Le devoir, 21 septembre 1925, lundi 21 septembre 1925
Volume XVI - No 220.Abonnements par la poste : Edition quotidienne CANADA .*.„ « $6.00 Etats-Unis et Empire Britannique .$.00 UNION POSTALE.10.00 Edition hebdomadaire CANADA.2.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE .3.00 Directeur: HENRI BOURASSA Montréal, lundi 21 sept.1925.TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration: 336-340 NOTRE-DAME EST 1IONTBEA1.FAIS CE QUE DOIS! TELEPHONE ï - - Main 7460 Service de nuit : Rédaction.Main 3121 Administration, Main 3133 Le discours de M.Patenaude Les discussions qu’il provoquera - Préférence britannique et impérialisme militaire — Les chemins de fer et le Sénat - M.Boivin pris à partie: il faudra que les incidents de 1921 soient tirés au clair Le discours de M.Patenaude devrait rendre au pays un indiscutable service.Il devrait contraindre candidats et chefs de parti à préciser, sur, un certain nombre de points donne», leurs positions et leurs attitudes.(.est ainsi que, sur la question de la préférence britannique, l'ancien ministre paraît être allé plus loin qu’aucun des^ deux chefs officiels.Il s’est nettement prononcé en faveur de Vabon-tion de la préférence et de son remplacement, s’il en est besoin, par un arrangement négocié sur le principe du donnant donnant.Il a insisté sur ce point que le Canada doit déterminer sa ; politique tarifaire en fonction exclusive des intérêts canadiens et défendre, contre tout autre, l’intérêt du citoyen canadien.M.Monty s’elait aussi prononcé pour l’abolition de la préférence.On peut présumer que telle sera l’attitude de l’ensemble de l'opposition dans notre province.Et pareille attitude devrait entraîner, de la part de MM.King et Meighen, ainsi que de leurs lieutenants, de nouvelles déclarations.* * * M.Patenaude aura rendu au pays cet autre service de traiter de la question des relations impériales.Là aussi son intervention devrait susciter d’intéressantes discussions.Nous venons de voir ce qu’il pense de ce que l’on pourrait appeler Y impérialisme économique.En matière, proprement politique, il s’est prononcé en faveur de la marche en avant, “dans l’ordre et la paix, vers Vautonomie la plus complète".Au point de vue militaire, il a dit — et nous tenons ici a le citer d’après le texte officiel de son discours: S’il s'agit d’impérialisme militaire, mon, opinion n’est pas moins nette.Je ne suis pas prêt à admettre, que quand iAngleterre fait la guerre, le Canada doive nécessairement, à cause de cela, faire la guerre lui-même.Quelles que soient les déclarations de guerre du gouvernement impérial, le Canada reste et doit rester seul maître de participer à la guerre pour son compte.L’intérêt purement canadien doit être, là comme en tout, la raison et la mesure de notre intervention.Et quant à la procédure à suivre, je suis ixirtisan de la proposition émise à maints endroits dans cp pays qu’aucune décision définitive entraînant la participation, soit de nos finances, soit de notre sang, ne puisse être prise sans l'appel au peuple.Il serait étonnant que ces déclarations ne provoquassent point de nouvelles précisions de la part des chefs politiques du pays.M.King et M.Meighen pourront difficilement ne les pas relever.Et à M.Patenaude lui-même, on ne manquera point de demander qu’il illustre, par quelques exemples, ce qu’il entend par la formule: "L'intérêt purement canadien doit être, là comme en tout, la raisgn et la mesure de notre intervention." Au temps de Cartier et de Macdonald, ceci n’eût guère prêté à discussion, on était d’accord à juger que "Vintérêt purement canadien" limitait à la défense du territoire canadien "la raison et la mesure de notre intervention” dans les conflits militaires auxquels pouvait se trouver mêlée la métropole; mais il est passé depuis beaucoup d’eau sous les ponts.M.Patenaude lui-mème, en entrant dans le cabinet Borden, en y demeurant jusqu’à la présentation de la loi de conscription,* a sanctionné — comme les libéraux lauriéristes du reste — toute la politique de participation, exception faite de la conscription.Estime-t-il qu’advenant des circonstances analogues.Je Canada devrait encore aller aussi loin?Ou la dure expérience de la dernière guerre l’a-t-elle ramené à la politique de Cartier et de Macdonald?* * * Sur la question des chemins de fer, M.Patenaude parait avoir surtout jeté des points d’interrogation: "Ce que nous savons, a-t-il conclu, c’est que les épaules du pays sont écrasées et qu’il est temps, grandement temps, de les soulager du fardeau gui les brise”.C’est un énoncé de problème, c’est l’affirmation qu'il importe de donner à ce problème une solution immédiate; mais ce n’est ni l’énoncé de la solution, ni même l’indication de la voie où il convient de la chercher."Si le pays veut le garder, dit M.Patenaude du réseau national, il n’y a qu’une chose à faire : le sortir complètement de la politique et lui donner un conseil d’administration comme tous les actionnaires en demandent de toutes les compagnies”', mais l'on voit quelques paragraphes plus loin que cette formule même nelui inspire qu’une confiance plutôt limitée."Admettons, dit-il, un conseil d'administration bien choisi par un gouvernement bon et fort, êtes-vous sûrs que ce gouvernement serait toujours fort et résolu?que ses successeurs auraient la même politique, la même fermeté?Vous voyez, Messieurs, que ccs quelques questions jetées en passant montrent combien le problème est épineux." Sur ce dernier point, l’aocord, croyons-nous, est complet au pays; mais ce que l’on attend surtout des hommes politiques, c’est un projet de solution à des difficultés dont personne ne conteste l’acuité.*r * ( Nous n’apercevons jusqu’ici de positif dans le discours de M,Patenaude que cette phrase: En attendant, le devoir du peuple et du gouvernement est de faire cesser la course folle à une concurrence désastreuse.Il faut orte, prêt à guerroyer contre M.King, entre dans un ministère présidé par M.King, et y entre quand ce gouvernement est discrédité.H veut me combattre parce que, dit-il.je ne suis pas un homme libre.Serait-ce lui, l’homme libre?Il va falloir dans celte lutte séparer l’ivraie du bon grain ou, comme disent nos gens, vanner net.Puisque M.Boivin le veut, je lui réponds.S’il insiste et revient à la charge, je lui répondrai encore.M.Boivin ne peut rester sous le coup de cette riposte.Il faut que cette histoire de 1921 soit une fois pour toutes tirée au clair.Les libéraux devront être les premiers à l’exiger.En confiant à M.Boivin, alors que rien ne paraissait l’exiger, l’un des portefeuilles de la province de Québec, ils ont librement couru au-devant du débat que leur offre aujourd’hui M.Patenaude.Le plus tôt ce débat sera vidé, le mieux ce sera pour tout le monde.Orner HER0UX Uactualité Le train à l'huile Les inventions déterminent des guerres féroces.C’est cette année que nous fêtons le centième anniversaire de l’invention du chemin de fer.Certains prétendaient qu'il donnait déjà des signes de décadence et que l’autobus allait le supplanter.Mais il se défend.Il se peut très bien que d’ici cinquante ans et même avant la locomotive à vapeur disparaisse, mais il est improbable que le chemin de fer ou le rail, pour être plus précis, cesse de dévider ses deux rubans parallèles.Les organes de défense se manifestent déjà.Samedi matin à dix heures, à la gare Bonavemture, quelques curieux se pressaient autour d'un train d'un aspect nouveau.Point de locomotive, point de trolley nop.plus.Çe n’est ni un train à vapeur ni un Irani électrique.Qu’est-ce?Isa mécanique est un domaine très spécial et oà les hérisies commises par l’ignorance peuvent aboutir très vite à des inventions dépassant tes plus grandes audaces du génie civil.Aussi nous garderons-nous bien d’ajouter à cette révolution de la science Itar d’imprudents commentaires.Flatté d’être au nombre des “inan-gurateurs” nous n’en sentions pas moins nos limites et le regret d’avoir jadis prêté iwe oreille distraite aux leçons de physique et un oeil assoupi aux démonstrations de nolle savjant professeur.L’invention por'e un nom rebutant.Nos lecteurs en savent déjù quelque chose puisque les autorités du chemin de fer National du Canada ont porté t’affaire à leur connaissance dans un communiqué rébarbatif.Cela s’appelle en anglais TThe arti-cuJated oiil ckrtric car, ce gui peut se traduire sans doute le wagon articulé à moteur à huile et électrique.Ce n'est donc ni un train avec chauffage à l’huile comme il y en a déjà en circulation, ni un train avec force motrice électrique comme il y en a également en circulation, mais une combinaison des deux.Un moteur üiesel est mis en marche par un petit moteur électrique actionné par des accumulateurs.Le moteur Diesel actionne à son tour une dynamo qui fournit la force motrice.Voilà le cycle.Il y a de tels trains en circulation en Europe; particulièrement en Norvège, mais la caractéristique de celui que le chemin de fer National du Canada inaugurait samedi, c’est que le moteur Diesel en usage ne pèse que 5.450 livres, soit 60 livres par cheval-ixipcur contre de 40 lus placides ne bronchaient pas.Ce qui marque bien la nouveauté de ce train c'est l'incident drolatique survenu à Ottawa.Les préposes au service de l’eau s’empressèrent de grimper sur le toit et de vider dans les réservoirs à huile une forte quantité d’eau jusqu’à débordement.Il fallut que M.Brooks, furieux, fit vider les réservoirs, cependant que son collègue, M.C.-E.Smart, chef de l'aménagement des wagons lui faisait observer: "On a voulu perfectionner votre invention.L économie suprême dans le combustible c'est de chauffer à t'eau.” Ce train a un pendant à quatre cylindres pins petit.C'est celui-ci qui sera le plus en usage.L’un fonctionnera, dévcloptnnt 185 chevaux-vapeur au Heu de 340, et sera mis en sendee demain entre Hamilton et Guelph.Six autres trains de même type sont en construction aux usines de la Pointe Saint-Chartes.On en construira aussi un nuire du type de celui à l'inauguration duquel nous avons assisté.Dès que ces trains seront prêts à être mis en service on annoncera la route qu’ils devront suivre.L.n, .« —i LIRE EN PAGE 4: Une lettre d’Ottawa, par Léo-Paul Desroder».M.Patenaude expose son programme politique Choisi candidat dans le comté de Jacques-Cartier, il se déclare “libre de toute manière, libre de M.Meighen comme de M.King" — L'attitude qu’il prendra vis-à-vis de l’impérialisme politique, économique et militaire — “Le Canada reste et doit rester seul maître de participer à la guerre pour son compte” — La question ferroviaire et comment M.Patenaude l’envisage — L’origine du mouvement actuel — Divers discours.UNE GRANDE FOULE ASSISTE A U ASSEMBLEE DE SAINT-LAURENT La campagne électorale de M.E.-L.Patcna\idr a débuté aver éclat et la grande assemblée qu’il a tenue, hier après-midi, à Saint-Laurent a été un réel succès.Malgré une température détestable, une foule énorme avait envahi la salle de l’école Be a ud et, pressée en rangs compacts et il a fallu, pour apaiser les centaines de personnes obligées de rester dehors, leur expédier des orateurs qui ont allongé des périodes contre le gouvernement pendant que, dans la salle, M.Patenaude annonçait le nouvel évangile.Au début de rassemblée l'estrade, débordante de partisans choisis, lançait à de fréquentes reprises des salves d’applaudissements, mais l’assistance restait indifférente, très curieuse d'entendre le programme qu’aiinit énoncer M.Patenaude et ne manifestait qu’une curiosité sympathique.L’enthousiasme a éclaté lorsque M.Patenaude a déclaré qu'il resterait libre des partis et des hommes pour demeurer fidèle aux principes qui ont valu à son parti d’être le défenseur des minorités.Et à mesure que M.Patenaude exposait cette partie de son programme : le Canada aux Canadiens, le Canada avant toul, l’évolution de la politique vers une autonomie de plus en plus parfaite sous les principes britanniques sainement appliques, l’indepenaance du Canada des guerres impériales, l’appel au peuple et l’autorité souveraine du parlement pour décider des guerres du Canada et faites uniquement dans l'intérêt du Canada, l’intérêt empoigna la foule et, au fur et à mesure des déclarations de M.Patenaude, un certain froid, des craintes disparaissaient.Et un auditeur jeta cette phrase: “C’est ce que Hourassa prêrhe, depuis vingt ans.” L’organisation avait été pré-parée avec une minutieuse exactitude.Les quelques orateurs qui ont précédé M.Patenaude se sont appliqués uyiqueine.nt à le présenter comme un sauveur et lui onl décerné les éloges dithyrambiques des grandes circonstances.L'assemblée v est restée d'ailleurs indifférente, impatiente de connaître l’attilude de M, Patenaude.M.Patenaude a commencé par quelques considérations secondaires sur quelques points de vue pour bien capter l’attention.Peu à peu l’agrément de ses raisonnements bien enchaînés, sa voix douce aux trémolos bien contenus ont commencé à opérer.* * * L’assemblée était composée de, gens vernis d’un peu partout.Tl était arrivé un convoi de Québec pur le Chemin de fer National du Canada avec cent voyageurs, le notaire Labelle, candidat dans Wright, était venu avec une délégation ainsi que le maire Ladouceur de .loliette, l’ex-maire Napoléon Garccau, de Drummondvfllc, des gens de la ville, de Saint-J.au-rent, du comté de Jacques-Cartier et d’ailleurs.?A » M.Patenaude était accompagné de M.le sénateur Beaubien.Assis è côté de M.Patenaude, au tout premier rang, il l’écoutait et, A une occasion, il s’est penché vers lui pour lui tendre une feuille où il indiquait quelques points à traiter.A un moment même, comme M.Patenaude venait de se prononcer contre la préférence britannique au cas où elle nuirait aux intérêts canadiens, M.Beaubien a approuve hautement et, se penchant vers M.Patenaude, lui a dit: “Continue, ça prend bien.” L’assemblée a été précédée de la mise en candidature de M.Patenaude.lorsqu’une soixantaine de délégués ont été réunis dans la salle d’étude, la cérémonie a eu lieu en un tour de main, si bien que le président a eu juste le temps de monter et de descendre de son siège.Jamais il ne s'est vu de cons-ention si allègrement bâclée.lorsque l’assemblée a commencé, la foule s’étouffait aux portes.On a procédé à un tassement méthodique, mais cinq ou six cents personnes ont dû rester dehors sous la pluie battante qui tombait avec une ténacité désolante.Pendant les premiers discours, on entendait leurs clameurs lointaines pour obtenir que l’assemblée ait lieu dehors.Elles faisaient une impression bizarre.M.Patenaude, devant cette ténacité religieuse de ses partisans du dehors, a imaginé un moyen terme et leur a dépêché des orateurs pour les entretenir.On pouvait les entendre rugir contre le gouvernement, avec une conviction et un lyrisme réjouissants.M.le maire Duquette a présidée l’assemblée et en a profité pour annoncer qu'il se livrait corps et biens à M.Patenaude.Les occupants de l’estrade ont fait gagner force épaulettes aux orateurs sans toutefois que la foule y ait beaucoup contribué.M.Patenaude a parlé dans vin silence parfait.Il a débuté par un éreintement fort bien exécuté de M.Georges Boivin.il allait en faire autant de l’article du Soleil, où ce dernier demandait de M.Patenaude un acte assez incongru, lorsque la foule s’csl mise à crier: “Ne vous salissez pas les mains avec ça.’’ “Laissez ça là.” Et les épithètes dp pleuvoir dru sur le pauvre confrère de la Côte de la Montagne québécoise.Tout un chapitre zoologiqüe y a passé.Sur la fin du discours, la lumière, a manqué subitement, l’n électeur a lâché un juron en criant: “Le gouvernement commenrc à être en deuil.” * * * M.Patenaude a nié onctueusement avoir jamais eu connaissanre du tiers-parti autrement que par les journaux et assure qu’il n’existe pas.Il a émis sur la plupart des points un programme enveloppé de formules parfois élastiques.Il veut l’autonomie canadienne de plus en plus grande, l'indépendance, du Canada quant aux guerres impériales, et sa participation, conditionnée par l’intérêt unique du pays, et précédée d'un appel au peuple et de la juridiction exclusive du parlement, il veut le respect intégral et complet des droits minoritaires.Il demandera l’abolition de la préférence britannique, si elle est nuisible aux intérêts canadiens et ne veut à cet égard qu’une politique de donnant-donnant.Il déclare que.le pays ne pourra régler ses divers problèmes économiques et ses querelles de.race, etc., qu'à la lumière du patriotisme canadien et quo le sentiment du patriotisme canadien doit planer sur toute notre vie nationlae.Le Canadien doit se trouver chez lui partout.M.Patenaude s’est prononcé en quelque sorte sur la question des chemins de fer, mais d’une façon éliminatoire.Après avoir établi les responsabilités sur le présent état de choses, il pose en principe que le seul remède est pour les chemins de fer nationaux, une administration comme celle du Pacifique dont l’administration est choisie par les actionnaires.(L’orateur revient à plusieurs reprises sur ce point».Pareille administration pourrait peut-être être imposée par un gouvernement fort et patriote, mais d’une manière bien peu stable et aléatoire.Que le gouvernement tombe, que le favoritisme reprenne, etc.M.Patenaude termine en laissant A chacun le soin de juger de l’affaire.L’orateur demande qu’en attendant les deux chemins de fer s'entendent de gré ou de force pour faire disparaître les dépenses inutiles.M.Patenaude se prononce carrément pour la protection el son élèvement A ohaouo fois que la nécessité s’en fera sentir.Il veut que le Canada cesse de donner ses ressources brutes et qu’il ouvre ses produits principaux et exclusifs tels que l'amiante, le nickel et ses forêts, que l’on protège le cultivateur contre l’envahissement des légumes américains.M.Patenaude raille le bloc solide, qui a le pouvoir, Ja gronde presse et qui veut tout maintenir, sauf 1rs gens de valeur comme sir Lomer et autres et manifeste une frousse si étonnante d'un seul homme qui n’a que sa liberté pour se défendre et qui ne sait trouver mieux que d’accoler son nom à celui d’un autre dans l’espoir d’en constituer un épouvantail.Le bloc solide demande qu’on ie respecte comme récompense pour M.King qui en a livré les soixante-cinq têtes à l'Ouest en sacrifiant la province de Québec.Enfin M.Patenaude n déclaré qu’il était libre.Indépendant de M.King comme de M.Mei^hem.Pas une fois il n’a souffle mot de M, Meighen ni de sa politique; mais il a par contre daubé contre le gouvernement King qu’il a appelé gouvernement sans boussole, avec une politique de suicide, flottante, faite des promesses jamais remplies.* # * Sur l'estrade on remarquait MM.le.sénateur C.Baubien, le général Smart, J.Gault.Joseph Renaud.Paul Saint-Germain, Leslie Bell, Camilien Houde, J.-A.Dérarle, Francis Fauteux, Antoine.Rivard, Achille Jolicoeur, Hervé Roch, Bruno Nantel, J.-L.Saint-Jacques, l’ex-maire Lavallée, le maire J.-E.Ladouceur, de Joiiette, le notaire Labelle, de Wright, Allan Brav, Aldérie.Blain, John Sullivan.Arthur Rrnssard, Roméo l.anglais, Albèrlc Gélinas, maire de Pointe-aux-Trembles.le maire Duquette.Napoléon Garceau, ex-maire de Drummondville, Paul Lacoste, c.r., et un grand nombre d'autres.M.Arthur Sauvé assistait aussi A l'assemblés» Nous n'avons pas vu M.Monty, M.Ladouceur Le premier orateur e,st M Ladouceur, le maire de Joiiette.C’est, dit-Jl, un bien grand honneur d’avoir à prendre la parole devant cette grande assemblée.Saint-Laurent est la ville qui donne cette orientation saine, franche et énergique à cette politique qui met l’intérêt du pays au-dessus des intérêts de partis.Ces hommes du parti libéral qui se sont crus capables de prendre la responsabilité de l'administration du pays ont fai-Di, ont trouvé la tâche trop lourde; ils ont capitulé et s’adressent au peunle pour obtenir une majorité plus grande.Puis, se tournant vers M.Patenaude.“ce champion de nos droits sans lesquels la Confédération np peut vivre”, comme il dit, M.La-doureur est fier de lui exprimer son respect, son ardeur et son entier dévouement.U termine en assurant sas auditeurs que M.Patenaude ne faillira pas devant le de voir et en assurant M.Patenaude, par une citation de De-sroulède.que le peuple, rangé autour de lui, est prêt â le suivre.M.Antoine Rivard M.Antoine Rivard, jeune avocat de Québec, assure lui aussi que c'est un honneur de représenter la vieille capitale à cette grande réunion.Il dit que cette réunion n'csl pas simplement le début d’une lutte mais l’assemblée d’un peuple autour d’un homme qui peut le sauver.Il rappelle qu’à Lachine, il y a quelques semaines, M.Patenaude a oit que le peuple s'unissait pour sauver le pays.Aujourd'hui, c’est à M.Patenaude qu’on s’adresse pour diriger la victoire.I^e passé de M.Patenaude, dit-il, est garant de son avenir.Il termine en assurant ce dernier que toute la jeune génération le suivra.M.E.-L.Patenaude Voici le texte officiel du discours de M.E.-L.Patenaudt: La vWle de Saint-Laurent est encore une fois témoin de l’une de ccs assemblées mémorables dont son histoire abonde.En y revenant, dans votre jolie ville, je me sens à l’aise, non seulement à cause des multiples liens qui m’y attachent, mais parce que je suis au centre de ce comté de Jacques-Cartier qui accueillit tant de fois ceux des nôtres qui voulurent donner à la politique canadienne la direction qu imposaient le temps et les besoins du pays.On vous a dit tout à l’heure que le désir des électeurs me demande d’être leur candidat.Je ne suis pus sans savoir que le comté de Jacques-Cartier est probablement le plus populeux du pays et qu’il dénia ode, en des circonstances même ordinaires, beaucoup de son candidat.L’atmosphère morale, id, est réconfortante.Je vois des hommes nrêts à collaborer au triomphe de la bonne cause et A faciliter la tâche et la mission des hommes publics qu’ils se sont choisis.Aussi, j’accepte de porter le drapeau que vous me confiez; je suis prêt à faire la lutte qui commence.Vous vous êtes rendu compte des difficultés de l’entreprise.Comme la dernière fois, vous êtes prêts A en assumer la plus large part.J« connais vos larges épaules; je sais quelles ne se déroberont point.Sur ces épaules je prendrai mon appui pour aller prêcher par toute la province la bonne parole et la saine doctrine des anciens Jours.Vous êtes ici par milliers pour entendre une parole et manifester une svtn-pathie.Vous vous êtes rendus spontanément, sans autre invitation qu un appel général; vous êtes verms sans effort, en courant, point certes pour un homme, mais pour une cause qui est la cause du pays meme.Je vous en remercie sincèrement; je vous remercie de ro ré-i F?.nf
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