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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Supplément 1
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1925-06-06, Collections de BAnQ.

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VOLUME XVI — No 131 MONTREAL, SAMEDI, 6 JUIN 1925 SUPPLEMENT GRATIS Souvenir Directeur: HEISRl BOVRASSA FAIS CE Souvenir E DOIS! CENT ANS D’ENSEIGNEMENT s.irai JOS»®#; 'mkB: LE SEMINAIRE ACTUEL v WKS mfiiM r i & :kl.-la’ Le CENTENAIRE du PETIT SEMINAIRE de SAINTE-THERESE 1825-1925 kkH kkkkkkkkkkk Aux anciens et aux amis de Sainte- Thérèse El U nom du Séminaire de Sainte-Thérèse que j’ai l’honneur de représenter, je suis heureux d’offrir à tous nos anciens et à plusieurs de nos amis un numéro complet du Devoir, avec supplément illustré.Vous y trouverez le programme détaillé de nos fêtes.Vous le lirez sans doute avec intérêt; plusieurs même aimeront à le détacher et à l’avoir sous les yeux aux jours des fêtes.Nous croyons aussi que les pages térésiennes qui suivent feront surgir maints souvenirs précieux dans les coeurs térésiens.Nous devons cette insigne faveur à la bienveillance du Devoir, qui estime qu’une oeuvre d’éducation comme la nôtre mérite non seulement d’être encouragée toujours, mais aussi d’être mise en relief, ci l’occasion des grandes fêtes du centenaire.J’exprime donc ma reconnaissance aux Directeurs de ce vaillant quotidien, et pour l’hospitalité généreuse qu’il veut bien nous donner, et pour les bons principes qu’il préconise dans l’intérêt de la religion et de la patrie.Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour réitérer à nos anciens l’invitation pressante que je leur adressais, accompagnée des voeux et des souhaits de bonne année, dans la livraison de décembre de nos Annales térésiennes.Je cite: "Venez tous.Messieurs les anciens, et qu’aucune raison ne gêne votre retour.Je sais que l’Association des anciens, par son Comité de direction, se propose de faire un don au Séminaire, et est en train d’organiser une souscription.Ce geste de gratitude honore les anciens, et atteste leur piété filiale envers l’Alma Mater.Je me garderai bien d’y contredire, ayant, par devoir, la tâche délicate de cultiver ces plantes savoureuses dans le jardin des âmes qui me sont confiées.Encore faut-il que cette manière tangible d’exprimer sa reconnaissance ne nuise en rien à l’assistance aux fêtes du centenaire.Donc, mes chers amis, nous tenons èi vous voir tous, en ces jours mémorables des 17, 18, 19 juin prochain, où seront réunis sous le toit térésien, avec les nombreux membres de notre grande famille, les représentants les plus autorisés de la religion et de la patrie." Je vous laisse sur cette dernière et plus chaleureuse invitation, et je vous dis: "Au revoir, au centenaire." Abbé Joseph-Delphis NEPVEU, Supérieur.iUlh M.I/ARliE DELPHIS NEPVEU, Supérieur actuel du Séminaire MONTREAL, SAMEDI, 6 JUIN 1925 SUPPLEMENT Mgr Antoine Labelle .Ce respect, cette vénération, ce' culte qu’il nourrissait pour l’Eglise, il les reportait sur la patrie.De l’aveu général, Mgr Labelle a personnifié le patriotisme le plus pur, le plus généreux.Eût-il jamais un coeur qui a battu plus fort dans la poitrine d’un Canadien cjue celui du curé Labelle à la pensée de la patrie, qui s’est bercé de plus belles espérances pour son Canada?Il aimait tout dans cette ¦ patrie, même ce que j’appellerais l’encadrement.11 avait visité deux fols les vieux pays, parcouru les plus riches contrées où tout est si propre à captiver la curiosité.à éblouir les yeux, à séduire l’Imagination: eh bien! il ne trouvait rien de comparable à son pays avec ses spectacles du ciel et de la terre qui en font le cadre délicieux.Nos soleils brillants, no-, tre ciel étoilé, la verdure de nos prairies, les moissons dorées de nos champs, les eaux de nos grands fleuves, les torrents m p !$¦ B * H n n n ÿyg'.'y, mm • n- de nos montagnes, nos lacs enchanteurs, la majesté de nos Laurentides, la grâce de nos collines, la beauté de nos vallons, même la richesse de nos mines n’avaient, selon lui, rien de supérieur nulle part.La patrie canadienne avec sa grâce intérieure et sa beauté extérieure, avec ses gloires du présent rehaussées par les gloires du passé, avec sa grandeur actuelle, et sa majesté trois fois séculaire et son progrès rapide; cette image de la patrie planait sur son âme comme une vision ravissante.Aimer la patrie et tout ce qui est de la patrie, respecter la patrie et tout ce qui est de la patrie, ses institutions, ses moeurs, ses usages, ses coutumes, scs grands hommes, c’était la vie de son coeur.Pour lui “tout ce passé était au front de la patrie ce que sont les cheveux blancs et les sillons du temps à une belle tête de vieillard”.Cet amour de la patrie n’était pas platonique chez le curé Labelle; il passait aux actes.Quelle entreprise de chemin de fer ou de colonisation, quelle mesure politique touchant aux intérêts de ses concitoyens, quels projets aptes à développer nos ressources minières, à rendre nos terres plus fertiles, à faire progresser l’agriculture, à améliorer les troupeaux, à créer l’industrie fermière, ont-ils été étrangers à notre patriote?Cet homme, qu’on a appelé un brasseur d’idées, souvent se recueillait pour creuser ses pensées, trouver, inventer quelque chose de nouveau et d’utile.11 était alors si absorbé par ses projets et le désir de servir son pays, qu’il était difficile de le faire sortir de ses méditations et encore plus de saisir l’exposé de ses plans.Dans ces moments il étalait ses pensées avec rapidité et telles qu’dlles se précipitaient hors de sou cerveau.Comme elles étaient nombreuses, qu’elles n’étaient bien enchaînées que dans sa tète, qu’il ne prenait point le temps de s’expliquer suffisamment, il nous entraînait à sa suite, sans que nous pussions savoir où nous mions aboutir.Cet amour de la patrie était gé- ux.Oh! il est bien facile sur un a la tribune, dans une chaire ou dn son fauteuil éditorial de faire dupais ne! Montés sur un piédestal, au bruit .tic battements de mains et des hourras, p rvu que nous ayons un beau verb?o une bonne plume, il ne nous en coûte ère de sauver plusieurs fois la pi en vingt-quatre heures et d’aller en rc-< evoir des félicitations, prendre ; un banquet ou se reposer tranqu 'lit.Mais la patrie en fera-t-elle pour un pas de plus dans la voie du prog Ce qui est difficile et dema un grand coeur, c’est la générosité ,na- nento et sans hésitation; c’est ter, sacrifier ses biens, ses aises, - .enchants, immoler quelquefois se.pa- thies.même ses opinions, mais ses convictions.N’est-ce pas lâ peb le curé Labelle sur le champ de 1 ille pendant vingt-cinq ans?Sa fortune, ou celle de sa mère, l’a jetée à ses compatriotes; son te; l’a dépensé pour eux.Après avoir d -on bien, ne s’est-il pas donné lui-m ‘mit entier, ses pensées, ses sentini ses actions et j’ajouterai son corps, s >- ne, sa vie?Abbé Simeon ROVf, V Extrait des Annales térèsiennes LE COLLEGE DE STE-THERESE EN 18I>1 LE VIEUX COLLÈGE VERS 1861 Mon cher ami.Je viens de visiter le collège de Sainte-Thérèse.Tu me demandes toujours de te parler de ce que je rencontre de plus remarquable; tu ne seras donc pas fâché que je t’envoie une petite description de cette maison d’éducation qui s’est fait un nom enviable dans le pays.C’est un grand édifice, en pierre des champs, à six étages, y compris le rez-de-chaussée et les mansardes.11 est composé de ce qu’on appelle le corps du collège qui peut avoir comme cent dix pieds de longueur, d’une aile d’une quarantaine de pieds de largeur et (pii dépasse le corps principal de douze pieds chaque côté, et d’une chapelle attenant au flanc de l’aile, d’environ quatre-vingts pieds de profondeur.Au sud, tout le long de la façade du corps prinicpal, s’étendent deux larges galeries superposées, où les écoliers, quand ils ne peuvent sortir dans leurs cours, vont prendre le grand air; au nord, il n’y a qu’un portique.Le faite est surmonté d’un dôme couvert en fer-blanc comme tout le reste de l’édifice, et que Ton voit dd loin briller aux rayons (lu soleil.La maison est éclairée au gaz et chauffée par la vapeur.Les diverses parties m’en ont paru bien tenues et assez lien proportionnées.Entre autres, j’ai remarqué la chapelle avec sa voûte cintrée, qui est toute reluisante de blancheur et de propreté; comme une petite église, elle a son jubé et ses deux autels latéraux; des deux côtés du maître-autel, dans des niches pratiquées dans le mur, sont les statues de la Sainte-Vierge et de Saint-Joseph, presque de grandeur naturelle; et au pied de l’autel on voit deux gros anges un genou en terre, les ailes étendues, en adoration devant le saint Sacrement.Les salles de récréation sont très élevées et faciles à être aérées.La salle d’étude est grande, les pupitres à partir de la tribune vont en s’élevant en amphithéâtre, de sorte que le maître peut d’un coup d’oeil embrasser tous ses élèves.Au-dessus est un petit dôme, tout entouré de fenêtres et dont le plancher n’est autre chose qu’un grand châssis: ainsi les rayons du soleil introduisent en même temps par toute la salle la lumière et la chaleur.Le collège est situé en dehors du village, un peu en arrière de l’église, en sorte que l’on y jouit de la solitude, du calme nécessaire à l'élude.Au nord du collège s’élèvent les dépendances de la ferme, qui sont considérables et où l’on trouve toutes les améliorations, tout le roulant d’une agriculture avancée.Les cours de récréation sont au sud; il y en a deux, une pour les petits, l’autre pour les plus grands; elles ont chacun leurs jeux de pelotte couverts.Entre le collège et les récréations est un parterre, taillé en cinquante figures diverses, où Ton voit mêlées les uns aux autres les fleurs de toutes les espèces et de toutes les couleurs; les prêtres ont un jardin à droite de la maison, et les écoliers un autre au bout de leurs récréations; ce dernier compte douze grands carrés, les élèves les cultivent eux-mêmes, et certes la récolte de cette année leur fait honneur.Au milieu se trouve une ellipse de verdure, sur laquelle est un piédestal surmonté d’une statue de la Sainte-Vierge, c’est la bonne mère qui préside aux jeux de ses enfants.Dans ce jardin encore on a planté un mat élevé, au haut duquel, les jours de fête, flotte le pavillon de l’allégresse.Mais ce qui m’a frappé davantage, ce sont les arbres qu’on s’est plu à planter en si grande quantité.Le collège, le parterre, les cours de récréation sont entourés d’érables dans leur grosseur; à gauche du collège, il y a tout une forêt de moyens érables rangés avec symétrie comme un verger.Dans le jardin des prêtres, dans le cimetière, sur le terrain des soeurs, qui se trouvent tout près, s’élèvent des peupliers élancés, de gros bois blancs touffus, de hauts ormes qui surpassent de toute la tête les arbres environnants.Quelquefois sans doute, assis au pied de ces arbres, les écoliers conçoivent un sentiment de reconnaissance pour ceux qui leur ont procuré tant de verdure et de feuillage pour récréer leurs yeux et leur jeune imagination, tant de doux ombrages pour les défendre contre les ardeurs du soleil.Voilà pour les environs immédiats; mais si l’on monte jusqu’au dôme, on jouit d’un point de vue bien autrement étendu.On domine au-dessus de l’église, et Ton aperçoit à ses pieds les maisons du village qui paraissent comme de simples bicoques.Au sud, dans la plaine, serpente la Rivière-aux-Chiens; elle forme à une quinzaine d’arpents du collège un petit lac où Thiver, quand les eaux sont glacées, les patineurs vont prendre leurs ébats.Au nord, à peu près à la même distance, s’étend un coteau sur la pente duquel, paraît-il, a déjà glissé et glissera encore plus d’une traîne sauvage.Si l’on relève les yeux pour regarder au loin, l’horizon s’étend presque de toutes parts à perte de vue, seulement on aperçoit d’un côté la montagne de Montréal parsemée çà et là de toits argentés, de l’autre, la longue chaîne bleue des Laurentides.Adieu! mon cher ami; tel est le collège de Sainte-Thérèse.Si jamais tu te sens la dévotion d’aller t’y enfermer, je te souhaite d’en trouver le séjour aussi agréable que j’en ai trouvé enchanteurs le site et les environs.J.-n.PROULX Extrait des Annales térésiennes.(Octobre 1882) mmm wBm (Septembre 181) LM LE COLLEGE EN 1853 SUPPLEMENT MONTREAL, SAMEDI, 6 JUIN 1925 3 Souvenirs térésiens: Mgr N.-Z., or rain Mgr N'.-Z.Lorrain est passé à une vie meilleure, selon le mot chrétien .et si juste pour cette mort.Quels furent les travaux, et quelles sont les gloires de cet épiscopat, d’autres voix, plus autorisées que la mienne, l’ont dit au jour des funérailles ou le «liront plus tard par l’histoire.Pour moi, je veux seulement recueillir, ici, les souvenirs térésiens qui se rattachent à cette noble figure d’évêque.Narcisse-Zéphirin Lorrain arrivait écolier à Sainte-Thérèse, au mois de septembre 1856.Il n’était déjà plus un enfant par son âge, et il l’était moins encore de caractère.Il se rangea tout de suite parmi les écoliers sages, «le cette bonne sagesse du collège dont le code se formule en trois mots: bien prier, bien étudier, bien jouer.Bien prier n’était pas chose difficile pour ce jeune homme qui en avait pris l’habitude au foyer paternel; son âme s’ouvrait d’elle-même aux choses de Dieu.Et, selon la parole de l’apôtre, la piété est utile à tout .même au collège.Cet élève pieux ne pouvait être qu’un élève studieux.Il le fut si bien qu’il se plaida à la tête de sa classe et sut s’y maintenir, moins encore par son talent que par ce travail persistant, tenace, — qui, du reste, ne dérangeait point ni ne gênait la récréation.Je inc rappelle ce causeur.J’ai encore dans l’oreille ses éclats de franc-rire au milieu de ses confrères.Je vois cet intrépide joueur.Quels beaux coups et quelles belles parties de balle, de ballon, de crosse!! Ce fut ainsi que le jeune Lorrain monta de classe en classe, honoré des témoignages les plus flatteurs de s«'s maîtres aussi bien que de l’estime et du respect de ses confrères.L’un d’eux a redit en ces termes, dans les Annales, l’impression de ce temps-là: “J’aimais à voir passer devant mon pupitre, placé tout au pied de la tribune, et à regarder ce jeune homme toujours bien mis, grave .un peu austère, dans mon humble opinion d’alors; d’une politesse exquise pour les maîtres, pour les confrères, il commandait le respect aussi bien qu’un régent.” (Annales, 1880).Le jeune Lorrain jouissait évidemment de la faveur publique, puisqu’il fut préfet de la Congrégation de la Sainte-Vierge, premier président de l’Académie Saint-Charles et même capitaine de la milice térésienne de l’épocpie.J’ai sous les yeux une photographie de ce capitaine appuyé sur le pommeau de son épée, ayant à ses côtés ses deux lieutenants, lierménégilde Carrière et Alphonse Séguin, deux autres braves, qui furent, eux aussi, de la milice sacerdotale .tombés, eux aussi, au champ d’honneur.J’ai dit que N.-Z.Lorrain fut le premier président de l’Académie Saint-Charles.Je retrouve de lui dans les Annales une étude littéraire qui fut lue en séance publique, le 4 février 18f>4.Elle a pour titre: “Souvenirs du collège”.Si j’étais professeur encore, je vomirais la relire à mes élèves: ils verraient que les académiciens de ce premier âge ne manquaient ni de pensées, ni de sentiments, ni même de style.Celui qui écrivit ces pages voyait s'échapper les derniers restes de sa vie d’écolier: il voulut, du moins, s’en faire des souvenirs qui seraient inoubliables.“J’en atteste, dit-il, le sentiment le plus cher à mon coeur, le sentiment de la re- connaissance: les souvenirs du collège resteront gravés dans mon âme.Oui, je veux conserver ce doux trésor, ces gages précieux de mon bonheur d’autrefois.Je veux entendre souvent ces voix du passé, qui me parleront «le vous, chers confrères, de vous, maîtres aimés, pour me redire combien il faisait bon d’habiter ensemble, sous le même toit, comme «les frères.Je ne connais pas l’avenir «lue la Providence me destine, mais j’en ai l’assurance, les souvenirs dorés de ma jeunesse feront toujours luire un rayon «le bonheur au milieu des épreuves qui rendent la vie amère.Ils seront comme un bain salutaire où l’on retrempe ses forces abattues, comme un frais ombrage où l’on se dérobe aux ardeurs du soleil; comme un port assuré où le matelot cherche son refuge au milieu de la tempête.” Ce que la Providence destinait à cet élève finissant, c’était cela même qui se dégageait «le sa vie d’écolier comme le fruit de sa fleur: la vocation ecclésiastique.A la rentrée de l’année suivante, le jeune Lorrain était encore au collège, mais avec-la soutane: séminariste, surveillant, professeur.Et l’on voyait qu’il s’acquittait allègrement de toutes ces fonctions, heureux de donner à Dieu tout ce «iu'il avait de force physique, de coeur et d’intelli-1 genee.Ordonné prêtre le 4 août 1867, il ’ demeura encore deux ans à Sainte-Thérèse, assistant-directeur des élèves et professeur de sciences dans la classe de phi-losophie; toujours l’homme «lu travail et du devoir, le gardien d’une forte discipline, le maître éclairé et prudent qui savait se concilier respect, estime et confiance de la part des élèves.De Sainte-Thérèse, il passa à la cure de Hedford, dans l’Etat de New-York, et de 'à, à l’évèché de Montréal, où ses fonctions de vicaire-général devaient le préparer à des fonctions plus hautes encore: celles de l’épiscopat.Ai-je besoin de dire que Sa Grandeur Mgr Lorrain n’oublia point Sainte-Thérèse?11 y fit sa première visite deux mois après sa consécration.Ce fut une joie, mêlée de quelque orgueil, de se faire bénir par cet évêque térésien.Il y eut, en cette circonstance, non pas assaut de compliments flatteurs, mais bien échange mutuel de bonnes paroles, sorties du coeur.On se sentait heureux de pouvoir dire au nouvel évêque: "Monseigneur, ce «pii fait l’honneur et la richesse d'une mère, ce sont ses enfants.Aujourd’hui, VAIina Mater salue en votre personne le plus honoré jusqu’ici de ses enfants, le premier évêque qui soit sorti de son sein; de ce bonheur «un lui arrive, comment ne pourrait-elle pas se féliciter et se réjouir?Ce «pii rehausse à nos yeux votre dignité, c’est «pie vous êtes appelé à continuer, dans notre histoire, l’oeuvre de nos premiers évêques.Ils apportèrent l’Evangile aux tribus errantes de nos forêts, et, en même temps, ils couvrirent de leur égide protectrice, les établissements naissants de la colonie française; comme eux, Monseigneur, dans le haut de l'Ottawa, vous avez à implanter la foi chez de pau-vues sauvages, vous avez une population nouvelle à façonner aux habitudes chrétiennes et paroissiales.Comme l'épiscopat de ces premiers évêques, le vôtre sera difficile et laborieux, mais il sera aussi bienfaisant et fécond.Nous en voyons le gage dans votre passé.Le zèle que il 1 TJ •ail Hl niiüiEüf b iü il iifâiii'ii J1 LE PRESBYTERE DU FONDATEUR EN 1825 ET EN 1840 vous avez déployé dans votre charge de •directeur en cette maison, les succès qui ont couronné vos efforts, les traditions de piété, de régularité, de bon esprit que vous avez laissées empreintes dans les moeurs écolières, tout nous dit ce que la religion «•{ le pays peuvent attendre de vous, de votre travail, de votre expérience et de votre dignité.” Et le nouvel évêque répondait: “Je suis heureux de me trouver aujourd’hui a Sainte-Thérèse, de presser la main à mes anciens professeurs, à ceux qui ont travaillé avec tant de zèle à mon éducation; de* revoir mes confrères d’autrefois et mes élèves , devenus à leur tour professeurs et directeurs.Malgré les temps difficiles qu’elle traverse, je vois que la maison de Sainte-Thérèse n’a rien perdu de sa sève et de sa vigueur.Dieu lui-mème a voulu lui ménager une faveur en appelant un de ses sujets à la dignité d’évèque, de prince de l’Eglise.Je me 111 ii i 11 i réjouis avec mon A/ma Mater de l’honneur qui rejaillit sur elle en cette occasion: je ne regrette qu’une chose, c’est que le choix soit tombé sur mon humble personne.Dans le champ d’apostolat «lui m’est confié, la moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.Où pourrais-je recruter ces apôtres, pour marcher à la conquête des âmes?.Plus heureux que d’autres évè-ques, en arrivant dans mon vicariat apostolique, j’ai trouvé un séminaire tout fondé, rempli de prêtres zélés, de jeunes gens d’elite, de pieux séminaristes; ce séminaire, — et en cela je réponds à une question que me posait hier M.le Supérieur, — c’est cette maison si belle et si vaste, «jui s’élève sous nos yeux, eYst mon Alma Mater, c’est le séminaire de Sainte-Thérèse.” D’autres visites régulières succédèrent à celle-là; et notre hôte distingué s’y faisait toujours si affable, si affectueux, si dévoué! A la grande fête du 26 juin 1883, par laquelle fut inauguré le nouveau séminaire, Mgr Lorrain était présent et prit la parole: “Celte fête était pour lui une triple solennité: manifestation de foi, de joie et d’amour, témoignage solennel et si légitime rendu au dévouement et à l’esprit de sacrifice.Aussi, quelle oeuvre que celle de l’éducation qui façonne les âmes et construit l’édifice social!” Il y eut une autre fête vingt-huit ans plus tard à l’occasion de l’aile qu’on venait d’ajouter au séminaire, Mgr Lorrain était présent encore, mais ce fut la dernière de ses visites à Sainte-Thérèse.Il .ce jour-là.la bénédiction du nouvel «fice, mais il ne put prendre la parole, même se trouver au dîner de la fête, était sous l’étreinte du mal qui minait dénient toutes ses tait encore de vie or et dolor, selon ste.Dieu voulait forces.Ce qui lui ne devait être «tue la parole du Psal-accordei LE COLLEGE EN 1848 a son file serviteur ce mérite et cet honneur réaliser, pleinement jusqu’à la fin, sa vise épiscopale: Non récusa laborem.Et, devant cette tombe, mol qui survis tant de mes élèves, puis-je oublier que ¦ reçu de celui-là dès témoignages par-nliers, ¦— si e xpressifs et si nombreux «Je sa reconnaissance?.Mon deuil «levient plus profond et plus ardente « prière: Qu’il repose en paix.Chanoine Antonin XANTE!, trait des Annales térésicnnes.(Janvier 1916) MONTRE ÜMI âMiMJiMiM Éâ 25 SAINTE-THERESE :„•< v ,’v«x v'sV .V v \ ' 1 .• * .LE CASTEL MORRIS EN .883 I -UNIVERSITE MATHIEl EN 1882 CHARLES-JOSEPH DUCHARME, Fondateur et Premier Supérieur m LE COSTUME DEUX PORTER LE SCEAl LE COLLEG1 VU DU COTÉ SUD ET DU COTÉ NORD PAYSAGE AIMÉ ït I, 6 JUIN 1925 SUPPLEMENT 1 DANS LES CHAMPS.DE LA SCIENCE B LE MUSEE STANISLAS TASSÉ, TROISIÈME SUPÉRIEUR CA?;3' » LA MODE GLISE ET LE COLLEGE \IRE m MHHWKK^ T '^lèÊ^SSKtStÊÊÊÊHÊ ÜIÈME SUPÉRIEUR MHHkawMHi MGR ANTONIN NANTEL M.L’ABBÉ ÉMILE DUBOIS.HISTORIOGRAPHE DU SÉMINAIRE mimmm 6 MONTREAL, SAMEDI, 6 JUIN 1925 SUPPLEMENT Après Fét ide — Le plaisir — Les glissades Par un beau soleil il’hiver, sous le ciel bleu, au sein d’un air vivifiant qui colore vos joues et dilate votre poitrine, avez-vous jamais gravi la cime des coteaux qui bordent, au nord, les champs de notre Alma Maler'l Si, une fois, vous êtes allé jusque là.vous y retournerez, ne fût-ce que pour jouir du paysage qui s’y déroule au regard.Vous avez, derrière vous, toute une ceinture de sapins verts; à votre droite, sont les dômes rayonnants du collège, qui contrastent avec les tours sombres de l’église; et, devant vous, s’étend la plaine semée çà et là de maisons qui se détachent en teintes grisâtres sur la blancheur de la neige.A travers le nuage que vomissent les cheminées, vous voyez reluire à distance les flèches argentées de Sainte-Rose; et, dans le lointain, tout au fond de l’horizon, se dessinent les flancs et la crête du majestueux mont Royal.Mais je me hâte de le dire, si vous êtes écoliers, si vous avez à dissiper les soucis d’un examen ou l’ennui d’une immobilité prolongée, vous n’aurez guère le temps ni l’envie de promener au loin vos regards, A vos pieds est le coteau (pii s’incline en une pente rapide; vous vous abandonnez à la ”taba-gane” et vous voilà emporté dans une course vertigineuse qui vous dépose, en un clin d’oeil, palpitant, hors d’haleine, au bas de la colline.i ¦û i SPORTS D’HIVER A SAINTE-THERESE Février n'est pas le mois des roses, mais il est propice aux glisseurs.Jamais il ne le fut autant que cette année, les nombreuses et brillantes glissades m’ont remis en mémoire des vers d’autrefois, que les Annales veulent recueillir, puisqu’elles ont la tâche de conserver, si humble qu’il soit, tout souvenir de couleur térésienne.Ces vers me reportent à ma première enfance.Ils sont toujours les mêmes, ces; enfants au sang chaud, au pied remuant.Voyez-les bondir, hors du foyer ou de | l’école, affamés d’air, de bruit et de mou-veine,ut.J’étais l’un d’eux naguère et je | ne me souviens pas que l’hiver eût de j neige assez épaisse ou de froid assez pi- j quant pour engourdir notre ardeur.A nous, les bancs de neige; à nous, les giboulées et la poudrerie avec ses bruyantes rafales; à nous, la glace vive des j mares et des rivières; à nous, la pente des j collines; à nous, les émotions de la glis- j sade bondissante, impétueuse, effrénée qui vous emporte daus la plaine, si elle ! ne vous laisse, au pied du coteau, gisant, blanchi de neige, avec un pantalon déchiré, une jambe meurtrie, peut-être un ' nez égratigné ou une joue saignante.J’ai vieilli, depuis, et j'ai vu s’envoler loin, bien loin, les pensées, les goûts, les plaisirs d’un autre âge; envolé, cet essaim bourdonnant des jeux et des ris «le mon ; enfance; envolées, ces courses folâtres à travers champs, le long des collines, au fond des ravins; envolées, ces heures d’ivresse, à bord du traîneau ou de la “tabagane”! Seul, le coteau est resté; toujours jeune, lui, et recouvert aujourd’hui comme alors de son ht pis de neige.Il appelle encore les glisseurs et les glis-seurs lui sont fidèles; mais je ne suis plus l’un d’eux.Glissez, enfants, glissez.Rendant que je vous suivrai du regard, mes souvenirs essaieront de rappeler, pour un instant du moins, les joies naïves des jours envolés.Voici venu l’hiver: la neige éblouissante Couvre partout les champs comme un vaste manteau; Le ciel est sombre et froid, mais la pente , lest glissante Tout le long du coteau.r Pars, à mon traîneau rapide; Sous mon pied qui te guide, • Vole et ne bronche pas.Vole au loin dans la plaine Jusqu’au pied du vieux chêne Qui s’élève là-bas.Je parle, et mon traîneau, de longtemps [immobile .1 ma voix ranimé, s'élance avec orgueil; lit du sommet au bus de la pente facile, Il glisse en un clin d’oeil.\Je vois fuir la colline, et dans la plaine _ molle Mon coursier bondissant creuse à peine [ un sillon, Car il passe léger comme l'oiseau tpii vole A travers le vallon.La neige, que le vent roule autour de ma tête Lu tourbillons poudreux, s’élève dans les [airs LE BOSQUET V ,, , Comme un sable mouvant qu'agile la [tempête Au milieu des déserts.Mon coeur palpite (dors plein d'une douce [ivresse.Sur mon coursier fougueux je bondis de [plaisir, SAINT ESE: LABORATOIRE DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE Te 4* .¦ TVa:#' Et du pied, de la main, je hâte sa vitesse Trop lent à mon désir.Quand il s’arrête enfin, épuisé, sans ha- [leine.Au sommet du coteau je le ramène en- [cor; Et là, se ranimant, il bondit vers la plaine Par un nouvel essor.Ainsi dans les transports de ma joie en- [fantine Sans trêve ni repos je me plais tour à tour A descendre et monter mille fois la colline Jusqu'au déclin du jour.Mais quand parait au ciel une étoile qui [brille, \ On m’appelle au logis, et je reviens m’asseoir, Jot/eux, près du foyer où la flamme pétille, Pour le repos du soir.Pars, à mon Iratneau rapide; Sous mon pied qui te guide, Prends un dernier essor.Vole au loin dans la plaine Jusqu’au pied du vieux chêne Une fois encor! Abbé A.NANTEL Extrait des Annales térésiennes.(février 1881) USEZ Le Devoir Le journal des gens qui pensent Abonnement Par année - - - $6.00 Moins de papier mais plus d'idées LE DEVOIR .‘536, Notre»Daiiie, Est MONTREAL SUPPLEMENT MONTREAL, SAMEDI, 6 JUIN 1925 7 Une fin d’année scolaire Rien de plus intéressant que d’observer la gente écolière à la fin d’une année scolaire.Le finissant grave et digne se berce dans les illusions de l’avenir, il est mûr pour le monde, il va partir.L’impression première de ce coeur de vingt ans est un malaise dont il ne se rend pas bien compte.Plus d’une fois il a soupiré après le jour où il lui serait donné d’en finir avec la vie monotone du collège.Aujourd’hui, il y a de la tristesse dans son âme; on ne quitte pas de vieux amis sans éprouver des regrets.Voulant sans doute effacer des fredaines passées, il montre plus d’affection à ses supérieurs; déjà fier de son titre “d’aîné”, il aime à répéter à ses jeunes confrères; “Le collège, c’est le beau temps, vous êtes heureux d’avoir encore à vivre sous le toit de l’Alma Mater.” Et il est sincère; son sourire n’est plus écolier; dans ce demain qui l’attire et le berce d’illusions flatteuses, il lui semble distinguer des nuages apportant l’orage.Voilà pourquoi sa joie est fiévreuse, inquiète.On lui a souvent dit que dans le “chemin montant, sablonneux, malaisé, Et de tons les côtés au soleil exposé", qu’il doit suivre, dans ce monde aux brillantes apparences, pour réussir et faire son devoir, seul désormais, il lui faut soutenir bien des luttes, vaincre bien des L’ORATOIRE SAINT-JOSEPH Exqm es de moeurs olières ! mm mM mæ.L’ALLEE DES PHILOSOPHES passions, déployer beaucoup d’énergie, en s’appuyant sur le travail et la vertu; il le croit.Mais il est brave, son âme de feu est impatiente de sonder cet inconnu mystérieux, il brûle de prendre une part active aux combats de la vie, et il part plus triste que joyeux,' mais plein d’ardeur généreuse.Que la réalité ne brise jamais son courage! Le rhètoricien est tout entier aux triom-phes du baccalauréat.Partir pour les vacances avec les honneurs de la victoire, recueillir, tout en se reposant, les félicitations que l’on ne manquera pas de lui prodiguer, cela le fait bondir d’aise et de satisfaction.Ce plaisir est d’autant plus grand qu’il voit peut-être dans le lointain miroiter à ses regards le parchemin déployé d’un brevet.Et songez donc: le voici bientôt comptant au nombre des ! sages du collège.{.’humaniste est plus détaché des cho- j ses de la vie.Son jeune coeur, voyez-vous, déborde du feu sacré dont parle le poète.Son imagination galope dans des horizons couleur de rose, et le jugement non encore parfaitement équilibré est obligé de suivre clopin-clopant.Arrête, gamin! Chapeau bas! C’est un poète qui passe.Il sait faire gémir la brise dans les branches d’un antique sapin, souffler les autans dans les ruines d’un vieux châ- i teau, il liasse des heures à entendre murmurer le ruisseau, chanter ou babiller les petits oiseaux.Ecoutez-le parlant de ; Corneille, de Racine, de Lamartine, de 1 Victor Hugo, de Shakespeare, discutant et jugeant sans appel.Ne riez pas.Pour I moi, j’aime cet enthousiasme juvénile, j Cette âme a quinze ans; il faut qu’elle ! épanche quelque part l’ardeur qui la fait tressaillir.Puisses-tu, jeune poète, ne pas -vieillir et voir toujours à tes regards se dérouler un ciel bleu! Le versificateur est plus prosaïque.Les ! savantes démonstrations du professeur n’ont pu le convaincre de la beauté d’Homère, de Virgile ou de Tite-Live.II a épuisé contre le grec tous les gros mots de son répertoire.J’en ai connu qui crachaient au visage de leur dictionnaire, pour se venger d’une racine grecque.Durant l’année il a dépensé toute sa mauvaise humeur, en fabriquant de méchants hexamètres, en écorchant Xénophon, Tite-Live.Aussi que lui veut-on avec ce grec et ce latin?Est-il appelé à déjouer les plans d’un Philippe de Macédoine, à foudroyer un Catilina?Il faut mieux entendre les intérêts de son avenir.Demain, quittant la culotte pour le pantalon, notre petit philosophe chantera sur un autre ton.L’élève de quatrième n’est pas aussi raisonneur.Après tout, il est content de son sort.Il est tout glorieux de défigurer César, de faire défiler devant vous les quelques mots grecs qu’il a pu apprendre.Travailler au meilleur de sa connaissance, jouer consciencieusement, comme l’on fait à douze ans, dormir le sourire ses soeurs, de sa mère.Au commencement de l’année, déposant un dernier baiser sur son front, sa mère lui disait d'une voix tremblante; “Sois homme, Edouard, travaille bien; dix mois, c’est vite passé.” Dix mois pour lui, mais c’était pour lui la fin des temps; et demain il va revoir sa mère, non plus au parloir, mais là-bas au foyer de son enfance.Il trépigne d’impatience; voyez, comme il s’agite sur son banc, en classe, a l’étude; en récréation, cris et gambades expriment la joie débordante de son âme; à la chapelle il se contient, il prie silencieux, recueilli autant qu’il le peut, mais les grains de son chapelet courent plus vite entre ses doigts.Jésus écoutant sa prière naïve et su déposer cette timidité, cet air embar-distraite doit sourire.Durant l’année, il a rassé qu’ont les nouveaux venus dans un collège; il a maintenant l’allure dégagée d’un collégien.Eoeur ouvert, esprit espiègle, et il ne sait pas encore pleurer.Va, jouis, enfant, de tes premières vacances sous le regard de Dieu.Pour nous, professeurs, nous jouissons de votre bonheur, mais non sans éprouver de l’ennui et quelque tristesse.Vous partez, et nous vous aimions.Abbé Aristide SAU HI OL Extrait des Annales térésiennes.(Juin 1893) BOTANISTES EN HERBE aux lèvres, c’est là sa manière à lui de vivre.Les mois ont coulé joyeux pour notre espiègle et, content, il part pour dire à sa mère, de son air le plus grave, qu’il sait parler grec.L’élève de cinquième a bataillé toute l’année contre les règles de la grammaire.Pensez donc, il avait devant lui grammaires française, anglaise, latine, grecque.Ce n’est qu’à force d’héroïsme qu’il est parvenu à comprendre tout cela; il n’est pas sans fierté, il est devenu savant latiniste, il sait écrire, sans trop de fautes, une phrase française ou anglaise; scs con-! frères ne l’ignorent point.Pourtant, si | grande que soit sa dignité, il l’oublie vite pour courir au foyer paternel avide de baisers et de caresses.A l’élève de sixième, quelle joie appor-j tent les vacances.Son jeune coeur bat vite et bien fort.Depuis dix longs mois il vit loin de son père, de ses frères, de M.le Juge Rout hier orateur .Les oeuvres oratoires de M.le juge Routhier suffisent à elles seules pour le classer parmi nos grands hommes.Elles sont du reste, croyons-nous, entre tant d’autres, son plus beau titre de gloire devant la postérité.Deux volumes de Conférences et Discours (in-8-434 et 420 pages) ont été publiés, le premier en 1889 et le deuxième en 1904.Un troisième était en préparation quand M.Routhier est mort.Le premier volume contient 21 morceaux, le deuxième, 30, le troisième en devait avoir 17, en tout, 74 conférences et discours, donnés ou prononcés, ici ou là, dans des circonstances solennelles.Ils ne sont pas tous d’égale valeur, mais ils sont tous intéressants, évocateurs d’histoire, vibrants de foi, substantiels et personnels.Cet infatigable écrivain était aussi, et peut-être surtout, un puissant orateur.Nous l’avons déjà dit, même sous les glaces de l’âge, il avait su demeurer jeune.Il avait sa manière bien à lui.Les comparaisons tirées de la nature, les rap- p roc h cm considère plus heu Il prépar à dire.M le lisant, trouvés dans l'histoire, 1( ¦levées et les réflexions les lout lui venait à point, pieusement ce qu’il avait m irfail entent en n l’écou- tant, qu'il stait maître de lui-, même et n’était jan < i l’esclave de son U ixte,,, Grand et 1 len musclé, la tête haute et fière, le large, un peu solen ncl, mais très varié i très expressif, il ail ait d’une voix chaud .bien timbrée, vivat! de, nuan- eée, et p < s îd émue et si vibn mte qu’il trouvait lot;?naturellement le ch emin des coeurs, en o,; ¦me temps que son ; argumen- talion in cable convainquait tes es prits.(1 s’astreignait pas, h i plupart du temps, a j, * ,, i i aes, mais ses dist oui étaient tou jours sm vamment ordonnés, fciiij?uo riccie et bl mndante, son style pîe et imagé.Cette éternelle jeunesse de ! >n et cl Biture ovi o n lui a parfois re; i ichée le faisait goû ter et ai- mer des jeun m vn particulier.Il n’était jamais banal Abbé mie AUC LAI R LA CHAPELLE DU SEMINAIRE DE SAINTE-THERESE i Extrait de (Mai juin li 8 MONTREAL, SAMEDI, 6 JUIN 1925 SUPPLEMENT PAGE D’HIST ORE Le Petit Séminairi de Sainte- Thérèse par l’abbé Emile Dubois ‘ En octobre 1816, date Messire Charles-Joseph Ducharme rait comme curé à Sainte-Thérès le Blain-ville, le maître et la ni >n d’école manquaient également dans ce centre important du comté de Terrebonne.Il fallait agir sans tarder, car, en ce temps-là, on voyait surgir un peu partout dans notre province catholique et française l’école anglaise et protestante.Ducharme, au prix de sacrifices inouïs, bâtit à ses frais une école paroissiale.Vaincus sur ce terrain, les protestants de Sainte-Thérèse, guidés par l’orangiste Porteous, rêvèrent Programme Officiel des Fêtes EXCELSIOR Au SÉM i N AIRE de SAINTE THÉRÈSE 17-18-19 Juin 1925 La roche térésienne LE MERCREDI, 17 JUIN, 1925 à 8 h res p.m.—heure solaire.1° Ouverture: Orchestre.5° A 8 hres p.m.: Pèlerinage à l’oratoire Saint-Joseph.a) Fanfare.d’installer tout à côté du presbytère térésien une Académie royale.“Pour parer le'coup, écrit l’illustre curé de Blainville, je me mis à enseigner le latin à cinq ou six jeunes gens qui montraient des dispositions favorables pour l’étude.” Ce sont les débuts simples, modestes, mais à la fois touchants et pathétiques de notre maison d’éducation.C’est la genèsed’une grande oeuvre.En 1830, M.Ducharme avait conduit le premier cours térésien jusqu’à la rhétorique.Un de ses élèves, Joseph Duquel, manifestait des aptitudes remarquables pour l’enseignement.Avec son aide, le fondateur va organiser son collège sur des bases plus larges.Chaque année de nouveaux élèves viennent se joindre aux 2° 3° anciens, si bien qu’en 1837, le cours d’études est com-plet îles Eléments à la Philosophie.Ces premiers cours bien rudimentaires se donnaient dans le grenier poussiéreux et sombre du presbytère, puis, vers 1834, dans une maison appelée le collcye jaune.En 1837, le curé de Blainville crut que le temps était venu d’intéresser à son oeuvre l’autorité épiscopale.11 va trouver en Mgr Bourget, alors coadjuteur de Mgr Lartigue, un ami, un père, un dévoué protecteur.En 1841, l’institution naissante est érigée en Petit Séminaire; l’autorité épiscopale lui donne ses règlements et constitutions.En 1845, le Séminaire est incorporé civilement.Viennent maintenant les épreuves de toutes sortes, les misères intérieures et extérieures, la maladie du fondateur et sa mort après des années de souffrances physiques et morales, l’oeuvre bâtie sur les règles formulées par le Concile de Trente restera inébranlable.A la mort de M.Ducharme, en 1853, le Séminaire de Sainte-Thérèse abrite déjà au delà de 130 enfants qui ont un costume spécial — redingote noire avec nervures blanches, casquette et pantalon de même couleur, — des règlements sévères, des fêtes intimes et publiques qui leur créent un esprit bien à eux.La communauté loge à cette date dans une grande maison en pierre des champs de 112 pieds de longueur sur 66 de largeur.L’oeuvre s’annonce immortelle.Celui que la Providence avait manqué pour asseoir le Séminaire sur des bases matérielles, intellectuelles et i ;{s morales inébranlables, fut M.Stanislas Tassé.L’homme J au physique est grand et sec.Sa figure émaciée dit la rigidité de sa vie.Au moral, Tassé, à une vertu solide joint de la volonté, de l’énergie, des connaissances étendues en littérature, en sciences et en pédagogie.C’est un éducateur remarquable.Il va placer Sainte-Thérèse au niveau des autres maisons d'enseignement de la province.Il applique avec fermeté nos program- j mes d’études et nos règlements.Tl crée des moyens 4 d’émulation.Il surveille, il encourage, il récompense, il punit.Sous son initiative des associations pieuses et littéraires surgissent.C’est sous son règne que s’in-oduit dans les coutumes térésiennes cette belle série é fêtes intimes ou publiques qui brisent la monotonie d’une année scolaire.itand il quitte Sainte-Thérèse définitivement, en ! ' , ' < Corporation du Petit Séminaire n’a qu’une fai- b u tie et possède une maison agrandie par deux fois rlètês de plus de 400 act d’étendue.Les sueeesseurs dt M, Tasse n’auront qu’à glaner dans le ¦ t > champ qu'il a cultivé avec fermeté, avec savoir, l .s » preuves n’ont pas manqué : : ' des Dueharn < et des Tassé, coi *i"é ienro.En 1875, le jour même « ’¦i niqua oVnuire, en présence de la mue nombreuse à Vilma Mater «t les di nendunces du collège.o-tobre 1881.Cette fois le Sémite, •inc de fond en comble.I^t char ’ :•d t.eetidiam delevit, rcslili Deput ce temps, le Séminaire ¦lier vers un réel progrès.Une ci terre en 1893, grâce au dévouement une aile neuve, du côté sud, s’est aj i) ituitif; le eenlre,treconstruit en lu t nie de défier tou! incendie; les cttisï res se sont agrandis et embellis.!,• à Sainte-Thérèse l'espace, l’air pur, t.et paternelle.Nos bibliothèques et nos laboral et de chimie se sont enrichis.C’esi prêtres modestes: Joseph Valiqueth Sainte-Thérèse, entourée d'une groupée en associations, peut défier a ceux qui, à la nsi rent l’oeuvre brillantes fêtes i mille térésienne I un incendie dé-fut bien pis le lui-même était publique seule ; ver de ses cen-vec raison qu’on résienne ces let- j reliaio et patria.\ cessé de mar-iclle a surgi de M.l’abbé Pilon; tée au bâtiment armé, est capa-x et les réfeetoi-1 eoliers trouvent discipline forte ires de physique oeuvre de deux Joseph Mignault.iinille aimante, avenir.Discours: a) Monsieur le Supérieur./>) Son Excellence le Délégué Apostolique.c) Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur.Chants: a) Chant du crépuscule, par C.Frank./>) Extrait d'Athalie, par F.Mendels-sohn-Bartholdy.c) Extrait de la Rédemption, C.Gounod.La chorale des élèves.Adresse aux Anciens: M.Germain Lalande, élève finissant.Réponse des Anciens: M.le sénateur L.-O.David.Distribution des prix d’honneur.Cantate de la sortie.O Canada.LE JEUDI, 18 JUIN, 1925.A 9 hres—heure solaire—Messe pontificale célébrée dans l’église de Sainte-Thérèse par Son Excellence le Délégué Apostolique.Sermon par Monseigneur Alfred Langlois, évêque auxiliaire de Québec.Monseigneur Georges Gauthier, coadjuteur île Montréal, et Nos Seigneurs Emard, d’Ottawa, Larocque et Gagnon, de Sherbrooke, Forbes, de Jo-liette, Rouleau, de Valleyfield, Decelles, de Saint-Hyacinthe, Limoges, de Mont-Laurier, Deschamps, auxiliaire de Montréal, Hallé, de Hearst, Conroy, d’Ogdensburg, Abbé Mitré, d’Oka, ont promis d’assister.A 11 hres.—Dévoilement du monument Ducharme par Son Excellence et éloge par l’abbé Elie-J.Au-clair.A 12 hres 30.—Banquet.A 2 hres p.m.-—Discours en plein air.Discours par le supérieur, Mgr Gauthier, M.le Premier Ministre, M.le chef de l’Opposition provinciale, M.le Secrétaire provincial, M.D.Filia-trault, maire de Sainte-Thérèse, et Mgr Naritel.A 3 hres p.m.—Congé jusqu’à 6 hres p.ni., heure du souper.b) Discours par Mgr Avila Cherrier, P.A., Vicaire général de Winnipeg: “la?collège et son rayonnement dans l’Ouest canadien.” c) Chanson canadienne par le notaire W.Proulx.d) Discours par M.Joseph Monette, avocat de Lawrence: “Le collège et son rayonnement dans l’Est américain.” e) Fanfare.f) Discours par Mgr HerménégiLde Cousineau, P.D., curé de Saint-Pas-cal-Baylon: “Le collège et la formation classique.” g) Chanson canadienne par le Dr Vers-chelden.h) Discours par l’honorable André Fauteux: “Le collège et la formation littéraire.” i) Choeur: Chants canadiens, par Gagnon.j) Discours par l’abbé Noël Fauteux, curé de Sainte-Claire de Tétreault-ville: “Le collège et la formation religieuse.” k) Chanson canadienne par le professeur E.Corbeil.l) Discours par le juge Avila Wilson: “Le collège et les professions libérales.” m) Fanfare.n) Discours par M.Paul Mercier, avocat, député de Saint-Henri-West-mount: “Histoire et science”.o) O 'Canada.p) Feu d’artifice.LE VENDREDI, 19 JUIN.1925 1° A 9 hres a.m.—-Messe solennelle, célébrée dans la chapelle du séminaire, pour tous les anciens et amis décédés.2° A 10 hres a.m.—Distribution des prix, suivie de la sortie des élèves, 3° Ail lires a.m.Scholar vacant.jfpîm .T-'T OKU .-SUF-ÎS*.' Ah' mile DUBOIS LA MAISON ROCHON DEVENUE LE COLLEGE JAUNE
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