notre vie depuis 17(50; si vous osiez demander la même chose à la plupart de nos professionnels, à bon nombre de nos politiques, je vous supplierais par piiié de n’en rien faire.Cependant les mentors dédaigneux ne manquent point qui nous reprochent de trop agiter le passé; à les enlendre, il faudrait laisser les morts ensevelir les morts, ne pa* imiter ce personnage de la fable qui, stupidement épris de sa figure, se laissa mourir à la contempler dans le miroir d'une fontaine.Hélas, si j’écoute les échos et les doléances de ce congrès, c>st d’une autre-forme de suicide que nous sommes menacés.ici la foi pour qu’au loin ou la garde; créer au coeur de la Nouvelle-France un foyer de vie intense, un foyer de civilisation pour rayonner au milieu d’eux, d’un mot garder le souci d’un haut devoir à Tc-gard de la famille française d’Amérique, la franchise nous oblige de confesser que tout cela a été, pour la niasse de notre peuple et pour la plupart de nos dirigeants, du moins jusqu’à ces derniers temps, le cadet de nos soucis.Et qu'à Theure où je vous parle, de grands garçons et de grandes filles de la Saskatchewan et de TAlberta, enfants de race française, puissent demander à leurs parents; “Qu’est-ce que la province de Québec?” de Tair d'enfants qui demanderaient: Qu'est-ce que le Groënland ou qù’est-ce que la Cochinchine, cela seul en dit long sur la nullité de notre rayonnement.Partout ce que récolte le peuple qui oublie son passé, qui s’écarte de ses lignes de force: l’incohérence, la désintégration.l’impuissance' à vivre collectivement, la servitude, l’abandon à la médiocrité, le désordre el le triomphe de tous les individualismes.bref lous les signes des nations qui s’en vont au vertige final.Pourtant non.Le problème politique Ames de vaincus résignés J’ai peine à me rendre jusqu’au bout de cette analyse.Ayant perdu jusqu’au souvenir de notre passé; perdu aussi la ligne de nos aspirations nationales, l’âme vidée de tout stimulant, de toute image de grandeur, nous devions «ubir comme une fatalité le prestige qui s’étalait à côté de nous: l’éblouissante fortune anglo-saxonne.Nous l’avons subie, non comme un peuple adulte et robuste, à la façon ___ _____ ______ d’un enrichissement spirituel, mais n’est pas assez pour vivre, sortilège Dans cette misère, un sens collectif.une solidarité demeure: la solidarité du parti politique, le plus destructeur de tous les individualismes.Car en un temps où Ton dénonce avec véhmence, et non sans raison, le fléau marxiste des luttes de classes, j’aurai le courage de dire que les luttes de parti avec ce qu’elles fomentent au Canada français, de divisions, de haines stupides, de déformation des consciences, de folie collective sont aussi funestes à un peuple que les luttes de classes.En tout cas pour un petit peuple comme le nôtre, acculé de toutes parts aux solutions tragiques, le parti au lieu de la patrie, le parti au lieu de la nation, la mystique du parti au lieu de la mystique nationale, ce peut être assez pour mourir; ce comme un sortilege, un envoûtement servile.Et, non seulement dans nos classes ouvrières ou moyennes; mais depuis le bas jusqu au haut, elle nous a fait une âmes de vaincus résignés et de mornes plagiaires.Confirmation de ce dilemme tragique où.selon Gonzague de Reynold, sont enfermés les petites nations et les petits pays: “U n’y a que deux solutions pour eux, a écrit le grand écrivain suisse; “ou vivre selon l’originalité que leur ont conférée la nature et 1 histoire, ou devenir forcément Ja reduction Pour guérir notre peuple On me posera ici deux questions: toute notre histoire nous inclinait vers la fierté et vers la fidélité.D’où vient le rebroussement?Qui sont les responsables?Les responsables, à quoi bon les nommer, quand chacun les montre du doigt?J aime mieux répondre à la deuxième question.Car je suis de ceux qui croient à la guérison de notre petit peuple.Et nous ne sommes pas ici réunis pour chanter un U- ,erne\ *»- btra, mais pour préparer un Aile teintes d Etats plus grands.” Ré- auction servile et terne,” que de Sur le ferrait, provincial Notre erreur a-t-elle été moindre sur le terrain proprement provincial?Sur la route de notre éman très aux Etats-Unis fut-elle autre .c>pation française, 1867 a-t-il vrai-chose, on effet, qu’une hémorragie.! nient marqué une nouvelle et glo-provoquée pai le même mal?Avant 1 rieuse étape?Qui oserait prélen-1848.quand Tndministratior de i dre sans cruauté, que nous som- nos terres dépendait d’un petit co-1 me* maîtres en celte province', .867 symptômes dénoncent cette funèbre métamorphose.Un esprit ®ver*i f1' courageux comme M.Victor Barbeau a pu nous montrer, avec preuves à l'appui, la langue française déjà descendue chez nous au rang de langue inférieure.Cette capitulation, notre pav* nous la jette d'ailleurs à la figure.Ainsi que des enfants dénaturés s’amuseraient à barbouiller le portrait de leur mère, nous avons odieusement macule le visage auguste de la Nouvelle-France.Le Québec fait de son mieux pour effacer son caractère de terre française.Cependant nous courtisons le tourisme, surtout le tourisme américain.A défauj de fierté ou de sens national.I intérêt nous commanderait d accuser le plus possible le caractère original de cette province.Nous n'avons plus même cette intelligence Notre défiance psychologique se révèle à cet autre symptôme.qu’à l’inverse de tous les peuples doués d’un minimum de personnalité nationale, nous sommes impuissant!' à faire la synthèse des cultures composites qui' nous entourent; nom avons perdu l’instinct du choix, l’aptitude au discernement, à l'assimilation.Nous ne savon* plus choisir dans les moeurs, 1er moder qui passent à noire portée Avec une passive réceptivité, nous prenons toul.noui copions tout, arts, moeurs, engouements, et, de préférence, ce qui répugne le plus à noire fond catholique et au bon senr français.Je* découvre dan* l'amas ?mité de Londres; avant 1867 quand ^ Qui 'Oserail même dire que nous nous ne possédions sur notre .poli-1 prenons tous les moyens de l’être?tique qu'un demi pouvoir, nous [Le refoulement de notre petit peu-! âme de J Pouvions rejeter sut d’autre* 1» pif hors de la plupart de ses po*H , .% , propre| responsabilité de nos malheur*.jjon5 stratégique* et.plus que tou* Vous faut-il un nubs signe peur histoire, sur leur propre terre, leur Maîtres de notre gouvernement, )e PfUt.gire, le désarroi mesurer notre dénûmentf Qu’est Noèrf' conduits lomentoblf enver.no frèrst, dispersés Les remède* sont simples à trouver.Nous avons perdu notre base économique et sociale et notre base historique.L’effort urgent est de les retrouver toutes deux.Retrouver la première sera reconstituer et maintenir notre paysannerie.La vocation paysanne de notre peuple parait bien Tnanifeste; en revanche ie n’arrive pas à découvrir notre vocation au “secours direct”.L’on parle beaucoup, depuis quelques années, de capital humain; et Ton proclame son excellence sur tout autre capital.C’esl le temps pour nos gouvernants de se souvenir que.noyr faire une race saine, forte, créatrice de fovers.attachée aux traditions familiales et nationales, Ton n’a pas encore trouvé de meilleure éducatrice que la terre.Que s'il s'en trouve malheureusement pour trouver élevé le coût d’une politique d’agriculture et de colonisation.rappelons, en outre, qu'arrêter le recul de notre paysannerie, c’est par le temps oui court, pren dre contre les troubles sociaux, la moins coûteuse des assurances.A tour égards, sa politique agraire reste pour le Canada français sa politique vitale.Sans doute, serait-ce folie de négliger '¦ertaine prédestination industrielle de notre province.Encore importe-t-il que dans la mesure où pourra s’accroître Tattirance de la ville, s’accroisse d’avantage l'appel de la terre.L’essentiel pour un pavs, ce n'est nas de posséder les plus grosses industries ni les plus grosse* villes: c’esi de posséder la santé, laquelle est le résulta; d'un équilibre: équilibre économique et social.Le premie^ article de notre programme comme la consigne suprême de tous nojs chefe pourraient ce me L’orientation nationale nose aussi le problème politique.Abordons-le en toute franchise comme si en ce navs libre, un prêtre avait le droit de prendre cette liberté autant qu’un clergyman.Notre constante sur le terrain politique et national, je Tai assez répété et elle est assez manifeste: ce fut la passion de l’autonomie, le refus de nous laisser absorber: ce fut de tendre dans toute la mesure légitime et possible, vers notre achèvement français.Autant dire que nous ne pouvons accepter aucunes lisières indues de quelque part qu’elles viennent, fût-ce d’Ottawa.La Confédération, nous en sommes; mais pourvu qu’elle reste une Confédération.Nous acceptons de collaborer au bien commun de ce grand pays; mais nous prétendons que notre collaboration suppose celle des autres provinces et que nous ne sommes tenus de collaborer que si cette collaboration doit nous profiter autant qu’aux autres.Peu importe ce que pense là-dessus la vieille génération.Je sais ce que pense la jeune génération.celle qui demain comptera.Et celle-ci prétend bien n’être pas entrée dans la Confédération pour v vivre une vie nationale et culturelle appauvrie, mais plus riche: non pour v être un peuple moins français, mais plus français.Pour ma part ie ne vois point ouel texte constitutionnel, quelle obligation juridique ou morale, quel intérêt suprême du pavs ou de TEtat nous imposent de mettre des bornes à l’essor de notre culture, à l'élan de nos aspirations françaises.En conséquence, nous refusons de nous sacrifier nous seuls, au maintien ou à raffermissement de la Confédération.Et, pour le dire tout net: le rôle de Cariatides naïves et serves geignant sous les corniches de pilastres branlants ne saurait être, pour un peuple, un programme de vie nationale.Décidés à ne pas subir de lisières illégitimes du côté d’Ottawa, nous estimerons assez inopportun, sans doute, de nous en imposer nous-mêmes, dans notre propre province.C’est ici dans le Québec que nous louons notre destin.Ici que nous avons tâche de nous réaliser.Pour cette fin en 1867 nous nous sommes dégagés de Tétreinte du Haut-Canada, pour celte même fin nous avons fait triompher le principe fédératif: nous avons obtenu la résurrection politique du Canada français.Que déduire de ces prémisses.sinon qu’une politique ca-nadienne-tfrançaise.en cette province.n’est pas une politique facultative.ni simplement opportune, mais une politique nécessaire?Pas une poljtioue de provocation; mais, pour le Canada français, sa politique naturelle.sa politique de droit.Si notre histoire a un sens, et elle a un sens, notre seule destin légitime et impérieux, l’aboutissant logique de notre effort de 177 ans, pour nous dégager et vivre notre vie à nous ne peut être que celui-ri: constituer en Amérique, dans la plus grande autonomie possible, cette réalité politique et spirituelle, suprême originalité de ce continent, triomphe du chef-d’oeuvre d'un splendide effort humain: un Etat catholique et français.La question nationale: question essentielle Cela aussi c'est, pour nous, de nécessité vitale.Pendant ces jours, il a été beaucoup question de la langue, de sa défense, de son illustration.Prenons garde qu’à tant exalter la langue Ton ne rétrécisse la question essentielle, la question nationale.Car il faut vous le tenir pour dit.messieurs: vous ne planterez pas artificiellement l’avenir de la langue dans le coeur du petit peuple.Aucun amour du parler maternel ne tiendra, par exemple contre notre asservissement écono-micme.L’oeuvre essentielle et urgente c’est de convaincre les Canadiens français qu'à rester français il« ne sacrifient aucune de leurs chances d’avenir; mais que, bien au contraire, ils les assurent et les accroissent.C'est la fidélité à leur sang, à leur histoire, à leur culture à toutes leurs énergies natives, doh vent-ils apprendre, qui leur voudra de rçéer le climat, les condi- € Le second remède est de même urgence.Quand un peuple est m»l-heureux, désorienté pour avoir rompu-avec -son histoire, la première nécessité est de s’v ressouder.Si seulement nous pouvions enfin découvrir que nous sommes français et si nous pouvions décider de le rester.Voilà qui réglerait bien des questions, à commencer par les problèmes de notre enseignement et de notre éducation.Une chose est sûre; nous ne pouvons nous passer d’orientation nationale et nous ne pouvons être des Français artificiels.dévitalisés.Peuple minuscule en face de cette terrible Amérique, nous n’avons pas le choix d’être français avec mollesse, avec dilettantisme, avec tous les flirts téméraires pour tous les snobismes, français, nous le serons de la tête aux pieds avec intransigeance.à force d’énergje et d’audace, ou nous ne le serons pas.Or, pour faire des Français de cette sorte.¦J ( m (xuite à la page 7Jt VOLUME XXVIH — No 148 LE DEVOIR, MONTREAL» MERCREDI 30 JUIN 1937 7 Au Congrès de la langue française à Québec “Je regrette de ne pas mieux comprendre le français que l’on parle chez vous”d>ni rweeMo "Depuis mon arrivée au pays, j#ai parcouru avec plaisir une bonne partie de la littérature canadienne-fran~ çaise, guidé surtout par les oeuvres de mon ami, Mgr Camille Roy, le grand seigneur de la littérature canadienne" "Votre langue est un bien précieux, car la langue et la littérature françaises constituent une richesse non seulement pour le Canada français, mais encore pour le Canada anglais" Allocution en français du gouverneur général Québec, 30.— Voici Je texte de ralloculion prononcée hier soir en français à la séance publique du Colisée par lord Tweedsmuir, gouverneur général du Canada: LORD TWEEDSMUIR Je me sens très honoré d’être invité à vous rencontrer en cette occasion.Je veux tenter de vous parler en cette langue que vous avez pour but principal de conserver pure, et je compte que votre bonté vous rendra indulgents à mes multiples gaucheries.Tout homme sage, tout Ecossais en particulier, croit certainement que le mélange des races fortifie une nation.Le Canada a le bonheur de posséder deux des grandes traditions de l’Europe, la française et l’anglaise.Vous avez conservé votre langue, votre droit, votre religion, et votre culture si riche d’histoire, d'un si grand prix pour le Canada tout entier.\otre langue surtout est un bien précieux, car la langue et la littérature françaises constituent une richesse non seulement pour le Canada français mais encore pour te Canada anglais.L’arfglais est une belle langue et ia littérature anglaise est belle, La langue anglaise a besoin d’être gardée avec sollicitude, car étant parlée dans l’univers entier, elle risque grandement d’être contaminée par toutes sortes d’influences.Vous vom souvenez sans doute d’un passage amusant du "Mariage de Figaro” de Beaumarchais, et qui n’es! pas très respectueux : "C'est une belle langue que l’anglais; il en faut peu pour aller loin.Avec “god-dara”, en Angleterre, on ne manque de rien nulle part.Les Anglais, à la vérité, ajoutent par-ci par-là quelques autres mots en conver-•ant; mais il est bien aisé de voir que '‘goddam” est le fond de la langue.” Beaumarchais n’a pas dit toute la vérité.Depuis quelques années, cm a vu le public de France témoigner une estime particulière à la littérature anglaisej ce sont des érudits français qui ont.rédigé quelques-uns des meilleurs travaux sur les écrivains anglais.La langue française Mais aujourd’hui c'est de votre langue que je viens vous parler.Il y a longtemps que je m’intéresse au parler et à la littérature du Canada français.Le français que l’on parle chez vous, surtout à la campagne, est plein de beauté et de pittoresque, grâce aux réminiscences historiques, aux locutions marines qu’y ont laissées les voyages des premiers Français venus au pays.Je regrette seulement de ne pas le mieux comprendre.La littérature canadienne-française suit la grande tradition classique de France.On peut relever les écrivains français qui ont influé sur elle à chaque génération.Au siècle dernier, par exemple, ou retrouvait chez Crémazie et Netligan t'influence des grands romantiques français.La poésie contemporaine, celle de Paul Morin et de Robert Choquette, par exemple, s'inspire de modèles plus récents.Je suis particulièrement frappé de ce que l’influence française se fait toujours sentir avec un certain retard au Canada.Ce n’est jamais la dernière mode de France qui touche nos écrivains canadiens-français.Victor Hugo, par exemple, n’est plus très lu en France aujourd’hui mais son influence me parait encore vivante au Canada.Je crois que ce retard est un avantage; il empêche nos écrivains de n’être que de serviles copistes et leur permet de donner à leurs oeuvres un tour spécial au Canada.Votre littérotur* Depuis mon arrivée au pays, j'ai parcouru avec plaisir une bonne partie de la littérature canadienne-française.guidé surtout par les oeuvres de mon ami.Mgr Camille Roy, le grand seigneur de la littérature canadienne.J’ai particulièrement admiré vos travaux d'histoire et de poésie.Vous possédez le vrai sens historique et vous êtes bien inspirés de compléter vos annales.Vous vous êtes admirablement servis de votre histoire régionale pour conserver cette suite entre te passé et le présent, qui constitue le fondement de la force nationale.Votre poésie, qui exprime si bien l’âme d'un peuple, m’a profondément intéressé.Mais le Canada français ne fait que commencer son oeuvre littéraire.H réunit tous les élément?! d'une grande littérature — un peuple dont l’histoire est l’une des plus romanesques qui soient, une paysannerie qui présentement a su rester proche du terroir et conserver ses vieilles traditions.Je prévois que le Canada français collaborera avec distinction à ces travaux de l'esprit qui resteront toujours à la base de la civilisation véritable, car il participe de deux grandes traditions, la française et l’anglaise.Gomme le chante Octave Crémazie."Albion notre foi, la France notre coeur”.J’exprime aussi le désir que nous voyions un jour naitre chez vous quelque chantre du peuple comme le Robert Burns de mon Ecosse, qui traduira l’âme nationale en vers impérissables.Vos "habilants” ont produit beaucoup d'agréables chansons, mais n’ont pas encore trouvé leur grand poète.Mais I4 littérature saura bien se faire jour.Le vent de l’inspiration souffle où il veut, personne ne peut le diriger.Par contre, c’est de nous qu’il dépend de conserver la pureté du langage.La gloire de la langue française repose sur sa pureté, sa précision, son exquise clarté.Comme t’écrivait un critique du dix-huitième siècle: "Elle est de toutes les langues la seule qui ait une probité attachée à son génie”, Le français moins menacé que l'anglais Dans le monde contemporain, si agité, une langue qui n’esl pas protégée par des frontières est exposée à bien des influences pernicieuses.Comme je l’ai déjà dit, je crois que le français est moins menacé que l’anglais, mais il est menacé tout de même.Je ne m'oppose pas aux néologismes, car il en faut dans un monde qui progresse rapidement.Je redoute davantage les atteintes à la construction, à l’ordonnance logique qui a toujours fait la gloire du français.Un peu d’argot même ne me.déplaît pas, parce que la langue littéraire s’enrichit constamment d’apports populaires.Mais je tiens à ce que l’on respecte religieusement la construction, car c'est d’elle que dépend la clarté.Comme disait un grand critique français: “Ce qui n'est pas clair n’esl pas français.” Les ennemis les plus dangereux de la langue ne sont pas chez les peuples mais parmi les pédants.Bien des sciences semblent se fabriquer un obscur jargon, farci de néologismes abstrus et de tours pesants.Elles manquent de clarté qui devrait être le but principal de tout écrit scientifique, peut-être p«rce qu’elles ne savent pas très Clairement elles-mêmes ce qu’elles veulent dire.De là un grave péril pour la langue anglaise.Je trouve que beaucoup d’écrivains, surtout aux Etats-Unis, et particulièrement ceux qui traitent des sciences sociales.ont maintenant un style tellement informe qu’il est impossible de prendre plaisir à la lecture de leurs ouvrages ou de les comprendre.Il faut veiller à ce que le même malheur n'arrive pas au français.La France a toujours montré au monde comment rendre claires comme cristal les pensées les plus subtiles et les plus nuancées.Je citerai l'exemple du mathématicien Henri Poincaré et du philosophe Henri Bergson, qui ont sû donner aux théories les plus complexes la grâce et la clarté d’oeuvres d’art.Meilleurs voeux Votre association a un grand rMe à jouer.Elle doit favoriser la bonne littérature d’expression française au Canada, et conserver intactes les beautés de la langue.Bref, la même tâche vous est dévolue qu’à l’Académie française.Comme Anglais.Canadien d’adon-tion, ami depuis longtemps de la France et de sa tradition culturelle, je vous offre mes meilleurs voeux de succès.La refrancisation et le tourisme L'empreinte canadienne-française — La refrancisation dépend de nos prochaines reconquêtes économiques Travail de M.Horace Philippon Québec, 29.- M.Horace Philip-pon, avocat, président de la Corn-[mission permanente de refrancisa-! lion, rappelle les débuts et la né-i cessité de cette campagne pour la J conservation de notre héritage français.Elle constitue un acte de respect pour nous-mêmes, un acte d’amour pour notre province et un acte de fidélité à notre histoire.Nos devoirs de refranciser nous j viennent aussi de nos problèmes économiques.Si, au chapitre de la | production, de la fabrication et de la mise sur le marché des mille biens de production et de consommation, les Canadiens français n’apparaissent que comme journaliers ou manoeuvres, il sera toujours impossible d’apposer sur ces mêmes biens t’empreinte cnnadienne-fran-çaise.La conservation de notre caractère français ou sa refrnncisa-'lion dépendent donc, en grande partie, de nos prochaines reconquêtes économiques.Ces reconquêtes ne s’accompliront que par une réaction énergi-qu de ta masse, réaction qu’orienteraient un courageux examen de conscience national et un solide plan d’ensemble de nos vouloirs collectifs.Il nous faut une doctrine -“Mionale, une mystique nationale n t "Nous ne laisserons pas angliciser ou américaniser notre droit canadien (M* P.-B.Mignoult) "Une des principales couses secondes de la survivance parmi nous de l'esprit français, ce sont nos lois françaises" — Le paysan canadien d'autrefois récitait de mémoire maints articles de la "Coutume de Paris" — Notre Code civil "est plus imprégné de l'ancien droit français que ne l'est le Code Napoléon lui-même" L'allocution présidentielle de Me P.-B.Mignoult à la séance publique d'hier soir au Congrès de la Langue française La lecture Une enquête chez nos collégiens — Les auteurs: favoris n'ont guère changé depuis vingt ans — La lecture n'exerce que peu d'influence sur le parler de nos en-fonts — Les livres canadiens Québec, 30.—- Voici le texte de l'allocution présidentielle prononcée hier soir à la troisième «rance publique du Congrès de la langue française, au Colisée, par Me M.-P.-II Mignault, juge de la Cour suprême à sa retraite et juriste éminent: La première parole du président de cette séance sera une parole de bienvenue à leurs Excellences le gouverneur général et lady Tweedsmuir, qui ont si gracieusement accepté d'honorer ce congrès de leur présence au milieu de nous ce soir.Je me contenterai d’offrir cette bienvenue à nos hôtes, car une voix plus éloquente que la mienne est chargée de leur porter nos hommages et cette voix est à la foix canadienne et acadienne, donc doublement française.Il est largement question au programme de ce soir de notre survivance comme groupe ethnique d’origine française.N’os cousins de France appellent cette survivance le miracle canadien et je suis porté à croire que nos cousins ont raison.H est vrai qu’on peut quelquefois expliquer un événement extraordinaire par l’opération de causes secondes, mai* une cause seconde que dirige la Providence de Dieu exclut-elle réellement le miracle?Interrogeons l’histoire.Est-ce un événement sans portée providentielle que le peuple canadien ait échappé, par sa séparation violente de la France, à la Révolution qui s’en venait dans une trentaine d’années?Est-ce un événement sans cette même portée que ce peuple ait refusé, sur le conseil de son clergé, de se joindre aux treize colonies américaines dans leur révolte contre l’Angleterre?Par souci d’exactitude, je vais donner à de tels événements.si vous le préférez, le nom de miracles providentiels; du reste, ia France elle-même en a connu bien d’autres dans son histoire, les gesta Dei per Frances.Donc l’histoire continue, et le miracle aussi.Nos lois françaises Le programme vous signale, mesdames et messieurs, d’autres causes secondes, je n’ose dire miraculeuses, de la survivance parmi nous de l’esprit français: ce sont nos lois et je précise nos lois françaises.Reconnaissons que c’est à une concession de l'Angleterre, en 1774, par le fameux Quebec Act, que nous devons la conservation de ces lois; nous ne l’avions obtenue ni par le* capitulations, ni par le Traité de Paris en 1763.Or conserver nos lois civiles c’était conserver l’édifice social, c’était conserver le groupe ethnique lui-même.N’est-ce pas là une preuve presque ethnique de la genèse de notre survivance?Parmi nos lois civiles françaises ainsi conservées, mentionnons, en toute première ligne, la célèbre Coutume de Paris qui formait notre droit commun sous l’ancien régime.Peut-être n'ouvre-t-on pas souvent, aujourd’hui, cette vénérable Coutume.Pourtant c’est une merveille de précision et de clarté françaises.De nos jours même on ne laisse pas d’invoauer ses formules pittoresques et lapidaires.La mort saisit le vif (art.31»); donner et retenir ne veut (art.273).Et ce vieux proverbe dont je voudrais bien connaître l'origine: jamais mari ne paya douaire! Le paysan canadien d’autrefois récitait de mémoire maints articles de la Coutume de Paris.Il y trouvait son titre à ses terres, la description du régime matrimonial entre lui et sa femme; tous ses droits de succession en découlaient.C’est cette coutume qu’il invoquait au cas de contestations avec ses voisins.Il y avait trop de Normands dans la vallée du Saint-Laurent pour qu’on pôl y oublier une langue où on lisait des choses aussi intéressantes.La Coutume de Paris a rajeuni ses formules dans le Code Civil du Bas-Canada promulgué en 1866.Ce Code, modelé sur le Code Napoléon, a cependant son individualité à lui.Il est plus imprégné de l’ancien droit français que ne l’est le Code Napoléon lui-même.C’est aussi un droit canadien qu'il ren ferme et ce droit canadien s’est développé par une abondante jurisprudence.C’est ce droit que nous pourrons montrer à la France quand celle-ci, comme dans la parabole évangélique, nous demandera: qu’avez-vous fail du talent que je vous avais confié?Notre devoir Le devoir de l’heure et de l'avenir c’est la conservation de ce droit.Il y a plbe que les suppressions brutales.11 y a la pénétration iente et sournoise de principes et de doctrines étrangers.Mes confrères du Banc et du Barreau, que ce soit une des résolutions que nous formerons à ce Congrès, nous ne laisserons pas angliciser ou américaniser notre droit canadien.Ce très rapide raccourci d’histoire peut légitimement nous donner des sentiments de fierté, mais n’oublions pas qu’un tel passé nous impose des obligations pour l'avenir.Le ciel ne sera pas toujours sans nuages, et “après ta pluie le beau temps".A tout bien considérer, notre bonheur et notre succès comme groupe eihnique sont sortis d'une défaile.Et est-il bien certain que nos pères aient perdu ta partie à la bataille des Plaines d'A-braham?Car une victoire, et une défaite aussi, se mesurent par l'usage qu’on en fait.Reste te fait historique et I! suffît que nos pères' y ont gagné le droit de vivre comme peuple, et qu’ils se sont merveilleusement adaptés aux rir constances, et un peu plus tard aux institutions parlementaires de leur nouvelle métropole.Il est de notre honneur de faire romme eux.La survivance du parler français par celle de Tesprit français Discours du R.P.Hébert, recteur de l'Université d'Ottawa Québec, 30.- - Vofci le résumé du discours prononcé à la séance d’hier soir au Congrès de ia Langue française par le R.P.Joseph Hébert, recteur de PVniversité d'Ottawa, sur 1er survivance du parler français par celle de l’esprit français: LE R.P.HEBERT L’esprit français expression qu’on saisit sur toutes les levres.a des sens multiples et sert a désigner des choses souvent fort disparates.L’esprit est un dépôt collectif qui se transmet de génération en génération dans une société, unissant entre eux tous les membres par un attachement infrangible aux biens de famille et par la communion à certains idéals communs.Le terme français est une épithète qui révèle une relation sociale ou nationale, indiquant l’origine, l'appartenance ou ta qualité.Mais l’esprit est quelque chose de plus profond qu’un héritage extrinsèque oy un avoir matériel que l'on pourrait troquer à loisir, dont on se dépouillerait à son gré par un contrat synallagmatique ou un acte notarié.Il est un bien qui adhère à l’Ame elle-même, exerçant une pression intérieure et constante sur l’in-telitgence et le vouloir, les sentiments et les actes Ce qui caractérise T'esprit français.r est la rigueur logique de la raison cultis'ée depuis des siècles dans les écoles, c’est un sens pénétrant de l’art et du beau inculqué par les maître* aux disciples, c est une rectitude de l'estimative puisée chez les grands penseurs des âges chréliens.c’est un sentiment instinctif de ia noblesse, de la fierté et de la dignité humaine héritée du catholicisme.Comment cet esprit français, fidèlement gardé, constitue-t-il un préservatif pour ta langue française, une garantie de survie pour notre idiome?La langue n'est que l’ensemble ou la combinaison variée et nuancée des termes qui servent à extérioriser la pensée.L'intelligence, il est vrai, n'a pas de patrie et la pensée, comme la foi.d'ailleurs, n'a pas de langue.Le maintien et la conservation d’un esprit peuvent devenir un moyen puissant pour la conservation d’une langue, ret esprit postulant en quelque sorte le langage qu’il s’est fabriqué et se voyant obligé d’y recourir pour communiquer es complets et grands desseins qui aillissent d'une intelligence tou-ours en fermentation.Voilà comment !a survivance de l’esprit français appelle et garantit la survivance de la langue française.Travail du R.P.Louis Taché, C.S.Sp.Québec.30 — Résumé du travail présenté lundi malin à la première section des moeurs par le R.P.Louis Taché, C.S.Sp,, de Saint-Alexandre de Gatineau, sur la lecture et son influence sûr la formation de l’esprit français: Les assertions et tes ronclustons de ce rapport sont basées sur 586 réponses d’élèves et sur les renseignements fournis par la direction de 24 collèges de ta province de Québec, des autres provinces du Canada et des Etats-Unis.1—Nous constatons que ta lecture suivie chez nos collégiens a commencé pour le plus grand nombre entre 10 et 13 ans.Les lectures semblent coïncider avec le début des études classiques.La très grande majorité ont répondu qu'ils lisaient plus au collège qu'en vacances.Comme on pouvait s’y attendre, les lectures rie vacances sont plus fréquentes chez les élèves des hautes classes que chez ceux des basses classes: Ils sentent mieux que leurs cadets la nécessité de compléter tes données du cours.Dans les villes, la lecture occupe une place plus importante que dans les campagnes.Dans l’ensemble ceux qui ont ta fringale de le lecture paraissent rares et ceci confirme peut-être l’affirmation maintes fois répétée que nos enfants sont peu soucieux des choses de l’esprit.2 Les jeunes semblent lire tous les genres.Quant aux auteurs préférés, ils n’apparaissent pas très différents de ceux qui avaient des honneurs, il y a vingt ans.La plupart lisent tes quotidiens à esprit catholique et national comme le Devoir, le Droit, VAction Catholique, 69% ne lisent que du français, seulement 3% préfèrent l’anglais au français.D’autre part on trouve plus de livres français que de livres canadiens entre les mains de nos enfants.Dans l’ensemble, les lectures de nos collégiens représentent un niveau moyen d'in-tellectualité et de moralité, n’atteignent ni à l'idéalisme ou au mysticisme ni d’autre part à la littérature de bas étage.3 - La façon dont nos collégiens lisent varie beaucoup selon qu'ils cherchent dans la lecture une pure distraction ou un perfectionnement de leur culture et de leur style.Dans le premier cas, nos Jeunes gens ne lisent que ce qui les Intéresse et, suivant l’expression usuelle, dévorent les livres.La lecture faite en vue d’une amélioration personnelle est généralement accompagnée de notes soit sur le vocabulaire, sur les passages refnar-quebles, ou sur l’ensemble de l’ouvrage.On rencontre surtout dans les hautes classes ceux qui prennent des notes.4—-Pour le langage, 11 faut admettre que la lecture n’a exercé que peu d’influence sur l'amélioration du parler de nos enfants.Il n’en est pas de même pour le langage éerit.L’influence de la lecture profitable se marque chez nous dans le sens de In formation de l'esprit français.Si l’on prend le soin de mettre à ta portée de nos enfants tes livres de chez nous, on formera ainsi un esprit où se réuniront ta douceur et la beauté du pays de France avec la vigueur d’un pay* nouveau où une race ancienne a retrouvé sa jeunesse et ou dans une effervescence bien naturelle un peuple nouveau cherche su voie.Qu’ on le veuille ou qu*on ne le veuille pas.L'institutrice Le dévouement des institutrices — Lo diction — Lo lecture des livres conadiens — Les moyens de perfectionnement Si vous voyagez .•drcHcz-voui «u SIRVICK OIS VOYA> CIS.LI "DIVOIt”.BtlNtc «mit pou, tou* Its p»vt 11.tarif da eompagniai 4k paguekoK, «hamtn» «• t«.mrofcut, •iitii KAtala, aksuran**» «****•» ai trCJ.«•ntl, •»¦' Téléphonât: lil»*- 11*1 ^ Travail de Mlle Cécile Rouleau Sluébec.30 Résumé du travail senté à la deuxième section des moeurs par Mlle Cécile Rouleau sur le rôle de l’institutrice d l’école primaire: Nous devons nous rappeler, à I occasion de notre congrès, le dévouement inlassable de nos institutrices.Elles ont contribué dans une très large mesure à conserver rhez les jeunes l’amour du parler français qui fut souvent en butte à des gens sans scrupules, qui parleur publicité néfaste ont nul beaucoup au travail de nos institutrices.Nous sommes heureux des résultats obtenus jusqu'à ce Jour.Il nous faudra continuer dans l’enseignement les méthodes déjà employées et aussi continuer l’attention portée à la sonorité des syllabes.Des leçons de dirtion pour les élèves des cours supérieurs auraient un très bon effet sur In prononciation, La lecture des livres canadiens donnera plus l'idéal de la langue et du pays que la lecture de livres qui occupent notre esprit aux choses d'ailleurs.Les bibliothèques paroissiales possèdent de très beaux ouvrages qu’il serait bon de faire lire par tes élèves Nos institutrices possèdent les connaissances requises pour l’enseignement.Elles ajoutent à leur profession un dévouemem incessant et nous devons reconnaître tant de zèle par une reconnaissance vive, et aussi nous devons leur fournir les moyens de parfaire leur savoir.Voilà pourquoi Jules Simon a pu dire “Donnez à l'école primaire, à l’institutrice sa place d’honneur, et dans vingt ans, 1* face du pays sere changée.’’ I Suite de U page 6.lions matérielles et soit-ituelles.les plus favorables au développement de leur personnalité humaine, à l’essor de leurs aspirations sociales, culturelles, nationales, à la conquête de la dignité et de la fierté des peuples libres.Or qui voudra soutenir que l’Etat ail le droit de se désintéresser d’un si grave problème de bien commun et que les conditions dont le parlars tout à l'heure vont se créer toutes seules, par le simple leu du vieil automatisme libéral, sans l’intervention de l’Etat et de son pouvoir de coordination?Pour l’Etat c’est un devoir absolu, un rôle sacré que de préparer le climat, les conditions matérielle* et morales l’harmonieuse combinaison d’une politique économique et sociale el d'une politique de l’es-pnt par quoi les Canadiens français.fils authentiques du sol immense majorité en celte province, atteindront leur fin d’hommes el leur fin de nation, Que les bonnes-ententiistes se rassurent.Je n’oublie point pour autant ceux qui vivent à côté de nous.J espère seulement qu’un de ces tours prochains nous apprendrons de la minorité du Québec à nous occuper de nos affaires sans en demander la permission au voisin.La bonne entente, j’en suis et pour en être, à défaut de mon esprit de catholique, il me suffirait de la tradition française en ce pars.Mais a bonne entente que je veux, c’est ta bonne entente a deux.Pas une bonne entente de dupes.Pas une bonne entente à n’importe quel prix: doctrine de dégradation, morphine rie charlatans, où tout notre rote consiste à émoucher le lion; mais la bonne entente fondée sur le respect mutuel, sur l’égalilé des droils.Et celle-là, j'oserai dire, l ayant toujours pratiquée, et souvent seul, cessons donc d’en parier, comme si nous avions encore besoin de nous la prêcher ou de la mendier.Mais, bien plutôt, comme un peuple libre et comme un peuple fier, ayons l’air, à l’occasion, d’être en état de nous en passer, N ou* somma* 2,500,000 A ceux de nos compatriotes qui, à ce simple énoncé d’un Etat français.prennent une mine scandalisée et s’inquiètent moins du sort des leurs que du sentiment de la minorité, je dis: Finirons-nous par découvrir que les Canadiens français sont, en notre province, 2.500,000 âmes; qu’ils constituent près des cinq sixièmes de la population; que ce pays est celui de leurs pères; qu ils ont le droit d’y vivre; et que la politique destinée à leur assurer la jouissance de ce droit ne peut froisser, en réalité, que ceux-là que froisse notre existence ou notre simple volonté d’exister?Je leur rii rais encore: En définitive, que demandons-nous autre chose que la liberté de faire, chez nous, ce qui se pratique dans toutes les provinces du Canada?11 existe des minorités ni Heurs que dans le Québec.Les Canadiens français cômptenl pour 400.0(10 peut-être dans mntario; les Acadiens forment ie tiers de la population du Nouveau-Brunswick.Voudrait-on soutenir, par hasard, en ces provinces, que la chimère est démontrée, au Canada, d’espérer, pour les minorités, un traitement équitable, ou que nous, du Québec, aurions besoin d’aller apprendre, en dehors de nos frontières, fart de rendre justice à tout le monde?A nos compatriotes de l’autre origine et de l’autre culture je tiendrais.d’autre part, ce langage que je n’estime ni impertinent, ni audacieux, encore moins injuste: “Nous sommes ici deux races, deux cull lires desiinées à vivre l’une à côté de l’autre, à collaborer au bien commun de notre province et de notre pays.Vous, anglophones, êtes fiers de votre sang, de votre histoire, (Je votre civilisation; et pour servir le plus efficacement possible ce pays, votre ambition est de vous développer dans le sens de vos innéités culturelles, d’être Anglais jusqu'aux moelles; c’est votre droit; et, ce droit, vous avez assez de fierté pour le prendre sans le mendier.Et certes, vous avez infiniment raison.Mais, aussi fiers de notre sang, de notre passé, de notre culture, que vous l'êtes des vôtre», nous prétendons que notre droit est égal au vôtre.Nous voulons, nous aussi, nous développer dans le sens de nos in-nétiés culturelles; être Français jusqu'aux moelles; nous le voulons, non pour de seules fins égoïstes, ni par orgueil racique; mais pour apporter comme vous à notre pays la modeste contribution de nos forces .spirituelles.Enfin, comme vous toujours.nous estimons que pareil idéal de vie el pareille volonté ne constituent envers quiconque ni une provocation ni un défi.Et honni soit qui mal y pense! Tout est bâti à l'en van Nous remettre en route vers ce grand avenir, nous ressouder à nos traditions, est-ce un vain rêve?| Vous entendez la réponse des dé-! faitistes: Trop fard.Demain trop élevé gageure trop audacieuse: tenir tête a un continent.Etre l’Ilot que !» «MM ne submergera point quand déjà l’érosion fait tout bre,n1s?r,.Orie», que l’heure soit poignante et qu’il n’y ait pas un jour à perdre, je le sais trop.Quand le peuple volt le* arbres montrer l’envers de leurs feuilles, il y perçoit l’annonce de la tempête prochaine Nous sommes l’arbre aux feuilles à l’envers.Tout est bâti à l’envers chez nous: vie politique, vie nationale, vie sociale, vie intellectuelle, vie économique.Pour les peuples comme les arbres, je le sais aussi, il n’y a qu’un temps où mal poussés, ii y ait chance de ties redresser.Cependant nous somme* catholiques; le catholicisme est resté notre suprême ligne de force.Dieu, sa Providence, je les ai trouvé» partout en notre passé; ils ont posé les prémisses^ de notre histoire; et je me souviens qu’ils ont coutume de mettre en leurs ouvrages, de la logique et de l’esprit de suite.Le destin est élevé, dites-vous?Je vous réponds que les peuples catholiques, même les plus petits, ne sont point dispensés d’être grands.Les obstacles sont redoutables?Pour nous, je le sais encore, le seul état de sécurité; l’état d’héroïsme?Notre foi nous y maintiendra.11 ne sera pas dit que notre catholicisme ne nous aura pas empêchés de mourir dans l’insignifiance, dans La honte de la démission.La crise est effroyable, insiste*-vous?Cependant nombre d’exemples éclatants, dans le monde actuel, nous l’enseignent : la crise a été pour bien des peuples, dé-part d’une réaction vital#, puis d’une renaissance, puis d’une marche à la gloire.Et le cycle »Vst déroulé avec une extraordinaire rapidité.A ces peuples, quel bonheur, quelle grâce est donc venue?Des hommes, des chefs ont commencé par faire passer sur leur pays un souffle de grandeur, souffle qui a d’abord arraché ces (pays à la hantise morbide de la mort, pour leur donner ensuite le sens ne leur destinée, la passion de vivre et de se refaire.Et ce souffle de grandeur, où sont-ils allés le chercher?Au creux du passé, dans la tradi-lion vivante.Gonzague de Reynold a écrit, de l’un de ces peuples fortunés, le Portugal: “Toute nation, lorsqu’elle veut se relever d’une Jongue décadence, regarde nécessairement en arrière, au delà dé cette décadence vers l’époque la plus grande, la plus féconde et la plus glorieuse de son histoire.Elle y puise des exemples, surtout de» raisons d’espérer: “Ce que je fus.je puis l’être encore." Ce qui veut dire que, pour relever un peuple déprimé, il ne suffit point de quelques réformes sporadiques, mais qu’il faut d’abord lui insuffler des raisons idéales de vie, renouer ses traditions vivantes, le rejeter dans les lignes de force de son histoire."Gouverner” disait, l’autre jour, le duce italien, "ce n’est pas seulement administrer, c’est encore fixer de hauts signes au pays.” Le ministre de finance de Belgique, disait pour sa part: H ne suffît pas aux nommes de gouvernement d’être ds bons intendants; ils doivent êin des chefs, des exaltants.” Par où l’on volt qu’aux chefs, aux gouvernants de notre peuple, nous ne demandons rien d’utopique, rien de surhumain, quand nous leur disons; “Soyez, vous aussi, des exaltants, Au-dessus de re pays faites passer un souffle électrique, le souffle d’une électricité qu’on ne vous reprochera jamais d’étatiser: l’électricité morale”.Le peuple meilleur que ses chefs Et, de grâce, que l’on ne dise point avec les défaitistes: Trop tard.Le peuple ne veut plus.J’aurai le courage de prendre ici la défense de notre petit peuple.Sans doute, il est parfois bien inerte, bien décevant.Mais l’histoire m’a appris que d’ordinaire i) vaut mieux que ses chefs.D’ailleurs, quand tout un people est endormi, c’est qu’il y a eu quelque part des en-dormeurs.Je dénie le droit â ceux qui ne sont pas même éveillés de reprocher au peuple son sommeil.Trop tard?Passons, Messieurs, autant de temps à faire quelque chose que nous en avons passé à ne rien faire; dépensez, pour le réveil national, pour le redressement de la conscience collective, autant d’activité, autant de millions, autant d’esprit d’organisation et de propagande, propagande de nusting, propagande de radio, pro-pngnade de journaux, qu’il s'en es* dépensé, en cette .province, depuis soixante ans, pour nous insuffler des passions insanes de la politique; dépensez autant d’effort, pour nous éclairer et pour nous unir, que vous en avez dépensé pour nous aveugler et nous diviser; el alors vous pourrez parler de l'apathie populaire."J'aspère" Trop tard?Vous vous ne vny donc pas, s-ous n’entendez pas qui s>n vient?Le souffle de gra (leur, le voici qui commence à sc lever une génération.Notre a» nir nouveau, la jeunesse la plus t telligente, la plus allante, la pl décidée, le porte déjà dans » yeux.Voilà pourquoi je suis de cei qui espèrent.Parce qu’il y a Di< parce qu’il y a notre histoire, p* ce qu’il y a la jeunesse, j’espèi J’espère avec tous tes ancêtres q ont espéré; j’espère avec tou* ] espérants d’aujourd’hui; j’espè par-dessus mon temps, par-dess tous les découragés.Qu’on veuille ou qu’on ne le veuille pi notre Etat français, nous l’auror nous t’aurons jeune, fort, raye nant et beau, foyer spirituel, pf dynamique pour toute l’Amériq française.Nous aurons aussi i pays français, un pays qui porte son âme dans son visage.l,es snol les bonne-entenlistes, les défait tes peuvent nous crier, tant qu’ voudront: “Vous êtes la derniè génération de Canadiens françai: Je leur réponds avec toute ta J« nesse: “Nous sommes la généi tion des vivants.Vous êtes la d< nière génération des morts!” "Notre survivance française" "Notre survivance français** Ik.dernière broc burette du R.P.Alexandre Dugré, S.J., *e vend 5 sous l'exemplaire, 50 sous ia douzaine, $i ie cent, franco, au Service de Librairie du "Devoir", 430, rue Notre-Dame est, MentréaL v, i LE DEVOIR, MONTREAu, MERCREDI 30 -MN 1937 VOLUME XXVIII — N*J4« rs Au Congrès de la langue française à Québec Québec, 30.— Hier après-midi, A la tail» des promotions de TVniver-silé Laval, 5.E.Mgr Jelle, archevêque coadjuteur de Satnt-Boniface, a prieenli un mémoire du plus haut intérêt sur la situation des Manito-hains de langue française.En voici le texte: S.E.Mgr TELLE Originaires du Québec Le Canadien qui aime son pays et cherche à saisir l’âme qui en assurerait Funité profonde et durable, a le temps de se livrer à bien des réflexions quand, emporté vers l'Ouest par la vapeur, il traverse les mille milles de la région en grande partie désertique qui sépare Sudbury de la capitale du Manitoba.Si ce voyageur est d’origine française, il se rappelle qu'autrefois, il y a deux siècles, un groupe d’aventureux explorateurs accompagnés des Pères Jésuites Messaiger et Aul-neau, guidés par le Sieur de La Vé-rondrye et ses fils, parcouraient les rivières et les lacs que côtoie aujourd’hui la voie ferrée, et è la cadence des rames, faisaient retentir l’écho des forêts et des rochers de joyeux refrains français.Par eux, toute la plaine de l’Ouest était couverte de forts et les syllabes de France étaient portées jusqu’aux premiers contreforts des montagnes Rocheuses.Ce voyageur n’oublie pas que par rue le même chemin passèrent pendant un demi-siècle, à partir de 1818, les premiers prédicateurs de l’Evan- Sle dans l’Ouest: missionnaires de ngue française envoyés par l’évêque de Québec.Et en arrivant à Saint-Boniface, ce qui frappe d’abord le regard sur les rives de la rivière Rouge, c’est le temple magnifique élevé par le grand défen seur de la langue française dans l’Ouest, Mgr Langevin; à l’intérieur de la cathédrale ce qui émeut profondément le coeur français, c’est de lire à 1500 milles du vieux Québec, ces mots d’espérance: “Le Dieu vivant est au milieu de vous”.Si le voyageur se demande quelles traces durables ont laissées ces découvreurs d’empire et ces fonda-deurs de civilisation qui portaient noms français et qui parlaient la langue de la douce France, il doit d’abord se rappeler qu’à Saint-Boniface en n’est encore qu’aux portes de l’Ouest canadien: il faudrait parcourir encore 1000 milles pour atteindre le sommet des Rocheu- Une grande partie de ia population française du Manitoba, vient elle-même, ou ses ancêtres viennent de la province de Québec, plusieurs sont venus de la vieille province après un stage plus ou moins long aux Etats-Lnis.tin certain nombre vint directement de France à la suite des disciples de Dom Gréa en 1892 et les années suivantes.Ce groupe forme aujourd’hui deux ou trois paroisses bien organisées.Quelques milliers, descendant des pionniers français qui se sont unis aux femmes du pays dans les premiers temps de la colonie, forment la race métisse.Enfin 1201) à 1500 sont d’origine belge.Vos municipalités civiles n’ont là-bas aucune relation géopraphi que ou légale avec la paroisse^ et sur les quelque 125 municipalités civiles, il y en a à peine 7 ou 8 où notre élément ait une faible majorité.Dans ces conditions, si l’influence des nôtres peut s’y faire sentir en bien des endroits, on ne peut cependant y trouver une amniance protectrice de langue et de l’esprit français.La paroisst manitobaine C’est la paroisse catholique qui T reste le centre protecteur des tra- ditions françaises et de la langue maternelle.Le dimanche matin nos gens viennent de 4, 5 et parfois 8 ou 12 milles, car la paroisse mani-tobaine est moins populeuse et plus étendue que la paroisse québécoise.Réunis autour de la petite église paroissiale, avant et après le service divin, ils échangent, en français, leurs impressions avec lu même familiale bonhomie que leurs cousins du Québec.On s’entretient des petits événements de la localité.des nouvelles des autres paroisses: fl est frappant de constater combien les Manitobuins de lap- ses, et c’est une distance égale à cel- W qui sépare Québec de Winnipeg tou Paris de Moscou), qu’il resterait à franchir pour arriver aux paroisses canadiennes-françaises récemment fondées sur les bords de la rivière la Paix, au vicariat apostolique de Grouard.La tangua Les trois provinces de l’Ouest couvrent une superficie de 757,000 railles carrés, ce n’est que la cinquième partie de la superficie du Canada, mais c’est trois fois et demie la superficie de la France.Gel immense territoire était peuplé ar recensement de 1931 par une population de 2,353,529 personnes (le quart de la population canadienne), établie au Manitoba surtout depuis une soixantaine d’années et dans la Saskatchewan et l’Alberta depuis une quarantaine d’années.Toutes les nations du monde y sont représentées.De cette population près de 87 p.c.peut parler l’anglais, un peu plus de 6 p.c.sait le français et près de 7 p.c.ne parle ni anglais ni français.De la population sachant le français, 1,143,138 21 p.c.(30,291) n’est pas_ d’origine française; par contre, 17 p.c.de la population d’origine française (23,269 sur 136,116) ne parle plus français.Pour comprendre la pleine signification de ces chiffres, il fau gne française se connaissent maldistances qui les séparent; gré les on n’oublie pas les souvenirs du vieux Québec, on s’y passionne même pour les révolutions politiques qui s’y déroulent, on prévoit le rendement de ia prochaine moisson en supputant le prix du blé.ou en exprimant des craintes sur la rouille menaçante ou les sauterelles qui peuvent venir quand la sécheresse n’est plus à craindre.Et à côté de l’église, près du murmure des vivants, le petit cimetière conserve en silence, écrits sur de pauvres pierres ou d’humbles monuments, les noms des aïeux, des noms bien français qui rappellent les traditions de courage, d’endurance et de fidélité de ceux qui sont partis pour un monde meilleur.A l’intérieur de l’église, la prédication se fait en français par des prêtres de langue française.Dans une quarantaine de paroisses les Manitobains de langue française sont unis en groupes suffisamment homogènes pour qu’il ne soit pas nécessaire d’employer d’autre langue que le français à l’église.Dans une dizaine de paroisses en plus la prédication se fait en français et en une autre langue: anglais, polonais ou flamand.Dans nos paroisses le prêtre reste, en même temps que le témoin du surnaturel, un des meilleurs ouvriers de la survivance française.Langue et religion Bien que la vérité religieuse qui commande l’assentiment de notre foi soit destinée à tous les peuples et ne soit le lot d’aucune race en particulier, il n’en reste pas moins vrai, l’expérience le prouve, qu’au concret d’une psychologie vivante on ne pratique pas impunément la vivisection dans les sentiments intimes les plus profondément unis au coeur de l’homme.L’affaiblissement ou la perte des uns, produit un contre-coup certain sur la force La situation des Manitobains de langue française "Les Manitobains de langue française ant appris de dure expérience que Ton ne conserve que cè que l'on est disposé à défendre tous les jours résolument; ils ont conservé leur héritage français parce qu'ils l'ont voulu; ils entendent, sans se faire illusion sur les difficulrés de demain, continuer à se défendre pour conserver leur héritage français" UN SECRETARIAT PERMANENT DES GROUPES FRANÇAIS D'AMERIQUE Le mémoire de S.E.Mgr Yelte au Congrès de la Langue française se comprend plus des deux tiers des prêtres au travail, soit 175 sur 260.et les religieuses de langue française sont au nombre de environ sur 1050, soit 80%.Le salle paroissiale A côté de l’église, vous trouverez au Manitoba, presque partout, même dans les paroisses les plus pauvres, la salle paroissiale, qui en est comme le complément social nécessaire.La salle paroissiale per- met de prolonger la conversation ron de l’< “du perron de l’église”, elle donne à la paroisse manitobaine un caractère plus familial encore que dans la province de Québec; à la salle paroissiale tous les Manitobains sont frères, on se sent chez soi avec la liberté de conversation et la jovialité d’allures qui ne sont pas de mise à l’église.C’est là qu’ont lieu les fêtes paroissiales, les repas de famille ou de paroisse; là s’organisent les séances où l’on s’efforce d'entretenir l’amour du français et de cultiver la pureté de la langue, c’est là que l’on reçoit les délégués de la vieille province en tournée d’évangélisation française; là que l’on discute des voies et moyens d’agrandir l’église ou de réparer le presbytère, là que l’on organise les parties de cartes, les bazars, les ventes de charité qui permettront de trouver les ressources nécessaires à ces améliorations ou simplement aux dépenses ordinaires de la paroisse.La salle paroissiale contribue ainsi à entretenir et à développer la connaissance mutuelle, l’union, elle prémunit contre le danger de la fréquentation des réunions protestantes et des rencontres qui pourraient aboutir aux mariages mixtes: disons qu elle est au Manitoba un bon soutien de la langue et de l’esprit français.En des circonstances difficiles le successeur de Mgr Langevin, Mgr Béliveau, fit l’application opportune de cette fière déclaration: "Gardons nos positions'< La gageure du bilinguisme Ce peuple qui sort de l’église ou de la salle drait les mettre dans leurs cadres j de résistance et d’épanouissement concrets de géographie humaine,'des autres.Dans nos milieux de les expliquer dans leur évolution ! l’Ouest canadien en plus le Fran-historique.les voir dans leur enve-1 çais qui s’anglicise subit presque loppe sociale et ethnographique et > fatalement l’influence dominante dans le triple milieu politique et de la majorité: or au Manitoba, il juridique de chacune des trois lé-1 y a sur (100.139 individus parlant gislations provinciales des provinces des Prairies.On comprendra facilement qu’un tel travail dépasse les cadres de cette communication autant que mes propres renseignements et mes moyens d’investigation.Je me contenterai donc de quelques notations un peu plus précises sur les Manitobains de langue française dont je connais un peu moins mal la situation.Les groupements hn jetant un coup d’oeil sur une carte ethnographique du Manitoba, on constate que la population d’origine française, soit 47.939 sur 700.- t’anglais, dont 368,010 d’origine britannique, 19,051 personnes d’origine britannique qui sont catholiques.Dans un tel milieu, l'assimilation conduit très vite au mariage mixte, et le mariage mixte conduit dans une proportion effrayante à la perte de la foi ou au moins à l’abandon de la pratique religieuse.De même la conservation du sens catholique avec ce qu’il comporte nécessairement de bon sens, d’équilibre, de juste appréciation des valeurs d’âme, des éléments de culture spirituelle, d’élévation au-dessus d’un matérialisme rappetis-sant et niveleur, aide à nos gens à 139, pas tout à fait /%, de la popu- rester plus attachés aux traditions lation totale, est surtout groupée dans un rayon d’une centaine de milles autour de Saint-Boniface: au sud, dans la plaine de la rivière Rouge; au sud-ouest, dans la région ondulée de Fembina; à l’ouest dans le bas de la rivière Assini-boine; au nord sur la rivière Winnipeg.Ajoutons quelques groupes plus isolés autour du lac Manitoba et dans l’ouest de la province.La population des groupes ruraux bien organisés s’élève à envi ancestrales, à la langue de famille qui ont modelé leurs âmes et ne peuvent être abandonnées sons amoindrissement - spirituel.Je n’ai pas les renseignements qui me permettraient d’établir une comparaison entre les personnes d’origine française qui ne parlent plus leur langue, au Manitoba, et celles qui ne sont pas catholiques; les chiffres du recensement de 1931 suggéreraient une étude intéressante à faire sur ce sujet: sur 47.039 paroissiale, si nous le suivons dans ses foyers, nous l’entendrons parler français.A la campagne les relations nécessaires avec l’extérieur où ne résonne que la langue anglaise, peuvent être limitée assez souvent au commerce, à la vente et à l’achat des produits et le foyer est moins menacé qu’à la ville par l’envahissement des habitudes, de l’esprit, de la langue de la majorité.Dans les centres urbains, en effet, au bureau, à l’usine, au chantier de travail, c’est l’anglais qui prédomine, pour ne pas dire qui est exclusivement employé.Là la langue anglaise devient rapidement plus familière, c’est le mot anglais qui monte spontanément aux lèvres et qui risque d’envahir le foyer.Danger trop réel contre lequel on tâche de réagir, et pour réagir, il faut que )'esprit français reste assez vivace pour remonter sans cesse le courant, il faut que du fond des coeurs restés français, il monte continuellement vers les lèvres un afflux capable de percer l’atmosphère enveloppante, de desserrer l'étreinte étouffante, de vaincre l'habitude facile du moindre effort, du laisser aller, capable d’entretenir sans relâche le miracle psychologique d’un bilinguisme presque complet dans toute les classes de la société et non seulement dans une élite intellectuelle.Et en se demandant si cette gageure est possible on se tourne instinctivement vers l’école, on se demande ce qui grandit dans le coeur de l’enfant.Or “l’école officielle, disait au dernier congrès de l’association d’éducation des Canadiens français du Manitoba, le président d’alors, M.ie magistrat Lacerte, avec l’anglais comme seule langue d'enseignement, est à mentalité anglaise.Du point de vue religieux elle est protestante.Du point de vue national, l'enseignement est partial, incorrect, injuste.” “Gardons nos positions, conservons ce oue nous avons, si nous voulons nu français au Canada c’cst à nous d’en mettre.” L’Association d’Education prit ces paroles comme programme d’action: elle résolut de conserver la langue française dans l’école et l’esprit français au coeur des écoliers: elle veilla sur l’école, recruta et forma des éducateurs, stimula et éclaira les pères de famille, réunit les bonnes volontés, éveilla les assoupis et les découragés; elle resta toujours très près de la réalité, pendant vingt ans, elle a amélioré ses méthodes, affermi ses positions, elle a conquis la confiance des Canadiens-français, «’est imposée à l’attention et au respect de l’autorité publique, s’est attiré l’admiration de tous les groupes français et a servi de modèle aux organisations similaires des autres provinces anglaises du Canada.Son vice-président actuel, M.Camille Fournier pouvait s’écrier récemment; “Nos positions légales nous ne les avons pas reprises, nos droits nous ne les avons pas reconquis, mais nos efforts constants ont établi un état de fait qui honore les chefs qui nous ont guidés et qui équivaut presque à une reconnaissance juridique.” (3) Liberté, 7 avril 1937.1 pour les élèves de l’école normale.Aujourd’hui il serait difficile, è cause de la crise financière, de continuer ces déboursés, d'ailleurs le nombre de nos éducateurs est maintenant suffisant et le recrutement se fait normalement: l’Association porte ses efforts du côté de la formation pédagogique française et catholique.(3)—La Documents émouvants Je ne connais pas, sur l’état des Manitobains de langue française de documents plus instructifs et plus émouvants à la fois dans leur apparente sécheresse et leur volontaire absence de tout élément théâtral que les comptes rendus des différents congrès de l’Association qui se sont tenus tous les deux ans Depuis 1916.On y trouve non pas un style de rhétorique, mais en notations très objectives, en forrmiles sobres l’inventaire des ressources et l’indication des faiblesses de notre situation française au Manitoba, la mise au point progressive d’un or- Sanisme complexe qui maintient le roit contre la légalité abusive, des voeux qui sont des directives immédiatement pratiques, en un mot Court pédagogiques Car les cours de l’école normale de l’Etat, et il n’y a pas d’école normale catholique depuis 1916, ne préparent ni à l’enseignement du français, ni à renseignement du ca Çi tôchisme.L’Association d’Educa- tion a organisé des cours de pédagogie française et religieuse.Actuellement, il y a une semaine pédagogique pendant les vacances d’été, et quelques réunions durant la semaine de Pâques.La moyenne des assistances, même en plein milieu des vacances, s’élève à 75 ou 80 pour cent.Il ÿ a là une manifestation très consolante qupnd on se rappelle que l’assistance à ces cours est complètement libre et n’a pas de contrôle officiel.Depuis quelques années ces cours pédagogiques sont donnés aux élèves de ’II* 1 lent l’obole de chacun.Les sommes recueillies ainsi par l’Association de 1916 à 1935 dépassent un peu $60,000% l’école normale.Des examens ont été passés cette année, et l’Association est à rechercher les moyens d'assurer une sanction efficace à ces examens.La français è récola Ces instituteurs et institutrices enseignent le français à l’école en tenant compte des difficultés locales.en certains endroits où il n’y a à l’école que des enfants de langue française, la situation est plus facile.Les inspecteurs du gouvernement, à quelques rares exceptions près, ont suffisamment, d’intelligence pour se contenter de constater que le programme officiel de l’Etat est rempli.Ailleurs, la situation est plus difficile, et en plusieurs endroits on enseigne le français en dehors des heures scolaires avant ou après la classe.Pour assurer l’efficacité de cet enseignement français, l’Association d’Education a organisé un programme complet pour toutes les années du cours jusqu’à la deuxième année.Ce programme est sans cesse tenu t-exnressinn nette sans nessimisme SUr le raétier Pour l’adapter aux J expression neue, sans pessimisme , circons*anres Assurer TeffiraritA déprimant, sans optimisme aveu- circons‘«n(es et assurer 1 ein‘-a< ne gle, l’expression articulée dans la texture de le vie nationale, de ia volonté de vivre de quelques milliers de descendants de fils de la vieille France perdus dans un coin du Canada anglais.Les écoles Du compte rendu du Congrès de de l’étude de la langue française.Concours de fronçais Le contrôle de cet enseignement se fait par le concours de français en mai, et par la visite des écoles.L’Association a organisé le concours de français, et en 1936 le nombre des concurrents, de la quatrième année d’études à la douzième s’élevait 1936.je prends les renseignements à 2758< représentant 109 écoles et suivants que je complete en K ^ parojsses sur ce nombre, 338 élèves appartiennent au cours mettant à date.Il y a chez nous une municipalité scolaire pour chaque arrondissement scolaire.Des commissaires représentants des pères de famille s’occupent d’actionner le rouage scolaire selon les dispositions de la loi.Sur 2,050 districts scolaire, 145 à 150 sont contrôlés par des commissaires de langue française.Ces commissaires au nombre de 450, forment une association en contact intime avec l’Association d’Education.et qui a une influence notable dans les conventions générales des Commissaires d’école du Manitoba.M.le magistrat Lacerte, ancien président de l'Association, et M.Marion, président actuel, font partie du bureau de l’association générale qui comprend huit membres.Pour maintenir les commissaires et les pères de famille en éveil, l’Association d’Education a organisé des cercles paroissiaux, qui dans certains endroits pourraient moyen, c’est-à-dire de la neuvième à la douzième année.Le nombre des concurrents a quadruplé depuis 1923.Le rapporteur du comité de fonctionnement scolaire au dernier congrès de l’Association pouvait déclarer; ‘*Nous avons à peu près atteint le maximum.Sinon, nous n’en sommes pas loin”.J’ai eu l’occasion de feuilleter quelques copies de concurrents de douzième année, et, sans être spécialiste en la matière.je puis affirmer que le concours ne pêche pas par excès de facilité.Mais le concours n’est qu’un épisode passager dans l’année scolaire.L’Association s’est rendu compte qu’il fallait suivre l’enseignement français tout le cours de l’année: deux visiteurs parcourent les écoles en son nom.Les deux visiteurs ont atteint ainsi, durant l’année scolaire qui s’achève 165 écoles dans 47 paroisses, questionnant ron 22,000.Quatorze mille font I personnes d’origine française.4540 partie de 1 agglomération urbaine ne parlent plus français et 3,719 s.^Pta*sen, 280(900 habitants ' ne sont pas catholiques.de Winnipeg et des municipalités environnantes.De ces 14,000.9.000 environ forment les deux paroisses de langue française de Saint-Boniface et du Sacré-Coeur de Winnipeg.Le reste de la population soit environ 6 à 7,000 est dispersé sur tout le territoire manitobain jus-j se, catholique dans la proportion que dans les régions non organisées du nord.les villes de Le Pas et de Flin Flon.les régions minières du nord et de l’est.Sur les municipalités rnanitobaines il v en a au moins 75 où la papulation d'origine française ne dépasse pas cent (En Saskatchewan, sur 50,700.8,4 97 ne parlent plus français et 6.020 no sont pas catholiques.En Alberta sur 38,377’, 10,232 ne parlent plus français et 6,274 ne sont pas catholiques).La population d'origine françai l'jn ¦ sali ipi i ¦ de 92%.forme presque le quart de la population totale catholique du Manitoba, exactement 22.84%.Sur la population catholique de rite latin (les Ruthènes de rite grec sont au nombre de 58,489) les catholiques de langue française forment Histoire humiliante personnes.Dans ces conditions, on j le groupe racial le plus nombreux.comprend facilement que près du 33%.ils sont suivis parles Polo- w ¦ * .dixiéme de la papulation d’origine française ne parle plus français, soit 4,549 sur 47,039.Par contre 19,178 personnes d’origine étrangères comprennent le français, ce qui porte à 52,677 le nombre de personnes sachant le français, soit 7.5% de la population totale de la nais, qui forment le quart de la po pulation catholique de rite latin.Leif catholiques d’origine britannique forment un peu plus du sixième, et le dernier quart est formé des catholiques originaires des différents pays de l’Europe et des Indiens indigènes.Le clergé séculier et régulier de langue françai- Et.en effet, le dualisme scolaire, imité du Québec, introduit dans Ja constitution manitobaine en 1870 n’a pu résister au fair-play et à l’esprit d’équité de la majorité montante.En 1890, la population de langue française ne forme plus que 8 p.c., de la population totale.On sait Thistoire humiliante que je ne referai pas ici; l’humiliation se complétait en 1916 par la suppression pure et simple du français à l’école (1).C’était quatre ans après le premier congrès de»la langue française au Canada, et c’était pendant les jours glorieux où les Canadiens.au delà des mers, se battaient pour la libéré des peuples et la défense des minorités.L’Association des Canadiens français du Manitoba fut fondée.M^r Langevin disait au premier congres de la langue française, ici même; “Nous ne reconnaissons à personne le droit d’arrêter les Canadiens français à la frontière du Québec et de leur dire: “Hors de là vous n’ètes pas chez vous.” Nous sommes chez nous partout au Canada” (2) être plus actifs, mais qui somme .toute s'efforcent d’organiser des soi- " tous U* pays au tarif dé* compagnies CES, LE ’’DEVOIR’’.Blllsts émis V»«* ds paquebots, chsmlm de fer, autobus, aussi hôtels, assursncos bagages et aecl- f .2. VOLUME XXVIII — No 148 LE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI 30 JUIN 1937 Corona Ciné'Guide QwlqiM indications «ur los filins à l'affiche aujourd'hui Nom mus oHorfons A donner ici sur * scénario, la réalisation al l’intarprcta-tian éas films des indications qui permat-tant da sa reconnaîtra à travers l’abondante production dos studios da Franca, das Etats-Unis at d’Anfleterre, at do faciliter ta choix d’un programma qui répande aux goûts da ahacun.Nous r.j tenons aucun compta dans catto colonne des réclames des exploitants du cinéma t tous net renseignements sont empruntés aux revues les plus autorisées.Et cette chronique na parait qua pour l'Information de nos lecteurs.Ella na contient aucune annonce payante, eu déguisée see* quelque forme que ce sait.Nous n avons sri> ers eevofr adopte, les cotations morales de la "Centrale Catholique du Cinéma" et de la1 “Legion of Decency" p .rca qu’elles ne tiennent naturellement pas compta des conditiont particulières au Québec notamment l’absence des enfants, et le travail de la 'ensure provinciale.Nous nous en inspirerons cependant, conformément aux directives de l'encyclique "Vigllantl cura", pour signaler, d'une part, les films hautement recommandables et, d'autre part, ceux qui ans allant das riser vu sérieuses ou qui sont nettement condamnables: II est entendu que les autres films sont jncsptables pour des esprits avertis.Premières "Capltor SLAVE SHIP — Ce drame sombre eü les scènes de carnage suacédent aux scenes de brutalité évoque les sinistres exploits des négriers de Jadis Production Twentieth-Century-Fox.réalisation de Tay Qarnett.Interprètes: Warner Baxter, Wallace Beery, Elizabeth Allen, Mickey Rooney, George Sanders, Jane Dar-well, Joseph Schlldkraut, Minna Qom-bell.Billy Bevan.Pour adultes BIG BUSINESS — Une tranche de la vis de la famille Jones, un film sans prétention.Interprètes: Jed Proutv, Spring Bylngton, Shirley Deane, Kenneth Howell, George Ernest, June Carlson, Florence Roberts, Billy Mahan, Russell Gleason, Allan Lane, Marjorie Weaver.Pour tous."Cinéma de Pari*" CESAR.— Film de Marcel Pagnol.Interprètes: Sftlmu, Orane Demazls, Charpin, Pierre Fresnay, Alida Bouffe.“La trilogie marseillaise de Marcel Pa-«nol s'acnève sur une bande d'un dé-vslonpemsnt extrême (2 h.40 de promotion) dans laque!.) nous assistons a la mort de Panisse et au retour de Marlus a Fanny.Cette finale est l'Uluatratlon de cette parole évangélique: “La vérité délivre".Dans les complications familiales amenées par la lâcheté des uns et i’é-golsme des autres, l’aveu loyal d'une faute.si rigoureux qu'il apparaisse d'abord, est en définitive le seul moyen de dénouer la situation.Il est regrettable que des crudités de langage déparent, qa et là, ce beau drame humain et pathétique.Il faut signaler également que certain) milieux Jugeront sévèrement l'Intervention du prêtre, qui, justifiable en sol, spparatt dure et maladroite.” (Choisir).YOU ONLY LIVE ONCE — Mélodrame: H a'aglt d'un Jeune forçat qui veut refaire sa vie, mats qui se volt ramené devant la Justice sur uns accusation fondée sur une preuve de circonstance Interprètes: Henry Fonda, Sylvia Sidney.NOBODY’S BABY — Comédie: les tribulations de deux Jeunes filles qui ss chargent de la garde du bébé de l'une de leurs amies.Interprètes: Palsy Kelly, Lyda ro-bertl.Lynne Overmsn, Robert Armstrong.Pour tous."Dominion" WHEN’S YOUR BIRTHDAY?- Comédie: Joe Brown veree maintenant dans l'astrologie, et les étoiles elles-mêmes se volent forcer de changer leurs cours pour ne pss démentir lee découvertes de ce brillant Jeune aavant.Interprètes: Marian Marab.Suzanne Kaaren.Fred Keating.Maude Eburne.SHE'S DANGEROUS — Roman policier, 6reduction Universal.Interprètes: Tels irell, Cesar Romero, Walter Pldgeon, Walter Brennan, Jonathan Haie.Htctro- / CLUB DK FEMJHES — Etude psychologique sur la vie dans un foyer pour Jeunes flllea.Scénario et réalisation de Jacques Deval.Distribution, entièrement féminins à une seule exception prés, qui comprend Danielle Darieux.Betty Stock-feld, Valentine Tessier, Eve Francis.Josette Day, Else Areal.Junle As tor.Marlon Del bo.Klssa Krouplne, Raymond Galle Oeuvre immorale tant par le sujet que par la manière dont 11 est traité.Nos cinémas n'en présenteraient cependant qu'une édition expurgée, car nous croyons savoir que la censure provinciale a amputé la bande de plusieurs oentalnes de pieds de pellicule.Ce qui reste du füm constituerait une aorte de compromis entre la morale et l'eethétlque: ni f'une ni l'autre n’y trouveraient pleinement leur comp- LA MYSTERIEUSE LADY.— Hlatoire d'espionnage, qui ae passe aux Indes Interprètes: Olna Manés, Simone Renaut, et Doris Morey.maître d'hbtel sympathique.Interprètes: Charles Boyer, Jean Arthur, Léo Carillo, Colin Clive.Pour lea adultes qui devront | cependant se défendre de l'imprétalon qui ss dégage du film et qui tend à Justifier un amour coupable.WOMAN IN DISTRESS - Comédie-drame.Interprètes: Mary Robson.Irene Harvey, Dean dagger, Douglass Dumbrllle.Production Columbia."Stalla" TOI C'EST MOI - Comédie tirée de l'opérette de René Gulseert.interprètes: Pille et Tibet, Claude May.André Berley.Junle Astor et Baturnln-Fabre.“La trame Inoffensive en elle-même a été corsée de nudités, de scènes sensuelles.d'un dialogue leste bourré de sous-entendus.Atmosphère très sensuelle.Impression malsaine".(Choisir).QUAND MINUIT SONNERA - Histoir de banditisme.Interprètes: Marie Bel.Pierre Renoir, Thorny Bourdelle.Rogei Karl.Simone BarlUler."Encore une histoire de sen* louches évoluant en de tristes milieux.De nombreuses situations risquées et des attitudes libres nous font noter ce film 4 Ms (e’est-à-dlrs strictement réservé)’1.(Choisir)."Strand" Même programme que le "Français" "Verdun-Palace" PENNIES FROM HEAVEN - Comédie musicale.Interprètes: Bing Crosby.Madge Efvans, Edith Fellows.Louis Armstrong THE DEVIL IS A SISSY — Voir “Empress".’Emprssr ITIE DEVIL IS A dISSY — Une étude psychologique sur la formation du caractère de» enfants présentée de faon bien vlvunte.Interprète».Freddie Bartholomew.Jackie Cooper.Mickey Rooney Production Metro-Goldwyn-Mayer Pour lee petit» et les grands.'François" "Wastmount" A FAMILY AFFAIR — Mélodrame: c est l'histoire d'un Juge qui veut sauvegarder son honneur à tout prix Interprètes; Lionel Barrymore.Cecilia Parker.Eric Linden.Jullt Haydon, Mickey Rooney.Pour tous.MURDER GOES TO COLLEGE — Voir "Papineau”.CALL IT A DAY — Comédie fantaisiste: tou* les membres d'une famille, le père la mère, le file et les deux filles, deviennent soudainement amoureux à l'approche du printemps.Dialogue brillant.Production Warner, réalisation d'Archle Mayo.Interprètes: Frieda Inescourt, Roland Young Alice Brady, Ian Hunter.Olivia de Havll-land, Bontta Granville, Peter Wines, Anita Louise.Pour adultes."Granodo" Même programme que le "Coron»".'Imperial" "fa (a ca* PARNELL — Drame historique qui raconte la liaison de Parnell avec la femme du capitaine O'Shea, l’abondon du grand chef politique par la majorité de ses partisans catholiques et l échée du mouvement autonomiste Irlandais.L'Impression qui se dégage du film qui exploite le conflit de l'amour et du devoir dans la vie de Parnell n'a rien de cornélien Production Metro-Goldwyn-Mayer, réalisation de John-M.Stahl.Interprètes: Clark Gable, Myrna Loy.Edna May Oliver, Edmund Gwenn, Alsn Marshall, Donald, Crisp.Billie Burke.Pour adultes."Pi Incess" THE GIRL SAID NO.- Comédie musicale qui utilise plusieurs airs célèbres des opérettes de Gilbert et Sullivan.Interprètes Robert Armstrong.Irene Her-vey.MICHAEL O'HALLORAN — Mélodrame, l'éclosion de l'àmour maternel dans le coeur dune femme frivole.Interprètes: Wynne Gibson.Jackie Moran.Sidney Blackmer, Warren Hymer, Helen Lowell.'Saint-Danis* LA GUERRE DES GOSSES — Film » thèse, oeuvre originale et mouvementée, scénario de Georges Legrand, réalisation de Jacques Darroy.Interprètes: Jean Murat.Saturnin Fabre.Claude May.Serge Grave.Ginette Marboeuf, Gognoni.Jacques Tavoll.Une animosité ancestrale oppose les habitants de deux villages voisins.Les enfants suivent l'exemple de leurs pères et bataillent les uns contre les autres, et Ils adoptent bientôt la pratique de dépouiller rie leurs vêtements les adversaires faits prisonniers.Les grandes personnes s'émeuvent de ces pratiques et de ces combats et on organise une rencontre de conciliation entre les deux villages Les enfants abandonnent leur ant pathie réciproque, tandis que les villageois, un Instant apaisés, se jettent les uns sur les autres.“L'histoire offrait des traits riches de matière d'où la leçon pouvait Jaillir avec puissance On seat attaché à présenter ce que les situations pouvaient avoir de tristesse et de pessimisme.Le dialogue accumule les grossièretés, les paroles équivoques.les Jurons Insistants, pai tlcullère-ment odieux sur les lèvres de tout petits.Nudités d'enfants.Intrigues sentimentales entre enfants.Pénible danse du ventre d'un tout petit.Plusieurs notes pénible» du point de vue religieux.Hlm à proscrire absolument(Choisir).La censure provinciale a évidemment supprimé un certain nombre de scènes, mais 11 en reste suffisamment pour Justifier de nombreuses réserves.LE CALVAIRE DU C1MIEZ — Adap-tatlon cinématographique du roman d Henry Bordeaux Lea Interprète* de la Petite Scène" de Paru Marie-Ange Rl-vain, François Chatenay, Marie-Louise Sa-ray, Nina Le Danter.Reprises "Amfienr THE WOMAN I LOVE.— Drame qui sur plusieurs point» rappelle le film “Hell's Angels Le traditionnel triangle qui oppose entre eux le mari, l'épouse et l'amant, et qui se termine par la mort violente de celui-ci.Direction; Anatole Lltvack et production: RK O Interprètes: Paul Muni.Miriam Hopkins Louis Hayward, Co-Un Clive Minor Watson, Madv Christians, Owen Davis.Pour adultes.NAVY BLUES — Un film sans conséquence sur la vie des marins Interprètes: Dick Purcell, Mary Brian, Warren Hymer."Laval" MEN ARE NOT G
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